Catégorie : À ma santé !

  • Ces fruits et légumes qui vous veulent du bien

    Ces fruits et légumes qui vous veulent du bien

    Sans exception, tous les fruits et légumes regorgent d’innombrables bienfaits pour l’organisme comme pour le bien-être (réduction du stress, de la fatigue, aide au sommeil, etc.). Diététicienne nutritionniste, Charline Wirth nous a concocté une petite sélection d’un fruit ou légume local par saison et en explique les vertus.

    Hiver : le chou-fleur, riche en vitamine C et magnésium

    Lorsque la période de grand froid s’installe, le chou-fleur devient l’un des aliments essentiels à consommer. « Il est extrêmement riche en vitamine C et en antioxydant. En hiver, on reçoit moins de luminosité et d’énergie. Il est alors important de compenser en apportant des micronutriments protecteurs comme les vitamines », note Charline Wirth. Le chou-fleur est finalement une bonne alternative aux crudités, qui se consomment plutôt en été. Par ailleurs, son apport en potassium et en magnésium a « un impact sur le système nerveux, mais aussi sur notre état de fatigue et notre sommeil », précise la nutritionniste. Connu pour ses capacités à diminuer le stress et l’anxiété, le magnésium a en effet un rôle clé dans l’équilibre émotionnel et psychique. N’oublions pas de préciser que le chou-fleur est aussi source de choline, un nutriment essentiel pour l’humeur, la mémoire et le développement du cerveau. Riches en soufre, les légumes crucifères favorisent la santé de l’intestin et soutiennent ainsi le système immunitaire. « Par son apport en fibre, il réduit les risques de cancers gastro-intestinaux, de constipation et de maladies cardiovasculaires », ajoute Charline Wirth.

    Comment consommer le chou-fleur ?

    Cru de préférence. Par exemple, en dips à tremper dans une sauce yaourt pour l’apéritif. Ces dernières années, le chou-fleur a par ailleurs acquis une renommée culinaire en étant préparé sous forme de steaks ou utilisé comme alternative au riz ou à la semoule pour en faire un taboulé

    Printemps : l’artichaut, l’ami du foie

    Désormais trop souvent oublié de nos habitudes culinaires, l’artichaut est pourtant un légume idéal pour retrouver sa vitalité et son énergie. « Grâce à ses propriétés cholérétiques et cholagogues, l’artichaut soutient l’activité et favorise le bon fonctionnement du foie. Il est recommandé à cette période de l’année où le foie est affaibli après une consommation plus importante de protéines animales et de fromage en hiver, explique Charline Wirth. Son effet prébiotique permet aussi de booster le système immunitaire. » Riche en antioxydant, ce légume fleur printanier stimule par ailleurs le drainage de l’organisme et favorise l’élimination de l’eau. On le connaît aussi pour sa teneur en calcium, un minéral présent principalement dans les produits laitiers et essentiel à une bonne santé des os et au bon fonctionnement des muscles. Enfin, l’artichaut contient du brome. Derrière ce nom barbare se cache un composant chimique ayant un effet sédatif sur le système nerveux qui faciliterait ainsi le sommeil des personnes anxieuses.

    Comment consommer l’artichaut ?

    Il se mange aussi bien cru que cuit. Une idée ? Des artichauts violets snackés à la poêle avec un peu d’huile d’olive, ou à la vapeur. On peut également boire l’eau de cuisson pour récupérer quelques minéraux. L’artichaut est aussi parfois consommé en tisane.

    Été : les fruits rouges, puissants antioxydants

    Les fruits rouges sont les incontournables de notre alimentation en été et ne manquent pas d’atouts nutritionnels. Excellentes sources de vitamines A, E et C, ils sont connus pour être de puissants antioxydants et font partie des 20 végétaux qui en contiennent le plus. « Leur richesse en antioxydants va compenser les effets délétères du stress », complète la diététicienne. Grâce à leur importante teneur en vitamine C, les fruits rouges soutiennent les défenses immunitaires, aident à lutter contre les coups de fatigue et contre le vieillissement prématuré des cellules. Le grand gagnant des fruits riches en vitamine C ? Le cassis, qui en contient plus de trois fois plus que l’orange. Petite mention pour le bleuet qui contient des flavonoïdes, excellents pour la santé du cerveau et pour diminuer l’anxiété. La cerise, quant à elle, est riche en quercétine antioxydante qui aide à se détendre.

    Les fruits rouges sont également des boosters de mélatonine, celle que l’on appelle « hormone du sommeil », synthétisée par le cerveau. Gorgés en anthocyanes, ces fruits d’été « renforcent la paroi des vaisseaux sanguins et améliorent la fluidité du sang. Ce qui a pour conséquence de diminuer les risques de maladies cardiovasculaires », précise Charline Wirth.

    Comment consommer les fruits rouges ?

    Crus, frais ou surgelés en sorbet pour bénéficier de tous les effets positifs.

    Automne : le panais, source de fibres prébiotiques

    Connu comme l’un des plus anciens légumes, le panais revient de plus en plus sur nos étals. Et pour cause : sa grande richesse en fibres offre un sentiment de satiété et participe au bon fonctionnement du transit. « Excellente source de fibres prébiotiques et solubles, le panais prévient les risques de maladies cardiovasculaires. Il a également un impact positif sur le moral à cette période de l’année où les journées raccourcissent et où les températures et la luminosité diminuent », souligne la nutritionniste. Ce légume racine est connu pour sa forte teneur en vitamine B9, qui aide à lutter contre la fatigue et participe au renforcement du système immunitaire. Il contient également du magnésium, nutriment qui a un rôle clé sur la diminution de l’anxiété et sur le sommeil par ses propriétés relaxantes. « Sa richesse en potassium tamponne l’acidification de l’organisme, une conséquence du stress », complète Charline Wirth.

    Comment consommer le panais ?

    En gratin, purée ou velouté. Le panais est le remplaçant idéal de la pomme de terre. Précision : le consommer cru est indigeste et irritant pour les intestins.

  • La solitude est-elle un danger pour la santé ?

    La solitude est-elle un danger pour la santé ?

    L’isolement social et la solitude, deux notions différentes aux conséquences similaires et “graves pour la santé et le bien-être” selon l’OMS qui a lancé une alerte fin 2023. « L’isolement social, à savoir une insuffisance de relations sociales, et la solitude, c’est-à-dire la douleur sociale liée au fait de ne pas se sentir en lien avec autrui, sont très répandus. » D’après les chiffres, le sentiment de solitude, qui peut survenir même lorsqu’on est entouré, concerne près d’un quart de la population adulte mondiale et 5 à 15 % des adolescents.

