Catégorie : À la maison

  • Cheminée, poêle ou insert fermé, entre ambiance cosy et réelle efficacité

    Cheminée, poêle ou insert fermé, entre ambiance cosy et réelle efficacité

    Complément de chaleur

    Hervé, la soixantaine a récemment fait l’acquisition d’un petit poêle en complément du chauffage au gaz de sa maison de banlieue parisienne où il vit avec sa femme. « L’idée était de pouvoir chauffer le salon rapidement quand nous y sommes installés pour lire ou regarder la télé et que nous avons un peu froid, explique-t-il. En plus, quand on l’allume, on bénéficie d’une bonne odeur et d’un foyer agréable à regarder. » Leur petit poêle sept étoiles en fonte leur offre ainsi une diffusion progressive de la chaleur qui, en une trentaine de minutes, compense les 19 degrés régnant dans le reste de la maison. « Grâce au foyer fermé du poêle, la combustion est optimale, ça chauffe bien et il y a peu de pollution aux particules fine », renchérit-il. Même s’il avait eu la possibilité, Hervé n’aurait de toute façon pas choisi d’installer une cheminée ouverte. « ça fait trop de fumée et ça ne chauffe vraiment pas bien », conclut-il.

    Cheminée d’ornement

    De son côté Clément, la trentaine, possède une cheminée à foyer ouvert qui était déjà présente dans la maison qu’il occupe avec sa petite famille dans le Gers. Pendant des années, la chaleur du salon provenait essentiellement de cette majestueuse cheminée ouverte. Clément et sa compagne consommaient beaucoup de bois de chauffe. « On en a énormément à disposition dans notre jardin donc ça n’a jamais posé de problème d’ordre financier », relativise-t-il. Depuis deux ans, ils ont néanmoins effectué des travaux d’isolation de leur maison et ils ont fait poser de meilleurs radiateurs. L’utilisation de la cheminée est devenue très occasionnelle voire exceptionnelle. « On la garde surtout pour son aspect esthétique, qui va de pair avec notre maison ancienne, et pour l’ambiance agréable quand on s’installe au coin du feu, indique Clément. Et même s’il y a quelques désagréments liés parfois à la présence de fumée, de poussière ou de particules fines, je préfère garder la cheminée ouverte tant que la loi m’y autorise… Après, on verra bien ce qu’on fera. »

    Le bois de chauffage première Energie renouvelable de l’hexagone

    L’insert fermé et la cheminée ouverte ne présentent donc pas du tout les mêmes caractéristiques ni usages. Les deux semblent appréciés. En atteste l’agence de transition écologique (Ademe), dont le site internet indique que sept millions de foyers français se chaufferaient actuellement grâce au bois de chauffage. Faisant ainsi de ce combustible, facile d’accès et peu onéreux voire gratuit, la première énergie renouvelable utilisée à travers l’Hexagone. Notamment grâce aux appareils de plus en plus performants. En effet, un bon insert fermé bien utilisé permettrait de réduire jusqu’à dix fois l’émission de particules fines. Exit donc les foyers ouverts très gourmands en bois et trop polluants. « Les cheminées dites ouvertes ont un très faible rendement, cela engendre donc un gaspillage de la ressource en bois. Par ailleurs, dans certaines communes, leur utilisation est même complètement interdite », précisent les spécialistes.

    Cheminée et poêle : précautions à prendre

    Quelques règles simples sont également dispensées sur le site de l’Ademe pour une combustion optimale. Ils suggèrent notamment d’allumer le feu par le haut, une technique qui serait plus efficace et plus économique, contrairement à la méthode traditionnelle, de charger régulièrement en bois et de maîtriser le tirage en ouvrant les entrées d’air à l’allumage puis en les réduisant quand le feu a pris. Enfin, ils enjoignent à bien respecter les notices des appareils, à bien entretenir son installation et de veiller au ramonage annuel de la cheminée. « Un millimètre de suie dans le conduit c’est 10 % de bois consommé en plus », rappellent-ils.

    Installation d’une cheminée ou d’un insert

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  • Comment la nouvelle génération gère ses économies ?

    Comment la nouvelle génération gère ses économies ?

    Depuis son enfance, Mona, 22 ans aujourd’hui, reçoit de l’argent de poche de ses parents. Quand elle avait 10 ans, la jeune Lyonnaise glissait tous les mois une pièce de deux euros dans une tirelire en forme de coffre à trésor. « Ma mère me conseillait de garder cet argent pour acheter quelque chose qui me plairait vraiment. J’ai économisé pour m’offrir un petit sac pailleté, qui devait coûter dix ou quinze euros. » Désormais, ses parents lui transfèrent 300 euros par mois sur son compte bancaire, « pour les courses, le téléphone et la carte de transport ». Mona, plus fourmi que cigale, met 20 euros de côté, parfois 30, dès qu’elle le peut, sur son livret A. L’étudiante en psychologie a déjà épargné près de 1 000 euros. « Je sais que s’il m’arrive une galère, je peux piocher dedans, explique-t-elle. Mais un jour, j’aimerais surtout acheter un appartement. »

    Des comportements éthiques et prévoyants

    Contrairement aux idées reçues, l’argent ne brûle pas les doigts des jeunes issus de la génération Z. 37 % des 18-24 ans épargneraient même déjà pour leur retraite(1). Si les jeunes adoptent désormais des comportements financiers précoces, c’est entre autres parce que la crise du Covid-19 a bouleversé leur vision de l’avenir. Selon l’enquête Gen Z : décoder les comportements financiers réalisée par le cabinet de conseil Oliver Wyman en 2023, 35 % des 18-26 ans affirment que « l’argent est une source de stress » contre 20 % chez les générations précédentes. La génération Z serait aussi « deux fois plus susceptible d’investir que les Millenials au même âge ». Quand certains, comme Mona, restent dans le circuit des produits d’épargne classiques, d’autres préfèrent se tourner vers des plateformes d’investissement éthiques : 75 % des 18-35 ans considéreraient que « tous les investissements devraient être socialement responsables aujourd’hui », d’après une étude OpinionWay pour Moka, l’une des nombreuses solutions d’investissement en ligne qui ont poussé comme des champignons ces dernières années.

    L’essor de la FinTok

    Le secteur bancaire l’a bien compris : les jeunes veulent qu’on leur parle de finance, et de préférence via le digital – 72 % d’entre eux utilisent des canaux numériques pour interagir avec leur banque, d’après le cabinet Oliver Wyman. À tel point que TikTok est devenue l’une de leurs premières sources pour s’éduquer financièrement, réunissant depuis quelques années des « finfluenceurs », soient des créateurs de contenu spécialisés dans les conseils en investissement, dont certains promettent les clés pour « devenir riche » en peu de temps. Les stars de l’investissement sur Tik Tok s’appellent Rachel Finance (près de 125 000 followers) ou Nicolas Finance (environ 485 000 abonnés), et des hashtags comme #FinTok, #moneytips ou #investing figurent parmi les plus populaires. Reste à s’assurer de la fiabilité de leurs recommandations : l’Autorité de Régulation professionnelle de la Publicité et l’Autorité des marchés financiers (AMF) ont donc créé en 2022 un « certificat d’influence responsable, option publicité financière » pour encadrer ce type d’activité. « La protection des épargnants est notre priorité », affirme Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF, sur le site de l’organisation.

