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  • Comment savoir si mon chien a mal ?

    Comment savoir si mon chien a mal ?

    « Il y a un réel intérêt à éduquer les propriétaires de chien sur la détection de la douleur. Cela permet une meilleure prise en charge. » Maud Lafon, vétérinaire et autrice du livre Ma Bible des chiens (Ed. Leduc) est catégorique : reconnaître la douleur de son animal demande avant tout une bonne connaissance de son compagnon à quatre pattes. « Les signaux d’alerte sont multiples et variables d’un chien à l’autre. Certains animaux, avec une douleur modérée, montreront des signes très marqués, tandis que d’autres, avec une douleur très importante, seront plus discrets », explique la spécialiste. Mais que les propriétaires se rassurent : s’il est impossible de faire des généralités, quelques indices peuvent les mettre sur la piste d’une visite nécessaire chez le vétérinaire. Explications.

    Connaître la différence entre douleur chronique et douleur aiguë

    Quand on pense douleur, on a tendance à oublier que le chien, comme l’homme, peut être sujet aux douleurs chroniques qui évoluent en continu et impactent la qualité de vie de l’animal ainsi que sa relation avec son propriétaire. Il ne faut pas les sous-estimer. « Environ 70 % des chiens de plus de 9 ans sont sujets à l’arthrose, insiste Maud Lafon, avec comme facteurs de risque l’âge, le surpoids et la taille –les grands chiens y sont plus sujets que les petits chiens ». L’experte rappelle que l’arthrose est une maladie, pas un syndrome. « Ce n’est pas normal. Ça se traite. Donc il faut consulter. D’autant plus que le panel de traitement de la douleur en médecine vétérinaire est presque plus étendu qu’en médecine humaine. »

    Observer l’activité de son chien

    Pour détecter les signes les plus insidieux, il faut être attentif aux changements d’habitudes de son animal. Maud Lafon invite d’ailleurs à s’intéresser à toute baisse d’activité. « Un chien moins mobile, qui montre plus d’intolérance à l’effort, qui veut moins se promener, qui a plus de mal à se lever le matin, qui reste plus longtemps couché, qui peine à monter les escaliers, à sauter… Voilà autant de signes qui peuvent indiquer une douleur sous-jacente ». Cela dépend aussi du caractère de son compagnon. Est-il d’un naturel pantouflard ou plutôt dynamique ? Si c’est l’option deux, mieux vaut consulter.

    Repérer des changements dans le comportement

    Comme chez l’humain, il y a une vraie dimension sociale à la douleur. « Si votre chien interagit moins avec vous, montre des signes d’isolement, reste couché à l’écart, est plus irritable ou agressif, cela doit vous alarmer. La douleur s’associe souvent d’un déficit social », appuie l’experte.

    Examiner les mimiques faciales

    « Un chien douloureux va potentiellement montrer des signes à travers ses expressions faciales. » Pour savoir les interpréter, la professionnelle conseille de se reporter aux grilles d’évaluation de la douleur clinique CSOM, disponibles gratuitement en ligne. « Ce sont des outils destinés aux propriétaires pour suivre l’évolution de la douleur de son animal, et l’efficacité du traitement prescrit par le vétérinaire. »

    Noter les variations physiologiques

    Un temps de sommeil augmenté ou diminué, un chien qui se lève davantage pendant son repos ou qui mange moins… Tous ces signes peuvent présager une douleur. Pour ne pas passer à côté de ces changements, les outils connectés, comme les colliers dotés de trackers d’activité, peuvent s’avérer bien utiles.

    « Certaines races de chien, comme les molosses et autres chiens de combat, sont plus résistantes à la douleur que d’autres », souligne Maud Lafon. Ce facteur influence donc la manière dont le chien exprime sa douleur et peut la rendre plus ou moins difficile à détecter par l’humain. À cela s’ajoutent les expériences personnelles de l’animal : a-t-il déjà un vécu douloureux ? Un passé compliqué ? Dans quel environnement évolue-t-il ? « Si douleur il y a, il faut traiter la cause, conclut l’experte. Et la seule personne en mesure d’en identifier l’origine, c’est le vétérinaire. On n’automédique pas, on les emmène consulter. »

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  • Comment savoir si mon chat a mal ?

    Comment savoir si mon chat a mal ?

    Comment savoir si sa boule de poil est en souffrance ? Ce n’est pas toujours aisé, concède Maud Lafon, vétérinaire et journaliste spécialisée : « Le chat a tendance à moins exprimer sa douleur que le chien. Il la masque davantage, la révèle plus tardivement… » Les félins sont plus indépendants que leurs amis canins, et peuvent parfois passer des journées entières sans croiser leurs maîtres, calmement nichés dans une autre pièce. « Rien à voir avec les chiens qui vivent dans notre environnement proche, note Maud Lafon. On remarque moins vite qu’ils ont mal puisqu’ils sont moins souvent dans notre champ de vision. » Alors, pour ne plus passer à côté d’indices cruciaux, la vétérinaire invite à aiguiser son sens de l’observation.

    Attention au refus de contact social

    Bien que le chat aime avoir son espace personnel, un déficit social marqué peut être révélateur d’une douleur sous-jacente. « Si vous observez davantage de refus de contact, d’irritabilité, de rejet des caresses, il est possible que votre félin ait mal quelque part », explique Maud Lafon. Habituellement câlin, votre matou ne se laisse plus approcher ? Direction le vétérinaire.

    Gare à l’hygiène du chat

    La malpropreté est un autre signe qui doit vous alerter. « S’il a du mal à aller dans son bac de litière, ou qu’il fait moins sa toilette, il est peut-être freiné par une douleur qui l’empêche par exemple de se lécher l’arrière-train », suggère Maud Lafon. Résultat : son poil sera plus terne, plus emmêlé, moins soyeux. « Ça aussi, c’est un signe d’appel ! » À l’inverse, un léchage intensif peut être signe de stress. « Or la douleur peut générer de l’anxiété », rappelle l’experte. Conclusion : si vous observez des variations dans la toilette de votre chat, demandez conseil à un expert.

