Catégorie : Bien dans ma tête

  • Déprime passagère ou vraie dépression ?

    Déprime passagère ou vraie dépression ?

    La frontière de la maladie

    Une rupture amoureuse, le décès d’un proche, un échec professionnel, une mauvaise note… Innombrables sont les raisons, qu’importe leur niveau de gravité, pour se sentir déprimé. Et c’est justement pour ça que chacun a déjà pu ressentir un sentiment de profonde tristesse, plus ou moins tenace. De là à parler de dépression, il y a un pas qu’il ne faut pas toujours franchir. Car si elles partagent plusieurs points communs, déprime et dépression sont loin d’avoir une définition commune. « La déprime n’est pas un diagnostic psychiatrique ni une pathologie, à la différence de la dépression (le terme exact utilisé étant l’“épisode dépressif caractérisé”). Ce qui les sépare, ce sont la durée et l’intensité de la symptomatologie, explique la docteur Estelle Willemet, psychiatre à Toulouse. Dans le cas de la dépression, les symptômes durent plus de deux semaines et se manifestent quotidiennement. Elle induit une souffrance importante et elle entraîne une altération dans le fonctionnement habituel de la personne. La déprime est quant à elle plus passagère, souvent en lien avec un facteur de stress et on note également une amélioration de la symptomatologie avec le temps. »

    L’engrenage de la tristesse

    Félicie, qui se présente pourtant comme « quelqu’un d’assez joviale et positive », en a fait la désagréable expérience. Sans trop savoir pourquoi, malgré quelques pistes (rythme effréné entre vie de famille, proches et travail ; mésaventures passées…), cette quadragénaire qui a déjà fait face à de gros obstacles durant sa jeunesse entre assez inexplicablement dans un tunnel de fatigue et d’idées noires, alors qu’elle est pourtant bien entourée. « J’ai senti une descente progressive et assez lente, avec d’abord des épisodes d’humeur changeante : un jour ça va, le lendemain ça va moins bien. Puis, les jours où je ne me sentais pas bien sont devenus de plus en plus nombreux, pour finir sur un état général de tristesse et de baisse de motivation pour tout », témoigne-t-elle.

    Avec le recul, Félicie parle d’« engrenage » : « Je me sentais triste tout le temps et je culpabilisais de me sentir triste parce qu’en apparence, j’avais tout pour être heureuse, ce qui me rendait encore plus triste. Plus envie de me lever, plus envie de voir du monde, plus envie de faire des projets, plus envie de partager des moments agréables, plus envie de sourire… Je savais que j’allais finir par craquer, j’attendais juste de voir quand et comment. J’étais devenue spectatrice de moi-même et je patientais. » Un jour, la bascule intervient : la jeune femme chute de son vélo, verse soudainement des torrents de larmes et son médecin diagnostique immédiatement sa dépression. Arrêt de travail, traitement médicamenteux et soutien de son entourage la font finalement sortir de cette mauvaise passe.

    Des symptômes communs, une régularité différente

    « La déprime peut se chroniciser et évoluer vers la dépression, oui. S’il n’y a aucune amélioration au bout de deux semaines ou d’un mois, et que le patient reste dans son lit en pleurant toute la journée sans manger… À ce moment-là, il faut s’inquiéter », rappelle la spécialiste. Laquelle dresse ensuite la liste des symptômes concernant les deux états émotionnels, et présents au quotidien dans le cas d’une dépression : humeur triste, sentiment de vide, ralentissement psychomoteur, fatigue, perte de motivation et d’appétit, diminution du plaisir et du désir sexuel, troubles du sommeil, sentiment de dévalorisation ou de culpabilité, difficultés de concentration et enfin idées suicidaires. Mais, même profonde, la dépression n’est pas une fatalité. Des solutions existent en effet pour la contrer ou éviter d’y entrer, comme le détaille l’experte : « Maintenir une hygiène de vie correcte et une activité physique, même minime, ainsi qu’un contact social, initier une psychothérapie de soutien, limiter les consommations d’alcool (au-delà de l’effet apaisant sur le moment, l’alcool est dépressogène)… Surtout, il faut comprendre qu’il est complètement normal d’avoir des moments de tristesse ou d’angoisse où on peut avoir l’impression de perdre pied. Quand il s’agit de déprime, il ne faut pas s’alarmer et “psychiatriser” toute tristesse : dans de nombreux cas, le cerveau fait bien les choses et le temps permet de retrouver un état d’équilibre ! »

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  • Les choses à ne pas dire à quelqu’un qui se retrouve au chômage

    Les choses à ne pas dire à quelqu’un qui se retrouve au chômage

    Diplôme n’est pas forcément égal à emploi

    Ambre se rappellera longtemps de son entrée sur le marché du travail en mars 2020. Confiante après l’obtention d’un Master 2 en communication effectué en alternance, son début de carrière professionnelle s’est vu stoppé net par la crise sanitaire et les trois confinements successifs. Déjà à l’époque, lorsqu’elle parle de sa difficulté à trouver un emploi, on la renvoie à son jeune âge et à un stéréotype qui a la peau dure : les jeunes ne voudraient plus travailler, ou, en tout cas, seraient partisans du moindre effort. « Après six années d’études, deux mémoires et des efforts quotidiens pour trouver un job dans un contexte de crise sanitaire, sous-entendre que quand on veut on peut, c’est plus que décourageant », se souvient-elle. Après plus de trois années passées en communication institutionnelle dans une commune des Alpes-Maritimes, la jeune femme s’est de nouveau retrouvée au chômage pour suivi de conjoint dans une autre région. « Là encore, on a mis la difficulté à trouver un emploi sur le dos de mon jeune âge, en m’avertissant bien que je n’allais pas éternellement avoir des aides. Comme si c’était ce à quoi j’aspirais ! », blâme-t-elle. En attendant de trouver un emploi correspondant à ses qualifications dans sa nouvelle région, elle travaille temporairement dans la restauration.