    Pas une jeunesse, mais des jeunesses

    De son côté, Boris, 20 ans, pourtant « accro à TikTok et Instagram », « team “j’économise” » et « intéressé par une formation sur l’argent », s’est tenu à distance de la mode du FinTok. « Le peu de vidéos que je vois passer sont trop racoleuses », soutient l’étudiant, prudent. Il faut dire qu’à première vue, le jeune Parisien fait mentir les sondages sur la relation entre Gen Z et finance : « L’argent n’est pas spécialement une source de stress pour moi, je ne pense pas beaucoup à l’avenir, c’est trop flou, explique celui qui reçoit 750 euros par mois de ses parents pour toutes ses dépenses, et n’a jamais touché aux “grosses sommes” reçues à Noël et aux anniversaires, qu’il a placées sur son livret A. Le jour où je commencerai vraiment à travailler, je m’y intéresserai plus. Je me vois bien choisir un placement à long terme, stable, qui favorise l’innovation ou la transition écologique. » Mona, elle, ne se voit pas changer de banque pour le moment, contrairement à 30 % de ses pairs sondés par le cabinet Oliver Wyman. « Les banques en ligne, ça me fait un peu peur. C’est rassurant de pouvoir rencontrer un conseiller », se justifie la jeune femme, qui a gardé, dans un coin de sa chambre, la tirelire de son enfance en forme de coffre à trésor.

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    (1) Sondage de BPCE l’Observatoire 2024

  • Retaper une maison soi-même : les choses à savoir avant de se lancer

    Retaper une maison soi-même : les choses à savoir avant de se lancer

    « Beaucoup de gens autour de nous se sont lancés dans des projets de rénovation ; ça nous a donné envie. » Après trois ans en location dans la région, Ophélie et Thibault, 28 ans, ont acheté en mars dernier une grange vers Figeac (Lot). Lui est menuisier de formation, elle détentrice d’un CAP en taille de pierre. S’ils ont mis entre parenthèses leurs activités professionnelles respectives pour se consacrer pleinement à ce projet, ils se donnent 6 mois pour transformer leur bien en cocon habitable : « On espère avoir l’isolation, la salle d’eau et le poêle qui fonctionnent d’ici là. » Le jeune couple guettait les annonces depuis plus d’un an lorsqu’il est tombé sur cette aubaine de 240 mètres carrés, répartis sur deux étages. « La charpente, la toiture et les murs étaient en bon état, ce qui nous a évité de nombreux frais. Les propriétaires avaient aussi fait l’assainissement, installé le raccordement à l’eau, à l’électricité, et retapé la cuisine dans laquelle on campe pendant le chantier. » Des économies de plusieurs dizaines de milliers d’euros qui ont achevé de les convaincre.

    Se renseigner sur les aides

    Ophélie et Thibault ne sont pas les seuls à s’être lancés dans l’aventure de la rénovation. En 2023, ce sont 624 000 logements qui ont été rénovés, selon le dernier bilan publié par l’Agence nationale de l’habitat (Anah). 570 000 chantiers ont, à ce titre, bénéficié de MaPrimeRénov’, une aide de l’État dédiée aux travaux de rénovation énergétique. Cela n’a malheureusement pas été le cas pour Ophélie et Thibault : « Notre logement est une ancienne grange, pas une maison, donc il n’est pas éligible aux aides de l’état. C’est à prendre en compte avant d’acheter. Mieux vaut se renseigner en amont sur les aides que l’on pourra réellement obtenir pour éviter les mauvaises surprises. » Le couple a dû réajuster ses plans en conséquence : en plus des 100 000 euros déboursés pour l’achat, ils se sont fixé un budget de 30 000 pour les travaux. Cela ne leur permettra pas les finitions, qu’ils réaliseront dans un second temps.

    S’entourer d’experts

    Comment se préparer au mieux et limiter les imprévus ? Pour Marie, couturière de 31 ans, la clé est d’être bien conseillée avant l’achat. « Nous sommes allés sur place avec un ingénieur expert, pour qu’il nous dise si notre projet était réalisable, qu’il regarde en détail l’état des fondations et des murs restants, qu’il nous aiguille… » Cette trentenaire vient d’acheter avec son conjoint une ruine à rénover, pour la modique somme de 21 000 euros. Les travaux devaient commencer au printemps, mais ont été reportés le temps d’obtenir les permis nécessaires. « Il ne faut pas sous-estimer le temps de l’administration, et prendre son mal en patience ! »

    Ophélie et Thibault ont aussi sollicité l’aide de connaisseurs. « On a fait venir des amis qui avaient déjà mené à bien ce type de projet pour qu’ils nous donnent leur avis et nous conseille. On a aussi fait venir un chauffagiste et notre voisin nous a aidés à casser la dalle avec sa mini-pelle qu’il manie bien mieux que nous. C’est important de s’entourer de gens qui s’y connaissent », explique le couple, qui a lui-même passé pas mal de temps à s’informer sur le sujet. « Entre le moment où on a vu la maison pour la première fois, et le jour où on a commencé les travaux, plusieurs mois se sont écoulés. Ça nous a donné le temps d’acheter plein de bouquins sur le sujet, de regarder des tutoriels sur YouTube, de nous mettre dans des groupes Facebook dédiés pour obtenir des conseils de professionnels. On y pose encore nos questions dès qu’on a un doute, les gens répondent rapidement ! »

    Se projeter avec réalisme

    Avant de débuter son chantier, le couple est revenu plusieurs fois prendre des mesures et des photos, afin d’élaborer un plan d’action précis et budgétisé. « On s’est posé sur les isolants, on a estimé le coût des matériaux qu’on souhaitait utiliser. » Un excellent réflexe, selon Florence, communicante, qui vient de terminer trois ans de travaux dans sa maison du Pays basque. « Il faut compter entre 1500 et 3000 euros par mètre carré, estime cette quinquagénaire, qui conseille de prévoir environ 30% de dépassement dans son budget. Et mieux vaut garder un matelas financier confortable pour l’aménagement ensuite, car les meubles ont un coût ! Quand on conçoit son projet, je conseille d’ailleurs d’imaginer où on mettra son mobilier, pour installer les prises, fenêtre et interrupteurs en fonction. Et ne pas négliger le jardin qui peut être un gros poste de dépense. » Comme Ophélie, Thibault et Marie, Florence préconise aussi de louer dans la région avant de se lancer, et d’être parfaitement honnête avec soi-même : « Est-ce qu’on est vraiment à l’aise au bout de ce sentier isolé où il faut faire vingt minutes de voiture pour acheter une baguette ? » Si oui, banco !