    Surveillez ses mouvements

    Autre changement qui n’a rien d’anodin : la perte de mobilité de votre matou. « Un chat vit en 3D, donc s’il a des difficultés à sauter sur la table ou à grimper l’escalier, c’est peut-être qu’il a mal. Un chat arthrosique ira moins en hauteur, il prendra des précautions, aura du mal à descendre de là où il est perché. » Car comme pour les chiens, la douleur n’est pas forcément aiguë, elle peut être chronique et s’installer dans le temps. 70 % des chats de plus de 11 ans sont par exemple sujets à l’arthrose. Une maladie particulièrement répandue chez les félins de grande taille, à l’instar du Maine coon et du Sibérien. « Cela altère la qualité de vie de l’animal, d’où la nécessaire prise en charge. »

    Soyez à l’écoute de votre chat

    Les vocalises sont aussi des signes d’expression de la douleur. « Un chat qui miaule peut exprimer une douleur, comme un chien qui gémit. » Il ne faut pas ignorer ces appels à l’aide. « Si douleur il y a, il faut en traiter la cause, conclut l’experte. Et la seule personne en mesure d’en identifier l’origine, c’est le vétérinaire. On n’automédique jamais son chat ! »

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  • Cuisiner avec ses enfants  : un moyen ludique de renforcer le lien

    Cuisiner avec ses enfants  : un moyen ludique de renforcer le lien

    Se retrouver en famille

    En semaine, à cause de ses contraintes professionnelles, Charles n’a pas toujours l’opportunité de manger avec ses quatre enfants, âgés respectivement de 13 ans, 11 ans, 5 ans et 18 mois. Le week-end, en revanche, il y tient, le rituel est immuable : non seulement il déjeune et dîne avec eux, mais surtout, il cuisine avec eux. « C’est vraiment un moment où on se retrouve en famille, résume-t-il. On détermine les menus du week-end, qui a envie de manger quoi, et on s’organise autour de ça. On fait souvent des choses simples. Ce qui compte, c’est de partager cette activité ensemble, de les impliquer. » Et tout le monde l’est, à son échelle : des plus grands, qui commencent à devenir autonomes sur certaines recettes, voire à essayer d’en inventer, au cadet qui coupe les légumes, jusqu’au plus petit qui observe tout ce manège les yeux grands ouverts. « C’est une transmission de valeurs sur le goût, mais aussi sur le partage, ajoute leur père. Parce que cuisiner, c’est partager. » À en croire, la multiplication depuis une dizaine d’années des ouvrages de recettes de cuisine à réaliser avec des enfants, Charles est loin d’être un cas à part. Une tendance que Delphine Cudel, ingénieur nutritionniste et diététicienne, voit d’un très bon œil. « Cuisiner avec son enfant, c’est un conseil que je donne aux parents qui ont des difficultés à le faire manger. Déjà, parce que c’est un moment d’interaction et de convivialité, mais aussi parce que l’expérientiel au niveau de l’alimentation, c’est vraiment intéressant. Connaître ce qu’on mange, ça aide à avoir moins de réticences. »

    Des vertus éducatives

    Pour Géraldine, mère de deux enfants âgés de 7 ans et 5 ans, le moment du repas n’est jamais une source de conflit. Certainement, comme elle l’explique, car elle fait participer ses enfants à la préparation. « C’est quelque chose qui me paraît assez logique d’un point de vue éducatif : si on impose quelque chose à un enfant sans explication, il ne va pas comprendre, et potentiellement se braquer. » Dès qu’elle le peut, elle les emmène faire les courses, choisir les aliments à cuisiner, et, une fois à la maison, leur délègue des petites tâches : couper des légumes, mélanger la pâte d’un gâteau, saupoudrer les pâtes d’herbes aromatiques. « Si on lui fait sentir les herbes aromatiques, qu’on lui explique que ça donne du goût, ça change la façon dont il va percevoir le fait qu’il y ait du vert dans ses pâtes. Et si c’est lui qui l’a mis, il va forcément être plus content d’en manger. C’est une façon d’éduquer leur palais, mais ça les amuse beaucoup. On leur a acheté des petits tabliers. Ils sont tout fiers de cuisiner ! » Une façon également de responsabiliser ses enfants et de faire travailler leur motricité fine. Par exemple, lorsqu’ils font un gâteau. « Casser un œuf, couper le beurre, verser le lait, faire attention à ne pas mettre de la farine partout, les éduquer à nettoyer le plan de travail, c’est également un aspect intéressant de la cuisine », note Charles.

    À quel âge commencer ?

    On peut commencer à sensibiliser les enfants à la cuisine dès le plus jeune âge, indique Delphine Cudel. « Il y a d’abord ce qu’on appelle la diversification alimentaire, qui va commencer entre 4 et 6 mois, et jusqu’à 1 an, pendant laquelle l’enfant a une curiosité vraiment importante et où l’on va pouvoir introduire un maximum d’aliments différents. » Si l’enfant est alors trop jeune pour s’initier à la cuisine, on peut en revanche le laisser observer. « Qu’il soit à côté lorsqu’on prépare sa purée, par exemple, voir que la purée ne sort pas que d’un petit pot et qu’il y a différents éléments qui vont la composer, qu’il puisse toucher les aliments, les nommer. Dans la cuisine, on stimule plusieurs sens, le goût, bien évidemment, mais aussi le visuel, l’odorat, le toucher. Cuisiner fait partie intégrante de l’éveil des sens. » Vient ensuite l’étape de la néophobie alimentaire. « À partir de 18 mois ou 2 ans, ça dépend du développement de chacun, l’enfant va avoir un rejet plus ou moins marqué de certains aliments, explique la diététicienne, et de manière générale, sa préférence va aller vers les aliments les plus énergétiques, qui contiennent du gras et du sucre, avec un éloignement des légumes qui peuvent avoir une certaine amertume. C’est une phase normale, pendant laquelle l’enfant prend conscience de ce qu’il mange. C’est donc une période intéressante pour faire l’apprentissage de l’alimentation. » Couper des fruits et des légumes, faire participer l’enfant à la préparation de gâteaux assez simples à réaliser, comme une tarte aux pommes ou un gâteau au yaourt, constitue souvent la meilleure porte d’entrée vers la cuisine, avant de s’atteler à des plats un peu plus élaborés. « Il faut surtout garder en tête qu’un enfant ne mange pas pour sa santé, mais son plaisir », rappelle Delphine Cudel. D’où l’importance que ce soit bon, et ludique.

