Catégorie : Consommer responsable

  • Comment survivre 1 an sans rien acheter de neuf ?

    Comment survivre 1 an sans rien acheter de neuf ?

    1 Rien de neuf pendant 1 an, d’où vous est venue l’idée ?

    Ludivine. « On a entendu parler à la radio de ce défi lancé par l’association Zero Waste France. On a décidé de se lancer parce que nous cherchions à avoir un mode de vie plus cohérent avec nos préoccupations écologistes. »

    2 Peut-on vraiment vivre sans rien acheter de neuf ?

    Jérémy. « Évidemment, ce défi ne s’applique pas à tout ce qui est alimentaire ou aux produits d’hygiène et d’entretien. Nous avons concentré nos efforts sur les vêtements, le mobilier et les équipements électroniques ou électroménagers. »

    3 Comment avez-vous relevé ce défi ?

    Jérémy. « On a surtout appris à réparer les objets plutôt que les jeter. C’était nouveau pour nous ! On a, par exemple, prolongé la durée de vie d’un smartphone en l’apportant dans un « repair café » près de chez nous, à Niort (79). »

    Ludivine. « Le secret, c’est d’utiliser tous les moyens disponibles : les boutiques solidaires, Emmaüs, les recycleries et ressourceries, les applis de vente en ligne, le prêt d’objets par des amis… Nous-mêmes, nous donnons beaucoup pour alimenter ces circuits alternatifs. »

    Comment survivre 1 an sans rien acheter de neuf ?

     

    ENVIE DE CONSOMMER MOINS TOUT EN PRÉSERVANT NOTRE ENVIRONNEMENT ?

    Relevez le défi sur Diffuz !

    4 Avez-vous rencontré des difficultés ?

    Jérémy. « Anticiper nos besoins. Je pense notamment aux changements de saison pour les vêtements, en particulier pour notre fils de 3 ans. Exit les collections printemps-été, automne-hiver, il faut penser à plus long terme, par exemple ne pas hésiter à acheter des pièces pour l’année suivante si l’on tombe sur de bonnes occasions. »

    5 Vraiment aucun craquage pendant 1 an ?

    Ludivine. « Presque pas ! Une fois pendant des vacances, à cause d’une météo pourrie. Il a fallu s’équiper en vêtements chauds en urgence, donc neufs. La deuxième fois, c’est quand on a adopté un chat qui est arrivé plus tôt que prévu, on a dû acheter la litière… Depuis, nous faisons sa litière maison avec de la sciure de bois. »

    6 Vous avez dû faire de belles économies, non ?

    Ludivine. « Nous n’avons pas vraiment fait le calcul mais les plus grosses économies ont probablement été sur les vêtements. Nous avons surtout cherché à dépenser mieux : acheter de la meilleure qualité et plus écoresponsable. »

    Jérémy. « Notre but n’était pas de consommer moins, mais de consommer mieux. Et en fait, on se rend compte que quand on n’achète rien de neuf, on achète souvent moins. Une fois sur deux, on trouve une solution sans rien payer du tout ! »

    7 Rien acheter, est-ce être en marge de la société ?

    Jérémy. « Non, au contraire ! Notre entourage a bien accueilli la démarche, les gens étaient curieux. C’était intéressant de pouvoir discuter de cette démarche entre amis, en famille, sur les réseaux sociaux… On a même eu une petite couverture dans la presse locale. »

    Ludivine. « Au bout d’un an d’expérience, on s’est rendu compte que l’achat neuf n’est pas forcément mauvais en soi. Aujourd’hui, on a recommencé à acheter du neuf, mais beaucoup moins et mieux. Par exemple, on a cherché longtemps des Thermos d’occasion en inox, sans en trouver. Plutôt que d’acheter des gourdes en plastique, même d’occasion, on a préféré acheter neuf, mais de bonne qualité et recyclable ! Le message qu’on veut faire passer, c’est qu’on peut réduire considérablement son empreinte carbone en jouant ne serait-ce que sur ses achats de vêtements et sur l’électronique, deux industries extrêmement polluantes. De petites actions qui font pourtant une grosse différence ! »

    L’Essentiel de l’article

    • Ludivine et Jérémy ont passé 1 an sans rien acheter de neuf.
    • Ils ont opté pour des achats d’occasion.
    • Ils ont fait réparer les objets électroniques.
    • Aujourd’hui, ils ont modifié de façon durable leur mode de consommation.
  • Pourquoi et comment manger de saison ?

    Pourquoi et comment manger de saison ?

    Déjà, que signifie manger de saison ?

    Un produit de saison est un « aliment que l’on consomme quand il arrive naturellement à maturité dans sa zone de production »1. Un fruit ou légume dit « de saison » respecte donc le cycle naturel de sa croissance sans que celui-ci soit accéléré par l’homme. Manger de saison, c’est donc manger des aliments produits dans leur environnement naturel, mais aussi selon leur cycle naturel. Exemple : Les tomates en été, en pleine terre et en plein soleil, car nos petites tomates adorent ça !

    Pourquoi recommande-t-on de manger davantage de saison ?

    Manger des fruits et légumes de saison au quotidien a plusieurs avantages :

    1. C’est meilleur pour la santé : les aliments de saison sont cultivés dans leurs conditions optimales, ce qui les rend plus riches en nutriments, et donc plus nutritifs.

    2. Les fruits et légumes de saison répondent à nos besoins : Vous constaterez, par exemple, que les fruits et légumes d’hiver sont souvent sources de glucides qui apportent de l’énergie pour nous réchauffer (pommes de terre, patates douces …). Quant aux fruits d’hiver, ils sont généralement plus riches en vitamine C pour stimuler nos défenses immunitaires très sollicitées à cette période (kiwi, oranges…). À l’inverse, les fruits et légumes d’été sont naturellement riches en eau, pour pallier le risque de déshydratation lié à la hausse de la température (melon, pastèque, tomates, courgettes…). La nature est bien faite !

    3. C’est bon pour la planète ! Consommer des fruits et légumes de saison permet de privilégier les productions locales, de réduire les temps de transports et donc la pollution et les émissions de gaz à effet de serre.

    4. Manger de saison, ça a plus de goût ! Les fruits et légumes de saison sont plus savoureux que les autres, car ils sont cueillis à maturité. Par exemple : les fruits et légumes d’été (comme la tomate) ont besoin de suffisamment de soleil pour mûrir. Les cultiver en hiver avec un taux d’ensoleillement moindre et des températures moins chaudes les rend moins savoureux et moins nutritifs.

    5. C’est moins cher ! En effet, les fruits et légumes de saison sont plus faciles à produire lorsqu’ils ne nécessitent pas d’interventions humaines artificielles, et ont ainsi tendance à être moins chers.

    Maintenant que vous avez compris l’importance de manger de saison pour notre santé et pour la planète, une question se pose : comment manger de saison ? Comment s’y prendre quand on est débutant ? Voici quelques astuces simples à mettre en place.

    5 conseils de base pour manger de saison

    #1 Se procurer un calendrier des fruits et légumes de saison

    LA Règle de base pour apprendre à manger de saison, c’est… connaître les saisons des différents aliments. Bien évidemment ! Un grand nombre de sites internet proposent des listes ou des calendriers téléchargeables des fruits et légumes de saison. Procurez-vous-en un, imprimez-le et emportez-le avec vous lors de vos courses. – ou encore mieux téléchargez-le sur votre téléphone pour ne pas utiliser de papier !

    #2 Privilégier au maximum les aliments présents sur la liste des fruits et légumes de saison

    Une fois en magasin, faites vos choix selon la liste des fruits et légumes de saison du mois en cours. Privilégiez autant que possible les aliments qui y figurent. Pas de panique, au début il est normal d’être perdu sans son calendrier de poche, mais au fil du temps, vous apprendrez à connaître les saisons des différents aliments.

    #3 Méfiez-vous des aliments exotiques

    Les fruits et légumes exotiques (tels que la banane, la mangue, l’avocat…) sont aujourd’hui disponibles sur tous les étalages, à tel point que leur présence s’est banalisée. Pourtant ils ne sont pas de saison « chez nous » : ces aliments viennent de loin et ont un impact environnemental important. Limitez leur consommation en les gardant pour une consommation occasionnelle : une fois de temps en temps, pour le plaisir !

    #4 Et si j’ai une envie d’aliment hors-saison ?

