Catégorie : Décoder un monde qui évolue

  • Quiz : Quelles sont les causes de pollution et comment lutter contre ?

    Quiz : Quelles sont les causes de pollution et comment lutter contre ?

    1 En France, combien de tonnes de déchets sont retrouvés dans la nature chaque année :

    Emballages, pailles, bouchons et bouteille en plastique, stylos, électroménager… Chaque année, ce sont 81 000 tonnes de déchets sauvages qui sont retrouvés dans la nature ! Cela représente 60 kg par seconde de déchets jetés dans la forêt, sur les plages, dans les cours d’eau, ou encore sur les bords des routes. Tous les ans, en septembre, l’organisme international World CleanUp Day organise une journée mondiale pour sensibiliser à la lutte contre les déchets sauvages. Chacun peut rejoindre ou organiser une action de ramassage près de chez lui, et ce tout au long de l’année !

    World CleanUp Day 2020

    2 Avec 30%, quel est le secteur le plus émetteur de CO2 en France ?

    En France, les transports est le secteur qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre (constitués à 96% de CO2).  Les véhicules particuliers sont les premiers responsables (56%), suivis des poids lourds (23%), des véhicules utilitaires légers (21%) et du transport aérien (4,4%). Comment agir ? En limitant son utilisation de la voiture, lorsque cela est possible, en privilégiant les transports en commun (bus, tramway, métro), les nouvelles mobilités (vélo, trottinette électrique, deux-roues électrique) et les usages partagés (co-voiturage, auto-stop).

    Rapport sur l’état de l’environnement 2019

    3 Quelle part des cours d’eau en France contient des pesticides ?

    Fleuve, rivière, ruisseau… En France, 92 % des cours d’eau, quelle que soit leur taille ou leur point d’origine, contiennent des pesticides. Ces derniers proviennent notamment des terrains cultivés situés à proximité en circulant dans les sols. La présence de ces substances chimiques dans l’eau perturbent et dégradent les écosystèmes aquatiques. L’impact sur les espèces animales et végétales implique par ailleurs une contamination de l’ensemble de la chaîne alimentaire qui préoccupe plus de neuf Français sur dix. Chacun peut agir en consommant de façon plus responsable, notamment via une alimentation sans pesticides.

    France Nature Environnement 2018

    4 De plus en plus mise en lumière, la pollution numérique représente quel part des émissions mondiales de gaz à effet de serre ?

    La pollution numérique représenterait 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ce chiffre vous semble peu impactant ? Et pourtant, il est équivalent à la part de pollution du secteur aérien dans son ensemble ! De quoi faire réfléchir sur ses usages… Heureusement quelques astuces pour limiter quotidiennement votre empreinte carbone numérique

    Arcep 2019

    Envie d’agir pour l’environnement ?

    Rendez-vous sur la plateforme Diffuz (initiée par Macif) et proposez une initiative solidaire près de chez vous.

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  • Savez-vous comment et pourquoi protéger les océans ? – Résultats

    Savez-vous comment et pourquoi protéger les océans ? – Résultats

    1 Quelle est la part des pollutions d’origine terrestre dans la pollution marine ?

    80 %(1) de la pollution marine est d’origine terrestre et directement liée à nos activités. Les rejets agricoles, les fertilisants, les pesticides, les déchets industriels et ménagers … Sans oublier les 13 millions de tonnes(2) de déchets plastiques qui transitent chaque année dans les rivières et eaux usées pour finir dans les océans !

    Lire aussi : Pourquoi et comment sauver la biodiversité marine ? 

    (1)Rapport programmes des Nations Unies pour l’Environnement 2006
    (2)Rapport état des plastiques  – Juin 2018 – ONU Environnement

     

    2 Il existe plus de 500 zones mortes (pauvres en oxygène et impropres à la vie marine) dans les océans et les mers du monde, qui est responsable ?

    Les zones mortes, pauvres en oxygène et impropres à la vie marine, se multiplient avec plus de 500 zones(3) pour une surface totale supérieure au Royaume-Uni. Deux grands responsables : 1- le réchauffement climatique car les océans absorbent plus de 90 %(4) de la chaleur accumulée dans l’atmosphère. Problème : cet excès de chaleur provoque une perte d’oxygène dans l’eau. 2- Les nutriments qui ruissellent jusqu’à la mer (fertilisants, rejets agricoles, déchets alimentaires et autres polluants organiques) causent également la désoxygénation massive des océans.

    (3)Selman et coll., 2008.
    (4)Gattuso et coll., 2015.

     

    3 Combien de mégots sont jetés chaque année en France et finissent en grande partie dans les océans :

    Environ 25 000 tonnes(5) de mégots sont jetés chaque année en France. Emportés par le vent, la pluie, les eaux usées, ils finissent généralement dans les fleuves et les océans. Un mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau et peut se retrouver dans la chaîne alimentaire des poissons et de l’homme sous la forme de micro plastique.

    (5)Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, 2018.

     

    4 Sur les 9 milliards de tonnes de plastiques fabriqués ces 50 dernières années, combien ont été recyclés :

    Seulement 9 %(6) du plastique fabriqué dans le monde a été recyclé. En Europe, ce chiffre monte à 31 %(6). Treize millions de tonnes de plastiques sont retrouvées chaque année dans les océans dont 5 000 milliards de morceaux flottants. En 2050(6), il y a aura plus de plastique que de poissons dans les océans.

    Lire aussi : 5 conseils pour diminuer sa consommation de plastique

    (6)Rapport Etat des plastiques – ONU Environnement – juin 2018

     

    5 Quels sont les impacts du réchauffement climatique sur les océans ?

    Les océans absorbent 25 % du CO2 produit par l’Homme(7), ce qui régule le climat mais entraîne un appauvrissement en oxygène et une acidification de l’eau. De même, ils captent la chaleur et se réchauffent de façon importante. Tous ces phénomènes font disparaître les habitats sous-marins, rendant la vie impossible à la biodiversité présente.

    (7)Gattuso et coll., 2015.

     

    6 Quelle est l’espérance de vie des récifs coralliens si l’on ne fait rien ?

    En 30 ans, la moitié des récifs ont disparu et il n’y aura plus de coraux d’ici 2050 si la hausse de la température et l’acidification des eaux continuent(8).

    (8)Hoegh-Guldberg et coll., 2015

     

    7 En quarante ans, de combien ont diminué les populations des poissons pêchés ?

    La consommation moyenne de poisson par habitant a doublé en 50 ans (avec 20 kg en 2016)(9). En 40 ans, les populations des poissons pêchés ont chuté de 50% … et jusqu’à 96% de thon rouge en moins depuis que l’espèce est pêchée.

    Lire aussi : Consommation responsable de poissons : les bonnes pratiques du chef Gaël Orieux

    (9)FAO 2016

     

    8 Quelles sont les activités de tourisme qui impactent la santé des océans ?

    Le tourisme et ses activités économiques génèrent 9,8 % du PIB et font vivre 277 millions de personnes(10). Mais il exerce une pression forte et a des impacts directs sur la santé des océans et des espèces marines. Les plages artificielles aggravent la sédimentation des fonds côtiers. Une croisière en paquebot d’une semaine produit 8 tonnes de détritus, 95 000 litres d’eaux de cale huileuses et 800 000 litres d’eaux usées(11).