    Quelques idées de recettes à faire avec ses enfants :

    Croques-chou. Des légumes sous une forme attractive. De nombreuses tâches peuvent être confiées à l’enfant en fonction de son âge : peser, mélanger, former les croques…

    Tartines sucrées-salées. Éveiller au mélange de saveurs et de textures avec toute une palette de crudités, fromages à tartiner, fruits secs…

    Gâteau au yaourt aux fruits. Recette de goûter sain incontournable, qui ne nécessite pas de balance et que l’on peut faire avec des fruits de saison.

    D’autres recettes sont à trouver sur le site Manger Bouger.

  • Blues hivernal : comment garder le moral et faire le plein d’énergie ?

    Blues hivernal : comment garder le moral et faire le plein d’énergie ?

    L’hiver serait la saison la moins appréciée par les Français. Seulement 6 % d’entre eux la considéreraient comme leur moment préféré de l’année(1). Dès l’arrivée de l’automne, ils seraient même 60 % à connaître une baisse d’énergie et presque autant à ressentir des effets sur leur moral.

    Dépression hivernale

    Les personnes les plus affectées par ces effets du changement de saison éprouveraient même à cette période de l’année ce qui pourrait être qualifié de déprime saisonnière ou de blues hivernal. « Il se poursuit tout au long de l’hiver, mais il se manifeste dès la rentrée de septembre, explique la psychologue Lise Mourey. La première raison en est sans doute le retour aux contraintes après la pause plus ou moins longue des vacances d’été. On retourne à son quotidien, à ses impératifs accompagnés parfois de pression professionnelle. C’est multifactoriel. C’est la fin d’une période plaisante et on sait qu’on s’embarque dans une période un peu plus dure. » Mais la luminosité et la baisse des températures y sont aussi pour quelque chose dans cette baisse de moral et d’énergie. « Le fait d’avoir des journées beaucoup plus courtes, des températures qui baissent et moins d’exposition au soleil, d’un point de vue biologique, cela a un énorme impact. Ça vient dérégler l’horloge biologique, on va avoir envie d’hiberner, de dormir plus, de moins sortir. Mais cela a aussi des conséquences sur l’humeur et le niveau d’énergie », poursuit Lise Mourey.

    Cocooning et sport

    Pour contrer cette déprime qui accompagne l’hiver, il existe cependant des solutions. « On peut profiter par exemple du froid pour s’autoriser des moments cocooning avec un chocolat chaud et ne pas culpabiliser si on reste un peu plus chez soi. Mais il ne faut pas non plus se morfondre et oublier de maintenir une activité physique qui, elle aussi, est bonne pour le moral », estime la professionnelle de la santé mentale. C’est exactement la formule qu’a choisie Émeline, 41 ans. Son secret pour combattre le blues hivernal : un savant mélange de motivation et de moments pour elle. « Je me fixe un emploi du temps pour la semaine. Il y a les soirs et les jours de week-end où je rattrape sur mon canapé et sous un plaid mes films et mes séries en retard, et les autres où je vais à la salle de sport ou faire un footing », témoigne la quadragénaire. Pour elle, c’est aussi le moment d’amener ses deux enfants au musée ou de se balader pour regarder les décorations de Noël avec eux : « C’est beau de voir leur émerveillement ! Du coup, moi aussi, ça me ramène un peu en enfance. »

    Les fêtes et la rentrée de janvier

    Mais l’arrivée des fêtes de Noël serait aussi pour certains une source de petite déprime hivernale. « Contrairement à ce qu’on pense, pour la majorité des Français, les fêtes de fin d’années sont redoutées. Il y a plus de personnes qui n’aiment pas Noël que l’inverse. L’enchaînement Noël, nouvel an, Saint Valentin, peut être difficile selon sa situation familiale ou sentimentale. Ce sont des moments où on est parfois confronté à sa solitude », analyse la psychologue. Mickaël, 35 ans n’a jamais été « très Noël ». « C’est une période que je n’aime pas en règle générale. Je crois que ça a débuté quand j’étais encore lycéen. Je me sentais déprimé et fatigué dès que les journées commençaient à raccourcir », se souvient-il. Avec les années, il a appris à contrer ce blues hivernal. « Il faut se donner un coup de pied aux fesses et réussir à maintenir une activité sociale le week-end et après le travail malgré le froid et la nuit qui tombe tôt », assure Mickaël. Pour lui, si l’été rime avec barbecue, l’hiver est forcément synonyme de raclettes entre amis : « C’est le plat réconfortant par excellence. Alors, bien sûr, ce n’est pas tous les week-ends, mais ça me donne du baume au cœur et une bonne raison d’affronter la météo pour aller faire du sport ! » Mickaël a une autre botte secrète qu’il a ramenée de son année passée en Finlande durant ses études. « Je me suis mis à la luminothérapie. C’est peut-être un peu extrême quand on habite à Lyon et mes amis se moquent de moi. Mais franchement, ça marche. J’ai ma propre lampe et je l’utilise tous les jours, ou presque, en décembre et janvier », sourit le trentenaire. La psychologue Lise Mourey valide volontiers les astuces de Mickaël pour que l’hiver se passe en douceur. La luminothérapie, pourquoi pas. « Mais si on passe ne serait-ce que 15 minutes dehors pendant la journée, même s’il ne fait pas beau, c’est déjà très bien. » Côté alimentation, attention à ne pas abuser du fromage fondu : « Le Mont d’Or et la raclette c’est super, mais il faut aussi un apport en vitamine grâce aux fruits et légumes de saison. On peut même parler avec son médecin pour envisager une cure de vitamine D. »

    Besoin de soutien psychologique ?

