« L’argent est tellement tabou en France que, souvent, les parents n’en parlent pas », déplore Véronique Forzini, experte finance-épargne de la Macif. Selon elle, il faut au contraire aborder le sujet avec les enfants tôt pour que ceux-ci apprennent progressivement « comment le dépenser et l’économiser pour remplir leurs projets futurs ». Le début de l’apprentissage du calcul, à 5 ans, est un bon point de départ pour l’éducation financière.
De 5 à 11 ans : comprendre l’utilité de l’argent
« En primaire, on comprend que l’argent peut être utile pour s’acheter des choses qui nous font plaisir », observe Véronique Forzini. C’est le début de l’argent de poche, qui avoisine quelques euros hebdomadaires en liquide. « À cet âge-là, l’argent est souvent considéré comme un cadeau, reçu grâce à une bonne note par exemple, puisque les parents subviennent à tous les besoins. » Donner à son enfant ces petites sommes permet alors de lui faire comprendre qu’il peut choisir comment le dépenser. On peut aussi commencer à aborder l’idée d’« économies », « mais surtout sur du court-terme » car les enfants ne se projettent pas encore et que « les sommes sont tellement petites que l’utilisation est quasi-immédiate ».
De 12 à 15 ans : apprendre à économiser
L’entrée au collège sonne le début du chemin vers l’indépendance et, avec elle, « un besoin d’argent plus important qui est naturel », relève Véronique Forzini : « Dans les villes, les enfants vont au collège eux-mêmes et ont plus de frais. » Cette étape est un bon moment pour basculer de l’argent de poche hebdomadaire à une somme mensuelle. « Cela permet à l’enfant d’apprendre à maîtriser ses dépenses et recettes sur le mois, même si les parents subviennent toujours aux besoins. » C’est également la première étape vers la notion de salaire et cela permet à l’enfant d’économiser sur un temps plus long. « Il faut d’ailleurs commencer à passer du terme ‘économiser’ à celui d’ ‘épargner’ », poursuit Véronique Forzini. Dès 12 ans, les parents peuvent lui ouvrir un livret d’épargne jeune.
De 16 à 18 ans : la transition vers l’autonomie
Le lycée est souvent la dernière – ou l’avant-dernière – étape avant que les enfants ne quittent le cocon familial. Il s’agit donc d’un moment primordial dans leur éducation à l’argent. Ils sont aussi nombreux à posséder une carte bleue sans autorisation de découvert, qui leur permet de s’initier à la gestion de l’argent lorsqu’il est dématérialisé et au suivi de leurs dépenses via des applications bancaires. « À ce moment-là, il est primordial d’insister sur le budget mensuel et de faire comprendre à son enfant l’importance d’épargner pour des projets de long terme plus ambitieux, comme le passage du permis ou des vacances entre amis », souligne Véronique Forzini. Ce moment de transition est celui où les jeunes apprennent à être véritablement autonome et à gérer leur épargne.
De 19 à 24 ans : gérer son budget et consolider son épargne
Une fois que les enfants ont quitté le cadre familial pour partir étudier, la notion d’argent de poche disparaît et devient « une allocation mensuelle qui doit permettre de subvenir seul à ses besoins », c’est-à-dire payer son loyer, se nourrir, gérer ses loisirs, etc. L’étudiant doit « identifier ses frais fixes et variables tout en épargnant régulièrement », préconise Véronique Forzini. Un modèle peut être intéressant à transmettre : la règle des 20-30-50. « 50 % du revenu mensuel doit être dédié aux charges fixes, 30 % au budget complémentaire et 20 % épargnés sur un livret en début de mois. » L’idéal est d’avoir « au moins trois fois de côté son budget principal, pour les coups durs ». Il en va de même pour les alternants et les jeunes actifs, qui partiront plus confiants dans la vie avec un matelas de sécurité.
Les bases de l’autonomie
« Mais pour pouvoir gérer son argent, il faut en avoir », observe Véronique Forzini. D’où l’intérêt, pour les parents, d’apprendre à leurs enfants la valeur de l’épargne le plus tôt possible. Et de leur ouvrir un livret jeune, voire une assurance-vie. « Il ne faut pas hésiter à parler argent dès l’enfance, pour que l’évolution soit la plus fluide possible », insiste la spécialiste. Les parents peuvent être accompagnés, notamment grâce au programme Educfi (Éducation économique, budgétaire et financière), accessible en 4ème sur la base du volontariat des professeurs. Discussion, pédagogie et continuité sont donc les maîtres mots pour faire de son enfant un épargnant et consommateur autonome.
Une assurance-vie simple et accessible
Avec Macif Épargne Vie, profitez d’une assurance-vie multisupport sans aucuns frais sur versement pour une épargne-projets simple, accessible et engagée.
Votre profil consommateur est celui de la fashion victim. Vous fonctionnez au coup de cœur et vous aimez être en accord avec la mode et les nouvelles tendances. Vous n’hésitez pas à dépasser un budget prévu, si vous craquez sur la pièce de vos rêves. Vous ne choisissez rien comme tout le monde et aimez vous démarquer, tout en restant dans la tendance.
