Catégorie : À ma santé !

  • Sport en extérieur : les raisons de s’y mettre !

    Sport en extérieur : les raisons de s’y mettre !

    1 La pollution intérieure

    L’air intérieur que vous respirez est 5 à 7 fois plus pollué que l’air extérieur, principalement en raison d’un taux élevé en composés organiques volatils (COV). Une bonne raison pour vous bouger dehors plutôt que dedans !

    Les bénéfices de l’activité physique dépassent très largement les effets secondaires des effets polluants.

    Pr. Xavier Bigard, vice-président de la Société française de médecine du sport, pour encourager les sportifs urbains craignant l’exposition aux particules fines.

    2 Le moral

    Une étude britannique* a mis en évidence les bienfaits d’une promenade à la campagne de trente minutes chez des personnes sujettes à la dépression. Résultats : ces dernières se sentaient moins déprimées, moins tendues et plus confiantes en elles. En ces temps difficiles, les restrictions de déplacements peuvent aussi jouer sur le moral, profite donc au maximum, dans le respect des gestes barrière, des espaces extérieurs à proximité de chez vous.

    3 Le prix

    Longévité, réduction des troubles respiratoires et de l’obésité… Les bienfaits de l’activité physique ne sont plus à prouver. Et que vous vous aidiez du mobilier urbain (marches, rampes, bancs) ou des obstacles naturels (montées, descentes), vous aurez tout sous la main gratuitement pour improviser des exercices de remise en forme.

    4 Le stress

    Les bénéfices de la pratique d’une activité physique en plein air sont nombreux : réduction du stress et des troubles de l’attention, amélioration de la capacité de concentration, meilleur sommeil, bref, une bien meilleure santé ! C’est facile comme une balade de trente minutes en extérieur !

    5 Les calories

    Faire du sport en plein air par des températures basses ou au contraire élevées augmente de 10 % les dépenses caloriques. Cela permet à l’organisme de rester à bonne température durant l’effort, soit en transpirant soit en se réchauffant.

    6 La luminosité

    Courir, pédaler ou ramer en extérieur durant les beaux jours est la garantie de faire le plein de luminosité (bonne pour le moral) grâce aux rayons du soleil. À condition de protéger sa peau à l’aide de crème solaire et d’éviter les mauvaises heures (entre 11 heures et 15 heures durant l’été) car il n’est pas question de brûler.

    7 La vitamine D

    Les UVB permettent de synthétiser la vitamine D qui garantit la solidité des os. Pratiquer son sport favori en short et T-shirt durant les belles journées (d’avril à octobre) est un excellent moyen d’en faire le plein. À condition, là encore, de ne pas abuser !

    8 La motivation

    Contrairement au sport en intérieur, souvent répétitif et ennuyeux, le sport en plein air offre une étendue de possibilités : forêt, bois, parcs, ville, campagne… En variant les terrains de jeux, vous éviterez de vous lasser et vous serez toujours motivé !

    À savoir

    Alertes Pollens est une appli permettant de connaître en temps réel les alertes polliniques du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), mais aussi la qualité de l’air et la météo selon votre géolocalisation.

    Sortez bien équipé !

    Parce qu’un bon équipement est aussi important que l’échauffement, Macif Avantages vous propose des offres d’équipementiers sélectionnées et négociées rien que pour vous tout au long de l’année !

    L’Essentiel de l’article

    • L’aérothérapie diminue le stress et favorise la concentration.
    • Faire du sport au grand air améliore le sommeil et renforce le système immunitaire.
    • Le froid et la chaleur font brûler 10 % de calories en plus.
    • Pratiquer une activité physique en extérieur est bon pour le moral.

    * Medical Daily, « Benefits of ecotherapy : being in nature fights depression improves mental health and well-being », 2016.
    Laille Pauline, Provendier Damien, Colson François, Salanié Julien, 2013. Les Bienfaits du végétal en ville : étude des travaux scientifiques et méthode d’analyse. Plante & Cité, Angers, 31 p.
    Partager la nature en famille, Association Santé Environnement France (ASEF), 11 octobre 2013.
    Première campagne nationale sur la qualité de l’air dans les logements en France de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), 21 novembre 2006.
  • L’hypersensibilité, qu’est-ce que c’est ?

    L’hypersensibilité, qu’est-ce que c’est ?

    Depuis toujours, Éliane se sent en décalage avec le reste du monde. « C’est comme si j’avais passé toute ma vie à fleur de peau, confie la sexagénaire, originaire du sud de la France. Parfois, il suffit de quelques notes de musique pour que je me mette à sangloter, alors que tout semble aller très bien. » Une difficulté à gérer ses émotions qu’elle a retrouvée chez l’un de ses petits-enfants, Lucas, 9 ans. « Pas mal de choses m’ont mis la puce à l’oreille : il est très émotif, il peut être fortement affecté par un évènement douloureux qui concerne sa maîtresse ou un camarade de classe, développe Eliane. Et il est aussi très sensible aux sons, aux odeurs et au toucher. Il ne supporte pas les vêtements qui ne sont pas en coton, par exemple. Et il porte un casque antibruit le soir, à la maison, pour se reposer. » Autant d’éléments qui laissent penser à cette sympathique grand-mère que son petit-fils est hypersensible, comme elle. Pourtant, s’il est régulièrement question d’hypersensibilité dans les médias ces dernières années, le terme est loin de faire l’unanimité parmi les professionnels. En effet, si beaucoup de coachs et de thérapeutes proposent des parcours pour « apprendre à apprivoiser son hypersensibilité », une grande partie des professionnels de santé alerte sur le fait qu’elle est, bien souvent, le signe d’une pathologie.

