Catégorie : À ma santé !

  • Diabète gestationnel : risques et traitement

    Diabète gestationnel : risques et traitement

    Comme toutes les femmes enceintes, Anoushka a dû effectuer un test de glycémie à jeun au terme du premier trimestre. Si les résultats de ses prises de sang étaient bons, sa gynécologue a souhaité lui prescrire en plus un test HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale). La raison ? Anoushka était tombée enceinte à 35 ans, âge au-delà duquel le risque de diabète gestationnel augmente. Mauvaise surprise, on lui en a justement dépisté un à son sixième mois de grossesse.

    Diabète gestationnel, de quoi parle-t-on ?

    Cette intolérance au glucose se traduit par une augmentation de la glycémie chez une femme enceinte. Selon l’enquête nationale périnatale 2021, la fréquence du diabète gestationnel a augmenté, passant de 10,8 % en 2016 à 16,4 % en 2021. Augmentation en partie liée à un meilleur diagnostic, mais aussi à la présence plus fréquente chez les mères de facteurs de risque. « Il en existe plusieurs : le surpoids ou l’obésité des femmes démarrant une grossesse, un âge supérieur à 35 ans ou des antécédents de diabète (parent diabétique ou diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse) », précise Romane Rivière, sage-femme en libéral. Dans le cas d’une détection de diabète gestationnel, la femme enceinte est suivie par une équipe pluridisciplinaire (gynécologue, endocrinologue, diététicienne, sage-femme) chargée de lui prescrire un régime alimentaire sain et équilibré pour stabiliser son taux de glycémie. « Elle devra aussi pratiquer une autosurveillance glycémique en se piquant le doigt pour prélever une goutte de sang avant et après chaque repas. Si le taux de glycémie ne diminue pas, on met en place un traitement par injection d’insuline », ajoute la sage-femme. Une autre précaution à prendre ? Pratiquer une activité physique régulière.

    Pour la mère, le diabète de grossesse augmente le risque de développer une prééclampsie (une maladie qui peut toucher jusqu’à 5 % des femmes enceintes) lors de l’accouchement et peut aussi être à l’origine d’un poids très élevé du nouveau-né, ce qui peut entraîner des complications. Si le diabète gestationnel disparaît en général après la grossesse, le risque de récidive du diabète lors d’une autre grossesse est plus important. La santé du bébé est elle aussi mise en jeu, avec un risque de développer plus tard un diabète de type 2.

    Régime alimentaire strict

    Malgré ses 35 ans, Anoushka ne présentait pas de facteur de risques : ni surpoids ni antécédents de diabète. Malade tout le long de sa grossesse, la future maman n’a trouvé qu’une solution pour apaiser ses nausées incessantes : consommer des aliments sucrés. « Je buvais du soda et je mangeais des barres chocolatées, alors que ce n’était absolument pas dans mes habitudes alimentaires. Les médecins ont soupçonné que ma consommation excessive de sucre, au même titre que le placenta de mon bébé, pouvait être à l’origine de mon diabète gestationnel », se souvient-elle. Reste que l’annonce de cette complication a été une douche froide pour Anoushka : « Je l’ai appris seule en lisant les résultats de la prise de sang. J’étais chamboulée et totalement perdue. »

    Sur les conseils d’une endocrinologue, elle a alors suivi un régime alimentaire strict. « Ça a été très brutal. Mais j’avais tout de même droit à un repas par semaine où je pouvais me lâcher », avoue-t-elle. Son diabète désormais maîtrisé, la future maman se piquait le doigt tous les jours après les repas pour vérifier son taux de glycémie. Mais lors des 15 premiers jours de son huitième mois, alors qu’elle suivait le régime à la lettre, son diabète est monté en flèche. Résultat : Anoushka a dû se faire des piqûres d’insuline tous les soirs pendant cette période. Lors de son dernier mois de grossesse, son taux de glycémie s’est finalement stabilisé. À la naissance du bébé, non seulement il était en très bonne santé, mais le diabète gestationnel de sa mère avait disparu. Bonne surprise, elle n’en a pas refait lors de sa deuxième grossesse.

    Application de suivi des glycémies

    Soline, 35 ans, n’a fait aucun diabète lors de sa première grossesse et n’avait pas non plus d’antécédents familiaux de diabète. Pour sa deuxième grossesse, les résultats de son premier test de glycémie à jeun étaient bons, raison pour laquelle on ne l’a pas contrainte à faire un test HGPO. Reste que passé son sixième mois, plusieurs complications ont inquiété cette future maman de jumeaux : « Mon ventre me démangeait, les fœtus grossissaient par à-coups, j’avais beaucoup de contractions et j’étais souvent hospitalisée. J’ai donc préféré faire tous les examens possibles pour être rassurée. » Parmi ces tests, elle fait celui de l’HGPO. Mauvaise surprise : on lui découvre un diabète gestationnel. « Je n’aurais jamais cru en avoir. C’est ma sage-femme à domicile qui me l’a appris », raconte-t-elle. Dès lors, Soline commence à se piquer avant chaque repas et deux heures après pour surveiller son taux de glycémie. « Ça n’a rien de compliqué. Je note simplement mes résultats sur mon application portable MyDiabby, ce qui permet à mon endocrinologue de contrôler au quotidien l’évolution de mon diabète », éclaire-t-elle.

    En autodidacte, la future maman se constitue un nouveau régime alimentaire en s’informant en ligne et auprès de son entourage. Comme Anoushka, elle bannit tous les aliments sucrés, mais s’octroie de temps en temps deux carrés de chocolat tout en contrôlant un éventuel pic de glycémie. Pour Soline, elle qui a toujours mangé sainement, changer quelques habitudes alimentaires n’a rien eu de difficile ou de très frustrant. « Parfois, c’est un peu contraignant comme lorsque je dois contrôler ma glycémie deux heures après mon repas alors que je suis en pleine sieste. Mais je préfère éviter de risquer de passer au stade de l’insulinothérapie (traitement par injection d’insuline, ndr). Et je suis rassurée de savoir que ce diabète gestationnel a de très grandes chances de disparaître après mon accouchement », se réconforte-t-elle.

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  • Post-partum : l’importance de la rééducation du périnée

    Post-partum : l’importance de la rééducation du périnée

    Essentiel pour la continence, le périnée est un ensemble de muscles formant le plancher pelvien entre les deux os du bassin. C’est là que se situent la vessie, l’utérus, le vagin et le rectum. Lors de l’accouchement, il s’assouplit pour laisser passer le bébé. Les tissus étirés du périnée reprennent leur forme naturellement au bout de plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Mais il est essentiel de suivre une rééducation avec un spécialiste avant de reprendre le sport et pour éviter des problèmes d’incontinence à l’effort.

