Catégorie : À l’écoute des autres

  • Et si on partait en voyage solidaire en famille ?

    Et si on partait en voyage solidaire en famille ?

    À l’approche de l’été, Cécile, la quarantaine, a souhaité partager une expérience de voyage différente avec ses trois enfants, Thibault, 14 ans, Amaury, 12 ans et Maxime, 11 ans. Toute la famille est partie au Sri Lanka pendant deux semaines pour restaurer le mobilier d’une école et arpenter le pays avec un guide. Elle explique son choix et raconte ce séjour peu ordinaire.

    1 Que recherchiez-vous avec ce voyage solidaire ?

    « L’an dernier, j’ai eu envie de proposer un autre style de vacances à mes enfants. Je voulais les emmener en voyage, mais étant seule avec eux, je ne voulais pas partir, sac à dos, à l’aventure. Je tenais à ce que l’on soit encadrés, mais je souhaitais qu’ils puissent être en contact avec les habitants du pays en question. Quand on part en voyage touristique, on passe d’hôtel en hôtel et on est finalement peu confrontés à la réalité quotidienne des gens. Ce voyage, c’était une façon de leur ouvrir les yeux sur le monde et de leur montrer à quel point ils vivaient dans un milieu privilégié. »

    2 Comment avez-vous choisi votre organisme ?

    « Quand je me suis mise en quête d’une destination et d’un voyage solidaire, je n’ai pas trouvé grand-chose sur Internet. Le déroulé du voyage et les missions proposées aux familles n’étaient pas toujours très clairs. Car il faut savoir que dans le cadre de ces séjours, un pourcentage du prix du voyage, variable selon chaque association, sert à soutenir des projets de développement prioritaires dans le pays visité. Nous sommes partis avec une agence en ligne qui m’a séduite par la clarté de son discours. On sait précisément comment notre argent est utilisé et à quoi il contribue. J’aimais aussi l’idée que nos kilomètres en avion soient compensés en empreinte carbone (l’agence retient 25 euros sur chaque voyage pour financer des cuiseurs à bois économes en contrepartie des émissions de gaz à effet de serre produites). »

    Bon à savoir

    Alerte arnaque : comment s’assurer que l’on passe par une ONG bien répertoriée ?

    L’ATR, l’association Agir pour un tourisme responsable recense et contrôle les organisateurs de voyages reconnus chaque année. Ces agences ont pris des engagements en faveur du tourisme solidaire et ont été sélectionnées pour leurs implications auprès des régions d’accueil. N’hésitez pas à poser des questions à l’agence en question si vous avez besoin d’explications supplémentaires ou à questionner d’anciens voyageurs sur les forums consacrés aux séjours alternatifs.

    3 Aviez-vous des craintes avant de partir en vacances solidaires ?

    « Pas moi, mais certains de mes enfants, oui ! Il a fallu que je leur explique le projet. Je leur ai montré la vidéo d’un voyage solidaire au Cambodge. Mon fils de 11 ans était emballé à l’idée de partir aider une population locale, celui de 12 ans semblait un peu plus sur la réserve et mon aîné n’avait pas du tout envie de partir. Il craignait l’absence d’électricité et… de téléphone ! Se couper du monde et de ses copains, via les réseaux sociaux, ce n’était pas évident pour lui. »

    3 conseils aux familles voyageuses

    • 1

      Avant de sauter dans l’avion, même si vous passez par une agence, procurez-vous un ou des guides de voyage. Cela vous donnera des informations supplémentaires sur le pays, ses habitants, les coutumes locales.

    • 2

      On a toujours tendance à partir avec des valises trop chargées. Renseignez-vous avant le départ sur le nécessaire à emporter et forcez-vous à vous limiter. En voyageant léger, on gagne en confort et les déplacements entre chaque étape sont plus faciles.

    • 3

      Rendez-vous sur le portail France Diplomatie, mis en place par le gouvernement pour connaître la situation diplomatique du pays avant de vous engager sur une destination.

    4 Quelle mission solidaire avez-vous réalisée ?

    « Notre mission a duré cinq jours. Nous sommes partis au nord du Sri Lanka. Notre objectif était de restaurer le mobilier très vétuste d’une école dans un village. Avec une autre famille, nous y avons séjourné et nous passions entre quatre et cinq heures par jour dans l’établissement pour effectuer les travaux. Des menuisiers locaux coupaient des planches de bois et s’occupaient de redresser la structure en métal des chaises et tables à rénover, de remplacer les planches en bois si nécessaire. Nous étions ensuite chargés de les peindre. Pendant notre temps libre, le guide nous emmenait visiter les environs et vivre des expériences avec les locaux. »

    5 Quelle expérience vous a le plus marquée ?

    « Nous avons été accueillis comme des rois dans cette école. Je garde un souvenir ému de l’accueil que nous ont réservé le directeur et les enfants. À notre arrivée, ils avaient organisé une cérémonie. Les élèves étaient tous habillés en blanc. Ils avaient préparé des colliers de fleurs fraîches et ont constitué une haie d’honneur pour nous souhaiter la bienvenue. C’était magnifique. Le directeur était très heureux que nous venions les aider, plutôt que d’aller séjourner sur une plage de rêve. Il l’avait expliqué aux enfants qui semblaient aussi reconnaissants que lui… »

    6 Comment vos enfants ont-ils vécu la mission ?

    « Au départ, mon aîné s’est montré assez fermé. Il refusait de jouer ou de parler aux enfants du village qui avaient le même âge que lui. Mais au fil du temps, il s’est détendu. On garde tous un très bon souvenir de ce voyage. Cette expérience les a beaucoup touchés et on évoque souvent des souvenirs de ce voyage. »

    7 Quelle a été la suite de ce voyage solidaire ?

    « Nous avons parcouru le nord du pays avec notre guide. Une autre famille faisait partie du voyage. Leurs enfants, en revanche, avaient plutôt une vingtaine d’années. Le programme était varié et riche : visite de mangroves, de temples, safari d’une journée, plage… C’était magique. »

    8 Quels ont été les bénéfices de ce voyage solidaire ?

    « Ce voyage a profondément marqué les enfants. Ils ont pu se rendre compte de leur confort. Je me souviens notamment d’un de mes fils qui avait relevé que le salaire mensuel d’un habitant de la capitale représentait le prix des baskets qu’il avait aux pieds… Mes enfants sont ressortis de cette expérience grandis, plus débrouillards et plus humbles. »

    9 Êtes-vous prêts à repartir ?

