Catégorie : Du vert dans nos vies

  • Lancer une start-up : conseils d’une jeune entrepreneuse

    Lancer une start-up : conseils d’une jeune entrepreneuse

    1 Quels sont vos conseils pour vous lancer en tant qu’entrepreneuse ?

    Coline Billon : La recette du succès, c’est avant tout une idée originale ! La mienne a germé fin 2015 au cours de la COP21. Je me suis intéressée à la question du gaspillage alimentaire dans les restaurants et les entreprises. J’ai donc planché sur l’idée d’une collecte de ces biodéchets à des fins de compostage pour nourrir les espaces verts alentour. Une collecte qui se ferait à bord d’un vélo remorque. Voilà comment est née La Tricylerie !

    Au lancement, j’ai dû vérifier la solidité de ce projet : une idée, ça se teste ! C’est en se confrontant au terrain qu’on mesure son intérêt. Interrogez vos potentielles cibles pour savoir si vous répondez réellement à l’un de leurs besoins. Utilisez des questionnaires en ligne ou prenez des rendez-vous téléphoniques. Ces nombreux feedbacks vous aideront à affiner votre projet. Dans le cas de la Tricylerie, j’avais récupéré les coordonnées (adresses email et numéros de téléphone) de nombreux restaurants et entreprises de la région nantaise.

    10 millions

    de tonnes de produits alimentaires sont jetées ou gaspillées chaque année en France.*

    2 Quels sont vos conseils pour bénéficier d’un bon accompagnement dans votre projet ?

    Coline Billon : Il existe beaucoup de structures d’accompagnement (pépinières d’entreprises, incubateurs…) pour les jeunes entrepreneurs. Avant de choisir la vôtre, renseignez-vous en amont sur son adéquation avec votre projet et le contenu de l’accompagnement et son format. Rencontrez et échangez avec les entrepreneurs qui ont déjà bénéficié de cet accompagnement, scrutez les résultats obtenus après leur passage (évolution du chiffre d’affaires, levées de fonds, médiatisation, impact social et environnemental ; etc.). Cela vous aidera à prendre la bonne décision. Attention toutefois à ne pas suivre trop d’incubateurs en même temps ou à démultiplier les accompagnements pour que votre projet garde une ligne directrice claire !

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    Bon à savoir

    C’est quoi, un incubateur ?

    Un incubateur est une structure (entreprise ou association), qui délivre des conseils et apporte des outils pour le développement d’une entreprise. Il permet aussi une mise en réseau, des partenariats et peut même participer sous forme de conseils, d’apport de matériel, d’aide à la recherche de locaux et de mise en réseau avec des professionnels (clients et prestataires) à la naissance de l’entreprise. Numérique, santé, immobilier, gastronomie, sport… : les incubateurs vous accompagnent quel que soit votre domaine.

    3 Avez-vous fait appel au crowdfunding à vos débuts ?

    Coline Billon : Dans les six premiers mois, j’ai réalisé une campagne de financement participatif (crowdfunding), c’est-à-dire que le projet de La Tricyclerie était présenté comme d’intérêt général sur une plateforme Internet dédiée et que tout un chacun pouvait contribuer financièrement à sa réussite. Notre objectif était d’atteindre les 8 000 euros pour financer deux vélos remorques et le matériel nécessaire au compostage. Nous avons finalement obtenu 10 000 euros grâce à la participation de nombreux internautes ! Cette collecte a eu un impact très positif : elle nous a permis de crédibiliser le projet auprès de la municipalité et des décideurs politiques. Ce n’était pas qu’une idée, on répondait à un besoin croissant ! Par ailleurs, de nombreuses personnes, convaincues de l’intérêt de la gestion des biodéchets, se sont proposées comme bénévoles. Aujourd’hui, ils sont une centaine à nous aider régulièrement pour les tournées de collecte à vélo !

    4 Quels sont vos conseils pour réussir une campagne de crowdfunding ?

    Coline Billon : Avant de lancer une campagne de financement participatif, assurez-vous d’avoir une communauté suffisamment puissante. Commencez par communiquer sur votre collecte auprès de votre cercle proche (famille et amis) puis étendez-la progressivement. Et assurez-vous d’avoir du temps à consacrer à cette campagne : il faut communiquer souvent et beaucoup à travers des mailings, des messages sur les réseaux sociaux, répondre aux commentaires, etc.

    5 Comment avez-vous financé le lancement de la Tricyclerie ?

    Coline Billon : Hormis la campagne de financement participatif, nous sommes soutenus par l’Ademe et le réseau 1 % pour la planète mais aussi par la Fondation d’entreprise du groupe Macif. Nous répondons à de nombreux appels à projets. Cela demande beaucoup d’organisation, un travail rédactionnel et du temps. Mais au-delà du soutien financier, ces programmes permettent d’être en lien avec d’autres porteurs de projets, de rencontrer des mécènes impliqués dans l’écologie et d’intégrer des réseaux (les métiers du vélo en France, le réseau « Zéro déchet », etc.). Il faut cependant veiller à envisager le développement de son entreprise sans être dépendant de ses soutiens. Aujourd’hui, nous faisons payer nos services de collecte aux restaurants et commerces mais cela ne suffit pas à être rentables. Notre équilibre financier se dessine entre la prestation de collecte, les animations et les formations pour les autres territoires qui souhaitent dupliquer le modèle et créer leur Tricyclerie.

    Vous êtes une jeune pousse ?

    La Fondation d’entreprise du groupe Macif soutient des initiatives de start-up solidaires.

    L’Essentiel de l’article

    • Coline Billon est une jeune pousse : à 28 ans, elle a fondé son association à Nantes. Objectif : collecter et recycler les déchets organiques des restaurants et des entreprises.
    • Une campagne de crowfunding a permis à La Tricyclerie de récolter 10 000 euros à ses débuts. De quoi financer l’achat de matériel indispensable au lancement de l’activité.
    • Originalité du projet, accompagnement et soutien financier sont ses clés de succès.

    * ministère de la Transition écologie et solidaire, « Gaspillage alimentaire », 2018.

  • Comment se mettre aux cosmétiques responsables ?

    Comment se mettre aux cosmétiques responsables ?

    1 Privilégiez les produits cosmétiques éco-responsables

    « Si la réglementation cosmétique est exigeante sur le plan sanitaire, elle autorise toutefois des substances transformées ou d’origine pétrochimique sur lesquels on n’a pas de recul, met en garde Anne Lafourcade. Avec l’objectif de favoriser une chimie verte, les labels bio et éco-responsables sont venus compléter cette réglementation qui avait ses failles. »

    Ecocert, Cosmebio, Nature et Progrès, Natrue… Il existe une myriade de labels éco-responsables. Chacun possédant ses propres critères. Heureusement les cinq principaux labels européens (BDIH-Allemagne, Cosmebio-France, ECOCERT Greenlife SAS-France, ICEA Italie et Soil Association-Grande Bretagne) se sont regroupés sous une même appellation baptisée Cosmos (Cosmetic Organic Standard). Tous ont en commun de privilégier des ingrédients naturels ou végétaux issus de l’agriculture biologique.

    Comment se mettre aux cosmétiques responsables ?

    « Toutefois, la présence d’un label ne garantit pas un produit 100 % bio ou 100 % naturel, mentionne Anne Lafourcade. De nombreux produits cosmétiques sont composés en majorité d’eau. Or ce n’est pas un produit issu de l’agriculture. L’intérêt d’acheter un produit labellisé bio est de limiter toutes les substances allergènes, irritantes ou controversées comme les conservateurs ou les parabènes. En cosmétique conventionnelle, c’est à peu près 80 molécules conservatrices autorisées, alors qu’en bio, elles sont seulement quatre ou cinq. »

    Comme pour l’alimentation, la certification Nature et Progrès est la plus exigeante puisqu’elle interdit tout ingrédient de synthèse et n’autorise que des ingrédients 100 % issus de l’agriculture biologique.

    Un produit cosmétique bio contient parfois une forte proportion d’huiles essentielles. Si elles sont naturelles et pleines de vertus, elles peuvent être aussi allergènes pour certaines personnes.

    2 Optez pour des produits cosmétiques éco-solidaires

    De plus en plus de marques de cosmétiques ne se contentent plus seulement d’être bio : elles sont aussi éco-solidaires. La certification Nature et Progrès dispose d’un volet social et solidaire inscrit à son cahier des charges : échanges équitables, financement social et éthique, activités à taille humaine, circuits courts ou encore maîtrise de la mécanisation. Précurseur dans le secteur des cosmétiques écologiques et biologiques, le groupe Ecocert s’intéresse lui depuis 2005 au commerce équitable avec la création d’un programme de certification Fair For Life. Autre acteur dans le paysage du commerce équitable : Biopartenaire qui labellise des marques en cosmétiques.

    Comment se mettre aux cosmétiques responsables ?

     

    3 Regardez la composition sur l’étiquette

    Scrutez la liste des composants sur l’étiquette. Plus celle-ci est courte, mieux c’est !

    Seul problème, les ingrédients de synthèse souvent issus de la pétrochimie, portent parfois des noms un peu obscurs. Des applications peuvent vous aider à trouver des produits cosmétiques plus sains. Avec Yuka par exemple, il suffit de scanner le code-barres pour savoir si le produit que vous comptez acheter est recommandable ou pas.

    Le saviez-vous ?

