Catégorie : Du vert dans nos vies

  • Face au dérèglement climatique, la redirection écologique

    Face au dérèglement climatique, la redirection écologique

    La multiplication des événements climatiques extrêmes peut-elle conduire la société à envisager de renoncer à des modes de vie qui contribuent au dérèglement climatique ?

    A. M. : De manière théorique, elle devrait nous amener à réfléchir à se poser la question des activités auxquelles il faudrait renoncer et celles à développer parce que nos milieux changent, en résumé, la question de l’adaptation. Mais il serait une erreur de penser que la multiplication d’événements intenses et violents va automatiquement emporter une adhésion aux changements nécessaires et à l’idée de ce à quoi il faut renoncer. Même face à ces événements dévastateurs, certains trouvent le moyen de développer des croyances qui relativisent ou nient le dérèglement climatique. Rappelons-nous la dernière campagne électorale aux Etats-Unis. Certains soutiens de Trump affirmaient, alors que des ouragans dévastaient le pays, que ces aléas étaient provoqués par le parti démocrate, parce qu’ils s’abattaient sur des États républicains… Quand je donne des conférences, on me dit souvent : la physique va nous mettre d’accord. Malheureusement, l’idéologie triomphe encore de la physique… Ce n’est pas le fait d’être confronté à la catastrophe qui permet de dépasser les clivages idéologiques. Dans les cas de redirection écologique pris par certains territoires, on constate que ces décisions se prennent plutôt dans un contexte d’acculturation aux enjeux climatiques.

    A quoi nous faut-il renoncer collectivement ?

    A. M. :Il y a deux aspects différents à la réflexion sur les renoncements. Renoncer pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre ou renoncer pour s’adapter au fonctionnement nouveau du climat ? Pour le second, ça dépend bien sûr de la spécificité de chaque territoire. Il faut entrer dans le détail, faire des enquêtes de terrain. Pour la redirection écologique d’un territoire, il faut partir des attachements, pour comprendre ce qui est acceptable ou non, pour les personnes concernées.

    Face au dérèglement climatique, la redirection écologique
    Alexandre Monnin

     

    Que voulez-vous dire par « attachements » ?

    A. M. :Pour atténuer nos émissions de gaz à effets de serre ou nous adapter à la nouvelle donne climatique, nous devons remettre en question des modes de vie profondément ancrés. Il faut faire attention aux ressentis, aux « attachements » à ces habitudes. Surtout qu’elles sont aussi marquées par des inégalités passées et présentes. Alors qu’on a aménagé le territoire pour l’usage de la voiture en priorité, on ne peut pas dire aux gens qu’il faut se passer de ce mode de transport sans remettre en cause aussi cet aménagement de l’espace.

    Comment prépare-t-on un territoire à la survenue d’aléas naturels ? Et comment en faire une affaire collective ?

    A. M. :Cette préparation relève de différents acteurs. On peut partir du cadre existant, celui par exemple de la gestion de crise. De nombreux professionnels travaillent ce champ depuis longtemps. Comment amplifier leurs actions à la mesure de ce qui est nécessaire ? Les assureurs sont eux aussi concernés par le risque qui se multiplie. Faut-il changer de logique, de l’indemnisation à la prévention ? De mon point de vue, il faut partir des « concernements », comme disait le philosophe Bruno Latour, ce qui pousse les gens même à se relever la nuit. A l’échelle des gens qui voient que leurs activités doivent se modifier, au risque sinon d’aller dans le mur. Il faut mener des enquêtes, pour comprendre quelles sont les voies possibles. Il faut appuyer ces personnes concernées, les épauler, leur apporter des réponses nouvelles.

    Avez-vous des exemples de pistes de redirection, de réponses nouvelles ?

    A. M. :La réflexion sur la redirection écologique remet en cause les fondamentaux de nos modèles économiques actuels. La logique de l’investissement, aujourd’hui, ne va pas dans le sens de la valorisation économique du tort causé à l’environnement. Résultat : on crée des actifs échoués pour demain [NDLR : Les « actifs échoués » sont, selon le concept développé par Alexandre Monnin, les investissements faits dans des produits ou des procédés qui aggravent le changement climatique.]. Je pose pour ma part la question d’intégrer ces futurs obsolètes dans le bilan des entreprises qui les financent. Dans Le Mystère du futur, l’auteur de science-fiction Kim Stanley Robinson, invente, en se fondant sur les dernières recherches sur le sujet, un mécanisme qui valorise financièrement le fait de ne pas extraire de pétrole. Il faut réfléchir à récompenser la non-action, quand il s’agit de renoncer à des actes destructeurs.

