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  • Quelle plante dans quelle pièce chez soi ?

    Quelle plante dans quelle pièce chez soi ?

    Les plantes dont nous nous entourons peuvent faire plus que simplement embellir nos pièces. Selon une étude réalisée par l’université de Shanghai en 2013, vivre dans une pièce où des plantes sont présentes nous rend plus heureux qu’être dans une pièce dénuée de verdure. Une étude américaine de 2015 a aussi confirmé qu’être à proximité de plantes réduit le stress psychologique et physiologique. Antoniy Ivanov, 31 ans, barista à mi-temps et étudiant en master, l’a bien compris. C’est pour cela qu’il a acheté ses premières plantes : « Lorsque j’ai emménagé dans mon studio étudiant, j’étais juste entouré de tristes murs blancs, d’un lit, d’une table et d’une chaise. Les plantes m’ont permis de me sentir mieux chez moi. Elles sont belles à regarder et égayent l’espace. »

    En tant qu’organisme vivant, les plantes ont néanmoins des besoins bien particuliers. Il faut donc faire attention à leurs caractéristiques, mais aussi à celles de la pièce dans lesquelles vous voulez les placer. « Le plus important, explique Rémi Couturas, vendeur de plantes depuis cinq ans dans un magasin de jardinage, c’est de savoir s’adapter à l’environnement dans lequel vous allez placer votre plante et de bien faire attention à son évolution. Il n’existe pas de règles bien définies, mais il y a des lieux où certaines plantes auront plus de mal à pousser et à survivre qu’ailleurs ». De plus, certaines plantes ont des particularités qui peuvent avoir un impact positif sur votre environnement, qui va au-delà de la simple décoration. Mais alors quelles plantes sont-elles adaptées à chaque pièce de la maison ?

    Pour la cuisine

    Pour la cuisine, Rémi Couturas recommande « des plantes de la famille des aglaonemas, des dracénas (dragonniers), des chamaedoreas (chamaedorées), ou des chlorophytums (plantes-araignées). Elles sont connues pour nettoyer l’air des polluants ». Selon une étude de la NASA de 1989, ces plantes sont en effet efficaces pour filtrer des composés organiques volatils présents dans l’air qui peuvent être nocifs pour notre santé, tels que le benzène, le formaldéhyde ou l’ammoniaque. Il faut néanmoins nuancer les bienfaits de ces plantes. Si elles ont été identifiées par la NASA comme pouvant éliminer les polluants de l’air, l’étude a été faite dans un laboratoire étanche, dans des conditions qui ressemblent peu à celles d’une maison ou d’un appartement.

    Une étude de 2020 a ainsi prouvé que les plantes ont en fait peu d’impact sur la présence de polluants dans l’air d’un bureau ou d’une maison, celui-ci se renouvelant plus vite que les plantes ne peuvent le filtrer. De plus, Rémi Couturas rappelle que « la cuisine subit des changements de température et de taux d’humidité assez importants, et donc il faut bien surveiller comment nos plantes réagissent à cet environnement ».

    Pour le salon

    Selon Rémi Couturas, « la luminosité de l’emplacement va beaucoup jouer sur le bien-être d’une plante et c’est donc surtout cela qu’il faut prendre en compte ». Le salon est souvent une pièce assez lumineuse, qui bénéficie d’une exposition au soleil directe ou indirecte et beaucoup de plantes s’y plairont. Vous pouvez ainsi aussi bien y placer des fougères ou des palmiers areca que des dracénas (dragonniers) et des dieffenbachias. En les plaçant à proximité des fenêtres, un géranium citronné ou un citronnier nain peuvent être utilisés pour repousser les moustiques l’été.

    Pour la salle de bains

    Le meilleur choix pour la salle de bains est une plante qui puisse vivre dans un environnement humide et chaud. De plus, selon Rémi Couturas, il faudra garder l’humidité ambiante en tête et « espacer les fréquences d’arrosages, votre plante devrait quand même s’en sortir grâce à l’eau présente dans l’air ambiant ». Les fougères, les adiantum (capillaires) et les chlorophytums (plantes-araignées) ont besoin de beaucoup d’eau et absorbent efficacement l’humidité de leur environnement. Elles peuvent ainsi être utilisées comme un déshumidificateur naturel.

    Pour la chambre

    Contrairement à ce qu’on peut entendre ici ou là, les plantes d’intérieur ont tout à fait leur place dans une chambre, même si Rémi Couturas conseille d’éviter « les plantes odorantes parce que cela pourrait vous empêcher de dormir si vous y êtes sensible ». Les dracénas, l’aglaonema et les fleurs de lune pourront apporter de la couleur et une atmosphère paisible à cette pièce.

    Les préjugés sur les plantes à la maison

    Certaines plantes peuvent absorber les ondes de nos téléphones ou ordinateurs : Faux !

    Rémi Couturas se souvient d’une période où « beaucoup de gens venaient me réclamer un cactus anti-ondes, ce qui n’existe pas du tout. Aucune espèce de plantes, cactus ou autres, n’est connue comme pouvant absorber les ondes ! ». En effet, aucune étude scientifique n’a pour le moment établi que certaines plantes pourraient absorber des ondes électromagnétiques nocives pour les humains. Une étude de chercheurs d’une université turque datant de 2018 a même démontré que la présence de cactus aux alentours d’un écran d’ordinateur n’avait aucun impact sur le champ électromagnétique émis par la machine.

    Il ne faut pas mettre de plantes dans la chambre à coucher : Faux !

    La nuit, les plantes ne pratiquent plus la photosynthèse, le phénomène par lequel elles absorbent du CO2 et rejettent de l’oxygène. À la place, elles respirent de la même manière que les humains et prennent l’oxygène d’une pièce et rejettent du CO2. Cette respiration nocturne a entraîné l’idée selon laquelle dormir avec des plantes dans une pièce pourrait être dangereux et augmenter le risque d’intoxication au CO2. Une peur infondée pour Rémi Couturas, selon qui « il faudrait dormir avec une concentration de plantes similaire à celle de l’Amazonie dans sa chambre avant que cela devienne dangereux ! ».

    Locataire ou propriétaire, l’important est de se sentir bien chez soi

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  • « L’esprit critique résulte d’un travail de réflexion et d’empathie »

    « L’esprit critique résulte d’un travail de réflexion et d’empathie »

    Sylvie Pierre est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Lorraine et responsable du séminaire de recherche « Fait didactique et éducation à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation de Lorraine.

    Qu’est-ce que l’esprit critique ?

    Sylvie Pierre : C’est un terme qui est né au XVIIIe siècle sous la plume de personnalités marquées par la philosophie des Lumières, fondée sur la raison et l’intelligence. Il faut se rappeler que jusqu’à la Révolution, l’école publique n’existe pas et c’est l’Église qui se charge de diffuser le savoir à quelques privilégiés. L’esprit critique, tel que le définit Condorcet, désigne donc l’idée d’élévation, d’émancipation des élèves, garçons comme filles, vis-à-vis des préjugés et des dogmes, notamment religieux. Bien sûr le contexte d’aujourd’hui n’est plus du tout le même puisque notre société est sécularisée. Mais, quels que soient les siècles, l’esprit critique doit être au fondement de l’éducation et permettre aux enfants d’acquérir des savoirs tout en adoptant une lecture distanciée des informations qui leur parviennent.

    En quoi le paysage numérique et informationnel actuel influe-t-il sur la formation de l’esprit critique des enfants ?

    S. P. : Avec le numérique, la société se transforme, tout comme la production et la diffusion de l’information et du savoir. L’éducation s’inscrit dans cette transformation. La multiplication des écrans et des canaux de diffusion amène de nouveaux risques : exposition des données personnelles, diffusion d’images personnelles sans consentement, confrontation à des images violentes, etc. Les mineurs sont particulièrement exposés car leur capacité de jugement est encore faible. Et cela a une incidence sur la façon dont ils deviennent des citoyens ! Des études montrent par exemple que les jeunes garçons qui sont exposés aux contenus pornographiques très tôt sont moins capables de respecter le consentement que ceux qui ne l’ont pas été.

