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  • Loin des clichés, les bienfaits des jeux vidéo

    Loin des clichés, les bienfaits des jeux vidéo

    Le jeu vidéo, bouc émissaire

    « On a le sentiment, parfois, que certains d’entre eux vivent dans la rue les jeux vidéo qui les ont intoxiqués. » À l’été 2023, en marge des émeutes suite à la mort de Nahel, Emmanuel Macron signait ce constat un brin cliché, et déjà exprimé en France, ou ailleurs. Aux États-Unis, la thèse des jeux vidéo qui rendent violent ressort à chaque fusillade de masse. « Il n’y a aucune preuve légitime qui le prouve », balaye pourtant Milan Hung, psychologue clinicienne, spécialisée dans les usages du numérique et du jeu vidéo.

    Membre de l’observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique, elle reprend : « Le contraire a été prouvé par de nombreuses études. Avec un jeu vidéo, on exprime une agressivité courte et temporaire, comme l’on peut exprimer de la tristesse devant un film. Politiquement, le jeu vidéo a été utilisé comme bouc émissaire. C’est plus facile de critiquer les jeux vidéo que la politique vis-à-vis des armes à feu… » En vérité, les études prouvent que les jeux vidéo regorgent de bienfaits.

    Une heure de Call of Duty® par jour

    « Les jeux vidéo abrutissants » rendent en vérité plus intelligent, amorce Milan Hung : « On a eu beaucoup de preuves conséquentes sur les bienfaits cognitifs des jeux d’actions et de stratégie en temps réel. Les études se sont notamment penchées sur Call Of Duty® ou Starcraft II®. Cela a démontré que ce genre de jeu, sur une heure, améliore les compétences d’analyses, de réflexes, et d’attention focalisée. »

    Dans la pratique, les accros à la manette confirment, à l’image de Magalie, mère de famille accro à World Of Warcraft® (WoW, pour les initiés) : « Cet aspect cérébral est central à mes yeux, puisqu’il faut faire des quêtes, lire, chercher, réfléchir. » À tel point qu’avec son conjoint, cette infirmière a décidé de faire des jeux vidéo un pilier de l’éducation de ses trois enfants : « On est ouvert aux jeux vidéo, qui ont un vrai côté éducatif, d’apprentissage, notamment dans des jeux de réflexions où il faut chercher des solutions, à des jeux stratégiques, éducatifs, des mondes ouverts comme ceux de Mario, ou des jeux de construction comme Lego ou Minecraft. »

    Cette part de réflexion, c’est aussi ce qui a séduit Quentin, 32 ans, féru des jeux de stratégie et de gestion : « Dans ces jeux, tu n’es rien et tu crées tout. Il faut aller vite, mais pas trop, pour développer sa civilisation, son personnage. Quand tu gagnes, il n’y a aucune part de chance, c’est du mérite. » Cet ancien sportif de haut niveau y retrouve même l’adrénaline qu’il ressentait auparavant dans les piscines. Pour Loris, journaliste, jouer est aussi un outil pour… mieux travailler : « Les jeux de stratégie demandent une certaine réactivité entre la prise de décision et le timing, ça aide à analyser des situations en gardant son sang-froid, sans s’emballer. J’ai beaucoup progressé là-dessus, c’est utile quand je suis sous pression au travail. »

    Bijoux de culture

    Autre bénéfice des jeux vidéo : leur richesse culturelle. « Le jeu vidéo est vu à tort par certains comme un appauvrissement de la culture. L’exemple le plus frappant, c’est Assassin’s Creed Origins® », rappelle la psychologue Milan Hung. Les jeux historiques fourmillent en effet de détails, au point que Quentin, diplômé en histoire à l’université, assure « avoir plus appris sur Age of Empire® que dans certains amphis ». Loris, lui, a « du mal à accrocher à un jeu si c’est uniquement divertissant », et confie même n’avoir « aucun mal à pleurer devant un jeu vidéo, de la même manière que devant un film ».

    Outils de socialisation

    Enfin, les jeux vidéo sont vecteurs d’une sociabilité nouvelle, loin du cliché du joueur enfermé dans sa chambre. « Il peut aussi être un refuge face à des réalités parfois violentes, traumatisantes. Quand on n’arrive pas à créer des liens sociaux dans la réalité, les jeux vidéo peuvent pallier cette socialisation manquée », explique Milan Hung. Nos trois témoins affirment d’ailleurs tous avoir noué des amitiés fortes grâce aux jeux vidéo, d’abord en ligne, puis IRL (In real life, dans la vraie vie, ndr). « Le confinement a renforcé l’aspect social, je n’ai jamais autant joué en ligne avec des gens, parce qu’on était privé du contact physique », abonde Loris.

    « C’est d’ailleurs une excellente manière de dialoguer avec les patients, mais aussi entre parents et enfants », conseille Milan Hung. Elle ajoute : « Il faut s’y intéresser. Inscrire son enfant au théâtre ou au foot, et ne jamais aller le voir serait tout aussi grave que de ne pas parler de jeux vidéo avec lui. » Si le sujet reste teinté de nombreux clichés, les jeux vidéo n’ont en réalité jamais été aussi bénéfiques qu’aujourd’hui.

    Le 16 septembre dernier, le président Emmanuel Macron a d’ailleurs fait machine arrière sur X, en publiant un long plaidoyer pour les jeux vidéo, « une chance pour la France, pour notre jeunesse et son avenir, pour nos emplois et notre économie ».