    Parce qu’un problème de santé mentale ne doit pas être négligé, avec la Macif vous pouvez bénéficier d’un soutien psychologique.

    (1) https://d25d2506sfb94s.cloudfront.net/cumulus_uploads/document/187k2kwdy1/Results%20for%20YouGov%20(Saison%20pour%20Huff%20Post)%20159%2013.9.2019.pdf

  • La fast-déco et l’envers du décor

    La fast-déco et l’envers du décor

    La fast-déco c’est quoi ?

    Quel que soit le magasin où elle se trouve, elle ne peut pas s’en empêcher. Une tasse, un rideau, un plaid… et même si les prix sont petits, sa carte bancaire trinque à la sortie. « Je me suis calmée, mais je me sens toujours accro, surtout quand j’entre dans des commerces à petits prix, avoue Laura, la quarantaine et deux enfants. Évidemment, la dimension “low-cost” m’incite à craquer, même si je me pose toujours la question : “En ai-je vraiment besoin ?” » On parle depuis longtemps déjà de « fast-food » ou de « fast-fashion », mais le phénomène et son vocabulaire entrent dorénavant dans le monde de la décoration. Les objets de « fast-déco » d’intérieur ou d’extérieur (le petit mobilier, la vaisselle ou encore le linge de maison) sont aujourd’hui partout. Et comme Laura, nombreux sont ceux et celles qui succombent à leurs charmes. Ainsi, le nombre d’éléments d’ameublement mis sur le marché en France a augmenté de 88 % en cinq ans pour passer de 269 à 505 millions d’unités selon un rapport de l’Ademe datant de 2022, alors que la commercialisation des meubles d’appoint (tables basses, porte-manteaux et tables d’appoint ou plateaux de tables) s’est élevée de 57 % de 2019 à 2021. Par ailleurs, le renouvellement des nouvelles collections se multiplie dans les enseignes qui peuvent proposer jusqu’à 3 000 nouvelles références chaque année.

    Une tendance pour tous les budgets

    « La fast-déco, explique Coraline Damme, fondatrice de MaDamme Déco, désigne cette tendance à consommer des objets et des meubles bon marché, destinés à être rapidement remplacés et souvent produits en masse à faible coût. Les collections de décoration se succèdent dorénavant à un rythme effréné et incitent les consommateurs à renouveler constamment leur intérieur. Cette tendance s’accompagne de l’émergence de marques qui proposent des produits à faible coût, mais standardisés et de piètre qualité. L’avènement des réseaux sociaux a également joué un rôle dans cette frénésie, en mettant en avant des intérieurs “parfaits” et toujours à la mode. On assiste à une course à la nouveauté, avec des pratiques marketing qui créent de faux besoins et altèrent la réflexion. » Pour Patricia François, décoratrice d’intérieur et spécialiste de la décoration écologique : « La fast-déco est une manière de consommer en se laissant libre cours a ses impulsions. Pour, finalement, se lasser très rapidement de son achat et avoir envie de le remplacer par un autre. Ce phénomène est apparu durant les années 1990-2000, époque où certaines marques ont commencé à proposer des objets intéressants en matière de design, mais fabriqués à moindre coût. »

    La fast-déco et ses conséquences négatives

    « Je suis bien consciente des méfaits de ce mode de consommation. C’est pour ça que je tente de refréner mes impulsions, sans toujours y arriver », avoue Laura. Surexploitation du bois et de l’eau, usage de pesticides, hausse des déchets, pollution océanique… pour une empreinte carbone de plus en plus désastreuse. Les impacts de la déco low cost sont en premier lieu au niveau écologique. Mais, la santé des consommateurs n’est pas non plus protégée : ces objets et ce mobilier émettant des composés volatils, qui s’avèrent souvent néfastes pour notre corps. Sans oublier que, dans certains pays, la production de ces objets laisser à désirer en matière de droits sociaux ou humains. Paradoxalement, « cette surconsommation de mobilier ne garantit en rien une amélioration des habitats, ajoute Coraline Damme, la fondatrice du site MaDamme Déco. Les intérieurs se standardisent et perdent leur authenticité, ce qui peut générer une forme d’insatisfaction chronique ou une quête incessante de nouveautés sans réelle connexion émotionnelle avec son chez-soi ».

    Comment consommer des meubles de manière plus vertueuse ?

    « Il ne faut pas se précipiter au moment de réaliser des achats déco, mais prendre le temps de récolter un maximum d’informations sur le meuble ou l’objet que l’on souhaite acheter (sa provenance, la manière dont il a été fabriqué, sa composition…). Cela suggère de choisir des produits “Made in France” (ou “Made in UE”), fabriqués par des marques transparentes sur leur mode de production ainsi que sur leurs valeurs environnementales et sociétales, avec des matériaux naturels ou peu émissifs de polluants, conseille la décoratrice Patricia François. Je préconise de bien mûrir son projet, de garder en tête un fil rouge sur le plan du style sans se laisser influencer par le matraquage marketing. On peut privilégier des meubles fabriqués à partir de matières recyclées, ou se tourner vers l’artisanat et la seconde main qui ont souvent beaucoup de charme sans émettre de CO2. On peut aussi se fier à l’affichage, mis en place à l’initiative du ministère de la Transition écologique et de l’Ademe, qui permet de classer les meubles en fonction de critères écologiques (traçabilité géographique, quantité de matière recyclée dans le produit, émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’eau…). C’est une sorte de Nutriscore de la déco. » Même son de cloche chez Coraline Damme, qui recommande de « prendre le temps de réfléchir à ses besoins réels et à la manière dont on vit dans son espace. Il ne s’agit pas de suivre aveuglément les tendances, mais de créer un environnement qui nous ressemble avec des objets qui ont une valeur émotionnelle. Une décoration éthique et durable est tout aussi belle, si ce n’est plus, car elle raconte une histoire et a du sens ». Plus de qualité pour moins de quantité, en somme.