    Les ingrédients sur l’étiquette sont listés suivant leur importance dans la composition du produit cosmétique. Le premier cité est celui qui est présent en plus grande quantité, et le dernier en moindre quantité.

    4 Adoptez la slow cosmétique

    Pour en finir avec les substances pétrochimiques, les conservateurs ou les perturbateurs endocriniens, il existe la slow cosmétique. Initié par Julien Kaibeck, ce mouvement invite à ne consommer que des produits dont la formule est propre et le marketing raisonnable, catégorie dans laquelle rentre le maquillage bio. À la manière du Guide Michelin qui attribue des étoiles aux restaurants qu’il juge les meilleurs, l’association Slow Cosmétique remet chaque année une mention aux marques de cosmétiques qui privilégient les ingrédients naturels et biologiques et des procédés écologiques. Chaque marque est récompensée d’une, deux ou trois étoiles en fonction de son adéquation avec la charte. Ce mouvement milite aussi pour une cosmétique plus sensée.

    « La solution est peut-être de revenir à des basiques utilisés depuis des générations comme l’huile d’amande douce ou le savon de Marseille. Les huiles comestibles comme l’huile d’olive ou de coco s’avèrent être aussi des démaquillants ou des émollients très efficaces », constate Anne Lafourcade.

    Pour celles et ceux qui seraient tentés par réaliser leur cosmétique maison, « privilégiez les recettes les plus simples avec pas ou peu d’huiles essentielles qui peuvent provoquer des allergies et si possible sans eau pour éviter les problèmes de conservation », recommande toutefois Anne Lafourcade.

    Bon à savoir

    Depuis 2013, une réglementation européenne interdit les tests sur les animaux pour les produits cosmétiques. Cependant, la plupart des composants comme les parfums, conservateurs, solvants, filtres solaires également utilisés en pharmacie ou dans l’agro-alimentaire, peuvent avoir été testés sur des animaux dans un cadre juridique différent de celui des cosmétiques.*

    L’Essentiel de l’article

    • Déchiffrez les étiquettes des produits cosmétiques grâce aux applications.
    • Des produits cosmétiques sont aujourd’hui labellisés éco-solidaires. Les labels bio visent à garantir la qualité naturelle et/ou végétale d’un ou plusieurs ingrédients d’un produit cosmétique.

    * Parlement européen, « Produits cosmétiques testés sur des animaux : vers une interdiction mondiale ! », 2018

  • L’assurance de responsabilité civile professionnelle

    L’assurance de responsabilité civile professionnelle

    1 Qu’est-ce qu’une responsabilité civile professionnelle (RC pro) ?

    Définition

    La responsabilité civile professionnelle, très souvent nommée « RC Pro », est un contrat auquel toute entreprise peut souscrire dans le but de se protéger et protéger ses salariés. En effet, une entreprise se doit légalement d’assumer tous les dommages causés à des tiers par les personnes ou les biens dont elle répond. Si vous ne souscrivez pas à cette assurance, le remboursement des dommages et intérêts impliqués vous incombent.

    Tout cas de préjudice survenu à autrui dans le cadre de votre activité, par votre faute, celle de vos salariés ou d’un collaborateur, peut en effet vous attirer des ennuis. Vous êtes ainsi responsable donc dans l’obligation de réparer les dommages, qui peuvent représenter des réparations, des factures importantes ou encore un procès.

    L’assurance de responsabilité civile professionnelle existe donc pour couvrir ces dommages dont l’entreprise et ses salariés pourraient être responsables, qu’ils soient corporels, matériels ou immatériels.

    Attention !

    L’assurance de responsabilité civile professionnelle n’empêche pas des poursuites ni une condamnation éventuelle.

    Sa couverture

    La garantie de responsabilité civile est engagée pour les dommages subis par des tiers, des clients ou des fournisseurs :

    • causés par le chef d’entreprise ;
    • causés pas ses salariés lors de leur activité ;
    • causés par les animaux ou des biens qu’il a sous sa garde.

    2 Est-elle obligatoire ou non ?

    Elle n’est pas toujours obligatoire mais fortement recommandée. Pour certaines professions réglementées, la souscription à une responsabilité civile professionnelle est obligatoire.

    Qu’est-ce qu’une profession réglementée ?

    C’est une activité pour laquelle la loi impose une souscription à la responsabilité civile professionnelle, due aux règles de fonctionnement de ce domaine d’activité, comme :

    • les métiers de la santé ;
    • le secteur de l’immobilier et de la construction ;
    • le secteur de la finance et du droit ;
    • les métiers de l’automobile et du transport ;
    • le secteur du tourisme : agences de voyage et hôtels par exemple.

    Même si la RC Pro n’est pas obligatoire pour tous, cela ne veut pas dire que vous n’en avez pas besoin. Imaginez devoir supporter des frais liés à des dommages parce que vous n’êtes pas assuré, ou même des frais d’avocats qui s’étalent sur plusieurs années parfois, alors que vous aviez des objectifs d’expansion de votre activité… Plutôt que de perdre votre fond de roulement, votre temps et votre énergie, la responsabilité civile professionnelle vous permet de prévenir tout problème.

    Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de l’Agence France Entrepreneur.

    Attention !

    Une assurance souscrite au moment du dommage constaté ne pourra pas couvrir le dommage en question. Mieux vaut donc prévenir que guérir.

    3 Pour quelles situations la RC Pro est-elle utile ?

    Qu’elle soit obligatoire pour votre cas particulier ou non, la RC Pro est un élément essentiel pour la sécurité d’une entreprise.

    Comme l’explique Linda Teghbit, avocate à la cour de Paris :

    « Les cas de sinistres sont innombrables ! Ils peuvent être des dommages aux biens confiés lors de prestations. Par exemple, vous cassez le matériel de l’entreprise que vous livrez, ou bien vous avez du retard dans les travaux que vous avez facturé, qui engendrerait un manque à gagner pour celui qui a eu recours à votre entreprise, ou encore lorsque la vie privée de votre client est atteinte. Cela peut par exemple être le cas si vous avez utilisé son image sans accord formel de sa part et qu’il se retourne contre vous. »

    Cette assurance protège d’avance votre activité, comme un gage de bonne collaboration pour vos prestataires et vos employés. Elle prendra donc en charge les dommages et intérêts que vous pourriez devoir si votre faute était avérée.
    C’est une assurance pour vous et pour tous les intervenants de votre activité.

    Vous êtes indépendant ?

    Avec le contrat Multigarantie Activité Professionnelle, la Macif assure votre activité, vos biens et vos responsabilités.*

    La Responsabilité civile professionnelle s’avère très intéressante dans le cas d’appels d’offres.

    En effet, vos clients peuvent vous imposer d’être couvert dans le cadre d’appels d’offres sur le marché public. Un bon point pour votre candidature.

    4 Pour quel prix ?

    Pour vous faire une idée du coût à prévoir pour votre responsabilité civile, deux éléments sont à prendre en compte : votre secteur d’activité et votre chiffre d’affaires. Afin d’obtenir un devis individualisé, vous devez énumérer les éléments suivants :

    • le statut de votre entreprise ;
    • son chiffre d’affaires ;
    • sa taille (employés et locaux) ;
    • son secteur d’activité (la convention collective) ;
    • les risques indissociables de ses activités.

    Le coût sera calculé sur cette base. Il y a donc autant de tarifs de RC Pro que d’entreprises !

    Prenez soin de bien fixer les sommes garanties au maximum. Vous pourriez envisager de signer une assurance avec un plafond de sommes plutôt bas pour économiser, alors que vous devrez débourser beaucoup plus au moment du dommage.

    Sachez tout de même que la responsabilité civile professionnelle peut s’avérer insuffisante pour certaines entreprises. Il faudra dans ce cas prévoir une assurance Multirisque Professionnelle comprenant une RC Pro plus étendue ainsi que d’autres protections spécifiques liées à l’activité. Il s’agira dans ce cas-là d’une autre assurance spécifique.

    Vous avez besoin d’une responsabilité civile professionnelle ?

    Faites appel à la Macif !

    L’Essentiel de l’article

    • La responsabilité civile professionnelle est obligatoire pour certaines professions.
    • Elle est fortement recommandée pour tout professionnel.
    • Elle couvre aussi bien les dommages causés par vous-même ou vos salariés, par le matériel que vous utilisez ou par vos locaux.
    • Elle couvre également les préjudices qui peuvent arriver au moment ou après la livraison de produits.

    Légifrance, Code civil, Article 1240

    * Dans les limites et conditions du contrat souscrit.

  • AMAP en Alsace, un lieu dédié à l’alimentation bio et locale

    AMAP en Alsace, un lieu dédié à l’alimentation bio et locale

    1 En 2008, vous avez mis en place l’un des premiers réseaux d’AMAP en alsace : pourquoi souhaitez-vous vous diversifier ?

    Lionel L’Haridon : L’idée de ce projet a germé petit à petit, lorsque nous avons commencé à être confrontés aux limites du réseau d’AMAP instauré par Rhenamap en 2008. Nous avons aujourd’hui atteint un seuil de développement où nous nous retrouvons limités par plusieurs facteurs comme le manque de souplesse du système « amapien » classique. Par exemple, la taille des paniers n’est pas adaptée à tout le monde (trop petits ou trop grands), et les besoins de nombreuses familles évoluent d’une semaine à l’autre, notamment pour ceux qui ont des enfants en garde alternée ou encore les retraités qui sont absents une partie de l’année. Il y a aussi la concurrence des formules de paniers pas forcément bios ni locaux, mais qui captent quand même une partie de la clientèle. Nous avons donc réfléchi à élargir notre offre pour mieux nous adapter à la « vraie vie » des gens, ainsi qu’augmenter la base de consommateurs pour soutenir plus efficacement les acteurs de l’agriculture paysanne locale.

