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  • Mars Bleu : cancer colorectal, dépister pour mieux soigner

    Mars Bleu : cancer colorectal, dépister pour mieux soigner

    « Le cancer du côlon est un fléau », s’attriste le Dr Jean-Christophe Letard, hépato-gastro-entérologue basé à Poitiers. « Il provoque 18 000 décès par an, autant d’hommes que de femmes. Cela fait un mort toutes les 30 secondes. Alors que plus le dépistage de ce cancer est fait précocement, meilleur sera le pronostic pour le patient. » Depuis 2009, un test de dépistage du cancer colorectal est proposé gratuitement tous les deux ans, aux plus de 50 ans : le test Hemoccult II. Il permet de dépister la présence de sang dans les selles et donc la présence éventuelle d’une tumeur cancéreuse. Pourtant, selon une enquête de Santé publique France réalisée en 2019, le test n’est réalisé que par 35 % des personnes concernées.

    Ne pas attendre pour se faire dépister

    Comme les autres Français de plus de 50 ans, Carlos Cardoso, habitant à Marseille, a reçu un courrier pour faire le test. « Comme beaucoup de personnes, je n’ai rien fait. Le protocole était trop compliqué, car il fallait voir son médecin généraliste pour disposer d’un test. » Il a laissé passer un deuxième courrier, puis un troisième. « En 2023, le protocole est devenu plus pratique, car on pouvait récupérer directement le test en pharmacie. » À son quatrième courrier, M. Cardoso, aujourd’hui âgé de 54 ans, se décide enfin, récupère le test et le fait. Celui-ci se révèle positif et le patient prend rendez-vous avec un gastro-entérologue pour faire une coloscopie. « J’avais plusieurs polypes, des tumeurs précancéreuses, qui ont été enlevés. Je n’avais pas pris conscience auparavant que le cancer colorectal était un cancer aussi développé. Heureusement, maintenant, c’est derrière moi et j’ai pris conscience du danger. Aujourd’hui, j’essaie de sensibiliser tout le monde : le test est très simple à faire et il faut le faire ! »

    Un test très facile à faire

    Robert Perrin, 73 ans, vivant à Toulouse, a été plus sérieux avec le test Hemoccult II : « J’ai une vie saine. Je ne bois pas d’alcool et je ne fume pas. Je n’avais aucune douleur au ventre. Je pensais avoir zéro risque de développer ce type de cancer. » Sur l’incitation de son médecin généraliste, M. Perrin fait quand même le test tous les deux ans, à partir de 50 ans. « Le test Hemoccult II est très facile à faire. On le fait chez soi, en toute intimité. Tout est bien expliqué dans la brochure qui accompagne le test. Il suffit de prélever un peu de ses selles, de les mettre dans un tube avec un liquide, de rajouter son nom, son prénom sur une étiquette et de l’envoyer gratuitement à un laboratoire d’analyse. En résumé, c’est simple, bien expliqué, à faire chez soi et gratuit ! »

    Ce dépistage régulier va sauver M. Perrin. Les tests qu’il fait, entre ses 50 ans et ses 70 ans, se révèlent négatifs. Mais à 71 ans, il découvre qu’il est atteint d’un cancer colorectal : le test positif a été confirmé par une coloscopie et une biopsie. Il doit subir une colectomie (ablation d’une partie du côlon) et suivre un protocole de chimiothérapie. Son cancer est aujourd’hui en phase de rémission. « J’ai eu de la chance, car il a été pris à temps. Je n’attendais pas à développer ce cancer. » Cette « rencontre inopinée », Robert Perrin a décidé d’en faire un livre, « pour décrire mes émotions, faire partager mon expérience et inciter à la prévention et au dépistage »1.

    Quels sont les freins qui bloquent certaines personnes ?

    « Il y a encore beaucoup de tabous concernant cette partie du corps, le rectum et l’anus. Cela peut être un frein pour le dépistage », explique Carlos Cardoso. Ce que confirme Robert Perrin : « Le fait de manipuler ses selles peut poser problème à certains. Pourtant le prélèvement prend juste quelques dizaines de secondes. » D’autres freins peuvent apparaître selon M. Perrin : « Certains ont peur de savoir, sont dans le déni, alors ils ne font pas le test. Comme si ne rien savoir, cela les protégerait… D’autres personnes n’ont pas de symptômes, de douleurs, alors ils pensent qu’ils n’ont rien. Enfin, bien sûr, il y a l’indifférence, la négligence. »

    Le Dr Letard indique qu’il est possible de faire un test Hemoccult II avant 50 ans : « Pour ceux qui ont des antécédents familiaux avec le cancer du côlon ou ceux qui ont des signes, douleurs abdominales ou troubles du transit. Le plus important est de parler librement du sujet du cancer du côlon avec son médecin généraliste. La campagne de Mars Bleu2 est une très bonne opération pour cela, ouvrir le dialogue, la discussion autour de ce cancer. »

    S’il reconnaît que le test Hemoccult II, mis en place depuis quinze ans, a été une étape importante, le Dr Letard va plus loin en matière de prévention : « Il faudrait proposer une coloscopie à toute la population. Ce serait plus efficace. Évidemment, cela aurait un coût important au départ, mais ce serait économiquement rentable à terme, car il y aurait moins de cas de cancers à traiter. Aujourd’hui, il y a environ 40 000 nouveaux cas de cancer du côlon par an en France. Une coloscopie préventive permettrait de faire baisser ce chiffre. Selon des chiffres de la Société française d’endoscopie digestive (SFED), si l’on augmente les coloscopies de 30 %, on fait baisser la mortalité par cancer du côlon de 50 %. »

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    Robert Perrin, Rencontre inopinée avec un cancer colorectal (Éditions Complicités, 15 €, 2024 – les droits d’auteur du livre sont reversés à une association d’aide aux patients atteints d’un cancer)

    2 www.ligue-cancer.net/mars-bleu

  • Bébé arrive : comment préparer l’aîné  ?

    Bébé arrive : comment préparer l’aîné  ?

