L’histoire est constituée de deux parties bien distinctes : la première se déroule en classe de 5e, la deuxième, dix-huit mois plus tard, au début de la 3e. Entre les deux parties, les personnages ont changé, ils sont entrés dans le monde des « grands », leurs usages et leurs centres d’intérêt ne sont plus les mêmes, le harcèlement prend d’autres contours, plus cyberconnectés.
Claqué au sol : Saison 1 et 2
Harceleur, suiveur, harcelé
Les adolescents, au fil de leur scolarité, ont plus de chance de participer à un fait de harcèlement (au titre de suiveurs pour le moins) que d’en être victimes. C’est un simple fait statistique, trop souvent mis de côté. Il est indispensable d’apprendre à reconnaître les deux côtés de la situation. En effet, le rôle de suiveur est une clé dans les situations de harcèlement car ce sont eux qui donnent le pouvoir au harceleur. Ce sont donc eux qui ont le pouvoir de débloquer la situation. D’autant que parfois, le harcèlement peut avoir lieu au sein d’un groupe d’amis.
Et parce que le harcèlement dépasse largement le cadre scolaire, notamment via les réseaux sociaux, il est essentiel que les proches, en particulier les parents, prennent la mesure de l’ampleur des conséquences et deviennent acteurs de la lutte contre ce fléau. Il s’agit donc de donner des clés de compréhension et des pistes d’actions pour désamorcer des situations problématiques voire potentiellement dangereuses pour leurs ados.
« Claqué au sol » produit par Studio Bloom en partenariat avec MACIF. Ecrit par Thomas Cheysson. Réalisé par Carole Cheysson et Perrine Dard. Avec Camille Aguilar, Lana Ropion, Anton Salachas, Luna Lou, Naomi Homs, Alysson Paradis, Chloé Stefani, Mélodie Orru, Thomas Sagols, Olivier Bénard, Nathalie Homs, Valentin Vitti, Caroline Ambrosini et Kim Lewyn.
Dirigé par Nathalie Homs. Mis en son par Alexandre Lormeau au studio Hari.
Illustration Chloé Le Floch.
Merci pour leur relecture attentive au Docteur Caroline de Guillenchmidt, pédopsychiatre, à Laetitia Dupaquier, psychologue clinicienne au C M P d’ Eaubonne, ainsi qu’à Nathalie Pauwels, consultante communication en prévention du suicide programme Papageno. Remerciements à Big Flo et Oli. Mais aussi à Maia Hoibian, Gianluca Lamari et les enfants du collège départementale la plaine des Glacis à la Ferté sous Jouarre ainsi que Blossom, Sacha, Léon, Romy, Billie, Ernest, Thadée, Elie, Nine et Lucio et tous nos jeunes auditeurs testeurs.
Si vous souffrez du dos, sachez que vous n’êtes pas seul ! En effet, les centres antidouleur sont en premier lieu sollicités pour le mal de dos.
La nuque, le milieu du dos ainsi que le bas du dos sont les zones les plus touchées par le mal de dos.
Quant à son origine, elle peut être multiple. Le mal de dos peut se manifester après un étirement ou suite à une inflammation des ligaments ou des tendons, voire des muscles. L’arthrose peut aussi être source de douleurs dans le dos.
80 %
C’est le nombre de Français qui souffrent, ont souffert ou souffriront du dos. (1)
2 Le sport : un allié ?
Si Churchill attribuait (entre autres) sa forme physique au « no sport », il est pour autant reconnu que l’activité sportive, quand elle est bien choisie, peut être une alliée du mal de dos. Un dos fragile ou douloureux ne doit pas être un frein à la pratique d’une activité physique régulière.
L’important est d’apprendre à privilégier les disciplines et les mouvements qui lui font du bien ou tout au moins de proscrire celles qui risquent d’accentuer les tensions ou les douleurs.
Néanmoins, avant de commencer une activité physique, passez chez votre médecin généraliste. Il pourra vous conseiller une activité sportive adaptée et vous fournira un certificat médical si vous souhaitez intégrer une association sportive ou une salle de sport.
3 Mal de dos : les 6 sports à privilégier
Le gainage ou la gym de dos
Les exercices de gainage ou la gymnastique de dos améliorent la stabilité de la colonne vertébrale. Ils renforcent les muscles paravertébraux et abdominaux qui ont un rôle essentiel dans la protection du dos.
Le stretching postural
Le stretching postural permet d’assouplir le corps tout entier ainsi que d’agir sur le renforcement musculaire. Il permet au corps de mieux bouger et de moins se contracter.
Le yoga, le tai-chi et le qi gong
Le yoga, le tai-chi et le qi gong sont basés sur des postures statiques et lentes qui permettent de se muscler et de s’étirer sans tensions brusques. Associées à des exercices respiratoires, ces trois disciplines relaxent le mental.
Certaines postures de yoga, plutôt douces, permettent d’estomper progressivement les contractions musculaires liées au stress ainsi que de nombreuses douleurs cervicales et dorsales.
Attention toutefois : certaines postures peuvent s’avérer douloureuses pour le dos. Initiez-vous dans une salle de sport et prenez conseils auprès de votre professeur.
La natation
La natation est classiquement recommandée à tous ceux qui souffrent de la colonne vertébrale. Avec ce sport, le dos ne souffrira pas de chocs comme sur la terre ferme : le corps flotte et le dos est ainsi préservé.
La brasse coulée et le dos crawlé restent les nages les plus sûres pour le dos. Le crawl reste néanmoins une nage plus technique qui nécessite de garder une bonne symétrie de mouvements.
Le vélo
La petite reine est un sport qui limite les tensions brutales et la dissymétrie qui fatigueraient le dos. Un vélo adapté, une bonne position et de l’entraînement suivi d’une série d’étirements sont à privilégier.
Quelle est la posture idéale pour du vélo sur route ?
Tout d’abord, soyez le plus droit possible sur sa selle. Ne recherchez donc pas à être aérodynamique.
