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  • Bénévolat : est-ce encore utile de s’engager ?

    Bénévolat : est-ce encore utile de s’engager ?

    En 2023, 13 millions de Français de 16 ans ou plus se déclarent bénévoles, soit environ un quart de la population. Piliers du tissu associatif, 86 % des 1 300 000 associations actives en France sont animées exclusivement par des bénévoles. Selon les chiffres clés de la vie associative 2023, recueillis par l’Institut National de la Jeunesse et de l’Éducation populaire (INJEP), le domaine sportif représente près d’un tiers du volume de travail bénévole, suivi des domaines de défense de causes, action sociale, humanitaire et caritative.

    Bénévolat : pour qui, pourquoi ?

    En dehors d’un bienfait intime et personnel, l’engagement bénévole permet des avancées concrètes. À commencer par la prise de conscience d’une réalité sociale chez les plus jeunes. « Les maraudes que j’effectue avec la paroisse Saint Vincent de Paul dans le quartier de Montparnasse à Paris m’ont permis de démystifier les invisibles que sont les sans-abri », confie Julie Gallys, 23 ans, juriste en alternance dans le secteur de l’énergie. Son engagement bénévole commence quand elle arrive dans la capitale pour ses études. La jeune fille réalise, hallucinée, que la « précarité est partout », des rues aux universités. Dès ses premiers mois en tant qu’étudiante, elle-même doit avoir recours aux distributions alimentaires organisées par Linkee, une association de lutte contre le gaspillage alimentaire et qui redistribue aux étudiants précaires.

    Une pensée la traverse lors des récupérations de panier : « C’est en donnant que l’on reçoit. » Julie devient alors bénéficiaire et bénévole de l’association. « J’ai vu concrètement qu’un petit geste pour nous peut avoir de grandes conséquences sur les autres. Et ça nous fait regarder plus loin que nos propres vies », continue-t-elle. En France, les femmes participent plus régulièrement que les hommes à la vie associative, elles représentent 52 % des bénévoles.

    Reprise du bénévolat chez les jeunes

    bénévolat associatif chez les plus jeunes en 2023. « Il y a chez eux une envie d’engagement qui ne cesse de progresser ces dernières années, avec souvent l’idée de faire avancer les choses de manière concrète et à leur échelle dans un monde si incertain, où le politique leur semble trop éloigné de leurs préoccupations », analyse Pascal Dreyer, vice-président Recherches & solidarités dans le rapport IFOP sur l’engagement bénévole en 2023. Créé au Québec en 2002, le concept des Accorderies a été introduit en France sous l’égide de la Fondation Macif et du Secours catholique en 2011. Fondées sur un système d’échange de services utilisant une « monnaie temps », elles sont la preuve qu’un engagement bénévole, basé sur le don de son temps et ses compétences, permet des gains sociaux mesurables. Parmi eux, la mixité sociale. À l’Accorderie d’Hayange, en Moselle, se croisent des individus de différents âges, situations sociales, nationalités et genres. Conversations en italien, cuisine, tricot ou encore réparation de voiture, il y en a pour tous les goûts. Ces lieux peuvent également être un levier concret dans la recherche d’emploi. « Ici, tu rencontres quelqu’un qui te fait rencontrer quelqu’un d’autre, et ainsi de suite. Cela m’a aidé à retrouver un emploi en recontactant tous mes anciens patrons et collègues », raconte Pascal, 44 ans, accordeur à Chambéry.

    La gratuité a un prix

    De manière générale, Accorderies ou autres associations solidaires posent les bases d’une citoyenneté active, invitant à l’action concrète, source de confiance en soi, et aux autres. « Il y a également une notion de partage dans l’associatif. On noue des liens avec les autres bénévoles, que l’on revoit chaque semaine, tous les mois, on devient riches des rencontres que l’on fait », confirme l’étudiante Julie Gallys.

    Malheureusement, le bénévolat associatif diminue depuis 2010, surtout chez les plus âgés. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. « Ces personnes occupent souvent une position pivot entre plusieurs générations qui demandent leur soutien et peuvent les accaparer : leurs parents, leurs enfants et leurs petits-enfants. Par ailleurs, les baby-boomers n’ont pas connu la Seconde Guerre mondiale, les structures d’engagement collectif qu’étaient les patronages, les églises, les associations et les syndicats. Ils ont grandi et profité de la société de consommation », contextualise Pascal Dreyer. Une tendance reste toutefois constante : plus l’on est diplômé, plus l’on s’engage. La raison est simple. Donner du temps à une association suppose d’en disposer, en plus des ressources, des compétences, et de la confiance en soi. La gratuité a un prix. En 2018, les 21 millions de participations bénévoles représentent un volume de travail de l’ordre de 587 000 emplois en équivalent temps plein.

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  • Handicap et emploi : état des lieux en France

    Handicap et emploi : état des lieux en France

    D’après l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées) dans son rapport, publié en juillet 2023, le taux de chômage des personnes en situation de handicap est à son plus bas niveau depuis 2018, soit de 12 %. Malheureusement, il reste 1,7 fois plus important que la moyenne nationale (7 %, donc près du double). Le taux d’emploi des personnes en situation de handicap reste, selon l’Insee, bien inférieur à celui des personnes valides (50 % contre 70 %). Le taux d’emploi direct (soit le rapport entre le nombre de bénéficiaires employés directement et l’effectif global de l’entreprise) est encore moins glorieux puisqu’il stagne à 3,5 % dans les entreprises privées et publiques, loin des 6 % souhaité par la loi de 1987. « Historiquement, le handicap a longtemps été perçu comme incompatible avec l’exercice d’un emploi rémunéré, écrit Anne Revillard, professeure associée en sociologie à Sciences Po et directrice du Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (LIEPP), dans un article diffusé par Le Monde en novembre 2023. Cette perception a évolué. Néanmoins, les personnes handicapées rencontrent toujours des obstacles pour accéder à l’emploi, s’y maintenir et y progresser. »

    Des discriminations bien ancrées

    Le Défenseur des Droits est catégorique. En France, le handicap reste le premier motif de discrimination. Parmi les nombreux freins à l’embauche et à l’inclusion des salarié·es handicapé·es, il y a les politiques dites de « non-recrutement » des entreprises. « Nombre d’entre elles préfèrent inciter leurs salarié·es à déclarer un handicap, parfois provoqué par de mauvaises conditions de travail, plutôt que d’embaucher des personnes en situation de handicap, souligne la CGT. Cela leur permet d’atteindre le taux réglementaire des 6 % sans effort particulier en termes de recrutement et de se conformer à la réglementation (et donc de s’exonérer des contributions financières). » Malheureusement, c’est loin d’être le seul problème.

