Catégorie : À ma santé !

  • Deuil périnatal : comment le vivre et le surmonter ?

    Deuil périnatal : comment le vivre et le surmonter ?

    En 2023, Maryline Serrano vit un événement déchirant. Alors qu’elle est enceinte de son troisième enfant, elle apprend lors d’une échographie a priori anodine que son bébé présente un épanchement pleural (du liquide autour des poumons). Au bout de plusieurs semaines d’examens complémentaires, vécus comme autant de montagnes russes entre espoirs et craintes pour elle et son mari, le diagnostic tombe : leur bébé est atteint du syndrome de Noonan, une maladie génétique qui implique des pathologies extrêmement lourdes et affecte le pronostic vital de l’enfant. Après une discussion avec le corps médical, Maryline et son époux prennent la décision déchirante de recourir à une Intervention médicale de grossesse (IMG) lors de son septième mois de grossesse : « Le bébé bouge dans le ventre, en apparence, il donne signe de bonne vitalité, de bonne santé. Demander au médecin, alors que je porte la vie, de programmer sa mort, ça a été une décision extrêmement difficile. »

    Un délicat accompagnement du deuil

    À l’image de Maryline Serrano et de son mari, chaque année, près de 7 000 femmes et couples perdent un enfant en cours de grossesse ou lors de ses premiers jours de vie. Commence alors le deuil périnatal qui survient selon l’OMS après le décès d’un bébé in utero, à la naissance, dans les jours ou les semaines après sa naissance. Certains, comme Marilyne Serrano considèrent même que cette définition doit être étendue aux IVG ou aux fausses couches. Souvent, le deuil périnatal est un tabou face auquel les proches sont désemparés. D’autant que, comme le bébé n’a pas eu le temps de partager, la vie de ses parents, son existence n’est pas toujours “réelle” ou palpable pour eux. Les personnes endeuillées sont encore davantage isolées que lors d’un deuil classique : « Les relations avec notre entourage sont devenues difficiles. Les gens ne savaient plus comment nous aborder. Et quand on est coincé dans notre souffrance, on en veut beaucoup à l’entourage de ne pas être comme on voudrait qu’il soit », abonde Maryline qui doit à l’époque affronter des réflexions bienveillantes, mais maladroites. « Certains proches me disaient : allez, relève-toi, tu as deux enfants quand même… »

    Se faire aider

    C’est dans ce contexte qu’intervient régulièrement Yveline Exbrayat. « Le problème, c’est que tout le monde va proposer des solutions et des consolations, chercher à donner des réponses plutôt qu’une oreille attentive. Or une personne qui souffre, est en recherche d’écoute active pas de consolation », explique cette psychologue spécialisée dans le périnatal. Bien souvent, elle constate chez les proches, mais aussi souvent chez les conjoints ce qu’elle appelle « la posture du guerrier », c’est-à-dire vouloir aider à se relever la personne qui souffre, espérer qu’elle soit dans l’action plutôt que dans l’écoute de son deuil. « On voudrait que le deuil se passe vite, mais l’accompagnement du deuil consiste avant tout à faire présence, à partager l’émotion. Cela permet à la personne qui souffre de se sentir comprise. » Le rôle de cette praticienne, qui exerce à Orléans, est d’apporter ce soutien émotionnel quand les familles et les conjoints – parfois encore plus effondrées que la femme qui a perdu un enfant – ne sont pas en mesure de la faire.

    Lever le tabou du deuil périnatal

    Une chose est certaine, malgré la souffrance immense, malgré l’aspect tabou de la disparition et la difficulté à mettre des mots sur l’indicible, il faut rompre l’isolement pour faire ce cheminement qu’est le deuil : « Il existe beaucoup d’options maintenant pour se faire accompagner dans ce moment de vie », explique Maryline Serrano. Parmi celles-ci, les associations. Agapa par exemple, propose un soutien aux personnes confrontées au deuil périnatal. Depuis 2011, cette association forme les professionnels de santé et de la périnatalité afin de leur donner des clés qui leur permettront un meilleur accompagnement des personnes touchées. D’autres initiatives, telles que l’opération « une fleur, une vie », agissent pour lever le voile sur le tabou du deuil périnatal. Il faut parler est ne pas mettre les choses sous le tapis pour emprunter le chemin du deuil. Pour Maryline Serrano, ce cheminement a véritablement débuté lors qu’elle a accouché d’Ugo, son « bébé lumière » le 13 septembre 2023. Paradoxalement sa mise au monde est un vrai soulagement pour sa maman : « Sa découverte a balayé toutes des heures de souffrance. Sa présence était magique. » Entre la naissance et les funérailles d’Ugo, Marilyne partage des moments avec lui : « On a vécu avec lui des choses qui, d’un point de vue externe, peuvent paraître un peu glauques. Mais qui, dans la reconstruction, sont extrêmement importantes. Il faut créer des souvenirs. D’ailleurs les sages-femmes et l’équipe médicale prennent des photos. Quand les parents ne veulent pas voir, elles les gardent dans un dossier médical au cas où ils réclameraient un jour. »

    Se reconstruire après la perte

    Le 21 septembre, Marilyne entame son processus de reconstruction. Après les funérailles, elle décide d’écrire un livre et de raconter son expérience aussi bien pour elle que pour accompagner toutes les personnes qui doivent affronter la perte d’un enfant : « J’ai fini l’écriture au mois de juin 2024 et j’ai voulu qu’il soit publié le 13 septembre 2024, pour son premier anniversaire. » Depuis, cette ancienne coiffeuse consacre sa vie à accompagner les personnes qui, comme elles, ont été confrontées au drame. Elle a effectué une reconversion vers le métier de thanadoula (une personne qui accompagne les personnes en fin de vie et les personnes en deuil) spécialisée en périnatalité et pédiatrie, et se déplace dans toute la France en conférence, pour sensibiliser au deuil périnatal et sur l’importance de redonner une place à la mort dans nos vies.

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  • Schizophrénie : le vrai-faux des idées reçues

    Schizophrénie : le vrai-faux des idées reçues

    Les schizophrènes ont une double personnalité

    FAUX Contrairement à ce que certains films laissent croire et malgré l’idée reçue largement répandue dans la population générale, « la double personnalité n’intervient absolument pas dans la définition de la schizophrénie », indique Estelle Willemet. Même s’il en existe de multiples formes, cette maladie peut en effet associer « des symptômes positifs (idées délirantes, en dehors de la réalité), des symptômes négatifs (un certain repli social, une baisse de la motivation) et des symptômes de désorganisation (discours décousu, dissociation entre affects et contenu du discours ».