Relevez un peu la potence.
Et baissez la selle.
Par contre, oubliez le VTT : les secousses provoquées par les chemins et les pierres affectant votre dos.
L’idéal reste la pratique en salle sur des vélos spécifiques qui disposent de sièges adaptés aux personnes qui souffrent du dos.
Vous êtes adhérent Macif ?
Le contrat Santé Macif vous propose selon les formules, un remboursement forfaitaire pour vos séances d’ostéopathie.**
Bon à savoir
Les réglages de la selle et du guidon sont essentiels sur un vélo pour prévenir les douleurs. Incliner la selle vers l’avant de 10 à 15° éviterait les douleurs lombaires. Vous pouvez également installer un rehausseur de guidon pour une position redressée.
La marche
Qu’elle soit rapide ou lente, la marche permet de muscler son dos en douceur.
Il convient de :
favoriser les petits pas plutôt que les grandes enjambées ;
privilégier les terrains souples en campagne lors de grandes randonnées ;
éviter les sacs à dos trop chargés ;
être toujours bien chaussé ;
prendre des bâtons de marche pour caler son pas et son souffle.
4 Mal de dos : les sports à éviter
Tout ce qui « tasse » le dos
On retrouve : le saut à la corde, l’équitation et la moto qui se révèle mauvaise sur le long terme.
Les impacts forts
Tous les sports qui génèrent des pressions importantes sont à bannir. On note : le tennis, le rugby, le judo et surtout le squash, particulièrement violent avec des arrêts et des rebonds très brutaux.
Les postures dissymétriques
Si vous souffrez du dos, évitez certains sports comme le tennis, le judo ou même le golf qui font travailler le même côté du dos. À terme, cela pourrait causer un déséquilibre de la colonne vertébrale.
** Dans les limites et conditions du contrat.
L’Essentiel de l’article
Le gainage et le stretching postural améliorent la stabilité de la colonne vertébrale.
Le yoga, le tai chi et le qi gong musclent et étirent sans tension brusque.
La natation fait travailler le corps en douceur.
Le vélo est adapté et, avec une bonne position, il limite les tensions.
Comment prévenir les risques de turista avant le départ en vacances ?
Docteur William Berrebi : Le plus efficace est de suivre un simple protocole consistant à prendre en prévention de l’ultra levure, c’est-à-dire de la Saccharomyces boulardii, en 200 mg. Le traitement débute cinq jours avant le départ et continue pendant toute la durée du voyage.
Une fois sur place, quels sont les bons gestes à adopter ?
Dr W. B. : Cette fois encore, ils sont relativement simples. Bien se laver les mains avant et après les repas. Il faut aussi être extrêmement prudent avec l’eau dans la mesure où elle est à l’origine de la plupart des contaminations. On évite donc l’eau du robinet. Le mieux étant de ne boire que de l’eau en bouteille ouverte sous nos yeux. Si on n’a pas d’autre choix, on fait bouillir l’eau ou on opte pour des sodas. Concernant l’alimentation, il y a les grands classiques à éviter, comme les crudités et les fruits rincés à l’eau du robinet. Mieux vaut consommer des fruits qui doivent être pelés ou épluchés, types bananes, oranges, etc.
Dr W. B. : Il faut éviter les plats réchauffés ou ceux qui restent plusieurs heures à température ambiante, car ils peuvent développer des bactéries. L’idéal étant de consommer des aliments cuits si possible devant vous, tels que des steaks ou du poisson. Mieux vaut également faire l’impasse sur les aliments vendus dans la rue ou sur la plage. Tout ce qui est manipulé à la main présente des risques élevés de contamination. Alors, autant les éviter, même si les habitants en consomment devant vous. Les locaux ont l’habitude et l’estomac mieux préparé que les touristes.
Et si on tombe quand même malade, malgré toutes ces précautions ?
Dr W. B. : Quand on a une tourista, on doit arrêter de manger des aliments solides, mais continuer à s’hydrater. Le plus simple, c’est de prendre de l’eau avec du sel ou du sucre. Ça peut être des bouillons de légumes salés. On évite le coca qui, malgré la légende, n’est pas un bon remède, même en ayant enlevant les bulles. Il contient de la caféine, c’est donc un accélérateur du transit, comme le café.
Comment se soigner si malgré la diète, les symptômes persistent ?
Dr W. B. : On peut traiter avec un anti diarrhéique type Smecta (Diosmectite pour l’équivalent générique) et on va aussi prendre un probiotique. Si on n’a pas pris l’ultra levure avant son départ, on en prend, sinon on prend du Lactobacillus rhamnosus GG. Si, malgré tout, ça ne va pas mieux au bout de 24 à 48 h, il faut prendre des antibiotiques en plus du probiotique. Enfin, il faut essayer d’éviter le lopéramide, type Imodium, sauf si on doit faire un voyage, parce qu’il empêche l’évacuation des toxines.
[Attention : ne vous automédicamentez pas, faites appel à un médecin pour une prescription de médicaments adaptés]
Une fois un peu rétabli, que faut-il éviter de consommer avant guérison complète ?
Dr W. B. : Quand on recommence à avoir faim, on continue les bouillons en ajoutant des pommes de terre, des pâtes, des carottes ou du riz bien cuit. On peut même récupérer l’eau de cuisson du riz pour la boire. Et si on veut des protéines animales, il faut aller vers des poissons maigres, type merlus ou cabillaud cuit au gril sans matière grasse. En revanche, il faut exclure les aliments ultras transformés et remplis d’additifs. Les additifs abîment le microbiote intestinal et ce n’est pas bon pour le tube digestif. On va aussi éviter les légumes et fruits crus, les jus de fruits et les laitages. On se prive de tout ce qui est gras, en sauce, en fritures et du cacao sauf s’il s’agit d’un chocolat noir à 100 % ou à 90 %. Enfin on évite aussi les œufs, la viande et tout ce qui accélère le transit, comme les boissons glacées.