    Fin de l’enfant unique

    L’arrivée d’un nouveau-né dans une famille perturbe inévitablement la relation entretenue par les parents avec leur premier enfant, perdant son statut d’enfant unique pour celui de grand frère ou grande sœur. Alors, comment faire pour accompagner avec douceur ce changement ? Tout commence avec l’annonce de la grossesse. Pour Héloïse Junier, psychologue petite enfance et autrice de Frères et sœurs – une histoire de complicité et de rivalité – (février 2025, éditions Les Arènes), les parents devraient se poser la question de l’inclusion de l’aîné dès le début même de la grossesse. « Déjà, lorsque la mère tombe enceinte, la communication avec l’aîné change. La mère peut être plus fatigable et moins disponible, spontanée et enjouée. L’enfant capte tous ces signaux non verbaux très facilement, quelle que soit sa tranche d’âge, parfois avant même que la mère sache qu’elle est enceinte », explique-t-elle.

    S’adapter à l’âge de l’aîné

    La capacité d’un enfant à comprendre une grossesse est très variable suivant son âge. Pour un enfant de moins de 5 ans, une grossesse est très abstraite. Nombre de parents s’appuient sur des lectures. Dans le rituel du coucher de leur petit de 2 ans, Sarah et Baptiste ont introduit des livres qui parlent de naissance de petit frère et sœur et du processus de la grossesse jusqu’à la maternité. « On lui a aussi montré des photos de sa naissance. Ça l’a rassuré. Mais on a veillé à ne pas lui en parler tout le temps pour ne pas le perturber », précise Sarah. En revanche, un enfant de plus de 10 ans, lui, prend conscience de la grossesse et peut se projeter. « Les parents vont pouvoir le missionner et le responsabiliser. Il aura un rôle très important à jouer. Il est essentiel de l’intégrer », rappelle Héloïse Junier. Stéphane et Marie, père et belle-mère de Raphaël, ont impliqué l’ado de 12 ans pendant toute la durée de la grossesse. « On lui montrait les échographies, il connaissait les dates clés. Il posait beaucoup de questions », racontent-ils. Les parents lui ont proposé de participer aux préparatifs pour accueillir Billie. Avec enthousiasme, l’ado a aidé à préparer la chambre, donné son avis sur le choix des vêtements et du mobilier et participé à la rédaction de la liste de naissance. « On lui a aussi expliqué qu’il serait souvent réveillé par les pleurs et qu’on aurait parfois un peu moins de temps pour lui. On lui a demandé s’il pouvait parfois jouer un rôle de soutien pour nous soulager », se souvient Marie. À la naissance de Billie, Raphaël a naturellement proposé son aide pour lui donner les biberons, il préparait ses purées et venait observer le rituel du bain. « Il était très affectueux et la prenait souvent dans ses bras », ajoute Marie.

    Système d’attachement réactivé

    Dans la famille de Sarah, le premier mois après la naissance a été très difficile. Le petit Hugo a adopté une attitude de rejet envers son petit frère. « Il disait qu’il ne l’aimait pas, avait des gestes brusques et faisait parfois des crises. Mais, après un mois, il a commencé à accepter et prendre plus soin de son frère », confie Sarah. La psychologue petite enfance explique que « pour un enfant en bas âge, la naissance d’un petit frère ou petite sœur peut être très insécurisant. Son système d’attachement peut être réactivé. Il ne s’agit pas de jalousie, mais d’un besoin pour se rassurer de retrouver une proximité avec sa mère désormais moins disponible ». Ainsi, les parents d’Hugo n’ont pas hésité à lui dire qu’ils restaient ses parents et que sa place dans la famille ne serait pas menacée par le bébé. Pour qu’Hugo ne se sente pas délaissé, chacun a veillé à avoir des temps et activités individuels avec leur aîné, comme aller au parc à jeux ou faire de la lecture sans le bébé. De leur côté, Marie et Stéphane ont fait attention à ne pas mettre la pression à Raphaël sur son rôle de grand frère. « Au contraire, on insistait plus sur le fait qu’on serait toujours présent pour lui. Son père lui rappelait son amour. De temps en temps, il l’emmène voir un match ou déjeuner au restaurant entre père et fils », souligne Marie. Soirée film, sushis ou burgers… ils ont toutes leurs soirées privilégiées avec Raphaël après le coucher du bébé.

    Bébé et famille recomposée

    Une famille recomposée comme celle de Marie doit être encore plus attentive au bien-être de l’aîné. « Le lien entre demi-frères et demi-sœurs peut-être moins fort. Avoir des relations stables peut être compliqué. Ainsi, les parents peuvent redoubler d’effort pour consolider ces liens, comme faire preuve d’une grande équité entre les enfants et pourquoi pas encourager à ce qu’ils s’appellent “frère” et “sœur” », recommande Héloïse Junier. Naturellement, Raphaël a nommé sa demi-sœur comme « sœur », les parents ayant bien veillé à lui laisser le choix. « On ne voulait rien lui imposer », insiste Marie.

  • Batch cooking : les avantages et les inconvénients

    Batch cooking : les avantages et les inconvénients

    Batch cooking : de la motivation

    C’est à une période difficile de sa vie que Sarah Gernet, 29 ans, a commencé à « batch cooker ». Alors qu’elle combinait sa dernière année de Master avec une alternance au rythme intensif, l’annonce du divorce de ses parents a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. « À cette période, je devais assurer la vie domestique, dont la préparation des trois repas par jour pour ma petite sœur et moi. J’ai commencé par perdre beaucoup de temps en cuisine pour finir par me dire : “Tant qu’à avoir quelque chose sur le feu, qu’est-ce qui m’empêche de lancer un autre repas qu’on mangera plus tard ?” », se souvient-elle, ravie de constater après quelques semaines qu’elle avait considérablement réduit son temps passé aux fourneaux.

    C’est quelques années après, pendant le confinement, qu’elle découvre que la méthode qu’elle emploie au quotidien a non seulement un nom, le batch cooking, pratique anglo-saxonne de planification des menus de la semaine, dont le terme signifie cuisson par lots ou par fournées, mais a aussi un succès fou sur Instagram, particulièrement outre-Atlantique. « J’ai passé une nuit blanche à me dire qu’il n’y avait pas encore de contenu sur le sujet en français. Le lendemain matin, j’ai lancé mon compte (@batchcooking_officiel). En moins d’un an, je cumulais 10 000 abonnés », se réjouit-elle.

