Catégorie : À ma santé !

  • « La course à pied s’est largement féminisée »

    « La course à pied s’est largement féminisée »

    Comment expliquer l’engouement actuel pour la course à pied ? Est-il récent ?

    Olivier Bessy : Le nombre de coureurs a considérablement augmenté depuis les années 1970, passant de 500 000 coureurs en 1975 à 16,5 millions en 2016, pour atteindre environ les 18 millions en 2020. À la fin des années 1970, on est passé de l’athlétisme, c’est-à-dire des épreuves organisées dans des stades, ou de cross-country, à la course à pied. Dans la mouvance de Mai 68, le sport s’est métamorphosé avec de nouvelles pratiques et s’est ouvert à de nouveaux publics. Les courses hors stade, ouvertes aux non-compétiteurs, se sont développées : il y eut la course pionnière de Marvejols-Mende créée en 1973, qui n’était, à l’époque, pas autorisée par la Fédération française d’athlétisme (FFA), Marseille-Cassis en 1979, le Marathon de Paris en 1976, celui du Médoc en 1985… Ces grandes épreuves populaires sortaient du carcan des Jeux olympiques. Entre les années 1970 et la fin des années 1980, on court pour le plaisir, pour s’épanouir, et on sort des contraintes classiques du sport de compétition. À partir des années 1990 et jusqu’à la crise financière de 2008, on bascule dans une société hypermoderne dont le récit est basé sur la performance, la surenchère.

    Dans ce contexte, les courses deviennent une occasion de se défier, de vivre des expériences de plus en plus extrêmes. Les ultra-marathons, les ultra-trails et les 100-kilomètres se développent : le Grand Raid de La Réunion est créé en 1989, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) en 2003… Dans ce que j’appelle la « troisième révolution », à partir de 2009, on observe dans la course à pied un éclatement des pratiques, en tension, entre une recherche de l’extrême et de la performance d’une part, et une pratique plus solidaire d’autre part, avec des courses comme Odysséa (en soutien à la lutte contre le cancer du sein), et écologique avec le développement d’éco-marathons et d’éco-trails, comme l’Écotrail de Paris. Le nombre de courses hors-stade organisées en France est passé de 5 en 1971 à 4253 trails et 3629 courses sur route en 2022, soit 7882 courses, d’après la Fédération française d’athlétisme.

    Le profil des participants a-t-il évolué ? Assiste-t-on à une féminisation des compétitions ?

    O.B. : La course à pied s’est largement féminisée depuis les années 1970. Auparavant, les courses étaient réservées aux hommes. En 1976, Kathrine Switzer est la première femme à faire le marathon de Boston, sans y être inscrite, et il faut attendre 1984 et les Jeux olympiques de Los Angeles pour que des femmes soient concurrentes. Au début des années 1980, à peine 10 % de femmes participent aux marathons, elles représentent aujourd’hui en moyenne 25 % des coureurs. Mais plus les courses deviennent « extrêmes », comme des ultra-trails, moins les femmes sont présentes. Une sorte de plafond de verre persiste. De même, la course à pied était autrefois réservée aux jeunes, mais depuis les années 1990, les quadragénaires et quinquagénaires sont largement dominants. Et les seniors sont de plus en plus représentés. On peut voir des participants de 65 à 90 ans sur des marathons. L’endurance ne diminue pas, contrairement à la vitesse, avec l’âge ! Aujourd’hui, on se met au trail à 35 ans, et si l’on ne s’est pas blessé plus jeune, comme c’est le cas pour de nombreux athlètes de haut niveau, on peut courir jusqu’à 70 ans. Mais les courses se rajeunissent aussi, en particulier les courses extrêmes : la victoire, en 2008, de l’Espagnol Kílian Jornet, alors âgé de 20 ans, à l’UTMB a été un moment décisif.

    Une sorte de plafond de verre persiste pour les femmes.

    Olivier Bessy, sociologue du sport

    Les courses sont-elles le lieu d’un brassage social ?

    O. B. : Au fil des révolutions évoquées plus haut, on a assisté à un processus de diffusion sociale des pratiques. Les classes intermédiaires, les employés et aussi des ouvriers, à moindre degré, se mettent à faire du jogging, se mettent à faire des courses en stade, des marathons, puis du trail et enfin de l’ultra-trail. Mais les inégalités d’accès à la pratique sportive en général et à la course à pied en particulier persistent : lorsque l’on compare la diffusion dans les différentes professions et catégories sociales (PCS), on s’aperçoit que les groupes sociaux aisés sont systématiquement surreprésentés par rapport au poids qu’ils pèsent dans la population active ; à l’inverse, les PCS les plus modestes sont sous-représentées. C’est ce que l’on peut observer sur certaines courses, comme le Marathon des Sables au Maroc ou le Grand Raid de La Réunion qui sont très coûteuses : le billet d’avion et l’inscription nécessitent de hauts revenus ! Néanmoins les bénéfices symboliques tirés de la participation à ce type d’épreuves sont tellement importants que des groupes modestes économisent pour y participer.

    Les compétitions s’ouvrent-elles davantage aux athlètes en situation de handicap ?

    O.B. : Oui. Il y a le Marathon pour Tous, aux prochains Jeux olympiques, en 2024, et sur certains ultra-trails des coureurs non-voyants peuvent être accompagnés par des voyants. Il y a aussi le phénomène des Joëlettes, lorsque des coureurs valides portent, en se relayant, des coureurs en situation de handicap.

    Quels bénéfices en tirent les régions qui les organisent ?

    O.B. : Dès la fin des années 1980, des marathons changent d’appellations pour y inscrire des territoires, comme le Marathon de la baie du Mont-Saint-Michel par exemple. Ces événements sportifs deviennent alors de véritables ressources territoriales au service d’enjeux économiques, touristiques et socio-culturels. Les épreuves les plus emblématiques sont celles qui sont créées sur des territoires qui leur correspondaient, comme le Grand Raid de La Réunion : il y a du dénivelé, des escaliers, des changements de climat, cela recréé complètement les conditions de l’aventure. Aussi, des villes comme New York, Paris, Londres, Madrid ou Venise offrent un décor exceptionnel pour courir, et les marathoniens s’approprient le patrimoine traversé en s’y mettant en scène.

    Hormis la course à pied, les sports que l’on peut pratiquer sans être inscrit dans un club sont-ils largement plébiscités ?

    O.B. : Depuis la fin des années 1970, toutes les pratiques qui se font en dehors d’un club (la course à pied, le vélo, la natation, la culture physique…) sont celles qui se développent le plus en loisirs comme en compétition. Depuis plusieurs années, les événements sportifs s’hybrident pour répondre à de nouvelles demandes : on a vu apparaître les « swim & run », les « run & bike », les triathlons, etc. Les activités sont croisées pour multiplier les sensations et deviennent plus conviviales, car elles sont faites à deux. Cette diversification des pratiques répond à une demande plus éclatée et est largement encouragée par l’économie, notamment les équipementiers qui sponsorisent les courses.