    85%

    des Français sont intéressés par les produits bios et locaux.*

    2 Comment vous est venue l’idée d’un tiers-lieu multifonction ?

    Lionel L’Haridon : On a donc d’abord réfléchi à la mise en place d’une plateforme logistique pour gagner en souplesse dans la constitution des paniers et la distribution, ce qui impliquait de louer ou d’acquérir un bâtiment. Or payer un local n’est pas anodin, nous avons donc très vite pensé à faire entrer de nouveaux partenaires pour créer de nouveaux débouchés. Des particuliers bien sûr, mais aussi une nouvelle clientèle d’entreprise via les CE. À partir de là, les idées se sont enchaînées au fil des rencontres. Nous avons alors décidé de créer une entreprise dans le secteur de l’ESS (économie sociale et solidaire) qui proposerait un service de paniers, mais aussi une boutique, une cuisine pédagogique, un atelier de transformation, des espaces de restauration, une cuisine pédagogique… Tout cela, approvisionné en bio et en local, qui reste le cœur du concept.

    3 Les circuits courts et le bio restent donc au cœur du projet ?

    Lionel L’Haridon : Tout à fait ! Ce lieu permet de démontrer qu’il est possible d’accompagner le changement d’échelle des circuits courts : toucher plus de monde, une clientèle autre que les particuliers comme les professionnels de la restauration, les entreprises, etc. C’est en effet une façon de valoriser l’agriculture locale, ce qui est un sujet de société crucial : il faut savoir que dans cinq à dix ans, la moitié des exploitants agricoles seront à la retraite. Or le développement d’une agriculture vivrière variée comme le maraîchage est beaucoup plus intéressant sur le plan environnemental et social que la monoculture céréalière par exemple, car elle pollue moins et génère plus d’emplois. Son avenir dépend donc de sa capacité à attirer une nouvelle génération d’exploitants et encourager la transition chez les paysans déjà installés. Pour cela, quoi de mieux que de faire la démonstration de la viabilité des circuits courts et du bio ? En 2018, grâce à l’aide de nos partenaires dont la Fondation d’entreprise du groupe Macif, nous avons ainsi réussi à faire labelliser le sud Alsace « Projet alimentaire territorial », un label du ministère de l’Agriculture. Il atteste que le territoire s’organise sur la problématique de l’alimentation durable et travaille à coordonner toutes les parties prenantes (citoyens, recherche, entreprises, pouvoirs publics, agriculteurs, distributeurs, etc.) pour œuvrer dans ce sens. C’est une étape très importante car cela nous place sur la carte des projets à soutenir par les collectivités locales.

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du groupe Macif soutient des AMAP. Renseignez-vous !

    4 Tous les partenaires présents dans le tiers-lieu seront donc des ambassadeurs de cette philosophie ?

    Lionel L’Haridon : Complètement ! En plus des paniers en livraison et en drive, tout sera pensé pour promouvoir cette filière bio locale, mais aussi, chaque fois que possible, pour soutenir l’emploi et l’insertion des jeunes et encourager une alimentation de qualité et équilibrée. Nous avons ainsi parmi nos partenaires la légumerie Terra Alter Est, qui sera en charge de la partie transformation de légumes (nettoyage, épluchage, découpe, mise sous vide) acheté via notre future centrale logistique. Les salariés sont des personnes en insertion, ce qui est pleinement avec la dimension solidaire du projet. Idem pour le restaurant : l’idée est de faire travailler un chef qui pourra exprimer sa créativité à travers les produits de la plateforme et faire la démonstration que le bio, de saison et local est viable en restauration. Il y aura aussi une cuisine centrale, de type cuisine de collectivités, pour la vente à emporter, qui nous permettra de pousser toujours plus loin cette logique de promotion des circuits courts. Et pour éviter tout gaspillage, l’atelier de transformation de soupes et de conserves vendues sous la marque du magasin utilisera les invendus de la centrale.

    Nous avons aussi prévu un « fablab culinaire », soit un incubateur de projets liés à l’alimentation. Il sera ouvert aux professionnels souhaitant tester de nouveaux produits, comme aux particuliers qui veulent tester une idée avant de lancer leur propre activité. Le fablab aura donc pour vocation lui aussi de montrer la viabilité des circuits courts en milieu pro. Toutes ces structures proposeront d’ailleurs des programmes de formation pour les représentants des restaurants d’entreprises, des écoles et des restaurateurs traditionnels.

    90 %

    des maraîchers bios commercialisent tout ou partie de leur production en circuit court (contre moins de la moitié en maraîchage conventionnel).**

    5 Ce sera donc aussi un lieu de rencontre où se croiseront particuliers et professionnels de toutes générations ?

    Lionel L’Haridon : Oui, c’est notre souhait : en plus des paniers, de la restauration et de la boutique, la cuisine pédagogique sera, par exemple, ouverte aux particuliers qui souhaitent apprendre à cuisiner les produits frais. Il y a un vrai besoin ! Beaucoup de gens ne cuisinent pas parce qu’ils ne savent pas, mais aussi parce qu’ils pensent que ça prend beaucoup de temps alors que ça peut être très simple et rapide. C’est donc important de pouvoir le démontrer en mettant en application des recettes basiques. Nous envisageons aussi que la cuisine soit utilisée en partenariat avec le réseau Nutrition Santé de la ville auprès des jeunes en situation d’obésité ou de diabète. Pour les plus petits, nous avons créé un partenariat avec un réseau de crèches parentales, qui va ouvrir une structure dans notre bâtiment où 10 % des places seront réservées aux familles précaires. Et, bien sûr, les repas pour les enfants seront préparés sur place, avec nos produits frais !

    6 Pourquoi avoir choisi une ancienne usine pour implanter un projet axé autour du bio ?

    Lionel L’Haridon : Nous savions que nous ne voulions pas d’un bâtiment commercial comme ceux qu’on trouve dans les ZAC (zones d’aménagement concerté), ces grands entrepôts en tôle peu adaptés à notre projet. Nous sommes donc partis en quête d’un local auprès de la municipalité de Mulhouse, à qui nous avons présenté nos idées. Et la réponse a été très rapide : le choix s’est tout de suite arrêté sur ces superbes locaux des anciennes filatures DMC, emblématiques de la ville. Le site fait une dizaine d’hectares, à deux pas du centre-ville, c’est un emplacement incroyable. Le bâtiment que nous occuperons fait à lui seul 2 400 m2 ! Après de longues années de désaffection, c’est une friche industrielle exceptionnelle qui s’ouvre à nouveau au public et commence à revivre : le collectif d’artistes Motoco s’y est installé, un mur d’escalade va bientôt ouvrir (le plus haut de France !), un food court est prévu dans l’ancien bâtiment du réfectoire… Et le périmètre accueillera aussi des entreprises et des logements. Tout ça va ramener de la vie vers cette zone – donc une clientèle potentielle – ce qui représente une magnifique opportunité pour nous et pour la ville tout entière.

    AMAP en Alsace, un lieu dédié à l’alimentation bio et locale

     

    7 L’ouverture du tiers-lieu est prévue au printemps 2020. Comment vont se dérouler les choses d’ici là ?

    Lionel L’Haridon : La prochaine étape va être la levée de fonds. Elle aura lieu auprès de partenaires, mais aussi sous forme d’actionnariat solidaire auprès de particuliers : des parts de la future société ou des titres participatifs vont être proposés aux investisseurs qui en retireront, on l’espère, des dividendes, mais aussi la satisfaction d’avoir investi dans une entreprise de l’ESS qui œuvre pour le bien commun ! Et bien sûr, pour la mise en place des infrastructures et les premiers investissements, il y aura une part de financements publics au démarrage. En parallèle, les travaux vont démarrer pour remettre en état et aménager le bâtiment qui date de la fin du XIXe siècle. Il est typique de l’architecture industrielle de l’époque, avec beaucoup de cachet, de la brique, des verrières, de beaux poteaux en fonte… Comme il est plus ou moins à l’abandon depuis une dizaine d’années, il y a du boulot, mais c’est aussi une vraie démarche de réhabilitation d’un patrimoine historique. Toutes les activités seront organisées autour d’un espace central où elles seront visibles, un peu comme une place de village. C’est vraiment l’esprit que nous souhaitons donner à l’ensemble, toujours pour favoriser le lien et pour donner à voir une partie des nombreux métiers qu’il est possible d’exercer dans le domaine des circuits courts. À terme, l’idée est de mailler le territoire avec d’autres structures de ce type.

    L’Essentiel de l’article

    • À Mulhouse, un projet de tiers-lieu dédié à l’alimentation bio et locale verra le jour en 2020 dans une ancienne usine.
    • Il accueillera un service de livraison de paniers bios, une boutique, un atelier de transformation, des restaurants, un fablab, une crèche et une cuisine pédagogique.

    * Baromètre consommation Agence bio/CSA, 2018.
    ** Insee, 2017.

  • Quel statut juridique choisir pour lancer sa start-up ?

    Quel statut juridique choisir pour lancer sa start-up ?