    Stigmatisation des demandeurs d’emploi

    Bien que stigmatisantes, les petites phrases adressées aux demandeurs d’emploi sont cohérentes avec l’image négative qui leur colle à la peau. En 1981 déjà, l’étude réalisée par le sociologue Dominique Schnapper en France montre, par le biais d’une recherche par entretiens libres auprès d’une centaine de chômeurs, que ceux-ci apparaissent aux yeux des autres et à leurs propres yeux comme étant des « parasites », des « fainéants » et des « profiteurs ». Un stéréotype qui perdure aujourd’hui selon David Bourguignon, professeur en psychologie sociale à l’Université de Lorraine, qui s’est intéressé à la manière dont sont perçus les chômeurs en France, en Belgique et dans d’autres pays européens. Là encore, les qualificatifs « fainéants », « incompétents », « apathiques » apparaissent. « Ce que nous avons montré, c’est que les personnes qui y étaient confrontées étaient moins motivées à rechercher du travail », explique-t-il dans une interview réalisée par l’association Unédic, sur la vision déformée des Français quant au profil des chômeurs.

    « La recherche d’emploi, c’est du travail ! »

    Christophe Bort, directeur général de l’association de réinsertion Tous Tes Possibles, est témoin chaque jour d’attitudes inappropriées face aux demandeurs d’emploi. « Souvent, on va dire aux chômeurs qu’ils ont du temps devant eux. Mais être au chômage et être proactif, c’est parfois envoyer des dizaines de candidatures par jour. La recherche d’emploi, c’est du travail ! », rappelle-t-il. C’est ce qu’essaye de faire comprendre Jade, vidéaste parisienne de 26 ans, à ses parents, qui estiment que leur fille est capricieuse dans sa recherche de travail. Diplômée d’une école de journalisme depuis deux ans, elle peine à décrocher un contrat stable, n’ayant pas d’autres choix que d’enchaîner des contrats précaires ou à la mission, dans un secteur de l’audiovisuel structurellement bouché : « Ne pas voir que ce sont les conditions d’entrée sur le marché du travail qui sont plus difficiles qu’à leur époque me met en colère. » Aux yeux de Christophe Bort, la culpabilité peut être contre-productive et provoquer du chômage longue durée. « Beaucoup de demandeurs d’emploi ont intégré qu’ils ne sont pas désirables sur le marché du travail et ont une estime d’eux-mêmes dégradée. L’idéal est de tenir un discours positif et valorisant, sans extrapoler », conseille le directeur associatif.

    Souvent subi, le chômage peut aussi se révéler être une période de rééquilibrage et de précision de son projet professionnel. Sur le plateau de C à Vous, sur France 5, Kyan Khojandi, réalisateur de la série à succès Bref, s’est dit reconnaissant envers le système qui lui a permis de ne pas définitivement basculer. « J’étais au RSA le jeudi et le mardi suivant dans les locaux de la direction des programmes de Canal+ avec des gens emballés », a-t-il déclaré dans une allocution remarquée. En effet, 37 % des sondés d’une étude sur le chômage assurent qu’ils n’auraient jamais pu mener à terme ces changements de vie professionnelle sans la possibilité de recevoir des droits au chômage. Une énième raison de changer de ton face aux personnes en recherche d’emploi ?

  • Les choses à ne pas dire à quelqu’un qui se retrouve au chômage

    Les choses à ne pas dire à quelqu’un qui se retrouve au chômage

    Diplôme n’est pas forcément égal à emploi

    Ambre se rappellera longtemps de son entrée sur le marché du travail en mars 2020. Confiante après l’obtention d’un Master 2 en communication effectué en alternance, son début de carrière professionnelle s’est vu stoppé net par la crise sanitaire et les trois confinements successifs. Déjà à l’époque, lorsqu’elle parle de sa difficulté à trouver un emploi, on la renvoie à son jeune âge et à un stéréotype qui a la peau dure : les jeunes ne voudraient plus travailler, ou, en tout cas, seraient partisans du moindre effort. « Après six années d’études, deux mémoires et des efforts quotidiens pour trouver un job dans un contexte de crise sanitaire, sous-entendre que quand on veut on peut, c’est plus que décourageant », se souvient-elle. Après plus de trois années passées en communication institutionnelle dans une commune des Alpes-Maritimes, la jeune femme s’est de nouveau retrouvée au chômage pour suivi de conjoint dans une autre région. « Là encore, on a mis la difficulté à trouver un emploi sur le dos de mon jeune âge, en m’avertissant bien que je n’allais pas éternellement avoir des aides. Comme si c’était ce à quoi j’aspirais ! », blâme-t-elle. En attendant de trouver un emploi correspondant à ses qualifications dans sa nouvelle région, elle travaille temporairement dans la restauration.

    Stigmatisation des demandeurs d’emploi

    Bien que stigmatisantes, les petites phrases adressées aux demandeurs d’emploi sont cohérentes avec l’image négative qui leur colle à la peau. En 1981 déjà, l’étude réalisée par le sociologue Dominique Schnapper en France montre, par le biais d’une recherche par entretiens libres auprès d’une centaine de chômeurs, que ceux-ci apparaissent aux yeux des autres et à leurs propres yeux comme étant des « parasites », des « fainéants » et des « profiteurs ». Un stéréotype qui perdure aujourd’hui selon David Bourguignon, professeur en psychologie sociale à l’Université de Lorraine, qui s’est intéressé à la manière dont sont perçus les chômeurs en France, en Belgique et dans d’autres pays européens. Là encore, les qualificatifs « fainéants », « incompétents », « apathiques » apparaissent. « Ce que nous avons montré, c’est que les personnes qui y étaient confrontées étaient moins motivées à rechercher du travail », explique-t-il dans une interview réalisée par l’association Unédic, sur la vision déformée des Français quant au profil des chômeurs.