    L’important est de se sentir bien chez soi

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  • Zoo et aquarium, les visiter ou pas : un choix difficile pour les parents

    Zoo et aquarium, les visiter ou pas : un choix difficile pour les parents

    Visiter un zoo ou un aquarium en famille

    « Cet été, nous avons visité un aquarium, raconte Judith, mère de deux enfants de 7 et 10 ans. Les enfants ont appris à reconnaître des poissons qu’ils ne connaissaient pas et ont assisté à un atelier sur la pollution des océans. Ils ont adoré, ça les a marqués et ils m’en parlent encore. » À une époque où l’opinion publique est de plus en plus sensible à la question animale, les parcs animaliers européens ont dû amorcer leur métamorphose. Dorénavant c’est la mission de sensibilisation du public à la fragilité des écosystèmes naturels qui est mise en avant par les défenseurs des parcs animaliers pour justifier leur existence. Amélioration de leurs infrastructures pour de meilleures conditions de vie des animaux, développement et investissement dans la recherche et la conservation des espèces sauvages, participation accrue à des programmes de reproduction des espèces menacées. Au point d’être considérés comme des acteurs de premier plan de leur protection par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), à qui l’on doit notamment la liste rouge des espèces menacées.

    88 % des Français

    pensent que les zoos participent à la conservation et préservation des espèces animales (1)

    Les controverses autour de la captivité

    Pourtant, même dans les établissements respectueux des conditions de vie des animaux, la captivité influe sur leurs comportements : un lion n’a pas le même espace dans la savane que dans une cage, quelle que soit la taille de cette dernière. La question est d’autant plus délicate que la sensibilité des enfants à la cause animale est souvent accrue après de telles visites. Ainsi, Vincent, père de Lila, 9 ans, raconte : « Nous sommes allés dans un zoo pourtant réputé pour se préoccuper du bien-être animal, mais Lila a été bouleversée en voyant un tigre tourner en rond dans son enclos. Elle m’a dit que c’était cruel de le garder enfermé. Cela nous a poussés à parler de la disparition de son habitat naturel, mais ce n’était pas facile… » C’est la raison pour laquelle de plus en plus de parents choisissent des établissements reconnus pour leur approche éthique. Ces lieux privilégient les animaux rescapés de trafic ou d’autres maltraitances, et participent activement à des recherches pour la conservation des espèces. Il existe aussi des réserves naturelles et des fermes pédagogiques hébergeant une faune locale et où les interactions sont plus respectueuses lors de la visite. Camille, maman de jumeaux de 6 ans, témoigne : « On préfère aller dans des fermes pédagogiques où les enfants peuvent voir des animaux de la région. On apprend à respecter la nature sans pour autant regarder des animaux sauvages originaires de pays lointains. »

    83 % des Français

    pensent que les animaux sont bien traités dans les parcs zoologiques. (1)

    Sensibiliser sans culpabiliser

    Si de nombreux parents continuent à visiter des zoos ou des aquariums, c’est dorénavant avec un regard critique, préférant des établissements qui mettent en avant leur engagement pour le bien-être animal et saisissant l’occasion pour expliquer aux plus jeunes les enjeux de la biodiversité. Pour faire plaisir aux enfants tout en respectant le plus possible la faune, on peut privilégier par exemple une visite au refuge de l’Arche en Mayenne, un parc animalier qui accueille des animaux abandonnés ou blessés et les soigne en les faisant vivre dans des habitats naturels, ou encore au Bioparc de Doué-la-Fontaine (Pays de la Loire), qui réunit des espèces menacées dans des habitats naturels reconstitués ; enfin, on peut aussi aller au WOW Safari de Thoiry (78), un parc zoologique et botanique qui abrite plus de 1000 animaux sur 50 hectares de verdure, avec une démarche respectueuse de l’environnement et une participation à la conservation des espèces en voie de disparition.

    (1) https://afdpz.org/wp-content/uploads/2020/09/Resultats-Sondage-IFOP-AFdPZ.pdf

  • Le mois d’or après l’accouchement : ralentir et prendre soin de soi

    Le mois d’or après l’accouchement : ralentir et prendre soin de soi

    « Un tsunami. » C’est ainsi que Salomé, 34 ans, décrit l’arrivée de sa fille dans sa vie. C’était l’année dernière, une nuit d’avril. L’accouchement a duré huit heures et s’est « bien passé ». Après la joie de la rencontre, la Bordelaise a néanmoins ressenti d’autres émotions : l’inquiétude, l’angoisse, puis la culpabilité.

    Retrouver ses repères après l’accouchement

    « J’avais du mal à me déplacer, mon corps était comme endolori. J’ai eu l’impression que je ne pouvais pas m’occuper de mon bébé comme il le fallait, se souvient la jeune maman. Mon époux a pris le relais, mais je me sentais à l’écart de cette famille que nous venions de créer. En rentrant chez nous, ça allait déjà mieux, et c’est à ce moment-là que j’ai pu commencer à créer une connexion avec ma fille. » Dans l’appartement familial, Salomé retrouve ses repères, ce qui la rassure. La première semaine, sa mère, qui a pris quelques jours de congé, vient un jour sur deux pour donner un coup de main – lancer une lessive, passer un coup de balai – et en profite pour faire connaissance avec sa petite-fille. Elle apporte toujours de quoi préparer le repas de midi, de préférence un plat réconfortant comme des lasagnes ou de la soupe. Exactement ce dont Salomé a envie et besoin pour se concentrer sur son nouveau rôle de mère et, surtout, pour récupérer de ce marathon de neuf mois, clôturé par un effort physique extrêmement intense. « Mon corps était en ruine, dit-elle. Des sensations bizarres en marchant ou en m’asseyant, des saignements, un ventre tout flasque, la vulve en feu. Je ne me suis jamais sentie aussi fatiguée de ma vie. »

