Catégorie : À ma santé !

  • VIH/Sida : vrai – faux sur les idées reçues

    VIH/Sida : vrai – faux sur les idées reçues

    Radia Djebbar : Faux ! C’est peut-être la fausse croyance la plus répandue, qu’il est important de déconstruire. Être atteint du VIH ne signifie pas avoir le sida. Le VIH est un virus pouvant entraîner le Sida. Si le VIH n’est pas traité, il peut affaiblir le système immunitaire jusqu’à atteindre le stade Sida, mais aujourd’hui, grâce aux traitements Sida, de nombreuses personnes vivent avec le VIH sans jamais développer le Sida.

    « On peut attraper le VIH par simple contact physique »

    R.D. : Faux. Après 40 ans de VIH, on se bat toujours contre ces idées, qui sont en réalité des peurs irrationnelles. Les toilettes publiques ou le sang séché sont encore, à tort, une hantise pour les gens. Le partage de couverts, les poignées de porte, les câlins, les baisers, dormir dans le même lit, boire dans la même canette… Tout cela comporte un risque nul de transmettre le VIH. Les vrais risques de contamination sont les suivants : des rapports sexuels non protégés, le partage de seringues ou d’aiguilles en cas de consommation de drogue par voie intraveineuse, et la transmission verticale de la mère à l’enfant.

    « Les femmes séropositives ne peuvent pas avoir d’enfants sans les infecter »

    R.D. : C’est compliqué. Le désir d’enfant est tout à fait réalisable pour une personne vivant avec le VIH. Cependant, il est essentiel de planifier la grossesse afin de bénéficier d’un suivi médical adapté et de minimiser le risque de transmission du virus à l’enfant. En France métropolitaine, les traitements antirétroviraux ont permis de réduire le taux de transmission mère-enfant du VIH-1 à 0,54 % entre 2005 et 2011, contre 15 à 20 % sans traitement.

    « Aucun risque d’attraper le sida en pratiquant du sexe oral »

    R.D. : Faux. Pratiquer une fellation avec une personne non traitée, tout comme les relations sexuelles entre femmes, présente un risque faible, mais réel, surtout en cas de présence d’infections sexuellement transmissibles ou de lésions sur les muqueuses.

    « On ne peut pas contracter le VIH en ayant un seul partenaire sexuel »

    R.D. : Avoir un seul partenaire tout au long de sa vie n’assure pas une protection contre le VIH. Si l’un des partenaires est infecté, il peut transmettre le virus lors de rapports non protégés. La fidélité mutuelle n’est une méthode de prévention efficace que si les deux partenaires sont séronégatifs et le demeurent. Pour que cette démarche soit réellement protectrice, les deux partenaires doivent en premier lieu se faire tester.

    « Le Sida, on n’en meurt plus »

    R.D. : C’est compliqué. Il est important de distinguer deux phases dans l’évolution de la maladie : l’infection par le VIH et le Sida, qui représente le stade avancé de l’infection. Dans les années 1980, lorsque les dispositifs d’accompagnement ont été mis en place, ils visaient principalement à accompagner les malades en fin de vie. Aujourd’hui, grâce aux traitements, une personne séropositive avec une bonne immunité peut avoir une espérance de vie comparable à celle d’une personne non infectée. Selon les prévisions de l’OMS, si toutes les personnes vivant avec le VIH étaient dépistées et traitées, il serait possible d’éliminer les nouvelles contaminations d’ici 2030.

    « Le préservatif est efficace à 100 % pour se protéger du VIH »

    R.D. : Au-delà du préservatif, essentiel, il existe d’autres méthodes de prévention du VIH en complément ou en alternative au préservatif. Parmi elles, la PrEP (prophylaxie préexposition), un traitement préventif destiné aux personnes ne souhaitant pas utiliser de préservatif. Il y a également le TPE (traitement post-exposition), administré aux personnes ayant pris un risque, comme lors d’un rapport non protégé. Ce traitement doit être initié dans les 48 heures suivant l’exposition. À noter : ces traitements sont entièrement pris en charge, y compris pour les personnes sans complémentaire santé.

    « C’est compliqué de se faire dépister »

    R.D. : C’est faux. Il existe au moins un Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd) dans chaque département, dont la liste est accessible sur le site vih.org. Il est également possible de réaliser un dépistage dans un laboratoire d’analyse médicale, sans avoir besoin de rendez-vous, d’ordonnance ou d’avancer des frais. Une autre option consiste à utiliser un autotest, disponible en pharmacie pour un prix compris entre 25 et 30 €. Les délais pour détecter une éventuelle infection varient en fonction des tests, allant de six semaines à trois mois après l’exposition au risque.

    « On peut être guéri du VIH »

    R.D. : Faux. À ce jour, il n’existe pas de remède ni de vaccin pour guérir le VIH. Cependant, les traitements antirétroviraux permettent de contrôler le virus et de vivre sans symptômes, avec une espérance de vie quasi similaire à une personne non porteuse du VIH. Comme le VIH peut rester asymptomatique pendant plusieurs années, se faire dépister est indispensable. Par ailleurs, des avancées significatives dans la recherche vaccinale sont en cours, et des essais cliniques prometteurs ont été réalisés.

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  • Le shiatsu : quels bienfaits et pour qui ?

    Le shiatsu : quels bienfaits et pour qui ?

    Et si certaines de nos douleurs physiques et émotionnelles pouvaient être résolues par des pressions de doigts ? C’est le principe du shiatsu, technique manuelle de soin qui émerge au Japon dans la première moitié du XXe siècle. Inspirée par la médecine traditionnelle chinoise et reconnue par le ministère de la Santé nippon depuis 1964, cette discipline est apparue relativement récemment en France, où exercent près de 2 500 praticiens. Si elle n’y est pas reconnue officiellement, bon nombre d’experts s’accordent sur les bienfaits qu’elle peut procurer. Le point avec Anne Albaret, praticienne et secrétaire générale de la Fédération française de Shiatsu traditionnel (FFST) et Isabelle Laading, praticienne depuis une trentaine d’années et autrice de plusieurs ouvrages, dont Shiatsu, voie d’équilibre (DésIris, 1999).