    Gain de temps et d’argent

    Souvent considéré comme une technique de grand-mère pour optimiser le temps de cuisine, le batch cooking a pour principal avantage le gain financier pour les ménages, dans un contexte où le pouvoir d’achat des Français est mis à mal. C’est en partie ce qui a motivé Clémence, 27 ans. « Je me suis retrouvée à avoir une vie très décousue, avec de gros horaires, mais surtout des imprévus. Résultat : je mangeais beaucoup à l’extérieur et je dépensais bien trop d’argent par rapport à mon petit budget », confie-t-elle. Depuis un an, chaque dimanche, elle prépare avec son compagnon pendant plusieurs heures, l’équivalent d’une semaine de repas. « D’un côté, on cuit nos légumes, de l’autre, un féculent en quantité, et enfin, les protéines. L’idée c’est d’avoir un peu de chaque élément pour un repas complet et sain. C’est très efficace, mais parfois, il faut résister à la flemme », détaille Clémence Facchinetti, qui observe un net changement sur la qualité de son alimentation.

    En effet, comme l’ont démontré les scientifiques de l’Université de Cambridge dans une recherche publiée dans le Public Health Nutrition, « l’organisation et la planification des repas sont associées à un apport plus sain en fruits et légumes ». Des chercheurs de l’université de Lincoln ont également mis en évidence une baisse de près de 7 000 calories par personne et par semaine pour les foyers utilisant une liste de courses et planifiant tous leurs repas. Par ailleurs, le batch cooking est également une promesse à cesser de s’éparpiller au supermarché : avec une liste préétablie, les probabilités de respecter son budget sont plus grandes.

    Batch cooking : injonction supplémentaire en cuisine ?

    Cumulant des milliers de contenus sur les réseaux sociaux, incarné le plus souvent par des femmes au foyer qui affichent une cuisine irréprochable, le batch cooking est-il une injonction supplémentaire qui s’invite dans nos cuisines ? « Je reçois énormément de messages chaque semaine, surtout de la part de mères seules et d’étudiants, qui voient dans le batch cooking la promesse de gagner du temps et de l’argent. Mais ils ne savent pas comment se lancer : ils se posent beaucoup de questions sur la conservation, sur la méthode, il y a beaucoup de stress de bien faire au début », rapporte Sarah Gernet, qui consacre plusieurs heures par semaine à répondre à leurs sollicitations. Beaucoup de personnes se découragent, car planifier ce qu’on mange en détail reste un apprentissage. « Bien faire les choses, c’est parfois s’attarder sur ce qu’on va faire d’un paquet de gruyère entier : comment bien l’intégrer à plusieurs recettes pour ne plus gaspiller ? », exemplifie-t-elle. Faut-il être psychorigide pour apprécier le batch cooking ? « En tout cas, il ne faut pas être effrayé par l’organisation », avertit Sarah Gernet.

    Malgré son succès en ligne, il semblerait que la méthode ne soit pas saluée aussi massivement dans la vie quotidienne. Elle en agace même certains. « J’ai testé pour vous le batch cooking. C’est super, il est 20h51 et j’ai déjà mangé la moitié de ce que je m’étais préparé pour la semaine. À demain pour d’autres conseils food ! », ironise Nivin Potros, journaliste chez LCI, sur X, anciennement Twitter. « Manger toute la semaine la même chose ? Mais quelle angoisse ! Nos quotidiens sont déjà réglés comme du papier à musique », peste Sophie, 31 ans. « Je déteste le batch cooking, car, pour moi c’est une erreur de vouloir tout optimiser en créant des processus de productivité : les choses cool sont faites pour être faites au feeling, sur l’instant ! », défend Ania, 35 ans. À chacun sa cuisine…

    (1) https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7232892/ 

    (2) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/3198311/ 

     

  • Comment apprendre la langue des signes  ?

    Comment apprendre la langue des signes  ?

    Comme pour apprendre n’importe quelle langue, différentes méthodes sont proposées pour s’initier ou approfondir la LSF. Chacun peut ainsi choisir en fonction de son budget, de sa situation géographique, du temps qu’il souhaite y consacrer et des objectifs qu’il se fixe.

    S’inscrire à un cours

    Pour démarrer un apprentissage, il est parfois recommandé de se laisser guider par des enseignants professionnels. Des universités, des écoles privées et des associations proposent des cours de LSF, le plus souvent en présentiel, notamment le soir et pendant les périodes de vacances scolaires. C’est le cas de l’association Visuel, qui dispense des cours partout en France, ou de l’École des signes, qui organise des modules à distance, tout comme Les Signes de Voltaire, de la Fondation Voltaire. Certaines structures proposent même des formations qualifiées, diplômantes, à l’image de L’École française.

    S’initier via YouTube

    YouTube est également une mine d’outils pour débuter ou se perfectionner en LSF. Les filles de CODA partagent des vidéos sur les lettres de l’alphabet, les couleurs, ou encore, les jours et les mois. Mélanie Deaf enseigne les signes et partage des infos liées à l’univers des sourds en général, notamment sur le plan professionnel. Sur Signes&Vous, qui a la particularité de regrouper les vidéos d’un enseignant entendant, les internautes apprennent des phrases utiles. Aymeline LSF mélange cours de signes (qu’elle donne également de façon individuelle) et « culture sourd ».

    Se lancer sur Instagram

    Plusieurs comptes Instagram permettent également de commencer l’apprentissage de la LSF. L’actrice Sophievouzelaud_off propose des tutoriels pour commencer à signer. Sur commentçasignelsf, les signes diffusés correspondent en général au calendrier ou à la saison. Laura, aka Liloute LSF, s’est donné pour mission de partager les bases et de sensibilité à la surdité. Lepetitgeste_lsf est particulièrement adapté aux enfants, car c’est un lapin illustré qui montre les signes. Il existe même un compte pour apprendre à signer avec les bébés : celui de Tiphaineler.

