Catégorie : Bouger autrement

  • Le guide du parfait auto-stoppeur

    Le guide du parfait auto-stoppeur

    1 Applications mobiles : le stop sans frein !

    La vogue du covoiturage (1) (2) sur courtes et longues distances a ouvert la porte à une nouvelle façon de pratiquer l’auto-stop.

    Il existe aujourd’hui plusieurs applications mobiles, comme Rezo Pouce, qui mettent en relation des conducteurs et des stoppeurs pour faciliter leurs déplacements au quotidien. Le principe : auto-stoppeurs et conducteurs s’inscrivent en ligne et leur identité est vérifiée. Des points d’arrêt sont prédéfinis et aménagés afin de simplifier la rencontre entre automobilistes et candidats passagers. Contrairement au covoiturage, il n’y a donc pas besoin de réserver votre trajet : une fois inscrit, vous intégrez une communauté et un réseau identifié. Vous n’avez plus qu’à vous rendre à l’arrêt le plus proche de votre point de départ et de tendre le pouce : dès qu’un conducteur du réseau passe par là, il vous prendra ! La solution Rezo Pouce, soutenue par la Fondation d’entreprise du groupe Macif, couvre à ce jour plus de 1 300 communes en France et annonce un temps d’attente de moins de 5 min pour un trajet sur deux.

    Simples et sécurisantes, ces applications sont surtout déployées pour des déplacements locaux. Le covoiturage, lui, reste plus répandu pour les longs trajets, alors qu’il existe d’autres mobilités alternatives, tels que le vélo ou la trottinette électrique, parfaites pour les courts trajets en ville. Les déplacements en stop sont généralement gratuits (comme sur Rezo Pouce), mais certaines applications reposent sur un principe d’abonnement mensuel.

    2 Où faire de l’auto-stop ?

    Si vous préférez voyager « à l’ancienne », le premier facteur de succès va reposer sur l’emplacement que vous choisirez pour tendre le pouce. Il faut être visible de loin bien sûr, mais aussi faciliter la manœuvre de l’automobiliste : préférez donc un endroit où il est facile de s’arrêter, sans risque et sans gêner la circulation (parking, dégagement, bord de chaussée élargi, etc.). Placez-vous en amont du point de stationnement, si possible après un carrefour ou un rond-point car les voitures roulent moins vite et peuvent donc s’arrêter facilement.

    En revanche, évitez d’attendre avant ou après un virage, c’est dangereux, et pour vous, et pour les automobilistes !

    10 minutes

    C’est le temps d’attente des auto-stoppeurs Rezo Pouce dans 9 cas sur 10.*

    3 Une pancarte qui fait mouche

    Une pancarte bien visible est essentielle pour faire du stop car les conducteurs savent tout de suite s’ils peuvent vous aider ou pas : elle réduit de 30 à 50 % votre temps d’attente (3) ! Pensez que les voitures roulent assez vite et ont besoin de temps pour s’arrêter, il faut donc que votre pancarte soit assez grosse pour être lisible de loin : format A4 minimum (21 x 30 cm) ! Écrivez lisiblement (en majuscules), au marqueur noir sur un carton blanc. S’il pleut, préférez un matériau qui ne se désintégrera pas au bout de quelques minutes (bois, plastique) et recouvrez la pancarte de scotch transparent ou de cellophane de cuisine pour protéger l’écriture.

    Si votre destination est une grande ville, n’hésitez pas à utiliser des abréviations pour gagner de la place : MTP pour Montpellier, GRE pour Grenoble, BDX pour Bordeaux, etc. Vous pouvez aussi jouer le recto verso : BDX sur le recto, Gare sur le verso par exemple. Enfin, sachez que la fantaisie est permise (et même encouragée) : un smiley bien placé fait toujours son petit effet !

    4 Grands bonds et sauts de puce

    Si vous vous rendez dans un petit village, décomposez le trajet en plusieurs étapes : par exemple, pour aller de Loches (37) à Lusignan (86), indiquez d’abord Châtellerault (86) (55 km), puis Poitiers (86) (38 km plus loin), et enfin Lusignan (à 20 km de Poitiers). Oui, il vous faudra prévoir plusieurs pancartes, et oui, vous devrez avoir repéré à l’avance les points de dépôt les plus pratiques pour vous.

    Attention aux propositions de « vous avancer un peu sur votre trajet » : si l’intention est louable, le risque est de se retrouver en rase campagne avec un faible passage, et un fort temps d’attente… Mettez-vous d’accord avec le conducteur pour qu’il vous dépose dans un endroit intéressant pour la suite de votre parcours.

    5 L’ABC de la stop attitude

    C’est LA question que l’on se pose quand on parle d’auto-stop : quelle attitude adopter pour maximiser ses chances de réussite ?

    Soyez avenant : ne restez pas plongé dans votre portable, souriez, redressez-vous, regardez les conducteurs dans les yeux… Et surtout, tenez-vous prêt à monter rapidement si quelqu’un s’arrête ! Personne n’a envie d’attendre que vous remballiez votre pique-nique.

    6 L’art du blabla

    Un bon samaritain vous a pris en stop ? C’est le moment de déployer vos compétences dans l’art de la conversation. Commencez par les « ice breakers » (littéralement « briseurs de glace ») qui sont légion : la météo (« Quel froid, vous me sauvez ! »), la voiture dans laquelle vous vous trouvez (« Ma mère a la même »), votre temps d’attente (« C’est la première fois que je fais du stop et je ne suis pas déçue, les gens sont super sympas ! »), la musique qui passe (« J’adore cet artiste, j’étais à son concert le mois dernier »), etc. Il y a fort à parier qu’au bout de quelques minutes vous vous trouviez des points communs, ne serait-ce que parce que vous allez au même endroit ! Cela dit, restez à l’écoute : certaines personnes sont naturellement peu bavardes. Si votre interlocuteur ne répond que par monosyllabes et ne relance pas la conversation, ce n’est sans doute pas la peine d’insister. Il est important que chacun soit à l’aise.

    7 Savoir-vivre et auto-stop

    En auto-stop comme en toutes circonstances, le respect de l’étiquette vous assurera les bonnes grâces de votre hôte (utile si vous espérez qu’il vous dépose pile devant votre destination plutôt qu’à la sortie de l’autoroute). Outre les fautes de goût évidentes (changer la musique, mettre ses pieds sur le tableau de bord ou demander d’aller plus vite), il est généralement assez mal vu :
    •    d’ôter ses chaussures (même si vous avez fait un effort sur les chaussettes) ;
    •    de manger ou d’allumer une cigarette sans demander la permission (même si le conducteur fume) ;
    •    de dormir, d’écouter votre musique au casque, de téléphoner non-stop…

    Bien que l’auto-stop soit une pratique implicitement gratuite, il est poli de proposer un dédommagement (entre 5 et 8 centimes par kilomètre (3)) dans les cas où vous faites un long trajet. Au conducteur d’accepter ou non !

