Catégorie : À la maison

  • Sauriez-vous reconnaître une arnaque lors d’un achat en ligne ?

    Sauriez-vous reconnaître une arnaque lors d’un achat en ligne ?

    1 – Lors de la commande sur un site d’e-commerce, est-ce normal de me demander de me connecter à l’appli de ma banque pour confirmer un achat ?

    Oui ! Vous aviez peut-être l’habitude de confirmer vos achats en ligne avec un code reçu par texto de la part de votre banque que vous deviez ensuite renseigner sur le site d’achat ? Malheureusement les fraudeurs réussissent de plus en plus à récupérer les informations transmises par SMS. Depuis septembre 2019, les établissements bancaires doivent privilégier un mécanisme d’authentification forte, appelé « clé digitale », « Certicode plus », « Sécuripass » ou encore « Pass sécurité » en fonction de la banque. Ce dispositif vous demande de confirmer le paiement directement sur l’application mobile de la banque. C’est en vous connectant sur celle-ci grâce à votre code secret ou vos données biométriques (reconnaissance faciale, vocale ou empreintes digitales) que l’achat est confirmé de façon sécurisée.

    À savoir

    Les établissements bancaires avaient jusqu’au 31 mars 2021 2 pour remplacer l’ancien système (3D Secure) par un nouveau mécanisme de sécurité renforcée.

    2 – Je ne connais pas le site commerçant mais les avis sont bons, est-ce sécurisé ?

    Non, pas forcément ! Le site en question peut très bien avoir créé lui-même ces notes et commentaires positifs pour faire croire à sa légitimité. Pour savoir si le commerçant existe bien, rendez-vous dans un premier temps sur société.com ou infogreffe.fr pour vérifier si l’entreprise en charge du site internet existe réellement (entreprises françaises seulement). Cela ne vous garantit cependant pas de l’absence de fraude du site en question. Dans un deuxième temps, recherchez les commentaires sur les forums entre particuliers sur lesquels s’expriment les internautes ayant déjà acheté sur le site en question. Cela vous permettra de vous faire votre propre avis. Enfin, si vous ne retrouvez pas de traces de ce site dans les commentaires, préférez-lui une autre plateforme, sécurisée cette fois-ci !

    3 – Est-ce normal de scanner ma carte de crédit avec mon smartphone pour payer ?

    Oui, c’est une option qui peut vous être proposée par les sites d’e-commerce. Cette technologie vous permet de “scanner” votre carte de crédit, à la manière d’un QR Code, pour procéder au paiement via votre téléphone portable. En principe, il ne doit s’agir que d’une lecture des informations de votre carte bancaire. Celles-ci ne devraient donc être ni transmises, ni répertoriées ni conservées par les serveurs du site commerçant. Attention à vérifier tout de même que le site soit sécurisé et que votre banque soit compatible avec ce service de paiement mobile.

    Lire aussi : Tout comprendre sur le RGPD

    4 – J’achète sur un site entre particuliers et le vendeur m’envoie un lien de paiement, est-ce sécurisé ?

    Non ! Sur les sites de vente en ligne entre particuliers, tels que Le Bon Coin, la marketplace de Facebook ou Vinted, les paiements peuvent se faire soit en face à face avec des espèces par exemple, soit via un mode de paiement sécurisé proposé directement par le site. Avec cette option, c’est le site qui garantit en général le bon paiement et/ou le remboursement en cas de litige (non livraison, colis non conforme à la commande, etc). En revanche, si le vendeur vous envoie un lien en vous indiquant qu’il préfère cette solution par exemple, vigilance ! Le risque est réel qu’il vous envoie payer sur une autre plateforme ressemblant à un site légitime et qui récupère les données de votre carte bancaire.

    5 – Je veux acheter un produit mis en avant par un influenceur que je suis sur les réseaux sociaux, je peux faire confiance au lien qu’il nous partage ?

    Oui et non ! Le lien qu’il vous partage vous permettra vraisemblablement d’acheter le produit en question. En revanche, le prix proposé ne sera pas forcément le meilleur sur le marché même si c’est ce qui est indiqué et la qualité ne sera pas nécessairement au rendez-vous. Les influenceurs sur les réseaux sociaux travaillent souvent avec des agences qui nouent des partenariats avec des revendeurs et/ou des marques. Il est donc possible que vous soyez renvoyés vers un site sécurisé d’une enseigne particulière pour un produit spécifique, mais il est également possible que vous atterrissiez sur une plateforme plus généraliste avec de nombreux produits affichés à prix “réduits”. Ces sites sont des intermédiaires de revente. Cette pratique, appelée le “dropshipping”, est légale, mais elle ne vous garantit ni le meilleur prix ni la meilleure qualité de produit. À vous donc de rechercher les avis d’autres acheteurs pour vérifier que votre achat répondra à vos attentes.

    Lire aussi : Mails frauduleux : comment les reconnaître ?

     

    Fédération E-commerce et Vente À Distance (FEVAD) 2021
    2 Banque de France

     

    Vous souhaitez être protégé en cas d’arnaque en ligne ?

    Avec l’assurance Protection Juridique de la Macif*, vous bénéficiez de conseils et d’un accompagnement juridique personnalisé en cas de litige avec un tiers, dont les arnaques aux achats en ligne.