    La Macif vous aide à agir pour réduire les dommages liés aux risques naturels.

  • Savez-vous comment et pourquoi protéger les océans ? – Résultats

    Savez-vous comment et pourquoi protéger les océans ? – Résultats

    1 Quelle est la part des pollutions d’origine terrestre dans la pollution marine ?

    80 %(1) de la pollution marine est d’origine terrestre et directement liée à nos activités. Les rejets agricoles, les fertilisants, les pesticides, les déchets industriels et ménagers … Sans oublier les 13 millions de tonnes de déchets plastiques qui transitent chaque année dans les rivières et eaux usées pour finir dans les océans !

    Lire aussi : Pourquoi et comment sauver la biodiversité marine ? 

     

    2 Il existe plus de 500 zones mortes (pauvres en oxygène et impropres à la vie marine) dans les océans et les mers du monde, qui est responsable ?

    Les zones mortes, pauvres en oxygène et impropres à la vie marine, se multiplient avec plus de 500 zones(2) pour une surface totale supérieure au Royaume-Uni. Deux grands responsables : 1- le réchauffement climatique car les océans absorbent plus de 90 %(3) de la chaleur accumulée dans l’atmosphère. Problème : cet excès de chaleur provoque une perte d’oxygène dans l’eau. 2- Les nutriments qui ruissellent jusqu’à la mer (fertilisants, rejets agricoles, déchets alimentaires et autres polluants organiques) causent également la désoxygénation massive des océans.

     

    3 Combien de mégots sont jetés chaque année en France et finissent en grande partie dans les océans :

    Environ 25 000 tonnes(4) de mégots sont jetés chaque année en France. Emportés par le vent, la pluie, les eaux usées, ils finissent généralement dans les fleuves et les océans. Un mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau et peut se retrouver dans la chaîne alimentaire des poissons et de l’homme sous la forme de micro plastique.

     

    4 Sur les 9 milliards de tonnes de plastiques fabriqués ces 50 dernières années, combien ont été recyclés :

    Seulement 9 %(5) du plastique fabriqué dans le monde a été recyclé. En Europe, ce chiffre monte à 31 %. Treize millions de tonnes de plastiques sont retrouvées chaque année dans les océans dont 5 000 milliards de morceaux flottants. En 2050, il y a aura plus de plastique que de poissons dans les océans.

    Lire aussi : 5 conseils pour diminuer sa consommation de plastique

     

    5 Quels sont les impacts du réchauffement climatique sur les océans ?

    Les océans absorbent 25 % du CO2 produit par l’Homme(6), ce qui régule le climat mais entraîne un appauvrissement en oxygène et une acidification de l’eau. De même, ils captent la chaleur et se réchauffent de façon importante. Tous ces phénomènes font disparaître les habitats sous-marins, rendant la vie impossible à la biodiversité présente.

     

    6 Quelle est l’espérance de vie des récifs coralliens si l’on ne fait rien ?

    En 30 ans, la moitié des récifs ont disparu et il n’y aura plus de coraux d’ici 2050 si la hausse de la température et l’acidification des eaux continuent(7).

     

    7 En quarante ans, de combien ont diminué les populations des poissons pêchés ?

    La consommation moyenne de poisson par habitant a doublé en 50 ans (avec 20,5 kg en 2020)(8). En 40 ans, les populations des poissons pêchés ont chuté de 50% … et jusqu’à 96% de thon rouge en moins depuis que l’espèce est pêchée.

    Lire aussi : Consommation responsable de poissons : les bonnes pratiques du chef Gaël Orieux

     

    8 Quelles sont les activités de tourisme qui impactent la santé des océans ?

    Le tourisme et ses activités économiques génèrent 9,8 % du PIB et font vivre 277 millions de personnes(9). Mais il exerce une pression forte et a des impacts directs sur la santé des océans et des espèces marines. Les plages artificielles aggravent la sédimentation des fonds côtiers. Une croisière en paquebot d’une semaine produit 8 tonnes de détritus, 95 000 litres d’eaux de cale huileuses et 800 000 litres d’eaux usées(10).