Que doit-on faire et manger quand tout semble rentré dans l’ordre ?
Dr W. B. : Lorsque la maladie a disparu et qu’on se sent mieux, il faut penser à augmenter son apport de fibres. Le microbiote intestinal a été impacté par l’infection, il faut le rééquilibrer en réintégrant des légumes, des fruits, des légumineuses, ou des céréales complètes, etc.
L’été, lorsque le thermomètre est au plus haut, la pratique d’une activité sportive peut fatiguer l’organisme. « Le risque de l’exposition aux fortes températures pendant l’effort est la déshydratation et un coup de chaleur. Des signes comme des crampes montrent que vous sollicitez trop votre organisme », prévient Agnès Verrier, chargée de prévention en santé environnement à Santé Publique France.
Bien manger, bien dormir, bien se vêtir
Depuis le mois de mai, l’agence a lancé le dispositif « Vivre avec la chaleur » avec un site internet qui donne tout une série de conseils destiné notamment aux sportifs qui voudraient continuer à se dépenser malgré les fortes chaleurs. Le principe est « de proposer notamment aux sportifs qui ont une pratique individuelle et non encadrée des solutions pour adapter l’activité sportive quand les fortes chaleurs arrivent », explique Agnès Verrier qui a participé à la mise en place de ce dispositif. Mais celle-ci insiste sur le fait que les hautes températures ne doivent pas dissuader les sportifs, tout est une question de bons réflexes. « Le sport est bon pour la santé : il ne s’agit pas d’y renoncer. Quand les températures augmentent, on préfère pratiquer son sport tôt le matin. Il est aussi important d’écouter son corps, de continuer à manger équilibré et revoir peut son activité en cas de manque de sommeil. Un conseil important et facile à mettre en œuvre : boire de l’eau avant, pendant et après son activité sportive. Une autre solution est de porter des vêtements adaptés : une tenue respirante qui permet d’évacuer la transpiration. »
Et attention aux idées reçues. Santé publique France conseille bien sûr d’éviter le sport en milieu de journée, mais aussi en fin d’après-midi. « Il ne faut pas confondre risque solaire et risque chaleur. Attention les températures augmentent au-delà des heures où le soleil est le plus dangereux pour sa peau, entre midi et 16 heures. Dans la journée, il fait de plus en plus chaud jusqu’à 17-19 heures, voire plus tard dans les zones très urbanisées, appelés îlots de chaleur urbains », alerte Agnès Verrier.
Attention au risque chaleur
Maxime, 34 ans et habitant à Lyon, est justement tombé dans ce piège l’été dernier. « J’habite en centre-ville et j’avais pris l’habitude depuis quelques mois de courir après mon travail aux alentours de 18 h. Sauf qu’en été, le bitume emmagasine la chaleur toute la journée et quand je commençais à courir, il faisait encore extrêmement chaud. J’ai senti que je fatiguais très vite, jusqu’au jour où j’ai carrément eu des vertiges. J’ai dû arrêter de courir après 15 minutes, je pense avoir fait un coup de chaleur », raconte ce fan de course à pied. Une mauvaise expérience qui l’a poussé à changer totalement ses habitudes. Dès que les températures quotidiennes commencent à avoisiner 30 °C, ce sportif se lance dans des footings matinaux. « Je me lève une heure et demie plus tôt pour commencer à courir vers 6h30, c’est tôt, mais c’est bien plus agréable », assure le trentenaire. Une pratique que préconise la chargée de prévention de Santé publique France, qui donne même des astuces pour trouver des oasis de fraîcheur près de chez soi : « Pendant les pics de chaleurs, il faut se renseigner auprès de sa mairie. Parfois les parcs sont ouverts toute la nuit, ça permet de courir très tôt le matin. C’est peut-être aussi une belle occasion pour aller à la piscine. De plus en plus de mairies adaptent leurs horaires quand il fait très chaud. La nage est un moment agréable, mais c’est aussi un sport complet qui permet d’entretenir entièrement son corps. »
En été, Thibault Mevel, coach sportif à Eguilles, près d’Aix-en-Provence, privilégie lui aussi les cours en matinée. « De toute manière, les sportifs que j’accompagne me demandent eux-mêmes des rendez-vous le matin ou en toute fin de journée. Et dans la journée, j’essaie de garder ma salle ventilée et rafraîchie au maximum », explique-t-il. Il prévient ses élèves de bien boire et de bien s’alimenter au quotidien pendant ses pics de chaleurs pour pouvoir continuer à se dépenser en sécurité : « Sinon ça vient s’ajouter au stress que provoque la chaleur sur le corps. » Pour éviter les coups de chaud, le coach réduit aussi un peu l’intensité des exercices : « On fait plus de pauses. Mais je leur dis aussi que la chaleur n’est pas une excuse pour ne pas faire de sport. Il faut garder la motivation, s’adapter et écouter son corps ! »
Comment l’alcool rentre-t-il dans la vie des adolescents et des jeunes adultes ?
L’entrée dans l’alcoolisation se fait souvent vers 13/14 ans avec un premier verre dans le cadre familial ou avec des amis. Puis, dans les années lycée, la consommation des adolescents se régularise lors de moments festifs. Enfin, pendant la vie étudiante, la majorité des jeunes consomme de l’alcool. Il y a une pression sociale forte, un phénomène de groupe. L’alcool est très lié à la fête durant les années étudiantes : c’est difficile de les dissocier. On peut entendre d’ailleurs souvent des phrases comme « si tu ne bois pas (d’alcool), tu ne fais pas la fête » ou « si tu ne bois pas (d’alcool), tu n’es pas drôle ».
Quels sont les risques ?
L’alcoolisation des étudiants est considérée comme problématique. Elle focalise les inquiétudes, car la recherche d’ivresse a des conséquences néfastes. Que ce soit des comas éthyliques, des traumatologies avec des accidents de la route ou des accidents domestiques. L’alcoolisation est aussi souvent présente dans les violences physiques, les violences sexuelles, etc. De plus, l’alcoolisation chez les étudiants crée la population dépendante de demain.