    Les schizophrènes entendent des voix

    VRAI Certains seulement. Il s’agit notamment de ces symptômes positifs et idées délirantes mentionnés précédemment, qui s’illustrent par plusieurs mécanismes. « La présence d’hallucinations acoustico-verbales, par exemple, ou voix dans le langage courant : le patient peut entendre une voix qui commente ses actions, qui lui dit que le monde va s’écrouler ou bien d’autres choses, complète la psychiatre. Un autre mécanisme aux idées délirantes est l’interprétation : un patient schizophrène se promène dans la rue, un passant le regarde et le patient interprète ce regard comme un regard mauvais qui prouve que le passant va le tuer. »

    Les schizophrènes ont des hallucinations

    VRAI Hallucinations auditives, donc, mais pas uniquement. « Si les voix sont une forme d’hallucinations, il en existe d’autres : les hallucinations cénesthésiques (des sensations physiques, comme le sentiment d’être touché), olfactives ou gustatives… Et les hallucinations visuelles, en effet », répond le médecin. Reste que ces dernières sont très peu fréquentes chez les patients atteints de schizophrénie.

    La consommation de drogue rend schizophrène

    VRAI, mais… Difficile d’être catégorique à ce sujet, les facteurs de risque de développement d’une schizophrénie étant encore peu connus et devant faire l’objet d’études scientifiques approfondies. Mais « la consommation de cannabis favoriserait l’entrée dans la schizophrénie chez des patients qui y seraient déjà prédisposés », avance le Docteur. Qui cite également l’urbanisation, la génétique et les traumatismes de l’enfance parmi les autres facteurs de risque (outre la prise de drogue).

    La schizophrénie ne se soigne pas

    FAUX, mais…« Les traitements neuroleptiques peuvent permettre de stabiliser la schizophrénie chez de nombreux patients, c’est-à-dire que la maladie ne s’exprime pas lorsque les patients prennent leur traitement, explique la spécialiste, qui pointe la différence entre guérir et stabiliser. Dans la plupart des cas, les patients atteints de schizophrénie devront malheureusement prendre ce traitement psychiatrique toute leur vie (au risque de rechuter, ou décompenser à l’arrêt des traitements). Mais, dans certains cas et sous couvert de l’avis du psychiatre traitant, les traitements neuroleptiques peuvent être arrêtés sans que le patient redécompense par la suite. »

    Les schizophrènes vivent majoritairement en marge de la société

    FAUX Travail, logement, entourage, liens sociaux… Grâce à leur traitement neuroleptique, bon nombre de patients atteints de schizophrénie vivent une existence normale. Même si, il est vrai, certains patients qui ne prennent pas normalement leur traitement ou résistent aux traitements « auront parfois plus de difficultés à être insérés dans la société. C’est tout le travail de réhabilitation qu’entreprennent les soignants, en collaboration avec le patient, pour permettre une meilleure insertion socioprofessionnelle », précise l’experte.

    Les schizophrènes sont dangereux pour autrui

    FAUX, mais… Souvent, la peur s’invite dans les esprits dès lors qu’un individu est qualifié de schizophrène. Pourtant, « 6 % seulement des meurtriers seraient atteints de schizophrénie, et environ 5 % des crimes violents seraient commis par des patients, chiffre Estelle Willemet, pour un taux de 1 % de schizophrène dans la population générale. En revanche, ils sont globalement plus violents envers eux-mêmes, puisque 10 à 15 % décéderaient par suicide ».

    La schizophrénie est une maladie génétique

    VRAI, mais… « Oui, il existe une vulnérabilité génétique dans la schizophrénie, note la psychiatre. Mais il est très difficile de mettre clairement en évidence les gènes impliqués, certains chercheurs retrouvant néanmoins des variations appelées épigénétiques sur plusieurs gènes (notamment le gène COMT, qui aurait un rôle sur le cortex préfrontal lui-même impliqué dans la maladie). » Plus globalement, c’est l’association d’une vulnérabilité génétique aux facteurs environnementaux qui augmente le risque de déclenchement de la schizophrénie.

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  • Mars Bleu : cancer colorectal, dépister pour mieux soigner

    Mars Bleu : cancer colorectal, dépister pour mieux soigner

    « Le cancer du côlon est un fléau », s’attriste le Dr Jean-Christophe Letard, hépato-gastro-entérologue basé à Poitiers. « Il provoque 18 000 décès par an, autant d’hommes que de femmes. Cela fait un mort toutes les 30 secondes. Alors que plus le dépistage de ce cancer est fait précocement, meilleur sera le pronostic pour le patient. » Depuis 2009, un test de dépistage du cancer colorectal est proposé gratuitement tous les deux ans, aux plus de 50 ans : le test Hemoccult II. Il permet de dépister la présence de sang dans les selles et donc la présence éventuelle d’une tumeur cancéreuse. Pourtant, selon une enquête de Santé publique France réalisée en 2019, le test n’est réalisé que par 35 % des personnes concernées.

    Ne pas attendre pour se faire dépister

    Comme les autres Français de plus de 50 ans, Carlos Cardoso, habitant à Marseille, a reçu un courrier pour faire le test. « Comme beaucoup de personnes, je n’ai rien fait. Le protocole était trop compliqué, car il fallait voir son médecin généraliste pour disposer d’un test. » Il a laissé passer un deuxième courrier, puis un troisième. « En 2023, le protocole est devenu plus pratique, car on pouvait récupérer directement le test en pharmacie. » À son quatrième courrier, M. Cardoso, aujourd’hui âgé de 54 ans, se décide enfin, récupère le test et le fait. Celui-ci se révèle positif et le patient prend rendez-vous avec un gastro-entérologue pour faire une coloscopie. « J’avais plusieurs polypes, des tumeurs précancéreuses, qui ont été enlevés. Je n’avais pas pris conscience auparavant que le cancer colorectal était un cancer aussi développé. Heureusement, maintenant, c’est derrière moi et j’ai pris conscience du danger. Aujourd’hui, j’essaie de sensibiliser tout le monde : le test est très simple à faire et il faut le faire ! »