    L’efficacité des politiques d’emploi des personnes handicapées « dépend de celle d’autres volets des politiques du handicap comme l’accessibilité de l’espace public et des transports ainsi que des logements », estime Anne Revillard, dans un article publié sur The Conservation, en septembre dernier. « La réussite des étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur est aussi un facteur sensible, poursuit la professeure. L’enseignement supérieur est en effet le parent pauvre des politiques d’inclusion éducative. » Bilan : moins diplômée, la population handicapée occupe plus souvent des postes moins qualifiés, moins prestigieux et moins rémunérateurs.

    Le Café Joyeux renverse la vapeur

    Après le ciel gris – pour ne pas dire « tableau noir » – viennent les éclaircies : depuis quelques années, des entreprises s’engagent plus ou moins activement en faveur du handicap. Lors de la soirée des dirigeants engagés, organisée par « Manifeste Inclusion » le 11 octobre 2023, quatre lauréats ont été récompensés pour leurs initiatives inclusives. Notamment le groupe La Poste, qui a su se démarquer en proposant à ses 14 000 postiers en situation de handicap de tester ses services et produits, pour les améliorer et être certains qu’ils soient accessibles.

    Mais le Trophée de l’entreprise inclusive revient incontestablement au phénomène Café Joyeux, chaîne de cafés-restaurants qui, depuis 2017, emploie et forme des personnes en situation de handicap mental et cognitif. Sa croissance est telle que l’entreprise a préféré ces derniers mois « limiter les prises de parole (dans les médias, ndr) afin de [se] concentrer sur la consolidation de [ses] activités et le bien-être de [ses] équipes ». Une prévenance revendiquée par le fondateur de la société, Yann Bucaille-Lanrezac. « Le monde de l’entreprise doit se saisir de la question du handicap, affirmait-il en novembre 2023 à Challenges. En France, seulement 0,5 % des 750 000 personnes en situation de handicap mental travaillent en entreprise. Elles ont trop longtemps été mises à l’écart. Avec nos cafés, nous voulons rendre le handicap visible. C’est pourquoi nous embauchons 270 salarié·es, dont 154 équipiers en CDI qui sont en situation de handicap mental et cognitif. Ils travaillent en cuisine, en salle et au comptoir. »

    Après Bordeaux, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Paris, Rennes, Tours, Bruxelles et New York, c’est à Angers que Café Joyeux s’est dernièrement implanté. Et c’est en grande pompe que l’établissement a célébré son inauguration, le 13 juin dernier, accueillant au numéro 36 du boulevard Foch, Arnaud, acteur du film à succès Un p’tit truc en plus.

    Pour un label « inclusion professionnelle »

    Mais il n’y a pas que le monde du café qui s’engage. Celui du notariat, aussi. Comme en témoigne l’engagement du cabinet Fortier Associés qui, depuis bientôt quatre ans, compte parmi ses collaborateurs Maxence. À 33 ans, ce jeune homme porteur de trisomie 21 est en CDI – à 60 % d’heure de travail – et occupe un poste d’assistant. « Après la naissance de mon troisième enfant, porteur du même handicap, j’ai naturellement été sensibilisé à cette question, et plus particulièrement à celle de l’inclusion », confie Frédéric Fortier. Grâce à l’association « Access 75 », ce père de famille et chef d’entreprise a pu façonner un poste sur mesure : « Maxence effectue principalement des missions de classement, de rangement, d’archivage, d’aménagement des salles de signature avant les rendez-vous, mais depuis quelques mois, il fait aussi de l’accueil client, se réjouit-il. Il va aussi, à mes côtés, préparer des lettres recommandées, faire le courrier, ou encore, aller une fois par semaine chercher des fruits pour le reste de l’équipe. »

    Différentes tâches que l’ensemble du cabinet a désormais baptisées « les missions de Maxence ». Selon Frédéric Fortier, ce ne sont pas les aides ou subventions de l’État qui convaincront les chefs d’entreprise d’envisager une embauche inclusive : « Ça doit s’inscrire dans une véritable démarche d’entreprise, au même titre que les labels RSE environnementaux, poursuit-il. Je milite au sein de mon corps de profession pour qu’il y existe un label destiné aux entreprises qui font de l’inclusion professionnelle. Mettre en valeur ces entreprises peut convaincre d’autres dirigeants de franchir le pas. »

    Macif Accessible

    La Macif est engagée depuis plus de 15 ans aux cotés des personnes en situation de handicap ou âgées en perte d’autonomie.

  • Cheminée, poêle ou insert fermé, entre ambiance cosy et réelle efficacité

    Cheminée, poêle ou insert fermé, entre ambiance cosy et réelle efficacité

    Complément de chaleur

    Hervé, la soixantaine a récemment fait l’acquisition d’un petit poêle en complément du chauffage au gaz de sa maison de banlieue parisienne où il vit avec sa femme. « L’idée était de pouvoir chauffer le salon rapidement quand nous y sommes installés pour lire ou regarder la télé et que nous avons un peu froid, explique-t-il. En plus, quand on l’allume, on bénéficie d’une bonne odeur et d’un foyer agréable à regarder. » Leur petit poêle sept étoiles en fonte leur offre ainsi une diffusion progressive de la chaleur qui, en une trentaine de minutes, compense les 19 degrés régnant dans le reste de la maison. « Grâce au foyer fermé du poêle, la combustion est optimale, ça chauffe bien et il y a peu de pollution aux particules fine », renchérit-il. Même s’il avait eu la possibilité, Hervé n’aurait de toute façon pas choisi d’installer une cheminée ouverte. « ça fait trop de fumée et ça ne chauffe vraiment pas bien », conclut-il.