    Des best-sellers et une association

    Christophe, un jeune ingénieur qui se dit hypersensible, a décidé de suivre une thérapie comportementale pour tenter d’améliorer une situation qui le fait souffrir depuis l’enfance. « Mes ressentis sont décuplés, bien plus intenses que la moyenne », décrit-il. De là, un sentiment d’inadéquation avec la société qui entrave ses relations, sa vie de couple et sa récente carrière professionnelle. « J’étais arrivé à un tel point d’épuisement émotionnel et de solitude qu’il fallait que je trouve un moyen de m’en sortir », concède-t-il, tout en précisant qu’au bout d’un trimestre de thérapie, il ne constate pas encore de réelle amélioration. Il s’est donc tourné, en parallèle, vers les rayons « développement personnel » des librairies, pour essayer de trouver des pistes pour aller mieux. Beaucoup d’ouvrages consacrés à l’hypersensibilité ont été publiés ces dernières années, essentiellement aux États-Unis et en Europe. En France, l’acteur Maurice Barthélemy, ancien de la troupe Les Robins des Bois, est l’auteur d’un best-seller en la matière : Fort comme un sensible (éd. Michel Lafon, 2021).

    Le phénomène a pris une telle ampleur que près d’un Français sur cinq se sentirait concerné. Une association a même vu le jour en 2016 : l’Association des hypersensibles. Et si la plupart des personnes qui pensent être hypersensibles décrivent un mal-être, certains coachs leur répondent qu’ils ont la chance d’être dotés d’une grande intelligence émotionnelle qui serait un facteur de créativité. Pour Florence Bernard, psychothérapeute, cette hypersensibilité, qui peut être ressentie comme une vulnérabilité, est, en fait, une force. Mais elle reconnaît que « souvent, cela cache quelque chose de plus profond ». Elle recommande de suivre une thérapie pour « aller à la racine » et trouver les causes de cette hypersensibilité.

    Et si l’hypersensibilité était l’arbre qui cache la forêt ?

    De plus en plus de professionnels de santé mettent en garde sur le fait que l’hypersensibilité, qui n’est pas reconnue comme un trouble mental psychiatrique, pourrait bien être le symptôme de l’un d’entre eux. En effet, présentée comme un simple trait de caractère à dompter, l’hypersensibilité pourrait indiquer un état dépressif ou des troubles attentionnels, entre autres. Le compte Instagram La Minute Psy dénonce même une forme de désinformation de la part de certains coachs et thérapeutes, qui assurent que l’hypersensibilité peut être appréhendée en quelques séances. Dans son cabinet, Aude Dupuy, orthophoniste en Charente, reçoit de plus en plus de parents convaincus que leur bambin est hypersensible. « Très souvent, il y a un trouble plus grave, déplore-t-elle. Mais les gens préfèrent entendre que leur enfant est hypersensible plutôt que dépressif ou atteint d’un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, ndr) ou d’un TSA (trouble du spectre de l’autisme, ndr) ou de troubles anxieux. »

    Elle recommande aussi de se méfier de l’effet Barnum, ce biais cognitif utilisé à des fins de manipulation qui consiste à nous laisser penser qu’une description générale des traits de personnalité s’applique précisément à notre propre personne. Il en va ainsi des listes et des tests qui prétendent regrouper les « symptômes » de l’hypersensibilité pour vendre des programmes de coaching. Dans les faits, tout le monde est susceptible de se retrouver, au moins en partie, dans ces énumérations qui incluent des lieux communs tels que le besoin d’amour, une forme d’altruisme ou la difficulté à faire certains choix. Autant d’aspects présentés comme des « signes » d’hypersensibilité qui sont, finalement, largement répandus. Résultat ? « Tout cela risque d’entraîner des retards de diagnostic », regrette Aude Dupuy. Ce qui est dommageable, puisque lorsqu’une pathologie est identifiée, il est possible d’orienter les gens vers le traitement ad hoc, qui peut relever de la psychologie ou de la psychiatrie. « Et, ainsi, améliorer leur quotidien », assure l’orthophoniste. Autant de raisons de ne pas minimiser une trop grande émotivité.

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  • La fiction pour éclairer sur des réalités de société

    Pourquoi utiliser de la fiction, plutôt que du documentaire par exemple, sur des sujets de la « vie quotidienne » ? Comment faire pour que cette fiction ait une portée pédagogique et que le sujet ne soit pas perçu que comme de la fiction ? Quels sont les écueils à éviter (devenir caricatural, augmenter les préjugés) dans cet exercice créatif ? Autant de questions auxquelles répondent les deux interviewés.

    Les gens du public viennent nous voir et nous disent, ça me fait du bien parce que j’ai l’impression que ça parle de moi.

    Sarah Marx, réalisatrice

    En 2023, Sarah Marx a réalisé deux courts-métrages en collaboration avec la Macif pour faire la lumière sur les troubles de la santé mentale. Le premier, La vie de Mia, porte sur la dépression avec l’actrice Virginie Ledoyen, le second, La vie de Samy, sur les crises d’angoisse avec l‘acteur Rayane Bensetti. Dans le cadre de ces films, elle a travaillé avec le Dr Mouchabak pour s’assurer de la véracité des éléments abordés.

    Il y a pas mal de personnes issus de minorités, dont les personne sen situation de handicap, qui disent aux cinéastes […] “Moquez-vous de nous! A partir du moment où vous vous moquez de nous, vous nous incluez”.

    Lucas Bacle, réalisateur

    Lucas Bacle a lui aussi collaboré avec la Macif sur un projet autour de l’invisibilisation des jeunes aidants : L’invulnérable, film dont le scénario est inspiré d’une histoire travaillée en collaboration avec de jeunes aidants et l’association Jade pour retranscrire au mieux leur réalité.

    La Macif soutient l’association Jade pour lutter contre l’invisibilisation des aidants.

  • Séparation : les dix phrases à ne pas dire à quelqu’un qui vient de rompre

    Séparation : les dix phrases à ne pas dire à quelqu’un qui vient de rompre

    Attention : les 10 phrases à ne pas dire

    « Un de perdu, dix de retrouvés »

    La formule vient de l’évangile selon Saint-Luc et de la parabole de la pièce perdue. Impossible de l’appliquer aux affres de l’amour donc.