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  • Un numérique plus féministe, à quoi cela ressemble-t-il ?

    Un numérique plus féministe, à quoi cela ressemble-t-il ?

    Le questionnement des genres et des identités en ligne est central dans chacune de vos deux œuvres. Comment expliquez-vous l’intérêt de ces sujets à l’ère numérique, et l’engagement de chacun.e de vous ?

    Ketty Steward : C’est effectivement tout le sujet de mon essai [Le Futur au pluriel : réparer la science-fiction, paru en 2023 aux éditions L’Inframonde, ndlr] qui porte sur la science-fiction mais dont je sais très bien qu’il peut porter sur plein d’autres thèmes. La science-fiction n’échappe pas au monde blanc, patriarcal, hétéronormé et valide. L’écriture et la mise en récit nous aident à comprendre le monde. Je regrette que la compréhension du monde soit laissée à une poignée de personnes qui ont exactement le même profil, qui apportent des explications fort intéressantes mais qui ne concernent que ce qui les touche. Ce que j’ai voulu faire, c’est essayer de clarifier mon vécu de 20 ans de fréquentation d’un milieu très blanc, très masculin, avec des idées qui se renouvellent peu. Avec ce constat de manque de pluralité du milieu et des conséquences que ça peut avoir, il s’agit d’avoir la possibilité de regarder les choses sous un angle légèrement différent et théorique. Il ne suffit pas de dire que le milieu de la science-fiction est masculin et fermé, mais que c’est un boys club. Il faut savoir comment ce boys club fonctionne et comment le démanteler. Et c’est vraiment ça qui m’intéresse : raconter ce qui est pour essayer de trouver comment le défaire, comment faire mieux, comment penser autrement, comment se renouveler. Et si dans la science-fiction on ne peut pas avoir d’imagination, je ne sais pas où on peut en avoir. Les milieux de la science-fiction et du numérique sont quand même très liés historiquement par la construction de ce genre littéraire et ce sont les mêmes constats : comment fait-on pour voir autre chose ? Qu’est ce qu’on fait avec cette pluralité qui existe ? Les femmes existent, les noirs existent, les femmes noires existent, les personnes handicapées existent, les personnes queer existent. Ce n’est plus possible de faire comme si on n’était pas là. On est dans une période un peu tendue, mais on a toujours été là, seulement on en parle un peu plus fort.

    Benjamin Fogel : Il est difficile de répondre à cette question sans dévoiler l’intrigue, mais disons que Camille et Irina dans La Transparence selon Irina incarnent quelque chose de féministe derrière leurs écrans, et leur identité est plus complexe que cela. De la même manière, les personnages principaux masculins du Silence selon Manon ne sont pas forcément tout le temps des alliés non plus. Je voulais moi-même me mettre en scène en tant qu’auteur homme et montrer toutes les ambiguïtés sous-jacentes à la fois aux profils anonymes et aux profils publics “transparents”, aux discours. Il s’est passé plein de trucs super grâce à Internet et les réseaux sociaux, du Printemps arabe à #MeToo, des voix y ont trouvé une caisse de résonance hyper forte. Les nouvelles vagues du féminisme se sont beaucoup structurées grâce aux réseaux sociaux et ont réussi à constituer une vraie force agissante sur la société. Et maintenant, il y a un retour de bâton que je trouve ultra violent. Les groupes masculinistes, misogynes, les incels [mot-valise pour « involuntary celibate » soit célibataire involontaire, communauté en ligne d’hommes qui se définissent comme étant injustement empêchés de trouver une partenaire amoureuse ou sexuelle, ndlr].se sont eux-mêmes constitués en force pour les faire taire. Cela illustre beaucoup la question des rapports de force sur Internet. Le combat féministe est loin d’être gagné. Je trouve que ça demande encore énormément d’abnégation et de patience de réexpliquer et prouver les fondements du raisonnement féministe. Je suis très admiratif de ces femmes et de leur combat.

    Comment l’imaginaire permet-il de revisiter et de changer le réel ? Comment vos univers y participent-ils ?

    KS : Je conçois des ateliers d’écriture, et je trouve que le type de réflexion qu’on a en science-fiction, quand on fait du world building, c’est-à-dire quand on construit un monde, quand on fait de l’imagination sur le futur, c’est quelque chose qui peut aider à penser différemment. Quand je dis qu’on oublie que le numérique a un réel impact écologique qui détruit physiquement la planète, c’est typiquement le genre de conclusions auxquelles on peut arriver quand on va au bout d’une réflexion de construction de monde en science-fiction, parce qu’on va s’obliger à comprendre quel monde permet telle ou telle chose. Par exemple, lors d’un atelier, quand quelqu’un me dit vouloir des voitures volantes, je vais demander combien ça coûte, qui va les fabriquer, quelles sont les ressources utilisées, quel impact sur la planète, est-ce qu’on peut se le permettre ? Est-ce qu’en prenant en compte le réchauffement climatique, c’est jouable? Est-ce que tout le monde y a accès ? C’est vraiment sur une vision très globale et systémique. Cela fonctionne aussi pour la réflexion autour de la décroissance. Il y a des personnes dont la vie dépend de ces technologies. Comment arbitrer ? Il me semble qu’une des clés est de réfléchir de manière globale. Il y a plein d’arbitrages possibles et en fonction des groupes, on n’arrive pas du tout sur les mêmes imaginaires du futur. Mais il y a cette idée forte à laquelle on ne peut pas échapper : on ne peut pas tout avoir, les choses ont un coût et nos belles utopies se font souvent au détriment d’autres personnes. Sincèrement, je trouve que les techniques de world building de la science fiction est quelque chose qui peut aider à améliorer le monde.

    BF : Les sujets de la cybercriminalité et d’internet projettent tout de suite dans de la prospective assez fascinante pour l’anticipation et la SF. Il y a un enjeu politique et démocratique qui est très fort, qui amène rapidement sur le sociopolitique et enfin l’anonymat, la toxicité, les manipulations ont beaucoup d’enjeux psychologiques. Donc le sujet, en tant qu’écrivain, c’est jackpot ! Dans la trilogie, l’enjeu était de raconter ce système politique et moral de la transparence en trois étapes pour construire sa naissance, sa vitesse de croisière et sa radicalisation. Je n’ai pas fait l’effondrement, cela arrivera peut-être plus tard. J’ai commencé par la vitesse de croisière de ce système avec La Transparence selon Irina, en 2058 pour qu’on comprenne bien les enjeux. Ensuite, avec Le Silence selon Manon, qui se termine en 2025, je trouvais intéressant d’explorer comment le monde en était arrivé là. Ce sont les prémices de la transparence et la fin de l’anonymat. Dans L’Absence selon Camille, les événements reprennent directement après la fin de La Transparence. C’est une sorte de confrontation entre les deux mondes, dans une logique de radicalisation de la transparence, un parti politique radical qui veut aller encore plus loin dans le contrôle et qui, malheureusement, ne rencontre pas beaucoup d’opposition. C’est vraiment l’histoire d’une révolution ratée. Le propos du troisième tome est assez important au vu de la situation actuelle.