     

    Propos recueillis par Emma Flacard

  • Musculation en salle : « La mise en scène constante du corps »

    Musculation en salle : « La mise en scène constante du corps »

    Pour quelles raisons la musculation en salle se développe-t-elle ? À quand remonte ce phénomène ?

    Guillaume Vallet : C’est un processus qui apparaît dès le milieu du XIXᵉ siècle en Europe continentale et en Suède, avec la création des premiers gymnases. Dans une société en pleine industrialisation et de plus en plus urbaine, on cherche à occuper les gens pour des raisons hygiénistes et sociales. Le corps devient un objet de fascination que l’on exerce dans des salles spécialisées. À partir des années 1940, le cinéma se démocratise et véhicule une image fantasmée du corps à travers des modèles. C’est en Californie, temple du cinéma, qu’apparaissent les premières grandes salles de musculation. La pratique s’élargit ensuite aux grandes villes du pays, avec des motivations liées au bien-être et à la santé, puis au reste du monde à partir des années 1960, avec des figures comme Arnold Schwarzenegger ou Sylvester Stallone, à la fin des années 1970. Les premières salles dédiées à la musculation arrivent en France au début des années 1980, et sont souvent tenues par d’anciens champions de bodybuilding. Il ne s’agit pas, au départ, d’une pratique de masse ! Et puis l’on assiste, dans les années 1980, à un basculement dans le « capitalisme des vulnérabilités » : l’État se désengage de plus en plus, en particulier dans le domaine de la santé, et le modèle de l’entreprenariat est de plus en plus valorisé. Ainsi, l’individu est incité à trouver lui-même les réponses aux difficultés de son quotidien, en se tournant, par exemple, vers le sport. C’est à partir des années 2000, avec l’arrivée des nouvelles technologies, que se diffusent à grande échelle des salles de musculation qui proposent un ensemble de nouvelles offres (crossfit, cardio, salles low-cost, salles premium, etc.). L’arrivée des réseaux sociaux dans les années 2010 et la mise en scène constante du corps a également encouragé la pratique de la musculation : les jeunes générations veulent produire un corps valorisé.

    Le processus du travail du corps dans la salle de musculation met en valeur l’individu : c’est lui qui s’organise, qui planifie les entraînements, et les résultats sont immédiats.

    Guillaume Vallet, sociologue

    La salle de musculation constitue-t-elle un lieu de brassage social ?

    G.V. : Nous sommes dans une pratique de masse. L’idée de se tourner vers son corps pour le développer et mettre en avant une certaine musculature est très partagée. La France compte plus de 13 millions de pratiquants réguliers d’activités liées au fitness et aux sports de combat (pas forcément exercées en salle). Statistiquement, on retrouve beaucoup plus de catégories populaires (65%) dans des activités comme le bodybuilding. Cela peut s’expliquer par la volonté de compenser, par le travail du corps, un travail professionnel dévalorisant. Celui-ci peut être aliénant, on se sent exploité, on est le rouage d’une chaîne, on ne maîtrise pas le produit final… En comparaison, le processus du travail du corps dans la salle de musculation met en valeur l’individu : c’est lui qui s’organise, qui planifie les entraînements, et les résultats sont immédiats. Il y a aussi une fascination de l’objet (ici le corps) qui est d’ordre artisanale : on peut augmenter ou réduire la masse musculaire ici ou là. En revanche, j’ai relevé, lors de mes observations, une dynamique différente pour les cadres qui font du bodybuilding. Pour ceux-ci, il s’agit davantage d’une complémentarité entre leur travail professionnel et leur travail à la salle de musculation. Et si le bodybuilding est plus pratiqué par des catégories populaires, le crossfit [
    Contraction de cross fitness (en français : entraînement croisé), qui mélange différentes activités physiques et sportives.], à l’inverse, est beaucoup plus attractif chez les CSP ou les CSP+. Cette activité est souvent exercée en ville, et les abonnements sont plus chers que dans les salles de musculation, où sont parfois pratiqués des prix avantageux. Le crossfit requiert également la présence d’un coach, ce qui augmente encore le prix des séances.

    Les femmes sont-elles nombreuses à pratiquer la musculation ? Y a-t-il des différences de pratiques entre les femmes et les hommes ?

    G.V. : Oui, les femmes représentent aujourd’hui 63 % du total des pratiquants de sports de forme ! Mais on retrouve encore des différences en termes de vision du muscle, donc des pratiques genrées, même si cela évolue. Les hommes travaillent par exemple davantage les biceps et les pectoraux, parties du corps considérées comme « masculines », quand les femmes travaillent plus les abdos-fessiers, par exemple. Mais ce n’est pas aussi binaire : la musculation est devenue une pratique de masse et chacun essaie d’y trouver son compte, dans une logique individualisée. Il y a des hommes et des femmes qui entrent dans cette logique de différenciation genrée des pratiques, et des femmes bodybuildeuses qui, elles, savent qu’elles cassent les codes classiques de la féminité dans le but de travailler leur corps, sans se préoccuper des normes de genre.

    Avec le développement des réseaux sociaux et des plateformes de vidéos en ligne, nombreuses sont les personnes faisant maintenant des exercices de musculation devant leur ordinateur en suivant des influenceurs. Comment analysez-vous ce phénomène ?

    G.V. : Les réseaux sociaux fonctionnent à travers la catégorisation et l’acquisition d’un statut social des individus par rapport à l’image et ont tendance à démultiplier les désirs. C’est cette démultiplication qui a créé la demande de coaching en ligne. Mais ce n’est pas une logique égalitaire : comme toutes formes d’entreprises, seules certaines survivent. Les réseaux sociaux diffusent des informations et, dans une perspective capitaliste, ils permettent de vendre de l’information à grande échelle, à des individus qui en ont besoin. De plus, le coût d’entrée pour devenir quelqu’un sur les réseaux sociaux semble très faible : n’importe qui peut considérer qu’il peut mettre en avant son image et ses techniques d’entraînement.

    S’agit-il d’une recherche narcissique ou d’un phénomène de construction d’une identité et de valorisation de soi par rapport aux autres ?

    G.V. : Le mythe de Narcisse, c’est le mythe de quelqu’un qui s’admire tellement qu’il s’y perd. Dans le cas des bodybuilders et autres adeptes de musculation, y a-t-il une réelle admiration d’eux-mêmes ? S’aiment-ils vraiment ? Ce sont des gens fondamentalement en recherche d’un « meilleur corps ». Cela rappelle davantage la mythologie d’Adonis, jeune homme remarquable par sa beauté : si le fabricant du corps peut se regarder s’entraîner ou admirer ses muscles par l’intermédiaire de son propre regard ou des miroirs omniprésents dans la salle, il le fait indirectement à travers le regard des autres, à la salle ou sur les réseaux sociaux désormais. Cet effet de mirroring social donne une validation à sa « beauté » : ce sont les autres qui construisent celle-ci.

     

    Propos recueillis par Emma Flacard

  • Comment soulager les douleurs sexuelles chez les femmes ?

    Comment soulager les douleurs sexuelles chez les femmes ?