  • L’importance du sourire dans les interactions sociales

    L’importance du sourire dans les interactions sociales

    Un outil de communication

    Le sourire aiderait à engager la conversation avec quelqu’un, à désamorcer des conflits ou à donner une meilleure image de soi en société. « On sourit rarement tout seul, souligne David Le Breton, chercheur spécialisé dans l’anthropologie du corps. Si on le fait, c’est généralement qu’on pense à quelqu’un ou à quelque chose d’autre. » Une invitation à l’échange, un moyen de communiquer, même quand on n’a pas les mots. Marie I., psychologue en PMI et en Établissement d’accueil de la petite enfance (EAPE), se définit comme quelqu’un de très souriant. Il faut dire que pour elle, le sourire est quasiment un outil de travail : il l’aide à entrer en relation avec les tout-petits, mais aussi à détecter d’éventuels problèmes. « Je suis toujours rassurée quand je vois un bébé me donner un sourire en réponse, raconte-t-elle. Je surveille ce sourire : c’est un signe de bon développement psychologique. »

    Un remède bon pour le corps et pour la tête

    L’acte de sourire, qui nécessite d’activer dix-sept muscles en même temps, aurait de nombreux bienfaits sur la santé : réduction du cortisol (« l’hormone du stress »), régulation de la tension artérielle ou encore, réoxygénation des cellules. Surtout, il libère de l’endorphine, également surnommée « l’hormone du bonheur ». Au point que certains professionnels de santé vantent les mérites de la « thérapie par le sourire », dont le principe est très simple : se sourire à soi-même quotidiennement devant le miroir.

    Toutefois, David Le Breton, auteur de l’ouvrage « Sourire : anthropologie de l’énigmatique », préfère nuancer le caractère absolument positif de ce geste : « Il peut avoir des tonalités très différentes : il y a des sourires de mépris, de supériorité, d’accueil ou de bienvenue. Il ne faut pas le prendre comme un singulier, mais comme un terme à toujours voir au pluriel. Ce qui détermine sa signification, c’est le contexte dans lequel il apparaît », resitue l’anthropologue.

    Une question d’imitation

    Le sourire s’apprend par mimétisme dès la naissance. « Les bébés sont programmés pour décrypter les visages humains et y répondre », résume Marie I. C’est notamment grâce aux neurones miroirs, essentiels dans la compréhension des intentions et des émotions d’autrui que le sourire devient contagieux. À l’inverse, difficile d’établir des relations sociales lorsque ces zones du cerveau fonctionnent mal. Pour exemple, un enfant atteint d’un trouble du spectre autistique aura peut-être du mal à reconnaître les expressions faciales, et donc, à entrer en relation avec les autres. « Un cercle vicieux, poursuit Marie I. On constate aussi un désintérêt de certains parents face à un enfant qui n’est pas dans l’interaction. »

    Une expérience datant des années 1970, intitulée « The still face experiment » (« l’expérience du visage impassible » en français), montre que lorsqu’une mère, face à son enfant, se fige et présente un visage inexpressif pendant deux minutes, le bébé montre des signes d’inquiétude et cesse également d’interagir. Avant de pleurer à chaudes larmes. « Heureusement, on ne mène plus ce genre d’expériences, rassure Marie I. Mais on voit bien la détresse affective provoquée. Cela marche dans les deux sens : le sourire est aussi la récompense du parent qui s’occupe de l’enfant. »

    On ne sourit pas qu’avec la bouche

    Pendant la crise sanitaire, la psychologue a eu la bonne surprise de constater que les tout-petits parvenaient encore à distinguer son sourire, même masqué. « Je pense qu’ils ont su repérer d’autres signes qui montrent que l’adulte est en relation positive avec eux », analyse-t-elle. La bouche, les yeux, la voix ou la posture, le sourire mettent en jeu le corps tout entier. « De manière moins forte que le rire », précise David Le Breton, qui a également publié une Anthropologie du rieur. Pour lui comme pour la psychologue, le rire serait une sorte de prolongement du sourire, avec un pouvoir supérieur. En y repensant, Marie I. ne peut s’empêcher de rigoler : « Le rire d’un bébé a quelque chose de délicieux. Il est tellement communicatif qu’il peut contaminer tous les adultes, même les plus ronchons. C’est l’arme ultime. »

  • Pense-t-on à la retraite à 30 ans ?

    Pense-t-on à la retraite à 30 ans ?

    « Au moment de la réforme des retraites, j’ai commencé à m’inquiéter pour mon avenir et je me suis penché sur le sujet. Pour l’instant, je commence petit à petit à épargner sur un compte dédié. Mon banquier m’a renseigné sur le PER (Plan Épargne Retraite) et j’envisage d’en ouvrir un dès que j’aurai signé un CDD ou un CDI l’été prochain », avoue Bruno, 29 ans, alternant en RSE. Ce Toulousain fait partie d’une grande majorité de jeunes actifs qui estiment qu’ils devront épargner par eux-mêmes pour financer leurs vieux jours.

    D’après les chiffres du cinquième Baromètre de l’épargne en France et en régions, réalisé par l’Ifop, l’intention des Français de souscrire un PER est en progression significative sur trois ans. 37 % des Français interrogés déclarent avoir l’intention de souscrire un PER contre 28 % en 2021. Les trentenaires semblent bel et bien les plus inquiets et les plus concernés quand on voit que 60 % des moins de 35 ans ont l’intention de souscrire un PER pour bénéficier d’une rente viagère ou d’un capital à leur retraite, contre seulement 29 % des 35 ans.

    En témoigne également le slogan « Pas de retraité.es sur une planète brûlée… Retraites, climat, même combat ! », scandé par la jeune génération lors des manifestations contre la réforme des retraites. « On est assez incertains sur le devenir de nos pensions retraite. Je suis assez pessimiste, on en bénéficiera encore plus tardivement. C’est important d’y penser le plus tôt possible », se désole Bruno.