    La rédaction des statuts d’une société

    Au moment de créer votre entreprise, vous devez décider de son organisation, à savoir : les prises de décisions, la répartition des pouvoirs entre dirigeants, la gestion des conflits entre associés, etc. Ces modalités de fonctionnement sont à inscrire dans les statuts : un acte juridique. Vous avez la possibilité d’écrire ceux-ci vous-même, mais il est parfois plus sage de faire appel à un professionnel. Notaires, avocats ou experts-comptables sont habilités à rédiger un tel acte juridique. Une fois rédigé, envoyez ce document à la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de votre région (la CCI se chargera de l’envoyer au Tribunal de commerce pour que vos statuts soient correctement enregistrés).

    1 Mais au fait, c’est quoi une start-up ?

    Pour Sylvain Bourrier, fondateur d’une start-up dédiée au networking, c’est-à-dire à la mise en réseau entre professionnels (Weavup), « ce qui distingue la start-up de la PME classique, c’est son modèle de croissance qui demandera beaucoup d’efforts au départ. L’objectif étant de donner envie à des investisseurs de rejoindre le projet ».

    Car la start-up est une jeune entreprise qui souhaite se développer très rapidement. Il est donc nécessaire d’avoir des fonds importants dès le début. Entre levées de fonds, recours à des business angels (à savoir de gros investisseurs qui mettent à disposition de la start-up leurs propres compétences professionnelles), à des fonds d’investissement ou encore à des aides d’État, les fondateurs de start-up doivent redoubler d’inventivité pour réunir suffisamment de capitaux dès le départ.

    La start-up est une entreprise risquée, car elle explore de nouveaux marchés, et chaque start-up développe son propre business model, c’est-à-dire son propre modèle économique qui détermine ce qu’elle souhaite vendre, comment et à qui. Face à ce risque, de nombreux fondateurs de start-up font appel à des incubateurs, c’est-à-dire des organismes qui vont accompagner les start-up au moment de leur lancement et favoriser la croissance de la jeune entreprise.

    Mais dès le départ, vous devrez choisir le statut juridique le plus adapté à votre société.

    Vous êtes travailleur indépendant ?

    Pensez au contrat de prévoyance des indépendants de la Macif et bénéficiez d’une protection sur mesure !*

    Un incubateur de start-up ? Quèsaco ?

    C’est une structure (entreprise ou association), qui délivre des conseils et apporte des outils pour le développement de l’entreprise. Il permet aussi une mise en réseau, des partenariats et peut même participer sous forme de conseils, d’apport de matériel, d’aide à la recherche de locaux et de mise en réseau avec des professionnels (clients et prestataires) à la naissance de l’entreprise. Numérique, santé, immobilier, gastronomie, sport… : les incubateurs vous accompagnent quel que soit votre domaine.

    L’incubateur est un excellent moyen de donner envie aux investisseurs et de trouver ses collaborateurs ou de tester ses prospects. La start-up de Sylvain est entrée à Station F.

    « Pour entrer à Station F, nous avions participé à un concours organisé par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Lauréats, nous avons donc bénéficié gratuitement du programme Fellowship, comprenant un accès au coworking – notre espace de travail mis à la disposition des start-up – et à tous les services de la Station F, cinq jours par mois. Station F ayant une renommée internationale, le développement s’est fait sous de bons auspices. Quand on est labellisé Station F, on est plus vus ou écoutés. Pour ceux qui souhaitent lancer leur start-up, c’est aussi une occasion incroyable de se faire du réseau : faire la connaissance avec d’autres fondateurs de start-up mais aussi des entreprises partenaires à l’incubateur. Les interactions sont riches ! »

    2 La Société par Actions Simplifiée (SAS) : pour bénéficier d’une grande flexibilité

    C’est LE statut plébiscité par les start-up. Il faut dire que la SAS offre une grande flexibilité puisque vous pouvez faire entrer de nouveaux actionnaires au capital de l’entreprise quand vous le souhaitez : un avantage qui permettra à la start-up de se développer plus rapidement. C’est ce qu’a fait Sylvain Bourrier :

    « J’avais besoin d’un statut flexible pour que des investisseurs puissent entrer au capital. J’ai donc lancé Weavup en SAS. J’ai conservé mon rôle de salarié dans l’entreprise tout en gardant la possibilité de faire entrer des associés à tout moment et plusieurs fois. »

    Le statut SAS permet donc à Sylvain de prévoir des modifications illimitées et de s’adapter plus facilement au modèle de croissance de sa start-up. Il peut prévoir de l’adapter à l’arrivée de levées de fonds à tout moment, sans perdre son pouvoir de décision majoritaire.

    La SAS permet aussi une souplesse dans le cadre de travail. À vous de décider quelles en seront son organisation et sa gouvernance en l’inscrivant dans les statuts d’entreprise. Ce sont donc les associés de la SAS qui déterminent ensemble le mode de fonctionnement de l’entreprise et la répartition des pouvoirs.

    Enfin, la SAS permet de bénéficier d’une fiscalité avantageuse. Durant les cinq premières années, si vous lancez une activité commerciale, artisanale, agricole ou libérale, vous pouvez opter pour l’impôt sur le revenu, plutôt que l’impôt sur les sociétés, normalement appliqué par défaut. C’est donc votre revenu en tant que chef d’entreprise qui est imposable et non les bénéfices de votre société.

    3 La Société À Responsabilité Limitée (SARL) : un statut plus encadré

    La SARL est un statut plus rigide que la SAS, en apparence moins adaptée à la start-up (qui a besoin de flexibilité pour se développer).

    Fonctionnant sur le principe d’associés, vous devez être au moins deux pour créer ce statut. À l’inverse de la SAS, vous serez soumis à un code bien précis – Code du commerce – pour vous organiser. Vous n’aurez pas l’occasion de faire évoluer la teneur des statuts tels qu’ils auront été rédigés au moment de la création de l’entreprise, ou d’ajouter des clauses concernant les associés comme c’est le cas avec la SAS. Il est donc conseillé d’établir un « pacte d’associés » ou « d’actionnaires ». Ce document établira les règles de fonctionnement des décisions au sein de l’entreprise. Ce document juridique est aussi notifié lors de la rédaction des statuts de votre entreprise. C’est donc auprès de la CCI (chambre de commerce et d’industrie) que vous pourrez le faire évoluer.

    Autre différence : alors qu’en SAS, vous pourrez – en tant que président de la start-up – être assimilé salarié, la SARL vous donnera un statut de travailleur non salarié, ce qui implique donc des charges sociales moins lourdes.

    4 Le choix du statut coopératif

    Les Scop, sociétés équitables

    Du point de vue juridique, une société coopérative et participative (Scop) emprunte son mode de fonctionnement aux SARL ou SAS que vous connaissez, mais elle est coopérative, et cela change tout !

    Concrètement, les associés majoritaires ne sont autres que les salariés eux-mêmes : ils sont donc maîtres à bord. Le pouvoir est partagé équitablement entre chaque associé. Les associés de la Scop possèdent au moins 51 % du capital et prennent leurs décisions en assemblée générale, avec une personne équivalant à une voix.

    Évidemment, comme pour toute entreprise, il y a un dirigeant. Mais en Scop, il est élu par les associés salariés ! Les compétences sont mises en commun, tout comme les profits.
     
    « Travailler en Scop est une aventure motivante pour l’ensemble des salariés. Si vous croyez à l’intelligence collective et que vous pensez qu’une entreprise qui fait confiance à ses salariés a toutes les chances de réussir, alors le modèle coopératif a toutes les chances de vous séduire », Fatima Bellaredj, déléguée générale de la CG Scop.

    Les SCIC au service de l’intérêt collectif

    Les sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) sont, dans leur organisation coopérative et leur agencement participatif, similaires aux Scop. Ce qui les différencie de ces dernières, c’est le fait que les membres associés peuvent être, en dehors des salariés bien sûr, des bénévoles, des collectivités, mais aussi des partenaires privés. Une vraie valeur ajoutée pour des projets engagés sur un territoire.

    Les SCIC, tout comme les Scop d’ailleurs, sont des sociétés qui ont une obligation de résultat. Travailler pour une SCIC ne relève aucunement du bénévolat. En tant que salarié d’un SCIC, vous serez rémunéré.

    L’Essentiel de l’article

    • Les statuts juridiques à caractère évolutif ou coopératif sont à privilégier.
    • Vous pouvez vous faire accompagner par des incubateurs.

    * Dans les conditions et limites fixées au contrat.

    ** Source : Les Scop, « Les chiffres-clés 2017 »

  • Saint-Michel-sur-Orge se mobilise contre le gaspillage alimentaire

    Saint-Michel-sur-Orge se mobilise contre le gaspillage alimentaire

    À moins de 30 kilomètres au sud de Paris, Saint-Michel-sur-Orge s’est engagée depuis 2014 dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Encouragées par l’équipe municipale et soutenues par des partenaires locaux et nationaux très impliqués, les actions s’enchaînent et se répondent les unes aux autres dans un cercle vertueux qui croît de jour en jour. À l’arrivée, moins de gaspillage bien sûr, mais aussi des espaces publics plus propres, un lien social renforcé et une ville tout entière mobilisée autour de la solidarité et de l’environnement.

