Catégorie : À ma santé !

  • Scolarité des adolescentes : le poids des règles

    Scolarité des adolescentes : le poids des règles

    En France, près d’un tiers des adolescentes a déjà manqué des cours ou des journées de classe à cause de leurs règles. Parmi elles, 36 % sont absentes au moins une fois tous les deux mois pour la même raison. Ces deux chiffres de l’enquête Essity de 2020 (1) suffisent à dessiner une certitude : les cycles menstruels sont loin d’être anecdotiques dans le parcours scolaire des jeunes filles. En Afrique, selon l’Unicef, une fille sur dix n’irait pas à l’école pendant ses règles, et ces absences régulières favorisent la déscolarisation.

    Les régles, un sujet encore tabou chez les jeunes filles

    En France, des avancées réelles sont à noter sur la prise en compte de la précarité menstruelle.  Mais le sujet n’est pas qu’économique, il est aussi social et éducatif. « Les règles sont taboues dans tous les monothéismes, et au-delà dans la plupart des religions et des cultures », souligne la politologue et juriste Ophélie Latil, fondatrice du mouvement féministe Georgette Sand. La majorité des adolescentes apprennent encore à considérer le sang menstruel comme une source de honte et de dégoût, explique la sociologue Aurélia Mardon, auteure de L’apparition des menstrues, Honte et dégoût dans la fabrication du féminin (PUF, 2011). Cette perception a des effets sur leur manière de vivre leurs cycles, et les pousse à considérer leur statut de femme sous l’angle de la contrainte. « Toutes ont intériorisé le fait qu’il s’agissait d’une source d’embarras pour elles, mais aussi qu’il leur fallait prévenir l’embarras des autres et, plus particulièrement, des hommes », détaille la sociologue.

    Lors de leurs règles, un tiers des collégiennes et lycéennes éprouve des difficultés à participer aux cours de sport ; près d’un quart signale des difficultés de concentration en cours et 62% souffrent de douleurs et de crampes. « Beaucoup viennent me voir pour des Doliprane ou des Spasfon », explique Hélène, infirmière depuis trois ans au collège Molière, à Ivry-sur-Seine (94), après avoir exercé en hôpital. Souffrir pendant ses règles est encore considéré comme la norme : « la confusion existe entre avoir ses règles et être malade », regrette Ophélie Latil. Pourtant, la douleur est un signal qui doit alerter, bien plus qu’une fatalité. « Des douleurs fortes nécessitent des examens et des traitements. Des solutions existent. J’incite beaucoup de jeunes à aller voir un gynécologue, mais la plupart ne veut pas y aller », observe l’infirmière du collège Molière.
     

    Des infrastructures inadaptées

    Dans le cadre scolaire, malgré l’engagement d’une partie du personnel soignant et éducatif, les obstacles au bon déroulement des règles des jeunes filles persistent. Cela passe d’abord par un entretien des toilettes insuffisant : 68 % des filles interrogées se déclarent mal à l’aise à l’idée d’utiliser les sanitaires de leur école au moment de leurs règles, et évitent au maximum de s’y rendre. Au-delà d’un manque de moyens, la fondatrice de l’association Georgette Sand pointe la responsabilité de l’externalisation de l’entretien ménager mené par de nombreux établissements scolaires, qui pénalise une coordination et un suivi durable avec l’équipe de soin. Ces difficultés matérielles sont encore plus fortes dans les écoles primaires que dans les collèges et lycées, car « de plus en plus de fillettes ont leurs règles dès le CM1 ou le CM2, notamment du fait d’une alimentation plus riche que par le passé, et les écoles ne sont pas préparées à cela. Les sanitaires ne sont pas équipés de poubelles, et les écoles ont rarement de stocks de protections », détaille Ophélie Latil.

    Par ailleurs, cette précocité accentue encore un peu plus le manque d’information lors des premières règles, déjà très présent. 15 % des jeunes filles seulement ont déjà entendu parler des règles à l’école avant de les avoir elles-mêmes (Essity, 2020). « Je fais une sensibilisation auprès de toutes les classes de 6ème, chaque année. En général, les filles ne savent pas ce que c’est vraiment, même si elles savent que ça fait mal. Il y a de la gêne : le tabou est toujours là », confirme l’infirmière du collège Molière. Ce manque de préparation ne contribue pas à des cycles menstruels sereins, et favorise l’absentéisme. Enfin, le coût des règles est encore insuffisamment pris en compte. Si au collège Molière, Hélène donne tampons et serviettes à toutes celles qui le sollicitent, les distributeurs de protections, solution défendue par les associations qui luttent contre la précarité menstruelle, restent rares. 

    Lire aussi : Protections hygiéniques : tout savoir sur le syndrome du choc toxique

    « Les règles ne devraient pas empiéter sur la scolarité, elles ne devraient pas empêcher de vivre ! »

    Hélène, infirmière

    Un accompagnement du personnel éducatif est primordial

    Aux yeux d’Ophélie Latil, l’une des pistes d’amélioration se trouve dans l’accompagnement des personnels, car « les conseillers éducatifs, les infirmières elles-mêmes perçoivent parfois la douleur pendant les règles comme une fatalité », relève-t-elle. Autre levier, l’éducation des jeunes, pour améliorer la connaissance du corps dès l’école primaire, à travers des ateliers et des cours non mixtes. « La 5e, c’est déjà un peu tard, et la mixité ne fonctionne pas sur ces sujets », tranche la militante. Même conclusion chez l’infirmière scolaire, qui s’adresse exclusivement aux filles pour ses sessions de sensibilisation : « à 12, 13 ou 14 ans, les filles, au collège, ne crient pas sur les toits qu’elles ont leurs règles, au vu du comportement des garçons. Et quand elles viennent chercher des protections à l’infirmerie, elles prennent soin de bien fermer la porte derrière elles », précise-t-elle. 