    8 Sécurité : les bons réflexes

    L’auto-stop reste une pratique sûre si elle est pratiquée avec bon sens et prudence – qui ne veut pas dire méfiance ! Voici quelques bons réflexes à adopter pour voyager l’esprit tranquille :

    • si vous ne « sentez pas » la personne qui s’arrête, ne montez pas. Idem pour les automobilistes : si vous trouvez que le stoppeur a une mine patibulaire, passez votre chemin ! Mieux vaut froisser un ego que de voyager sans être serein ;
    • en cas de mauvais comportement (harcèlement, conduite dangereuse, etc.), n’hésitez pas à demander à descendre ;
    • si un problème survient dans la voiture, restez calme et appelez un ami pour lui indiquer où vous trouvez et à quelle heure vous pensez arriver. C’est très dissuasif pour la personne qui envisagerait de vous porter préjudice…

    9 Prêts ? Partez !

    Vous vous sentez prêt à relever le défi ? Pour faire vos débuts d’auto-stoppeur, choisissez plutôt un trajet court et/ou avec une solution de repli par transport en commun. Un trajet Clisson-Nantes (44) un samedi matin est un bon début… Évidemment, prévoyez un timing large, avec possibilité de déborder : pas question de choisir le stop pour se rendre à un entretien d’embauche ! Et si vous le pouvez, emmenez un ami : on est moins timide à deux !

    L’Essentiel de l’article

    • L’auto-stop revient en force, notamment grâce aux applications comme Rezo Pouce.
    • Pour minimiser votre temps d’attente, choisissez un bon emplacement et soignez la pancarte.
    • Respectez les règles élémentaires de savoir-vivre en voiture.
    • Commencez sur un petit trajet et/ou avec un ami.

    (1) « En 2015, 11 millions de trajets longue distance ont été réalisés par des covoitureurs », selon le ministère de la Transition écologique et solidaire (2017).
    (2) Selon l’Ademe, 3,5 millions de Français covoiturent quotidiennement pour des trajets domicile-travail : « Étude nationale sur le covoiturage de courte distance », 2015.
    (3) Macif, Guide de l’autostop au quotidien
    * Rezo Pouce
  • Le court-voiturage ou comment faire du covoiturage entre domicile et travail ?

    Le court-voiturage ou comment faire du covoiturage entre domicile et travail ?

    1 Le court-voiturage : une alternative aux transports en commun

    Éviter les bouchons sur la route

    Les grandes villes font face à une saturation des transports en commun. Ce constat a fait naître de nouvelles mobilités alternatives, comme des plateformes de covoiturage centrées sur les trajets domicile-travail. Ces derniers représentent en France environ 3 % des déplacements domicile-travail. Selon l’Ademe, près d’un million de Français « covoiturent tous les jours, le conducteur et le(s) passager(s) allant travailler ». (1)

    Charlotte, adepte du court-voiturage, est conquise par cette nouvelle façon de se déplacer :

    « Je circulais seule avec ma voiture tous les jours. Par curiosité, je me suis inscrite sur une application de court-voiturage. En quelques heures, j’ai senti que j’allais pouvoir partager ces trajets. Ce n’est finalement pas si compliqué pour mettre en place ces déplacements et c’est gagnant-gagnant pour le conducteur comme pour le passager ! Je ne conçois plus mes trajets autrement et je trouverais désormais dommage de laisser trois places vides dans ma voiture ! »

    Compenser le manque de transports en commun

    Pour d’autres, qui habitent dans des zones peu ou pas desservies par les transports en commun, le court-voiturage est une aubaine ! C’est une solution locale très intéressante, qui permet à des personnes isolées d’accéder à des activités de loisirs par exemple, ou à des actifs d’aller travailler sans investir dans un véhicule particulier. Cette alternative aux transports en commun proposée dans les zones peu denses permet petit à petit de faire évoluer les habitudes de mobilité.

    Julie, 39 ans, habitante de la région cannoise, est une adepte, en tant que passagère, du covoiturage de courte distance :

    « Dans ma région, les transports en commun, ce n’est pas évident. Je prenais le train pour me rendre au travail, situé à une trentaine de kilomètres de mon domicile. Et puis un jour, il a été annoncé que mon train du lendemain matin serait annulé. J’ai cherché des solutions et j’ai testé le court-voiturage. Depuis, j’utilise ce mode de transport très fréquemment ! J’ai découvert qu’il y avait finalement beaucoup de personnes qui faisaient le même trajet que moi quotidiennement. C’est très économique et surtout plus rapide pour moi de me rendre au travail en voiture. »

    Comme Julie, les usagers peuvent combiner les modes de transport en fonction de leurs besoins et des imprévus. En France, les régions où le covoiturage domicile-travail compte le plus d’adeptes sont la Lorraine, l’Alsace, la Haute-Normandie et le Nord-Pas-de-Calais. De façon générale, on note que le court-voiturage est plus pratiqué en zone rurale qu’en zone urbaine. (1)

    28% des Français ont déjà pratiqué le covoiturage de courte distance.*

    2 Faire des économies en respectant la planète

    Un tarif compétitif

    C’est le succès principal de cette nouvelle façon de circuler. Partager son trajet permet de faire de belles économies !

    Le court-voiturage permet au conducteur de rentabiliser ses déplacements en faisant participer les passagers aux divers frais inhérents à la possession d’un véhicule : frais de carburant, assurance ou entretien. Pour le passager, c’est également une alternative économiquement intéressante à étudier, car elle permet, entre autres, de se passer de l’achat d’un véhicule.

    Si le conducteur est libre de proposer son tarif pour le trajet qu’il propose, les applications apportent tout de même leurs recommandations.

    Un transport plus durable

    Le gain environnemental du court-voiturage dépend des moyens de transport qu’il remplace. Il n’empêche que l’augmentation du taux de remplissage d’une voiture pour une courte distance participe à réduire l’empreinte carbone. Une voiture transportant quatre voyageurs émet autant de CO2 qu’une voiture avec un conducteur seul. Alors autant remplir son véhicule pour limiter le ratio « émanations de gaz à effet de serre par personne ».

    Vous souhaitez gagner du temps, faire des économies et faire un geste pour la planète ? Rejoignez la communauté de covoiturage Karos en téléchargeant son appli www.karos.fr/.

    3 La convivialité : le maître-mot du court-voiturage

    Humaniser ses trajets quotidiens, c’est cela aussi la plus-value du court-voiturage ! Le court-voiturage est en effet un moyen de créer du lien social avec des personnes le temps d’un trajet.