    Que faire si j’ai envie d’un produit hors saison ? Faut-il les bannir à tout prix ? Plutôt que d’encourager l’achat de fruits et légumes FRAIS qui ne sont pas de saison, deux alternatives existent : les conserves et les surgelés. En effet, la conservation en bocaux ou en conserves sont deux moyens permettant de profiter des aliments en dehors des saisons et ayant un impact environnemental limité.

    a. j’opte pour les fruits et légumes en conserves

    Les conserves sont un excellent moyen pour utiliser les excédents d’aliments de saison afin de les consommer hors saison. C’est d’ailleurs ce que faisaient nos grands-parents pour diversifier leur alimentation en hiver, où le nombre d’aliments de saison était réduit. Vous pouvez choisir de faire vos propres conserves ou bien d’acheter ceux en magasins, à condition de bien vérifier les teneurs en sel (parfois très élevées dans les conserves industrielles).

    b. j’opte pour les fruits et légumes surgelés

    La congélation est une autre très bonne alternative lorsqu’on a envie de consommer un aliment hors saison. Lorsque les aliments sont congelés juste après la cueillette, les vitamines et minéraux sont parfaitement préservés. Un conseil néanmoins : privilégiez les fruits et légumes surgelés natures (et non ceux « déjà cuisinés » qui sont souvent riches en matières grasses de par l’ajout de sauces).

    #5 Faire ses courses auprès des producteurs locaux

    « Manger local » va logiquement de pair avec « manger de saison ». En effet, en mangeant “local”, on a plus de chances de manger de saison. On évite de faire venir des bananes ou des noix de coco du bout du monde et on se tourne davantage vers nos fruits et légumes à nous, ce qui est doublement bénéfique pour nous et pour l’environnement. Pour manger local, plusieurs choix s’offrent à nous :

    a. acheter ses fruits et légumes directement auprès des producteurs locaux

    ● Au marché

    Faire ses courses au marché est ce qu’il y a de plus évident lorsqu’on souhaite manger de saison. En effet, en France les marchés locaux sont de véritables institutions, avec plus de 10 000 référencés sur notre territoire ! Attention tout de même, la qualité des fruits et légumes peut être très variable d’un commerçant à l’autre. Renseignez-vous bien sur la provenance des aliments. Pour trouver le marché le plus proche de chez vous, consultez l’annuaire des marchés de France ici.

    ● Dans les AMAP

    Connaissez-vous les AMAP ? Une AMAP signifie “Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne”. Le principe est simple : il permet de recevoir un panier de fruits et légumes (et/ou de viande, oeufs, fromage, pain) toutes les semaines directement chez soi ou dans un point relais. Le producteur s’engage à livrer des produits frais et de qualité (et la plupart du temps bio) à un prix fixé de manière équitable. Le consommateur s’engage, lui, à prendre les paniers sur une période donnée. Cliquez ici pour découvrir l’AMAP le plus proche de chez vous.

    ● Dans les fermes cueillettes

    Autre façon de consommer local : les fermes cueillettes. Le concept ? Aller cueillir soi-même les fruits et les légumes que l’on désire acheter ! Que ce soit en famille, entre amis ou en amoureux, les fermes cueillettes nous donnent la possibilité de passer un bon moment, de découvrir comment poussent nos fruits et légumes préférés… et de faire remplir le « frigo » pour la semaine ! 

    ● Les paniers garnis

    Il existe de nombreuses autres initiatives favorisant la mise en relation des consommateurs avec les producteurs. Citons notamment une des plus connues : les paniers garnis. Le principe : récupérer un panier de produits locaux et de saison (fruits, légumes, produits laitiers, oeufs…) créés par une organisation de producteurs. De quoi tester de nouvelles recettes ! Le concept est le même que celui des AMAP, à la différence que ces groupes possèdent un but lucratif, tandis que les AMAP sont des associations de loi 1901 gérées par des bénévoles. Autre différence : l’engagement des AMAP est plus important, avec un engagement associatif demandé aux membres ou encore l’avancement du prix des paniers en début d’année. 

    b. le cas des supermarchés

    Il est également tout à fait possible de manger local en s’approvisionnant au supermarché, il suffit de scruter attentivement la provenance des aliments. Heureusement, c’est une mention obligatoire en magasin !

    Et vous, quelles sont vos astuces pour manger davantage de saison ?

    Et vous, quelles sont vos astuces pour manger davantage de saison ? Défi lancé à la blogueuse Les Tribulations d’Anaïs qui vous emmène faire le marché et vous propose de délicieuses recettes !

    (1) « Produit de saison : définition », www.etiktable.fr

    (2) « Les bienfaits de l’alimentation de saison », www.docteurbonnebouffe.com

  • 5 conseils pour consommer du poisson de manière responsable

    5 conseils pour consommer du poisson de manière responsable

    1 Respectez les saisons

    Comme pour les fruits et les légumes, il existe des saisons pour le poisson. Par exemple, l’anchois est à privilégier entre août et novembre, le hareng d’octobre à décembre, le bar d’avril à août. Consommer des poissons adultes, qui ont eu le temps de se reproduire, c’est gage de qualité et c’est participer au repeuplement des océans. Demandez conseil à votre poissonnier. Des associations de protection de la nature publient aussi des tableaux de saisonnalité. En plus de diversifier son assiette et de faire de belles découvertes gustatives, le fait de varier sa consommation des produits de la mer permet d’atténuer la pression exercée sur certaines espèces. WWF (World Wide Fund) a mis en ligne un conso-guide pour aider les consommateurs de poisson à diversifier leurs assiettes.

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    2 Préservez les espèces menacées

    Il est par ailleurs important de ne pas acheter de poissons en voie de disparition. Le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature a publié une liste rouge des espèces menacées dans l’Hexagone (2). Ainsi, les requins et les raies de France métropolitaine le sont par une pêche non durable. Le bar sauvage, la lotte ou encore le cabillaud, toujours très présents dans les rayons surgelés des supermarchés, sur les étals de poissonniers et largement servis dans les restaurants, sont pourtant des espèces en voie d’extinction. Quant à la situation des poissons d’eau douce : plus d’une espèce sur cinq est menacée. Parmi les poissons d’eau douce à éviter se trouvent par exemple le saumon de l’Atlantique, l’anguille, l’esturgeon ou le brochet.

    Bon à savoir

    À l’échelle européenne, en moyenne, 20 kg de poisson sont consommés par personne chaque année, soit près du double d’il y a cinquante ans (3). Selon WWF, la surpêche videra les océans d’ici 2050. Dans son rapport de 2017 (4), l’ONG décrypte les conditions à réunir pour mettre en place une offre durable de poisson, comme limiter sa consommation en revenant à environ 12 kg par an et par tête. Ce chiffre correspond approximativement à la quantité moyenne actuellement recommandée par l’OMS et par un grand nombre de pays.

    3 Privilégiez des produits labellisés

    Artysanal®, l’écolabel français Pêche Durable, MSC (Marine Stewardship Council), etc. Différents écolabels garantissent un impact faible de la production ou de la composition d’un produit de la mer sur l’environnement. Dans le domaine des produits de la mer, on distingue les écolabels destinés aux poissons sauvages et ceux destinés aux poissons d’élevage. Ainsi, vous pourrez reconnaître ces labels grâce à leur logos.

    Les écolabels pour les produits de la mer issus de la pêche

    5 conseils pour consommer du poisson de manière responsable

    Les écolabels pour les produits de la mer issus de l’aquaculture

    5 conseils pour consommer du poisson de manière responsable

     

    8 consommateurs sur 10

    « reconnaissent que la sauvegarde des océans passe par une consommation de produits de la mer durables ».*

    4 Poisson d’élevage ou poisson sauvage ?

    S’il convient d’alterner les deux, il est préférable d’opter pour des poissons qui proviennent d’une source responsable, à savoir de la pêche ou de l’aquaculture durable labellisée. Dans la mesure du possible, privilégiez les espèces issues d’élevages respectueux de l’environnement qui sont certifiés bios : au moins, les farines sont certifiées et les végétaux garantis sans OGM et sans produits chimiques. Un poisson sauvage ne peut être certifié bio car il n’est pas possible de contrôler ce qu’il a mangé ni la qualité de l’eau dans laquelle il a vécu. Vérifiez donc qu’il porte bien la mention d’un écolabel responsable (MSC, Artysanal®, Pêche Durable).

    5 Consommez local

    Privilégiez le poisson local, débarqué de ports français ou bien issu de l’aquaculture française, dont le transport et la conservation ont nécessité moins de dépenses d’énergie et un impact environnemental faible. Arrivé plus rapidement, il sera aussi plus frais. Cela permet également de soutenir la filière de la pêche artisanale, d’identifier l’origine et la traçabilité du poisson. Il convient de consulter sur l’étiquette la région de provenance, ou de demander à son poissonnier. Le label « Pavillon France  » assure que le poisson a été pêché dans l’Hexagone.
     