    Miser sur les produits financiers… et l’immobilier

    Antoine*, parisien et père de famille de 35 ans, fait partie de ceux qui n’ont pas perdu de temps en commençant à placer de l’argent pour anticiper sa retraite et financer les futures études de ses filles. « Il y a trois ans, avec ma femme, on a ouvert deux comptes PER, deux comptes PEA (Plan Épargne en Actions) et deux assurances vie avec une trentaine d’enveloppes. Le but est de faire de l’épargne, de constituer un patrimoine et de bénéficier d’une déduction au niveau de l’impôt sur le revenu. Tout cela corrélé au fait que nous avons des incertitudes quant au système actuel de retraite par répartition, confie-t-il. Lorsque je suis rentré en France en 2020, après avoir travaillé six ans en Suisse, j’ai dû entamer toutes les démarches de changement de régime et donc réfléchir à l’avenir de mon patrimoine. En parallèle, j’ai monté ma boîte dans le milieu de l’innovation et du sport et via celle-ci, je dépose 3 600 euros par an sur mon compte PER. Ma femme, elle, dépose 4 000 euros. Nous atteignons tous les deux nos plafonds. » Si Antoine n’a pas encore de résidence principale, il a déjà investi avec son épouse dans l’immobilier en achetant deux appartements, aujourd’hui mis en location. Signe que le couple mise aussi sur l’immobilier, en plus des produits financiers, pour préparer sa retraite.

    Avoir un travail stable comme priorité

    Mais ce genre d’investissement est loin d’être à la portée de tous les Français. Nombre d’entre eux ne parviennent même pas à épargner à la fin du mois. C’est le cas de Remy, 28 ans, qui est sur le point de terminer son CDD saisonnier en restauration dans une station balnéaire du Sud-Ouest. « À mon âge, j’ai d’autres préoccupations que celle de penser à la retraite. Comme avoir un boulot stable, louer un appartement à prix raisonnable, voyager, peut-être acheter un appartement plus tard. » Aussi, le jeune homme, incertain sur son avenir, avoue ne pas avoir encore trouvé sa voie professionnelle. « La restauration n’est qu’un travail alimentaire à court terme uniquement pour payer mon loyer. Et puis mon salaire actuel ne serait pas assez suffisant pour pouvoir mettre de côté pour la retraite. Je n’arrive pas encore à me projeter dans quelques années, donc il m’est impossible de me projeter à l’âge de la retraite. Et puis, je ne connais rien à toutes ces démarches », justifie-t-il.

    Anticiper le budget logement

    Arthur*, 28 ans, consultant fonctionnel en informatique originaire du Sud-Ouest, a quant à lui eu la chance et les moyens de lancer un premier investissement. Avec sa conjointe, ils viennent d’acquérir une maison sur plan – leur résidence principale – dans les Landes « pour ne plus avoir à payer de loyer dans 25 ans ». « On projette d’acheter plus tard un autre appartement qu’on louera et qui complétera ma retraite précaire, sachant que j’espère arrêter de travailler avant l’âge légal », explique-t-il. Un autre projet pour anticiper l’avenir ? « Pourquoi ne pas épargner pour racheter des trimestres ? », suggère Arthur. Une solution envisageable quand on sait qu’une fois à la retraite, le budget logement moyen d’un Français correspond à 38,4 % des finances de son ménage.

    Compenser le montant des pensions

    Laura*, une journaliste parisienne de 36 ans, a récemment estimé sur un site le montant de sa retraite. « Les chiffres étaient terrifiants. Ils indiquaient que je devais travailler jusqu’à 67 ans pour avoir ma retraite à taux plein à hauteur de 1 400 euros par mois. Je me suis imaginée finir isolée et précarisée. Ce n’est pas mon genre de m’inquiéter pour mon avenir, j’ai tendance à être assez sereine. Mais j’ai réalisé qu’à 67 ans, on ne peut plus rebondir », remet-elle. Alors, avec une amie, elles ont eu l’idée de fonder une SCI pour acheter ensemble un appartement pour un investissement locatif, autour de villes étudiantes. « Le but est que cet appartement soit remboursé assez vite, avant d’en acheter un second, pose-t-elle. D’ici une trentaine d’années, on souhaiterait revendre ces deux biens pour nous acheter nos propres appartements et être à l’abri pour nos vieux jours. »

     

    *Les prénoms ont été modifiés

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  • Bébés multilingues : entre bienfaits et préjugés

    Bébés multilingues : entre bienfaits et préjugés

    Que ce soit les familles expatriées ou les familles dont le couple ne parle pas la même langue, beaucoup se posent des questions sur l’apprentissage linguistique. Thibaut et Suzanne en font partie : il y a un an, ces jeunes parents ont accueilli leur premier enfant, prénommé Hugo. Lui est français, elle est américaine et tous deux ont opté pour Copenhague, capitale du Danemark, comme lieu de résidence. Pourquoi faire simple ? « Avant la naissance, on a naturellement lu beaucoup d’articles en ligne, raconte-t-il. On s’est rendu compte qu’il y avait plusieurs écoles : certaines disent qu’il faut garder une langue à la maison et une langue pour l’extérieur. Mais ce qui revenait le plus souvent – c’est ce qu’on fait depuis – c’est que chacun parle sa langue maternelle. Autrement dit, moi le français, l’anglais pour ma compagne. »

    Une stratégie que valide Ranka Bijeljac-Babić, psycholinguiste et membre du Laboratoire Psychologie de la perception à l’université Paris-Descartes. « Le plus simple est que les parents parlent la langue dans laquelle ils se sentent le plus à l’aise », affirme-t-elle. Si pour certains parents, il s’agira de leur langue maternelle, cela peut aussi être une langue acquise plus tardivement, voire la langue du pays d’accueil. Le plus important : que l’enfant soit exposé à chaque langue, de manière équilibrée. « Par exemple, sur les livres qu’on achète, on s’assure qu’il ait autant de livres français qu’anglais, poursuit Thibaut. Même chose pour ses jouets qui parlent. »