     

    9 Pêche, commerce, transport, tourisme …Quelle est la valeur économique des océans pourtant en danger ?

    Avec une valeur économique de 24 000 milliards de dollars(11), les océans font vivre directement 10 à 12 %(12) de la population mondiale. C’est la 1ère source d’alimentation pour 3 milliards de personnes et ils sont au 7ème rang des économies mondiales en équivalent PIB. Et pourtant, ils sont menacés par la surpêche, le réchauffement climatique, le tourisme et les pollutions humaines d’origine terrestre.

     

    10 Les fonds marins sont surexploités. Quelle est la part de pétrole et de gaz extraits dans les océans ?

    Un tiers du pétrole et du gaz est extrait en eaux profondes(13). À l’heure de la transition énergétique pour une économie bas carbone qui produit moins de GES, cause du réchauffement climatique, l’extraction en eaux profondes progresse notamment le long des côtes Africaines.

     

    11 Les océans sont une vraie source d’énergie à préserver. Quelles sont les énergies marines renouvelables d’aujourd’hui et de demain ?

    Une énergie est dite renouvelable si elle est disponible sans limite dans le temps ou si elle se reconstitue plus vite qu’elle n’est consommée. La marémotrice utilise des barrages et des bassins pour produire de l’électricité avec les différences de niveau d’eau de la marée. Les hydroliennes sont des éoliennes sous-marines qui utilisent les courants de la marée. Les houlomotrices utilisent la houle pour produire de l’électricité grâce aux oscillations verticales de flotteurs.

    Lire aussi : 4 technologies pour se chauffer sans ruiner la planète

     

    12 Comment fonctionnent les hydroliennes ?

    Ce sont des turbines fixées au sol sous-marin et totalement immergées. Elles tournent avec l’énergie cinétique des courants sous-marins.

    13 En 2050, les énergies marines en Europe fourniront en électricité :

    En 2050, les énergies marines en Europe fourniront en électricité 76 millions de foyers. Cela représente environ 10 % de la consommation totale sur le continent européen(14).

     

    (1)Rapport état des plastiques  – 2021 – ONU Environnement
    (2)Selman et coll., 2008.
    (3)Gattuso et coll., 2015.
    (4)Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, 2021.
    (5)Rapport Etat des plastiques – ONU Environnement – juin 2018
    (6)Gattuso et coll., 2015.
    (7)Hoegh-Guldberg et coll., 2015
    (8)FAO 2021
    (9)WTTC., 2005
    (10)Copeland, C. 2008
    (11)Global Change Institute, Université du Queensland, St Lucia and BCG
    (12)FAO., 2014
    (13)GPO., 2011
    (14)The European Commission, avril 2019

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  • Savez-vous comment et pourquoi protéger les océans ? – Résultats

    Savez-vous comment et pourquoi protéger les océans ? – Résultats

    1 Quelle est la part des pollutions d’origine terrestre dans la pollution marine ?

    80 %(1) de la pollution marine est d’origine terrestre et directement liée à nos activités. Les rejets agricoles, les fertilisants, les pesticides, les déchets industriels et ménagers … Sans oublier les 13 millions de tonnes(2) de déchets plastiques qui transitent chaque année dans les rivières et eaux usées pour finir dans les océans !

    Lire aussi : Pourquoi et comment sauver la biodiversité marine ? 

    (1)Rapport programmes des Nations Unies pour l’Environnement 2006
    (2)Rapport état des plastiques  – Juin 2018 – ONU Environnement

     

    2 Il existe plus de 500 zones mortes (pauvres en oxygène et impropres à la vie marine) dans les océans et les mers du monde, qui est responsable ?

    Les zones mortes, pauvres en oxygène et impropres à la vie marine, se multiplient avec plus de 500 zones(3) pour une surface totale supérieure au Royaume-Uni. Deux grands responsables : 1- le réchauffement climatique car les océans absorbent plus de 90 %(4) de la chaleur accumulée dans l’atmosphère. Problème : cet excès de chaleur provoque une perte d’oxygène dans l’eau. 2- Les nutriments qui ruissellent jusqu’à la mer (fertilisants, rejets agricoles, déchets alimentaires et autres polluants organiques) causent également la désoxygénation massive des océans.

    (3)Selman et coll., 2008.
    (4)Gattuso et coll., 2015.

     

    3 Combien de mégots sont jetés chaque année en France et finissent en grande partie dans les océans :

    Environ 25 000 tonnes(5) de mégots sont jetés chaque année en France. Emportés par le vent, la pluie, les eaux usées, ils finissent généralement dans les fleuves et les océans. Un mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau et peut se retrouver dans la chaîne alimentaire des poissons et de l’homme sous la forme de micro plastique.