    Quarante jours pour récupérer

    D’après l’enquête nationale périnatale menée en 2021, 17 % des femmes ont trouvé la période suivant l’accouchement « difficile » ou « très difficile ». Pire encore : près d’une mère sur cinq souffrirait de dépression post-partum dans le mois qui suit la naissance, selon le site de la commission Les 1000 premiers jours. « L’isolement est la principale cause de ces difficultés », peut-on lire dans l’ouvrage Le Mois d’or — Bien vivre le premier mois après l’accouchement, dont la première édition s’est vendue à plus de 25 000 exemplaires. Popularisé en France par ses autrices, Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin, le concept du « mois d’or » peut se résumer ainsi : « Sortir de la focalisation sur le bébé et proposer des soins au corps de la mère, la soutenir émotionnellement, l’aider dans les tâches quotidiennes pour lui éviter les efforts et lui permettre de se rétablir. Une maman qui va bien, c’est un bébé qui peut aller bien », explique Marie Mahé-Poulin, également psychologue clinicienne. Cette pratique se retrouve dans plusieurs traditions culturelles, comme en Chine, où le « Zuo Yue Zi » se traduit par « rester assise un mois », ou en Amérique du Sud, où les femmes bénéficient d’une « cuarentena » (quarantaine). Si cette période est censée durer quarante jours – « le nombre quarante représente la transition, l’ouverture sur un nouveau chapitre […] dans le cadre postnatal, c’est le temps nécessaire pour retrouver des fonctions physiologiques en bonne santé », explique Le Mois d’or –, le temps de récupération peut s’étendre sur plusieurs mois. On parle alors de « quatrième trimestre ».

    Anticiper et bien s’entourer

    Salomé était enceinte de huit mois lorsqu’elle a lu Le Mois d’or. Elle en a surtout retenu une idée : « S’entourer de ses proches et déléguer un maximum de tâches ménagères. » Voilà l’ingrédient secret pour un post-partum apaisé. Les autrices du livre préconisent même de se préparer, en cuisinant des repas chauds, nutritifs et réconfortants à congeler — soupes, bouillons ou « lait d’or », une boisson à base de curcuma et de gingembre. En un mot : anticiper. Lorsque la jeune Bordelaise a parlé du mois d’or à son entourage, ses proches l’ont d’abord regardée d’un drôle d’air. « Cela faisait sens pour ma mère, mais elle ne comprenait pas l’intérêt de théoriser la chose. Du côté de ma belle-mère, en revanche, c’était l’incompréhension totale. Pour elle, je devais bouger le plus possible pour récupérer », confie-t-elle. Si, d’après Marie Mahé-Poulin, « il n’y a pas de façon parfaite de vivre un mois d’or », celle-ci insiste sur l’importance du « cercle de soutien ». « Nous avons tous un rôle à jouer, que l’on soit voisins, amis ou professionnels. C’est un vrai projet de société : il faut tout un village pour soutenir une famille », avance la psychologue, qui observe « une réelle prise de conscience depuis cinq ans, même s’il reste encore beaucoup à faire ».

    De son côté, Salomé pense à une possible seconde grossesse : « J’aimerais mieux me préparer la prochaine fois, assure la jeune maman. Maintenant je le sais, c’est trop important pour mon bien-être, celui du papa et celui du bébé. »

    Conseil lecture

    Le Mois d’or — Bien vivre le premier mois après l’accouchement, Marie Mahé-Poulin et Céline Chadelat – éd. Presses du Châtelet

  • VIH/Sida : vrai – faux sur les idées reçues

    VIH/Sida : vrai – faux sur les idées reçues

    Radia Djebbar : Faux ! C’est peut-être la fausse croyance la plus répandue, qu’il est important de déconstruire. Être atteint du VIH ne signifie pas avoir le sida. Le VIH est un virus pouvant entraîner le Sida. Si le VIH n’est pas traité, il peut affaiblir le système immunitaire jusqu’à atteindre le stade Sida, mais aujourd’hui, grâce aux traitements Sida, de nombreuses personnes vivent avec le VIH sans jamais développer le Sida.

    « On peut attraper le VIH par simple contact physique »

    R.D. : Faux. Après 40 ans de VIH, on se bat toujours contre ces idées, qui sont en réalité des peurs irrationnelles. Les toilettes publiques ou le sang séché sont encore, à tort, une hantise pour les gens. Le partage de couverts, les poignées de porte, les câlins, les baisers, dormir dans le même lit, boire dans la même canette… Tout cela comporte un risque nul de transmettre le VIH. Les vrais risques de contamination sont les suivants : des rapports sexuels non protégés, le partage de seringues ou d’aiguilles en cas de consommation de drogue par voie intraveineuse, et la transmission verticale de la mère à l’enfant.

    « Les femmes séropositives ne peuvent pas avoir d’enfants sans les infecter »

    R.D. : C’est compliqué. Le désir d’enfant est tout à fait réalisable pour une personne vivant avec le VIH. Cependant, il est essentiel de planifier la grossesse afin de bénéficier d’un suivi médical adapté et de minimiser le risque de transmission du virus à l’enfant. En France métropolitaine, les traitements antirétroviraux ont permis de réduire le taux de transmission mère-enfant du VIH-1 à 0,54 % entre 2005 et 2011, contre 15 à 20 % sans traitement.

    « Aucun risque d’attraper le sida en pratiquant du sexe oral »

    R.D. : Faux. Pratiquer une fellation avec une personne non traitée, tout comme les relations sexuelles entre femmes, présente un risque faible, mais réel, surtout en cas de présence d’infections sexuellement transmissibles ou de lésions sur les muqueuses.