    Un numérique plus féministe, à quoi cela ressemble-t-il ?

     

    Ketty, comment considérez-vous ce concept d’esprit critique ?

    K.S : L’esprit critique a deux définitions différentes. La première chose est l’esprit critique en tant que faculté à s’interroger sur ce qu’on perçoit, ce qu’on pense, etc. Pour moi, c’est la base, le fait de revenir sur soi, de douter. La deuxième chose est l’esprit critique comme étant une communauté de gens qui proposent des outils et qui oublient eux-mêmes de douter. J’ai une grande méfiance envers la zététique [méthode philosophique aussi appelée didactique de l’esprit critique qui consiste à rechercher la solution d’un problème en le supposant résolu et en remontant de cette solution jusqu’aux termes initiaux en vérifiant le bien-fondé de chaque étape, ndlr] et l’esprit critique, parce que ces personnes vont remplacer des certitudes par d’autres certitudes, et ne s’interrogent pas sur elles-mêmes. Cet idéal de rationalité ne correspond pas à la réalité du modèle cognitif de l’humain. Ça suppose qu’il y aurait une façon parfaite de penser, sans biais, et que l’objectif serait de ne pas avoir ces biais pour penser juste. L’être qui pense juste n’existe pas, notre cerveau n’est pas fait pour ça. Ce doit être hyper rassurant de se dire qu’il existe une liste de tous les biais et qu’on peut en sortir grâce à des outils. Est-ce que ça nous protège des dérives qu’il peut y avoir dans le monde numérique? Je n’en suis pas certaine. La construction sociale de tout un tas de comportements, n’est pas prise en compte dans ces milieux, et c’est pourtant ce qu’il faut interroger. La question est de savoir comment faire pour lutter contre les biais.

    Benjamin, comment ce sujet de la cybersécurité s’articule-t-il avec l’idée d’identité et d’anonymat ?

    BF : L’anonymat est une des valeurs fondamentales des débuts d’Internet, qui à l’origine allait permettre à des voix qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer dans le monde réel de trouver une caisse de résonance tout en étant protégées. Ce pouvait être des activistes politiques, des lanceurs d’alerte… L’anonymat participe à cette idée de libération de l’information, et d’émancipation personnelle : étant anonyme, on va pouvoir vraiment dire tout ce qu’on pense, libérer des contingences de la société. J’ai été très fan du concept à l’arrivée d’Internet. Et puis avec le temps, il s’est passé plusieurs choses, au niveau personnel et au niveau global, qui ont changé mes perceptions. J’ai entretenu une relation d’amitié très forte avec quelqu’un qui, je ne m’en suis aperçu qu’au bout de cinq ans, n’existait pas. C’était un personnage complètement construit par quelqu’un d’autre, et l’anonymat avait rendu possible cet énorme mensonge et cette manipulation. Et puis en parallèle, on a commencé à voir apparaître la question des fake news, de manipulation de l’opinion et puis une toxicité généralisée en ligne où, sous couvert d’anonymat, les femmes et les minorités étaient confrontées au harcèlement, il y a eu des raids provenant de forces politiques organisées pour manipuler les gens. Et donc je me retrouvais un peu entre deux eaux : être à la fois un fan de la première heure de l’anonymat tout en me demandant s’il n’était pas en train de tuer la démocratie. De là m’est venue l’idée d’écrire une trilogie qui allait aborder cette question de la transparence à travers plein de personnages différents qui allaient chacun représenter des facettes du débat : est-ce qu’il faut être transparent et utiliser sa vraie identité ou non sur Internet ?

    Quel est votre propre rapport aux réseaux sociaux et aux outils numériques au quotidien ?

    KS : En général, les technologies m’intéressent à titre personnel, on pourrait dire que je suis un peu geek, même si je ne joue pas aux jeux vidéo. Mais je sais parler aux machines et parfois elles me répondent. J’ai doucement reculé sur mon utilisation des réseaux. J’étais assez active sur Twitter, notamment avec un défi d’écriture. Depuis un an, X [anciennement Twitter, ndlr] est devenu beaucoup plus compliqué, mon compte existe encore et sert d’archives de ce défi numérique d’écriture, mais je ne l’utilise plus. N’étant pas une personne très visuelle, j’ai beaucoup de mal avec Instagram, c’est l’endroit où je vais faire des annonces sur mon actualité, mais ça me prend un temps fou et j’ai renoncé à apprivoiser l’algorithme qui change trop souvent. J’ai un compte sur Mastodon, sur lequel je continue de poster les micro-nouvelles qui étaient auparavant sur Twitter. Je tiens à faire de la littérature sur des espaces interstitiels, comme ceux-là. Depuis décembre, je les reposte sur Blue Sky, même si je ne suis pas convaincue par le réseau. Et j’ai une page Facebook qui traîne depuis 2008. Je suis revenue à la newsletter mensuelle depuis un an et demi avec mes actualités mais aussi des petits bouts de réflexions. Les personnes inscrites ont envie de me lire. Ça me semble plus direct et plus sain, et je ne joue pas avec un algorithme qui n’aime pas les femmes noires qui parlent. Depuis que je me suis retirée un peu des réseaux, j’ai récupéré pas mal de temps pour faire d’autres choses.

    BF : Je pense que j’ai perdu en optimisme. Quand j’ai commencé ce projet de trilogie, j’avais la conviction qu’Internet était une place de débat public et démocratique et que même si on manquait de maturité sur le sujet, c’était quand même le meilleur endroit pour débattre et faire avancer la société. Aujourd’hui, avec ce qui se passe politiquement, les manipulations à n’en plus finir, tout le monde se fait au moins avoir une fois par mois par une fake news, même en étant hyper vigilant. Et l’intelligence artificielle qui se développe ajoute un masque de complexité à tout ça. J’ai l’impression que mes idéaux, auxquels je crois encore théoriquement, prennent quand même un coup dans l’aile, car on est rattrapé par la réalité et par la violence de ce monde. Mais mon discours n’a pas changé. Les réseaux sociaux et Internet sont des outils. Soit tu peux croire que collectivement on va réussir à en faire un truc super qui va réussir à nous tirer vers le haut, soit tu es défaitiste et dire qu’on va tout gâcher, à l’image de Twitter par exemple. On préférerait qu’Internet devienne à l’image de Wikipédia avec de l’open source, des informations vérifiées, des règles claires, des bons contenus. C’est un peu caricatural de dire ça, mais on est un peu à un embranchement entre les deux, devenir X ou Wikipédia ? Et je pense qu’il faudrait qu’on pousse pour que l’avenir devienne plutôt Wikipédia.

