Catégorie : Décoder un monde qui évolue

  • La jeunesse rurale, laboratoire du futur ?

    La jeunesse rurale, laboratoire du futur ?

    Sarah s’est lancée dans l’aventure de sa vie. Petite fille d’agriculteurs, cette ingénieure de seulement 24 ans a racheté la ferme familiale avec l’objectif de transitionner vers l’agroécologie. Après avoir étudié à Angers, Brest et Toulouse, elle est de retour dans ses terres d’origine, plus précisément à Challain-la-Potherie, « à 15 bornes de Segré », la ville où elle a grandi. « On a pris la décision avec mon compagnon Killian, qui venait de faire une formation de maraîcher ». Aujourd’hui, ils cultivent des légumes de saison et produisent des œufs à destination des particuliers, cantines scolaires et restaurants. 

    La jeunesse rurale, laboratoire du futur ?

    Sarah et Killian ont ouvert leur ferme il y a un mois à Challain-la-Potherie (Maine-et-Loire)

    Le parcours de Sarah est-il révélateur d’un exode des jeunes vers les campagnes ? Le sociologue Benoît Cocquart apporte un constat nuancé, dans son livre Ceux qui restent, Faire sa vie dans les campagnes en déclin, paru en 2019. Déjà car ce n’est pas une tendance nouvelle : « De manière générale, la France rurale se repeuple, c’est une tendance longue observable depuis la fin des années 1990 ». 

     

    « Les campagnes en déclin s’opposent aux campagnes attractives »

    Et aussi car la France rurale est contrastée : « On a d’un côté les campagnes en déclin qui perdent des habitants, majoritairement dans le nord ou l’est de la France. Ce sont des zones désindustrialisées ou qui reposent encore sur le secteur industriel avec moins d’emplois stables. Et puis les campagnes attractives, souvent à l’ouest et au sud, avec plus d’ensoleillement, moins de chômage et des zones bénéficiant de l’attractivité économique et culturelle des villes moyennes les plus proches », ajoute le chercheur, dont les travaux portent sur la région Grand Est. Si un jeune sur 10 quitte le domicile familial pour ses études, « la question est de savoir si ce tiers revient ou non. Et c’est précisément ce qui divise les campagnes en déclin des campagnes attractives », précise-t-il.

     

    En recherche de tranquillité

    Alors la question est de savoir ce qui pousse une certaine partie de la jeunesse à rester en zone rurale. Parmi les jeunes que nous avons interrogés, les deux principaux critères sont la tranquillité et l’entraide. C’est le cas d’Astrid, esthéticienne et employée de 22 ans, qui vient de s’installer avec son copain à Montceau-les-Mines, en Saône-et-Loire. « J’ai connu une période où je souhaitais vivre dans une ville plus grande, comme Lyon ou Paris, pour travailler dans une maison de parfumeur. Mais j’ai choisi d’habiter ici car il y a beaucoup de retraités, c’est tranquille et j’ai mon bout de jardin qui me permet de profiter en extérieur. C’est aussi beaucoup mieux pour mon chat. » 

    Si elle se rend souvent dans les villes les plus proches pour sortir entre amis, Astrid a toutefois du mal avec la pollution, le manque de place pour se garer et la densité. Pour la suite, elle envisage plutôt d’aller dans un endroit « beaucoup plus éloigné, dans la campagne profonde, pour être coupée du monde et de la vie active ».

    Une jeunesse en périphérie

    Être coupé du monde : un argument récurrent dans la bouche des jeunes ruraux. Cela peut s’expliquer par le fait que les ruraux se sentent moins représentés dans les débats politiques, comme cela a pu être le cas à l’essor du mouvement des Gilets jaunes. Depuis qu’elle est à la campagne, Sarah dit être « coupée de la réalité », elle qui a connu la vie urbaine et qui milite pour l’écologie. « C’est aussi lié à mon métier, je pense. J’ai l’impression d’être moins informée et d’être plus concentrée sur mon travail. Je n’ai plus la télévision et je suis moins en contact direct avec la détresse écologique donc bizarrement, je le vis mieux  ». Mais cela a aussi des inconvénients : « J’ai le sentiment d’être oubliée dans la société. Quand je regarde les débats politiques, je vois qu’on ne vit pas dans le même monde qu’eux ».

    La jeunesse rurale, laboratoire du futur ?

     Une station-essence et un bâtiment abandonné, dans la Nièvre 

    Il faut dire que les zones rurales sont les grandes oubliées des politiques publiques. En 2020, un rapport de l’Assemblée nationale pointait du doigt la raréfaction des services publics dans ces régions (police, gendarmerie, écoles, supermarchés, couverture numérique, santé…) Même constat du côté des loisirs. Si on comptait 500 000 débits de boissons en 1900, et 200 000 en 1960, il n’en reste plus que 38 000 en 2016, avec une perte de 2,8% par an. Les cafés et bistrots situés dans les zones rurales sont évidemment les plus affectés par cette tendance. De même, une enquête publiée en 2012 montre que les jeunes urbains accèdent plus que les jeunes ruraux, en moyenne, aux équipements sportifs (69 % contre 66 %), aux bibliothèques (46 % contre 34 %) et aux cinémas (87 % contre 79 %).

    Des valeurs d’entraide

    Peut-on pour autant en conclure que la jeunesse rurale se replie sur elle-même ? C’est plutôt le contraire, raconte Sarah : « On a vraiment un esprit d’entraide. On croise souvent les mêmes personnes et les relations avec nos amis sont plus fortes, tout le monde se connaît. Mes grands-parents vont jouer à la belote tous les jeudis, on a des fêtes de villages aussi. Récemment, un jeune agriculteur est décédé et l’église était pleine. Chacun se relaie pour aider sa famille ». Ce qui rejoint le vécu de Pierre, 22 ans, qui vient de décrocher un CDI dans une industrie à Belmont-de-la-Loire… entourée de prés : « Avec mes amis, on se connaît depuis le lycée pour la plupart et on se retrouve souvent chez l’un d’entre nous ou pour faire du sport ».

    Un constat proche des travaux de Benoît Coquart : « On a souvent pensé que la sociabilité disparaissait avec les industries, mais ce n’est pas le cas. Les liens ne se font plus dans des partis politiques ou des associations, mais derrière le palier de la porte. C’est par cette bande de potes qu’on trouve souvent un emploi et qu’on est “bien vu”. Mais à chaque fois, les jeunes me racontent qu’ils font le tri entre “les vrais potes sur qui compter » et les “salut ça va” ou “les gens du coin”, avec qui ils sont d’ailleurs souvent en concurrence pour des emplois. »

    La jeunesse rurale, laboratoire du futur ?

    Un dîner entre amis dans un jardin

    Car si les départements ont financé des campagnes de publicité parisiennes axées sur le tourisme et les espaces verts en 2020, la réalité est plus précaire, résume le sociologue. « On a beaucoup parlé de personnes qui se retranchent à la campagne. Mais dans ces régions, il y a entre 30 et 35 % de jeunes ouvriers et employés, un peu de catégories intermédiaires et seulement 2 à 3% dans le domaine agricole, qui n’est pas le plus grand pourvoyeur d’emplois . Il ne faut pas oublier qu’en arrivant en zone rurale, on est davantage dans un milieu ouvrier que rural. » Dans cette étude publiée en 2012 par Sciences Po, on apprend d’ailleurs que « les pauvres s’en vont aussi à la campagne » en raison de l’augmentation du coût du logement. On est donc loin d’une vague de néo-ruraux arrivés récemment dans les campagnes avec un bagage financier conséquent.