    Un bilan périnéal 6 à 8 semaines après l’accouchement

    Nathalie Mutel-Laporte est sage-femme à l’Institut Mutualiste Montsouris à Paris depuis 25 ans. Elle rappelle que « le post-partum se prépare » via une bonne information des femmes dès le début de la grossesse : « C’est le bon moment pour leur parler de rééducation périnéale. » La première étape vient dès la suite de couche. « J’accompagne les patientes, notamment quand elles ont vécu des accouchements traumatiques et ont du mal à se réapproprier leur corps », détaille la sage-femme, qui a pris pour habitude d’utiliser un miroir pour montrer aux femmes leur vulve et les rassurer. Assia, 31 ans et qui a eu sa fille il y a trois ans, se souvient de l’angoisse : « J’avais l’impression que mon corps était complètement déformé. » Vient ensuite le bilan périnéal, six à huit semaines après la naissance. Cécile Cape est kinésithérapeute et s’est spécialisée dans la rééducation post-partum. Au début, son objectif est de faire « prendre conscience de leur périnée » à ses patientes, ce qui n’est pas toujours facile. Elle commence par effectuer un état des lieux : « Y a-t-il des douleurs liées à l’accouchement, à une épisiotomie, une cicatrice ? »

    Une rééducation à durée variable

    S’ensuit alors un toucher vaginal pour tester la musculature et « vérifier que tout est à sa place ». Cécile Cape demande alors à ses patientes de faire comme si elles voulaient se retenir d’uriner, ce qui a pour effet de contracter le périnée : « Certaines patientes ne sentent pas bien l’envie d’uriner, ce qui est normal, il faut donc remuscler le plancher pelvien. » À 30 ans, Adèle* a eu une fin de grossesse et un accouchement difficiles. Elle qui espérait reprendre rapidement le sport a dû freiner ses ambitions : « Je ne maîtrisais pas du tout mon périnée. C’était extrêmement difficile de faire un saut sans avoir envie de faire pipi. » Cette étape a également constitué pour Assia un apprentissage : « Je n’avais pas conscience de la façon dont le périnée était sollicité dans la vie de tous les jours. »

    Souvent, il faut ainsi effectuer un véritable travail de pédagogie. Une fois le diagnostic établi, le professionnel va proposer des exercices de contraction et de relâchement à la patiente. La première étape est de maîtriser ses abdominaux « profonds ». Allongée sur le dos, les genoux repliés et les mains posées sur le bas-ventre, la patiente essaye de contracter ses abdominaux, comme si elle voulait les rentrer vers l’intérieur. « Ce dernier point est très important, car si le bas-ventre pousse les mains vers le haut, c’est que l’exercice est mal fait. Il faut alors prendre le temps de plusieurs séances », observe Cécile Cape. La gestion de la respiration joue un rôle important dans ces exercices.

    Une fois cette étape maîtrisée, l’exercice peut être répété, mais cette fois-ci en faisant basculer le bassin vers la poitrine, ou en essayant de rentrer au maximum les abdominaux vers le dos. En parallèle, il est utile, debout ou assise, de s’entraîner à contracter son périnée – en se retenant d’uriner. Au fur et à mesure de la progression, le nombre de répétitions et la durée de l’exercice peuvent être augmentés, jusqu’à pouvoir passer à des exercices abdominaux plus exigeants. Attention, cependant, il est important d’avoir l’avis d’un professionnel qui vous aiguillera tout au long de ce processus.

    Lire aussi : Post-accouchement : les bons réflexes à avoir après la naissance de votre bébé

    Ensuite, si la rééducation avance bien, certaines activités physiques pourront reprendre. Aujourd’hui, cinq mois après son accouchement, Adèle a pu reprendre la course, « mais continue à être suivie par un kinésithérapeute ». Car en parallèle, une rééducation abdominale doit également être effectuée avant d’aborder des exercices plus intenses. Combien de temps dure la rééducation ? Si plusieurs semaines sont le minimum, il n’existe pas de règles. « Pour certaines, la rééducation dure quatre à cinq mois et pour d’autres un an, voire plus. On arrête lorsque la patiente n’a plus de douleurs, qu’elle est continente à l’effort, que sa sangle abdominale est redevenue solide et qu’elle a pu reprendre des rapports sexuels agréables », détaille Cécile Cape. Pour Assia, les choses sont allées relativement vite : « J’en ai eu pour quatre mois. » Adèle, de son côté, y travaille depuis cinq mois et sait que cela va prendre « encore un petit bout de temps ».

    Ne pas hésiter à se renseigner

    Malheureusement, comme le souligne Nathalie Mutel-Laporte, « la rééducation périnéale est loin d’être systématique ». Selon l’enquête périnatale de 2021, la dernière en date, l’entretien postnatal, qui permet de définir une « feuille de route », n’est effectué que par 38 % des femmes au niveau national. L’une des raisons est le manque d’information. « Il reste une vraie éducation à faire pour une prise de conscience généralisée et plus précoce, déplore la sage-femme. Même dans les cours de sport à l’école, on fait encore trop souvent faire aux filles des exercices sans tenir compte de leur impact potentiel. »

    Cécile Cape s’est occupée de la rééducation de beaucoup de sportives, amatrices comme professionnelles. Et a eu affaire à des femmes qui avaient déjà des problèmes d’incontinence : « Dans la majorité des sports, on ne leur a jamais ou presque parlé de périnée avant qu’elles accouchent. » Comme à l’école, l’absence d’information laisse de nombreuses femmes dans l’ignorance. C’est le cas d’Adèle : « J’ai fait du handball pendant 15 ans, et le sujet n’a jamais été abordé. » En d’autres termes, il ne faut pas hésiter à se renseigner auprès de professionnels.

    En parallèle, une rééducation abdominale essentielle

    Une fois bien commencée la rééducation du périnée, celle des abdominaux peut débuter. Il s’agit de reconstruire la sangle abdominale, qui a parfois été fortement altérée par la grossesse. « On fait d’abord un bilan pour vérifier qu’il n’y a pas eu de diastasis des grands droits », explique Cécile Cape, c’est-à-dire un écartement des muscles droits de l’abdomen. Durant plusieurs séances, la patiente va alors devoir effectuer des exercices légers pour renforcer la ceinture, et réduire et maîtriser le diastasis si nécessaire. « Des exercices simples me fatiguaient beaucoup, je n’avais jamais ressenti ça », se souvient Adèle.

    C’est souvent l’occasion pour le professionnel d’enseigner les bons exercices, rappelle Nathalie Mutel-Laporte : « Il ne faut pas appuyer sur son périnée avec ses abdominaux, par exemple en faisant des crunchs. Cela provoque des risques de fuites urinaires et de descentes d’organes. » Avec, pour objectif, de pouvoir reprendre le sport en augmentant petit à petit l’intensité et la régularité.

     

    *le prénom a été modifié.

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  • Les bienfaits du rire

    Les bienfaits du rire

    Qu’est-ce que le rire ?

    Sylvie Chokron : Le cerveau est un organe qui fait tout le temps des prédictions, il possède un réseau d’aires cérébrales, situées en partie dans le lobe frontal, qui analysent ce qui se passe et peuvent détecter une incongruité par rapport à ce qui était anticipé. Et quand le cerveau reçoit une réponse qu’il n’avait pas prédite, il y a alors quatre possibilités : soit ça n’a absolument aucun intérêt et vous n’y donnerez sans doute pas suite, soit vous êtes surpris et vous cherchez à en savoir plus, soit c’est dangereux et il va falloir s’adapter, soit ce n’est pas dangereux et c’est même drôle. Le rire vient donc d’une réaction de surprise, c’est un point de départ très cognitif, c’est-à-dire mettant en jeu les connaissances et une analyse de la situation, lorsqu’il n’y a pas de danger de situation de danger vient l’activation des régions qui déclenchent les contractions musculaires, et donc, le rire. D’ailleurs, c’est pour cela que les bébés, dès leurs premiers mois d’existence, rient généralement beaucoup, lorsque, par exemple, leurs parents se cachent derrière un objet et réapparaissent.

    Est-ce que le rire a un impact sur nos rapports sociaux ?