    *Garantie optionnelle du contrat Habitation Résidence principale Formule Protectrice. (voir conditions du contrat)

    Découvrez les autres résultats du test

  • Sauriez-vous reconnaître une arnaque lors d’un achat en ligne ?

    Sauriez-vous reconnaître une arnaque lors d’un achat en ligne ?

    1 – Lors de la commande sur un site d’e-commerce, est-ce normal de me demander de me connecter à l’appli de ma banque pour confirmer un achat ?

    Oui ! Vous aviez peut-être l’habitude de confirmer vos achats en ligne avec un code reçu par texto de la part de votre banque que vous deviez ensuite renseigner sur le site d’achat ? Malheureusement les fraudeurs réussissent de plus en plus à récupérer les informations transmises par SMS. Depuis septembre 2019, les établissements bancaires doivent privilégier un mécanisme d’authentification forte, appelé « clé digitale », « Certicode plus », « Sécuripass » ou encore « Pass sécurité » en fonction de la banque. Ce dispositif vous demande de confirmer le paiement directement sur l’application mobile de la banque. C’est en vous connectant sur celle-ci grâce à votre code secret ou vos données biométriques (reconnaissance faciale, vocale ou empreintes digitales) que l’achat est confirmé de façon sécurisée.

    À savoir

    Les établissements bancaires avaient jusqu’au 31 mars 2021 2 pour remplacer l’ancien système (3D Secure) par un nouveau mécanisme de sécurité renforcée.

    2 – Je ne connais pas le site commerçant mais les avis sont bons, est-ce sécurisé ?

    Non, pas forcément ! Le site en question peut très bien avoir créé lui-même ces notes et commentaires positifs pour faire croire à sa légitimité. Pour savoir si le commerçant existe bien, rendez-vous dans un premier temps sur société.com ou infogreffe.fr pour vérifier si l’entreprise en charge du site internet existe réellement (entreprises françaises seulement). Cela ne vous garantit cependant pas de l’absence de fraude du site en question. Dans un deuxième temps, recherchez les commentaires sur les forums entre particuliers sur lesquels s’expriment les internautes ayant déjà acheté sur le site en question. Cela vous permettra de vous faire votre propre avis. Enfin, si vous ne retrouvez pas de traces de ce site dans les commentaires, préférez-lui une autre plateforme, sécurisée cette fois-ci !

    3 – Est-ce normal de scanner ma carte de crédit avec mon smartphone pour payer ?

    Oui, c’est une option qui peut vous être proposée par les sites d’e-commerce. Cette technologie vous permet de “scanner” votre carte de crédit, à la manière d’un QR Code, pour procéder au paiement via votre téléphone portable. En principe, il ne doit s’agir que d’une lecture des informations de votre carte bancaire. Celles-ci ne devraient donc être ni transmises, ni répertoriées ni conservées par les serveurs du site commerçant. Attention à vérifier tout de même que le site soit sécurisé et que votre banque soit compatible avec ce service de paiement mobile.

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    4 – J’achète sur un site entre particuliers et le vendeur m’envoie un lien de paiement, est-ce sécurisé ?

    Non ! Sur les sites de vente en ligne entre particuliers, tels que Le Bon Coin, la marketplace de Facebook ou Vinted, les paiements peuvent se faire soit en face à face avec des espèces par exemple, soit via un mode de paiement sécurisé proposé directement par le site. Avec cette option, c’est le site qui garantit en général le bon paiement et/ou le remboursement en cas de litige (non livraison, colis non conforme à la commande, etc). En revanche, si le vendeur vous envoie un lien en vous indiquant qu’il préfère cette solution par exemple, vigilance ! Le risque est réel qu’il vous envoie payer sur une autre plateforme ressemblant à un site légitime et qui récupère les données de votre carte bancaire.

    5 – Je veux acheter un produit mis en avant par un influenceur que je suis sur les réseaux sociaux, je peux faire confiance au lien qu’il nous partage ?

    Oui et non ! Le lien qu’il vous partage vous permettra vraisemblablement d’acheter le produit en question. En revanche, le prix proposé ne sera pas forcément le meilleur sur le marché même si c’est ce qui est indiqué et la qualité ne sera pas nécessairement au rendez-vous. Les influenceurs sur les réseaux sociaux travaillent souvent avec des agences qui nouent des partenariats avec des revendeurs et/ou des marques. Il est donc possible que vous soyez renvoyés vers un site sécurisé d’une enseigne particulière pour un produit spécifique, mais il est également possible que vous atterrissiez sur une plateforme plus généraliste avec de nombreux produits affichés à prix “réduits”. Ces sites sont des intermédiaires de revente. Cette pratique, appelée le “dropshipping”, est légale, mais elle ne vous garantit ni le meilleur prix ni la meilleure qualité de produit. À vous donc de rechercher les avis d’autres acheteurs pour vérifier que votre achat répondra à vos attentes.

    Lire aussi : Mails frauduleux : comment les reconnaître ?

     

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  • Épargne | Le planificateur

    Épargne | Le planificateur

    Le planificateur

    Vous avez une vision rationnelle et pratique de l’existence : pour vous, l’épargne n’est qu’un moyen parmi d’autres d’atteindre certains objectifs. Acheter un appartement, une voiture ou faire un beau voyage sont d’excellentes motivations pour mettre de côté.