    La jeunesse rurale, laboratoire du futur ?

    Plus solidaires et centrés sur l’essentiel, les jeunes ruraux sont aussi adeptes de la propriété individuelle. « Tu peux sortir dans ta cour, il n’y a personne qui te voit, tu peux manger sur ta terrasse et il n’y a pas de bruit aux alentours », avance Pierre. Cette tendance peut expliquer une hausse des prix de l’immobilier dans certaines zones rurales. Certains, comme Sarah, participent également à la construction de circuits courts, grâce à l’implantation d’artisans et agriculteurs bio dans des zones limitées en services publics. Ces nouveaux modes de vie peuvent-ils inspirer les générations futures ? S’il reconnaît la force de l’entraide, Benoît Coquart appelle à la vigilance : « La société de demain construite sur ces valeurs-là ? Il y a aussi beaucoup de précarité et de concurrence à cause du chômage, ce qui entraîne de la conflictualité ». De son côté, Sarah propose d’aller plus loin que l’entraide. « Les habitants des campagnes connaissent les traditions et les mécanismes de la nature. Je pense que c’est précieux. Tout le monde parle de transmission dans le débat public, mais personne ne sait vraiment comment s’y prendre. » La solution est donc peut-être à trouver dans l’écoute et la prise en compte des jeunes ruraux.

  • Maison individuelle et étalement urbain : faut-il densifier la ville ?

    Maison individuelle et étalement urbain : faut-il densifier la ville ?

    Sylvie, retraitée périgourdine, vient d’emménager dans un petit logement de plain-pied qu’elle a fait construire… dans son jardin ! La démarche peut surprendre, mais elle permet à cette sexagénaire de se libérer de la contrainte des escaliers de son ancienne maison familiale, tout en restant en cœur de ville, le tout pour un budget serré.

    « Sylvie a d’abord cherché à acheter un terrain dans le centre de Périgueux, mais ce type de bien est très rare » explique Amandine Hernandez, architecte et urbaniste cofondatrice de l’agence Villes Vivantes. Cette dernière a été missionnée par la ville de Périgueux (24) pour piloter l’opération Bimby (initialement Build In My Back Yard, rebaptisée Beauty In My Back Yard, soit De la beauté dans mon jardin). En bref, il s’agit de densifier le tissu pavillonnaire en douceur, en insérant de nouveaux logements (construction d’appartements accessoires, surélévation, extension, etc.) sur les parcelles d’habitants volontaires, sans détruire les logements existants. L’ambition : proposer un habitat qui ne consomme pas de nouvelles terres naturelles et agricoles, tout en répondant aux attentes des habitants, au cas par cas.

    Densité urbaine et habitat pavillonnaire : comment limiter les impacts ?

    Si les Français préfèrent vivre en maison plutôt qu’en appartement1, ce rêve pavillonnaire a un coût. L’habitat individuel est responsable de 47 % de l’artificialisation nouvelle, contre 3 % pour l’habitat collectif, lequel abrite pourtant près de la moitié des Français2. Or, les conséquences néfastes de cette artificialisation ne font plus débat aujourd’hui : perte de biodiversité, étalement urbain, accroissement des migrations pendulaires et donc des temps et des coûts de transport…

    Alors, si construire dans un jardin peut sembler anecdotique, le recours à la densification pavillonnaire peut-il offrir un compromis entre l’idéal de logement des Français et l’urgence écologique et sociale ? Pour Amandine Hernandez, le Bimby offre un précieux point de convergence entre intérêt collectif et particulier. Et son potentiel est réjouissant : si sur cent maisons, deux d’entre elles étaient densifiées avec un nouveau bâti, l’étalement urbain serait jugulé, assure l’architecte.

    La démarche rejoint l’objectif de « Zéro Artificialisation Nette » affiché par le gouvernement dans son plan biodiversité de 2018, et qui pourrait prochainement devenir contraignant. Ce dernier est en effet au cœur du projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, actuellement présenté en conseil des ministres.

    Densifier le tissu pavillonnaire peut donc apparaître comme une solution parmi d’autres – repenser les logements vacants ou sous-exploités, notamment – pour freiner drastiquement l’artificialisation du territoire, tout en répondant à une interrogation pressante de bien des collectivités locales : comment « gagner » de nouveaux habitants et répondre à leurs besoins ?

    Lire aussi : Devenir propriétaire jeune fait-il toujours rêver ?

    Repenser l’habitat pour une ville mieux partagée

    Au-delà de Périgueux, la Communauté Urbaine du Creusot-Montceau, les collectivités des Vosges Centrales ou encore du Grand Nevers ont également fait appel à l’équipe de Villes Vivantes. « Nous pensons qu’une densité accrue peut rendre la ville plus belle : c’est une ville où l’infirmière travaille plus près de l’hôpital, où les retraités peuvent faire leurs courses à pied, où des jeunes couples peuvent acheter un terrain… » défend Amandine Hernandez.

    Ce n’est pas Sylvie qui la contredirait. Elle, qui n’avait jamais imaginé que sa parcelle de 458 m2 puisse accueillir deux maisons, vit désormais sur ses 75 m2 de plain-pied (pour un coût de construction maîtrisé, aux environs de 1 300 euros le m2) dotés, en prime, d’un patio et d’une pergola. Quant à sa maison pré-existante, elle a été réhabilitée pour être louée. De quoi assurer un complément de revenu bienvenu…

    Un peu plus loin, Céline, qui vit avec sa fille dans un quartier recherché de Périgueux, a fait réaliser deux studios bénéficiant d’espaces extérieurs en soupente de sa terrasse, loués par deux étudiantes. Quant à Hamed et Mohammed, père et fils, ils ont construit sur une même parcelle deux maisons sans vis-à-vis : de quoi vivre à côté tout en préservant l’intimité de chacun…

    « Le Bimby à Périgueux, c’est du gagnant-gagnant. Cela permet d’avoir un habitat atypique en plein milieu du patrimoine et aussi de reconquérir des habitants, notamment des familles », écrit la maire Delphine Labails. Depuis les débuts de l’opération en 2016 sur la commune, près de 200 projets de logements ont abouti.

    Une densification douce pour des villes durables

    Il ne s’agit là ni de la première ni de la seule initiative visant à défendre la densification pavillonnaire. Les pionniers sont sans doute à chercher du côté de nos voisins britanniques. Dès les années 1970, le Granny Flat (« l’appartement de mamie ») séduit de nombreux propriétaires âgés, qui font construire sur leur terrain une maison plus petite avant de mettre en location leur habitation principale.

    En France, bien avant le projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique, la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) de 2000 encourageait déjà les acteurs publics à refaire « la ville sur la ville ». L’injonction a d’abord concerné les zones centrales des agglomérations et les grands ensembles avant de toucher, plus tard, les quartiers pavillonnaires. Mais le phénomène n’est pas sans écueils : une densification spontanée et incontrôlée peut en effet se traduire par l’apparition d’un habitat dégradé, comme cela s’observe dans les tissus pavillonnaires logeant des populations défavorisées, notamment en moyenne couronne francilienne. En l’absence de réel encadrement public, des divisions internes et des extensions abusives répondent à la pression immobilière, au bénéfice de quelques-uns.