La consommation d’alcool peut-elle amener à d’autres consommations ?
On observe un lien étroit entre le niveau de consommation d’alcool et la probabilité de dériver vers d’autres produits psychoactifs comme le cannabis. Comme cela est mentionné dans l’étude Modération et sobriété chez les étudiants : entre éthos de vie et résistance aux normes que j’ai coécrite avec Ludovic Gaussot et Loïc Le Minor.
Peut-on dire que la France est un pays où la consommation d’alcool a longtemps été banalisée ?
Absolument. Il y avait une tradition française de l’alcool. C’était un phénomène culturel et générationnel. Longtemps, boire du vin à tous les repas a été quelque chose de normal. C’est en déclin, en particulier chez les jeunes. Aujourd’hui, dans la population française, il ne reste qu’une minorité de personnes qui ont une consommation quotidienne d’alcool. À l’inverse pourtant, le rapport à l’ivresse est plus fort, notamment chez les jeunes adultes, avec une consommation d’alcool ponctuelle qui est importante, avec 5 ou 6 verres dans une soirée ou une nuit(1). Les étudiants ont cette pratique occasionnelle centrée sur les week-ends et les vacances, pendant des moments festifs. Cette culture, à l’anglo-saxonne, s’est développée en France dans les années 1990 et 2000. Pourtant plus récemment, il y a eu un mouvement chez les étudiants et les jeunes adultes vers une moindre consommation d’alcool, voire une non-consommation.
Est-ce à dire que la situation de l’alcoolisation va en s’améliorant ?
Globalement, il y a un déclin très fort de l’alcoolisation dans la société française. La vente d’alcool a été divisée par deux et demi des années 1960 à aujourd’hui, selon les chiffres de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Pour les Français de plus de 15 ans, la consommation est ainsi passée en cinquante ans de 26 litres d’alcool par an à 11 litres par an.
Revenons sur l’abstinence alcoolique de certains étudiants. Comment expliquez-vous ce phénomène récent ?
Depuis la médiatisation du Dry January(2), il y a environ cinq ans, les jeunes se questionnent davantage sur leur consommation d’alcool et on constate que le nombre d’étudiants qui ne consomment plus d’alcool s’accélère. Cette progression est clairement marquée et ce phénomène d’abstinence alcoolique a gagné en visibilité. D’autant qu’il y a des vidéos sur YouTube ou des blogs avec d’anciens consommateurs d’alcool qui incitent les autres jeunes à ne plus boire et à parler des bénéfices d’une vie sans alcool.
1 jeune sur 2
déclare consommer régulièrement de l’alcool et 27% en consomment de façon quotidienne ou hebdomadaire. (3)
Quels sont les effets bénéfiques d’une non-consommation d’alcool ?
Évidemment, il y a ce choix de préserver sa santé, d’être en meilleure forme physique et aussi de ne pas ressentir des lendemains difficiles, avec l’effet « gueule de bois ». Il y a également, pour les jeunes générations, cette envie de contrôle, de choix de vie. Avec une réflexion sur l’image qu’on renvoie ainsi que les photos compromettantes qui pourraient surgir sur les réseaux sociaux et ternir sa réputation.
Quelles sont les raisons qui poussent certains étudiants à ne pas boire d’alcool ?
Cela peut être des raisons médicales, religieuses, sportives. Cela peut être aussi par peur de la perte de contrôle, en particulier pour les jeunes femmes au regard des agressions ou des violences sexuelles qu’elles pourraient subir si elles étaient alcoolisées. Il y a aussi des raisons liées au dégoût de l’alcool ou à l’interdit moral de sa consommation. Certains jeunes peuvent également avoir des raisons familiales s’ils ont eu un parent dépendant à l’alcool. Enfin, la non-consommation d’alcool devient également un choix conscientisé et militant, voire politique, comme celui par exemple de la non-consommation de viande. Il y a d’ailleurs un discours plus militant des abstinents alcooliques. Un discours plus audible et plus impactant. C’est assez récent.
Cette catégorie des étudiants abstinents alcooliques semble être en progression.
Aujourd’hui, les jeunes, et les étudiants en particulier, s’affirment davantage et n’ont pas peur d’aller contre cette norme sociale de la consommation d’alcool. C’est un choix fort de contrôle qu’ils font sur leur vie. Les chiffres sont encourageants. En 2002, seulement 5 % des jeunes de 17 ans n’avaient jamais consommé d’alcool. En 2017, ce chiffre est monté à 15 %. Sous l’angle de la santé publique, c’est quelque chose de très positif !
« Les addictions et leurs conséquences chez les jeunes »
(1) Une consommation différente du binge drinking (alcoolisation ponctuelle importante), qui est la recherche d’une ivresse immédiate avec la consommation de 5 à 6 verres d’alcool dans un temps très court (deux heures).
(2) Dry January (janvier sec) ou janvier sobre, mois sans alcool, est une campagne de santé publique incitant à l’abstinence de consommation d’alcool après la soirée du Jour de l’An et durant tout le mois de janvier.