    (10)WTTC., 2005
    (11)Copeland, C. 2008

     

    9 Pêche, commerce, transport, tourisme …Quelle est la valeur économique des océans pourtant en danger ?

    Avec une valeur économique de 24 000 milliards de dollars(12), les océans font vivre directement 10 à 12 %(13) de la population mondiale. C’est la 1ère source d’alimentation pour 3 milliards de personnes et ils sont au 7ème rang des économies mondiales en équivalent PIB(12). Et pourtant, ils sont menacés par la surpêche, le réchauffement climatique, le tourisme et les pollutions humaines d’origine terrestre.

    (12)Global Change Institute, Université du Queensland, St Lucia and BCG
    (13)FAO., 2014

     

    10 Les fonds marins sont surexploités. Quelle est la part de pétrole et de gaz extraits dans les océans ?

    Un tiers du pétrole et du gaz est extrait en eaux profondes(14). À l’heure de la transition énergétique pour une économie bas carbone qui produit moins de GES, cause du réchauffement climatique, l’extraction en eaux profondes progresse notamment le long des côtes Africaines.

    (14)GPO., 2011

     

    11 Les océans sont une vraie source d’énergie à préserver. Quelles sont les énergies marines renouvelables d’aujourd’hui et de demain ?

    Une énergie est dite renouvelable si elle est disponible sans limite dans le temps ou si elle se reconstitue plus vite qu’elle n’est consommée. La marémotrice utilise des barrages et des bassins pour produire de l’électricité avec les différences de niveau d’eau de la marée. Les hydroliennes sont des éoliennes sous-marines qui utilisent les courants de la marée. Les houlomotrices utilisent la houle pour produire de l’électricité grâce aux oscillations verticales de flotteurs.

    Lire aussi : 4 technologies pour se chauffer sans ruiner la planète

     

    12 Comment fonctionnent les hydroliennes ?

    Ce sont des turbines fixées au sol sous-marin et totalement immergées. Elles tournent avec l’énergie cinétique des courants sous-marins.

     

    13 En 2050, les énergies marines en Europe fourniront en électricité :

    En 2050, les énergies marines en Europe fourniront en électricité 76 millions de foyers. Cela représente environ 10 % de la consommation totale sur le continent européen(16).

    (16)The European Commission, avril 2019

     

    (1)Rapport état des plastiques  – 2021 – ONU Environnement
    (2)Selman et coll., 2008.
    (3)Gattuso et coll., 2015.
    (4)Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, 2021.
    (5)Rapport Etat des plastiques – ONU Environnement – juin 2018
    (6)Gattuso et coll., 2015.
    (7)Hoegh-Guldberg et coll., 2015
    (8)FAO 2021
    (9)WTTC., 2005
    (10)Copeland, C. 2008
    (11)Global Change Institute, Université du Queensland, St Lucia and BCG
    (12)FAO., 2014
    (13)GPO., 2011
    (14)The European Commission, avril 2019

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  • Vie pro des jeunes : se former encore et toujours

    Vie pro des jeunes : se former encore et toujours

    Trouver du sens et de l’épanouissement

    Après des études de droit en propriété intellectuelle à l’Université d’Assas et deux années passées en tant que juriste dans des sociétés de productions de cinéma, Louise*, 26 ans, ne s’épanouissait pas dans l’univers professionnel qu’elle avait fantasmé. Si trente ans auparavant, elle aurait probablement pris son mal en patience et effectué toute sa carrière dans la même entreprise, il n’est manifestement plus question pour la jeune génération d’avoir le sentiment de subir son travail. En 2024, elle a alors décidé de tout recommencer par une voie classique, mais très appréciée par la jeune génération de salariés : la formation professionnelle. En parallèle d’un CDD dans une communauté d’entraide au recrutement, elle a repris des études en psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers. « Que ce soit en raison de l’instabilité politique ou de la crise environnementale, l’avenir peut sembler inquiétant. Néanmoins, on passe 80 % de notre temps au travail, alors on ressent le besoin de s’y accomplir. Se former tout au long de sa carrière, c’est être capable de s’adapter à nos désirs et aux aléas de la société », explique Louise.

    Lutter contre l’ennui et la lassitude

    Selon des données récentes de LinkedIn, aux États-Unis, près de trois quarts (70 %) des professionnels de la génération Z disent avoir vécu une prise de conscience concernant leur carrière depuis la pandémie. « Ils déclarent qu’ils s’ennuient et qu’ils souhaitent occuper un emploi qui corresponde davantage à leur passion ou qu’ils sont à la recherche d’opportunités d’évolution », détaille Laurie Moot, Marketing Manager chez LinkedIn, dans un post dédié. En France aussi, cette lassitude se fait ressentir, et se manifeste par un phénomène positif : l’aspiration grandissante à se former tout au long de sa carrière. Selon le baromètre Jeunes et entreprises, 65 % des 18-24 ans y aspirent. En 2022, selon l’Insee, 43 % des personnes âgées de 18 à 24 ans ont suivi au moins une formation non formelle à but professionnel au cours des douze derniers mois, contre 37 % en 2016.

    S’adapter aux nouveaux enjeux

    Chez les jeunes, la formation continue est aussi vue comme un moyen de se protéger sur un marché du travail plus précaire et instable que celui de leurs aînés. Près d’un tiers des jeunes salariés (31 %) mettent en avant un souhait de progresser dans leur entreprise, porté par le risque de perdre leur emploi qu’ils perçoivent comme fragile. C’est aussi pour échapper à une carrière monotone que les jeunes plébiscitent la formation. À la question « que souhaitez-vous pour les cinq ans à venir ? », plus de la moitié des jeunes souhaite « trouver un autre emploi » ou « changer d’entreprise », et 43 % d’entre eux voudraient « changer de métier ou de profession » selon la thèse en psychologie sociale de Lucile Cassé. « Avant, les carrières étaient linéaires, on passait 40 ans dans la même boîte. Désormais, les jeunes se posent plus de questions. Ils veulent savoir en quoi ils sont utiles, si les interactions humaines au travail seront de qualité, et de quelle manière leur emploi se conjuguera avec leur vie personnelle », ajoute Ludovic de Gromard, cofondateur de Chance, une communauté d’entraide qui propose des programmes d’accompagnement et de recrutement. Enfin, les jeunes veulent également se former pour répondre aux défis actuels des secteurs d’activités dans lesquels ils se trouvent, ainsi les professeurs de l’Éducation nationale sont nombreux à recourir à une formation continue sur le harcèlement ou l’autisme à l’école.

    Différentes options possibles

    Compte personnel de Formation (CPF), stages, alternance, bilan de compétences, reconversion… L’aspiration des jeunes à se former tout au long de leur carrière vient contredire l’idée reçue selon laquelle « les jeunes ne voudraient plus travailler »… La preuve : alors que les générations précédentes préféraient se former en semaine, la génération Z ne voit pas d’inconvénient à se former le week-end. De plus, en dépit du regain d’intérêt pour le développement des compétences interpersonnelles, le rapport Développement des compétences en entreprise de l’année dernière a révélé que la génération Z passe 12 % de plus de son temps sur LinkedIn Learning à développer ses compétences techniques que la moyenne des apprenants.