    Lire aussi : Protections hygiéniques jetables : 3 alternatives écologiques, saines et économiques

    Pourtant, au-delà des jeunes filles, c’est aussi le regard des garçons et des adultes qui doit changer pour permettre d’en finir avec ce tabou ancestral. « Nous n’enfonçons jamais trop de portes ouvertes ; nous sommes au début, beaucoup de travail reste à faire », défend Ophélie Latil. « Les jeunes pourront être plus à l’aise quand les adultes apprendront à être moins gênés d’aborder ce sujet », pointe Hélène. Car les préjugés et non-dits sont tenaces. Au-delà des difficultés logistiques et de santé qu’elles entraînent, les règles sont implicitement considérées par la société comme un abandon de la maternité. « L’expression « être indisposée », synonyme d’avoir ses règles, renvoie à la non disponibilité sexuelle », précise Ophélie Latil, qui observe une ambivalence permanente sur la question des règles, avec une hypersexualisation de l’enfant, qui deviendrait « femme », « impure », sitôt réglée.  « Cela crée de vraies dissonances cognitives chez les adolescentes », alerte la militante. Lors des nombreux ateliers que l’association Georgette Sand anime, il est rappelé que le sang des règles n’est pas plus sale qu’un autre sang. « Les règles ne devraient pas empiéter sur la scolarité, elles ne devraient pas empêcher de vivre ! », rappelle Hélène. Une évidence qui peine encore à s’imposer.
     

    (1) Essity est une entreprise suédoise spécialisée dans la fabrication de produits d’hygiènes

  • Enceinte à Noël : 7 conseils pour un repas de fête sans frustration

    Enceinte à Noël : 7 conseils pour un repas de fête sans frustration

    Une grossesse implique quelques restrictions alimentaires pour préserver la santé du futur bébé. Mais rassurez-vous, en optant pour une alimentation variée et équilibrée, vous pouvez profiter pleinement des festivités de fin d’année !

    1 Trinquez sans alcool à l’apéritif

    Pour respecter le bon développement du fœtus, la règle d’or est « zéro alcool » pendant toute la durée de la grossesse. Mais rassurez-vous, « il existe aujourd’hui de nombreuses alternatives avec des mousseux sans alcool », affirme Florence Foucaut, diététicienne-nutritionniste. Sinon, un cocktail sans alcool fait maison est tout aussi apprécié.

    Quant aux amuse-bouches, la professionnelle de la nutrition recommande des toasts de tapenade, de houmous ou des noix à grignoter. À éviter : la charcuterie crue, qui peut provoquer une intoxication alimentaire grave si elle est contaminée par la bactérie listéria. « Les femmes enceintes délaisseront aussi les bâtonnets de légumes crus afin d’éviter tous risques de toxoplasmose, maladie parasitaire responsable de malformations congénitales », souligne la diététicienne.

    Bon à savoir :

    ​​Consommer du foie gras pendant la grossesse, c’est possible !

    La seule recommandation est qu’il soit bien cuit (à 100 degrés minimum) afin d’éviter tout risque d’infection à la listeria ou la toxoplasmose. Consommez-le également avec modération car la vitamine A présente dans le foie gras est nocive pour le bébé en trop grande quantité.

    2 Des noix de Saint-Jacques plutôt que des huîtres en entrée

    Ni fruits de mer ni poissons crus ne sont autorisés pendant la grossesse, pour prévenir toutes intoxications alimentaires. Heureusement, vous pouvez vous faire plaisir avec des crustacés bien cuits. De plus, ils sont riches en vitamines et minéraux. « La noix de Saint-Jacques apporte de la vitamine B12 et le homard des protéines et du fer, des nutriments essentiels pendant la grossesse », fait remarquer Florence Foucaut.

    3 Toutes les viandes sont les bienvenues en plat… ou presque !

    Savourez toutes les viandes servies ! Seule condition ? Qu’elles soient bien cuites afin d’éliminer la listeria. « La viande rouge est recommandée car elle est riche en fer, souligne la diététicienne. La dinde et le lapin contiennent beaucoup de protéines ; le poulet de vitamines B ». En revanche, la viande de gibier, riche en toxines, n’est pas recommandée pendant la grossesse.

    Pour agrémenter vos plats de fêtes, toutes les garnitures sont permises : légumes cuits, marrons, féculents ou légumineuses (lentilles, haricots rouges, pois chiches). Et pour accompagner le tout, « choisissez des vins blancs ou rouges, sans alcool », conseille la diététicienne.

    4 Bûche, gâteau et sorbet au dessert

    Gâteau au chocolat, sorbet et fruits confits…. vous avez l’embarras du choix pour vous faire plaisir côté sucré. Veillez tout de même à rester raisonnable sur les quantités car votre système digestif fonctionne au ralenti durant la grossesse. Une seule précaution rappelle la diététicienne. « Si vous pouvez choisir entre deux bûches de Noël, préférez celle glacée à celle à la crème pâtissière, car le lait peut transmettre le staphylocoque ». Pour la même raison, évitez les desserts à base d’œufs crus comme les mousses qui peuvent contenir des salmonelles, bactéries pouvant provoquer une intoxication alimentaire.

    Enceinte à Noël : 7 conseils pour un repas de fête sans frustration

     

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    L’Essentiel de l’article

    • Osez les boissons sans alcool.
    • Optez pour les crustacés cuits, riches en vitamines B12.
    • Préférez les viandes rouges ou blanches, riches en protéines.
    • Ne vous privez pas de desserts, chocolaté ou aux fruits.
  • Inflammations, infections des yeux : comment les prévenir et les soigner ?

    Inflammations, infections des yeux : comment les prévenir et les soigner ?

    1 La conjonctivite : l’infection oculaire la plus fréquente

    « De toutes les infections oculaires, c’est la conjonctivite la plus courante », observe Barbara Ameline-Chalumeau, chirurgienne ophtalmologue et membre de la Société française d’Ophtalmologie. Elle est reconnaissable à un œil rouge (ou les deux), à des picotements et à la sensation d’un grain de sable sous la paupière.

    « La conjonctivite, dans la majorité des cas, est une infection virale qui se transmet très facilement par contact », fait remarquer la spécialiste. D’ailleurs, le simple fait de mettre des gouttes dans les yeux de votre enfant atteint peut propager la conjonctivite si vous ne vous lavez pas les mains avant et après le soin. « Il vaut mieux aussi réserver une serviette pour les mains à la personne qui a une conjonctivite pour éviter que le virus ne se propage à toute la famille », explique Barbara Ameline-Chalumeau. Heureusement, la conjonctivite est une infection le plus souvent bénigne. « Si elle est d’origine allergique ou virale, elle passe au bout d’une à deux semaines, en lavant l’œil 3 fois par jour avec du sérum physiologique » affirme la chirurgienne.