    S. C. : Lorsque vous voyez quelqu’un rire, vous allez rire par un processus de contagion émotionnelle. Pour une même scène, on rit beaucoup moins seul qu’au milieu d’autres personnes. Le rire est une composante d’interaction sociale, c’est la communication de votre état, de votre surprise, l’expression de votre réaction que vous communiquez aux autres. Quand vous êtes seul, si vous prenez du plaisir et que quelque chose vous amuse, vous n’exprimez généralement pas le rire de manière sonore et physique. En revanche, quand vous riez en compagnie d’autres gens, cela libère de l’ocytocine, l’hormone des relations et de l’attachement. A chaque fois que nous nous permettons de rire, plus cela resserre nos liens sociaux.

    Le rire a-t-il une influence sur notre santé ?

    S. C. : Le rire procure du bien-être, parce qu’il fait suite à une émotion positive et non négative. Il libère des endorphines qui sont des anti-douleurs naturels, si vous avez mal quelque part, rire va détourner votre attention de la douleur et vous apporter un bien-être à la fois physique et moral. Comme il met en jeu la respiration, il est par ailleurs très bon pour le système cardiovasculaire. Il faut savoir que rire active plus de quatre cents muscles depuis les abdominaux jusqu’à ceux du visage, un bon fou rire, c’est comme une séance de sport. Rire va aussi libérer des hormones du plaisir et du bonheur : de la sérotonine et de la dopamine. Il permet d’évacuer les tensions. D’ailleurs, les enseignants le savent bien, en cours, si vous faîtes rire les élèves, cela va détendre l’atmosphère générale et leur permettre de mieux concentrer leur attention sur ce que vous êtes en train de dire. Lorsqu’un professeur réussit à placer une petite blague dans son cours, les étudiants se souviennent mieux de la leçon.

    Que peut-on faire pour exercer notre rire ?

    S. C. : Il faut se donner les moyens de rire, comme regarder des films drôles, aller à des spectacles d’humoristes, se faire des blagues entre amis. Pour l’écriture de mon livre, j’ai par exemple rencontré Julie Mamou Mani, “Mamouz” sur Instagram, que plus de 230 000 personnes suivent pour avoir leur dose de rire. Au départ, elle était journaliste, elle travaillait dans des rédactions très sérieuses et c’est pendant le confinement qu’elle a commencé à envoyer des mèmes [élément humoristique et viral sur internet. NDLR .] et des blagues, elle s’est rendu compte que les gens lui en demandaient de plus en plus. Il y a une multitude de manières pour déclencher le rire, mais l’autodérision est une des plus grandes sources de blagues, il faut en être conscient et se l’autoriser. Le rire, c’est vraiment précieux, il nous permet d’être de bonne humeur, d’apprendre, de mémoriser plus facilement. Dès le plus jeune âge, un enfant qui rit pendant qu’il apprend une nouvelle information aura plus de chances de la retenir, les émotions positives comme le rire vont mobiliser l’attention et ainsi, permettre une meilleure consolidation des souvenirs. Nous devons arrêter d’opposer le rire aux choses sérieuses et cesser d’imaginer que nous sommes plus efficaces dans notre capacité d’apprentissage lorsque l’on ne rit pas, parce que c’est complètement faux.

    Il existe aussi le yoga du rire, des ateliers de groupe où on simule un rire, à quoi sert ce genre d’activité ?

    S. C. : À la différence du rire sincère, c’est-à-dire le rire qui vient spontanément quand vous trouvez quelque chose de drôle et qui vous procure une sensation de plaisir intellectuel en plus des réactions physiques, le yoga du rire va surtout vous apporter un bienfait physique, mais sans forcément l’aspect spirituel.

    Rire du quotidien !

    Après une première saison couronnée de succès, découvrez De Ouf ! Par Macif Saison 2 pour rire des tracas du quotidien avec des humoristes de talent !

  • La bipolarité, qu’est-ce que c’est ?

    La bipolarité, qu’est-ce que c’est ?

    « Lors d’une phase dépressive, j’ai une grosse perte de motivation, un sommeil non réparateur et une fatigue constante, un manque de concentration et une perte d’appétit. En revanche, lors d’une phase maniaque, je deviens insomniaque, j’ai tendance à parler plus que d’habitude, mes pensées se bousculent, je mange plus que d’habitude, j’ai tendance aussi à dépenser beaucoup, je deviens irritable, et je peux aussi avoir un comportement risqué et un mauvais jugement », décrit Cécylia, 32 ans, résidant à Bagneux. Autrefois appelé psychose maniaco-dépressive, le trouble bipolaire est une maladie chronique qui se manifeste par des dérèglements de l’humeur. Il concerne, dans un spectre large, environ 1 à 2.5 % de la population générale et débute généralement entre 15 et 30 ans.

    Quels signaux ?

    Souvent, la méconnaissance des troubles associés à la maladie entraîne un retard de diagnostic, qui participe au risque suicidaire, élevé dans le trouble bipolaire quand il n’est pas rapidement pris en main. « Diagnostiquée à 30 ans, mais bipolaire probablement depuis mes 15 ans. Résultat : quinze ans d’épisodes dépressifs jusqu’à l’épisode maniaque qui a conduit à une hospitalisation », confie Laetitia dans un commentaire sur le groupe Facebook Bipolaire : vivre & comprendre ensemble qui réunit près de 10 000 membres. À quoi reconnaît-on une bipolarité ?

    Dans sa forme la plus typique, le trouble bipolaire se caractérise par des alternances de périodes d’excitation de l’humeur (ce qu’on appelle la phase maniaque, pouvant s’associer à des prises de risque telles qu’une consommation excessive de drogues, des conduites à risques de tout genre), et des périodes de tristesse profonde (qu’on appelle phase dépressive, pouvant s’associer à une difficulté à réaliser ses activités quotidiennes, voire des pensées suicidaires) et enfin, de périodes de retour à la stabilité, qu’on appelle la phase d’euthymie. Il arrive de présenter un mélange des deux humeurs, maniaque et dépressif, tout au long de la journée. C’est ce qu’on appelle un état mixte. « Quand le traitement de fond par les régulateurs de l’humeur est efficace, l’intensité et la fréquence des cycles maniaco-dépressifs diminuent de manière significative, ce qui permet à la personne de retrouver une vie normale », clarifie le dictionnaire Vidal, ouvrage médical français.

    Une maladie stéréotypée

    Comment les spécialistes expliquent-ils l’avènement d’un trouble bipolaire ? Aujourd’hui, on parle d’un modèle « biopsychosocial », c’est-à-dire qu’il existe des interactions complexes entre la vulnérabilité génétique (liée aux gènes) et des facteurs environnementaux ou physiologiques divers (évènements de vie, consommation de drogues, grossesse traumatique…), ainsi que des stress répétés auxquels le sujet a du mal à faire face. Si on ne peut pas en guérir, la bipolarité se traite tout au long de la vie. Encore méconnue, la maladie reste entourée de fantasmes.

    Selon l’OMS, la stigmatisation serait d’ailleurs l’obstacle le plus important à surmonter pour la prise en charge des maladies mentales. Certains stéréotypes ont la peau dure : les bipolaires changeraient de personnalité de manière effrayante à l’image de Natalie Portman dans le film Black Swan ; elles seraient incapables de prendre rigoureusement leur traitement, ou encore, elles seraient dangereuses et imprévisibles.