    Des conséquences sous-estimées

    Pourtant, ni l’un ni l’autre ne sont considérés comme une maladie, et leurs conséquences communes sur la santé sont souvent sous-estimées. Notamment leur lien avec l’apparition de nombreux troubles, tels que l’anxiété, la dépression et la démence, qui peuvent mener jusqu’au suicide et « augmenter de 30 % le risque de maladie cardiovasculaire ». Selon plusieurs études citées par l’OMS, « le manque de liens sociaux entraîne un risque de décès précoce équivalent, voire supérieur, à d’autres facteurs de risque mieux connus, tels que le tabagisme, l’abus d’alcool, l’inactivité physique, l’obésité et la pollution de l’air ».

    Nicolas Neveux est psychiatre et psychothérapeute, concepteur du site e-psychiatrie.fr et auteur de Pratiquer la thérapie interpersonnelle (Dunod, 2021). Il rappelle que la cause de ces pathologies physiques n’est pas l’isolement en tant que tel, mais la réaction de l’individu : « Généralement, les gens isolés sont moins actifs, ont une moins bonne hygiène de vie, prennent du poids et compensent par exemple en fumant. »

    La solitude en hausse en France

    La France est loin d’être épargnée. Une étude de la Fondation de France parue en 2022 estime que 20 % des adultes, soit 11 millions, souffrent de solitude. Un chiffre en hausse puisqu’ils étaient 18 % en 2020 et 13 % en 2018, selon une étude de l’IFOP pour l’association Astrée, spécialisée dans l’accompagnement des personnes souffrant de solitude. Celle-ci relève que certaines catégories sont plus touchées, dont les adolescents, les célibataires, les actifs en télétravail et les personnes en situation de précarité économique. Dans son Baromètre de la Solitude 2022, l’association SOS Amitié, qui propose un service d’appel et de messagerie d’urgence pour les personnes en souffrance psychologique, souligne que les femmes représentent 60 % des appels reçus.

    Si l’OMS s’attelle aujourd’hui à ce problème, c’est en partie, car la pandémie de Covid-19 et ses longues périodes d’isolement ont été le théâtre de l’explosion du mal-être psychologique. Ghislaine Desseigne, présidente de SOS Amitié, note que « dès le début de la pandémie, les appels à nos services ont connu une hausse de 30 %, qui ne s’est toujours pas résorbée ». Sur 3 300 000 appels en 2022, les 1 800 écoutants ont pu en décrocher 580 000. La solitude est le deuxième motif le plus évoqué, derrière la souffrance psychique. « Avant le Covid, la solitude arrivait en premier. Mais son recul n’est pas une bonne nouvelle, car ce sont désormais ses conséquences, l’anxiété et la dépression, entre autres, qui prédominent », déplore la présidente.

    Recréer du lien social

    Heureusement, ni l’isolement social ni le sentiment de solitude ne sont des fatalités. L’association Astrée accompagne et aide les personnes à faire face, quel que soit leur âge. « Nous les écoutons sans jugement, et essayons de leur redonner confiance en elles pour qu’elles reprennent leurs vies en main en toute autonomie », explique Valérie Darbois, responsable de la coordination. « Souvent, une thérapie est indispensable », commente le Dr Nicolas Neveux, qui utilise les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et la thérapie interpersonnelle (TIP) pour aider ses patients à sortir de l’isolement : « Ces deux techniques sont les plus indiquées, la première aide à supprimer les croyances limitantes, et la seconde permet d’identifier les mécanismes dysfonctionnels dans les relations et d’aider le patient à les corriger. »

    Associations comme médecins le répètent : il faut recréer du lien social. En traitant les conséquences, mais aussi via la prévention. C’est le parti pris d’Astrée, qui propose des campagnes de sensibilisation dans les collèges pour apprendre aux élèves à repérer leurs camarades en difficulté.

    Cette année, 4 420 élèves d’une vingtaine de collèges ont été sensibilisés : « Souvent, ils se portent volontaires pour aider leurs camarades à l’issue de nos séances. C’est par l’éducation que nous allons créer un monde plus bienveillant. » De son côté, l’OMS a annoncé la création d’une commission de trois ans sur le sujet. Sa mission : promouvoir des solutions en faveur du lien social.

  • « La santé mentale est une question qui nous touche tous »

    « La santé mentale est une question qui nous touche tous »

    Qu’entend-on exactement par santé mentale ?

    Stéphane Mouchabac : C’est un déterminant majeur de la santé. Selon la définition de l’OMS, la bonne santé mentale est un « état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive, et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté ». Il faut cependant avoir à l’esprit que la bonne santé mentale va au-delà de la simple absence de troubles mentaux. Elle représente aussi un état optimal de fonctionnement émotionnel, psychologique et social, caractérisé par la capacité à gérer efficacement le stress, à maintenir des relations positives, à prendre des décisions éclairées, à développer des compétences pour résoudre les problèmes et à s’adapter aux changements de la vie. De nombreux facteurs déterminent la santé mentale : ils incluent des aspects socio-économiques, biologiques, environnementaux et notamment les conditions de travail. Cependant, il est possible d’adopter des stratégies et des interventions très variées, économiquement efficaces, pour promouvoir, protéger et rétablir la santé mentale. L’exemple de la dépression est frappant : le handicap qu’elle génère est le plus important parmi toutes les pathologies dans nos sociétés modernes. C’est-à-dire que le coût en années de vie perdues à cause du handicap est supérieur à celui des maladies cardiovasculaires, du diabète ou des cancers !

    Est-ce que les Français sont préoccupés par leur santé mentale ?

    Jean-Victor Blanc : La santé mentale est une question qui nous touche tous. Près de 3 Français sur 10 (29 %) nous confient avoir au moins une fois été atteints de troubles psychiques comme la dépression, les addictions, le burn-out l’anxiété ou les troubles bipolaires, ou encore par des idées suicidaires(1). Plus largement, 47 % de nos concitoyens déclarent avoir dans leur entourage proche (37 %) ou élargi (32 %) une personne ayant déjà été atteinte de troubles psychiques. Au total, plus d’un Français sur deux (53 %) est donc concerné par les troubles psychiques, directement ou par le biais d’un proche.

    Stéphane Mouchabac : Nous pensons que nous sommes préoccupés par nos états mentaux depuis toujours. Mais dans de nombreux cas, les maladies psychiques touchant la santé mentale sont perçues de manière négative, et les individus concernés se longtemps retenus d’en parler. Aujourd’hui, on encourage les personnes à en parler, à consulter, surtout les jeunes.

    Y a-t-il eu une évolution ces dernières années ?