    Apprendre avec une appli

    Depuis le succès des applications, telles que Duolingo pour apprendre les langues parlées aux quatre coins du monde, l’efficacité du procédé n’est plus à prouver. S’inscrire sur une application permet de progresser en s’organisant en fonction de ses disponibilités. C’est le moyen le plus adapté aux personnes en quête de flexibilité. On peut citer Pause LSF, qui comprend un programme de 20 modules, ou encore, le parcours ludique de HiFive, ainsi que l’application du dictionnaire Elix.

    Se plonger dans les livres

    De nombreux ouvrages existent pour s’initier à la LSF en solo. L’idéal est de réaliser quelques essais devant un miroir au fur et à mesure de la lecture. Parmi les best-sellers, on peut citer La Langue des signes française, d’Olivier Marchal (Éditions First, 2020), dans lequel chaque leçon est mise en pratique par un exercice. Ainsi qu’Apprenez facilement la langue des signes, de Chris Pavone (Les Éditions de l’Opportun, 2021), La Langue des signes française pour Les Nuls, d’Antoine Bonnet et Betty Nikolic (éditions First, 2020), 30 jours pour apprendre facilement la langue des signes, de Chris Pavone (éditions L’Étudiant Pratique, 2023) et Le Grand Guide des signes avec bébé, de Marie Cao (éditions Marabout, 2020). À vous de choisir la méthode qui vous conviendra !

    Les solutions Macif pour les personnes sourdes et malentendantes

    La Macif est engagée depuis plus de 20 ans aux côtés des personnes avec un handicap auditif. Elle s’engage pour leur offrir un maximum de protection.

  • 1 couple sur 2 se sépare, pourquoi ?

    1 couple sur 2 se sépare, pourquoi ?

    En France, on estime que 46 % des mariages se terminent par un divorce. Peut-on dire qu’on ne s’est jamais autant séparés ?

    François de Singly : Il faut faire attention avec ces chiffres sur le divorce, car, en France, nous ne disposons pas vraiment d’études statistiques fiables sur la question. Notre méthode de calcul est un peu absurde : on fait le ratio entre le nombre de mariages et le nombre de divorces chaque année. Mais certains divorces concernent des unions conclues il y a dix, vingt ou trente ans, tandis que les mariages sont ceux de l’année en cours. Une chose est sûre, le divorce est une pratique qui s’est largement banalisée. Il y a cinquante ans, très peu d’enfants d’une même classe avaient des parents divorcés, ou si c’était le cas, ce n’était pas verbalisé, voire caché. Aujourd’hui, dans une classe de primaire, avoir des parents divorcés ou être issu d’une famille recomposée n’est plus un marqueur social particulier. Dans l’esprit des jeunes adultes, le divorce fait même partie du mariage. Quant à la séparation, elle fait partie de l’horizon, très probable, de la relation amoureuse. Par ailleurs, les jeunes sont confrontés de plus en plus tôt à la séparation, ce qui en fait une expérience banalisée qui ne les effraie plus tant que ça.

    Existe-t-il des explications sociologiques à la banalisation du divorce ?

    François de Singly : D’abord, un certain nombre de mesures juridiques ont facilité et assoupli les conditions de divorce. La dernière en date, qui remonte à 2017, permet à un couple de divorcer par consentement mutuel sans juge. Avant cela, en 2004, le divorce pour « altération définitive du lien conjugal », qui remplace le divorce pour rupture de la vie commune, peut être engagé par la volonté d’un seul conjoint et prononcé après deux ans de séparation constatée (contre six auparavant). Par ailleurs, le divorce n’est plus mal vu socialement. Aujourd’hui, la sphère amicale et familiale élargie n’éclate pas, a priori, quand le couple divorce. Ça n’a pas toujours été le cas.

    Dans vos ouvrages, vous soutenez que la raison majeure des séparations dans les couples hétéros reste l’émancipation progressive des femmes de la sphère domestique. Pouvez-vous développer ?

    François de Singly : Je crois en effet que le moteur absolu de la séparation, c’est le fait que les femmes se mettent à écouter davantage leurs propres attentes, plutôt que celles de la société. Dès le milieu des années 1970, la littérature féministe invite les femmes à penser leur quotidien pour elles-mêmes, à faire de leur construction identitaire une priorité. Or, dans une vie conjugale, les femmes ont nettement plus la sensation d’abandonner une partie d’elles-mêmes. Cela se manifeste concrètement par renoncer à leur nom de jeune fille. Puis à travers l’expérience de la maternité, mettre en pause leur carrière professionnelle. Globalement, dans la conjugalité, les femmes se mettent plus entre parenthèses que les hommes. Cela fait naturellement naître une forte tension entre la volonté d’affirmation de soi et celle de s’engager dans une relation de couple.

    Le dernier rapport du HCE révèle que les femmes sont de plus en plus féministes, les hommes de plus en plus masculinistes. Cette forte polarisation est-elle source de davantage de séparations ?

    François de Singly : Quand vous entrez dans une librairie aujourd’hui, il y a un espace réservé aux essais féministes, qui contiennent notamment des réflexions autour de la réinvention des formes de l’amour et de la conjugalité, et permettent aux femmes d’envisager des schémas de relations moins aliénants, plus équilibrés. Majoritairement lues par des femmes, elles sont ensuite confrontées aux visions plus traditionnelles des hommes, voire à leur résistance. Résultat : les hommes et les femmes continuent à vivre dans des mondes séparés. Quand vous regardez les taux de féminicides en France et dans le monde, et de fait, la proportion d’hommes qui pensent encore qu’on peut surveiller et tuer par amour… Il est assez naturel que les femmes réfléchissent à deux fois avant de s’engager.

    On estime qu’un mariage sur deux ne dure pas plus de 9 ans en France, et que les couples mariés ont tendance à se séparer après 5 ans de mariage. Qu’est-ce qui se passe dans ce moment a priori décisif ?

