Catégorie : À ma santé !

  • Zoothérapie : quand les animaux sont à cheval sur votre bien-être !

    Zoothérapie : quand les animaux sont à cheval sur votre bien-être !

    1 La zoothérapie : quels sont les animaux médiateurs ?

    Camille de Ravinel. « Nous travaillons avec une grande diversité d’animaux : équidés, lapins, cochons d’Inde, chiens… Le but est de donner du choix aux bénéficiaires. Il faut juste que l’animal soit volontaire et adapté : nous vérifions qu’il n’émet pas de signaux de stress et qu’il va bien au contact des bénéficiaires durant la séance. Les petits animaux, notamment les lapins, accompagnent leurs parents dès les premiers mois de leur vie afin de s’habituer à l’homme. Les chiens, eux, suivent une éducation spécifique. Ils répondent à des ordres et réalisent des jeux comme sauter dans des cerceaux ou d’autres exercices qui, à terme, permettent d’améliorer des compétences chez les gens. Le simple fait de lancer une balle peut devenir une difficulté pour certains. Dans la même lignée, il faut apprendre à faire confiance pour laisser un chien sauter dans un cerceau que l’on tient au-dessus de sa tête. »

    2 La zoothérapie : comment ça marche ?

    Camille de Ravinel. « La zoothérapie, ou médiation animale, vise à améliorer certaines capacités, comme l’attention, la dextérité ou la confiance en soi. La simple présence de l’animal a des effets physiologiques sur l’être humain : baisse de la tension artérielle, du stress et du rythme cardiaque. Les bénéficiaires sont plus en confiance avec un animal qu’avec une personne car les animaux ne jugent pas. Ils apaisent et stimulent. Ce sont des médiateurs vivants qui dénouent et détendent les relations à autrui. »

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du groupe Macif soutient l’association Anim’Envie.

    3 Comment se passe une séance de zoothérapie ?

    Camille de Ravinel. « Nous nous déplaçons dans des établissements tels que des foyers pour enfants/adultes, des hôpitaux, des EHPAD et en milieu carcéral. Nous recevons également des bénéficiaires sur notre site à La Garnache (85). Les séances sont pensées autour du comportement naturel de l’animal (jeux, nourrissage, soins, etc.) et sont adaptées à chaque type de difficulté. Ainsi, une personne âgée va réapprendre à éplucher les légumes pour nourrir les lapins quand un enfant autiste va volontiers distribuer des graines aux rongeurs. Ces actions, sous leurs airs ludiques, font en réalité travailler la motricité, le langage, l’estime de soi, les émotions. L’avantage ? Les bénéficiaires n’ont pas l’impression de faire d’effort ! »

    Le saviez-vous ?

    L’animal de compagnie permet par sa simple présence de diminuer le stress chez les enfants. (1)

    4 Qui peut bénéficier de cette thérapie ?

    Camille de Ravinel. « Tous les publics, des bébés aux seniors, souffrant de pathologies sociales, médicales, affectives, mentales, etc. Les activités sont choisies en fonction des profils. Les personnes âgées, par exemple, recherchent davantage des moments de bien-être et d’échange. En milieu carcéral, la médiation animale renforce le sentiment d’utilité et la confiance en soi. Nous sommes aussi de plus en plus contactés par des particuliers. »

    5 Zoothérapie : comment évaluer les bénéfices ?

    Camille de Ravinel. « Les séances se déroulent sous observation et nous prenons des notes. Nous comparons le comportement des bénéficiaires en début et fin d’année pour évaluer leurs progrès en fonction des objectifs fixés avec leurs référents. Les améliorations sont visibles : certains malades d’Alzheimer qui ne font plus leur toilette acceptent spontanément d’apporter des soins aux animaux, ce qui leur permet de réapprendre certains gestes d’hygiène. D’autres encore, qui avaient une perte de précision dans leurs mouvements, arrivent à verser de l’eau ou couper des fruits ! »

    L’Essentiel de l’article

    • L’animal apaise l’anxiété et a un effet stimulant.
    • La médiation animale est adaptée à tous les publics, de la petite enfance aux seniors !
    • La médiation peut se faire avec n’importe quel animal volontaire et adapté.

    (1) Enfance et Psy, Véronique Servais, « La relation homme-animal », 2007.

  • Vasectomie, coupez court aux idées reçues !

    Vasectomie, coupez court aux idées reçues !

    1 La vasectomie, c’est dire au revoir à votre service trois-pièces

    Bien sûr que non. Il ne faut pas confondre vasectomie et castration. L’opération consiste à ligaturer et sectionner une infime portion des canaux par lesquels passent les spermatozoïdes avant de se mélanger au liquide séminal (2), rendant le sperme infertile. Le service (de luxe, il va sans dire !) pourra donc toujours être assuré.

    2 La vasectomie signe la fin de votre virilité

    C’est certainement l’idée qui freine le plus de candidats à la vasectomie et pourtant, c’est complètement faux. Votre libido reste égale à elle-même, tout comme vos érections et vos sensations. Rassurez-vous, vos performances sexuelles resteront toujours aussi impressionnantes.

    3 La vasectomie, c’est seulement pour les couples !

    Pas du tout ! Pour la plupart des hommes, il est vrai, l’idée de la vasectomie a germé suite à une discussion de couple qui a la volonté de partager la charge de la contraception. Néanmoins, l’opération est accessible à tout homme majeur, préalablement informé sur le sujet, ayant fait la demande auprès de son médecin ou de son urologue. Vous avez ensuite quatre mois (le délai légal) pour vous rétracter ou confirmer votre souhait par écrit lors d’un second rendez-vous, puis caler la date de l’intervention.

    4 La vasectomie, ça fait mal comme un coup de genoux

    Faux. Comme toute opération, ce n’est pas une partie de plaisir, mais cela reste tout à fait supportable avec quelques antalgiques. Pour l’anesthésie, la douleur est la même qu’une piqûre de fourmi rouge (mais on est loin de la piqûre de frelon). Quelques jours après l’opération, vos bijoux peuvent prendre une couleur bleutée (autrement dit des hématomes peuvent apparaître) et cela peut tirer un peu, d’où une potentielle démarche de canard. Néanmoins, ces petits désagréments disparaissent rapidement.

    5 La vasectomie, c’est un quickie chirurgical finalement

    Vrai et faux. Vrai, car l’opération en elle-même dure entre 10 et 20 minutes (sous anesthésie locale), à l’issue de laquelle vous pouvez retourner au bureau (en bus plutôt qu’à vélo). Faux car la phase de stabilisation dure 6 à 8 semaines : la stérilité totale, confirmée par spermogramme, est quant à elle atteinte à l’issue de 16 semaines ou 20 éjaculations.

    6 La vasectomie, c’est un aller sans retour possible

    Vrai et faux. Vrai, car la vasectomie est considérée comme une contraception définitive. Faux, car si vous souhaitez avoir un enfant, il est tout à fait possible de faire machine arrière grâce à la vasovasostomie (2) qui permet de relier les canaux sectionnés. Elle est efficace dans 70 % à 95 % des cas (3), surtout si elle est pratiquée dans les trois ans qui suivent la vasectomie. Autre option : faire prélever et congeler votre sperme dans une banque de sperme, en amont de la vasectomie.

    7 La vasectomie, une petite affaire qui coûte cher

    Et bien non, surprise ! Depuis octobre 2012 (4), que ce soit pour les hommes ou les femmes, la stérilisation (vasectomie ou ligature des trompes) est remboursée par l’Assurance Maladie, peu importe votre âge ou votre statut familial. Vous pouvez donc fermer boutique sans y perdre vos plumes.

