Catégorie : À ma santé !

  • Ne pas aimer être enceinte : lever le tabou pour mieux accompagner

    Ne pas aimer être enceinte : lever le tabou pour mieux accompagner

     

    Même lorsqu’elle ne rencontre pas de problèmes particuliers de santé, une femme enceinte ne vit pas nécessairement sa grossesse sur un petit nuage. Les impacts physiques et psychologiques de ce grand chamboulement peuvent devenir une vraie épreuve. « La société renvoie qu’il faut être épanouie pendant la grossesse et aussi après une fois l’enfant né, explique Claudine Schalck, sage-femme et psychologue. Pourtant, il y a tellement à gérer, physiquement et mentalement. On a le droit de ne pas aimer être enceinte, autant qu’on a le droit d’aimer être enceinte. »

    Être enceinte : un bouleversement physique et mentale difficile à gérer

    Ce corps qui change, parfois brutalement et drastiquement, et qu’on ne peut pas vraiment contrôler, peut devenir une source de mal-être. « Je détestais mon nouveau corps dans lequel je ne me reconnaissais pas et dans lequel je me sentais étrangère, explique Louane. Je ne voulais pas qu’on me regarde, qu’on me touche, même mon époux. Je n’arrivais pas à accepter non plus le fait d’être tout le temps fatiguée et que cela m’empêche de travailler ou de vivre ma vie comme à mon habitude. » Une expérience qui résonne particulièrement chez Carole, qui a elle aussi vécu ce chamboulement physique comme une réelle contrainte. « Je me suis rendue compte que je n’étais plus maître de mon corps et que par exemple si à un moment d’urgence j’avais besoin de m’enfuir en courant, j’en serais tout bonnement incapable ».

    Céline Puill, sage-femme, constate ces pensées chez de nombreuses futures mères qu’elle suit. « Je connais très peu de femmes qui ne se sont pas plaintes à un moment d’un désagrément physique. Alors oui il y en a qui vivent tout ça très bien et adorent leur grossesse, mais pour d’autres, c’est insupportable d’avoir son corps investi par un autre être, c’est perçu presque comme une effraction. On entend alors cette notion d’intrus ou même d’alien. Cela ne veut pas dire qu’elle n’aime pas leur bébé, mais il faut comprendre que porter un corps tiers dans son propre corps, ce n’est pas négligeable comme situation. »

    En plus de ces changements physiques, les femmes enceintes font face à des états psychologiques parfois difficiles à vivre. « Je ne contrôlais pas mes émotions. Je disais à mon mari que potentiellement j’allais me mettre à pleurer d’un moment à l’autre sans savoir pourquoi », se souvient Carole. Même discours chez Louane. « Je me réveillais, j’étais plutôt de bonne humeur, et une demie-heure plus tard, plus rien n’allait car je me retrouvais de nouveau confrontée à tous ces sentiments qui m’envahissaient sans que je puisse y faire quelque chose. Mon mari ne savait pas comment m’aider et pour être franche, dans ces moments-là, je préférais même qu’il n’essaie pas d’intervenir. »

    Faire face aux jugements des autres

    Le problème, c’est qu’oser dire « Je n’aime pas être enceinte », c’est prendre le risque de subir l’incompréhension, le jugement et parfois même les reproches des autres. « Il y a ce côté, tu l’as bien voulu ce bébé non ? Donc maintenant que t’es enceinte, de quoi tu te plains ? » raconte Louane.

    La jeune femme est tombée enceinte le jour où elle a fait retirer son stérilet. Une fécondation expresse qui ne lui a pas laissé le temps de s’habituer à l’idée même de porter un bébé. « Je pensais que comme pour les femmes autour de moi, ça prendrait au moins quelques mois et que ça me laisserait le temps de me projeter, d’être impatiente. Et je ne pouvais évidemment pas me plaindre que ça arrive aussi vite alors que d’autres femmes attendent si longtemps pour cette chance. Du coup, on n’en parle pas, on fait semblant d’être heureuse et ça ne fait qu’empirer la situation. »

    Mais pourquoi la société a-t-elle encore du mal à concevoir qu’une femme puisse ne pas aimer être enceinte ? « Le souci, c’est qu’aujourd’hui, la maternité est encore socialement perçue comme un aboutissement pour les femmes, explique Céline Puill, sage-femme. C’est notamment pour cela qu’il y a beaucoup de préjugés sur celles ne souhaitant pas devenir mère. Mais surtout, les présupposés veulent que la grossesse soit un moment de grand épanouissement. Donc dire que l’on aime pas être enceinte, c’est comme remettre en question ces normes sociales entre féminité et maternité, et ça fait peur. »

    La nécessité d’être bien accompagnée

    Lorsqu’elle fait face à ce cas de figure, Céline s’attelle à faire en sorte que la femme enceinte accepte ses propres sentiments. « C’est important que ces femmes comprennent qu’elles ne sont pas seules à vivre ça, qu’elles ont le droit de ressentir ces émotions et qu’elles doivent se défaire du jugement des autres pour avancer le plus sereinement possible. Ce n’est déjà pas facile d’être enceinte, inutile de porter en plus ce fardeau. »

    Si un professionnel omme la sage-femme ou un psychologue peut aider, les partenaires et l’entourage ont eux aussi un rôle important à jouer. « Pour en parler, il faut que le climat soit sécurisant, insiste Celine Puill. Il est nécessaire que le conjoint ou la conjointe soit accueillant-e, même sans forcément comprendre ce qui se passe. Si la femme enceinte voit que son ou sa partenaire est à l’écoute, a envie d’être présent.e pour elle et cherche à la rassurer, elle sera beaucoup plus à même de s’exprimer librement. »

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    L’Essentiel de l’article

    • Vos sentiments sont légitimes, même si vous avez l’impression qu’ils sont hors des codes
    • N’hésitez pas à en parler autour de vous et/ou à consulter un.e psychologue
    • Votre sage-femme peut être une interlocutrice privilégiée dans cette situation
  • La dépression prénatale, une réalité encore trop méconnue

    La dépression prénatale, une réalité encore trop méconnue

     

    « Comme pour la dépression clinique, on estime à peu près à 10% la proportion de femmes enceintes qui subissent une dépression prénatale, indique Claudine Schalck. Mais c’est très compliqué d’avoir des chiffres précis et fiables parce que le diagnostic est difficile avec des symptômes souvent masqués, et même si le sujet vient à être plus connu, repérer les femmes concernées restera difficile. » Effectivement, en fonction des études, ces chiffres peuvent varier entre 5 à 17%. Preuve qu’il reste une importante marge de travail pour comprendre et identifier cette problématique.

    Quels sont les symptômes d’une dépression prénatale ?