    « Ça faisait dix ans que je me disais que les douleurs sexuelles que je ressentais étaient dans ma tête, puis on m’a diagnostiqué de l’endométriose à trente ans », regrette Céline*, 30 ans, chef de projet dans le secteur de la RSE. Depuis son premier rapport sexuel à l’adolescence, ses douleurs vaginales étaient aussi pénibles qu’inexpliquées. Des années d’errance médicale qui l’ont profondément affectée et surtout découragée à s’engager dans une relation. Depuis son changement de contraception à la suite du diagnostic, elle sent cependant du mieux, et espère un changement de paradigme dans la société.

    Léa Meunier, kinésithérapeute spécialisée dans la rééducation périnéale, les douleurs pelviennes et les troubles sexologique chez la femme, croule sous les rendez-vous. Son but : aider les femmes à identifier le point de départ de leur douleur et les soulager. « La majorité des douleurs sont mécaniques, ou liées à de l’endométriose », confirme-t-elle. Sur le pas de sa porte, des patientes aux profils très variés, tous âges et toutes catégories socioprofessionnelles confondus, mais surtout, des femmes empreintes de culpabilité.

    « Peu à peu, les douleurs sexuelles des femmes deviennent un sujet de société. Même s’il n’existe toujours pas d’études à grande échelle ! »

    Léa Meunier, kinésithérapeute

    Douleurs sexuelles : les femmes et leur culpabilité

    « C’est quasiment systématique : les femmes se disent que c’est forcément leur faute, qu’elles mettent leur couple en péril. On sent encore trop souvent le poids du devoir conjugal sur les femmes qui, même célibataires, essaient d’être au top pour le prochain », raconte Léa Meunier. Se forcer à faire l’amour sans envie ni plaisir pour ne pas décevoir son conjoint est une triste réalité vécue par beaucoup de femmes. « Je me suis déjà forcée bien sûr, heureusement mon partenaire actuel est très attentif et il entend que la pénétration n’est pas forcément centrale dans la relation sexuelle », confie Céline.

    D’après le dernier rapport du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, 33 % des Françaises ont déjà eu rapport devant l’insistance de leur partenaire et 37 % ont déjà vécu une situation de non-consentement. Si le sujet commence à être plus facilement évoqué, il l’est surtout par des trentenaires, les femmes appartenant à la génération précédente ne s’autorisant pas la confession. « Quand tu en parles autour de toi, énormément de femmes souffrent de douleurs sexuelles. C’est simplement que nos mères, nos grands-mères ne s’en inquiétaient pas », poursuit-elle.

    Ce n’est pas « que dans la tête »

    La cause du silence ? Une absence de clarté sur les causes de la douleur, mais surtout une sous-estimation constante de ces souffrances. « La société considère que les douleurs sexuelles sont uniquement psychologiques, liées aux émotions des femmes, à qui on va rabâcher qu’il faut se détendre », dénonce Léa Meunier, qui tente de déconstruire ces préjugés dans son cabinet. Les causes des douleurs sexuelles sont selon elle multiples et identifiables, encore faut-il aborder la question. Vaginisme, positions sexuelles inadaptées à certains utérus, bouleversement hormonal dû à un changement de pilules, endométriose, pathologies vulvaires, mycose, infections urinaires à répétition, chute sur le coccyx : tout cela peut engendrer des contractions musculaires à l’origine de douleurs sexuelles.

    La masturbation, pour associer à nouveau plaisir et sexualité

    Et ces dernières peuvent être soulagées : « La crème anesthésiante fonctionne, mais c’est une solution de surface. Les exercices de cohérence cardiaque, méthode de relaxation, et le sport vont aussi contribuer à relâcher le périnée », informe Léa Meunier. La masturbation peut elle aussi être une ressource pour combattre la douleur sexuelle. « Notre cerveau a besoin d’enregistrer que la vulve n’est pas que douleur. Ça envoie des endorphines, ça contracte le périnée, c’est un exercice de kiné en soi que je recommande systématiquement à mes patientes ! », termine Léa Meunier, avec un sourire sérieux.

    Espérons qu’un jour, les douleurs sexuelles des femmes seront systématiquement verbalisées et prises en charge.

    L’Essentiel de l’article

    • Les causes des douleurs sexuelles sont multiples : vaginisme, positions sexuelles inadaptées à certains utérus, bouleversement hormonal, endométriose, mycose, infections urinaires…
    • Consulter un.e kiné spécilaisé.e ou une sage-femme peut aider à identifier l’origine des douleurs
    • La relaxation, le sport et la masturbation sont autant de techniques pour soulager les douleurs

     

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  • La zoothérapie, pour qui et pourquoi ?

    La zoothérapie, pour qui et pourquoi ?

    Trois chiens, un chat, un paon, un bouc nain, trois chèvres, un cochon nain, un cochon vietnamien, une ânesse, des lapins, des poules, un lapin nain… Bienvenue dans la ferme thérapeutique de Cendrine Funel, où de nombreuses familles et personnes fragiles viennent passer du bon temps ! C’est à une trentaine de kilomètres de Lyon, à Mornant plus exactement, que cette zoothérapeute a installé son petit paradis animalier pour aider au mieux ceux qui en ont besoin. Car après avoir été infirmière une bonne partie de sa vie, cette quinquagénaire a décidé de faire de sa passion son métier, dans une perspective de soins ou d’accompagnement.

    Une chèvre en laisse, des poussins en liesse

    « Écoute, mémoire, concentration, développement et maintien des fonctions cognitives, estime de soi, socialisation, contacts, échanges, acceptation des différences, équilibre, mobilité… Les animaux offrent des bénéfices incommensurables à l’être humain, c’est indéniable », explique Cendrine qui a été formée à l’Institut de Zoothérapie International, qui dispose également d’une certification d’entraîneur canin et qui propose depuis cinq ans des séances de médiation animale régulières à diverses structures en tant qu’autoentrepreneuse. Déjà très utilisée dans certains pays comme le Canada et de plus en plus en France, la zoothérapie englobe toutes les interventions assistées par l’animal lors de sessions individuelles ou collectives encadrées par un spécialiste de la médiation animale.

    L’homme en souffrance à tant de choses à gagner, au contact des bêtes. 