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    Quel moyen de contraception pour homme est actuellement testé en vue d’une commercialisation dans les années à venir ?

    Bonne réponse La réponse était : La pilule

    La pilule contraceptive pour homme a été présentée pour la première fois en mars 2018 lors du congrès annuel de la Société d’endocrinologie américaine.

    Mauvaise réponse La réponse était : Le stérilet

    La pilule contraceptive pour homme a été présentée pour la première fois en mars 2018 lors du congrès annuel de la Société d’endocrinologie américaine.

    Mauvaise réponse La réponse était : L’implant

    La pilule contraceptive pour homme a été présentée pour la première fois en mars 2018 lors du congrès annuel de la Société d’endocrinologie américaine.

    Mauvaise réponse La réponse était : Le diaphragme

    La pilule contraceptive pour homme a été présentée pour la première fois en mars 2018 lors du congrès annuel de la Société d’endocrinologie américaine.

    L’Essentiel de l’article

    • La vasectomie est autorisée en France depuis 2001.
    • Après une vasectomie les hommes n’ont pas de problèmes de libido ou d’érection.
    • Il faut compter entre 8 à 16 semaines pour que la vasectomie soit efficace.

    (1) Association Française d’Urologie, Vasectomie, l’opération méconnue, 2018.

    (2) Swiss Medical Forum, « Paternité après vasectomie comment procéder ? », 2007.

    (3) Revue médicale Suisse, « Désir de grossesse après vasectomie : vasovosostomie ou procréation médicalement assistée ? », 2010.

    (4) Le Planning Familial, « La contraception définitive ».

  • Prévention toxoplasmose, transmission, traitement… Le point sur la toxo pendant la grossesse

    Prévention toxoplasmose, transmission, traitement… Le point sur la toxo pendant la grossesse

    1 Qu’est-ce que la toxoplasmose ?

    La toxoplasmose est une maladie parasitaire due à Toxoplasma gondii, un protozoaire susceptible d’infecter tous les animaux à sang chaud. Son cycle passe par des hôtes très différents (oiseaux, animaux domestiques et d’élevage), mais c’est le chat qui est son hôte définitif et assure sa reproduction. Le parasite est contaminant à tous les stades de sa vie : il se transmet le plus souvent à l’homme via la viande contaminée par des kystes toxoplasmiques ou les fruits et légumes souillés par des déjections de chat récemment infecté, voire par contact direct avec les excréments d’un chat porteur du Toxoplasma gondii. Chez l’humain, l’infection est généralement sans gravité et passe souvent inaperçue, et elle permet d’être immunisé(e) contre de nouvelles infections.

    La toxoplasmose est très répandue partout dans le monde : on estime que 25 à 30 % des personnes ont été infectées au moins une fois, un chiffre comparable à celui constaté en France où la prévalence est de l’ordre de 31 %. (1)

    « Les changements de mode de vie en matière d’hygiène et d’alimentation, et l’évolution des conditions d’élevage ont permis de limiter l’exposition », explique Isabelle Villena, médecin biologiste et responsable du Centre National de Référence sur la Toxoplasmose. « Chez les femmes de 30 ans, l’incidence est passée de 7,5 pour 1 000 en 1980 à 2,4 pour 1 000 en 2010, et pourrait être seulement de 1,6 pour 1 000 en 2020 ».

    2 Quels sont les risques si vous attrapez la toxoplamose enceinte ?

    Asymptomatique et bénigne dans la plupart des cas, la toxoplasmose est en revanche dangereuse pour les personnes immunodéprimées et lorsqu’elle est contractée pendant la grossesse et transmise au fœtus (on parle alors de toxoplasmose congénitale).

    « Elle peut alors provoquer chez le fœtus de graves lésions cérébrales, viscérales et oculaires, voire entraîner la mort in utero. Mais heureusement, dans la majorité des cas, le nouveau-né sera sans symptôme à la naissance. Le risque de contagion de la mère à l’enfant dépend du stade de la grossesse, détaille Isabelle Villena. Faible en début de grossesse, le risque augmente au fur et à mesure de l’avancée de la grossesse. En revanche, la gravité de la maladie pour le fœtus suit la courbe inverse : plus il est infecté tôt, plus les conséquences peuvent être sévères. »

    On estime ainsi à 600 000 le nombre de femmes enceintes non immunisées contre la toxoplasmose (1) chaque année, soit environ 80 % des femmes enceintes. Pour limiter les risques d’attraper la maladie ou limiter ses conséquences, elles doivent donc être suivies tout au long de leur grossesse.

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    3 Comment attrape-t-on la toxoplasmose ?

    Chez l’humain, le parasite responsable de la toxoplasmose se transmet le plus souvent par l’alimentation :

    • viandes crues ou mal cuites, en particulier la viande de mouton et de porc (moins de risque avec le bœuf) ; (2)
    • fruits de mer ayant séjourné dans une eau souillée par un chat infecté ;
    • fruits et légumes ayant été au contact d’excréments de chat infecté, puis mal lavés ou lavés avec une eau contaminée par le parasite.

    La transmission par le lait cru est exceptionnelle (un seul cas recensé selon une étude de 2015 (2)), mais celui-ci peut être porteur d’autres germes (en particulier la listeria) potentiellement dangereux pour les femmes enceintes.

    En cas d’infection maternelle pendant la grossesse, une contamination fœtale est possible via le placenta, avec une transmission variable selon le stade de la grossesse. Cette contamination n’est généralement possible que si la mère n’a jamais eu la toxoplasmose, même si de rares cas de transmission chez les mères déjà immunisées mais immunodéprimées existent. En revanche, il n’y a aucun risque de contagion d’une personne à une autre.

    Et les chats dans tout ça ? Nos chers compagnons sont principalement contaminés par la viande, soit celle qu’ils chassent, soit celle qu’ils reçoivent de leurs maîtres (abats ou viandes crus). On estime à 1 % le nombre de félins ayant été vecteurs de la maladie au cours de leur vie. (3) Un risque gérable donc, à condition de respecter certaines règles d’hygiène (voir plus bas).

    29 %

    C’est le taux de transmission de la toxoplasmose de la mère à l’enfant pendant la grossesse. (1)

    4 Comment savoir si vous êtes immunisée ou non contre la toxoplasmose ?

    La seule façon de le savoir, c’est de faire une prise de sang qui permettra de définir votre statut sérologique à partir de votre taux d’IgG et d’IgM (immunoglobulines G et M). Cet examen doit être réalisé idéalement avant grossesse et si vous n’êtes pas immunisée, dès le début de celle-ci :

    • vous avez des IgG mais pas d’IgM (IgG+/IgM-) : vous avez contracté la toxoplasmose avant la grossesse, vous êtes donc immunisée ;
    • vous avez des IgG et des IgM (IgG+/IgM+) : vous avez probablement été infectée récemment, mais il faut dater la contamination pour évaluer le risque de transmission ;
    • vous n’avez pas d’IgG mais vous avez des IgM (IgG-/IgM+) : l’infection est possible mais incertaine. Un second test est nécessaire pour confirmer ou infirmer l’infection et donc évaluer le risque ;
    • vous n’avez ni IgG ni IgM (IgG-/IgM-) : vous n’avez jamais eu la toxoplasmose, vous n’êtes pas immunisée.

    Rassurez-vous : si vous êtes enceinte, ce test vous est systématiquement proposé par votre médecin traitant en début de grossesse, afin de mettre en place les mesures de prévention adaptées si nécessaire.