    « On ne peut pas contracter le VIH en ayant un seul partenaire sexuel »

    R.D. : Avoir un seul partenaire tout au long de sa vie n’assure pas une protection contre le VIH. Si l’un des partenaires est infecté, il peut transmettre le virus lors de rapports non protégés. La fidélité mutuelle n’est une méthode de prévention efficace que si les deux partenaires sont séronégatifs et le demeurent. Pour que cette démarche soit réellement protectrice, les deux partenaires doivent en premier lieu se faire tester.

    « Le Sida, on n’en meurt plus »

    R.D. : C’est compliqué. Il est important de distinguer deux phases dans l’évolution de la maladie : l’infection par le VIH et le Sida, qui représente le stade avancé de l’infection. Dans les années 1980, lorsque les dispositifs d’accompagnement ont été mis en place, ils visaient principalement à accompagner les malades en fin de vie. Aujourd’hui, grâce aux traitements, une personne séropositive avec une bonne immunité peut avoir une espérance de vie comparable à celle d’une personne non infectée. Selon les prévisions de l’OMS, si toutes les personnes vivant avec le VIH étaient dépistées et traitées, il serait possible d’éliminer les nouvelles contaminations d’ici 2030.

    « Le préservatif est efficace à 100 % pour se protéger du VIH »

    R.D. : Au-delà du préservatif, essentiel, il existe d’autres méthodes de prévention du VIH en complément ou en alternative au préservatif. Parmi elles, la PrEP (prophylaxie préexposition), un traitement préventif destiné aux personnes ne souhaitant pas utiliser de préservatif. Il y a également le TPE (traitement post-exposition), administré aux personnes ayant pris un risque, comme lors d’un rapport non protégé. Ce traitement doit être initié dans les 48 heures suivant l’exposition. À noter : ces traitements sont entièrement pris en charge, y compris pour les personnes sans complémentaire santé.

    « C’est compliqué de se faire dépister »

    R.D. : C’est faux. Il existe au moins un Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd) dans chaque département, dont la liste est accessible sur le site vih.org. Il est également possible de réaliser un dépistage dans un laboratoire d’analyse médicale, sans avoir besoin de rendez-vous, d’ordonnance ou d’avancer des frais. Une autre option consiste à utiliser un autotest, disponible en pharmacie pour un prix compris entre 25 et 30 €. Les délais pour détecter une éventuelle infection varient en fonction des tests, allant de six semaines à trois mois après l’exposition au risque.

    « On peut être guéri du VIH »

    R.D. : Faux. À ce jour, il n’existe pas de remède ni de vaccin pour guérir le VIH. Cependant, les traitements antirétroviraux permettent de contrôler le virus et de vivre sans symptômes, avec une espérance de vie quasi similaire à une personne non porteuse du VIH. Comme le VIH peut rester asymptomatique pendant plusieurs années, se faire dépister est indispensable. Par ailleurs, des avancées significatives dans la recherche vaccinale sont en cours, et des essais cliniques prometteurs ont été réalisés.

    Consultations médecin généraliste, gynécologue, urologue

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  • Consentement : comment en parler aux enfants ?

    Consentement : comment en parler aux enfants ?

    Le consentement des enfants a longtemps été un impensé de notre société. Mais la levée progressive des tabous sur les violences sexuelles, ainsi que le mouvement #metoo, a permis d’inviter la sensibilisation au consentement dans les conversations dès le plus jeune âge. « Dans ma famille, se souvient Géraldine, maman d’un petit Gaston, certains adultes avaient une telle autorité que nous devions nous soumettre à chacun de leurs désirs. C’était le cas de mon grand-père, un homme taiseux et tyrannique. Quand nous lui rendions visite pour lui souhaiter la bonne année, il exigeait que chacun de ses petits-enfants l’embrasse dans le cou tandis qu’il nous caressait les fesses, avant de nous donner nos étrennes. C’était un rituel qui nous répugnait tous, mais contre lequel personne, pas même les adultes présents, ne trouvait rien à redire. Alors, depuis que mon fils est tout petit, je lui apprends qu’il a le droit de dire NON. »

    Le consentement dès le plus jeune âge

    Léa de Macédo, pédopsychiatre au CHU de Nantes, rappelle la nécessité de parler du consentement dès le plus jeune âge, « notamment en ce qui concerne les questions de franchissement sexuel ». Elle recommande d’aborder le sujet spontanément et naturellement. « Car si on est gêné, précise-t-elle, l’enfant risque de penser que c’est un sujet tabou, dont on ne peut pas parler. » Les conversations sur le consentement lié au corps doivent permettre aux enfants d’assimiler le fait qu’un acte interdit doit être dénoncé auprès d’un adulte référent, y compris si l’auteur des agissements est un proche ou un membre de la famille.

    L’importance de créer un cadre sécurisant

    Pour aider les parents, Léa de Macédo propose d’utiliser des supports graphiques à partir de 2 ou 3 ans, comme les vignettes sur le consentement de l’autrice et illustratrice québécoise Elise Gravel. Certains livres jeunesse à vocation pédagogique sont également de bons outils pour parler du consentement et des violences. On peut citer Petit doux n’a pas peur de Marie Wabbes (La Martinière Jeunesse), destiné aux petits de 0 à 6 ans. « Se baser sur l’utilisation d’un média permet à l’adulte de trianguler, ajoute la pédopsychiatre, ce qui peut être plus confortable pour les parents. » Elle souligne aussi l’importance de sensibiliser les enfants au consentement de l’autre. « On peut, par exemple, les prendre eux-mêmes comme exemple, leur dire : “Tu n’aimerais pas qu’on te fasse telle chose, donc ne la fais pas à tes camarades.” », propose-t-elle. Elle pointe, par ailleurs, une autre difficulté pour les familles : si le consentement de l’enfant est essentiel pour l’aider à se protéger contre un certain nombre d’atteintes, il est cependant indispensable de ne pas le lui demander dans bien des cas de figure. Or, il y a parfois une confusion chez certains parents perdus au milieu des injonctions contradictoires. « Demander son consentement à un enfant petit pour qu’il aille au lit ou qu’il mette son manteau risque de le démunir, explique le médecin. Son cerveau n’est pas encore capable de prendre une décision éclairée. » C’est pourquoi la pédopsychiatre du CHU de Nantes insiste sur l’importance de poser un cadre : « C’est rassurant pour l’enfant et ça lui permet de comprendre qu’il y a aussi des limites à poser à l’autre, ce qui est une base pour aborder la question du consentement. »