    1 Des ateliers antigaspi au centre de la démarche

    « Nous avons débuté les actions contre le gaspillage alimentaire en 2014 », se souvient Muriel Mosnat, première adjointe aux Affaires sociales, Cohésion sociale, Seniors et Habitat de la commune de Saint-Michel-sur-Orge. « Tout a commencé par un partenariat avec l’épicerie sociale associative La Clairière que nous accompagnons depuis plusieurs années via des dons en nature, un support logistique, des moyens humains et des subventions. Il faut savoir que 5 % des habitants de Saint-Michel sont utilisateurs de cette épicerie, il y a donc un vrai besoin local. Or les bénévoles de l’épicerie nous ont assez rapidement fait remonter que les publics, par manque d’information et par habitude, jetaient beaucoup d’aliments encore consommables. »

    Parmi les causes identifiées, la méconnaissance du fonctionnement des dates de péremption (qu’est-ce qui peut ou ne peut pas être consommé après expiration de la date), et une mauvaise utilisation du réfrigérateur. Autre enjeu de taille, une consommation de fruits et légumes insuffisante à cause des prix souvent élevés, mais pas seulement…

    « Beaucoup ne savent pas cuisiner ou pensent que ça prend beaucoup de temps, alors que pas du tout ! », répond Muriel Mosnat. « On a donc décidé mettre en place des ateliers pratiques contre le gaspillage alimentaire, d’abord au CCAS * puis à l’épicerie solidaire. On y apprend à moins jeter en sachant comment consommer de façon sécurisée certains aliments passés de date (yaourts, lait, etc.), comment régler et ranger son réfrigérateur pour conserver plus longtemps les aliments, mais aussi comment cuisiner les fruits et légumes de façon ludique avec des recettes de soupes, de smoothies, de confitures, de conserves… »

    Ici, les maîtres-mots sont plaisir et convivialité ! Au sein d’une cuisine équipée, les participants trient, épluchent, découpent et cuisinent des denrées invendues fournies par la grande surface voisine, très impliquée dans les actions antigaspillage de la commune. Elles sont également récupérées à prix cassés en fin de marché, une autre façon de limiter le gâchis.

    « Ce sont ces fameux légumes ”moches” que la plupart des gens ne veulent pas, mais qui sont délicieux une fois cuisinés ! Les confitures concoctées pendant les ateliers sont ensuite revendues sur des stands dans la galerie marchande du supermarché ou sur certains événements municipaux comme la Fête de la Ville. Ça donne de la visibilité au CCAS et c’est très motivant pour tout le monde ! »

    10

    millions de tonnes de produits alimentaires sont jetées ou gaspillées chaque année en France. (2)

    2 L’écoresponsabilité, c’est l’affaire de tous !

    Et pour pousser la démarche à fond, on ne jette rien ! Les épluchures et restes des ateliers sont donnés au jardin partagé de la commune pour faire du compost.

    « En retour, nous participons à la transformation des fruits et légumes du jardin au moment des récoltes. Nous allons d’ailleurs mettre en place prochainement d’autres potagers dans les quartiers, que les habitants pourront utiliser. Cultiver son propre jardin, c’est redonner du sens et de la valeur à des choses simples. »

    C’est donc un véritable cercle vertueux qui est en train de se mettre en place : aujourd’hui à Saint-Michel, on jette moins, on récupère plus d’invendus et de surplus, on mange mieux et on participe au fonctionnement de l’agriculture urbaine locale.

    « Pour les publics précaires en particulier, c’est très valorisant : les participants sont ravis d’être acteurs de cette démarche éco-solidaire bénéfique à toute la communauté, c’est un excellent moyen de lutter contre le sentiment d’exclusion », analyse Muriel Mosnat. « Et comme ces ateliers sont ouverts à tous **, ils participent à créer du lien social entre les habitants des différents quartiers et de différentes origines socioculturelles qui ne se seraient peut-être jamais croisés autrement. Nous avons réussi ce pari d’ouvrir à tous les initiatives sociales. Il y a une énergie formidable ! »

    Autre cheval de bataille dans la lutte contre le gaspillage alimentaire : les cantines scolaires, dans lesquelles sont jetés 44 kg de nourriture en moyenne par service (1). La municipalité a ainsi décidé de réduire le nombre d’options au menu, et a mis en place des self-services : comme cela, les élèves choisissent ce qu’ils veulent manger, et il y a moins de pertes, tout simplement !

    « Pour « prêcher la bonne parole” auprès des élèves, nous avons aussi décidé d’impliquer le Conseil municipal des enfants, car les messages passent mieux s’ils sont délivrés par des jeunes. »

    Mais pour Muriel Mosnat, la plus grande victoire est la prise en main de la lutte antigaspi par les habitants de la ville. Suite aux ateliers, un collectif de citoyens s’est en effet formé pour mettre en place des actions de façon autonome. Grâce au soutien de la Fondation d’entreprise du groupe Macif, qui a offert une subvention de 4 200 €, les habitants ont pu acheter du matériel (mixeur, blender, saladier, planche à découper…) pour équiper une cuisine commune qui sert désormais à initier tous les volontaires aux secrets d’une bonne soupe, au zéro déchet, à la fabrication de produits d’entretien et de cosmétiques écoresponsables, etc.

    « La municipalité a aussi initié des opérations « coup de propre” de ramassage des déchets dans les quartiers. On dépasse donc largement la thématique initiale du gaspillage pour encourager tous les gestes quotidiens qui permettent de prendre soin de l’environnement au sens large : pas seulement la nature mais aussi son quartier, sa rue, son immeuble. »

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du groupe Macif soutient des initiatives qui œuvrent contre le gaspillage alimentaire !

    3 Une ressourcerie pour aller plus loin

    En 2017, c’est au tour d’une ressourcerie de voir le jour pour étendre l’action antigaspillage à d’autres thématiques que l’alimentation. Les Saint-Michellois peuvent venir y déposer les appareils, vêtements, jouets et accessoires dont ils ne veulent plus, qui seront revendus à petits prix. D’abord éphémère, elle a été pérennisée en décembre 2018 dans des locaux où sont organisés des ateliers de couture, de fabrication de produits écolos, de réduction des déchets, de réparation…

    « Nous avons déjà sept ateliers prévus en 2019, organisés en autonomie par les bénévoles du collectif d’habitants. C’est toute une pédagogie qui est en train d’être mise en place autour de l’achat d’occasion, du fait de ne pas jeter les objets, etc. Réutiliser et recycler sont devenus des gestes incontournables dans une démarche globale de déconsommation. »

    Enfin, un comité de pilotage sera institué en 2019 pour valoriser, soutenir et développer toutes ces actions écoresponsables sur la commune de Saint-Michel. Il intégrera les habitants, les services municipaux, les représentants associatifs et les partenaires.

    L’idée est de toucher de nouveaux publics pour aller encore plus loin.

    + 22 %

    de dons alimentaires aux associations grâce à la loi contre le gaspillage alimentaire promulguée en France en février 2016. (3)

    * Centre communal d’action social, qui a initié les ateliers antigaspillage.
    ** Les ateliers sont ouverts à tous les habitants de Saint-Michel-sur-Orge et de la communauté de commune Cœur d’Essonne.

    Sources :

    (1) Ademe, « La restauration collective mobilisée contre le gaspillage alimentaire », 2018
    (2) Ministère de la Transition écologique et solidaire, « Gaspillage alimentaire », 2018
    (3) Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, « La France pionnière de la lutte contre le gaspillage alimentaire », 2018.

    L’Essentiel de l’article

    • Des ateliers et de nombreuses initiatives sont mis en place pour lutter contre le gaspillage alimentaire.
    • Les ateliers écoresponsables sont ouverts à tous.
    • Des actions sont organisées dans les écoles pour réduire les pertes dans les cantines.
    • Une ressourcerie a été ouverte en 2018.
  • 3 conseils pour comprendre le véhicule autonome

    3 conseils pour comprendre le véhicule autonome

    1 Voiture autonome : quels avantages ?

    Le véhicule autonome dispose d’une intelligence artificielle. Il est composé de caméras et de capteurs qui lui permettent de comprendre l’environnement dans lequel il se trouve, s’y déplacer et même interagir avec les autres véhicules autonomes. Grâce à cette technologie, le véhicule autonome devrait à terme permettre d’améliorer la sécurité et de réduire le nombre d’accidents. Selon certaines études (1), le nombre d’accidents de la route pourrait baisser de 90 % avec la généralisation de la voiture totalement autonome. Cependant, sur les décennies à venir, la coexistence de véhicules à conduite déléguée avec des véhicules plus anciens pourrait faire émerger de nouveaux types d’accident.