    5 Quels sont les symptômes chez l’adulte et le bébé ?

    Chez un adulte bien portant, la toxoplasmose est sans symptômes dans plus de 80 % des cas. (4) Mais dans un peu moins d’un cas sur 5 (4), notamment en cas de déficit de l’immunité, deux types de complications peuvent se manifester environ cinq à dix jours après l’infection (4) :

    • des atteintes cérébrales (toxoplasmose cérébrale) : fièvre, mal de tête, troubles neurologiques (épilepsie, difficultés motrices voire paralysie…) ;
    • des atteintes oculaires (toxoplasmose oculaire), avec la survenue d’une choriorétinite. Cette inflammation de la rétine et de la choroïde se traduit souvent par une baisse de l’acuité visuelle, des « mouches » volant devant les yeux ou une rougeur de l’œil.

    Mais c’est chez le fœtus et le nouveau-né que les atteintes sont les plus sévères :

    • hydrocéphalie ou microcéphalie ;
    • atteintes hépatiques, cardiaques ou pulmonaires ;
    • lésions oculaires (choriorétinite) pouvant provoquer une perte de vision importante ;
    • en tout début de grossesse, la toxoplasmose peut entraîner la mort fœtale et une interruption de grossesse.

    Si ces symptômes sont souvent présents dès la naissance, la choriorétinite peut en revanche apparaître après plusieurs années sans que l’on puisse prévoir sa survenue.

    Pour autant, inutile de paniquer : « Dans la majorité des cas en France, la toxoplasmose congénitale est bénigne à la naissance et sans conséquences cliniques. Les femmes peuvent être rassurées ! », insiste Isabelle Villena.

    6 Le dépistage prénatal et le suivi pendant la grossesse, comment ça marche ?

    Pour lutter contre cette maladie aux conséquences potentiellement graves pour les enfants à naître, un programme de dépistage et de prévention a été mis en place en France en 1978. Il s’appuie notamment sur un test sanguin effectué lors du rendez-vous de déclaration de grossesse chez le médecin, donc avant la fin du premier trimestre. C’est le résultat de ce test qui va décider de la nature du suivi :

    • en cas d’immunité, aucun suivi particulier n’est nécessaire pour la toxoplasmose : il n’y a aucun risque pour l’enfant à naître, ni pour les grossesses ultérieures ;
    • en cas d’immunité incertaine, un nouveau test est effectué deux semaines après le premier pour confirmer ou infirmer l’immunité. Dans l’attente, des mesures préventives (hygiène et alimentation), sont mises en place et maintenues jusqu’à preuve de l’immunité ;
    • en cas d’absence d’immunité, les mesures hygiéno-diététiques sont mises en place et maintenues jusqu’en fin de grossesse, et des tests réguliers permettront de vérifier l’absence d’infection. En cas d’infection récente, une prise en charge médicale adaptée est proposée pour éviter la transmission au fœtus.

    7 9 conseils pour éviter la toxoplasmose enceinte (et garder votre chat)

    Ces fameuses mesures « hygiéno-diététiques » sont simples à mettre en œuvre, et d’ailleurs les femmes enceintes les appliquent souvent sans le savoir :

    • Ne pas consommer de viandes, poissons ou fruits de mer crus.
    • Bien cuire les viandes (y compris la volaille et le gibier), à au moins 65 °C sur toute l’épaisseur. Concrètement, elle doit être bien dorée et aucun jus rosé ne doit persister. Pour vérifier la température, équipez-vous d’un thermomètre de cuisson (à partir de 6-7 euros en magasins spécialisés ou sur Internet).
    • Évitez de consommer de la viande fumée, grillée ou marinée.
    • Lavez à grande eau les fruits, légumes et plantes aromatiques, surtout s’ils sont terreux ou que vous les consommez crus.
    • Nettoyez soigneusement à l’eau les ustensiles et plans de travail après avoir cuisiné.
    • Lavez-vous bien les mains : après avoir manipulé de la viande crue ou des fruits ou légumes souillés de terre ; après avoir caressé un chat ou changé sa litière ; après avoir jardiné ; avant chaque repas.
    • Portez des gants pour jardiner et pour changer la litière de votre chat. Nettoyez le bac tous les jours avec de l’eau à au moins 70 °C.
    • Congelez les denrées animales à -18 °C ou à -12 °C pendant trois jours.
    • Lors des repas au travail, chez des amis ou au restaurant, ne mangez que de la viande bien cuite et évitez les crudités (salades, fruits, etc.).

    Pas de psychose !

    1 % des chats peuvent transmettre la toxoplasmose à un moment de leur vie. (5)

    8 Que se passe-t-il en cas d’infection toxoplasmique pendant la grossesse ? Quels sont les traitements ?

    Si votre statut sérologique (taux IgG/IgM) varie en cours de grossesse, un traitement antibiotique (spiramycine) vous sera prescrit pour toute la durée de la grossesse afin d’éviter la contamination fœtale. Un diagnostic prénatal permettra d’évaluer la transmission de la toxoplasmose au fœtus. Si le résultat est négatif, le traitement est maintenu. Si le résultat est positif, cela signifie que le fœtus est infecté, et il faut adapter le traitement (en général une association de deux antibiotiques, complémentés d’acide folinique pour contrer les effets secondaires du traitement)(1).

    « Chez les bébés touchés par la toxoplasmose, le traitement est poursuivi pendant un an après la naissance, poursuit Isabelle Villena. Un bilan ophtalmologique avec fond de l’œil devra être effectué annuellement au moins jusqu’à 6 ans, ou plus pour prolongement du traitement si nécessaire. »

    9 Ne vaut-il pas mieux attraper la toxoplasmose avant d’être enceinte pour être immunisée ?

    C’est une question pertinente (et souvent posée par les femmes qui essayent de concevoir un enfant), mais la réponse ne va pas de soi ! Bien sûr, la situation est plus simple pour les femmes enceintes immunisées. Pour autant, on ne décide pas d’attraper la toxoplasmose ! D’abord parce que sa transmission est incertaine. Ensuite, en cas d’immunodépression non détectée, elle peut avoir des effets graves. Mieux vaut donc ne pas chercher les ennuis… Au final, peu importe que vous soyez immunisée ou non. Si vous ne l’êtes pas, tout est mis en place en France pour éviter les atteintes fœtales : le nombre de cas de toxoplasmose congénitale observés chaque année est compris entre 250 et 300, soit 0,3 pour 1 000 naissances. Dans la majorité des cas, les enfants sont sans symptômes à la naissance et évoluent normalement au cours de leur vie. (1)  Et surtout, gardez en tête que neuf mois de steaks bien cuits et de ratatouilles longuement mijotées n’ont jamais fait de mal à personne !

    L’Essentiel de l’article

    • Contracter la toxoplasmose enceinte présente un risque grave pour le fœtus.
    • La toxoplasmose s’attrape principalement par la viande mal cuite ou des fruits et légumes mal lavés.
    • De bonnes habitudes d’hygiène et d’alimentation pendant la grossesse évitent de contracter la maladie.

    (1) Isabelle Villena et Laurence Lachaud, « Toxoplasmose et grossesse », Revue Francophone des Laboratoires, n° 509, 2019.

    (2) Radu Blagaa, Dominique Aubert, Catherine Perret, Régine Geers, Vitomir Djokic, Isabelle Villena, Emmanuelle Gilot-Fromont, Aurélien Mercier, Pascal Boireau, « Animaux réservoirs de Toxoplasma gondii : état des lieux en France », 2015.