    2 La kératite : l’inflammation de la cornée

    « Si votre conjonctivite dure plus de deux semaines, il faut voir un ophtalmologue car l’infection peut se transformer en kératite, une inflammation de la cornée », souligne le Dr Ameline-Chalumeau. La kératite peut être d’origine infectieuse, allergique, ou post-traumatique (à la suite d’une projection d’un objet au niveau de l’œil par exemple). L’inflammation entraîne une douleur intense, une vision floue, une sensation forte de gêne face à la lumière et un réflexe de fermeture des paupières. Si tout le monde peut être concerné par la kératite, les porteurs de lentille sont les plus sensibles.

    3 L’orgelet : un point douloureux sous le cil

    L’orgelet, c’est ce petit bouton rouge, douloureux, qui apparaît à la base des cils. Il est dû à une bactérie : le staphylocoque. Cette infection courante, « est un motif de consultation en urgences ophtalmologiques assez fréquent », observe Barbara Ameline-Chalumeau. Habituellement, le bouton se perce et l’orgelet guérit spontanément en quelques jours. « Dans le cas contraire, consultez un ophtalmologue qui pourra vous prescrire un traitement local antibiotique », conseille la spécialiste.

    4 Le chalazion : un gonflement de la paupière à prendre au sérieux

    Autre désagrément autour de l’œil : le chalazion, « qui se reconnaît par un kyste rouge sur la longueur de la paupière », explique Barbara Ameline-Chalumeau. Le chalazion touche majoritairement les personnes diabétiques, immunodéprimées ou celles atteintes d’une infection cutanée comme la rosacée. « Cette infection ne guérit pas spontanément et nécessite un traitement local pour se résorber », précise le médecin. Si la pommade antibiotique et anti-inflammatoire prescrite par l’ophtalmologue ne suffit pas, une excision chirurgicale, sous anesthésie locale, permet de supprimer le kyste.

    Inflammations, infections des yeux : comment les prévenir et les soigner ?

     

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    L’Essentiel de l’article

    • Une conjonctivite est contagieuse : lavez-vous les mains régulièrement.
    • La kératite (inflammation de la cornée) est souvent due au port de lentilles de contact.
    • L’orgelet disparaît spontanément en quelques jours.
    • Le chalazion (inflammation de la paupière) doit être traité par un ophtalmologue.
  • Dépistage du cancer du col de l’utérus : dès l’âge de 25 ans !

    Dépistage du cancer du col de l’utérus : dès l’âge de 25 ans !

    Contracté lors de rapports sexuels (même protégés), le papillomavirus humain (HPV) est une IST très répandue qui peut être responsable du cancer au col de l’utérus. « Le cancer du col de l’utérus se développe en moyenne 10 à 15 ans après une infection persistante par un papillomavirus », affirme Élisabeth Paganelli, médecin gynécologue.Mais dans 90 %(1) des cas, l’infection ne provoque aucune maladie et le corps évacue le virus dans les 2 ans.

    1 Pourquoi se faire dépister du cancer du col de l’utérus ?

    Dépisté tôt, le cancer du col de l’utérus, tout comme le cancer du sein, se soigne bien. « Le dépistage des lésions précancéreuses a permis de diminuer de moitié le nombre des nouveaux cas et des décès, depuis 20 ans », souligne le Dr. Paganelli. Depuis mai 2018, le dépistage du cancer du col de l’utérus est organisé, c’est-à-dire qu’il est proposé systématiquement à l’ensemble de la population cible. « Il s’adresse à toutes les femmes entre 25 et 65 ans », indique le Dr Paganelli. Si vous en faites partie et n’avez pas fait de dépistage ces trois dernières années, vous recevez alors une invitation par courrier. Votre test de dépistage du papillomavirus est ainsi pris en charge à 100 % et sans avance de frais par l’Assurance Maladie sur présentation de ce courrier au professionnel de santé.

    2 Quelle est l’efficacité du vaccin contre les papillomavirus (anti-HPV) ?

    La vaccination anti-HPV est recommandée car elle est efficace. En effet, selon une étude britannique publiée récemment dans la revue The Lancet, le taux de cancer du col chute de 87 % chez les femmes vaccinées entre 12 et 13 ans. Plus de 80 % des jeunes filles britanniques sont vaccinées contre les HPV, contre seulement 28 % en France, « nous sommes en retard », regrette le Dr Paganelli.

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    3 Comment se passe le dépistage contre le cancer du col ?

    Entre 25 et 29 ans, le dépistage consiste en un prélèvement au niveau du col de l’utérus. Appelé frottis, il permet un examen cytologique des cellules. Celui-ci « détecte précocement la présence de cellules anormales et de cellules précancéreuses qui pourraient évoluer en lésions cancéreuses », explique la gynécologue. Le premier examen est proposé à 25 ans puis un an plus tard. Il n’est pas nécessaire de vous faire dépister plus jeune, car il faut compter environ 10 ans entre les premiers rapports sexuels et l’éventuelle apparition d’anomalies. En cas de résultat normal, le dépistage est renouvelé trois ans plus tard.

    De 30 à 65 ans, le prélèvement sert à faire un test HPV-HR (détection des papillomavirus humains à haut risque cancérogène), plus efficace pour cette tranche d’âge.

    Bon à savoir

    Le frottis de dépistage est très rapide et indolore. Néanmoins vous pouvez ressentir une petite gêne, selon votre sensibilité, surtout s’il s’agit de votre première fois.

    4 Où faire le dépistage du cancer du col de l’utérus ?

    Trois professionnels de santé sont compétents pour réaliser le dépistage du col de l’utérus :

    • un gynécologue;
    • une sage-femme;
    • un médecin généraliste.

    « Si une femme ne fait pas de dépistage du cancer du col de l’utérus chez un médecin ou une sage-femme, elle peut recevoir un autotest(1) à domicile dans le cadre du cahier des charges du dépistage organisé du cancer du col », signale la secrétaire générale du SYNGOF. Néanmoins, si le résultat du test HPV est positif, il est nécessaire de consulter pour pratiquer un prélèvement cervical du col à la recherche d’anomalies des cellules. Alors n’attendez plus, le dépistage peut vous sauver la vie !

     

    Dépistage du cancer du col de l’utérus : dès l’âge de 25 ans !