    « Ni handicap ni retard »

    S’il n’y a pas de chiffre exact, on estime que plus de la moitié de la population mondiale est bilingue et que deux tiers des enfants dans le monde grandissent dans un environnement où se croisent plusieurs langues. Si les combinaisons linguistiques sont multiples, un élément rassemble les parents bilingues : ils doutent. Cela va-t-il défavoriser mon enfant ? Va-t-il se mettre à parler plus tard que les autres ? La psycholinguiste répond : « Maintenant, on le sait, les études qui existent dans le domaine scientifique sur l’acquisition du langage des enfants bilingues le disent : il n’y a pas de difficultés, il n’y a pas de handicap ni de retard. » Au contraire, le bilinguisme ou plurilinguisme comprend de nombreux bénéfices. Sur le plan cognitif, les enfants sont plus attentifs et repèrent plus facilement les changements. « Ils vont être capables d’utiliser certains processus cérébraux et mentaux, leur permettant de ne pas mélanger les langues, précise Ranka Bijeljac-Babić. Et s’ils la mélangent, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas né d’une confusion. C’est juste la possibilité qu’ils ont, d’utiliser plusieurs registres, surtout lorsqu’au début, des mots leur manquent. »

    La psycholinguiste a également observé des avantages dits métalinguistiques. Elle s’explique : « Très tôt, les enfants bilingues ont une conscience linguistique, ils réfléchissent à leurs langues. Ils vont faire des comparaisons entre elles de façon totalement spontanée, inconsciente. Des connaissances que les enfants monolingues acquièrent ou utilisent seulement lorsqu’ils commencent à écrire. » Pour finir, on dit des petits plurilingues qu’ils sont plus tolérants. Ils acceptent plus facilement les difficultés de leurs interlocuteurs ou la non-maîtrise complète d’une langue.

    Une mémoire protégée

    Parler deux langues, c’est deux possibilités d’écrire le monde. « C’est une vraie richesse culturelle », ajoute Ranka Bijeljac-Babić. Un avis que partage le jeune couple franco-américain. Un an s’est passé, Thibaut et Suzanne constatent déjà l’éveil linguistique de Hugo. « Pour le moment, ça concerne des actions répétitives, celles qui composent sa routine du quotidien comme manger, faire dodo, les besoins primaires, observe-t-il. Même s’il ne comprend pas encore qu’il y a une langue d’un côté et une deuxième de l’autre, il comprend déjà des mots dans les deux langues. » Exemple : lorsque son père lui demande un bisou, le petit garçon va immédiatement faire le geste – sans doute le plus mignon – d’envoyer un baiser avec sa main en partant de la bouche. Si sa mère mentionne un « kiss » (l’équivalent en anglais, ndr), l’action sera la même. « Preuve qu’il fait déjà le pont entre nos deux langues maternelles. Il a compris que “bisou” et “kiss” veulent dire la même chose, sans pour autant saisir que d’un côté, c’est en français et en anglais de l’autre. »

    Au-delà d’une flexibilité mentale, parler deux ou plusieurs langues pourrait même avoir des bienfaits sur la santé, plus particulièrement sur la mémoire, rapportait le New York Times en avril dernier. Si l’hypothèse n’est pas nouvelle, une récente étude publiée dans la revue Neurobiology of Aging vient la consolider. Après avoir rassemblé près de 750 patients âgés de 59 à 76 ans, des chercheurs allemands ont constaté que « ceux qui déclaraient utiliser deux langues quotidiennement depuis leur plus jeune âge obtenaient de meilleurs résultats aux tests d’apprentissage et de mémoire », que les patients monolingues.

    Inutile de se forcer

    Attention, cela ne veut pas dire qu’il faut impérativement parler à son enfant dans deux langues différentes. Surtout si l’on en maîtrise qu’une seule. « Si vous souhaitez parler en anglais à votre enfant, pourquoi pas, mais si votre niveau est académique et non “naturel”, ne vous attendez pas à ce qu’il soit bilingue. Ce n’est jamais néfaste, mais la simplicité et le naturel prévalent à tous les projets linguistiques que les parents peuvent avoir parfois à la naissance. » Et qu’en est-il de l’accent ? Certains enfants en garderont un, d’autres non.

    « Les gens pensent à tort que l’accent serait la mesure de la maîtrise de la langue. Lorsqu’on apprend deux langues étant petit, on va certainement acquérir de “bons accents” dans les deux langues. Mais une langue va tout de même dominer, influant donc sur l’accent. Ce qui est sûr, c’est que l’accent ne change en rien la maîtrise de la langue. » En août dernier, Hugo a rejoint l’équipe des pingouins au sein d’une crèche danoise. Seul hic : aucun de ses parents ne maîtrise la langue scandinave. « Ce sera l’occasion pour nous d’apprendre enfin trois mots, s’amuse le jeune père. Plus sérieusement, il n’y a aucun souci à ce que notre fils maîtrise le danois, on s’assurera juste de toujours prioriser le français et l’anglais », confie-t-il avant de rappeler l’un des points les plus importants du bilinguisme : une langue non pratiquée, c’est une langue perdue.

  • Sur le Qui-vive, le podcast sur l’invisibilisation des jeunes aidants

    Sur le Qui-vive, le podcast sur l’invisibilisation des jeunes aidants

    Avoir un frère ou une sœur atteint de maladie ou de handicap, c’est être aidant dès l’enfance et ce souvent sans s’en rendre compte. Car même si ce sont les adultes qui assument principalement les missions de soin, la fratrie reste sur le qui-vive, en observateurs toujours attentifs. Enfant, sont-ils perçus comme aidant par leur entourage familial et amical ? Comment les parents essayent-ils de les préserver tout en les préparant au futur, lorsqu’ils ne seront plus là ? Comme Julie, 700 000 jeunes en France apportent une aide quotidienne à un proche dépendant. Découvrez son histoire.