    « La recherche d’emploi, c’est du travail ! »

    Christophe Bort, directeur général de l’association de réinsertion Tous Tes Possibles, est témoin chaque jour d’attitudes inappropriées face aux demandeurs d’emploi. « Souvent, on va dire aux chômeurs qu’ils ont du temps devant eux. Mais être au chômage et être proactif, c’est parfois envoyer des dizaines de candidatures par jour. La recherche d’emploi, c’est du travail ! », rappelle-t-il. C’est ce qu’essaye de faire comprendre Jade, vidéaste parisienne de 26 ans, à ses parents, qui estiment que leur fille est capricieuse dans sa recherche de travail. Diplômée d’une école de journalisme depuis deux ans, elle peine à décrocher un contrat stable, n’ayant pas d’autres choix que d’enchaîner des contrats précaires ou à la mission, dans un secteur de l’audiovisuel structurellement bouché : « Ne pas voir que ce sont les conditions d’entrée sur le marché du travail qui sont plus difficiles qu’à leur époque me met en colère. » Aux yeux de Christophe Bort, la culpabilité peut être contre-productive et provoquer du chômage longue durée. « Beaucoup de demandeurs d’emploi ont intégré qu’ils ne sont pas désirables sur le marché du travail et ont une estime d’eux-mêmes dégradée. L’idéal est de tenir un discours positif et valorisant, sans extrapoler », conseille le directeur associatif.

    Souvent subi, le chômage peut aussi se révéler être une période de rééquilibrage et de précision de son projet professionnel. Sur le plateau de C à Vous, sur France 5, Kyan Khojandi, réalisateur de la série à succès Bref, s’est dit reconnaissant envers le système qui lui a permis de ne pas définitivement basculer. « J’étais au RSA le jeudi et le mardi suivant dans les locaux de la direction des programmes de Canal+ avec des gens emballés », a-t-il déclaré dans une allocution remarquée. En effet, 37 % des sondés d’une étude sur le chômage assurent qu’ils n’auraient jamais pu mener à terme ces changements de vie professionnelle sans la possibilité de recevoir des droits au chômage. Une énième raison de changer de ton face aux personnes en recherche d’emploi ?

  • Dépendance aux jeux d’argent : que faire ?

    Dépendance aux jeux d’argent : que faire ?

    Une dépendance comportementale

    Si pour la majorité d’entre nous, les jeux d’argent évoquent simplement un divertissement, un moment de détente ou un occasionnel « je tente ma chance », ils peuvent faire basculer et précipiter certains dans l’abîme de l’addiction. On parle alors d’une dépendance comportementale ou d’addiction « sans substance », contrairement à l’alcoolisme ou à la toxicomanie. Ça peut concerner les jeux vidéo, par exemple, le shopping compulsif, les réseaux sociaux, l’exercice physique ou encore les pratiques sexuelles. Mais l’addiction aux jeux d’argent « est probablement la plus fréquente des dépendances comportementales. On n’a pas beaucoup de chiffres, mais ça peut toucher jusqu’à 1 % de la population », explique le Professeur Michel Lejoyeux qui dirige le Service de Psychiatrie et Addictologie à l’hôpital Bichat, à Paris, service qui propose d’ailleurs des consultations spécialisées pour les dépendants aux jeux d’argent.

    Des profils plus enclins que d’autres

    Si on sait désormais que les femmes sont par exemple plus sujettes à la dépression que les hommes, c’est l’inverse pour la dépendance aux jeux d’argent, plus répandue dans la population masculine. Mais aussi chez « les personnes qui ont déjà une addiction à une substance », comme le tabac ou l’alcool, précise le Pr Lejoyeux, et chez celles « qui ont dans leur famille quelqu’un qui a un problème d’addiction avec les jeux d’argent ». Fabrizio, fringant quinquagénaire, buvait ainsi déjà beaucoup trop quand il a plongé, dans sa trentaine, dans la dépendance aux jeux d’argent via des soirées bridge entre potes. Aujourd’hui sobre et délivré de l’emprise des jeux (il fréquente toujours les Alcooliques anonymes et voit un addictologue tous les mois), ce Parisien décrit cette période de sa vie comme une « spirale infernale. Quand j’y repense, je vois un gouffre ». Il faut aussi être plus attentif si un proche ou soi-même traverse des états de dépression. « Ces états peuvent faire le lit à une addiction aux jeux d’argent », explique le médecin qui en parle d’ailleurs dans son ouvrage L’Aventure de la bonne humeur (Robert Laffont), paru en novembre dernier.

    Une épreuve aussi pour l’entourage

    Pas facile de vivre avec un addict, quelle que soit la dépendance, et celle aux jeux d’argent n’y fait pas exception. « Un joueur d’argent va être plus passionné par ses jeux que par sa famille ou son conjoint. Et ça n’est évidemment pas très agréable d’avoir un conjoint plus intéressé par le casino que par vous », résume le psychiatre. Pour Cathleen, réaliser que son père était addict aux jeux d’argent a été brutal. « C’est quand les huissiers sont venus que ma mère et moi avons saisi l’ampleur du problème. On savait tous que papa passait des soirées au casino, mais on ne soupçonnait pas le montant des sommes qu’il perdait. Pour combler les trous, il avait siphonné différents comptes épargne, dont celui pour les études de mon petit frère. » C’est d’ailleurs souvent les conséquences financières qui alertent l’entourage. « Il n’y a pas de manière de jouer régulièrement sans perdre de l’argent », avertit le Pr Lejoyeux.