    Claudine Schalck : Ils se rapprochent de ceux d’une dépression “classique”, à savoir des idées négatives tout le temps, l’incapacité à mobiliser d’autres formes de pensées, la tristesse permanente, le manque d’appétit, la difficulté d’attention, la perte de libido… Une femme enceinte en dépression prénatale se sent tout le temps au fond du trou sans qu’elle n’arrive jamais à remonter la pente, elle ne trouve plus de plaisir à rien. Elle perd confiance en elle et peut aussi se sentir impuissante, coupable, voire honteuse. La personne reste généralement figée dans cet état, mais on peut aussi constater une hyperactivité mise au premier plan, c’est une défense psychique pour résister instinctivement au poids des émotions négatives. Ça peut se voir par exemple chez quelqu’un qui va se noyer dans son travail pour ne penser à rien d’autre, garder le contrôle sur une partie de son quotidien et ne pas s’attarder sur le mal-être qui l’anime.

    En quoi se différencie-t-elle d’un simple coup de blues

    C. S. : Un coup de blues, c’est éphémère et fluctuant. On a une humeur stable la plupart du temps et d’un coup on se sent triste, fatigué, perdu ou en colère sans forcément comprendre pourquoi. Mais ça finit par passer, on arrive à retrouver le moral. Une dépression ne s’évapore pas seule et si elle n’est pas prise en charge, il y a un risque plus important de dépression post-partum.

    À quoi peut être due une dépression prénatale ?

    C. S. : Il y a bien sûr les inquiétudes liées à sa propre santé et à celle du bébé, l’anxiété due à l’accouchement, les changements corporels qui peuvent être très particulièrement impressionnants, l’hypersensibilité et les mouvements émotionnels liés au climat hormonal… Tout cela provoque un chamboulement immense qui peut mener à des épisodes de “déprime”. Mais lors de la grossesse, une femme est aussi prise dans des ambivalences permanentes. Elle est en perte de repères par rapport à la nouvelle place qu’elle doit se créer par rapport à ses proches et dans la société. Elle n’est plus seulement l’enfant de ses parents, elle devient elle-même parent. Elle n’est plus seulement une partenaire, le couple devient parents. Il faut s’accorder avec son nouveau corps qui n’est pas celui auquel on a été habitué jusqu’ici. Sans oublier évidemment la sensibilité émotionnelle et l’histoire personnelle de chacune. Pendant la grossesse, les enjeux de représentation de soi-même sont donc nombreux et parfois alourdis par des pressions extérieures. Une fois qu’on est dans la position de devenir mère, il y a comme un deuil à faire de la personne que l’on était avant. Tout est à reconfigurer dans son identité et c’est une étape qui peut être très lourde et peut paraître quasi insurmontable pour certaines.

    Pendant la grossesse, les enjeux de représentation de soi-même sont donc nombreux et parfois alourdis par des pressions extérieures.

    Claudine Schalck, sage-femme et psychologue clinicienne

    Pourquoi est-ce si difficile à diagnostiquer ?

    C. S. : Parler de détection, de repérage, de diagnostic, c’est envisager la grossesse comme une pathologie, alors que c’est un processus tellement plus large. Il est important pour une femme enceinte d’être entourée, aussi par des professionnels qui sont à l’écoute et pas seulement qui prennent sa tension ou surveille sa courbe de poids. Malheureusement aujourd’hui ce n’est pas automatique puisque la grossesse est davantage vue comme une problématique de santé physique et non globale, physique et mentale. De plus, la société renvoie qu’il faut être épanouie lorsque l’on attend un enfant. Donc les femmes concernées minimisent souvent ce qu’elles ressentent car ça ne rentre pas dans les codes, elles se disent que c’est les hormones et que ça passera tout seul. Et elles n’en parlent pas. Et si les professionnels qu’elles consultent ne vont pas plus loin pour connaître la réalité de leur état mental, alors rien ne bouge et ces femmes restent dans leur état de dépression.

    Comment prévenir et/ ou surmonter une dépression prénatale ?

    C. S. : C’est important dans ce parcours de grossesse d’avoir une personne référente avec laquelle on se sent à l’aise dès le début au cas où on aurait envie à un moment de parler ouvertement. Une femme enceinte qui se sent déprimée et qui voit qu’elle ne s’en sort pas seule peut se tourner vers sa sage-femme, un psychologue, pourquoi pas un groupe de parole. L’idée est de pouvoir se confier, faire le tri dans ses idées et ses émotions, ne pas se laisser emporter par ce qu’on vit sinon il y a un vrai risque d’isolement et d’aggravation de sa situation.

    Que faire en tant que partenaire ?

    C. S. : Il faut se dire que les moments de passage à vide c’est normal et il ne faut pas la laisser seule dans ces instants. Il ne faut pas non plus tout pathologiser mais veiller à rester attentif et montrer que l’on est ouvert au dialogue. Il s’agit aussi de respecter la femme enceinte dans son envie ou non de parler de ses sentiments, accepter de ne pas toujours être en phase avec ce qu’elle peut ressentir et s’atteler à ne pas être dans le jugement même si on ne comprend pas ce qui se passe. C’est important de garder en tête que même lorsque la grossesse est voulue et qu’en plus elle se passe bien “physiquement”, la dépression peut survenir pour toutes les raisons mentionnées précédemment. Par ailleurs, si on sait que les partenaires peuvent être directement touché.e.s par la dépression post-partum, il semble intéressant de dire qu’ils peuvent eux et elles aussi vivre une dépression prénatale. C’est encore moins évident à repérer, mais finalement, le co-parent est renvoyé au même questionnements fondamentaux de place, d’identité et de responsabilité.

    Dépression prénatale : le témoignage de Marie

    « J’ai l’impression qu’une femme enceinte déprimée c’est bizarre pour les gens. Je me sentais un peu coupable parce que je me demandais si je le voulais vraiment vu que je me sentais comme ça. Personne ne m’a expliqué que je pouvais ressentir ça, je ne comprenais pas pourquoi j’étais dans cet état-là alors que cette grossesse était voulue. J’aurais aimé en savoir plus sur la dépression prénatale, au moins savoir que ça existait. Que ce soit présent dans la littérature, j’aurais bien aimé que le corps médical nous en parle. J’aimerais que les choses bougent et qu’on soit au courant. »

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    L’Essentiel de l’article

    • La dépression prénatale est surmontable si vous êtes bien accompagnée
    • Parlez-en autour de vous, vous n’êtes pas la seule concernée
    • N’hésitez pas à consulter, même avec votre partenaire, pour vous libérer de ce poids

     

  • Hyper-connexion : le cerveau des ados en danger ?

    Hyper-connexion : le cerveau des ados en danger ?

    Un chiffre inquiétant ressort d’une récente étude : 61% des 16-30 ans affirment avoir connu au moins une « perte de contrôle » suite à une exposition aux écrans lors des 12 derniers mois1. Jusqu’à quel point la santé mentale des jeunes peut-elle être impactés ? Quelles formes peuvent prendre ces pertes de contrôle ? Quelles en sont leurs origines ? Eléments d’explications avec Thibaud Dumas, docteur en neurosciences cognitives et président de l’association « Attention Hyper-connexion ».