    « Ça va aller, tu vas t’éclater sur les applis ! »

    Se distraire sur une application de rencontre n’est pas forcément la solution idoine pour surmonter la douleur d’une rupture. Il y a souvent un temps de deuil nécessaire à la fin d’une relation.

    « Tu es sûr que c’est vraiment fini ? Il n’y a aucune chance que vous vous remettiez ensemble ? »

    Le cadeau empoisonné qui entretient un espoir souvent illusoire et ne constitue pas un véritable soutien.

    « Je te l’avais dit que ça ne marcherait pas. »

    Une rupture amoureuse n’est pas le moment pour asséner ses vérités à une personne en souffrance.

    « Je ne l’ai jamais vraiment aimé de toute façon. »

    Dans un moment de tristesse, inutile d’avoir un avis ou une phrase de dénigrement inutile qui peut conduire à un sentiment de honte

    « Pour une fois que tu avais trouvé quelqu’un de bien. »

    Une phrase qui peut faire mal à un ego déjà endolori.

    « T’es encore jeune, tu as le temps. »

    Une phrase que vous avez suffisamment entendue quand vous étiez adolescent.

    « Arrête de pleurer, il y a pire dans la vie. »

    Il est vrai que la perspective d’une troisième guerre mondiale, c’est pire, mais bon.

    « Il n’était pas fait pour toi. Tu méritais mieux de toute façon. »

    Vous n’avez pas besoin d’un jugement même bienveillant à votre égard, juste d’un peu de soutien.

    « Si tu veux, je peux te présenter un copain (une copine) célibataire. »

    Est-ce vraiment bien le moment pour ce genre de suggestion ?

    L’avis de Julien Faugeras, psychologue clinicien et psychothérapeute

    Une rupture est toujours douloureuse. Dès lors, le rôle des amis est d’être présents sans juger. Un ami n’est pas là pour réparer la blessure causée par la rupture. Il ne doit pas non être dans l’excès et adopter une position paternelle ou maternelle. Il doit mettre des limites. Il doit aussi être capable de dire : « Tu me parles trop de ton ex. Je ne suis pas compétent pour écouter cela. » Si la douleur est trop intense et que les relations amoureuses malheureuses se répètent sans cesse, les phrases de consolation seront une pommade inutile. Dans ce cas-là, le meilleur conseil que vous pouvez donner à quelqu’un qui vient de rompre est de consulter un psychanalyste. Parfois, la douleur d’une rupture peut réveiller la plaie causée par une fracture ouverte depuis l’enfance comme la séparation à la mère. Dès lors, une cure psychanalytique peut permettre de soigner les blessures du passé en travaillant selon la méthode de libre association.

     

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    Séparation : les dix phrases à ne pas dire à quelqu’un qui vient de rompre

     

  • Comment lutter contre la dépression post-rupture ?

    Comment lutter contre la dépression post-rupture ?

    Une histoire de deuil et de sevrage

    « Je te quitte. » Trois mots qui suffisent à plonger leur auteur ou leur destinataire dans un long tunnel. D’après une étude de l’Insee datant de 2015, le nombre de séparations chez les couples âgés de 25 à 45 ans a augmenté entre 1993-1996 et 2009-2012, passant de 155 000 à 253 000 par an en France. En 2013, une personne sur trois avait déjà subi une rupture, et peut-être, l’ouragan émotionnel qui s’ensuit : « C’est un effondrement du système, tous les repères s’effondrent d’un coup », résume Véronique Kohn, psychologue « spécialiste de la relation amoureuse ». D’un point de vue psychique, la rupture s’apparente à un processus de deuil, avec des étapes similaires – déni, tristesse, colère, puis acceptation.

    Mais le chagrin d’amour est aussi une histoire de chimie. L’organisme est forcé d’opérer un véritable sevrage en se passant subitement de l’ocytocine, l’hormone de l’amour et de l’attachement, et de la dopamine, la molécule du plaisir ou « du bonheur ». Le corps est parfois mis à rude épreuve pendant ce que Véronique Kohn compare à une désintoxication : sueurs froides, crises d’angoisse, insomnies, manque d’appétit, voire insuffisance cardiaque aiguë si l’on souffre du syndrome de Takotsubo, également surnommé « syndrome des cœurs brisés ».

    Trouver des ressources

    Simon, 30 ans, a subi certains de ces symptômes il y a dix ans, pendant un échange universitaire en Argentine. Un week-end de retrouvailles, sa copine fait tomber le couperet, s’étant entichée d’un autre garçon. L’étudiant est en état de choc, il ne s’y attendait pas. Puis il se retrouve seul dans un pays dont il maîtrise encore à peine la langue. « Je me sentais vraiment au bout du monde, rejoue Simon, qui a passé plusieurs mois enfermé dans sa chambre, à ruminer. Je pleurais tous les soirs, je n’avais d’intérêt pour rien… j’avais l’impression que ma vie était foutue. »

    Un discours que Valérie Kohn entend régulièrement lors des consultations individuelles ou des groupes de parole qu’elle organise. « Il faut veiller à ne pas s’isoler, car on reste avec des pensées envahissantes et on les alimente. Ce qui aggrave notre cas et nous enfonce », prévient la psychologue. Au bout de trois mois, aidé par un ami, Simon se met finalement « un coup de pied au cul », déterminé à ne pas gâcher son séjour universitaire tant attendu. « Une sorte de révolte contre moi-même alors que je n’avais aucune énergie », confie-t-il. Le jeune garçon se plonge dans diverses occupations – sorties, cours, club de foot, excursions à travers le pays. « J’ai commencé à mieux m’intégrer, à découvrir la ville et à rencontrer d’autres gens. Finalement, la rupture a été décisive pour que je me débrouille seul. Je me sentais plus libre. Et j’ai fini par rencontrer quelqu’un d’autre », raconte Simon.