    Jeune diplômé(e) ? Premier emploi ? Entreprenariat ?

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  • 1 couple sur 2 se sépare, pourquoi ?

    1 couple sur 2 se sépare, pourquoi ?

    En France, on estime que 46 % des mariages se terminent par un divorce. Peut-on dire qu’on ne s’est jamais autant séparés ?

    François de Singly : Il faut faire attention avec ces chiffres sur le divorce, car, en France, nous ne disposons pas vraiment d’études statistiques fiables sur la question. Notre méthode de calcul est un peu absurde : on fait le ratio entre le nombre de mariages et le nombre de divorces chaque année. Mais certains divorces concernent des unions conclues il y a dix, vingt ou trente ans, tandis que les mariages sont ceux de l’année en cours. Une chose est sûre, le divorce est une pratique qui s’est largement banalisée. Il y a cinquante ans, très peu d’enfants d’une même classe avaient des parents divorcés, ou si c’était le cas, ce n’était pas verbalisé, voire caché. Aujourd’hui, dans une classe de primaire, avoir des parents divorcés ou être issu d’une famille recomposée n’est plus un marqueur social particulier. Dans l’esprit des jeunes adultes, le divorce fait même partie du mariage. Quant à la séparation, elle fait partie de l’horizon, très probable, de la relation amoureuse. Par ailleurs, les jeunes sont confrontés de plus en plus tôt à la séparation, ce qui en fait une expérience banalisée qui ne les effraie plus tant que ça.

    Existe-t-il des explications sociologiques à la banalisation du divorce ?

    François de Singly : D’abord, un certain nombre de mesures juridiques ont facilité et assoupli les conditions de divorce. La dernière en date, qui remonte à 2017, permet à un couple de divorcer par consentement mutuel sans juge. Avant cela, en 2004, le divorce pour « altération définitive du lien conjugal », qui remplace le divorce pour rupture de la vie commune, peut être engagé par la volonté d’un seul conjoint et prononcé après deux ans de séparation constatée (contre six auparavant). Par ailleurs, le divorce n’est plus mal vu socialement. Aujourd’hui, la sphère amicale et familiale élargie n’éclate pas, a priori, quand le couple divorce. Ça n’a pas toujours été le cas.

    Dans vos ouvrages, vous soutenez que la raison majeure des séparations dans les couples hétéros reste l’émancipation progressive des femmes de la sphère domestique. Pouvez-vous développer ?

    François de Singly : Je crois en effet que le moteur absolu de la séparation, c’est le fait que les femmes se mettent à écouter davantage leurs propres attentes, plutôt que celles de la société. Dès le milieu des années 1970, la littérature féministe invite les femmes à penser leur quotidien pour elles-mêmes, à faire de leur construction identitaire une priorité. Or, dans une vie conjugale, les femmes ont nettement plus la sensation d’abandonner une partie d’elles-mêmes. Cela se manifeste concrètement par renoncer à leur nom de jeune fille. Puis à travers l’expérience de la maternité, mettre en pause leur carrière professionnelle. Globalement, dans la conjugalité, les femmes se mettent plus entre parenthèses que les hommes. Cela fait naturellement naître une forte tension entre la volonté d’affirmation de soi et celle de s’engager dans une relation de couple.

    Le dernier rapport du HCE révèle que les femmes sont de plus en plus féministes, les hommes de plus en plus masculinistes. Cette forte polarisation est-elle source de davantage de séparations ?

    François de Singly : Quand vous entrez dans une librairie aujourd’hui, il y a un espace réservé aux essais féministes, qui contiennent notamment des réflexions autour de la réinvention des formes de l’amour et de la conjugalité, et permettent aux femmes d’envisager des schémas de relations moins aliénants, plus équilibrés. Majoritairement lues par des femmes, elles sont ensuite confrontées aux visions plus traditionnelles des hommes, voire à leur résistance. Résultat : les hommes et les femmes continuent à vivre dans des mondes séparés. Quand vous regardez les taux de féminicides en France et dans le monde, et de fait, la proportion d’hommes qui pensent encore qu’on peut surveiller et tuer par amour… Il est assez naturel que les femmes réfléchissent à deux fois avant de s’engager.

    On estime qu’un mariage sur deux ne dure pas plus de 9 ans en France, et que les couples mariés ont tendance à se séparer après 5 ans de mariage. Qu’est-ce qui se passe dans ce moment a priori décisif ?

    François de Singly : Là aussi, il faut se méfier des estimations. On a encore très peu d’études fiables sur la durée de vie conjugale. Le seul grand changement aperçu lors de mes études, c’est que les femmes se sont longtemps empêchées de divorcer tant que leurs enfants étaient en bas âge. Cette règle a progressivement disparu parce qu’on est désormais convaincus qu’il vaut mieux être élevé par deux parents aimants séparés que par un couple qui ne s’aime pas, voire qui se détruit.

    Pensez-vous que le contexte social, politique et économique peut peser sur la longévité des relations amoureuses ?

    François de Singly : Oui, l’anxiété peut avoir des effets sur l’engagement, notamment sur l’incapacité à se projeter en couple dans un monde qui paraît fragilisé et instable. Mais l’histoire nous offre aussi son lot de contre-exemples. En 1943, quand démarre le début du baby-boom – période de remontée exceptionnelle de la fécondité enregistrée dans la plupart des pays développés –, l’époque était peu heureuse et l’horizon très sombre.

    Parmi les raisons évoquées pour divorcer, l’infidélité figure en première place et représente 27 % des séparations. Comment interprétez-vous ce chiffre ?

    François de Singly : Si la jeunesse est séduite par les nouvelles manières de relationner, la définition de l’amour et les attentes mutuelles dans une relation n’ont paradoxalement pas beaucoup changé. Le vrai changement dans la conception de l’amour hétérosexuel, c’est de comprendre qu’on peut vivre au long de sa vie plusieurs amours, ce qui signe la fin du modèle de l’amour unique. En revanche, il y a encore une reconnaissance assez haute de l’amour, associé à un grand niveau d’exigence, pouvant de fait entraîner des trahisons. Ce qui nous met face à un double constat : on se sépare de plus en plus, certes, mais l’amour se porte bien en tant qu’idéal.

    *Insee 2014

    (1) Rapport 2025 sur l’état du sexisme en France – A l’heure de la polarisation – Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes

  • Aléas – Histoires d’événements climatiques – Podcast

    Aléas – Histoires d’événements climatiques – Podcast

    Dans “Aléas”, nous allons à la rencontre de celles et ceux qui sont directement confrontés aux dérèglements climatiques. Avec ce podcast, la Macif souhaite sensibiliser le grand public sur les risques engendrés par les aléas naturels. Car c’est collectivement, que des solutions sont, et pourront être, mises en place. 

     

    Aléas – Une histoire de Sécheresse

    Dans cette nouvelle saison en trois épisodes, direction Elne, dans les Pyrénées orientales : le département a souffert de graves périodes de sécheresse ces dernières années. Claire et les autres habitants d’Elne se mobilisent pour préserver l’eau et repenser l’aménagement de nos villes et de nos territoires afin de faire face aux changements climatiques.