    Cheminée d’ornement

    De son côté Clément, la trentaine, possède une cheminée à foyer ouvert qui était déjà présente dans la maison qu’il occupe avec sa petite famille dans le Gers. Pendant des années, la chaleur du salon provenait essentiellement de cette majestueuse cheminée ouverte. Clément et sa compagne consommaient beaucoup de bois de chauffe. « On en a énormément à disposition dans notre jardin donc ça n’a jamais posé de problème d’ordre financier », relativise-t-il. Depuis deux ans, ils ont néanmoins effectué des travaux d’isolation de leur maison et ils ont fait poser de meilleurs radiateurs. L’utilisation de la cheminée est devenue très occasionnelle voire exceptionnelle. « On la garde surtout pour son aspect esthétique, qui va de pair avec notre maison ancienne, et pour l’ambiance agréable quand on s’installe au coin du feu, indique Clément. Et même s’il y a quelques désagréments liés parfois à la présence de fumée, de poussière ou de particules fines, je préfère garder la cheminée ouverte tant que la loi m’y autorise… Après, on verra bien ce qu’on fera. »

    Le bois de chauffage première Energie renouvelable de l’hexagone

    L’insert fermé et la cheminée ouverte ne présentent donc pas du tout les mêmes caractéristiques ni usages. Les deux semblent appréciés. En atteste l’agence de transition écologique (Ademe), dont le site internet indique que sept millions de foyers français se chaufferaient actuellement grâce au bois de chauffage. Faisant ainsi de ce combustible, facile d’accès et peu onéreux voire gratuit, la première énergie renouvelable utilisée à travers l’Hexagone. Notamment grâce aux appareils de plus en plus performants. En effet, un bon insert fermé bien utilisé permettrait de réduire jusqu’à dix fois l’émission de particules fines. Exit donc les foyers ouverts très gourmands en bois et trop polluants. « Les cheminées dites ouvertes ont un très faible rendement, cela engendre donc un gaspillage de la ressource en bois. Par ailleurs, dans certaines communes, leur utilisation est même complètement interdite », précisent les spécialistes.

    Cheminée et poêle : précautions à prendre

    Quelques règles simples sont également dispensées sur le site de l’Ademe pour une combustion optimale. Ils suggèrent notamment d’allumer le feu par le haut, une technique qui serait plus efficace et plus économique, contrairement à la méthode traditionnelle, de charger régulièrement en bois et de maîtriser le tirage en ouvrant les entrées d’air à l’allumage puis en les réduisant quand le feu a pris. Enfin, ils enjoignent à bien respecter les notices des appareils, à bien entretenir son installation et de veiller au ramonage annuel de la cheminée. « Un millimètre de suie dans le conduit c’est 10 % de bois consommé en plus », rappellent-ils.

    Installation d’une cheminée ou d’un insert

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  • Esprit, es-tu là ? Le podcast qui invoque votre esprit critique en ligne

    Esprit, es-tu là ? Le podcast qui invoque votre esprit critique en ligne

    Découvrez tout le dossier « Numérique et Esprit critique »

    Épisode 1 : Conjurer la sorcellerie des deepfakes

    Pour ce premier épisode, le journaliste Nicolas Gastineau suit les fils des deepfakes, ces vidéos et audio truquées, qui trompent nos esprits et sèment le trouble dans nos smartphones.

    Épisode 2 : Exorciser les biais algorithmiques de nos machines

    Pour ce deuxième épisode, la journaliste Sylvie Fagnart revient sur la conception des stéréotypes en ligne et sur les actions à mener pour ne pas toujours être exposé·es à ces contenus qui nous enferment dans une bulle.

    Épisode 3 : Chasser les violences sexistes en ligne

    Pour ce troisième épisode, la journaliste Sylvie Fagnart nous invite à découvrir l’ampleur des violences en ligne faites aux femmes et dessine les contours possibles d’un Internet plus sûr.

    Épisode 4 : Invoquer l’Internet libre

    Pour ce quatrième épisode, le journaliste Nicolas Gastineau appelle nos esprits à découvrir (ou redécouvrir) les ambitions initiales d’Internet, socle d’un monde en ligne à construire pour le bien commun. Une utopie aujourd’hui abîmée par les jeux d’influence et les nouveaux modèles économiques.

  • Jeunes aidants : vers qui se tourner pour du soutien ?

    Jeunes aidants : vers qui se tourner pour du soutien ?

    À partir de quand peut-on se considérer comme étant un jeune aidant ?

    Est considéré comme jeune aidant toute personne de moins de 25 ans apportant une aide significative et régulière à un proche souffrant d’une maladie, d’un handicap ou d’une addiction. « C’est la définition officielle, celle qui revient dans les études, résume Rébecca Billy, coordinatrice de La Pause Brindille, l’une des principales associations dédiées à la cause des jeunes aidants en France. Pour préciser, ce sont des jeunes qui, de façon quotidienne, vont soutenir leurs proches en faisant le ménage, les courses, le repas, en apportant une aide dans les soins, un soutien moral, matériel, logistique ou financier. » Elle ajoute, toutefois, qu’au sein de cette structure basée à Lyon, on ne s’en tient pas à cette définition. « On accompagne tous les jeunes confrontés à la maladie, au handicap ou à l’addiction d’un proche, quel que soit le niveau d’aide qu’ils apportent. » Et de citer en exemple des enfants dont le frère ou la sœur aurait un handicap, et qui seraient confrontés à cette situation sans avoir les moyens d’aider. « Il est difficile pour eux d’avoir conscience des impacts que ça a sur eux et de se sentir légitime pour aller chercher de l’aide. Une définition trop restrictive, c’est les empêcher de le faire. »

    Afin de répondre à cette question, JADE (Jeunes AiDants Ensemble), l’autre grande association consacrée aux jeunes aidants en France, propose de son côté un quiz. « Chaque aidant a un rôle différent et ne ressent pas forcément les choses de la même manière, explique Camille Vassort, responsable du développement et de la coordination de l’association. On a mis en place ce quiz au regard des difficultés que rencontrent les jeunes à s’identifier comme aidant. Cet outil est également utile aux professionnels confrontés à des situations de jeune aidance. »

    Jeunes aidants : vers qui se tourner ?