    Un test très facile à faire

    Robert Perrin, 73 ans, vivant à Toulouse, a été plus sérieux avec le test Hemoccult II : « J’ai une vie saine. Je ne bois pas d’alcool et je ne fume pas. Je n’avais aucune douleur au ventre. Je pensais avoir zéro risque de développer ce type de cancer. » Sur l’incitation de son médecin généraliste, M. Perrin fait quand même le test tous les deux ans, à partir de 50 ans. « Le test Hemoccult II est très facile à faire. On le fait chez soi, en toute intimité. Tout est bien expliqué dans la brochure qui accompagne le test. Il suffit de prélever un peu de ses selles, de les mettre dans un tube avec un liquide, de rajouter son nom, son prénom sur une étiquette et de l’envoyer gratuitement à un laboratoire d’analyse. En résumé, c’est simple, bien expliqué, à faire chez soi et gratuit ! »

    Ce dépistage régulier va sauver M. Perrin. Les tests qu’il fait, entre ses 50 ans et ses 70 ans, se révèlent négatifs. Mais à 71 ans, il découvre qu’il est atteint d’un cancer colorectal : le test positif a été confirmé par une coloscopie et une biopsie. Il doit subir une colectomie (ablation d’une partie du côlon) et suivre un protocole de chimiothérapie. Son cancer est aujourd’hui en phase de rémission. « J’ai eu de la chance, car il a été pris à temps. Je n’attendais pas à développer ce cancer. » Cette « rencontre inopinée », Robert Perrin a décidé d’en faire un livre, « pour décrire mes émotions, faire partager mon expérience et inciter à la prévention et au dépistage »1.

    Quels sont les freins qui bloquent certaines personnes ?

    « Il y a encore beaucoup de tabous concernant cette partie du corps, le rectum et l’anus. Cela peut être un frein pour le dépistage », explique Carlos Cardoso. Ce que confirme Robert Perrin : « Le fait de manipuler ses selles peut poser problème à certains. Pourtant le prélèvement prend juste quelques dizaines de secondes. » D’autres freins peuvent apparaître selon M. Perrin : « Certains ont peur de savoir, sont dans le déni, alors ils ne font pas le test. Comme si ne rien savoir, cela les protégerait… D’autres personnes n’ont pas de symptômes, de douleurs, alors ils pensent qu’ils n’ont rien. Enfin, bien sûr, il y a l’indifférence, la négligence. »

    Le Dr Letard indique qu’il est possible de faire un test Hemoccult II avant 50 ans : « Pour ceux qui ont des antécédents familiaux avec le cancer du côlon ou ceux qui ont des signes, douleurs abdominales ou troubles du transit. Le plus important est de parler librement du sujet du cancer du côlon avec son médecin généraliste. La campagne de Mars Bleu2 est une très bonne opération pour cela, ouvrir le dialogue, la discussion autour de ce cancer. »

    S’il reconnaît que le test Hemoccult II, mis en place depuis quinze ans, a été une étape importante, le Dr Letard va plus loin en matière de prévention : « Il faudrait proposer une coloscopie à toute la population. Ce serait plus efficace. Évidemment, cela aurait un coût important au départ, mais ce serait économiquement rentable à terme, car il y aurait moins de cas de cancers à traiter. Aujourd’hui, il y a environ 40 000 nouveaux cas de cancer du côlon par an en France. Une coloscopie préventive permettrait de faire baisser ce chiffre. Selon des chiffres de la Société française d’endoscopie digestive (SFED), si l’on augmente les coloscopies de 30 %, on fait baisser la mortalité par cancer du côlon de 50 %. »

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    Robert Perrin, Rencontre inopinée avec un cancer colorectal (Éditions Complicités, 15 €, 2024 – les droits d’auteur du livre sont reversés à une association d’aide aux patients atteints d’un cancer)

    2 www.ligue-cancer.net/mars-bleu

  • Syndrome Gilles de La Tourette : le vrai-faux des idées reçues

    Syndrome Gilles de La Tourette : le vrai-faux des idées reçues

    Le syndrome Gilles de La Tourette est une maladie neurologique

    VRAI « Le SGT est en effet lié à la maturation cérébrale et à certaines connexions du cerveau, explique le neurologue Andreas Hartmann. Je trouve que le mot de syndrome est plus adapté que celui de maladie, car il y a une grande diversité de cas et certains patients sont atteints de troubles légers qui ne sont pas forcément très visibles et gênants. »

    Le SGT se caractérise principalement par des tics vocaux, notamment des insultes

    FAUX « La production d’insultes est rare. Elle ne touche que 5 % à 10 % des patients. Malheureusement, c’est l’image que beaucoup de personnes ont du syndrome Gilles de La Tourette. Le SGT se caractérise principalement par des tics moteurs comme des clignements d’yeux, des mouvements faciaux, des mouvements de la tête, du cou ou des épaules ; et aussi par des tics sonores, toussotements, raclements de gorge, reniflements. »

    Le SGT apparaît dès l’enfance 

    VRAI « Les tics apparaissent généralement entre 5 ans et 7 ans, et rarement après 10 ans. Ils apparaissent de manière insidieuse. Très discrets au début, ils s’accentuent par la suite. Pour détecter le SGT, il faut que le patient soit atteint de tics multiples, de deux ou trois tics moteurs et d’un tic sonore, et que ces tics soient chroniques sur une période de plus de douze mois. »

    Il touche autant les garçons que les filles

    FAUX « Beaucoup plus de garçons sont touchés par le syndrome Gilles de La Tourette. Le ratio est de trois à quatre garçons pour une fille. »

    La sévérité des tics diminue avec l’augmentation de l’âge

    VRAI « Globalement chez les patients, il y a une amplification des tics jusqu’à 15/16 ans. Puis la courbe commence lentement à s’inverser et les tics commencent à diminuer petit à petit à partir de 18/20 ans. Après cette phase, les tics se stabilisent. Cela concerne deux tiers des patients. Pour le dernier tiers des patients, les tics se stabilisent au début de l’âge adulte, mais il n’y a pas eu vraiment de diminution. »

    Le syndrome est héréditaire

    FAUX et VRAI « Il y a une composante génétique importante dans le SGT, mais on ne peut pas dire que ce soit un syndrome héréditaire. Dans le SGT, les troubles du neurodéveloppement sont la conséquence de la mutation d’un gène. Pour beaucoup de patients, le paramètre héréditaire du SGT est donc faux. Pour certains patients, oui, c’est vrai, il y a ce caractère héréditaire, car, dans deux cas sur trois, un parent proche est porteur au moins d’un tic simple. »