    Charlotte se réjouit de partager les trajets avec ceux qu’elle embarque :

    « C’est une occasion formidable de faire des rencontres intéressantes. J’ai eu l’occasion de discuter avec des personnes qui n’étaient pas du tout du même milieu que moi. Et j’ai pu assister à des débats passionnants entre passagers pendant certains trajets ! Je sais par contre que certains n’auront pas envie de discuter par humeur ou fatigue, et cela me va très bien aussi. Mais globalement, quand on fait la démarche d’adopter le court-voiturage, on est plutôt ouvert au dialogue et aux échanges. »

    2 plateformes de covoiturage de courte distance

    L’Essentiel de l’article

    • Le conducteur renseigne son itinéraire, ses tarifs et ses horaires sur une plateforme de court-voiturage.
    • Les passagers intéressés s’inscrivent sur cette ligne de court-voiturage et participent financièrement au trajet.

    (1) Ademe, « Étude nationale sur le covoiturage de courte distance », 2015.
    *Ifop, « Enquête auprès des Français sur la mobilité au quotidien : les Français sont-ils prêts à adopter le covoiturage au quotidien ? », 2017.
  • Trottinettes électriques : comment contredire les haters* ?

    Trottinettes électriques : comment contredire les haters* ?

    *Haters : ennemis, détracteurs en anglais

    La trottinette électrique rencontre un succès fulgurant en France. Et pourtant, ses détracteurs semblent aussi nombreux que ses fans : accusée d’être dangereuse ou ridicule, elle alimente les débats houleux sur les trottoirs comme à l’Assemblée nationale… Et si on faisait redescendre la pression ?

    1 La trottinette, un véhicule de hipsters ?

    230 000 trottinettes électriques ont été vendues en France en 2018 (+129 % par rapport à 2017) (1), après plusieurs années de ventes en constante hausse. Un engouement qui semble donc durer, soutenu par la présence d’une offre en libre-service foisonnante notamment à Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux. On peut dire sans risquer de se tromper que la e-trottinette est devenue l’engin de déplacement de bon nombre de citadins.

    Qui sont les utilisateurs de trottinettes électriques en free-floating ?

    • Parmi les actifs, 53 % sont des cadres
    • 19 % sont des étudiants
    • 33 % sont des touristes (2)

    2 Un jouet dont se sont entichés les grands ?

    Certains associent encore la trottinette à l’enfance. Pourtant, la trottinette motorisée était à l’origine un véhicule pour adultes. Et les premiers modèles ne datent pas d’hier ! Dès 1915, les premières trottinettes à essence (appelées scooters) des postiers et des policiers américains fonçaient déjà à 35 km/h. Les piétons de l’époque ont dû se faire raser de près plus d’une fois, preuve que son côté rebelle lui colle à la peau depuis le début… Comble de la modernité, les ancêtres de la e-trottinette avaient un guidon pliant, pour embarquer plus facilement dans les transports. La preuve que l’intermodalité est une idée vieille comme la roue !

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    L’Essentiel de l’article

    • La trottinette motorisée existe depuis 1915.
    • Les ventes de trottinettes électriques augmentent d’année en année.

    (1) Fédération des professionnels de la micro-mobilité, Baromètre marché de la mobilité 2018, 2019
    (2) Ademe et 6-t, Usages et usagers de trottinettes en free-floating en France, 2019
  • Voiture et environnement sont-ils compatibles ?

    Voiture et environnement sont-ils compatibles ?

    En France, 15 % des émissions de CO2 sont produites par les voitures des particuliers. (5) Et les Français le savent bien, puisqu’ils sont 9 sur 10 à estimer que l’automobile a un impact important, voire très important sur l’environnement. (6)
    Si de nombreuses initiatives visent à réduire son usage pour limiter cet impact environnemental, avoir une voiture – et s’en servir – reste indispensable pour bon nombre de Français.

    1 Jamais sans ma voiture

    La France compte 33 millions d’automobilistes (7), soit près des deux tiers des personnes en âge de conduire ! (8) D’ailleurs, une écrasante majorité (84 %) (2) des foyers est équipée d’au moins une voiture, voire deux pour 37 % d’entre eux (7), et même davantage quand les jeunes adultes tardent à quitter le nid. Un taux de motorisation qui grimpe à 91 % dans les zones rurales, mais redescend à 67 % dans l’agglomération parisienne. (7) Un chiffre qui prouve que même à Paris, plus d’un Français sur deux reste attaché à sa voiture, alors même qu’il existe plus de 1 500 lignes de bus, 14 lignes de métro, 13 lignes de tramway, 5 RER ou encore 5 835 km de voiries cyclables. (9)

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    2 Polluer moins, facile à dire !

    Deux tiers des Français sont préoccupés par l’impact de leurs déplacements, notamment automobiles, sur l’environnement. (6) Plus fort encore, ils seraient plus d’un sur deux (53 %) à être prêts à renoncer à leur véhicule individuel. (10) Malheureusement, ce n’est pas si simple : parmi les utilisateurs quotidiens de la voiture, 60 % estiment en effet ne pas avoir d’alternative (transports, vélo, trottinettes…). (3)

    2040

    C’est l’horizon que s’est fixé le gouvernement actuel pour interdire définitivement les voitures diesel sur les routes de France. (14)

    3 Covoiturage, voiture électrique ou vélo : des alternatives plus écolos existent

    Les Français sont de plus en plus à se tourner vers des alternatives plus écolos. Ils sont aujourd’hui 6 % à utiliser le covoiturage pour les déplacements du quotidien. (1) Et ils sont 28 % à avoir pratiqué le covoiturage de courte distance au moins une fois dans leur vie.(11)

    Côté voiture électrique, les trois quarts des Français la trouvent plus écolo que son ancêtre à essence (6), mais seul 1 automobiliste sur 10 envisagerait d’investir dans ce type de véhicule (4), un chiffre en stagnation depuis deux ans. Il faut dire que le ticket d’entrée autour de 20 000 euros (12) a de quoi refroidir même les plus verts d’entre vous !

    Moins cher et bien plus écolo, le vélo fait son grand retour. À Paris, les déplacements à vélo ont augmenté de 54 % entre septembre 2018 et septembre 2019. (13) Entre les vélos en libre-service, la démocratisation du VAE, le vélo à assistance électrique, et les politiques en faveur des aménagements cyclables (pistes et voies vertes, sas de sécurité, arceaux de stationnement), il est probable que bon nombre d’automobilistes, au moins en ville, délaissent leur voiture au profit d’une alternative plus respectueuse de la nature : le vélo.