    François de Singly : Là aussi, il faut se méfier des estimations. On a encore très peu d’études fiables sur la durée de vie conjugale. Le seul grand changement aperçu lors de mes études, c’est que les femmes se sont longtemps empêchées de divorcer tant que leurs enfants étaient en bas âge. Cette règle a progressivement disparu parce qu’on est désormais convaincus qu’il vaut mieux être élevé par deux parents aimants séparés que par un couple qui ne s’aime pas, voire qui se détruit.

    Pensez-vous que le contexte social, politique et économique peut peser sur la longévité des relations amoureuses ?

    François de Singly : Oui, l’anxiété peut avoir des effets sur l’engagement, notamment sur l’incapacité à se projeter en couple dans un monde qui paraît fragilisé et instable. Mais l’histoire nous offre aussi son lot de contre-exemples. En 1943, quand démarre le début du baby-boom – période de remontée exceptionnelle de la fécondité enregistrée dans la plupart des pays développés –, l’époque était peu heureuse et l’horizon très sombre.

    Parmi les raisons évoquées pour divorcer, l’infidélité figure en première place et représente 27 % des séparations. Comment interprétez-vous ce chiffre ?

    François de Singly : Si la jeunesse est séduite par les nouvelles manières de relationner, la définition de l’amour et les attentes mutuelles dans une relation n’ont paradoxalement pas beaucoup changé. Le vrai changement dans la conception de l’amour hétérosexuel, c’est de comprendre qu’on peut vivre au long de sa vie plusieurs amours, ce qui signe la fin du modèle de l’amour unique. En revanche, il y a encore une reconnaissance assez haute de l’amour, associé à un grand niveau d’exigence, pouvant de fait entraîner des trahisons. Ce qui nous met face à un double constat : on se sépare de plus en plus, certes, mais l’amour se porte bien en tant qu’idéal.

    *Insee 2014

    (1) Rapport 2025 sur l’état du sexisme en France – A l’heure de la polarisation – Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes

  • Dysmorphie financière :  comment éduquer nos ados face aux réseaux sociaux ?

    Dysmorphie financière : comment éduquer nos ados face aux réseaux sociaux ?

    L’argent sur les réseaux sociaux

    À 23 ans, Laurianne a dû interrompre temporairement ses études et enchaîner les missions d’intérim pour éponger ses dettes. « J’avais fait beaucoup d’achats compulsifs, alors que je ne gagnais pas encore ma vie et que mes parents n’ont pas de grosses ressources », résume-t-elle. L’origine de cette fièvre acheteuse ? Le matraquage marketing, les injonctions à la consommation et la pression économique et sociale sur les réseaux sociaux. « À force de voir défiler des contenus de jeunes de ton âge habillés comme des célébrités, tu finis par croire que c’est la norme et par être complexée. Si j’ai autant dépensé, c’était pour essayer de me rapprocher de ce modèle qui est en fait une illusion », analyse-t-elle. La jeune femme est tombée dans un engrenage de consommation très au-dessus de ses moyens que des sociologues américains nomment la « dysmorphie financière ». Autrement dit, un biais de perception de sa situation économique qui peut entraîner un sentiment d’insatisfaction, de l’anxiété et des dépenses inconsidérées.

    Argent dématérialisé

    Laurence Vély, animatrice du podcast Thunes, vit avec quatre enfants, dont trois ados, sous son toit. Selon elle, ce n’est pas un hasard si les digital natives sont particulièrement touchés par cette distorsion du porte-monnaie. « Cette génération ne connaît quasiment que l’argent dématérialisé », explique-t-elle. En effet, la jeune génération est habituée à effectuer ses paiements en ligne ou directement avec un smartphone à la caisse des magasins. Et cela peut compliquer l’évaluation du budget. Laurence Vély pointe aussi le risque d’investissements compulsifs dans les cryptomonnaies. Mais alors, comment protéger nos adolescents de la dysmorphie financière ?

    Déconstruire les stratégies marketing

    L’animatrice du podcast qui « parle d’argent par la face sensible » partage quelques astuces. D’abord, elle insiste sur la nécessité d’accompagner nos enfants dans l’apprentissage de la gestion de leur budget. « On peut, par exemple, leur prendre une carte de crédit et mettre en place un contrôle des dépenses, suggère l’experte. Il faut vraiment être derrière eux et vérifier toutes leurs dépenses. » Laurence Vély insiste également sur l’importance de déconstruire les stratégies toxiques du marketing : « Il faut expliquer aux ados tentés par l’achat d’un t-shirt de hip-hop hors de prix que le vêtement n’a rien de subversif ! » Elle conseille aussi de les inciter à prendre des petits boulots, dès qu’ils ont l’âge légal, pour les confronter à la valeur de l’argent. En effet, quelques baby-sittings ou heures de ménage rémunérées au SMIC horaire permettent de comparer l’effort, la pénibilité et le temps passé avec un revenu. Elle propose également de leur montrer comment créer et gérer un tableur de suivi de leurs dépenses. D’ailleurs, un certain nombre d’applications ont vu le jour ces dernières années pour accompagner la tenue des budgets. Autant d’outils qui devraient aider vos adolescents à y voir plus clair dans leurs affaires !

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  • Syndrome Gilles de La Tourette : le vrai-faux des idées reçues

    Syndrome Gilles de La Tourette : le vrai-faux des idées reçues

    Le syndrome Gilles de La Tourette est une maladie neurologique

    VRAI « Le SGT est en effet lié à la maturation cérébrale et à certaines connexions du cerveau, explique le neurologue Andreas Hartmann. Je trouve que le mot de syndrome est plus adapté que celui de maladie, car il y a une grande diversité de cas et certains patients sont atteints de troubles légers qui ne sont pas forcément très visibles et gênants. »

    Le SGT se caractérise principalement par des tics vocaux, notamment des insultes

    FAUX « La production d’insultes est rare. Elle ne touche que 5 % à 10 % des patients. Malheureusement, c’est l’image que beaucoup de personnes ont du syndrome Gilles de La Tourette. Le SGT se caractérise principalement par des tics moteurs comme des clignements d’yeux, des mouvements faciaux, des mouvements de la tête, du cou ou des épaules ; et aussi par des tics sonores, toussotements, raclements de gorge, reniflements. »