    Les erreurs humaines sont aujourd’hui responsables de près de 93 % des accidents (2). Par ailleurs, un conducteur met environ une seconde à appuyer sur la pédale de frein en cas d’obstacle sur la route ; temps qui peut être allongé par la fatigue par exemple. En somme, une faille humaine… Sur ces aspects, les « réflexes » du véhicule autonome seront potentiellement bien meilleurs. Par contre, il faut bien réaliser que la décision de freiner en urgence découle de l’analyse instantanée de centaines de paramètres qui caractérisent la situation, de la compréhension des éléments constituant le danger et qu’il faut donc une puissance de calcul et de traitement phénoménale pour prendre une décision pertinente : ce n’est malheureusement pas encore le cas et il reste beaucoup de travail aux ingénieurs pour réussir à donner à une machine les qualités minima possédées par la plupart des conducteurs humains. Il y aura donc une période de transition qui pourrait durer 30 à 40 ans, avant que le véhicule autonome n’offre toutes ses promesses. Le chemin pour parvenir aux bénéfices attendus de la part du véhicule robot sera donc très long et très incertain…

    En réalité, le véhicule autonome n’est que la suite d’un mouvement entamé depuis les années 1970 et destiné à diminuer le nombre d’accidents : ceinture de sécurité, airbag, ABS, ESP, régulateur de vitesse, aide au parking…

    Grâce aux datas, les véhicules autonomes détermineront la vitesse idéale de déplacement : cela permettra d’éviter les congestions de circulation. En effet, les véhicules communiqueront entre eux sous forme de notifications et s’autoréguleront, en vitesse et parcours, pour éviter les bouchons. La voiture de demain pourra également interagir avec son environnement, par exemple avec la route ou les panneaux de signalisation qui seront soit eux aussi connectés, soit reconnus par le véhicule. Les infrastructures seront elles aussi équipées de capteurs et autres dispositifs de détection. Infrastructures routières intelligentes et véhicules autonomes s’échangeront donc des données de façon automatique via la 5G. Ainsi, en cas d’accident, de chaussée bloquée, mais aussi de conditions météorologiques particulières (gel, pluie, etc.), la route enverra des informations vers les véhicules pour qu’ils adaptent leur comportement. Avec ce système, fini les écarts de vitesse entre chaque véhicule, c’est le trafic tout entier qui avancera au même rythme. Les distances de sécurité seront bien respectées et le Code de la route sera appliqué à la lettre.

    Mais au-delà des avantages pour votre sécurité, cela devrait apporter un bénéfice certain pour l’environnement avec la diminution des embouteillages. Les embouteillages sont aujourd’hui le fruit d’accidents, de travaux, de rétrécissements de la chaussée, mais surtout d’une saturation du trafic. La route intelligente et les voitures autonomes devraient permettre de fluidifier le trafic, de réduire les embouteillages et d’avoir un impact positif sur la pollution dans les grandes villes.

    Mais l’impact écologique devrait être principalement lié au fait que ces nouveaux véhicules seront probablement propres, c’est-à-dire roulant à l’électricité ou à l’hydrogène. Cette transition écologique dans le secteur automobile est d’ailleurs engagée puisque le gouvernement français a annoncé la fin de la vente de voitures à moteur thermique d’ici 2040.

    Si le véhicule de demain est autonome, cela signifie que vous n’aurez plus besoin de le conduire ! Le temps de trajet deviendra un temps dont vous pourrez disposer librement. Vous pourrez par exemple utiliser ce temps pour travailler ou pour vos loisirs : lecture, visionnage de films ou de séries, communication avec vos proches, réunion à distance, etc. À condition de garder votre ceinture de sécurité bien sûr !

    3 000

    C’est le nombre de véhicules autonomes nécessaires pour remplacer 14 000 taxis new-yorkais selon des chercheurs du MIT.*

    2 Partager pour rouler moins cher

    Pourvu de nombreux équipements extrêmement sophistiqués, le véhicule autonome devrait être très cher : probablement 50 % à 100 % plus cher qu’un véhicule classique. Un prix excessif pour de nombreux foyers même en comparaison des bénéfices qu’il apportera. Afin qu’il devienne une solution d’avenir, le véhicule autonome – et donc son coût – sera sans doute partagé entre différents utilisateurs.

    Partager sa voiture ou louer celle de son voisin est déjà devenu très courant. En effet, dès à présent, 62 % des Français disent oui au covoiturage (3), des voitures en libre-service ou en autopartage sont disponibles dans la plupart des villes et la location de véhicules entre particuliers s’est démocratisée (3 % des locations en 2015 (4)). Le véhicule autonome pourra donc s’inscrire dans la lignée de ces nouveaux usages, économiques et conviviaux, qui séduisent de plus en plus de Français.

    On peut notamment imaginer un système de location entre particuliers ou des systèmes gérés par des entreprises ou collectivités locales qui disposeraient de parcs automobiles entiers. Les véhicules autonomes seraient mis à la disposition des usagers qui n’auraient qu’à réserver leur véhicule au travers d’une application mobile ou d’une plateforme numérique dédiée. Un système de voiture à la demande qui devrait optimiser le partage de ce véhicule coûteux.

    Les sociétés de VTC sont d’ailleurs en force sur le sujet. D’ici 2030, il pourrait y avoir jusqu’à un tiers des kilomètres faits, dans le monde, au travers de véhicules autonomes à la demande (2). Mais ce sont aussi les transports en commun et notamment les bus qui seront autonomes. En 2017, les premières navettes autonomes entraient dans la circulation : la RATP a expérimenté de nouveaux véhicules à Vincennes et Transdev a mis en circulation deux minibus autonomes sur le parc d’activités de Rungis dans le Val-de-Marne.

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    3 Les freins au développement du véhicule autonome

    Aujourd’hui, le véhicule autonome n’est pas tout à fait prêt ! Technologiquement, plusieurs accidents lors de tests prouvent que l’intelligence artificielle est encore à développer pour faire face à des situations imprévues.

    Au-delà du véhicule en lui-même, c’est bien la route qui doit évoluer, ainsi que sa réglementation. Le Code de la route va devoir s’adapter à l’arrivée de ces nouveaux véhicules. Ainsi, pour chacun des acteurs de cet écosystème – constructeurs, financiers, prestataires de services, collectivités locales, mais aussi réseaux de transport et assureurs – cela implique des évolutions importantes de leur métier. Par exemple, à l’heure de la généralisation de la donnée automobile et de la connexion des véhicules, les constructeurs ne devront plus simplement être des fabricants, mais aussi des experts du service et de l’utilisation des données. De leur côté, les assureurs devront tenir compte de l’évolution probable du risque individuel (un conducteur, un véhicule, un usage), à un risque sériel : l’assurance de flottes de véhicules utilisés par des consommateurs multiples.

    Autre point bloquant : la cohabitation entre véhicules autonomes et véhicules traditionnels. Car malgré tous ces radars, caméras et capteurs, il est difficile pour le véhicule autonome de se mouvoir dans un environnement composé d’innombrables carrefours, de routes parfois non marquées au sol, de camions de livraison arrêtés sur la voie, de voitures qui déboîtent sans clignotant, de scooters qui se faufilent, etc. Pour l’heure, les tests qui ont un lieu dans le trafic routier montrent que le véhicule autonome hésite face aux comportements humains. Il peut par exemple rester bloqué indéfiniment à l’intersection d’un carrefour sans signalisation ou rouler par à-coups. Le véhicule autonome ne peut pas se baser sur tout ce qui relève de la gestuelle ou même des jeux de regards entre conducteurs. Pour fonctionner de façon optimale, le véhicule autonome doit par conséquent être généralisé. Il a besoin d’évoluer dans un environnement formaté. Les experts estiment que d’ici cinq à dix ans, certaines zones données, comme une partie de Paris intra muros, pourront passer au tout-autonome (5). Mais à une condition qui pourrait poser pas mal de polémiques : exclure tous les véhicules non autonomes de cet espace…

    Le frein le plus important pour le développement du véhicule autonome reste cependant le frein psychologique. La confiance envers ce véhicule doit s’imposer, sans cela, le développement technologique ne suffira pas à contribuer à son émergence.

    Actuellement, plus de 3 500 personnes meurent chaque année sur les routes françaises (3 684 en 2017 (6)). Un chiffre glaçant, mais qui est considéré comme en partie incompressible, car il est le résultat d’erreurs humaines. Les individus accepteront-ils un plus petit nombre d’accidents, mais causés ou non évités par des machines ?

    Pour l’heure, près de 24 % des Français se disent prêts à rouler en voiture autonome. Ils sont un peu plus (25 %) à s’y opposer fermement (7).

    K-City : une ville fantôme pour tester le véhicule autonome

    Cette ville de 35 hectares a été inaugurée en octobre 2017 en Corée du Sud, dans le seul but d’effectuer des tests grandeur nature pour les véhicules autonomes.

    4 Le véhicule autonome au service des plus fragiles

    Certains publics se montreront sans doute plus enclins à monter à bord du véhicule autonome. D’une part, les férus de technologies, et d’autre part… les seniors : eh oui ! Car avec l’âge, nombre de personnes perdent leur capacité de conduire. Les nouvelles technologies pourront probablement permettre aux personnes âgées de maintenir leur liberté de mouvement.

    De même, les publics fragiles, comme les personnes en situation de handicap pourront peut-être demain bénéficier des avantages du véhicule autonome. Ils retrouveront ainsi une liberté de mouvement et gagneront en autonomie : ils ne seront plus dépendants de personnes tierces et ne seront plus obligés d’emprunter les transports en commun. Ils pourront se déplacer seuls, sur de courtes et longues distances.

    Autres bénéficiaires potentiels : les jeunes. En 2016, un quart des 18-35 ans (33 %) ont renoncé à un emploi ou une formation en raison de difficultés de déplacement (8). Les 18-24 ans sont d’ailleurs de moins en moins nombreux à passer leur permis de conduire selon un sondage d’Opinion Way (9) : 60 % d’entre eux étaient, en 2017, titulaires du permis B, soit 5 points de moins qu’en 2013… Cette baisse s’explique par des raisons financières pour 48 % d’entre eux, le permis coûtant en moyenne entre 1 000 et 1 200 euros. Si le véhicule autonome est partagé entre différents utilisateurs, il deviendra dès lors plus abordable au quotidien qu’un véhicule traditionnel. Le véhicule autonome représenterait alors une solution de retour à l’emploi pour ce public jeune.