    Des pathologies difficiles à cerner

    Hyper-connexion, addiction aux écrans, dépendance aux réseaux sociaux, « nomophobie »2 (peur du téléphone inutilisable ou perdu)… le côté obscur de la révolution numérique est une réalité qui porte bien des noms et présente bien des aspects. C’est d’ailleurs son côté protéiforme qui rend ce fléau si difficile à cerner et à étudier. Car employer le mot « écrans » de manière générique n’a que très peu de valeur scientifique. De la même façon que se baser simplement sur le nombre d’heures qu’on y consacre quotidiennement ne suffit pas à détecter ou non une utilisation à risque. Néanmoins, l’impact « physique » des interfaces numériques sur la santé est aujourd’hui quantifiable : troubles du sommeil, prise de poids, problèmes oculaires, entre autres. L’inconnu concerne davantage les possibles séquelles psychologiques, notamment chez les jeunes…

    Les jeunes sous-estiment les risques liés à la surexposition aux écrans

    Sur un panel de 3500 jeunes interrogés3, seulement la moitié d’entre eux estiment que passer du temps devant des écrans interactifs peut avoir une répercussion sur leur santé.

    « Plus de batterie ? C’est la crise d’angoisse, direct ! »

    En 2021, l’addiction aux écrans n’est toujours pas considérée comme une maladie par l’Organisation Mondiale de la Santé, qui reconnaît seulement, depuis 2018, l’existence d’un « trouble du jeu-vidéo »4. Mais un rapide sondage auprès de n’importe quel adolescent suffit pour comprendre la place qu’ont pris les écrans – et plus particulièrement le smartphone – dans leur vie. « Une journée sans mon portable ? Déjà une heure, je suis au fond du trou ! » rigole Aïssa, 16 ans, lycéenne dans le Val-de-Marne. A côté d’elle, sa copine, Manon, ne sort jamais de chez elle sans un chargeur de secours dans son sac. « Plus de batterie, c’est la crise d’angoisse, direct ! Quand ton téléphone est éteint, c’est fini, t’es seule au monde ! ». De là à « perdre le contrôle » face à une batterie dans le rouge ? « Carrément », répond Manon du tac au tac. « Tu penses plus qu’à ça, ça devient l’obsession… Moi franchement, ça me fait péter un câble. C’est pour ça que j’ai toujours un chargeur… ».

    Thibaud Dumas, docteur en neurosciences cognitives, n’est pas étonné par les propos de ces jeunes filles : « La peur de rater une info, d’être injoignable, coupé des autres, tout cela peut générer de l’angoisse et du stress… et pas seulement chez les ados ! Je conseille à chacun de faire l’expérience : laissez votre portable à la maison et sortez-vous balader. C’est une excellente manière de mesurer son niveau de « dépendance » ».

    Perdre le contrôle pour se déconnecter du réel ?

    Plus loin, quatre garçons de 17 et 18 ans sont assis à la terrasse d’un fast-food : tous ont les yeux rivés sur leur portable. Pour eux, la notion de « perte de contrôle » n’est pas forcément négative. « Parfois, quand tu joues à un jeu ou que tu regardes un truc, t’oublies tout, tu te déconnectes de la réalité et ça fait du bien » explique Saïd, approuvé d’un hochement de tête par ses amis. Un avis que partagent également 12% des jeunes interrogés5, pour qui se connecter à une interface numérique signifie avant tout… « se déconnecter du reste ».

    « Sollicité comme il l’est tout au long de la journée, notre cerveau a bien besoin de moments de « déconnection », c’est normal », abonde Thibaud Dumas. « Mais est-ce que pour ces moments de détente, les écrans sont les plus efficaces ? Je ne suis pas sûr que « binge-watcher » des séries sur une plateforme de streaming ou passer des heures à faire défiler des photos sur Instagram soit la meilleure manière de s’aérer la tête. Ça ne vaudra jamais mieux qu’une séance de sport ou une balade en forêt ».

    « Notre cerveau est de moins en moins habitué à gérer la frustration. »

    Thibaud Dumas, neuroscientifique

    Ecrans : le danger de la « satisfaction instantanée »

    Perdre le contrôle, cela signifie aussi parfois perdre son calme. On ne compte plus ceux – jeunes et moins jeunes – qui ont déjà cassé leur smartphone dans un accès de colère… Interrogés sur le sujet, nos quatre ados échangent des sourires entendus. « Quand tu t’embrouilles sur les réseaux ou autre, parfois c’est la machine qui prend ! » s’esclaffe Luca en montrant l’écran fissuré de son smartphone. « C’est comme un joueur de tennis qui casse sa raquette ! » surenchérit Anouar, déclenchant les rires de ses copains.

    Sur ce sujet-là, Thibaud Dumas apporte son expertise de neuroscientifique : « Le but des réseaux sociaux et de certaines applications, c’est apporter à l’usager de la satisfaction instantanée. Un clic, un like, un « match »… tout va très vite dans le monde du numérique. Ce qui fait que notre cerveau est de moins en moins habitué à gérer la frustration… Et cela, ce n’est pas inné, cela s’apprend. Déjà, à la base, quand on est jeune, c’est parfois compliqué de réfréner ses émotions. Mais avec l’essor de ces pratiques, je crains que ça ne fasse qu’empirer… »

    La perte de contrôle : l’un des objectifs recherchés par les concepteurs

    On le sait, les géants du web ne sont pas simplement des concepteurs de machines high-tech ou d’interfaces « communautaires ». Chez Google ou Facebook, on étudie également avec attention les comportements humains et surtout, leurs failles. Thibaud Dumas livre une analyse aussi éclairée qu’inquiétante sur les stratagèmes employés par les géants de la Silicon Valley pour séduire leurs utilisateurs.

    « Avec les addictions aux réseaux sociaux, on note les mêmes symptômes que dans d’autres addictions comportementales et cela ne doit rien au hasard. En fait, les techniques employées par les géants du web sont les mêmes que celles des casinos : il faut capter l’attention de l’utilisateur avec un maximum d’efficacité et surtout, ne pas la relâcher. Plus il perd le contrôle, plus ses gestes deviennent automatisés, plus il va consommer. C’est un système très perfectionné qui a clairement pour but d’encourager les comportements addictifs. »

    4h30

    C’est le temps moyen consacré par les Français aux écrans chaque jour, soit 8 minutes de plus qu’en 2018.

    Addiction aux écrans : les ados en première ligne

    En sa qualité de président de l’association « Attention Hyper-connexion », Thibaud Dumas est bien placé pour savoir que les adolescents sont les premières victimes de ces techniques de séduction plus que pernicieuses. Et d’après lui, le problème est encore trop minimisé par les pouvoirs publics. « Les ados sont livrés à eux-mêmes avec leur smartphone, leurs réseaux, leurs tablettes… Contrairement au tabac ou à l’alcool, il n’y a quasiment pas de prévention, pas de message, alors que les conséquences néfastes liées à l’utilisation des écrans chez les jeunes ne manquent pas : cyberharcèlement, dépressions, comportements addictifs… », explique-t-il.