    Des critères précis pour évaluer cette addiction

    Avant d’en arriver aux huissiers, comment savoir que soi ou un proche n’est pas qu’un simple joueur occasionnel, mais est dépendant ? « C’est la seule addiction définie par des critères comportementaux précis », explique le médecin avant de les détailler. « Le premier c’est évidemment une pratique de jeu qui provoque des dommages financiers et relationnels. Le deuxième critère c’est la perte de contrôle : un joueur pathologique pense, par exemple dans un casino, jouer seulement quelques euros, mais il va perdre le contrôle de ce qu’il joue. Le troisième qui est peut-être le plus important, c’est l’impression de pouvoir maîtriser le sort. Au fond, tous les joueurs d’argent que je vois me racontent la même chose : ils pensent qu’ils ont un talent particulier pour maîtriser ce qui est en fait de l’ordre de l’aléa. Et le quatrième critère c’est qu’il n’y a pas de régulation. C’est-à-dire qu’ils retournent jouer après avoir perdu. »

    Le premier pas vers la guérison

    On dit souvent que réaliser qu’on a un problème d’addiction est le premier pas vers la guérison. Mais comment effectivement se sortir de cette spirale ou aider un proche à le faire ? Après l’épisode des huissiers et une grande discussion familiale, le père de Cathleen a ainsi fait la démarche de se faire interdire de casino. « Ça a permis de limiter le problème, explique la jeune femme. Mais, ça n’a pas tout réglé. Il n’y a pas que les casinos pour jouer de l’argent. » Il est aussi primordial de rappeler qu’on parle d’une maladie et non d’un manque de volonté. « Cette addiction donc être prise en charge comme n’importe quelle maladie, explique le Pr Lejoyeux, pourquoi pas en en parlant d’abord à son médecin généraliste. »

    Des traitements efficaces

    La solution pour s’en sortir ? Rien de magique ou de coûteux. Le Professeur Lejoyeux insiste : « Il faut aller en consultation », comme celles spécialisées que propose son service à l’hôpital Bichat, ou chez un psychiatre. On peut aussi choisir des réunions de groupe, comme SOS Jeux… « Ces traitements sont efficaces, affirme le médecin. En commençant un suivi, le joueur pathologique va petit à petit prendre conscience de son problème et corriger les troubles intellectuels à l’origine du jeu d’argent. »

    Une vigilance accrue pour les ados

    Concernant les jeunes, et particulièrement les ados, le Pr Lejoyeux, n’hésite pas à mettre les parents en garde : « Il faut être particulièrement vigilant. Il est extrêmement déstabilisant pour un adolescent de gagner une grande somme d’argent et toutes les addictions au jeu commencent par des moments où on a beaucoup gagné. L’argent qu’on gagne met plus en danger que l’argent qu’on perd. » Car, comme le résume le médecin : « Si on perd tout le temps, on sera moins tenté de jouer. »

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  • Deuil périnatal : comment le vivre et le surmonter ?

    Deuil périnatal : comment le vivre et le surmonter ?

    En 2023, Maryline Serrano vit un événement déchirant. Alors qu’elle est enceinte de son troisième enfant, elle apprend lors d’une échographie a priori anodine que son bébé présente un épanchement pleural (du liquide autour des poumons). Au bout de plusieurs semaines d’examens complémentaires, vécus comme autant de montagnes russes entre espoirs et craintes pour elle et son mari, le diagnostic tombe : leur bébé est atteint du syndrome de Noonan, une maladie génétique qui implique des pathologies extrêmement lourdes et affecte le pronostic vital de l’enfant. Après une discussion avec le corps médical, Maryline et son époux prennent la décision déchirante de recourir à une Intervention médicale de grossesse (IMG) lors de son septième mois de grossesse : « Le bébé bouge dans le ventre, en apparence, il donne signe de bonne vitalité, de bonne santé. Demander au médecin, alors que je porte la vie, de programmer sa mort, ça a été une décision extrêmement difficile. »

    Un délicat accompagnement du deuil

    À l’image de Maryline Serrano et de son mari, chaque année, près de 7 000 femmes et couples perdent un enfant en cours de grossesse ou lors de ses premiers jours de vie. Commence alors le deuil périnatal qui survient selon l’OMS après le décès d’un bébé in utero, à la naissance, dans les jours ou les semaines après sa naissance. Certains, comme Marilyne Serrano considèrent même que cette définition doit être étendue aux IVG ou aux fausses couches. Souvent, le deuil périnatal est un tabou face auquel les proches sont désemparés. D’autant que, comme le bébé n’a pas eu le temps de partager, la vie de ses parents, son existence n’est pas toujours “réelle” ou palpable pour eux. Les personnes endeuillées sont encore davantage isolées que lors d’un deuil classique : « Les relations avec notre entourage sont devenues difficiles. Les gens ne savaient plus comment nous aborder. Et quand on est coincé dans notre souffrance, on en veut beaucoup à l’entourage de ne pas être comme on voudrait qu’il soit », abonde Maryline qui doit à l’époque affronter des réflexions bienveillantes, mais maladroites. « Certains proches me disaient : allez, relève-toi, tu as deux enfants quand même… »

    Se faire aider

    C’est dans ce contexte qu’intervient régulièrement Yveline Exbrayat. « Le problème, c’est que tout le monde va proposer des solutions et des consolations, chercher à donner des réponses plutôt qu’une oreille attentive. Or une personne qui souffre, est en recherche d’écoute active pas de consolation », explique cette psychologue spécialisée dans le périnatal. Bien souvent, elle constate chez les proches, mais aussi souvent chez les conjoints ce qu’elle appelle « la posture du guerrier », c’est-à-dire vouloir aider à se relever la personne qui souffre, espérer qu’elle soit dans l’action plutôt que dans l’écoute de son deuil. « On voudrait que le deuil se passe vite, mais l’accompagnement du deuil consiste avant tout à faire présence, à partager l’émotion. Cela permet à la personne qui souffre de se sentir comprise. » Le rôle de cette praticienne, qui exerce à Orléans, est d’apporter ce soutien émotionnel quand les familles et les conjoints – parfois encore plus effondrées que la femme qui a perdu un enfant – ne sont pas en mesure de la faire.