     

    Épisode 1- La fin du conte de fées

    Fille unique jusqu’à ses 6 ans, Julie rêve d’avoir une petite sœur. Et lorsque son souhait est exaucé, toute la famille est sur un petit nuage. Puis, alors que Laura n’a qu’un an, les premiers spasmes apparaissent, l’inquiétude et le désarroi suivent. Julie devient alors un soutien quotidien pour ses parents, que ce soit en aidant dans les tâches ménagères ou en ne faisant aucune vague pour les laisser s’occuper de sa cadette. Grande sœur, elle devient jeune aidante.

    Épisode 2 – Jeune aidante démunie face à la maladie

    Enfant, Julie ne se rend pas compte qu’elle est aidante. Laura, c’est simplement sa petite sœur qu’elle aime et avec qui elle adore passer du temps. Sauf que la voir malade, observer ses parents s’inquiéter et n’être jamais prise en compte personnellement par le corps médical ont une forte incidence sur elle. Et aujourd’hui, bien qu’adulte, elle se sent toujours aussi démunie.

    Enfant aidant, faut surtout pas faire de vagues. À l’adolescence, j’ai eu envie de faire des tsunamis.

    Julie, aidante de sa sœur Laura

    Episode 3 – S’éloigner pour mieux aider

    Son rôle d’aidante prenant le dessus sur sa relation de sœur, Julie a 18 ans lorsqu’elle décide de quitter Nevers et la maison familiale pour construire sa propre vie. Ema, une aidante professionnelle, s’occupe désormais régulièrement de Laura, aux côtés de ses parents. Bien que soulagée, l’aidance continue de faire partie du quotidien car Julie pense à sa soeur à chaque moment de la journée.

    Épisode 4 – Vivre pour soi : les projets qui sauvent

    Aujourd’hui, à distance de sa sœur et de ses parents, Julie tente de s’épanouir dans ses propres projets. Son emploi, son couple et sa santé mentale peuvent alors prendre toute leur place. Sa passion pour la musique lui offre également un échappatoire, et ce depuis l’enfance. Comment se projette-elle dans l’avenir ? Se laisse-t-elle vraiment vivre ?

    Épisode 5 – Le répit pour l’aidant aussi

    Comment les parents de Julie et Laura organisent-ils le futur, lorsqu’ils ne seront plus là ? Désireux que chacune de leurs filles s’épanouissent individuellement, le couple cherche des solutions pour alléger la charge qui incomberait à Julie et pour que Laura soit accompagnée le mieux possible. De son côté, la jeune aidante l’affirme : elle sera toujours aux côtés de sa sœur.

     

    Une série réalisée par Insider Podcast.

    Besoin d’informations ou d’accompagnement ?

    Rendez-vous sur le site aveclesaidants.fr

    Depuis près de 20 ans, la Macif s’engage en faveur des aidants qui accompagnent un proche fragilisé par le handicap, la maladie ou la dépendance. L’enjeu: favoriser leur reconnaissance et l’élargissement de leurs droits, leur apporter des informations utiles dans leur rôle d’aidant et leur offrir des solutions adaptées.

  • Nouvelles Conversations : le podcast d’un monde en pleine mutation

    Nouvelles Conversations : le podcast d’un monde en pleine mutation

    Épisode 1 – Quel est le rôle d’une entreprise ?

    Dans ce premier épisode, le philosophe André Comte-Sponville et le directeur général de la Macif Jean-Philippe Dogneton abordent la question de l’urgence climatique. L’occasion d’évoquer le rôle que doivent jouer les entreprises, notamment mutualistes, face à ce défi majeur. Mais au fait, quel est le rôle d’une entreprise ?

    Épisode 2 – L’économie sociale et solidaire

    Dans ce deuxième épisode, le philosophe André Comte-Sponville et le directeur général de la Macif Jean-Philippe Dogneton échangent sur l’économie sociale et solidaire, cette forme alternative au modèle économique dominant. Une forme qui pourrait être la voie à emprunter pour s’attaquer à la crise climatique.

    Épisode 3 – Solidarité : de quoi est-ce le nom ?

    Dans ce troisième épisode, le philosophe André Comte-Sponville et le directeur général de la Macif Jean-Philippe Dogneton s’entretiennent autour d’un mot clé : Solidarité. De quoi est-ce le nom ? Et en quoi ce principe peut-il accélérer les évolutions sociétales nécessaires ?

  • Vers qui se tournent les ados pour parler de leurs problèmes ?

    Vers qui se tournent les ados pour parler de leurs problèmes ?

    L’ado qui va mal, dans l’imaginaire collectif, relève presque de la banalité. Cheveux gras, humeur lunatique, insolence… Cette crise qu’hommes et femmes traversent à la puberté est un topo parfaitement intégré. Au-delà d’une série de changements corporels, l’adolescence marque par son lot d’angoisses. Les adultes ont beau répéter que « ça va passer », que « c’est qu’une période » et que « ça ira mieux après », personne n’y croit. Les peurs sont diverses et parfois se rallient entre elles : peur d’être rejeté, peur d’abandon, peur de l’échec, peur d’être différent, peur de l’avenir… Comme le disait si bien François Truffaut : « L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant mauvaise mémoire. »