    « Pas cet été ! Mais l’année prochaine très certainement ! Je ne veux pas imposer à mes enfants un voyage utile chaque année. Ça reste des vacances enrichissantes mais assez fatigantes. Dès notre arrivée, malgré le décalage horaire, la mission démarrait… Et c’est aussi un séjour qui remue émotionnellement. On va attendre d’intégrer tout ça avant de repartir… »

    L’Essentiel de l’article

    • Un pourcentage du prix du voyage sert à soutenir des projets de développement prioritaires dans le pays visité.
    • L’association Agir pour un tourisme responsable recense et contrôle les organisateurs de voyages reconnus.
    • Avant de partir, il est important de s’assurer de la situation diplomatique du pays en se rendant sur le site de France Diplomatie.
  • Métro, bus, voiture : quelles mobilités alternatives pour se déplacer ?

    Métro, bus, voiture : quelles mobilités alternatives pour se déplacer ?

    1 Le bonheur sur deux roues

    La pratique du vélo en ville et du « vélotaf » a explosé en 2019 (1), propulsée par les nouveaux aménagements cyclables et la prime à l’achat d’un vélo électrique. Bon pour la santé, le moral et l’environnement, il est même capable de remonter les pires bouchons… Il n’a (presque) que des qualités, on vous dit ! Pas envie de pédaler ? Lancez-vous sur un EDPM (engin de déplacement personnel motorisé) : la trottinette électrique, son avatar le plus connu, est parfaite pour les courts trajets en ville. Et pour les irréductibles du 2RM (deux-roues motorisés), les scooters électriques, en libre-service ou non, sont un excellent choix pour ménager la qualité de l’air et les oreilles des riverains.

    2 La voiture autrement

    Pas convaincu(e) ou pas faisable ? Testez le covoiturage qui s’adapte aussi bien aux trajets de proximité et domicile-travail qu’aux départs en vacances. Vous êtes à la campagne ? De nouvelles formes d’auto-stop « planifié », comme Rezo Pouce, se multiplient, notamment dans les zones rurales. Le principe ? Conducteurs et passagers s’inscrivent sur un site qui propose des « arrêts » identifiés pour faciliter la rencontre. Preuve que voiture et environnement ne sont pas forcément incompatibles.

    (1) Source : Actu Paris, Le nombre de cyclistes augmente à Paris, quatre nouveaux compteurs bientôt installés, 2019.

  • Parc solaire : des Survoltés inventent le watt citoyen

    Parc solaire : des Survoltés inventent le watt citoyen

    La mobilisation citoyenne est l’une des clés du progrès écologique. À Aubais (30), le collectif des Survoltés a pris en main la question de la transition énergétique parce qu’ici, c’est une tradition : « Il y a eu d’abord une grosse mobilisation contre l’exploitation du gaz de schiste. Un combat gagné qui a donné envie aux citoyens d’aller plus loin. De là est venue l’idée d’un parc photovoltaïque collaboratif, entièrement financé par les citoyens, les collectivités et des partenaires locaux », explique Antoine Rousseau, coordinateur du projet.

    8 à 22 %

    de l’énergie solaire peut être transformée en électricité selon les méthodes utilisées. (1)

    1 Citoyen à l’euro près

    Et pour mettre en place une telle installation, il faut des soutiens. « Nous voulions un projet financé à l’échelle locale. Au final, on a réussi à lever 170 000 euros par financement participatif via une collecte directe ! Nous avons aussi bénéficié des financements du fonds d’épargne citoyenne Énergie Partagée, qui apporte des fonds à des projets de production d’énergie propre comme le nôtre. Le tout complété par des subventions de la région Occitanie et des entreprises locales » Résultat : zéro euro emprunté en banque et des investisseurs heureux d’un projet qui roule et rapporte 3 % de dividendes.

    50

    projets de production d’énergie renouvelable ont été financés par Énergie Partagée en 2018. (2)

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du Groupe Macif soutient l’association Énergie Partagée.

    2 Parc solaire et travail collaboratif

    Dans ce projet, tout est aligné sur les convictions citoyennes des fondateurs. D’abord, le choix du terrain, une ancienne décharge non constructible et non cultivable, qui ne demandait qu’à être valorisée. Mais l’essentiel de la démarche est ailleurs. « Avec l’appui d’Énergie Partagée et d’Enercoop, qui nous accompagnent depuis le début sur les volets financier, technique et juridique, nous avons réussi à convaincre les élus locaux de la pertinence du projet, et nous avons pu avoir les autorisations nécessaires. Aujourd’hui, le parc photovoltaïque “Le Watt Citoyen” est une fierté pour tout le monde ! Avec cette production d’électricité en circuit court, nous proposons des solutions environnementales réelles. Nous créons aussi du lien entre les contributeurs du projet. La coordination des différents acteurs était primordiale pour que ça marche ! »

    3 Une place au soleil

    L’électricité produite est vendue à Enercoop, un fournisseur d’électricité coopérative et 100 % renouvelable. Rentable donc pérenne, le parc solaire se prépare un bel avenir sous le soleil du Midi. « Le parc compte 700 panneaux solaires qui produisent 380 MWh d’électricité propre chaque année, soit la consommation de 280 personnes sans chauffage. Notre prochain objectif est d’embaucher un chargé de mission pour communiquer autour de nos actions et accompagner les particuliers et les collectivités qui envisagent de s’équiper en panneaux solaires. » Jamais à court d’énergie, le collectif des Survoltés aimerait, à plus long terme, mettre en place d’autres projets pour équiper en panneaux des bâtiments publics ou des entreprises du territoire.

    L’Essentiel de l’article

    • Le parc solaire produit de l’énergie de façon collaborative.
    • Les financements sont 100 % citoyens, publics et/ou écoresponsables.
    • Les investisseurs touchent 3 % de dividendes.
    • Le parc produit l’équivalent de la consommation de 280 personnes, hors chauffage.

    (1) Ademe, Le solaire photovoltaïque, 2018.
    (2) Énergie Partagée, 2019.
  • Le handicap invisible : si on parlait de ce handicap pourtant bien présent ?

    Le handicap invisible : si on parlait de ce handicap pourtant bien présent ?

    1 Qu’est-ce qu’un handicap invisible ?

    À l’instar du handicap visible, le handicap invisible est une maladie ou un dysfonctionnement privant la personne qui en souffre de certaines capacités, ou qui les diminue sensiblement. Il peut s’agir de maladies invalidantes, chroniques ou non, comme le diabète, le cancer, certaines maladies auto-immunes (Crohn, RCH), la sclérose en plaques, etc. Ce sont aussi certains troubles « dys » comme la dyslexie ou la dyspraxie, ainsi que le syndrome d’Asperger, le trouble du déficit de l’attention et l’hyperactivité, les suites cérébrales d’un AVC, la bipolarité, etc. Le handicap invisible recouvre donc des réalités très diverses, ayant pour seul point commun de ne pas être détectables « à l’œil nu », notamment par l’entourage professionnel.

    Bon à savoir

    Le handicap invisible n’est pas une catégorie de handicap en soi, mais plutôt une appellation qui regroupe à la fois des handicaps au sens classique du terme (moteurs, psychiques, sensoriels ou cognitifs), mais aussi des maladies ou des séquelles dues à une maladie ou un accident.