216 €
C’est le budget moyen des achats en ligne prévu pour les soldes d’hiver en 2018 en France.*
Vous êtes sociétaire Macif ?
Rendez-vous sur Macif Avantages : High tech, auto-moto, vie quotidienne… Plus de 90 marques et jusqu’à 65 % de remise !
Pour vous, épargner est une seconde nature. Vos dépenses sont calées d’avance et toute somme restante est systématiquement mise à l’abri pour faire face aux imprévus : un lave-linge qui capote, un joint de culasse à changer… Mais aussi pour plus tard.
Vous n’avez pas de vision précise de l’usage de votre épargne, mais une chose est sûre : elle vous rassure ! N’oubliez pas de profiter aussi de temps en temps…
Envie d’épargner ?
Avec Macif Épargne Vie, profitez d’une assurance-vie multisupport sans aucuns frais sur versement pour une épargne-projets simple, accessible et engagée.
Bref, vous aimez acheter et posséder. Vous appréciez les objets, les beaux de préférence, et les avoir à vous, disponibles à tout instant, vous rassure. Même si vous ne sortez votre nécessaire à fondue qu’une fois par an, c’est à chaque fois une petite cérémonie qui vous remplit de joie, et vous aimez accorder à chaque chose la place qui lui est due. Vous n’êtes pas matérialiste pour autant, et encore moins égoïste : votre voisin est bien content de louer de temps en temps votre berline à prix d’ami pour aller voir ses parents dans le Morvan.
2 Français sur 3
se déclarent prêts à partager des objets plutôt que de les posséder.*
1 Français sur 3
a pratiqué l’économie collaborative en 2017 (covoiturage, échanges de services, etc.).*
Vous êtes automobiliste et vous souhaitez louer plutôt qu’acheter ?
Découvrez l’offre de Location longue durée MACIF C’parti** !
* Source : DGCCRF, 2018 ** Offre réservée aux sociétaires Macif éligibles et sous réserve d’acceptation par Leaseplan.
Acheter c’est bien, mais on n’en a pas toujours les moyens ! Ce n’est pas que vous détesteriez accrocher quelques vestes de couturier dans votre penderie ou bichonner une voiture neuve dans votre garage. Mais pour optimiser votre budget, vous préférez louer : comme ça, vous ne payez que pour votre usage strict, et rien d’autre. Après tout, pourquoi acheter une perceuse pour une malheureuse tringle à rideaux alors que vous pouvez la louer pour 10 euros ou même l’emprunter en deux clics sur Internet ? Et en bon millénial, vous adaptez vos usages aux tendances collaboratives !
2 Français sur 3
se déclarent prêts à partager des objets plutôt que de les posséder.*
1 Français sur 3
a pratiqué l’économie collaborative en 2017 (covoiturage, échanges de services, etc.).*
Vous êtes automobiliste et vous souhaitez louer plutôt qu’acheter ?
Découvrez l’offre de Location longue durée MACIF C’parti** !
* Source : DGCCRF, 2018 ** Offre réservée aux sociétaires Macif éligibles et sous réserve d’acceptation par Leaseplan.
Entre eux, c’est tous les jours c’est la même histoire, quand Kimiko, 16 ans, retrouve son petit frère Zéphyr, 11 ans, en rentrant des cours, elle le couvre d’abord de câlins et de bisous, puis, en un instant, ils peuvent passer de l’amour à la haine. « Souvent la crise arrive lorsqu’elle commence à vouloir contrôler son frère et qu’il refuse ses accès d’autorité ou qu’elle le congédie sans ménagement parce qu’elle l’a assez vu », raconte Julien, leur père. Les protestations, les cris et parfois même les coups peuvent alors pleuvoir au grand dam des parents qui doivent les séparer, les gronder parfois et consoler l’un, voire les deux. « C’est toujours compliqué de savoir comment réagir, on leur demande simplement d’arrêter sans prendre parti pour éviter que l’un des deux se sente défavorisé », confient-ils. Dans la fratrie d’Emma, la trentaine, où elle a grandi entourée de ses quatre frères, c’était aussi assez sportif. Les garçons aimaient bien se bagarrer. « Il arrivait même que mon frère qui faisait de l’Aïkido me mette des coups de kendo quand je l’embêtais trop ou quand je me cachais sous son lit pour l’espionner, se souvient-elle. Un jour, mes frères se sont courus après autour de la table pendant qu’on mangeait une fondue. Mes parents criaient parce qu’ils craignaient que le caquelon se renverse. » Les parents d’Emma avaient une position claire, refusant d’intervenir dans leur brouille : « Il fallait qu’on se débrouille entre nous, sauf si c’était vraiment grave », se souvient la jeune femme.