    Lever le tabou du deuil périnatal

    Une chose est certaine, malgré la souffrance immense, malgré l’aspect tabou de la disparition et la difficulté à mettre des mots sur l’indicible, il faut rompre l’isolement pour faire ce cheminement qu’est le deuil : « Il existe beaucoup d’options maintenant pour se faire accompagner dans ce moment de vie », explique Maryline Serrano. Parmi celles-ci, les associations. Agapa par exemple, propose un soutien aux personnes confrontées au deuil périnatal. Depuis 2011, cette association forme les professionnels de santé et de la périnatalité afin de leur donner des clés qui leur permettront un meilleur accompagnement des personnes touchées. D’autres initiatives, telles que l’opération « une fleur, une vie », agissent pour lever le voile sur le tabou du deuil périnatal. Il faut parler est ne pas mettre les choses sous le tapis pour emprunter le chemin du deuil. Pour Maryline Serrano, ce cheminement a véritablement débuté lors qu’elle a accouché d’Ugo, son « bébé lumière » le 13 septembre 2023. Paradoxalement sa mise au monde est un vrai soulagement pour sa maman : « Sa découverte a balayé toutes des heures de souffrance. Sa présence était magique. » Entre la naissance et les funérailles d’Ugo, Marilyne partage des moments avec lui : « On a vécu avec lui des choses qui, d’un point de vue externe, peuvent paraître un peu glauques. Mais qui, dans la reconstruction, sont extrêmement importantes. Il faut créer des souvenirs. D’ailleurs les sages-femmes et l’équipe médicale prennent des photos. Quand les parents ne veulent pas voir, elles les gardent dans un dossier médical au cas où ils réclameraient un jour. »

    Se reconstruire après la perte

    Le 21 septembre, Marilyne entame son processus de reconstruction. Après les funérailles, elle décide d’écrire un livre et de raconter son expérience aussi bien pour elle que pour accompagner toutes les personnes qui doivent affronter la perte d’un enfant : « J’ai fini l’écriture au mois de juin 2024 et j’ai voulu qu’il soit publié le 13 septembre 2024, pour son premier anniversaire. » Depuis, cette ancienne coiffeuse consacre sa vie à accompagner les personnes qui, comme elles, ont été confrontées au drame. Elle a effectué une reconversion vers le métier de thanadoula (une personne qui accompagne les personnes en fin de vie et les personnes en deuil) spécialisée en périnatalité et pédiatrie, et se déplace dans toute la France en conférence, pour sensibiliser au deuil périnatal et sur l’importance de redonner une place à la mort dans nos vies.

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  • Comment tenir ses bonnes résolutions sur la durée ?

    Comment tenir ses bonnes résolutions sur la durée ?

    La tendance du « vision board »

    Depuis quelques années, les sempiternelles bonnes résolutions semblent avoir peu à peu cédé la place au « vision board » ou tableau de visualisations, en français. Un outil généralement fabriqué à la main qui permet, comme son nom l’indique, de visualiser ses objectifs en les écrivant, puis en les affichant chez soi afin de pouvoir mieux les tenir. Cette pratique issue du développement personnel, venue des États-Unis, gagne du terrain et fait de plus en plus d’émules en France. Aurore, la trentaine, applique cette technique, depuis deux ou trois ans. « Ça me permet d’avoir des objectifs sur un moyen ou long terme, explique-t-elle. Ça donne une direction et me permet de réfléchir sur quoi j’aimerais m’investir dans l’année à venir. L’idée étant de se rapprocher autant que possible du but en cours d’année, je regarde régulièrement ce que j’avais noté pour me rafraîchir la mémoire et travailler à mes objectifs. » Pour Yann Hirsch, coach en développement personnel, « le vision board est une façon de se projeter plus facilement dans la réussite de son objectif ».

    Les moyens avant la fin

    Vincent, la quarantaine, longtemps habitué des bonnes et radicales résolutions, a lui aussi changé sa manière d’aborder la nouvelle année. « Je ne prends plus de résolutions en me disant qu’à partir de janvier, je fais ceci ou cela, ou que, dans les prochains mois, j’atteins tel objectif. Je prends désormais des engagements de moyens, des bonnes résolutions dans la continuité pour moi-même. Et je fais un point à la fin de chaque année pour voir là où j’ai progressé et les points qui restent à améliorer pour l’année à venir. » Une philosophie que partage aussi Aurore : « À la fin de chaque année, je fais le bilan et ça permet de voir sur quoi j’ai bien avancé, et ce qui pourra s’améliorer l’année suivante. »

    80 % des résolutions non tenues

    Si Aurore a renoncé aux résolutions, c’est parce que, pour elle, « il s’agit davantage d’un engagement, comme aller à la salle de sport trois fois par semaine. Ce sont des objectifs difficiles à tenir qui peuvent donner naissance à un sentiment d’échec ». Une analyse partagée et confirmée par Yann Hirsch : « 80 % des résolutions ne sont pas tenues parce qu’elles sont le fruit d’une projection, d’un soi idéalisé répondant à toutes sortes d’injonctions sociales, culturelles et personnelles. Je pense notamment au fait de boire moins, de faire plus de sport, de lire davantage, d’être plus performant au travail, ou encore de passer plus de temps en famille. Mais si ces résolutions peuvent nous donner bonne conscience en janvier, elles risquent d’être oubliées courant février. » Pour le coach, pas de mystère, pour changer d’habitudes ou de comportements en début d’année, il est nécessaire de faire un vrai travail en profondeur. Pour Yann Hirsch, si vous n’adoptez pas de nouvelles habitudes c’est soit qu’il s’agit de quelque chose qui n’est pas vraiment important à vos yeux, soit quelque chose vous bloque « Il convient alors d’identifier les blocages et de comprendre ce qui nous empêche pour mieux les dépasser. »