    JVB : Les prises de parole de personnalités publiques et les œuvres culturelles sont indispensables pour sortir des tabous qui entourent encore la santé mentale. C’est quelque chose qui n’existait pas il y a 20 ans, une révolution qui vient de commencer. Lorsqu’une personnalité atteinte de troubles psychiques s’exprime à ce sujet et explique son parcours de rétablissement, c’est une puissante source d’espoir pour toutes les personnes concernées. En prime time sur TF1 en janvier 2022, Stromae n’avait pas hésité à chanter face caméra son titre « L’Enfer », révélant ses idées suicidaires à des millions de téléspectateurs. Cet évènement et le succès du titre ont marqué les Français. Le chanteur est en effet cité en tête des personnalités qui ont le plus contribué à comprendre les problèmes de santé mentale. Malgré cela, la santé mentale est encore un sujet tabou pour 70 % des Français et seulement 36 % d’entre eux osent partager leurs préoccupations concernant leur santé mentale avec leurs proches.

    La santé mentale est devenue un enjeu de société ?

    SM : Cela l’a toujours été ! Sauf que cet aspect prioritaire n’est peut-être pas accepté par tous. C’est une composante essentielle de la santé globale et l’OMS dit bien « qu’il n’y a pas de santé sans santé mentale ». C’est aussi un indicateur de l’état de nos sociétés !

    JVB : Aujourd’hui, ce qui est encourageant c’est qu’on n’a jamais autant parlé de la santé mentale que dans notre société et c’est vrai qu’il y a un vrai facteur générationnel autour des moins de 30, 35 ou 40 ans, qui parlent beaucoup plus librement du sujet. Finalement, la santé mentale devient un enjeu de société comme peuvent l’être l’écologie ou les questions de genre, de féminisme. On voit que ça concerne beaucoup de monde et que beaucoup de monde a quelque chose à dire sur le sujet. La conséquence de tout cela est qu’aujourd’hui, 88 % des Français estiment ainsi que la santé mentale n’est pas moins importante que la santé physique, 86 % jugent que la dépression est une maladie et 73 % que les problèmes de santé mentale ne sont pas une manière d’attirer l’attention, mais de véritables troubles.

    Comment les outils numériques peuvent être utilisés au service de la santé mentale ?

    SM : Les nouvelles technologies s’insèrent dans ce que nous appelons la e-santé. La e-santé englobe toutes les activités liées à la santé qui reposent sur les technologies de l’information et de la communication. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la e-santé est définie comme l’ensemble des « services numériques dédiés au bien-être individuel ». Nous voyons qu’il existe plusieurs niveaux d’utilisation. Pour augmenter l’accessibilité aux soins, en cas de déficit de praticiens ou d’accès difficile, les modèles de téléconsultation sont très pertinents. Mais ce qui est porteur d’espoir repose surtout sur l’intégration de l’IA dans nos pratiques.

    Les possibilités d’application de l’intelligence artificielle en psychiatrie incluent :

    • L’exploration de vastes bases de données pour dégager de nouvelles orientations de recherche clinique ou thérapeutique. L’analyse prédictive à partir de données diversifiées : passage à un état pathologique, tentatives de suicide, réponses au traitement, rechutes précoces.
    • L’aide au diagnostic : utilisation de l’IA pour analyser des biomarqueurs avec une spécificité accrue, permettant un affinement de la sémiologie différentielle, et l’identification des sujets à risque pour des interventions précoces.
    • Les agents conversationnels : analyse des symptômes et des émotions, ainsi que la fourniture d’une assistance thérapeutique.
    • Les traitements personnalisés : intégration des données individuelles pour proposer des options thérapeutiques plus adaptées. Un grand nombre de ces technologies sont innovantes et induisent des changements significatifs.

    (1) enquête Culture Pop & Psy réalisée en partenariat avec Doctolib et Odoxa

  • Loin des clichés, les bienfaits des jeux vidéo

    Loin des clichés, les bienfaits des jeux vidéo

    Le jeu vidéo, bouc émissaire

    « On a le sentiment, parfois, que certains d’entre eux vivent dans la rue les jeux vidéo qui les ont intoxiqués. » À l’été 2023, en marge des émeutes suite à la mort de Nahel, Emmanuel Macron signait ce constat un brin cliché, et déjà exprimé en France, ou ailleurs. Aux États-Unis, la thèse des jeux vidéo qui rendent violent ressort à chaque fusillade de masse. « Il n’y a aucune preuve légitime qui le prouve », balaye pourtant Milan Hung, psychologue clinicienne, spécialisée dans les usages du numérique et du jeu vidéo.

    Membre de l’observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique, elle reprend : « Le contraire a été prouvé par de nombreuses études. Avec un jeu vidéo, on exprime une agressivité courte et temporaire, comme l’on peut exprimer de la tristesse devant un film. Politiquement, le jeu vidéo a été utilisé comme bouc émissaire. C’est plus facile de critiquer les jeux vidéo que la politique vis-à-vis des armes à feu… » En vérité, les études prouvent que les jeux vidéo regorgent de bienfaits.

    Une heure de Call of Duty® par jour

    « Les jeux vidéo abrutissants » rendent en vérité plus intelligent, amorce Milan Hung : « On a eu beaucoup de preuves conséquentes sur les bienfaits cognitifs des jeux d’actions et de stratégie en temps réel. Les études se sont notamment penchées sur Call Of Duty® ou Starcraft II®. Cela a démontré que ce genre de jeu, sur une heure, améliore les compétences d’analyses, de réflexes, et d’attention focalisée. »

    Dans la pratique, les accros à la manette confirment, à l’image de Magalie, mère de famille accro à World Of Warcraft® (WoW, pour les initiés) : « Cet aspect cérébral est central à mes yeux, puisqu’il faut faire des quêtes, lire, chercher, réfléchir. » À tel point qu’avec son conjoint, cette infirmière a décidé de faire des jeux vidéo un pilier de l’éducation de ses trois enfants : « On est ouvert aux jeux vidéo, qui ont un vrai côté éducatif, d’apprentissage, notamment dans des jeux de réflexions où il faut chercher des solutions, à des jeux stratégiques, éducatifs, des mondes ouverts comme ceux de Mario, ou des jeux de construction comme Lego ou Minecraft. »

    Cette part de réflexion, c’est aussi ce qui a séduit Quentin, 32 ans, féru des jeux de stratégie et de gestion : « Dans ces jeux, tu n’es rien et tu crées tout. Il faut aller vite, mais pas trop, pour développer sa civilisation, son personnage. Quand tu gagnes, il n’y a aucune part de chance, c’est du mérite. » Cet ancien sportif de haut niveau y retrouve même l’adrénaline qu’il ressentait auparavant dans les piscines. Pour Loris, journaliste, jouer est aussi un outil pour… mieux travailler : « Les jeux de stratégie demandent une certaine réactivité entre la prise de décision et le timing, ça aide à analyser des situations en gardant son sang-froid, sans s’emballer. J’ai beaucoup progressé là-dessus, c’est utile quand je suis sous pression au travail. »

    Bijoux de culture

    Autre bénéfice des jeux vidéo : leur richesse culturelle. « Le jeu vidéo est vu à tort par certains comme un appauvrissement de la culture. L’exemple le plus frappant, c’est Assassin’s Creed Origins® », rappelle la psychologue Milan Hung. Les jeux historiques fourmillent en effet de détails, au point que Quentin, diplômé en histoire à l’université, assure « avoir plus appris sur Age of Empire® que dans certains amphis ». Loris, lui, a « du mal à accrocher à un jeu si c’est uniquement divertissant », et confie même n’avoir « aucun mal à pleurer devant un jeu vidéo, de la même manière que devant un film ».