    2 à 3 %

    C’est la part de personnes qui se rendent au travail à vélo en France, contre 29 % aux Pays-Bas et 10 % en Allemagne. (15)

    L’Essentiel de l’article

    • 84 % des foyers ont au moins une voiture. (2)
    • 60 % des automobilistes quotidiens estiment ne pas avoir d’alternative. (3)
    • 1 Français sur 10 envisage d’acheter une voiture électrique.(4)

    (1) Institut Montaigne, Quelle place pour la voiture demain ?, 2019.
    (2) Insee, Tableaux de l’économie française, 2019.
    (3) Kantar, Les Français et l’automobile, 2018.
    (4) L’argus.fr, Véhicules électriques : les intentions d’achat stagnent, 2019.
    (5) Le Monde, Six chiffres pour comprendre l’ampleur de la pollution automobile, 2018
    (6) Harris Interactive, Les Français et l’impact environnement de leurs déplacements, 2018.
    (7) Europe 1, Jusqu’où les Français sont-ils prêts à aller pour leur voiture ?, 2018.
    (8) Insee, Population par sexe et groupes âges, 2019.
    (9) Institut Paris Région, Territoires cyclables, 2019.
    (10) Harris Interactive, Les Français et l’écologie, 2019.
    (11) Ifop, Enquête auprès des Français sur la mobilité au quotidien : les Français sont-ils prêts à adopter le covoiturage au quotidien ?, 2017
    (12) Automobile Propre, Les voitures électriques les plus vendues en France, 2019.
    (13) Actu Paris, Le nombre de cyclistes augmente à Paris, quatre nouveaux compteurs bientôt installés, 2019.
    (14) Assemblée nationale, 2019.
    (15) FUB, Les villes qui aiment le vélo en France et à l’étranger, 2017.
  • Le vélo électrique, un véhicule de feignant ?

    Le vélo électrique, un véhicule de feignant ?

    Plus de 670 000 vélos électriques ont été vendus en France en 2023, soit 30% des vélos vendus (1). Ce raz-de-marée de deux roues électriques faisant partie des nouvelles mobilités alternatives est-il une bonne nouvelle ou le début de la fin pour les amoureux du vélo traditionnel ?

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    1 Pédaler assisté, c’est tricher !

    Le vélo électrique ou VAE (vélo à assistance électrique) n’est pas une moto mais bien un vélo : pour avancer il faut pédaler ! Le niveau d’assistance est parfois modulable (léger, moyen, fort), mais quoi qu’il en soit, il faudra toujours fournir un effort pour faire tourner les roues. Et si le moteur donne un coup de pouce appréciable en côte, il peut être désactivé sur le plat ou en descente (et oui, on peut aussi pédaler en descente).

    2 Ils ne manquent pas d’air !

    C’est scientifiquement prouvé : le VAE est bon pour votre petit cœur, votre souffle, mais aussi votre niveau de stress (2)… En bref, c’est bon pour votre santé. Les bénéfices santé seraient même largement supérieurs à ceux de la marche sur le plat(2), et assez proches de ceux du vélo « sec » car utilisé sur de plus longues distances(3). Et si on l’utilise tous les jours, par exemple pour aller travailler, l’avantage santé est durable, avec une baisse notable des risques de maladies cardiovasculaires et de certains cancers (4).

    3 Ils n’ont rien dans les jambes !

    Le vélo tradi, c’est bien joli quand on habite sur l’île de Ré, mais quand il faut grimper les côtes de Montmartre ou celles d’Auvergne, on rigole moins. Le VAE a l’énorme avantage de permettre de circuler facilement à vélo y compris sur des parcours escarpés. Comme on force moins, on peut pédaler plus longtemps : une excellente nouvelle pour tous ceux qui habitent à plus de 10 ou 15 kilomètres de leur travail. Et bien sûr, le VAE est aussi plus rapide, surtout en côte, même s’il est
    « bridé » à 25 km/h en France. Le VAE a fait exploser le nombre de vélotaffeurs (1), bien contents d’arriver au boulot avec une chemise sèche.

    4 Ils font semblant de faire du sport !

    Plus démocratique que le vélo sec qui demande un effort plus soutenu, le VAE aide les personnes éloignées du sport à se (re)mettre en selle. Que l’on soit âgé, en surpoids, diabétique ou même atteint d’un cancer, le vélo électrique est bon pour tout le monde !

    5 Ils encombrent les pistes cyclables

    Les puristes aux mollets épilés et culotte en Lycra peuvent toujours se moquer, la réalité reste la suivante : un VAE en plus dans les rues, c’est peut-être une voiture qui pollue en moins. Choisir le VAE pour ses déplacements quotidiens, c’est faire du bien à la planète et se faire du bien à soi. Et c’est aussi découvrir la ville autrement, narguer les automobilistes coincés dans les embouteillages, déjouer les aléas des transports en commun, crâner avec un joli casque et rejoindre la cyclosphère des vélotaffeurs sur Twitter pour impressionner lors de dîners. Alors feignant ou pas, qui s’en fiche ?

    Vous êtes un(e) adepte du VAE ?

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    Le vélo électrique, un véhicule de feignant ?

     

    L’Essentiel de l’article

    • Le VAE a des bénéfices pour la santé proches de ceux du vélo sans assistance.
    • Le VAE permet de parcourir de plus grandes distances.
    • Le VAE est meilleur pour la santé que d’autres moyens de transport durables comme le covoiturage ou les transports en commun.

    (1) Union Sport et Cycle, Les chiffres du marché, 2024
    (2) Revue médicale Suisse, Le vélo électrique : un outil pour la santé ou un gadget « écolo » ?, 2012
    (3) Elsevier, Physical activity of electric bicycle users compared to conventional bicycle users and non-cyclists: Insights based on health and transport data from an online survey in seven European cities, 2019
    (4) Le Monde, Même électrique, le vélo est bon pour la santé, 2018
  • Voitures, vélos, trottinettes… Bienvenue dans la jungle urbaine !

    Voitures, vélos, trottinettes… Bienvenue dans la jungle urbaine !

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    1 Vélos et trottinettes à la conquête de la ville

    Il suffit de se déplacer quelques minutes dans une grande ville pour constater que les mobilités dites douces (sans moteur ou électriques) ont le vent en poupe. Partout dans les rues et sur les trottoirs se bousculent – littéralement – piétons, vélos et trottinettes électriques ou non, gyroroues, hoverboards… La France compterait actuellement 500 000 utilisateurs réguliers de NVEI (nouveaux véhicules individuels électriques), avec des ventes en augmentation de 30 à 35 % sur les trois dernières années (1). À elle seule, la trottinette électrique, autonome et facile à utiliser, a conquis 50 000 acheteurs en 2017 (2). Côté vélo, les chiffres officiels de l’Insee indiquent que 2 % des travailleurs français se déplacent quotidiennement à vélo (3), mais cette moyenne nationale ne reflète pas la réalité de certaines villes ! Le nombre de « vélotafeurs » grimpe en effet à 12 % à Bordeaux, 15 % à Grenoble et 16 % à Strasbourg (4), la championne de France.