    Ketty Steward est écrivaine de romans, de poésie, d’une pièce radiophonique, d’un essai, et de nouvelles en recueil comme Saletés d’hormones et autres complications.

    Benjamin Fogel est éditeur d’essais sur la pop culture et auteur de romans, comme la trilogie de la transparence et son dernier opus, L’Absence selon Camille.

  • Premier achat immobilier : entre rêve et réalité

    Premier achat immobilier : entre rêve et réalité

    « Je me suis toujours rêvée propriétaire, mon conjoint non. » Sonya et Maxime ont acheté leur premier bien alors qu’ils avaient 33 et 35 ans. C’est une maison de ville d’une centaine de mètres carrés, située dans la petite couronne. Ils y vivent depuis quatre ans avec leurs deux enfants. « On a cherché dans la précipitation car je suis tombée enceinte de notre cadette, et on vivait à l’époque dans un 55m2 avec deux minuscules chambres », se remémore Sonya. Les critères du couple étaient alors bien définis : trois chambres, proche des grands-parents et de l’école où était déjà scolarisé leur aîné. « On ne s’attendait pas à trouver une maison dans notre budget, avoue Maxime. Elle est loin d’être parfaite : je n’aime pas son salon sombre, vieillot, qui donne sur cour. Mais on a eu un coup de cœur pour l’étage et les grandes chambres. »

    Faire des compromis

    Quelles concessions est-on prêt à faire quand on achète pour la première fois ? Si dans le cas de Maxime, c’est un salon dans son jus qu’il a fallu accepter, Claire, responsable de chaîne d’approvisionnement de 31 ans, a transigé sur l’esthétisme. « Je me rêvais dans de l’ancien, j’ai fini par acheter du neuf. » La trentenaire vit dans un appartement en rez-de-chaussée d’environ 50 m2 en Isère. « C’était un achat de raison, pas un achat coup de cœur. J’avais visité beaucoup de biens avant, et il y avait toujours quelque chose qui clochait. » Selon la salariée, la clé d’un achat réussi est de prendre son temps pour la recherche. Et, si possible, de se faire accompagner de personnes qui s’y connaissent afin d’éviter les déconvenues.

    Claire a par exemple eu la mauvaise surprise de découvrir, a posteriori, que les canalisations de son nouveau logement étaient vétustes. Après deux ans passés dans l’appartement, elle cherche aujourd’hui à déménager. « Le premier bien que tu achètes, c’est ta version test : il faut y vivre, y évoluer, pour te rendre compte réellement de tes besoins et de ce qu’il te manque. Tu cherches un salon ouvert sur la cuisine parce que tu trouves ça joli dans l’idée, puis tu te rends compte que tu ne peux pas bouquiner sans baigner dans les odeurs de cuisson. Donc tu penses à nouveau tes critères. Tu apprends à te découvrir toi-même, tu affines tes envies. »

    Décrocher le bien de ses rêves

    En France, 61 % des Français souhaitent un jour devenir propriétaires(2). Dans trois cas sur quatre, ils se rêvent dans une maison individuelle plutôt qu’en appartement, et cherchent de l’ancien (46 %). Mais pour concrétiser son projet, il faut d’abord pouvoir le financer, rappelle Cécile, praticienne en médecine chinoise de 41 ans. « Cela fait trois ans qu’on cherche. On a fait plusieurs tentatives d’achat en habitat partagé, qui n’ont jamais abouti. Vu la conjoncture et l’augmentation délirante des taux, plus personne n’a accès au crédit. » La quadragénaire et son conjoint ont pourtant fini par trouver, abandonnant l’idée du logement collectif. « On achète une ancienne ferme traditionnelle avec une grange et un terrain à 20 minutes de Grenoble. La maison était en vente à 280 000 euros, il y avait des travaux à faire et on n’avait pas le budget. On a fait une offre à 251 000 euros, qui a été acceptée. On n’a pas encore bouclé le financement, mais on passe par un courtier qui nous a trouvé un emprunt de 186 000 euros avec un taux à 4,25 %. » Si c’était à refaire, Cécile aurait plutôt commencé par là. « C’est mieux d’aller à la banque en amont, de savoir précisément ce qu’on peut emprunter et ce à quoi on a droit. Les recherches prennent du temps, mais quand on trouve, il vaut mieux être opérationnel pour éviter que le bien ne nous passe sous le nez. »

    D’autant plus qu’obtenir un prêt peut se révéler un véritable parcours du combattant. Sonya et Maxime en ont fait l’expérience : « Notre souci, c’est que malgré nos salaires corrects, on était tous les deux travailleurs indépendants. Heureusement, la banque a fini par nous accorder un emprunt sur 25 ans. » Puis, une fois le financement sécurisé, reste l’étape cruciale de voir son offre acceptée. Tous les moyens sont alors bons pour se démarquer. « On a écrit une lettre de trois pages aux propriétaires pour leur dire où on en était dans nos vies, les projets qu’on avait pour cette maison, raconte Cécile. Ça les a touchés, ce qui a fait pencher la balance en notre faveur. » Contrairement aux statistiques nationales, la jeune quadragénaire n’avait pourtant jamais aspiré à devenir propriétaire. « Depuis toute petite je trouvais ça absurde, c’était pour moi un non-sens total de s’endetter sur autant d’années, je voyais ça comme un engagement horrible. Mais ce sont les projets de bricolage qu’on a imaginés pour cette maison et ma liberté de pouvoir façonner quelque chose à notre image qui m’ont séduite. »

    Vous envisagez de devenir propriétaire ?

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    (1) https://www.pretto.fr/acheteur-immobilier/profil/age-median-devenir-proprietaire-2023/

    (2) https://harris-interactive.fr/opinion_polls/barometre-habitat-edition-2023/

     

  • Habitat léger : pourquoi l’ont-ils choisi ?

    Habitat léger : pourquoi l’ont-ils choisi ?