Environnement calme, moins de dispute
Pour la psychologue clinicienne, Agnès Verroust, entre enfants, il peut y avoir une rivalité pour des choses aussi bénignes que les heures de coucher, mais aussi parfois au sujet des parents. « Il y a une concurrence naturelle entre les enfants, même quand les parents sont aimants de la même façon pour les uns comme les autres », précise-t-elle. Pas de culpabilité à avoir donc, mais il semble néanmoins important de rester vigilant. « On peut avoir plus de facilité avec l’un des enfants, mais ça ne veut pas dire qu’on aime moins les autres », ajoute-t-elle. Concernant la gestion du conflit entre enfants, la psychologue admet volontiers que plus les parents sont calmes et l’environnement sécurisant, moins la dispute sera le mode de fonctionnement. En revanche, « les enfants font tout en miroir, c’est le principe de l’éducation. Alors, si les parents sont stressés et en conflit, les enfants vont exprimer leurs émotions par la colère, la bouderie ou la violence », indique la psychologue.
Par ailleurs, si la crise entre frères et sœurs découle d’un problème d’autorité avec l’un des enfants, Agnès Verroust est claire, « il faut faire une séance de thérapie familiale pour que tout le monde reprenne sa place et que ça puisse être verbalisé et soutenu par un tiers ». Selon la psychologue, cette perte de repère peut parfois résulter de l’éducation positive et du fait que la parole de l’enfant a désormais plus de poids à la maison qu’à l’époque des familles traditionnelles. « La famille moderne n’a pas encore trouvé sa forme finale et il arrive que les places d’adultes et d’enfants se mélangent, ce qui est inconfortable pour tout le monde et peut faire naître des conflits », conclut-elle.
Désamorcer les situations explosives
La psychologue insiste également sur l’importance d’accompagner l’enfant dans l’apprentissage de son autonomie, qu’il ait plusieurs personnes sur lesquelles s’appuyer en cas de besoin. « Il est essentiel aussi de leur donner des clés et stratégies de résolutions de conflits en leur apprenant à prendre du recul et à désamorcer des situations explosives. » Enfin, il faut poser des règles assez claires. « Si c’est non, il faut éviter, dans la mesure du possible, que ça se transforme en oui », conclut-elle. Quelques petits conseils qui devraient vous permettre d’éviter ou en tout cas de limiter les disputes de votre progéniture.
Même si un nouveau-né ne parle pas, le Dr Pfersdorff, pédiatre et auteur de nombreux ouvrages* insiste : le dialogue entre bébé et ses parents s’installe dès la naissance. « Un nouveau-né dit plein de choses avec le mouvement de ses yeux, de ses doigts, de ses jambes… Il est très important que les parents y soient attentifs. » Il est également essentiel de comprendre qu’à la naissance et durant ses tout premiers mois, un bébé ne voit pas vraiment, sa vision n’étant pas encore installée. Au contraire de ses autres sens (le toucher, l’odorat, le goût et l’ouïe) qui sont eux très développés.
Favoriser l’échange et l’écoute
Mais quel est le lien entre l’apprentissage du langage et ses sens ? « L’audition du bébé est très sensible, elle est bien plus développée que chez un adulte », explique le docteur Arnault Pfersdorff. C’est pour ça, par exemple, qu’un objet qui tombe au bout de la pièce va le faire sursauter. « Dès la maternité quittée et le retour à la maison, il faut prendre l’habitude que l’enfant soit dans un environnement calme pour favoriser le langage et l’écoute. C’est très important, car il a une telle hyperacousie que s’il y a trop de bruit, il ne va pas faire la différence entre les sons, ça va le stresser et ça peut le fatiguer. Il faut lui parler quand il est calme, après un repas, par exemple, on rapproche son visage du sien et on ne parle pas trop vite ni trop fort, on chuchote même. » D’ailleurs, une fois la vue de bébé vraiment opérationnelle vers 5-6 mois, le pédiatre recommande de conserver cette habitude de lui parler sans être trop loin, en veillant à lui faire face et en articulant bien les mots.
Jouer sur la répétition des mots
Si l’environnement et les moments de communication sont très importants, ce qu’on dit l’est tout autant pour développer le langage de son bébé. D’une part, il faut utiliser des « mots simples, des mots qu’il faut reprendre souvent, comme “papa”, “maman”, ça va de soi, mais aussi “je suis là” ». Car ce qu’on dit doit avoir du sens pour bébé : ainsi, avec un nouveau-né, il faut veiller à expliquer le contexte et l’action qui va venir. Enfin « on ne fait pas de phrases longues », préconise le Dr Pfersdorff. « L’enfant va comprendre que ces phrases courtes correspondent à un événement qui va se passer peu après. Par exemple “Je vais te donner ton bain” ou “Je vais te donner à manger”. Il va retenir le mot “bain”, le mot “manger”… Plus on prend le temps de lui parler, plus il va comprendre. Mais ça ne veut pas dire qu’il va reproduire. » En effet, si bébé babille, le médecin rappelle qu’un nourrisson n’aura qu’entre 50 et 100 mots à son vocabulaire à 2 ans et ne parlera véritablement qu’à 3 ans. Au fur et à mesure que bébé grandit, on fait évoluer les mots, on les diversifie. Mais attention, en utilisant ce que le médecin appelle « les mots justes », particulièrement, explique-t-il en ce qui concerne son anatomie. C’est d’ailleurs dans cette même idée de « mots justes » qu’il déconseille d’utiliser avec son enfant un langage trop bébé (par exemple, dire le « lolo » pour l’eau, etc.).