    Plus de quatre ados sur dix touchés par des troubles anxieux

    Sauf que voilà : depuis les confinements, pédiatres et pédopsychiatres ne cessent d’alerter sur la dégradation mentale des jeunes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ils sont plus de quatre sur dix à être touchés par des troubles anxieux(1). Comment l’expliquer ? D’abord, il y a l’actualité. « Depuis trente ans, le champ sémantique de la “crise” irrigue les discours politiques et alimente les flashs infos. Qu’il s’agisse d’économie, de terrorisme ou de pandémie, les crises se succèdent indéniablement. Les adolescent·e·s d’aujourd’hui sont les enfants de ces secousses », écrit la Fondation Jean-Jaurès. Sans surprise, l’état de la planète et de la nature préoccupe les jeunes : 54 % d’entre eux se déclarent stressés lorsqu’ils en entendent parler. Même pourcentage pour ce qui est des violences faites aux enfants. « Perso, mon stress concerne plus les études, confie Jeanne, lycéenne âgée de 17 ans. Surtout lorsque tu es en dernière année de cursus. Tous les ans, on a droit à une nouvelle réforme qui change tout notre planning. Les profs nous mettent la pression, on ne se sent pas soutenu. Ça nous stresse et surtout, on ne sait pas vers qui se tourner – à part nos ami·e·s qui sont dans la même situation… Bref, c’est la galère. »

    « C’est la honte d’aller voir la psychologue scolaire »

    L’adolescente reconnaît quelques avancées, notamment pour la sexualité : « Récemment, un grand van s’est installé dans la cour du lycée. On pouvait se renseigner, poser des questions. Et si on avait des problèmes, on pouvait aussi en parler. » Malheureusement, ce progrès se voit terni par un autre sujet : le harcèlement scolaire. Selon les dernières statistiques publiées en 2023, entre 800 000 et 1 000 000 d’élèves seraient victimes de harcèlement chaque année, soit 6 à 10 % des effectifs. Alarmant. « Dans mon ancienne classe, une fille se faisait harceler par des camarades, regrette Jeanne. Mais elle n’a jamais rien dit, on ne l’a su qu’en fin d’année qu’elle avait quitté le lycée en raison de ce harcèlement. » Si le mal-être appelle à la parole, à la verbalisation, encore faut-il avoir conscience du problème. « Un trait saillant de notre enquête est l’absence de prise de conscience de la nécessité d’un suivi psychologique chez les adolescent·e·s, écrit la fondation Jean-Jaurès. Pire peut-être, ils ou elles déclarent même aller relativement bien. » Dans les rares exceptions où l’adolescent·e reconnaît son anxiété, il ou elle choisira d’abord de se confier à ses proches : 56 % affirment ainsi parler à leurs parents, 58 % déclarent se tourner vers leurs amis.

    Pour Jeanne, ce sont les ami·e·s avant tout. « Ça dépend des personnes, mais j’ai l’impression que beaucoup de jeunes préfèrent cacher des choses à leur famille. Pour parler de nos problèmes, on privilégie les ami·e·s, et on évite les adultes. » Pas étonnant donc, d’apprendre que plus de huit adolescent·e·s sur dix en situation de mal-être ne sont pas allés se confier à un·e psychologue, psychiatre, médecin, infirmier·ère de l’établissement scolaire ou encore professeur·e. « De ce que j’entends, c’est la honte d’aller voir la psychologue scolaire, observe la lycéenne. Se confier à un adulte, c’est bizarre. Pour nous, aller voir un psychologue, c’est avoir un problème vraiment très grave. »

    58 % des ados se tournent vers leurs ami.e.s

    56 % vers leurs parents

    En cas de mal-être, 38 % se rabattent sur les réseaux sociaux

    Autre problématique : « parler » ne veut pas toujours dire échanger de façon orale et de visu. Lorsqu’ils se sentent mal, les adolescents semblent avoir tendance à se tourner vers les écrans – téléphone, télévision, tablette ou jeux vidéo) de manière massive : « Presque deux tiers d’entre eux (62 %) regardent plus souvent l’écran que d’habitude en cas de mal-être, rapporte la Fondation Jean-Jaurès. De même, plus d’un tiers des adolescent·e·s (38 %) se rabat sur les réseaux sociaux en situation de mal-être. » Pour donner une idée, les ados passent en moyenne presque trois heures quotidiennes sur le smartphone et jusqu’à six heures par jour sur les écrans.

    (1) Enquête Fondation Jean-Jaurès sur 1 000 jeunes Français âgés de 11 à 15 ans

  • Cancer de la prostate : comprendre, prévenir et dépister

    Cancer de la prostate : comprendre, prévenir et dépister

    1 Quels sont les facteurs de risque ?

    Les facteurs de risques établis du cancer de la prostate sont : (1)

    • L’âge : le cancer de la prostate est fortement lié à l’âge. Il est rare avant 50 ans et augmente autour de 70 ans. 94 % des décès ont lieu après 65 ans.(1)
       
    • Des antécédents familiaux : vous avez deux à cinq fois plus de chances de développer un cancer de la prostate si votre père ou votre frère a déjà été touché par la maladie.

    2 Quels sont les signes d’alerte ?

    Dans la plupart des cas, le cancer de la prostate n’occasionne pas de symptômes visibles particuliers, notamment aux premiers stades de la maladie.

    Certains signes peuvent néanmoins vous alerter, comme les troubles urinaires (brûlures, difficulté à uriner ou besoin plus fréquent d’uriner) ou des troubles de l’éjaculation. Le mieux est simplement d’en parler avec votre médecin. À ce stade, ces symptômes ne témoignent pas forcément d’un cancer et peuvent être causés par des pathologies plus bénignes comme l’hypertrophie de la prostate (aussi appelée adénome ou HBP) ou une simple infection – on parle alors de prostatite.

    3 Un diagnostic prÉcoce est-il utile ?

    Un dépistage pas forcément systématique (2)

    À l’inverse du cancer du sein, il n’existe pas en France, ni dans aucun autre pays, de programme national de dépistage du cancer de la prostate s’adressant aux hommes de manière systématique. Cela suit les recommandations de la Haute Autorité de santé. (3)
     

    Le dépistage individuel : à discuter avec son médecin

    Le cancer de la prostate ayant un développement plutôt lent (10 à 15 ans), l’Association française d’urologie recommande un dépistage annuel, pour les personnes de plus de 50 ans et jusqu’à 75 ans, pour optimiser les chances de dépister la maladie à un stade précoce (4).