    Sarah, nordiste de 33 ans, mère de trois enfants, tenait à transmettre les valeurs du vivre-ensemble à ses enfants, avec cet adage en tête : « Il faut tout un village pour élever un enfant. » Elle a été séduite par le concept des coopératives d’habitats légers qui combinent lien social et habitat léger. Un quartier résidentiel composé de yourtes, tipi ou mobil-home, souvent enserrés d’espaces communs, d’un grand potager commun et d’un verger. Depuis l’installation dans un de ces hameaux d’un nouveau style, elle vit sa parentalité autrement. Les allers-retours à l’école : ce n’est plus systématiquement elle qui s’en charge, mais un voisin disponible inscrit sur un planning au préalable. Dans ce hameau, certains achats sont mutualisés, comme les robots pâtissiers ou les livres pour enfants. « Je leur montre concrètement que réduire ses possessions allège l’esprit, que nos objets peuvent être partagés, qu’on peut être heureux sans posséder une grande maison individuelle. » Souvent à l’extérieur, ses enfants apprennent à lire les particularités des saisons. « Je veux qu’ils sentent l’humidité de l’automne, les fleurs au printemps, la sécheresse de l’air en été. »

    Habiter autrement

    Pour Philippine et Alexis, couple de trentenaires normands, le déclic est venu en plein mois d’août, au retour d’un tour du monde de quatorze mois. C’est à ce moment qu’ils réalisent que leurs besoins essentiels tiennent dans leur sac à dos de douze litres. De retour en France après avoir arpenté les six continents, l’idée de s’installer à nouveau dans leur appartement à Granville leur semble à l’opposé de l’aventure minimaliste qu’ils viennent de vivre. « Continuer à sillonner les routes d’Europe nous tentait bien. Mais je suis assistante sociale et mon conjoint chargé d’études. Ce ne sont clairement pas des jobs de digital nomades ! », plaisante Philippine. Pas question cependant d’abandonner le projet d’habiter différemment. En quelques mois, ils dénichent un terrain constructible dans la campagne de Granville, au cœur de leur Normandie natale et le tour est joué : ils construisent la « tiny house », ou plutôt la micromaison comme on dit en français, de leurs rêves : « Moins de 20m2 au sol avec deux mezzanines, le strict nécessaire », résume Alexis, tout sourire.

    L’habitat est la principale cause de consommation d’espace.*

    Se débarrasser du futile

    Depuis leur emménagement dans ce logement d’une plus petite surface, les économies réalisées les confortent dans leur choix. Désormais, il leur suffit d’allumer un lampadaire halogène pour éclairer l’ensemble de leur intérieur. Résultat, les charges d’électricité ont été divisées par trois et leur épargne est uniquement consacrée aux imprévus, « et aux voyages ! », tient à préciser Philippine. Avant de s’installer dans leur nouveau chez eux, ils ont dû se débarrasser de la moitié de leurs possessions, un bon moyen de s’alléger l’esprit selon eux. « Plus la maison est grande, plus on entasse. Ce qu’on garde ici, c’est l’essentiel », assure Philippine, qui se souvient encore de la phase de tri fastidieuse. C’était pour la bonne cause assure-t-elle : adieu le stockage compulsif !

    L’habitat léger est aussi une manière de se délester d’une charge mentale importante. « On ne se sent plus esclaves de l’entretien de la maison. On travaille toute la semaine, donc le ménage ne doit pas nous occuper plus d’une heure le week-end », expliquent-ils. Le couple note également un changement significatif dans leur relation. La proximité imposée par une petite surface renforce leur communication. « Dans une maison où chacun peut avoir sa pièce, on se réfugie vite dans notre petit confort individuel, parfois au détriment du couple », reconnaît Philippine.

    Convictions écologiques

    Principalement construit en matériaux naturels ou très peu polluants, l’habitat léger répond également à la volonté des familles d’être en accord avec ses convictions écologiques. En dehors de la sobriété, la valeur cardinale de l’habitat léger est la réduction de son empreinte environnementale. « Hors de question de bétonner, le terrassement de notre logement est en pierres », assure Alexis. Bémol de ce type de logement : l’isolation. Elle doit être une priorité lors de l’installation pour éviter toute gêne occasionnée par l’humidité, mais la capacité d’accueil en est significativement réduite. « Mais ce n’est pas moins convivial pour autant », rassure Sarah.

    * https://www.insee.fr/fr/statistiques/7721436

  • Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Si les arnaques en ligne ont mille et un visages, elles reposent sur un même socle : la capacité à tromper la vigilance de leurs victimes en leur inspirant de la confiance. D’après une étude menée par Kaspersky, seuls 50 % des Français.es estiment maîtriser les bases de la cybersécurité et 65 % d’entre eux continuent de se faire avoir par des attaques d’hameçonnage au moins une fois de temps en temps. Pourtant, ces escroqueries ne sont pas nouvelles.

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

     

  • Identité numérique : demain, tous notés ?

    Identité numérique : demain, tous notés ?

    Big Brother déjà en Chine

    En Chine, le gouvernement a mis en place un système de crédit social attribuant une note aux individus et aux entreprises en fonction de leur comportement social et économique. Plus cette note est basse, moins la personne a de droits. Jouer trop longtemps aux jeux vidéo, publier certains contenus sur les réseaux sociaux, traverser au feu rouge ou accumuler des dettes expose ainsi les Chinois à une dégradation de leur score de citoyenneté. Expérimenté dans quelques villes depuis 2014, ce système de tri social a été élargi à l’ensemble du territoire en 2020. Avec des conséquences bien réelles pour ceux et celles qui ont le crédit le plus faible : impossibilité de prendre les transports, interdiction d’accéder au prêt bancaire ou encore d’inscrire ses enfants dans les meilleures écoles.

    Pour distinguer « bons » et « mauvais » citoyens, l’administration chinoise s’appuie sur toutes les données – situation financière, carrière, consommation, publications sur les réseaux sociaux – dressant le portrait des individus. Elle peut également compter sur la reconnaissance faciale et quelque 600 millions de caméras de vidéosurveillance capables de détecter en direct les comportements jugés suspects.

    L’ONG Human Right Watch a ainsi dénoncé en 2019 le recours à un système de surveillance de masse discriminatoire par la police dans la province du Xinjiang, où vivent majoritairement des Ouïghours, de confession musulmane. Via une application de smartphone, les policiers effectuant un contrôle d’identité ont accès à des données (nom, numéro de téléphone, consommation d’électricité, etc.) à partir desquelles le programme signale si une personne est menaçante ou non.

    Des algorithmes de prédiction pour classer les individus

    Si ce modèle de surveillance de masse mêlant big data et intelligence artificielle est propre à la Chine, des systèmes de classement d’individus reposant sur des algorithmes sont utilisés un peu partout sur le globe.

    Aux États-Unis, certaines villes fournissent à leurs unités de police un algorithme censé prédire les crimes. Le logiciel, anciennement baptisé PredPol et renommé Geolitica en 2021, repose sur les rapports d’incidents criminels, produits par les policiers ou les victimes, pour prévoir quotidiennement les lieux et les heures où des crimes sont le plus susceptibles d’être commis. Le hic, c’est que ces rapports présentent des biais raciaux – les quartiers afro-américains ou latinos sont plus susceptibles d’être signalés comme des points sensibles – qui vont nourrir l’algorithme et orienter ses prédictions. En 2020, à Los Angeles, la police a mis fin à l’utilisation de cet algorithme estimant qu’il stigmatisait certains quartiers et certaines populations.