    2 Combien de personnes sont concernées ?

    Selon plusieurs études, 80 % des personnes porteuses d’un handicap ont un handicap invisible. (1) En France, cela représenterait près de 10 % de la population ! (2) Une excellente raison d’en parler, car une partie des difficultés des personnes concernées est due au manque de visibilité qui entoure leur maladie ou à la difficulté qu’ont les autres à percevoir leur handicap.

    3 Quel impact le handicap invisible a-t-il sur la vie professionnelle ?

    Le handicap invisible peut évidemment impacter la vie professionnelle : difficultés physiques ou psychologiques, indisponibilités ponctuelles… Bonne nouvelle, les lois de 1975 et 2005 relatives à l’accès à l’emploi des personnes handicapées peuvent faciliter l’insertion professionnelle des personnes touchées.

    4 Le handicap invisible peut-il faire l’objet d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) ?

    De nombreux handicaps invisibles peuvent faire l’objet d’une RQTH. Si vous êtes concerné(e), n’hésitez pas à vous tourner vers la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de votre département ou vers votre médecin traitant qui vous indiquera la marche à suivre. Ce sésame administratif peut, en effet, s’avérer précieux si votre situation nécessite un aménagement de poste ou des absences répétées, par exemple.

    2,5 millions de personnes en France

    bénéficient de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). (1)

    L’Essentiel de l’article

    • Le « handicap invisible » désigne un handicap non décelable à la vue.
    • De nombreuses maladies ou troubles physiques et psychiques peuvent constituer un handicap invisible.
    • Il peut faire l’objet d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.

    (1) Handirect, Chiffres-clés 2015 du handicap, 2015.

    (2) La Revue Internationale, « Le handicap invisible : un risque d’exclusion », 2013.

  • Et si notre temps devenait une monnaie d’échange ?

    Et si notre temps devenait une monnaie d’échange ?

    Place de la Manu dans le centre de Nantes, nichée dans des locaux colorés, voilà une banque un peu particulière. Ici, on ne vient pas pour échanger de l’argent mais du temps et des services. Le tout sous l’œil avisé de Cécile Sauzeat, banquière en chef et coordinatrice de cette Accorderie. « Ici, on est à la fois donneur et receveur, explique-t-elle. Quand vous venez pour la première fois, on établit une liste d’offres de services que vous savez et aimez faire. Une fois adhérent, vous avez alors accès au catalogue de services proposés par les autres accordeurs. »

    Un principe de base règne : quelle que soit la nature du service ou sa complexité, une heure égale une heure. Les accordeurs possèdent tous un compte « temps », avec une dizaine d’heures initiales à donner ou à recevoir en fonction de leurs besoins et de ceux des autres volontaires. Parmi les services échangés, « les plus demandés sont surtout du petit bricolage, de l’informatique, de la couture ou des sorties culturelles », informe Cécile Sauzeat. Les échanges peuvent se faire au niveau individuel entre deux accordeurs, mais aussi au niveau collectif via par exemple l’organisation d’ateliers de partage de savoir-faire où le temps passé est divisé par le nombre de participants.

    Les Accorderies en chiffres

    • 16 600 accordeurs inscrits depuis 2011
    • 71,6 % de femmes
    • 44 % de personnes vivant seule
    • 9 % de familles monoparentales
    • 30 % de salariés
    • 26 % de retraités
    • 24 % de sans emploi
    • 54 % déclarant vivre avec moins de 20 000 euros par an (29 % moins de 10 000 €)
    • Âge moyen : 52 ans

    Réseau social

    Les services proposés relèvent souvent des besoins du quotidien que les personnes ne pourraient pas s’offrir autrement. Avec une règle : ils doivent se situer hors du cœur de métier des personnes, car « l’idée n’est pas de créer de la concurrence déloyale », souligne la coordinatrice.

    Au-delà de permettre à des gens d’échanger un savoir-faire, une Accorderie est aussi et surtout un lieu pour lutter contre la précarité et la pauvreté de liens sociaux. « On est tous égaux dans une Accorderie. On échange des savoirs, indépendamment de notre statut social, de notre condition professionnelle », martèle Pascale Caron, présidente du réseau des Accorderies en France.

    À Nantes, 80 % des volontaires déclarent gagner moins de 20 000 euros par an. « Parfois, je me rends compte que les gens qui ont des revenus supérieurs sont bien plus isolés que d’autres qui gagnent très peu mais qui sont très débrouillards, avec un réseau social solide », constate Cécile Sauzeat.

    Parmi les accordeurs nantais, beaucoup sont en recherche d’emploi. De fait, proposer de rendre service à quelqu’un d’autre permet de se remettre en action et de valoriser ses compétences. « C’est la première marche pour retrouver l’estime de soi », observe Pascale Caron. Le concept donne parfois lieu à des rencontres improbables. Comme cette vice-consule qui adorait repasser et qui a proposé ses services… à un bénéficiaire du RSA.

    Mouvement de fond

    Un an et demi après l’ouverture du local nantais, 73 personnes, de 23 à 76 ans, font désormais partie du réseau. Sur le territoire, 36 autres Accorderies ont été créées depuis 2011 – la dernière en date a ouvert à Cachan –, fédérant ainsi près de 16 000 volontaires. Trois autres lieux devraient voir le jour d’ici la fin de l’année, dans les villes de Caen, Mâcon et Orléans. Un engouement qui dépasse celui du Québec où est née l’initiative en 2002.

    Si ce succès montre la volonté croissante de nombreux Français de participer à la vie locale via l’entraide, cela exprime aussi les besoins croissants de certains citoyens vulnérables. Parmi les volontaires, près de la moitié (44 %) vivent seuls et près d’un quart (24 %) sont sans emploi. Près de deux tiers vivent dans une certaine précarité, plus de la moitié déclarant vivre avec moins de 20 000 euros par an. Devenir membre d’une Accorderie permettrait alors de se relier aux autres et de reprendre confiance en soi à un moment où l’on se sent vulnérable.

    Comme toute structure d’action sociale sans but lucratif, les Accorderies doivent aussi faire face aux nombreux défis liés au financement de leur déploiement. Bien qu’il s’agisse de lieux sans échanges monétaires, des fonds sont néanmoins nécessaires à la création de ces banques. Pour chaque antenne, au moins une personne est embauchée pour lancer la dynamique, animer le réseau, orienter les personnes. En parallèle, des accordeurs sont invités à donner un coup de main au fonctionnement de l’association, en assurant l’accueil ou l’entretien des locaux, en contrepartie de chèques temps. Chaque Accorderie est subventionnée par plusieurs partenaires : des fondations, comme la Fondation Macif qui a importé le concept en France, la CAF (Caisse d’allocations familiales), le Secours catholique, les départements ou encore les municipalités.