    En premier lieu vers ses proches, membres de sa famille ou amis, mais également des professionnels de santé et du social qui interviennent auprès de la personne aidée. Cela peut constituer une première étape, estime Camille Vassort de l’association JADE. « Les jeunes aidants parlent peu de leur situation familiale à leurs amis, à leurs professeurs et autour d’eux. Ils sont souvent en proie à des sentiments de honte, de culpabilité et d’ambivalence. Ils ont parfois du mal à se reconnaître comme tels et ont besoin d’être accompagnés dans cette prise de conscience. »

    Les jeunes ou leurs parents peuvent également entrer en contact avec les associations JADE et La Pause Brindille. La première propose des ateliers et des séjours de répit un peu partout en France, afin de permettre aux jeunes de souffler et de couper avec leur quotidien, tandis que la seconde dispose d’un service d’écoute et organise un festival à Lyon, le Tribu Brindille. Les deux associations peuvent aussi rediriger les jeunes vers d’autres structures qui travaillent sur cette thématique de façon plus sectorisée, sur une pathologie, une tranche d’âge ou une situation particulière. Ainsi, le comité du Nord de la Ligue contre le cancer met en place un accompagnement psychologique à destination des jeunes confrontés au cancer d’un proche, tandis qu’à Reims, le Club Famille de l’association l’amitié offre des activités aux jeunes confrontés aux troubles psychiques d’un parent, d’un frère ou d’une sœur.

    Quelles aides existent ?

    D’un point de vue financier, pas grand-chose pour le moment. « Aujourd’hui, il n’existe pas d’aides ou de droits pour les aidants mineurs en France, rappelle Camille Vassort. S’agissant des jeunes adultes aidants, la législation est différente puisqu’étant majeurs, ils peuvent bénéficier des mêmes aides et droits que les aidants adultes. » D’autre part, les étudiants ayant un parent reconnu porteur de handicap à plus de 80 %, ont la possibilité de bénéficier de quatre points de bourse supplémentaires.

    Au niveau scolaire, s’il n’existe pour l’heure officiellement aucun dispositif, « certains établissements peuvent parfois aménager les horaires d’un élève, précise Rébecca Billy. Ça peut se faire si le proviseur ou le CPE est sensible à sa situation ». Si cela reste encore maigre, les choses vont en s’améliorant, constate la coordinatrice de La Pause Brindille. « Depuis un an, on sent que le sujet des jeunes aidants émerge en France, il y a de plus en plus de financements, de plus en plus d’acteurs qui s’en emparent, qu’ils soient institutionnels ou privés. Le sujet est porteur. »

    Aidant : Besoin de reconnaissance

    Pour les concernés, se sentir reconnu constitue déjà un soutien non négligeable. « La première fois que j’ai entendu le mot “aidant”, que j’ai compris ce qu’il représentait, c’était en cours et j’avais 23 ans, raconte Romane, qui s’est ensuite rapprochée de JADE. C’est marrant comme un mot peut tout changer. Savoir que je ne suis pas seule, que de nombreuses personnes vivent la même chose que moi et sont donc probablement confrontées aux mêmes obstacles, problèmes ou doutes, ça fait du bien ! C’est libérateur, c’est rassurant et ça m’a motivée. Motivée à en parler plus et à mettre en valeur ce rôle, car il est magnifique. Je pense qu’il y a autant d’aidants qu’il y a de personnes malades. Nous sommes tous différents et pourtant si similaires. »

    Besoin de soutien ?

    Depuis plus de 15 ans, la Macif s’engage en faveur des aidants qui accompagnent un proche fragilisé par le handicap, la maladie ou la dépendance.

  • Diagnostic de l’endométriose : témoignages d’Endo Warriors

    Diagnostic de l’endométriose : témoignages d’Endo Warriors

    Des douleurs constantes

    Depuis plus de dix-sept ans, Romane, 30 ans, mène une bataille contre des douleurs atroces qui lui lacèrent le bas ventre et le dos vingt-deux jours par mois. Ça a commencé dès ses premières règles. « J’avais du mal à me lever le matin et je manquais des journées de cours, car j’étais incapable de suivre », remet-elle. Pertes abondantes de sang, chutes de tension, pertes de connaissance, vomissements… Autour de ses 18 ans, sa souffrance devient insupportable, lui laissant très peu de jours de répit. Les visites aux urgences se multiplient. On lui fait simplement une échographie ou un examen vaginal. « Je n’étais jamais vraiment entendu par les médecins. On me reprochait de venir à chaque période de règles et d’être douillette. » Au mépris de ces médecins s’ajoute la colère de son gynécologue, blâmant la jeune femme d’avoir décidé de retirer l’implant qui lui avait été prescrit. Sa raison ? Des règles encore plus douloureuses, doublées de maux de tête, d’une prise de poids et d’états dépressifs.

    Errance médicale et diagnostic tardif

    Face à la négligence du corps médical et à celle de certains de ses collègues la jugeant comme « celle qui se plaint tout le temps », Romane se mure dans le silence. « Mes médecins ne s’affolaient pas plus que ça. Je me suis renfermée sur moi-même en me persuadant que c’était moi la responsable. J’avais l’impression d’être folle. Alors j’ai pris l’habitude de souffrir en silence pour ne plus me sentir jugée », avoue la jeune femme noyée sous la culpabilité. Jusqu’à ce qu’elle consulte une gynécologue spécialiste de l’endométriose, après deux ans de tentative de grossesse. Une batterie d’examens et le verdict tombe : endométriose. « J’ai pleuré de soulagement. On avait enfin posé un nom sur ce dont je souffrais depuis quinze ans. » À cause de son infertilité, Romane est immédiatement opérée pour retirer les nodules répartis dans son utérus. Elle tombe alors enceinte, mais ses douleurs persistent. Dans l’attente d’une seconde opération, l’Endo Warrior repense à « cette angoisse et cette charge mentale permanentes qui rythment [sa] vie ». Encore aujourd’hui, elle n’a d’autres choix que de refuser des sorties entre amis qu’on lui propose quand les douleurs sont trop intenses.