    Lire aussi : Et si l’architecture low-tech permettait des villes plus durables ?

    Par ailleurs, « Si les acteurs publics n’organisent pas de développement économique conjoint à la densification douce des zones périphériques, alors celle-ci ne fait que renforcer les mobilités pendulaires, sans permettre un développement durable des villes », met en garde Rachel Linossier, maître de conférences en Aménagement et Urbanisme à l’Université Lumière Lyon 2. « La densification doit être maîtrisée et encadrée par les collectivités », abonde Amandine Hernandez. « Mais elle doit aussi être désirable. La lutte contre l’étalement urbain ne peut fonctionner que si les habitants y trouvent leur compte », conclut l’architecte.

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    1 Etude Century 21 de 2016 : 71 % des Français plébiscitent la maison individuelle
    2 Rapport du Comité pour l’Economie Vert
  • Eclairage nocturne : et si on éteignait la lumière en ville ?

    Eclairage nocturne : et si on éteignait la lumière en ville ?

    Lumière artificielle et impacts sur l’environnement

    La faune et la flore en sont les victimes les plus évidentes : l’absence de cycles naturels de lumière perturbe la photosynthèse des plantes mais aussi la migration et les cycles de reproduction de certaines espèces animales, menaçant à terme la biodiversité.

    Lire aussi : L’engagement des jeunes en faveur du climat

    D’autant que de manière plus indirecte, l’énergie et les ressources naturelles nécessaires à l’éclairage affectent largement l’environnement : en France, les 11 millions de points lumineux (candélabres, lanternes, projecteurs et autres lampes) du parc public émettent annuellement 670 000 tonnes de CO2, selon l’ADEME.

    Si la quasi-disparition du ciel étoilé est un enjeu écologique pressant, elle a aussi une portée culturelle et symbolique : aujourd’hui, un tiers de la population mondiale ne voit plus la voie lactée, 99 % des populations européennes vivent sous un ciel pollué (2). Et la France n’échappe pas à cette perte d’une connexion millénaire de l’humanité au ciel étoilé…

    Que deviendront nos nuits sans l’espoir d’apercevoir la Grande Ourse ? La question mobilise bien au-delà des amoureux d’astronomie, des protecteurs de chauve-souris ou d’oiseaux migrateurs. Car l’éclairage public pèse lourd : 56 TWh annuels, soit 12 % de la consommation électrique nationale (3), et 37 % de la facture d’électricité des collectivités territoriales (4).

    Lire aussi : Dans le Gard, des Survoltés inventent le watt citoyen

    Eclairage nocturne : 12 000 communes pionnières

    Alors, si on éteignait la lumière ? Aux quatre coins de l’Hexagone, des élus locaux et leurs équipes ont décidé de passer à l’action : depuis quelques années, des initiatives d’extinctions lumineuses de l’éclairage public en ville se développent. Elles ciblent certaines zones, à certains horaires – quand l’activité est réduite. « À quoi servent en effet des éclairages d’illumination et même de déplacements dans une commune déserte ? » interroge avec bon sens Anne-Marie Ducroux, présidente de L’ANPCEN. L’association a recensé 12 000 communes, soit un tiers des communes françaises, pratiquant déjà une extinction de l’éclairage en milieu de nuit.

    Exemple à Rochefort (17) : dès 2017, l’équipe municipale a fait le choix de plonger dans l’obscurité plusieurs de ses quartiers. Fini les lampadaires de minuit trente à cinq heures du matin en semaine ! La mesure a ensuite étendue à la commune toute entière l’année d’après. « La motivation de base était économique : nous avons souhaité remédier à la vétusté de notre éclairage public – de nombreux points lumineux avaient plus de quarante ans – sans générer de surcoûts. Nous avons donc proposé aux habitants une sorte de deal, sur la base du volontariat : procéder à des extinctions temporaires pour réaliser les économies d’énergies permettant l’achat d’un nouveau parc équipé en LED », explique M. Lesauvage, en charge de l’urbanisme et du développement durable de la ville.

    Lire aussi : Et si l’architecture low-tech permettait de bâtir des villes plus durables ?

    Réduire l’éclairage : un atout écologique et financier

    La cité de Charente-Maritime n’est pas la seule à faire face à une nécessité d’investissement : aujourd’hui, plus de la moitié du parc d’éclairage public français est obsolète, et sur-consommatrice d’énergie, selon l’ADEME. Questionner la nécessité de la permanence de l’éclairage peut donc permettre des économies substantielles, non négligeables dans un contexte de baisse des dotations de l’État…

    À Rochefort, l’expérience a été plus que concluante. « Nous avons réalisé une économie de 60 000 euros par an. Et alors que certains craignaient une augmentation de la délinquance, nous avons observé au contraire une réduction de cette dernière de 30 % environ ! », se félicite l’adjoint au maire en charge de l’urbanisme.

    De quoi tordre le coup à l’évidence du couple lumière-sécurité. Ce vieux duo qui déchaîne les passions depuis des siècles est peut-être moins lié qu’on pourrait le croire : s’il est généralement admis que la lumière rassure, c’est pourtant en plein jour que sont commis la plupart des vols et tentatives de vol (73 %), mais aussi des violences physiques (63 %), selon le dernier rapport d’enquête « cadre de vie et sécurité » (INSEE, 2017).

    « Les communes ont la possibilité d’éviter les gaspillages et d’économiser de 30 à 75 % de leur budget électricité, par la conception et par de meilleurs usages, notamment concernant la durée d’éclairement »

    Anne-Marie Ducroux, présidente de L’ANPCEN

    Partisans de la sécurité versus défenseurs de la biodiversité

    Avec un bilan sécuritaire et financier aussi positif, on pourrait penser que la mairie de Rochefort ait décidé de pérenniser l’extinction nocturne. Il n’en est rien : l’an dernier, les éclairages LED conforme au « deal » initial annoncé aux habitants ont été installés et mis en fonctionnement. Il faut dire que l’expérimentation ne s’était pas faite sans résistance, justifie M. Lesauvage : « Le fait d’éteindre ou pas a partagé la population en deux camps : pour schématiser, les partisans de la sécurité versus les défenseurs biodiversité », explique-t-il, se réjouissant de la solution apportée par l’éclairage LED : « les modèles choisis peuvent être abaissés à une luminosité de 25%, ce qui est apprécié des partisans d’une réduction lumineuse. Quant à ceux qui s’inquiétaient d’une absence de lumière, ils sont rassurés par le retour d’un éclairage, même faible », précise-t-il.

    Concertation ou démagogie ? L’adjoint préfère le terme de « statu quo », et prône un changement progressif. Ce n’est pas Gilles Pierret, directeur des fonctions support de Comatelec Schreder et membre de l’Association Française de l’Éclairage (dont les adhérents, collectivités et professionnels, gèrent plus de 5 millions de points lumineux en éclairage public), qui l’en blâmerait.