    Une pratique qui considère le patient « dans sa globalité »

    Selon le ministère de la Santé japonais, le shiatsu a pour objectif « de corriger les déséquilibres énergétiques de l’organisme, d’améliorer et de préserver la santé ». Concrètement, il s’agit d’un massage réalisé avec les doigts qui permet de débloquer certaines zones du corps. « Le Shiatsu s’appuie sur des points d’acupuncture, le long des méridiens (sorte de canaux du corps humains via lesquels circule l’énergie, ndr), sur lesquels l’on va apposer une pression permettant la libération d’hormones et le soulagement de la douleur, détaille Anne Albaret. Ces stimulations « activent le système nerveux parasympathique », ce qui génère un état de détente profonde. « Les pressions sont douces », rassure Isabelle Laading. La libération d’énergies agit aussi sur l’état psychique du patient : dans cette discipline, les états physique et émotionnel sont interconnectés.

    L’être humain est considéré « dans sa globalité », poursuit Isabelle Laading, qui explique que le shiatsu est « un traitement du terrain » qu’est le corps humain. Il peut ainsi accompagner efficacement les soins conventionnels appliqués dans le cas de pathologies allant du stress à la dépression, en passant par des maladies chroniques et problèmes digestifs. Des séances sont même recommandées aux patients souffrant de cancers. « Elles permettent de mieux supporter les effets secondaires de la chimiothérapie, observe Anne Albaret. L’OMS le présente d’ailleurs comme une « médecine traditionnelle complémentaire ». Mais le shiatsu peut également jouer un rôle de prévention. « Il est plus facile de maintenir un équilibre que de remonter la pente du burn-out », prévient Isabelle Laading, qui rappelle que « sans remplacer les psychologues », les praticiens peuvent aider à entretenir la santé mentale des patients.

    Comment se déroule une séance de shiatsu ?

    Lors d’une séance, un temps est dédié dès le début à l’échange. « L’objectif est que le patient nous parle de sa souffrance afin de pouvoir cibler les déséquilibres énergétiques sur lesquels travailler », explique Isabelle Laading. Antécédents, alimentation, sommeil, tout est passé en revue. « Je vais ensuite faire quelques palpations et étirements pour voir comment le corps bouge », commente Anne Albaret. Puis, le professionnel commencera le travail. « Il y a différentes écoles, observe Isabelle Laading, mais dans la mienne, on effectue un shiatsu complet du corps à chaque séance, sur un matelas au sol. » À noter que le massage s’effectue habillé. Enfin, un bilan est réalisé. En tout, comptez entre 1h et 1h30 pour une séance, au terme de laquelle vous aurez sûrement besoin de vous reposer après un tel travail en profondeur du corps. Si le shiatsu s’adresse bel et bien à tout le monde, y compris aux femmes enceintes car cela permet de détendre et préparer l’accouchement, il existe toutefois quelques contre-indications. « C’est le cas lorsqu’il y a un risque de phlébite, ou encore un état infectieux ou de l’hypertension non stabilisée », prévient Anne Albaret.

    Bien choisir son praticien

    Mais comment faire pour bien choisir son praticien ? Il existe des certifications reconnues par la profession. En plus de celle proposée par le FFST, deux autres sont rattachées à des organisations professionnelles : le Syndicat des praticiens de shiatsu (SPS) et l’Union francophone des praticiens de shiatsu thérapeutique (UFPST). « Il faut faire attention à ce que le praticien ait bien l’un de ces trois certificats », conseille Anne Albaret. Ceux-ci sont gages de qualité et d’un enseignement comprenant, pour la FFST, 500 heures de théorie et 200 heures de pratique. N’hésitez donc pas à bien vous informer.

  • Préservatif : vrai/faux sur l’utilisation

    Préservatif : vrai/faux sur l’utilisation

    Le préservatif est trop cher : FAUX

    « Ils sont totalement gratuits et sans prescription en pharmacie pour les moins de 26 ans », répond la sexologue Catherine Solano. Pour les personnes au-delà de 26 ans, ils sont remboursés à hauteur de 60 % sur présentation de la prescription d’un médecin. Mais il existe divers endroits où l’on peut s’en procurer sans rien débourser, comme au planning familial ou dans les centres de dépistage des IST.

    Il peut altérer le plaisir : VRAI, mais…

    « Les hommes peuvent avoir moins de sensation lorsqu’ils portent un préservatif. Mais ça peut être un avantage pour ceux qui sont sujets par exemple à des éjaculations précoces. Sans compter qu’avoir un rapport sans le stress de pouvoir attraper une IST est quand même bien plus agréable », souligne la sexologue et autrice de plusieurs ouvrages sur la sexualité et la santé.

    Avec le préservatif, pas besoin de lubrifiant : FAUX

    Il est fortement recommandé d’ajouter du lubrifiant lors d’un rapport avec un préservatif. « Les frottements sont augmentés, ça peut brûler et faire mal », explique Catherine Solano. Mais attention, il ne faut pas utiliser n’importe quoi. « Seulement des lubrifiants à base d’eau. Sinon ça fragilise le préservatif et il peut se déchirer. Donc, pas d’huile d’olive ou d’huile de coco ! », prévient la médecin.

    Il est seulement réservé aux hommes : FAUX

    Il existe également des préservatifs internes, parfois appelés préservatifs féminins, qui peuvent être autant utilisés lors d’un rapport vaginal qu’anal et qui protègent tout autant que le préservatif « classique ». « On sait d’après des études qu’au moins un tiers des couples qui les testent finissent par les adopter. C’est comme les préservatifs masculins, certains vont dire qu’ils sont compliqués à utiliser, mais il suffit d’un peu d’entraînement », estime la sexologue Catherine Solano.

    Il ne protège pas contre toutes les IST : VRAI

    Le préservatif protège contre les IST qui se transmettent par le sperme, les sécrétions vaginales ou le sang comme le VIH, l’hépatite B, la syphilis, la gonorrhée ou encore la chlamydiose. « Mais il n’est pas toujours efficace contre les papillomavirus ou les herpès, parce que ce sont des maladies qui se transmettent facilement avec un contact peau à peau », ajoute Catherine Solano.

    On n’en a pas besoin au premier rapport sexuel : FAUX

    « Évidemment qu’il faut en porter un. Si c’est votre première fois, votre partenaire, lui, peut très bien avoir eu une IST. Ou alors, il faut avoir fait un test tous les deux et être sûr que son partenaire n’a pas eu de rapport depuis trois mois. Mais il faut être sûr de la fidélité de l’autre et ce n’est pas toujours évident. »

    Il est impossible d’en porter lorsqu’on est allergique aux latex : FAUX

    Les personnes concernées par une allergie au latex peuvent se tourner vers des préservatifs fabriqués à partir de néoprène ou de polyuréthane. Il en existe aussi confectionnés dans un latex déprotéiné qui réduit fortement le risque de réaction allergique.