    La même logique se déploie au cœur du système judiciaire américain. Dans les tribunaux, les juges utilisent le logiciel Compas pour évaluer la probabilité de récidive d’un prévenu. Mais, là encore, l’algorithme suscite la controverse. Selon une enquête de l’ONG ProPublica, « les prévenus noirs [sont] beaucoup plus susceptibles que les prévenus blancs d’être jugés à tort comme présentant un risque de récidive plus élevé, tandis que les prévenus blancs [sont] plus susceptibles que les prévenus noirs d’être marqués à tort comme présentant un faible risque. »

    En France, la Caisse d’allocations familiales (CAF) utilise aussi un algorithme pour orienter le contrôle de ses agents vers les allocataires les plus susceptibles de percevoir des prestations qu’ils ne devraient pas recevoir. La CAF attribue une note à ses usagers à partir d’une quarantaine de critères – la situation familiale, l’âge, le handicap, l’emploi, etc. –, dont certains sont discriminatoires. Or, comme le révèle une récente enquête du Monde, cet algorithme pénalise les foyers vulnérables : les plus pauvres sont plus à même d’être considérés comme des fraudeurs potentiels et ont par conséquent plus de chance d’être contrôlés.

    L’identité numérique, au cœur des modèles prédictifs

    Plus largement, l’intelligence artificielle – qui n’est au final qu’une machine à prédire la probabilité qu’une action se réalise en fonction de l’analyse de situations passées – et les algorithmes prédictifs qui la sous-tendent jouent un rôle clef dans la gestion et l’analyse de l’identité numérique des individus.

    L’identité numérique correspond aux attributs associés à un individu, ou à une entité, dans le monde digital. Cela regroupe toutes les données numériques que l’on peut relier à une personne physique. Ces données sont de différentes nature : informations liées à l’état civil (nom, prénom, date de naissance, renseignés par exemple lors de démarches administratives), identifiants utilisés pour se connecter à un service, adresse IP de l’ordinateur, traces laissées lors de la navigation (cookies, historique de navigation), publications sur les réseaux sociaux, ou encore géolocalisation.

    Qu’ils soient utilisés par des entreprises, des gouvernements ou des institutions, les algorithmes prédictifs transforment la masse de traces numériques que laisse notre navigation sur le Web en critères à partir desquels les individus sont répartis en différents profils. Ce classement établi en analysant les données comportementales, sert à personnaliser les expériences en ligne, cibler la publicité, évaluer les risques financiers, identifier des comportements suspects, etc.

    L’enjeu des prochaines décennies consiste donc à protéger au mieux les données personnelles des individus pour éviter que leur identité numérique ne leur échappe en étant façonnée, de manière quasi-invisible, par les intérêts économiques ou politiques d’entités extérieures.

    Qu’est-ce qu’un cookie ?

    Un cookie est un petit fichier stocké par un serveur dans notre ordinateur ou notre smartphone lors de notre visite sur une page web. Ces cookies permettent aux sites webs de conserver diverses informations (préférences, identifiants, langue d’affichage) entre deux connexions.

  • L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    Gérer les différentes tâches de la maison depuis son smartphone, depuis quelques années, c’est possible. Notre habitat est devenu intelligent et connecté. Du chauffage à la lumière en passant par les systèmes de sécurité, l’électroménager ou les volets roulants, la domotique permet à tous de centraliser et automatiser la gestion de sa maison. « Il y a quatre piliers en domotique : le confort, la sécurité, le multimédia, mais aussi la maîtrise de la consommation énergétique », estime François-Xavier Jeuland, fondateur de l’Observatoire de l’immobilier connecté et responsable et vice-président de la Smart Buildings Alliance (SBA), une association réunissant 500 entreprises avec comme vocation d’être l’organisation de référence du smart building.

    Maîtriser sa consommation d’énergie

    Vivre dans une maison connectée ne se résume donc pas simplement à déclencher une lessive depuis son smartphone ou lancer une playlist en s’adressant à son assistant vocal. Nicolas, 50 ans, a par exemple opté pour un thermostat connecté pour sa maison en banlieue parisienne. Relié à sa chaudière à gaz, il lui permet de choisir quand et quelle pièce chauffer selon des plannings qu’il peur affiner à volonté. « La nuit je règle la température à 16 degrés, ensuite ça chauffe un peu le matin quand on se lève, puis le chauffage s’éteint la journée pour s’enclencher de nouveau en fin de journée quand on rentre du travail », explique-t-il. Un peu geek, il s’intéresse à la domotique depuis déjà plusieurs années, séduit par toutes les possibilités qu’elle peut offrir. Sa maison est aujourd’hui presque entièrement connectée. « J’ai installé entre autres des capteurs de mouvements. Quand je monte me coucher, une lampe s’allume pendant une minute et puis elle s’éteint. Mais aussi un détecteur de fuite d’eau. Si l’eau coule, ça sonne directement sur mon portable, il existe même des électrovannes qui peuvent couper l’arrivée d’eau en cas de fuite. Tout ça c’est du confort, mais ça permet également de ne pas gaspiller le gaz, l’électricité ou l’eau ! », ajoute-t-il.

    « Éviter le gaspillage, ça offre de belles économies sur sa facture d’électricité », sourit Malek, 35 ans, qui a lui décidé d’équiper son pavillon près de Grenoble il y a quelques mois, en pleine flambée du prix de l’énergie. Initialement novice en matière de domotique, c’est un ami qui lui a conseillé de sauter le pas : « J’ai donc installé un thermostat connecté. Ça permet vraiment d’optimiser ma consommation. Pour l’instant, je suis à peu près à 20 % de moins que l’hiver dernier. En gros, je ne chauffe plus pour rien ! »

    Économie d’eau et chauffage naturel

    La diminution de la consommation est telle après l’installation d’un thermostat connecté que le gouvernement a même récemment lancé un dispositif d’aide à ceux qui voudraient s’en équiper. Entrée en vigueur le 1er décembre dernier, il permet de faire poser chez soi par un professionnel des thermostats et des têtes thermostatiques connectés et de bénéficier de 260 € à 624 € d’aide à l’installation. La domotique contribue aussi à éviter le gaspillage d’une autre manière : en faisant prendre conscience de sa consommation, notamment celle de l’eau.