    Vous videz donc régulièrement vos comptes, pour les remplir à nouveau quand un projet se profile.

    Et si vous pensiez aussi à l’épargne de long terme, comme un PERP ou une assurance-vie ?

    Vous cherchez une solution d’épargne qui concilie souplesse et performance ?

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  • Épargne | L’épicurien ou l’hédoniste

    Épargne | L’épicurien ou l’hédoniste

    L’épicurien ou l’hédoniste

    Demain, c’est loin, alors pourquoi s’en soucier ?

    L’argent est fait pour être dépensé, et vous vous y appliquez avec un bel enthousiasme. Bien sûr, vous songez parfois à mettre de côté, mais il y a toujours un week-end à Barcelone ou une nouvelle paire de baskets pour vous détourner de vos bonnes résolutions…

    Essayez le virement mensuel automatique sur un livret d’épargne, pour capitaliser sans y penser.

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  • Épargne | La fourmi

    Épargne | La fourmi

    La fourmi

    Pour vous, épargner est une seconde nature. Vos dépenses sont calées d’avance et toute somme restante est systématiquement mise à l’abri pour faire face aux imprévus : un lave-linge qui capote, un joint de culasse à changer… Mais aussi pour plus tard.

    Vous n’avez pas de vision précise de l’usage de votre épargne, mais une chose est sûre : elle vous rassure ! N’oubliez pas de profiter aussi de temps en temps…

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  • Épargne | L’investisseur

    Épargne | L’investisseur

    L’investisseur

    Sans être flambeur, épargner pour épargner n’est pas forcément votre tasse de thé.

    Vous pensez que l’argent doit circuler, à condition de faire des placements malins qui lui permettront de « faire des petits ». Que ce soit des produits d’investissement bancaires ou de l’immobilier, votre objectif est de faire fructifier votre patrimoine pour en tirer le meilleur parti possible.

    Vous êtes même prêt à prendre des risques : qui ne risque rien n’a rien !

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  • Pour toi(t) – Cohabiter en 2050 – Guillaume Allilaire

    Pour toi(t) – Cohabiter en 2050 – Guillaume Allilaire

    C’est le rire de Denise qui m’a réveillée. Un autre, que je ne connaissais que trop bien, lui a répondu en écho. Dans ma chambre flottait cette odeur de cacahuète reconnaissable entre mille.

    Il fallait que je sache. D’un bond je sors de mon lit et me rue dans la cuisine.

    Denise était sur son 31, permanentée, maquillée et bijoutée, le tout sous un grand tablier de cuisine. Posée sur le plan de travail devant elle, la tablette que je lui ai offerte pour Noël. Sur l’écran, en visio et en gros plan, le visage de ma mère. Sur le feu, le poulet mafé de mon enfance.

    « Ah voilà la lève-tard, dit Denise. Alors, prête pour le grand entretien ? »

    « Lève-tard, lève-tard, il n’est même pas encore dix heures. Pour l’entretien, je le prends à la cool, j’ai fait tout ce qu’il fallait pour. Et toi maman, tu divulgues nos secrets culinaires de famille à ce que je vois ? »

    « Bonjour ma chérie, me répondit ma mère. Denise voulait te préparer une surprise pour fêter ta note sociale. Je me suis dit que ça te ferait plaisir. »

    « Bien sûr que ça me fait plaisir, répondis-je. Mais, et c’est le cas de le dire, pas la peine d’en faire tout un plat de cet entretien. Ce n’est pas la première fois que je le passe je vous le rappelle. Allez, je vous laisse, il faut que je m’habille quand même. Bisous maman. »

    Derrière moi, les éclats de joie ont repris de plus belle. Je n’aurais jamais dû les mettre en relation ces deux-là.

    Sous la douche, je fais le point et essaie de rester calme. Je me répète en boucle que le rendez-vous, programmé ce matin à onze heures trente, ne devrait être qu’une formalité. Les discussions incessantes sur le sujet depuis plusieurs semaines, le fait que j’ai dû poser un jour de congé et le léger poids sur ma poitrine essaient pourtant de me convaincre du contraire. Tenue décontractée enfilée, besoin de me sentir à l’aise, je fais un tour dans le salon pour vérifier que tout soit en ordre. Denise, assise sur son fauteuil, fait ses mots croisés, ayant laissé le plat mijoter à feu doux. A quatre-vingt-deux ans, elle a encore l’esprit alerte et garde rigoureusement ses habitudes de cruciverbiste, « pour exercer son cerveau » comme elle dit. Coup d’œil circulaire : un peu de rangement et de ménage ne ferait pas de mal pour donner la meilleure image possible.

    J’avais à peine eu le temps d’arranger les coussins et les bibelots, j’allais sortir l’aspirateur de son placard quand on a sonné.

    Je regarde mon téléphone, il n’est même pas onze heures. Denise m’interroge du regard, je lève les sourcils en signe d’ignorance.

    « Ne bouge pas, j’y vais, je lui dis »

    J’attrape l’interphone. « Allo ? ».

    « Oui bonjour, c’est pour l’enquête sociale. » Une voix d’homme, assez grave. La quarantaine je dirais.