    Le SGT apparaît dès l’enfance 

    VRAI « Les tics apparaissent généralement entre 5 ans et 7 ans, et rarement après 10 ans. Ils apparaissent de manière insidieuse. Très discrets au début, ils s’accentuent par la suite. Pour détecter le SGT, il faut que le patient soit atteint de tics multiples, de deux ou trois tics moteurs et d’un tic sonore, et que ces tics soient chroniques sur une période de plus de douze mois. »

    Il touche autant les garçons que les filles

    FAUX « Beaucoup plus de garçons sont touchés par le syndrome Gilles de La Tourette. Le ratio est de trois à quatre garçons pour une fille. »

    La sévérité des tics diminue avec l’augmentation de l’âge

    VRAI « Globalement chez les patients, il y a une amplification des tics jusqu’à 15/16 ans. Puis la courbe commence lentement à s’inverser et les tics commencent à diminuer petit à petit à partir de 18/20 ans. Après cette phase, les tics se stabilisent. Cela concerne deux tiers des patients. Pour le dernier tiers des patients, les tics se stabilisent au début de l’âge adulte, mais il n’y a pas eu vraiment de diminution. »

    Le syndrome est héréditaire

    FAUX et VRAI « Il y a une composante génétique importante dans le SGT, mais on ne peut pas dire que ce soit un syndrome héréditaire. Dans le SGT, les troubles du neurodéveloppement sont la conséquence de la mutation d’un gène. Pour beaucoup de patients, le paramètre héréditaire du SGT est donc faux. Pour certains patients, oui, c’est vrai, il y a ce caractère héréditaire, car, dans deux cas sur trois, un parent proche est porteur au moins d’un tic simple. »

    Le syndrome a aussi des causes environnementales

    VRAI « Il peut y avoir des facteurs environnementaux dans le SGT, mais nous n’arrivons pas encore à bien les définir. Des équipes médicales s’intéressent à ces causes environnementales. Certaines pistes sont étudiées, comme le stress intra-utérin, l’accouchement prolongé ou la précocité, par exemple. »

    Il existe des traitements permettant la guérison définitive

    FAUX « Certains traitements symptomatiques permettent de diminuer les tics, mais ces traitements, qui peuvent durer plusieurs mois ou plusieurs années, ne vont pas faire disparaître complètement les tics. »

    Le SGT affecte l’espérance de vie

    FAUX « Le SGT n’influe pas sur l’espérance de vie, mais il peut avoir un impact sur la qualité de vie de certains patients, souvent plus en lien avec des troubles associés, comme le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), qu’avec les tics à proprement parler. »

    Le syndrome empêche d’avoir une vie normale

    FAUX « Un patient peut avoir une vie normale avec le syndrome Gilles de La Tourette. Les difficultés sont davantage marquées durant l’enfance ou l’adolescence, car il est compliqué pour les jeunes d’accepter leurs tics, et d’avoir une scolarité ordinaire et une vie sociale apaisée. À l’âge adulte, les patients ont beaucoup plus accepté leurs tics et le regard des autres, d’autant que ces tics ont diminué pour beaucoup d’entre eux. Le syndrome Gilles de La Tourette touche aussi certaines célébrités, comme la chanteuse Billie Eilish, l’acteur Vincent Lindon ou le footballeur Tim Howard. »

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  • Vacances de février : quelles activités à la maison et en plein air avec les enfants ?

    Vacances de février : quelles activités à la maison et en plein air avec les enfants ?

    Dates des vacances d’hiver 2025

    • Zone A : Du samedi 22 février au lundi 10 mars 2025
    • Zone B : Du samedi 8 février au lundi 24 février 2025
    • Zone C et Corse : Du samedi 15 février au lundi 3 mars 2025

    1 Activités solidaires pour lui apprendre l’entraide

    Des placards pleins à craquer de vêtements déjà trop petits, un coffre à jouets qui déborde ? Ni une ni deux, un tri s’impose dans la chambre de votre enfant ! Ensemble, choisissez et triez les affaires que vous gardez et celles qui ne sont plus utilisées pour en faire don à une association.

    Votre enfant a envie de faire du bénévolat ? Participez à des collectes et/ou des distributions alimentaires, des ramassages de déchets dans votre ville… Vous pouvez même agir depuis chez vous avec des initiatives lancées en ligne par des associations. Vous trouverez différents défis solidaires à relever en famille sur des plateformes solidaires en ligne comme Diffuz. Autre idée : soutenir les exploitants agricoles de votre région en achetant vos produits dans une AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). C’est aussi l’occasion pour votre enfant de découvrir des fruits et des légumes de saison et à la source !

    2 Activités culturelles en famille

    Les musées sont fermés ou trop éloignés ? Optez pour une visite virtuelle du Louvre ou de la Cité des sciences ! Sans oublier les expositions en plein air, notamment de photos ou de sculptures, idéales pendant les journées où la météo se fait clémente. Un moyen ludique d’initier vos enfants à l’art. Votre enfant adore lire ? Pensez aux bibliothèques en ligne qui proposent de nombreux livres, jeux et applications éducatives à télécharger gratuitement.

    Vous êtes sociétaire Macif ?

    Bénéficiez de réductions sur de nombreuses activités en famille grâce à Macif Avantages !

    Bon à savoir : un peu d’écran pour les enfants, mais pas trop !

    Les activités en ligne sont à consommer avec modération pour limiter l’impact des écrans sur vos enfants.

    Chiffre-clé

    Selon l’OMS, les jeunes et les enfants de 5 à 17 ans devraient pratiquer au moins 1 heure par jour d’activité physique modérée à soutenue pour être en pleine forme!*

    Vous restez à la maison ? Faites le plein d’idées d’activités en intérieur pour occuper vos enfants !

    3 Activités manuelles pour les enfants sur le thème de la nature

    Pas de jardin mais la main verte ? Fabriquez un mini-potager intérieur ! Il suffit d’une cagette et de la terre pour y faire pousser herbes aromatiques, radis, tomates cerises, etc. Votre enfant adore les animaux ? Construisez ensemble un abri pour hérisson, un nichoir ou un hôtel à insectes pour que ces petites créatures continuent l’hiver au chaud. Si vous habitez en zone urbaine, profitez de vos balades en ville pour réaliser un herbier citadin (si si c’est possible !) et si vous êtes proche d’une forêt, votre enfant aura une mine de trésors à portée de main. Munissez-vous d’un grand cahier, de quelques feutres et crayons de couleurs et de feuilles de papier journal entre lesquelles votre enfant glissera les feuilles et fleurs ramassées.