    (3) Isabelle Villena, « Actualités sur la toxoplasmose », paru dans Spectra Biologie n° 206, janvier-février-mars 2014.

    (4) Ameli, « Toxoplasmose : définition, symptômes et complications possibles », 2019.

    (5) Isabelle Villena, « Actualités sur la toxoplasmose », paru dans Spectra Biologie n° 206, janvier-février-mars 2014.

     

    Pour aller plus loin : Blaga R., Aubert D., Perret C., Geers R., Djokic V., Villena I., Gilot-Fromont E., Mercier A., Boireau P., « Animaux réservoirs de Toxoplasma gondii : état des lieux en France », Revue Francophone des Laboratoires, n° 477, pp 31-48, 2015. Villena I. « Protozoaires : un risque émergent à mieux connaître ». Revue de l’Industrie Agro-alimentaire, n° 793, 2017.

  • Fact-checking : pour éviter l’hydrocution, faut-il digérer avant de se baigner ?

    Fact-checking : pour éviter l’hydrocution, faut-il digérer avant de se baigner ?

    1 Une entrée progressive dans l’eau est-elle importante ?

    Oui. « Le maître-mot, c’est de ne pas s’exposer en plein soleil, puis d’aller plonger tête la première dans l’eau froide », prévient le Dr Christine Lepourcelet-Talvard, médecin fédéral national de la Fédération Française de Natation. Ce plongeon risque de provoquer une hydrocution, qui est le résultat d’un choc thermique, soit la différence excessive entre la température extérieure et celle de l’eau. L’exposition prolongée au soleil avant de se baigner est donc dangereuse. « Pour éviter l’hydrocution, l’important c’est de ne rien faire en excès », souligne le médecin fédéral. Comme faire le lézard sur la plage pendant des heures ou laisser les enfants jouer en plein soleil. « Une entrée progressive pour s’habituer à la température de l’eau est primordiale. On commence par se mouiller la nuque et le ventre, les parties les plus difficiles à faire rentrer dans l’eau », préconise le médecin. On évite donc le plongeon brusque !

    26

    cas d’hydrocution ont donné lieu à une noyade en 2015. 20 ont été mortelles. (1)

    2 Faut-il attendre de digérer avant d’aller se baigner ?

    Oui et non. « Tout dépend de la teneur du repas. Si le repas est copieux et bien arrosé, cela impose un temps de digestion plus long qui va augmenter le travail cardiaque, la température du corps et accroître les risques de choc thermique en entrant dans l’eau. Mieux vaut donc manger léger, sans alcool et surtout ne pas rester exposé au soleil, ni faire un exercice physique intense avant de se jeter dans l’eau pour se rafraîchir », indique le Dr Christine Lepourcelet-Talvard. Le temps de digestion dépendant de ce que vous avez consommé pendant le repas, il est conseillé par sécurité de respecter la règle des trois heures de digestion avant de se baigner.

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    3 Sauter dans l’eau brusquement après avoir bu de l’alcool est-il dangereux ?

    Oui. Attention, l’alcool modifie la perception de la réalité et entraîne le sujet, dans un sentiment de toute-puissance, à prendre plus de risques. « L’ingestion de l’alcool, comme le repas copieux, provoque une augmentation de température corporelle, une dilatation des vaisseaux et par voie de conséquence, une augmentation du travail cardiaque : d’où les risques de choc thermique à l’entrée dans l’eau », conclut le Dr Lepourcelet-Talvard.

    Bon à savoir

    Quels sont les symptômes de l’hydrocution ?

    Sachez que l’hydrocution n’est pas forcément brutale. Elle peut être annoncée par certains signes avant-coureurs. Soyez donc attentif à l’arrivée soudaine de maux de tête, de crampes musculaires, d’une sensation d’angoisse ou de fatigue, de frissons ou encore de démangeaisons en entrant dans l’eau : il s’agit peut-être d’une hydrocution…

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    L’Essentiel de l’article

    • On évite de s’exposer entre 12 h et 14 h.
    • On entre progressivement dans l’eau.
    • On se protège contre le soleil : crème solaire, lunettes, chapeau, parasol, etc.

    (1) Santé publique France, Enquête Noyades 2015, 2016

  • Fact-checking : faut-il uriner sur une piqûre de méduse ?

    Fact-checking : faut-il uriner sur une piqûre de méduse ?

    1 Faut-il uriner sur une piqûre de méduse ?

    Non. « C’est une mauvaise information, véhiculée par un épisode de la série américaine Friends ! », rappelle Guillaume Turpin, inspecteur adjoint des nageurs sauveteurs, en sein de la Société nationale du sauvetage en mer (SNSM).

    Inutile donc de vous humilier en demandant à un proche d’uriner sur votre plaie… Pire, vous risqueriez de stimuler les cnidocystes, de petites vésicules qui couvrent les tentacules des méduses, et qui réagissent en projetant du venin urticant. C’est ce qui brûle la peau. Il faut donc éviter d’activer les cnidocystes qui ne sont pas encore ouverts.

    Le saviez-vous ?

    Sur une plage surveillée, la première chose à faire après une piqûre de méduse est de se rendre au poste de secours. Les nageurs sauveteurs vous prodigueront les soins nécessaires. Dans chaque poste de secours, un tableau d’informations réunit des conseils de prévention et signale notamment la présence massive de méduses.

    2 Faut-il rincer la plaie avec de l’eau douce ?

    Non. Comme pour l’urine, « il ne faut jamais rincer à l’eau douce car cela stimule la libération du venin. En rinçant la plaie avec une solution qui a une acidité différente des tentacules de la méduse, vous risqueriez de faire exploser les poches de venin, et donc d’aggraver les choses », prévient Guillaume Turpin. La meilleure méthode est donc de rincer à l’eau salée pour garder la même acidité que celle du milieu dans lequel vivent les méduses !

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    Généralement, plus les méduses sont petites, plus elles ont une coloration bleu violet et plus leurs piqûres sont douloureuses.

    3 Faut-il mettre de l’eau chaude ?

    Non. « Il ne faut pas mettre d’eau chaude après une piqûre de méduse », prévient Guillaume Turpin. Cependant, cette méthode sera efficace à la suite d’une piqûre de vive, un petit poisson qui aime les eaux chaudes, notamment en bord de plage. Pour les piqûres de méduse, on utilise l’eau de la mer, qui est à disposition.

    4 Faut-il enlever les tentacules ?

    Oui. Muni d’un gant de pharmacie en vinyle ou en latex, vous pouvez retirer les tentacules délicatement à la main. « Pour les microfilaments, qui ne sont pas visibles à l’œil nu, on peut gratter la peau avec une carte de crédit ou un morceau de carton », suggère le professionnel de la SNSM.

    Attention !

    Informez vos enfants qu’une méduse échouée sur la plage reste dangereuse. Même morts, ses tentacules continuent d’être urticants. La bonne idée : les chaussures de mer ! Elles protégeront les pieds de vos enfants contre les méduses, mais aussi les coquillages coupants.

    5 Faut-il mettre du sable sur la plaie ?

    Oui. L’astuce fait ses preuves ! « En frottant la peau avec une poignée de sable mouillé, les grains mélangés à l’eau salée permettront de retirer les microfilaments, sans risquer de libérer le venin. »

    Au moindre doute, n’hésitez pas à vous rendre dans une pharmacie ou à demander un avis médical.

    6 Faut-il mettre de la glace sur une piqûre de méduse ?

    Oui. « Après avoir rincé avec de l’eau de mer la zone du corps piquée, et après avoir retiré les microfilaments urticants, si une sensation de brûlure persiste, pour soulager la douleur, on peut appliquer une poche de glace enveloppée dans un linge », préconise Guillaume Turpin.