    Enfin, et de manière plus large, le véhicule autonome représente une opportunité extraordinaire pour les populations souffrant d’une exclusion territoriale, notamment les habitants n’ayant pas le permis et vivant dans des zones mal desservies par les réseaux de transports en commun, notamment les zones rurales et périurbaines. Des navettes autonomes pourraient, par exemple, desservir ces zones aujourd’hui délaissées. Beaucoup de collectivités locales, communautés de commune, régions, villes, acteurs du développement local ou coopératives sont très motivés et intéressés par l’opportunité de désenclavement géographique lié au véhicule autonome.

    Les publics fragiles ou à l’autonomie réduite sont donc ceux qui ont le plus à gagner avec le développement de la voiture autonome. Le véhicule autonome dépassera donc sa fonction première de transport pour devenir un vecteur social d’intégration à la société.

    Bon à savoir

    Dès 1940, l’architecte américain Norman Bel Geddes, imagine en avance l’arrivée du véhicule autonome, les nouvelles infrastructures urbaines et les avantages de ceux-ci dans son livre Magic Motorways :

    Les voitures de 1960 et les autoroutes sur lesquelles elles rouleront auront en elles les dispositifs qui corrigeront les défaillances de l’être humain en tant que conducteur. Ils empêcheront le conducteur de commettre des erreurs. Ils l’aideront à traverser les intersections sans ralentir ni ralentir les autres véhicules et sans mettre en danger sa vie ou celle des autres.

    L’Essentiel de l’article

    • Sécurité, confort et décongestion des villes : les avantages du véhicule autonome.
    • Une voiture très chère qui nécessite d’être partagée.
    • Technologie, réglementation et confiance : les freins au développement du véhicule autonome.
    • Le véhicule autonome : une véritable opportunité pour les seniors, les handicapés et les jeunes !

    (1) Boston Consulting Group en collaboration avec le Forum économique mondial.
    (2) Guy Beauché, Véronique Préault, « Voiture : êtes-vous prêt à lâcher le volant », 2018.
    (3) Laboratoire de la société numérique, « 62 % des Français ont déjà fait du covoiturage : 25 % d’entre eux utilisent une plate-forme de covoiturage », 2017.
    (4) Insee, « Pelleteuses, voitures, smartphones… : louer plutôt qu’acheter ? », 2015.
    (5) Le Monde, « La ville à l’épreuve de la voiture autonome », 2017.
    (6) Sécurité routière, « Bilan de l’accidentalité de l’année 2017 », 2018.
    (7) Ipsos, « Quel regard les consommateurs portent-ils sur la voiture autonome ? », 2018.
    (8) Injep, « Les difficultés de transport : un frein à l’emploi pour un quart des jeunes », 2017.
    (9) Sondage Opinion Way pour Point S, « Les jeunes et le permis de conduire auto », 2017.
    * MIT Computer Science & Artificial Intelligence Lab
  • Les AMAP, des paniers pour mieux manger en circuit court

    Les AMAP, des paniers pour mieux manger en circuit court

    1 Agriculteurs et consommateurs, unissez-vous !

    Les premières AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) sont nées en France en 2003 du désir de rapprocher les agriculteurs des consommateurs des villes. Le principe est simple : un groupement de clients s’engage auprès d’un producteur de la région à récupérer chaque semaine une quantité donnée, sur une durée d’un an. En retour, le producteur s’engage à livrer des produits saisonniers de qualité, le plus souvent bios. Concrètement, cela se traduit par une offre de « paniers » composés d’un assortiment de produits de saison issus de l’exploitation (fruits, légumes, fromages, lait, charcuterie…).

    Chaque membre de l’AMAP s’engage alors contractuellement pour la saison, et règle l’intégralité des sommes à l’avance (généralement en une ou trois fois, mais certaines AMAP pratiquent le paiement hebdomadaire). Les paniers sont alors préparés et acheminés par l’agriculteur dans un point de livraison groupée, proche du domicile des adhérents.

    Pour Lionel L’Haridon, président du réseau d’AMAP Rhenamap, ce lien direct entre « consom’acteurs » et producteurs est primordial :

    « Il engage les deux parties, et c’est ce lien qui permet au système de durer. En mettant “un visage” sur un produit, on sait exactement pour quoi on paye et où va notre argent. On apprend comment marche l’exploitation, quelles sont éventuellement ses difficultés passagères, etc. C’est la meilleure façon de se réapproprier sa propre consommation, parce qu’on comprend mieux les enjeux environnementaux, économiques et sociaux de nos choix. Aujourd’hui, les AMAP de notre réseau représentent 70 emplois locaux, soutenus par l’engagement de 900 familles d’“amapiens” qui consomment chaque semaine leur panier de produits frais. »

    92 %

    des maraîchers partenaires d’AMAP en Île-de-France sont certifiés bios ou en conversion. (1)

    2 Un sérieux coup de pouce à l’agriculture biologique

    Manger bio et acheter local sont les deux piliers du dispositif :

    « La démarche AMAP a toujours été portée par ces deux priorités : le passage des exploitations en agriculture bio, et la consommation locale. Aujourd’hui, la dimension locale est même devenue prépondérante. Notre volonté est donc d’avoir non seulement des circuits courts, c’est-à-dire sans intermédiaire, mais aussi de vraie proximité. Nos producteurs sont donc tous situés dans un rayon de 40 ou 45 km autour de l’agglomération de Mulhouse. »

    Côté bio, les agriculteurs non certifiés sont invités à s’appuyer sur la trésorerie générée par l’activité AMAP pour se convertir dans un délai de cinq ans.

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    3 Avec les AMAP, c’est facile de manger sainement !

    L’autre moteur des AMAP, c’est bien sûr la volonté de mieux manger.

    « Il y a souvent une prise de conscience, par exemple à la naissance du premier enfant, de la nécessité de changer ses habitudes alimentaires, poursuit Lionel. Plus de fruits et légumes frais et de saison, moins de pesticides, moins d’aliments transformés… Les AMAP permettent d’avoir accès à des produits variés, saisonniers et bios pour la plupart. Le tout, à un prix beaucoup moins élevé que si on devait faire des courses équivalentes dans une enseigne bio généraliste, ce qui explique aussi le succès de cette formule ! ».

    Fruits et légumes, lait et fromages, pains, charcuteries… L’offre est aussi diversifiée que le permet la production locale, pour le plus grand plaisir des acheteurs. Pour autant, le choix de l’AMAP n’est pas anodin : c’est un engagement qui nécessite souvent de changer quelque peu ses habitudes quotidiennes.

    « D’abord, il faut venir récupérer son ou ses paniers chaque semaine au point de distribution. Ensuite, il faut se mettre à cuisiner, tout simplement ! Or on se rend compte que les personnes ont une vraie volonté de mieux manger, mais qu’elles ne savent pas toujours comment s’y prendre », constate Lionel.

    Comment cuisiner des panais ? Pas évident pour tout le monde… La saisonnalité peut aussi être déroutante :

    « Certes, c’est un gage de qualité, mais quand on a du chou pendant trois semaines en hiver, on peut vite manquer d’idées pour l’accommoder. C’est pour ça que nous proposons sur notre site et dans notre newsletter des recettes simples à réaliser avec les fruits et légumes des paniers. Nous envisageons aussi d’organiser des ateliers culinaires car il y a un vrai besoin, chez les adultes comme chez les enfants. Ceci dit, nos agriculteurs ont beaucoup diversifié leur production au fil des années pour permettre de varier les paniers, y compris en hiver ! »

    Comment trouver une AMAP près de chez moi ?

    Vous souhaitez souscrire à une AMAP près de chez vous ? Consultez le site reseau-amap.org pour tout savoir sur le fonctionnement des AMAP et trouvez celles de votre région.

    4 Un fablab culinaire pour aller plus loin ?

    Cette difficulté à cuisiner reste aujourd’hui un frein au développement des AMAP, mais Rhenamap n’est pas à court d’idées.

    « C’est ce qui a inspiré notre nouveau projet de tiers lieu à Mulhouse, en partenariat avec la fondation Macif. Dans une zone de la ville en reconversion, un grand bâtiment accueillera un magasin de vente direct, une plateforme logistique et un lieu de distribution pour les paniers, un lieu de restauration, une cuisine pédagogique et un “fablab”, c’est-à-dire un incubateur d’entreprises du secteur culinaire. »

    Bref, tout pour développer l’envie de bien manger, pour tous !

    L’Essentiel de l’article

    • Les AMAP sont des associations qui mettent en relation directe des consommateurs et des agriculteurs.
    • Les consommateurs s’engagent sur l’achat de « paniers » de produits frais hebdomadaires, payés d’avance.
    • Les producteurs s’engagent sur la production et la livraison de produits de qualité à prix fixe.
    • Les produits proposés par les AMAP sont de saison, très majoritairement bios et locaux.

    (1) amap-idf.org, 2017.
  • Les Français et le recyclage : bons élèves ou dissipés ?

    Les Français et le recyclage : bons élèves ou dissipés ?