    « Le rendez-vous n’était pas pour onze heures trente ? »

    « Si mais j’étais dans le quartier, je me suis dit que cela vous arrangerait sans doute que je passe en avance… »

    Bien sûr, prends-moi pour une idiote. Tu veux surtout me prendre au dépourvu.

    « Je vous ouvre, troisième étage gauche ».

    Je me retourne vers Denise. Debout, droite comme un « i », les yeux écarquillés. Déjà qu’elle est de nature très blanche de peau, mais là on dirait un fantôme. Translucide.

    « Assieds-toi, je gère. Et respire, ne va pas nous faire un malaise, je suis en congés moi aujourd’hui ».

    Elle retombe d’un coup sur son fauteuil.

    J’ouvre la porte.

    Devant moi s’avance un homme blanc assez grand, chauve, avec dans les yeux un air un peu perdu. Une inoffensivité de façade. Il est en pantalon de toile gris et chemisette rayée, vêtement dont je n’ai jamais compris ni la raison d’être, ni l’esthétique. Au bout de son bras gauche, un attaché case fatigué. Il me tend sa main droite.

    « Bonjour, vous devez être Fatou Abisanya ? Monsieur Petel du Ministère des droits sociaux et du logement. Je peux entrer ? »

    Je m’efface…

    Nous nous installons sur la table de la salle à manger. Après avoir posé devant lui un gros dossier avec mon nom écrit au feutre, il installe une petite caméra numérique. Pas un mot depuis qu’il s’est assis.

    En face de lui, je n’arrête pas de croiser et décroiser mes jambes. Dans mon champ de vision, Denise dans son fauteuil. Elle a l’air de lire un magazine, mais les coups d’œil incessants dans notre direction la trahissent.

    « Bien. Je suis prêt madame Obisanya. Vous saviez que l’entretien serait filmé ? Vous aurez bien sûr un droit d’accès complet à cette vidéo si vous le souhaitez. Comme vous le voyez, nous sommes tous les deux dans le cadre et le micro capte l’ensemble de nos conversations. Pas d’objections ? »

    « Je peux m’y opposer ? » Il sourit.

    « Vous pouvez tout à fait refuser. Mais cela mettrait fin à notre entretien et vous obligerait à renoncer à toute évaluation sociale, avec les conséquences que vous connaissez… On commence ? »

    Sans attendre ma réponse, il appuie sur le bouton « record » et ouvre son dossier. « Je commence par un bref rappel du contexte. Je suis sûr que vous le connaissez mais c’est la procédure. Donc, après les événements tragiques qui ont conduit à l’effondrement de 2031 puis à la « grande crise » 2032-2038, il a été décidé par référendum de refondre l’intégralité de notre système social. Nous avons opté pour un fonctionnement un peu plus euh… « directif »

    Pour toi(t) - Cohabiter en 2050 - Guillaume Allilaire

     

    Le fauteuil du salon se met à ricaner pile à ce moment-là. Monsieur Petel tourne la tête un instant avant de reprendre.

    « Il a donc été décidé de conditionner l’accès aux aides d’état, mais aussi aux logements, au montant des points retraite bonus, à l’étendue de la couverture médicale gratuite…à la valeur ajoutée que chacun apporte à la société. Une valeur non économique mais sociale. En gros, plus vous contribuez à rendre la société meilleure, plus votre score est élevé…et plus vous bénéficiez d’avantages. Dans votre cas, c’est votre entrée dans une école d’infirmière qui vous a permis, il y a cinq ans, de pouvoir prétendre à une « colocation intergénérationnelle de niveau un », à une « colocation conventionnelle de niveau trois » ou à une « location autonome de niveau quatre ». Vous avez opté pour la colocation intergénérationnelle. Colocation que vous menez depuis avec Madame Denise Bodert dans son appartement du 15 rue de l’église à Neuilly-sur-Seine. Alors, comment se sont passées ces cinq dernières années ? »

    J’étais sur le point de parler quand j’ai senti le poids d’un regard, une tension venant du salon. « Je ne vais pas me lancer des fleurs. Puisqu’on a ma logeuse sous la main, autant en profiter non ? Denise, au lieu de nous écouter en douce, tu veux bien venir nous dire un mot ? C’est plutôt toi que ça concerne cette question. »

    « Mais je ne vous écoute pas,» me répond une petite voix. Si ça, ça ne s’appelle pas un aveu… « Peut-être que mes oreilles trainaient un peu voilà tout, ajoute-t-elle dans un souffle. »

    Elle s’extirpe de son fauteuil, vient se placer à côté de moi.

    « Alors Madame Bodert, que pouvez-vous nous dire de tout ça ? »