    « De nombreuses mesures d’extinctions lumineuses sont hâtives, elles malmènent la sécurité de se déplacer. Je refuse que de mauvais éclairages prennent pour prétexte la préservation de la biodiversité ou la réalisation d’économies d’énergie. Si ici ou là, des exemples n’ont pas généré plus d’accidents, sur combien de temps est-ce valable, et dans quelles zones ? » interroge Gilles Pierret, qui prône la mise en place de solutions technologiques pensées en concertation avec les professionnels de l’éclairage.

    Des équipements « intelligents », avec détecteurs de présence ou abaissement de l’intensité modulable, qui peuvent faire office de compromis aux yeux de responsables locaux tiraillés entre les exigences citoyennes, les impératifs économiques et écologiques. Mais la présidente de l’ANPCEN appelle à la réserve : « la seule vraie question à poser, avant d’installer une source lumineuse est celle de sa véritable utilité », défend-elle. Un vœu pieux ?

     

     

    (1) Sondage 2018 de l’association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement (ANPCEN)  https://www.anpcen.fr/?id_rub=11&id_ss_rub=197&id_actudetail=191
    (2) Falchi et al, 2016 : The new world atlas of artificial nigtsky brigthness, Science Advance
    (3) Selon L’association Française de l’Eclairage (AFE), 2018
    (4) Bilan de l’Ademe https://www.ademe.fr/collectivites-secteur-public/patrimoine-communes-comment-passer-a-laction/eclairage-public-gisement-deconomies-denergie
    (5) Chiffres de l’ANPCEN
  • Et si l’architecture « low tech » permettait de bâtir des villes plus durables ?

    Et si l’architecture « low tech » permettait de bâtir des villes plus durables ?

    Au nord de Paris, près de la future gare Pleyel du Grand Paris Express, le futur village olympique accueillera en 2024 deux mille cinq cent athlètes, avant de laisser la place à un éco-quartier de logements, bureaux, commerces, etc. Un vaste chantier, placé sous un signe inattendu : la prédominance du bois. Une douzaine d’immeubles conçus en matériaux biosourcés (bois principalement mais aussi terre) seront bientôt érigés. Objectif affiché des organisateurs : participer à des jeux « neutres en carbone », pour saisir « une opportunité d’amélioration durable des manières de faire en faveur du climat ».

    Des JO verts ? L’ambition peut prêter à sourire, au vu des bilans fortement carbonés des précédents rendez-vous sportifs : quelque 3,5 millions de tonnes équivalent CO2 pour Londres 2012, idem pour Rio 2016.

    Une frugalité heureuse et créative

    Au-delà d’une stratégie de communication, la démarche emprunte à une tendance encore marginale, mais qui s’affirme comme l’une des clés d’une urbanité plus durable : l’architecture low tech. Comprenez : construire avec des technologies plus sobres, moins polluantes et plus durables. C’est ce que défendent notamment les quelque 8 000 signataires – architectes, ingénieurs, urbanistes, scientifiques, étudiants – du manifeste « Pour une frugalité heureuse et créative », qui appellent à sortir la construction « des visions technicistes et productivistes, gaspilleuses en énergie et en ressources de toutes sortes ».

    Il y a urgence : en France, le bâtiment représente près de 45 % de la consommation énergétique nationale et plus 25 % des émissions de gaz à effet de serre (1).

    La faute, entre autres, au béton, largement utilisé. Sa fabrication est très énergivore, notamment parce que le ciment, qui en est l’un de ses composés essentiels, nécessite d’être chauffé à des températures très élevées. Son transport et sa fin de vie, génératrice de déchets, alourdissent encore son impact environnemental. Or, si le béton est précieux pour réaliser des ouvrages d’art tels que des ponts, « ses performances techniques ne sont pas nécessaires pour des bâtiments plus simples, comme des logements par exemple », explique l’architecte Paul-Emmanuel Loiret, qui défend depuis des années l’usage de matériaux biosourcés.

    Lire aussi : 5 matériaux écolos pour une maison saine et respectueuse de l’environnement

    Pièges à carbone

    Place donc au bois, à la terre, à la paille, ou encore au chanvre, qui combinent de multiples avantages. Ainsi, le bois est un véritable piège à carbone ; quand il est encore à l’état d’arbre, ses feuilles absorbent le CO2 lors de la photosynthèse. Capturé dans le bois, le carbone évite ainsi de se retrouver dans l’atmosphère… Par ailleurs, la légèreté de ce matériau permet un montage deux fois plus rapide par rapport à un chantier béton et acier.

    La paille a également un impact environnemental très faible. Ce coproduit de l’agriculture, largement disponible en France, peu cher, est encore aujourd’hui jeté la plupart du temps, alors qu’il ne nécessite pas de transformation. Utilisé comme isolant notamment, il favorise l’isolation thermique et acoustique.

    Lire aussi : La France peut-elle arriver au bout de ses passoires thermiques ?

    Quant à la terre crue, outre qu’elle est peu émettrice et permet l’exploitation de gisements locaux, elle offre aussi un certain confort de l’habitat.

    « L’inertie de la terre crue régule la température et l’humidité. Comme le bois, elle permet de renouer avec une construction plus sensorielle, appréciée de ceux qui l’habitent. Par ailleurs la construction en terre crue nécessite de s’appuyer sur des savoir-faire artisanaux, à l’inverse de matériaux très technologiques »

    Magali Castex, qui pilote pour Grand Paris Aménagement un projet innovant baptisé Cycle-terre

    L’initiative s’organise autour d’une fabrique de terre crue, dont la construction débute ce printemps à Sevran (93). L’ambition est de valoriser une partie des millions de tonnes de terres excavées lors des travaux du Grand Paris en de nouveaux matériaux de construction : briques de terre crue ou panneaux d’argile biodégradables et recyclables à l’infini.

    Loin de la lubie écolo, l’habitat en terre (en pisé, avec des briques d’adobe, du torchis, de la bauge ou des blocs comprimés) abrite un tiers de l’humanité, en particulier en Afrique et Amérique du Sud (2) ; en France, la pratique a quasiment été abandonnée ces dernières décennies. Au sortir de la deuxième Guerre Mondiale, la nécessité de reconstruire vite et peu cher des villes entières bombardées consacre l’usage du béton au détriment de matériaux biosourcés. Mais l’urgence climatique la remet au goût du jour. Des maisons individuelles sortent de terre ici ou là ; l’été dernier, un groupe scolaire en terre crue a été livré à Nanterre (92).

    Cycle de vie

    Autre atout des matières biosourcées : lors de la déconstruction, celles-ci peuvent être facilement recyclées. Ce cycle de vie optimisé est l’un des aspects fondamentaux d’une construction low tech pour Quentin Mateus, ingénieur au sein de Low tech lab*. Cette association de passionnés se consacre, entre autres projets, à la conception d’un prototype d’habitat écologique. Elle défend un bâti qui réponde à un critère d’utilité (combler un besoin essentiel), de durabilité (être économe en énergie, en ressource, repérable, robuste, modulaire), et d’accessibilité (ouvert à des savoir-faire accessibles, à des techniques libres de droit).