    Bon à savoir

    La SNSM est l’acteur numéro 1 de la surveillance des plages en France avec la gestion de 32 centres de formation et d’intervention répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain, et la gestion du dispositif estival de surveillance des plages. Chaque été, environ 1 400 nageurs sauveteurs sont affectés pour surveiller entre 260 et 270 postes de secours. D’ailleurs, chaque année, les piqûres de méduses font partie des cas les plus courants en termes de soins sur les plages.

    L’Essentiel de l’article

    • Avant de s’installer sur la plage, prenez connaissance des conseils prévention affichés au poste de secours.
    • Pour soulager une piqûre de méduse, rincez la plaie avec de l’eau de mer, puis frottez avec une poignée de sable mouillé.
  • Vapoter peut-il aider à arrêter de fumer ?

    Vapoter peut-il aider à arrêter de fumer ?

    1 Un nombre de fumeurs en baisse

    Santé Publique France a mis en évidence une baisse de la consommation de tabac en France. En 2017, 26,9 % des adultes étaient fumeurs contre 29,4 % en 2016 (2). Il est probable que la perspective d’un paquet de cigarettes à 10 euros d’ici 2020 confirme cette diminution.

    La cigarette électronique est quant à elle utilisée par 3,3 % des Français âgés de 15 à 75 ans, dont 2,5 % l’utilisent quotidiennement (3).

    3e édition du #MoisSansTabac

    En novembre 2018, 242 000 personnes se sont inscrites pour l’opération #MoisSansTabac contre 158 000 en 2017. D’après Tabac info service, les appels traités par les tabacologues ont augmenté de presque 20 % et les visites du site Internet de plus de 30 % entre 2017 et 2018 (4).

    2 La cigarette électronique : une alliée pour arrêter de fumer ?

    Selon une étude publiée dans la revue scientifique New England Journal of Medicine, (5), la cigarette électronique serait plus efficace que le patch à la nicotine pour arrêter de fumer. Un an après le début de l’étude, le taux de sujets ayant arrêté le tabac était de 18 % dans le groupe « vape » (e-cigarette), contre presque moitié moins (9,9 %) dans le groupe des « substituts nicotiniques » (patchs et gommes).

    Mais ces bons résultats peuvent aussi amener à s’interroger sur le vapotage. Délaisser la cigarette pour ce substitut n’est-il pas comme remplacer une addiction par une autre ? Car, en effet, un an après l’étude, parmi les sujets qui avaient arrêté le tabac, « 80 % utilisaient encore l’e-cigarette, contre 9 % qui utilisaient encore les substituts nicotiniques. » (5)

    Anne-Laurence Le Faou, présidente de la société francophone de tabacologie, a conscience de l’effort que peut représenter le sevrage du tabac et admet que certains anciens fumeurs, par crainte de rechuter, « garderont la cigarette électronique ou un substitut nicotinique à vie pour ne plus fumer. »

    Les hôpitaux français étudient l’efficacité de l’e-cigarette dans le sevrage du tabac

    Lancée dans 11 hôpitaux par l’AP-HP, l’étude Ecsmoke (6) s’adresse aux personnes âgées de 18 à 70 ans fumant au moins 10 cigarettes par jour et souhaitant arrêter de fumer. Elle vise à comparer l’efficacité de la cigarette électronique dans le sevrage du tabac par rapport à un traitement de référence. Ce ne sont pas moins de 650 personnes qui participent à cette étude.

    3 Que sait-on des effets du vapotage ?

    Si les études ont démontré qu’une cigarette « classique » contient 4 000 composés chimiques responsables de la toxicité du tabac sur l’organisme (7), le Dr Le Faou émet également des réserves sur les effets de la cigarette électronique, encore trop peu connus.

    « Un médicament mis sur le marché a subi des études cliniques. Mais la cigarette électronique n’est pas un médicament : c’est un produit de consommation courante. Ses effets indésirables ne sont donc pas enregistrés. Si la vapoteuse est moins dangereuse qu’une cigarette, il s’agit toujours d’un choix en termes de bénéfices-risques. Bien que de très nombreux liquides présents dans les cigarettes électroniques soient analysés par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, ndlr), nous ne pouvons pas affirmer de façon absolue qu’il n’y a pas d’effets indésirables sur l’organisme à moyen et long terme. »

    Un flou d’autant plus grand qu’il existe diverses formes de cigarettes électroniques (avec ou sans nicotine), chacune manifestant des effets différents sur la santé.

    2 614

    C’est le nombre de boutiques spécialisées en vente de cigarettes électroniques fin 2017 en France, soit environ 5 % de plus qu’en 2016 (2).

    4 Faut-il rembourser la cigarette électronique ?

    Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), le passage au remboursement à 65 % des traitements obtenus sur prescription, c’est-à-dire les patchs et les gommes à mâcher, continue à avoir un fort impact sur le choix d’arrêter de fumer (8). Au Royaume-Uni, l’e-cigarette est aussi remboursée. Une mesure qui, d’après Anne-Laure Le Faou, n’est pas encore envisageable en France :

    « Les Anglais n’ont pas la même façon de financer leur santé qu’en France, et avec seulement 17 % de fumeurs, ils veulent utiliser tous les moyens pour encore baisser ce chiffre. En France, nous venons juste de rembourser les traitements médicamenteux et nous avons encore beaucoup de formations à diffuser auprès des professionnels de santé, qui connaissent les complications liées au tabac mais pas forcément comment aider les personnes à arrêter de fumer. Rembourser la cigarette électronique, cela suppose que ce soit un médicament et ce n’est pas le cas, ce n’est donc pas le champ de l’assurance maladie. Il faut des études nationales comme celle lancée par l’AP-HP avant d’envisager un éventuel remboursement. »

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    L’Essentiel de l’article

    • En 2018, Santé Publique France note une baisse de la consommation de tabac en France.
    • La cigarette électronique est utilisée par 3,3 % des Français âgés de 15 à 75 ans (3).
    • La cigarette électronique serait plus efficace que le patch nicotinique pour arrêter de fumer.
    • Mais les effets du vapotage sont encore trop peu connus.

    Sources :

    (1) Tabac info service, « Chiffres du tabac »
    (2) Santé publique France, « Tabagisme en France : 1 million de fumeurs quotidiens en moins », 2018
    (3) Santé Publique France, « Tabagisme et arrêt du tabac en 2017 », 2018
    (4) OFDT
    (5) The New England Journal of Medicine, « A Randomized Trial of E-Cigarettes versus Nicotine-Replacement Therapy », 2019
    (6) Assistance Publique Hôpitaux de Paris, « Fumeurs : vous pouvez encore participer à l’étude ECSMOKE », 2019
    (7) Haute Autorité de Santé, « Dépistage du tabagisme et prévention des maladies liées au tabac », 2015
    (8) Observatoire Français des drogues et des toxicomanes, « Tableau de bord Tabac »

  • Grossesse : le dépistage prénatal non-invasif (DPNI) détecte les trisomies 13, 18 et 21

    Grossesse : le dépistage prénatal non-invasif (DPNI) détecte les trisomies 13, 18 et 21

    1 Qu’est-ce que le DPNI ?

    D’après la Haute Autorité de Santé (HAS), 1 grossesse sur 400 est concernée par une anomalie génétique comme la trisomie 21 (1). Les personnes atteintes d’une trisomie 21 ont trois chromosomes 21 au lieu de deux, ce qui à terme entraîne des retards mentaux et malformations cardiaques chez l’enfant à naître.