    Faire naître une nouvelle habitude en douceur

    Selon le coach, pour avoir une garantie de succès, il faut se fixer des objectifs faciles à atteindre et qui ne nécessitent pas de tenir, comme les régimes restrictifs. Pour ne pas avoir à se battre, il est nécessaire que la résolution soit la conséquence d’un changement interne, comme le sport ou les résolutions d’apprentissage. « Quand quelqu’un veut par exemple se mettre au sport, je vais lui conseiller de faire une minute d’exercice par jour, puis deux et ainsi de suite plutôt que de prendre un abonnement et un coach sportif une heure par semaine dès le 2 janvier, explique Yann Hirsch. Cela évite les courbatures, prend peu de temps, induit une répétition quotidienne et permet de faire naître une nouvelle habitude en douceur… et en profondeur. »

    En résumé, pour réussir votre nouveau départ, assurez-vous que les changements souhaités sont réellement importants à vos yeux et correspondent bien à vos valeurs. Optez pour une modification dans votre comportement à la fois, quitte à en effectuer un par saison. Réfléchissez à la raison qui vous a empêché de réussir auparavant et, enfin, n’hésitez pas à vous faire aider par un professionnel ou par vos proches.

  • Blues hivernal : comment garder le moral et faire le plein d’énergie ?

    Blues hivernal : comment garder le moral et faire le plein d’énergie ?

    L’hiver serait la saison la moins appréciée par les Français. Seulement 6 % d’entre eux la considéreraient comme leur moment préféré de l’année(1). Dès l’arrivée de l’automne, ils seraient même 60 % à connaître une baisse d’énergie et presque autant à ressentir des effets sur leur moral.

    Dépression hivernale

    Les personnes les plus affectées par ces effets du changement de saison éprouveraient même à cette période de l’année ce qui pourrait être qualifié de déprime saisonnière ou de blues hivernal. « Il se poursuit tout au long de l’hiver, mais il se manifeste dès la rentrée de septembre, explique la psychologue Lise Mourey. La première raison en est sans doute le retour aux contraintes après la pause plus ou moins longue des vacances d’été. On retourne à son quotidien, à ses impératifs accompagnés parfois de pression professionnelle. C’est multifactoriel. C’est la fin d’une période plaisante et on sait qu’on s’embarque dans une période un peu plus dure. » Mais la luminosité et la baisse des températures y sont aussi pour quelque chose dans cette baisse de moral et d’énergie. « Le fait d’avoir des journées beaucoup plus courtes, des températures qui baissent et moins d’exposition au soleil, d’un point de vue biologique, cela a un énorme impact. Ça vient dérégler l’horloge biologique, on va avoir envie d’hiberner, de dormir plus, de moins sortir. Mais cela a aussi des conséquences sur l’humeur et le niveau d’énergie », poursuit Lise Mourey.

    Cocooning et sport

    Pour contrer cette déprime qui accompagne l’hiver, il existe cependant des solutions. « On peut profiter par exemple du froid pour s’autoriser des moments cocooning avec un chocolat chaud et ne pas culpabiliser si on reste un peu plus chez soi. Mais il ne faut pas non plus se morfondre et oublier de maintenir une activité physique qui, elle aussi, est bonne pour le moral », estime la professionnelle de la santé mentale. C’est exactement la formule qu’a choisie Émeline, 41 ans. Son secret pour combattre le blues hivernal : un savant mélange de motivation et de moments pour elle. « Je me fixe un emploi du temps pour la semaine. Il y a les soirs et les jours de week-end où je rattrape sur mon canapé et sous un plaid mes films et mes séries en retard, et les autres où je vais à la salle de sport ou faire un footing », témoigne la quadragénaire. Pour elle, c’est aussi le moment d’amener ses deux enfants au musée ou de se balader pour regarder les décorations de Noël avec eux : « C’est beau de voir leur émerveillement ! Du coup, moi aussi, ça me ramène un peu en enfance. »

    Les fêtes et la rentrée de janvier

    Mais l’arrivée des fêtes de Noël serait aussi pour certains une source de petite déprime hivernale. « Contrairement à ce qu’on pense, pour la majorité des Français, les fêtes de fin d’années sont redoutées. Il y a plus de personnes qui n’aiment pas Noël que l’inverse. L’enchaînement Noël, nouvel an, Saint Valentin, peut être difficile selon sa situation familiale ou sentimentale. Ce sont des moments où on est parfois confronté à sa solitude », analyse la psychologue. Mickaël, 35 ans n’a jamais été « très Noël ». « C’est une période que je n’aime pas en règle générale. Je crois que ça a débuté quand j’étais encore lycéen. Je me sentais déprimé et fatigué dès que les journées commençaient à raccourcir », se souvient-il. Avec les années, il a appris à contrer ce blues hivernal. « Il faut se donner un coup de pied aux fesses et réussir à maintenir une activité sociale le week-end et après le travail malgré le froid et la nuit qui tombe tôt », assure Mickaël. Pour lui, si l’été rime avec barbecue, l’hiver est forcément synonyme de raclettes entre amis : « C’est le plat réconfortant par excellence. Alors, bien sûr, ce n’est pas tous les week-ends, mais ça me donne du baume au cœur et une bonne raison d’affronter la météo pour aller faire du sport ! » Mickaël a une autre botte secrète qu’il a ramenée de son année passée en Finlande durant ses études. « Je me suis mis à la luminothérapie. C’est peut-être un peu extrême quand on habite à Lyon et mes amis se moquent de moi. Mais franchement, ça marche. J’ai ma propre lampe et je l’utilise tous les jours, ou presque, en décembre et janvier », sourit le trentenaire. La psychologue Lise Mourey valide volontiers les astuces de Mickaël pour que l’hiver se passe en douceur. La luminothérapie, pourquoi pas. « Mais si on passe ne serait-ce que 15 minutes dehors pendant la journée, même s’il ne fait pas beau, c’est déjà très bien. » Côté alimentation, attention à ne pas abuser du fromage fondu : « Le Mont d’Or et la raclette c’est super, mais il faut aussi un apport en vitamine grâce aux fruits et légumes de saison. On peut même parler avec son médecin pour envisager une cure de vitamine D. »

    Besoin de soutien psychologique ?