    Des coups de poignard dans le bas ventre

    Chez Lucille, 28 ans, les premières douleurs dans le bas ventre sont apparues à 20 ans pendant ses rapports sexuels. « Au début, je me disais que c’était normal. Jusqu’à ce que ça devienne un cercle vicieux où j’avais peur d’avoir mal pendant mes rapports. » À 22 ans, une première crise de douleur intervient pendant ses règles. « J’étais pliée en deux, j’avais comme des coups de poignard dans le bas du ventre, je ne pouvais plus marcher », se souvient-elle. Aux crises de plus en plus fréquentes viennent s’ajouter des cystites à répétition et des douleurs sévères après avoir consommé de l’alcool. La jeune femme subit le mépris d’une gynécologue « très vieille école ». « Elle me disait qu’avoir mal n’était pas grave, que j’avais sûrement attrapé la maladie de la “chaude pisse” et qu’il fallait que je me protège lors de mes divers rapports sexuels alors que je n’avais qu’un partenaire. Elle a été très désagréable avec moi et ne m’écoutait pas », raconte-t-elle. Ses inquiétudes grandissantes et un aller-retour aux urgences l’amènent à une gynécologue spécialisée qui lui prescrit des antidouleurs forts. Échographies, prises de sang, IRM, rien n’est détecté. « J’en ai pleuré parce que j’étais persuadée d’avoir quelque chose », confie Lucille.

    Après une deuxième IRM qu’elle exige plus tard, on lui annonce « enfin » qu’elle est atteinte d’endométriose ne contraignant pas à une opération. « J’étais à la fois inquiète et soulagée de savoir que j’avais bien quelque chose. J’avais envie qu’on prenne enfin soin de moi », poursuit-elle. S’en sont suivi deux ans de recherches laborieuses d’un moyen de contraception adapté. « J’errais entre plusieurs gynécologues et sages-femmes qui se contredisaient, jusqu’à enfin trouver celui qui me convenait. » En parallèle, pour soulager sa souffrance, Lucille se renseigne sur la maladie en lisant et en écoutant des podcasts. Résultat : elle supprime tous les aliments et produits inflammatoires et commence à faire du yoga et de la méditation pour ménager son bien-être mental. Depuis, l’Endo Warrior ne subit plus de grosses crises et, par précaution, vient de prendre rendez pour faire congeler ses ovocytes.

    Endométriose, santé mentale et dépression

    Dès le collège, Sabrina, 46 ans, a commencé à ressentir des douleurs intenses au ventre pendant ses règles. Son père lui disait que c’était normal, alors elle le croyait. « La consigne c’était de serrer les dents et d’aller travailler », raconte-t-elle. Son seul traitement prescrit pour tenter de la soulager : de l’ibuprofène. À 23 ans, la jeune femme commence à s’inquiéter et passe une échographie. Sur les images, un kyste de 8 cm invasif sur l’ovaire. Incapables de savoir s’il s’agit d’un cancer ou d’une endométriose, les médecins laissent Sabrina dans le flou. « Au réveil de l’opération, on m’a dit qu’on m’avait aussi retiré l’ovaire et la trompe. “Il était pourri”, me disait le médecin. Ça a été radical, je l’ai vécu comme un choc », lâche-t-elle. Plus tard, on lui prescrit un anneau vaginal comme moyen de contraception. Mais les douleurs persistent et pendant des années la jeune femme prend sur elle. À l’approche de ses 40 ans, alors que Sabrina n’arrive pas à tomber enceinte naturellement, on lui détecte un autre kyste, qui la contraint à une seconde opération. Puis, ses multiples tentatives de FIV l’épuisent et ne fonctionnent pas. Une IRM révèle une adénomyose, deux autres kystes, une infection de sa trompe et un déplacement de son ovaire. Le coup de grâce. Parfois, Sabrina n’a « plus envie de vivre ».

    « Même si les antalgiques me soulagent, j’ai mal tout le temps, mes intestins sont endommagés, les hormones me plongent dans des états dépressifs. Mon quotidien est très difficile. Je pleure quand je pars et quand je rentre du travail et j’ai des idées noires », livre-t-elle, la gorge nouée. Depuis, Sabrina consulte un psychologue qui « lui fait du bien ». Les médecins se divisent sur l’analyse de l’aggravation de sa maladie : certains préconisent une ablation de l’utérus et de la trompe, d’autres jugent cette opération trop risquée. En attendant, l’Endo Warrior cherche la force de suivre son cinquième traitement pour soulager ses douleurs insupportables.

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  • Vrai / Faux sur les Papillomavirus

    Vrai / Faux sur les Papillomavirus

    Il existe près de 200 types de papillomavirus/HPV

    VRAI. Le terme « papillomavirus », ou HPV, désigne un type de virus qui peut infecter la sphère génitale par contacts entre peau et/ou muqueuses, mais qui regroupe plusieurs souches. « La plupart des médecins parlent en effet de 200, certains vont même jusqu’à en compter 400 », note le Dr Didier Constant, gynécologue bénévole au sein d’IMAGYN, association de prévention et de lutte contre les cancers gynécologiques. Environ une quinzaine touche les parties génitales.

    Tous les HPV entraînent le cancer du col de l’utérus

    FAUX. 80 % des individus seront exposés au papillomavirus au moins une fois dans leur vie. Mais il sera éliminé « dans environ 90 % des cas dans un délai moyen de 24 mois », objecte le Dr Joseph Monsonego, spécialiste des papillomavirus. « Sept concentrent plus de 90 % des lésions précancéreuses et cancers du col. Ce qui nous intéresse, c’est si le virus persiste et peut provoquer des lésions », complète celui qui est aussi président de la commission col-HPV du Collège National des Gynécologues Obstétriciens français (CNGOF). En revanche, près de 100 % des cancers du col ont pour origine un HPV.

    Les HPV sont uniquement dangereux pour les femmes

    FAUX. « Chez les hommes comme les femmes, ils peuvent aussi entraîner des cancers ORL de la gorge, de la langue, ou encore de la verge et de l’anus », souligne Fanny Toussaint, sage-femme hospitalière à la maternité des Bluets, à Paris. « En revanche, le cancer du col est le seul induit par un HPV que l’on puisse dépister en amont », précise le Dr Didier Constant.

    Le préservatif ne suffit pas à empêcher l’infection

    VRAI. Le préservatif n’empêche pas le contact entre le périnée et la région autour de la verge. « Le vaccin, qui protège à 80 %, est le moyen le plus sûr », confirme le gynécologue d’IMAGYN. Cependant, la vaccination ne doit pas empêcher le port du préservatif qui protège contre les autres IST et, « bien recouvrant, contribue quand même à une protection au moins à 80 % », rappelle le Dr Joseph Monsonego.