     

    L’Essentiel de l’article

    • Le dépistage du cancer du col de l’utérus s’adresse à toutes les femmes entre 25 et 65 ans.
    • On peut se faire dépister chez un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme.
    • Le vaccin contre le papillomavirus protège contre le cancer du col de l’utérus.

    (1) Les autotests dépistent les HPV. Ils sont recommandés pour les femmes de plus de 30 ans. 

  • Cueillette d’automne : attention aux intoxications

    Cueillette d’automne : attention aux intoxications

    1 Un cueilleur de champignons averti en vaut deux

    Girolles, cèpes, pieds de mouton… vous aimez les champignons et savez peut-être les reconnaître en forêt. Mais ce n’est pas le cas de tous les promeneurs. Chaque année en France, près de 1 500 cas d’intoxication (1) sont dus aux champignons. Pour prévenir les risques, veillez à ramasser uniquement les champignons comestibles que vous connaissez, et cueillez ceux en bon état en prélevant la totalité du champignon : pied et chapeau, afin d’en permettre l’identification. Autre précaution : ne vous fiez pas aux applications de reconnaissance de champignons sur smartphone qui ne sont pas suffisamment fiables, d’après l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), face aux risques pour votre santé. Au moindre doute sur l’un des champignons récoltés, il vaut mieux le montrer à votre pharmacien ou consulter les associations et les sociétés de mycologie de votre ville.

    2 Le piège des courges sauvages

    Des courges poussent spontanément dans votre potager ? Ce n’est pas un cadeau de la nature. Ces courges sauvages ont la même apparence que les courges dont vous avez semé les graines. Mais elles renferment des substances toxiques, prévues pour repousser les prédateurs comme les chenilles. La différence principale est leur goût, amer, alors que celui des courges comestibles est légèrement sucré. Mais plutôt que de les goûter pour vérifier qu’elles sont comestibles, fiez-vous à d’autres critères. La courge toxique peut avoir la forme d’un œuf ou d’une poire. Sa chair est verte, blanche ou jaune et sa peau peut être lisse ou couverte de verrues. Amenez-les à votre pharmacien, qui pourra vous aider ou vous rediriger vers un expert.

    Les courges décoratives, parfois vendues au rayon des fruits et légumes, sont, elles aussi, toxiques. En cas de doute, demandez conseil au vendeur et prévenez vos enfants qui seraient tentés de jouer à la dinette avec.

    3 Colchique d’automne : belle mais toxique

    À l’automne, les balades en forêt sont l’occasion de cueillir de belles fleurs sauvages. Mais attention à ne pas confondre l’ail des ours avec le colchique. Cette dernière est en effet très toxique, voire mortelle. Pour ne pas vous tromper, l’ail des ours présente une odeur d’ail au froissage des feuilles, ses fleurs en forme d’étoile et son bulbe allongé sont de couleur blanche. Alors que les feuilles du colchique sont plus rigides, sans tige, le bulbe est rond et foncé et ses fleurs sont mauves. Cela dit, restez vigilant et au moindre doute, préférez admirer la fleur sans la cueillir.

     

    Cueillette d’automne : attention aux intoxications

     

    Bon à savoir : les signes de l’intoxication alimentaire qui ne trompent pas

    Les symptômes observés apparaissent dans les heures qui suivent la consommation (maximum 12 heures). Il s’agit de douleurs abdominales, nausées, vomissements et diarrhées.

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    L’Essentiel de l’article

    • Avant de partir en forêt, apprenez à reconnaître les champignons comestibles et toxiques.
    • En cas de doute, montrez la plante ou le champignon à votre pharmacien.
    • Ne cuisinez pas les courges sauvages.

    (1) Santé Publique France, Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2019

    Anses, 2021

  • Maladies estivales : comment prévenir les maux de l’été ?

    Maladies estivales : comment prévenir les maux de l’été ?

    1 La conjonctivite : protégez les yeux des agressions

    Votre œil vous gratte, brûle, rougit ? Vous souffrez peut-être d’une conjonctivite liée à une bactérie, un virus ou une allergie. « Très contagieuse, la meilleure façon de s’en prémunir est de vous protéger des agents irritants (l’eau salée de la mer, l’eau chlorée de la piscine, le sable de la plage…) et des allergènes comme le pollen », explique le Dr Guez, médecin généraliste. Pensez aux lunettes de natation si vos yeux ou ceux de vos enfants sont fragiles et fermez les vitres de votre voiture en période de pollinisation. Rappelez également à vos enfants de se laver régulièrement les mains au cours de la journée pour éviter qu’ils irritent leurs yeux et montrez-leur l’exemple !

    2 L’angine : évitez les changements brutaux de température

    Le médecin généraliste le constate chaque été : c’est une période où il y a une recrudescence d’angines, souvent provoquées par des fortes variations de chaleurs (exposition au soleil, climatisation, boissons fraîches…) qui fragilisent les muqueuses et les rendent plus sensibles aux virus. Les angines virales se caractérisent par de la fièvre et une douleur aiguë dans la gorge. Celles bactériennes se reconnaissent par des amygdales très gonflées et blanches. « Comme pour prévenir le rhume, le bon réflexe est de prévoir, pour toute la famille, un pull le soir. Ce sont les températures fraîches en soirée et les courants d’air qui favorisent les angines, car on attrape froid, même en été, constate le Dr Guez. Pensez également à vous laver les mains, et celles de toute la famille, plusieurs fois par jour, car les virus s’immiscent dans la majorité des cas sur la peau. Enfin, veillez à vous hydrater suffisamment (entre 1,5 et 2,5 litres d’eau par jour en cas de fortes chaleurs) tout au long de la journée, car des muqueuses humides seront plus efficaces pour lutter contre l’angine » explique le médecin.

    Cet été, gardez les bonnes habitudes en évitant les contacts avec les personnes très fragiles et continuez à vous laver les mains fréquemment pour limiter la propagation des virus, quels qu’ils soient.

    Dr Guez, médecin généraliste et vice-président du syndicat des médecins libéraux

    3 Les verrues et mycoses plantaires : gardez les pieds au sec

    De la peau sous les pieds qui se décolle, des rougeurs, voire des démangeaisons ? C’est sans doute une mycose plantaire ! Si cela ressemble plutôt à une petite bosse rugueuse, recouverte de points noirs, alors il s’agit sûrement d’une verrue. Et là aussi, toute la famille est concernée. Les verrues et mycoses sont causées par des champignons qui raffolent des endroits chauds et humides comme les bords de piscine ou le sable humide de la plage. « Le premier nid à bactérie reste le pédiluve à l’entrée des bassins, constate le Dr Guez. Pour protéger vos enfants des bactéries, virus et champignons, vous pouvez leur faire porter des chaussons de piscine ». Pensez également à garder vos tongs ou sandales au bord du bassin et dans les vestiaires afin d’éviter une contamination éventuelle.