    Le préservatif a une date limite d’utilisation : VRAI

    « Non seulement il a une date limite, mais en plus il faut faire attention aux conditions dans lesquelles on le garde. On ne le stocke pas dans son frigo ou au soleil sur la plage arrière de sa voiture. Ni dans son portefeuille pendant des mois. Sinon, la matière, que ce soit du latex ou autre chose, va s’abîmer. »

    Le préservatif se porte dans n’importe quel sens : FAUX

    Avant de l’enfiler, il est important de s’assurer que le préservatif est dans le bon sens. Pour le préservatif externe, dit masculin, l’anneau présent à son extrémité doit être à l’extérieur de manière à ce que le préservatif puisse être déroulé facilement. Si ce n’est pas le cas, il est sans doute dans le mauvais sens. Attention aussi à pincer le petit réservoir au bout du préservatif pour éviter la formation d’une bulle d’air qui risquerait de le faire éclater pendant le rapport. Pour le préservatif interne, dit féminin, il faut prendre l’anneau interne (le plus petit) et le pincer entre 2 doigts (pouce et index) puis l’insérer et ensuite le relâcher une fois bien positionné. Il ne doit pas être tordu.

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  • Herpès : Vrai / Faux sur les idées reçues

    Herpès : Vrai / Faux sur les idées reçues

    Qu’est-ce que l’herpès, exactement ?

    Magalie Garcia : L’herpès labial, communément appelé bouton de fièvre, est une maladie virale cutanée récidivante, qui se manifeste sur les lèvres, à la jonction entre la peau et la muqueuse, ou bien sur les parties génitales. Cette maladie est causée par le virus herpès simplex de type 1 (HSV-1), qui s’installe dans l’organisme après une première infection.

    « L’herpès, ça peut arriver à tout le monde »

    M.G. : Vrai. L’herpès est l’une des infections virales les plus courantes dans le monde ! Selon de nouvelles estimations faites en 2020, près de 500 millions de personnes sont atteintes d’herpès génital, et plusieurs milliards ont une infection orale due au virus de l’herpès. Ce qu’il est important de rappeler pour éviter les préjugés : le virus peut toucher n’importe qui, indépendamment de son âge, de son genre ou de son mode de vie.

    « Si on attrape de l’herpès, on en aura toute sa vie »

    M.G. : Vrai. Une fois infecté par le virus de l’herpès, il reste en effet dans l’organisme, tout simplement parce que le système immunitaire et les traitements actuels ne parviennent pas à l’éliminer complètement après la première infection. Mais pas de panique : les réactivations ne sont pas systématiques et varient d’une personne à l’autre. Certaines personnes peuvent connaître des rechutes fréquentes, tandis que d’autres n’en auront qu’une ou deux tout au long de leur vie.

    « L’herpès se soigne avec des antibiotiques »

    M.G. : Faux. Les antibiotiques, là encore, ne sont pas automatiques ! Ils sont particulièrement inefficaces contre l’herpès, car ils ne ciblent que les infections bactériennes, alors que l’herpès est une infection virale. Pour traiter l’herpès, on utilise plutôt des médicaments antiviraux, tels que l’aciclovir, le valaciclovir ou le famciclovir, qui permettent de réduire la durée et la sévérité des poussées.

    « Le soleil, le froid ou les remèdes de grand-mère, comme le vinaigre, une gousse d’ail ou un glaçon, peuvent empêcher le bouton de sortir »

    M.G. : Faux. Au contraire, le soleil est un facteur qui favorise la poussée et la propagation de l’herpès labial. Et jusqu’à preuve du contraire, aucun remède de grand-mère n’a montré de réelle efficacité pour stopper l’évolution de l’herpès lors d’une crise. Cependant, il est possible que ces derniers puissent apaiser ou atténuer les symptômes.

    « On peut attraper l’herpès en utilisant les toilettes publiques »

    M.G. : Faux. L’herpès ne se transmet pas via des objets inanimés, comme les lunettes de toilettes, les poignées de porte, ou encore les couverts. Le virus a besoin d’un contact direct avec la peau ou les muqueuses pour se propager.

    « Si on est infecté, les symptômes sont toujours sévères »

    M.G. : Faux ! Beaucoup de gens ne présentent aucun symptôme ou observent des manifestations très légères qui passent inaperçues, comme des picotements ou des irritations. En revanche, les personnes dont le système immunitaire est affaibli (à cause du VIH/Sida, de la chimiothérapie, ou d’un autre traitement immunosuppresseurs) peuvent avoir des poussées d’herpès plus fréquentes et plus difficiles à traiter.

    « On ne peut pas avoir de relations sexuelles normales en cas d’herpès »

    M.G. : Faux. Car si l’herpès génital complique effectivement les rapports, il n’empêche pas d’avoir une vie sexuelle. Des traitements antiviraux peuvent réduire la fréquence des poussées et le risque de transmission. Il est également conseillé d’utiliser des préservatifs et d’éviter les rapports pendant les poussées.

    « Avec le préservatif, pas de risque d’herpès »

    M.G. : Faux. Les préservatifs réduisent significativement le risque de transmission, mais ne l’éliminent pas complètement, car le virus peut se trouver sur les zones de la peau non couvertes par le préservatif.

    « Il est possible de sentir l’herpès arriver avant que les premiers signes soient visibles à l’œil nu »

    M.G. : Vrai. Des signes précurseurs apparaissent six heures à deux jours avant l’arrivée d’un bouton de fièvre. Certaines personnes affectées par l’herpès ressentent des symptômes avant l’apparition visible des lésions, comme des sensations de picotement, de brûlure, de démangeaison ou de douleur dans la zone où une éruption herpétique est sur le point d’apparaître. Il est utile de commencer un traitement antiviral pour réduire la gravité de l’épisode ou le prévenir.

    « Le stress peut provoquer une récidive d’herpès »

    M.G. : Vrai. Le stress, parce qu’il affaiblit le système immunitaire ou augmente la production de certaines hormones (comme le cortisol), peut favoriser la réactivation d’herpès et provoquer une nouvelle poussée. D’autres facteurs peuvent également déclencher des récidives, tels que la fatigue, les changements hormonaux (comme les menstruations), les maladies, les blessures ou une exposition au soleil (dans le cas de l’herpès labial). Mais le stress reste l’un des déclencheurs les plus courants des réactivations du virus.