Ce qu’on dit, mais aussi la manière dont on le dit
S’appuyer sur des chansons pour transmettre le langage aux plus petits est utilisé depuis très longtemps. À juste titre. Avec leur vocabulaire simple et leurs refrains, les comptines sont particulièrement intéressantes. « Il faut que le texte soit répétitif, note Arnault Pfersdorff. Mais il faut aussi que la mélodie soit apaisante. » D’ailleurs le professionnel de la petite enfance « incite les parents à dire les choses par le chant ». Car, la forme a aussi son importance dans l’apprentissage du langage. C’est pourquoi on évite de parler à son bébé quand on est sous le coup du stress ou accaparé par autre chose. Ce qui peut, il est vrai, ressembler à la description de tout jeune parent, privé de sommeil et débordé. C’est pourtant un idéal vers lequel il faut tendre. « À la manière dont on lui parle, un nourrisson voit très vite si ses parents sont énervés ou calmes. Si on n’est pas disponible, si on est pressé, il y a des courses à ranger, s’il y a ceci ou cela, on n’a pas du tout la même tonalité, le même débit et le nourrisson va s’en rendre compte. Et ça peut le stresser. Alors qu’il faut justement prendre le temps de lui parler, en lui faisant face et en interrompant son activité », explique le pédiatre avant de déculpabiliser les parents : « Évidemment, on ne peut pas le faire tout le temps… » Et dans le cas où on est énervé, que faire ? « Si on peut, il vaut mieux que ce soit l’autre parent qui s’en occupe. Sinon, attendre que ça passe pour lui parler, lui faire un sourire ou des gestes avec la main pour être dans l’échange. »
* Bébé, premier mode d’emploi (Hachette)
Votre enfant de 0 à 16 ans (Hatier)
Les points à retenir
On choisit un moment calme, lorsque bébé est réceptif
On se rapproche de lui et on se met bien face à lui
On ne parle pas fort et on articule
On fait des phrases courtes
On répète les mots
On n’utilise pas un langage trop bébé et au fur et à mesure qu’il grandit, on diversifie le vocabulaire
On prend son temps (on ne fait pas autre chose en même temps)
On s’aide avec les comptines
On évite de s’adresser à lui dans nos moments d’énervements
Qui n’a pas eu d’enfants ne peut pas imaginer la force vocale d’un tout petit qui pleure et crie, ni la détresse ou même parfois l’irritation des jeunes parents lorsqu’ils sont confrontés à ce genre de crise. Comme l’explique Julie, jeune maman de 41 ans de deux garçons de 5 et 3 ans, Léo et Noah. « C’est simple, avec la maternité j’ai découvert que je ne supportais pas les pleurs de mon bébé. Physiquement. Ça me brisait littéralement le cœur. Et je devenais une boule d’angoisse qui se demandait ce qui pouvait bien lui arriver et évidemment si c’était grave si je n’arrivais pas immédiatement à le calmer. » Un aveu qui fait sourire Karine, car, comme le elle dit : « Moi non plus, je ne supporte pas les pleurs de ma fille, Jade. Pas parce que ça me brise le cœur, soyons honnête, mais parce que ça me casse les oreilles et me tape sur les nerfs. »
Première étape, on déculpabilise
Pourtant, toutes les deux font cette même confession : lorsque leur bébé pleurait, que ça les irrite ou les attriste, elles avaient surtout le sentiment d’être une mauvaise mère. « Je n’ai pas allaité mes enfants, raconte Julie, alors j’avais déjà l’impression d’être égoïste et en plus incompétente. » Alors que, selon le pédopsychiatre Stéphane Clerget*, il faut au contraire arrêter de culpabiliser. Car si les pleurs de notre bébé nous atteignent autant, « c’est qu’on est génétiquement programmés pour. Le pleur est un mécanisme de survie indispensable aux êtres humains, puisqu’ils ne naissent pas autonomes. Génétiquement, il y a une sélection naturelle qui fait que ce sont ceux qui ont des pleurs qui agacent, qui inquiètent, qui énervent, qui font réagir, bref qui touchent les parents, qui ont survécu. Il est indispensable que les pleurs nous fassent réagir : car si on n’intervient pas, il risque d’être en danger. La nature est bien faite. »
Trouver la cause des pleurs
On peut donc se féliciter que notre bébé pleure. Dans ces conditions, le meilleur moyen de garder son calme (et de faire cesser ses cris et ses larmes) c’est d’en trouver la cause. « C’est une règle, on ne le laisse pas pleurer un nouveau-né. Un pleur de bébé n’est jamais simulé, rappelle le Dr Clerget, mais toujours lié à un inconfort. Cependant certains enfants vont pleurer avec plus ou moins d’intensité selon leur personnalité, leur nature, leur anatomie. Mais en général, les pleurs sont proportionnels au degré d’inconfort. La première étape est de se demander pourquoi il pleure, même si on n’a pas forcément la réponse tout de suite. »
C’est justement de ne pas toujours réussir à comprendre ce qui provoquait les crises de son fils, qui stressait profondément Julie, jusqu’à ce qu’elle « fasse ce truc tout bête qui a réussi à canaliser mon angoisse et à l’apaiser : j’ai fait une liste de ce qui peut faire pleurer un bébé, du genre il veut un câlin, il faut changer sa couche, il a faim, il a froid-chaud, il a de la température, il fait ses dents… Et quand il pleurait, je passais la liste en revue. En fait, je n’en ai rapidement plus eu besoin, c’est devenu automatique, mais ça m’a bien aidée. Et pour son petit frère, j’ai même pu m’en passer ».