    « Au début cher monsieur, j’étais furieuse. » Ça commence bien. Je ne sais pas si j’ai eu une bonne idée de l’intégrer dans la conversation. « À aucun moment je ne voulais quelqu’un chez moi. Dans cet appartement où j’avais élevé mon fils et perdu mon mari. Mais l’état a décidé, pour résoudre la crise du logement, de taxer tellement fortement les logements vides, les résidences secondaires, les bureaux inoccupés et même les chambres vacantes qu’il ne me laissait pas le choix : j’allais devoir héberger un inconnu chez moi. Oui, un inconnu puisque je ne peux pas louer à une connaissance ou une connaissance de connaissance si elle n’a pas son accréditation de l’Etat. Je comprends la finalité : ouvrir l’accès aux logements. Je suis bien consciente que c’est de « l’entre-soi », mais vous me poussiez très loin de ma zone de confort. À mon âge… À contrecœur, j’ai rencontré les candidats que vous m’avez envoyé. Au début, Fatou le sait, elle n’était pas mon premier choix. Une jeune fille noire, enfant de réfugiés, je pensais qu’elle et moi nous n’aurions rien en commun, que le quartier ne lui conviendrait pas. J’avais peur des commérages. Bref, je l’ai reçu froidement. Et là, le choc ! Sa bonne humeur, sa candeur, et surtout la façon qu’elle avait de me parler. Tous les autres me traitaient avec une sorte de déférence mortifère, comme s’ils avaient peur de me casser. Je ne suis pas en sucre et encore moins prête à être mise en terre. Elle, elle me parlait comme à une personne normale, pas comme à une pièce de musée. Je lui ai dit oui tout de suite. Je ne l’ai jamais regretté. Plus je la découvre, plus je l’aime. Elle sait être présente sans être oppressante, indépendante sans être laxiste. Elle m’a présenté ses amis. Ils m’ont même sorti plusieurs fois. J’ai tellement ri. Je croyais ma vie derrière moi et je me surprends à attendre demain avec impatience. Elle me transmet son virus de la jeunesse chaque jour. C’est une bénédiction. Et je crois que je peux dire qu’on est devenu amies. Elle et moi, c’est « la mif », « le sang » comme elle dit. »

    Un gloussement m’échappe. Elle est incroyable cette nana.

    « Ravi d’entendre ça, répond le fonctionnaire en chemisette. Madame Abisanya, quelque chose à rajouter ? »

    « Non, tout est dit ». Je ne peux m’empêcher de la regarder et de sourire.

    « Bien. Pour en venir à notre situation d’aujourd’hui, vous avez validé vos études, commencé à travailler à l’hôpital public, et vous êtes investis dans l’association « la maraude 92 » avec une fréquence d’une intervention par semaine en moyenne. Est-ce que j’oublie quelque chose ? »

    « Non, avec ça mes semaines sont bien remplies. »

    La petite voix à ma droite intervient : « elle a aussi mené un atelier de sensibilisation aux gestes de premiers secours dans mon club de lecture »

    « Ça ne compte pas ça Denise »

    « Si, si, dit la chemisette. La responsable du club a bien envoyé une déclaration, je l’avais noté là. »

    Il s’arrête de parler, baisse la tête, relit ses notes, passe d’une feuille à l’autre en les parcourant du doigt. L’attente semble interminable.

    Puis, il pose tous ses papiers, met ses coudes sur la table, croise les mains. C’est le moment…

    « J’ai le…plaisir de vous annoncer que vous avez accès à toutes les possibilités de logement de niveau 1, que ce soit en colocation traditionnelle, intergénérationnelle mais aussi en logement autonome. Vous pouvez donc dès à présent postuler pour un appartement pour vous dans n’importe quel quartier. »

    Denise pose sa main sur mon bras. Son regard est plein d’une fierté qui me rend les yeux humides.

    Il reprend « Vous avez du temps pour faire votre choix. Mais si vous savez déjà sur quel type de logement vous aimeriez vous positionner, je peux l’enregistrer tout de suite. »

    Denise s’agite sur son siège. « À son âge c’est bien de pouvoir avoir son indépendance. C’est mieux que de devoir se coltiner la petite vieille et l’aider à monter ses courses, supporter sa musique, l’entendre raconter pour la centième fois la même histoire… »

    Je la coupe : « Monsieur Petel, ce choix, il est définitif ? »

    « Vous vous engagez pour une durée de deux ans minimum. Si vous voulez changer, il y a une nouvelle évaluation pour vérifier votre statut et vous pouvez ensuite déménager ».

    « Parce que voyez-vous, je ne me vois pas comme la petite jeune au chevet d’une vieille personne. Denise m’a apporté tellement et continue de le faire. Sans s’en rendre compte. Elle me fait relativiser. Elle m’apaise. Elle a raison, elle est de la famille. Vous pouvez noter que je reste ici pendant au moins deux ans. Le temps qu’elle devienne grabataire et que je lui vole son héritage »

    Denise part dans un rire sonore qui n’en finit plus mais je sais que si on se regarde, on pleure. Elle le sent elle aussi.

    Sans tourner son visage vers moi, elle se lève précipitamment en s’écriant « mon poulet ! ».

    « C’est vrai que ça sent rudement bon. » dit le fonctionnaire en chemisette.

    « Vous allez bien rester à déjeuner ? » lui répond la voix dans la cuisine.

    Il semble que Denise ait envie d’adopter quelqu’un d’autre.

    J’en suis presque jalouse.

  • Reprise contre bon d’achat : une nouvelle habitude de consommation ?

    Reprise contre bon d’achat : une nouvelle habitude de consommation ?