    Macif Résilience Habitat

    Mené en coopération avec l’ADEME, la CCR (Caisse Centrale de Réassurance) et France Assureurs et 11 assureurs (dont la Macif), « Initiative Sécheresse » va étudier, pendant cinq ans, 300 maisons individuelles exposées au phénomène de RGA.

    Autre initiative lancée en 2023, Macif Résilience Habitat teste des solutions sur le terrain, pour identifier les mesures de prévention et de réparation fondées sur l’environnement pour consolider le bâti et réduire le coût de la sinistralité face à la sécheresse.

    Aléas – Une histoire de Submersion

    En France métropolitaine, 1,5 million de personnes vivent dans des zones côtières exposées aux submersions marines. Cet événement naturel plus ou moins imprévisible peut causer des dommages humains, matériels et environnementaux. Dans cette première saison de Aléas, découvrez comment la ville normande de Bernières-sur-Mer et ses habitants s’organisent face à la montée des eaux inévitable.

    Aléas Submersion – Épisode 1 : L’océan à nos portes

    Dans cet épisode, Nathalie nous ouvre les portes de sa maison en bord de mer. Elle partage les joies et les inquiétudes de vivre si proche de l’océan : un privilège quotidien qui devient parfois une source d’angoisse, surtout lorsque les tempêtes frappent et que l’eau menace d’envahir son foyer. Entre la beauté du paysage et les dangers grandissants, Nathalie évoque son attachement à ce lieu unique, mais vulnérable.

    Aléas Submersion – Épisode 2 : Sauver les murs

    Dans cet épisode, Nathalie découvre l’ampleur des travaux qu’elle va devoir entreprendre pour protéger sa maison et sa famille. Elle découvre que ces adaptations, loin d’être de simples rénovations, sont devenues indispensables pour faire face aux risques de submersion marine. En partageant ses réflexions, elle questionne l’efficacité de ces mesures et la durabilité d’une vie en bord de mer face au changement climatique.

    Aléas Submersion – Épisode 3 : Face aux vagues : s’adapter ou partir

    Dans cet épisode, Nathalie et ses voisins évoquent les choix difficiles auxquels ils sont confrontés : s’adapter ou envisager un départ. Entre petits aménagements et projets de relocalisation, chacun explore les moyens de continuer à vivre avec cette menace croissante de submersion marine. Ce dilemme partagé révèle la solidarité qui se développe dans la communauté, ainsi que les stratégies de résilience face à un avenir incertain.

    La submersion marine : comprendre et agir avec Explore Media et Macif

     
     
     
     

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  • Vivre à la campagne : les idées reçues

    Vivre à la campagne : les idées reçues

    Des motivations diverses

    Une maison, un jardin, la tranquillité. Qui n’en rêverait pas ? Si la ville reste le lieu des opportunités professionnelles, la campagne attire. Selon une étude de Plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines (POPSU), 18 % des déménagements réalisés chaque année se font vers des communes rurales (moins de 2 000 habitants), auxquels s’ajoutent 19 % pour les villes en dessous de 20 000 habitants, des chiffres en légère hausse chaque année. Mais cette enquête souligne aussi que tout le monde ne se met pas au vert pour les mêmes raisons. En recherche d’un mode de vie alternatif, ou simplement moins cher, d’un lien à la terre ou de plus de tranquillité grâce au télétravail, les profils néoruraux sont multiples. Selon la géographe ruraliste Claire Delfosse, il faut également noter que « les trajectoires de vie ne sont pas fixes : on peut partir vivre en ville et en revenir, ou inversement ».

    Une meilleure qualité de vie ?

    Un critère domine les autres lorsqu’il s’agit de s’installer en milieu rural : la qualité de vie. Encore faut-il savoir ce que l’on entend par là. Ainsi, Léonor, professeure de chant au Conservatoire de Nantes, a choisi de s’installer quelque vingt kilomètres plus loin au Loroux-Bottereau et ses 8000 habitants avant tout pour y trouver la maison de ses rêves. « Je suis toujours une amoureuse de Nantes, explique-t-elle. Mais après avoir pris goût au jardinage pendant le confinement, et pour avoir de la place pour moi, mes deux enfants, mon nouveau conjoint, et sans trop gêner le voisinage puisque nous sommes tous deux musiciens, et surtout à un prix abordable, nous avons vite réalisé que la maison parfaite ne pouvait se trouver qu’à la campagne. »

    À l’inverse, pour Marjolaine, boulangère installée depuis 2010 dans le petit village de Cieutat (environ 600 habitants) dans les Hautes-Pyrénées, c’est le lien à la nature qui était central. « J’ai grandi dans des petites villes de Picardie et d’Aveyron, avant d’aller étudier à Montpellier. Mais je ne me sentais pas à ma place en ville. Il me manquait de l’extérieur. » Après plusieurs voyages, elle a fini par trouver son bonheur dans ces coteaux verdoyants. « En voyant la carte, j’ai vu qu’il n’y avait quasiment rien, donc c’était parfait ! », s’amuse-t-elle. Là encore, la présence d’un jardin était fondamentale. « C’est un facteur qui revient très souvent, souligne Claire Delfosse. Les annonces immobilières ne manquent jamais de le préciser. »

    Des territoires inégaux

    Pour avoir un jardin et de la place, dans un prix raisonnable, les deux nouvelles propriétaires n’avaient pas le choix, il fallait acheter une maison nécessitant beaucoup de travaux. « On en a pour des années, admet Léonor, il fallait prévoir un gros budget en plus de l’achat. Mais cela reste tout de même bien moins cher qu’en ville. » Mais probablement bien plus cher que l’ancienne ferme de Marjolaine dans les Pyrénées. On voit en effet de grandes différences selon les territoires, avec un littoral atlantique qui attire fortement. « On voit aussi se développer la location ou la colocation, même si c’est encore rare », observe Claire Delfosse. Outre le logement, l’accès aux services est un gros enjeu. Là encore, tous les territoires ne sont pas égaux. « On a été très agréablement surpris de ce que propose la commune de Le Loroux-Bottereau, raconte Léonor. Il y a un cinéma, une piscine, une médiathèque, tous les commerces, deux boulangeries, trois coiffeurs, une école et un collège… Même pour l’accès aux soins, il y a plusieurs cabinets de généralistes et de dentistes. Il n’y a que certains spécialistes qui ne se trouvent qu’à Nantes. »

    Marjolaine, elle, se satisfait d’une vie plus isolée, et la petite ville de Bagnères-de-Bigorre (7000 habitants), située à moins de dix kilomètres de chez elle, fournit tous les services nécessaires. « On y trouve même des urgences, mais elles sont souvent saturées. Pour les spécialistes, c’est plus difficile. Je roule une heure en montage pour trouver une orthoptiste qui n’a pas trop d’attente. Mais les choses changent, j’ai vu arriver plusieurs jeunes médecins, des kinés ou des sages-femmes. »