    Bon à savoir

    Copenhague dispute à Amsterdam le titre de capitale européenne du vélo. 63 % des Copenhagois enfourchent chaque jour leur bicyclette pour se rendre au travail pour parcourir près de 1 340 000 km cumulés. Avec 545 km de pistes cyclables et des infrastructures à la pointe, le cycliste copenhagois est roi ! (5)

    2 Le difficile partage de l’espace public

    Évidemment, ce boom récent des EDPM (engins de déplacement personnel motorisés) et du vélo, alimenté par les difficultés de circulation et de stationnement des voitures en ville, le prix des carburants et le besoin de faire baisser les émissions polluantes, entraîne quelques frictions entre les utilisateurs. Pendant longtemps, ni le Code de la route, ni les infrastructures urbaines (à l’exception de quelques villes pionnières en la matière, comme Strasbourg), n’ont eu le temps de s’adapter pour clarifier et faciliter la cohabitation entre les différents usagers et types de véhicules. Les vélos partagent la rue avec les voitures, parfois uniquement avec les bus et les taxis, mais aussi avec les piétons lorsque les pistes sont aménagées sur les trottoirs. Signe que les choses bougent, le voile vient d’être levé concernant les règles qui s’appliquent aux EDPM, désormais interdits de trottoirs et sur les chaussées où la vitesse autorisée peut dépasser les 50 km/h (sauf arrêté municipal contraire).

    En attendant que les comportements changent aussi, le nombre d’accidents augmente lui aussi : d’après un bilan de la sécurité routière, 559 piétons ont été tués en 2018 (+ 19 % en 1 an) et 162 cyclistes ont trouvé la mort soit 10 % de plus que l’année précédente (5).

    76 %

    des accidents mortels de piéton ont été causés par une collision avec un véhicule en 2016. (7)

    3 Aménagements urbains, la clé du succès

    Comment améliorer la cohabitation entre les différents usagers ? La réglementation et le Code de la route doivent évidemment évoluer pour s’adapter aux nouveaux usages. Mais l’aménagement de l’espace est aussi la clé d’une circulation apaisée. Parmi les équipements plébiscités, les pistes cyclables ont vu leur nombre exploser ces dernières années avec la multiplication des « plans vélo » dans de nombreuses villes dont Paris. L’Île-de-France comptait par exemple plus de 5 600 km de voies cyclables fin 2015, contre 3 500 en 2012, soit une hausse de 60 % (8). La « continuité cyclable », c’est-à-dire la possibilité de circuler sans passer sur la chaussée des voitures, reste cependant très insuffisante dans la plupart des centres-villes, voire inexistante dans les zones périurbaines et rurales.

    D’autres types d’équipements destinés à faciliter la circulation voient également le jour, comme les sas réservés aux vélos aux intersections équipées de feux tricolores. En plaçant les cyclistes devant les voitures, ils les rendent plus visibles et leur permettent de démarrer en priorité pour éviter que les automobilistes ne leur coupent la route de façon dangereuse. Dans le même esprit, les panneaux « M12 » autorisent maintenant les vélos à passer au feu rouge pour tourner à droite ou aller tout droit quand l’aménagement du carrefour le permet.

    Voitures, vélos, trottinettes… Bienvenue dans la jungle urbaine !

     

    Toutes les enquêtes autour de la sécurité routière sont unanimes : la majorité des automobilistes pensent que le danger vient toujours des autres. Et rares sont ceux à s’interroger sur leur propre comportement au volant. Observer sa conduite fait pourtant partie des priorités.

    Jean-Marc Bailet, docteur en psychologie cognitive et comportementale, auteur des livres Zen au volant et Le volant rend-il fou ?

    4 Règle n° 1 : priorité au piéton

    En attendant que les aménagements intègrent pleinement l’utilisation des EDPM et des vélos, la prudence reste donc de mise, tout comme le respect et le civisme. Rappelons que les piétons sont toujours prioritaires sur les trottoirs et les passages protégés, et que le bon sens (et évidemment le Code de la route) oblige évidemment à les laisser passer lorsqu’ils sont engagés sur la chaussée, même en dehors des clous ou si le feu piéton est rouge…

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    L’Essentiel de l’article

    • L’usage du vélo et des mobilités douces explose en ville.
    • Des aménagements souvent inadaptés complexifient la cohabitation entre les usagers
    • Les accidents de piétons et de cyclistes ont augmenté entre 2017 et 2018.
    • Les trottinettes électriques n’ont plus le droit de rouler sur les trottoirs.

    (1) Christophe Bayart, fondateur de Mobility Urban
    (2) Carel Wijngaards, patron de la marque E-Twow
    (3) Insee, « Partir de bon matin, à bicyclette… », 2017
    (4) Insee, 2017
    (5) Copenhagen city of cyclists, Cycling Embassy of Denmark
    (6) Itinéraire Bis, #01 – Les nouveaux codes de la route
    (7) Sécurité Routière, « Bilan définitif de l’accidentalité routière 2016 », 2017
    (8) Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France, 2018
    Légifrance, Décret n° 2019-1082

  • Gyropode, mono-roue, trottinette, hoverboard… Zoom sur les mobilités alternatives

    Gyropode, mono-roue, trottinette, hoverboard… Zoom sur les mobilités alternatives

    Gyropode, mono-roue/monowheel, trottinette électrique ou hoverboard/smartboard : vous avez forcément croisé un ou plusieurs de ces appareils de « micro-mobilité » ces dernières années si vous habitez en ville. Plus rapides que la marche à pied, moins fatigants et encombrants qu’un vélo, ils ont tout pour séduire les jeunes et les actifs lassés de l’auto, du bus, du tramway ou du métro.

    1 EDPM : interdits aux plus petits

    Pour conduire ces fameux « engins de déplacement personnel motorisés » (EDPM), certaines conditions s’appliquent depuis le décret du 23 octobre 2019, à commencer par l’âge minimum : 12 ans. Les plus jeunes devront se contenter d’une trottinette sans moteur. Rien de tel pour se muscler les mollets !
         
    Pour les plus grands, n’essayez pas de rouler à plusieurs sur une trottinette électrique, c’est interdit, et surtout c’est dangereux ! Dans tous les cas, soyez prudent quand vous conduisez un EDPM.