    On associe l’esprit critique à la raison, mais quelle est la place des émotions?

    S. P. : La raison “sèche” ne suffit pas. L’esprit critique est un état d’esprit. Il est le fruit d’un travail de réflexion et également de développement de l’empathie, de la capacité à se projeter vers les autres. C’est très important car la désinformation et la violence qui se déploient sur les réseaux sociaux touchent directement aux affects et aux émotions des jeunes. Il faut donc leur apprendre à déconstruire les stratégies de ces sites. D’un côté, l’école va transmettre des savoirs, une pensée réflexive fondée sur la science. Mais d’un autre côté, il faut leur enseigner dès le plus jeune âge à reconnaître leurs émotions.

    « L’esprit critique résulte d’un travail de réflexion et d’empathie »

    Est-ce que tous les enfants sont égaux face à la désinformation en ligne ?

    S. P. : L’accès aux réseaux sociaux affecte inégalement les familles. Plus les foyers sont privilégiés, plus les enfants sont préservés des écrans en général et donc des contenus manipulatoires, trompeurs et violents qu’on peut y trouver. Ce n’est pas nouveau : lorsque la télévision est arrivée en France, dans les années 1950, les classes populaires la regardaient tandis que les classes sociales plus favorisées en dénonçaient les effets pervers. Mais l’impact des écrans sur le développement des enfants dépend avant tout des pratiques de l’environnement familial. La télévision, comme Internet, produisent le meilleur – lorsqu’ils donnent accès à la culture et aux savoirs – comme le pire. Il faut donc s’assurer que les enfants aient les moyens d’en faire un usage éclairé.

    Comment l’École peut-elle encourager les élèves à se sentir acteurs de leurs pratiques numériques ?

    S. P. : Depuis 2013, tous les professeurs ont pour mission d’intégrer l’éducation aux médias et à l’information (EMI) à leur discipline. Mais il faut du temps pour que tous les enseignants soient formés à ces questions et fassent systématiquement des cours d’éducation aux médias. Pourtant, l’EMI permet indéniablement aux élèves de développer les compétences informationnelles nécessaires pour être de futurs citoyens capables d’utiliser les outils numériques de façon éclairée. Tous les élèves ne sont donc pas logés à la même enseigne. 65 % des élèves ayant eu des cours d’EMI vérifient les informations qu’ils reçoivent, contre 40 % pour ceux qui n’en n’ont pas eus. L’École doit aussi placer les élèves en position d’acteurs. Créer un journal numérique ou une radio dans son établissement leur permet de se confronter par la pratique aux grandes questions qui se posent dans tout environnement numérique : droit à l’image, haine en ligne, etc.

    Et quels conseils peut-on donner aux parents ?

    S. P. : Ils ont un rôle complémentaire à celui des enseignants. Pourtant, dans les études, les parents confient être de plus en plus démunis pour accompagner leurs enfants. 42 % déclarent avoir du mal à limiter le temps d’usage d’écran de leurs enfants. Souvent, eux-mêmes ont du mal à se limiter. Cela signifie qu’il faut aller à la rencontre de tous les parents, y compris ceux qui sont éloignés du numérique. Si on laisse des personnes sur le bord du chemin, on va fracturer la société. Cela signifie qu’ils ont besoin d’être accompagnés dès la petite enfance par des professionnels pour poser des règles et savoir comment aborder ce sujet en famille sans tomber dans la culpabilité.

    Comment déjouer les infoxs ?

    • Le terme “infox” – fake news en anglais – désigne toute forme d’information délibérément trompeuse. Qu’il s’agisse d’une rumeur, d’un mensonge ou d’une théorie du complot, l’infox est toujours réalisée à des fins financières, idéologiques ou politiques. Il est donc primordial que l’enfant comme l’adulte comprenne la nature du contenu auquel il est exposé et évite de confondre publicité, potin et information. Pour cela, il faut déjà apprendre à se poser quelques questions : qu’est-ce qu’une information ? Comment est-elle produite ? Qui en est l’auteur, sur quel média ou site est-elle publiée ? Quelles en sont les sources ?, etc. Certains médias ont constitué des équipes de “fact-checkeurs”, chargés de vérifier la véracité des informations : AFP Factuel, Les Décodeurs (Le Monde), Check News (Libération) ou encore Les Observateurs (France 24).

     

    • Discuter en famille des contenus produits par ces médias est un bon moyen de garder un œil vivant sur l’actualité et d’éveiller l’esprit critique de ses enfants. Sur son site, le Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (CLEMI) partage des activités ludiques à faire en famille pour apprendre à différencier la nature des contenus en ligne, se repérer dans la galaxie des médias pour comprendre comment mieux s’informer, ou même produire soi-même de l’information en réalisant un reportage ou un podcast.
  • Vrai-Faux – Est-ce que mon smartphone m’espionne ?

    Vrai-Faux – Est-ce que mon smartphone m’espionne ?

    1 Mon portable m’écoute en permanence

    C’est plus compliqué

    Il faut distinguer écoute et espionnage !

    À l’été 2023, les députés ont approuvé la possibilité d’activer à distance les smartphones pour écouter et filmer des individus visés par des enquêtes pour terrorisme ou criminalité organisée. Si cette disposition du projet de loi de programmation pour la justice illustre la faisabilité technique de l’espionnage via le microphone de notre smartphone, elle ne doit pas nous faire tomber dans la paranoïa.

    Selon Corinne Hénin, experte en cybersécurité auprès de la cour d’Appel de Montpellier, croire que nous sommes tous susceptibles d’être espionnés à travers nos portables relève du « fantasme » car une telle opération « requiert des moyens considérables » : « Pour pouvoir activer un micro à distance, il faut soit installer un logiciel, et donc y avoir accès physiquement, soit pirater le smartphone en profitant d’un bug dans son logiciel entre deux mises à jour, ce qui représente une fenêtre d’attaque assez courte. » Sauf si vous êtes un criminel patenté, il y a donc peu de chance que votre portable soit utilisé comme cheval de Troie pour vous espionner.

    Toutefois, il vous est sûrement déjà arrivé de discuter d’un sujet très spécifique, votre smartphone posé à côté de vous, et de recevoir dans les jours qui suivent une publicité ciblée en lien avec cette discussion. Comment l’expliquer ? « Dès lors qu’on donne l’autorisation à une application d’accéder au micro de notre smartphone et que celle-ci est active, l’enregistrement du son ambiant est techniquement possible », explique Corinne Hénin. Il peut s’agir de toutes les applications qui permettent de passer des appels vocaux, comme les messageries instantanées, mais également de toutes celles qui spécifient dans leurs conditions générales utiliser les données des utilisateurs et utilisatrices à des fins commerciales.

    En fait, les assistants vocaux, dont sont équipés les smartphones et d’autres objets connectés, sont particulièrement sous le feu des critiques. Programmés pour se déclencher lorsque certains mots-clefs sont prononcés, ils sont par définition toujours en train d’écouter. Dans son livre blanc « À votre écoute », la CNIL (Commission Nationale de l’informatique et des libertés) rappelle que « ce n’est que lorsque le mot-clé a été reconnu que les enregistrements audio sont traités pour interprétation et exécution de la commande, ce qui se traduit dans de nombreux cas par un envoi à des serveurs distants via Internet. »

    Toutefois, des expérimentations menées par le Laboratoire d’innovation numérique de la CNIL et par des universités anglaise et américaine confirment que même lorsqu’ « aucun ordre spécifiquement destiné à l’assistant n’a été formulé, de nombreuses activations ont été enregistrées et sont visibles dans l’historique d’utilisation ».

    2 Les données que nous générons sont utilisées pour nous profiler

    Vrai

    Selon Jean-Jacques Latour, directeur de l’expertise en cybersécurité de la plateforme cybermalveillance.gouv.fr, toutes les applications qui utilisent notre micro peuvent également générer de la publicité ciblée à partir d’une écoute de mot-clef. Le hic, c’est que cela est « dur à documenter » car « on rentre dans la boîte noire de ces éditeurs qui, pour se couvrir par rapport à la loi, écrivent dans leurs conditions générales utiliser les données à des fins marketing » sans forcément spécifier comment.