    Cendrine Funel, zoothérapeuthe

    En Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), à l’hôpital ou en clinique (surtout pour les soins palliatifs), dans les prisons, pour les associations de personnes handicapées (notamment les enfants), etc. Toutes ces structures hébergeant des personnes en difficulté peuvent bénéficier des apports des animaux, des plus petits au plus imposants, sans oublier les oiseaux. « En général, c’est plutôt la personne bénéficiant de la séance qui sélectionne les animaux qui vont l’accompagner en choisissant ceux avec qui elle se sent bien, explique Cendrine. J’ai beaucoup d’animaux et je peux proposer des races variées. Cohésion du groupe et respect des consignes avec les jeunes, temps de relaxation en se couchant dans le foin avec les lapins… En ce moment, j’ai des poussins à la ferme : c’est extraordinaire comme ils captent l’attention ! Pour les patients qui ont une mobilité réduite, c’est moi qui me déplace. Parfois, je me rends dans des structures avec ma chèvre à qui j’ai appris la marche en laisse ! Mes animaux jouent à leur manière le rôle de psychologues auprès des patients, qui parlent volontiers avec eux. Chacun y trouve son compte. »

    Des animaux pour retrouver son autonomie

    Cécile, éducatrice spécialisée depuis sept ans, raconte comment cela se passe : « Pour nos jeunes âgés de 17 à 25 ans qui ont des troubles du spectre autistique, nous travaillons depuis trois ans avec une zoothérapeute. Tous les mercredis après-midi, nous avons une séance d’une heure de 16h30 à 17h30 pour deux groupes (un de six et un de sept). Elle se passe en trois temps. Premier temps : le temps d’accueil des chiens, avec caresse et brossage à tour de rôle. Deuxième temps : une balade autour de l’établissement d’une vingtaine de minutes avec les bergers allemands, chacun prenant la laisse et participant à du lancer de balle. Puis, au retour, le troisième temps : on discute, on verbalise et on raccompagne les chiens au véhicule. Pendant la séance, on s’aperçoit que certaines personnes se calment et parviennent à se poser avec l’animal, même sans être en contact direct avec lui. Généralement, on voit que ça détend les personnes. Mais la régularité a une importance capitale, c’est primordial qu’il y ait une constance. L’évolution et la progression prennent du temps. »

    Des bénéfices visibles

    Cécile explique comment sont appréciés les bénéfices de ces séances : « On remplit une fiche d’évaluation par résident à la fin de chaque séance avec les objectifs atteints ou non et une échelle de cotation. Tenir la laisse, nourrir l’animal, prendre soin de lui, oser les caresses, est-ce qu’il le fait seul, est-ce qu’il a eu besoin d’une présence physique, est-ce qu’il y a au contraire eu des problèmes… Ça nous permet d’évaluer où en est le patient, et sur quoi on doit encore travailler. Dans un premier temps, on a des objectifs généraux : capter l’attention de la personne ou de l’animal, demander de l’aide, savoir s’adapter face aux différentes situations, accomplir une tâche demandée pendant un temps requis… Après, on affine au cas par cas : chercher l’acceptation de l’animal près de soi, proposer un cadre relationnel et sécurisant avec l’animal, favoriser la communication et la concentration sur une tâche… Certains ont, au niveau sensoriel, une hypo ou une hypersensibilité. Au toucher, par exemple. Donc on les accompagne, avec la dynamique de groupe, dans leur tolérance aux poils du chien. Au début, c’est compliqué. Puis, avec la confiance et le temps, ils parviennent à tenir la laisse seuls. Nous avons l’exemple d’un jeune qui a vraiment bien évolué. Lorsqu’on va à la ferme pédagogique en fin d’année avec chaque groupe, il apprécie énormément. La présence du moindre animal le met en joie. Il est devenu serein. Ces séances ont en remplacé le traitement préventif qu’il prenait pour les troubles du comportement. »

    Un discours qui n’étonne pas Pauline Mayel, ex-infirmière elle aussi, qui exerce également à son compte dans le Rhône à Irigny. « La médiation animale permet de créer du lien, de s’éveiller et de progresser, amorce l’experte trentenaire. Il s’agit d’un soin alternatif non médicamenteux que l’on pratique à l’aide d’animaux familiers consciencieusement sélectionnés et éduqués dans l’environnement immédiat des personnes. Les objectifs principaux ? Favoriser la relation et les échanges avec autrui, mais aussi éveiller des réactions visant à maintenir ou à améliorer le potentiel global (à savoir cognitif, physique et psychosocial ou encore affectif). »

    La zoothérapie, pas du pipi de chat !

    Pour Pauline, ses compagnons de route qui la suivent non-stop dans son quotidien sont une grosse trentaine : vingt cochons d’Inde, quatre poules naines, six lapins de race différente, une lapine naine et une chienne. « Avant même que je ne devienne zoothérapeute, j’avais déjà observé les bénéfices de l’animal au contact de l’être humain. Pour moi, mais aussi pour mes proches. Quand je rentrais de mon travail au bloc opératoire des urgences, où je voyais des choses très difficiles et où il y avait beaucoup de pression ainsi que de souffrance humaine, me connecter avec mes petits protégés me faisait énormément de bien. Passer des moments simples, comme les caresser ou leur donner à manger, me détendait énormément, précise celle qui est zoothérapeute depuis un an. En soins palliatifs, j’ai parfois vécu des moments de grâce lorsque mon chien montait sur le lit de personnes qui allaient bientôt partir et qui profitaient d’un instant de répit. Le moment est beau et les malades le ressentent, ça ne s’explique pas. Dans certains Ehpad, des patients victimes de pathologies neurodégénératives assez poussées et qui ne s’expriment plus sont tout à coup super présents pendant la séance avec les animaux. Ils se remettent à parler, ils sont contents… Ils sont réveillés, ils sont là ! On sent que quelque chose se passe, indiscutablement. »

    « Ça me fait un bien fou, je vais bien dormir ce soir. Vous savez, rien que le contact avec la fourrure me fait du bien. L’importance du toucher… Ça me manque, les animaux. »

    Mme C., 95 ans

    Qui plus est, la médiation animale est accessible aux populations isolées. En témoignent l’expérience de Mme C., 95 ans qui vit seule chez elle et sans famille, une aide à domicile ou des IDE pour seules visites, comme le rapportte Pauline Mayel : « La zoothérapie lui apporte beaucoup de joie chaque mois. Elle s’installe dans son fauteuil en position inclinée avec Pepito le cochon d’Inde sur sa poitrine, ils discutent et parfois piquent une sieste ensemble… Elle prépare toujours une carotte en prévision de sa visite. » La zoothérapie, une approche au poil !

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    L’Essentiel de l’article

    • La zoothérapie est un soin alternatif et complémentaire au parcours médical classique
    • Chien, chat, chèvre, lapin, cheval, poule, cochon : de nombreuses espèces peuvent aider à retrouver une autonomie ou une sérénité
    • Les zoothérapeuthes interviennent dans des structures telles que les Ephad, les hôpitaux, les associations de personnes handicapées, les prisons…

     

  • Il fait (trop) chaud ? 5 conseils pour bien manger et s’hydrater

    Il fait (trop) chaud ? 5 conseils pour bien manger et s’hydrater

    1 Risque de canicule ? Buvez de l’eau, beaucoup d’eau !

    C’est le b. a.-ba, et pourtant seul 45% des Français (1) boivent assez d’eau chaque jour. En temps normal, il est recommandé de boire au moins 1,5 litre d’eau par jour pour un adulte et au moins 1 litre pour un enfant. Et en cas de canicule, il faut compter le double.

    Veillez donc à toujours avoir de l’eau à portée de main : bouteille ou eau du robinet, peu importe ! Soyez attentifs : chez les bébés, les jeunes enfants et les personnes âgées, la sensation de soif est atténuée. Il faut donc veiller activement à maintenir une bonne hydratation en buvant de façon très régulière (toutes les heures).