    2 Le trottoir : territoire des piétons

    Considérés comme des piétons, les utilisateurs de rollers, skateboards ou trottinettes (sans moteur) doivent par conséquent rouler sur le trottoir et aller à une allure modérée. En revanche, les EDPM tels qu’hoverboard, gyropode, monocycle et trottinette électrique sont désormais considérés comme une nouvelle catégorie de véhicules à part entière. Sauf arrêté municipal contraire, on ne veut plus les voir sur les trottoirs ! C’est sur les pistes et bandes cyclables (quand il y en a) qu’on les préfère. À défaut, les utilisateurs peuvent rouler sur les chaussées où la vitesse est limitée à 50 km/h. Hors agglomération, la circulation est interdite, sauf sur les voies vertes et pistes cyclables.

    Et pour se garer ? Le stationnement sur les trottoirs reste autorisé sous réserve qu’il ne gêne pas les piétons. Mais les maires pourront en décider autrement. C’est le cas à Paris où les EDPM doivent se mettre en rang d’oignon dans les espaces réservés au stationnement pour autos, vélos et deux-roues motorisés. Bye bye les trottinettes électriques qui squattent au milieu des trottoirs !

    3 Pas de passe-droit sur le Code de la route

    En tant que véhicules, les EDPM doivent respecter le Code de la route : priorité aux piétons, priorité à droite, respect des feux de signalisation, des stops, des cédez-le-passage… Pas question non plus de porter des écouteurs ou casque audio, ni d’utiliser votre téléphone. Si vous n’avez pas votre permis de conduire, Internet ou un bon livre pourront vous renseigner sur les bases à connaître. Sinon, répondez à ce quiz pour tester vos connaissances du Code de la route !

    4 La visibilité, c’est pas sorcier !

    Si vous circulez hors d’une agglomération ou si vous roulez de nuit ou par visibilité réduite, pas question d’avoir la tête dure : portez un casque ! Et un gilet réfléchissant pour vous faire voir.

    5 25 km/h en pointe

    La vitesse des EDPM est limitée à 25 km/h maximum, en agglomération ou hors agglomération. Évidemment, cette vitesse est à adapter aux conditions de circulation : vous devez toujours être prêt(e) à vous arrêter en urgence pour laisser traverser un piéton ou éviter un obstacle.

    6 Votre trottinette électrique est-elle homologuée ?

    La limitation de vitesse à 25 km/h est aussi une contrainte technique : votre trottinette ne doit pas pouvoir la dépasser, sous peine d’amende.

    Autres obligations : pour trouver sa place dans vos déplacements quotidiens, la trottinette doit être équipée d’un feu avant et arrière, d’une sonnette et de freins (encore heureux !).

    Bon à savoir

    Les EDP sont soumis à la même obligation d’assurance de responsabilité civile que les voitures, scooters et motos. Et c’est valable aussi pour vos ados !

    Source : Légifrance, Décret n° 2019-1082

  • Mobilité rurale : la révolution de l’auto-stop est-elle en marche ?

    Mobilité rurale : la révolution de l’auto-stop est-elle en marche ?

    « Sept kilomètres séparent Castelsarrasin où je travaille et Moissac où je vis. C’est peu, mais cela reste compliqué de se déplacer sans voiture », regrette Marie, habitante du Tarn-et-Garonne. Et ce ne sont pas les horaires SNCF qui la feraient mentir : pour un aller-retour entre les deux villes (un rendez-vous professionnel, une course, une visite…), mieux vaut réserver sa journée. Alors pour cette mère de deux grands enfants, l’affaire tient de l’évidence : elle se rend au travail en voiture. Et la plupart du temps, elle est seule. Pas toujours cependant. Car depuis quelques années, Marie est inscrite sur Rezo Pouce, une structure coopérative et associative à l’initiative d’élus locaux, qui vise à favoriser et améliorer l’auto-stop. Alors quand elle croise des piétons à l’un des arrêts « sur le Pouce » installés par le réseau, hop, elle les fait monter à bord.

    Depuis sa création en 2011, Rezo Pouce a bien grandi : d’abord cantonné à quelques villes et villages, il compte aujourd’hui 4 000 arrêts signalisés sur plus de 1 600 communes. « Chaque fois qu’une collectivité met en place le service, il est facturé de 2 500 à 6 000 euros par an. Mais si le déploiement du réseau vient des pouvoirs publics, son appropriation passe par les habitants, encouragée par des animations et diverses actions de sensibilisation », explique Michel Cassignol, président de l’association porteuse du projet. Les conducteurs, eux, sont bénévoles, et reconnaissables grâce à leur autocollant vert et blanc posé sur leur pare-brise. Une indemnité de cinq centimes par kilomètre a un temps été envisagée avant d’être abandonnée : il est simplement conseillé au passager de verser une participation au « chauffeur » si le trajet devient régulier.

    Ce sont souvent dans les premiers et les derniers kilomètres d’un trajet que les déplacements sont difficiles : un centre bourg peut disposer d’un réseau de bus, sans que rien ne soit prévu pour y accéder depuis un hameau périphérique. C’est là que l’auto-stop va trouver son utilité.

    « L’idée est de redonner de la mobilité là où elle est en panne, en lien avec les transports déjà existants »

    Michel Cassignol, président de Rezo Pouce

    Cette complémentarité, c’est aussi ce que défendent les collectivités locales de Bretagne et de la Loire-Atlantique qui ont monté Ouest Go en lien avec l’association éhop. L’ambition : développer un covoiturage de proximité, notamment sur des trajets réguliers. Pour la chercheuse en urbanisme Marie Huyghe, ingénieure en aménagement du territoire, ce lien entre associations, habitants et collectivités locales est l’une des conditions du succès. « De plus en plus d’associations d’usagers sont associées aux politiques menées. Si on ne travaille pas de manière concertée, on risque d’investir à perte ». Parfois, c’est la société civile qui est à l’origine de ces mobilités alternatives, comme avec Octopouce, imaginé il y a trois ans par un collectif de citoyens de la presqu’île de Crozon pour développer l’autostop organisé, avec carte de membre, carte des arrêts, panneaux de destination…

    Rezo Pouce compte aujourd’hui quelque 400 « poulpes » (c’est le nom des participants du réseau) enthousiastes.

    L’enjeu est environnemental, mais aussi économique et social. « Aujourd’hui, 80 % des actifs bretons sont seuls dans leur voiture. Le potentiel de réduction du trafic est énorme si on augmente le taux d’occupation des véhicules. D’un autre côté, la moitié des personnes en reconversion professionnelle a déjà dû refuser un emploi par manque de mobilité » explique Anne-Laure Chiquet, du service éco-mobilité au conseil départemental du Finistère.