    Son conseil aux parents qui sentiraient leur ado glisser sur la mauvaise pente : « C’est le même principe qu’avec d’autres addictions, il faut avoir une conversation avec lui. Il faut lui poser des questions, demander, par exemple : « Qu’est-ce que tu vas ressentir, si tu passes une journée sans portable ? » Il faut encourager la conversation. C’est la clé pour guérir toutes les addictions, quelle qu’elle soit ».

    Mais pour pouvoir en parler sereinement avec leurs enfants, encore faudrait-il que les parents ne soient pas eux-mêmes concernés par le problème. Car si les jeunes sont les premiers touchés par l’hyper-connexion, les adultes ne sont pas en reste. La « consommation » d’activités numériques connait une véritable explosion depuis la crise du Covid et l’essor du télétravail. Vigilance, donc. Et pourquoi pas même, abstinence ?

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    L’Essentiel de l’article

    Les jeunes n’ont pas conscience des risques d’une addiction aux écrans

    La perte de contrôle face à l’hyperconnexion est minimisée

    Le dialogue est nécessaire pour comprendre les usages de son ados

    1 – 3 – 5 Baromètre des addictons Macif 2021.

    Contraction de « No Mobile Phone Phobie », expression employée aux Etats-Unis pour décrire la peur du téléphone inutilisable ou perdu

    4 drogues.gouv

  • Prendre conscience des impacts de la drogue avec Ludovik

    Comme 10% des 16-30 ans1, Sophie-Pénélope consomme régulièrement – au moins une fois par mois – du cannabis, au grand dam de sa sœur aînée. Dans une vidéo interactive, le youtubeur Ludovik se voit confier la mission de trouver les responsables du trafic de drogue qui permet à la jeune fille de se procurer du “kanateushi”. Sauriez-vous faire les bons choix pour réussir le défi à ses côtés ?

    Votre mission est d’autant plus importante que Sophie-Pénélope fait partie des 53 % des fumeurs réguliers de cannabis qui estiment que leur consommation n’a aucun impact sur leur santé1. Pas question en revanche de lui faire la morale, mais plutôt de la pédagogie bienveillante. Sinon elle risque, comme 64 % des consommateurs1, de ne pas se sentir concernée par les messages de prévention que vous lui soumettrez !

    Que dit la loi ?

    Le cannabis est illégal en France, fumer un joint c’est donc se mettre hors la loi. Depuis 2020, l’usage des stupéfiants est sanctionné par une amende forfaitaire de 200 euros2.

    1 Baromètre des Addictions Macif 2021
    2 Service Public 2020
  • Drogues : liste, effets et dangers sur la santé

    Drogues : liste, effets et dangers sur la santé

    1 Les différentes drogues

    Le mot drogue désigne des substances, naturelles ou synthétiques, ayant un effet modificateur sur l’état de conscience et/ou sur l’activité mentale. Elles sont consommées pour leurs effets spécifiques ou pour les sensations de bien-être immédiat qu’elles peuvent procurer. Toutes sont susceptibles de créer une dépendance psychologique ou physique.

    On les classe en trois catégories, selon les effets qu’elles produisent sur le système nerveux central. Il n’existe donc pas une drogue mais des drogues.

    Les perturbateurs/hallucinogènes

    Généralement, ces drogues créent une difficulté à se situer dans l’espace ou dans le temps. Le fonctionnement des sens comme la vue et le toucher sont modifiés.

    On retrouve :

    • le cannabis sous toutes ses formes : herbe (weed, beuh…), résine (haschich, hasch, shit…), etc.
    • les champignons hallucinogènes ;
    • le LSD et les acides, aussi appelés trips ou buvards ;
    • la kétamine ;
    • la MDMA (l’ecstasy) ;
    • le PCP ou poudre d’ange, et la mescaline.

    Les dépresseurs

    En général, ces drogues agissent sur le système nerveux central en engourdissant le cerveau et en ralentissant le fonctionnement du corps. Certaines d’entre elles peuvent également déformer les perceptions.

    On retrouve :

    • certains solvants et certaines colles (comme l’éther ou l’acétone) ;
    • le GHB – GBL (aussi appelé drogue du viol) ;
    • les benzodiazépines (comme le Valium®, le Xanax®, le Temesta®, etc.)
    • l’héroïne (aussi appelée horse, rabla, blanche…), ainsi que les autres opiacés comme la morphine ou la codéine.

    Les stimulants

    De manière générale, ces drogues causent de l’excitation et de l’agitation.

    On retrouve :

    • la cocaïne et ses dérivés comme le crack ;
    • le poppers ou nitrite d’amyle ;
    • les amphétamines ou speed ;
    • les méthamphétamines, aussi appelées Ice ou Crystal.

    France : une consommation de drogues qui n’est pas marginale*

    • 10 %

      des Français de 16-30 ans consomment du cannabis au moins une fois par mois.

    • 5 %

      des Français de 16-30 ans consomment de la cocaïne au moins une fois par mois.

    • 71 %

      des consommateurs réguliers de substances (toutes confondues) ont perdu le contrôle d’eux-mêmes au moins une fois au cours des 12 derniers mois au point de ne plus vraiment savoir ce qu’ils faisaient

    2 Drogues : conséquences et dangers

    Dépendance, diminution de l’appétit, pertes de mémoire, dépression, psychose toxique… Chaque drogue, qu’elle soit dite douce ou dure, très addictive ou peu addictive, a son potentiel de nuisance spécifique sur la santé, qui dépend aussi du consommateur et de son comportement, de sa sensibilité, de son état physique et psychique.

    La Mildeca (Mission interministérielle de la lutte contre les drogues et les conduites addictives) classe les dangers de la consommation de drogues en trois catégories : les troubles physiques, les troubles psychiques et les risques sociaux.

    Les troubles physiques

    Ces troubles sont généralement directement liés aux effets immédiats de la drogue. Ils peuvent aller de simples vertiges, de nausées, de pertes de mémoire, d’hyperthermie, de tachycardie jusqu’à la perte de conscience ou au décès par overdose. Les dangers sont augmentés par la quantité de drogues prise, et leur composition (concentration trop forte de certaines molécules dans une drogue trop pure, addition de produits toxiques pour couper la drogue, ou combinaison de diverses molécules plus ou moins actives).
    Pour réduire les risques d’overdose accidentelle et d’effets secondaires potentiellement mortels, certaines associations proposent de tester la composition des drogues, en particulier chimiques, sur les lieux de consommation festive comme les festivals de musique. La démarche vise uniquement à prévenir les consommateurs des dangers particuliers de la drogue qu’ils s’apprêtent à prendre, et non à inciter à la consommation.

    Toutes les drogues sont susceptibles d’engendrer des troubles physiques, même si on les associe souvent aux drogues de synthèse (amphétamines, MDMA, etc.) ou à l’héroïne.

    Les dangers sont également sanitaires, notamment avec le risque de transmission du sida par l’échange de seringues usagées.

    Les troubles psychiques

    À court ou à moyen terme, ils peuvent aller d’angoisses, de nervosité, d’instabilité d’humeur à des états plus dépressifs ou à l’apparition de phobies. Les capacités de concentration diminuent et la mémoire est affectée. Sur le long terme, les risques concernent la dépression et des troubles importants de la santé mentale.