    Une mobilité difficile

    La principale limite d’une vie à la campagne est évidente : impossible ou presque de se passer de voiture. « La réflexion sur ce sujet reste très récente, regrette Claire Delfosse. On a longtemps supposé que les ruraux étaient mobiles grâce à la voiture, et c’est dans cette population qu’on trouve le plus de voitures par ménage. Mais face au coût grandissant et à la transition écologique, il y a nécessité d’agir. La précarité énergétique, tant question logement que mobilité, en a poussé plus d’un à revenir vivre en ville. » Des solutions existent d’ailleurs pour aider les personnes précaires, comme les plateformes de mobilité ou le transport à la demande. « Le vélo électrique a également débloqué certaines situations. Mais il y a encore beaucoup à faire. »

    Le sujet était important pour Léonor : « On voulait vraiment une maison dans le bourg, pour éviter au maximum la voiture. On ne la prend que pour aller travailler, et on a même réussi à n’avoir qu’une seule voiture pour le foyer, même si cela rend parfois l’organisation complexe. » Et les bouchons peuvent rendre le trajet bien long. De son côté, Marjolaine utilise également fréquemment la voiture, même si elle regarde de près les horaires de bus. « Il y en a peu, mais ils sont précieux. J’ai par exemple souvent pu éviter d’emmener mes enfants en voiture à leur cours de danse à Tarbes, la préfecture à 30 minutes de route. » Le réseau de cars départemental est également bien structuré à Nantes, « mais au Conservatoire, les cours finissent souvent tard, après le dernier départ. À y réfléchir, peut-être qu’on aurait préféré vivre près d’une gare ».

    Une vie culturelle développée – si on sait la chercher

    Un cliché tenace sur les campagnes voudrait qu’il ne s’y passe rien. Pourtant, comme le constate Claire Delfosse, « les espaces ruraux ne sont pas des déserts culturels, loin de là, il y a beaucoup d’initiatives, avec de grandes différences selon les territoires ». Ainsi, Marjolaine trouve son bonheur dans le territoire pourtant peu dense des Pyrénées. « Quand je suis arrivée, il y avait déjà quelques associations qui organisaient régulièrement des spectacles. Et l’offre n’a fait que grandir depuis. Pas besoin d’aller très loin, par exemple le cinéma de Bagnères-de-Bigorre propose quelques séances Art et Essai. Bien sûr, ce n’est pas comme en ville, où tu peux sortir et décider ensuite ce que tu peux faire. Ici, il faut saisir les occasions. Mais ces occasions ne manquent pas. »

    La vie associative est également un facteur de dynamisation important, et permet par ailleurs de s’intégrer en tant que nouvel arrivant. Car l’accueil n’est pas forcément si facile, comme l’a constaté Marjolaine. « Quand je suis arrivée avec l’envie d’avoir un mode de vie écolo, ça n’était pas forcément bien vu, même si les mentalités évoluent. Ce qui a vraiment aidé à faire du lien, c’est lorsque mes enfants sont entrés à l’école, j’ai pu rencontrer d’autres parents d’élèves. » Une chance que n’a pas eue Léonor : « Mes deux fils sont encore scolarisés à Nantes, puisque leur père y vit. Et avec mes horaires décalés, je n’ai pas eu l’occasion de vraiment m’intégrer. » Pour Claire Delfosse, il est évident que « l’intégration va dépendre de nombreux facteurs, des deux côtés de la barrière. En milieu rural, on s’imagine également qu’il y a plus de proximité et de solidarité, ce qui est discutable ». Une manière de rappeler que faire attention aux clichés est l’affaire de tous.

  • « Nous avons une responsabilité dans l’aménagement du littoral » Éric Chaumillon

    « Nous avons une responsabilité dans l’aménagement du littoral » Éric Chaumillon

    En quoi consiste ce phénomène de submersion du littoral et quelles en sont les causes ?

    Éric Chaumillon : On parle de submersion marine lorsque de l’eau de mer pénètre dans les terres, en raison d’une élévation inhabituelle du niveau des mers. Il ne faut pas confondre cela avec l’érosion du littoral, qui désigne le recul du trait de côte, même si les deux phénomènes agissent parfois de concert – il peut arriver qu’une submersion entraîne de l’érosion, ou à l’inverse, que celle-ci favorise un épisode submersif. La submersion touche principalement des zones dominées par la marée, c’est-à-dire les estuaires, les lagunes ou encore des baies où les dunes littorales offrent peu de résistance. Il convient de distinguer deux types de submersion : il y a ce qu’on appelle la submersion « lente », qui est liée à l’élévation globale du niveau des mers, laquelle est elle-même liée au réchauffement climatique (à cause de deux raisons principales : la fonte des glaces et la dilatation des océans). On la dit « lente » parce que c’est de l’ordre de 4 mm par an – soit 40 cm par siècle – en moyenne sur la planète Terre. Et il y a la submersion rapide, qui désigne une élévation locale et très rapide du niveau des mers, principalement liée à deux facteurs principaux : soit les tempêtes, soit les tsunamis. Sur nos littoraux français, on est plutôt exposé aux tempêtes, même si les territoires hors métropole – dans le Pacifique ou l’océan indien, notamment – connaissent des risques de tsunamis non négligeables. Ce qui va s’avérer déterminant, ensuite, face à ce risque, c’est l’altitude de la zone littorale, et on constate de très fortes inégalités par rapport à ça : il y a des côtes qui sont hautes et rocheuses, et puis il y a des côtes qui sont tellement basses qu’elles sont déjà sous le niveau des plus hautes mers, aujourd’hui. Parmi les zones les plus vulnérables, on retrouve la Camargue en Méditerranée, et le marais poitevin, ainsi que les tous les marais charentais.

    Assiste-t-on à une accélération de ce phénomène ?

    E. C. : On mesure une élévation sensible du niveau des mers depuis la révolution industrielle : avant, on était sur une élévation extrêmement lente, d’une vingtaine de centimètres en 2 000 ans. Mais depuis le début du XIXe siècle environ, on a eu plus de 20 cm d’élévation, donc on peut parler de véritable accélération. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’avec le changement climatique, il y a comme un double effet : en plus de l’élévation du niveau des mers, l’augmentation de l’intensité des tempêtes accroît également le risque de submersion.

    Quel est le niveau de responsabilité humaine, derrière ça ?

    E. C. : Les responsabilités sont multiples : il y a bien entendu celle dans le réchauffement climatique, et de ce point de vue là, il est donc urgent de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Comme le dit bien la climatologue Valérie Masson-Delmotte, chaque dixième de degré compte, et notre première ambition collective devrait être de ne pas induire d’élévation de température pour réduire l’élévation du niveau des mers. Mais nous avons également une responsabilité dans l’aménagement du littoral, que nous avons rendu vulnérable. Les côtes, lorsqu’elles sont laissées à leur libre évolution, reçoivent des sédiments de la mer leur permettant ainsi de s’élever à mesure du niveau de l’eau. Mais nous avons déréglé cela en créant des polders à des fins agricoles, avec une volonté de maîtriser la circulation de l’eau – résultat, les sédiments n’arrivent plus et ne protègent plus les sols près du niveau des mers.