    Les Accorderies ne sont pas seules !

    Dans les villes de l’Hexagone, d’autres banques de temps ont émergé ces dernières années, comme le Rézo à Mulhouse ou le réseau Ecotemps. Partis du monde rural, les Systèmes d’échanges locaux (SEL), où l’on échange des services mais aussi des biens, sont quant à eux nés dès le milieu des années 1990. Plus ou moins au même moment que les Time Banks aux États-Unis. En Espagne, les Bancos de Tiempo ont connu un réel essor au début de la crise économique.

    Territoires en confiance

    Comment décrypter cet engouement pour les monnaies-temps ? Au fond, les Accorderies réaffirment deux principes universels : l’entraide et le fait que nous disposons tous de 24 heures par jour. « Une heure vaut une heure pour chaque échange, sans tenir compte de l’intensité. Être présent pour garder un animal pendant deux heures, c’est moins intense que de s’occuper d’enfants sur la même durée. Mais dans une banque de temps, on dit que c’est la même chose. Cela a un rôle démocratique extrêmement fort, car on met tout le monde sur un pied d’égalité. Que je sois chômeur, au RSA ou trader, ces fonctions sont complètement annulées », observe Jérôme Blanc, économiste et professeur à Sciences Po Lyon.

    Selon lui, le grand intérêt des banques de temps réside dans « l’entretien de manière active d’un lien social dans un quartier ou une ville, sans objet économique. On construit des relations de confiance sur un territoire donné. » En luttant contre la précarité et l’isolement social, ces lieux sont un investissement pour l’avenir. Un réel atout pour les pouvoirs publics. La mairie de Nantes l’a d’ailleurs bien compris, en étant à l’initiative du projet d’Accorderie, dès 2015.

    De son côté, Pascale Caron va même plus loin en imaginant comment les banques de temps pourraient inspirer les pouvoirs publics : « Imaginez, sur la question des aidants : si l’État reconnaissait le temps qu’ils consacrent à leurs proches en leur donnant accès à des services ? » imagine-t-elle.  À méditer…

  • Logement : la France peut-elle venir à bout de ses passoires thermiques ?

    Logement : la France peut-elle venir à bout de ses passoires thermiques ?

    Près d’un logement sur cinq en France est considéré comme « passoire thermique » : mal isolés, ces habitats pèsent lourds sur la facture énergétique du pays mais aussi sur le budget des ménages, notamment les plus modestes. Alors que le dérèglement climatique s’intensifie, sur fond de baisse du pouvoir d’achat, la lutte contre ces « passoires » est devenue urgente.

    Un combat écologique d’abord, car le secteur du bâtiment résidentiel représentait selon l’Ademe (1) près de 26 % des consommations d’énergies finales du pays en 2015. Un enjeu de justice sociale ensuite car sur les 2,6 millions de ménages modestes occupant des « passoires thermiques », près de la moitié est en situation de « précarité énergétique ». Ces derniers dépensant plus de 10 % de leurs ressources économiques pour se chauffer. « En moyenne, un ménage consomme 1 500 euros de facture d’énergie annuelle. Au-delà de 2 000 euros, c’est qu’il vit probablement dans une passoire thermique », constate Franck Billeau, président du réseau Eco-Habitat qui accompagne les ménages dans l’amélioration thermique de leur logement.

    « On peut diminuer jusqu’à 75 % sa facture d’énergie »

    Pour les personnes résidant dans l’un de ces logements mal isolés, bien souvent construits avant 1975 (date des réglementations thermiques dans la construction), la rénovation énergétique peut être un moyen de gagner en pouvoir d’achat, tout en préservant l’environnement. Selon le collectif Renovons (2), la rénovation d’une passoire thermique permettrait à un ménage d’économiser plus de 500 euros par an sur sa facture énergétique. « On peut diminuer jusqu’à 75 % sa consommation d’énergie. Dans le cas des passoires les plus importantes, avec des chauffages coûteux tournant au fioul, on peut atteindre 1 000 euros d’économie par an », explique Marie Moisan, animatrice du Cler.

    « Mais tendre vers une sobriété énergétique, c’est aussi lutter contre le réchauffement climatique, car ces logements utilisent de l’énergie issue de ressources fossiles (fioul, gaz) et produisent des gaz à effets de serre », ajoute-t-elle. Toujours selon l’Ademe, les émissions de CO2 liées aux bâtiments résidentiels représentaient 20 % des émissions totales françaises en 2015.

    Les chiffres de la précarité énergétique

    • 3,8 millions de ménages (14 %) consacrent plus de 10 % de leurs revenus aux dépenses d’énergie dans le logement
    • 5,1 millions de ménages (12 millions d’individus) en situation de précarité énergétique, dont 62 % sont propriétaires-occupants
    • Sur un parc de 30 millions d’habitations, on compte aujourd’hui 7,4 millions de « passoires thermiques »
    • Ces logements très énergivores sont occupés par 2,6 millions de ménages modestes, dont la moitié en situation de « précarité énergétique ». Selon l’Inspection générale des finances et du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), ce chiffre inclurait 218 000 propriétaires considérés comme « très modestes » et 200 000 propriétaires « modestes »

    Source : Observatoire national de la précarité énergétique, Ademe, CGEDD.

    Un millefeuille d’aides

    Attention : l’idée n’est pas juste de changer de chaudière, mais d’isoler totalement son logement, en agissant sur les toitures, les combles et les parois. Certes cela coûter cher, de l’ordre de 40 000 euros pour une maison de 100 m² (3). Mais « plus on fait des travaux conséquents, plus les économies vont être conséquentes », note Marie Moisan.

    C’est pourquoi de nombreuses aides existent pour aider à financer la rénovation énergétique des logements. C’est le cas du « Crédit d’impôt pour la transition énergétique » (CITE), qui s’adresse à tous (locataires ou propriétaires occupants), sans conditions de revenus, avec des plafonds de dépenses à respecter (4). « Il faut juste avoir déclaré ses revenus (pas besoin d’être imposable) et avoir comme projet de réaliser des travaux de performance énergétique, dans un logement achevé depuis plus de deux ans. Cette prime représente sur l’isolation 30 % du montant de la facture », indique Marilyne Vialles, responsable du Service mobilisation citoyenne et média de l’Ademe.

    Dans le cadre du projet de loi énergie-climat débattu et adopté par l’Assemblée nationale le 28 juin dernier, ce crédit d’impôt sera transformé en prime (subvention) versée au moment des travaux dès 2020 pour les ménages modestes, et en 2021 pour tous. Les ménages modestes peuvent déjà bénéficier d’aides aux travaux, proposées par l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Ces subventions, qui vont de 2 000 à 20 000 euros, sont soumises à des conditions de ressources, ainsi que de performances des travaux, une estimation des économies réalisées en fonction de la rénovation envisagée devant être réalisée par un professionnel (5).