(3) Baromètre « Les addictions et leurs conséquences chez les jeunes » 5ème édition – Mai 2025
« Pendant toute mon adolescence et jusqu’à près de 30 ans, ma vie a été hantée par des pensées intrusives », se souvient Clara. Aujourd’hui quadragénaire et libérée de ce supplice, elle raconte les soirées passées à se retourner dans son lit sans pouvoir trouver le sommeil et les arrêts de métro ratés lorsqu’elle était perdue dans ses pensées négatives. « J’étais en boucle sur des épisodes de ma vie passée dont je tirais des conclusions sur le présent », précise-t-elle. Parmi les évènements qu’elle ressassait à l’infini, il y avait, notamment, une dispute avec sa grand-mère survenue dans l’enfance. Elle déroule les faits : « J’avais une dizaine d’années et nous étions en vacances chez Mamie avec mon frère. J’avais cassé une latte du lit en sautant dessus comme si c’était un trampoline et ma grand-mère m’avait fait copier des lignes en guise de punition. » Excédée, Clara lui avait alors lancé, selon son souvenir : « De toute façon tu es vieille et je ne t’aime pas ! »
Bien des années plus tard, cette phrase est revenue régulièrement pourrir les nuits de la petite fille devenue adulte. « Je culpabilisais énormément, avoue-t-elle. J’avais beau me dire que je n’étais qu’une enfant et me rappeler que je lui avais, par la suite, témoigné mille fois mon amour avant sa mort, cette phrase revenait sans cesse. » Conséquences ? Pendant des années, Clara s’est trouvée minable à tous les niveaux de sa vie. « Et puis, au cours de ma psychanalyse, dit-elle, j’ai réalisé que si cette phrase planait dans ma vie comme un fantôme, c’était en raison d’une autre parole, prononcée par mon grand frère en réaction à ce que je venais de dire à notre grand-mère : “T’es méchante, t’es plus ma sœur.” »
Des pensées automatiques non sollicitées
Marine Colombel est psychiatre à l’EPS Barthélémy Durand, dans l’Essonne, enseignante en méditation à la faculté de Toulouse 3 et autrice de Sortir des ruminations mentales (éd. Marabout, mars 2024). Lors de ses consultations, elle reçoit de nombreux patients angoissés et victimes de ces pensées parasites. « Une pensée intrusive, décrit la médecin, est une pensée automatique qui s’impose à nous sans que nous la sollicitions. C’est assez proche des phénomènes de rumination. » En général, elles suscitent un sentiment de dénigrement chez les sujets chez lesquels elles s’invitent, et les font souffrir. « Elles peuvent arriver à n’importe quel moment, mais certains sont plus propices, notamment le soir, quand on va se coucher, car on n’est plus en action », poursuit la professionnelle.
Chez Fatoumata, trentenaire parisienne, les pensées qui se glissent dans sa tête quand elle ferme les yeux, court-circuitant ses aspirations à faire de beaux rêves, sont presque toujours liées à l’argent. « C’est un truc de fou, s’emporte-t-elle. Je gagne bien ma vie et j’ai suffisamment d’épargne pour voir venir pendant des mois si jamais il se passe quoi que ce soit. Mais c’est plus fort que moi, il y a des phases où je suis persuadée que je dépense trop, que je gère mal mon budget, que je jette l’argent par les fenêtres. Et dans ces moments-là, je vérifie mes comptes sur l’appli de ma banque, je réfléchis à ce que je pourrais vendre dans mon armoire. Et, surtout, je suis très en colère contre moi, je me trouve irresponsable. » Elle explique ces angoisses par son enfance au sein d’une famille très précaire, obnubilée par la peur du lendemain.
Méditer, se dépenser, consulter
« Ces ruminations nous coupent du moment présent, analyse Marine Colombel. Elles nous enferment dans des pensées négatives et stressantes, et activent tous les symptômes du stress chronique. Et cela est délétère à différents niveaux. » Parmi les maux que ces pensées peuvent entraîner, on peut citer, pêle-mêle : des douleurs chroniques, par exemple articulaires, ou des céphalées, mais aussi, des difficultés au niveau cardio-vasculaire et un risque de dépression. Mais alors, à partir de quand faut-il s’inquiéter ? « S’il y a vraiment un sentiment de mal être, de souffrance, il faut consulter », assure la psychiatre. Et si on constate des problèmes dysfonctionnels liés à ces idées qui reviennent sans cesse, il est aussi nécessaire de se faire accompagner. Selon la professionnelle, on peut, d’abord, en parler à son médecin généraliste, qui pourra estimer qu’une orientation vers un psychologue ou un psychiatre est opportune. Elle conseille aussi de pratiquer la méditation, « un exercice de l’esprit à travers lequel on apprend à diriger notre attention vers le moment présent et ce qui se passe dans notre corps à l’instant T ». Cette technique aide à réguler ses pensées et à écarter les pensées intrusives.
De façon plus générale, elle recommande les activités physiques en plein air, afin de libérer des endorphines tout en prenant de la vitamine D. Et d’adopter un régime alimentaire équilibré, car « avoir un microbiote anti-inflammatoire permet de diminuer la rumination ». Et ce n’est pas Clara qui dira le contraire : « Depuis que j’ai entamé une thérapie, je me suis aussi mise au running, confie-t-elle, et j’ai fait évoluer mon alimentation. Je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ma tête et dans mon corps ! »
« C’est ma bulle d’oxygène ! » Depuis le printemps 2023, Valérie Devesse participe au programme « L’Art sur ordonnance » lancé à Montpellier par le MO.CO, centre d’art contemporain, et le Centre hospitalier universitaire. « Je n’étais pas du tout intéressée par l’art et je n’allais jamais dans les musées. » Hospitalisée pour dépression, la patiente est invitée à participer à cette action artistique. « Je suis allée voir, pour découvrir », confie-t-elle. Elle est ressortie de cette expérience pleine d’enthousiasme : « Ce projet, c’est un moteur pour sortir de chez soi, être dans la découverte de l’art et dans l’apprentissage. Cela permet d’aller vers les autres, d’échanger. »
Partenariat Hôpital – Musée
À l’image de la liaison entre le centre d’art contemporain MO.CO et le CHU de Montpellier, d’autres partenariats existent en France, entre le palais des Beaux-Arts et l’hôpital universitaire de Lille, entre le service cardiologie de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière et le Musée Marmottan Monet à Paris ou avec le Château de Compiègne, et aussi en Belgique entre l’hôpital Brugmann et cinq institutions (musée de la Ville de Bruxelles, musée Mode & Dentelle, etc.). « Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé de 2019, l’art peut être bénéfique pour la santé, tant physique que mentale », explique le professeur Philippe Courtet, chef du service psychiatrie du CHU de Montpellier. « D’ailleurs, l’artiste Louise Bourgeois disait : “L’art est une garantie de santé mentale.” Il y a des initiatives de prescriptions artistiques en Grande-Bretagne depuis une trentaine d’années et cela fonctionne. » C’est ce qui a guidé le professeur Courtet pour initier un rapprochement avec le MO.CO en 2022.