     

    * Erratum

    Une coquille s’est glissée lors de la publication initiale de cet article le 18 novembre 2024. Les propos tenus ont été attribués au Dr Magali Garcia, médecin infectiologue au CHU de Poitiers. Or, c’est une homonyme, le Dr Magalie Garcia, docteur en médecine basée à Montpellier, qui a répondu à cette interview. La rédaction tient à leur présenter ses sincères excuses. L’article a été modifié dans ce sens avant republication.

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    (1) Harris 2015

  • Cancer du testicule : quels symptômes et comment dépister ?

    Cancer du testicule : quels symptômes et comment dépister ?

    Les signes qui doivent alerter

    La découverte d’une masse dure, semblable à un petit caillou, sur l’un des testicules, l’augmentation ou la régression de volume d’une des bourses, sont les signes les plus souvent constatés, mais globalement, tout changement d’un aspect du testicule doit amener à consulter. « Dès l’instant où il y a une anomalie testiculaire, il faut vraiment consulter sans attendre, insiste l’oncologue Natacha Naoun. Un diagnostic précoce est très important, parce qu’il augmente les chances de guérison et diminue l’intensité des traitements nécessaires. »

    Pour détecter une éventuelle anomalie, la méthode est simple : l’autopalpation. Idéalement, après une douche chaude, tâter ses testicules au moins une fois par mois. « La difficulté avec le cancer du testicule, c’est que souvent la tumeur testiculaire n’est pas forcément douloureuse au premier abord. Donc les jeunes hommes vont palper et se dire qu’ils ne sentent rien, que ça ne les gêne pas, ce qui va provoquer des retards de diagnostic. » En cas de doute, ne pas hésiter à se tourner vers son médecin traitant ou un urologue, qui prescrira une échographie testiculaire et une prise de sang. « Deux examens extrêmement simples et accessibles à faire », souligne l’oncologue.

    Quels sont les facteurs de risque  ?

    L’âge : un cancer qui touche principalement les jeunes

    Loin d’être le cancer le plus fréquent chez l’homme, puisque représentant environ 2700 cas par an en France, soit 1 à 2 % des cas de cancer, le cancer du testicule est en revanche le plus répandu entre 15 et 45 ans. « C’est le premier cancer du jeune homme, de loin, indique Natacha Naoun, oncologue spécialiste de ce cancer. C’est vraiment lié à l’âge, même si on a des cas tardifs jusqu’à 60 ans. »

    La cryptorchidie

    Le fait d’avoir eu un retard ou une anomalie de descente d’un ou des deux testicules à la naissance. C’est l’un des facteurs les plus connus et favorisants.

    Les antécédents familiaux

    Un père, un frère ou un oncle ayant eu ce cancer doit susciter une vigilance particulière. « Ce n’est pas lié à un gène en particulier, mais le contexte familial est très important », signale Natacha Naoun.

    D’autres facteurs de risque sont à l’étude

    Parmi ceux-ci, les perturbateurs endocriniens, qui peuvent être contenus dans les pesticides, les plastiques ou les produits de beauté, une consommation importante et régulière de cannabis, une baisse anormale de la fertilité appelée hypofertilité, ainsi qu’une atrophie testiculaire, c’est-à-dire un testicule qui n’a pas atteint sa taille normale ou a régressé.

    Quel traitement  pour le cancer des testicules ?

    L’orchidectomie

    Terme désignant l’ablation du testicule malade. Difficile d’y couper, même si dans quelques rares cas, il peut y avoir une ablation partielle. « Si la tumeur est de petite taille, précise Pierre-Emmanuel Bryckaert, chirurgien-urologue. Mais dans 95 % des cas, la chirurgie première consiste à effectuer une ablation. » Totale ou partielle, une opération qui peut suffire à traiter le cancer.

    La chimiothérapie

    Si la maladie est avancée et qu’il y a des métastases, une chimiothérapie, à base d’un ou plusieurs médicaments anticancéreux, est nécessaire. La chimiothérapie peut aussi être proposée à titre préventif. « Même sans localisation secondaire, on peut être amené à proposer des chimiothérapies dites adjuvantes, après la chirurgie, qui vont diminuer le risque métastatique », explique Pierre-Emmanuel Bryckaert.

    La radiothérapie

    Un traitement aux rayons X est possible dans certains sous-types de tumeur, les séminomes purs de stade 2. « Ce qui n’est pas forcément un traitement moins lourd », ajoute le chirurgien-urologue.

    Le curage ganglionnaire

    Opération chirurgicale qui intervient éventuellement dans un troisième temps, après la chimiothérapie ou la radiothérapie, permettant de retirer les cellules cancéreuses qui se sont se propagées jusqu’aux ganglions lymphatiques. Un cancer qui se traite bien : le taux de survie à 5 ans est de 98 % pour les patients âgés de 20 ans et 94 % pour ceux de 60 ans.

    Quelles conséquences ?

    Une vie sexuelle normale

    Avant l’ablation, par précaution, une préservation de sperme est réalisée, « mais la plupart des malades n’en auront pas besoin après, assure Pierre-Emmanuel Bryckaert. On peut reprendre une vie normale. L’autre testicule peut tout à fait assurer la fertilité. »

    D’éventuels troubles psychologiques

    Après traitement, c’est un cancer qui ne laisse quasiment pas de séquelles, si ce n’est psychologiques. « Beaucoup de jeunes sont en détresse psychologique lorsqu’ils apprennent qu’ils ont ce cancer, indique Olivier Jérôme, président de CerHom, une association dédiée au sujet qui propose notamment un centre d’écoute. Ils ne comprennent pas pourquoi ça leur tombe dessus. Maintenant, ce qui est bien, c’est que certains n’hésitent pas à en parler autour d’eux, c’était un sujet tabou jusqu’à peu. »

    Un cancer encore trop méconnu

    Si chaque année, en novembre, les campagnes de l’association Movember permettent de parler de ce cancer, sa prise en considération reste insuffisante, constatent les professionnels de santé. « On voit des malades qui ne sont pas du tout au courant de son existence », déplore Natacha Naoun, qui regrette par ailleurs que la fin du service militaire obligatoire ait entraîné la fin des visites médicales avec palpation testiculaire systématique. « C’est avant tout un problème d’information, pointe Olivier Jérôme, qui milite pour des campagnes de santé publique de plus grande envergure sur le sujet. Vous avez quelque chose de bizarre sur votre testicule, consultez votre médecin ! C’est l’un des cancers qui se soigne le mieux, l’autopalpation suffit à le détecter. Cependant, il faut en avoir entendu parler. »

    https://www.santepubliquefrance.fr/docs/survie-des-personnes-atteintes-de-cancer-en-france-metropolitaine-1989-2018-testicule-tous-cancers https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-testicule/Les-points-cles

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  • Comment les femmes de moins de 25 ans voient-elles la contraception ?