    Récupérer du budget pour racheter

    Rapporter ses anciens produits en boutique en échange d’un bon d’achat en magasin : les enseignes à proposer ce type d’offres sont de plus en plus nombreuses. Et ce, dans toujours plus de secteurs. Le prêt-à-porter a saisi le créneau il y a plus d’une décennie et représente aujourd’hui une grande partie de ce marché. Mais on retrouve des démarches similaires dans les magasins de téléphones et ordinateurs portables, cartables, et même chez les concessionnaires automobiles. Concrètement, ces bons représentent généralement un pourcentage assez faible de la valeur d’achat initiale du produit, et peuvent varier selon l’état du bien, notamment dans le cas d’appareils électroniques. En général, ces produits sont soit réinjectés sur le marché après réparation et/ou reconditionnement, soit envoyés dans des centres de recyclage lorsqu’ils sont en mauvais état. « Proposer un bon d’achat en échange est un moyen pour les marques de fidéliser leur clientèle », observe Ilfynn Lagarde, spécialiste de l’économie circulaire et fondatrice de Youzd, une plateforme d’achat et de revente d’équipement de la maison de seconde main.

    Augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs

    Qu’en est-il du consommateur ? Le premier argument mis en avant par les enseignes en faveur de ce dispositif est qu’il permet d’augmenter le pouvoir d’achat de leurs clients. « Cette stratégie marketing a un impact direct sur les prix, permettant aux consommateurs d’acheter moins cher ou plus pour le même prix », observe Béatrice Siadou-Martin, chercheuse experte en consommation responsable au sein de la Chaire Maréson à l’université de Montpellier. « Aujourd’hui, le consommateur est dans une recherche de variété », ajoute la chercheuse. Dans cette optique, lui donner la possibilité de ramener régulièrement ses achats en magasin est un moyen de concilier cette volonté avec des enjeux environnementaux de réemploi des produits. « Cela permet de capter tout le stock, notamment de vêtements et d’appareils informatiques, qui dorment trop souvent dans nos tiroirs », confirme Ilfynn Lagarde. Chaque année, les Français jettent en moyenne 200 000 tonnes de vêtements et autres accessoires vestimentaires, selon les données de Refashion. Soit environ 40 % de la production annuelle. Proposer aux consommateurs de ramener leurs achats en magasin est donc, théoriquement, une manière de faire un pas de plus dans la réduction de l’empreinte environnementale de secteurs souvent très polluants.

    Une incitation à la consommation

    Mais, nuance Ilfynn Lagarde, « le principe de réinjection dans le marché de la seconde main ne fonctionne qu’avec des objets en très bon état ou dont le prix de revente sera suffisamment élevé pour que la réparation ou le reconditionnement, qui peuvent coûter très cher, soient rentables ». Autrement dit, en ce qui concerne la « fast-fashion », dont le prix de vente initial est déjà très bas, le coût de réparation est trop élevé pour espérer lui donner une seconde vie : « Dans ce cas, il n’y a pas d’économie circulaire. » Seuls certains produits sont donc susceptibles d’être réemployés. Certaines enseignes, comme Faume pour les vêtements et Back Market pour les téléphones et ordinateurs, en ont fait leur spécialité.

    « Sur des marques low cost, on est clairement sur du greenwashing », poursuit Ilfynn Lagarde. Un greenwashing qui encourage ces enseignes à continuer de produire en masse et à polluer. En fin de compte, ce système ne pousse pas à remettre en question le modèle de la fast-fashion, intrinsèquement ultra-polluant, même si ces vêtements sont effectivement recyclés, car recycler pollue toujours plus que produire moins.

    La question de la durabilité est essentielle, même en ce qui concerne le pouvoir d’achat des consommateurs. Si ce dernier augmente effectivement sur le court terme, la reprise contre bon d’achat est néanmoins « une incitation à la consommation et à l’achat frénétique », rappelle Béatrice Siadou-Martin : « Acheter un jean pour 140 euros, mais qui durera dix ans est probablement plus rentable que d’en racheter un chaque année. Même chose pour les cartables, qui sont maintenant changés chaque année. » Difficile de savoir si, sur le temps long, le consommateur est alors effectivement gagnant.

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  • Décoration d’intérieur : comment être bien chez soi ?

    Décoration d’intérieur : comment être bien chez soi ?

    Intérieur décoré = bien-être

    Plusieurs études scientifiques associent la décoration d’intérieur à des sensations positives : 82 % des sondés déclarent qu’« une maison bien décorée est synonyme de bien-être », d’après le magazine Marie Claire (47 % estiment que décorer leur maison correspond même à un « paradis », pendant que seuls 2 % considèrent qu’il s’agit d’une corvée). Selon une enquête de CSA pour Cofidis, en 2021, 54 % des Français ont réalisé des aménagements intérieurs, contre 48 % en 2020. Ces dernières années des expressions telles que « déco-thérapie » (prévention de la dépression), « feng Shui » (méthode chinoise enseignant comment aménager chaque pièce) ou « home staging » (changement de décoration pour valorisation d’un bien immobilier) se sont répandus dans le vocabulaire du quotidien.