    Outils de socialisation

    Enfin, les jeux vidéo sont vecteurs d’une sociabilité nouvelle, loin du cliché du joueur enfermé dans sa chambre. « Il peut aussi être un refuge face à des réalités parfois violentes, traumatisantes. Quand on n’arrive pas à créer des liens sociaux dans la réalité, les jeux vidéo peuvent pallier cette socialisation manquée », explique Milan Hung. Nos trois témoins affirment d’ailleurs tous avoir noué des amitiés fortes grâce aux jeux vidéo, d’abord en ligne, puis IRL (In real life, dans la vraie vie, ndr). « Le confinement a renforcé l’aspect social, je n’ai jamais autant joué en ligne avec des gens, parce qu’on était privé du contact physique », abonde Loris.

    « C’est d’ailleurs une excellente manière de dialoguer avec les patients, mais aussi entre parents et enfants », conseille Milan Hung. Elle ajoute : « Il faut s’y intéresser. Inscrire son enfant au théâtre ou au foot, et ne jamais aller le voir serait tout aussi grave que de ne pas parler de jeux vidéo avec lui. » Si le sujet reste teinté de nombreux clichés, les jeux vidéo n’ont en réalité jamais été aussi bénéfiques qu’aujourd’hui.

    Le 16 septembre dernier, le président Emmanuel Macron a d’ailleurs fait machine arrière sur X, en publiant un long plaidoyer pour les jeux vidéo, « une chance pour la France, pour notre jeunesse et son avenir, pour nos emplois et notre économie ».

  • L’importance du sourire dans les interactions sociales

    L’importance du sourire dans les interactions sociales

    Un outil de communication

    Le sourire aiderait à engager la conversation avec quelqu’un, à désamorcer des conflits ou à donner une meilleure image de soi en société. « On sourit rarement tout seul, souligne David Le Breton, chercheur spécialisé dans l’anthropologie du corps. Si on le fait, c’est généralement qu’on pense à quelqu’un ou à quelque chose d’autre. » Une invitation à l’échange, un moyen de communiquer, même quand on n’a pas les mots. Marie I., psychologue en PMI et en Établissement d’accueil de la petite enfance (EAPE), se définit comme quelqu’un de très souriant. Il faut dire que pour elle, le sourire est quasiment un outil de travail : il l’aide à entrer en relation avec les tout-petits, mais aussi à détecter d’éventuels problèmes. « Je suis toujours rassurée quand je vois un bébé me donner un sourire en réponse, raconte-t-elle. Je surveille ce sourire : c’est un signe de bon développement psychologique. »

    Un remède bon pour le corps et pour la tête

    L’acte de sourire, qui nécessite d’activer dix-sept muscles en même temps, aurait de nombreux bienfaits sur la santé : réduction du cortisol (« l’hormone du stress »), régulation de la tension artérielle ou encore, réoxygénation des cellules. Surtout, il libère de l’endorphine, également surnommée « l’hormone du bonheur ». Au point que certains professionnels de santé vantent les mérites de la « thérapie par le sourire », dont le principe est très simple : se sourire à soi-même quotidiennement devant le miroir.

    Toutefois, David Le Breton, auteur de l’ouvrage « Sourire : anthropologie de l’énigmatique », préfère nuancer le caractère absolument positif de ce geste : « Il peut avoir des tonalités très différentes : il y a des sourires de mépris, de supériorité, d’accueil ou de bienvenue. Il ne faut pas le prendre comme un singulier, mais comme un terme à toujours voir au pluriel. Ce qui détermine sa signification, c’est le contexte dans lequel il apparaît », resitue l’anthropologue.

    Une question d’imitation

    Le sourire s’apprend par mimétisme dès la naissance. « Les bébés sont programmés pour décrypter les visages humains et y répondre », résume Marie I. C’est notamment grâce aux neurones miroirs, essentiels dans la compréhension des intentions et des émotions d’autrui que le sourire devient contagieux. À l’inverse, difficile d’établir des relations sociales lorsque ces zones du cerveau fonctionnent mal. Pour exemple, un enfant atteint d’un trouble du spectre autistique aura peut-être du mal à reconnaître les expressions faciales, et donc, à entrer en relation avec les autres. « Un cercle vicieux, poursuit Marie I. On constate aussi un désintérêt de certains parents face à un enfant qui n’est pas dans l’interaction. »

    Une expérience datant des années 1970, intitulée « The still face experiment » (« l’expérience du visage impassible » en français), montre que lorsqu’une mère, face à son enfant, se fige et présente un visage inexpressif pendant deux minutes, le bébé montre des signes d’inquiétude et cesse également d’interagir. Avant de pleurer à chaudes larmes. « Heureusement, on ne mène plus ce genre d’expériences, rassure Marie I. Mais on voit bien la détresse affective provoquée. Cela marche dans les deux sens : le sourire est aussi la récompense du parent qui s’occupe de l’enfant. »

    On ne sourit pas qu’avec la bouche

    Pendant la crise sanitaire, la psychologue a eu la bonne surprise de constater que les tout-petits parvenaient encore à distinguer son sourire, même masqué. « Je pense qu’ils ont su repérer d’autres signes qui montrent que l’adulte est en relation positive avec eux », analyse-t-elle. La bouche, les yeux, la voix ou la posture, le sourire mettent en jeu le corps tout entier. « De manière moins forte que le rire », précise David Le Breton, qui a également publié une Anthropologie du rieur. Pour lui comme pour la psychologue, le rire serait une sorte de prolongement du sourire, avec un pouvoir supérieur. En y repensant, Marie I. ne peut s’empêcher de rigoler : « Le rire d’un bébé a quelque chose de délicieux. Il est tellement communicatif qu’il peut contaminer tous les adultes, même les plus ronchons. C’est l’arme ultime. »

  • Vers qui se tournent les ados pour parler de leurs problèmes ?

    Vers qui se tournent les ados pour parler de leurs problèmes ?