Trouver une méthode adaptée à son ressenti de parents
Karine qui s’irrite vite et qui a le sentiment de ne pas avoir suffisamment de patience pour trouver la solution aux pleurs, en a parlé avec son conjoint pour trouver une méthode à deux. « Rien que de formuler le problème, ça m’a beaucoup déculpabilisée. Et, en parlant entre nous, on a découvert que lui “résistait” mieux que moi face aux pleurs. Du coup, lorsque je n’en peux plus, il prend immédiatement le relais avec notre fille, tandis que je m’isole dix-quinze, voire parfois même trente minutes, dans une autre pièce avec des écouteurs dans les oreilles et de la musique hyper forte. Ça me permet de décharger la tension. » Mais tout le monde n’a pas la chance de pouvoir compter sur l’aide d’une autre personne. Et certaines, comme Julie, n’envisagent absolument pas de déléguer. « Ce qui a vraiment tout changé pour moi, et je n’exagère pas, c’est d’acheter une écharpe de portage pour la maison. J’ai quasiment tout fait avec Léo dedans quand il était tout petit : cuisine, ménage, même me maquiller. Ça l’apaisait beaucoup d’être contre moi quand il pleurait et moi, ça me donnait le sentiment de le consoler, tout en pouvant continuer à faire ce que je devais faire. J’ai fait la même chose avec son petit frère. » Quant au Dr Stéphane Clerget, s’il rappelle que « s’énerver est totalement inutile », car ça ne fera pas cesser les pleurs, mais concède que « le seul intérêt de s’énerver c’est que ça nous soulage parce qu’on est contrarié », il donne cette règle d’or : « Il ne faut jamais le faire devant l’enfant. »
* Auteur, entre autres, de L’Intelligence spirituelle de votre enfant (le livre de poche)
C’est le rire de Denise qui m’a réveillée. Un autre, que je ne connaissais que trop bien, lui a répondu en écho. Dans ma chambre flottait cette odeur de cacahuète reconnaissable entre mille.
Il fallait que je sache. D’un bond je sors de mon lit et me rue dans la cuisine.
Denise était sur son 31, permanentée, maquillée et bijoutée, le tout sous un grand tablier de cuisine. Posée sur le plan de travail devant elle, la tablette que je lui ai offerte pour Noël. Sur l’écran, en visio et en gros plan, le visage de ma mère. Sur le feu, le poulet mafé de mon enfance.
« Ah voilà la lève-tard, dit Denise. Alors, prête pour le grand entretien ? »
« Lève-tard, lève-tard, il n’est même pas encore dix heures. Pour l’entretien, je le prends à la cool, j’ai fait tout ce qu’il fallait pour. Et toi maman, tu divulgues nos secrets culinaires de famille à ce que je vois ? »
« Bonjour ma chérie, me répondit ma mère. Denise voulait te préparer une surprise pour fêter ta note sociale. Je me suis dit que ça te ferait plaisir. »
« Bien sûr que ça me fait plaisir, répondis-je. Mais, et c’est le cas de le dire, pas la peine d’en faire tout un plat de cet entretien. Ce n’est pas la première fois que je le passe je vous le rappelle. Allez, je vous laisse, il faut que je m’habille quand même. Bisous maman. »
Derrière moi, les éclats de joie ont repris de plus belle. Je n’aurais jamais dû les mettre en relation ces deux-là.
Sous la douche, je fais le point et essaie de rester calme. Je me répète en boucle que le rendez-vous, programmé ce matin à onze heures trente, ne devrait être qu’une formalité. Les discussions incessantes sur le sujet depuis plusieurs semaines, le fait que j’ai dû poser un jour de congé et le léger poids sur ma poitrine essaient pourtant de me convaincre du contraire. Tenue décontractée enfilée, besoin de me sentir à l’aise, je fais un tour dans le salon pour vérifier que tout soit en ordre. Denise, assise sur son fauteuil, fait ses mots croisés, ayant laissé le plat mijoter à feu doux. A quatre-vingt-deux ans, elle a encore l’esprit alerte et garde rigoureusement ses habitudes de cruciverbiste, « pour exercer son cerveau » comme elle dit. Coup d’œil circulaire : un peu de rangement et de ménage ne ferait pas de mal pour donner la meilleure image possible.