    5 conseils pour consommer du poisson de manière responsable

     

    La Macif s’engage en faveur de la protection des océans !

    Rendez-vous au Muséum national d’histoire naturelle
    du 3 avril 2019 au 5 janvier 2020 pour découvrir l’exposition
    « Océan, une plongée insolite », dont la Macif est le mécène exclusif.

    L’Essentiel de l’article

    • Privilégiez des produits de la mer labellisés.
    • Consommez de saison pour préserver les ressources et la reproduction.
    • Protégez les espèces marines en voie de disparition.

    * Marine Stewardship Council, « Consommer du poisson sauvage, mais pas à n’importe quelle condition ! »
    (1) ANSES, « Manger du poisson : pourquoi ? comment ? », 2019.
    (2) Union internationale pour la conservation de la nature.
    (3) FAO, « La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture », 2016.
    (4) WWF, « Nourrir l’humanité à l’horizon 2050 », 2017.

  • Consommation responsable de poissons : les bonnes pratiques du chef Gaël Orieux

    Consommation responsable de poissons : les bonnes pratiques du chef Gaël Orieux

    1 La consommation de poissons en France

    Près de 34,2 kg de produits de pêche et d’aquaculture : c’est ce que consomme chaque Français par an, alors que la moyenne mondiale est de 20,2 kg (1). La France est l’un des deux plus grands marchés européens de produits aquatiques, avec l’Espagne. Une consommation en hausse depuis le début des années 1960, rythmée notamment par le calendrier des fêtes. Le thon ou le saumon sont largement plébiscités pour leur apport en oméga-3 protégeant des maladies cardio-vasculaires.

    Ainsi, de nombreux poissons séduisent, mais sont surconsommés. Malgré l’évolution de la réglementation qui a permis d’améliorer la situation de certaines espèces, il reste que pour d’autres, elle devient critique. En cause : la surpêche menée par des chalutiers industriels. Un dispositif dangereux pour la pérennité de la ressource, car il capture massivement de jeunes poissons, qui ne se sont pas encore reproduits. « Dans le monde, près d’un tiers des stocks de poissons commerciaux est à présent pêché à des niveaux biologiquement non viables », rapporte la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) dans son dernier rapport (1).

    Des espèces marines en voie de disparition

    Avec l’amélioration des techniques et la pêche excessive, l’homme a bouleversé la biodiversité marine et la structure des habitats. Et malgré des alertes répétées, la pêche industrielle continue d’assécher les océans. Faute de changement, les pires scénarii prévoient une disparition de certaines espèces à l’horizon 2035. Or une pêche ne peut être durable que si des mesures sérieuses, comme les quotas, sont appliquées pour préserver les ressources de poisson et donc la biodiversité marine. D’après la FAO (l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), la plupart des stocks de poissons continueront de faire l’objet d’une pêche maximale dans les limites de la durabilité, voire d’une surpêche, pendant au moins les dix prochaines années. L’aquaculture pourrait alors combler l’écart grandissant entre l’offre et la demande croissante.

    90,9 millions

    de tonnes de poissons ont été pêchées en 2016. (2)

    2 « La mer n’est pas un marché en libre-service »

    Pour Gaël Orieux, chef étoilé français, les restaurateurs et les poissonniers ont un rôle à jouer auprès du consommateur. Le chef du restaurant Auguste à Paris assume le sien au quotidien en sensibilisant sa clientèle à une consommation écoresponsable.

    « Ni la mer ni la terre ne sont un marché en libre-service », rappelle-t-il.

    L’ardent défenseur des milieux sous-marins a adopté une démarche écologique pour faire évoluer les habitudes de consommation.

    « Il s’agit de ne pas mettre de pression toujours sur la même espèce : par exemple, je ne cuisine pas de bar tous les jours, indique-t-il. J’essaie de me diversifier. Il y a encore dix ans, sur les cartes des restaurants, il y avait toujours la sole, le saumon, le cabillaud, le turbot, le bar. Dans une certaine mesure, c’est nous, restaurateurs, qui sommes en faute parce que l’on a trop mis la pression sur certaines espèces en achetant toujours les mêmes. On a un rôle d’éducateur : souvent les gens achètent les poissons qu’ils ont consommés au restaurant. Comme on servait du cabillaud et du saumon, les clients allaient ensuite acheter ces produits chez leur poissonnier. Maintenant que l’on propose diverses espèces, cela leur permet de découvrir d’autres poissons. »

    Le consommateur doit être curieux, poser des questions à son poissonnier, diversifier ses achats pour ne pas mettre de pression sur certaines espèces.

    3 Deux ou trois poissons à la carte

    Cela implique pour les restaurateurs d’être beaucoup plus flexibles.

    « Sur ma carte, je n’ai que deux ou trois poissons. Et en fonction des saisons, je rajoute des poissons en suggestion. Cela suffit pour les clients. Aujourd’hui, ils préfèrent quand on est sur une pêche du jour. Sur ma carte, il peut y avoir à la fois du merlan, du chinchard, de la cardine, des poissons méconnus, mais aussi du saumon, du turbot, etc. », poursuit Gaël Orieux.

    Autre geste pour la mer : le chef ne cuisine qu’en fonction de la saison et de l’abondance.

    « Je ne boycotte rien. Le principal pour moi, c’est de savoir d’où provient le poisson, qu’il a été pêché à la bonne taille et dans une zone abondante.»

    4 Une des solutions face à la surpêche : consommer de saison !

    Les ONG de protection de la nature publient des listes des espèces menacées ou celles à consommer avec modération. À chaque saison, le programme européen M. Goodfish (3) publie sur son site une liste de poissons et de fruits de mer à privilégier en s’appuyant sur l’état de la ressource, la taille, le statut de l’espèce, les saisons de recommandation situées en dehors du ou des pics de reproduction.

    « Quand j’ai ouvert mon restaurant en 2005, on commençait à entendre dire qu’il y avait moins d’anchois, moins de thon. On nous disait toujours ce qu’il manquait, ce qu’il ne fallait pas cuisiner, mais jamais ce qu’il y avait d’abondant. Aussi, je me suis intéressé à la démarche inverse en considérant la pêche comme de la cueillette », explique Gaël Orieux.

    Depuis, le chef est l’un des parrains du projet M. Goodfish.

    « Il permet notamment de connaître sur une période de trois mois, la cartographie des espèces les plus abondantes sur les côtes italiennes, françaises et espagnoles. Cela nous permet de mieux cibler nos achats, selon les espèces et la taille, sur une zone donnée. Les informations sont régulièrement mises à jour, notamment avec les changements climatiques et les saisons qui arrivent un peu en avance ou en retard. »

    Par ailleurs, l’étiquetage des poissons permet de guider l’achat éclairé.

    Il y a des saisons de pêche : par exemple, le homard, considéré comme un produit festif, ne doit pas être consommé sur les périodes de novembre, décembre, mais quand la météo se réchauffe.

    L’Essentiel de l’article

    • Les Français sont de gros consommateurs de poissons.
    • Pour éviter l’extinction de certaines espèces : diversifiez vos achats et mangez de saison.
    • Des écolabels vous permettent de consommer responsable.

    (1) FAO, « La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture », 2016.
    (2) FAO, « La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture », 2018.
    (3) Mr. Goodfish a été initié par trois aquariums parmi les plus importants d’Europe : Acquario di Genova en Italie, Aquarium Finisterrae en Espagne et Nausicaá Centre national de la mer en France. Ces trois établissements font partie d’une association internationale – le Réseau Océan Mondial – constitué de 250 organisations de types associations éducatives, aquariums, centres de science, musées d’Histoire naturelle, zoos, ONG, etc., et ce dans plus de 60 pays.

  • Comment se mettre aux cosmétiques responsables ?

    Comment se mettre aux cosmétiques responsables ?