    Les moyens trouvés pour aller de l’avant sont nombreux. Julien, quitté quelques mois avant son mariage, s’est débarrassé de toutes les affaires de son ex, puis a déménagé dans une autre ville. Emilie a taillé la route et a ouvert un blog de voyage. Vincent s’est lancé dans la fabrication de meubles. Lucie a démarré la salsa. Amélie, l’écriture. Certains se réconfortent avec les podcasts S’aimer comme on se quitte de Lorraine de Foucher ou Chagrins d’amour de Marie Gouillier.

    Renverser la vapeur

    « Si on fait un vrai travail d’introspection et qu’on questionne sa part de responsabilité, la rupture est une expérience intéressante à traverser. On peut en tirer profit », assure Véronique Kohn, qui voit la rupture comme une « crise évolutive ». En 2014, l’artiste Allison L. Wade a transformé en œuvres d’art des textos de rupture dans son exposition It’s not you (Ce n’est pas toi) présentée à New York. Des chanteuses comme Shakira ou Miley Cyrus ont également tiré parti de leurs déceptions amoureuses. Le titre « Music sessions, Vol. 53 » de la Colombienne, destiné à son ex-mari, est devenu la chanson la plus écoutée de Spotify au moment de sa sortie en janvier 2023. Le morceau « Flowers », lui, a rapporté un Grammy à son interprète américaine. Si Simon n’a pas remporté de prix, il est tout de même sorti gagnant de sa rupture. « Ça a ouvert la porte vers un nouveau chapitre très différent de ma vie. Je ne regrette rien », conclut celui qui est désormais père de famille et heureux en couple. Preuve que la fin d’une ère marque toujours le début d’une autre.

     

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    Comment lutter contre la dépression post-rupture ?

     

  • Les douleurs médicales, marqueurs d’étapes dans la vie d’une femme

    Les douleurs médicales, marqueurs d’étapes dans la vie d’une femme

    Quand Agnès* a lu, impuissante, les résultats négatifs de son bilan de fertilité, après une échographie endopelvienne douloureuse, elle aurait souhaité recevoir une parole rassurante, au mieux bienveillante, de la part du médecin chargé de son suivi. Dans une pièce peu familière de l’hôpital Tenon, éclairée au néon en plein hiver, le soignant a préféré appeler trois internes du service pour leur montrer l’ampleur de la catastrophe. En insistant auprès d’eux sur la responsabilité de l’âge de la patiente, 35 ans à l’époque. « J’avais l’impression qu’il me disait : “Mais à quoi elle s’attendait à son âge ?” », explique Agnès, humiliée. Après avoir ravalé ses larmes à la sortie de l’hôpital, elle s’est ravisée : ce n’est pas la première fois qu’elle subissait des violences verbales et physiques dans un contexte médical, et surtout gynécologique. Comme elle, des milliers de femmes dénoncent la prise en charge de leur santé sexuelle par le corps soignant, pas toujours formé à ces questions. Au cours de sa vie, 1 femme sur 5 a été victime de violences gynécologiques et obstétricales et 6 % ont vécu de la violence verbale, selon un rapport du HCE.

    Des violences étudiées sérieusement

    Au-delà des violences perpétrées volontairement ou involontairement, les douleurs médicales jalonnent les étapes de la vie d’une femme. Durant un parcours d’assistance médicale à la procréation, tout au long de la grossesse (y compris en cas d’IVG), lors de l’accouchement et le post-partum, dans des consultations en cabinet libéral ou en établissement de santé. Le cancer du sein est l’un des exemples les plus parlants : 43 % des femmes touchées par la maladie estiment que la mammographie est douloureuse. Une peur de la douleur qui est souvent un obstacle au dépistage. Des alternatives existent cependant. Une étude néerlandaise publiée dans la Revue Radiology a montré que l’échographie seule peut diagnostiquer efficacement les affections mammaires focales chez une grande majorité de femmes. La pose du stérilet, dont la douleur est très variable selon les femmes, fait aussi l’objet d’interrogations au sein du milieu gynécologique.

    Au Danemark, la pose de DIU (ou stérilet) est systématiquement faite sous anesthésie locale avec prescription au préalable de décontractants et d’antidouleurs. « Nous savons que la pince de Pozzi, instrument utilisé pour poser le stérilet, est également réputée pour ne pas être agréable, voire douloureuse. Le recours à cet instrument n’est pas obligatoire », assure Anne Evrard, responsable du Collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane). Là aussi, l’appréhension de la douleur peut décourager les femmes. 18 % d’entre elles se détournent du stérilet (DIU) comme méthode de contraception par peur de la douleur. Le Carevix, dispositif médical innovant, alternative moins agressive à l’utilisation d’un forceps cervical, est une option atraumatique au stérilet. Par une technique de succion pour adhérer au col de l’utérus, il élimine les douleurs et les saignements inutiles. Les résultats préliminaires de l’étude ADVANCE Women réalisée en Suisse ont montré une réduction significative de la douleur et des saignements lors de la pose d’un stérilet (DIU) avec Carevix.

    Des douleurs minorées

    Au moment de l’accouchement, là aussi, la douleur est très souvent banalisée par l’ensemble de la société, ne permettant aucune évolution des pratiques. À l’image de l’épisiotomie, qui consiste à inciser le périnée au cours de l’accouchement pour faciliter la sortie du bébé. Le Ciane notait pour la période 2010-2013 que 47 % d’épisiotomie étaient réalisées pour un premier enfant, dont 85 % sans consentement demandé. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) relève qu’un « taux supérieur à 20 % relève d’une déformation culturelle ». Depuis, ce taux est en baisse, grâce aux recommandations qui émergent dans le corps médical.

    Pour les femmes qui souffrent de douleurs chroniques, comme l’endométriose, les consultations avec des professionnels peu formés à la question des douleurs utéro-vaginales peuvent vite prendre la tournure d’un échange conflictuel. « Quand j’explique mon long parcours médical et que je pose des mots techniques sur mon endométriose, je vois que ça agace les médecins, qui se sentent probablement remis en question. Pourquoi un tel rapport de force entre soignant et soigné ? », se désole Agnès. « Certains médecins français peuvent être très dogmatiques, ne s’intéressant pas nécessairement aux autres méthodes exercées ailleurs dans le monde », complète Laure*, souffrant de douleurs vulvaires.