    L’ado qui va mal, dans l’imaginaire collectif, relève presque de la banalité. Cheveux gras, humeur lunatique, insolence… Cette crise qu’hommes et femmes traversent à la puberté est un topo parfaitement intégré. Au-delà d’une série de changements corporels, l’adolescence marque par son lot d’angoisses. Les adultes ont beau répéter que « ça va passer », que « c’est qu’une période » et que « ça ira mieux après », personne n’y croit. Les peurs sont diverses et parfois se rallient entre elles : peur d’être rejeté, peur d’abandon, peur de l’échec, peur d’être différent, peur de l’avenir… Comme le disait si bien François Truffaut : « L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant mauvaise mémoire. »

    Plus de quatre ados sur dix touchés par des troubles anxieux

    Sauf que voilà : depuis les confinements, pédiatres et pédopsychiatres ne cessent d’alerter sur la dégradation mentale des jeunes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ils sont plus de quatre sur dix à être touchés par des troubles anxieux(1). Comment l’expliquer ? D’abord, il y a l’actualité. « Depuis trente ans, le champ sémantique de la “crise” irrigue les discours politiques et alimente les flashs infos. Qu’il s’agisse d’économie, de terrorisme ou de pandémie, les crises se succèdent indéniablement. Les adolescent·e·s d’aujourd’hui sont les enfants de ces secousses », écrit la Fondation Jean-Jaurès. Sans surprise, l’état de la planète et de la nature préoccupe les jeunes : 54 % d’entre eux se déclarent stressés lorsqu’ils en entendent parler. Même pourcentage pour ce qui est des violences faites aux enfants. « Perso, mon stress concerne plus les études, confie Jeanne, lycéenne âgée de 17 ans. Surtout lorsque tu es en dernière année de cursus. Tous les ans, on a droit à une nouvelle réforme qui change tout notre planning. Les profs nous mettent la pression, on ne se sent pas soutenu. Ça nous stresse et surtout, on ne sait pas vers qui se tourner – à part nos ami·e·s qui sont dans la même situation… Bref, c’est la galère. »

    « C’est la honte d’aller voir la psychologue scolaire »

    L’adolescente reconnaît quelques avancées, notamment pour la sexualité : « Récemment, un grand van s’est installé dans la cour du lycée. On pouvait se renseigner, poser des questions. Et si on avait des problèmes, on pouvait aussi en parler. » Malheureusement, ce progrès se voit terni par un autre sujet : le harcèlement scolaire. Selon les dernières statistiques publiées en 2023, entre 800 000 et 1 000 000 d’élèves seraient victimes de harcèlement chaque année, soit 6 à 10 % des effectifs. Alarmant. « Dans mon ancienne classe, une fille se faisait harceler par des camarades, regrette Jeanne. Mais elle n’a jamais rien dit, on ne l’a su qu’en fin d’année qu’elle avait quitté le lycée en raison de ce harcèlement. » Si le mal-être appelle à la parole, à la verbalisation, encore faut-il avoir conscience du problème. « Un trait saillant de notre enquête est l’absence de prise de conscience de la nécessité d’un suivi psychologique chez les adolescent·e·s, écrit la fondation Jean-Jaurès. Pire peut-être, ils ou elles déclarent même aller relativement bien. » Dans les rares exceptions où l’adolescent·e reconnaît son anxiété, il ou elle choisira d’abord de se confier à ses proches : 56 % affirment ainsi parler à leurs parents, 58 % déclarent se tourner vers leurs amis.

    Pour Jeanne, ce sont les ami·e·s avant tout. « Ça dépend des personnes, mais j’ai l’impression que beaucoup de jeunes préfèrent cacher des choses à leur famille. Pour parler de nos problèmes, on privilégie les ami·e·s, et on évite les adultes. » Pas étonnant donc, d’apprendre que plus de huit adolescent·e·s sur dix en situation de mal-être ne sont pas allés se confier à un·e psychologue, psychiatre, médecin, infirmier·ère de l’établissement scolaire ou encore professeur·e. « De ce que j’entends, c’est la honte d’aller voir la psychologue scolaire, observe la lycéenne. Se confier à un adulte, c’est bizarre. Pour nous, aller voir un psychologue, c’est avoir un problème vraiment très grave. »

    58 % des ados se tournent vers leurs ami.e.s

    56 % vers leurs parents

    En cas de mal-être, 38 % se rabattent sur les réseaux sociaux

    Autre problématique : « parler » ne veut pas toujours dire échanger de façon orale et de visu. Lorsqu’ils se sentent mal, les adolescents semblent avoir tendance à se tourner vers les écrans – téléphone, télévision, tablette ou jeux vidéo) de manière massive : « Presque deux tiers d’entre eux (62 %) regardent plus souvent l’écran que d’habitude en cas de mal-être, rapporte la Fondation Jean-Jaurès. De même, plus d’un tiers des adolescent·e·s (38 %) se rabat sur les réseaux sociaux en situation de mal-être. » Pour donner une idée, les ados passent en moyenne presque trois heures quotidiennes sur le smartphone et jusqu’à six heures par jour sur les écrans.

    (1) Enquête Fondation Jean-Jaurès sur 1 000 jeunes Français âgés de 11 à 15 ans

  • Cancer de la prostate : comprendre, prévenir et dépister

    Cancer de la prostate : comprendre, prévenir et dépister

    1 Quels sont les facteurs de risque ?

    Les facteurs de risques établis du cancer de la prostate sont : (1)

    • L’âge : le cancer de la prostate est fortement lié à l’âge. Il est rare avant 50 ans et augmente autour de 70 ans. 94 % des décès ont lieu après 65 ans.(1)
       
    • Des antécédents familiaux : vous avez deux à cinq fois plus de chances de développer un cancer de la prostate si votre père ou votre frère a déjà été touché par la maladie.

    2 Quels sont les signes d’alerte ?

    Dans la plupart des cas, le cancer de la prostate n’occasionne pas de symptômes visibles particuliers, notamment aux premiers stades de la maladie.

    Certains signes peuvent néanmoins vous alerter, comme les troubles urinaires (brûlures, difficulté à uriner ou besoin plus fréquent d’uriner) ou des troubles de l’éjaculation. Le mieux est simplement d’en parler avec votre médecin. À ce stade, ces symptômes ne témoignent pas forcément d’un cancer et peuvent être causés par des pathologies plus bénignes comme l’hypertrophie de la prostate (aussi appelée adénome ou HBP) ou une simple infection – on parle alors de prostatite.