    Depuis la crise sanitaire, les personnes concernées s’efforcent de déconstruire ces idées reçues, fortement influencées par la pop culture. Par exemple, le compte @payetapsychophobie (34k followers) fait, depuis 2019, un travail de déconstruction en diffusant des témoignages sans filtres. Ici, la parole est ouverte, chacun exprime ses doutes et ses craintes sur la maladie. Les bienfaits de la maladie sont même assumés. « Saviez-vous que les personnes bipolaires sont souvent très sensibles, et donc créatives ? », lit-on dans l’un des posts.

    L’acceptation de la maladie sort depuis peu du monde virtuel, puisqu’au 59 avenue de la République à Paris, a ouvert la Maison Perchée, un lieu d’accueil associatif créé par et pour les personnes en situation de trouble psy (bipolarité, schizophrénie, borderline…) et basé sur le principe de la pair-aidance, soit une entraide entre personnes souffrant ou ayant souffert d’une même maladie somatique ou psychique, ou atteintes d’un même handicap.

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  • La socio-esthétique pour reprendre confiance en soi

    La socio-esthétique pour reprendre confiance en soi

    Des esthéticiennes, un peu magiciennes. Depuis presque dix ans, Amandine Hiron sillonne les routes de Mayenne, en tant que socio-esthéticienne, intervenant auprès de structures médicales, sociales et médico-sociales. « J’ai été la première dans le département, se souvient-elle. J’ai été formée à Tours au Codes (Cours d’esthétique à option humanitaire et sociale, ndr), la seule école qui, actuellement, est reconnue en France et qui a été créée en 1978 – période durant laquelle la socio-esthétique est née. » Socio-esthétique ? Un métier à la charnière entre deux mondes : celui de la mise en beauté et celui de l’action sociale.

    Soin du visage, gommage du corps, pose de vernis, session maquillage, choix d’une tenue vestimentaire : la socio-esthétique, initialement créée pour apporter confort (et réconfort) aux personnes malades, connaît un essor ces dernières années, se tournant notamment vers l’insertion professionnelle et sociale des plus précaires. Si le résultat est tout aussi fructueux qu’une séance chez l’esthéticienne dans un institut de beauté, la socio-esthétique a une particularité : la gratuité. « Ce ne sont pas les bénéficiaires qui nous rémunèrent, mais les structures qui nous font intervenir, précise Amandine. Ce qui, parfois, peut être problématique, car nous dépendons d’un budget spécifique. Si la structure n’est pas en mesure de l’assumer, il faut aller chercher l’argent ailleurs. »

    De la maternité aux personnes âgées, en passant par la détention

    Depuis son apparition, la socio-esthétique est un outil particulièrement prisé des services oncologiques. La plupart des socio-esthéticiennes interviennent auprès de personnes atteintes d’un cancer. « L’idée est de pallier les effets secondaires externes des traitements », explique Amandine. Notamment l’un des plus importants : la sécheresse de la peau. « C’est quelque chose de tout bête, mais lorsqu’on a la peau sèche, ça démange, ça crée un inconfort, ça peut même entraîner des lésions, donc des risques infectieux », ajoute-t-elle. En apaisant cet effet, le patient observe une meilleure qualité de vie, améliorant ainsi l’efficacité de son traitement. Pour ce qui est des soins palliatifs, la socio-esthéticienne va davantage travailler sur la partie dite « confort » du patient. Mais aujourd’hui, la socio-esthétique ne s’arrête plus à la maladie et tend la main à l’ensemble des personnes précaires : des jeunes, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap ou éloignées de l’emploi… Tout est possible.

    « On peut même intervenir dès la naissance, informe Amandine. Je suis par exemple intervenue sur des nouveau-nés dans le cadre du Sida. Il s’agissait de mères, souvent d’origine étrangère, qui méconnaissaient la maladie et qui n’osaient pas faire les soins de nursing à leur enfant, de peur de les contaminer. Par le biais de la socio-esthétique, elles ont pu retrouver le toucher bienveillant et rassurant de la maternité. »

    Non loin de la Mayenne, ce sont dans les prisons nantaises que Léa Pitaud – socio-esthéticienne depuis sept ans – intervient, en animant des ateliers collectifs. D’un côté, le centre de détention pour les personnes en longues peines : « Souvent, ces personnes ne prennent plus soin d’elles, n’en voyant pas l’intérêt après quinze ans d’emprisonnement, raconte-t-elle. On va leur réapprendre l’hygiène de base : comment se laver les pieds, comment faire un gommage pour les mains pour nettoyer ses ongles. » De l’autre, le centre pour les plus petites peines : « Dans ce cas, on sera sur de la réinsertion sociale, ajoute Léa. On va travailler l’estime de soi, la confiance en soi, la capacité à se présenter auprès d’un employeur, à s’habiller, etc. » Les premiers à témoigner des bienfaits de la socio-esthétique en milieu carcéral : les gardiens. « Après une séance d’une heure, les prisonniers sont plus calmes. La soirée des gardiens est beaucoup plus tranquille et ils sont plus en confiance. »

    Dans les Pays de la Loire, une cinquantaine de socio-esthéticiennes

    Si l’on en croit les résultats d’une étude pour la Fédération des entreprises de beauté (Febea) et l’Agence du Don en Nature (ADN), publiée en mai 2023, la socio-esthétique semble faire l’unanimité. Des moments de détente et de relaxation pour 79 % des répondantes, et de convivialité, pour 64 % d’entre elles. « Ces parenthèses donnent le sentiment d’être en dehors de la précarité et permettent d’enclencher un parcours de conquête de l’estime de soi et de reconstruction nécessaire pour renouer avec l’insertion sociale et professionnelle », relève l’enquête. Les dons du secteur de l’hygiène-beauté aux associations organisant des ateliers collectifs ou séances individuelles représentent d’ailleurs 40 % des dons non alimentaires en France, « ce qui en fait le premier secteur donateur », souligne la Febea dans un communiqué. « Grâce à la socio-esthétique, ils prennent soin d’eux, ils se reconnectent à leur corps, confirme Amandine. Et surtout, quand ils rentrent chez eux, ils savent reproduire les gestes à l’aide des produits qu’ils ont fabriqués eux-mêmes. C’est hyper valorisant de rentrer chez soi avec ce qu’on a fait soi-même, on en ressort fier. » Léa, quant à elle, ne cache pas son propre plaisir : « Quel bonheur lorsqu’un de vos patients se regarde dans le miroir et se dit que c’est agréable. »

    S’il est difficile de savoir exactement combien de socio-esthéticiennes exercent dans l’Hexagone, Léa en compte une cinquantaine dans les Pays de la Loire. Un chiffre qui devrait continuer d’augmenter selon elle : « Il y a de plus en plus d’écoles de qualité et une vraie envie d’accompagnement des personnes fragiles. » Prochaine étape : que la socio-esthétique soit reconnue comme profession indépendante et qu’il y ait un vrai remboursement – celui d’un « soin de support », au même titre que l’art-thérapie ou la sophrologie. « Cela permettrait de toucher encore plus de personnes et d’obtenir la subvention des agences régionales de santé et de l’État, souhaite la jeune femme. On va vers cela, lentement. » Mais sûrement ?