    Pour détecter si votre fœtus est atteint d’une trisomie 21 (syndrome de Down), d’une trisomie 18 (syndrome d’Edwards) et d’une trisomie 13 (syndrome de Patau), le médecin ou la sage-femme qui vous suit peut vous proposer avec votre consentement de réaliser un test ADN pendant le 1er trimestre.

    Le risque de trisomie augmente avec l’âge de la maman, notamment pour les grossesses dites « tardives » (après 40 ans), mais aussi si vous-même ou l’un de vos enfants déjà né est porteur d’une maladie génétique ou si un problème a été dépisté à l’échographie.

    Le test ADN est un dépistage prénatal non-invasif (DPNI) qui consiste en une simple prise de sang. Elle est sans danger pour la santé de la maman et du bébé. Cette prise de sang évite de faire une amniocentèse où l’on ponctionne du liquide amniotique à l’aide d’une aiguille.

    Le saviez-vous ?

    Contrairement à la Belgique, en France, le laboratoire n’est pas autorisé pas à révéler le sexe du fœtus lors de cet examen.

    2 En quoi consiste ce test ADN ?

    Avant d’effectuer le test, il y a quelques prérequis à connaître sur votre grossesse. Tout d’abord, il faut que l’échographie du premier trimestre ait eu lieu. Cette échographie permet de détecter des signes comme une malformation cardiaque et de mesurer la clarté nucale du fœtus (l’espace qui se situe derrière la nuque du fœtus doit avoir une épaisseur supérieure à 3 mm), autre marqueur de la trisomie. Ensuite, il vous faut savoir si la grossesse est simple ou multiple car le calcul n’est pas le même.
     
    Le DPNI se pratique sur rendez-vous dans un laboratoire de biologie médicale. Précisez-leur bien la nature de votre examen, car celui-ci doit être équipé de tubes spécifiques pour recueillir le sang.

    À partir de cette prise de sang, les fragments d’ADN du fœtus, mêlé au vôtre, sont isolés et analysés pour vérifier s’ils sont porteurs des trisomies 13, 18 ou 21. Les autres anomalies génétiques (anomalies du tube neural, mucoviscidose, cancer…) ne peuvent pas être détectées à partir d’un DPNI.

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    Bon à savoir

    Depuis le mois de janvier 2019, le DPNI est remboursé par la Sécurité sociale pour les patientes qui ont un risque de donner naissance à un enfant trisomique compris entre 1/50 et 1/1000 (2). Si vous ne faites partie des sujets à risque, vous pouvez toujours effectuer ce test, mais son montant de 390 € reste à votre charge.

    450

    C’est le nombre de fausses couches qui ont lieu chaque année en France, dues aux gestes invasifs (amniocentèse et choriocentèse) pratiqués pour la recherche d’un diagnostic prénatal chromosomique (3).

    3 Que faire en cas de résultat de DPNI positif ?

    La Haute Autorité de Santé estime ce test ADN fiable à 99 % (1). Le résultat est simple, soit il signale l’absence du gène, soit il signale sa présence.

    Si le résultat est négatif, vous poursuivez le suivi médical habituel de votre grossesse.

    En cas de résultat positif, votre médecin vous proposera une amniocentèse qui permet d’analyser les chromosomes du fœtus ou une choriocentèse (prélèvement d’un échantillon du placenta). Ces examens présentent un risque de fausse couche : 1 cas sur 1 000 pour l’amniocentèse et 2 cas sur 1 000 pour la choriocentèse selon l’HAS (4).

    Si le diagnostic de trisomie 13, 18 ou 21 est confirmé, vous pouvez être accompagnée par votre gynécologue ou l’équipe médicale de l’hôpital ou la clinique qui vous suit pour la poursuite de votre grossesse ou si vous le souhaitez choisir de demander une interruption médicale de grossesse (IMG).

    Si vous avez besoin de conseils et de soutien, les associations comme le collectif inter-associatif autour de la naissance (CIANE) ou la Fédération Trisomie 21 France peuvent vous répondre.

    20 000

    C’est le nombre d’amniocentèses réalisées en 2016,
    pour 800 000 naissances (5).

    L’Essentiel de l’article

    • Le DPNI est un test ADN (prise de sang) qui permet de détecter les trisomies 13, 18 et 21.
    • Cet examen est remboursé, seulement si votre niveau de risque est important.

    Sources :

    (1) HAS, « Dépistage de la trisomie 21 : la HAS propose une fiche d’information aux femmes enceintes », 2019
    (2) Légifrance
    (3) CHU Grenoble, « Dépistage prénatal non-invasif (DPNI) de la trisomie 21 », 2018
    (4) HAS, « Le dépistage de la trisomie 21 », 2018
    (5) Société française de médecine prédictive et personnalisée

  • Grossesse et alcool : quelles conséquences ?

    Grossesse et alcool : quelles conséquences ?

    1 Les Français, de plus en plus conscients des risques de l’alcool pendant la grossesse

    Depuis 2017, une campagne lancée par le ministère de la Santé rappelle la dangerosité de la consommation d’alcool pour les femmes enceintes et leur bébé et prône le « zéro alcool pendant la grossesse ». Il semblerait que cette opération de communication ait porté ses fruits puisqu’en 2017, 44 % des Français jugeaient que consommer de l’alcool présentait un risque pour l’enfant contre 25 % en 2015 (1). Le message de prévention mérite donc encore d’être divulgué. En effet, la majorité de la population pense encore qu’une consommation faible ou ponctuelle d’alcool pour les femmes enceintes n’a pas d’incidence sur la santé du bébé.

    « Dans notre pays, boire l’apéritif avant le repas ou un verre à table fait presque partie d’un art de vivre. Le message a donc du mal à passer. Or, à ce jour, nous ne savons pas définir un seuil de sécurité en dessous duquel l’alcool n’est pas dangereux pour le fœtus, il vaut donc mieux s’abstenir de boire dès que l’on a fait un test de grossesse qui s’est révélé positif », explique Jean-Claude Colau, ex-professeur des universités et chef de service de gynécologie obstétrique à l’hôpital Foch, à Suresnes.

    44 %

    des Français déclarent spontanément que consommer de l’alcool présente un risque pour l’enfant (1).

    2 Les effets de l’alcool sur le fœtus

    Retard de croissance, atteintes du système nerveux central, malformations des organes… Boire de l’alcool pendant la grossesse est nocif pour la maman et toxique pour le fœtus et peut entraîner de graves complications pour l’enfant.

    « Le placenta n’est pas une “barrière” pour l’alcool : il passe donc directement dans le sang du fœtus. Or, cette substance toxique peut avoir des conséquences plus ou moins graves en fonction de la quantité d’alcool absorbée et du stade de développement fœtal », rappelle le professeur Jean-Claude Colau.

    Dans le cas le plus grave, pour les consommatrices dépendantes notamment, on parle de syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF). Un syndrome qui, selon Santé publique France, touche en moyenne une naissance par semaine (1), soit environ 1 enfant sur 15 000 (2). Ce syndrome d’alcoolisation fœtale donne lieu à des troubles du comportement, un retard psychomoteur, une déficience intellectuelle ou encore une malformation du visage.

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    Peut-on consommer de l’alcool pendant l’allaitement ?