    Nom, adresse, localisation…toutes les informations personnelles nous concernant intéressent les plateformes car leur modèle économique en dépend. C’est le fameux « si c’est gratuit, c’est vous le produit ». En effet, elles revendent nos données personnelles à des entreprises tiers. Et plus ces données personnelles sont précises, plus elles ont de la valeur car elles permettent d’affiner le ciblage publicitaire.

    « Tous les usages que l’on va faire de notre téléphone mobile ou de notre ordinateur peuvent être captés à des fins marketing, confirme Jean-Jacques Latour. Le profilage est utilisé pour pouvoir déterminer vos domaines d’intérêts afin de vous envoyer la publicité à laquelle vous êtes le plus susceptible de céder. »

    3 Mon frigo et ma brosse à dent connectés peuvent être piratés.

    Vrai

    L’Internet des objets (IoT en anglais pour « Internet of Things ») désigne la mise en réseau d’objets du monde physique. Que ce soit dans la domotique (techniques utilisées pour rendre les bâtiments « intelligents »), l’industrie ou les transports, les appareils connectés à Internet sont en plein boom. De 38,6 milliards en 2025 leur nombre pourrait grimper à 50 milliards d’ici 2030, engendrant au passage une hausse de l’empreinte environnementale du numérique.

    L’avantage de l’IoT consiste à collecter des données en temps réel. Certains fabricants équipent donc leurs machines à laver, brosses à dent, et autres réfrigérateurs d’une adresse IP par laquelle ces équipements fournissent des informations aux consommateurs via une application. Souvent moins sécurisées que celles d’un ordinateur ou d’un smartphone, ces adresses IP sont particulièrement vulnérables aux attaques cyber.

    Pour les hackers, ces faiblesses sont des points d’entrée qu’ils peuvent exploiter pour mener des attaques. Le site spécialisé Cyberscoop a par exemple révélé qu’un bug dans le logiciel de certains modèles de machines à laver particulièrement utilisées dans les hôpitaux peut servir de brèche d’entrée pour accéder à d’autres objets connectés au même réseau.

    Aux États-Unis la menace est prise très au sérieux. Le gouvernement américain a annoncé le lancement prochain du Cyber Trust Mark, un label certifiant que les fabricants d’objets connectés respectent les standards sur la protection des données, les mises à jour logicielles et les mots de passe par défaut, pour mieux protéger les consommateurs. En Europe, le nouveau règlement sur la cyber résilience, qui entrera en vigueur en 2024, imposera également aux constructeurs, développeurs et distributeurs plus de transparence sur les vulnérabilités matérielles et logicielles.

    4 Il n’y a que les hackers qui espionnent notre vie privée

    Faux

    La cybersurveillance est l’une des formes de cyberviolence les plus répandues chez les couples. Une étude menée par le centre Hubertine Auclert en 2018 révèle que 21 % des femmes victimes de violences conjugales déclarent avoir été espionnées par un logiciel espion installé sur leur portable par leur conjoint.

    Mais la cybersurveillance, dont se disent victimes six femmes victimes de violences conjugales sur dix, ne se résume pas qu’aux stalkerware. Comme le rappelle Corinne Hénin, il suffit de se procurer physiquement un smartphone et de le déverrouiller pour le configurer à sa guise : « J’ai reçu beaucoup d’appel de femmes dont le mari avait pris le téléphone et modifié les paramètres de Google Maps pour pouvoir la géolocaliser en permanence ou bien ceux de sa boîte mail pour recevoir une copie de son courrier électronique ». Ces agissements sont punis par deux ans d’emprisonnement et 60 000 euros d’amende.

    Dans un registre éducatif, selon une étude menée par l’Unaf et l’Observatoire de la parentalité et de l’Éducation numérique, 41 % des parents ont déjà utilisé un logiciel d’espionnage pour surveiller l’activité numérique de leur enfant. Parmi eux, seuls 30 % le font avec l’accord de leur progéniture, preuve que les inquiétudes parentales sont encore loin de faire l’objet de discussions apaisées au sein de la famille.

    5 Nous laissons de multiples traces en naviguant sur Internet

    Vrai

    « Internet n’oublie rien : quand nous postons quelque chose en ligne nous n’en sommes plus maîtres », avertit Corinne Hénin. D’une part parce que même si le site supprime le document comme nous lui demandons, nous ne sommes pas à l’abri qu’un autre internaute l’ait enregistré et conservé sur une autre machine. D’autre part, lorsque nous allons sur Internet, nous laissons tout un tas de traces. Les plus fréquentes sont les cookies, des données que les sites laissent sur notre disque dur à chaque fois que nous nous y connectons, et le cache de navigation, qui mémorise des parties d’une page web, notamment ses images, pour les aider à s’ouvrir plus rapidement lors d’une prochaine visite.

    Contrairement à la navigation standard, la navigation privée n’enregistre pas les cookies, les mots de passe ou l’historique web. Cela permet notamment d’éviter l’apparition de publicité ciblée lors d’une prochaine navigation. Mais si cette fonctionnalité présente sur les navigateurs web garantit plus de confidentialité, elle ne permet pas pour autant d’atteindre l’anonymat. Le fournisseur d’accès Internet, le site visité ou bien l’administrateur du réseau auquel on est connecté (lieu de travail, d’étude, etc.) ont, en effet, toujours accès aux traces laissées lors de la navigation.

    6 L’utilisation d’un VPN permet d’être anonyme

    Oui, mais…

    La vocation d’un VPN, ou réseau privé virtuel, est d’agir comme un intermédiaire entre l’utilisateur ou utilisatrice et Internet.Pour cela, un VPN va masquer l’adresse IP de votre appareil, pour vous rendre virtuellement intraçable par un tiers. « Utiliser un VPN c’est comme emprunter un tunnel : on est caché mais si quelqu’un découvre le point de sortie alors il connaîtra aussi le point d’entrée », nuance Corinne Hénin. Tout dépend donc du genre d’activité auxquelles on se livre lorsqu’on utilise un VPN.

    « La question est : pourquoi je veux protéger mon anonymat ? Si c’est pour commettre des cyberviolences, la police peut requérir une levée de l’anonymat au fournisseur de votre VPN », complète Jean-Jacques Latour.

    Une exception permet toutefois de nuancer l’affirmation. En avril dernier, la police suédoise est sortie bredouille de la perquisition du bureau de Mullvald VPN. Les policiers, qui enquêtaient sur une affaire de ransomwares, se sont heurtés à la politique de non-enregistrement des données utilisateur de la société, dont la réputation d’efficacité en matière de protection de la vie privée s’est trouvée renforcée.

    7 Avec l’essor des IA génératives, il va falloir se méfier davantage des contenus publiés

    Vrai

    Fruit des recherches en machine learning, les intelligences artificielles génératives connaissent un essor sans précédent depuis la sortie d’applications à destination du grand public comme ChatGPT ou Midjourney. Grâce à ces outils, il est possible de créer du contenu textuel, visuel ou audio à la demande.

    « Comme toute révolution technologique, il y aura du bon comme du moins bon, avance Jean-Jacques Latour. Il n’y a pas de raison que les cybercriminels n’essaient pas d’en tirer profit. Ils pourraient utiliser l’intelligence artificielle pour contrer les mécanismes de protection ou bien réaliser des campagnes de phishing dans toutes les langues, sans avoir besoin de passer par un traducteur. »

    Quelques deepfakes ont d’ores et déjà défrayé la chronique. Aux États-Unis, des kidnappeurs ont cloné la voix d’un enfant à partir de données glanées sur Internet puis ont utilisé ce deepfake pour appeler ses parents et exiger une rançon en leur faisant croire à un enlèvement. Sur le terrain de la désinformation, les deepfakes sont très utilisés, notamment en temps de guerre. En mars 2022, une fausse vidéo du président ukrainien Volodymyr Zelensky annonçant la capitulation de l’Ukraine face à la Russie avait par exemple été diffusée par une chaîne d’information piratée.