    On associe souvent les troubles psychiques aux drogues dites dures comme la cocaïne, l’héroïne ou le LSD. Néanmoins la consommation régulière de cannabis, ou la prise de MDMA, par exemple, sont tout aussi susceptibles d’entraîner l’apparition de ces troubles.

    De nombreuses études sur les toxicomanes demandeurs de soins contre l’addiction montrent que la majorité d’entre eux (de 70 à 90 % selon les études (1)) souffrent également de troubles psychopathologiques. Le lien entre consommation de drogues et troubles mentaux est toujours difficile à analyser, l’un pouvant être à l’origine de l’autre. Néanmoins, la toxicomanie constitue un terrain favorable à l’apparition ou l’exacerbation de ces troubles.

    Les risques sociaux

    La désinhibition liée à la consommation de certaines drogues peut entraîner des risques immédiats tels que la violence et la modification de la perception de son environnement. L’altération de la notion de danger, souvent associée à la prise de cocaïne par exemple, est aussi un facteur de risques majeurs pour le consommateur comme pour son entourage.

    Par ailleurs, des troubles psychologiques graves telles que les difficultés relationnelles et la dépression peuvent accompagner une désocialisation progressive.

    La fondation Macif

    soutient La sauvegarde du Nord, qui accueille des toxicomanes en soins, ainsi que de nombreuses initiatives pour lutter contre la désocialisation.

    x 2

    Les taux de THC de la résine et de l’herbe de cannabis sont aujourd’hui en moyenne environ deux fois plus élevés qu’il y a dix ans.**

    3 Se faire aider

    En cas de consommation régulière de drogue, il est important de trouver de l’aide pour décrocher. Il est conseillé de rencontrer un professionnel de l’addictologie pour établir un protocole d’arrêt adapté. Les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) et les unités hospitalières d’addictologie proposent une prise en charge complète du sevrage par des équipes médicales pluridisciplinaires, intégralement remboursée par la Sécurité sociale (pour la recherche d’un CSAPA ou un service d’addictologie, consulter cette page). Des structures comme Drogue Info Service proposent de l’aide dans une démarche d’orientation, en garantissant l’anonymat, par tchat en ligne ou par téléphone (0 800 23 13 13).

    L’Essentiel de l’article

    • Une drogue est une substance naturelle ou synthétique modifiant l’état de conscience et/ou l’activité mentale.
    • LSD, weed, cocaïne, MDMA, heroïne, etc., chaque substance procure des effets spécifiques recherchés par leurs consommateurs.
    • Les impacts sur la santé sont à prendre particulièrement au sérieux à court comme à long terme. Les dangers sont d’ordre physiques, psychiques et sociaux.
    • Les CSAPA et les unités hospitalières d’addictologie proposent une prise en charge complète et intégralement remboursée de la toxicomanie.

    (1) Troubles psychiatriques associés à la toxicomanie, Dr Alain Morel
    (pour référence : https://www.rvh-synergie.org/prises-en-charge-des-addictions/penser-ensemble-les-prises-en-charge/comorbidites/comorbidites-psychiatriques/167-troubles-psychiatriques-associes-a-la-toxicomanie.html)

    * Baromètre des addictions Ipsos-Macif – juillet 2021

    **Agence des drogues de l’UE, sept 2020 

    Fédération addiction, Rapport européen sur les drogues 2017

    Drogues dépendance, « Qu’est-ce que le cannabis »

    Ministère de la Santé, Informations sur les addictions et les drogues

    drogue-info-services

  • Piercing : quelles précautions pour prévenir les risques de complications ?

    Piercing : quelles précautions pour prévenir les risques de complications ?

    1 Quelles sont les contre-indications au piercing ?

    « Si la peau de votre enfant est particulièrement irritable, avec un eczéma atopique ou un psoriasis par exemple, le piercing est fortement déconseillé, car il pourrait amplifier les lésions sur les zones touchées », précise d’emblée le Dr Rousseaux, dermatologue. En revanche, si votre enfant souffre d’allergie au nickel, il n’y a pas de contre-indication. À une seule condition : que le bijou soit en acier chirurgical et fabriqué en Union Européenne (n’hésitez pas à poser la question au perceur). En effet, « les normes européennes ont banni le nickel, principal métal qui déclenche une allergie », observe la spécialiste.

    Bon à savoir

    Si votre enfant est mineur, vous devez signer une autorisation parentale pour qu’il puisse se faire percer dans un salon sans vous. Sinon, vous pouvez également l’accompagner en présentant votre pièce d’identité au professionnel.

    Besoin d’une couverture santé ?

    Avec la Garantie Santé de la Macif, faites le bon choix !

    2 Quel professionnel choisir pour se faire percer ?

    N’hésitez pas à accompagner votre ado dans différents salons de piercing pour échanger avec le professionnel sur le piercing souhaité, vous renseigner sur les soins pour la cicatrisation et checker les conditions d’hygiène. Tout comme le tatouage, le perçage corporel est très réglementé : port du masque et de gants, utilisation de matériel à usage unique, lavage des mains, désinfection de la peau avant le piercing, etc. C’est aussi l’occasion de vérifier que le professionnel utilise bien une aiguille plutôt qu’un pistolet pour percer. Ce dernier augmente le risque d’éclatement du cartilage, ce qui rend difficile la cicatrisation.

    3 Quelles sont les zones percées les plus sensibles aux complications ?

    « Si le piercing au lobe de l’oreille guérit facilement (environ 1 mois de cicatrisation), d’autres zones sont plus sensibles et difficiles à cicatriser », explique Isabelle Rousseaux. C’est le cas des tétons, des sourcils ou des lèvres, qui peuvent facilement s’infecter. En revanche, le piercing à la langue est plutôt bien toléré. « La bouche est autonettoyante, ce qui diminue le risque d’infection. Néanmoins, vous pouvez souffrir de petites complications comme des douleurs, des inflammations ou des saignements de la langue, qui disparaissent au bout de 2 à 3 jours », précise la dermatologue.

    Pour un premier piercing, il est conseillé d’opter pour une zone moins fragile, comme l’oreille ou le nombril, pour s’habituer au bijou et aux soins à lui apporter, avant de choisir des piercings plus originaux et sensibles tels que ceux sur le visage par exemple.

    À savoir

    « En dehors des piercings sur la langue, une fois la plaie cicatrisée, le trou du piercing ne se referme plus », explique Isabelle Rousseaux. Chaque piercing laisse donc une marque définitive (plus ou moins visible) sur votre peau, même après avoir retiré le bijou.