    Parce qu’un problème de santé mentale ne doit pas être négligé, avec la Macif vous pouvez bénéficier d’un soutien psychologique.

    (1) https://d25d2506sfb94s.cloudfront.net/cumulus_uploads/document/187k2kwdy1/Results%20for%20YouGov%20(Saison%20pour%20Huff%20Post)%20159%2013.9.2019.pdf

  • Pourquoi s’abîme-t-on les petites peaux et les ongles en cas de stress ?

    Pourquoi s’abîme-t-on les petites peaux et les ongles en cas de stress ?

    Se triturer les doigts : un TOC reconnu

    Petit geste compulsif, d’apparence inoffensif et bénin, saviez-vous que l’onychophagie, l’acte de se ronger les ongles est décrit pour la première fois en 1908 dans un article du médecin et psychiatre français Edgar Bérillon, qui se demande si se ronger les ongles n’est pas un acte de dégénérescence ? Rien que ça. En 2024, se ronger les ongles n’a plus si mauvaise réputation. L’onychophagie fait partie de la famille des troubles dermatillomanie, caractérisé par la vérification, le triturage et/ou le grattage répété et excessif de la peau, le plus souvent des ongles, induisant des lésions des tissus. Elle fait partie des comportements répétitifs centrés sur le corps (CRCC), entrant dans le champ des troubles obsessionnels compulsifs ou TOC. Dans la littérature médicale anglophone, les personnes atteintes par cette maladie sont souvent appelés « wolf biters », mordeurs de loups en français, puisque c’est précisément ce que font les loups lorsqu’ils sont piégés ou énervés.

    Onychophagie et dermatillomanie : des gestes anti-stress

    Pourquoi les personnes atteintes de ce trouble, qui représente 2 à 5% de la population, dont 54,7 % sont des femmes, s’en prennent-elles à leurs ongles et leurs doigts ? « Contrairement à ce qu’on peut lire sur Internet, ce n’est en aucun cas de l’auto-mutilation, ou une volonté de se faire du mal. Au contraire, quand on commence à se ronger les ongles, il y a une recherche d’auto-apaisement. Il y a quelque chose de satisfaisant à triturer, à toucher des irrégularités. Souvent, les CRCC sont sous-tendus par des difficultés de régulation émotionnelle. Se ronger les ongles devient alors un comportement doudou », rassure Julie Hemery, 35 ans, psychopraticienne spécialiste de la dermatillomanie à Ventabren. Depuis 2016, elle s’est intéressée à ce trouble en partie car très peu de professionnels de santé s’en saisissent. « Peu de soignants prennent ce trouble au sérieux. Pourtant, sur du long terme, il peut créer de l’isolement, une forte culpabilité, une baisse de l’estime de soi », ajoute la psychopraticienne.

    Petites peaux et ongles : attention aux microbes !

    Si on adopte souvent ce comportement pour évacuer le stress, éprouver un plaisir apaisant, une forme de satisfaction ou encore ressentir le besoin de corriger une imperfection, ces impulsions s’apparentent parfois à des crises pouvant durer de plusieurs minutes à plusieurs heures par jour, sans que la personne ne s’en rende compte. Au-delà de la dégradation esthétique, l’ongle peut durablement se déformer et s’installe dans un état d’inflammation chronique. C’est aussi une porte ouverte aux bactéries et aux virus, surtout si les transports en commun font partie de votre quotidien !

    Comment arrêter de se ronger les ongles ou s’abîmer la peau des doigts ?

    Une fois ce constat posé, comment se débarrasser de cette mauvaise habitude qui nous colle à la peau ? « La dermatillomanie n’est pas une fatalité, c’est un trouble dont on peut se libérer, même adulte ! », rassure Julie Hemery. Pour soigner la dermatillomanie, et plus généralement les CRCC, il existe deux approches principales, qui sont complémentaires « En première intention, on pratique une thérapie cognitive et comportementale (TCC) qui vise la diminution voire la disparition complète des compulsions. Parmi les différentes approches, la Technique de Renversement d’Habitudes (TRH) est efficace », explique-t-elle. Bien entendu, identifier les problématiques qui ont déclenché la dermatillomanie ne fera jamais de mal. « À l’origine de la dermatillomanie, il peut y avoir des traumatismes ou des expériences de vie non digérées, une anxiété chronique, des troubles de l’attachement… »

    Si l’idée de consulter un professionnel vous bloque, il existe des solutions plus accessibles. « Toutes les techniques qui vont permettre de réguler ses émotions sont bonnes à prendre : les activités manuelles, le sport… Privilégiez des comportements barrière comme mettre de la crème grasse (qui rendra le triturage moins intéressant), le vernis amer, les pansements, les gants, ou encore les faux ongles en résine », liste Julie Hemery. Des pistes qui ne traitent pas les causes mais réduisent à coup sûr les dégâts !

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  • Éco-anxiété : comment la gérer et la surmonter ?

    Éco-anxiété : comment la gérer et la surmonter ?

    Que ressentent concrètement les personnes atteintes par l’éco-anxiété ?

    Claire Wallez : Les symptômes dépendent beaucoup de leur tempérament, de leur vécu, et enfin, du moment de vie lors desquels ils ressentent de l’éco-anxiété. Globalement, on ressent une angoisse vis-à-vis de l’avenir et un énorme sentiment d’impuissance, souvent couplé à une perte de sens. L’éco-anxiété se nourrit par exemple de craintes d’effondrement économique, de crise sociale, de risques politiques ou géopolitiques. Ou encore de questions existentielles avec souvent une remise en question des projets de vie. Faut-il faire des enfants ? Quelles études choisir ? Soudain, le monde tel qu’on le voyait, l’idéal tel qu’on se l’imaginait, en se basant sur des envies qui ne sont pas durables, tout cela doit être remis en question. C’est ce qui revient beaucoup chez les jeunes qui ne désirent plus faire d’enfants. Ils me disent que si on venait à subir des catastrophes climatiques, ils préféreraient être seuls dans la barque.