    3 Un diagnostic prÉcoce est-il utile ?

    Un dépistage pas forcément systématique (2)

    À l’inverse du cancer du sein, il n’existe pas en France, ni dans aucun autre pays, de programme national de dépistage du cancer de la prostate s’adressant aux hommes de manière systématique. Cela suit les recommandations de la Haute Autorité de santé. (3)
     

    Le dépistage individuel : à discuter avec son médecin

    Le cancer de la prostate ayant un développement plutôt lent (10 à 15 ans), l’Association française d’urologie recommande un dépistage annuel, pour les personnes de plus de 50 ans et jusqu’à 75 ans, pour optimiser les chances de dépister la maladie à un stade précoce (4).

    Il permettra de détecter un éventuel cancer, sans pour autant déterminer s’il est susceptible d’évoluer vers une forme agressive ou non. Aussi le dépistage peut être utile pour répondre à vos inquiétudes, ou déclencher une surveillance accrue.

    Avant de vous faire dépister, il est important de disposer d’une information complète sur les avantages et inconvénients des examens de dépistage et de leurs conséquences.

    4 Comment se déroule le dépistage du cancer de la prostate ?

    Deux examens de dépistage de cancer de la prostate sont possibles (5) :

    • Le toucher rectal : cet examen permet de contrôler directement l’état général de la prostate. S’il est souvent considéré comme inconfortable, il s’agit néanmoins d’un examen rapide et sans conséquence.

     

    • Le dosage du PSA (Prostate Specific Antigen ou antigène prostatique spécifique) sérique total : cet examen consiste à analyser le taux de PSA dans une prise de sang. Souvent, un taux de PSA élevé indique la présence de cellules cancéreuses dans la prostate. Cependant, un chiffre de PSA élevé peut simplement marquer la présence d’une anomalie ou d’une infection de la prostate, comme une prostatite aiguë. (4)

    En cas d’anomalie, des biopsies de la prostate seront nécessaires pour confirmer le diagnostic de cancer.

    Dans 70 % des cas,

    un dosage du PSA élevé n’est en réalité pas lié à un cancer de la prostate (2).

    Le saviez-vous ?

    Théoriquement, un homme de moins de 50 ans ne doit pas dépasser un taux de 2,5 ng/ml (nanogramme par millilitre), alors qu’après 70 ans, le maximum toléré est de 6,5 ng/ml (2).

    5 Quand et où se faire dépister ?

    L’Association française d’urologie recommande un dépistage annuel systématique du cancer de la prostate entre 50 et 75 ans. L’âge est abaissé à 45 ans en cas d’antécédents familiaux.

    Il est possible de consulter auprès de professionnels de la santé. Votre médecin généraliste pourra vous prescrire des examens complémentaires précis s’il le juge nécessaire. Vous devrez aller voir un urologue, spécialiste des affections urinaires et génitales masculines, si des complications, même non liées à un cancer, sont détectées. En cas de doute, vous pouvez le consulter directement, sans passer par votre généraliste.

    6 Movember : des hommes unis !

    Chaque année en novembre, le Movember (contraction en anglais des mots moustache et november) incite les hommes à ne pas raser leur moustache pendant 30 jours – d’où le nom de ce mouvement. Il réunit des millions de participants dans 21 pays. Son objectif ? Donner notamment de la visibilité au cancer de la prostate et des testicules, et bien entendu lever des fonds pour la recherche. Rendez-vous sur le site de la Movember Foundation pour faire un don. Et, Messieurs, pour soutenir d’autant plus le mouvement, vous pouvez très simplement ranger votre rasoir pendant un mois : la moustache vous va si bien !

    Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de l’Association française d’urologie : https://www.urofrance.org/

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    L’Essentiel de l’article

    • Les facteurs de risque dominants : l’âge et les antécédents familiaux.
    • Pas de symptômes particuliers aux prémices de la maladie.
    • Il n’existe pas en France de dépistage ou examen systématique.
    • Le dépistage individuel est un choix personnel à évoquer avec son médecin.
    • Il est possible de consulter son médecin généraliste ou un urologue.

    (1) Fondation ARC
    (2) Ameli.fr, « Le dépistage du cancer de la prostate »
    (3) Haute Autorité de santé, « Détection précoce du cancer de la prostate », 2013
    (4) Association française d’urologie, « Cancer de prostate : dépistage du cancer de la prostate »
    (5) E-santé, « Diagnostic du cancer de la prostate : quelle est l’utilité du dosage sanguin du PSA ? »
  • Cancer dès 30 ans : comment se faire diagnostiquer ?

    Cancer dès 30 ans : comment se faire diagnostiquer ?

    Sein et col de l’utérus : dépistages nécessaires dès 25 ans

    Si l’âge moyen lors de la détection d’un cancer du col de l’utérus est de 51 ans, les infections à VPH (virus du papillome humain) sont fréquentes chez les femmes de moins de 30 ans. Il est recommandé de faire un premier dépistage du cancer du col de l’utérus dès 25 ans, puis tous les 3-5 ans entre 30 et 65 ans.

    Autre cancer à surveiller : celui du sein. Environ 10% des cas concernent des femmes âgées de moins de 35 ans. Il est ainsi recommandé de faire tous les ans dès 25 ans, un examen clinique des seins (palpations), par un.e gynécologue ou une sage-femme.

    Mélanomes : se protéger du soleil

    Le mélanome est la plus grave forme de cancer cutané. Mais dépisté précocement, il est tout à fait guérissable. Avec 15 000 nouveaux cas par an et 1 700 décès en France, le nombre de mélanomes double tous les 10 ans, particulièrement chez les personnes de 30 à 40 ans. Comme le rappelle le centre Gustave Roussy, expert mondial de la recherche sur le mélanome, les rayonnements ultraviolets naturels ont des effets nocifs sur la peau et l’exposition solaire est le principal facteur de risque.

    Se protéger des coups de soleil est primordial, c’est pourquoi juste avant l’été, une grande campagne de prévention relayée par le site web du centre a été organisée, avec les meilleures techniques de prévention de ce cancer de la peau particulièrement agressif. Rechercher l’ombre, éviter de s’exposer entre 12 h et 16 h l’été, appliquer toutes les deux heures une crème solaire avec un indice maximal… Les enfants doivent être encore plus protégés, puisque leur peau est plus fine et que leur système pigmentaire est encore en construction : vêtements longs, casquette et lunettes doivent absolument faire partie de leur panoplie estivale ! Il faut se rappeler que les coups de soleil, surtout ceux reçus dans l’enfance sont le signe d’une trop longue exposition solaire et donc d’un risque accru de développer plus tard un cancer de la peau.

    « On n’imagine pas que ce cancer puisse réellement arriver. J’ai une ancienne camarade de mon école qui est décédée à 36 ans des suites d’un mélanome. C’est arrivé très vite. Elle a laissé un mari et des enfants. Depuis ce jour, je fais très attention, et me protège réellement du soleil ! », raconte Mattéo, 39 ans.