    « Tout un dossier doit être monté auprès de l’Anah : c’est plus compliqué que pour obtenir le CITE mais, au bout, il est possible de cumuler les deux afin de réduire la facture des travaux de 80 % », explique Marilyne Vialles. Pour de nombreux propriétaires, cela représente encore un investissement substantiel, d’où la nécessité d’aides complémentaires. Les collectivités territoriales, elles aussi, se mobilisent en proposant des aides complémentaires à celles de l’Anah. C’est par exemple le cas du conseil départemental de l’Hérault avec son Fonds d’aide aux travaux de maîtrise de l’eau et de l’énergie (6) qui, outre une enveloppe financière, accompagne aussi les ménages dans leurs démarches via l’association Gefosat.

    Il est aussi possible de bénéficier d’autres aides, comme l’Éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ). Sans intérêts, il peut aller jusqu’à 30 000 euros et financer la fourniture et la pose de matériaux et d’équipements, mais aussi les frais liés à la maîtrise d’œuvre (7). Enfin, les fournisseurs et distributeurs d’énergie, comme EDF, Engie ou encore Leclerc, qui ont l’obligation de participer à l’effort de réduction des émissions de CO2 et de consommation d’énergie de leurs clients, peuvent leur accorder des « primes énergie », ainsi que des prêts bonifiés dans le cas de ménages modestes, dans le cadre du dispositif des Certificats d’économies d’énergie (CEE) (8).

    Que dit le projet de loi énergie-climat ?

    Destiné à actualiser la loi de transition énergétique de 2015, le projet de loi énergie-climat discuté et adopté cet été par le Parlement prévoit un dispositif progressif afin de lutter contre les « passoires thermiques ». Pour les ménages les plus modestes, des primes (jusqu’à 11 000 euros) seront versées dès 2020 au commencement des travaux.

    À partir de 2021, les propriétaires n’auront plus le droit d’augmenter librement le loyer d’une « passoire » (logement classé F ou G, consommant plus 331 kWh/m2/an) entre deux locataires sans l’avoir rénovée. Dès 2022, un « audit énergétique » – accompagné de propositions de travaux – sera rendu obligatoire pour tout logement mis en vente ou en location.

    À partir de 2028, les propriétaires de logements (hors copropriété) classés F ou G auront l’obligation de les rénover pour atteindre au minimum la classe E.

    Retrouvez une liste des différentes aides financières à la rénovation sur le site de l’Ademe.

    Un accompagnement impératif

    « Les solutions existent et il est possible d’en cumuler entre 10 et 15, jusqu’à mobiliser 40 000 euros d’aides. Mais pour cela, il faut se faire accompagner, sous peine de vite se décourager », remarque Franck Billeau de Eco-Habitat. Car ce millefeuille d’aides, et donc de dossiers à monter, peut en désorienter plus d’un. « La première chose à faire, c’est de prendre contact avec un opérateur agréé par l’Anah, des associations partenaires ou le réseau FAIRE (Faciliter, Accompagner, Informer pour la Rénovation Energétique). service public gratuit composé de 600 conseillers en rénovation énergétique », conseille Marie Moisan.. Ces opérateurs vous aideront ainsi à vous repérer parmi les différentes aides.

    Pour améliorer les dispositifs existants, la plupart des spécialistes du sujet préconisent de réduire leur nombre et de simplifier les parcours de ceux qui veulent rénover leur logement. « Le fait qu’il y ait autant de dispositifs, sans cohérence dans les territoires, dilue souvent le message. Il faudrait peut-être s’interroger sur la possibilité d’une simplification de tous ces programmes, au travers de structures qui fédéreraient davantage les dispositifs privés et publics, afin de délivrer une réponse globale aux familles », estime Franck Billeau.

    Et de citer l’exemple du dispositif Picardie Pass rénovation, un accompagnement de A à Z proposé par la région Hauts-de-France à tous les ménages, des conseils techniques à la recherche de solutions personnalisées de financement (9). De tels dispositifs de « tiers-financement », qui mobilisent tous les acteurs du secteur, ont également été lancés dans les régions Grand-Est et Occitanie.

    (1) Ademe, Les Chiffres clés 2015 : Climat, air, énergie, http://multimedia.ademe.fr/catalogues/chiffres-cles-2015-climat-air-energie/common/data/catalogue.pdf

    (2) « Coûts et bénéfices d’un plan de rénovation des passoires énergétiques à horizon 2025 », février 2017, http://renovons.org/Le-scenario

    (3) https://decrypterlenergie.org/quel-est-le-vrai-prix-de-la-renovation-energetique-performante-et-peut-on-se-le-permettre

    (4) https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/financez-projet/renovation/dossier/credit-dimpot/conditions-2019-beneficier-credit-dimpot-transition-energetique

    (5) http://www.anah.fr/proprietaires/proprietaires-occupants/renover-votre-logement-avec-habiter-sain-ou-habiter-serein/

    (6) https://www.precarite-energie.org/FATMEE-de-l-Herault-Fonds-d-aide.html

    (7) https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/financez-projet/renovation/dossier/eco-pret-a-taux-zero/tout-savoir-leco-pret-a-taux-zero-2019

    (8) https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/financez-projet/renovation/aides-entreprises-fourniture-denergie

    (9) https://www.pass-renovation.picardie.fr/

  • Devenir famille de vacances Secours Populaire

    Devenir famille de vacances Secours Populaire

    1 Qu’est-ce que le programme de vacances du Secours Populaire ?

    Chaque année, le Secours populaire envoie en vacances des dizaines de milliers de personnes. Parmi elles, quelque 1 300 enfants sont accueillis dans des familles bénévoles partout en France, mais aussi en Suisse et aux Pays-Bas. Les familles reçoivent les enfants chez elles ou peuvent choisir de partir avec eux vers la destination de leur choix.

    « Les enfants comme les familles qui les accueillent ont des profils très divers ! Ils viennent de tous les départements, de banlieue, de la campagne. Nous connaissons les familles des enfants accueillis à travers nos permanences locales où elles viennent nous consulter pour une aide alimentaire ou vestimentaire, un départ en vacances ou simplement partager un moment », explique Ingrid Joigneaux, coordinatrice vacances de la fédération du Secours populaire de la Nièvre.

    1 enfant sur 3

    en France ne part pas en vacances (1).

    2 Comment se déroulent les séjours ?

    Les séjours sont organisés tout au long de l’année, en période de vacances scolaires. La durée du séjour est généralement d’une semaine, mais ça peut être deux ou trois. Chaque fédération départementale du Secours populaire a ses pratiques. Tout dépend aussi de l’envie et de la disponibilité de la famille et de l’enfant accueilli.

    Le programme est libre et fixé par la famille : visites culturelles, balades, activités diverses… Aucune obligation, mais l’idée est évidemment de passer de bons moments ensemble, et donc de ne pas rester à s’ennuyer devant la télé !