    La déco chez les autres

    « Un espace bien pensé peut apaiser, stimuler la créativité ou même renforcer un sentiment de confort et d’appartenance, explique Claire Clerc. La décoration d’intérieur est un moyen d’exprimer sa personnalité tout en rendant l’environnement plus fonctionnel et agréable. Une bonne déco transforme un lieu en un havre de paix à la fois beau et harmonieux qui répond aux besoins pratiques ou émotionnels des occupants. » Léonard, la trentaine, fait partie de ceux pour qui la décoration de leur intérieur est une priorité. « J’aime la déco parce que j’aime les beaux lieux, chez moi, mais aussi quand je vais à l’hôtel. Dans un décor qui me plaît, je ressens un sentiment de satisfaction. D’ailleurs, j’adore me rendre dans les magasins de décoration simplement pour regarder ce qu’ils proposent, sans forcément acheter. Dans un intérieur, j’apprécie quand il y a de la cohérence, mais la décoration peut être très différente d’une pièce à l’autre et je n’aime pas trop mélanger les styles, témoigne ce salarié haut placé d’une entreprise de meubles, qui consomme beaucoup de magazines de déco. Pour moi, la déco a une influence sur le plan psychologique. Ainsi, en fonction de son aménagement, une salle d’attente de médecin peut être aussi austère que bienveillante. Quand je rentre dans un hôtel ou un restaurant dont l’ambiance a été pensée avec soins et un stylisme élaboré, je vais passer un meilleur moment. »

    Au-delà de l’esthétique

    Si elle porte un autre regard, Carole, autre passionnée de déco, rejoint Léonard sur bien des points. « Quand on n’en a rien à faire de la déco, on peut se sentir bien n’importe où. En revanche, lorsqu’on y est sensible, on peut entrer chez des gens et sentir tout de suite, mal à l’aise. En ce qui me concerne, un intérieur tout blanc ou neutre n’est pas à mon goût : je trouve ça impersonnel, froid et peu chaleureux. Pas de prise de risque, pas de personnalité… Quand je rentre chez moi, je retrouve au contraire mon cocon et je me sens bien instantanément. Je suis convaincu que la décoration d’un lieu change notre état émotionnel, assure notre bien-être et peu même apaiser des douleurs », explique cette maman de trois enfants. « J’aime ressentir la personnalité des gens dans leur déco, ça permet de savoir tout de suite si on va bien s’entendre. » Un discours que l’on retrouve chez d’autres professionnels, comme la décoratrice d’intérieur Clémence Jeanjan : « La décoration va bien au-delà de l’esthétique : elle influence notre bien-être, notre confort et notre manière de vivre l’espace. Un intérieur mal adapté peut créer une sensation d’inconfort, voire de stress, car notre environnement joue un rôle clé dans notre état d’esprit. »

    Autre exemple, « une décoration trop chargée peut nous submerger, et créer un sentiment d’inconfort. Un excès d’objets ou de couleurs peut générer une sensation d’encombrement, qui peut influencer négativement notre état émotionnel et rendre l’espace étouffant plutôt qu’apaisant ». Claire Clerc, en ce qui la concerne, préfère insister sur « les couleurs, les matériaux, la lumière ou l’agencement d’un espace qui peuvent apaiser, dynamiser ou même inspirer. Un intérieur bien pensé peut influencer notre humeur, favoriser la détente ou stimuler la créativité. En jouant sur l’atmosphère, la déco devient un outil pour améliorer notre bien-être au quotidien ».

    Une seule règle en déco : s’écouter

    Mais alors, y a-t-il de grands principes à garder en tête afin que notre décoration d’intérieur participe à notre bonheur ? Faut-il privilégier le multicolore ou le monochrome, opter pour des choses chargées ou épurées, favoriser un décor hétérogène ou uniforme ? Est-il nécessaire de tout changer après une certaine période, et, si oui, dans quelle mesure ?

    Face à ces questions interrogations, les réactions des professionnels sont unanimes : aucune règle n’existe véritablement, si ce n’est de s’écouter. « Je dis toujours à mes clients de ne jamais opter pour une décoration façon “page de magazine” dénuée d’identité, et de privilégier un intérieur qui reflète leur personnalité. La décoration intérieure peut évoluer selon nos émotions, nos besoins et ressentis, et changer avec le temps. Il est naturel que notre environnement s’adapte pour mieux correspondre à ce que l’on ressent. On peut parfois ressentir le besoin d’un espace minimaliste pour apaiser l’esprit. Tandis qu’à d’autres moments, des couleurs vives ou des objets chargés de souvenirs peuvent nous réconforter, reprend Clémence Jeanjan. Le principe fondamental pour une décoration qui favorise notre bien-être est qu’elle nous ressemble. Car lorsque l’espace nous reflète, il devient un lieu où l’on se sent en paix et en accord avec soi-même. »

    Sa consœur Claire Clerc confirme : « Le plus important, c’est de suivre son intuition, ses besoins en choisissant des éléments de décoration qui résonnent en nous. La déco doit refléter nos personnalités et créer un cadre où on se sent bien, cela favorise l’harmonie. Une remise en question est souvent bénéfique : si on ne se sent pas bien, un réaménagement décoratif peut redonner du souffle et recréer un environnement plus apaisant ou stimulant. L’essentiel est d’adapter ses choix à son propre goût et à l’énergie qu’on veut insuffler à l’espace. Le bon équilibre est celui qui nous parle ! »

    Locataire ou propriétaire, l’important est de se sentir bien chez soi

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  • La fast-déco et l’envers du décor

    La fast-déco et l’envers du décor

    La fast-déco c’est quoi ?