    Le syndrome a aussi des causes environnementales

    VRAI « Il peut y avoir des facteurs environnementaux dans le SGT, mais nous n’arrivons pas encore à bien les définir. Des équipes médicales s’intéressent à ces causes environnementales. Certaines pistes sont étudiées, comme le stress intra-utérin, l’accouchement prolongé ou la précocité, par exemple. »

    Il existe des traitements permettant la guérison définitive

    FAUX « Certains traitements symptomatiques permettent de diminuer les tics, mais ces traitements, qui peuvent durer plusieurs mois ou plusieurs années, ne vont pas faire disparaître complètement les tics. »

    Le SGT affecte l’espérance de vie

    FAUX « Le SGT n’influe pas sur l’espérance de vie, mais il peut avoir un impact sur la qualité de vie de certains patients, souvent plus en lien avec des troubles associés, comme le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), qu’avec les tics à proprement parler. »

    Le syndrome empêche d’avoir une vie normale

    FAUX « Un patient peut avoir une vie normale avec le syndrome Gilles de La Tourette. Les difficultés sont davantage marquées durant l’enfance ou l’adolescence, car il est compliqué pour les jeunes d’accepter leurs tics, et d’avoir une scolarité ordinaire et une vie sociale apaisée. À l’âge adulte, les patients ont beaucoup plus accepté leurs tics et le regard des autres, d’autant que ces tics ont diminué pour beaucoup d’entre eux. Le syndrome Gilles de La Tourette touche aussi certaines célébrités, comme la chanteuse Billie Eilish, l’acteur Vincent Lindon ou le footballeur Tim Howard. »

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  • Ligature des trompes : une méthode de contraception en baisse

    Ligature des trompes : une méthode de contraception en baisse

    L’alternative aux hormones

    Se soustraire de manière définitive à toute préoccupation contraceptive et à la nécessité de prendre des hormones : c’est le principal avantage que les femmes trouvent à la ligature des trompes, si elles ne veulent plus ou n’ont jamais voulu avoir d’enfants, selon la gynécologue-obstétricienne Tania Labes. Cette méthode de contraception consiste en une intervention chirurgicale de stérilisation sous anesthésie générale. « Il y a eu une évolution dans les techniques. Pendant longtemps, on suturait les trompes ou on y apposait des clips pour éviter toute grossesse. Aujourd’hui, la plupart des chirurgiens pratiquent l’ablation des trompes. La contraception est alors 100 % efficace, définitive et irréversible », explique la médecin. Cette opération n’a aucun impact sur les règles, la prise de poids, le sommeil ou la libido. La ligature des trompes est ouverte à toutes les personnes majeures. Une première consultation avec un gynécologue expliquant le déroulement et les conséquences de l’opération est suivie d’un délai de réflexion de quatre mois, puis d’un second rendez-vous de confirmation.

    Contraception dans le couple

    En France, plus de 20 000 femmes ont eu recours à une ligature des trompes en 2023, contre plus de 31 000 en 2010. Comment expliquer la baisse de cette pratique ? « Outre le fait que de plus en plus de couples choisissent des méthodes de contraception naturelles et refusent toute ingérence médicale, on introduit de plus en plus la vasectomie dans les choix de contraception définitive », suggère Tania Labes. Une pratique beaucoup moins traumatique et invasive pour le corps. Alors qu’en 2010 on dénombrait à peine 2 000 vasectomies, plus de 30 000 hommes ont eu recours à cette opération en 2022. Un chiffre multiplié par 15 en 12 ans.

    Depuis dix ans, Célia, 28 ans, sait qu’elle ne veut pas d’enfants. Vers ses 25 ans, sa décision était toujours aussi claire et la jeune femme voulait se libérer de toute contraception, « de toute charge mentale ». « À cette époque, j’avais arrêté la pilule que je ne supportais plus. La ligature des trompes me paraissait être la meilleure alternative. » Après avoir écouté un podcast sur cette méthode, Célia prend rendez-vous avec un chirurgien-gynécologue. Grande déception. « C’était le profil type du vieux médecin traditionaliste et moralisateur. Il a refusé catégoriquement, jugeant que j’étais beaucoup trop jeune pour prendre cette décision et que je le regretterai », lâche-t-elle. Entre-temps, Célia est prise par un intense quotidien professionnel et laisse tomber ses recherches. Elle rencontre son partenaire et se fait poser un stérilet au cuivre en attendant. « Plus le temps passe et plus je suis sûre, comme mon conjoint, de ne pas vouloir d’enfant. La contraception définitive n’est pas un besoin immédiat, mais je sais que je veux le faire », confirme Célia. Cependant, sa réflexion a évolué depuis quelque temps : elle commence à aborder avec son partenaire la question de la vasectomie pour « plus d’équilibre entre eux concernant la contraception ». Dans tous les cas, Célia est sûre d’elle : elle prévoit de reprendre ses recherches.

    Un gain de sérénité

    Il y a cinq ans, à la naissance de son second enfant après une fin de grossesse difficile, Marine, 32 ans à l’époque, plonge dans une dépression post-partum. « La maternité était très compliquée à organiser en tant que travailleuse libérale. J’étais nerveusement épuisée et j’avais peur de retomber enceinte », se souvient-elle. Après l’échec d’une pose de stérilet, Marine se retrouve sans moyen de contraception et refuse toute prise d’hormones. Elle réfléchit pendant de longs mois à la ligature des trompes. « Mon mari était réticent à la vasectomie. Finalement je préférais prendre la responsabilité de la stérilisation, car c’était mon choix et mon corps », confie Marine. Sa décision prise, elle en parle à sa gynécologue, qui la « refroidit ». « Elle m’a jugé trop jeune et m’a mis en garde sur le fait de m’interdire le choix d’avoir un enfant dans le cas où mon mari me quitterait et où je reconstruirais ma vie avec quelqu’un d’autre. Je ne me suis pas du tout sentie écoutée, ça m’a choquée », souffle-t-elle.