    4 Combien de temps doit-on attendre après un piercing pour se baigner ?

    « Comptez environ 4 à 6 semaines pour que la peau cicatrise après la pose du bijou », observe le médecin dermatologue. Pendant ce laps de temps, votre enfant doit éviter les baignades, car le sable, les germes et les bactéries dans l’eau des lacs et des piscines favorisent l’infection du piercing. Autre précaution : ne pas exposer la zone percée au soleil pendant la même durée pour une meilleure cicatrisation. Et si « la peau de la zone percée commence à rougir ou à gratter, demandez à votre enfant de retourner chez son perceur pour qu’il lui retire le bijou et consultez un médecin », rappelle Isabelle Rousseaux.

    Votre ado veut un piercing ?

    Une consultation chez un dermatologue est recommandée avant de se faire percer. Elle est couverte par le contrat Garantie Santé de la Macif.* Renseignez-vous !

     

    *voir conditions du contrat

    L’Essentiel de l’article

    • En cas de maladie(s) de peau, le piercing est déconseillé.
    • Il faut veiller à choisir un perceur agréé, qui utilise une aiguille.
    • Pour les mineurs, une autorisation parentale est nécessaire pour se faire percer.
    • Les baignades et l’exposition au soleil sont à proscrire pendant 4 à 6 semaines.
  • Tatouage : 4 précautions à prendre avant de se faire tatouer

    Tatouage : 4 précautions à prendre avant de se faire tatouer

    1 Bien choisir son tatoueur : fiez-vous au bouche-à-oreille !

    Prenez le temps de découvrir plusieurs salons de tatouage pour discuter de votre projet et checker les conditions de travail et l’hygiène. Sur ce point, sachez que tous les tatoueurs professionnels doivent respecter un cahier des charges très strict (1) : lavage antiseptique des mains, port de gants à usage unique, utilisation de matériel stérile, etc. Soyez intransigeant ! « Si vous voyez que ce n’est pas le cas, fuyez, car le non-respect de ces règles d’hygiène est susceptible d’entraîner une infection bactérienne, voire la transmission du VIH » prévient Isabelle Rousseaux, médecin dermatologue. À noter que hors épidémie, le port du masque par le tatoueur n’est pas obligatoire, mais vivement conseillé pour éviter toute transmission de germes par voies respiratoires.

    Chiffres-clés

    18 % (2) des Français majeurs sont tatoués (soit + 8 points depuis 2010). Les premiers concernés sont les 25-34 ans : 31 % (2) d’entre eux sont déjà tatoués, puis viennent les 35-49 ans (26 %) et les 18-24 ans (22 %).

    2 S’informer sur les contre-indications : prenez soin de votre peau

    « Toutes les maladies de peau comme le psoriasis ou le vitiligo sont des contre-indications aux tatouages », fait remarquer la dermatologue. En effet, l’encre peut être responsable de complications et amplifier vos lésions sur les zones concernées. Idem si vous souffrez d’allergies (encre, métaux, latex…) car le matériel utilisé par le tatoueur peut contenir des allergènes.

    Si vous présentez des troubles de la coagulation (hémophilie), le tatouage est également déconseillé, car vous risquez de saigner abondamment. Autre contre-indication : les maladies chroniques, auto-immunes ou inflammatoires. « Chaque tatouage présente un risque d’infection (malgré les précautions d’hygiène), on évitera donc de tatouer une personne au système immunitaire affaibli, qui peut avoir du mal à cicatriser, explique le Dr Rousseaux. Si vous êtes porteur de l’une de ces maladies, il convient de consulter votre médecin au préalable avant de vous faire tatouer », prévient-elle.

    Enfin, le tatouage est contre-indiqué aux femmes enceintes ou allaitantes. « Il s’agit davantage d’un principe de précaution, car on ne sait pas encore bien comment les encres migrent dans l’organisme », ajoute la dermatologue.

    3 Déterminez l’emplacement de votre tatouage : évitez certaines parties du corps

    Selon la dermatologue, deux zones sont à éviter. Celle de la colonne vertébrale, notamment pour les femmes. « C’est l’endroit où l’on peut être amené à poser une péridurale avant un accouchement. Le risque est de faire pénétrer des pigments d’encre dans votre moelle épinière » explique-t-elle. La seconde zone à ne pas tatouer, c’est le grain de beauté. « En tatouant une zone avec un ou plusieurs grains de beauté, on ne peut plus voir comment ils évoluent, ce qui rend difficile, pour ne pas dire impossible, le dépistage d’un éventuel cancer de la peau », prévient Isabelle Rousseaux.

    Le saviez-vous ?

    Vous pouvez faire effacer votre tatouage grâce au laser. Cette technique, consiste à pulvériser les particules d’encre dans votre peau afin que votre corps les éliminent naturellement et que le dessin disparaisse. Ce processus est long (comptez entre 5 à 6 séances espacées de 5 à 7 semaines chacune (3)), et coûteux (entre 50 euros la séance pour un tatouage de 3 cm de diamètre et jusqu’à 200 euros ou plus pour un grand tatouage (3)). Le détatouage au laser comporte des risques d’infections et de brûlures de la peau. À ce titre, il doit être pratiqué par un médecin dermatologue spécialisé pour prévenir toute complication. Les séances de laser ne sont pas remboursées par la Sécurité Sociale.

    4 Bien choisir son encre de tatouage : privilégiez les tons neutres !

    Les encres noires sont les moins cancérigènes selon une récente étude de Que Choisir Santé (4). Tandis que les encres rouges, bleues, vertes et blanches concentrent le plus de substances néfastes. « Toutes les couleurs contiennent des substances cancérigènes qui sont susceptibles, un jour, de se dégrader dans l’organisme, observe le Dr Rousseaux. Mais ce n’est pas tant le choix de la couleur qui pose le plus problème, mais la quantité utilisée, notamment pour les très grands tatouages », précise-t-elle. Si vous souhaitez vous faire tatouer, privilégiez si possible les tatouages unis à l’encre noire qui représentent le moins de danger.

    Envie de vous faire tatouer ?

    Pensez à consulter un dermatologue avant de franchir le pas. Le contrat Garantie Santé de la Macif couvre votre consultation.* Renseignez-vous !

     

    *voir conditions du contrat

    L’Essentiel de l’article

    • Assurez-vous des bonnes conditions d’hygiène du salon de tatouage.
    • En cas de grossesse ou de maladie(s) de peau, le tatouage est contre-indiqué.
    • La colonne vertébrale et les grains de beauté sont des zones à éviter.
    • Le détatouage est un processus long et coûteux.

    (1) Légifrance, Décret n° 2008-149 du 19 février 2008 fixant les conditions d’hygiène et de salubrité relatives aux pratiques du tatouage avec effraction cutanée et du perçage, et modifiant le code de la santé publique (dispositions réglementaires), 2008
    (2) Ifop pour La Croix, La pratique du tatouage en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis, 2017
    (3) AFME, Le détatouage laser pour enlever un tatouage, 2019
    (4) Que choisir, Dossier « Tatouages, du poison dans les encres », 2021
  • Covid-19 : comment mieux retrouver le goût et l’odorat après la maladie ?

    Covid-19 : comment mieux retrouver le goût et l’odorat après la maladie ?