    À ce jour, aucune étude n’a prouvé que la consommation d’alcool pendant l’allaitement exposait les enfants à des troubles du développement. Mais l’alcool passe dans le lait maternel et les enfants, dont l’organisme est encore immature, en pâtissent forcément. C’est pourquoi, si vous choisissez d’allaiter, prohibez ou limitez au maximum la consommation d’alcool. Dans l’idéal, il faut attendre entre deux et trois heures après une consommation modérée d’alcool avant de redonner le sein. (3)

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    3 Vin, bière, alcool fort : tous nocifs

    On a tendance à penser qu’un petit verre de vin ou une bière pression ne peut pas faire de mal. Mais toutes les boissons alcoolisées (vin, bière, pastis, alcool fort…) contiennent la même molécule, appelée éthanol.

    « Si la future maman consomme de l’alcool, la concentration d’éthanol mesurée dans son sang sera la même que celle du liquide amniotique, avertit Jean-Claude Coleau. Par ailleurs, une étude (4) a montré que si l’élimination de l’alcool se situait aux alentours de trois heures et demie chez la maman, il fallait le double de temps au fœtus pour s’en débarrasser, alors que son foie est immature », conclut-il.

    Pour minimiser les risques, il recommande à toutes les femmes ayant le projet d’une grossesse de cesser de boire de l’alcool. En cas d’accoutumance, il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin au cours d’une consultation pré-conceptionnelle. S’il ne peut pas prescrire de traitements médicamenteux, contre-indiqués quand on est enceinte, le spécialiste pourra proposer un accompagnement psychologique.

    « Les femmes sont encore trop nombreuses à ne pas oser en parler de peur d’être jugées. »

    Bon à savoir

    Si vous avez des questions sur la consommation d’alcool au cours de votre grossesse, vous pouvez contacter le 0 980 980 930 ou consulter la rubrique « Alcool et grossesse » du site Internet alcool-info-service.fr. Articles, vidéos pédagogiques, réponses pratiques… Le site répond à toutes vos questions. Si ce n’est pas suffisant, un annuaire recense toutes les structures d’aide spécialisée en France.

    L’Essentiel de l’article

    • Consommer de l’alcool pendant sa grossesse pourrait exposer son enfant à un retard de croissance, une malformation des organes et des problèmes neurologiques.
    • Vin, bière, alcool fort…, tout type d’alcool est prohibé.
    • Le placenta ne constitue pas une barrière pour l’alcool.
    • En cas d’accoutumance à l’alcool, il est préférable d’en parler à son médecin avant la grossesse.

    (1) Santé publique France, « Journée mondiale du SAF », 2018
    Identification dans les bases de données médico-administratives des troubles causés par l’alcoolisation fœtale durant la période néonatale. Étude de faisabilité à partir des données du Programme de médicalisation des systèmes d’information en France entre 2006 et 2013.
    (2) Insee, 2018
    (3) Alcool Info Service, « Puis-je boire alors que j’allaite mon enfant ? »
    (4) US National Library of Medicine.

  • Bien manger pour bien dormir

    Bien manger pour bien dormir

    1 Soigner son sommeil dès le matin

    Il existe trois hormones qui régulent l’horloge biologique et donc le sommeil : la dopamine, la sérotonine et la mélatonine. Chacune entre en action à un moment précis de la journée. « La chrono-alimentation permet d’optimiser la production de ces trois hormones. Car bien dormir se travaille dès le matin et tout au long de la journée, pas seulement le soir ! », explique le docteur Laurence Benedetti.

    Le matin, on va donc booster la dopamine, qui est l’hormone de l’éveil et de la motivation. « Pour ça, il faut un petit-déjeuner riche en protéines : jambon blanc, œuf, saumon fumé ou fromage blanc (pas de yaourt, pauvre en protéine). Accompagné d’un peu de pain complet ou de céréales sans sucres ajoutés, c’est parfait ! », préconise Laurence Benedetti. Côté boisson, thé, café ou jus de fruit frais sont l’idéal. À éviter : le petit-déjeuner trop sucré, avec des céréales sucrées, des gâteaux ou viennoiseries, du miel ou de la confiture, du jus de fruits à base de concentré… C’est le coup de pompe assuré en fin de matinée !

    30 %

    des adolescents de 15 à 19 ans manquent de sommeil. (1)

    2 Au déjeuner, vive la liberté !

    En milieu de journée, la dopamine baisse naturellement, et la sérotonine, hormone de la sérénité, prend peu à peu le relais. Pour le déjeuner, on peut donc (presque) tout se permettre pour rester en forme, en accord avec ses besoins : viandes rouges, fritures en quantité modérée (pas tous les jours !), féculents, et bien sûr, des légumes et des fruits variés (n’oubliez pas de manger cinq fruits et légumes par jour et choisissez-les de saison de préférence). De quoi faire le plein d’énergie pour tenir l’après-midi.

    400 à 500 g

    C’est la quantité de fruits et légumes qu’il est conseillé de manger chaque jour, soit l’équivalent de 5 portions de 80-100 g. (2)

    3 Le goûter, la pause zen

    « Vers 17 h, notre taux de sérotonine commence à chuter. On a alors besoin de le booster avec des fruits secs, du chocolat noir ou des fruits à coques comme les amandes, à manger en petites quantités », poursuit le docteur Benedetti. Ces aliments ont en plus l’avantage d’être riches en magnésium, précieux régulateur du stress, et donc conseillés pour se préparer au soir. « Si on surveille sa ligne ou qu’on a des problèmes de poids, on préférera un fruit frais ou un yaourt. »

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    4 Le soir, on chouchoute sa mélatonine

    La mélatonine, elle, est l’hormone de l’endormissement, sécrétée au moment du coucher. « Mieux vaut éviter la viande rouge le soir et la remplacer par de la viande blanche ou du poisson. Mais le mieux, c’est d’opter pour les protéines végétales riches en sucres lents qui favorisent l’endormissement : lentilles, petits pois, pois cassés… », conseille Laurence Benedetti. Les laitages (vache, chèvre, brebis) sont également recommandés le soir car ils contiennent une protéine, le lactium, qui diminue le stress. Côté quantité, le dîner doit être plus léger que le déjeuner et éviter les aliments trop gras sous peine d’entraîner une digestion difficile.

    5 à 20 minutes

    C’est la durée optimale d’une sieste pour ne pas perturber le sommeil nocturne. Elle doit être effectuée entre 12 h et 15 h. (3)

    5 Coups de pouce : les tisanes et compléments alimentaires

    « Si on aime les tisanes, la mélisse, le tilleul ou la passiflore sont reconnues pour leurs vertus calmantes. En phytothérapie, on trouve aussi l’aubépine et la valériane. Pour les troubles de l’endormissement, il existe maintenant des comprimés et des sprays de mélatonine* vendus sans ordonnance, très efficaces », conclut le docteur Benedetti.

    Merci au docteur Laurence Benedetti, auteur du numéro Bien dormir avec la micronutrition, paru dans Les Echos de la micro-nutrition.

    L’Essentiel de l’article

    • Le matin, les protéines favorisent la sécrétion de dopamine, l’hormone de l’éveil.
    • Au goûter, les fruits secs et fruits à coques relancent la production de sérotonine pour faire baisser le stress.
    • Le soir, les sucres lents dopent le taux de mélatonine pour faciliter l’endormissement.

    (1) Ameli.fr, « Somnolence diurne : définition, causes et facteur de risque », 2019
    (2) Manger Bouger, « Les fruits et légumes : au moins 5 par jour, par exemple 3 portions de légumes et 2 fruits »
    (3) Ameli.fr, « Insomnie : adapter son quotidien », 2018

    * Il existe certaines contre-indications à la mélatonine, il est donc nécessaire de lire la notice ou de demander conseil à son médecin.