    « Nous avons une responsabilité dans l’aménagement du littoral » Éric Chaumillon

     

    Quelles sont aujourd’hui les solutions envisagées pour réduire ce risque ?

    E. C. : D’abord, il convient de mieux anticiper et ne pas attendre qu’une nouvelle catastrophe advienne pour remettre le débat à l’agenda. La dernière grande submersion marine, ce fut lors de la tempête Xynthia en 2010. Cela avait été extrêmement brutal, on avait soudainement pris conscience que les submersions pouvaient être catastrophiques, provoquer des morts et coûter très cher. Mais qu’a-t-on pris comme décision, à la suite de ça ? Il n’y a pas eu de profonde remise en question, alors même qu’il faut opérer un véritable changement de paradigme. Nous restons dans l’héritage du technosolutionnisme, c’est-à-dire que nous continuons de vouloir résoudre tous nos problèmes avec de la technologie, de l’aménagement, etc., alors que nous en voyons toutes les limites. Ce que la communauté scientifique défend aujourd’hui, dans la lignée du dernier rapport du Giec, c’est la renaturation et la préservation de ces écosystèmes littoraux, qui font tampon devant ces variations climatiques et nous offrent tant de services. Au lieu de lutter contre la nature, travaillons avec elle !

    Concrètement, faut-il envisager la fin de toute construction en bord de mer ?

    E. C. : Aujourd’hui, on n’a déjà plus le droit de construire trop près de la côte, dans certaines zones basses. Mais il y a des solutions intermédiaires, qui ne sont pas si violentes, qui peuvent par exemple consister à penser des installations amovibles – qu’on installe en bord de mer, l’été, quand le risque de tempête est moindre, et qu’on retire ensuite l’hiver, quand les plages sont beaucoup plus soumises à l’érosion. En fait, il faut raisonner en termes de « mixité des usages » : pour des grandes villes côtières comme La Rochelle ou New York, il ne pourra pas s’agir de tout déménager, évidemment. Il faut donc maintenir une politique de « défense » de côte plus classique, avec des aménagements en dur. Mais prenez ce que New York a fait après l’ouragan Sandy, en 2012 : des zones entières de dunes côtières ont été renaturées. Aujourd’hui, on constate non seulement que ces lieux sont a priori mieux protégés, mais qu’en plus ils ont retrouvé une vraie attractivité !

    À quoi va ressembler la France en 2100 ?

    Réponse avec Explore Média et Macif

     
     
     
     

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  • « Il faut continuer de protéger nos territoires de la submersion » Pascal Duforestel

    « Il faut continuer de protéger nos territoires de la submersion » Pascal Duforestel

    Quels sont les principaux facteurs de vulnérabilité du marais poitevin, en matière de submersion ?

    Pascal Duforestel : Le marais poitevin est un ancien golfe qui a été comblé et travaillé de manière ingénieuse pour réguler le cycle de l’eau. Par nature, comme tous les polders de France ou des Pays-Bas, il est très exposé aux risques de submersion, a fortiori dans un contexte de réchauffement climatique. Le marais poitevin doit gérer une masse d’eau très importante du côté de son bassin versant. Le possible cumul d’une montée des eaux de la partie maritime avec un épisode de crue – comme celui vécu l’année dernière – en cas de fortes pluies rend notre territoire d’autant plus vulnérable. Aujourd’hui, 90 % des habitations de ce territoire se trouvent à environ 3m50 en dessous du niveau de la mer.

    Quels seraient les grands impacts, en cas de submersion ?

    P. D. : Le cas de la tempête Xynthia, qui avait directement touché le marais poitevin dans sa partie vendéenne en 2010, nous en a donné un premier aperçu dramatique et nous a rappelé qu’on ne peut pas prendre ces phénomènes à la légère. Dans les communes les plus touchées, telles que la Faute-sur-mer (85) ou Charron(17), il y a eu des morts et des dizaines de maisons et d’infrastructures détruites. Dans les projections les plus catastrophistes, on évoque la possibilité que la mer parvienne jusqu’à Niort (79). Je prends avec prudence les prévisions « alarmistes », mais elles indiquent le niveau de danger. Les conséquences sur l’ensemble des activités humaines seraient colossales, notamment en matière d’agriculture, en touchant la grande zone de culture qui constitue la partie aval de la Sèvre niortaise. Idem pour la mytiliculture (l’élevage des moules, ndr), la moule de Charron est une appellation importante, dans l’économie locale. Avec Xynthia, les cultures ont été particulièrement touchées par l’augmentation de la salinité. Sans oublier tous les impacts en matière de biodiversité, bien entendu.

    Existe-t-il un chiffrage du coût économique potentiel d’une nouvelle submersion ?

    P. D. : Pas véritablement. Il n’y a pas suffisamment d’études à ce sujet, je le regrette. En France, nous avons tendance à attendre qu’une catastrophe ait lieu pour prendre en charge le problème. On ne sait pas suffisamment prévenir, on s’applique surtout à guérir.

    « Il faut continuer de protéger nos territoires de la submersion » Pascal Duforestel

     

    Quel peut être le rôle d’un assureur comme la Macif face à ces défis ?

    P. D. : La Macif se trouve au cœur de ces enjeux. D’abord, parce que son métier est directement impacté, à l’heure où « l’assurabilité » même de certains territoires est mise en question. Sans même évoquer la question de la tarification, pouvoir encore assurer des territoires particulièrement vulnérables est aujourd’hui en débat. Face à un avenir aussi incertain, nous avons intérêt à mutualiser nos connaissances et à travailler à une meilleure prévention plutôt que de devoir faire d’énormes chèques après les catastrophes. Mieux se préparer est un enjeu collectif.

    Quelles solutions sont aujourd’hui envisagées pour réduire ces risques ?

    P. D. : Comme l’explique très bien Éric Chaumillon, professeur à l’université de La Rochelle, spécialiste de la géologie marine et littorale, on ne peut plus se contenter d’outils uniquement techniques. Bien sûr, il faut continuer de protéger nos territoires au moyen de digues, par exemple, mais on sait que ce genre de solutions ne suffit plus. Il faut qu’on ait l’intelligence de combiner ces remparts à des solutions fondées sur l’observation de la nature, qui consistent notamment à « dépoldériser ». On redonne des terres à la nature, qui participe d’elle-même au système de protection par l’apport d’alluvions qui recréent des montées de niveau. Nous avons aussi engagé une politique de replantation d’arbres, qui jouent un rôle de freinage et de maintien des berges. Je pense qu’il faut aussi travailler à la question de la gouvernance et à la manière d’associer les habitants à cette lutte. Si l’on organise les choses uniquement par des décisions verticales venant d’en haut, on sait bien qu’on aura un problème d’acceptation des citoyens. Il faut essayer d’associer un maximum de monde au processus d’adaptation de ce territoire à la nouvelle évolution du climat. D’autant qu’il ne faut pas sous-estimer que cela représente une vraie remise en cause d’un mouvement séculaire qui a amené les sociétés humaines à maîtriser ces terres, contre la nature et contre la mer.

    Le parc du marais poitevin s’engage depuis peu dans un tout nouveau projet européen, intitulé « Life Maraisilience » : en quoi cela consiste-t-il ?