    65 %

    du corps humain est constitué d’eau. C’est dire l’importance de bien s’hydrater !*

    2 Café, alcool, sodas : à éviter !

    Évidemment, toutes les boissons ne se valent pas pour étancher la soif. Certaines, comme le café et les boissons alcoolisées ont même l’effet inverse : parce qu’elles sont diurétiques, elles déshydratent plus qu’elles n’hydratent. Idem pour les sodas, trop sucrés, qui provoquent une perte d’eau. Elles sont donc à consommer avec encore plus de modération que d’habitude en cas de grosses chaleurs.

    Sportifs, oui à l’eau (pas trop) sucrée

    Le sucre favorise l’absorption de l’eau par l’organisme. Si vous faites du sport par forte chaleur (ce n’est pas conseillé mais c’est vous qui voyez), il est donc possible d’ajouter du sucre à l’eau (environ 30 g/L) pour augmenter son pouvoir réhydratant. Attention, si la boisson est trop sucrée (soda) l’effet inverse se produit : elle devient déshydratante.

    3 Les fruits et légumes, sources d’eau

    Sur les 2,5 litres d’eau dont notre corps a besoin au quotidien pour maintenir son niveau d’hydratation, 1 litre est apporté par l’alimentation. Stars de l’été, les fruits et légumes sont nos alliés privilégiés en temps de canicule ! Frais, légers, ils sont très riches en eau et constituent donc une excellente source d’hydratation. Privilégiez les fruits et légumes moins riches en sucres comme le concombre, le melon, la pastèque, la tomate, la courgette, l’aubergine ou la laitue. À vous les salades composées, goûteuses, pleines de vitamines, faciles à réaliser et que vous pouvez varier à l’infini au gré de vos envies.

    4 Des féculents pour l’énergie

    L’appétit a souvent tendance à diminuer avec la chaleur, et pourtant le corps a toujours besoin d’énergie ! Il est donc important de conserver une alimentation équilibrée pour lui apporter tout ce qu’il lui faut : des fruits et légumes certes, mais aussi des féculents (riz, pâtes, pommes de terre, légumineuses) pour carburer toute la journée !

    C’est extrêmement important pour les enfants, les seniors et les personnes ayant un métier physique ou une activité sportive soutenue. Les légumineuses (lentilles, pois, haricots rouges ou blancs, fèves, pois chiches, etc.) sont particulièrement intéressantes car elles sont également riches en fibres, en protéines, en vitamines (B, PP et C notamment) et en oligo-éléments.

    5 Moins de viandes, plus d’oeufs et de yaourts

    Parce que les protéines peuvent être difficiles à digérer quand il fait chaud, mieux vaut limiter la consommation de viandes grasses. Les œufs sont une bonne alternative, de même que les crustacés, coquillages et poissons blancs. Enfin, les yaourts, constitués de 75 à 90 % d’eau, peuvent être consommés sans problème même en pleine canicule.

    Lire aussi : Comment consommer la viande de façon responsable ?

    L’Essentiel de l’article

    • Buvez au moins 3 litres d’eau par jour.
    • Évitez le café, les boissons alcoolisée et les sodas.
    • Boostez votre consommation de légumes et de fruits.
    • Consommez des féculents et de légumineuses pour l’énergie.
    • Limitez la viande. Préférez les oeufs, poissons et crustacés.

    (1) Credoc pour l’EHI (Institut européen de l’hydratation), « 1,5 litre de boissons par jour, c’est pas la mer à boire »,

  • Écrans et perte de contrôle : un danger pour les jeunes  ?

    Écrans et perte de contrôle : un danger pour les jeunes  ?

    Une saturation d’écrans

    Omniprésents dans notre quotidien, tant sur le plan social que professionnel, les écrans prennent même une place de plus en plus importante dans la vie des jeunes. 42 % des 15-30 ans passent au moins six heures devant un écran quotidiennement, et 13 % en passent dix ou plus. Un chiffre constant par rapport à 2022, mais qui confirme une hausse post-confinement.

    Faut-il s’inquiéter – et à quel moment ? Quand peut-on parler de surconsommation, ou même d’addiction ? En réalité, comme l’explique la psychologue Karine de Leusse, il faut surtout se demander ce qui se cache derrière ce temps d’écran. « Le temps passé est un premier signe, explique-t-elle. Pourtant, l’indicateur majeur, c’est la difficulté à se détacher de l’écran. Si cela s’avère difficile, il faut commencer à se poser des questions. » En particulier en ce qui concerne les adolescents, en période charnière de leur développement. C’est ce que constate Florian, père d’une fille de 16 ans, plutôt désemparé : « C’est le principal sujet de fâcherie entre nous. Elle a toujours une bonne raison de garder son téléphone, pendant ses devoirs ou même dans son lit. La limitation pure et simple ne fonctionne pas : elle le vivrait comme une punition, qui ne ferait que renforcer son désir d’écrans. »

    36 % des jeunes ont ressenti une perte de contrôle

    face à leurs écrans au moins vingt fois durant l’année écoulée. (1)

    Des applis qui font perdre le contrôle

    Autre facteur alarmant : la perte de contrôle. 70 % des jeunes interrogés avouent l’avoir ressenti au moins une fois. C’est le cas de Robin, community manager de 26 ans. « Entre mon travail et mes loisirs, je peux vite monter à douze heures d’écrans par jour, raconte-t-il. J’ai un écran au moment de me coucher et je me réveille avec un écran. Forcément, je me dis que c’est excessif, mais en fait je ne le vis pas comme ça. » Car une fois rentré du travail, les écrans deviennent pour Robin un moyen de décompresser. « Quand je regarde une longue vidéo YouTube, ou que je joue à un jeu qui me plaît, c’est un temps choisi, dont je ressors enrichi. » La perte de contrôle arrive plutôt quand ce temps est subi : « Quand je passe deux heures sur TikTok alors que je voulais y passer cinq minutes, j’ai vraiment l’impression de perdre mon temps. »

    Faut-il parler d’addiction ?

    Certains psychologues refusent malgré tout d’utiliser le terme d’addiction aux écrans. Sans le réfuter totalement, Karine de Leusse relativise : « En effet, difficile de parler d’addiction au même titre que l’alcool et la cigarette, d’autant qu’on est quasiment obligés de les utiliser dans sa vie quotidienne et professionnelle. Pourtant certains comportements en relèvent. Qu’on parle d’addiction, de régression ou autre, peu importe : il faut comprendre à quoi ce comportement correspond pour chaque personne. »

    Et cela passe déjà par comprendre les risques. Seuls 28 % des 15-30 ans, considèrent que l’usage des écrans peut être risqué, voire très risqué. « Ils ont une certitude, c’est qu’ils maîtrisent tout parfaitement, poursuit Karine de Leusse. Et au fond, ils maîtrisent effectivement très bien l’écran, mais ils ne connaissent pas les dessous de l’écran. »

    En effet, les applications modernes savent jouer avec la chimie des cerveaux pour capter l’attention. Florian ne peut que constater : « Quand je la regarde enchaîner les vidéos TikTok ou YouTube pendant trois ou quatre heures, je me dis qu’elle n’a pas un réel contrôle de ces outils. Et même que ces applications sont conçues pour ça : un ado n’est pas équipé pour déjouer les techniques utilisées pour capter son attention. Et les adultes ne le sont pas tellement plus. »

    Souvent, les activités personnelles en pâtissent, comme le constate Robin : « Mon problème depuis quelques années, c’est que j’ai l’impression de ne pas avoir le temps pour quoi que ce soit, raconte Robin. J’ai souvent envie d’avancer sur des projets personnels, mais c’est toujours plus facile de se mettre devant les écrans. »

    La détox numérique : une fausse bonne idée ?