J’avais à peine eu le temps d’arranger les coussins et les bibelots, j’allais sortir l’aspirateur de son placard quand on a sonné.
Je regarde mon téléphone, il n’est même pas onze heures. Denise m’interroge du regard, je lève les sourcils en signe d’ignorance.
« Ne bouge pas, j’y vais, je lui dis »
J’attrape l’interphone. « Allo ? ».
« Oui bonjour, c’est pour l’enquête sociale. » Une voix d’homme, assez grave. La quarantaine je dirais.
« Le rendez-vous n’était pas pour onze heures trente ? »
« Si mais j’étais dans le quartier, je me suis dit que cela vous arrangerait sans doute que je passe en avance… »
Bien sûr, prends-moi pour une idiote. Tu veux surtout me prendre au dépourvu.
« Je vous ouvre, troisième étage gauche ».
Je me retourne vers Denise. Debout, droite comme un « i », les yeux écarquillés. Déjà qu’elle est de nature très blanche de peau, mais là on dirait un fantôme. Translucide.
« Assieds-toi, je gère. Et respire, ne va pas nous faire un malaise, je suis en congés moi aujourd’hui ».
Elle retombe d’un coup sur son fauteuil.
J’ouvre la porte.
Devant moi s’avance un homme blanc assez grand, chauve, avec dans les yeux un air un peu perdu. Une inoffensivité de façade. Il est en pantalon de toile gris et chemisette rayée, vêtement dont je n’ai jamais compris ni la raison d’être, ni l’esthétique. Au bout de son bras gauche, un attaché case fatigué. Il me tend sa main droite.
« Bonjour, vous devez être Fatou Abisanya ? Monsieur Petel du Ministère des droits sociaux et du logement. Je peux entrer ? »
Je m’efface…
Nous nous installons sur la table de la salle à manger. Après avoir posé devant lui un gros dossier avec mon nom écrit au feutre, il installe une petite caméra numérique. Pas un mot depuis qu’il s’est assis.
En face de lui, je n’arrête pas de croiser et décroiser mes jambes. Dans mon champ de vision, Denise dans son fauteuil. Elle a l’air de lire un magazine, mais les coups d’œil incessants dans notre direction la trahissent.
« Bien. Je suis prêt madame Obisanya. Vous saviez que l’entretien serait filmé ? Vous aurez bien sûr un droit d’accès complet à cette vidéo si vous le souhaitez. Comme vous le voyez, nous sommes tous les deux dans le cadre et le micro capte l’ensemble de nos conversations. Pas d’objections ? »
« Je peux m’y opposer ? » Il sourit.
« Vous pouvez tout à fait refuser. Mais cela mettrait fin à notre entretien et vous obligerait à renoncer à toute évaluation sociale, avec les conséquences que vous connaissez… On commence ? »
Sans attendre ma réponse, il appuie sur le bouton « record » et ouvre son dossier. « Je commence par un bref rappel du contexte. Je suis sûr que vous le connaissez mais c’est la procédure. Donc, après les événements tragiques qui ont conduit à l’effondrement de 2031 puis à la « grande crise » 2032-2038, il a été décidé par référendum de refondre l’intégralité de notre système social. Nous avons opté pour un fonctionnement un peu plus euh… « directif »
Le fauteuil du salon se met à ricaner pile à ce moment-là. Monsieur Petel tourne la tête un instant avant de reprendre.
« Il a donc été décidé de conditionner l’accès aux aides d’état, mais aussi aux logements, au montant des points retraite bonus, à l’étendue de la couverture médicale gratuite…à la valeur ajoutée que chacun apporte à la société. Une valeur non économique mais sociale. En gros, plus vous contribuez à rendre la société meilleure, plus votre score est élevé…et plus vous bénéficiez d’avantages. Dans votre cas, c’est votre entrée dans une école d’infirmière qui vous a permis, il y a cinq ans, de pouvoir prétendre à une « colocation intergénérationnelle de niveau un », à une « colocation conventionnelle de niveau trois » ou à une « location autonome de niveau quatre ». Vous avez opté pour la colocation intergénérationnelle. Colocation que vous menez depuis avec Madame Denise Bodert dans son appartement du 15 rue de l’église à Neuilly-sur-Seine. Alors, comment se sont passées ces cinq dernières années ? »
J’étais sur le point de parler quand j’ai senti le poids d’un regard, une tension venant du salon. « Je ne vais pas me lancer des fleurs. Puisqu’on a ma logeuse sous la main, autant en profiter non ? Denise, au lieu de nous écouter en douce, tu veux bien venir nous dire un mot ? C’est plutôt toi que ça concerne cette question. »
« Mais je ne vous écoute pas,» me répond une petite voix. Si ça, ça ne s’appelle pas un aveu… « Peut-être que mes oreilles trainaient un peu voilà tout, ajoute-t-elle dans un souffle. »
Elle s’extirpe de son fauteuil, vient se placer à côté de moi.