Visite d’une exposition et ateliers avec un artiste
« Nous avons déjà organisé cinq sessions, pour une quinzaine de patients à chaque fois », raconte Stéphanie Delpeuch, responsable des publics et de la médiation au MO.CO. Le programme se déroule en trois étapes : la visite d’une exposition commentée par un artiste, la présentation de son travail par ce même artiste suivi de six ateliers de pratique artistique avec lui. « En 2022, nous avons réalisé trois sessions, avec les plasticiennes Bianca Bondi et Suzie Lelièvre et avec la chorégraphe Anne Lopez. L’année dernière, les plasticiennes Alba Sagols et Valérie du Chéné étaient les invitées du programme L’Art sur ordonnance. » La patiente Valérie Devesse a participé aux sessions avec Alba Sagols et avec Valérie du Chéné. « Avec Alba Sagols, nous avons travaillé sur du plexiglas. En le faisant chauffer, nous lui donnions des formes. C’était une complète découverte pour moi. Valérie du Chéné travaille elle sur l’art éphémère. Elle avait ramassé des cailloux que nous avons peints. C’était sympa à faire et déroutant. Puis, nous avons raconté l’histoire de chaque pierre. Valérie du Chéné a enregistré nos voix et elle en a fait un petit film. »
Devant le succès de ces sessions, qui durent un mois et demi à raison d’un atelier par semaine, le MO.CO a lancé également des sessions « capsule ». « Ce sont des sessions sur une journée, ouvertes à tout le monde, précise Stéphanie Delpeuch. Comme ça, les patients qui viennent de l’hôpital se mélangent au public habituel du MO.CO pour une meilleure inclusivité. »
Retrouver du sens à l’existence
« Les personnes qui sont en dépression sont en phase de repli sur elles-mêmes, explique le professeur Courtet. Ces sessions aux MO.CO stimulent l’expression émotionnelle et l’imagination de chaque participant. Elles facilitent également le lien social et permettent de rompre l’isolement. Grâce à ces ateliers, les patients retrouvent de l’estime de soi et de la confiance en soi. Nous constatons qu’ils vont mieux. Ils retrouvent du sens à l’existence. » Ce que Valérie Devesse confirme : « Le programme au MO.CO, les visites d’expositions et les ateliers me redonnent le goût de découvrir et d’apprendre. Et je vais vers les autres. Nous échangeons sur beaucoup de choses de la vie, pas que sur l’art et jamais sur la maladie. Pendant deux heures, la maladie n’est plus au centre de ma vie et cela me fait du bien. Ce projet, c’est un moteur pour moi : il faut s’engager, se motiver à aller à toutes les séances et tenir. Cela peut être fatigant, mais ça nous aide dans notre pathologie. »
Le journal américain The Christian Science Monitor a consacré fin mars 2024 un long article titré La muséothérapie, nouveau remède aux troubles de la santé mentale en France. Il décrypte plusieurs « prescriptions culturelles » nouées entre des hôpitaux et des musées et insiste sur la pertinence de telles initiatives. L’article précise d’ailleurs que « les diagnostics de dépression chez les Français de 18 ans à 24 ans ont quasiment doublé depuis 2017 (selon une étude d’octobre 2023 réalisée par Santé publique France), et que les consultations de psychiatrie chez les étudiants ont augmenté de 30 % en deux ans ». Partant de ce constat et des résultats encourageants déjà constatés, l’art sur ordonnance devrait probablement se développer plus encore dans les prochaines années en France.
Dans le monde, 192 millions de personnes ont consommé du cannabis au moins une fois dans l’année, loin devant les opioïdes (58 millions), les amphétamines (27 millions), et la cocaïne (19 millions) en 2020. Ce qui place le cannabis à la première place des drogues illicites les plus couramment consommées dans le monde. Qu’en est-il de la consommation des jeunes ? Si 39% des adolescents ont déjà fumé du cannabis à 17 ans selon la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), la consommation globale des jeunes tend à baisser depuis quelques années.
Le cannabis dès le collège
La consommation au cours du mois des élèves de 3ème est passée de 11,1% en 2010 à 3,9% en 2021. Le nombre d’adolescents ayant déjà expérimenté le cannabis à 17 ans a baissé de 11 points entre 2002 et 2017. La France est désormais au 10ème rang en Europe en 2018 pour la consommation de cannabis des 15 ans au cours du dernier mois. Elle était au premier rang en 2014.
De même, les données recueillies auprès des collégiens en classe de 3ème confirment un recul marqué de la consommation de cannabis entre 2018 et 2020. L’une des raisons principales de la surestimation de la consommation des jeunes selon l’Observatoire Français des Drogues et des tendances addictives (OFDT) : l’accessibilité au cannabis, perçue comme nettement plus difficile. Au collège, seuls 3,8 % des élèves de 4e et 6,8 % des élèves de 3e estiment qu’il leur serait très facile de s’en procurer, alors qu’ils sont respectivement 64,5 % et 53,3 % à indiquer que cela serait impossible. La diffusion s’étend sensiblement lors du passage au lycée, ou 16,2 % des élèves de seconde disent en avoir déjà consommé et près d’un élève sur trois en terminale (31,2 %).
Vers une prise de conscience des jeunes ?