    Comment les femmes de moins de 25 ans voient-elles la contraception ?

    Le 19 décembre 1967, l’Assemblée nationale adoptait une loi autorisant la vente et l’usage des méthodes de contraception en France. Une décision historique faisant suite à la forte mobilisation du Mouvement français pour le planning familial. Plus de cinquante ans plus tard, le premier mode de contraception des femmes est la pilule, désormais gratuite pour les femmes jusqu’à 25 ans depuis 2021. À l’échelle mondiale, l’évolution de la contraception suit la même tendance de fond. Entre 2000 et 2020, le nombre de femmes utilisant une méthode de contraception moderne est passé de 663 millions à 851 millions. Et pourtant, plus récemment, de jeunes femmes remettent en question le choix de la pilule contraceptive. La vente des contraceptifs oraux (progestatifs seuls ou combinés à un estrogène) est d’ailleurs en baisse régulière depuis 10 ans (environ -12 %)(1).

    La pilule contraceptive en baisse

    Si encore 44 % des jeunes femmes de 15 à 24 ans prennent la pilule, le chiffre s’élevait à 60 % en 2016, selon le baromètre Contraception de Santé publique France. Désormais, la moitié des 15-19 ans et 19 % des 20-24 ans n’utilisent pas de moyen de contraception.

    Comment expliquer ce changement ? Sans doute, le scandale de 2012-2013 autour des pilules de troisième et quatrième générations, qui a révélé qu’elles étaient associées à un risque de thrombose, et leur lien, non encore évalué, avec le risque de cancer du sein, donnent une partie de la réponse. Mais, d’autres motivations expliquent ce choix : éviter la prise d’hormones et la charge mentale, se reconnecter à sa libido, être plus à l’écoute de ses propres cycles ou encore s’affranchir d’éventuels effets secondaires.

    Une contraception qui influe sur le corps

    Dans la plupart des cas, la pilule est souvent la première contraception qui s’impose aux femmes, recommandée par leurs mères ou leurs gynécologues. Parmi celles qui ont fait le choix d’arrêter la pilule, toutes affirment que cette décision importante aurait mérité plus mûre réflexion. « J’ai commencé la pilule à 16 ans, conseillée par une gynécologue pour mes règles douloureuses. Sans trop savoir pourquoi, j’ai continué même si je trouvais que ça jouait beaucoup sur ma sensibilité émotionnelle et la qualité de ma peau. J’ai décidé de tout arrêter en juin, et je me sens beaucoup mieux », témoigne Aby, toulousaine de 19 ans en première année de médecine.

    Contraception sans hormones privilégiée

    Même écho pour Camille Gantzer, journaliste de 25 ans, qui a la sensation d’avoir perdu du temps avant de passer à une contraception sans hormones. « J’ai été sous pilule de mes 17 à 21 ans. Plongeon dans la dépression, prise de poids, pas d’énergie et zéro libido. En me tournant vers le stérilet en cuivre, j’ai eu de la chance parce que mon corps s’est bien acclimaté malgré mes règles douloureuses », témoigne-t-elle. Les quelques désillusions des contraceptions plus naturelles font aussi partie de l’expérience. « J’ai beaucoup plus d’acné qu’avant. Mais j’aime penser que mon corps reprend un peu ses droits et que niveau hormones c’est plus naturel », relativise-t-elle.

    Partager la charge contraceptive

    Pour d’autres jeunes femmes, la pilule n’a jamais été une option. À l’instar de Nina, 25 ans, qui vit à Lausanne. « J’ai toujours fait attention à ma santé et j’ai été sensibilisée à ces questions tôt par ma mère, notamment au sujet des nombreux effets secondaires de la pilule, qu’on minimise tant ! », explique la jeune femme. À ses yeux, le choix d’une contraception est également intimement lié à la vision que l’on a du couple. « Quand on fait l’amour, on est deux. On doit aussi être deux à assumer la responsabilité et la charge contraceptive ! », assure celle qui n’a jamais eu de mal à convaincre ses partenaires amoureux. Le mouvement #MeToo, et dans son sillage, la réflexion autour des violences et inégalités dans le couple, dont fait partie la question de la charge contraceptive, expliqueraient également ce recul de la pilule contraceptive dont seule la femme a la charge.

    Il faut dire que, désormais, les alternatives sont nombreuses, et elles se démocratisent. Parmi elles, le traditionnel préservatif, utilisé par 21 % des couples, qui revient dans la course. Le stérilet en cuivre est également une contraception de plus en plus demandée par les jeunes femmes. Par ailleurs, 39 % des hommes en 2023 se disent prêts à entrer dans la danse contraceptive. Peu importe le choix, les professionnels de santé insistent sur la nécessité de continuer à faire du cas par cas. Il n’existe pas une méthode de contraception idéale pour toutes les femmes et les hommes, l’enjeu est simplement de trouver celle qui convient le mieux à chacune et chacun.

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  • Diagnostic de l’endométriose : témoignages d’Endo Warriors

    Diagnostic de l’endométriose : témoignages d’Endo Warriors

    Des douleurs constantes

    Depuis plus de dix-sept ans, Romane, 30 ans, mène une bataille contre des douleurs atroces qui lui lacèrent le bas ventre et le dos vingt-deux jours par mois. Ça a commencé dès ses premières règles. « J’avais du mal à me lever le matin et je manquais des journées de cours, car j’étais incapable de suivre », remet-elle. Pertes abondantes de sang, chutes de tension, pertes de connaissance, vomissements… Autour de ses 18 ans, sa souffrance devient insupportable, lui laissant très peu de jours de répit. Les visites aux urgences se multiplient. On lui fait simplement une échographie ou un examen vaginal. « Je n’étais jamais vraiment entendu par les médecins. On me reprochait de venir à chaque période de règles et d’être douillette. » Au mépris de ces médecins s’ajoute la colère de son gynécologue, blâmant la jeune femme d’avoir décidé de retirer l’implant qui lui avait été prescrit. Sa raison ? Des règles encore plus douloureuses, doublées de maux de tête, d’une prise de poids et d’états dépressifs.