    1 Encore une montagne de déchets

    La production totale de déchets en France atteint 5 tonnes par an et par habitant (1). Si cela vous semble énorme, c’est normal : ce chiffre pharaonique inclut les déchets industriels, notamment ceux du secteur BTP. Forcément, ça pèse dans la balance ! Les déchets dits « ménagers », c’est-à-dire ceux produits par les foyers, atteignent en réalité un peu plus d’une demi-tonne (530 kg) par habitant (2), un chiffre qui correspond à la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). C’est 4 fois plus que la quantité de déchets générée par un citoyen chinois (128 kg/an/habitant) (2), mais tout de même beaucoup moins qu’au Danemark (780 kg/an/habitant) (2). Un constat : sur ces 500 kg de détritus annuels, 150 kg sont liés au gaspillage alimentaire (3)

    40 %

    des déchets de l’Union européenne sont produits par seulement trois pays : l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.*

    2 Le recyclage, ça marche !

    En France, 48 millions de tonnes de déchets ménagers sont envoyées chaque année dans des centres de traitements spécialisés (4). Parmi eux, les déchets organiques (épluchures, restes alimentaires, etc.) sont valorisés à 44 % (3), notamment sous forme de biogaz. Autrement dit, recycler permet non seulement de limiter les rejets de CO2, mais aussi de créer des énergies renouvelables. Les autres matériaux les plus recyclés sont les bouteilles et flacons en plastique (56 %), le papier et le carton (65 %), et le verre (86 %) (5).

    3 Les Français et le recyclage : les bons élèves… et les moins bons

    Si 87 % des Français trient leurs déchets, seuls 44 % le font systématiquement (6). Alors, qui trie le mieux ?

    Un sondage d’Éco-emballages a montré que les champions toutes catégories confondues sont les Français âgés de 55 à 64 ans (55 % de trieurs) et les habitants des zones rurales (51 %). À l’inverse, les 18-24 ans et les personnes vivant en appartement se disputent la dernière place (18 % de trieurs) (6).

    Au niveau des départements, on constate là aussi de grandes disparités, liées principalement aux infrastructures de tri en place dans les communes et au tissu urbain (tailles des villes, surface des logements, âge des bâtiments, etc.). Résultat, ça recycle à tour de bras en Vendée (53 % de déchets recyclés), dans le Morbihan (50 %) et en Haute-Saône (49 %). C’est moyen dans le Nord (39 %), tout comme dans l’Indre (37 %) à égalité avec la Moselle. Les scores les plus bas se trouvent plutôt dans les départements du Sud-Est (22 % dans le Var, 15 % en Corse-du-Sud)et en région parisienne, avec 14 % à Pariset 12 % seulement en Seine-Saint-Denis. Une consolation : c’est aussi l’une des régions où l’on jette le moins, avec l’Auvergne et les départements de l’ancienne région Midi-Pyrénées (7).

    4 Déchetterie is the new poubelle

    Les déchetteries ont la cote auprès des Français ! Au nombre de 710 en 1990, on en compte aujourd’hui plus de 4 600 réparties sur tout le territoire, couvrant 97 % de la population. Les consommateurs seraient 87 % à s’y rendre au moins une fois par an (8) pour y déposer principalement des déchets verts (40 %) et issus de travaux ou de bricolage (20 %), des encombrants (19 %) et des équipements électriques et électroniques (15 %) (9). Ces derniers sont dépollués et recyclés à hauteur de 81 % (8), une bonne raison de se déplacer jusqu’au point de collecte le plus proche pour vous en débarrasser !

    Comment Eugène Poubelle a inventé le tri sélectif ?

    Tout le monde ou presque connaît l’histoire d’Eugène Poubelle, ce préfet de la Seine qui a inventé le bac à ordures ménagères – la poubelle donc – en 1884. Mais saviez-vous qu’il avait également inventé le tri sélectif ? Son arrêté prévoyait en effet que les récipients mis à disposition des locataires soient composés de trois bacs séparés : un pour les matières putrescibles, un pour les chiffons et le papier, un pour les débris de vaisselle, le verre et les coquilles d’huîtres. Une idée longtemps oubliée qui est aujourd’hui au cœur de la démarche de transition écologique partout dans le monde.

    Diffuz.com est la plateforme solidaire de la Macif où vous pourrez découvrir des dizaines de projets associatifs ou entre particuliers.

    En quelques clics, inscrivez-vous pour participer aux initiatives éco-citoyennes près de chez vous !

    L’Essentiel de l’article

    • Les Français produisent un peu plus de 500 kg de déchets ménagers par an et par habitant.
    • Les déchets organiques sont recyclés à 44 %, le verre à 86 %.
    • En 2014, le recyclage a évité la production de 20 millions de tonnes de CO2.
    • En France, les champions du tri sont les 55-64 ans et les habitants du département de la Vendée.

    (1) Ministère de la Transition écologique (« Environnement », à l’époque), Data Lab, Bilan 2014 de la production de déchets en France

    (2) OCDE, Les déchets municipaux

    (3) Insee Références, Les acteurs économiques et l’environnement, édition 2017

    (4) ADEME, Chiffres-clés sur les déchets, 2017

    (5) Éco-emballages, Rapport annuel 2016

    (6) Éco-emballages, 2014

    (7) ADEME, Chiffres-clés des déchets, édition 2016

    (8) Eco-systèmes

    (9) Association Consommation, logement et cadre de vie, 2017

    Chiffres ADEME cités dans Le Figaro, 2016

    * Ministère de la Transition écologique (« Environnement », à l’époque), Data Lab, Bilan 2014 de la production de déchets en France

  • Superquinquin : le premier supermarché participatif de Lille

    Superquinquin : le premier supermarché participatif de Lille

    1 Les supermarchés coopératifs

    Les supermarchés coopératifs se développent à toute vitesse un peu partout en France, de Lille à Marseille, d’Agen à Nancy. Plus d’une vingtaine d’initiatives similaires ont vu le jour ou sont en cours de lancement. On les trouve principalement dans les grandes villes, où la demande est plus forte.

    La prise de conscience de l’importance d’une alimentation saine, qui soutient une agriculture durable, est pour beaucoup dans la multiplication actuelle des projets. Volonté de manger bio et local et désir de retrouver du lien social et de contourner la grande distribution sont autant de raisons qui vous convaincront peut-être de rejoindre le mouvement !

    2 D’où ça vient ?

    Ce modèle est importé des États-Unis où un supermarché collaboratif, en activité depuis les années 1970, compte plus de 16 000 membres. Deux Américains vivant à Paris ont initié la création d’un supermarché similaire, La Louve, ouvert à l’automne 2016 dans le 18e arrondissement de la capitale. Superquinquin a pour sa part ouvert ses portes le 1er avril 2017. Ces deux initiatives ont été soutenues par la Fondation Macif.

    3 Comment ça marche ?

    Le système mis en place chez Superquinquin se retrouve dans quasiment tous les projets de supermarché coopératif. Les clients sont des coopérateurs. Ils doivent être adhérents de l’association et offrir trois heures de leur temps par mois, pour faire fonctionner le magasin : ils peuvent tenir la caisse, assurer la mise en rayons, réceptionner les commandes, faire du travail administratif…

    « Il n’y a pas de missions fixes. Au démarrage de chaque créneau, les coopérateurs font le point sur les besoins et les envies, les capacités de chacun avec leur chef d’équipe et se répartissent ensemble les tâches à faire », précise Nicolas Philippe, coordinateur du projet.

    Les adhérents s’inscrivent en amont sur les créneaux horaires compatibles avec leur activité professionnelle : en semaine, le week-end ou en soirée, avec des souplesses d’organisation pour les personnes ayant des horaires flexibles ou irréguliers. Les heures d’ouverture du supermarché sont définies en fonction des disponibilités des coopérateurs.

    En échange de cela, chaque coopérateur peut faire ses courses dans le supermarché et bénéficier des avantages de la coopérative. C’est une particularité des supermarchés collaboratifs : ils sont uniquement ouverts à leurs membres, donc impossible d’y faire vos courses sans vous engager !

    Les associations peuvent réunir une centaine de coopérateurs pour un projet qui démarre, et jusqu’à 5 700 personnes pour la Louve à Paris ! De son côté, Superquinquin compte déjà plus d’un millier de coopérateurs un an après son lancement.

    Le saviez-vous ?

    La Fondation Macif soutient Superquinquin, et plein d’autres initiatives d’économie collaborative !

    4 Les avantages

    Les coopérateurs récoltent les fruits de leur investissement personnel en passant à la caisse. En réduisant quasiment à zéro les frais de fonctionnement, de gestion et de marketing, les supermarchés coopératifs peuvent proposer des prix vraiment intéressants. Selon Nicolas Philippe, chez Superquinquin, un panier est en moyenne 20 % moins cher qu’ailleurs sur des produits équivalents.

    Par ailleurs, les coopérateurs ne se contentent pas de remplir les rayons, ils choisissent également, de manière collégiale, les produits qu’ils y mettent ! Si le choix est libre, tous les supermarchés coopératifs respectent le principe de favoriser à chaque fois que c’est possible les productions locales, artisanales ou bios. Et ça marche ! À ce jour chez Superquinquin, 75 % des produits alimentaires proposés répondent à au moins l’un de ces trois critères.

    Ailleurs en France

    • La Louve à Paris
    • La Chouette à Lyon
    • Supercoop à Bordeaux
    • Super Cafoutch à Marseille
    • La Grande Épicerie Générale à Nancy
    • La Coop Agenaise à Agen

    L’Essentiel de l’article

    • Superquinquin est le premier supermarché coopératif et collaboratif de Lille.
    • Chaque adhérent est « coopérateur » et s’engage à travailler 3 heures/mois dans le supermarché.
    • Les produits proposés sont majoritairement issus des filières bios et des circuits courts.
    • En moyenne, le panier « type » chez Superquinquin est 20 % moins cher que dans un supermarché classique.