Cette baisse globale de la consommation chez les jeunes s’expliquerait avant tout par une prise de conscience des risques psychosociaux provoqués par le THC, plus délibérément exprimés dans la société. Gaël, 20 ans, est revenu sur son ancienne addiction au cannabis dans le documentaire Une jeunesse en fumée diffusé en 2021 sur France Télévisions. « Dans mon 9m2 à Gare du Nord, je fumais jusqu’à huit ou dix joints par jour, comme un palliatif au stress et à la solitude. Je voyais ça comme un médicament naturel, jusqu’à ce que je ressasse des pensées bizarres en continu », confie le jeune homme qui ne consomme plus désormais. Perte d’attention, repli extrême sur soi, déscolarisation, solitude affective et même, dans certains cas, conduites psychotiques : la « fumette » est devenue un enjeu de santé publique, et les jeunes ne sont pas dupes.
Stress : 1ère raison de consommation
Pourquoi les jeunes consomment-ils du cannabis ? « Ça me permet de déstresser » pour 39% d’entre eux et « Ça me permet de me sentir bien » pour 37%. (1)
« Je retrouve de la vitalité, de la bonne humeur et de la joie de vivre »
Les variations de consommation s’expliquent par la perception du chanvre dans la société. La consommation de cannabis a d’abord été associée à des comportements sociaux marginaux symbolisant la rébellion et l’esprit du mouvement hippie dans les années 1960-1970, pour être investi comme un moyen de détente, d’introspection et de sociabilité dans les années 1980, avant un nouveau rebond dans les années 1990, jusqu’à devenir un produit d’usage relativement courant à partir des années 2000. Quant aux profils des consommateurs, là aussi, les clichés ont la peau dure. À 17 ans, la consommation de cannabis est plus importante en Languedoc-Roussillon et en Bretagne… qu’en Ile-de-France. A Paris, les jeunes de 17 ans des quartiers aisés du sud-ouest de la capitale ont plus expérimenté le cannabis (58 %) que ceux du nord-est (50 %), selon une étude de l’Ofdt.
Si l’entrée dans la consommation de cannabis est avant tout récréative, l’envie de se débarrasser de cette addiction est tout aussi pressante chez les jeunes. « Je fumais pour fuir ma vie et pour arriver à dormir. Puis j’ai arrêté parce que j’en avais marre de dépendre de ça, d’organiser ma vie autour de ça et que je voulais me reprendre en main et affronter mes soucis sans les contourner » explique Lola* (le prénom a été changé à sa demande), 25 ans, infirmière dans le sud de la France. L’arrêt du cannabis sonne un quotidien plus léger pour Lola. « Je retrouve de la vitalité, de la bonne humeur et de la joie de vivre, même si je m’endors beaucoup moins bien. »
Baisse du cannabis, hausse de la e-cigarette
Si l’on observe une baisse continue des usages de drogues à l’adolescence, la consommation de cigarettes électroniques, elle, est en forte hausse. Ils sont 56.9% à avoir déjà essayé contre 52.4% en 2017. En 2022, ils sont 6.2% à vapoter régulièrement contre 1.9% cinq ans plus tôt. Les filles sont d’ailleurs plus touchées que les garçons par cette pratique. L’engouement pour la e-cigarette, observé depuis quelques années avec les résultats de l’enquête ESCAPAD se confirme, notamment auprès des plus jeunes. Au collège, l’usage quotidien de la e-cigarette concerne désormais 1,4 % des collégiens, soit une prévalence équivalente à celle du tabagisme quotidien. Avec son design moderne et ses goûts variés, elle se démarque des cigarettes, boudées par les 12-25 ans.
Les conduites addictives des jeunes, qu’elles qu’en soit leur nature, restent une préoccupation importante dans la société, d’autant qu’ils sont désormais plus touchés par les idées suicidaires que la population générale selon cet article du Monde. Présents dans la quasi-totalité des départements français, 540 lieux consacrés aux jeunes consommateurs proposent une consultation gratuite qui peut être anonyme. Ils sont organisés par les Centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) y compris sous la forme de consultations avancées dans d’autres types de structures dont les Maisons des adolescents ou les Points accueil écoute jeunes.
« LES ADDICTIONS ET LEURS CONSÉQUENCES CHEZ LES JEUNES »
La curiosité pour la sexualité est assez naturelle chez les ados. Pourquoi le porno les met-il en danger ?
Je voudrais préciser d’emblée que je n’ai rien contre la pornographie quand ce sont des images faites par des adultes pour des adultes. Car un adulte a l’appareil critique pour se mettre à distance, pour voir les trucages et ce qui est fait pour vendre. Il ne confond pas la pornographie avec une forme de réalité. Ce qui n’est pas le cas au moment où on forme sa fantasmagorie psychosexuelle. Il faut laisser nos enfants construire leurs fantasmes sexuels et ne pas leur offrir un prêt-à-penser qui soit toujours la même chose, c’est-à-dire la mise en exergue de la sexualité et de la puissance masculine associées à l’humiliation et à la dégradation de l’image des femmes. La curiosité sexuelle existe depuis la plus tendre enfance, pas sous la forme de pornographie, bien sûr. Mais, aujourd’hui, nos enfants tombent par hasard sur des images pornographiques sans aller les chercher. Et ils peuvent, à la fois, être terriblement choqués et excités en même temps. Or, la rencontre de ces deux sentiments peut provoquer une addiction qui se traduit par une consommation de pornographie gratuite pendant des heures, chaque jour, parfois dès 10 ans. Ces enfants ne savent plus ce qui est la réalité et ce qui ne l’est pas. Et comme il y a du son et de l’image, que ce sont des adultes, ils pensent que c’est ce qu’il faut faire. Mais ça les angoisse terriblement, garçons et filles, parce qu’ils savent qu’ils ne pourront jamais produire de telles performances ou avoir ces mêmes corps. Tout cela perturbe le développement psychosexuel de nos enfants.