    4 L’infection urinaire (cystite) : pensez à bien vous hydrater toute la journée

    Vous avez une envie très fréquente d’uriner et une sensation de brûlure au moment d’aller aux toilettes ? Ce sont les symptômes de l’infection urinaire qui concerne principalement les femmes (et les jeunes filles). La première cause est le manque d’hydratation, notamment en cas de fortes chaleurs. « Un long trajet en voiture, sans pause toilettes, avec la climatisation qui accentue la déshydratation est aussi responsable des infections urinaires », précise le Dr Guez. Pensez donc à vous hydrater régulièrement, mais également à vous changer après la plage, car porter un maillot de bain toute la journée engendre la prolifération des bactéries.

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    *Dans les conditions et limites du contrat souscrit.

    L’Essentiel de l’article

    • Protégez les yeux des agents irritants (chlore, pollen, etc.)
    • Portez des tongs à la piscine pour vous protéger des mycoses et verrues plantaires.
    • Buvez suffisamment pour prévenir les infections urinaires.
    • Couvrez-vous en soirée pour éviter l’angine.
  • Grossesse et regards sur le corps : une pression supplémentaire pour la femme enceinte

    Grossesse et regards sur le corps : une pression supplémentaire pour la femme enceinte

     

    Quelle femme enceinte n’a pas eu droit à des remarques sur son corps ? Des petits commentaires sur le physique souvent déplacés ou inappropriés parfois même violents. Céline Puill, sage-femme, appuie sur l’absurdité de cette liberté injustifiée que s’accorde la société à interférer dans la grossesse, événement pourtant particulièrement intime. « C’est vraiment quelque chose de marquant, d’un coup le corps de la femme enceinte appartient à tout le monde. Les gens se trouvent un droit à commenter, donner des conseils non souhaités, juger les choix ou encore toucher le ventre sans demander le consentement de la femme. Ce corps devient presque un bien commun dans l’espace public comme si les limites n’existaient plus. »

    Le corps de la femme enceinte, objet de projections et d’injonctions

    Diffusées sur les profils d’influenceuses ou dans les magazines, les images de corps de femmes enceintes n’échappent malheureusement pas aux diktats de la beauté. Une pression pour celles qui tentent de se projeter sereinement sans correspondre à ces injonctions.  « Vous avez déjà vu une pub à la télé où la femme enceinte a les chevilles enflées, des vergetures un peu partout et des plaques rouges sur le visage ? demande Pauline, qui a vécu deux grossesses. Eh non, elle a un ventre bien rond, une peau lisse et cette fameuse aura de grossesse qui fait briller ses cheveux tout en lui donnant le sourire. C’est sans doute vraiment le cas pour certaines, mais c’est presque irresponsable d’en faire une généralité car ça culpabilise beaucoup celles qui ne vivent pas du tout la grossesse de cette façon ! »

    Le poids du regard et des commentaires des autres

    Ventre trop gros par rapport au stade de la grossesse, baby bump pas assez rebondi, peau irritée ou encore cernes prononcées, autant de caractéristiques qui n’entrent pas dans les codes visuels attendus pour une grossesse épanouie et qui ajoute du mal-être aux femmes ayant déjà du mal à s’approprier ce nouveau corps. « Tout le monde, même les vendeuses en magasin, faisaient des remarques quand ils apprenaient que je n’étais qu’à 3 mois de grossesse avec mon ventre déjà bien rond, raconte Carole. Du coup je mentais, je disais que j’étais à un ou deux mois de plus pour éviter les remarques. »

    Solène de son côté, n’avait au contraire pas assez de ventre selon les personnes qui se sont permis des commentaires pendant sa grossesse. « Lorsqu’on a annoncé aux parents de mon conjoint que j’étais enceinte de 3 mois, ma belle-mère a tout de suite regardé mon ventre et dit “mais il est où le bébé ?”. J’ai préféré prendre ça à la rigolade au début, mais après plusieurs remarques concernant l’absence de “baby bump”, c’est devenu vraiment pesant, d’autant qu’elle n’était pas la seule à en faire. À un moment j’ai même commencé à m’inquiéter en me disant que mon bébé ne prenait peut-être pas assez de poids. »

    « Les changements corporels qui ont lieu pendant ces 9 mois sont tellement importants. Parfois Il faut du temps pour s’accorder avec son nouveau corps. »

    Céline Puill, sage-femme

    Une anxiété et une culpabilisation qui peuvent alors vraiment empiéter sur l’estime de soi et l’appropriation de son corps. « Malheureusement, beaucoup de gens ont du mal à sortir des diktats, ou ont des éléments de leur propre parcours à régler avec la maternité, explique Céline Puill. Ils et elles peuvent avoir des propos particulièrement violents pendant cette période de vulnérabilité surtout si ces personnes sont des proches des femmes enceintes. »

    Face aux commentaires répétitifs, Solène s’est sentie de plus en plus coupable. « Mon conjoint tentait de me rassurer et rembarrait aussi ceux qui se permettaient trop de remarques. C’est lorsque ma sage-femme m’a montré que tout allait bien et que c’était juste une question de morphologie me concernant, je me suis dit qu’il fallait vraiment pas que j’écoute les autres. »

    L’importance d’être bien entourée

    Selon Céline Puill, il est important que les personnes tierces se posent les bonnes questions avant de parler à une femme enceinte de sujet intime comme la grossesse, l’accouchement ou son futur enfant. « Il faut prendre conscience du poids que l’on fait porter à cette femme par d’éventuelles projections avant de dire « il faut faire ceci ou cela, car moi j’ai fais comme ça. », explique-t-elle. Ces projections sont tout aussi, voire encore plus, invasives que de toucher le ventre sans accord. » 

    Son conseil : se tourner vers une oreille bienveillante. « Il est possible d’imaginer une bulle de sécurité autour de soi et que les commentaires rebondissent dessus. Il peut être important de se rappeler que les personnes parlent avant tout d’elles-mêmes comme pour l’accouchement par exemple, développe-t-elle. Et si besoin, ne pas hésiter à en parler à ses proches, ou à des professionel.le.s (médecin, sage-femme, psychologue…) pour y voir plus clair. »