    1 Qu’est-ce que l’anosmie ou perte de l’odorat ?

    Pr Sven Saussez. L’anosmie est la perte totale de l’odorat, c’est-à-dire que vous ne sentez plus aucune odeur. C’est le cas le plus fréquent chez les personnes atteintes de la Covid-19, car le virus attaque les cellules nerveuses sensorielles. Ce trouble est généralement transitoire et peut également survenir en cas d’allergies saisonnières, de rhinites à répétition, d’infection ORL, etc. Nous avons constaté chez nos patients ayant contracté le coronavirus que 75 à 85 % d’entre eux récupèrent leur odorat deux mois après la fin de la maladie, sans aucune séquelle.

    Chiffre-clé

    86 % (1) des malades présentant des symptômes légers de la Covid-19 (souche originelle) souffrent d’une perte d’odorat.

    2 Pourquoi l’anosmie peut engendrer la perte du goût ?

    Pr S.S. Les papilles gustatives de la langue identifient le goût (salé, sucré, acide, etc.) pendant que les nerfs olfactifs (présents dans le nez) identifient les arômes des aliments. C’est la combinaison de ces deux sensations qui vous permet de reconnaître une saveur et de l’apprécier pleinement. Quand votre système olfactif est détérioré par une infection, vous pouvez perdre aussi les arômes et donc la saveur des aliments. On appelle cette perte de goût l’agueusie.

    3 Qui et quand consulter lorsque l’on perd l’odorat ?

    Pr S.S. Si dans un délai de 2 à 4 semaines après les premiers symptômes de la Covid-19, votre sens de l’odorat ne revient pas, il faut vous rendre au cabinet de votre médecin traitant (sous réserve que votre test PCR ne soit plus positif) ou consulter en ligne grâce à la téléconsultation. Si besoin, votre médecin vous orientera vers un ORL.

    Vous souffrez d’une perte de l’odorat ou du goût liée à la Covid-19 ?

    Le contrat Garantie Santé de la Macif vous couvre en cas de consultation chez un ORL*. 
    Renseignez-vous !

     

    *Voir conditions du contrat

    4 Comment retrouver son odorat ?

    Pr S.S. Pour soigner l’anosmie, la rééducation olfactive fonctionne bien. Environ 60 % (3) des personnes qui suivent un training olfactif retrouvent l’odorat. Cette méthode consiste à sentir deux fois par jour (matin et soir) des huiles essentielles à base de fleurs, de fruits, d’épices ou de plantes aromatiques. Vous pouvez également utiliser des odeurs naturelles fortes comme la cannelle, le vinaigre, les agrumes, la menthe, le café, etc., en privilégiant celles qui vous sont familières et appréciables. Il faut vous concentrer sur l’odeur pendant 5 minutes, sans aucune pollution sensorielle. Vous pouvez répéter cet entraînement durant deux à trois mois, en utilisant les mêmes odeurs jusqu’à amélioration, avant d’en intégrer de nouvelles au fur et à mesure. Pour essayer de récupérer au plus vite vos sens, adoptez également une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes afin d’augmenter vos apports en antioxydants et en vitamine B qui peuvent améliorer la récupération nerveuse.

    Dernier conseil : armez-vous de patience, car la récupération de l’odorat peut, pour certains patients, être lente et difficile à vivre psychologiquement. On estime que 25 à 30 % (4) des personnes souffrant d’anosmie présentent des symptômes dépressifs à long terme. Si vous vous sentez en détresse face à cette perte de sens, parlez-en à vos proches, car ce n’est pas toujours évident pour les personnes non atteintes de comprendre cet handicap invisible. N’hésitez pas non plus à consulter un psychologue si vous vous sentez démunis face à la situation.

    5 Quelles peuvent être les séquelles de l’anosmie et comment y pallier ?

    Pr S.S. Durant la période où elles commencent à retrouver leur odorat, certaines personnes développent des fantosmies. Autrement dit, elles sentent des odeurs désagréables (cigarette, fer, vinaigre, chlore…), alors qu’il n’y a rien à sentir ! D’autres perçoivent des odeurs déformées, qui leur inspirent du dégoût (parosmie). Ces hallucinations olfactives surviennent plusieurs semaines après une perte brutale du goût ou de l’odorat. Pour en venir à bout, une seule solution : tout comme pour l’anosmie, il faut rééduquer son nez à sentir les odeurs.

    Bon à savoir :

    L’association Anosmie propose des réunions à distance d’information, de rééducation olfactive et de soutien entre malades.

    La perte d’odorat et de goût pèse sur votre santé mentale ?

    Avec le contrat Garantie Santé de la Macif, vous êtes couvert en cas de consultation chez un psychologue* !

     

    *Voir conditions du contrat

    L’Essentiel de l’article

    • L’anosmie désigne une perte totale de l’odorat.
    • Quand l’odorat est altéré, on perd aussi souvent les arômes des aliments en bouche.
    • L’odorat peut généralement se rééduquer petit à petit grâce au training olfactif.

    (1) Journal of Medicine, Study reports patient-reported loss of smell in 86 % of mild COVID-19 cases, 2021
    (2) Ameli, Le médecin traitant et le parcours de soins coordonnés, 2021
    (3) Anosmie.org
    (4) Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon
  • 4 exercices physiques bons pour la santé à faire en appartement

    4 exercices physiques bons pour la santé à faire en appartement

    Quels exercices pour entretenir sa santé ?

    Pas toujours facile de sortir de chez soi. Parce qu’il pleut ou qu’il fait froid. Ou encore parce qu’on est confiné. Et pourtant, vous avez envie de vous défouler, d’évacuer votre trop plein d’énergie. Vous pensez que c’est impossible ? Voici plusieurs exercices physiques simples, qui seuls ou enchaînés, vont vous permettre de vous sentir mieux au bout d’une séance. Le tout en restant dans votre salon ou votre chambre !

    Lire aussi : Comment adapter son alimentation à une baisse d’activité physique ?

    Faire du cardio avec des squats jump

    Debout et bien droit, pieds écartés au niveau des épaules, regardez droit devant vous. Fléchissez vos jambes comme si vous vous asseyez sur une chaise imaginaire. Mettez les fesses en arrière pour garder le bas du dos plat et levez les bras face à vous pendant la descente. Remontez en position initiale en ramenant vos bras le long du corps. Inspirez pendant la descente, expirez pendant la remontée.

     

    4 exercices physiques bons pour la santé à faire en appartement

    Les squats jump renforcent les cuisses mais aussi le cardio. Parallèlement, cela fait aussi travailler l’équilibre.

    Jérôme Vion, coach sportif

    Effectuer une série de sauts

    Les jumping jack (sauts avec écarts)

    4 exercices physiques bons pour la santé à faire en appartement

    Debout, les bras contre le corps, vous sautez pieds écartés en levant les bras au-dessus de votre tête jusqu’à toucher vos mains. Toujours droit, vous resautez en revenant à votre position de départ, bras le long du corps et pieds serrés. Inspirez lorsque vous écartez les jambes, soufflez lors du bond pieds joints.