    Reste que la complémentarité entre transports en commun et dispositifs alternatifs n’est pas toujours au rendez-vous. De la théorie à la pratique, il n’est pas rare que le service public sorte amoindri. « Le projet de loi mobilités actuellement en discussion à l’assemblée1 présente l’intérêt de placer la mobilité au cœur du débat. Mais s’il insiste sur l’importance du rail, les actes ne vont pas dans le même sens. C’est rageant ! », déplore Marie Huyghe.

    Aujourd’hui, on compte 5800 offres de covoiturage sur Ouest Go, et environ 12 000 utilisateurs de Rezo Pouce. Une goutte d’eau, au regard des millions d’automobilistes présents sur ces territoires. À tel point que nombre d’usagers, même convaincus, regrettent la faible fréquentation. « Je croise rarement du monde aux arrêts », confie Marie. « Ces initiatives restent encore anecdotiques, mais le discours évolue de la part des élus comme des citoyens. Depuis deux ou trois ans, la tendance est à l’expérimentation de nouvelles mobilités. Nous ne sommes qu’au début du changement » veut croire Marie Huyghe. Certains préjugés tombent, comme celui de la longueur des trajets en zone rurale (la moitié font moins de 5 km) ou encore l’inadéquation de certains modes de transport.

    Ainsi, le département Loire-Atlantique a longtemps relégué le vélo au secteur du tourisme, avant de se rendre compte que ses parcours touristiques étaient aussi utilisés par les habitants pour des trajets quotidiens, relate la chercheuse. Désormais, une signalétique commune a été installée sur tout le territoire, les communes porteuses de projets en faveur de la Petite Reine et l’apprentissage du vélo sont soutenus. Dans le Finistère, Anne-Laure Chiquet observe également une « vraie attente » par rapport au vélo, jugé attractif pour des trajets inférieurs à 5 km, et jusqu’à 10 km avec des modèles électriques.

    Assiste-t-on aux prémices d’une révolution ?

    « Aujourd’hui tous les marqueurs passent au vert. On prend conscience que continuer à se déplacer chacun tout seul dans sa voiture ne marche plus, il faut changer nos habitudes. »

    Michel Cassignol, président Rezo Pouce

    La question, en effet, n’est pas qu’affaire de technique ni d’infrastructure, ni même seulement de transport. « Quand on parle mobilité il faut aussi penser utilité du déplacement », abonde Anne-Laure Chiquet. Télétravail, redéfinitions urbaines, horaires de travail… Les chantiers ne manquent pas.

    En attendant, et si on levait le pouce ?

    (1) ecologique-solidaire.gouv.fr/projet-loi-mobilites

  • Forfait mobilité durable : le vélo, ça peut être payant

    Forfait mobilité durable : le vélo, ça peut être payant

    1 Pédalage et covoiturage, boosters de mobilité durable

    La mobilité durable, ou écomobilité, est un levier essentiel de la transition énergétique. Les mobilités dites douces comme le vélo électrique ou « sec », les transports en commun et le covoiturage sont donc au cœur de la LOM, visant à cadrer la politique des transports en France sur les prochaines années. Parmi les nombreux points qu’elle aborde, la loi prévoit un « forfait mobilités durables » pour développer les transports moins polluants comme le covoiturage ou le vélo.

    80 euros/an

    C’est le coût moyen d’utilisation d’un vélo ordinaire (300 euros/an pour un vélo à assistance électrique (VAE)), contre 6 000 à 10 000 euros pour une voiture. (1)

    2 Un nouveau forfait de 400 euros maxi par an (ou pas)

    Le principe ? Inciter les entreprises privées à verser un forfait aux salariés venant travailler à vélo ou en covoiturage (les voitures en libre-service devraient aussi en faire partie). D’un montant maximum de 400 euros net par an, il est destiné à couvrir les frais d’entretien et d’utilisation de votre monture ou du véhicule servant au covoiturage. Ce forfait, remplaçant l’actuelle indemnité kilométrique vélo, avec la prise en charge d’un abonnement de transports en commun ne pouvant dépasser le montant maximum de 400 euros.

    Le hic ? La loi n’étant pas contraignante envers les entreprises privées, le forfait mobilité durable est donc optionnel. Avant de vous ruer pour acheter un vélo dernier cri, attendez donc 1/ que la loi entre en vigueur (un réexamen par L’Assemblée nationale est d’ores et déjà prévu à la rentrée) et la parution de décret(s) d’applications et 2/ d’en discuter avec votre boss.

    Bon à savoir

    Un VAE moins cher

    De très nombreuses communes accordent une prime pour l’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE) à leurs administrés (renseignez-vous auprès de votre mairie pour savoir si vous pouvez en profiter). D’un montant forfaitaire ou en fonction du prix du vélo, elle peut considérablement alléger la facture ! De son côté, l’État propose également un « bonus VAE » soumis à condition de revenus.

    L’Essentiel de l’article

    • Les chefs d’entreprise pourront choisir de l’accorder aux salariés venant travailler à vélo ou en covoiturage
    • Il est amené à remplacer l’indemnité kilométrique vélo
    • Son plafond de prise en charge peut aller jusqu’à 400 euros par an
    • La LOM sera réexaminée en nouvelle lecture par l’Assemblée nationale à la rentrée 2019 (10/09/2019) mais il faudra attendre le(s) décret(s) d’application pour connaître les modalités d’application.

    (1) Consoglobe, C’est prouvé : rouler à vélo coûte six fois moins cher qu’en voiture, 2019

  • L’aménagement urbain à l’épreuve des nouvelles mobilités

    L’aménagement urbain à l’épreuve des nouvelles mobilités

    * Trottinettes, gyroroues, hoverboards, etc.

    1 Comment les nouvelles mobilités bousculent-elles le partage de l’espace public en ville ?

    Madeleine Masse, architecte-urbaniste : « L’arrivée rapide de nouveaux modes de transport comme les trottinettes oblige à repenser l’organisation des circulations. Traditionnellement, la voirie s’organise sur le modèle : un mode de déplacement = un aménagement. Une gare pour les trains, une pour les cars, une voie pour les voitures, une pour les bus, une pour les vélos… Idem pour les espaces de stationnement.

    Or, cette organisation est extrêmement consommatrice d’espace et peu efficace : elle sépare trop les modes de déplacement, ce qui est peu pratique pour l’usager. En plus, elle ne permet pas de s’adapter rapidement aux nouvelles mobilités comme on le voit aujourd’hui. Il faut donc inventer des espaces plus hybrides dans leur fonction. Par exemple, nous réfléchissons en ce moment sur le sujet des gares routières : quelle fonction leur donner en dehors des heures de pointe ? Nous proposons d’en faire des lieux qui vivent toute la journée, par exemple en accueillant des flottes de vélos en libre-service, des aires de covoiturage ou même accueillir un marché pendant les week-ends. C’est le principe des centrales de mobilité et des pôles d’échanges multimodaux qui se développent de plus en plus dans les centres-villes comme dans les nouveaux quartiers. »

    Le saviez-vous ?