    Il permettra de détecter un éventuel cancer, sans pour autant déterminer s’il est susceptible d’évoluer vers une forme agressive ou non. Aussi le dépistage peut être utile pour répondre à vos inquiétudes, ou déclencher une surveillance accrue.

    Avant de vous faire dépister, il est important de disposer d’une information complète sur les avantages et inconvénients des examens de dépistage et de leurs conséquences.

    4 Comment se déroule le dépistage du cancer de la prostate ?

    Deux examens de dépistage de cancer de la prostate sont possibles (5) :

    • Le toucher rectal : cet examen permet de contrôler directement l’état général de la prostate. S’il est souvent considéré comme inconfortable, il s’agit néanmoins d’un examen rapide et sans conséquence.

     

    • Le dosage du PSA (Prostate Specific Antigen ou antigène prostatique spécifique) sérique total : cet examen consiste à analyser le taux de PSA dans une prise de sang. Souvent, un taux de PSA élevé indique la présence de cellules cancéreuses dans la prostate. Cependant, un chiffre de PSA élevé peut simplement marquer la présence d’une anomalie ou d’une infection de la prostate, comme une prostatite aiguë. (4)

    En cas d’anomalie, des biopsies de la prostate seront nécessaires pour confirmer le diagnostic de cancer.

    Dans 70 % des cas,

    un dosage du PSA élevé n’est en réalité pas lié à un cancer de la prostate (2).

    Le saviez-vous ?

    Théoriquement, un homme de moins de 50 ans ne doit pas dépasser un taux de 2,5 ng/ml (nanogramme par millilitre), alors qu’après 70 ans, le maximum toléré est de 6,5 ng/ml (2).

    5 Quand et où se faire dépister ?

    L’Association française d’urologie recommande un dépistage annuel systématique du cancer de la prostate entre 50 et 75 ans. L’âge est abaissé à 45 ans en cas d’antécédents familiaux.

    Il est possible de consulter auprès de professionnels de la santé. Votre médecin généraliste pourra vous prescrire des examens complémentaires précis s’il le juge nécessaire. Vous devrez aller voir un urologue, spécialiste des affections urinaires et génitales masculines, si des complications, même non liées à un cancer, sont détectées. En cas de doute, vous pouvez le consulter directement, sans passer par votre généraliste.

    6 Movember : des hommes unis !

    Chaque année en novembre, le Movember (contraction en anglais des mots moustache et november) incite les hommes à ne pas raser leur moustache pendant 30 jours – d’où le nom de ce mouvement. Il réunit des millions de participants dans 21 pays. Son objectif ? Donner notamment de la visibilité au cancer de la prostate et des testicules, et bien entendu lever des fonds pour la recherche. Rendez-vous sur le site de la Movember Foundation pour faire un don. Et, Messieurs, pour soutenir d’autant plus le mouvement, vous pouvez très simplement ranger votre rasoir pendant un mois : la moustache vous va si bien !

    Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de l’Association française d’urologie : https://www.urofrance.org/

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    L’Essentiel de l’article

    • Les facteurs de risque dominants : l’âge et les antécédents familiaux.
    • Pas de symptômes particuliers aux prémices de la maladie.
    • Il n’existe pas en France de dépistage ou examen systématique.
    • Le dépistage individuel est un choix personnel à évoquer avec son médecin.
    • Il est possible de consulter son médecin généraliste ou un urologue.

    (1) Fondation ARC
    (2) Ameli.fr, « Le dépistage du cancer de la prostate »
    (3) Haute Autorité de santé, « Détection précoce du cancer de la prostate », 2013
    (4) Association française d’urologie, « Cancer de prostate : dépistage du cancer de la prostate »
    (5) E-santé, « Diagnostic du cancer de la prostate : quelle est l’utilité du dosage sanguin du PSA ? »
  • Les choses à ne pas faire ni dire à son ado

    Les choses à ne pas faire ni dire à son ado

    « Besoin de conseils pour gérer vos ados ? De partager des expériences entre parents ? Vous êtes au bon endroit », clame le message de bienvenue du groupe Facebook Parents d’ados, qui regroupe plus de 40 000 membres. Sur le fil de discussion, les posts fusent – plus de dix nouvelles publications par jour. Excédés par les nouveaux défis TikTok de leurs ados, agacés par leurs nouvelles habitudes (« Neuf mois à se casser la tête pour leur trouver un prénom pour que quinze ans plus tard ils s’appellent tous “frère” », se désole Émilie), ou profondément inquiets de leur santé mentale, les nombreuses publications rappellent à quel point l’adolescence est une période charnière dans la vie d’un parent.

    Tantôt face à la nonchalance de leur progéniture, tantôt face à l’intensité de leurs états d’âme, la majorité des parents sont traversés par cette question : comment instaurer une relation et un dialogue équilibré avec un(e) adolescent(e) excédé(e), souvent en contradiction et qui revendique plus de liberté ? « Comme c’est le cas dans la petite enfance, l’opposition de l’adolescent marque en réalité un besoin. Le plus souvent, il s’agit du besoin de gagner en autonomie, du besoin qu’on lui fasse confiance », analyse Michèle Prados, infirmière puéricultrice à Fréjus, mère de deux ados, âgés de 11 et 17 ans.

    L’écoute, toujours l’écoute

    Plus qu’une véritable révolution dans le foyer, l’adolescent serait surtout à la recherche d’un moyen d’expression, passage obligatoire dans la construction de son identité. Le bon réflexe à avoir : lui accorder de l’importance. « Consacrer chaque jour, 10-15 minutes à l’écouter parler de tout et de rien, à réagir à ce qu’il vous raconte, à lui montrer que ce qu’il vit ou ce qui le passionne a de l’intérêt pour vous, lui montrer que sa parole compte » conseille Michèle Prados.