    Les burpees (sauts de grenouille)

    4 exercices physiques bons pour la santé à faire en appartement

    Position debout, les jambes légèrement écartées à hauteur des épaules. Mettez vous en position de squat mais posez vos paumes devant vos pieds sur le plancher. Lancez vos jambes en arrière, tout en gardant votre appui sur les mains. Faites une pompe en touchant la poitrine au sol. Revenez à votre position précédente, mains au sol et jambes tendues. Sautez en ramenant les pieds vers vos mains, talons au sol, puis revenez en position de squat. Sautez en l’air, les mains en l’air au dessus de votre tête.

    Ces sauts permettent un travail cardio-respiratoire important, une bonne coordination des membres inférieurs et supérieurs et surtout un travail complet du corps.

    Jérôme Vion, coach sportif

    Faire des pompes

    Un grand classique ! Effectuez des pompes (série de 10 ou 15) mais à votre rythme. Sur la pointe des pieds, le dos bien droit, il faut impérativement que votre buste touche le sol avant de remonter ! « Cet exercice fait bien travailler les pectoraux et triceps. C’est une bonne façon aussi de gainer les muscles profonds des abdominaux », souligne Jérôme Vion.

    Vous pouvez également faire des pompes sur les genoux, plus accessibles. Plutôt que d’être sur la pointe des pieds, vous reposez sur vos genoux, les mains sur le sol. « Même si c’est plus facile, cela permet un travail complet des pectoraux comme des muscles profonds abdominaux », rassure le coach.

    Pensez à inspirer en descendant et à expirer lorsque vous remontez.

    Lire aussi : Quel sport quand on a mal au dos ?

    Devenir haltérophile

    À défaut de petits haltères, prenez une bouteille d’eau dans chaque main, les bras le long du corps. Remontez vos bras toujours collés au dessus de votre tête puis revenez à la position initiale. Faites des séries de 5 ou 10. « Les biceps et les épaules sont très sollicités avec cette activité, détaille Jérome Vion. Cela améliore synchronisation et motricité. »

    Quel que soit l’exercice réalisé, n’oubliez pas de vous étirer en fin de séance !

    Lire aussi : Quelles activités physiques pour occuper les enfants en appartement ?

     

    L’Essentiel de l’article

    • Bien respirer pendant les exercices
    • Aller à son propre rythme
    • Adapter l’intensité à sa pratique habituelle
  • CBD : quelles sont ses vertus supposées vs réelles ?

    CBD : quelles sont ses vertus supposées vs réelles ?

    1 CBD, THC : quelles différences ?

    Le chanvre, plante aussi connue sous le nom de cannabis, contient principalement deux molécules (1) :

    • le THC (tétrahydrocannabinol), substance active majeure et considérée comme une drogue
    • le CBD (cannabidiol) molécule non considérée comme une drogue. « Le CBD est une substance psychoactive au sens où elle agit sur le cerveau. Mais il est beaucoup moins puissant que le THC et il ne crée pas de dépendance ni d’effet euphorisant. », explique le Pr Nicolas Authier, Médecin psychiatre, spécialisé en pharmacologie et addictologie au CHU de Clermont-Ferrand.

    2 Quels sont les bienfaits supposés du CBD vs la réalité ?

    Huile de cannabidiol, gélules, crème, boisson gazeuse, biscuits… Suivant un phénomène de mode venu des États-Unis, on peut actuellement trouver le CBD sous diverses formes. Considérée comme une médecine douce, cette substance procurerait un sentiment de bien-être et de détente. Une action confirmée par le Pr Nicolas Authier. « Le cannabidiol a effectivement un effet apaisant et relaxant qui améliorerait potentiellement le sommeil. Cependant, tempère le spécialiste, une insomnie durable nécessite de consulter un médecin pour une prise en charge plus complète. »

    Par ailleurs, si les promoteurs du CBD associent souvent cette substance à d’autres bienfaits, il faut les relativiser car ils ne sont pas avérés. « Le CBD seul n’a pas démontré son efficacité sur les nausées et n’est pas suffisant pour lutter contre les douleurs. Ses effets sur les personnes stressées et/ou souffrant d’addiction sont en cours d’étude. Celles-ci étant souvent réalisées avec des animaux et des extraits de cannabis contenant d’autres molécules que le CBD (terpènes, THC…), leurs résultats seront aussi à démontrer sur l’être humain et à tempérer. C’est la combinaison de plusieurs substances, à des doses différentes, qui permet d’obtenir des effets positifs sur l’organisme », explique le Pr Authier.

    Bon à savoir : que dit la loi ?

    Pour être commercialisé, le CBD extrait de chanvre ne doit pas contenir plus de 0,2 % de THC et le produit fini (huile, crème, biscuit, etc.) ne doit contenir aucune trace de THC. (2) Il vaut donc mieux acheter vos produits à base de cannabidiol en pharmacie (ou parapharmacie) afin de vous assurer de leur qualité.
     

    En effet, la composition des produits contenant du CBD vendus en boutique spécialisée et sur Internet n’est pas toujours garantie. « Il est possible que malgré la loi, ils contiennent aussi du THC, souligne le Pr Nicolas Authier. Le consommateur peut alors se retrouver positif au THC à son insu », prévient le pharmacologue. Vous pourriez alors avoir des crises d’angoisse, de paranoïa, des dysfonctionnements cardiovasculaires, de l’hypertension artérielle.

    3 CBD : quelques précautions à prendre

    Un point important à rappeler concernant le cannabidiol : il peut interagir avec certains médicaments et, à forte dose, entraîner des problèmes digestifs ou des troubles de la vigilance. Si vous prenez un traitement, il est donc nécessaire d’en parler avec votre médecin avant d’utiliser du CBD.

    Dans tous les cas, « il est recommandé d’augmenter très progressivement les doses pour vous habituer au CBD et mieux tolérer ses effets, conseille l’expert. Le dosage quotidien recommandé dépend de votre âge, de votre poids et de votre état de santé, mais on considère qu’il ne faut pas dépasser les 160 mg dans une journée » conclut-il. Là encore, prendre l’avis de votre médecin traitant est vivement conseillé.

    Le saviez-vous ?

    Si vous avez besoin de consulter un spécialiste pour vos soucis de sommeil, de stress ou autre maux affectant votre bien-être, le contrat Santé de la Macif rembourse certaines médecines douces : vos séances d’ostéopathie, d’acupuncture, de diététique, de pédicurie et podologie, de chiropraxie, et d’étiopathie sont prises en charge.*

    * À partir de la formule Équilibrée et dans les conditions et limites du contrat souscrit.

    L’Essentiel de l’article

    • Le CBD est une molécule présente dans le chanvre, mais ce n’est pas un stupéfiant.
    • Le CBD, lorsqu’il est utilisé seul, n’a pas démontré son efficacité sur l’organisme.
    • Il convient d’acheter vos produits à base de CBD en pharmacie (ou parapharmacie) pour vous assurer de leur qualité.

    (1) Drogue-info-services, 2020
    (2) Santé Cannabis, Les bienfaits du CDB : réalité ou fiction ?