    Alors, que faire ? « Même si des intelligences artificielles sont développées pour détecter ces faux contenus, nous allons devoir apprendre par nous-mêmes à vérifier leur authenticité et développer notre sens critique », résume Jean-Jacques Latour.

  • La méthode des enveloppes pour gérer son budget : quel intérêt ?

    La méthode des enveloppes pour gérer son budget : quel intérêt ?

    Barbara a commencé à utiliser la technique des enveloppes budget il y a trois ans, alors qu’elle était enceinte de son troisième enfant, que cette fois-ci, elle attendait seule. La nécessité de faire des économies durant sa période de congé parental s’imposait : « J’allais faire face à une perte de revenus conséquente », anticipe à l’époque cette tractoriste aux revenus modestes, qui vit dans la campagne girondine. Habituée des chèques reportés, elle souhaite surtout rompre avec ce cercle vicieux. Alors un jour, elle se décide : elle se met à la méthode des enveloppes budget, plébiscitée par des dizaines de milliers d’internautes qui partagent leur expérience sur les réseaux sociaux.

    L’objectif est simple, mais plutôt fastidieux : faire une analyse sur six mois des dépenses du foyer et les regrouper par catégorie.

    Alimentaire, vêtements des enfants, loisirs, imprévus… Désormais, tout est passé au crible, pour mieux respirer quand arrive la fin du mois. Pour cela, le principe est de retirer à la banque en début de mois des espèces pour visualiser son budget et les répartir dans des enveloppes réservées à chaque catégorie de dépense pour éviter les écarts. La promesse ? Quand on a de l’argent en espèces, on contrôle plus. Et les petites économies réalisées chaque mois ont beaucoup plus de vertus qu’elle ne croyait. « Pour Noël, d’habitude j’ai 20 à 30 euros par enfant. Mais depuis les enveloppes budget, j’ai pu offrir une console de jeux vidéo portable à mes enfants ! », assure-t-elle, le sourire aux lèvres. Barbara est ainsi parvenue à mettre 300 euros de côté grâce aux enveloppes et son découvert de 600 euros a été résorbé.

    Une influence grandissante sur les réseaux sociaux

    Deux ans plus tard, elle décide de partager son travail sur Instagram. « Je l’ai fait avant tout pour booster ma rigueur », assure-t-elle. En quelques mois seulement, elle passe de 3 500 à 17 000 abonnés. Très vite, elle reçoit des centaines de messages de remerciements. « Des femmes, en grande majorité, me disent : “Merci, votre contenu m’inspire, me motive à sortir de la galère financière.” Quand on baisse les bras, ces petites vidéos sont un coup de pouce ». Divorce, maladie, chômage, les comptes dédiés à cette méthode de gestion budgétaire sont aussi l’occasion pour de nombreuses personnes de partager les tourments de la vie quotidienne par message privé. Mais qui dit abonnés, dit influence. Parmi les comptes qui promeuvent la méthode des enveloppes budgétaires, certains sont devenus viraux et comptent des centaines de milliers d’abonnés. Un succès qui permet de vendre des trieurs, classeurs et enveloppes budget selon sa propre méthode, ou même d’accompagner des familles dans la gestion de leur budget.

    Un métier à part entière ?

    C’est d’ailleurs devenu le métier d’Anna, 42 ans, qui vit à Vitrolles. Sur son compte, elle cumule 100 000 abonnés et a même publié un livre chez Larousse, Mieux gérer mon argent pour vivre mieux. Elle s’est lancée dans l’arène des enveloppes budgétaires en 2019 pour partager ses problèmes financiers. « J’avais des crédits à la consommation et une négligence vis-à-vis de la gestion de mon argent. Tant que j’avais de l’argent, je dépensais », se souvient Anna. De 17 000 euros de dettes, elle a réussi à revenir à zéro. Forcément, ce défi l’a rendue populaire. Elle vend désormais des formations, des livres, mais aussi ses cahiers budgétaires. Elle en écoule 3 000 chaque année.

    Les économies que provoquerait la méthode des enveloppes budgétaires ne mettent pas tout le monde d’accord. « On propose une méthode pour sortir les gens de la galère, alors ça me dérange que certains gagnent de l’argent sur le dos de personnes qui n’en ont pas », dénonce Barbara, qui déclare ne tirer aucun revenu de ses contenus sur les réseaux sociaux, mis à part des primes de parrainages avec quelques marques vendues en grande distribution.

    Se prémunir de l’obsession

    D’origine polonaise, Anna fut d’abord étonnée du tabou qu’ont les Français avec l’argent. « En France, on ne parle pas de nos galères avec nos proches, on ne demande pas à nos copines : montre-moi comment tu gères ton budget. Je suis très contente qu’il y ait de plus en plus de comptes qui font changer ça. » Dans le lot des followers, évidemment, il y a aussi parfois un peu de curiosité malsaine. « Les gens se comparent, regardent combien on paye nos abonnements téléphoniques, ce qu’on fait de notre temps libre… », reconnaît Anna. Barbara reconnaît aussi que cette méthode peut parfois virer à l’obsession : « Je vérifie mes comptes au moins une fois par jour. Le compte Instagram me sert de catalyseur. » Pourtant, conclut Anna, cette méthode permet « de travailler sa relation avec l’argent ».

    En étant très concrète, elle permet que l’argent soit moins virtuel, ainsi chaque dépense est immédiatement perceptible et chaque économie aussi.

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  • Les parents solos, des cas pas si isolés

    Les parents solos, des cas pas si isolés

    Mères ou pères (même si ces derniers représentent moins de 20 %), ils sont de plus en plus nombreux à se retrouver seuls pour s’occuper d’un ou plusieurs enfants en France. Selon l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), la part de familles monoparentales est passée de 9,4 à 24,9 % de l’ensemble des familles en moins de 45 ans et 3,13 millions d’enfants étaient concernés en 2020 contre 1,49 million en 1990. Alors, comment ces parents solos gèrent-ils au quotidien, aussi bien les difficultés organisationnelles qu’émotionnelles ?

    S’adapter à la vie en solo

    Pour Alice, âgée de 33 ans lors du décès accidentel de son conjoint : « Ça a été difficile. J’ai eu la chance d’être entourée et soutenue par ma famille ainsi que par un cercle d’amis formidables. Ils m’ont été d’une grande aide pour continuer à m’occuper de mon fils de 8 mois. Mon employeur a également été compréhensif et j’ai pu bénéficier des services d’une assistante sociale qui m’a orientée sur certaines démarches administratives. Globalement, c’est très difficile de se dire qu’il va falloir tout assumer seule du jour au lendemain. Renoncer à cette vie à trois dont on avait rêvé, faire le deuil de la petite sœur que mon fils n’aura jamais… » Des propos qui font écho à ceux d’Aurélie, que deux séparations (l’une à 21 ans, l’autre à 28) ont laissée avec deux enfants en garde exclusive : « J’ai toujours eu ma mère à mes côtés. Si ma fille qui a 6 ans aujourd’hui était un “bébé magique”, ne pleurant jamais et dormant beaucoup, ça a été complètement différent avec mon fils de 13 mois. C’est un bébé qui pleure énormément, et c’est assez compliqué d’avoir un relais, car il ne veut que moi. »

    Pierre, s’est retrouvé seul suite à une séparation deux mois après la naissance de son fils. Il a fini par trouver une solution de garde alternée avec son ex-compagne, chacun s’occupant de l’enfant une semaine sur deux : « Entre les heures de boulot et les allers-retours, c’était fatigant. Je n’avais pas d’autre personne sur qui compter ni le budget pour solliciter une aide extérieure, comme une nounou. Et puis, on veut prouver aux autres et à soi-même qu’on est capable de gérer seul. » Et Pierre d’ajouter : « Le regard des autres est difficile à supporter, car beaucoup pensent que c’est la faute du père si les parents sont séparés. On me faisait plein de remarques désagréables du genre : “Pourquoi tu t’investis autant ?” ou “Laisse-le à sa mère, ça sera plus simple”. C’est douloureux à entendre, parce que les parents solos ont le même amour et le même attachement à leurs enfants que les parents en couple. »

    La charge mentale

    Aurore a de son côté eu le malheur de perdre à 33 ans son compagnon (victime d’une maladie rare). En plus de son garçon de 8 mois, elle avait déjà une fille de 6 ans d’une précédente union. « Au départ, j’étais assez organisée, mais je n’avais pas encore repris le travail. Pour m’aider et me soulager, j’ai ma famille : parents, beaux-parents, amis. Mais allier vie de travail et vie de maman, cela va à mille à l’heure, raconte-t-elle. Il faut s’occuper des enfants le matin, travailler la journée puis de nouveau s’occuper des enfants le soir. Faire les devoirs, donner la douche, préparer à manger en même temps, anticiper les affaires du lendemain, prévoir le linge, ne pas oublier le ménage… On doit assurer sur tous les fronts, et la charge mentale atteint un seuil maximum épuisant. De plus, j’ai moins de temps à leur consacrer pour jouer et profiter de leur enfance. » En outre, ces parents solos connaissent souvent des problématiques économiques.