    (5)Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, 2018.

     

    4 Sur les 9 milliards de tonnes de plastiques fabriqués ces 50 dernières années, combien ont été recyclés :

    Seulement 9 %(6) du plastique fabriqué dans le monde a été recyclé. En Europe, ce chiffre monte à 31 %(6). Treize millions de tonnes de plastiques sont retrouvées chaque année dans les océans dont 5 000 milliards de morceaux flottants. En 2050(6), il y a aura plus de plastique que de poissons dans les océans.

    Lire aussi : 5 conseils pour diminuer sa consommation de plastique

    (6)Rapport Etat des plastiques – ONU Environnement – juin 2018

     

    5 Quels sont les impacts du réchauffement climatique sur les océans ?

    Les océans absorbent 25 % du CO2 produit par l’Homme(7), ce qui régule le climat mais entraîne un appauvrissement en oxygène et une acidification de l’eau. De même, ils captent la chaleur et se réchauffent de façon importante. Tous ces phénomènes font disparaître les habitats sous-marins, rendant la vie impossible à la biodiversité présente.

    (7)Gattuso et coll., 2015.

     

    6 Quelle est l’espérance de vie des récifs coralliens si l’on ne fait rien ?

    En 30 ans, la moitié des récifs ont disparu et il n’y aura plus de coraux d’ici 2050 si la hausse de la température et l’acidification des eaux continuent(8).

    (8)Hoegh-Guldberg et coll., 2015

     

    7 En quarante ans, de combien ont diminué les populations des poissons pêchés ?

    La consommation moyenne de poisson par habitant a doublé en 50 ans (avec 20 kg en 2016)(9). En 40 ans, les populations des poissons pêchés ont chuté de 50% … et jusqu’à 96% de thon rouge en moins depuis que l’espèce est pêchée.

    Lire aussi : Consommation responsable de poissons : les bonnes pratiques du chef Gaël Orieux

    (9)FAO 2016

     

    8 Quelles sont les activités de tourisme qui impactent la santé des océans ?

    Le tourisme et ses activités économiques génèrent 9,8 % du PIB et font vivre 277 millions de personnes(10). Mais il exerce une pression forte et a des impacts directs sur la santé des océans et des espèces marines. Les plages artificielles aggravent la sédimentation des fonds côtiers. Une croisière en paquebot d’une semaine produit 8 tonnes de détritus, 95 000 litres d’eaux de cale huileuses et 800 000 litres d’eaux usées(11).

    (10)WTTC., 2005
    (11)Copeland, C. 2008

     

    9 Pêche, commerce, transport, tourisme …Quelle est la valeur économique des océans pourtant en danger ?

    Avec une valeur économique de 24 000 milliards de dollars(12), les océans font vivre directement 10 à 12 %(13) de la population mondiale. C’est la 1ère source d’alimentation pour 3 milliards de personnes et ils sont au 7ème rang des économies mondiales en équivalent PIB(12). Et pourtant, ils sont menacés par la surpêche, le réchauffement climatique, le tourisme et les pollutions humaines d’origine terrestre.

    (12)Global Change Institute, Université du Queensland, St Lucia and BCG
    (13)FAO., 2014

     

    10 Les fonds marins sont surexploités. Quelle est la part de pétrole et de gaz extraits dans les océans ?

    Un tiers du pétrole et du gaz est extrait en eaux profondes(14). À l’heure de la transition énergétique pour une économie bas carbone qui produit moins de GES, cause du réchauffement climatique, l’extraction en eaux profondes progresse notamment le long des côtes Africaines.

    (14)GPO., 2011

     

    11 Les océans sont une vraie source d’énergie à préserver. Quelles sont les énergies marines renouvelables d’aujourd’hui et de demain ?

    Une énergie est dite renouvelable si elle est disponible sans limite dans le temps ou si elle se reconstitue plus vite qu’elle n’est consommée. La marémotrice utilise des barrages et des bassins pour produire de l’électricité avec les différences de niveau d’eau de la marée. Les hydroliennes sont des éoliennes sous-marines qui utilisent les courants de la marée. Les houlomotrices utilisent la houle pour produire de l’électricité grâce aux oscillations verticales de flotteurs.

    Lire aussi : 4 technologies pour se chauffer sans ruiner la planète

     

    12 Comment fonctionnent les hydroliennes ?

    Ce sont des turbines fixées au sol sous-marin et totalement immergées. Elles tournent avec l’énergie cinétique des courants sous-marins.