    Mais pas de quoi décourager cette maman qui tombe sur un groupe Facebook de témoignages de femmes concernées par l’opération, où elle trouve le contact d’une gynécologue obstétricienne. Le rendez-vous se passe à merveille, et Marine se fait opérer quatre mois plus tard, à 34 ans. « L’opération s’est très bien passée et l’équipe médicale a été d’une douceur exceptionnelle. » Seul léger trouble secondaire : des nausées quelques jours après l’opération. « Cette opération a été un soulagement et le meilleur choix que j’ai fait. J’en suis très heureuse. J’ai tant gagné en sérénité depuis. »

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  • Les étirements : quand les effectuer et comment en tirer des bénéfices

    Les étirements : quand les effectuer et comment en tirer des bénéfices

    Les étirements doivent s’effectuer à chaud

    FAUX. Attention, car les étirements peuvent créer des lésions musculaires s’ils sont trop poussés. « On a tendance à les conseiller plutôt à froid en étant progressif dans leur mise en place », explique Matthieu Almoyner. Il est cependant possible de faire des étirements légers à la fin d’un entraînement. « Mais uniquement si celui-ci n’a pas été trop intense, en étant prudent et sans chercher à gagner en amplitude », prévient le masseur-kinésithérapeute.

    Il existe deux types d’étirements

    VRAI. Les étirements passifs sont réalisés en statique et consistent en un allongement musculaire durant lequel l’étirement est maintenu généralement entre 20 et 25 secondes. « Dans les étirements dynamiques, on intègre une contraction musculaire, explique Matthieu Almoyner, avant de préciser qu’il existe un sous-type, les étirements “balistiques”, qui intègrent un mouvement de balancier pendant la phase d’étirement. »

    Les étirements réduisent les douleurs liées aux courbatures

    FAUX. Il est important de comprendre que les courbatures sont une réponse inflammatoire à un effort inhabituel ou plus intense que d’habitude. Faire des étirements lorsqu’on souffre de courbatures peut même s’avérer dangereux, alerte Matthieu Almoyner : « Cela peut augmenter cette inflammation ou, inversement, s’ils sont faits avant un effort, “endormir” les récepteurs de la douleur. » Dans ce dernier cas, la personne ne se rend pas compte que l’effort est trop intense, ce qui peut aggraver l’inflammation existante.

    Les étirements évitent les blessures

    VRAI, en partie. « Les étirements sont un facteur permettant de limiter leur apparition, mais ce n’est clairement pas le facteur principal », analyse le kinésithérapeute du sport. D’autant plus qu’une blessure peut avoir de multiples origines, il est donc difficile d’affirmer que les étirements peuvent systématiquement aider à les prévenir.

    Il faut s’étirer avant et après une séance de sport

    CELA DÉPEND. Les étirements passifs avant une séance sont à proscrire, car ils ont tendance à endormir le muscle, ce qui est contraire au but d’un échauffement. « En revanche, les étirements actifs peuvent être réalisés pour échauffer le muscle », souligne Matthieu Almoyner. Après la séance, il est possible de s’étirer, mais seulement « si la séance n’a pas été trop intense, poursuit le spécialiste, mais l’idéal reste de le faire à froid de manière progressive ».

    S’étirer améliore la souplesse, et donc la mobilité

    VRAI, en partie. Les étirements ont bien pour principal effet de rendre plus souple, car ils allongent le muscle. « Un muscle souple va forcément permettre à une articulation de mieux bouger », note le masseur-kinésithérapeute. En revanche, « il ne faut pas nécessairement être souple pour être mobile » : la mobilité peut se développer autrement.

    S’étirer améliore les performances sportives

    Tout dépend du sport pratiqué. Certaines activités nécessitent une grande souplesse, d’autres non. « Pour les gymnastes, c’est sans aucun doute un facteur de performance, observe ainsi Matthieu Almoyner. Par contre, pour la course à pied, on sait qu’une certaine rigidité des tendons d’Achille permet un meilleur renvoi de l’énergie. » Il faut donc bien adapter les étirements à la pratique sportive.

    Les étirements n’ont pas de véritable utilité

    FAUX. Les étirements ont bien des bénéfices : ils améliorent et renforcent la mobilité générale du corps. « Mais ils doivent faire partie d’une routine plus globale (sport, alimentation, sommeil) pour en tirer le maximum, prévient le spécialiste du sport, avant de conclure : En somme, ce n’est pas un remède miracle. »

    En résumé, pour être utiles, les étirements doivent être adaptés à l’activité physique pratiquée et réalisés au bon moment. Dans le doute, il est toujours utile de consulter un professionnel qui saura vous orienter vers les étirements adaptés à votre cas.

  • Comment prendre soin de ses pieds ?

    Comment prendre soin de ses pieds ?

    Faire un appel du pied, avoir bon pied bon œil, travailler d’arrache-pied ou encore casser les pieds… Les expressions comprenant le mot « pied » sont si nombreuses que l’on saisit vite l’importance de cette partie de notre corps. Mais pour ce qui est d’en prendre soin, ce n’est pas toujours évident. Les pieds sont, selon les podologues, trop souvent négligés (contrairement aux mains) bien qu’ils effectuent entre 6 et 10 000 pas par jour et, en moyenne dans une vie, deux fois et demie le tour de la Terre. Arrêtons de sous-estimer nos pieds où une telle négligence aura son lot de conséquences, comme nous le rappelle le site d’Ameli, le site de l’assurance maladie : « Cela vous aidera notamment à poursuivre vos activités physiques et sportives, à diminuer votre risque de chute, à éviter l’épaississement de la peau des pieds – responsable de cors, cals et durillons – à prévenir les infections (mycoses ou verrues plantaires) et l’incarnation des ongles, ou encore à éviter les complications en cas de diabète ou de troubles vasculaires (artérite des membres inférieurs). »

    Une bonne hygiène, la base

    Prendre soin de ses pieds, c’est avant tout les nettoyer quotidiennement – ou davantage, si la personne est sujette à une transpiration excessive. Comment ? En utilisant de l’eau (ne dépassant pas les 37°C) et un savon doux, tel que le savon de Marseille, tout simplement. Attention à bien les rincer et à bien les essuyer – en particulier entre les orteils – afin de prévenir la macération, source d’infection.

    Les soins, le petit plus

    Que la peau de vos pieds soit sèche ou non, il est toujours conseillé d’hydrater quotidiennement les pieds (au moins les talons, la semelle plantaire et le tour des ongles), en les massant à l’aide d’une crème hydratante. Attention à toujours bien éviter les espaces entre les orteils.