    Mais alors, comment reprendre le contrôle ? La détox numérique, soit le fait de se couper d’écrans durant une période donnée, est une possibilité. Attention toutefois de ne pas y voir un remède miracle, comme l’explique Karine de Leusse : « Ça ne peut pas faire de mal, surtout si toute la famille le fait en même temps. Mais une détox seule, ce n’est rien du tout, c’est comme faire le Dry January [janvier sobre] et se remettre à boire comme avant. Ce qu’il faut, c’est fixer les bonnes limites. »

    La psychologue conseille ainsi de « tout contractualiser. Il faut dresser avec l’ado un règlement intérieur avec un temps maximum par jour, par exemple, et quand l’enfant dépasse son temps attribué le décompter pour la journée du lendemain. Il faut redonner la vraie valeur du temps ».

    Et ce contrat peut être dressé avec soi-même, comme le détaille Robin : « Souvent, je fais des emplois du temps de mon temps libre. Cela me permet de vraiment reprendre le contrôle sur mon temps justement. Malheureusement, dès que je traverse une période chargée, impossible de m’y tenir. »

    Mais il ne s’agit dans tous les cas que d’une première étape. Pour Karine de Leusse, il faut « voir à quoi l’écran fait écran. C’est bien souvent un refuge, non pas le problème, mais la solution à un problème qu’il s’agit donc de résoudre avant toute chose ».

    En attendant d’aller au bout de ce long processus, mieux ne vaut pas totalement noircir le tableau et se montrer optimiste, à l’image de Florian. « Toute une génération va souffrir des mêmes problèmes, mais aussi trouver des solutions ensemble. C’est une vie différente de celle que j’imagine, mais ma fille sera au moins autant armée que ses amies. Donc j’essaye de ne pas me faire trop de souci. »

    Comment les jeunes gèrent les addictions ?

    En 221, la Macif a lancé avec Ipsos le 1er baromètre sur les addictions et leurs conséquences chez les jeunes. Cette étude annuelle permet d’étudier les consommations de substances addictives chez les 16-30 ans et les comportements à risques qu’elles engendrent afin de proposer des solutions de prévention adaptées.

    L’Essentiel de l’article

    • 42 % des 15-30 ans passent au moins six heures devant un écran quotidiennement
    • 70 % des jeunes interrogés avouent avoir ressenti une perte de contrôle au moins une fois
    • seuls 28 % des 15-30 ans considèrent que l’usage des écrans peut être risqué
    • S’il vous est difficile de vous détacher des écrans, cela peut être un indicateur d’un souci dans votre consommation

    (1) Baromètre des addictions 2023 réalisé par l’IPSOS pour la MACIF

  • Vos repères santé : le podcast pour comprendre notre système de santé

    Vos repères santé : le podcast pour comprendre notre système de santé

    Épisode 1 : C’est quoi la Sécu ?

    Qui a eu l’idée de créer la sécurité sociale et quand ? Est-ce qu’aller chez le médecin ou le dentiste, c’est gratuit ? Qui finance les 183 milliards d’euros de la branche maladie ? Avec des archives et des questions d’enfant, plongez dans l’histoire et les mécanismes de la sécurité sociale en 3 minutes.

    Épisode 2 : C’est quoi une mutuelle ?

    Les mutuelles, c’est quoi ? À quoi ça sert exactement ? Avec des exemples et des cas concrets, comprenez enfin les rouages de ces institutions qui participent à la qualité et la réputation du système de santé français en 3 minutes.

    Épisode 3 : comment fonctionne le duo Sécu – mutuelle ?

    Dans de nombreux pays, les citoyens doivent débourser des milliers d’euros chaque année pour se soigner, pas en France. Pourquoi ? Grâce à une complémentarité entre la sécurité sociale et les mutuelles. On vous explique comment, à travers des exemples concrets et des comparaisons internationales en 3 minutes.

    Épisode 4 : Comment fonctionnent les remboursements à la pharmacie ?

    Un matin, Marin, se réveille patraque, avec le nez qui coule. Après son rendez-vous chez le médecin, il court à la pharmacie pour acheter ses médicaments. Combien ça va lui coûter ? Devra-t-il payer ses médicaments ? Dans quel cas, et pourquoi ? Avec des exemples et des cas concrets, on vous aide à mieux comprendre vos remboursements santé en moins de 4 min !

    Épisode 5 : Comment fonctionnent les remboursements à l’hôpital ?

    Mamie Violette a la vue qui baisse. Elle doit se faire opérer de la cataracte. Marin l’accompagne et sur la route, il se demande combien ce passage à l’hôpital va lui coûter ? Avec des exemples et des cas concrets, on vous aide à mieux comprendre vos remboursements santé en moins de 4 min !

    Épisode 6 : Remboursements de vos lunettes

    En pleine partie de jeu vidéo, Marin constate qu’il ne voit plus très bien son écran. Impossible de battre le boss ! Il va avoir besoin de lunettes… Chez quel spécialiste doit-il aller ? Combien ça va lui coûter ? Avec des exemples et des cas concrets, on vous aide à mieux comprendre vos remboursements santé en moins de 4 min !

  • Le régime végétarien a-t-il des limites ?

    Le régime végétarien a-t-il des limites ?

    « Jamais je n’ai été aussi en forme que depuis que je suis végétarien ! » Après une heure de foot en salle, Jérémy rayonne. Masseur-kinésithérapeute et sportif convaincu, ce père de 39 ans ne mange ni viande ni poisson depuis près de cinq ans. Comme sa femme, comme ses enfants, comme ses frères et sœurs, et 1,4 millions de Français(1). Ce sont surtout des préoccupations écologiques qui l’ont amené à faire ce choix. Et il ne le regrette pas, puisqu’il se sent parfaitement bien dans son corps : « Je n’ai jamais eu de quelconque problème de santé. Pas de fatigue, pas de déprime… »

    Régime végétarien : des risques peuvent exister

    Stanislas Kran, qui se définit comme un ancien « très mauvais végétarien », l’a observé et a d’ailleurs raconté son aventure dans un livre L’Expérience alimentaire (éditions Grasset) : « C’est en 2013 que, du jour au lendemain, j’ai foncé dans ce régime tête baissée, car je lisais partout que c’est très facile de devenir végétarien. En réalité, ça n’a pas été si simple. D’autant que, par souci de cohérence, je suis rapidement devenu quasiment végétalien (aucune consommation de produits d’origine animale, ce qui exclut le lait et les œufs ou encore le miel, ndr). Les effets sur mon corps ont été un affaiblissement généralisé, un amaigrissement, une perte de masse musculaire… Le tout associé à de la fragilité psychique et des symptômes dépressifs que j’ai fini par attribuer à une carence en tryptophane, un acide aminé précurseur de la sérotonine. »

    Ce documentariste pour la télévision s’est décidé au bout de deux ans à faire une prise de sang qui a dévoilé une carence en vitamine B12, l’obligeant à faire machine arrière.