     

    13 En 2050, les énergies marines en Europe fourniront en électricité :

    En 2050, les énergies marines en Europe fourniront en électricité 76 millions de foyers. Cela représente environ 10 % de la consommation totale sur le continent européen(16).

    (16)The European Commission, avril 2019

     

    (1)Rapport état des plastiques  – 2021 – ONU Environnement
    (2)Selman et coll., 2008.
    (3)Gattuso et coll., 2015.
    (4)Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, 2021.
    (5)Rapport Etat des plastiques – ONU Environnement – juin 2018
    (6)Gattuso et coll., 2015.
    (7)Hoegh-Guldberg et coll., 2015
    (8)FAO 2021
    (9)WTTC., 2005
    (10)Copeland, C. 2008
    (11)Global Change Institute, Université du Queensland, St Lucia and BCG
    (12)FAO., 2014
    (13)GPO., 2011
    (14)The European Commission, avril 2019

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  • Savez-vous comment et pourquoi protéger les océans ? – Résultats

    Savez-vous comment et pourquoi protéger les océans ? – Résultats

    1 Quelle est la part des pollutions d’origine terrestre dans la pollution marine ?

    80 %(1) de la pollution marine est d’origine terrestre et directement liée à nos activités. Les rejets agricoles, les fertilisants, les pesticides, les déchets industriels et ménagers … Le plastique représente 85% des déchets marins !

    Lire aussi : Pourquoi et comment sauver la biodiversité marine ? 

    2 Il existe plus de 500 zones mortes (pauvres en oxygène et impropres à la vie marine) dans les océans et les mers du monde, qui est responsable ?

    Les zones mortes, pauvres en oxygène et impropres à la vie marine, se multiplient avec plus de 500 zones(2) pour une surface totale supérieure au Royaume-Uni. Deux grands responsables : 1- le réchauffement climatique car les océans absorbent plus de 90 %(3) de la chaleur accumulée dans l’atmosphère. Problème : cet excès de chaleur provoque une perte d’oxygène dans l’eau. 2- Les nutriments qui ruissellent jusqu’à la mer (fertilisants, rejets agricoles, déchets alimentaires et autres polluants organiques) causent également la désoxygénation massive des océans.

    3 Combien de mégots sont jetés chaque année en France et finissent en grande partie dans les océans :

    Environ 25 000 tonnes(4) de mégots sont jetés chaque année en France. Emportés par le vent, la pluie, les eaux usées, ils finissent généralement dans les fleuves et les océans. Un mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau et peut se retrouver dans la chaîne alimentaire des poissons et de l’homme sous la forme de micro plastique.

    4 Sur les 9 milliards de tonnes de plastiques fabriqués ces 50 dernières années, combien ont été recyclés :

    Seulement 9 %(5) du plastique fabriqué dans le monde a été recyclé. En Europe, ce chiffre monte à 31 %(6). Treize millions de tonnes de plastiques sont retrouvées chaque année dans les océans dont 5 000 milliards de morceaux flottants. En 2050(6), il y a aura plus de plastique que de poissons dans les océans.

    Lire aussi : 5 conseils pour diminuer sa consommation de plastique

     

     

    5 Quels sont les impacts du réchauffement climatique sur les océans ?

    Les océans absorbent 25 % du CO2 produit par l’Homme(6), ce qui régule le climat mais entraîne un appauvrissement en oxygène et une acidification de l’eau. De même, ils captent la chaleur et se réchauffent de façon importante. Tous ces phénomènes font disparaître les habitats sous-marins, rendant la vie impossible à la biodiversité présente.

    6 Quelle est l’espérance de vie des récifs coralliens si l’on ne fait rien ?

    En 30 ans, la moitié des récifs ont disparu et il n’y aura plus de coraux d’ici 2050 si la hausse de la température et l’acidification des eaux continuent(7).

     

     

    7 En quarante ans, de combien ont diminué les populations des poissons pêchés ?

    La consommation moyenne de poisson par habitant a doublé en 50 ans (avec 20,5 kg en 2020)(8). En 40 ans, les populations des poissons pêchés ont chuté de 50% … et jusqu’à 96% de thon rouge en moins depuis que l’espèce est pêchée.