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    L’Essentiel de l’article

    • Chacune vit sa grossesse différemment et chaque corps se développe à sa façon
    • Enceinte, votre corps continue de vous appartenir, les commentaires des autres ne sont que des projections
    • Tournez-vous vers une personne bienveillante, professionnelle ou non, pour de l’écoute et du soutien
    • En tant que personne tierce, il est important de mesurer ses propos qui peuvent être violents pour la femme enceinte
  • “Je ne voulais pas d’enfant”

    “Je ne voulais pas d’enfant”

     

    Enceinte sans le vouloir : témoignage d’une aventure inattendue

    Fanny n’avait pas le désir d’enfant, elle aimait sa vie exactement telle qu’elle était et après 10 ans de relation avec son époux, son avis n’avait pas changé. La jeune femme pratiquait la contraception naturelle, à savoir qu’elle suivait son cycle d’ovulation pour éviter les rapports sexuels les jours dits “fertiles”. « Mais il y a une fois où j’ai dû me louper, parce que je suis tombée enceinte sans le savoir », se souvient-elle. C’est au bout de 3 mois de grossesse que Fanny apprend la nouvelle lors d’un rendez-vous de contrôle chez sa gynécologue. Prise entre sidération et déni, elle s’inquiète rapidement pour la suite. « Je me suis dit “est-ce que je vais vouloir de cet enfant quand il sera né ?” Je voulais garder ma vie de femme libre qui travaille, qui sort avec ses amis, seule en amoureuse avec son mari. Mon inquiétude c’était : “Est ce que je vais pouvoir être une vraie maman?”. »

    De son côté, son mari Simon rêvait d’une famille mais avait accepté le choix de son épouse. La nouvelle de la grossesse a été une très bonne surprise pour lui mais l’anxiété s’est elle aussi rapidement installée. « En voyant qu’elle ressentait toujours la même non-envie, je me suis dit que les choses allaient être très compliquées. On lit beaucoup de choses, et je me demandais “Est-ce que l’état psychologique de la mère influe sur l‘enfant ? ”, “Est-ce qu’il va y avoir un problème pour le bébé ?”. »

    À la naissance d’Alexandre, la situation s’est avérée mitigée. « C’est quand même le moment le plus fou de ma vie, cette petite personne qui devient vraie, se rappelle Fanny. Mais toutes les inquiétudes que j’avais pendant la grossesse ont ressurgies rapidement et il m’a fallu du temps pour m’adapter. Aujourd’hui, j’aime bien notre vie à 3, mais je m’arrêterais à un enfant. »

    Grossesse imprévue : comment faire face ?

    Comme Fanny, comment réagir lorsque l’on apprend une telle nouvelle, qu’on ne souhaite pas et face à laquelle le champ d’action est finalement limité ? Comment gérer la situation au sein du couple ? Éléments de réponse avec la psychologue Nathalie Parent.

    Heureuse nouvelle pour l’un, détresse pour l’autre, comment gérer ?

    Nathalie Parent : Il faut en parler en mettant de côté les jugements. Écouter l’autre, sans attaque et avec une ouverture d’esprit, en ayant en tête que l’autre ne contrôle pas son ressenti. Les pères se sentent souvent impuissants et cherchent une solution. On sous-estime le pouvoir de l’écoute mais cela soulage grandement.

    Se faire accompagner par un professionnel peut-il aider ?

    N. P. : Oui car la psychothérapie peut permettre d’y voir plus clair, de se questionner sur ses différentes émotions et pensées et de donner du sens à cet événement imprévu. Venir en couple peut d’ailleurs être une bonne idée pour que chacun puisse s’exprimer dans un lieu neutre sans crainte de heurter l’autre. Une fois l’enfant né, certains couples vont dire que c’est finalement ce qui leur est arrivé de mieux dans la vie. Et bien qu’on ne puisse pas en faire une généralité, il paraît constructif de garder en tête qu’un enfant peut être un “investissement” à long terme, qui rapporte à bien des niveaux.

    L’enfant à naître peut-il être impacté par l’état psychologique de la mère ?

    N. P. : Tout dépend de la suite des choses. Il n’y aura pas de conséquence tant que la mère ne reste pas coincée dans un sentiment de culpabilité par rapport à ses propres émotions passées et présentes. Si les parents acceptent la situation, voient le positif et gèrent les émotions négatives, et sont bienveillants envers leur enfant, tout se déroulera normalement, comme pour toute autre naissance.

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    L’Essentiel de l’article

    • Il est important de se défaire de tout sentiment de honte ou de culpabilité
    • La communication avec le partenaire est essentielle
    • Ne pas hésiter à se tourner vers un.e professionnel.le pour obtenir de l’écoute et de l’aide

    1 Ined 2014

  • Subir une fausse couche : une épreuve encore trop sous-estimée

    Subir une fausse couche : une épreuve encore trop sous-estimée

    Qu’est-ce qu’une fausse couche et à quoi est-elle due ?

    La fausse couche est une interruption spontanée de la grossesse. « Elle est majoritairement due à une ou des anomalies chromosomiques du fœtus qui ne permettent pas la vie, explique Céline Puill, sage-femme. La grossesse ne peut alors pas être menée à terme et s’arrête donc naturellement. Contrairement aux croyances populaires, elle n’est pas liée au stress ou au fait d‘avoir porté quelque chose de lourd. Dans des cas plus rares, elle peut être liée à une infection comme la grippe ou la listériose par exemple, à l’ingestion de toxiques à haute dose (drogues ou alcool), mais cela crée plus souvent des malformations et/ou des retards de croissance du fœtus . »

    La fausse couche, une épreuve à la fois banalisée et sous-estimée

    « Beaucoup de femmes savent qu’une fausse couche est possible, mais c’est une information qui reste très intellectuelle, sans que l’on imagine vraiment que ça peut arriver à soi, » rapporte Laure Chauvet, écoutante bénévole au sein de l’association Agapa, qui accompagne les personnes touchées par une grossesse qui n’a pas pu être menée à son terme.