    « Est-ce que c’est vraiment nécessaire ? Est-ce que c’est la solution la plus durable pour le faire ? Est-ce que cela m’offre plus d’autonomie ? On pourrait résumer la démarche low tech à ces trois questions »

    Quentin Mateus, ingénieur au sein de Low tech lab

    À ce titre, le village olympique a encore des progrès à faire… Mais ce grand chantier offre un signal positif à la filière de la construction biosourcée, qui peine à s’imposer dans un secteur français du BTP dominé par la performance technique et par les leaders mondiaux du béton (Bouygues) et du ciment (Lafarge). Ainsi, en 2019, on comptait en France un peu plus de 400 constructions en paille réalisées seulement (3). Quant à l’usage du bois comme système constructif, il représente 4,3 % de part de marché en logements collectifs et 9,4 % pour la maison individuelle. Soit près de 15 000 habitats individuels construits en bois en 2018… Un chiffre encore faible, mais en augmentation (4). Pourquoi pas vous ?

    * Le Low Tech Lab est soutenu par la Fondation d’entreprise du groupe Macif
    (1) http://www.batiment-energiecarbone.fr
    (2) http://craterre.org/
    (3) http://www.constructionpaille.fr/statistiques/
    (4) https://www.codifab.fr/sites/default/files/enquete_constructionbois_juin_2019.pdf
  • Surfer sur Internet est-il mauvais pour la planète ?

    Surfer sur Internet est-il mauvais pour la planète ?

    1 Le numérique : d’abord une montagne de métaux et plastiques

    Aux sources du numérique, il y a les terminaux, de plus en plus nombreux. Dans une famille française moyenne, le CSA estime ainsi qu’on trouve entre cinq et six écrans environ (4). Dans chacun de ces équipements, on retrouve des matériaux rares et des métaux lourds, mais aussi du plastique dont on sait que la consommation est à limiter. Multipliés par le nombre de foyers en Europe et dans le monde, on imagine la quantité affolante de matériaux et d’énergie nécessaires à la fabrication, au transport et à l’utilisation de tout cet arsenal high-tech. Et comme le taux de recyclage est plutôt médiocre, voire carrément faible (plus de 100 millions de smartphones dormiraient dans les tiroirs des Français (5), le volet hardware* du numérique est responsable d’une très lourde empreinte écologique.

    * Matériel

    Comment agir ?

    Faites durer votre matériel ! Prenez-en soin, suivez les recommandations du fabricant concernant les mises à jour et faites réparer quand c’est possible. Si votre ordinateur est vraiment en fin de vie, proposez-le à une association comme Emmaüs ou à une ressourcerie qui pourront le valoriser.

    Le saviez-vous ?

    Près de 40 % de l’énergie consommée par le numérique est due à la fabrication des ordinateurs, smartphones et téléviseurs. (1)

    2 Séries, chats, jeux et émissions (de CO2)

    La généralisation des plateformes de streaming comme Netflix, Apple TV ou Amazon Prime Video a fait exploser la consommation de vidéos (séries, films, sports…) et de jeux en ligne. À elle seule, la vidéo représenterait 300 millions de tonnes de CO2 par an, soit 1 % des émissions globales (3). Regardées sur la TV et aussi sur smartphone via les réseaux sociaux (YouTube, Facebook, Instagram, etc.), toutes ces images sont, en effet, stockées dans d’énormes « fermes numériques », des centres de stockage hébergeant des milliers de serveurs devant être alimentés en énergie et refroidis en permanence. Certains sont mêmes construits sous l’eau pour être rafraîchis plus facilement ! (6) Côté jeux vidéo, même combat : une partie de jeu vidéo sur la plateforme de jeu en ligne Twitch est susceptible d’anéantir plusieurs heures de bonnes pratiques écolos à la maison…

    Comment agir ?

    Faites le ménage dans votre boîte mail et sur vos espaces de stockage en ligne. Réduisez la luminosité de vos écrans et éteignez vos appareils pour consommer moins d’énergie. Enfin, pensez à désactiver la lecture automatique des vidéos sur YouTube (et donc le flux de données, consommateur d’énergie). Idem sur vos réseaux sociaux comme Facebook et Instagram.

    3 « Search » : quand le moteur s’emballe

    Utiliser un moteur de recherche consomme de l’énergie. Et avec près de quatre milliards de recherches effectuées chaque jour dans le monde (7), l’impact environnemental est non négligeable ! Certains moteurs comme Ecosia ou Lilo soutiennent des causes solidaires ou écologiques. Mais avec 90 % de parts de marché détenus par Google (7), l’effet reste pour le moment limité…

    Comment agir ?

    Choisissez un moteur de recherche solidaire et mettez les sites que vous visitez souvent en favoris, plutôt que d’y accéder via une recherche ou de laisser les onglets ouverts. Et surtout, n’hésitez pas à vous déconnecter !

    L’Essentiel de l’article

    • Smartphones, ordinateurs, tablettes ou TV sont friands en métaux et plastiques.
    • Le streaming vidéo représente 1 % des émissions de CO2 dans le monde. (3)

    (1) Arcep, Réseaux du futur, l’empreinte carbone numérique, 2019.
    (2) IATA, Climate Change & CORSIA, 2019.
    (3) The Shift Project, Climat : l’insoutenable usage de la vidéo en ligne, 2019.
    (4) CSA, 5 à 6 écrans par foyer pour regarder des vidéos, 2017.
    (5) Sénat, 100 millions de téléphones portables usagés : l’urgence d’une stratégie, 2016.
    (6) Le Monde, Microsoft installe un data center sous la mer, 2018.
    (7) Blog du Modérateur, Chiffres Google 2018, 2018.

  • Tourisme de masse : quelles solutions pour un voyage plus responsable ?

    Tourisme de masse : quelles solutions pour un voyage plus responsable ?

    Que se passe-t-il lorsque les voyageurs deviennent majoritaires ? Et quels sont les leviers pour réduire les effets négatifs du tourisme de masse à notre échelle ? Décryptage avec la blogueuse @Hors du Temps et le Youtubeur @Alex Vizeo.

    Le tourisme de masse, générateur de nuisances sociales et environnementales

    Quand le voyage devient un bien de consommation

    Voyager, c’est principalement découvrir une nouvelle culture, de nouveaux paysages. Avec le tourisme de masse, le voyageur peut devenir majoritaire sur le lieu de villégiature. La culture recherchée s’efface au profil d’une uniformisation des styles de vie. Le touriste doit se contenter de consommer, toujours plus vite, toujours plus, perdant le sentiment d’évasion qui est l’essence du voyage.

    Une accélération de la pollution sur les lieux du surtourisme 

    L’environnement est fortement impacté par le tourisme de masse. Les exemples sont nombreux : autocar de tourisme et paquebots de croisière rejetant des particules fines, eaux usées non traitées, déchets non recyclés laissés dans la nature mais également pollution visuelle et sonore …

    Les infrastructures (routes, gestion des déchets, eau) adaptées pour la population locale se retrouvent surpassées par l’afflux de touristes. Cette problématique est particulièrement criante pour les destinations qui subissent de fortes différences de fréquentation selon les saisons comme autour de la Méditerranée où la population double en juillet et août.

    L’île de Santorin, dans les Cyclades, suffoque chaque été de la déferlante de touristes déversées par les paquebots de croisières (plus de 10 000 personnes par jour !).