    Rubis sur l’ongle

    Une bonne hygiène des pieds, c’est aussi penser à se couper les ongles régulièrement et correctement, afin d’éviter les petites blessures ou la survenue d’un ongle incarné. L’idéal est de le faire après la douche (ou le bain) – car les ongles sont ramollis par l’eau – et de les couper court et le plus rond possible. « Si on ne sait pas faire, il y a la fameuse technique qui est de laisser les angles des ongles dépasser, rappelle Fabian Retif, podologue-pédicure basé à Angers. Si on n’arrondit pas correctement, on laisse un petit étron dans le sillon de l’ongle et, avec les petits chocs de la chaussure, ça peut s’incarner. » Pour ce qui est de l’outillage, le site Ameli recommande d’utiliser « des ciseaux à ongles désinfectés à l’alcool ou un coupe-ongle ». Mais, si vous estimez manquer d’expertise – ou si vous avez tout simplement la flemme – il est toujours possible de prendre rendez-vous chez un podologue-pédicure.

    Changer fréquemment de chaussettes et bien choisir ses chaussures

    On ne vous apprend rien : les chaussettes doivent être renouvelées quotidiennement. Et pour limiter la transpiration, mieux vaut privilégier les fibres naturelles telles que le coton. À noter que, pour des pieds fragiles, l’absence de coutures est un plus, limitant les risques d’irritation cutanée. Et qu’en est-il des chaussures ? Plusieurs aspects doivent être considérés : une pointure adaptée, un bon maintien du pied, un cuir souple et une largeur suffisante. « Beaucoup de chaussures – notamment chez les femmes – ont un avant-pied trop fin, pouvant entraîner des cors ou des ongles incarnés, avertit Fabian Retif. Pour être sûr de soi, je conseille de sortir la semelle de propreté qui se trouve à l’intérieur de la chaussure. Posez ensuite le pied sur cette semelle pour bien vérifier que tous les orteils tiennent (gros orteil et auriculaire). » Sans surprise, le podologue met en garde contre les chaussures aux talons dépassant les 4 centimètres.

    Marcher pieds nus (le plus souvent possible)

    « Comme une main, le pied est fait d’une multitude de muscles, note Fabian Retif. Mais le fait que le pied soit chaussé, c’est comme si nous avions une main dans un gant toute la journée. Nous ne sollicitons que certaines parties du pied. Marcher pieds nus un certain temps revient à stimuler l’ensemble du pied et à rééquilibrer tous les points d’appui. » Les podologues recommandent cet exercice.

    En cas de diabète et d’artérite des pieds

    Il arrive que certaines personnes présentent « des troubles de la sensibilité des pieds, liés par exemple à un diabète ou à une mauvaise vascularisation », indique aussi Ameli.fr. Dans ces cas, des précautions particulières sont à prendre en compte : éviter d’exposer ses pieds à des sources de chaleur directe (bouillotte, radiateur, sable chaud, cheminée, etc.), limiter les risques de plaies, protéger sa peau au maximum, mais surtout, « inspectez-les quotidiennement afin de détecter d’éventuelles anomalies, insiste Fabian Retif. L’utilisation d’un miroir peut d’ailleurs aider ». Anomalies ou pas, il est fortement recommandé de faire examiner ses pieds chaque année, par un pédicure-podologue ou son médecin traitant.

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  • Dry January : Le défi du Janvier Sobre

    Dry January : Le défi du Janvier Sobre

    Début 2011, la Britannique Emily Robinson s’inscrit à son premier semi-marathon. Pour relever le défi et être en forme pour l’échéance en février, elle décide d’arrêter de boire de l’alcool durant le mois précédent. C’est un succès. Emily perd du poids, dort mieux et est plus en forme pour courir. Elle renouvelle l’opération l’année suivante. Entre-temps, elle a rejoint l’organisation Alcohol Change UK. Son histoire fait des émules. À tel point que l’organisation caritative décide d’en faire la promotion. C’est ainsi que la première édition de « Dry January » ou « janvier sec/sobre » voit le jour en janvier 2013.

     

    49% des 16-30 ans

    en France boivent de l’alcool au moins une fois par mois(1).

    41% d’entre eux le font “juste pour s’amuser”, 29% pour “destresser” et 22% car cela leur permet “plus facilement d’oser dire et faire des choses”

    Motivation et bienfaits

    Dix ans plus tard, l’initiative a essaimé. Aux quatre coins de l’Europe, des personnes profitent du mois suivant les agapes des fêtes de fin d’année pour relever le défi de janvier et faire une pause dans leur consommation d’alcool. Guillaume fait partie des pionniers. Ce quadragénaire qui travaille dans le contrôle de gestion entend parler de Dry January dès 2014, par le biais d’un ami irlandais. Il y voit à l’époque un bon moyen de réduire sa consommation après des fêtes bien arrosées : « Généralement, je faisais une pause de quelques jours et puis je recommençais dès la galette des Rois. Et puis le challenge m’a plu. Je suis allé au bout. Et j’ai compris qu’en fait, c’était assez cool de ne pas boire. Je dormais mieux, j’ai perdu du poids. » Après avoir longtemps pratiqué janvier sec, Guillaume s’attaque en 2022 au « dry september ». Là encore, c’est un succès. Depuis, Guillaume a tout simplement arrêté de boire de l’alcool.

    Le Dry January en chiffres(2)

    • 4.5 millions de participant·e·s en France
    • 62% des participant·e·s consomment toujours moins d’alcool trois mois après le Dry January
    • 54 % des participant·e·s déclarent une amélioration du bien-être physique

    Défi à relever

    Même si tous ceux qui s’y essayent n’optent pas pour une solution aussi radicale que Guillaume, chaque année, environ 19 % des Français ont déjà participé au Dry January(3). L’année dernière, les organisateurs de la campagne ont même relevé une hausse de 15 % des téléchargements de l’application Try Dry, qui accompagne celles et ceux souhaitant réfléchir à leur consommation d’alcool. Pourtant s’essayer à Dry January est parfois un parcours semé d’embûches. Entre les tentations sociales, les sollicitations d’amis toujours prompts à vouloir boire un verre, relever le défi n’est pas chose aisée.