    Et pourtant, la fausse couche touche environ 15 % des femmes de 25 ans et ce chiffre peut monter jusqu’à 50 % pour les femmes de 40 ans et plus1. Cette perte survient généralement dans les 14 premières semaines d’aménorrhée (dans les 3 premiers mois). 1 % des fausses couches ont lieu entre la 14e et la 22e semaine (plus de 4 mois de grossesse), elles sont dites “tardives”. Mais ces chiffres restent effectivement souvent abstraits jusqu’au jour où cela se produit, comme le confirme Élodie. « Je voulais rester prudente car on dit toujours que dans les 12 premières semaines, il peut se passer n’importe quoi. Mais c’est quand ça nous arrive qu’on prend la mesure de ce que ça veut dire, des conséquences. »

    C’est notamment parce que cette notion de délai de 3 mois est mise en avant à chaque fois que la situation s’en trouve minimisée. « Aujourd’hui, lorsqu’une femme subit une fausse couche, les médecins n’en cherchent pas la raison, explique Céline Puill, sage-femme. C’est à la troisième fausse couche que les examens commencent pour savoir s’il y a une cause médicale sous-jacente. Donc cette perte reste banalisée et la femme concernée se retrouve sans explication, sans réponse tout en s’entendant dire que “c’est normal, ça arrive”. » Et le fait qu’aucun arrêt maladie n’est spécifiquement prévu en cas de fausse couche « ne fait qu’accentuer la banalisation alors même que cette épreuve n’a rien de banal pour celles qui le vivent », relève l’écoutante bénévole Laure Chauvet.

    Sans oublier les remarques de l’entourage qui peuvent accentuer la douleur. « Les femmes que j’accompagne le disent toutes, c’est horrible de s’entendre dire par ses proches “Tu es jeune, tu en auras d’autres” ou “La nature est bien faite, ça aurait été un bébé malformé” ou encore “C’est arrivé très tôt, au moins tu n’as pas eu le temps de trop te projeter”, rapporte l’écoutante. Les gens ne pensent pas à mal en disant ça, mais ils ne se rendent pas compte des dégâts que ça provoque. »

    1 femme enceinte sur 4

    subit une fausse couche.

    Des impacts physiques et psychologiques importants

    « Entendre le médecin dire “Le cœur s’est arrêté de battre”, alors qu’on avait entendu le cœur battre la fois précédente, c’est très fort comme phrase, » rapporte Élodie. D’ailleurs, rien que le terme “fausse” couche est à interroger. Il peut sembler inadapté pour Céline Puill. « C’est une grossesse qui a existé, même si elle n’est plus ou qu’elle s’est arrêtée plus tôt que prévu, c’est normal d’être triste si c’est cela qui est ressenti, d’être atteinte. Peut-être les termes de “grossesse arrêtée” ou “grossesse interrompue” sont plus pertinents par rapport à ce qui s’est passé. » Une notion très importante pour Anna, qui a perdu son bébé à 7 semaines d’aménorrhée. « Fausse voudrait dire que ça n’a pas eu lieu, que c’est fake. Non, c’est une perte bien réelle. »

    Et lorsque cela se produit à un stade plus avancé de la grossesse, où le corps a commencé à changer, où les futurs parents ont commencé à se projeter, le terme fausse est d’autant plus inapproprié. Surtout lorsqu’arrive le moment de la perte physique du bébé. Une étape qui se fait soit naturellement, généralement lorsque cela survient en tout début de grossesse, le fœtus est alors expulsé spontanément par l’utérus avec notamment des douleurs de contractions, soit par intervention médicale (médicaments ou aspiration par exemple).

    « Dans ce second cas, la femme peut se retrouver dans une salle d’attente entourée de femmes enceintes pour qui tout va bien, c’est très compliqué à vivre, rapporte la sage-femme. Et à l’hôpital, par manque de temps et de moyens, c’est souvent assez expéditif, donc d’autant plus difficile à vivre. »

    Une souffrance qu’a malheureusement connue Élodie. « À 10 semaines de grossesse, en observant que le cœur s’était arrêté de battre, le médecin nous dit qu’il faut enlever le fœtus au plus vite. Pas le temps de digérer l’information que dès le lendemain je me retrouve nue, les jambes écartées, pour qu’on m’insère quelque chose pour retirer mon bébé. C’est violent à vivre, dans sa nudité, sa pudeur et son humanité. Et ça les gens ne s’en rendent pas compte. »

    Pourquoi la fausse couche reste-elle tabou ?

    « À l’école les enfants apprennent ce qu’est la reproduction et le cycle de développement d’un bébé, rapporte Laure Chauvet, mais pas que celui-ci peut s’interrompre brutalement et naturellement. » Et le manque d’éducation continue à l’âge adulte, souvent par peur du sujet. « De façon générale, on ne parle pas de la mort, c’est un sujet tabou, continue l’écoutante bénévole. Et la médecine a fait tellement de progrès qu’on tend à oublier que la mort infantile, c’est encore possible au 21ème siècle. »

    Une réalité observée également par Céline Puill, sage-femme. « Les gens sont généralement mal à l’aise quand il faut aborder des sujets aussi intimes et souvent, c’est en annonçant leur fausse couche à leurs proches que les femmes apprennent que plein d’autres femmes dans leur famille, proche ou éloignée, ont aussi vécu ça. »

    Il y a également une différence de prise de conscience entre hommes et femmes sur ce sujet. « C’est plus par l’expérience des autres qu’ils s’en rendent compte, lorsqu’ils côtoient des personnes qui ont traversé cette épreuve, par exemple un ami dont la partenaire a subi une fausse couche », note Laure Chauvet. « Les hommes ne vivent pas cette épreuve dans leur corps, donc ils n’arrivent pas à se représenter ce que cela implique, et cela peut causer de gros décalages dans le vécu de cette perte, ce qui n’empêche évidemment pas certains d’être terrassés », appuie Céline Puill. Elle met aussi en lumière des représentations sociales tenaces qui continuent de rendre le sujet de la fausse couche tabou : « Encore en 2021, réussir socialement pour une femme passe par le fait d’avoir des enfants. Et cette pression sociale renvoie une image d’échec à celles qui ont subi une fausse couche, car elles n’ont pas réussi à remplir ce rôle de procréation qui leur est attribuée. » Une pression supplémentaire qui poussent de nombreuses femmes à garder sous silence leur fausse couche, en particulier lorsqu’elles n’ont pas encore communiqué sur leur grossesse autour d’elle.