    1 Privilégiez les produits cosmétiques éco-responsables

    « Si la réglementation cosmétique est exigeante sur le plan sanitaire, elle autorise toutefois des substances transformées ou d’origine pétrochimique sur lesquels on n’a pas de recul, met en garde Anne Lafourcade. Avec l’objectif de favoriser une chimie verte, les labels bio et éco-responsables sont venus compléter cette réglementation qui avait ses failles. »

    Ecocert, Cosmebio, Nature et Progrès, Natrue… Il existe une myriade de labels éco-responsables. Chacun possédant ses propres critères. Heureusement les cinq principaux labels européens (BDIH-Allemagne, Cosmebio-France, ECOCERT Greenlife SAS-France, ICEA Italie et Soil Association-Grande Bretagne) se sont regroupés sous une même appellation baptisée Cosmos (Cosmetic Organic Standard). Tous ont en commun de privilégier des ingrédients naturels ou végétaux issus de l’agriculture biologique.

    Comment se mettre aux cosmétiques responsables ?

    « Toutefois, la présence d’un label ne garantit pas un produit 100 % bio ou 100 % naturel, mentionne Anne Lafourcade. De nombreux produits cosmétiques sont composés en majorité d’eau. Or ce n’est pas un produit issu de l’agriculture. L’intérêt d’acheter un produit labellisé bio est de limiter toutes les substances allergènes, irritantes ou controversées comme les conservateurs ou les parabènes. En cosmétique conventionnelle, c’est à peu près 80 molécules conservatrices autorisées, alors qu’en bio, elles sont seulement quatre ou cinq. »

    Comme pour l’alimentation, la certification Nature et Progrès est la plus exigeante puisqu’elle interdit tout ingrédient de synthèse et n’autorise que des ingrédients 100 % issus de l’agriculture biologique.

    Un produit cosmétique bio contient parfois une forte proportion d’huiles essentielles. Si elles sont naturelles et pleines de vertus, elles peuvent être aussi allergènes pour certaines personnes.

    2 Optez pour des produits cosmétiques éco-solidaires

    De plus en plus de marques de cosmétiques ne se contentent plus seulement d’être bio : elles sont aussi éco-solidaires. La certification Nature et Progrès dispose d’un volet social et solidaire inscrit à son cahier des charges : échanges équitables, financement social et éthique, activités à taille humaine, circuits courts ou encore maîtrise de la mécanisation. Précurseur dans le secteur des cosmétiques écologiques et biologiques, le groupe Ecocert s’intéresse lui depuis 2005 au commerce équitable avec la création d’un programme de certification Fair For Life. Autre acteur dans le paysage du commerce équitable : Biopartenaire qui labellise des marques en cosmétiques.

    Comment se mettre aux cosmétiques responsables ?

     

    3 Regardez la composition sur l’étiquette

    Scrutez la liste des composants sur l’étiquette. Plus celle-ci est courte, mieux c’est !

    Seul problème, les ingrédients de synthèse souvent issus de la pétrochimie, portent parfois des noms un peu obscurs. Des applications peuvent vous aider à trouver des produits cosmétiques plus sains. Avec Yuka par exemple, il suffit de scanner le code-barres pour savoir si le produit que vous comptez acheter est recommandable ou pas.

    Le saviez-vous ?

    Les ingrédients sur l’étiquette sont listés suivant leur importance dans la composition du produit cosmétique. Le premier cité est celui qui est présent en plus grande quantité, et le dernier en moindre quantité.

    4 Adoptez la slow cosmétique

    Pour en finir avec les substances pétrochimiques, les conservateurs ou les perturbateurs endocriniens, il existe la slow cosmétique. Initié par Julien Kaibeck, ce mouvement invite à ne consommer que des produits dont la formule est propre et le marketing raisonnable, catégorie dans laquelle rentre le maquillage bio. À la manière du Guide Michelin qui attribue des étoiles aux restaurants qu’il juge les meilleurs, l’association Slow Cosmétique remet chaque année une mention aux marques de cosmétiques qui privilégient les ingrédients naturels et biologiques et des procédés écologiques. Chaque marque est récompensée d’une, deux ou trois étoiles en fonction de son adéquation avec la charte. Ce mouvement milite aussi pour une cosmétique plus sensée.

    « La solution est peut-être de revenir à des basiques utilisés depuis des générations comme l’huile d’amande douce ou le savon de Marseille. Les huiles comestibles comme l’huile d’olive ou de coco s’avèrent être aussi des démaquillants ou des émollients très efficaces », constate Anne Lafourcade.

    Pour celles et ceux qui seraient tentés par réaliser leur cosmétique maison, « privilégiez les recettes les plus simples avec pas ou peu d’huiles essentielles qui peuvent provoquer des allergies et si possible sans eau pour éviter les problèmes de conservation », recommande toutefois Anne Lafourcade.

    Bon à savoir

    Depuis 2013, une réglementation européenne interdit les tests sur les animaux pour les produits cosmétiques. Cependant, la plupart des composants comme les parfums, conservateurs, solvants, filtres solaires également utilisés en pharmacie ou dans l’agro-alimentaire, peuvent avoir été testés sur des animaux dans un cadre juridique différent de celui des cosmétiques.*

    L’Essentiel de l’article

    • Déchiffrez les étiquettes des produits cosmétiques grâce aux applications.
    • Des produits cosmétiques sont aujourd’hui labellisés éco-solidaires. Les labels bio visent à garantir la qualité naturelle et/ou végétale d’un ou plusieurs ingrédients d’un produit cosmétique.

    * Parlement européen, « Produits cosmétiques testés sur des animaux : vers une interdiction mondiale ! », 2018

  • AMAP en Alsace, un lieu dédié à l’alimentation bio et locale

    AMAP en Alsace, un lieu dédié à l’alimentation bio et locale

    1 En 2008, vous avez mis en place l’un des premiers réseaux d’AMAP en alsace : pourquoi souhaitez-vous vous diversifier ?

    Lionel L’Haridon : L’idée de ce projet a germé petit à petit, lorsque nous avons commencé à être confrontés aux limites du réseau d’AMAP instauré par Rhenamap en 2008. Nous avons aujourd’hui atteint un seuil de développement où nous nous retrouvons limités par plusieurs facteurs comme le manque de souplesse du système « amapien » classique. Par exemple, la taille des paniers n’est pas adaptée à tout le monde (trop petits ou trop grands), et les besoins de nombreuses familles évoluent d’une semaine à l’autre, notamment pour ceux qui ont des enfants en garde alternée ou encore les retraités qui sont absents une partie de l’année. Il y a aussi la concurrence des formules de paniers pas forcément bios ni locaux, mais qui captent quand même une partie de la clientèle. Nous avons donc réfléchi à élargir notre offre pour mieux nous adapter à la « vraie vie » des gens, ainsi qu’augmenter la base de consommateurs pour soutenir plus efficacement les acteurs de l’agriculture paysanne locale.

    85%

    des Français sont intéressés par les produits bios et locaux.*

    2 Comment vous est venue l’idée d’un tiers-lieu multifonction ?

    Lionel L’Haridon : On a donc d’abord réfléchi à la mise en place d’une plateforme logistique pour gagner en souplesse dans la constitution des paniers et la distribution, ce qui impliquait de louer ou d’acquérir un bâtiment. Or payer un local n’est pas anodin, nous avons donc très vite pensé à faire entrer de nouveaux partenaires pour créer de nouveaux débouchés. Des particuliers bien sûr, mais aussi une nouvelle clientèle d’entreprise via les CE. À partir de là, les idées se sont enchaînées au fil des rencontres. Nous avons alors décidé de créer une entreprise dans le secteur de l’ESS (économie sociale et solidaire) qui proposerait un service de paniers, mais aussi une boutique, une cuisine pédagogique, un atelier de transformation, des espaces de restauration, une cuisine pédagogique… Tout cela, approvisionné en bio et en local, qui reste le cœur du concept.

    3 Les circuits courts et le bio restent donc au cœur du projet ?

    Lionel L’Haridon : Tout à fait ! Ce lieu permet de démontrer qu’il est possible d’accompagner le changement d’échelle des circuits courts : toucher plus de monde, une clientèle autre que les particuliers comme les professionnels de la restauration, les entreprises, etc. C’est en effet une façon de valoriser l’agriculture locale, ce qui est un sujet de société crucial : il faut savoir que dans cinq à dix ans, la moitié des exploitants agricoles seront à la retraite. Or le développement d’une agriculture vivrière variée comme le maraîchage est beaucoup plus intéressant sur le plan environnemental et social que la monoculture céréalière par exemple, car elle pollue moins et génère plus d’emplois. Son avenir dépend donc de sa capacité à attirer une nouvelle génération d’exploitants et encourager la transition chez les paysans déjà installés. Pour cela, quoi de mieux que de faire la démonstration de la viabilité des circuits courts et du bio ? En 2018, grâce à l’aide de nos partenaires dont la Fondation d’entreprise du groupe Macif, nous avons ainsi réussi à faire labelliser le sud Alsace « Projet alimentaire territorial », un label du ministère de l’Agriculture. Il atteste que le territoire s’organise sur la problématique de l’alimentation durable et travaille à coordonner toutes les parties prenantes (citoyens, recherche, entreprises, pouvoirs publics, agriculteurs, distributeurs, etc.) pour œuvrer dans ce sens. C’est une étape très importante car cela nous place sur la carte des projets à soutenir par les collectivités locales.