    P. D. : L’objectif est de parvenir à élaborer un observatoire du climat qui soit un véritable outil de pilotage pour les politiques publiques. Au moment d’établir leur stratégie et d’engager de grands chantiers de génie écologique, les collectivités ont besoin d’éléments d’aide à la décision plus performants, mais aussi plus transversaux. On fonctionne encore trop en silo. Cet observatoire aura donc à cœur de croiser différents enjeux, en matière de submersion, de météorologie, d’hydrologie, etc. Pour cela, nous allons travailler avec un ensemble de partenaires afin d’aider chacun, dans son domaine, à tirer les enseignements adéquats pour ne plus reproduire les erreurs du passé. Ça doit par exemple permettre aux communes de mieux travailler leurs plans d’urbanisme. Pour le milieu agricole, il s’agira plutôt de réfléchir aux modèles agroécologiques permettant de mieux s’adapter, et ainsi de suite. C’est un projet très ambitieux et propre à notre territoire, que nous engageons pour les quatre prochaines années, avec un budget total de trois millions d’euros venant de la communauté européenne. L’ambition est d’aboutir à des solutions reproductibles dans d’autres territoires européens assujettis, comme nous, à ce risque de submersion.

  • « Il faut continuer de protéger nos territoires de la submersion » Pascal Duforestel

    « Il faut continuer de protéger nos territoires de la submersion » Pascal Duforestel

    Quels sont les principaux facteurs de vulnérabilité du marais poitevin, en matière de submersion ?

    Pascal Duforestel : Le marais poitevin est un ancien golfe qui a été comblé et travaillé de manière ingénieuse pour réguler le cycle de l’eau. Par nature, comme tous les polders de France ou des Pays-Bas, il est très exposé aux risques de submersion, a fortiori dans un contexte de réchauffement climatique. Le marais poitevin doit gérer une masse d’eau très importante du côté de son bassin versant. Le possible cumul d’une montée des eaux de la partie maritime avec un épisode de crue – comme celui vécu l’année dernière – en cas de fortes pluies rend notre territoire d’autant plus vulnérable. Aujourd’hui, 90 % des habitations de ce territoire se trouvent à environ 3m50 en dessous du niveau de la mer.

    Quels seraient les grands impacts, en cas de submersion ?

    P. D. : Le cas de la tempête Xynthia, qui avait directement touché le marais poitevin dans sa partie vendéenne en 2010, nous en a donné un premier aperçu dramatique et nous a rappelé qu’on ne peut pas prendre ces phénomènes à la légère. Dans les communes les plus touchées, telles que la Faute-sur-mer (85) ou Charron(17), il y a eu des morts et des dizaines de maisons et d’infrastructures détruites. Dans les projections les plus catastrophistes, on évoque la possibilité que la mer parvienne jusqu’à Niort (79). Je prends avec prudence les prévisions « alarmistes », mais elles indiquent le niveau de danger. Les conséquences sur l’ensemble des activités humaines seraient colossales, notamment en matière d’agriculture, en touchant la grande zone de culture qui constitue la partie aval de la Sèvre niortaise. Idem pour la mytiliculture (l’élevage des moules, ndr), la moule de Charron est une appellation importante, dans l’économie locale. Avec Xynthia, les cultures ont été particulièrement touchées par l’augmentation de la salinité. Sans oublier tous les impacts en matière de biodiversité, bien entendu.

    Existe-t-il un chiffrage du coût économique potentiel d’une nouvelle submersion ?

    P. D. : Pas véritablement. Il n’y a pas suffisamment d’études à ce sujet, je le regrette. En France, nous avons tendance à attendre qu’une catastrophe ait lieu pour prendre en charge le problème. On ne sait pas suffisamment prévenir, on s’applique surtout à guérir.

    « Il faut continuer de protéger nos territoires de la submersion » Pascal Duforestel

     

    Quel peut être le rôle d’un assureur comme la Macif face à ces défis ?

    P. D. : La Macif se trouve au cœur de ces enjeux. D’abord, parce que son métier est directement impacté, à l’heure où « l’assurabilité » même de certains territoires est mise en question. Sans même évoquer la question de la tarification, pouvoir encore assurer des territoires particulièrement vulnérables est aujourd’hui en débat. Face à un avenir aussi incertain, nous avons intérêt à mutualiser nos connaissances et à travailler à une meilleure prévention plutôt que de devoir faire d’énormes chèques après les catastrophes. Mieux se préparer est un enjeu collectif.

    Quelles solutions sont aujourd’hui envisagées pour réduire ces risques ?

    P. D. : Comme l’explique très bien Éric Chaumillon, professeur à l’université de La Rochelle, spécialiste de la géologie marine et littorale, on ne peut plus se contenter d’outils uniquement techniques. Bien sûr, il faut continuer de protéger nos territoires au moyen de digues, par exemple, mais on sait que ce genre de solutions ne suffit plus. Il faut qu’on ait l’intelligence de combiner ces remparts à des solutions fondées sur l’observation de la nature, qui consistent notamment à « dépoldériser ». On redonne des terres à la nature, qui participe d’elle-même au système de protection par l’apport d’alluvions qui recréent des montées de niveau. Nous avons aussi engagé une politique de replantation d’arbres, qui jouent un rôle de freinage et de maintien des berges. Je pense qu’il faut aussi travailler à la question de la gouvernance et à la manière d’associer les habitants à cette lutte. Si l’on organise les choses uniquement par des décisions verticales venant d’en haut, on sait bien qu’on aura un problème d’acceptation des citoyens. Il faut essayer d’associer un maximum de monde au processus d’adaptation de ce territoire à la nouvelle évolution du climat. D’autant qu’il ne faut pas sous-estimer que cela représente une vraie remise en cause d’un mouvement séculaire qui a amené les sociétés humaines à maîtriser ces terres, contre la nature et contre la mer.

    Le parc du marais poitevin s’engage depuis peu dans un tout nouveau projet européen, intitulé « Life Maraisilience » : en quoi cela consiste-t-il ?

    P. D. : L’objectif est de parvenir à élaborer un observatoire du climat qui soit un véritable outil de pilotage pour les politiques publiques. Au moment d’établir leur stratégie et d’engager de grands chantiers de génie écologique, les collectivités ont besoin d’éléments d’aide à la décision plus performants, mais aussi plus transversaux. On fonctionne encore trop en silo. Cet observatoire aura donc à cœur de croiser différents enjeux, en matière de submersion, de météorologie, d’hydrologie, etc. Pour cela, nous allons travailler avec un ensemble de partenaires afin d’aider chacun, dans son domaine, à tirer les enseignements adéquats pour ne plus reproduire les erreurs du passé. Ça doit par exemple permettre aux communes de mieux travailler leurs plans d’urbanisme. Pour le milieu agricole, il s’agira plutôt de réfléchir aux modèles agroécologiques permettant de mieux s’adapter, et ainsi de suite. C’est un projet très ambitieux et propre à notre territoire, que nous engageons pour les quatre prochaines années, avec un budget total de trois millions d’euros venant de la communauté européenne. L’ambition est d’aboutir à des solutions reproductibles dans d’autres territoires européens assujettis, comme nous, à ce risque de submersion.