    Malek a donc opté pour un pommeau de douche connecté. « C’est assez simple. Quand on prend une douche, il s’allume. D’abord en vert entre 0 et 10 litres consommés, puis en bleu entre 10 et 20, etc. Jusqu’à 40 litres où, là, il se met carrément à clignoter », s’amuse le trentenaire. Connecté à une application, le pommeau peut mémoriser jusqu’à 200 douches et les transmettre pour permettre à l’utilisateur de suivre ses économies dans le temps. « Pour mon fils de 8 ans, c’est presque devenu un jeu. Il essaie d’utiliser le moins d’eau possible », raconte Malek. Bientôt, il voudrait encore aller un peu plus loin pour faire diminuer sa consommation d’énergie. « J’aimerais changer la motorisation des volets roulants de ma baie vitrée, de mes fenêtres et portes-fenêtres » prévoit l’Isérois. En hiver, grâce à un micromodule connecté à des capteurs météo et à son thermostat, il pourrait se servir de la lumière du soleil pour chauffer naturellement la maison. « Et l’été, les volets se baisseront tout seuls quand il fera trop chaud ou que le soleil tapera trop dans la maison, pour garder la fraîcheur », s’imagine déjà Malek.

    Vers une domotique moins énergivore

    La copie de la domotique n’est cependant pas encore parfaite. L’accumulation d’objets connectés se révèle forcément énergivore. « Notamment si on réfléchit en termes de bande passante ou au niveau des data centers », précise François-Xavier Jeuland. Mais les fabricants et les Gafam se sont accordés pour mettre en place le protocole Matter, un standard unifiant tous les objets connectés d’un logement pour leur fonctionnement. Une uniformisation qui devrait se généraliser et permettre d’alléger le coût en énergie de la domotique.  Selon lui, la domotique peut devenir aussi incontournable demain que l’isolation thermique aujourd’hui pour rendre la maison plus verte : « Il me semble que les objets connectés font partie de la solution. Ils sont très faciles à mettre en œuvre et ont un vrai impact. 20 à 30 % de consommation en moins grâce aux thermostats connectés, ce n’est pas négligeable. »

  • L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    Gérer les différentes tâches de la maison depuis son smartphone, depuis quelques années, c’est possible. Notre habitat est devenu intelligent et connecté. Du chauffage à la lumière en passant par les systèmes de sécurité, l’électroménager ou les volets roulants, la domotique permet à tous de centraliser et automatiser la gestion de sa maison. « Il y a quatre piliers en domotique : le confort, la sécurité, le multimédia, mais aussi la maîtrise de la consommation énergétique », estime François-Xavier Jeuland, fondateur de l’Observatoire de l’immobilier connecté et responsable et vice-président de la Smart Buildings Alliance (SBA), une association réunissant 500 entreprises avec comme vocation d’être l’organisation de référence du smart building.

    Maîtriser sa consommation d’énergie

    Vivre dans une maison connectée ne se résume donc pas simplement à déclencher une lessive depuis son smartphone ou lancer une playlist en s’adressant à son assistant vocal. Nicolas, 50 ans, a par exemple opté pour un thermostat connecté pour sa maison en banlieue parisienne. Relié à sa chaudière à gaz, il lui permet de choisir quand et quelle pièce chauffer selon des plannings qu’il peur affiner à volonté. « La nuit je règle la température à 16 degrés, ensuite ça chauffe un peu le matin quand on se lève, puis le chauffage s’éteint la journée pour s’enclencher de nouveau en fin de journée quand on rentre du travail », explique-t-il. Un peu geek, il s’intéresse à la domotique depuis déjà plusieurs années, séduit par toutes les possibilités qu’elle peut offrir. Sa maison est aujourd’hui presque entièrement connectée. « J’ai installé entre autres des capteurs de mouvements. Quand je monte me coucher, une lampe s’allume pendant une minute et puis elle s’éteint. Mais aussi un détecteur de fuite d’eau. Si l’eau coule, ça sonne directement sur mon portable, il existe même des électrovannes qui peuvent couper l’arrivée d’eau en cas de fuite. Tout ça c’est du confort, mais ça permet également de ne pas gaspiller le gaz, l’électricité ou l’eau ! », ajoute-t-il.

    « Éviter le gaspillage, ça offre de belles économies sur sa facture d’électricité », sourit Malek, 35 ans, qui a lui décidé d’équiper son pavillon près de Grenoble il y a quelques mois, en pleine flambée du prix de l’énergie. Initialement novice en matière de domotique, c’est un ami qui lui a conseillé de sauter le pas : « J’ai donc installé un thermostat connecté. Ça permet vraiment d’optimiser ma consommation. Pour l’instant, je suis à peu près à 20 % de moins que l’hiver dernier. En gros, je ne chauffe plus pour rien ! »

    Économie d’eau et chauffage naturel

    La diminution de la consommation est telle après l’installation d’un thermostat connecté que le gouvernement a même récemment lancé un dispositif d’aide à ceux qui voudraient s’en équiper. Entrée en vigueur le 1er décembre dernier, il permet de faire poser chez soi par un professionnel des thermostats et des têtes thermostatiques connectés et de bénéficier de 260 € à 624 € d’aide à l’installation. La domotique contribue aussi à éviter le gaspillage d’une autre manière : en faisant prendre conscience de sa consommation, notamment celle de l’eau.

    Malek a donc opté pour un pommeau de douche connecté. « C’est assez simple. Quand on prend une douche, il s’allume. D’abord en vert entre 0 et 10 litres consommés, puis en bleu entre 10 et 20, etc. Jusqu’à 40 litres où, là, il se met carrément à clignoter », s’amuse le trentenaire. Connecté à une application, le pommeau peut mémoriser jusqu’à 200 douches et les transmettre pour permettre à l’utilisateur de suivre ses économies dans le temps. « Pour mon fils de 8 ans, c’est presque devenu un jeu. Il essaie d’utiliser le moins d’eau possible », raconte Malek. Bientôt, il voudrait encore aller un peu plus loin pour faire diminuer sa consommation d’énergie. « J’aimerais changer la motorisation des volets roulants de ma baie vitrée, de mes fenêtres et portes-fenêtres » prévoit l’Isérois. En hiver, grâce à un micromodule connecté à des capteurs météo et à son thermostat, il pourrait se servir de la lumière du soleil pour chauffer naturellement la maison. « Et l’été, les volets se baisseront tout seuls quand il fera trop chaud ou que le soleil tapera trop dans la maison, pour garder la fraîcheur », s’imagine déjà Malek.

    Vers une domotique moins énergivore

    La copie de la domotique n’est cependant pas encore parfaite. L’accumulation d’objets connectés se révèle forcément énergivore. « Notamment si on réfléchit en termes de bande passante ou au niveau des data centers », précise François-Xavier Jeuland. Mais les fabricants et les Gafam se sont accordés pour mettre en place le protocole Matter, un standard unifiant tous les objets connectés d’un logement pour leur fonctionnement. Une uniformisation qui devrait se généraliser et permettre d’alléger le coût en énergie de la domotique.  Selon lui, la domotique peut devenir aussi incontournable demain que l’isolation thermique aujourd’hui pour rendre la maison plus verte : « Il me semble que les objets connectés font partie de la solution. Ils sont très faciles à mettre en œuvre et ont un vrai impact. 20 à 30 % de consommation en moins grâce aux thermostats connectés, ce n’est pas négligeable. »