    Et pour sensibiliser vos enfants à la préservation de l’environnement, retrouvez des activités manuelles en ligne, notamment sur Diffuz, comme la fabrication de votre propre lessive ou shampoing non polluant.

    4 Activités culinaires pour les petits cuistots

    Cuisiner en famille, en voilà une chouette idée ! Carottes, poireaux, cresson, courges… Enfilez toques et tabliers et lancez-vous dans un atelier soupe ou gratin autour des légumes d’hiver. Vos enfants seront ravis de les découvrir et de déguster ce qu’ils auront préparé !

    Source :
    *OMS, Activité physique pour les jeunes

    L’Essentiel de l’article

    • Initiez votre enfant à la solidarité en l’aidant à faire des dons et du bénévolat.
    • Privilégiez les activités simples en lien avec la nature.
    • Téléchargez des livres et des applications pédagogiques en ligne.
  • Les jeunes et leurs grands-parents, partenaires particuliers

    Les jeunes et leurs grands-parents, partenaires particuliers

    À chaque réunion de famille, c’est le même schéma. Après les bises et autres marques de politesse entre les plus anciens et leurs descendants directs eux-mêmes devenus parents, les regards des grands-parents se posent immédiatement sur les plus jeunes. Amour, étude, travail, passions sportives ou artistiques… Les questions, de toutes sortes et sur toutes les thématiques, s’enchaînent avec un intérêt réel. Et les petits-enfants, pas en reste, déballent les dernières actualités de leur vie avant de passer à table pour un repas préparé avec le cœur par leurs interlocuteurs. En France, les chiffres ne mentent d’ailleurs pas à ce sujet : selon l’Étude Notre Temps–EGPE réalisée par l’Ifop en juin 2021, 94 % des grands-parents se déclarent heureux dans leur relation avec leurs petits-enfants et 69 % souhaitent passer encore davantage de temps avec eux (contre 61 % en 2018). Un investissement personnel (huit heures hebdomadaires consacrées aux petits enfants, en moyenne), mais aussi financier, puisqu’ils dépensent 585 euros par an pour chacun d’entre eux.

    L’adolescence, période spéciale

    C’est dire comme les liens entre les deux générations sont forts et importants, notamment pour les jeunes de 15 à 20 ans. À cet âge, les attaches sont en général déjà solides et l’adolescent prend conscience de l’aspect privilégié de cette connexion. « Effectivement, le lien est très fort à ce moment-là s’il a été créé dès la toute petite enfance. Les grands-pères, par exemple, entrent bien souvent plus facilement en contact avec les adolescents. Plus facilement qu’avec un bébé, en tout cas, appuie Régine Florin, la Présidente de l’EGPE (École des Grands-Parents européens) Paris Île-de-France. En outre, l’ado a des chances d’entrer en conflit avec ses parents et le grand-parent peut alors jouer un rôle de médiateur ou de confident sans jamais interférer dans l’éducation. » Avec tout de même quelques précautions à prendre, rappelle la spécialiste elle-même mamie d’adolescents : « Il faut faire preuve de diplomatie, savoir écouter les confidences et ne rien rapporter aux parents. En même temps, il convient de savoir détecter s’il y a péril en la demeure (harcèlement, comportement suicidaire, situation risquée…) et avertir l’ado d’en référer aux parents. La confiance se construit et se mérite, mais attention à savoir rester à sa place de grands-parents. »

    Un lien fort

    Micheline, 86 ans au compteur et grand-mère de neuf petits-enfants désormais grands, a toujours su tenir ce rôle en conservant une connexion aussi saine que bénéfique avec eux. C’est en tout cas Arsène, le plus jeune de la liste avec sa vingtaine de bougies soufflées, qui l’assure : « Il s’agit de liens teintés de respect, de soutien et d’amour. C’est une relation absolument différente de toutes les autres, parce que ma mamie représente quelqu’un d’unique dans la famille. On l’a construite naturellement avec le temps, en se voyant régulièrement. Tout s’est encore renforcé, soudé en grandissant. La distance peut constituer un obstacle, certes. Mais ce n’est pas une fatalité, on peut s’en affranchir avec le téléphone et Internet. La relation passe par des écrits, des coups de fil… Des pensées, aussi, tout simplement. C’est difficile de mettre des mots là-dessus, je dirais que ma grand-mère a une place capitale dans mon esprit. Quand je pars en voyage, typiquement, il faut que je lui donne des nouvelles. D’autant qu’on sait qu’elle n’est pas éternelle… J’ai toujours profité de son expérience et je veux encore le faire. Pouvoir lui poser des questions sur la vie, l’interroger sur le monde d’avant, découvrir l’époque qui était la sienne et qui est bien différente de la mienne… Quelle richesse ! »

    Être mamie ou papy, du grand art

    « Être ou devenir grand-parent, c’est d’une beauté inouïe et d’une particularité hors norme, répond Micheline à celui qu’elle considère comme son chouchou, même si elle n’a jamais voulu l’avouer ouvertement. Et c’est tout à fait passionnant avec les 15-20 ans, car de vraies discussions peuvent s’engager. Combien de fois ai-je reçu mes petits-enfants à déjeuner où les seuls silences servent à avaler ce qu’il y a dans les assiettes, tant on a de choses à se dire ? » Plus riche qu’avec les bébés ou les enfants en bas âge et moins protocolaire qu’avec les (jeunes) adultes, l’échange avec l’adolescent et précieux pour avancer dans la vie. Au même titre que les activités à partager, bien plus nombreuses qu’on ne peut parfois le penser. « Puisqu’on ne sert plus à chouchouter nos petits-enfants comme quand ils étaient petits, à nous de proposer d’autres choses. Et si on allait au ciné, au restaurant ? Si on découvrait le street art, si on cuisinait ce plat ensemble ? Si on allait se balader en discutant, si tu me racontais tes cours ? », s’enthousiasme Régine Florin. Et de conclure : « Les centres d’intérêt de nos ados ne sont plus les nôtres, mais une certaine tendresse s’installe. Nos enfants ados prennent conscience que nous allons partir un jour, surtout quand nous leur parlons de nos propres parents. C’est donc un lien à inventer, à construire, à maintenir… »

  • Mon ado veut un scooter, comment réagir ?