  • Les multiples facettes des campagnes françaises

    Les multiples facettes des campagnes françaises

    Territoires ruraux, entre arrivées et départs

    Ils représentent 88 % des communes et 33 % de la population française. Les territoires ruraux sont importants en France, et si l’on a parfois l’impression que depuis quelques années plus de gens quittent la ville pour s’installer à la campagne, la réalité est plus complexe. D’ailleurs, les statistiques ne relèvent pas d’exode urbain, bien que la pandémie ait pu renforcer une durable tendance à la périurbanisation, mais les chiffres globaux masquent des réalités différentes selon les régions. Si certains départements comme la Haute-Marne ou la Nièvre continuent de se vider, la population de Vendée, comme celle des Landes, augmente, elle, rapidement. Comme l’explique la géographe ruraliste Claire Delfosse, il faut être encore plus précis : « Sur un même territoire, il existe parfois de grosses différences d’une commune à l’autre. »

    Différentes dynamiques, qui impliquent différents défis. Pour une ville moyenne du centre de la France comme Tulle, préfecture de la Corrèze, l’enjeu est de maintenir sa population stable, du moins à l’échelle de l’agglomération. Comme le constate Michel Breuilh, président de Tulle Agglo et ses 45 000 habitants, « la ville centre a tendance à se vider au profit de la périphérie. On déménage de plus en plus loin ». À l’inverse, en Loire-Atlantique, la commune de Vallet, au cœur du vignoble nantais, doit gérer la hausse de sa population, qui va bientôt dépasser les 10 000 habitants. Pour son maire Jérôme Marchais, « il est clair que nous ne sommes pas dans une zone fragilisée. Le fait d’être sur un axe entre Nantes et Cholet, sur le passage d’une quatre voies, est un atout. Mais la problématique est de ne pas devenir une ville dortoir de ces deux grandes villes et qu’on puisse vivre pleinement sur notre commune ».

    Lutter contre le vieillissement

    Quel que soit leur dynamisme, les villes rurales luttent pour attirer une population jeune. « À Tulle, nos centres de formation, notamment pour apprentis, permettent d’attirer de jeunes adultes, détaille Michel Breuilh. Mais dès leur formation terminée, la faible perspective d’emploi les pousse à migrer vers les grandes métropoles. » On observe ainsi un creux démographique sur les personnes entre 30 et 60 ans. L’emploi est une priorité, mais l’accès aux services, comme des crèches pour les jeunes parents, est aussi indispensable pour travailler sereinement. « Les services, en particulier de santé, sont un critère majeur pour la population, expose Claire Delfosse. Mais pour attirer les professionnels de santé, il faut non seulement qu’ils trouvent des locaux pour s’installer, mais également de bonnes conditions de vie, comme un emploi pour le conjoint ou la conjointe. »

    Le sujet est important à Tulle : « Sur ce plan, il y a une compétition entre territoires, qui rend difficile d’avoir des médecins. Pour résoudre ce problème, la ville de Tulle a choisi de recruter quatre médecins qu’elle salarie, ce qui permet d’éviter un manque quand un médecin part à la retraite, puisque le poste perdure et peut être offert à d’autres. » Grâce à son attractivité, Vallet propose à ses habitants tous les services nécessaires, mais la commune fait face à un autre problème. « Le prix de l’immobilier grimpe à grande vitesse, regrette Jérôme Marchais, ce qui empêche les jeunes adultes de s’installer et ceux de la région de trouver une maison. On perçoit une nette stagnation dans nos écoles primaires, alors que les élèves en collège augmentent, car les nouveaux venus ont souvent eu une première partie de vie dans un autre territoire. »

    Un coup de frein à la périurbanisation

    L’accès au logement est un enjeu qui devient d’autant plus important depuis la loi ZAN du 20 juillet 2023, pour « zéro artificialisation nette ». L’objectif : réduire l’artificialisation des sols, et donc la construction de nouveaux bâtiments. Une mauvaise nouvelle pour qui veut bâtir sa maison en campagne. Et une inquiétude pour les maires. « Il y a eu des excès, et il fallait mettre un frein à la construction, admet Jérôme Marchais, mais la brutalité avec laquelle cela se fait augmente le prix de l’immobilier. Je me retrouve à la tête d’une commune avec une large superficie et pourtant en raréfaction de terrains à bâtir. » La commune a d’ailleurs fait le choix d’acheter certaines parcelles pour les revendre en dessous du prix du marché aux jeunes Valletais, « à un prix que je trouve encore élevé », soupire le maire.

    Pour Michel Breuilh, la loi sur l’artificialisation s’applique mal aux territoires ruraux : « L’idée de la loi est de privilégier les constructions en hauteur, mais cela ne peut pas se faire ici. Malgré son bien-fondé, j’ai peur qu’elle accentue l’abandon progressif du secteur rural. » Claire Delfosse, quant à elle, voit dans cette loi « un enjeu majeur : celui de la rénovation. Cela implique aussi de revaloriser des savoir-faire artisanaux dans la construction, pour développer une économie circulaire ».

    Elle découvre également se développer d’autres manières d’habiter : « La location, la colocation ou l’habitat partagé. Mais il faut que les communes soient capables de répondre aux demandes, notamment l’accès à un jardin, ou des habitats adaptés aux personnes âgées. » Cela implique également de repenser la mobilité, qui ne peut plus reposer uniquement sur la voiture. La plupart des départements ont ainsi mis en place des plateformes de mobilité, qui visent à accompagner les publics les plus fragiles, en les aidant à trouver un véhicule, une solution de covoiturage ou de transport à la demande.

    Une question d’image

    Au-delà des conditions matérielles, l’image d’un territoire joue énormément sur l’envie de s’y installer. « J’ai récemment participé à un jury de thèse qui était très clair là-dessus, explique Claire Delfosse. Il portait sur l’installation de jeunes vétérinaires en milieu rural, et constatait que des départements comme l’Yonne étaient délaissés, car associés à ce qu’on se représente comme la diagonale du vide. » Une prophétie qui devient ainsi très vite autoréalisatrice. Pour autant, ce n’est pas une fatalité. « Le dynamisme des associations et la multiplication des projets culturels font beaucoup pour l’image d’un territoire, poursuit la géographe. Il suffit parfois d’une MJC active, mais aussi les projets non culturels comme des garderies, pour donner une image dynamique d’un territoire rural. »

    C’est dans cet esprit que la ville de Tulle a misé sur le projet artistique Lost In Traditions, qui mêle création musicale et théâtrale. La commune de Vallet s’est quant à elle lancé dans la création d’une salle de spectacle qui accueille également une école de musique, un tiers-lieu et bientôt une micro-folie, un musée virtuel développé par avec le ministère de la Culture et le Parc de la Villette à Paris. L’objectif : permettre l’accès à une large offre culturelle. Pourtant, renforcer l’attractivité a aussi son revers de médaille : « À force de grandir, on perd son état d’esprit rural, observe Jérôme Marchais. Et il est parfois difficile de faire comprendre aux personnes installées de longue date sur la commune du bienfait de ce changement. »