    Le végétarisme n’est pas fait pour tout le monde

    Son témoignage n’étonne pas les experts de la nutrition, lesquels expliquent facilement ces troubles physiques. « Pour la majorité des enfants et des adultes, le régime végétarien ne répond pas correctement aux besoins nutritionnels. Les produits carnés sont en effet indispensables pour les apports en fer, de même que les produits de la mer le sont pour ceux en DHA (acide docosahexaénoïque), un acide gras essentiel pour le fonctionnement et le développement du cerveau, explique Patrick Tounian, chef du service de nutrition et gastro-entérologie pédiatriques de l’hôpital Trousseau (Paris). Les végétaux riches en fer, comme les épinards ou les légumineuses, ne peuvent pas remplacer les produits carnés, car le fer qu’ils contiennent est huit fois moins bien absorbé par l’intestin. »

    Même son de cloche chez le Docteur Jean-Michel Lecerf, médecin nutritionniste et chef du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille ayant rédigé un ouvrage sur la question intitulé La viande : Un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout (Editions Buchet-Chastel) qui apporte certaines précisions : « Il faut distinguer le régime végétarien et le régime végétalien, ce dernier étant plus problématique en raison du manque de calcium, surtout concernant les personnes âgées, et les enfants en croissance. Pour le régime végétarien, les études montrent globalement des déficits de certains nutriments : il y a un peu moins de fer, de calcium et d’iode ou encore de zinc dans le sang des végétariens que dans celui des omnivores. Sans poisson, il y a aussi un déficit d’oméga-3. Ce n’est pas dramatique même si le cerveau et la vision peuvent être impactés, mais ça peut être dangereux pour les enfants, les femmes allaitantes et les femmes enceintes. »

    En moyenne, on remarque également plus de cas d’ostéoporose et de fracture chez ceux qui ne mangent pas de viande ou de poisson.

    Savoir pallier aux carences

    « La vitamine B12 est cruciale pour le système sanguin ou nerveux et elle n’est pas apportée par les végétaux. Si bien qu’au bout de trois à cinq ans, si aucun supplément n’est apporté, des troubles apparaissent : paralysie, dépression, anémie… On l’observe souvent, explique Patrick Tounian. Pour la vitamine B12 et le fer, les prises de compléments sont indispensables, sauf peut-être pour les rares individus qui possèdent un variant génétique leur permettant d’absorber anormalement le fer végétal et peuvent ne pas être carencés malgré l’absence de consommation de produits carnés. Pour le DHA, des compléments sont aussi nécessaires. »

    C’est pourquoi Alice, kiné elle aussi, absorbe quotidiennement des compléments alimentaires, à l’instar de son confrère Jérémie. « Mais j’en prenais déjà avant de devenir végétarien, parce que je manquais de fer, détaille la trentenaire, qui indique que ses analyses médicales sont très bonnes. Je n’ai pas de cholestérol, pas de carence ou autre mauvais signal. Je dirais même que je me sens en meilleure santé depuis que je suis végétarienne : on a moins de ballonnements, de problèmes digestifs quand on retire la viande de son alimentation. Je ressens du confort, de l’énergie à force de végétaliser mon assiette. » Ses conseils, pour ceux qui seraient intéressés ? « Ne pas simplement supprimer la viande ou le poisson ! » De son côté, Jérémie recommande « d’y aller doucement, en se renseignant »

    Il faut transformer son alimentation, découvrir des recettes et réapprendre à composer un repas. C’est une nouvelle façon de s’alimenter .

    Alice, kiné et végétarienne

    « Nous, les scientifiques, préconisons de manger plusieurs fois végétariens dans la semaine plutôt que d’adopter un régime végétarien strict, conclut le Dr Lecerf, membre de la Société française de nutrition. Davantage de fibres, de fruits, de légumes… Le régime végétarien apporte des avantages par rapport à une mauvaise alimentation occidentale, on ne peut pas le nier. Mais il faut trouver le bon équilibre, en considérant notamment le système osseux et nerveux. Statistiquement, les végétariens font par exemple plus d’AVC, mais présentent moins de diabète et de pathologie cardio-vasculaire. Quant aux cancers, on ne sait pas, ce n’est pas très clair. »

    À chacun son équilibre en se faisant accompagner !

    Envie de changer de régime alimentaire ?

    Faites vous accompagner par un médecin nutritionniste, le remboursement de séances est inclus dans le contrat Macif Mutuelle Santé.

    L’Essentiel de l’article

    • Le végétarisme consiste à ne pas consommer de chair animale (ni viande ni poisson)
    • Le régime végétarien n’est pas adapté à tout le monde, des carences peuvent subvenir
    • Se faire accompagner permet d’adapter son alimentation au plus proche de ses propres besoins 

    (1) Ifop 2021

  • À la découverte de la musicothérapie

    À la découverte de la musicothérapie

    Le musicothérapeute n’est pas un médecin

    L’efficacité de la musicothérapie pour soulager certains types de pathologies est reconnue par des professionnels de santé, des travailleurs sociaux et des patients eux-mêmes. D’ailleurs, des institutions comme des hôpitaux y ont recours. Mais le musicothérapeute n’est pas un médecin : il est d’abord un musicien. Selon le site de la Fédération française des musicothérapeutes, « il s’inscrit dans une démarche de soin, d’accompagnement ou de soutien psychologique ».

    Ses séances viennent en complément d’un traitement médical ou d’un suivi médico-social, mais elles ne se substituent pas à ces derniers. 

    Un soin en musicothérapie ne guérit pas, il aide à apaiser des souffrances.

    Émilie Tromeur–Navaresi, la présidente de la Fédération française des musicothérapeutes

    Un bilan de réceptivité est nécessaire

    La musicothérapie n’est pas pertinente dans tous les cas de figure. Par exemple, certains individus ne sont pas réceptifs à la musique. Au contraire, un son ou une mélodie peuvent raviver des traumatismes chez d’autres. Mais, contrairement à une idée reçue, la musicothérapie peut fonctionner sur des malentendants grâce à un dispositif d’enceintes vibratoires posées au sol.

    « En revanche, précise Émilie Tromeur–Navaresi, il peut y avoir des contre-indications pour des personnes acouphéniques. » Pour toutes ces raisons, un bilan de réceptivité est indispensable pour déterminer l’opportunité de mettre en place une telle thérapie. Il comprend un questionnaire sur le parcours du patient et son rapport à la musique, ainsi qu’un test de réceptivité à l’écoute musicale.