    Errance médicale et diagnostic tardif

    Face à la négligence du corps médical et à celle de certains de ses collègues la jugeant comme « celle qui se plaint tout le temps », Romane se mure dans le silence. « Mes médecins ne s’affolaient pas plus que ça. Je me suis renfermée sur moi-même en me persuadant que c’était moi la responsable. J’avais l’impression d’être folle. Alors j’ai pris l’habitude de souffrir en silence pour ne plus me sentir jugée », avoue la jeune femme noyée sous la culpabilité. Jusqu’à ce qu’elle consulte une gynécologue spécialiste de l’endométriose, après deux ans de tentative de grossesse. Une batterie d’examens et le verdict tombe : endométriose. « J’ai pleuré de soulagement. On avait enfin posé un nom sur ce dont je souffrais depuis quinze ans. » À cause de son infertilité, Romane est immédiatement opérée pour retirer les nodules répartis dans son utérus. Elle tombe alors enceinte, mais ses douleurs persistent. Dans l’attente d’une seconde opération, l’Endo Warrior repense à « cette angoisse et cette charge mentale permanentes qui rythment [sa] vie ». Encore aujourd’hui, elle n’a d’autres choix que de refuser des sorties entre amis qu’on lui propose quand les douleurs sont trop intenses.

    Des coups de poignard dans le bas ventre

    Chez Lucille, 28 ans, les premières douleurs dans le bas ventre sont apparues à 20 ans pendant ses rapports sexuels. « Au début, je me disais que c’était normal. Jusqu’à ce que ça devienne un cercle vicieux où j’avais peur d’avoir mal pendant mes rapports. » À 22 ans, une première crise de douleur intervient pendant ses règles. « J’étais pliée en deux, j’avais comme des coups de poignard dans le bas du ventre, je ne pouvais plus marcher », se souvient-elle. Aux crises de plus en plus fréquentes viennent s’ajouter des cystites à répétition et des douleurs sévères après avoir consommé de l’alcool. La jeune femme subit le mépris d’une gynécologue « très vieille école ». « Elle me disait qu’avoir mal n’était pas grave, que j’avais sûrement attrapé la maladie de la “chaude pisse” et qu’il fallait que je me protège lors de mes divers rapports sexuels alors que je n’avais qu’un partenaire. Elle a été très désagréable avec moi et ne m’écoutait pas », raconte-t-elle. Ses inquiétudes grandissantes et un aller-retour aux urgences l’amènent à une gynécologue spécialisée qui lui prescrit des antidouleurs forts. Échographies, prises de sang, IRM, rien n’est détecté. « J’en ai pleuré parce que j’étais persuadée d’avoir quelque chose », confie Lucille.

    Après une deuxième IRM qu’elle exige plus tard, on lui annonce « enfin » qu’elle est atteinte d’endométriose ne contraignant pas à une opération. « J’étais à la fois inquiète et soulagée de savoir que j’avais bien quelque chose. J’avais envie qu’on prenne enfin soin de moi », poursuit-elle. S’en sont suivi deux ans de recherches laborieuses d’un moyen de contraception adapté. « J’errais entre plusieurs gynécologues et sages-femmes qui se contredisaient, jusqu’à enfin trouver celui qui me convenait. » En parallèle, pour soulager sa souffrance, Lucille se renseigne sur la maladie en lisant et en écoutant des podcasts. Résultat : elle supprime tous les aliments et produits inflammatoires et commence à faire du yoga et de la méditation pour ménager son bien-être mental. Depuis, l’Endo Warrior ne subit plus de grosses crises et, par précaution, vient de prendre rendez pour faire congeler ses ovocytes.

    Endométriose, santé mentale et dépression

    Dès le collège, Sabrina, 46 ans, a commencé à ressentir des douleurs intenses au ventre pendant ses règles. Son père lui disait que c’était normal, alors elle le croyait. « La consigne c’était de serrer les dents et d’aller travailler », raconte-t-elle. Son seul traitement prescrit pour tenter de la soulager : de l’ibuprofène. À 23 ans, la jeune femme commence à s’inquiéter et passe une échographie. Sur les images, un kyste de 8 cm invasif sur l’ovaire. Incapables de savoir s’il s’agit d’un cancer ou d’une endométriose, les médecins laissent Sabrina dans le flou. « Au réveil de l’opération, on m’a dit qu’on m’avait aussi retiré l’ovaire et la trompe. “Il était pourri”, me disait le médecin. Ça a été radical, je l’ai vécu comme un choc », lâche-t-elle. Plus tard, on lui prescrit un anneau vaginal comme moyen de contraception. Mais les douleurs persistent et pendant des années la jeune femme prend sur elle. À l’approche de ses 40 ans, alors que Sabrina n’arrive pas à tomber enceinte naturellement, on lui détecte un autre kyste, qui la contraint à une seconde opération. Puis, ses multiples tentatives de FIV l’épuisent et ne fonctionnent pas. Une IRM révèle une adénomyose, deux autres kystes, une infection de sa trompe et un déplacement de son ovaire. Le coup de grâce. Parfois, Sabrina n’a « plus envie de vivre ».

    « Même si les antalgiques me soulagent, j’ai mal tout le temps, mes intestins sont endommagés, les hormones me plongent dans des états dépressifs. Mon quotidien est très difficile. Je pleure quand je pars et quand je rentre du travail et j’ai des idées noires », livre-t-elle, la gorge nouée. Depuis, Sabrina consulte un psychologue qui « lui fait du bien ». Les médecins se divisent sur l’analyse de l’aggravation de sa maladie : certains préconisent une ablation de l’utérus et de la trompe, d’autres jugent cette opération trop risquée. En attendant, l’Endo Warrior cherche la force de suivre son cinquième traitement pour soulager ses douleurs insupportables.

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  • Vrai / Faux sur les Papillomavirus

    Vrai / Faux sur les Papillomavirus

    Il existe près de 200 types de papillomavirus/HPV

    VRAI. Le terme « papillomavirus », ou HPV, désigne un type de virus qui peut infecter la sphère génitale par contacts entre peau et/ou muqueuses, mais qui regroupe plusieurs souches. « La plupart des médecins parlent en effet de 200, certains vont même jusqu’à en compter 400 », note le Dr Didier Constant, gynécologue bénévole au sein d’IMAGYN, association de prévention et de lutte contre les cancers gynécologiques. Environ une quinzaine touche les parties génitales.

    Tous les HPV entraînent le cancer du col de l’utérus

    FAUX. 80 % des individus seront exposés au papillomavirus au moins une fois dans leur vie. Mais il sera éliminé « dans environ 90 % des cas dans un délai moyen de 24 mois », objecte le Dr Joseph Monsonego, spécialiste des papillomavirus. « Sept concentrent plus de 90 % des lésions précancéreuses et cancers du col. Ce qui nous intéresse, c’est si le virus persiste et peut provoquer des lésions », complète celui qui est aussi président de la commission col-HPV du Collège National des Gynécologues Obstétriciens français (CNGOF). En revanche, près de 100 % des cancers du col ont pour origine un HPV.