     

    Dans les zones du monde en développement et/ou enclavées, ce problème devient catastrophique lorsqu’il n’existe pas d’aménagements pour préserver l’environnement tels que le recyclages des déchets, le traitement des eaux usées, etc. Et ce même dans les lieux qui ne semblent pas attirer le tourisme de masse au premier abord. C’est le triste exemple des 11 tonnes de déchets laissés sur l’Everest en 20191.

    Un sentiment d’abandon des populations locales 

    Le tourisme de masse génère une tension sur les logements. Cela se traduit principalement par une hausse des prix de l’immobilier. Devant la rentabilité des logements touristiques, certains propriétaires préfèrent transformer leurs locations longues durées en meublés de tourisme. Par exemple, la population d’un des quartiers les plus touristiques de Barcelone, le barrio Gotico, a perdu près de 40% de ses habitants entre 2006 et 20152. Les locaux se voient relégués en périphéries des quartiers historiques.

    Triste cercle vicieux : les quartiers historiques, en perdant leurs habitants, perdent leur âme. Celle qui donnait justement leur attrait touristique…

    Voyager en agissant contre le surtourisme, c’est possible 

    La régulation du nombre de visiteurs est l’une des réponses adoptées par certains sites touristiques abîmés par le tourisme de masse. La plage de Maya Bay en Thaïlande, rendue célèbre par le film « La Plage » a été interdite d’accès pour que les fonds marins se régénèrent. D’autres sites touristiques, comme le Machu Picchu, ont fait le choix de limiter le nombre de visiteurs par jour afin de préserver les lieux2.

    214

    C’est le nombre limite d’alpinistes autorisés chaque jour à faire l’ascension du Mont Blanc depuis l’été 2020.

    Voyager aura toujours un impact sur la destination. Néanmoins, des actions peuvent être engagées par tous les voyageurs pour continuer à découvrir le monde tout en préservant les hauts lieux touristiques mondiaux !  

    Voyager hors saison

    Le voyage hors saison est une option idéale pour découvrir des lieux prisés par le tourisme de masse. En plus de découvrir les lieux dans un cadre plus serein, le tourisme hors-saison permet aux zones touristiques de vivre tout au long de l’année, sans pic de charge. Cela a un effet bénéfiques sur les ressources naturelles, comme l’eau et également sur la gestion des eaux usées ou les déchets ! Mais également pour la population locale, dont l’économie n’est pas au ralenti 10 mois sur 12.

    En Thaïlande, par exemple, le mois de Novembre séduit par ses températures agréables et son calme. Un vrai régal par rapport à la période des fêtes de fin d’années où le tourisme mondial est au plus haut ! Quant à Venise, oublions l’été et ses hordes de touristes, ainsi que les fêtes et différents festivals. Il n’y a rien de mieux que de se perdre hors saison dans le labyrinthe des canaux pour apprécier la Sérénissime.

     

    Tourisme de masse : quelles solutions pour un voyage plus responsable ?

    N’oublions pas : toutes les saisons sont magnifiques !

    Consommer local, éthique et bio

    Pour s’évader, rien de mieux qu’un voyage culinaire ! En voyage, on peut prendre le temps de goûter à la gastronomie locale. Non seulement, c’est plus écologique car la nourriture n’est pas importée du bout du monde, mais c’est une façon de préserver la culture locale. Les chaînes de restauration rapide internationales ont tendance à uniformiser les lieux touristiques, en plus de générer de nombreux déchets non recyclables.

    Astuce en plus

    Grâce aux guides de voyage et à Internet, trouver un restaurant local et savoureux est très simple. Il s’agit de s’éloigner de quelques centaines de mètre des sites sur-touristiques, pour découvrir un bon restaurant local. Une soupape de décompression appréciée face au tourisme de masse !

    Par extension, on peut appliquer ce même principe aux souvenirs de voyage en privilégiant l’artisanat local aux souvenirs made in China. Sauf si on est en Chine, cela va de soi !

    Surveiller sa consommation d’eau

    Conseil valable en particulier dans les pays en « stress hydrique » et dans les pays en développement. En vacances, il est nécessaire de conserver ses bonnes habitudes en termes de consommation d’eau. Les douches rapides sont à privilégier aux grands bains, et couper l’eau pendant qu’on se brosse les dents est nécessaire. L’usage de cosmétiques biologiques est un bon moyen de réduire la pollution des eaux, en particulier dans les zones où les eaux usées sont rejetées dans le milieu naturel (rivières, océans) sans traitement3. Lors des baignades en mer, lac ou rivière, une lotion solaire respectueuse des fonds marins est une excellente option pour préserver l’environnement !

    Lire aussi : Se protéger du soleil sans ruiner les océans

    En ce sens, le gouvernement philippin avait pris des mesures radicales pour préserver l’île de Bocabay en fermant l’île aux touristes pour une durée de six mois et en détruisant certains hôtels proches de la côte dont les eaux usées étaient directement déversées dans la mer4.

    Respecter le lieu visité 

    Respecter le lieu visité semble être une évidence. Pourtant, il n’est pas rare d’observer dans des zones touristiques, des voyageurs s’égarant du droit chemin …

    En voyage et en vacances, on continue de respecter son environnement. Dans les parcs naturels, on marche sur les sentiers balisés, on ne cueille pas de fleurs et on ne nourrit pas les animaux sauvages.

    Pour réduire ses déchets, très importants en zone touristique, l’utilisation de cosmétiques solides (savons, shampoings, dentifrice) est une excellente idée. Sans oublier le nécessaire de pique-nique zéro-déchet : couverts réutilisables et gourde.

    Lire aussi : 5 conseils pour diminuer sa consommation de plastique

    Privilégier les hébergements éthiques

    Pour ne pas contribuer à la crise du logement dans les zones tendues, il est indispensable de penser à son hébergement, et ses conséquences. Plusieurs façons de se loger de façon éthiques sont possibles, suivant les budgets, les lieux et le type de voyages. Les petits hôtels indépendants et historiques créent de l’emploi, tout en reversant une taxe de séjour à la collectivité, valorisant ainsi le lieu visité. Les logements chez et avec l’habitant (guesthouse/chambres d’hôtes, couchsurfing) sont un excellent moyen de s’immerger dans la culture, en partageant avec son hôte, qui est souvent ravi de nous communiquer ses meilleures adresses et anecdotes !

    1 Le Figaro, 2019
    2 vie-publique.fr, Le surtourisme : quel impact sur les villes et sur l’environnement ?,2024
    planetoscope.com, Litres d’eaux usées rejetées dans la nature dans le monde.
    4 franceinfo.fr, Philipines : l’île de Bocaray fermée aux touristes pour six mois, 2018
  • « Océan, une plongée insolite » : la fragilité des océans s’expose au Muséum d’histoire naturelle

    « Océan, une plongée insolite » : la fragilité des océans s’expose au Muséum d’histoire naturelle

    L’activité humaine menace l’environnement, à commencer par l’océan qui recouvre 71 % de la surface de la planète. (1)

    François Gabart, skipper du trimaran MACIF et ambassadeur – pour le Groupe – de l’exposition « Océan, une plongée insolite », est témoin de la fragilité des écosystèmes marins : « C’est en général quand on est sensibilisé à la vie qu’il y a partout sur Terre, qu’on se rend compte qu’il faut faire quelque chose pour la préserver », plaide-t-il. Au programme donc, émerveiller mais aussi informer, pour sensibiliser. Mais quelles sont donc ces menaces qui pèsent sur les océans et leurs habitants ?