    La vaccination contre les papillomavirus ne concerne que les femmes

    FAUX. Depuis le 1er janvier 2021, la vaccination s’applique également aux hommes. Elle protège contre les 9 souches les plus préoccupantes. « L’idéal est de se faire vacciner avant le premier rapport sexuel, car l’immunité est plus forte, si possible entre 11 et 14 ans, avec deux doses », détaille Fanny Toussaint. Un rattrapage peut également être effectué de 15 à 19 ans avec trois doses, et jusqu’à 26 ans pour les hommes homosexuels.

    Une personne infectée ne présente pas de symptômes

    VRAI, dans la plupart des cas. « Les lésions précancéreuses sont le plus souvent asymptomatiques, explique le Dr Joseph Monsonego, avant de nuancer. Les lésions que l’on peut voir apparaître sont des condylomes acuminés – des verrues génitales –, sur la vulve, l’anus ou le pénis. » Mais quand elles ne partent pas d’elles-mêmes, elles peuvent être traitées. De plus, elles se manifestent dans le cas des virus les plus inoffensifs.

    Le papillomavirus peut provoquer des lésions, voire un cancer, plusieurs années après l’infection

    VRAI. « L’infection va entraîner des lésions au bout de quelques années, puis il faudra 15 ou 20 ans avant d’avoir un cancer du col. C’est complètement silencieux », avertit le Dr Didier Constant. Le but du suivi gynécologique, qui peut également être effectué par une sage-femme ou un médecin traitant, est de détecter et traiter tôt d’éventuelles lésions. Car « dans 5 % des cas, lorsque le virus persiste, un cancer du col peut se développer », souligne Fanny Toussaint.

    La vaccination n’est pas efficace, surtout si on a déjà eu des rapports sexuels

    FAUX. La vaccination a une efficacité optimale pour agir sur les pré-cancers de tous types lorsqu’on n’a pas été exposé aux virus, ce qui est le cas avant le début des rapports sexuels. Cependant, comme le rappelle le Dr Monsonego, la vaccination n’en devient pas pour autant inutile après : « Même si le vaccin n’agit pas sur un type déjà contracté, il va quand même agir sur les autres. »

    Les dépistages sont inutiles avant l’âge de 25 ans

    VRAI. « Avant 25 ans, on est quasiment sûr de trouver des HPV, mais ce sont des contaminations souvent passagères », justifie le Dr Constant. Il est cependant important d’être suivi, car les femmes qui développent un cancer du col sont la majorité du temps celles qui ne l’ont pas été. « Il apparaît très lentement », rassure le gynécologue, qui en profite pour souligner qu’il ne sert « donc à rien de chercher le coupable, car l’infection remonte à plusieurs années ». Ainsi, le premier frottis est recommandé à partir de 25 ans, puis à 26 et 29 ans, et des tests HPV tous les cinq ans à partir de 30 ans. Le premier cherche simplement à détecter une anomalie au niveau des cellules du col, quand le deuxième permet d’identifier le type d’HPV. Une colposcopie peut être effectuée pour observer le col, puis une biopsie – qui consiste à prélever un échantillon de tissu – si une lésion est mise en évidente.

    Malheureusement, en France, « près de 40 % des femmes ne se font pas dépister », rappelle le Dr Monsonego. Aujourd’hui, en France métropolitaine, la couverture vaccinale est estimée à 43,6 %, selon Santé publique France, bien loin de l’objectif des 80 % chez les adolescents à l’horizon 2030. Alors qu’une vaccination généralisée pourrait permettre d’éviter 6 000 cancers du col de l’utérus chaque année.

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  • Pourquoi s’abîme-t-on les petites peaux et les ongles en cas de stress ?

    Pourquoi s’abîme-t-on les petites peaux et les ongles en cas de stress ?

    Se triturer les doigts : un TOC reconnu

    Petit geste compulsif, d’apparence inoffensif et bénin, saviez-vous que l’onychophagie, l’acte de se ronger les ongles est décrit pour la première fois en 1908 dans un article du médecin et psychiatre français Edgar Bérillon, qui se demande si se ronger les ongles n’est pas un acte de dégénérescence ? Rien que ça. En 2024, se ronger les ongles n’a plus si mauvaise réputation. L’onychophagie fait partie de la famille des troubles dermatillomanie, caractérisé par la vérification, le triturage et/ou le grattage répété et excessif de la peau, le plus souvent des ongles, induisant des lésions des tissus. Elle fait partie des comportements répétitifs centrés sur le corps (CRCC), entrant dans le champ des troubles obsessionnels compulsifs ou TOC. Dans la littérature médicale anglophone, les personnes atteintes par cette maladie sont souvent appelés « wolf biters », mordeurs de loups en français, puisque c’est précisément ce que font les loups lorsqu’ils sont piégés ou énervés.

    Onychophagie et dermatillomanie : des gestes anti-stress

    Pourquoi les personnes atteintes de ce trouble, qui représente 2 à 5% de la population, dont 54,7 % sont des femmes, s’en prennent-elles à leurs ongles et leurs doigts ? « Contrairement à ce qu’on peut lire sur Internet, ce n’est en aucun cas de l’auto-mutilation, ou une volonté de se faire du mal. Au contraire, quand on commence à se ronger les ongles, il y a une recherche d’auto-apaisement. Il y a quelque chose de satisfaisant à triturer, à toucher des irrégularités. Souvent, les CRCC sont sous-tendus par des difficultés de régulation émotionnelle. Se ronger les ongles devient alors un comportement doudou », rassure Julie Hemery, 35 ans, psychopraticienne spécialiste de la dermatillomanie à Ventabren. Depuis 2016, elle s’est intéressée à ce trouble en partie car très peu de professionnels de santé s’en saisissent. « Peu de soignants prennent ce trouble au sérieux. Pourtant, sur du long terme, il peut créer de l’isolement, une forte culpabilité, une baisse de l’estime de soi », ajoute la psychopraticienne.

    Petites peaux et ongles : attention aux microbes !

    Si on adopte souvent ce comportement pour évacuer le stress, éprouver un plaisir apaisant, une forme de satisfaction ou encore ressentir le besoin de corriger une imperfection, ces impulsions s’apparentent parfois à des crises pouvant durer de plusieurs minutes à plusieurs heures par jour, sans que la personne ne s’en rende compte. Au-delà de la dégradation esthétique, l’ongle peut durablement se déformer et s’installe dans un état d’inflammation chronique. C’est aussi une porte ouverte aux bactéries et aux virus, surtout si les transports en commun font partie de votre quotidien !