    Strasbourg est numéro 1 des villes de plus de 200 000 habitants en termes d’aménagements cyclables (km de pistes cyclables, anneaux de stationnement, zones tampons au niveau des carrefours, etc.), selon le Baromètre des villes cyclables 2017. Grenoble (38), Illkirch-Graffenstaden (67), La Flèche (72) et Sceaux (92) se classent également parmi les meilleures. Retrouvez le baromètre complet sur Parlons-velo.fr.

    La multiplication des voies dédiées ne serait donc pas la solution ?

    Madeleine Masse : « En effet, c’est le même problème sur la chaussée : il n’est plus possible aujourd’hui d’envisager une voie pour les bus, une pour les vélos, une pour les trottinettes… D’abord parce que c’est trop compliqué, et on aboutit vite à des aménagements sous-dimensionnés : de nombreuses pistes cyclables sont aujourd’hui trop petites parce qu’elles ont été conçues pour rogner a minima sur l’espace des voitures.

    Il faut donc sortir de cette logique pour aller vers des aménagements qui encouragent la cohabitation entre plusieurs modes en fonction de leur importance et de leur rythme. La question de la place accordée à la voiture est centrale : dans les centres-villes, on se rend compte qu’elle est inadaptée. On recherche des modes plus agiles, adaptés aux courtes distances, plus économiques et moins polluants et sans problème de stationnement.

    L’idée générale est donc de réfléchir à la priorisation des différents modes de transport en fonction du contexte et de l’espace à aménager. Les réponses en termes d’aménagement vont par conséquent être très variables selon l’environnement dans lequel on se trouve. La part de la voiture va se réduire dans les centres urbains, mais restera importante dans zones interurbaines ou peu denses, avec des pistes cyclables mieux séparées et plus sécurisées. Les cyclistes seront protégés des voitures via des aménagements tels qu’un îlot séparateur en granit ou des voies « en Lincoln », c’est-à-dire un trottoir intermédiaire, entre les piétons et la chaussée. »

    Le saviez-vous ?

    La Macif, membre du Movin’On Lab, s’engage en faveur des mobilités durables, innovantes et collaboratives.

    Des innovations technologiques au service de la ville

    Side Walk Labs, la filiale d’Alphabet (Google), imagine aussi la ville de demain au travers d’innovations technologiques. Demain, la ville pourra être connectée et interagira avec le véhicule autonome. Les limitations de vitesse pourront s’adapter à la congestion du trafic en temps réel. Les chaussées bénéficieront de marquages au sol plus visibles grâce à des revêtements éclairés. Le mobilier urbain pourra être mobile et les voies de circulation pourront même changer de direction (dans un sens le matin, et dans l’autre le soir pour faciliter l’entrée et la sortie des véhicules en heures de pointe).
     

    3 Y a-t-il d’autres façons de « pacifier » les relations entre les différents utilisateurs de la voirie ?

    Madeleine Masse : « Oui, en réduisant la vitesse, tout simplement ! On constate que plus les vitesses sont basses, notamment celles des voitures, plus la cohabitation avec les vélos et les autres modes de transports se passe bien. Le meilleur exemple est celui des contresens cyclables : leur côté déstabilisant pour les automobilistes les amène à ralentir, et au final, ce sont des aménagements qui fonctionnent bien. Il existe d’autres aménagements efficaces pour apaiser la circulation en ville, comme de réduire la largeur des chaussées ou faire des carrefours rehaussés « en plateau » où les piétons sont prioritaires. Cette question de la vitesse est aussi valable hors des centres-villes. Nous avons par exemple des projets prospectifs sur le devenir des autoroutes en Île-de-France à horizon 2030-2050. L’une des pistes que nous proposons est la baisse de la vitesse sur ces routes afin de pouvoir les partager avec d’autres formes de mobilités. Nous proposons par exemple l’aménagement d’une piste cyclable sur l’A86 ! »

    4 Et les piétons dans tout ça ?

    Madeleine Masse : « C’est vrai qu’il ne faut jamais perdre de vue l’espace réservé aux piétons. Nous travaillons beaucoup sur l’analyse des flux piétons et l’ergonomie des espaces qui leur sont dédiés. L’idée est d’une part de « sanctuariser » l’espace piétonnier, qui ne peut être partagé avec d’autres modes de transports plus rapides, et de permettre des déplacements simples et efficaces : se repérer sur la voirie, trouver son bus, accéder aux vélos partagés, etc. Cette question est cruciale partout et particulièrement autour des gares, qui concentrent un trafic piéton et multimodal particulièrement dense car ce sont par définition des lieux de transition entre plusieurs modes de transport. »

    5 La trottinette : opportunité d’avenir ?

    Madeleine Masse : « En termes d’urbanisme et d’environnement, la trottinette est plutôt une chance parce qu’elle contribue justement à repousser la voiture en dehors de ces zones en accélérant la multimodalité quotidienne. Il y a peu de temps, on prenait sa voiture, le bus ou le métro pour aller travailler, et on n’envisageait pas de changer de mode en cours de route. Aujourd’hui, il est de plus en plus courant de combiner : la voiture jusqu’à un parking périurbain, puis une trottinette – voire un mix transport en commun/trottinette – pour le dernier kilomètre. L’offre de mobilités douces, partagées et agiles permet ainsi de s’adapter beaucoup plus facilement. Et comme les publics sont de plus en plus sensibles à la question environnementale, il y a aujourd’hui une prise de conscience qui amène une véritable opportunité de repenser nos mobilités et nos villes pour donner sa place à chacun et réduire considérablement la pollution. »

    Et pour en savoir plus…

    Rendez-vous au Pavillon de l’Arsenal (Paris XIIe) pour assister à l’exposition Les Routes du futur, du 6 juin au 31 août 2019.

    L’Essentiel de l’article

    • Les nouvelles mobilités obligent à repenser l’aménagement urbain.
    • Il faut réfléchir à un rééquilibrage entre les différents modes de transport.
    • L’abaissement de la vitesse est souhaitable pour apaiser le trafic.
    • Les nouvelles mobilités contribuent à réduire la pollution en ville.

    (1) Sondage Odoxa/Eurofil, « Les Français et les nouveaux véhicules électriques individuels », 2018
    (2) Insee, « Partir de bon matin, à bicyclette… », 2017