    Parler du consentement avec les ados

    Comme pour la plupart des sujets fondamentaux, il ne suffit pas d’aborder le consentement une seule fois. Le sujet doit revenir ponctuellement dans les discussions, y compris avec les adolescents et les jeunes adultes. Pour échanger avec ces derniers, rarement à l’aise avec ces thématiques, le docteur de Macédo suggère de s’appuyer sur une vidéo populaire sur YouTube, intitulée Tea consent, qui décortique les mécanismes du consentement via une métaphore autour d’une tasse de thé. « Ça donne plein de situations ridicules et ça permet de parler du consentement avec un support hors cadre », explique la professionnelle. Si elle met en garde contre la désinformation qui circule sur les réseaux sociaux, elle conseille, cependant, certains comptes Instagram, notamment Le droit de comprendre le droit, qui accorde plusieurs posts au consentement, et les podcasts féministes qui informent sur le rapport au corps. Elle propose également de recourir à des outils tels que le violentomètre et le « respectomètre », facilement accessibles en ligne, et qui aident à trouver des repères en matière de consentement lorsque le contexte n’est pas évident.

  • Bébés prématurés : quelles conséquences au quotidien ?

    Bébés prématurés : quelles conséquences au quotidien ?

    Qu’est-ce que la prématurité ?

    L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit comme prématurée toute naissance survenant avant 37 semaines d’aménorrhée (absence de règles). Aujourd’hui, la limite de viabilité d’un prématuré (limite en dessous de laquelle le bébé ne sera pas réanimé) est fixée à 22/23 semaines d’aménorrhée (SA) et à un poids d’au moins 500 grammes. La prématurité suscite donc souvent de l’inquiétude, d’autant qu’avec un million de décès par an, elle reste la première cause de mortalité infantile chez les enfants de moins de 5 ans. Pourtant, avec un suivi médical adapté et des soins intensifs, ces bébés peuvent se développer parfaitement normalement. Les défis restent cependant multiples selon le degré de prématurité et la santé générale du bébé à la naissance, ainsi que la qualité des soins reçus en néonatologie.

    Selon Amélie, pédiatre dans le XXe arrondissement de Paris, « la prise en charge d’un bébé prématuré est un travail d’équipe. Nous avons fait d’énormes progrès ces dernières années grâce aux technologies de pointe. Cependant, chaque cas reste unique, et la famille doit être soutenue tout au long du processus. Les parents jouent un rôle essentiel, même durant les premières semaines où le bébé est encore en soins intensifs. Un accompagnement psychologique et un suivi médical sont cruciaux pour le développement du bébé à long terme ».

    La prématurité se mesure en quatre stades 

    La petite prématurité concerne les naissances entre la 33e et la 36e semaine d’aménorrhée. La grande prématurité, entre la 28e et la 32e semaine. La très grande prématurité, entre la 26e et la 27e semaine. Enfin, l’extrême prématurité concerne les naissances survenant avant la 26e semaine. La prématurité survient spontanément dans 70% des cas, et résulte souvent d’une rupture des membranes ou d’un travail prématuré naturel. Mais la prématurité peut être aussi induite, quand l’équipe obstétricale décide de provoquer l’accouchement en raison de risques pour la mère et/ou pour l’enfant. Ces naissances ont le plus souvent lieu par césarienne.

    « À la 26e semaine de ma grossesse, j’ai dû être hospitalisée, car ma poche des eaux était rompue. Mes jumeaux sont nés peu après, sans être considérés, à quelques jours près, comme très grands prématurés. Ils ont tout de même été directement placés en soin intensif et en couveuse. Ça a été un choc : retourner seule à la maison a été très difficile, même si j’allais les voir tous les jours. Les médecins nous ont rassurés et ont été incroyablement présents pour nous. Aujourd’hui, ils vont très bien, mais ces premières semaines m’ont durablement marquée », raconte Sophie, maman de Romane et Louis, qui ont aujourd’hui 5 ans et se portent parfaitement bien.

    Quelles sont les grossesses les plus à risque de prématurité ?

    Les principales pathologies qui causent la prématurité peuvent être l’hypertension artérielle sévère, le retard de croissance grave (RCIU) ou l’hémorragie maternelle. Les grossesses multiples, les infections et les maladies chroniques, comme le diabète, sont aussi des facteurs. Enfin, il y aurait aussi une influence génétique. Ainsi, Jeanne, qui ne présente pourtant aucun facteur de risque, a eu trois enfants nés chacun vers 34 semaines : « Dans ma famille, les enfants sont tous nés en avance, ceux de ma mère, de ma grand-mère, mais aussi de mon arrière-grand-mère ! Chez nous, on doit avoir hâte de vivre ! », raconte en riant la quadragénaire. Le plus fréquemment pourtant, la cause de la prématurité n’est pas identifiée et des recherches complémentaires sont nécessaires. « Tout ce qui concerne la périnatalité – la fertilité, la grossesse, l’accouchement ainsi que les premiers mois de vie de l’enfant – reste encore très mystérieux pour la médecine, explique Amélie, la pédiatre. Et encore plus particulièrement les causes exactes du déclenchement des contractions entraînant l’accouchement : à ce jour, nous ne sommes pas encore à 100% certains des raisons précises, et c’est donc difficile de prédire la date de l’accouchement ainsi qu’une éventuelle prématurité. »

    rapport OMS mai 2023, Rapport Euro-Peristat 2015-2019