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du groupe Macif soutient des AMAP. Renseignez-vous !

    4 Tous les partenaires présents dans le tiers-lieu seront donc des ambassadeurs de cette philosophie ?

    Lionel L’Haridon : Complètement ! En plus des paniers en livraison et en drive, tout sera pensé pour promouvoir cette filière bio locale, mais aussi, chaque fois que possible, pour soutenir l’emploi et l’insertion des jeunes et encourager une alimentation de qualité et équilibrée. Nous avons ainsi parmi nos partenaires la légumerie Terra Alter Est, qui sera en charge de la partie transformation de légumes (nettoyage, épluchage, découpe, mise sous vide) acheté via notre future centrale logistique. Les salariés sont des personnes en insertion, ce qui est pleinement avec la dimension solidaire du projet. Idem pour le restaurant : l’idée est de faire travailler un chef qui pourra exprimer sa créativité à travers les produits de la plateforme et faire la démonstration que le bio, de saison et local est viable en restauration. Il y aura aussi une cuisine centrale, de type cuisine de collectivités, pour la vente à emporter, qui nous permettra de pousser toujours plus loin cette logique de promotion des circuits courts. Et pour éviter tout gaspillage, l’atelier de transformation de soupes et de conserves vendues sous la marque du magasin utilisera les invendus de la centrale.

    Nous avons aussi prévu un « fablab culinaire », soit un incubateur de projets liés à l’alimentation. Il sera ouvert aux professionnels souhaitant tester de nouveaux produits, comme aux particuliers qui veulent tester une idée avant de lancer leur propre activité. Le fablab aura donc pour vocation lui aussi de montrer la viabilité des circuits courts en milieu pro. Toutes ces structures proposeront d’ailleurs des programmes de formation pour les représentants des restaurants d’entreprises, des écoles et des restaurateurs traditionnels.

    90 %

    des maraîchers bios commercialisent tout ou partie de leur production en circuit court (contre moins de la moitié en maraîchage conventionnel).**

    5 Ce sera donc aussi un lieu de rencontre où se croiseront particuliers et professionnels de toutes générations ?

    Lionel L’Haridon : Oui, c’est notre souhait : en plus des paniers, de la restauration et de la boutique, la cuisine pédagogique sera, par exemple, ouverte aux particuliers qui souhaitent apprendre à cuisiner les produits frais. Il y a un vrai besoin ! Beaucoup de gens ne cuisinent pas parce qu’ils ne savent pas, mais aussi parce qu’ils pensent que ça prend beaucoup de temps alors que ça peut être très simple et rapide. C’est donc important de pouvoir le démontrer en mettant en application des recettes basiques. Nous envisageons aussi que la cuisine soit utilisée en partenariat avec le réseau Nutrition Santé de la ville auprès des jeunes en situation d’obésité ou de diabète. Pour les plus petits, nous avons créé un partenariat avec un réseau de crèches parentales, qui va ouvrir une structure dans notre bâtiment où 10 % des places seront réservées aux familles précaires. Et, bien sûr, les repas pour les enfants seront préparés sur place, avec nos produits frais !

    6 Pourquoi avoir choisi une ancienne usine pour implanter un projet axé autour du bio ?

    Lionel L’Haridon : Nous savions que nous ne voulions pas d’un bâtiment commercial comme ceux qu’on trouve dans les ZAC (zones d’aménagement concerté), ces grands entrepôts en tôle peu adaptés à notre projet. Nous sommes donc partis en quête d’un local auprès de la municipalité de Mulhouse, à qui nous avons présenté nos idées. Et la réponse a été très rapide : le choix s’est tout de suite arrêté sur ces superbes locaux des anciennes filatures DMC, emblématiques de la ville. Le site fait une dizaine d’hectares, à deux pas du centre-ville, c’est un emplacement incroyable. Le bâtiment que nous occuperons fait à lui seul 2 400 m2 ! Après de longues années de désaffection, c’est une friche industrielle exceptionnelle qui s’ouvre à nouveau au public et commence à revivre : le collectif d’artistes Motoco s’y est installé, un mur d’escalade va bientôt ouvrir (le plus haut de France !), un food court est prévu dans l’ancien bâtiment du réfectoire… Et le périmètre accueillera aussi des entreprises et des logements. Tout ça va ramener de la vie vers cette zone – donc une clientèle potentielle – ce qui représente une magnifique opportunité pour nous et pour la ville tout entière.

    AMAP en Alsace, un lieu dédié à l’alimentation bio et locale

     

    7 L’ouverture du tiers-lieu est prévue au printemps 2020. Comment vont se dérouler les choses d’ici là ?

    Lionel L’Haridon : La prochaine étape va être la levée de fonds. Elle aura lieu auprès de partenaires, mais aussi sous forme d’actionnariat solidaire auprès de particuliers : des parts de la future société ou des titres participatifs vont être proposés aux investisseurs qui en retireront, on l’espère, des dividendes, mais aussi la satisfaction d’avoir investi dans une entreprise de l’ESS qui œuvre pour le bien commun ! Et bien sûr, pour la mise en place des infrastructures et les premiers investissements, il y aura une part de financements publics au démarrage. En parallèle, les travaux vont démarrer pour remettre en état et aménager le bâtiment qui date de la fin du XIXe siècle. Il est typique de l’architecture industrielle de l’époque, avec beaucoup de cachet, de la brique, des verrières, de beaux poteaux en fonte… Comme il est plus ou moins à l’abandon depuis une dizaine d’années, il y a du boulot, mais c’est aussi une vraie démarche de réhabilitation d’un patrimoine historique. Toutes les activités seront organisées autour d’un espace central où elles seront visibles, un peu comme une place de village. C’est vraiment l’esprit que nous souhaitons donner à l’ensemble, toujours pour favoriser le lien et pour donner à voir une partie des nombreux métiers qu’il est possible d’exercer dans le domaine des circuits courts. À terme, l’idée est de mailler le territoire avec d’autres structures de ce type.

    L’Essentiel de l’article

    • À Mulhouse, un projet de tiers-lieu dédié à l’alimentation bio et locale verra le jour en 2020 dans une ancienne usine.
    • Il accueillera un service de livraison de paniers bios, une boutique, un atelier de transformation, des restaurants, un fablab, une crèche et une cuisine pédagogique.

    * Baromètre consommation Agence bio/CSA, 2018.
    ** Insee, 2017.

  • Saint-Michel-sur-Orge se mobilise contre le gaspillage alimentaire

    Saint-Michel-sur-Orge se mobilise contre le gaspillage alimentaire

    À moins de 30 kilomètres au sud de Paris, Saint-Michel-sur-Orge s’est engagée depuis 2014 dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Encouragées par l’équipe municipale et soutenues par des partenaires locaux et nationaux très impliqués, les actions s’enchaînent et se répondent les unes aux autres dans un cercle vertueux qui croît de jour en jour. À l’arrivée, moins de gaspillage bien sûr, mais aussi des espaces publics plus propres, un lien social renforcé et une ville tout entière mobilisée autour de la solidarité et de l’environnement.