    Comme le raconte Alice qui pourtant « bénéficie d’aides en qualité de mère isolée ». Aurélie, elle, parle de « complications au niveau de l’argent, malgré les aides de la Caf » (Caisse d’allocations familiales). Sous conditions, l’ASF (Allocation de Soutien Familial) versée par la Caf ou la MSA (Mutualité Sociale Agricole) peut en effet être perçue par toute personne qui élève seule son enfant et qui est privée de l’aide de l’autre parent.

    Relation fusionnelle et écoute de soi-même

    Dans ce contexte délicat, trouver des points positifs à ces vies en solo peut sembler difficile. « Comme je voyais mon fils tous les jours, raconte Pierre, j’ai pu le regarder grandir à des moments où ça va vite : l’apprentissage de la marche, la parole, les premières dents… J’ai pu créer un lien fort avec lui et profiter d’instants en tête-à-tête, ça a contribué à la construction d’une complicité. » En effet, tous évoquent la « relation fusionnelle » construite avec chacun de leurs enfants. « Mon fils ne connaîtra jamais son papa, déplore, quant à elle, Alice. Il est ma raison de vivre et ma force, c’est vrai. Et je suis convaincue qu’il y a des leçons à tirer de chaque épreuve de la vie, mais celle-ci est encore trop récente pour que je puisse en retirer quelque chose de bon. »

    Avant de délivrer quelques conseils : « À mon sens, il faut à tout prix éviter de se projeter dans l’avenir. Vivre jour après jour, c’est la clé afin de pouvoir avancer à son rythme. Pour le reste, il faut laisser le temps faire son œuvre et ne pas hésiter à se faire accompagner par un psychologue ou un professionnel de santé si on en ressent le besoin. Il faut aussi apprendre à reconnaître ses limites et savoir demander de l’aide, ne pas hésiter à déléguer la garde de son enfant à ses proches par exemple pour pouvoir souffler ou se recentrer. Les enfants sont des éponges, ils ont besoin d’un parent épanoui pour se sentir heureux donc essayer de prendre soin de soi est essentiel. » Et Aurélie de conclure : « Il faut s’écouter, se faire confiance. Ne pas avoir honte de demander de l’aide, de se sentir fatiguée ou dépassée… Nous sommes des humains avant tout. »

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    Les parents solos, des cas pas si isolés

     

  • Devoirs à la maison : Comment éviter les crises ?

    Devoirs à la maison : Comment éviter les crises ?

    Calme et sang-froid

    « Une fois sur deux, il s’énerve. » Enzo est en classe de CE1. Et s’il y a bien une chose qu’il déteste, ce sont les devoirs à la maison. Alors, quand vient l’heure de réviser ses leçons, il y va à reculons. « Il dit que ça le saoule, qu’il ne veut pas les faire, il gomme n’importe comment quand il rate… À chaque fois, on y passe des heures, il crie, et je fais tout pour rester calme », déplore Charlène, sa maman, qui rêverait d’une fin de journée plus apaisée, « surtout quand on a huit heures de boulot dans les jambes ». Si en théorie son fils ne devrait pas avoir de devoirs écrits puisqu’il est en primaire, il rentre quotidiennement de l’école avec une liste bien fournie d’exercices. « Rien que le week-end dernier, il avait cinq mots à apprendre, de la lecture, un exercice de grammaire, un autre d’orthographe, une dictée à préparer et un texte à trou à compléter… »

    Alors, pour rendre ce moment aussi fluide que possible, Charlène et son compagnon Sylvain ont mis en place quelques stratégies. À commencer par fragmenter le temps d’apprentissage : « On essaie dans la mesure du possible de fractionner les devoirs, pour que ça ne prenne pas plus de 10 ou 15 minutes d’un coup. Par exemple, on fait toujours la poésie à part. C’est plus facile pour la concentration. » Ils ont aussi pris l’habitude de dédramatiser l’échec, pour qu’Enzo ne se braque pas quand il se trompe. « On lui montre que ça arrive de rater un exercice, que ce n’est pas plus grave que ça, que le principal c’est de réussir à identifier ses erreurs pour mieux les corriger. On l’amène à réfléchir pour qu’il trouve les réponses par lui-même », abondent les parents du petit garçon, qui n’hésitent pas à se passer le relais pour éviter de perdre patience lorsque les échanges avec Enzo se crispent.

    Les parents face aux devoirs

    Quel est le rôle des parents dans ce moment tant redouté mais incontournable du parcours scolaire ? Cette question, Laura Morandeau, professeure des écoles, lui a consacré un chapitre de son mémoire de recherche. Elle soutient que l’attitude des parents face aux devoirs à la maison de leurs enfants contribue « au développement et à l’investissement de ces derniers dans leur “métier” d’élève. De plus, cela permet de valoriser l’école et de montrer aux enfants que ce qu’ils y font a de l’importance ». Une vision qui n’est pas si éloignée de celle des parents d’Enzo. « On s’assure que les devoirs sont faits en temps et en heure, poursuit Charlène. C’est une manière de l’accompagner dans ses apprentissages sans le forcer non plus, pour éviter de créer un blocage. On lui fait comprendre qu’apprendre et bien travailler c’est important, que les devoirs servent à consolider ce qu’il a vu avec la maîtresse. Et ça nous permet simultanément d’être au courant de ce qu’il fait en classe, car il ne nous dit rien sinon. »

    Lors de la réunion de prérentrée à l’école d’Enzo, les institutrices et la directrice ont demandé aux parents qui le peuvent d’être présents pour leurs enfants, assurant que les devoirs sont un moment de partage et de transmission. Accompagner veut-il pour autant dire corriger ? « On a du mal à laisser des erreurs intentionnellement, avoue Charlène. On ne veut pas que la maîtresse ait l’impression qu’on laisse des fautes parce que l’on s’en fiche. Je me dis qu’à cet âge-là, les devoirs reflètent l’investissement des parents. Quand Enzo sera un peu plus grand, et aura acquis une certaine maturité, on pourra superviser de loin ». Un réflexe qui n’est pas forcément le bon, selon la psychologue Audrey Akoun, qui, dans une interview accordée au Parisien, rappelle que le parent ne peut se substituer à l’enseignant. « Si le parent est bienvenu pour aider l’élève dans ses recherches, il ne doit pas passer derrière lui et corriger à la place du prof » qui a ses propres méthodes pédagogiques, au risque d’embrouiller l’enfant.