    Pour toutes infos supplémentaires, consultez le site de la Fédération Nationale de Socio-esthétique : https://fnsefrance.fr/

  • Ces aliments qui réduisent le stress

    Ces aliments qui réduisent le stress

    Supportable quand il reste occasionnel et passager, le stress peut devenir un véritable handicap chronique. On peut alors être accompagné par un suivi psychologique. Mais de plus en plus d’experts s’accordent à dire que l’alimentation joue également un rôle dans la régulation du stress. Le point avec la diététicienne-nutritionniste Amandine Perrot, spécialisée en psychonutrition. « Notre environnement induit sans cesse le besoin de se réadapter et génère beaucoup de stress, qui est une réaction d’alerte à un événement perturbateur. Les glandes surrénales sécrètent alors du cortisol, aussi connu sous le nom d’hormone du stress », note-t-elle. Mais le cerveau et l’intestin sont à l’origine de la sécrétion des hormones du bien-être que sont la sérotonine et la dopamine. Et certains aliments et nutriments favorisent leur production.

    Magnésium, oméga 3 et vitamines sont les meilleurs alliés

    Parmi ces alliés, le magnésium est probablement le plus connu. Permettant d’éviter l’excès de cortisol, il est présent dans la plupart des végétaux, « notamment les fruits à coque et légumineuses comme les lentilles et les pois chiches, qu’on a tendance à délaisser », note Amandine Perrot. Il peut également être trouvé dans les céréales complètes, les herbes aromatiques, l’avocat, la banane… Mais aussi dans le chocolat ! À noter qu’il vaut mieux préférer du chocolat noir, riche en anti-oxydants. Il ne faut pas non plus lésiner sur les oméga 3, qui stimulent la production de dopamine et de sérotonine, antidépresseurs réputés. « On les retrouve dans l’huile de noix et de colza, mais aussi dans les poissons gras : sardine, maquereau, harengs, thon et saumon », détaille Amandine Perrot. Il s’agit de graisses polyinsaturées essentielles, mais dont on peut facilement manquer. « Il faut aussi consommer de l’huile d’olive, riche en antioxydants, bons pour notre santé cardiovasculaire », ajoute la diététicienne.

    Si toutes les vitamines sont bénéfiques, certaines ont un effet antistress spécifique. « Les vitamines B sont particulièrement importantes, elles participent à l’élaboration des neurotransmetteurs comme la sérotonine et la dopamine », explique Amandine Perrot. On les retrouve dans les viandes, mais aussi dans les œufs et légumineuses. Les vitamines C, excellents antioxydants, contribuent à nous protéger face aux dégâts du stress. Selon Amandine Perrot, le secret est de consommer des fruits et légumes de saison en priorité : « C’est là qu’ils contiennent le plus d’éléments protecteurs, par exemple, en hiver, le chou et les pommes de terre. » La vitamine D n’est pas en reste. Il ne suffit pas de s’exposer au soleil, ce qui n’est en plus pas recommandé : « Beaucoup de Français présentent des déficits, il faut aller la chercher dans les oeufs et les poissons gras. » Elle est aussi disponible en complément alimentaire si besoin et sur avis médical.

    Prendre soin de son microbiote intestinal

    Enfin, quotidien sans stress rime avec microbiote en bonne santé. « Beaucoup d’études ont démontré le lien entre microbiote intestinal et santé mentale, pointe Amandine Perrot. Il peut être parasité par des bactéries “stressantes” et le protéger permet de limiter leur effet. » La diététicienne recommande les fibres contenues dans les légumes, céréales complètes et légumineuses. Et pour apporter à notre flore intestinale ce dont elle a besoin pour prospérer, les aliments fermentés, qui contiennent des probiotiques, sont essentiels : « On les retrouve dans les yaourts, les olives, les cornichons, ou encore la choucroute. »

    En résumé, pour diminuer le stress, il faut privilégier une alimentation variée et la moins transformée possible. « Plus l’on s’oriente vers une alimentation brute et naturelle, plus on retrouve les composantes qui nous protègent du stress. Inversement, une alimentation déstructurée et industrielle prédispose au stress », conclut Amandine Perrot. Aider les patients atteints d’anxiété, voire de dépression, via une alimentation saine est l’objet d’étude de la psychonutrition. « L’idée n’est pas de supprimer des médicaments, mais de renforcer leur effet », appuie la diététicienne. Ainsi, en cas de stress intense, une partie de la solution pourrait bien se trouver dans votre assiette.

  • L’animal, bon pour le moral

    L’animal, bon pour le moral

    « Lama thérapie » : tendance ou vrais bienfaits ?

    « Un lama en maison de retraite ? » Voilà ce qu’a pu entendre Benjamin Leroy-Blanc après avoir émis l’idée d’un élevage de camélidés, éduqués pour travailler en zoothérapie. C’était en 2014. Trader à la City de Londres puis à Paris, Benjamin se lasse. Son travail manque de sens. Cet amoureux des animaux décide alors de quitter la capitale britannique et de se former spécifiquement à l’élevage de lamas et – surtout – à la médiation animale. Seul hic : à Six-Fours-Les-Plages, commune située dans le département du Var, les lamas ne courent pas les rues. « Ceux que j’ai pu trouver appartenaient à des activités agricoles qui les utilisaient pour débroussailler, raconte Benjamin. J’en ai trouvé un dans un cirque, aussi. » Aujourd’hui, la ferme pédagogique compte cinquante lamas, dont Jules. La star. C’est avec lui que l’institut de zoothérapie baptisé Le Corral des lamas a démarré. « J’ai très vite constaté les qualités des lamas pour la zoothérapie, poursuit l’éleveur. Ils sont très calmes, domestiques, patients, intelligents et d’une gentillesse inouïe. Leur côté laineux est rassurant, aussi. Ils savent s’adapter aux besoins de la personne et adorent les câlins. » On est très loin du lama crachant sur les gens par agacement, que Hergé dessine dans Tintin au Tibet. Au minimum cinq fois par mois, Benjamin embarque ses compagnons laineux et part à la rencontre de résidents d’Ehpad. Certaines visites le marquent particulièrement : « Il y avait un monsieur complètement éteint, qui ne parlait à personne. Son insertion au sein de l’Ehpad était visiblement très compliquée, se souvient-il. Dès qu’il m’a vu arriver avec le lama, il a commencé à sourire, à me parler et à me poser des questions. En psychiatrie, j’ai pu grâce à l’animal être témoin de réconciliations familiales. Des moments très forts. »

    L’animal, bon pour le moral

     

    Le succès est tel qu’on parle même de « lama thérapie ». Une tendance qui se développe un peu partout dans le monde : des États-Unis, où l’alpaga Napoléon – comptant quatre mille trois cents abonnés sur Facebook – est devenu une coqueluche pour différentes maisons de retraite de l’Oregon, jusqu’au centre de l’Équateur, où la création d’un centre de lama thérapie est en projet. La médiation animale « encourage la prise d’initiative, favorise l’expression, les interactions, crée du lien, fait travailler l’autonomie, apaise les angoisses, améliore la mémoire », et plus encore, peut-on lire sur le site de l’association Le Lama et ses ressources, qui propose des séances de lama thérapie en Essonne.