    Marc, 50 ans l’a constaté. En janvier 2023, cet agent immobilier originaire de Blois, soucieux de faire attention à son hygiène de vie, tente l’aventure avec sa femme : « Après une semaine d’abstinence, somme toute assez facile, l’envie de boire un verre de vin est revenue en force avec l’arrivée du week-end. Dès le samedi soir, nous nous sommes regardés en riant et nous avons ouvert une bouteille de blanc. Nous ne faisons pas partie de la génération des défis qu’on s’impose. L’idée de cesser de boire en janvier, car tout le monde le fait, nous a vite paru ridicule. »

    Malgré cet échec, Marc et sa femme ont adopté leur propre ligne de conduite, qui consiste à ne pas boire en semaine et à se faire plaisir le week-end. Ils tirent de cette expérience la leçon suivante : « Si faire le Dry January peut aider d’autres gens à boire moins d’alcool, tant mieux. En ce qui nous concerne en tout cas, nous préférerons vivre la modération à notre manière, plutôt que de suivre un protocole qui nous semble absurde. »

    Quid de la pression sociale ?

    Julia, journaliste de 32 ans, s’essaye, elle, au Dry January en 2015, alors qu’elle est étudiante à Bruxelles. Après avoir entendu parler du défi sur les réseaux sociaux, elle se jette à l’eau avec quelques amis. Eux cèdent rapidement. Elle tient bon tout au long du mois et constate les effets bénéfiques : « J’ai perdu quatre kilos, j’ai vu des résultats concrets. » Pourtant c’est la première et dernière fois que Julia fait Dry January, elle ne renouvelle pas l’opération les années suivantes : « Quand tu es seule à le faire, c’est pénible. Si tu t’obliges à boire une eau pétillante quand tout le monde opte pour une bière, ce n’est pas très drôle. Mais ça m’a appris à boire avec modération. Par exemple à ne boire qu’une bière quand je sors. » Ses amis belges, eux, ont plébiscité une nouvelle forme de sobriété. À la place de Dry January, il existe depuis 2021 la Tournée minérale, qui encourage les Belges à relever le défi d’un mois de février sans alcool. Principal avantage selon les adeptes ? Il y a moins de jours en février qu’en janvier.

    Le Dry 31 : la plus grosse fête sans alcool !

    Imaginez une fête géante, unique, conviviale mais surtout… sans gueule de bois le lendemain ! C’est le concept du Dry 31 ! Un projet un peu fou : transgresser le dernier tabou de la sobriété. 50 lieux dans 25 villes en France ont décidé de jouer le jeu. Le 31 janvier 2026, cette grande fête accessible à tous vous invite à réinventer la convivialité. Au programme : de nombreuses animations, une expérience unique à vivre… et le plaisir de profiter de la journée du lendemain !

    Je participe au Dry 31 ! 

    (1) Baromètre Macif 2024

    (2) Chiffres 2024, https://dryjanuary.fr/

    (3) CSA 2024

  • Comment tenir ses bonnes résolutions sur la durée ?

    Comment tenir ses bonnes résolutions sur la durée ?

    La tendance du « vision board »

    Depuis quelques années, les sempiternelles bonnes résolutions semblent avoir peu à peu cédé la place au « vision board » ou tableau de visualisations, en français. Un outil généralement fabriqué à la main qui permet, comme son nom l’indique, de visualiser ses objectifs en les écrivant, puis en les affichant chez soi afin de pouvoir mieux les tenir. Cette pratique issue du développement personnel, venue des États-Unis, gagne du terrain et fait de plus en plus d’émules en France. Aurore, la trentaine, applique cette technique, depuis deux ou trois ans. « Ça me permet d’avoir des objectifs sur un moyen ou long terme, explique-t-elle. Ça donne une direction et me permet de réfléchir sur quoi j’aimerais m’investir dans l’année à venir. L’idée étant de se rapprocher autant que possible du but en cours d’année, je regarde régulièrement ce que j’avais noté pour me rafraîchir la mémoire et travailler à mes objectifs. » Pour Yann Hirsch, coach en développement personnel, « le vision board est une façon de se projeter plus facilement dans la réussite de son objectif ».

    Les moyens avant la fin

    Vincent, la quarantaine, longtemps habitué des bonnes et radicales résolutions, a lui aussi changé sa manière d’aborder la nouvelle année. « Je ne prends plus de résolutions en me disant qu’à partir de janvier, je fais ceci ou cela, ou que, dans les prochains mois, j’atteins tel objectif. Je prends désormais des engagements de moyens, des bonnes résolutions dans la continuité pour moi-même. Et je fais un point à la fin de chaque année pour voir là où j’ai progressé et les points qui restent à améliorer pour l’année à venir. » Une philosophie que partage aussi Aurore : « À la fin de chaque année, je fais le bilan et ça permet de voir sur quoi j’ai bien avancé, et ce qui pourra s’améliorer l’année suivante. »

    80 % des résolutions non tenues

    Si Aurore a renoncé aux résolutions, c’est parce que, pour elle, « il s’agit davantage d’un engagement, comme aller à la salle de sport trois fois par semaine. Ce sont des objectifs difficiles à tenir qui peuvent donner naissance à un sentiment d’échec ». Une analyse partagée et confirmée par Yann Hirsch : « 80 % des résolutions ne sont pas tenues parce qu’elles sont le fruit d’une projection, d’un soi idéalisé répondant à toutes sortes d’injonctions sociales, culturelles et personnelles. Je pense notamment au fait de boire moins, de faire plus de sport, de lire davantage, d’être plus performant au travail, ou encore de passer plus de temps en famille. Mais si ces résolutions peuvent nous donner bonne conscience en janvier, elles risquent d’être oubliées courant février. » Pour le coach, pas de mystère, pour changer d’habitudes ou de comportements en début d’année, il est nécessaire de faire un vrai travail en profondeur. Pour Yann Hirsch, si vous n’adoptez pas de nouvelles habitudes c’est soit qu’il s’agit de quelque chose qui n’est pas vraiment important à vos yeux, soit quelque chose vous bloque « Il convient alors d’identifier les blocages et de comprendre ce qui nous empêche pour mieux les dépasser. »