    Se délester du poids des devoirs

    Certains parents, quand ils en ont les moyens financiers, préfèrent alors laisser cette tâche à des tuteurs ou à des professeurs particuliers. Émilie, 22 ans, intervient par exemple auprès de jeunes collégiens pour du soutien scolaire en Anglais. Elle est étudiante en parallèle : « J’aide mes élèves à réviser et à préparer leurs contrôles quand ils en ont besoin, en leur faisant faire des exercices en condition d’examen. Le reste du temps, je les entraîne à la compréhension orale et écrite. » La jeune femme rappelle cependant qu’elle n’a pas vocation non plus à remplacer le corps enseignant. « Je ne suis là qu’en soutien, pour appuyer le cours de la prof. J’approfondis et complète un travail qui est normalement déjà fait en classe. Les parents vont me dire chaque semaine ce que l’élève a vu à l’école, et j’imagine des cours en fonction, dans des formats différents de ce qu’ils ont l’habitude de faire. Par exemple, un de mes élèves adore la mode. Donc je lui fais regarder des vidéos de relooking et je lui demande de les commenter en anglais, en mobilisant le vocabulaire qu’il a appris en classe. »

    Une manière ludique, qui permet, selon la jeune fille, de désamorcer les blocages potentiels et de réconcilier certains élèves avec l’apprentissage. Certaines écoles proposent aussi des dispositifs d’aide aux devoirs payants. Margaux 11 ans, en a bénéficié. Son père Stéphane l’a inscrite à l’étude quand elle était en primaire. « Initialement, c’était surtout parce que je rentrais tard du travail. Mais elle y a appris à faire ses devoirs seule. Aujourd’hui, elle est assez grande pour rentrer à la maison directement après les cours. Quand je la retrouve le soir, je lui demande simplement si les devoirs sont faits. Je ne passe jamais derrière elle pour vérifier ou corriger. » Une autonomie qui convient aux deux et permet de parler d’autre chose quand ils se retrouvent le soir.

  • Notre capacité d’attention est-elle en déclin ?

    Notre capacité d’attention est-elle en déclin ?

    Dès 2015, une étude de Microsoft s’inquiétait de la chute de notre capacité d’attention, passée de 12 à 8 secondes depuis l’an 2000. Dit comme ça, rien de bien concret. Ce qu’il faut plutôt retenir c’est que ce temps de concentration serait inférieur d’une seconde à celle du poisson rouge, comme le souligne en 2019, Bruno Patino dans La Civilisation du poisson rouge. Notre ami à branchies a beau être l’un des animaux préférés des Français, la comparaison est peu flatteuse.

    « Ce qui compte, ce n’est plus de ne manquer de rien, mais de ne rien manquer »

    À quoi est due cette dégringolade ? L’abus général de technologie, le flux constant de suggestions, de notifications, de messages et autres images est souvent mis en cause. Si l’augmentation du nombre de chaînes de télévision a commencé le travail, la multiplication des usages numériques dans nos vies – à savoir Internet, smartphones et réseaux sociaux dont nous sommes tous consommateurs – s’est chargée du reste. Plus simplement : l’attention s’est dégradée à mesure que l’offre digitale et culturelle a augmenté. Dans son livre La Magie de la concentration, publié en 2020, le chercheur au Centre de recherche en neurosciences de Lyon, Jean-Philippe Lachaux aboutit à la même conclusion : « Face à une diversité hallucinante de sources d’information et de distraction, et de choses “à faire”, notre cerveau s’organise pour couvrir le maximum de terrain possible et maximiser “le gain”, comme un glouton découvrant les vingt buffets gratuits d’un navire de croisière, écrit-il. Il s’en met plein la bouche pour ne rien rater, et tant pis si les sushis viennent se mélanger au bœuf bourguignon. Ce qui compte, ce n’est plus de ne manquer de rien, mais de ne rien manquer. » Le chercheur compare alors l’attention à une fourchette, servant à avaler tout ce contenu. Mais, sursollicité, le couvert pourrait finir par se casser.

    Dans une interview pour 20 minutes, en 2021, le même chercheur indiquait que pour traiter des contenus numériques, le système cérébral réquisitionné fonctionne comme celui des drogues dures : le circuit de la récompense. « Quand les choses se prolongent et sont monotones, elles ne le stimulent pas assez », précise-t-il au média. Dans son ouvrage, le chercheur est formel : « Oui, nous vivons bien une crise de l’attention. » Pour ce qui est des symptômes, on observe souvent les mêmes : le zapping, la surcharge mentale, la sensation de pression permanente ou encore l’impression de rester à la surface des choses, de ne pas être là. Les adolescents possèdent même un acronyme utilisé principalement sur les réseaux sociaux ou sur les forums et illustrant un faible niveau d’attention : TLTP, répondent-ils lorsqu’un message dépasse trois lignes. Ce qui signifie : « Trop long, pas lu ».

    L’attention comme une disponibilité, une écoute

    Pour Jean-Philippe Lachaux, le risque d’un tel déclin est de voir apparaître dans cinquante ans, une société « complètement dépressive », car « coupée de satisfactions profondes ». Une projection que la journaliste italienne Lisa Iotti, auteure du livre 8 secondes. Voyage dans l’ère de la distraction, partage : « On se retrouverait à accumuler des millions de données sans savoir les trier correctement et les assimiler. La connaissance, ce n’est pas accumuler des données, mais être capable de les filtrer. Savoir distinguer ce qui est juste, ce qui est important, de ce qui ne l’est pas. » Comme la philosophe française Simone Weil, Lisa Iotti considère l’attention comme une disponibilité, une écoute. Sans elle, comprendre foncièrement l’autre – sa souffrance, son bonheur – relèvera du défi. « On ne pourra plus vibrer les uns avec les autres », déplore-t-elle.

    Heureusement, Bruce Morton, chercheur au Brain & Mind Institute de l’Université de Western Ontario, est plus optimiste. Selon lui, notre cerveau ne serait pas en régression, mais simplement en train de s’adapter au nouveau contexte dans lequel il vit. Qui vivra, verra. D’ici là, « il est devenu urgent d’éduquer l’attention, renchérit Jean-Philippe Lachaux dans son ouvrage. C’est un enjeu majeur de santé publique, tout simplement. » Pour le chercheur, éduquer l’attention signifie « faire comprendre aux plus jeunes, mais aussi à leurs aînés, ce qu’est l’attention, comment elle fonctionne, quels en sont les mécanismes et comment l’apprivoiser, comment jouer avec elle, et surtout, comment la maîtriser ». Pour cela, il a créé le projet ATOLE (Attentif à l’école) afin de former des professeurs qui à leur tour, amélioreront l’attention de leurs élèves.

    Prévenir, c’est bien. Mais peut-on guérir ? Selon la neuroscientifique Amishi Jha, professeure à l’université de Miami qui, depuis une vingtaine d’années, étudie les mécanismes de l’attention, tout est question d’entraînement. Elle suggère d’effectuer quatre exercices – d’au moins 12 minutes – par jour, cinq jours par semaine, pendant quatre semaines. Au menu : la « respiration concentrée », le « scan du corps », l’observation dite « ouverte » et enfin, un exercice d’empathie. « Nous avons découvert qu’en pratiquant ces exercices quotidiennement, même lors d’une période de stress élevée, les capacités attentionnelles ne se dégradaient pas et pouvaient chez certains s’améliorer », a-t-elle déclaré en 2022, à Santé Magazine. Tout n’est donc pas perdu.

  • Ces fruits et légumes qui vous veulent du bien

    Ces fruits et légumes qui vous veulent du bien

    Sans exception, tous les fruits et légumes regorgent d’innombrables bienfaits pour l’organisme comme pour le bien-être (réduction du stress, de la fatigue, aide au sommeil, etc.). Diététicienne nutritionniste, Charline Wirth nous a concocté une petite sélection d’un fruit ou légume local par saison et en explique les vertus.

    Hiver : le chou-fleur, riche en vitamine C et magnésium

    Lorsque la période de grand froid s’installe, le chou-fleur devient l’un des aliments essentiels à consommer. « Il est extrêmement riche en vitamine C et en antioxydant. En hiver, on reçoit moins de luminosité et d’énergie. Il est alors important de compenser en apportant des micronutriments protecteurs comme les vitamines », note Charline Wirth. Le chou-fleur est finalement une bonne alternative aux crudités, qui se consomment plutôt en été. Par ailleurs, son apport en potassium et en magnésium a « un impact sur le système nerveux, mais aussi sur notre état de fatigue et notre sommeil », précise la nutritionniste. Connu pour ses capacités à diminuer le stress et l’anxiété, le magnésium a en effet un rôle clé dans l’équilibre émotionnel et psychique. N’oublions pas de préciser que le chou-fleur est aussi source de choline, un nutriment essentiel pour l’humeur, la mémoire et le développement du cerveau. Riches en soufre, les légumes crucifères favorisent la santé de l’intestin et soutiennent ainsi le système immunitaire. « Par son apport en fibre, il réduit les risques de cancers gastro-intestinaux, de constipation et de maladies cardiovasculaires », ajoute Charline Wirth.