« Alors Madame Bodert, que pouvez-vous nous dire de tout ça ? »
« Au début cher monsieur, j’étais furieuse. » Ça commence bien. Je ne sais pas si j’ai eu une bonne idée de l’intégrer dans la conversation. « À aucun moment je ne voulais quelqu’un chez moi. Dans cet appartement où j’avais élevé mon fils et perdu mon mari. Mais l’état a décidé, pour résoudre la crise du logement, de taxer tellement fortement les logements vides, les résidences secondaires, les bureaux inoccupés et même les chambres vacantes qu’il ne me laissait pas le choix : j’allais devoir héberger un inconnu chez moi. Oui, un inconnu puisque je ne peux pas louer à une connaissance ou une connaissance de connaissance si elle n’a pas son accréditation de l’Etat. Je comprends la finalité : ouvrir l’accès aux logements. Je suis bien consciente que c’est de « l’entre-soi », mais vous me poussiez très loin de ma zone de confort. À mon âge… À contrecœur, j’ai rencontré les candidats que vous m’avez envoyé. Au début, Fatou le sait, elle n’était pas mon premier choix. Une jeune fille noire, enfant de réfugiés, je pensais qu’elle et moi nous n’aurions rien en commun, que le quartier ne lui conviendrait pas. J’avais peur des commérages. Bref, je l’ai reçu froidement. Et là, le choc ! Sa bonne humeur, sa candeur, et surtout la façon qu’elle avait de me parler. Tous les autres me traitaient avec une sorte de déférence mortifère, comme s’ils avaient peur de me casser. Je ne suis pas en sucre et encore moins prête à être mise en terre. Elle, elle me parlait comme à une personne normale, pas comme à une pièce de musée. Je lui ai dit oui tout de suite. Je ne l’ai jamais regretté. Plus je la découvre, plus je l’aime. Elle sait être présente sans être oppressante, indépendante sans être laxiste. Elle m’a présenté ses amis. Ils m’ont même sorti plusieurs fois. J’ai tellement ri. Je croyais ma vie derrière moi et je me surprends à attendre demain avec impatience. Elle me transmet son virus de la jeunesse chaque jour. C’est une bénédiction. Et je crois que je peux dire qu’on est devenu amies. Elle et moi, c’est « la mif », « le sang » comme elle dit. »
Un gloussement m’échappe. Elle est incroyable cette nana.
« Ravi d’entendre ça, répond le fonctionnaire en chemisette. Madame Abisanya, quelque chose à rajouter ? »
« Non, tout est dit ». Je ne peux m’empêcher de la regarder et de sourire.
« Bien. Pour en venir à notre situation d’aujourd’hui, vous avez validé vos études, commencé à travailler à l’hôpital public, et vous êtes investis dans l’association « la maraude 92 » avec une fréquence d’une intervention par semaine en moyenne. Est-ce que j’oublie quelque chose ? »
« Non, avec ça mes semaines sont bien remplies. »
La petite voix à ma droite intervient : « elle a aussi mené un atelier de sensibilisation aux gestes de premiers secours dans mon club de lecture »
« Ça ne compte pas ça Denise »
« Si, si, dit la chemisette. La responsable du club a bien envoyé une déclaration, je l’avais noté là. »
Il s’arrête de parler, baisse la tête, relit ses notes, passe d’une feuille à l’autre en les parcourant du doigt. L’attente semble interminable.
Puis, il pose tous ses papiers, met ses coudes sur la table, croise les mains. C’est le moment…
« J’ai le…plaisir de vous annoncer que vous avez accès à toutes les possibilités de logement de niveau 1, que ce soit en colocation traditionnelle, intergénérationnelle mais aussi en logement autonome. Vous pouvez donc dès à présent postuler pour un appartement pour vous dans n’importe quel quartier. »
Denise pose sa main sur mon bras. Son regard est plein d’une fierté qui me rend les yeux humides.
Il reprend « Vous avez du temps pour faire votre choix. Mais si vous savez déjà sur quel type de logement vous aimeriez vous positionner, je peux l’enregistrer tout de suite. »
Denise s’agite sur son siège. « À son âge c’est bien de pouvoir avoir son indépendance. C’est mieux que de devoir se coltiner la petite vieille et l’aider à monter ses courses, supporter sa musique, l’entendre raconter pour la centième fois la même histoire… »
Je la coupe : « Monsieur Petel, ce choix, il est définitif ? »
« Vous vous engagez pour une durée de deux ans minimum. Si vous voulez changer, il y a une nouvelle évaluation pour vérifier votre statut et vous pouvez ensuite déménager ».