    Des violences que l’on ne tait plus

    Longtemps tues, les douleurs médicales et violences gynécologiques s’expriment désormais au grand jour. Tout commence en novembre 2014, quand le hashtag #PayeTonUtérus fait émerger plus de 7 000 témoignages de femmes en 24 heures dénonçant des propos porteurs d’injonction sur leur physique ou leur volonté ou non d’avoir un enfant, des examens vaginaux brutaux ou pratiqués sans leur consentement, jusqu’à des violences sexuelles. Un an plus tard, des documents de la Faculté de médecine de l’Université Lyon-Sud révèlent qu’il est attendu, dans le cadre de leur formation, que les étudiants pratiquent des touchers vaginaux sur des patientes endormies, donc sans leur consentement. Le terme de « violences gynécologiques et obstétricales » éclôt alors, mobilisé depuis près d’une vingtaine d’années en Amérique latine – où plusieurs pays l’ont inscrit dans la loi – et dans le monde anglo-saxon. Les conséquences des douleurs et violences gynécologiques sont encore peu documentées. Dans les cas les plus significatifs, elles peuvent être source de stress post-traumatique après un accouchement, dont les conséquences peuvent être importantes : renoncement aux soins, peur ou refus de grossesses ultérieures, sentiment de culpabilité, vie sexuelle en berne, perte d’estime et de confiance en soi.

     

    *Le prénom a été modifié

    Le bilan de fertilité désigne l’ensemble des examens qui permettent au médecin d’établir un diagnostic de la fertilité d’un couple afin de leur indiquer la prise en charge la plus adaptée. Chez la femme, ces examens peuvent être nombreux et varient selon le profil des patientes.

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  • Douleurs des femmes : l’éveil du corps médical

    Douleurs des femmes : l’éveil du corps médical

    Concrètement, quelles douleurs peuvent ressentir les femmes lors d’un examen gynécologique ?

    Camille Le Ray : Lors de l’examen gynécologique, le soignant est amené à réaliser des procédés intrusifs potentiellement douloureux pour les patientes (introduction d’une sonde pour une échographie endo pelvienne, un spéculum pour les frottis…). Pour les patientes qui souffrent déjà de douleurs chroniques comme l’endométriose, l’examen ou la palpation mammaire peuvent exacerber la douleur déjà présente, qu’elle soit abdominale, vaginale ou vulvaire. Ce qui est compliqué pour nous, c’est qu’on nous apprend à appuyer là où ça fait mal, au moins pour comprendre l’origine de la douleur. Mais la volonté de se former à le faire de la meilleure manière possible dépend entièrement de nous. Par exemple, c’est à nous de prendre les précautions quant à la meilleure position à adopter par la patiente (elle peut se sentir mieux en se plaçant sur le côté par exemple), mais aussi la lubrification du matériel…

     

    Quelles autres bonnes pratiques sont appréciées des patientes ?

    C. L R. : Dans un premier temps, informer la patiente de ce qu’on est en train de lui faire, lui demander son consentement, vérifier si elle est prête est absolument essentiel. Dans mes consultations, quand je vois que la patiente a beaucoup d’appréhension, je lui propose d’introduire le spéculum elle-même. Ça fonctionne très bien. De même dans le cas d’une échographie endovaginale, où une grande sonde assez longue peut être introduite directement par la patiente. Par ailleurs, il est bon de savoir qu’il y a un certain nombre de situations où il n’est pas nécessaire de faire un examen vaginal.

    Vous avez fait de la grossesse et de l’accouchement votre spécialité. Peut-on vraiment éviter la douleur dans ces moments-là ?

    C. L R. : C’est indéniable, un accouchement sera douloureux, peu importe la qualité de l’équipe médicale qui accompagne la future mère. Mais les douleurs liées à l’expulsion de l’enfant peuvent aussi être liées aux gestes employés par les soignants. Par exemple, l’épisiotomie n’est pas toujours obligatoire, et elle requiert le consentement de la femme. En France, on est les champions du monde de la péridurale (80 % des femmes la pratiquent), mais elle ne garantit pas la disparition de la douleur, qui doit à tout prix être évaluée par la sage-femme tout au long du travail. Sa présence humaine, sa bienveillance et son support permettent vraiment d’améliorer le vécu de la future maman.

    Beaucoup de femmes plaident pour la reconnaissance de violences verbales, qui peuvent être tout aussi marquantes que les douleurs physiques lors d’un examen.

    C. L R. : Dans les compétences d’un gynécologue, il y a bien entendu le savoir-faire, mais on oublie peut-être de rappeler l’importance du savoir-être. Ce qui revient beaucoup dans les témoignages des femmes, c’est la violence verbale qu’elles subissent à plusieurs moments de leur vie (accouchement, bilan fertilité, IVG, PMA…). La culpabilisation de l’âge des patientes qui souhaitent devenir mères par exemple est une trop mauvaise habitude des soignants. Si c’est une réalité médicale, il faut réussir à expliquer aux patientes les faits sans les accabler. Sans tout édulcorer, il nous incombe de choisir les bons mots et d’employer le bon ton. C’est probablement la même chose pour les hommes : quand ils vont chez l’urologue pour un toucher rectal, certaines questions ou certains gestes peuvent être déplacés. Un certain nombre d’hommes n’y vont pas par appréhension, ce qui enraye la prévention.

    De plus en plus de femmes se tournent vers les sages-femmes, qui bénéficient d’une meilleure réputation que les gynécologues… Qu’en pensez-vous ?