    Comment consommer le chou-fleur ?

    Cru de préférence. Par exemple, en dips à tremper dans une sauce yaourt pour l’apéritif. Ces dernières années, le chou-fleur a par ailleurs acquis une renommée culinaire en étant préparé sous forme de steaks ou utilisé comme alternative au riz ou à la semoule pour en faire un taboulé

    Printemps : l’artichaut, l’ami du foie

    Désormais trop souvent oublié de nos habitudes culinaires, l’artichaut est pourtant un légume idéal pour retrouver sa vitalité et son énergie. « Grâce à ses propriétés cholérétiques et cholagogues, l’artichaut soutient l’activité et favorise le bon fonctionnement du foie. Il est recommandé à cette période de l’année où le foie est affaibli après une consommation plus importante de protéines animales et de fromage en hiver, explique Charline Wirth. Son effet prébiotique permet aussi de booster le système immunitaire. » Riche en antioxydant, ce légume fleur printanier stimule par ailleurs le drainage de l’organisme et favorise l’élimination de l’eau. On le connaît aussi pour sa teneur en calcium, un minéral présent principalement dans les produits laitiers et essentiel à une bonne santé des os et au bon fonctionnement des muscles. Enfin, l’artichaut contient du brome. Derrière ce nom barbare se cache un composant chimique ayant un effet sédatif sur le système nerveux qui faciliterait ainsi le sommeil des personnes anxieuses.

    Comment consommer l’artichaut ?

    Il se mange aussi bien cru que cuit. Une idée ? Des artichauts violets snackés à la poêle avec un peu d’huile d’olive, ou à la vapeur. On peut également boire l’eau de cuisson pour récupérer quelques minéraux. L’artichaut est aussi parfois consommé en tisane.

    Été : les fruits rouges, puissants antioxydants

    Les fruits rouges sont les incontournables de notre alimentation en été et ne manquent pas d’atouts nutritionnels. Excellentes sources de vitamines A, E et C, ils sont connus pour être de puissants antioxydants et font partie des 20 végétaux qui en contiennent le plus. « Leur richesse en antioxydants va compenser les effets délétères du stress », complète la diététicienne. Grâce à leur importante teneur en vitamine C, les fruits rouges soutiennent les défenses immunitaires, aident à lutter contre les coups de fatigue et contre le vieillissement prématuré des cellules. Le grand gagnant des fruits riches en vitamine C ? Le cassis, qui en contient plus de trois fois plus que l’orange. Petite mention pour le bleuet qui contient des flavonoïdes, excellents pour la santé du cerveau et pour diminuer l’anxiété. La cerise, quant à elle, est riche en quercétine antioxydante qui aide à se détendre.

    Les fruits rouges sont également des boosters de mélatonine, celle que l’on appelle « hormone du sommeil », synthétisée par le cerveau. Gorgés en anthocyanes, ces fruits d’été « renforcent la paroi des vaisseaux sanguins et améliorent la fluidité du sang. Ce qui a pour conséquence de diminuer les risques de maladies cardiovasculaires », précise Charline Wirth.

    Comment consommer les fruits rouges ?

    Crus, frais ou surgelés en sorbet pour bénéficier de tous les effets positifs.

    Automne : le panais, source de fibres prébiotiques

    Connu comme l’un des plus anciens légumes, le panais revient de plus en plus sur nos étals. Et pour cause : sa grande richesse en fibres offre un sentiment de satiété et participe au bon fonctionnement du transit. « Excellente source de fibres prébiotiques et solubles, le panais prévient les risques de maladies cardiovasculaires. Il a également un impact positif sur le moral à cette période de l’année où les journées raccourcissent et où les températures et la luminosité diminuent », souligne la nutritionniste. Ce légume racine est connu pour sa forte teneur en vitamine B9, qui aide à lutter contre la fatigue et participe au renforcement du système immunitaire. Il contient également du magnésium, nutriment qui a un rôle clé sur la diminution de l’anxiété et sur le sommeil par ses propriétés relaxantes. « Sa richesse en potassium tamponne l’acidification de l’organisme, une conséquence du stress », complète Charline Wirth.

    Comment consommer le panais ?

    En gratin, purée ou velouté. Le panais est le remplaçant idéal de la pomme de terre. Précision : le consommer cru est indigeste et irritant pour les intestins.

  • La conduite accompagnée, un petit virage dans la vie de famille

    La conduite accompagnée, un petit virage dans la vie de famille

    Les doigts sur le frein à main, comme si elle allait devoir le soulever soudainement, Monique scrute le moindre danger et ne se montre pas franchement rassurée à côté de sa fille qui tient le volant. Comme ses deux grandes sœurs avant elle et comme environ 47 % des 18-26 ans qui ont passé le permis en France, Mélanie a opté pour la conduite accompagnée afin de décrocher le précieux sésame.

    Lancé en 1990 et officiellement appelé Apprentissage anticipé de la conduite (AAC), il offre la possibilité de rouler au quotidien avec un accompagnateur (les parents la plupart du temps, qui doivent eux-mêmes être détenteurs du permis B depuis au moins cinq années) à partir de son quinzième anniversaire après avoir suivi une formation initiale en école (évaluation d’une heure, formation théorique sur la sécurité routière et pratique d’au moins vingt heures).

    L’objectif ? Parcourir 3000 kilomètres ou plus en 365 jours minimum (et 1095 maximum) afin d’acquérir une solide expérience, devenir un bon conducteur et gagner en confiance pour le jour de l’examen, tout simplement. Des missions généralement remplies, puisque le taux de réussite à l’épreuve atteint 75 % pour ceux qui l’ont préparée avec la conduite accompagnée contre 57 % avec la méthode classique(1) et les accidents seraient quatre fois moins présents.

    Pourquoi choisir la conduite accompagnée ?

    Mais cette aventure n’est pas forcément une partie de plaisir, que ce soit pour l’enfant ou le parent. « Je savais que ce serait compliqué, car ça me fait très peur de me déplacer dans une voiture conduite par quelqu’un qui n’a pas le permis, témoigne Monique, qui garde en mémoire nombre d’anecdotes angoissantes. Ma fille aînée a par exemple percuté un labrador, ça nous a traumatisées ! » De là à perdre les pédales ? Parfois, oui. « Avec mon père, ça va, raconte sa fille Mélanie. Mais avec ma mère, c’est l’enfer. Elle n’est jamais motivée à l’idée de me laisser le volant et quand on le fait, elle panique tout le temps. Du coup, je n’ai pas énormément conduit… »

    Mais alors, pourquoi avoir choisi la conduite accompagnée ? « Beaucoup de monde en parlait quand nous l’avons proposé à notre fille aînée, explique Monique. C’était un peu la tendance, les proches et les autres parents le conseillaient donc ça nous a influencés. L’avantage financier a également eu son importance. » On le comprend puisqu’un élève en AAC a globalement besoin de moins de cours de conduite facturés par une école, et les assurances établissent généralement un tarif préférentiel aux jeunes conducteurs ayant suivi ce mode de formation.