« Parce que voyez-vous, je ne me vois pas comme la petite jeune au chevet d’une vieille personne. Denise m’a apporté tellement et continue de le faire. Sans s’en rendre compte. Elle me fait relativiser. Elle m’apaise. Elle a raison, elle est de la famille. Vous pouvez noter que je reste ici pendant au moins deux ans. Le temps qu’elle devienne grabataire et que je lui vole son héritage »
Denise part dans un rire sonore qui n’en finit plus mais je sais que si on se regarde, on pleure. Elle le sent elle aussi.
Sans tourner son visage vers moi, elle se lève précipitamment en s’écriant « mon poulet ! ».
« C’est vrai que ça sent rudement bon. » dit le fonctionnaire en chemisette.
« Vous allez bien rester à déjeuner ? » lui répond la voix dans la cuisine.
Il semble que Denise ait envie d’adopter quelqu’un d’autre.
Rapporter ses anciens produits en boutique en échange d’un bon d’achat en magasin : les enseignes à proposer ce type d’offres sont de plus en plus nombreuses. Et ce, dans toujours plus de secteurs. Le prêt-à-porter a saisi le créneau il y a plus d’une décennie et représente aujourd’hui une grande partie de ce marché. Mais on retrouve des démarches similaires dans les magasins de téléphones et ordinateurs portables, cartables, et même chez les concessionnaires automobiles. Concrètement, ces bons représentent généralement un pourcentage assez faible de la valeur d’achat initiale du produit, et peuvent varier selon l’état du bien, notamment dans le cas d’appareils électroniques. En général, ces produits sont soit réinjectés sur le marché après réparation et/ou reconditionnement, soit envoyés dans des centres de recyclage lorsqu’ils sont en mauvais état. « Proposer un bon d’achat en échange est un moyen pour les marques de fidéliser leur clientèle », observe Ilfynn Lagarde, spécialiste de l’économie circulaire et fondatrice de Youzd, une plateforme d’achat et de revente d’équipement de la maison de seconde main.
Augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs
Qu’en est-il du consommateur ? Le premier argument mis en avant par les enseignes en faveur de ce dispositif est qu’il permet d’augmenter le pouvoir d’achat de leurs clients. « Cette stratégie marketing a un impact direct sur les prix, permettant aux consommateurs d’acheter moins cher ou plus pour le même prix », observe Béatrice Siadou-Martin, chercheuse experte en consommation responsable au sein de la Chaire Maréson à l’université de Montpellier. « Aujourd’hui, le consommateur est dans une recherche de variété », ajoute la chercheuse. Dans cette optique, lui donner la possibilité de ramener régulièrement ses achats en magasin est un moyen de concilier cette volonté avec des enjeux environnementaux de réemploi des produits. « Cela permet de capter tout le stock, notamment de vêtements et d’appareils informatiques, qui dorment trop souvent dans nos tiroirs », confirme Ilfynn Lagarde. Chaque année, les Français jettent en moyenne 200 000 tonnes de vêtements et autres accessoires vestimentaires, selon les données de Refashion. Soit environ 40 % de la production annuelle. Proposer aux consommateurs de ramener leurs achats en magasin est donc, théoriquement, une manière de faire un pas de plus dans la réduction de l’empreinte environnementale de secteurs souvent très polluants.
Mais, nuance Ilfynn Lagarde, « le principe de réinjection dans le marché de la seconde main ne fonctionne qu’avec des objets en très bon état ou dont le prix de revente sera suffisamment élevé pour que la réparation ou le reconditionnement, qui peuvent coûter très cher, soient rentables ». Autrement dit, en ce qui concerne la « fast-fashion », dont le prix de vente initial est déjà très bas, le coût de réparation est trop élevé pour espérer lui donner une seconde vie : « Dans ce cas, il n’y a pas d’économie circulaire. » Seuls certains produits sont donc susceptibles d’être réemployés. Certaines enseignes, comme Faume pour les vêtements et Back Market pour les téléphones et ordinateurs, en ont fait leur spécialité.
« Sur des marques low cost, on est clairement sur du greenwashing », poursuit Ilfynn Lagarde. Un greenwashing qui encourage ces enseignes à continuer de produire en masse et à polluer. En fin de compte, ce système ne pousse pas à remettre en question le modèle de la fast-fashion, intrinsèquement ultra-polluant, même si ces vêtements sont effectivement recyclés, car recycler pollue toujours plus que produire moins.
La question de la durabilité est essentielle, même en ce qui concerne le pouvoir d’achat des consommateurs. Si ce dernier augmente effectivement sur le court terme, la reprise contre bon d’achat est néanmoins « une incitation à la consommation et à l’achat frénétique », rappelle Béatrice Siadou-Martin : « Acheter un jean pour 140 euros, mais qui durera dix ans est probablement plus rentable que d’en racheter un chaque année. Même chose pour les cartables, qui sont maintenant changés chaque année. » Difficile de savoir si, sur le temps long, le consommateur est alors effectivement gagnant.
VOUS ÊTES SOCIÉTAIRE MACIF ?
Grâce à Macif Avantages, améliorez votre pouvoir d’achat en profitant des offres et bons plans qui vous sont réservés.