    Les enfants ont besoin de partir dans des familles qui peuvent leur apporter de l’attention et leur faire découvrir des choses, échanger sur le plan culturel, etc.

    Bon à savoir

    Les familles prennent en charge l’ensemble des frais liés au séjour de l’enfant (alimentation, loisirs, etc.), sauf les frais de transport liés à son arrivée et à son départ qui sont à la charge de l’association. Elles ne perçoivent aucune indemnité du Secours populaire ; c’est donc un geste généreux et totalement désintéressé.

    158 000

    personnes sont parties en vacances en 2015 grâce au Secours populaire (1).

    Comment devenir « famille de vacances » ?

    « C’est très simple : il suffit d’appeler la fédération ou l’antenne du Secours populaire proche de votre domicile. Un rendez-vous est convenu avec des bénévoles pour étudier le projet de la famille et, bien sûr, vérifier les conditions d’accueil de l’enfant. Mais il n’y a pas de critères à proprement parler, tout le monde peut potentiellement participer, que l’on ait soi-même des enfants ou pas. »

    Autrement dit, pas besoin d’habiter au bord de la mer ou d’avoir une grande maison avec piscine : toutes les propositions sont étudiées ! L’accueil familial est ensuite soumis à un agrément administratif délivré par la Direction départementale de la cohésion sociale (ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse) sur demande du Secours populaire (voir encadré). Une fois l’agrément reçu, le séjour de l’enfant pourra être organisé selon les modalités convenues avec la « famille de vacances ». Sachez que les familles ne rencontrent pas les enfants avant le séjour, mais des « présentations » réciproques sont faites à distance (dossier, courrier, téléphone…). C’est le Secours populaire qui compose en amont les familles de vacances et qui choisit donc quel enfant part dans quelle famille.

    Le saviez-vous ?

    La Macif soutient l’initiative « famille de vacances » du Secours Populaire !

    Comment faire une déclaration d’accueil avec hébergement ?

    Les démarches se font à distance auprès de la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations). Le Secours populaire remplit un formulaire et fournit les pièces justificatives nécessaires, comme une copie de la pièce d’identité de la personne qui sera responsable de l’enfant, un certificat d’assurance de responsabilité civile adaptée aux activités effectuées pendant les vacances, un extrait de casier judiciaire et un certificat de conformité des locaux, notamment au regard des normes anti-incendie. Le formulaire doit être accompagné d’un document détaillant le projet de vacances : lieu, dates, activités proposées, nombre d’enfants présents, etc.

    L’Essentiel de l’article

    • Le Secours populaire organise des vacances pour des enfants de 6 à 12 ans.
    • Les séjours durent généralement une à deux semaines.
    • L’enfant est accueilli au domicile de la famille ou part en vacances avec elle.
    • Les familles intéressées doivent prendre rendez-vous avec le Secours populaire.

    (1) Source : Secours populaire.
  • Cours en ligne : la nouvelle école pour tous

    Cours en ligne : la nouvelle école pour tous

    Se perfectionner et obtenir une certification de qualification professionnelle : tels étaient les objectifs de Sandrine en 2017. À 37 ans, cette chef de projet en formation professionnelle fait partie des nombreux Français ayant récemment suivi une formation en ligne. Entre les difficultés du marché de l’emploi et les mutations de chaque secteur d’activité, se former tout au long de sa vie est important pour maintenir son niveau d’employabilité. La transition numérique n’ayant pas échappé au secteur de la formation, une simple connexion Internet permet aujourd’hui d’acquérir de nouvelles compétences.

    1 Formation en ligne : un marché en pleine effervescence

    L’essor des smartphones, tablettes, mais aussi de la vidéo en ligne a largement profité au développement des formations sur Internet. Résultat, le secteur qui représentait 32 milliards d’euros en France en 2017 (et 87,2 milliards d’euros dans le monde) (1) est aujourd’hui en pleine effervescence. Une aubaine pour les salariés, demandeurs d’emploi, travailleurs non salariés et étudiants, entre autres, qui ont ainsi la possibilité d’acquérir facilement de nouvelles connaissances, sans pour autant avoir à bouleverser leur emploi du temps.

    Un critère qui a été décisif pour Sandrine, la trentenaire, qui a pris ses fonctions sans avoir jamais eu de formation dans son domaine, souhaitait se perfectionner et obtenir une certification correspondant à son métier qu’elle a appris sur le tas.

    « Le choix d’une formation en ligne a été évident pour moi. Non seulement parce qu’il s’agissait d’un perfectionnement de connaissances, mais aussi et surtout parce que je ne pouvais pas me permettre de m’absenter des jours entiers de mon poste », explique-t-elle. Et d’ajouter : « La flexibilité des horaires m’a permis de m’aménager des plages de travail selon mes disponibilités. »

    Vous êtes sociétaire Macif ?

    Bénéficiez de réductions sur Maxicours.com grâce à Macif Avantages.*

    À savoir

    Depuis le 1er janvier 2019, le Compte personnel de formation (CPF) de transition professionnelle remplace l’ancien congé individuel de formation (CIF). Il permet aux salariés souhaitant changer de métier ou de secteur d’activité de financer des formations certifiantes en lien avec leur projet. Il leur permet donc d’acquérir des compétences et des connaissances dans un domaine différent que leur emploi.**

    2 6 méthodes d’e-learning à la loupe

    Et si Sandrine s’est orientée vers un SPOC (Small Private Online Course), les formations en ligne se déclinent sous différentes formes.

    SPOC (Small Private Online Course ou petit cours privé en ligne, en français)

    Il s’agit d’une formation interactive en ligne privée et payante dont le nombre de participants est limité, et dont les critères d’accès varient selon chaque SPOC. Principalement destiné aux étudiants et/ou formation en reconversion, le SPOC a l’avantage d’être immédiatement certifiant.

    Le MOOC (Massive Online Open Course ou cours en ligne ouvert et massif, en français)

    C’est le format le plus populaire actuellement, avec plus de 10 000 cours disponibles (2). Environ 350 MOOC, soit près d’un par jour, sont diffusés en France chaque année(2). Ouvert à tous les âges et profils, le MOOC désigne une formation en ligne pour laquelle le nombre de participants n’est pas limité. À noter que, pour l’heure, un MOOC ne permet pas d’obtenir un diplôme.

    Le blended learning (apprentissage mixte, en français)

    C’est une formation mixte qui combine à la fois les méthodes d’apprentissage classique (c’est-à-dire en présentiel) et les cours en ligne. Payant, le blended learning est par ailleurs une formation certifiante.