    La zoothérapie, remède au stress post-traumatique

    Si les pouvoirs thérapeutiques du lama sont indéniables, il semblerait qu’ils s’appliquent à l’ensemble des animaux, formés à la médiation animale. Le nombre de fermes pédagogiques ne fait que confirmer la tendance : en 2003, on comptait en France près de mille quatre cents fermes spécialisées. Un chiffre qui, vingt ans plus tard, a augmenté. Surtout si l’on ajoute certains refuges, également mobilisés pour accueillir des séances de zoothérapie. C’est le cas d’Ava (Agir pour la Vie Animale), situé en région Normandie – à Cuy-Saint-Fiacre plus exactement. Tous les quinze jours, l’association reçoit des victimes d’attentat ou de viol, tous patients de l’Institut de victimologie, spécialisé dans le traitement du stress post-traumatique. À l’origine de ce programme : Delphine Morali-Courivaud, psychiatre et directrice médicale de l’institut. « La particularité de ce programme est que ces animaux ne sont pas formés à la zoothérapie. Les patients passent la journée avec des chiens, chats et chevaux abandonnés ou maltraités dont le refuge a la charge, explique-t-elle. Il y a comme un effet miroir. Les patients deviennent à leur tour soignants. »

    Après de longues balades parmi le troupeau de daims, après avoir nourri les chevaux ou câliné la centaine de chats, la psychiatre s’émerveille face aux progrès de ses patients. « Le stress post-traumatique développe une hypervigilance qui progressivement les isole aussi bien socialement qu’affectivement, détaille-t-elle. Grâce à l’animal, ils recréent du lien, sortent de leur bulle de solitude et retrouvent de l’estime de soi. » L’animal apaise, réconforte et, dans certains cas, sauve : « Des patients m’ont confié que la seule chose qui parfois les empêchait de se suicider, c’était leur lien avec leur chat ou leur chien. »

    Éclair, premier labrador d’assistance

    À ce jour, très peu d’études françaises existent sur l’impact de la pet-therapy (ou thérapie par les animaux) auprès de patients qui souffrent d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Elles représentent moins de 2 % des études publiées sur le sujet. Mais Benjamin Borg n’a pas besoin de preuves scientifiques pour être sûr des bienfaits de l’animal dans le traitement du TSPT. Il y a presque trois ans, cet ancien militaire et sapeur-pompier professionnel a créé la CAPE, une association de chiens d’assistance aux personnes en état de stress post-traumatique. La toute première en France. « En voyageant en Europe, j’ai pu constater qu’il existait des chiens pour des personnes en état de stress post-traumatique. Un peu partout, sauf en France, déplore-t-il. Lorsqu’il y a eu la 131e victime des attentats de Paris – personne qui s’est suicidée deux ans après – sans oublier les militaires qui rentraient d’opérations extérieures et qui, quelques mois après, mettaient fin à leurs jours, j’ai décidé d’agir. » C’est ainsi que le 14 juillet 2022, Frédéric, un militaire des forces spéciales et blessé de guerre, accueillait Éclair, première chienne d’assistance.

    Si l’on en croit Benjamin Borg, elle sait tout faire : « En cas de cauchemar, elle va réveiller son maître, allumer la lumière. En journée, même chose. Elle peut constater une anomalie dans le comportement de son maître – des tocs par exemple – et l’interrompre. S’il est pris d’une agoraphobie, il peut s’accrocher à elle. Elle peut alerter les voisins en aboyant ou même appeler les secours en appuyant sur téléassistance… » Si Super-Éclair est la première, elle ne sera pas la dernière. D’ici 2025, Benjamin espère remettre une vingtaine de chiens d’assistance.

    L’empathie, le propre de l’animal

    Ces dernières années, la zoothérapie fait beaucoup parler d’elle. En réalité, cette pratique est loin d’être nouvelle puisqu’elle remonte, précisément, à 1792, lorsque des protestants Quakers anglais ont décidé de placer des patients en compagnie de lapins ou de poules. L’objectif : aider ces personnes à mieux contrôler leurs émotions. Après cette première expérimentation, les animaux font progressivement leur entrée dans les hôpitaux psychiatriques britanniques. Mais c’est de l’autre côté de l’Atlantique que les premières études scientifiques sont conduites. Dans les années 1960, le pédopsychiatre américain Boris M. Levinson obtient des résultats bénéfiques en utilisant le chien comme « cothérapeute » de l’enfant présentant des troubles psychiatriques. Il fait aujourd’hui figure de pionnier.

    Pour autant, comment explique-t-on les pouvoirs thérapeutiques que possèdent nos amis les bêtes ? « L’éthologie (l’étude du comportement des animaux en milieu naturel, ndr) a bien fait ressortir le fait que les animaux, et spécifiquement les chiens, ressentent des émotions, dont certaines peuvent être associées à une forme de compassion. La relation avec l’animal crée les conditions d’un soin sans les mots, écrit Elisa Chelle, professeure des universités en science politique à Paris Nanterre, dans un article publié sur The Conversation. L’animal permet à l’être humain de développer une communication non verbale. [Il est] une présence, un être vivant auquel on peut parler, même confusément, ou ne pas parler du tout. » La chercheuse pointe d’ailleurs la place singulière qu’occupe l’animal dans notre imaginaire collectif, en citant quelques exemples : le jeune Mowgli élevé par des loups dans Le Livre de la jungle, Tarzan grandissant parmi une tribu de gorilles, ou encore le Petit prince apprivoisant le renard qui deviendra pour lui « unique au monde ». « L’animal apparaît comme un semblable avec qui nous partageons des réactions et des émotions », conclut la chercheuse.

    Plusieurs études montrent l’impact positif de la présence animale. Selon celle publiée en 2019 dans le journal de l’American heart association, les propriétaires de chiens voient leur risque de mortalité baisser de 24 % et celui de subir une attaque cardiaque de 31 %. Une autre étude réalisée par des chercheurs du Centre Médical de l’Université du Michigan en février 2022, confirme la tendance. Communiqués par le site EurekAlert!, les résultats sont sans appel : vivre avec un animal de compagnie pendant cinq ans ou plus permettrait de réduire le stress et de ralentir le déclin cognitif. Est-ce pour cette raison que la France figure parmi les pays d’Europe où l’on compte le plus de chiens et de chats (le haut du podium revenant aux poissons) ? Sans doute.

    Au total, on recense en France – selon les statistiques de Facco-Kantar –, 80 millions d’animaux de compagnie. Et comme à peu près tout, le Covid n’a fait que renforcer l’expérience. Selon un sondage Ifop réalisé en 2020, plus de la moitié des Français déclare posséder un animal de compagnie et un quart de ceux qui n’en ont pas encore, pensent en acquérir un. Pourquoi pas un lama ?

    Le mook Vous! par Macif #1 est à retrouver ici dans son intégralité.

  • Les bienfaits de l’optimisme sur la santé

    Les bienfaits de l’optimisme sur la santé

    Attaques terroristes, réchauffement climatique, inflation, guerre en Ukraine… Cinq minutes de scrolling sur les réseaux sociaux suffisent à se poser la question : est-il encore possible – et surtout bien sage – d’être optimiste en 2024 ? Ou à l’inverse, est-il la preuve d’inconscience ou de déni ? Encore aujourd’hui, l’optimisme est moqué ou du moins débattu. Sujet de plus en plus récurrent dans les médias ou dans la littérature, l’optimisme suscite aussi depuis peu l’intérêt de la communauté scientifique. En 2022, une étude de la Société américaine de gériatrie, menée pendant 25 ans sur 160 000 femmes âgées de 50 à 80 ans, a mis en évidence que les personnes les plus optimistes vivaient en moyenne quatre ans de plus que les autres. La synthèse de quinze études médicales portant sur 230 000 personnes a d’ailleurs montré que l’optimisme est associé à une diminution significative du risque cardiovasculaire.