    Mais alors : doit-on s’intéresser à tout ce que dit notre ado, même lorsqu’on a la sensation qu’ils parlent pour ne rien dire ? « Oui, c’est important de les laisser dire leurs bêtises, exprimer leurs points de vue, sans monter sur nos grands chevaux. Peu de temps après, on s’aperçoit qu’ils ont changé de vision, ou qu’ils sont animés par autre chose », relativise Léa Vigier, mère de deux ados.

    Savoir modérer ses exigences

    Pour Aude, mère de trois garçons de 16 ans, la responsabilité du conflit se niche parfois du côté des parents. « Beaucoup sont en attente de l’enfant tel qu’ils l’avaient idéalisé », confie-t-elle. De bons résultats scolaires, une facilité sociale et du sérieux… L’adolescence est en effet liée à une augmentation des exigences de la part de l’entourage, avec une forte attention portée sur son avenir professionnel. « En tant que parent, il peut être utile de garder en tête qu’avant d’être un élève, et un futur adulte, c’est un individu en construction, qui a besoin de se définir et s’épanouir pour lui-même, avant d’avoir à répondre d’exigences sociales », complète Michèle Prados. Les phobies scolaires et sociales, en augmentation ces dernières années auprès des collégiens et lycéens, préoccupent particulièrement les parents.

    Les ados, reflet de l’époque

    Autre motif possible de conflit : la soudaine contradiction des adolescents avec l’ordre établi et les règles du foyer, qui ont pourtant toujours existé. À nouveau, pas d’inquiétude à avoir. « À l’adolescence, on met en doute notre système de valeurs, initié par les personnes qui nous ont élevées, c’est plutôt sain », nuance Aude. Pour certains ados engagés, leurs convictions peuvent aussi marquer un écart avec les parents, qui se sentent alors dépassés par leurs discours. « On est aussi le reflet d’une nouvelle époque, nos parents doivent essayer de la comprendre », retoque Léa, 16 ans, lycéenne près d’Aix-en-Provence.

    Cependant, gare à ne pas trop se mettre la pression, les psychologues spécialisés en parentalité le rappelle : le parent parfait n’existe pas. Pour Michèle Prados, le secret réside en une chose simple : « Écouter sans jugement, leur donner des limites, car ça les rassure. Bref, rester leur phare dans la tempête. »

  • Wabi, le podcast pour prendre soin de soi et de la Nature

    Wabi, le podcast pour prendre soin de soi et de la Nature

    Épisode 1 – Camille Étienne

    Depuis la sortie de sa vidéo « Réveillons-nous » aux millions de vues en mai 2020, Camille Etienne est devenue porte-parole d’une nouvelle génération engagée face à l’urgence climatique. Elle a créé le mouvement Avant l’orage qui travaille sur l’imaginaire, mêlant art et écologie. Dans son mini-film « Génération », la militante appelle à la cohésion de ces courants de pensées et des modes de vie parfois divergents, dans un contexte d’urgence climatique. Pour Camille Etienne, le fait de faire de l’écologie et du climat une question de rupture entre les générations est une impasse, une perte de temps. Plutôt que de perdre du temps en incompréhensions et tensions, il faut essayer de trouver des points de convergence.

    Épisode 2 – Jean-Louis Étienne

    Médecin et explorateur, Jean-Louis Étienne est le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire, tirant lui-même son traîneau pendant 63 jours. Infatigable défenseur de la planète, il a mené plusieurs expéditions à vocation pédagogique et scientifique pour faire connaître les régions polaires et comprendre le rôle qu’elles jouent sur la vie et le climat de la terre. 

    Épisode 3 – Matthieu Tordeur

    Sportif, auteur, conférencier membre de la Société des Explorateurs Français : Matthieu Tordeur est un véritable aventurier. En 2019, il est devenu le premier Français et le plus jeune au monde à rallier le pôle Sud en solitaire, à ski et sans ravitaillement. La beauté du monde, il la contemple et fait son possible pour la faire connaitre aux autres, pour la protéger tous ensemble.

    Épisode 4 – Flore Vasseur

    Écrivain, journaliste et réalisatrice, Flore Vasseur s’est donné un objectif : comprendre pour trouver des solutions. Lorsque son fils de 7 ans l’interroge : « Maman ça veut dire quoi : ‘la planète va mourir ?’ ». Elle se retrouve démunie. Elle décide alors de faire un film pour lui et sa génération qui leur explique ce qu’il se passe et ce qu’il est possible de faire. Son documentaire “Bigger Than Us” présenté au festival de Cannes en 2021 montre les actions extraordinaires menées par sept jeunes, chacun dans leur pays, pour changer le monde.

    Épisode 5 – Christian Vanizette

    C’est un des entrepreneurs sociaux pionniers en France. Diplômé de la Barack Obama Foundation, Christian Vanizette a fondé Make Sense, une des première start-up à impact social, en 2010. Plus de 200 000 citoyens se sont mobilisés autour de projets sociétaux et environnementaux. Originaire de Tahiti, il a à cœur de préserver la planète pour son fils et les générations futures.

    Épisode 6 – Sophie Rabhi

    La « pédagogie de la bienveillance » : tel est le credo de Sophie Rabhi, éducatrice et fondatrice de “la Ferme des Enfants” en Ardèche et de l’écovillage intergénérationnel « Le Hameau des Buis ». Comment vivre en harmonie entre humains et avec la Nature ? Comment rendre soin de soi, des autres et du monde qui nous entoure ? Des questions auxquelles elle tente de répondre.