    Une surveillance régulière de ses grains de beauté doit être effectuée pour détecter le plus précocement possible tout signe suspect. Tout d’abord grâce à un autoexamen de la tête aux pieds, sans oublier les zones peu visibles, et en utilisant la technique ABCDE (voir encadré). Tout grain de beauté ou tâche pigmentaire qui change de taille ou de couleur, qui démange, saigne ou présente un aspect rugueux ou perlé doit faire l’objet d’un avis médical rapide. La surveillance doit aussi se faire lors de rendez-vous réguliers avec un dermatologue, jusqu’à une fois par an pour les personnes présentant des facteurs de risque. Si le mélanome est un cancer qui peut être très agressif, certaines techniques permettent donc de s’en protéger, et de le détecter précocement, afin d’obtenir de bien meilleures chances de guérison.

    Règle ABCDE pour l’étude des grains de beauté :

    • A pour Asymétrie
    • B pour Bords irréguliers
    • C pour Couleur inhomogène
    • D pour Diamètre
    • E pour Évolution

    Le cancer du testicule : le plus fréquent chez l’homme jeune

    Même si les cancers du testicule sont assez rares globalement puisqu’ils représentent 1 à 2 % des cancers masculins, les jeunes sont les plus touchés puisqu’il s’agit du cancer le plus fréquent de l’homme entre 15 et 35 ans. De plus, ces trente dernières années, une augmentation de leur fréquence a été constatée, heureusement couplée avec d’importants progrès thérapeutiques qui ont permis de diminuer la mortalité associée. Les facteurs de risques du cancer du testicule sont principalement la cryptorchidie (testicule non descendu) ainsi que l’exposition à certaines substances chimiques comme le benzène, les hydrocarbures, les pesticides et le bisphénol A, même si ce n’est pas encore scientifiquement totalement établi.

    Apprendre à palper ses testicules à la recherche d’une grosseur anormale est une mesure de dépistage qui doit être effectuée régulièrement. D’autres signes peuvent se manifester comme une sensation de lourdeur, une gêne ou une douleur qui persistent dans le temps. Le testicule dans son ensemble peut gonfler et augmenter de volume, parfois de façon soudaine. En cas de doute, une consultation médicale rapide s’impose.

    En conclusion, s’il existe de nombreux facteurs de risques d’apparition des cancers, qu’ils soient internes ou externes, la moitié des cancers détectés chaque année pourraient être évités en changeant nos comportements quotidiens.

    Chiffres sur le cancer : https://www.frm.org/recherches-cancers/cancers-en-chiffres

    Site de Gustave Roussy : https://www.gustaveroussy.fr/fr/un-ete-sans-melanome-cap-sur-la-prevention-gustave-roussy

    Le cancer du testicule : https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-testicule/Les-points-cles

    La moitié des cancers pourraient être évités : https://www.e-cancer.fr/Acces-thematique/Prevention-des-cancers

  • Phobies handicapantes socialement : comment les surmonter ?

    Phobies handicapantes socialement : comment les surmonter ?

    À 27 ans, Olivier n’a pas de voiture ni même de permis de conduire. Ce développeur web n’a jamais tenu un volant ni poussé la porte d’une auto-école. Il souffre d’amaxophobie, la peur de conduire. « Il y a dix ans, au moment où mes amis ont commencé à faire de la conduite accompagnée avec leurs parents, j’ai compris que ça ne m’intéressait pas du tout d’apprendre à conduire, se souvient le jeune homme. Il m’arrivait souvent de faire des cauchemars dans lesquels j’étais au volant d’un bolide, sans savoir comment le manœuvrer, ni l’arrêter. Après mon diplôme, j’ai été recruté par une boîte à New York, où on se déplace surtout en métro et en taxi. » Mais à son retour en France, l’année dernière, il comprend que les choses seront plus compliquées. « Je travaille maintenant dans des locaux situés dans une zone périurbaine qui n’est desservie que par quelques bus, explique-t-il. Je fais beaucoup de covoiturage avec des collègues, car je me sens incapable de prendre des cours de conduite. » Pour tenter de remédier à son amaxophobie et gagner en autonomie, Olivier a suivi une dizaine de séances d’hypnose. Mais les résultats ne sont pas très concluants. « J’ai appris quelques techniques de respiration pour moins paniquer en pensant à la route, mais je suis toujours incapable de m’imaginer à la place du conducteur », déplore-t-il.

    Des conséquences dramatiques

    De son côté, Louisa, cadre dans l’industrie pharmaceutique et âgée de 39 ans, se démène depuis des années pour se débarrasser de son arachnophobie (la phobie des araignées). « J’ai essayé la sophrologie, le yoga et la méditation, mais rien n’y fait, regrette-t-elle. Rien que l’idée qu’une de ces bestioles peut se trouver dans la même pièce que moi me terrifie. » Si on entend souvent parler d’acrophobie (la peur de la hauteur), d’astraphobie (la peur des orages) ou de zoophobie (la peur des animaux, notamment des chiens), beaucoup d’autres phobies sont également assez répandues. Selon Anne-Victoire Rousselet, psychologue et psychothérapeute spécialisée en thérapies comportementales et cognitives (TCC), la plus fréquente est la phobie sociale. « C’est la crainte du jugement négatif de l’autre, précise-t-elle. Ça peut être de l’anxiété de performance, qui se traduit parfois par la peur d’avoir de mauvaises notes. Cette anxiété sociale s’exprime dans tous les groupes sociaux et commence vers 10 ou 12 ans, au moment où on prend conscience que le jugement de l’autre est important. » Or les conséquences peuvent être dramatiques. « Cette anxiété peut pousser à consommer de la drogue pour ne pas déplaire aux camarades, ou à voler pour obéir au caïd de la classe, par peur de son jugement » déroule la psy. Elle donne quelques autres exemples de phobies relativement courantes, comme l’agoraphobie (la crainte de ne pas pouvoir s’échapper ou être secouru), l’hématophobie (la peur du sang), l’émétophobie (la peur de vomir), la nosophobie (la peur d’être contaminée par une bactérie, qui a explosé avec le Covid-19), ou encore, la phobie scolaire.