    C. L R. : La profession de sage-femme a moins été éclaboussée par les scandales des violences obstétricales. Par ailleurs, elles font très bien leur travail, il ne doit pas y avoir de conflit entre nos professions, car il y a du travail pour tout le monde. Au contraire, on travaille ensemble pour améliorer la prise en charge des femmes. J’encadre en ce moment une thèse en santé publique écrite par une sage-femme sur les soins non appropriés durant l’accouchement. En réalité, il n’y a pas de frontières. Ceux qui veulent nous monter les uns contre les autres ont tout faux !

    Avez-vous la sensation que les choses bougent dans le corps médical ?

    C. L R. : Les scandales obstétricaux ont, il faut le dire, été un mal pour un bien. La libération de la parole des femmes a permis de faire avancer les choses. Face à ces violences, il y a deux façons de réagir : soit on tombe dans le corporatisme, et on n’avance pas, soit on reconnaît les mauvais comportements, et on envisage d’évaluer dans nos pratiques. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a établi une liste de recommandations qui posent les questions suivantes : dans quelles situations les examens pelviens sont-ils strictement nécessaires ? Comment faire pour que ces examens pelviens soient le moins douloureux ? Quelles positions proposer aux patientes ? Comment utiliser des lubrifiants ? Les choses bougent. Sûrement pas aussi vite que ce que voudraient les femmes, mais la pratique évolue. C’est la raison pour laquelle je me suis centrée sur la formation auprès des jeunes médecins, car l’espoir repose sur eux.

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  • Changement climatique : quels impacts sur les allergies ?

    Changement climatique : quels impacts sur les allergies ?

    Comment a évolué le nombre de personnes allergiques en France ces dernières années ?

    Sébastien Lefèvre : Nous constatons que les cas d’allergie ont énormément augmenté depuis plusieurs décennies. En 1962, lors de l’établissement d’un premier rapport national sur les allergies, il a été noté que 3 % des Français étaient touchés par des allergies. Ce chiffre grimpe à 30 % actuellement, d’après le livre L’Homme malade de son environnement1. Les causes environnementales expliquent la forte augmentation de ce nombre. Les allergies actuelles témoignent clairement d’une désadaptation de l’homme à son environnement.

    Comment expliquez-vous que les cas d’allergies aient explosé à ce point ?

    S. L. : C’est une accumulation de phénomènes. À cause du dérèglement climatique, les périodes pendant lesquelles les pollens flottent dans l’air débutent plus précocement et sont plus longues. De plus, il y a moins de pluies qui plaquent les pollens au sol. Plutôt que de parler de « changement climatique », je préfère utiliser le terme de « dérèglement climatique ». Ce dérèglement global se constate au fil des années dans l’ensemble de la France avec des périodes saisonnières changeantes : les hivers sont plus doux et les printemps commencent plus tôt notamment. Les végétaux éprouvent du stress à cause de ce dérèglement et sécrètent davantage de protéines de défense qui sont contenues dans les pollens. Les noisetiers par exemple commencent leur pollinisation dès la fin de l’année, alors qu’il y a dix ans, ce n’était pas avant en février.

    La pollution de l’air joue-t-elle également un rôle dans l’augmentation des allergies ?

    S. L. : La pollution de l’air influence doublement les situations allergiques. D’une part, les particules fines qu’on trouve dans l’air pollué vont obstruer les voies respiratoires, nez et bronches, et les fragiliser. D’autre part, ces mêmes particules fines vont rentrer en collision avec les pollens et les faire exploser dans l’air, avant qu’ils ne touchent le sol. Les pollens libèrent alors leurs protéines allergisantes.

    Les allergies sont-elles les mêmes selon les différentes régions françaises ?

    S. L. : Les allergies les plus fréquentes, c’est-à-dire les rhinites/conjonctivites et l’asthme, concernent toutes les régions françaises, mais elles ne sont pas provoquées par les mêmes végétaux et aux mêmes périodes. Dans la partie nord de la France, les pollens proviennent des noisetiers, des aulnes et des bouleaux durant la période allant de fin décembre à avril, puis il y a les pollens de graminées entre avril et mi-juillet. Dans la partie sud de la France, ce sont les cyprès qui génèrent des pollens, en novembre et décembre. Dans la vallée du Rhône et la région lyonnaise, il y a également l’ambroisie, une plante fortement allergisante, durant les mois de juillet et août. Nous constatons d’ailleurs que ces zones évoluent : les arbres et les plantes se « déplacent ». Au fil des années, les cyprès et l’ambroisie remontent progressivement vers le Nord. Le dérèglement climatique fait évoluer la végétation en France depuis plusieurs décennies, car ces espèces ne poussaient pas du tout dans certaines régions à cause d’un climat plus froid.

    Les allergies sont-elles dangereuses ?

    S. L. : Avec les rhinites/conjonctivites, il n’y a pas de danger vital, mais comme les durées des symptômes s’allongent, les traitements sont plus longs, que ce soient par antihistaminiques, sprays nasaux ou collyres oculaires. Les rhinites/conjonctivites provoquent surtout des effets indésirables qui peuvent gâcher la vie de tous les jours et empêcher d’aller travailler. Par contre, l’asthme est encore mortel en France, avec 1000 à 2000 décès chaque année. Ce chiffre stagne alors qu’il devrait baisser, car l’asthme est une maladie chronique que nous savons très bien traiter aujourd’hui. Mais, lors de pics polliniques, certains asthmatiques font des crises aiguës qui se révèlent mortelles.

    Quels coûts représentent les allergies en France ?

    S. L. : Les rhinites/conjonctivites légères représentent un coût de 13 millions d’euros par an en France, car elles génèrent une baisse de la productivité au travail et de l’absentéisme. Pour les rhinites sévères liées aux pollens d’ambroisie, le coût monte à 40 millions d’euros par an. Enfin, le coût de l’asthme est considérable pour la société : 900 millions d’euros sont dépensés chaque année en hospitalisation en France. Avec évidemment un coût humain, car il y a beaucoup de décès.

    La France est-elle suffisamment dotée en médecins allergologues ?