  • Quand les médecines douces soulagent les malades du cancer

    Quand les médecines douces soulagent les malades du cancer

    Acupuncture, phytothérapie, chiropraxie, massage, yoga, sophrologie… Si elles ne remplacent pas les traitements conventionnels, ces disciplines, dites douces, peuvent intervenir en complémentarité afin d’atténuer certains symptômes d’une maladie, calmer des douleurs ou apaiser des angoisses. À l’Institut universitaire du cancer de Toulouse, les patients du service hématologie (1) peuvent y avoir recours, selon leur pathologie. Carole Venturi, cadre de santé dans cet hôpital, explique comment ces soins parallèles sont utilisés dans le cadre d’un traitement contre le cancer.

    1 Qu’entend-on par médecines douces ?

    Carole Venturi : Les médecines douces peuvent être définies comme des pratiques complémentaires ne nécessitant pas l’utilisation de médicaments actifs. Sont considérés comme tels le massage, la relaxation, la chiropraxie, l’ostéopathie, la sophrologie, la naturopathie, l’aromathérapie mais aussi le yoga. Ces disciplines ont pour point commun de ne pas s’inscrire dans un traitement classique et de ne recourir à aucun soin ni aucun médicament chimique.

    L’ostéopathie, qu’est-ce que c’est ?

    L’ostéopathie est une pratique thérapeutique exclusivement manuelle basée sur des techniques de manipulation vertébrale et/ou musculaire. Par des mouvements de torsion, d’élongation et par des pressions effectuées en divers endroits du corps, elle permet de lever les blocages articulaires. Pour redonner leur mobilité aux zones affectées, cette médecine douce aborde le corps dans son ensemble. L’ostéopathie est ainsi particulièrement recommandée pour traiter les maux dont la cause est inconnue. Parmi ces derniers : les douleurs articulaires, vertébrales ou costales, les tendinites mais aussi les maux de tête, les migraines et les vertiges, entre autres. Elle est pratiquée dans certains hôpitaux pour soulager les patients et peut être parfois intégrée au forfait hospitalier.

    2 Que pensez-vous de la méfiance de certains patients et professionnels de santé à l’égard de ces pratiques non conventionnelles ?

    Carole Venturi : Je pense qu’il faudra encore quelques années et de nombreuses études pour que les effets des médecines douces soient incontestables mais aussi pour que les doutes et les idées reçues qui leur sont associées se dissipent. Mais de plus en plus d’études et de recherches vont dans ce sens, ce qui est plutôt positif. Par exemple, les bénéfices de l’aromathérapie sont aujourd’hui unanimement reconnus. Son action sur le relâchement des muscles et la réduction des inflammations n’est plus à prouver.

    3 Dans quelles situations avez-vous recours aux médecines douces ?

    Carole Venturi : Dans le domaine qui est le mien, l’hématologie (1), les médecines douces sont utilisées pour soulager les malades, alléger certains de leurs symptômes, atténuer la douleur ou encore détendre les muscles. Généralement, ce sont les patients eux-mêmes qui font le souhait d’en bénéficier soit parce qu’ils ont entendu parler de leurs bienfaits, soit parce qu’ils en sont adeptes depuis plusieurs années. Il faut cependant être prudent car certaines disciplines peuvent ne pas être compatibles avec certains traitements. Je pense notamment à l’aromathérapie qui peut donner lieu à des effets secondaires indésirables si elle est associée à certaines substances médicamenteuses. Communiquer et demander l’avis de son médecin traitant ou de l’équipe médicale est donc indispensable avant de se tourner vers ces médecines. Mais pas d’inquiétude : les professionnels de santé posent généralement suffisamment de questions pour détecter un éventuel recours à ces soins et adapter les traitements, le cas échéant.

    L’acupuncture : une médecine douce aux multiples bienfaits

    Issue du latin acus et punctura (signifiant respectivement aiguille et piqûre), l’acupuncture est l’une des branches de la médecine chinoise traditionnelle. Elle vise à rééquilibrer les énergies du corps en implantant de petites aiguilles en des points très précis (les méridiens). L’acupuncture se révèle particulièrement efficace pour :

    • soulager les maux de tête et les douleurs (menstruelles, dentaires, articulaires, etc.) ;
    • traiter les troubles du sommeil et/ou alimentaires, l’hypertension et les états dépressifs ;
    • soulager les nausées et les vomissements liés à la grossesse, par exemple ;
    • mais aussi dans le cadre d’un sevrage tabagique.

    Elle est utilisée dans certains hôpitaux en France, notamment dans des Centres de la douleur.

    4 Comment les patients accueillent-ils l’utilisation de médecines douces en milieu hospitalier ?

    Carole Venturi : À l’Institut universitaire du cancer de Toulouse, nous nous appuyons régulièrement sur certaines médecines douces depuis bientôt cinq ans. Pour nous, elles constituent des « soins support » et c’est ainsi que nous les présentons aux patients dès leur arrivée et selon leur problématique. Nous leur laissons ensuite le choix d’y avoir recours. Certains testent et y adhèrent, d’autres non. Dans tous les cas, notre démarche a toujours été très bien accueillie. Et pour cause, les pathologies que nous traitons nécessitent des traitements chimiques lourds pour être soignées. Dans ce cadre, l’aromathérapie et la médecine chinoise par exemple vont être très bénéfiques pour apaiser les symptômes ou les effets secondaires des traitements médicamenteux.

    Dans le service dans lequel j’officie, qui traite les leucémies aiguës et les lymphomes, nous avons surtout recours aux massages, à la relaxation et à la sophrologie pour atténuer les symptômes de la maladie. Mais cela passe aussi par des conseils et des exercices visant à faire baisser le taux d’anxiété ou de stress, et à réduire les nausées et les vomissements. Ces soins font désormais partie intégrante du quotidien du service et devraient, selon moi, être reconnus comme une médecine complémentaire à part entière.

    Zoom sur la chiropraxie

    Technique thérapeutique manuelle visant à soigner différentes affections par manipulations des vertèbres : telle est la définition de la chiropraxie. Concrètement, cette discipline repose sur la prévention, le diagnostic et le traitement des subluxations* de l’appareil neuro-musculo-squelettique, et ce, grâce à des manipulations effectuées au niveau des muscles, des articulations et des vertèbres. La chiropraxie permet de traiter les douleurs liées aux vertèbres et à la colonne vertébrale telle que les scolioses, celles liées aux cervicales (migraines, troubles articulaires et mandibulaires, etc.) mais aussi l’arthrose. Certains hôpitaux proposent à leurs patients un traitement chiropratique pour contribuer à corriger des dysfonctionnements mécaniques.

    Le saviez-vous ?

    Le contrat Santé de la Macif rembourse certaines médecines douces : vos séances d’ostéopathie, d’acupuncture, de diététique, de pédicurie et podologie, de chiropraxie, d’homéopathie et d’étiopathie sont prises en charge.**

    L’Essentiel de l’article

    • Les médecines dites douces ne nécessitent ni soin ni médicament chimique.
    • Dans le cadre d’un traitement, le recours aux médecines douces est soumis à l’accord de l’équipe médicale.
    • Les soins alternatifs comme la sophrologie peuvent intervenir à toutes les étapes de la maladie.

    (1) Spécialité médicale qui étudie le sang, les organes hématopoïétiques (moelle osseuse, ganglions lymphatiques, rate) et leurs affections.

    * Luxation incomplète, par déplacement partiel des deux extrémités osseuses d’une articulation.

    ** À partir de la formule Équilibrée et dans les conditions et limites du contrat souscrit.