    Un traitement efficace en quelques séances

    Anne-Victoire Rousselet ajoute que si une phobie n’est pas traitée, il y a un risque de les cumuler : « S’ils ne se soignent pas, les gens finissent par généraliser, c’est-à-dire par avoir de plus en plus de phobies. » La spécialiste des thérapies comportementales et cognitives rappelle que trois types de facteurs peuvent expliquer les troubles anxieux : d’abord, les facteurs biologiques, génétiques, héréditaires, puis, l’éducation, et, enfin, les expériences de vie. Mais, surtout, elle assure qu’il existe une méthode en deux temps pour traiter les phobies. Bonne nouvelle ! La première phase consiste en l’apprentissage d’une stratégie pour se détendre, notamment par des exercices de respiration et de relaxation. Elle dure une quinzaine de jours. « Une fois que l’on maîtrise cette stratégie, explique Anne-Victoire Rousselet, on démarre l’exposition progressive. On hiérarchise ses anxiétés et on s’expose d’abord à la moins invalidante, puis à toutes les situations d’anxiété, en s’interdisant les stratégies d’évitement. Par exemple, pour les acrophobes, on commence en haut de deux marches, puis des escaliers, etc. » Selon l’experte, six à huit séances suffisent pour en finir avec une phobie. Pourquoi attendre ?

  • « Il ne faut pas avoir peur de poser des questions sur l’état mental de ses enfants »

    « Il ne faut pas avoir peur de poser des questions sur l’état mental de ses enfants »

    Selon l’UNICEF, 50 % des troubles de santé mentale apparaissent avant l’âge de 14 ans. Comment expliquez-vous cette donnée ?

    Olivier Bonnot : Ces dix dernières années, on constate une augmentation importante des troubles anxieux et dépressifs chez les enfants et les adolescents. On parle de 2 % pour les enfants, et entre 15 et 20 % chez les adolescents. La raison : ces troubles ont tendance à la chronicisation ou à la répétition. Quand vous avez été anxieux, vous avez plus de risque de l’être plus tard. Or, comme ça commence tôt et que ça se répète dans l’ensemble de la vie, nécessairement ça fait baisser la moyenne d’âge.

    Et pourquoi cet âge plus qu’un autre ?

    O. B. : C’est lié au phénomène qu’on appelle la « plasticité neuronale ». Pour simplifier les choses : lorsque vous discutez avec quelqu’un, dans votre cerveau, des connexions se font. Après cet échange, votre cerveau ne sera plus le même qu’avant. Il aura changé. Cette capacité de connexion neuronale, nous l’avons tout au long de notre vie, mais elle est particulièrement sollicitée chez l’enfant et l’adolescent. C’est normal, car c’est une période où tout ce que l’on fait est une nouveauté. Arrivé à la fin de l’adolescence, le cerveau fait le point de toutes ces connexions et élimine celles dont il n’a pas besoin. C’est aussi à cette période qu’il essaie de compenser les « anomalies », la plupart d’entre elles génétiques. Grosso modo, vous partez avec un bagage génétique qui peut vous envoyer vers une schizophrénie, mais grâce à cette plasticité, le cerveau opère des remaniements qui font que parfois, vous n’évoluez plus dans cette direction. Si chez certains ça peut fonctionner, pour d’autres, c’est là que les premiers symptômes apparaissent.

    Longtemps, on a considéré que la bipolarité ou la schizophrénie avaient tendance à s’exprimer tardivement…

    O. B. : C’est vrai ! Par exemple, on disait que les schizophrènes, c’était le trouble de la vingtaine. Et les bipolaires, le trouble de la trentaine. Tout ça ne veut rien dire… Il y a des patients schizophrènes avant l’âge de 18 ans. Ça représente même à peu près 20 % de l’ensemble des schizophrènes. Et nous découvrons chaque jour un peu plus des troubles bipolaires de l’adolescent. Longtemps, on a cru que ça n’existait pas chez les jeunes. C’est principalement dû à une méconnaissance des troubles et de la clinique de l’enfant. La psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est une discipline qui date essentiellement de l’après-guerre. Assez récente, donc.

    Pourquoi est-ce si difficile de déceler des troubles psychiques chez les jeunes ?

    O. B. : Déjà, force est de constater qu’il y a un manque important de spécialistes… Le nombre de gens formés est vraiment trop faible. Il faut aussi rappeler que la psychiatrie est au stade où était l’ensemble de la médecine il y a encore cent cinquante ans, lorsqu’elle n’avait que très peu d’examens complémentaires. En psychiatrie, il n’y a pas d’examen biologique ou radiologique, qui permet de matérialiser objectivement un diagnostic. On observe et on établit des diagnostics uniquement cliniques. Certes, c’est intéressant, mais ça nécessite d’être bien formé et de prendre son temps. Autre élément qui rend les choses compliquées : les symptômes présentés par les enfants et les adolescents sont très souvent – en tout cas, au premier abord – assez similaires. Un enfant agité, en colère, peut aussi bien avoir un trouble du développement intellectuel, un trouble du spectre de l’autisme, un TDH, une dépression ou un trouble anxieux. Ce n’est donc pas toujours évident de faire la distinction. Et le dernier élément : il arrive que des gens répondent objectivement aux éléments d’un diagnostic à un moment donné de leur existence pour finalement, quelques années après, répondre aux éléments d’un autre diagnostic. La question s’est alors posée : est-ce qu’un diagnostic est évolutif ? Autrement dit : la personne est-elle d’abord autiste puis schizophrène ? Il faut être prudent. D’autant que les prises en charge ne seront pas forcément les mêmes selon le diagnostic. Bref, entre le manque de spécialistes, le fait que le diagnostic clinique puisse être un peu trompeur et évoluer, ça fait pas mal d’obstacles. Mais le vrai problème reste que si nous étions plus nombreux, on y arriverait mieux.

    Concernant la santé mentale des jeunes, la pandémie Covid-19 n’a rien arrangé… Quel rôle les parents doivent-ils jouer ?

    O. B. : Premièrement, il ne faut pas avoir peur de poser des questions sur l’état mental de ses enfants. N’hésitez pas à l’interroger : « Est-ce que tu te sens bien ? », « j’ai l’impression que tu es parfois un peu triste », etc. Et si vraiment, votre enfant vous semble ne pas aller bien, il faut savoir dire : « Tu n’as pas l’air en forme, est-ce que tu as eu envie de te suicider dernièrement ? » Non seulement cette question ne déclenchera pas des envies de suicide, mais elle peut le soulager. Et en posant ces questions, il ne faut surtout pas avoir peur des réponses. Sinon, l’enfant le sentira et se taira. Et enfin : ne jamais minimiser les choses ! Si un enfant vous dit qu’il n’a pas le moral, qu’il n’y arrive pas à l’école, pas de « oh, ça va aller, faut s’accrocher ». Nous ne sommes pas tous équipés de la même manière. Il faut donc être attentif, car si l’on arrive à prendre ces troubles précocement, on sera bien plus efficace. La psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est avant tout une discipline de la prévention.

    Quels sont les types de troubles psychiques ?

    • Anxiété, phobies et TOC

    • Troubles dépressifs

    • Troubles bipolaires

    • Troubles schizophréniques

    • Troubles addictifs

    • Troubles du comportement alimentaire (TCA)

    • Trouble de stress post-traumatique