    1 Des ateliers antigaspi au centre de la démarche

    « Nous avons débuté les actions contre le gaspillage alimentaire en 2014 », se souvient Muriel Mosnat, première adjointe aux Affaires sociales, Cohésion sociale, Seniors et Habitat de la commune de Saint-Michel-sur-Orge. « Tout a commencé par un partenariat avec l’épicerie sociale associative La Clairière que nous accompagnons depuis plusieurs années via des dons en nature, un support logistique, des moyens humains et des subventions. Il faut savoir que 5 % des habitants de Saint-Michel sont utilisateurs de cette épicerie, il y a donc un vrai besoin local. Or les bénévoles de l’épicerie nous ont assez rapidement fait remonter que les publics, par manque d’information et par habitude, jetaient beaucoup d’aliments encore consommables. »

    Parmi les causes identifiées, la méconnaissance du fonctionnement des dates de péremption (qu’est-ce qui peut ou ne peut pas être consommé après expiration de la date), et une mauvaise utilisation du réfrigérateur. Autre enjeu de taille, une consommation de fruits et légumes insuffisante à cause des prix souvent élevés, mais pas seulement…

    « Beaucoup ne savent pas cuisiner ou pensent que ça prend beaucoup de temps, alors que pas du tout ! », répond Muriel Mosnat. « On a donc décidé mettre en place des ateliers pratiques contre le gaspillage alimentaire, d’abord au CCAS * puis à l’épicerie solidaire. On y apprend à moins jeter en sachant comment consommer de façon sécurisée certains aliments passés de date (yaourts, lait, etc.), comment régler et ranger son réfrigérateur pour conserver plus longtemps les aliments, mais aussi comment cuisiner les fruits et légumes de façon ludique avec des recettes de soupes, de smoothies, de confitures, de conserves… »

    Ici, les maîtres-mots sont plaisir et convivialité ! Au sein d’une cuisine équipée, les participants trient, épluchent, découpent et cuisinent des denrées invendues fournies par la grande surface voisine, très impliquée dans les actions antigaspillage de la commune. Elles sont également récupérées à prix cassés en fin de marché, une autre façon de limiter le gâchis.

    « Ce sont ces fameux légumes ”moches” que la plupart des gens ne veulent pas, mais qui sont délicieux une fois cuisinés ! Les confitures concoctées pendant les ateliers sont ensuite revendues sur des stands dans la galerie marchande du supermarché ou sur certains événements municipaux comme la Fête de la Ville. Ça donne de la visibilité au CCAS et c’est très motivant pour tout le monde ! »

    10

    millions de tonnes de produits alimentaires sont jetées ou gaspillées chaque année en France. (2)

    2 L’écoresponsabilité, c’est l’affaire de tous !

    Et pour pousser la démarche à fond, on ne jette rien ! Les épluchures et restes des ateliers sont donnés au jardin partagé de la commune pour faire du compost.

    « En retour, nous participons à la transformation des fruits et légumes du jardin au moment des récoltes. Nous allons d’ailleurs mettre en place prochainement d’autres potagers dans les quartiers, que les habitants pourront utiliser. Cultiver son propre jardin, c’est redonner du sens et de la valeur à des choses simples. »

    C’est donc un véritable cercle vertueux qui est en train de se mettre en place : aujourd’hui à Saint-Michel, on jette moins, on récupère plus d’invendus et de surplus, on mange mieux et on participe au fonctionnement de l’agriculture urbaine locale.

    « Pour les publics précaires en particulier, c’est très valorisant : les participants sont ravis d’être acteurs de cette démarche éco-solidaire bénéfique à toute la communauté, c’est un excellent moyen de lutter contre le sentiment d’exclusion », analyse Muriel Mosnat. « Et comme ces ateliers sont ouverts à tous **, ils participent à créer du lien social entre les habitants des différents quartiers et de différentes origines socioculturelles qui ne se seraient peut-être jamais croisés autrement. Nous avons réussi ce pari d’ouvrir à tous les initiatives sociales. Il y a une énergie formidable ! »

    Autre cheval de bataille dans la lutte contre le gaspillage alimentaire : les cantines scolaires, dans lesquelles sont jetés 44 kg de nourriture en moyenne par service (1). La municipalité a ainsi décidé de réduire le nombre d’options au menu, et a mis en place des self-services : comme cela, les élèves choisissent ce qu’ils veulent manger, et il y a moins de pertes, tout simplement !

    « Pour « prêcher la bonne parole” auprès des élèves, nous avons aussi décidé d’impliquer le Conseil municipal des enfants, car les messages passent mieux s’ils sont délivrés par des jeunes. »

    Mais pour Muriel Mosnat, la plus grande victoire est la prise en main de la lutte antigaspi par les habitants de la ville. Suite aux ateliers, un collectif de citoyens s’est en effet formé pour mettre en place des actions de façon autonome. Grâce au soutien de la Fondation d’entreprise du groupe Macif, qui a offert une subvention de 4 200 €, les habitants ont pu acheter du matériel (mixeur, blender, saladier, planche à découper…) pour équiper une cuisine commune qui sert désormais à initier tous les volontaires aux secrets d’une bonne soupe, au zéro déchet, à la fabrication de produits d’entretien et de cosmétiques écoresponsables, etc.

    « La municipalité a aussi initié des opérations « coup de propre” de ramassage des déchets dans les quartiers. On dépasse donc largement la thématique initiale du gaspillage pour encourager tous les gestes quotidiens qui permettent de prendre soin de l’environnement au sens large : pas seulement la nature mais aussi son quartier, sa rue, son immeuble. »

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du groupe Macif soutient des initiatives qui œuvrent contre le gaspillage alimentaire !

    3 Une ressourcerie pour aller plus loin

    En 2017, c’est au tour d’une ressourcerie de voir le jour pour étendre l’action antigaspillage à d’autres thématiques que l’alimentation. Les Saint-Michellois peuvent venir y déposer les appareils, vêtements, jouets et accessoires dont ils ne veulent plus, qui seront revendus à petits prix. D’abord éphémère, elle a été pérennisée en décembre 2018 dans des locaux où sont organisés des ateliers de couture, de fabrication de produits écolos, de réduction des déchets, de réparation…

    « Nous avons déjà sept ateliers prévus en 2019, organisés en autonomie par les bénévoles du collectif d’habitants. C’est toute une pédagogie qui est en train d’être mise en place autour de l’achat d’occasion, du fait de ne pas jeter les objets, etc. Réutiliser et recycler sont devenus des gestes incontournables dans une démarche globale de déconsommation. »

    Enfin, un comité de pilotage sera institué en 2019 pour valoriser, soutenir et développer toutes ces actions écoresponsables sur la commune de Saint-Michel. Il intégrera les habitants, les services municipaux, les représentants associatifs et les partenaires.

    L’idée est de toucher de nouveaux publics pour aller encore plus loin.

    + 22 %

    de dons alimentaires aux associations grâce à la loi contre le gaspillage alimentaire promulguée en France en février 2016. (3)

    * Centre communal d’action social, qui a initié les ateliers antigaspillage.
    ** Les ateliers sont ouverts à tous les habitants de Saint-Michel-sur-Orge et de la communauté de commune Cœur d’Essonne.

    Sources :

    (1) Ademe, « La restauration collective mobilisée contre le gaspillage alimentaire », 2018
    (2) Ministère de la Transition écologique et solidaire, « Gaspillage alimentaire », 2018
    (3) Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, « La France pionnière de la lutte contre le gaspillage alimentaire », 2018.

    L’Essentiel de l’article

    • Des ateliers et de nombreuses initiatives sont mis en place pour lutter contre le gaspillage alimentaire.
    • Les ateliers écoresponsables sont ouverts à tous.
    • Des actions sont organisées dans les écoles pour réduire les pertes dans les cantines.
    • Une ressourcerie a été ouverte en 2018.
  • Les AMAP, des paniers pour mieux manger en circuit court

    Les AMAP, des paniers pour mieux manger en circuit court

    1 Agriculteurs et consommateurs, unissez-vous !

    Les premières AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) sont nées en France en 2003 du désir de rapprocher les agriculteurs des consommateurs des villes. Le principe est simple : un groupement de clients s’engage auprès d’un producteur de la région à récupérer chaque semaine une quantité donnée, sur une durée d’un an. En retour, le producteur s’engage à livrer des produits saisonniers de qualité, le plus souvent bios. Concrètement, cela se traduit par une offre de « paniers » composés d’un assortiment de produits de saison issus de l’exploitation (fruits, légumes, fromages, lait, charcuterie…).

    Chaque membre de l’AMAP s’engage alors contractuellement pour la saison, et règle l’intégralité des sommes à l’avance (généralement en une ou trois fois, mais certaines AMAP pratiquent le paiement hebdomadaire). Les paniers sont alors préparés et acheminés par l’agriculteur dans un point de livraison groupée, proche du domicile des adhérents.