    Ses bienfaits semblent donc indiscutables. Seul hic : les Français ont la réputation d’être des « râleurs » invétérés ou les champions de l’insatisfaction. Pourquoi ? Selon Philippe Gabilliet, professeur à l’ESCP Europe et auteur d’Éloge de l’optimisme, la critique facile – très ancrée à la culture française – serait transmise dès l’école. « Que vous ayez été dans le privé ou dans le public, depuis un siècle et demi, le scepticisme et l’esprit critique restent des marqueurs d’intelligence. Le rapport des Français à l’admiration, à l’enthousiasme, est donc compliqué. À l’opposé des Américains dont on se moque, disant qu’ils trouvent tout “amazing” (formidable, ndr), les Français se contenteront d’un “c’est pas mal”. » Au même moment, le professeur se remémore une citation de l’écrivain voyageur Sylvain Tesson : « Quand on regarde bien, la France est un paradis mais dont tous les Français pensent qu’ils vivent en enfer. Et heureusement, parce que sans cela, ils seraient insupportables. »

    Qu’est-ce qu’un optimiste ?

    Si l’on en croit Winston Churchill, « un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté ». Ce que confirme Philippe Gabilliet : « C’est une attitude d’optimisation de la réalité. Autrement dit, c’est se poser la question : “Comment faire mieux avec ce que j’ai ?” Ce n’est pas dire que tout va bien, mais être conscient que dans n’importe quelle épreuve – même la plus difficile ou douloureuse –, des solutions existent et qu’il suffit de les trouver. C’est capitaliser sur ses forces, ses atouts, plutôt que sur ses faiblesses. Et enfin, l’optimiste est bien plus dans l’action, même si ses solutions ne sont pas toujours définitives ou parfaites. »  

    Peut-on aller jusqu’à dire qu’une personne optimiste est mieux protégée, moins vulnérable face aux aléas de la vie ? Une question à laquelle il est difficile de répondre, selon le professeur. Ce qui est certain, c’est que ce trait de personnalité est un outil de résilience efficace. « Si vous ne pensez pas que le choix de l’optimisme va vous servir, essayez le pessimisme et on en reparle, sourit-il. Encore que, le pessimisme est une bonne ressource, notamment de protection, de précaution et d’alerte. J’ai récemment entendu un patron dire : “Je suis en train de préparer mon entreprise au pire dans le futur.” C’est un pessimisme extrêmement constructif. Selon moi, on devrait dire du pessimisme ce que certains disent de l’argent : c’est un excellent serviteur mais un très mauvais maître. »

    Quels bienfaits sur notre santé ?

    Le professeur Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie à l’hôpital de Créteil et auteur de Vous êtes votre meilleur psy!, en répertorie trois : l’optimisme est catalyseur d’émotions agréables comme la confiance, l’admiration ou encore la reconnaissance. Des émotions qui font sécréter des substances et neurotransmetteurs renforçant l’immunité de l’organisme. « Certains posent l’hypothèse d’un lien direct entre le bien-être que l’optimisme procure et la baisse de stress, ajoute-t-il. Si vous diminuez les risques d’anxiété et de dépression, vous gommez également tout ce que le stress peut impliquer comme impact physique ou mental. » Deuxième bénéfice, la proactivité : « L’optimisme s’accompagne de comportements adaptés, favorables à la santé, estime le médecin. Cela va passer notamment par l’activité physique et une alimentation saine. »

    Or, ce n’est une surprise pour personne : adopter un mode de vie sain réduit le risque de maladies cardiovasculaires, ou d’autres pathologies potentiellement mortelles, comme le diabète et le cancer. Et enfin : le lien social. Moins de retenue, plus d’ouverture aux autres, l’optimiste est poussé vers une vie sociale épanouissante. « Ce qui produit d’autres effets bénéfiques sur le plan psychologique », appuie le psychiatre.

    Des prédispositions ?

    La grande question étant : naît-on ou peut-on devenir optimiste ? « Sûrement un peu des deux, pense le médecin. Dans l’enfance et en début de vie adulte, on sent des tendances comme si elles étaient constitutionnelles. Si l’on en croit les études, il y aurait en effet une part – autour de 25-30 % – de ces traits qui ont une composante génétique. » Pour autant, rien n’est figé. Rappelons que le caractère se « forge », sans oublier les événements de vie qui auront obligatoirement une influence. Il est donc possible d’apprendre, de travailler ou de peaufiner son optimisme. Et ce, grâce à la « psychologie positive » : « Une thérapie que les psychologues utilisent souvent pour lutter contre le stress, l’anxiété, la dépression et un peu le pessimisme », précise Antoine Pelissolo. Ce qui, grosso modo, consiste à faire attention aux choses du quotidien qui fonctionnent bien ou qui vous renforcent, oser faire des choses pour apprendre à mieux se connaître, tester de nouvelles choses, ouvrir son horizon. « Et puis, tout bêtement, être content de sa journée. » Parfois plus facile à dire qu’à faire…

    (1) Société américaine de gériatrie

  • Manger des fruits et des légumes : un jeu d’enfant !

    Manger des fruits et des légumes : un jeu d’enfant !

    Pomme, orange, banane, citron ou kiwi, nombreux été les fruits présents sur les mini-stands de ce marché pas comme les autres qui s’est tenu en mars 2024. « C’est un marché dédié à 100 % aux enfants, c’est-à-dire que les enfants sont soit des clients soit des vendeurs, explique Monique Rubin, présidente de la Fédération nationale des Marchés de France venue superviser l’événement. Ce concept est né à Valence il y a sept ans. Avec le maire de la ville, nous avions besoin d’une nouvelle activité pour le Valence en gastronomie festival, quelque chose de tourné vers les enfants. C’était bien tombé, car j’avais vu chez mon partenaire Vitabri un petit stand tout beau, tout mignon, comme ceux que vous voyez ici. C’était comme un flash. J’ai donc demandé à acheter dix de ces stands à mettre dans un seul camion pour sillonner les villes de France et proposer nos animations. »

    Faire la différence entre le bon et le fade

    Au total, 160 enfants, âgés entre 6 et 12 ans et venus de trois établissements scolaires différents, garnissent la place. Entre eux, les écoliers font leurs courses avec une monnaie fictive mise gratuitement à disposition à l’entrée du marché : le Fruitatou. « Est-ce qu’on peut faire des promotions avec une carotte achetée pour une deuxième offerte ? », demande le jeune Hugo, visiblement à l’aise dans son rôle de commerçant. Pour les parents comme Leïla et Amine, proches des rambardes délimitant l’accès au marché, c’est aussi l’occasion de voir leurs enfants au contact de la vie marchande. « Grâce à ces ateliers, nos enfants apprennent à choisir de bons produits, mais aussi le quotidien de la vente ou l’achat, il y a un aspect commercial intéressant, explique la mère. Nous habitons La Voulte depuis quelques années maintenant, et nous pensons aux agriculteurs à côté de chez nous qui souffrent de la concurrence des pays étrangers, de la production de masse. Pourtant, leurs produits sont d’excellente qualité. »

    Fournisseur des fruits et légumes pour cette deuxième édition du Marché des Enfants à La Voulte-sur-Rhône, David Bucher est ravi d’avoir été choisi pour cette initiative destinée à sensibiliser les enfants au « bien manger » et faire découvrir l’univers du marché avec une participation concrète. « J’ai également des enfants à la maison donc je leur ai appris à connaître les différents fruits et légumes, explique le maraîcher de 45 ans. Cela démontre que pour s’alimenter, il n’y a pas que les supermarchés et qu’il existe d’autres moyens d’accéder à des produits frais. Personnellement, je ne fais que dans les produits bios. Et il faut le dire, c’est un autre goût quand on le déguste ! Par exemple, mes enfants mangent parfois à la cantine et ce n’est pas forcément qualitatif. Quand je vois les pommes que ma fille me ramène de l’école, c’est même dégoûtant… Mais au moins, cela permet de bien faire la différence entre le bon et le fade. »

    Manger des fruits et des légumes : un jeu d'enfant !