Comme vous le dites, bien souvent, les contenus pornographiques sont en accès gratuit…
On estime que 25 % à 30 % des informations qui circulent sur Internet dans le monde relèvent de la pornographie. Ça représente pratiquement un million de sites, soit un marché de plusieurs milliards. Et les milliardaires du net ne sont pas prêts du tout à renoncer à des profits aussi importants. La pornographie et Internet sont intimement liés parce qu’il y a énormément de profits. Et, d’ailleurs, la stratégie économique est de mettre des annonces gratuites qui soient les plus transgressives possibles pour que des gens cliquent. Et s’il y a même 0,01 % de clics pour acheter les contenus, ça représente des profits considérables. Pour moi, les fournisseurs de ces contenus doivent s’astreindre à respecter la loi sur les mineurs(1). Ils déversent de l’image sur nos enfants et nos adolescents, ce qui est en contradiction avec la loi sur la protection des mineurs. Les sites qui se contentent de demander à l’internaute de ne cliquer que s’il est majeur se moquent du monde et de la loi française.
90 % des contenus pornographiques contiennent de la violence physique ou verbale.(2)
Que devons-nous faire pour protéger les ados ? Le mode « contrôle parental » est-il efficace ?
Les ados voient de la pornographie dans la cour de récréation, sur les smartphones des copains. On ne peut pas l’éviter. En plus, ceux qui ne veulent pas regarder sont moqués et exclus du groupe. Beaucoup de familles n’installent pas le contrôle parental. Et, de toute façon, il ne suffit pas. C’est à l’État de protéger nos enfants en faisant appliquer les lois de la France. Laisser nos enfants devant ces images sans commentaire des adultes et sans éducation, c’est de la barbarie. La pornographie n’apprend pas le consentement, elle apprend le contraire. Elle dit qu’une fille qui dit « non », en fait, ça veut dire « oui ».
« Il ne faut pas le voir sous cet angle. Notre organisme a besoin de glucose pour fonctionner, explique Nina Cohen Koubi, notamment les cellules du cerveau, c’est pourquoi un pic d’hypoglycémie peut provoquer un malaise. » Mais tous les sucres ne se valent pas pour autant ! Il en existe plusieurs types, dont le fructose, le lactose, l’amidon dans le pain et les féculents, aussi appelé sucre lent. Les sucres rapides contenus dans les produits transformés sont constitués de molécules de glucose dont les liaisons ont été coupées et qui provoquent une élévation du niveau d’insuline, l’hormone régulant la glycémie. « Et donc une potentielle hypoglycémie réactionnelle, qui a trois conséquences : la faim, la fatigue et le stockage sous forme de graisse du surplus de glucides absorbés », alerte la diététicienne. Il vaut donc mieux privilégier les sucres lents, absorbés plus lentement par l’organisme. L’OMS préconise une consommation de sucres simples n’excédant pas 10 % de la ration énergétique totale d’un individu.
Un aliment salé ne contient pas de sucre
FAUX.
On trouve du sucre partout, même dans les légumes ou le fromage ! « Le fait que ça soit salé ne veut pas dire qu’il n’y a pas de glucides », prévient Nina Cohen Koubi. Les légumes sont ainsi beaucoup à contenir du fructose, mais ils contiennent également des fibres, des nutriments et des vitamines essentiels pour la santé.
Un produit « sans sucres » ne contient pas de sucre
FAUX.
« En vérité, tout ce qui est industriel contient du sucre », nuance Nina Cohen Koubi. La mention « sans sucres » signifie que le produit ne contient pas plus de 0,5 g de sucres pour 100 g. En revanche, ces aliments contiennent en général des « faux sucres » comme l’aspartame, eux aussi nocifs. « Ils altèrent le microbiote, alors que celui-ci prévient les cancers, les maladies inflammatoires et chroniques, et favorise la bonne santé mentale », confirme la médecin nutritionniste.
Le sucre des fruits est moins nocif que les autres
VRAI.
« Même si la structure moléculaire du fructose est identique à celle des sucres ajoutés, le fruit contient des fibres qui permettent de freiner l’absorption des glucides », explique Nina Cohen Koubi. En plus des fibres, les fruits sont riches en vitamines et antioxydants. Attention, cependant, aux jus de fruits qui ont une teneur en fructose, et donc en sucre, bien plus importante qu’un fruit classique.
Le sucre roux est meilleur pour la santé que le sucre blanc
FAUX.
« Tout le monde croit ça, mais l’index glycémique (indice permettant de constater l’effet d’un aliment sur la glycémie, ndr) est équivalent. Je ne donnerais pas ce genre de recommandation à mes clients », observe Nina Cohen Koubi. La différence entre les deux est en général son origine, le sucre blanc venant de la betterave et le sucre roux de la canne à sucre.
Le sucre est responsable du diabète
FAUX.
Le diabète insulinodépendant de type 1 est une insuffisance de sécrétion d’insuline par le pancréas. « D’un autre côté, quand une personne prend du poids, les cellules se distendent et assimilent moins bien le sucre, ce qui provoque une accumulation de glucose dans le sang et potentiellement un diabète de type 2 », explique Nina Cohen Koubi. C’est donc le système de régulation de la glycémie qui est perturbé. « Par contre, si la personne continue à consommer beaucoup de sucre, le diabète peut s’aggraver », complète la médecin.
Le sucre peut entraîner une dépendance
Vrai, mais…
Il est vrai que la consommation d’un aliment sucré entraîne une élévation de la dopamine, l’hormone du bien-être. « Mais je ne sais pas si on peut véritablement parler d’addiction », nuance prudemment Nina Cohen Koubi : « C’est un phénomène que l’on observe surtout chez les personnes ayant des problématiques émotionnelles, qui mangent du sucre pour se calmer. » Dans ces cas-là, il faut trouver un autre moyen d’élever la dopamine.
Le sucre n’est donc pas à proscrire systématiquement, mais il faut le consommer avec modération et manger de manière équilibrée. Une consommation trop importante peut ainsi favoriser l’apparition de maladies chroniques et cardiovasculaires, ainsi qu’une santé mentale dégradée.