    Pour Lionel L’Haridon, président du réseau d’AMAP Rhenamap, ce lien direct entre « consom’acteurs » et producteurs est primordial :

    « Il engage les deux parties, et c’est ce lien qui permet au système de durer. En mettant “un visage” sur un produit, on sait exactement pour quoi on paye et où va notre argent. On apprend comment marche l’exploitation, quelles sont éventuellement ses difficultés passagères, etc. C’est la meilleure façon de se réapproprier sa propre consommation, parce qu’on comprend mieux les enjeux environnementaux, économiques et sociaux de nos choix. Aujourd’hui, les AMAP de notre réseau représentent 70 emplois locaux, soutenus par l’engagement de 900 familles d’“amapiens” qui consomment chaque semaine leur panier de produits frais. »

    92 %

    des maraîchers partenaires d’AMAP en Île-de-France sont certifiés bios ou en conversion. (1)

    2 Un sérieux coup de pouce à l’agriculture biologique

    Manger bio et acheter local sont les deux piliers du dispositif :

    « La démarche AMAP a toujours été portée par ces deux priorités : le passage des exploitations en agriculture bio, et la consommation locale. Aujourd’hui, la dimension locale est même devenue prépondérante. Notre volonté est donc d’avoir non seulement des circuits courts, c’est-à-dire sans intermédiaire, mais aussi de vraie proximité. Nos producteurs sont donc tous situés dans un rayon de 40 ou 45 km autour de l’agglomération de Mulhouse. »

    Côté bio, les agriculteurs non certifiés sont invités à s’appuyer sur la trésorerie générée par l’activité AMAP pour se convertir dans un délai de cinq ans.

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    3 Avec les AMAP, c’est facile de manger sainement !

    L’autre moteur des AMAP, c’est bien sûr la volonté de mieux manger.

    « Il y a souvent une prise de conscience, par exemple à la naissance du premier enfant, de la nécessité de changer ses habitudes alimentaires, poursuit Lionel. Plus de fruits et légumes frais et de saison, moins de pesticides, moins d’aliments transformés… Les AMAP permettent d’avoir accès à des produits variés, saisonniers et bios pour la plupart. Le tout, à un prix beaucoup moins élevé que si on devait faire des courses équivalentes dans une enseigne bio généraliste, ce qui explique aussi le succès de cette formule ! ».

    Fruits et légumes, lait et fromages, pains, charcuteries… L’offre est aussi diversifiée que le permet la production locale, pour le plus grand plaisir des acheteurs. Pour autant, le choix de l’AMAP n’est pas anodin : c’est un engagement qui nécessite souvent de changer quelque peu ses habitudes quotidiennes.

    « D’abord, il faut venir récupérer son ou ses paniers chaque semaine au point de distribution. Ensuite, il faut se mettre à cuisiner, tout simplement ! Or on se rend compte que les personnes ont une vraie volonté de mieux manger, mais qu’elles ne savent pas toujours comment s’y prendre », constate Lionel.

    Comment cuisiner des panais ? Pas évident pour tout le monde… La saisonnalité peut aussi être déroutante :

    « Certes, c’est un gage de qualité, mais quand on a du chou pendant trois semaines en hiver, on peut vite manquer d’idées pour l’accommoder. C’est pour ça que nous proposons sur notre site et dans notre newsletter des recettes simples à réaliser avec les fruits et légumes des paniers. Nous envisageons aussi d’organiser des ateliers culinaires car il y a un vrai besoin, chez les adultes comme chez les enfants. Ceci dit, nos agriculteurs ont beaucoup diversifié leur production au fil des années pour permettre de varier les paniers, y compris en hiver ! »

    Comment trouver une AMAP près de chez moi ?

    Vous souhaitez souscrire à une AMAP près de chez vous ? Consultez le site reseau-amap.org pour tout savoir sur le fonctionnement des AMAP et trouvez celles de votre région.

    4 Un fablab culinaire pour aller plus loin ?

    Cette difficulté à cuisiner reste aujourd’hui un frein au développement des AMAP, mais Rhenamap n’est pas à court d’idées.

    « C’est ce qui a inspiré notre nouveau projet de tiers lieu à Mulhouse, en partenariat avec la fondation Macif. Dans une zone de la ville en reconversion, un grand bâtiment accueillera un magasin de vente direct, une plateforme logistique et un lieu de distribution pour les paniers, un lieu de restauration, une cuisine pédagogique et un “fablab”, c’est-à-dire un incubateur d’entreprises du secteur culinaire. »

    Bref, tout pour développer l’envie de bien manger, pour tous !

    L’Essentiel de l’article

    • Les AMAP sont des associations qui mettent en relation directe des consommateurs et des agriculteurs.
    • Les consommateurs s’engagent sur l’achat de « paniers » de produits frais hebdomadaires, payés d’avance.
    • Les producteurs s’engagent sur la production et la livraison de produits de qualité à prix fixe.
    • Les produits proposés par les AMAP sont de saison, très majoritairement bios et locaux.

    (1) amap-idf.org, 2017.
  • 5 repères pour déchiffrer les étiquettes et consommer malin

    5 repères pour déchiffrer les étiquettes et consommer malin

    1 La composition : vérifier la qualité et traquer les indésirables

    Pour savoir ce qu’on achète, il faut d’abord lire la composition du produit. En Europe, les règles sont strictes : les ingrédients doivent être indiqués par ordre d’importance.

    Par exemple, pour un cacao de petit-déjeuner pour enfant, si la liste indique « Sucre, cacao maigre (21 %), dextrose, émulsifiant : lécithine de soja », ça signifie que le sucre est l’ingrédient majoritaire, suivi du cacao, du dextrose et enfin de la lécithine de soja en minorité. Vous savez donc que, non seulement il y a plus de sucre que de cacao dans le mélange, mais aussi qu’il est présent à plus de 21 % (et donc que le produit est très sucré).

     

     

    La liste des ingrédients doit également indiquer les additifs présents (colorants, conservateurs, etc.), les vitamines et oligoéléments ajoutés, la nature des graisses végétales utilisées. Les allergènes possibles sont signalés soit par un astérisque, soit en gras dans la liste des ingrédients ou de façon explicite sous la composition. 

    Bref, la composition d’un produit est une véritable mine d’informations, c’est donc une excellente façon de comparer la qualité des aliments et de savoir précisément ce qu’on mange. Généralement, plus la liste des ingrédients est courte, mieux c’est : ça veut dire que l’aliment est peu transformé.

    2 Les informations nutritionnelles : comprendre pour bien choisir

    L’autre étiquetage à consulter quand on achète un produit transformé, c’est le tableau des informations nutritionnelles. Vous y trouverez l’apport calorique pour 100 grammes, ainsi que la teneur en sucres, graisses, protéines et sel.

     

    L’apport calorique

    Il permet de connaître la quantité d’énergie apportée par le produit. Il se mesure en calories (kcal) ou en kilojoules (kJ). Le point de repère pour un adulte est d’environ 2 000 kcal par jour. Un apport excessif risque de provoquer une prise de poids, et un apport insuffisant une perte de poids. L’apport calorique est obligatoirement indiqué pour 100 grammes de produit, mais certaines marques indiquent également l’apport par portion.

     

    Les glucides

    Ils regroupent les sucres « rapides » (glucose, fructose, saccharose, etc. présents notamment dans les gâteaux, bonbons, boissons sucrées, mais aussi les fruits, le miel, etc.) et les sucres « lents » (notamment l’amidon contenu dans les féculents). La teneur en sucres rapides est également indiquée sous la mention simple « dont sucres ». L’apport journalier recommandé (AJR) en glucides pour un adulte est d’environ 250 grammes par jour, et de seulement 25 grammes de sucres « rapides » selon les dernières recommandations de l’OMS.

     

    Les protéines

    Elles nous permettent, entre autres, d’entretenir nos muscles, et sont donc précieuses ! Sauf contre-indication spécifique, plus il y en a, mieux c’est : l’AJR en protéines est d’un peu moins d’un gramme par kilo de poids (par exemple, si vous pesez 70 kilos, vous aurez besoin de 65 grammes de protéines par jour).

     

    Les lipides (graisses)

    Indispensables au bon fonctionnement de l’organisme, les graisses doivent cependant être consommées avec modération (environ 20 à 25 grammes par jour pour un adulte).

    On distingue les graisses d’origine animale (beurre, crème, gras de la viande, etc.), riches en acides gras saturés, qui doivent être minoritaires dans l’alimentation. Les graisses d’origine végétales sont, elles, riches en acides gras mono et polyinsaturés bénéfiques pour la santé et doivent donc être majoritaires (huile d’olive, de colza, etc.).

     

    Le sel

    À consommer avec grande modération, il est pourtant souvent présent en quantité importante dans les aliments industriels. Un adulte ne devrait pas consommer plus de 5 grammes de sel par jour, sous peine d’augmenter considérablement le risque d’hypertension et donc de maladies cardiovasculaires.