    Les HPV sont uniquement dangereux pour les femmes

    FAUX. « Chez les hommes comme les femmes, ils peuvent aussi entraîner des cancers ORL de la gorge, de la langue, ou encore de la verge et de l’anus », souligne Fanny Toussaint, sage-femme hospitalière à la maternité des Bluets, à Paris. « En revanche, le cancer du col est le seul induit par un HPV que l’on puisse dépister en amont », précise le Dr Didier Constant.

    Le préservatif ne suffit pas à empêcher l’infection

    VRAI. Le préservatif n’empêche pas le contact entre le périnée et la région autour de la verge. « Le vaccin, qui protège à 80 %, est le moyen le plus sûr », confirme le gynécologue d’IMAGYN. Cependant, la vaccination ne doit pas empêcher le port du préservatif qui protège contre les autres IST et, « bien recouvrant, contribue quand même à une protection au moins à 80 % », rappelle le Dr Joseph Monsonego.

    La vaccination contre les papillomavirus ne concerne que les femmes

    FAUX. Depuis le 1er janvier 2021, la vaccination s’applique également aux hommes. Elle protège contre les 9 souches les plus préoccupantes. « L’idéal est de se faire vacciner avant le premier rapport sexuel, car l’immunité est plus forte, si possible entre 11 et 14 ans, avec deux doses », détaille Fanny Toussaint. Un rattrapage peut également être effectué de 15 à 19 ans avec trois doses, et jusqu’à 26 ans pour les hommes homosexuels.

    Une personne infectée ne présente pas de symptômes

    VRAI, dans la plupart des cas. « Les lésions précancéreuses sont le plus souvent asymptomatiques, explique le Dr Joseph Monsonego, avant de nuancer. Les lésions que l’on peut voir apparaître sont des condylomes acuminés – des verrues génitales –, sur la vulve, l’anus ou le pénis. » Mais quand elles ne partent pas d’elles-mêmes, elles peuvent être traitées. De plus, elles se manifestent dans le cas des virus les plus inoffensifs.

    Le papillomavirus peut provoquer des lésions, voire un cancer, plusieurs années après l’infection

    VRAI. « L’infection va entraîner des lésions au bout de quelques années, puis il faudra 15 ou 20 ans avant d’avoir un cancer du col. C’est complètement silencieux », avertit le Dr Didier Constant. Le but du suivi gynécologique, qui peut également être effectué par une sage-femme ou un médecin traitant, est de détecter et traiter tôt d’éventuelles lésions. Car « dans 5 % des cas, lorsque le virus persiste, un cancer du col peut se développer », souligne Fanny Toussaint.

    La vaccination n’est pas efficace, surtout si on a déjà eu des rapports sexuels

    FAUX. La vaccination a une efficacité optimale pour agir sur les pré-cancers de tous types lorsqu’on n’a pas été exposé aux virus, ce qui est le cas avant le début des rapports sexuels. Cependant, comme le rappelle le Dr Monsonego, la vaccination n’en devient pas pour autant inutile après : « Même si le vaccin n’agit pas sur un type déjà contracté, il va quand même agir sur les autres. »

    Les dépistages sont inutiles avant l’âge de 25 ans

    VRAI. « Avant 25 ans, on est quasiment sûr de trouver des HPV, mais ce sont des contaminations souvent passagères », justifie le Dr Constant. Il est cependant important d’être suivi, car les femmes qui développent un cancer du col sont la majorité du temps celles qui ne l’ont pas été. « Il apparaît très lentement », rassure le gynécologue, qui en profite pour souligner qu’il ne sert « donc à rien de chercher le coupable, car l’infection remonte à plusieurs années ». Ainsi, le premier frottis est recommandé à partir de 25 ans, puis à 26 et 29 ans, et des tests HPV tous les cinq ans à partir de 30 ans. Le premier cherche simplement à détecter une anomalie au niveau des cellules du col, quand le deuxième permet d’identifier le type d’HPV. Une colposcopie peut être effectuée pour observer le col, puis une biopsie – qui consiste à prélever un échantillon de tissu – si une lésion est mise en évidente.

    Malheureusement, en France, « près de 40 % des femmes ne se font pas dépister », rappelle le Dr Monsonego. Aujourd’hui, en France métropolitaine, la couverture vaccinale est estimée à 43,6 %, selon Santé publique France, bien loin de l’objectif des 80 % chez les adolescents à l’horizon 2030. Alors qu’une vaccination généralisée pourrait permettre d’éviter 6 000 cancers du col de l’utérus chaque année.

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  • Pourquoi s’abîme-t-on les petites peaux et les ongles en cas de stress ?

    Pourquoi s’abîme-t-on les petites peaux et les ongles en cas de stress ?

    Se triturer les doigts : un TOC reconnu

    Petit geste compulsif, d’apparence inoffensif et bénin, saviez-vous que l’onychophagie, l’acte de se ronger les ongles est décrit pour la première fois en 1908 dans un article du médecin et psychiatre français Edgar Bérillon, qui se demande si se ronger les ongles n’est pas un acte de dégénérescence ? Rien que ça. En 2024, se ronger les ongles n’a plus si mauvaise réputation. L’onychophagie fait partie de la famille des troubles dermatillomanie, caractérisé par la vérification, le triturage et/ou le grattage répété et excessif de la peau, le plus souvent des ongles, induisant des lésions des tissus. Elle fait partie des comportements répétitifs centrés sur le corps (CRCC), entrant dans le champ des troubles obsessionnels compulsifs ou TOC. Dans la littérature médicale anglophone, les personnes atteintes par cette maladie sont souvent appelés « wolf biters », mordeurs de loups en français, puisque c’est précisément ce que font les loups lorsqu’ils sont piégés ou énervés.