    Peut-on considérer que l’éco-anxiété est une maladie mentale ?

    C. W. : Beaucoup de personnes qui souffrent d’éco-anxiété se disent, sûrement à raison : ce n’est pas nous qui avons un problème, c’est la société, qui ne regarde pas le problème en face. Je pense qu’il faut distinguer deux choses dans le phénomène de l’éco-anxiété. D’une part, l’éco-lucidité, c’est-à-dire vouloir comprendre ce qu’il se passe, qui peut entraîner un changement de comportement au sens large (consommer, façon d’être dans le monde, de penser, d’être avec les gens). Cela ne peut pas être considéré comme une anomalie. En revanche, ce que cela génère en moi, comme l’angoisse, la peur, la colère, l’impuissance, c’est-à-dire la part souffrante de la prise de conscience, doit être accompagnée.

    Certains professionnels considèrent le phénomène d’éco-anxiété comme un trouble individuel qui serait comparable au syndrome de stress post-traumatique. Qu’en dites-vous ?

    C. W. : La prise de conscience écologique peut être vécue comme un choc brutal. Encore beaucoup de professionnels de la santé mentale sous-estiment l’éco-anxiété rapportée par leurs patients. Cependant, il faut être prudent. C’est un mal-être d’un genre nouveau qu’il faut prendre le temps d’étudier. Surtout, il y a autant de types d’éco-anxiété que de patients qui en souffrent. Il faut pouvoir la considérer, autant qu’un autre type de traumatisme, car l’incompréhension, voire le refus de dialoguer s’installent vite et peuvent générer un isolement social et augmenter l’éco-anxiété chez la personne qui en est atteinte.

    On dit que se mettre en action est l’un des principaux remèdes à ce sentiment d’angoisse. Que peut-on faire d’autre ?

    C. W. : D’abord, aller voir un psychologue pour ce genre de problématiques, ce n’est pas idiot. Je le précise, car beaucoup sous-estiment ce mal-être en se disant que c’est moins grave qu’une crise d’angoisse déclenchée pour une autre raison. L’éco-anxiété vient réveiller des corps sensibles. Pour aller mieux, il est important d’agir, reprendre le contrôle, se recentrer sur ce qui fait sens pour nous, tout en gardant un œil à notre santé mentale et en évitant le burn-out militant ou le trop-plein informationnel. Même dans l’action, il est important de ne pas s’oublier pour durer.

    Besoin de soutien psychologique ?

    Parce qu’un problème de santé mentale ne doit pas être négligé, avec la Macif vous pouvez bénéficier d’un soutien psychologique.

    (1) https://www.ifemdr.fr/chiffres-cles-sur-leco-anxiete/#:~:text=Une%20%C3%A9tude%20publi%C3%A9e%20en%202021,extr%C3%AAmement%20inquiets%20%C2%BB%20du%20changement%20climatique

  • Claqué au sol : le podcast pour lutter contre le harcèlement scolaire

    Claqué au sol : le podcast pour lutter contre le harcèlement scolaire

    L’histoire est constituée de deux parties bien distinctes : la première se déroule en classe de 5e, la deuxième, dix-huit mois plus tard, au début de la 3e. Entre les deux parties, les personnages ont changé, ils sont entrés dans le monde des « grands », leurs usages et leurs centres d’intérêt ne sont plus les mêmes, le harcèlement prend d’autres contours, plus cyberconnectés.

    Claqué au sol : Saison 1 et 2

    Harceleur, suiveur, harcelé

    Les adolescents, au fil de leur scolarité, ont plus de chance de participer à un fait de harcèlement (au titre de suiveurs pour le moins) que d’en être victimes. C’est un simple fait statistique, trop souvent mis de côté. Il est indispensable d’apprendre à reconnaître les deux côtés de la situation. En effet, le rôle de suiveur est une clé dans les situations de harcèlement car ce sont eux qui donnent le pouvoir au harceleur. Ce sont donc eux qui ont le pouvoir de débloquer la situation. D’autant que parfois, le harcèlement peut avoir lieu au sein d’un groupe d’amis.

    Les parents, alliés nécessaires

    Et parce que le harcèlement dépasse largement le cadre scolaire, notamment via les réseaux sociaux, il est essentiel que les proches, en particulier les parents, prennent la mesure de l’ampleur des conséquences et deviennent acteurs de la lutte contre ce fléau. Il s’agit donc de donner des clés de compréhension et des pistes d’actions pour désamorcer des situations problématiques voire potentiellement dangereuses pour leurs ados.

    « Claqué au sol » produit par Studio Bloom en partenariat avec MACIF. Ecrit par Thomas Cheysson. Réalisé par Carole Cheysson et Perrine Dard. Avec Camille Aguilar, Lana Ropion, Anton Salachas, Luna Lou, Naomi Homs, Alysson Paradis, Chloé Stefani, Mélodie Orru, Thomas Sagols, Olivier Bénard, Nathalie Homs, Valentin Vitti, Caroline Ambrosini et Kim Lewyn.

    Dirigé par Nathalie Homs. Mis en son par Alexandre Lormeau au studio Hari.

    Illustration Chloé Le Floch.

    Merci pour leur relecture attentive au Docteur Caroline de Guillenchmidt, pédopsychiatre, à Laetitia Dupaquier, psychologue clinicienne au C M P d’ Eaubonne, ainsi qu’à Nathalie Pauwels, consultante communication en prévention du suicide programme Papageno. Remerciements à Big Flo et Oli. Mais aussi à Maia Hoibian, Gianluca Lamari et les enfants du collège départementale la plaine des Glacis à la Ferté sous Jouarre ainsi que Blossom, Sacha, Léon, Romy, Billie, Ernest, Thadée, Elie, Nine et Lucio et tous nos jeunes auditeurs testeurs.