    Faire naître une nouvelle habitude en douceur

    Selon le coach, pour avoir une garantie de succès, il faut se fixer des objectifs faciles à atteindre et qui ne nécessitent pas de tenir, comme les régimes restrictifs. Pour ne pas avoir à se battre, il est nécessaire que la résolution soit la conséquence d’un changement interne, comme le sport ou les résolutions d’apprentissage. « Quand quelqu’un veut par exemple se mettre au sport, je vais lui conseiller de faire une minute d’exercice par jour, puis deux et ainsi de suite plutôt que de prendre un abonnement et un coach sportif une heure par semaine dès le 2 janvier, explique Yann Hirsch. Cela évite les courbatures, prend peu de temps, induit une répétition quotidienne et permet de faire naître une nouvelle habitude en douceur… et en profondeur. »

    En résumé, pour réussir votre nouveau départ, assurez-vous que les changements souhaités sont réellement importants à vos yeux et correspondent bien à vos valeurs. Optez pour une modification dans votre comportement à la fois, quitte à en effectuer un par saison. Réfléchissez à la raison qui vous a empêché de réussir auparavant et, enfin, n’hésitez pas à vous faire aider par un professionnel ou par vos proches.

  • Blues hivernal : comment garder le moral et faire le plein d’énergie ?

    Blues hivernal : comment garder le moral et faire le plein d’énergie ?

    L’hiver serait la saison la moins appréciée par les Français. Seulement 6 % d’entre eux la considéreraient comme leur moment préféré de l’année(1). Dès l’arrivée de l’automne, ils seraient même 60 % à connaître une baisse d’énergie et presque autant à ressentir des effets sur leur moral.

    Dépression hivernale

    Les personnes les plus affectées par ces effets du changement de saison éprouveraient même à cette période de l’année ce qui pourrait être qualifié de déprime saisonnière ou de blues hivernal. « Il se poursuit tout au long de l’hiver, mais il se manifeste dès la rentrée de septembre, explique la psychologue Lise Mourey. La première raison en est sans doute le retour aux contraintes après la pause plus ou moins longue des vacances d’été. On retourne à son quotidien, à ses impératifs accompagnés parfois de pression professionnelle. C’est multifactoriel. C’est la fin d’une période plaisante et on sait qu’on s’embarque dans une période un peu plus dure. » Mais la luminosité et la baisse des températures y sont aussi pour quelque chose dans cette baisse de moral et d’énergie. « Le fait d’avoir des journées beaucoup plus courtes, des températures qui baissent et moins d’exposition au soleil, d’un point de vue biologique, cela a un énorme impact. Ça vient dérégler l’horloge biologique, on va avoir envie d’hiberner, de dormir plus, de moins sortir. Mais cela a aussi des conséquences sur l’humeur et le niveau d’énergie », poursuit Lise Mourey.

    Cocooning et sport

    Pour contrer cette déprime qui accompagne l’hiver, il existe cependant des solutions. « On peut profiter par exemple du froid pour s’autoriser des moments cocooning avec un chocolat chaud et ne pas culpabiliser si on reste un peu plus chez soi. Mais il ne faut pas non plus se morfondre et oublier de maintenir une activité physique qui, elle aussi, est bonne pour le moral », estime la professionnelle de la santé mentale. C’est exactement la formule qu’a choisie Émeline, 41 ans. Son secret pour combattre le blues hivernal : un savant mélange de motivation et de moments pour elle. « Je me fixe un emploi du temps pour la semaine. Il y a les soirs et les jours de week-end où je rattrape sur mon canapé et sous un plaid mes films et mes séries en retard, et les autres où je vais à la salle de sport ou faire un footing », témoigne la quadragénaire. Pour elle, c’est aussi le moment d’amener ses deux enfants au musée ou de se balader pour regarder les décorations de Noël avec eux : « C’est beau de voir leur émerveillement ! Du coup, moi aussi, ça me ramène un peu en enfance. »

    Les fêtes et la rentrée de janvier

    Mais l’arrivée des fêtes de Noël serait aussi pour certains une source de petite déprime hivernale. « Contrairement à ce qu’on pense, pour la majorité des Français, les fêtes de fin d’années sont redoutées. Il y a plus de personnes qui n’aiment pas Noël que l’inverse. L’enchaînement Noël, nouvel an, Saint Valentin, peut être difficile selon sa situation familiale ou sentimentale. Ce sont des moments où on est parfois confronté à sa solitude », analyse la psychologue. Mickaël, 35 ans n’a jamais été « très Noël ». « C’est une période que je n’aime pas en règle générale. Je crois que ça a débuté quand j’étais encore lycéen. Je me sentais déprimé et fatigué dès que les journées commençaient à raccourcir », se souvient-il. Avec les années, il a appris à contrer ce blues hivernal. « Il faut se donner un coup de pied aux fesses et réussir à maintenir une activité sociale le week-end et après le travail malgré le froid et la nuit qui tombe tôt », assure Mickaël. Pour lui, si l’été rime avec barbecue, l’hiver est forcément synonyme de raclettes entre amis : « C’est le plat réconfortant par excellence. Alors, bien sûr, ce n’est pas tous les week-ends, mais ça me donne du baume au cœur et une bonne raison d’affronter la météo pour aller faire du sport ! » Mickaël a une autre botte secrète qu’il a ramenée de son année passée en Finlande durant ses études. « Je me suis mis à la luminothérapie. C’est peut-être un peu extrême quand on habite à Lyon et mes amis se moquent de moi. Mais franchement, ça marche. J’ai ma propre lampe et je l’utilise tous les jours, ou presque, en décembre et janvier », sourit le trentenaire. La psychologue Lise Mourey valide volontiers les astuces de Mickaël pour que l’hiver se passe en douceur. La luminothérapie, pourquoi pas. « Mais si on passe ne serait-ce que 15 minutes dehors pendant la journée, même s’il ne fait pas beau, c’est déjà très bien. » Côté alimentation, attention à ne pas abuser du fromage fondu : « Le Mont d’Or et la raclette c’est super, mais il faut aussi un apport en vitamine grâce aux fruits et légumes de saison. On peut même parler avec son médecin pour envisager une cure de vitamine D. »

    Besoin de soutien psychologique ?

    Parce qu’un problème de santé mentale ne doit pas être négligé, avec la Macif vous pouvez bénéficier d’un soutien psychologique.

    (1) https://d25d2506sfb94s.cloudfront.net/cumulus_uploads/document/187k2kwdy1/Results%20for%20YouGov%20(Saison%20pour%20Huff%20Post)%20159%2013.9.2019.pdf