    Un programme adapté à chaque patient

    La musicothérapie est utilisée dans des contextes très différents allant de la psychiatrie aux soins palliatifs, en passant par la pédiatrie, la gériatrie, l’addictologie, le handicap et bien d’autres domaines. C’est pourquoi, à l’issue du bilan de réceptivité, et en fonction de l’état du patient, le professionnel définit des objectifs, un programme et une méthode.

    La thérapie se déroulera alors en groupe ou de façon individuelle, sous une forme « réceptive » (le patient écoute et réagit) ou « active » (il utilise sa voix et son corps pour produire des sons, notamment par improvisation), à raison de plusieurs séances par semaine ou d’une séance tous les 15 jours. « Une séance dure entre 20 min et 1h30, précise la présidente de la FFM. Cela dépend des possibilités de chacun. » Si, pour certains, un cycle de huit séances suffit, d’autres suivront la thérapie pendant plusieurs années.

    Bien choisir son musicothérapeute

    En l’absence de réglementation de l’État concernant cette profession, n’importe qui peut s’autoproclamer musicothérapeute. Il faut donc faire preuve de prudence avant de prendre rendez-vous. La Fédération française des musicothérapeutes (elle-même membre de l’European Music Therapy Confederation) met à disposition le registre national des musicothérapeutes qu’elle référence. « Le musicothérapeute a suivi une formation spécialisée en musicothérapie, peut-on lire sur son site. Sa formation professionnelle lui assure un savoir théorique, pratique, clinique en psychologie et neuropsychologie, psychiatrie, psychopathologie, neurophysiologie de la musique, et de développement personnel. »

    La fédération liste aussi également les organismes de formation agréés et ils ne sont que quatre à ce jour :

    Faire appel aux médecines douces

    Si la musicothérapie n’est pas encore prise en charge, il existe des médecines douces permettant elles aussi de soulager les douleurs. Le contrat Macif Mutualité Santé rembourse certaines médecines douces : vos séances d’ostéopathie, d’acupuncture, de diététique, de pédicurie et podologie, de chiropraxie, d’homéopathie et d’étiopathie sont prises en charge.*

    *Voir conditions du contrat

    L’Essentiel de l’article

    • La musicothérapie s’inscrit dans une démarche de soin, d’accompagnement ou de soutien psychologique
    • Elle n’est pas pertinente dans tous les cas de figure
    • Un bilan de réceptivité est nécessaire avant de démarrer une thérapie
  • Contraception masculine, quelles sont les possibilités ?

    Contraception masculine, quelles sont les possibilités ?

    Visiblement, ce n’est pas une question de volonté. De nombreuses études montrent qu’au sein du couple, les hommes sont intéressés par un partage de la responsabilité de la contraception. Seul problème : la science avance lentement. Pour preuve, la recherche d’une pilule contraceptive pour les hommes remonte aussi loin que l’autorisation en 1960, de son équivalent pour les femmes. S’il existe des alternatives, peu d’hommes sont au fait.

    Et pour cause : en 2023, en France, les seules méthodes de contraception masculine reconnues par la Haute Autorité de Santé (HAS) sont le préservatif, la vasectomie et le retrait. Si la vasectomie est la solution la plus efficace, c’est aussi la plus radicale. Elle consiste à couper les canaux déférents qui portent les spermatozoïdes depuis les testicules jusqu’à la prostate. Une fois ces canaux bloqués, le sperme est alors dénué de spermatozoïdes et donc sans capacité de féconder. Le retrait, quant à lui, a plutôt mauvaise presse lorsqu’il s’agit de parler d’efficacité et relèverait plus du hasard, avec 22 % d’échecs. « L’éventualité d’une grossesse non prévue doit être acceptable, résume subtilement la HAS. Sinon préférer une autre méthode. » Le message est clair.

    Et les méthodes thermiques ?

    D’autres méthodes moins connues font néanmoins parler d’elles : les contraceptions thermiques. On compte trois dispositifs : le slip chauffant, l’anneau en silicone et le boxer chauffant. Tous ont pour objectif de rentrer les testicules dans les canaux inguinaux, laissant le scrotum vide. S’ils ne sont pas homologués, ils reçoivent de nombreux adeptes un peu partout en France, qui décident de prendre les choses en main, en fabriquant eux-mêmes leur dispositif thermique. « Pour le slip, il doit se porter au minimum quinze heures par jour », détaille Maxime, 29 ans. Même effet pour l’anneau lorsqu’il est porté plus de quinze heures par jour. Pour ce qui est du boxer chauffant, aucun processus scientifique n’a permis de le valider. Prudence, donc.

    Un acte militant

    À Rennes, Maxime (le prénom a été changé à sa demande) a cofondé en octobre dernier un collectif baptisé Rennes Antisexiste qui, plusieurs fois par mois, organise des ateliers couture et partage d’informations. Sur les présentoirs, slips, anneaux et jockstraps se mélangent aux brochures. « On accueille divers profils, ajoute-t-il. Des personnes qui ne sont au courant de rien mais qui sont curieuses de voir quelle serait la meilleure méthode. Il y a aussi des hommes “contraceptés” depuis six mois, un an voire un an et demi, qui viennent partager leur expérience. Certains sont même accompagnés de leur partenaire. Et pour ce qui est de l’âge, vous avez des jeunes de 20 ans mais aussi des pères de famille. »

    Pour l’instant, le collectif compte six participants présents à chaque permanence. « C’est loin d’être la cohue, mais espérons que les gens viendront de plus en plus nombreux. » Aujourd’hui, choisir son contraceptif, le fabriquer soi-même relève du militantisme, afin que la contraception masculine soit mieux étudiée et prise en charge par les pouvoirs publics. Car, rappelons-le, le slip chauffant n’est pas reconnu par la sécurité sociale et requiert des prescriptions régulières de spermogrammes.

    Il faut que les hommes se saisissent de ce sujet.

    Rennes Antisexiste

    Une demande de plus en plus forte

    Slip, anneau, vasectomie ou injections d’hormones, les nouvelles méthodes sont de plus en plus demandées, notamment chez les 25-35 ans et les plus de 40 ans. Ce que confirme Maxime, de Rennes Antisexiste : « On reçoit des personnes qui ont bien creusé le sujet et qui cherchent à être accompagnées, qui souhaitent avoir un suivi médical. » Si l’objectif de ces permanences rennaises est autant d’informer que de socialiser, Maxime a à cœur d’apporter aux contraceptions masculines un cadre politique féministe. « Il faut que les hommes se saisissent de ce sujet et qu’ils en discutent au sein de leur couple, estime-t-il. Peut-être que votre partenaire aura envie de garder sa méthode de contraception, peut-être que non. Le tout, c’est que ça puisse être un sujet de discussion. »

    Quelle contraception choisissez-vous ?

    Le contrat Macif Mutuelle Santé prévoit notamment la prise en charge des préservatifs féminins et masculins. Renseignez-vous !

    L’Essentiel de l’article

    • La charge liée à la contraception pèse majoritairement sur les femmes
    • Trois contraceptions dites « masculines » sont reconnues en France : le préservatif, le retrait et la vasectomie
    • D’autres méthodes existent dont les sous-vêtements chauffants et l’anneau en silicone