    1 Le plastique, poison des poissons

    Chaque année, entre 8 et 12 millions de tonnes de plastiques sont rejetées dans l’océan ! (2) De véritables « continents » de plastiques se sont même constitués. Ces éponges à polluants dégagent une odeur alléchante pour les poissons et les mammifères marins et les incitent à manger les débris… (3) De nombreux cas de baleines et de tortues étouffées par des sacs plastique ont provoqué l’émoi. Les oiseaux et autres espèces marines sont aussi victimes des « larmes de sirènes », ces particules de plastiques qui leur obstruent les voies respiratoires et leur donnent un faux sentiment de satiété. Sans oublier que l’ingestion des plastiques par les espèces marines a un impact sur toute la chaîne alimentaire.

    49 %

    des animaux marins ont disparu entre 1970 et 2012. (4)

    2 L’exploitation minière, fossoyeuse des fonds marins

    Les fonds des océans sont extrêmement convoités pour leurs minerais qui servent notamment à produire smartphones, ordinateurs ou encore batteries pour véhicules électriques. Résultat : l’exploitation minière bat son plein et ravage les fonds marins.

    L’ignorance est un frein pour toute révolution de comportement dans la lutte que l’on doit avoir pour la préservation de l’environnement.

    François Gabart

    3 La surpêche, un fléau pour un sushi

    Avec plus de 90 millions de tonnes de poissons pêchés chaque année (5), certaines espèces sont surconsommées. Pour éviter la disparition de certaines d’entre elles, respectez les saisons, consommez local, préservez les espèces menacées et privilégiez les produits labellisés !

    La Macif s’engage en faveur de la protection des océans !

    Rendez-vous au Muséum national d’histoire naturelle jusqu’au 5 janvier 2020 pour découvrir l’exposition « Océan, une plongée insolite », dont la Macif est le mécène exclusif.

    L’Essentiel de l’article

    • L’océan recouvre 71 % de la surface de la planète. (1)
    • L’ingestion des plastiques par les espèces marines impacte aussi les humains.
    • La surpêche menace la biodiversité marine.

    (1) Muséum national d’histoire naturelle, « Océan, une plongée insolite ».

    (2) Greenpeace, « Pollution des océans : l’impact des plastiques », 2017.

    (3) The Royal Society, « Odours from marine plastic debirs include food search bahaviours in a forage fish », 2017.

    (4) WWF.

    (5) FAO, « La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture », 2018.

  • Superquinquin : le premier supermarché participatif de Lille

    Superquinquin : le premier supermarché participatif de Lille

    1 Les supermarchés coopératifs

    Les supermarchés coopératifs se développent à toute vitesse un peu partout en France, de Lille à Marseille, d’Agen à Nancy. Plus d’une vingtaine d’initiatives similaires ont vu le jour ou sont en cours de lancement. On les trouve principalement dans les grandes villes, où la demande est plus forte.

    La prise de conscience de l’importance d’une alimentation saine, qui soutient une agriculture durable, est pour beaucoup dans la multiplication actuelle des projets. Volonté de manger bio et local et désir de retrouver du lien social et de contourner la grande distribution sont autant de raisons qui vous convaincront peut-être de rejoindre le mouvement !

    2 D’où ça vient ?

    Ce modèle est importé des États-Unis où un supermarché collaboratif, en activité depuis les années 1970, compte plus de 16 000 membres. Deux Américains vivant à Paris ont initié la création d’un supermarché similaire, La Louve, ouvert à l’automne 2016 dans le 18e arrondissement de la capitale. Superquinquin a pour sa part ouvert ses portes le 1er avril 2017. Ces deux initiatives ont été soutenues par la Fondation Macif.

    3 Comment ça marche ?

    Le système mis en place chez Superquinquin se retrouve dans quasiment tous les projets de supermarché coopératif. Les clients sont des coopérateurs. Ils doivent être adhérents de l’association et offrir trois heures de leur temps par mois, pour faire fonctionner le magasin : ils peuvent tenir la caisse, assurer la mise en rayons, réceptionner les commandes, faire du travail administratif…

    « Il n’y a pas de missions fixes. Au démarrage de chaque créneau, les coopérateurs font le point sur les besoins et les envies, les capacités de chacun avec leur chef d’équipe et se répartissent ensemble les tâches à faire », précise Nicolas Philippe, coordinateur du projet.

    Les adhérents s’inscrivent en amont sur les créneaux horaires compatibles avec leur activité professionnelle : en semaine, le week-end ou en soirée, avec des souplesses d’organisation pour les personnes ayant des horaires flexibles ou irréguliers. Les heures d’ouverture du supermarché sont définies en fonction des disponibilités des coopérateurs.

    En échange de cela, chaque coopérateur peut faire ses courses dans le supermarché et bénéficier des avantages de la coopérative. C’est une particularité des supermarchés collaboratifs : ils sont uniquement ouverts à leurs membres, donc impossible d’y faire vos courses sans vous engager !

    Les associations peuvent réunir une centaine de coopérateurs pour un projet qui démarre, et jusqu’à 5 700 personnes pour la Louve à Paris ! De son côté, Superquinquin compte déjà plus d’un millier de coopérateurs un an après son lancement.

    Le saviez-vous ?

    La Fondation Macif soutient Superquinquin, et plein d’autres initiatives d’économie collaborative !

    4 Les avantages

    Les coopérateurs récoltent les fruits de leur investissement personnel en passant à la caisse. En réduisant quasiment à zéro les frais de fonctionnement, de gestion et de marketing, les supermarchés coopératifs peuvent proposer des prix vraiment intéressants. Selon Nicolas Philippe, chez Superquinquin, un panier est en moyenne 20 % moins cher qu’ailleurs sur des produits équivalents.

    Par ailleurs, les coopérateurs ne se contentent pas de remplir les rayons, ils choisissent également, de manière collégiale, les produits qu’ils y mettent ! Si le choix est libre, tous les supermarchés coopératifs respectent le principe de favoriser à chaque fois que c’est possible les productions locales, artisanales ou bios. Et ça marche ! À ce jour chez Superquinquin, 75 % des produits alimentaires proposés répondent à au moins l’un de ces trois critères.

    Ailleurs en France

    • La Louve à Paris
    • La Chouette à Lyon
    • Supercoop à Bordeaux
    • Super Cafoutch à Marseille
    • La Grande Épicerie Générale à Nancy
    • La Coop Agenaise à Agen

    L’Essentiel de l’article

    • Superquinquin est le premier supermarché coopératif et collaboratif de Lille.
    • Chaque adhérent est « coopérateur » et s’engage à travailler 3 heures/mois dans le supermarché.
    • Les produits proposés sont majoritairement issus des filières bios et des circuits courts.
    • En moyenne, le panier « type » chez Superquinquin est 20 % moins cher que dans un supermarché classique.
  • Les Français, touristes responsables ?

    Les Français, touristes responsables ?

    1 Écotourisme, agrotourisme, tourisme durable : de quoi parle-t-on ?