    Onychophagie et dermatillomanie : des gestes anti-stress

    Pourquoi les personnes atteintes de ce trouble, qui représente 2 à 5% de la population, dont 54,7 % sont des femmes, s’en prennent-elles à leurs ongles et leurs doigts ? « Contrairement à ce qu’on peut lire sur Internet, ce n’est en aucun cas de l’auto-mutilation, ou une volonté de se faire du mal. Au contraire, quand on commence à se ronger les ongles, il y a une recherche d’auto-apaisement. Il y a quelque chose de satisfaisant à triturer, à toucher des irrégularités. Souvent, les CRCC sont sous-tendus par des difficultés de régulation émotionnelle. Se ronger les ongles devient alors un comportement doudou », rassure Julie Hemery, 35 ans, psychopraticienne spécialiste de la dermatillomanie à Ventabren. Depuis 2016, elle s’est intéressée à ce trouble en partie car très peu de professionnels de santé s’en saisissent. « Peu de soignants prennent ce trouble au sérieux. Pourtant, sur du long terme, il peut créer de l’isolement, une forte culpabilité, une baisse de l’estime de soi », ajoute la psychopraticienne.

    Petites peaux et ongles : attention aux microbes !

    Si on adopte souvent ce comportement pour évacuer le stress, éprouver un plaisir apaisant, une forme de satisfaction ou encore ressentir le besoin de corriger une imperfection, ces impulsions s’apparentent parfois à des crises pouvant durer de plusieurs minutes à plusieurs heures par jour, sans que la personne ne s’en rende compte. Au-delà de la dégradation esthétique, l’ongle peut durablement se déformer et s’installe dans un état d’inflammation chronique. C’est aussi une porte ouverte aux bactéries et aux virus, surtout si les transports en commun font partie de votre quotidien !

    Comment arrêter de se ronger les ongles ou s’abîmer la peau des doigts ?

    Une fois ce constat posé, comment se débarrasser de cette mauvaise habitude qui nous colle à la peau ? « La dermatillomanie n’est pas une fatalité, c’est un trouble dont on peut se libérer, même adulte ! », rassure Julie Hemery. Pour soigner la dermatillomanie, et plus généralement les CRCC, il existe deux approches principales, qui sont complémentaires « En première intention, on pratique une thérapie cognitive et comportementale (TCC) qui vise la diminution voire la disparition complète des compulsions. Parmi les différentes approches, la Technique de Renversement d’Habitudes (TRH) est efficace », explique-t-elle. Bien entendu, identifier les problématiques qui ont déclenché la dermatillomanie ne fera jamais de mal. « À l’origine de la dermatillomanie, il peut y avoir des traumatismes ou des expériences de vie non digérées, une anxiété chronique, des troubles de l’attachement… »

    Si l’idée de consulter un professionnel vous bloque, il existe des solutions plus accessibles. « Toutes les techniques qui vont permettre de réguler ses émotions sont bonnes à prendre : les activités manuelles, le sport… Privilégiez des comportements barrière comme mettre de la crème grasse (qui rendra le triturage moins intéressant), le vernis amer, les pansements, les gants, ou encore les faux ongles en résine », liste Julie Hemery. Des pistes qui ne traitent pas les causes mais réduisent à coup sûr les dégâts !

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  • Éco-anxiété : comment la gérer et la surmonter ?

    Éco-anxiété : comment la gérer et la surmonter ?

    Que ressentent concrètement les personnes atteintes par l’éco-anxiété ?

    Claire Wallez : Les symptômes dépendent beaucoup de leur tempérament, de leur vécu, et enfin, du moment de vie lors desquels ils ressentent de l’éco-anxiété. Globalement, on ressent une angoisse vis-à-vis de l’avenir et un énorme sentiment d’impuissance, souvent couplé à une perte de sens. L’éco-anxiété se nourrit par exemple de craintes d’effondrement économique, de crise sociale, de risques politiques ou géopolitiques. Ou encore de questions existentielles avec souvent une remise en question des projets de vie. Faut-il faire des enfants ? Quelles études choisir ? Soudain, le monde tel qu’on le voyait, l’idéal tel qu’on se l’imaginait, en se basant sur des envies qui ne sont pas durables, tout cela doit être remis en question. C’est ce qui revient beaucoup chez les jeunes qui ne désirent plus faire d’enfants. Ils me disent que si on venait à subir des catastrophes climatiques, ils préféreraient être seuls dans la barque.

    Peut-on considérer que l’éco-anxiété est une maladie mentale ?

    C. W. : Beaucoup de personnes qui souffrent d’éco-anxiété se disent, sûrement à raison : ce n’est pas nous qui avons un problème, c’est la société, qui ne regarde pas le problème en face. Je pense qu’il faut distinguer deux choses dans le phénomène de l’éco-anxiété. D’une part, l’éco-lucidité, c’est-à-dire vouloir comprendre ce qu’il se passe, qui peut entraîner un changement de comportement au sens large (consommer, façon d’être dans le monde, de penser, d’être avec les gens). Cela ne peut pas être considéré comme une anomalie. En revanche, ce que cela génère en moi, comme l’angoisse, la peur, la colère, l’impuissance, c’est-à-dire la part souffrante de la prise de conscience, doit être accompagnée.

    Certains professionnels considèrent le phénomène d’éco-anxiété comme un trouble individuel qui serait comparable au syndrome de stress post-traumatique. Qu’en dites-vous ?

    C. W. : La prise de conscience écologique peut être vécue comme un choc brutal. Encore beaucoup de professionnels de la santé mentale sous-estiment l’éco-anxiété rapportée par leurs patients. Cependant, il faut être prudent. C’est un mal-être d’un genre nouveau qu’il faut prendre le temps d’étudier. Surtout, il y a autant de types d’éco-anxiété que de patients qui en souffrent. Il faut pouvoir la considérer, autant qu’un autre type de traumatisme, car l’incompréhension, voire le refus de dialoguer s’installent vite et peuvent générer un isolement social et augmenter l’éco-anxiété chez la personne qui en est atteinte.

    On dit que se mettre en action est l’un des principaux remèdes à ce sentiment d’angoisse. Que peut-on faire d’autre ?

    C. W. : D’abord, aller voir un psychologue pour ce genre de problématiques, ce n’est pas idiot. Je le précise, car beaucoup sous-estiment ce mal-être en se disant que c’est moins grave qu’une crise d’angoisse déclenchée pour une autre raison. L’éco-anxiété vient réveiller des corps sensibles. Pour aller mieux, il est important d’agir, reprendre le contrôle, se recentrer sur ce qui fait sens pour nous, tout en gardant un œil à notre santé mentale et en évitant le burn-out militant ou le trop-plein informationnel. Même dans l’action, il est important de ne pas s’oublier pour durer.

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    (1) https://www.ifemdr.fr/chiffres-cles-sur-leco-anxiete/#:~:text=Une%20%C3%A9tude%20publi%C3%A9e%20en%202021,extr%C3%AAmement%20inquiets%20%C2%BB%20du%20changement%20climatique