    Le réapprentissage des parents

    De son côté, Philippe, a pleinement apprécié cette aventure avec ses deux enfants. « Au-delà du fait que ça permet aux gosses de progresser et de s’accoutumer à la voiture, la conduite accompagnée apporte aussi beaucoup aux parents ! J’ai appris ou réappris plein de choses, on se remet forcément en question parce que notre regard n’est pas le même que les nouvelles générations, estime ce père autrefois routier, qui a connu l’AAC avec son fils Jean et sa fille Morgane. Bon, c’est vrai qu’il faut savoir être patient et pédagogue… Mais ça s’est plutôt bien passé, même si Jean, mon garçon, a fait preuve d’une débordante confiance en lui dès le début. Il m’a cassé un rétroviseur, on s’est disputé quelques fois… Mais rien de bien grave, surtout par rapport aux bénéfices observés. »

    Réponse du fiston : « Oui, j’ai fait un peu le caïd au démarrage. Au bout de 50 bornes, je prenais le volant à une seule main juste pour énerver le daron. En même temps, on m’avait roulé dans la farine : mes parents m’avaient vendu la conduite accompagnée comme une promesse d’autonomie et de liberté, en disant que je n’avais pas besoin d’un scooter puisque je pourrais aller où je veux quand je veux avec la voiture. En réalité, pas du tout, cela n’a rien à voir ! Mais ce qui m’a le plus surpris, c’est que ma sœur et moi étions bien davantage au courant des règles du Code de la route que notre père. » Sa sœur Morgane confirme : « À chaque rond-point, il y avait débat sur la manière de l’emprunter. Notre père ne voulait jamais entendre qu’il faut emprunter à l’extérieur pour aller à droite. Il était vraiment hyper stressé, résume-t-elle, il s’accrochait tout le temps à la poignée de maintien au-dessus de la portière. Mais sincèrement, cette expérience sous son contrôle m’a globalement beaucoup aidée. Il m’a fait conduire avec une remorque, il me demandait de refaire des manœuvres jusqu’à ce que je réussisse… »

    Autre point positif pour la conduite accompagnée, depuis le 1er janvier 2024, elle permet de passer le permis de conduire dès l’âge de 17 ans.

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    La Macif vous rappelle les conditions et les règles de la conduite accompagnée.

    (1) www.securite-routiere.gouv.fr

  • Les coachs en parentalités, les nouveaux conseillers de la vie de famille ?

    Les coachs en parentalités, les nouveaux conseillers de la vie de famille ?

    « Réenchantez votre vie de famille : des solutions pratiques à vos difficultés parentales. » Voilà un message on ne peut plus clair qu’on peut lire sur le site internet d’Elena Goutard. Diplômée de deux Bac+5 en éducation, pédagogie et psychologie de l’enfant, cette mère de quatre enfants a lancé son entreprise de coaching parental il y a une dizaine d’années, quand encore peu de familles connaissaient l’existence de ce concept né dans les années 1980 aux États-Unis. Aujourd’hui, ce nouveau marché est un véritable succès pour nombre de parents perdus, isolés et assommés d’injonctions et de pressions médiatiques sur « comment être un bon parent ». « Cet accompagnement s’adresse aux parents épuisés par leur quotidien, le stress et les relations conflictuelles avec ou entre leurs enfants, aux parents séparés en recherche de clés pour mieux entourer leurs enfants mais aussi aux futurs parents souhaitant adopter de bons réflexes éducatifs dès la naissance », note Elena Goutard. La coach parentale voit d’ailleurs arriver dans son cabinet de plus en plus de parents qui élèvent des enfants aux profils atypiques (TDAH, hypersensibilité, syndrome d’Asperger, etc.).

    Accompagner les parents en détresse

    Basé sur la psychologie de l’enfant et sur les neurosciences, l’accompagnement en parentalité apporte aux parents qui se retrouvent au bout du tunnel des outils simples, concrets et ciblés pour faciliter leur quotidien et rétablir un équilibre familial. « Dans un premier temps, notre rôle est d’écouter sans jugements les parents confier leurs inquiétudes cumulées. À partir de là, on cerne des problématiques. Par exemple, le manque de règle, un traumatisme chez les parents, des colères ingérables et impulsives chez les enfants. Pour ce dernier cas, on apprend aux parents à réguler leurs émotions via des exercices de respiration, à identifier ce qui déclenche les crises de colère de l’enfant et à mettre en place des outils ludiques pour que l’enfant travaille sa colère avec le parent », explique Elena Goutard.

    La coach parentale avoue ne pas donner de « solution miracle ». « Toutes les dynamiques familiales en place depuis des années ne peuvent être changées en une séance. Le retour à un équilibre familial dépend beaucoup du travail des parents sur le long terme », souligne-t-elle. En dix ans, Elena Goutard a déjà aidé des centaines de parents, prêts à débourser 80 euros pour une séance voire des forfaits pour des familles qui cumulent plusieurs problématiques.

    Routine de règles et « coin de retour au calme »

    Louise* et son conjoint ont fait appel à une « guide parentale » quand le comportement de leur fille de 5 ans, Jeanne*, a pris des « proportions ingérables » dans leur foyer en Belgique. « Elle répondait systématiquement “non” à tout ce qu’on lui demandait. Parfois, elle faisait exprès de faire ce qu’on lui interdisait. Elle pouvait aussi être violente. Au début, on essayait de trouver des stratégies sans s’énerver, mais rien ne fonctionnait. On finissait par s’énerver, par crier et par la contraindre. C’est devenu épuisant et invivable au quotidien. On était complètement désemparés. Je n’avais même plus envie de me lever le matin pour m’occuper d’elle », lâche sa mère.

    Une fois, Jeanne lui a mis une claque. Louise est entrée dans une colère noire avant de culpabiliser et de s’effondrer. La goutte de trop. Deux semaines plus tard, le couple a entamé un programme PEHP (Programme d’entraînement aux habiletés parentales) en dix séances, auprès d’une guide parentale « compétente en neurosciences », précise Louise, confiante. Ensemble, ils ont mis les mots sur deux problématiques : « troubles d’opposition et de provocation ». Les parents ont ensuite réadapté leurs comportements aux colères de leur fille et mis en place des outils concrets comme une routine de cinq règles dans la maison que tout le monde doit respecter ou un « coin de retour au calme » équipé d’objets sensoriels, de doudous et de livres sur les émotions où Jeanne est libre d’aller lors d’une crise. « Avoir des consignes communes à suivre nous a soulagés. Avec mon conjoint, on est devenus cohérents sur notre modèle éducatif. On se sent plus en confiance dans nos actes, on ne crie plus et on a beaucoup moins de fatigue émotionnelle », confirme Louise qui ne regrette pas d’avoir payé 700 euros pour suivre le programme.

    Caractère scientifique des conseils

    Reste qu’un coach en parentalité n’est soumis à aucune réglementation, et en tant que tel, il n’est pas remboursé. Cela dépend du statut de la personne. Certaines consultations chez les psychologues qui offrent des services de coaching peuvent être en partie prises en charge. Si certains coaches suivent des études en psychologie de l’enfance, d’autres s’autoproclament « experts » en relations parents-enfants.

    Une possible arnaque ? Héloïse Junier, psychologue de l’enfance, docteure en psychologie et autrice de la BD de parentalité Ma vie d’enfant (Dunod Graphic, 2023), met en garde : « Pour un coach en parentalité, avoir un diplôme universitaire n’est pas toujours gage de légitimité et de sérieux. Cependant, c’est plus une question de sensibilité et de culture personnelle. Comment les parents peuvent-ils faire du tri parmi toutes ces personnes qui proposent une pluralité de conseils pour l’enfant ? Certains sont clairement perdus. Il faut avant tout s’intéresser au caractère scientifique des conseils en matière d’éducation. C’est une garantie de connaissances collégiales issues de l’intelligence collective rigoureuse et donc un garde-fou énorme. Certains spécialistes disent en effet s’appuyer sur des données scientifiques alors que ce n’est pas toujours le cas. Dans un premier temps, il faut voir si le/la spécialiste appuie son argumentaire sur des sources ou si ses propos ne se basent que sur son intuition. S’il se base sur des sources, il faut ensuite s’interroger sur la nature de ces sources (quelle étude ? quel auteur, ancien ou actuel, scientifique ou non ? quelle université ?). » Avant de poursuivre : « Il faut aussi que les parents suivent ce qui est en phase avec leurs valeurs humaines et avec ce qu’ils veulent donner à leurs enfants. »

    *Les prénoms ont été modifiés

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