    S. L. : Malheureusement, non. Comme il y a de plus en plus de patients, il devient de plus en plus difficile pour eux d’obtenir un rendez-vous. Aujourd’hui, il faut compter neuf mois de délai pour voir un allergologue. Il y a actuellement 800 allergologues en France. Un chiffre qui monte à 1200 praticiens si nous ajoutons les autres spécialistes, généralistes et pédiatres formés à l’allergologie. Mais c’est trop peu : 35 nouveaux allergologues sont formés chaque année, il en faudrait 80 !

    Comment voyez-vous évoluer la situation des allergies en France ?

    S. L. : Je ne suis que spectateur de la situation… et plutôt fataliste. Les pouvoirs publics n’ont pas pris la pleine mesure des changements de l’environnement. Les rapports du GIEC2 devraient être suivis de décisions plus concrètes. En soignant les patients, nous traitons les conséquences du dérèglement climatique et de la pollution de l’air, mais pas les causes.

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    1 L’homme malade de son environnement de Michel Aubier, professeur de pneumologie à l’Université Denis Diderot – Paris VII et chef de service de pneumologie A de l’Hôpital Bichat à Paris.

    2 GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

  • Dépression post-partum : comment se faire aider et pourquoi ?


    Dépression post-partum : comment se faire aider et pourquoi ?


    « J’avais accouché quelques semaines auparavant, mais entre la découverte de la maternité, le tourbillon des visites et le manque de sommeil, je n’avais pas eu le temps de me poser. Quand je me suis retrouvée seule et un peu plus au calme, j’ai réalisé que ce que je pensais être un simple baby blues passager dû à une chute d’hormones était plus profond : la tristesse me collait littéralement à la peau et je n’arrivais pas à en sortir. » Rosie, 33 ans, a accouché de son premier bébé, une petite fille. Après avoir essayé de faire face seule à ce qu’elle n’arrivait pas encore à nommer, elle s’est décidée à parler à une doula qu’une amie lui avait conseillée. Après plusieurs semaines de suivi avec Christelle Saguon, elle commence à s’en sortir et arrive enfin à mettre des mots sur ce qui lui est arrivé.

    Savoir repérer et anticiper les symptômes

    Manque d’énergie, difficultés à s’occuper de son bébé, perte de plaisir, profonde tristesse sans raison apparente, pensées négatives et difficultés à dormir sont autant de signes avant-coureurs du post-partum. Si cette dépression peut s’expliquer en partie par des causes physiologiques, elle peut aussi être déclenchée par les énormes changements de vie provoqués par l’arrivée du bébé. Il faut absolument la traiter sous peine de voir les symptômes s’aggraver, puisque le suicide serait la deuxième cause de mortalité post-partum : tous les mois, une femme se suicide au cours de la première année de vie de son bébé. D’où la nécessité que l’entourage soit vigilant et attentif : il ne faut jamais minimiser la souffrance d’une jeune mère.
Une fois le diagnostic posé, il faut ensuite trouver un espace de parole bienveillant pour pouvoir verbaliser et apaiser les angoisses. La prise en charge est nécessaire, car si les symptômes peuvent s’apaiser, ils ne disparaissent pas.

    Vers qui se tourner et quand ?

    Généralement, il faut une petite année pour que tout aille bien. « Les femmes qui souffrent de dépression post-partum peuvent se tourner vers plusieurs professionnels de santé, comme les doulas, les sages-femmes, leur médecin traitant, le centre de PMI le plus proche ou encore un ou une psychologue. Mais on peut aussi avoir envie d’en parler avec d’autres jeunes parents, par exemple dans un lieux d’accueil parent-enfant», témoigne Christelle Saguon, doula qui a suivi Rosie et qui accompagne des femmes du projet de naissance au post-partum. « Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que beaucoup de choses se jouent bien avant l’accouchement. S’informer en amont pour mieux se préparer à la parentalité aide à vivre ce moment de bouleversements profonds et intimes qu’est l’arrivée d’un enfant, et cela suffit parfois pour éviter une dépression post-partum », continue-t-elle. Accepter que l’accouchement ne se passe pas toujours comme prévu dans le projet de naissance, que les suites de couche nécessitent un temps d’adaptation, que le lien avec le bébé ne se fait pas forcément immédiatement, qu’il faut réorganiser sa vie entièrement, sont autant de choses auxquelles il faut réfléchir.

    Des dispositifs d’accompagnement divers

    Plusieurs dispositifs d’accompagnement existent : les femmes désireuses d’en parler peuvent faire le point sur ce qu’elles ressentent pendant les deux entretiens prévus par l’Assurance Maladie (entretien prénatal précoce du quatrième mois et entretien post-natal précoce entre la quatrième et la huitième semaine après l’accouchement). 
Il est fortement recommandé de participer aux séances de préparation à la naissance et à la parentalité, même si on a déjà eu un enfant. La communication au sein du couple aussi est primordiale, notamment sur la nouvelle organisation du quotidien. Se dire ce qu’on peut accepter et ce qu’on ne peut pas, quand sa propre limite est atteinte, ne pas hésiter à demander de l’aide sont des clés pour éviter l’installation de la dépression. Enfin, s’informer sur les besoins d’un nouveau-né, son sommeil et ses pleurs, afin de mieux savoir comment y répondre. « Je n’arrivais pas à accepter que ma fille pleure et que je ne puisse pas immédiatement trouver ce qui la dérangeait. J’ai appris grâce à ma doula que les pleurs étaient aussi le seul moyen de communication des nouveau-nés, et que tout ne pouvait pas entièrement dépendre de moi, que mon conjoint aussi pouvait prendre le relais et s’en occuper, parfois même aussi bien ! », ajoute Rosie.
L’arrivée d’un bébé, ce sont des moments magiques, mais pas uniquement, et pour mieux les vivre, y penser avant et en parler à son conjoint sont importants. « Il faut savoir que la dépression post-partum a un impact sur la qualité de vie de la personne qui en souffre, et souvent aussi sur sa relation de couple. Il ne faut pas laisser traîner, d’autant plus que soignés, les symptômes peuvent s’éloigner très vite : en quelques jours à quelques semaines ! », conclut Christelle.