    Le social learning (apprentissage social, en français)

    C’est une technique transversale qui met les interactions et la collaboration au centre de la formation. Dans le cadre du social learning, chaque participant partage ses connaissances et son expérience sur le sujet, devenant à la fois apprenant et formateur. Ce format, qui n’est pas diplômant, est généralement mis en place par l’entreprise elle-même et concerne les collaborateurs d’une même structure.

    Le mobile learning (apprentissage mobile)

    C’est, comme son nom l’indique, une méthode d’apprentissage basée sur le mobile. Ce système permet d’avoir très facilement accès à sa formation et ce, de n’importe où et à n’importe quel moment de la journée. Texte, message, image, vidéo ou jeux : le mobile learning combine tous les formats que permettent les smartphones. Il permet, contre une poignée d’euros, d’acquérir des connaissances sur des thématiques variées (langues, comptabilité, création d’entreprise, etc.), sans être diplômant pour autant.

    L’adaptive learning (apprentissage adaptatif)

    C’est l’une des plus récentes techniques d’e-learning. Le concept : redéfinir le profil du participant grâce à l’intelligence artificielle et adapter la formation en temps réel afin de maintenir son intérêt et prévenir le décrochage. Destiné à l’origine aux étudiants afin d’enrichir et compléter les connaissances en cours d’acquisition, ce format d’apprentissage commence à se propager aux MOOCs.

    À savoir

    Avant de vous lancer, veillez bien à vérifier la fiabilité de la formation proposée. N’hésitez pas à appeler pour avoir toutes les informations nécessaires : Quelles sont les conditions pour y accéder ? Est-ce un diplôme reconnu par l’État ? Quel financement possible ? Les retours d’expérience d’autres utilisateurs pourront également vous aiguiller avant de vous inscrire.

    3 Motivation et organisation : les clés de la réussite

    Mais bien qu’elles multiplient les bons points, les formations en ligne ont aussi leurs limites. Le taux d’abandon en est la principale. Ainsi, près d’un apprenant sur deux (3) n’irait pas au bout de sa formation, surtout s’il n’est pas accompagné.

    « La réputation des formations en ligne est qu’il y a un fort taux de décrochage des stagiaires, confirme Sandrine. J’ai réussi à aller jusqu’au bout parce que j’étais extrêmement motivée par l’obtention de ma certification. Mais me dégager du temps et ne pas laisser le quotidien prendre le dessus a malgré tout été très compliqué. L’avantage du SPOC, c’est que l’on est bien encadré : des réunions en ligne hebdomadaires sont programmées pour les stagiaires qui le souhaitent, un forum de questions est disponible. Même si je n’ai jamais rencontré physiquement ni les autres stagiaires ni le responsable de la formation, je ne me suis jamais sentie seule face à mon écran », se souvient-elle.

    Finalement, sa motivation et son organisation ont permis à la jeune femme d’achever sa formation en gestion de projet en trois mois.

    « Chaque semaine, des quiz et des exercices devaient être réalisés et transmis au responsable de la formation. J’y ai consacré quatre à six heures hebdomadaires, auxquelles il faut ajouter le contrôle de connaissances de deux heures permettant d’obtenir la certification. »

    Deux ans après avoir pris cette initiative, elle ne regrette aucunement son choix. Mieux, elle le recommande et n’exclut pas l’idée de renouveler l’expérience quand le besoin s’en fera sentir.

    L’Essentiel de l’article

    • La formation en ligne est idéale pour se former dans de très nombreux domaines, tout en organisant son emploi du temps selon ses disponibilités.
    • Il existe différents formats de formation en ligne : MOOC, SPOC, blended learning, social learning, etc.
    • L’important taux de décrochage est le principal point faible des formations en ligne.

    (1) Blogemploi, « Le boom des formations en ligne : un plus pour l’emploi », 2017.
    (2) Xerfi, « Le marché des MOOCs et du e-learning », 2017
    (3) Enquête ISFT, « Les chiffres 2017 du digital learning ».

    * Offre soumise à conditions.
    ** Source : ministère du Travail, « Projet de transition professionnelle », 2019.

  • L’apprentissage : la bonne voie pour décrocher un job dans l’artisanat

    L’apprentissage : la bonne voie pour décrocher un job dans l’artisanat

    1 L’apprentissage : la porte d’entrée pour trouver un emploi

    Seuls 400 000 jeunes choisissent la voie de l’apprentissage chaque année, soit seulement 7 % des 16-25 ans. Pourtant, cette filière permet à 70 % des apprentis de trouver un emploi dans les sept mois suivant la fin de la formation, selon le ministère de l’Éducation nationale (1). C’est une porte d’entrée vers 250 métiers et certains secteurs de l’artisanat (boulangerie, pâtisserie, BTP, automobile ou encore les activités de l’alimentation) sont particulièrement accessibles à l’apprentissage. D’ailleurs, l’artisanat s’impose comme le premier employeur d’apprentis en France. Contrairement aux préjugés, cette formation prépare à tout type de diplôme, en passant du CAP au Master 2.

    Les différents types de formation en apprentissage

    • Les diplômes de l’enseignement secondaire : certificat d’aptitude professionnelle (CAP), baccalauréat professionnel, brevet professionnel, mention complémentaire, brevet des métiers d’art.
    • Les diplômes de l’enseignement supérieur : brevet de technicien supérieur (BTS), diplôme universitaire de technologie (DUT), licences et masters professionnels, diplômes d’ingénieur, école de commerce.

    Le saviez-vous ?

    Les jeunes engagés dans un contrat d’apprentissage et âgés d’au moins de 18 ans peuvent bénéficier d’une aide de 500 euros pour passer leur permis de conduire. Pour en savoir plus sur les modalités, consultez le site du ministère du Travail.

    2 Une nouvelle loi pour encourager les futurs apprentis

    Rendre plus attractif l’apprentissage auprès des jeunes, c’est l’une des vocations de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », promulguée le 5 septembre 2018.

    Notre objectif est de changer l’image de l’apprentissage et de le transformer en profondeur, de changer d’échelle et d’en faire une voie d’excellence et de réussite pour tous les jeunes.

    Muriel Pénicaud, ministre du Travail

    Parmi les nouveautés, l’âge maximum pour entrer en apprentissage est de 30 ans (29 ans révolus). Et une nouvelle grille de rémunération pour les apprentis de 16 à 20 ans a été votée : ils gagnent dorénavant environ 30 euros brut de plus par mois et leurs aînés ne pourront plus être rémunérés en dessous du Smic. Autre changement : il est possible de débuter un cycle de formation en apprentissage sans contrat, dans un CFA, dans la limite de trois mois. L’intéressé obtient le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Un bon moyen de tester le métier avant de s’engager sur la durée.

    Bon à savoir

    Le temps de travail des jeunes apprentis ne peut excéder 8 heures par jour et 35 heures par semaine. Avec la nouvelle réglementation, cette durée peut être portée à 10 heures par jour et dans la limite de 40 heures par semaine dans certaines circonstances. Mais ces heures devront donner lieu à des périodes de repos compensateur équivalent (2).