    Comment arrêter de se ronger les ongles ou s’abîmer la peau des doigts ?

    Une fois ce constat posé, comment se débarrasser de cette mauvaise habitude qui nous colle à la peau ? « La dermatillomanie n’est pas une fatalité, c’est un trouble dont on peut se libérer, même adulte ! », rassure Julie Hemery. Pour soigner la dermatillomanie, et plus généralement les CRCC, il existe deux approches principales, qui sont complémentaires « En première intention, on pratique une thérapie cognitive et comportementale (TCC) qui vise la diminution voire la disparition complète des compulsions. Parmi les différentes approches, la Technique de Renversement d’Habitudes (TRH) est efficace », explique-t-elle. Bien entendu, identifier les problématiques qui ont déclenché la dermatillomanie ne fera jamais de mal. « À l’origine de la dermatillomanie, il peut y avoir des traumatismes ou des expériences de vie non digérées, une anxiété chronique, des troubles de l’attachement… »

    Si l’idée de consulter un professionnel vous bloque, il existe des solutions plus accessibles. « Toutes les techniques qui vont permettre de réguler ses émotions sont bonnes à prendre : les activités manuelles, le sport… Privilégiez des comportements barrière comme mettre de la crème grasse (qui rendra le triturage moins intéressant), le vernis amer, les pansements, les gants, ou encore les faux ongles en résine », liste Julie Hemery. Des pistes qui ne traitent pas les causes mais réduisent à coup sûr les dégâts !

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  • La vanlife me fait envie, mais est-elle vraiment pour moi ?

    La vanlife me fait envie, mais est-elle vraiment pour moi ?

    Voilà déjà quatre ans que Fabien, un social media manager de 37 ans, est propriétaire d’un van qu’il a lui-même aménagé. « Je crois que j’ai connu à peu près toutes les configurations possibles dans la vanlife ! », s’amuse ce père de famille.

    La vanlife, un rêve réalisable ?

    S’il collectionnait les Combi Volkswagen miniatures lorsqu’il était petit, son envie de s’offrir un van est née au printemps 2020, pendant le premier confinement, comme pour beaucoup de vanlifers. « Je passais des heures à regarder des photos et des vidéos de trentenaires vivants sur la route, s’étirant au petit matin face à l’océan, avec le chant des oiseaux », se souvient-il. Il acquiert un véhicule dès la levée du confinement et passe une partie de l’été à l’aménager en regardant des tutoriels en ligne et en échangeant avec d’autres passionnés sur des forums spécialisés. « En septembre, j’ai pris la route pour un road trip de huit mois en solitaire à travers l’Europe, se remémore-t-il. J’ai rencontré ma copine en Suède et lorsque nous sommes rentrés en France, nous avons d’abord vécu en couple dans mon van pendant que nous retapions une maison dans le Sud-Ouest. » L’année suivante, un enfant naît de leur union. « Aujourd’hui, nous avons une vie sédentaire, mais nous prenons le van en famille au moins un week-end par mois et une bonne partie des vacances, précise Fabien. Et nous avons pour projet de partir tous les trois en voyage en van en Nouvelle-Zélande l’année prochaine. Mais cette fois, nous en louerons peut-être un sur place. » Comme lui, de plus en plus de Français ont envie de goûter à la vie nomade tout en se reconnectant à la nature. Ainsi, selon UniVDL, le syndicat des véhicules de loisirs, les ventes de vans et de fourgons neufs ont explosé entre 2017 et 2022, faisant un bond de + 156,8 %.

    Aimer la promiscuité

    Néanmoins, avant de sauter le pas, il est important de se poser quelques questions pour éviter les déconvenues. Mylène et Peter, la petite quarantaine, n’ont pas vécu une expérience aussi réjouissante que celle de Fabien. « Nous étions déjà des digital nomades, raconte la première. On changeait de pays plusieurs fois par an, dès que nos visas avaient expiré, mais on vivait confortablement dans des appartements en location. La vie en van, c’est vraiment autre chose ! » Peter résume leurs quelques mois passés à bord d’un véhicule, pourtant plutôt haut de gamme, de cette façon : « La promiscuité, surtout les jours de pluie, a fait que très rapidement, on ne se supportait plus. Et puis nous avons dépensé des fortunes en carburant, en réparations du van lorsqu’il était en panne et en emplacements pour avoir accès à des sanitaires. Et puis on a souvent eu froid la nuit, on s’est fait piquer nos ordinateurs en plein jour et presque à chaque fois qu’on trouvait un spot magnifique au calme pour passer la nuit, on se retrouvait finalement très vite encerclés par des flopées d’autres vans ! » Une vie loin du rêve de liberté et de retour à la nature déroulée à longueur de stories sur Instagram !

    Et bien préparer son voyage

    Le voyage en van convient donc avant tout aux personnes à l’aise dans un espace réduit et avec peu de confort. Et pour celles et ceux qui voudraient se lancer dans l’aventure, il est important de prévoir son budget et de bien préparer son départ en consultant quelques-uns de nombreux guides dédiés ou des vidéos de youtubeurs spécialisés. Les salons tels que le Vanlifest (à Capbreton) ou le Festival vanlife à Bordeaux, sont aussi de bons moyens pour s’informer. Philippe Colas organise les salons Vanlife Expo à Rennes et à Grenoble, ainsi que le Breizh Vanlife Festival à Saint-Malo. « Je conseille de commencer par louer un véhicule aménagé, pour bien se rendre compte, avant d’en acheter un, explique-t-il. Car la vanlife ce n’est pas seulement ce qu’on voit sur les réseaux sociaux, c’est aussi vivre en famille dans 6m2 ! » Sur ses salons, les modèles neufs sont vendus à partir de 35 000 euros. « Et il y a la nouvelle tendance des kits amovibles ou des malles de voyage, ajoute-t-il. Il s’agit de meubles adaptables que l’on installe sans outil sur les sièges arrière rabaissés d’une voiture et qui permettent d’accueillir un sommier, un matelas, des tiroirs, voire, une cuisinette, détaille le professionnel. Les premiers coûtent environ 2000 euros. »

    Un bon compromis pour les aventuriers à petit budget. Philippe Colas évoque aussi les « tear drop », ces petites caravanes équipées d’une chambre à coucher que l’on attache à sa voiture grâce à une boule d’attelage. Pour celles et ceux qui souhaitent aménager un utilitaire, un fourgon ou un van, il recommande de se fournir auprès d’entreprises spécialisées et de prévoir un budget minimum de 10 000 euros. « Mais, si vous ne partez qu’une fois par an, vous avez tout intérêt à privilégier la location », conclut-il.