    Mon ado veut un scooter, comment réagir ?

    Une envie d’indépendance

    Une feuille blanche, un stylo, quelques arguments… Et surtout, le plus important, une bonne dose d’audace. Voilà les outils, inattendus, que Salomé a utilisés pour convaincre ses parents de lui offrir un scooter. Cette étudiante de 19 ans, qui avait quelques bougies de moins au compteur lorsqu’elle a écrit une lettre à l’attention de son père et de sa mère pour leur réclamer le deux-roues tant espéré. « Beaucoup de filles de son âge en ayant un, elle l’a très vite demandé, raconte Karine, sa maman. Au début, nous n’y étions pas favorables, car nous avions trop d’appréhension. Et son frère n’en ayant pas eu, on estimait qu’elle n’en avait pas besoin non plus. Mais dans son long message, Salomé promettait d’être sérieuse et prudente ou encore de ne jamais prendre quelqu’un avec elle… Elle nous a démontré que tout serait plus simple et insisté sur le temps gagné en évitant des allers-retours tous les jours pour un oui ou pour un non. Bref, nous avons fini par céder ! »

    Les moins de 18 ans représentent 8 % des utilisateurs principaux de deux-roues motorisés.(1)

    La quête de l’autonomie

    « Franchement, j’ai adoré vivre avec mon scooter, s’enthousiasme Salomé. J’étais bien plus libre, plus autonome pour faire ma petite vie. Entre les cours, la plage, le volley, les jobs, les sorties entre copines… Plus besoin de demander à Papa ou Maman de m’emmener partout ! Et le bonus, c’est que ça consomme moins qu’une voiture sans permis. » Sur le papier, et d’autant plus quand on a la chance d’avoir affaire à une adolescente aussi mature, les choses semblent en effet simple : la conduite du scooter est autorisée à partir de 14 ans (pour un 50 cm³ ne dépassant pas les 45 km/h), nécessite de disposer du permis cyclomoteur (catégorie AM) et l’autorisation des parents est obligatoire si l’enfant est mineur.

    Ado en scooter et parents inquiets

    Reste qu’au regard des statistiques, Karine et son mari avaient de bonnes raisons d’être inquiets. Les chiffres sur les accidents chez cette les jeunes font, souvent, froid dans le dos. « En 2023, en France, 116 jeunes de 14 à 17 ans ont été tués, dont 32 % en cyclomoteurs (soit 37) et 13 % en moto (soit 15), précise par exemple Thierry Monchâtre, de la Sécurité routière. Le nombre de victimes augmente fortement à partir de 14 ans et les garçons représentent 76 % des adolescents tués (en baisse, néanmoins, de -8 % par rapport à 2022), alors que les hommes représentent 82 % des morts parmi les adultes. » Avec l’ambition de réduire l’accidentalité des cyclomotoristes et l’ampleur de la mortalité, le permis AM a été rénové : dispensée par les écoles de conduite, la formation a été allongée à huit heures et s’étale désormais sur deux jours (afin de réduire la charge mentale et la fatigue de l’élève, pour une meilleure assimilation des connaissances comme des pratiques).

    « Pour responsabiliser les jeunes à l’importance de l’équipement, le port de vêtements adaptés – en plus du casque et de gants certifiés – est obligatoire pendant les heures de conduite, reprend l’expert. La formation est déclinée en cinq séquences, elle commence par un échange verbal entre le formateur et l’élève sur sa vision personnelle de la sécurité routière. Les thèmes abordés sont choisis pour susciter une réflexion sur l’acte de conduire, de l’évaluation des risques aux conséquences d’un bon ou mauvais comportement. Ensuite, place à une séance de 4 heures minimum de conduite “hors” et “en” circulation (complétée par des apports théoriques sur le Code de la route, la signalisation et les règles de circulation). Enfin, une séance de sensibilisation aux risques d’une heure minimum avec la présence de l’un des deux parents achève la formation. Le but est de sensibiliser, mais aussi d’impliquer les proches des élèves lors de la délivrance du livret d’apprentissage. »

    Le sérieux et la discipline au programme

    Ne pas se faufiler entre les voitures, ne pas changer de file brusquement, respecter les règles de priorité et les limitations de vitesse, signaler systématiquement les changements de direction, ne jamais dépasser par la droite, ne pas oublier d’utiliser les rétroviseurs, ne pas boire d’alcool, ne pas débrayer son scooter, porter une attention particulière à son équipement (casque, deux-roues, vêtements…) et à son assurance… Tels sont les impératifs et conseils, en apparence évidents, à conserver en tête pour le conducteur comme pour les parents. Dès lors, l’aventure cyclomoteur peut démarrer sur de bonnes bases et apporter tous les bénéfices attendus. Comme apprendre à vivre ensemble sur la route, à se responsabiliser et à comprendre l’importance des règles. « Cet épisode scooter a été très utile à Salomé pour faire évoluer son comportement sur la route et son apprentissage du Code de la route, elle a d’ailleurs ensuite fait de la conduite accompagnée à 15 ans sans souci, conclut Karine. Du coup, concernant son petit frère Louis, nous ne serions pas opposés à ce qu’il se déplace en scooter. C’est un enfant très discipliné et très sérieux pour son âge, mais il n’a encore rien demandé pour le moment ! »

    Le saviez-vous ?

    Vous avez l’obligation d’être assuré pour rouler. Découvrez l’assurance moto de la Macif pour les jeunes conducteurs, mais aussi pour tous les autres motards.

    (1) https://www.onisr.securite-routiere.gouv.fr/etudes-et-recherches/vehicules/parc-des-vehicules/le-parc-deux-roues-motorises-des-menages