    3 L’apprentissage, tout sauf une voie de garage

    C’est le message d’une campagne destinée à donner un coup de peps à l’apprentissage, en déconstruisant les clichés. Lancée par le ministère du Travail, #Démarretastory est une campagne « faite par les apprentis, pour les apprentis ». Des jeunes en apprentissage sont invités à raconter leur parcours et à démontrer que l’apprentissage peut être un atout dans de nombreux métiers. Parrain de la campagne, le chef étoilé Thierry Marx y raconte sa success story. Parmi les témoignages liés à la campagne, celui du chef cuisinier de l’Élysée, Guillaume Gomez, Meilleur Ouvrier de France (MOF) et ancien apprenti ou encore celui de Vincent Thiébaut, ex-apprenti, aujourd’hui député.

    Votre enfant est étudiant ou apprenti ?

    Avec le contrat Prem’s, il bénéficie d’une assurance logement et d’une assurance personnelle*, du deux-en-un !
    Renseignez-vous !

    Deux contrats d’alternance sont possibles :

    • Le contrat de professionnalisation (effectué en formation continue). Il est ouvert aux 16-25 ans révolus, ainsi qu’aux demandeurs d’emploi ayant plus de 26 ans, mais également aux bénéficiaires de la prime d’activité, de l’allocation spécifique de solidarité (ASS), de l’allocation adulte handicapé (AAH) ou d’un contrat unique d’insertion (CUI). La formation doit durer au minimum 150 heures sur 12 mois.
    • Le contrat d’apprentissage (qui relève de la formation initiale), quant à lui, s’adresse aux 16-29 ans. La formation doit représenter au moins 400 heures au cours de l’année.

    Les deux contrats mêlent cours théoriques et formation pratique
    en entreprise (3).

    L’Essentiel de l’article

    • 70 % des apprentis trouvent un emploi sept mois après leur formation (1).
    • L’artisanat permet d’accéder à 250 métiers dans 4 secteurs : alimentation, bâtiment, production, services.
    • La loi du 5 septembre 2018 facilite l’accès à l’apprentissage.

    (1) Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, « L’insertion des apprentis est marquée par la formation et par la conjoncture économique », 2018.
    (2) Légifrance, Article L. 6221.
    (3) Service Public Pro, « Contrat de professionnalisation et apprentissage : quelles différences ? », 2019.

  • La transmission-reprise : une solution idéale pour les futurs artisans

    La transmission-reprise : une solution idéale pour les futurs artisans

    1 Trouver un cédant d’entreprise

    Vous avez envie d’entreprendre et vous envisagez la voie de l’artisanat ? La reprise d’une entreprise existante représente une belle opportunité pour démarrer. Pour trouver un cédant, plusieurs solutions s’offrent à vous. Commencez par contacter votre entourage et votre réseau. Interrogez vos proches, évoquez votre intérêt pour une éventuelle reprise dans votre quartier. Le bouche-à-oreille est souvent précieux dans ce type de recherches. Si vous savez dans quelle branche d’artisanat vous souhaitez exercer, consultez les revues spécialisées qui publient régulièrement des annonces de cédants, comme la bourse de la transmission de la BPI (Banque publique d’investissement) qui recense près de 58 000 annonces de cession dans toute la France, le site de Pôle Emploi dédié aux reprises d’activités ou encore le portail des Chambres de métiers et de l’artisanat.

    31 %

    des entreprises artisanales sont issues d’une transmission-reprise (1).

    2 Se faire accompagner

    Se lancer dans l’entrepreneuriat est une décision importante qui nécessite une bonne préparation. Cela passe par la construction d’un business model solide. Les Chambres de métiers et de l’artisanat assistent gratuitement les candidats à la reprise dans ces différentes étapes. Chaque année, elles accompagnent la cession des entreprises artisanales et se mettent au service des candidats repreneurs pour les aider à formaliser leur projet. Grâce à leur réseau de partenaires (notaires, experts-comptables, avocats, banques), elles sont un vrai soutien pour les repreneurs. Ne négligez pas cette aide précieuse. Certains organismes et syndicats professionnels ou sectoriels (Confédération de l’artisanat du et des petites entreprises du bâtiment, Fédération Nationale de l’Habillement, etc.) peuvent aussi vous proposer des services d’accompagnement gratuits.

    Vous êtes indépendant ?

    Avec le contrat Multigarantie Activité Professionnelle, la Macif assure votre activité, vos biens et vos responsabilités.*

    L’ACRE, une aide précieuse à la reprise d’entreprise

    L’aide au créateur ou au repreneur d’entreprise présente de vrais avantages ! Elle permet une exonération totale des cotisations sociales lorsque les revenus sont inférieurs à 30 393 € par an et dégressive lorsque les revenus sont compris entre 30 393 € et 40 524 € par an. Mais cette aide donne aussi droit au NACRE (nouvel accompagnement à la création ou la reprise d’entreprise). Ce dispositif permet d’être accompagné pendant 3 ans dans le montage et le financement du projet. Pour l’obtenir, il faut contacter un organisme d’accompagnement conventionné par l’État en passant par la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) de votre région.

    3 Un savoir-faire précieux transmis par le cédant

    Si le cédant est d’accord, il est possible qu’il vous accompagne dans vos nouvelles fonctions pendant une période déterminée. Cela vous laissera le temps de bien comprendre le fonctionnement de l’entreprise et les relations avec les clients. Dans ce cas de figure, le mode d’accompagnement choisi (statut du cédant, durée d’accompagnement, mode de rémunération…) devra être indiqué dans l’acte de cession. Plusieurs formules sont possibles : le cédant peut devenir salarié de son ex-entreprise. Il peut agir en tant que conseiller du nouveau dirigeant et facturer ainsi ses prestations à l’heure ou au forfait ou encore devenir micro-entrepreneur, associé unique d’une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée ou gérant de société à responsabilité limitée et proposer ses services via une convention de tutorat. Cet accompagnement peut s’étaler entre 2 et 12 mois et être gratuit ou rémunéré. Il est possible de prolonger cette période par un avenant, pour une durée d’un an maximum.

    Vous êtes travailleur indépendant ?

    Pensez au contrat Prévoyance des indépendants de la Macif et bénéficiez d’une protection sur mesure !*

    L’Essentiel de l’article

    • L’État a mis en place l’ACRE, une aide au créateur ou au repreneur d’entreprise.
    • 31 % des entreprises artisanales sont issues d’une transmission-reprise (1).
    • De nombreux sites Internet (BPI, Pôle Emploi, Chambres des métiers) publient des offres de reprise.
    • Dans le cadre d’une transmission-reprise, il est possible d’être accompagné par le cédant pendant une période déterminée.

    (1) Source : Sénat, Rapport d’information, 2017