    « En 2024, nous prévoyons une douzaine de Marché des Enfants »

    Au total, près de 150 kilos de fruits et légumes frais ont été répartis dans les différents sacs des enfants. Seules quelques mandarines sont restées dans les caisses en bois… Venu observer sa fille et son fils, Amine abonde dans le sens des circuits courts. « Des tomates bien rouges, rondes et grosses, mais qui viennent d’Espagne, nous évitons de les consommer, explique le père de famille. Le fruit est beau d’apparence, mais les produits utilisés modifient la qualité et le goût. Quand j’étais petit au Maroc, ma grand-mère avait son potager. Elle faisait pousser des tomates et des poivrons. Souvent, ils n’étaient pas parfaits visuellement, mais on pouvait les sentir de loin. J’étais sur le palier de la porte d’entrée et je sentais les tomates. Maintenant, tu peux aller en grande surface et prendre une tomate, puis l’ouvrir pour la mettre devant ton nez, tu ne vas rien sentir. Même au moment de cuisiner, l’odeur ressort à peine. C’est presque devenu du plastique ! Alors honnêtement, je préfère payer 2 ou 3 euros de plus en sachant que je mange quelque chose de bon. »

    Manger des fruits et des légumes : un jeu d'enfant !

     

    Grâce à cet élan pédagogique, le Marché des Enfants s’intègre progressivement aux différents marchés de France. « En 2024, nous allons faire au moins une douzaine de marchés soit un par mois, évoque Monique Rubin, également présidente des syndicats des marchés de Drôme-Ardèche. Aujourd’hui, c’est un petit format. Dans le festival de Valence en gastronomie, ce sont 1100 enfants sur deux jours qui viennent pour le marché, mais aussi des ateliers pour le dessin, des quizz… En fonction du temps que nous avons, nous nous adaptons. Nous avons déjà œuvré pour les marchés de Martigues, Marignane, Sceaux, Amiens, Caen… Il y en a pour tout le monde et dans différents cadres. »

    À la fin de la matinée, le Marché des Enfants de La Voulte referme ses portes et les écoliers retournent à leur pain quotidien. Depuis son stand pour adultes, David porte un regard plein d’espoir sur ce passage de témoin entre les retraités qu’il considère comme ses principaux clients et la nouvelle vague. « Là, nous parlons de l’alimentation, de la santé, de l’avenir des gamins, conclut le marchand. C’est manger avec de bonnes vitamines, sans pesticides ! Mes grands-parents étaient agriculteurs donc j’ai été sensibilisé à cela et j’ai poussé dans ce sens. L’idée, c’était de diversifier les fruits et légumes, sélectionner des produits de saison. Ne pas manger des fraises en décembre, cela s’apprend ! C’est une éducation pour les années futures. » Au-delà des slogans, bien manger s’associe sans doute au début du bonheur.

    Aux quatre coins de la France

    Action menée par la Macif avec la Fédération Nationale des Marchés de France, le Marché des enfants valorise notamment les commerces de proximité en plein air, les circuits-courts et l’alimentation équilibrée après des 6-12 ans.

  • Comment choisir son coach sportif ?

    Comment choisir son coach sportif ?

    1 Pourquoi choisir un coach sportif ?

    Parce qu’il vous motive

    5,7 millions. C’est le nombre, en 2017, de Français inscrits dans les quelque 4 200 clubs ouverts dans l’Hexagone (1). Ces chiffres élevés n’indiquent en rien que les inscrits sont des sportifs assidus. Paresse, ennui, méconnaissance des appareils ou malaise peuvent causer l’abandon de la pratique du sport en salle. C’est alors que les coachs à domicile et en salles de sport apparaissent : ils ne vous jugent pas, agissent avec bienveillance et ne songent qu’à vous faire progresser.

    Parce qu’il s’adapte à vous

    Le recours à un coach à domicile est certes plus onéreux et chronophage, mais le bénéfice est double. Tout d’abord, il se cale sur votre emploi du temps. Si vous travaillez beaucoup, aucun souci : il suffit de convenir d’un créneau avec lui. Ensuite, les conseils sur-mesure qu’il prodigue s’adaptent à vos besoins, à votre morphologie et à vos objectifs.

    Entre 20 000 et 25 000

    coachs sportifs sont recensés en France.(2)

    2 Quels sont les critères de sélection d’un coach sportif ?

    Tout d’abord, il doit être certifié

    Afin d’exercer, un coach doit a minima posséder une carte professionnelle. Celle-ci indique qu’il est référencé au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) et donc reconnu par le ministère du Travail. Il existe également la formation délivrée par l’International Coach Federation (ICF), qui n’est autre que la première association de coachs dans le monde. Bien entendu, avant d’engager un coach à domicile, il faut également vérifier qu’il possède bien un numéro de Siret, afin d’éviter tout litige.

    Coach en club ou à domicile : qui choisir ?

    Tout dépend de vos besoins. Le coach à domicile, dit « personal sport trainer », se consacre pleinement à la personne qu’il entraîne, de la motivation à la bonne exécution des mouvements. D’un tarif allant de 40 à 200 € par séance (3), la souplesse de planning qu’il propose correspond particulièrement aux sportifs travaillant beaucoup et n’ayant pas le temps de se rendre à la salle de sport. Toutefois, à moins que vous ne possédiez tout un attirail de machines de musculation, l’entraînement sera effectué avec peu (ou pas) de matériel.

    C’est ici que le coach en salle de gym tire son épingle du jeu. Il en existe deux types. Le premier propose un suivi et dessine des entraînements sur mesure, à l’aide d’un large éventail d’exercices différents, effectués grâce à des appareils de musculation comme de cardio. Le second type de coach en salle de gym est en charge d’animer des cours collectifs, généralement limités à 10 ou 15 participants. Le suivi qu’il propose est moins poussé car il doit s’occuper simultanément de plusieurs personnes. Quant au prix, il est généralement compris dans celui de l’abonnement à la salle en question.

    Enfin, tout est une question de feeling

    Un bon coach est avant tout un coach qui vous donnera envie de progresser. Pour cela, il doit être incollable sur les questions de nutrition, santé et motivation, mais pas que. Il possède un rôle de psychologue à ne pas sous-estimer. Certains préconisent une approche plutôt dure, faisant pression sur les personnes qu’ils entraînent pour obtenir des résultats, quand d’autres seront plus doux et pédagogues. Ce critère est important, car vous et votre entraîneur êtes avant tout une équipe (qui gagne !).

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    L’Essentiel de l’article

    • Votre coach doit être certifié.
    • Un coach à domicile assurera un suivi sur mesure avec peu de matériel.
    • Un coach en salle de gym aura plus de matériel mais entraînera plusieurs personnes à la fois.
    • Un bon coach est avant tout un coach qui comprend vos besoins et avec qui vous vous entendez bien.

    (1) Étude du cabinet Europe Active présentée lors du forum européen sur la santé et la forme physique (EHFF) de Cologne en 2018.
    (2) Franck Hedin, conseiller du président du syndicat patronal France Active
    (3) Romain Moreau, coach certifié