    Le tourisme « durable » ou « responsable » englobe toutes les formes de tourisme qui cherchent à minimiser leur impact sur l’environnement tout en contribuant au développement des communautés concernées. L’écotourisme se concentre sur l’approche écologique, le tourisme équitable sur le développement économique durable et le tourisme éthique sur le respect de la nature et des hommes.

    Bien que ces tendances soient en augmentation (+ 20 % par an), le tourisme responsable ne représente encore que 1 % du tourisme en France. Pourtant, avec sept Français sur dix intéressés par le phénomène, il y a fort à parier que le touriste de demain sera majoritairement « responsable »(1). On ne peut pas en dire autant du touriste d’aujourd’hui, qui, lui, a une belle marge de progrès…

    38 %

    des Français préfèrent une résidence de vacances écologique, et 27 % privilégient les hôtels labellisés écoresponsables.*

    2 L’hébergement : écolo, mais pas trop

    Sur le volet hébergement, les nouvelles pratiques en la matière portent avant tout sur le fait de pouvoir opter pour des hôtels, des résidences, des gîtes ou des campings mettant en œuvre une politique respectueuse de l’environnement : approvisionnement énergétique, circuits courts, gestion des déchets…

    Hébergement responsable peut-être, mais les vacanciers hexagonaux sont moins exigeants avec eux-mêmes : 72 % déclarent renouveler quotidiennement leurs serviettes lorsqu’ils sont à l’hôtel, contre 55 % pour les Allemands(2). Utiliser les serviettes plusieurs jours de suite, comme on le fait chez soi, permet pourtant de limiter les lessives, de faire « tourner » moins de machines à laver et donc de consommer moins d’eau et d’électricité.

    Autre indicateur signifiant : au niveau mondial, la climatisation dans une chambre d’hôtel fait partie, pour 63 % des voyageurs, des équipements indispensables ; sans cela, ils risquent de ne pas choisir l’établissement(3). De nos jours, le confort en vacances prime encore sur l’écologie !…

    3 Transports : la route est encore longue

    Les déplacements touristiques en Europe représentent 8 % des émissions de gaz à effet de serre. Principaux responsables : les longs trajets en avion et en voiture, qui émettent 13 et 10 fois plus de gaz à effet de serre qu’un trajet en train(4).

    Le covoiturage serait-il l’alternative qui mettrait tout le monde d’accord ? Pas si sûr, puisqu’un Français sur cinq seulement y a déjà eu recours pour ses vacances, contre un sur quatre pour se rendre au travail. Note positive pour l’avenir : les Millennials (la génération née entre 1980 et la fin des années 1990), sont, quant à eux, 31 % à choisir le covoiturage pour leurs vacances, 39 % pour partir en week-end et 34 % pour aller travailler(5).

    Les labels du tourisme responsable

    • Label Clef verte

      Un écolabel international qui certifie les qualités environnementales des hébergements et de la restauration.

    • Ecogîte® 

      Label de Gîtes de France, qui certifie les gîtes conçus ou restaurés selon des techniques ou matériaux ayant un faible impact sur l’environnement.

    • Label ATR

      Atteste de l’engagement des opérateurs de voyage souhaitant agir pour un tourisme responsable.

    4 Restauration : locavores* dans l’âme

    En revanche, côté gastronomie, les Français ont un budget alimentation qui compte pour 35 % des dépenses liées aux vacances(6). Pas de problème pour manger local, au contraire, ils adorent ! Ils sont même 46 % à choisir leur destination en fonction des spécialités culinaires. Selon la même étude, 87 % d’entre eux se lancent dans un véritable marathon pour goûter le plus de spécialités locales possible, et quatre Français sur dix se disent prêts à manger comme les habitants(7).

    En France, si le bio est encore sous-représenté dans l’offre de restauration, la création du label « Fait maison » devrait satisfaire l’amour des touristes (y compris étrangers) pour les petits plats mijotés sur place.

    * Néologisme formé des mots « local » et « omnivore » pour désigner le fait de consommer principalement des denrées sourcées localement.

    5 Nature : peuvent mieux faire…

    Une autre étude pointe une tendance peu flatteuse chez les vacanciers : si neuf Français sur dix disent faire des efforts pour préserver l’environnement durant l’année, ils sont nettement plus relâchés en été… Exemple pour le tri sélectif : 65 % le pratiquent pendant l’année, contre 57 % sur le lieu de vacances(7).

    Sur le respect de la nature, là encore les comportements détonnent par rapport aux attentes : 90 % des touristes se disent sensibles à la beauté des paysages traversés sur la route des vacances ; ils sont pourtant un sur cinq à jeter des mégots par la fenêtre de leur voiture, et un sur quatre à se débarrasser des déchets organiques (trognons, restes divers…) de la même façon(8).

    Résultat : près de 5 000 tonnes de déchets (soit 258 camions-bennes) sont ainsi collectés chaque année le long des autoroutes(8).

    57 %

    des Français pratiquent le tri sélectif sur leur lieu de vacances, contre 65 % chez eux.**

    L’Essentiel de l’article

    • Les Français se disent sensibles au sujet du tourisme responsable, mais dans les faits, c’est plus compliqué…
    • La voiture reste le moyen préféré des Français pour partir en vacances.
    • Les Français en vacances sont de grands amateurs de spécialités culinaires locales !

    Sources :

    (1) Harris Interactive, Le tourisme durable, les chiffres clés en France, avril 2017.

    (2) Enquête Opodo menée auprès de 1 700 Français, Allemands, Britanniques et Italiens, 2014.

    (3) Ipsos MORI pour TripBarometer de TripAdvisor, octobre 2015.

    (4) Groupe de travail sur le tourisme durable de la Commission européenne, cité par le ministère de la Transition écologique et solidaire.

    (5) Ipsos pour VINCI, 2015.

    (6) Sondage Onepoll/Travel, 2015.

    (7) Sondage Ipsos/VINCI Autoroutes, juillet 2017.

    * Enquête Opodo menée auprès de 1 700 Français, Allemands, Britanniques et Italiens, 2014.

    ** Ipsos/VINCI Autoroutes, « Et sur la route, vous faites quoi pour vos déchets ? », juillet 2017.

  • Changement d’heure, les vrais chiffres

    Changement d’heure, les vrais chiffres

    Avancer ou reculer les aiguilles de nos montres, en été et en hiver, est profitable en termes de gain d’énergie.

    Ce décalage horaire nous permet en France d’économiser chaque année près de 440 GWh, soit l’équivalent de la consommation en éclairage d’environ 800 000 ménages, ce qui réduit en outre l’émission de carbone (environ 4 000 tonnes de CO2 ainsi évitées).

    En place depuis 1975, cette mesure n’a pourtant pas la faveur des Français, qui y restent opposés à 54 % !

    À savoir également : si vous êtes en déplacement en Europe au moment du changement d’heure, pas de souci, puisque tous les pays de l’Union européenne passent à l’heure d’été ou d’hiver en même temps.

    Mais le changement à l’heure d’été pourrait prochainement disparaître : le Parlement européen a voté en faveur de cette mesure le 8 février dernier. La question n’est pour autant pas tranchée, puisque la résolution doit maintenant être soumise aux 28 États membres de l’Union européenne.

    Ademe, 2010 ; OpinionWay – Ooreka, 2015 ; Union européenne.