     

    Les additifs alimentaires

    Tous les additifs alimentaires sont identifiés par un code composé de la lettre E suivie d’un chiffre dont le premier numéro correspond au type d’additif :

    • Les colorants : E100, E101, E102, E103…
    • Les conservateurs : E200 E201, E202, E203…
    • Les antioxydants (qui préservent l’aspect et le goût) : E300, E301, E302, E303…
    • Les agents de texture (émulsifiants, stabilisants, épaississants, gélifiants) : E400, E401, E402, E403…
    • Les édulcorants (aspartame)  : E951 et E962.

     

    3 Poids, pièce : savoir comparer les prix

    Pas toujours simple de comparer les prix des aliments face à la profusion de l’offre. Le prix indiqué sur l’étiquette ne suffit pas forcément à détecter le produit le moins cher, car cela dépend de la quantité vendue : un paquet de 250 grammes de coquillettes à 1,49 € est-il plus intéressant qu’un lot de trois paquets de 500 grammes à 6,29 € ? Pas si facile… Pour s’y retrouver sans risquer la migraine, reportez-vous au prix au kilo qui doit toujours être indiqué sur l’étiquette (en petit à côté du prix final).

    Au rayon fruits et légumes, les produits sont vendus à la pièce ou au poids. Par exemple, si une pastèque est vendue à la pièce, vous avez tout intérêt à en prendre une grosse, qui sera au même prix qu’une plus petite !

    Yuka, l’appli qui vous aide à décrypter les étiquettes

    Pas le temps d’éplucher les étiquettes quand vous faites les courses ? L’application mobile gratuite Yuka vous aide ! Scannez l’étiquette d’un produit et Yuka vous indique son niveau de qualité nutritionnelle. Si le produit choisi est médiocre, Yuca vous propose une alternative plus satisfaisante. Pratique, mais pas magique : une crème au chocolat reste un dessert gras et sucré, même quand elle est de bonne qualité ! À télécharger sur l’App Store et sur Google Play.

    4 Date de péremption : éviter le gaspillage

    Dernière info à consulter avant de mettre un produit dans votre panier : la date de péremption (DLC) ou la date limite d’utilisation optimale (DLUO).

    La date de péremption

    Signalée par la mention « À consommer jusqu’au… », elle indique qu’au-delà de cette date, le produit peut présenter des risques sanitaires. C’est le cas notamment des produits frais de types viandes, yaourts, fromages, charcuterie, etc. Il faut donc en tenir compte, surtout pour les viandes et poissons. En revanche, les produits pasteurisés comme les yaourts restent généralement consommables quelques jours après la date.

    Vérifiez bien cette date au moment de l’achat : une date de péremption trop proche peut vous conduire à jeter un aliment que vous n’aurez pas eu le temps de consommer.

    La DLUO

    Signalée par la mention « À consommer de préférence avant le… », elle indique la date jusqu’à laquelle le produit va conserver toutes ses qualités gustatives et nutritionnelles, sa texture et son aspect. Au-delà, il sera toujours consommable, sans danger pour la santé, mais aura peut-être perdu de son intérêt. C’est le cas notamment pour les produits « secs » comme les pâtes, le riz, le chocolat, etc.

    7 Kg

    Chaque Français jette 7 kilos de produits alimentaires encore emballés tous les ans.*

    5 Belles promesses, fausses promos : déjouer les pièges

    L’utilisation d’allégations santé par les industriels de l’agroalimentaire est très réglementée en France. Malgré tout, il faut rester réaliste et faire preuve de bon sens en toute circonstance ! Par exemple, ce n’est pas parce qu’un biscuit est bio qu’il n’est pas gras et sucré. Il doit donc être consommé avec la même parcimonie que les biscuits ordinaires. Idem pour les yaourts « light », certes moins gras que les produits classiques, mais souvent chargés en sucre ou en édulcorants, dont les effets bénéfiques ne sont pas prouvés.

    Côté prix, même combat : les formats « familiaux » et autres lots n’ont souvent pour seule vertu que de vous faire acheter plus. Comparez les prix au kilo pour déjouer ce traquenard très courant aussi bien en magasin qu’en ligne, en rayons comme en têtes de gondole.

    Mangez, bougez avec la Macif !

    Les ateliers « Manger, bouger » de la Macif vous font découvrir les gestes simples à adopter au quotidien grâce à une alimentation équilibrée et une activité physique adaptée à chacun. Inscrivez-vous sur Diffuz.com !

    L’Essentiel de l’article

    • La composition d’un produit mentionne tous les ingrédients, y compris les additifs, du plus important au moins important.
    • Les informations nutritionnelles aident à repérer les produits trop gras, salés ou sucrés et à ajuster les quantités.
    • L’étiquette de prix doit mentionner le prix au kilo ou à la pièce pour comparer facilement.

    * Ademe

  • 5 astuces pour donner une seconde vie à votre matériel informatique

    5 astuces pour donner une seconde vie à votre matériel informatique

    En plus d’être écolo, cette activité a une réelle influence sur l’économie circulaire et le monde du travail, puisqu’elle pourrait permettre de créer 1 500 emplois en France (1) . Mode d’emploi.

    1 « Mettre à jour » son appareil

    L’obsolescence programmée des logiciels est l’une des premières raisons pour lesquelles les gens se séparent de leur matériel informatique.

    Si vous avez la possibilité de donner un coup de jeune à votre appareil (en rajoutant quelques giga-octets de mémoire, de la RAM, etc.), n’hésitez pas à le faire : cela suffit souvent à raviver la flamme.

    2 Faire réparer…

    Eh oui ! Au-delà des deux ans de garantie constructeur, un ordinateur, ça se répare aussi. De nombreuses entreprises existent et proposent de réparer sur place ou à domicile votre matériel informatique.

    Pensez seulement à faire un petit tour d’horizon de leurs tarifs sur Internet avant de pousser la porte, afin de payer le bon prix !

    Vous souhaitez assurer votre logement ?

    Optez pour
    l’assurance Habitation Macif !

    3 … ou réparer soi-même !

    Peut-être avez-vous déjà entendu parler des « Repair Cafés » ? Un réseau de quartier qui forme bénévolement les utilisateurs à la réparation de leurs appareils.

    En plus d’éviter quelques kilos de déchets d’équipements électriques et électroniques (les fameux DEEE), cela permet de voir comment fonctionnent ces objets du quotidien de l’intérieur.

    4 Recycler plutôt que jeter

    Si vraiment vous souhaitez vous séparer de votre matériel, donnez-le à une association capable de le reconditionner à neuf. À l’instar des Ateliers du Bocage, dans les Deux-Sèvres (Groupe Emmaüs), qui emploient des dizaines de personnes en réinsertion et qui lancent également des défis solidaires sur Diffuz, la plateforme solidaire lancée par la Macif, afin de récolter mobiles et tablettes et de leur donner une seconde vie.

    Pour trouver un reconditionneur, vous pouvez passer par le responsable du service informatique (SI) de votre entreprise (qui renouvelle régulièrement son parc informatique) ou consulter le site gouvernemental Ordi 3.0 : vous y découvrirez une carte d’identifiant, et en fonction de votre lieu de résidence, un lieu de dépôt pour votre PC.

    621 557 tonnes de DEEE

    (déchets d’équipements électriques et électroniques) ont été collectées en France*.

    5 Acheter reconditionné

    Vous pouvez enfin accorder une deuxième vie à un appareil informatique en l’adoptant reconditionné. De nombreux sites proposent des produits entièrement révisés et remis à neuf à prix discount, avec une garantie de six mois à un an.

    En plus de réaliser des économies, vous allégerez aussi votre impact écologique… De quoi soulager un peu sa conscience !

    Avant de donner votre appareil, pensez bien à…

    • Formater votre ordinateur

      pour en effacer la mémoire. Cela vous permettra de supprimer les points de restauration et de retrouver l’ordi au même niveau que lorsque vous l’avez acheté.

    • Supprimer les cookies

      et autres mots de passe enregistrés de votre compte Internet. Il est préférable de supprimer tout l’historique et les données de votre navigateur, sans oublier de vider la corbeille !

    • Déconnecter votre compte iCloud

      dans le cas d’un Mac. Décochez la case « Localiser mon Mac », puis fermez la cession iCloud.

    L’Essentiel de l’article

    • Avant de jeter, on teste son appareil.
    • Réparer, Reconditionner, Recycler : vive les 3 R !
    • Acheter du matériel reconditionné : c’est moins cher et plus écolo.
    • Vider la mémoire de son ordinateur avant de le donner.

    (1) Source : ordi3-0.fr

    * Source : Ademe, 2015.