     » La médecine a fait tellement de progrès qu’on tend à oublier que la mort infantile, c’est encore possible au 21ème siècle. « 

    Laure Chauvet, écoutant bénévole auprès de femmes dont la grossesse n’est pas arrivée à terme

    Comment surmonter une fausse couche ?

    Un mot d’ordre : l’accompagnement. « La priorité, c’est de pouvoir en parler pour pas que la douleur reste bloquée et que le traumatisme s’il y a s’aggrave, explique Céline Puill. Que ce soit à sa sage-femme, son ou sa partenaire, un proche, un groupe de parole, c’est important de pas tout garder pour soi. Et il ne faut pas hésiter à consulter un psychologue si on en ressent le besoin. Pourquoi pas en couple d’ailleurs, pour ouvrir le dialogue. Les hommes aussi peuvent être anéantis par la fausse couche de leur partenaire et c’est important pour eux de pouvoir en parler. »

    Laure Chauvet, qui soutient bénévolement depuis plus de 10 ans des femmes ayant subi une interruption de grossesse, appuie sur ce besoin d’accompagnement. « De nombreuses femmes souffrent car elles se sont projetées dès le début de grossesse. C’était un enfant en devenir, qu’elle s’imaginait déjà grandir, raconte-elle. Mais cette souffrance n’est pas toujours entendue par l’entourage, et dans ce cas, il vaut souvent mieux se tourner vers des tierces personnes, comme des associations, ou des professionnels de la santé mentale. »

    Une prise en charge qui se révèle particulièrement importante pour retrouver l’estime de soi, cesser de se sentir coupable, faire le deuil et recommencer à se projeter.

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    L’Essentiel de l’article

    • Une fausse couche est majoritairement liée à une ou des anomalies chromosomiques du fœtus
    • Le tabou de la fausse couche accentue le sentiment de culpabilisation
    • Il est important de parler de son vécu pour surmonter cette épreuve
    • N’hésitez pas à vous tourner vers une sage-femme ou un.e psychologue

    1 Ameli.fr

  • Vivre une grossesse en solo

    Vivre une grossesse en solo

     

    « Vivre la grossesse en solo, c’est vraiment particulier parce que ça ne correspond pas du tout à l’image que l’on se fait de la femme enceinte, raconte Cécilia. Depuis petite, on imagine que le jour où on aura un enfant, ce sera avec la personne qu’on aime mais la vie ne se déroule pas toujours comme on nous a dit qu’elle se passerait. »

    Grossesse en solo : mélange compliqué entre solitude et liberté

    Séparée du père de son enfant depuis l’annonce de la grossesse, Cécilia a vécu une aventure en dents de scie. « Évidemment, subir la rupture était très douloureux, mais c’est rapidement passé au second plan par rapport à ce qui m’attendait en étant enceinte seule. Les priorités ont été redistribuées et les plans changés. Je devais d’abord veiller sur ma santé et celle du bébé, et me projeter dans la suite, je devais par exemple réfléchir à la personne à qui je demanderai d’être présente avec moi pour l’accouchement. La solitude pouvait être pesante, surtout dans les moments de stress, mais parfois aussi, ne devoir rendre de compte à personne avait du bon. Je pouvais faire des choix, comme celui du prénom, que je n’avais pas à justifier. »

    Des sentiments mitigés qu’a aussi ressenti Margot. « Ce qui manque vraiment, c’est le partage. Quand on le sent bouger pour la première fois par exemple, on a envie de le dire, de le partager, et là j’ai pu ressentir de la solitude. Après, j’ai aussi essayé de tirer le positif. Par exemple, on peut se laisser aller, on a pas d’efforts à faire pour l’autre et ça, ça peut faire du bien.»

    Femmes enceintes seules, plus vulnérables que les autres ?

    Céline Puill, sage-femme, a pu constater que certaines femmes enceintes seules pouvaient voir leurs anxiétés exacerbées par rapport à celles en couple. « La grossesse est parsemée de craintes, plus ou moins lourdes, que toutes les femmes peuvent ressentir mais chez les futures mères seules ça peut prendre d’autres proportions. Il faut gérer seule le stress face aux inquiétudes médicales, aux démarches administratives, à l’organisation du quotidien, aux impératifs financiers. »

    Dans ces situations, le fait que la grossesse en solo ait été choisie ou subie peut avoir son importance. « Lorsque ces femmes ont fait le choix d’être enceinte seule, elles sont souvent très informées, elles ont prévenu leur entourage et ont construit en amont, dans la mesure du possible, un cercle de personnes de confiance et de soutien, explique Céline Puill. Lorsque la situation est subie, après une séparation par exemple, c’est beaucoup plus compliqué parce qu’il faut gérer en plus l’état émotionnel et le fait de ne pas être préparée à tout gérer seule. Cela peut être un facteur supplémentaire de vulnérabilité. »

    Où trouver du soutien ?

    PMI (Centre de protection maternelle et infantile), sage-femmes, aides à domicile, associations… Autant d’interlocuteurs vers lesquels peuvent se tourner les futures mères célibataires pour trouver de l’aide et du soutien tout au long de la grossesse.

    Futures mères solos, l’importance de l’accompagnement

    Être bien entourée devient encore plus essentiel lors d’une grossesse en solo. « On dit qu’il vaut mieux être seule que mal accompagnée, et ça c’est sûr, un mauvais partenaire peut empirer les choses, analyse Céline Puill. Mais c’est super important d’être entourée quand on est enceinte seule. Un entourage présent – familial, amical ou autre – permet de construire des repères, de faire face aux inquiétudes, de récupérer des informations. L’entourage est fondamental pour obtenir une aide concrète. Plus la femme a des ressources à disposition, mieux se passera cette grossesse en solo. »

    Pour la sage-femme, il est important de garder en tête que grossesse en solo ne rime pas nécessairement avec galère permanente. « Même s’il y a des problématiques non négligeables, le lien avec le bébé peut être aussi une ressource comme pour toutes les grossesses. C’est une période avec des ambivalences et des surprises. Sentir la vie en soi peut en être une belle voire même une particulièrement enrichissante. »

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    L’Essentiel de l’article

    • Être bien entourée par ses proches est la clé lors d’une grossesse sans partenaire
    • Différents interlocuteurs sont à votre disposition pour vous aider
    • Grossesse en solo ne rime pas forcément avec galère

    * Insee 2020