    Quel que soit le magasin où elle se trouve, elle ne peut pas s’en empêcher. Une tasse, un rideau, un plaid… et même si les prix sont petits, sa carte bancaire trinque à la sortie. « Je me suis calmée, mais je me sens toujours accro, surtout quand j’entre dans des commerces à petits prix, avoue Laura, la quarantaine et deux enfants. Évidemment, la dimension “low-cost” m’incite à craquer, même si je me pose toujours la question : “En ai-je vraiment besoin ?” » On parle depuis longtemps déjà de « fast-food » ou de « fast-fashion », mais le phénomène et son vocabulaire entrent dorénavant dans le monde de la décoration. Les objets de « fast-déco » d’intérieur ou d’extérieur (le petit mobilier, la vaisselle ou encore le linge de maison) sont aujourd’hui partout. Et comme Laura, nombreux sont ceux et celles qui succombent à leurs charmes. Ainsi, le nombre d’éléments d’ameublement mis sur le marché en France a augmenté de 88 % en cinq ans pour passer de 269 à 505 millions d’unités selon un rapport de l’Ademe datant de 2022, alors que la commercialisation des meubles d’appoint (tables basses, porte-manteaux et tables d’appoint ou plateaux de tables) s’est élevée de 57 % de 2019 à 2021. Par ailleurs, le renouvellement des nouvelles collections se multiplie dans les enseignes qui peuvent proposer jusqu’à 3 000 nouvelles références chaque année.

    Une tendance pour tous les budgets

    « La fast-déco, explique Coraline Damme, fondatrice de MaDamme Déco, désigne cette tendance à consommer des objets et des meubles bon marché, destinés à être rapidement remplacés et souvent produits en masse à faible coût. Les collections de décoration se succèdent dorénavant à un rythme effréné et incitent les consommateurs à renouveler constamment leur intérieur. Cette tendance s’accompagne de l’émergence de marques qui proposent des produits à faible coût, mais standardisés et de piètre qualité. L’avènement des réseaux sociaux a également joué un rôle dans cette frénésie, en mettant en avant des intérieurs “parfaits” et toujours à la mode. On assiste à une course à la nouveauté, avec des pratiques marketing qui créent de faux besoins et altèrent la réflexion. » Pour Patricia François, décoratrice d’intérieur et spécialiste de la décoration écologique : « La fast-déco est une manière de consommer en se laissant libre cours a ses impulsions. Pour, finalement, se lasser très rapidement de son achat et avoir envie de le remplacer par un autre. Ce phénomène est apparu durant les années 1990-2000, époque où certaines marques ont commencé à proposer des objets intéressants en matière de design, mais fabriqués à moindre coût. »

    La fast-déco et ses conséquences négatives

    « Je suis bien consciente des méfaits de ce mode de consommation. C’est pour ça que je tente de refréner mes impulsions, sans toujours y arriver », avoue Laura. Surexploitation du bois et de l’eau, usage de pesticides, hausse des déchets, pollution océanique… pour une empreinte carbone de plus en plus désastreuse. Les impacts de la déco low cost sont en premier lieu au niveau écologique. Mais, la santé des consommateurs n’est pas non plus protégée : ces objets et ce mobilier émettant des composés volatils, qui s’avèrent souvent néfastes pour notre corps. Sans oublier que, dans certains pays, la production de ces objets laisser à désirer en matière de droits sociaux ou humains. Paradoxalement, « cette surconsommation de mobilier ne garantit en rien une amélioration des habitats, ajoute Coraline Damme, la fondatrice du site MaDamme Déco. Les intérieurs se standardisent et perdent leur authenticité, ce qui peut générer une forme d’insatisfaction chronique ou une quête incessante de nouveautés sans réelle connexion émotionnelle avec son chez-soi ».

    Comment consommer des meubles de manière plus vertueuse ?

    « Il ne faut pas se précipiter au moment de réaliser des achats déco, mais prendre le temps de récolter un maximum d’informations sur le meuble ou l’objet que l’on souhaite acheter (sa provenance, la manière dont il a été fabriqué, sa composition…). Cela suggère de choisir des produits “Made in France” (ou “Made in UE”), fabriqués par des marques transparentes sur leur mode de production ainsi que sur leurs valeurs environnementales et sociétales, avec des matériaux naturels ou peu émissifs de polluants, conseille la décoratrice Patricia François. Je préconise de bien mûrir son projet, de garder en tête un fil rouge sur le plan du style sans se laisser influencer par le matraquage marketing. On peut privilégier des meubles fabriqués à partir de matières recyclées, ou se tourner vers l’artisanat et la seconde main qui ont souvent beaucoup de charme sans émettre de CO2. On peut aussi se fier à l’affichage, mis en place à l’initiative du ministère de la Transition écologique et de l’Ademe, qui permet de classer les meubles en fonction de critères écologiques (traçabilité géographique, quantité de matière recyclée dans le produit, émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’eau…). C’est une sorte de Nutriscore de la déco. » Même son de cloche chez Coraline Damme, qui recommande de « prendre le temps de réfléchir à ses besoins réels et à la manière dont on vit dans son espace. Il ne s’agit pas de suivre aveuglément les tendances, mais de créer un environnement qui nous ressemble avec des objets qui ont une valeur émotionnelle. Une décoration éthique et durable est tout aussi belle, si ce n’est plus, car elle raconte une histoire et a du sens ». Plus de qualité pour moins de quantité, en somme.

    L’important est de se sentir bien chez soi

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