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    Allo parents bébé au 0 800 00 34 56 – Du lundi au vendredi de 10h à 13H et de 14h à 18h. Des professionnels de la petite enfance sont à votre écoute. Numéro vert national anonyme et gratuit créé par l’association Enfance et Partage.

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  • Notre capacité d’attention est-elle en déclin ?

    Notre capacité d’attention est-elle en déclin ?

    Dès 2015, une étude de Microsoft s’inquiétait de la chute de notre capacité d’attention, passée de 12 à 8 secondes depuis l’an 2000. Dit comme ça, rien de bien concret. Ce qu’il faut plutôt retenir c’est que ce temps de concentration serait inférieur d’une seconde à celle du poisson rouge, comme le souligne en 2019, Bruno Patino dans La Civilisation du poisson rouge. Notre ami à branchies a beau être l’un des animaux préférés des Français, la comparaison est peu flatteuse.

    « Ce qui compte, ce n’est plus de ne manquer de rien, mais de ne rien manquer »

    À quoi est due cette dégringolade ? L’abus général de technologie, le flux constant de suggestions, de notifications, de messages et autres images est souvent mis en cause. Si l’augmentation du nombre de chaînes de télévision a commencé le travail, la multiplication des usages numériques dans nos vies – à savoir Internet, smartphones et réseaux sociaux dont nous sommes tous consommateurs – s’est chargée du reste. Plus simplement : l’attention s’est dégradée à mesure que l’offre digitale et culturelle a augmenté. Dans son livre La Magie de la concentration, publié en 2020, le chercheur au Centre de recherche en neurosciences de Lyon, Jean-Philippe Lachaux aboutit à la même conclusion : « Face à une diversité hallucinante de sources d’information et de distraction, et de choses “à faire”, notre cerveau s’organise pour couvrir le maximum de terrain possible et maximiser “le gain”, comme un glouton découvrant les vingt buffets gratuits d’un navire de croisière, écrit-il. Il s’en met plein la bouche pour ne rien rater, et tant pis si les sushis viennent se mélanger au bœuf bourguignon. Ce qui compte, ce n’est plus de ne manquer de rien, mais de ne rien manquer. » Le chercheur compare alors l’attention à une fourchette, servant à avaler tout ce contenu. Mais, sursollicité, le couvert pourrait finir par se casser.

    Dans une interview pour 20 minutes, en 2021, le même chercheur indiquait que pour traiter des contenus numériques, le système cérébral réquisitionné fonctionne comme celui des drogues dures : le circuit de la récompense. « Quand les choses se prolongent et sont monotones, elles ne le stimulent pas assez », précise-t-il au média. Dans son ouvrage, le chercheur est formel : « Oui, nous vivons bien une crise de l’attention. » Pour ce qui est des symptômes, on observe souvent les mêmes : le zapping, la surcharge mentale, la sensation de pression permanente ou encore l’impression de rester à la surface des choses, de ne pas être là. Les adolescents possèdent même un acronyme utilisé principalement sur les réseaux sociaux ou sur les forums et illustrant un faible niveau d’attention : TLTP, répondent-ils lorsqu’un message dépasse trois lignes. Ce qui signifie : « Trop long, pas lu ».

    L’attention comme une disponibilité, une écoute

    Pour Jean-Philippe Lachaux, le risque d’un tel déclin est de voir apparaître dans cinquante ans, une société « complètement dépressive », car « coupée de satisfactions profondes ». Une projection que la journaliste italienne Lisa Iotti, auteure du livre 8 secondes. Voyage dans l’ère de la distraction, partage : « On se retrouverait à accumuler des millions de données sans savoir les trier correctement et les assimiler. La connaissance, ce n’est pas accumuler des données, mais être capable de les filtrer. Savoir distinguer ce qui est juste, ce qui est important, de ce qui ne l’est pas. » Comme la philosophe française Simone Weil, Lisa Iotti considère l’attention comme une disponibilité, une écoute. Sans elle, comprendre foncièrement l’autre – sa souffrance, son bonheur – relèvera du défi. « On ne pourra plus vibrer les uns avec les autres », déplore-t-elle.

    Heureusement, Bruce Morton, chercheur au Brain & Mind Institute de l’Université de Western Ontario, est plus optimiste. Selon lui, notre cerveau ne serait pas en régression, mais simplement en train de s’adapter au nouveau contexte dans lequel il vit. Qui vivra, verra. D’ici là, « il est devenu urgent d’éduquer l’attention, renchérit Jean-Philippe Lachaux dans son ouvrage. C’est un enjeu majeur de santé publique, tout simplement. » Pour le chercheur, éduquer l’attention signifie « faire comprendre aux plus jeunes, mais aussi à leurs aînés, ce qu’est l’attention, comment elle fonctionne, quels en sont les mécanismes et comment l’apprivoiser, comment jouer avec elle, et surtout, comment la maîtriser ». Pour cela, il a créé le projet ATOLE (Attentif à l’école) afin de former des professeurs qui à leur tour, amélioreront l’attention de leurs élèves.

    Prévenir, c’est bien. Mais peut-on guérir ? Selon la neuroscientifique Amishi Jha, professeure à l’université de Miami qui, depuis une vingtaine d’années, étudie les mécanismes de l’attention, tout est question d’entraînement. Elle suggère d’effectuer quatre exercices – d’au moins 12 minutes – par jour, cinq jours par semaine, pendant quatre semaines. Au menu : la « respiration concentrée », le « scan du corps », l’observation dite « ouverte » et enfin, un exercice d’empathie. « Nous avons découvert qu’en pratiquant ces exercices quotidiennement, même lors d’une période de stress élevée, les capacités attentionnelles ne se dégradaient pas et pouvaient chez certains s’améliorer », a-t-elle déclaré en 2022, à Santé Magazine. Tout n’est donc pas perdu.