     

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  • Apprendre à son enfant à faire du vélo

    Apprendre à son enfant à faire du vélo

    Le vélo, dès 2 ans

    Dès l’âge de 2 ans environ, votre enfant peut commencer à apprendre à maîtriser son équilibre sur roues, grâce à une draisienne. Avec ce drôle de vélo sans pédales, le petit acquiert le sens de l’équilibre, développe sa coordination et son autonomie, et s’initie naturellement au maintien du guidon pour rouler droit. Comme le raconte Lisa, « mon fils Hugo a commencé son initiation à 2 ans avec une draisienne. En quelques mois, il avait déjà un très bon équilibre et était prêt à passer à un véritable vélo avec pédales ». Pour apprendre à faire du vélo, un enfant doit cependant posséder certaines capacités motrices de base, comme se tenir droit sans aide, ou encore coordonner ses mouvements, ceux des jambes et des bras, pour pouvoir diriger le guidon. Enfin, un minimum de force dans les jambes et une certaine endurance sont nécessaires pour pédaler et maintenir l’effort sur une certaine distance.

    Les petites roues pour apprendre

    Deuxième étape, passer au vélo avec des petites roues une fois que l’enfant est à l’aise sur la draisienne, et apprendre à pédaler. Lorsque l’enfant montre des signes de confiance et de stabilité, il est temps de retirer les petites roues. Commencez sur une surface plane et sécurisée, comme une allée ou un parc. C’est ce qui s’est passé pour Léa, 4 ans : « Les petites roues l’ont aidée à se sentir en sécurité pendant qu’elle apprenait à pédaler. Nous les avons enlevées, une fois qu’elle se sentait prête », raconte son père, Paul. Cependant, cette étape n’est pas obligatoire pour tous les enfants. Certains passent directement de la draisienne au vélo, sans en passer par l’étape quatre roues, comme en témoignent les nombreux enfants de petite section de maternelle que l’on voit pédaler comme des fous dès l’âge de 3 ans ! Un autre conseil important de Julie, qui travaille au rayon vélo d’un grand magasin de sport : « Il est important de laisser l’enfant avancer à son propre rythme. Ne le forcez pas à retirer les petites roues avant qu’il ne se sente prêt. »

    Encouragement et patience

    Le rôle des parents dans l’apprentissage du vélo est en effet crucial : ils doivent encourager constamment leur enfant et faire preuve de patience pour rendre l’expérience positive et amusante, conseille Julie. Le vélo n’est pas seulement une activité physique qui contribue au développement psychomoteur de l’enfant, il a également un impact positif durable sur son autonomie et sur sa confiance. Pour Claire, « si Mathieu a appris à faire du vélo à 5 ans, c’est grâce à la draisienne et au vélo avec petites roues, mais aussi parce que nous sommes restés patients et que nous l’avons laissé progresser à son propre rythme. » Une erreur fréquente est de vouloir aller trop vite, trop tôt. Évitez de lui mettre trop de pression, ce qui peut entraîner l’arrêt de sa volonté d’apprendre à faire du vélo. Il faut choisir le bon moment, quand l’enfant se sent prêt et en manifeste l’envie. L’apprentissage doit se faire dans un moment de calme et de détente, sans pression ni contrainte de temps.

    Apprendre en jouant

    Le plus difficile à vélo, c’est de démarrer. L’enfant doit d’abord apprendre à placer correctement ses pieds sur les pédales sans regarder et comprendre que c’est l’élan qui donne la vitesse. Partir en plaçant le pied avant au-dessus de l’axe du pédalier donne plus de force pour effectuer un premier tour de pédale et gagner assez de vitesse pour garder son équilibre. Une fois que l’enfant maîtrise le démarrage et la vitesse, il faut aussi savoir s’arrêter ! Pour apprendre à freiner en s’amusant, voici quelques petits jeux à mettre en pratique : Tracez un repère au sol au niveau duquel votre enfant doit stopper. Cela lui permettra d’apprendre à s’arrêter au niveau d’un carrefour ou d’un feu. Faites circuler votre enfant librement sur une zone sans danger. À votre « top », votre enfant doit freiner et poser le pied à terre. Au « top » suivant, il repart. Ainsi, il saura par la suite faire face aux dangers de la circulation sur la voie publique.

    Bon à savoir

    Jusqu’à l’âge de 8 ans, un enfant est autorisé à rouler au pas sur les trottoirs, pendant que vous circulez sur la chaussée. Par ailleurs, il est recommandé de ne pas le laisser circuler seul en ville avant l’âge de 12 ans.

    Conseils de sécurité pour apprendre le vélo à votre enfant

    Il faut aussi adopter un équipement adapté : le port du casque est obligatoire jusqu’à 12 ans et reste très fortement recommandé après cet âge. Des genouillères et coudières sont également conseillées pour se protéger en cas de chute. Pour les premières sorties, il est recommandé de choisir des zones sûres et peu fréquentées. Restez toujours à proximité de votre enfant, car la supervision est essentielle pour assurer sa sécurité. Assurez-vous également que le vélo est adapté à la taille de l’enfant : un vélo trop grand ou trop petit peut rendre l’apprentissage difficile et dangereux. L’enfant doit pouvoir toucher le sol avec ses pieds lorsqu’il est assis sur la selle.

    Sensibiliser sans culpabiliser est essentiel pour développer des comportements responsables chez les jeunes. En encourageant un meilleur partage de la route, chacun peut contribuer à la sécurité de tous, en particulier celle des plus jeunes. Les parents jouent un rôle clé en inculquant les bonnes pratiques dès le plus jeune âge, comme le respect du code de la route et l’attention aux autres usagers. Pensez également à l’importance de la visibilité : l’utilisation d’accessoires réfléchissants ou de vêtements colorés est un moyen simple et efficace pour améliorer la visibilité de votre enfant.

    Et n’oubliez pas : en adaptant l’apprentissage à son rythme, vous lui offrirez une expérience positive et enrichissante !