    Lire aussi : Consommation responsable de poissons : les bonnes pratiques du chef Gaël Orieux

     

    8 Quelles sont les activités de tourisme qui impactent la santé des océans ?

    Le tourisme et ses activités économiques génèrent 9,8 % du PIB et font vivre 277 millions de personnes(9). Mais il exerce une pression forte et a des impacts directs sur la santé des océans et des espèces marines. Les plages artificielles aggravent la sédimentation des fonds côtiers. Une croisière en paquebot d’une semaine produit 8 tonnes de détritus, 95 000 litres d’eaux de cale huileuses et 800 000 litres d’eaux usées(10).

     

    9 Pêche, commerce, transport, tourisme …Quelle est la valeur économique des océans pourtant en danger ?

    Avec une valeur économique de 24 000 milliards de dollars(11), les océans font vivre directement 10 à 12 %(12) de la population mondiale. C’est la 1ère source d’alimentation pour 3 milliards de personnes et ils sont au 7ème rang des économies mondiales en équivalent PIB. Et pourtant, ils sont menacés par la surpêche, le réchauffement climatique, le tourisme et les pollutions humaines d’origine terrestre.

     

    10 Les fonds marins sont surexploités. Quelle est la part de pétrole et de gaz extraits dans les océans ?

    Un tiers du pétrole et du gaz est extrait en eaux profondes(13). À l’heure de la transition énergétique pour une économie bas carbone qui produit moins de GES, cause du réchauffement climatique, l’extraction en eaux profondes progresse notamment le long des côtes Africaines.

     

    11 Les océans sont une vraie source d’énergie à préserver. Quelles sont les énergies marines renouvelables d’aujourd’hui et de demain ?

    Une énergie est dite renouvelable si elle est disponible sans limite dans le temps ou si elle se reconstitue plus vite qu’elle n’est consommée. La marémotrice utilise des barrages et des bassins pour produire de l’électricité avec les différences de niveau d’eau de la marée. Les hydroliennes sont des éoliennes sous-marines qui utilisent les courants de la marée. Les houlomotrices utilisent la houle pour produire de l’électricité grâce aux oscillations verticales de flotteurs.

    Lire aussi : 4 technologies pour se chauffer sans ruiner la planète

     

    12 Comment fonctionnent les hydroliennes ?

    Ce sont des turbines fixées au sol sous-marin et totalement immergées. Elles tournent avec l’énergie cinétique des courants sous-marins.

    13 En 2050, les énergies marines en Europe fourniront en électricité :

    En 2050, les énergies marines en Europe fourniront en électricité 76 millions de foyers. Cela représente environ 10 % de la consommation totale sur le continent européen(14).

     

    (1)Rapport état des plastiques  – 2021 – ONU Environnement
    (2)Selman et coll., 2008.
    (3)Gattuso et coll., 2015.
    (4)Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, 2021.
    (5)Rapport Etat des plastiques – ONU Environnement – juin 2018
    (6)Gattuso et coll., 2015.
    (7)Hoegh-Guldberg et coll., 2015
    (8)FAO 2021
    (9)WTTC., 2005
    (10)Copeland, C. 2008
    (11)Global Change Institute, Université du Queensland, St Lucia and BCG
    (12)FAO., 2014
    (13)GPO., 2011
    (14)The European Commission, avril 2019

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  • Antilles : sensibiliser au risque de tsunami

    Antilles : sensibiliser au risque de tsunami

    26 décembre 2004. Le monde découvre un mot japonais, inconnu jusque là en-dehors des frontières de l’archipel, et la puissance d’un phénomène naturel : tsunami. Ce jour-là, un séisme de magnitude de plus de 9 sur l’échelle de richter secoue les terres sous-marines, au large des côtes de l’île de Sumatra,en Indonésie, dégageant une énergie équivalente à 23 000 fois la puissance de la bombe atomique d’Hiroshima. Vingt minutes plus tard, une première vague déferle sur les abords de Banda Aceh, au nord de Sumatra. Certaines atteignent les 30 mètres de hauteur. Au total, neuf pays du Sud de l’Asie seront touchés par ces déferlantes de mer. Plus de 220 000 personnes perdront la vie dans la catastrophe. Pascal Saffache, géographe et professeur à l’Université des Antilles, est le premier à avoir alerté sur la possibilité qu’un événement comparable se produise au cœur des Caraïbes. « Les pouvoirs publics affirmaient alors que jamais un tsunami n’avait touché la Martinique ou la Guadeloupe. J’ai entrepris des recherches et ai retrouvé la trace de nombreux événements », pose-t-il. Le dernier date de 1939. Le volcan Kick’em Jenny, au large de l’île de la Grenade, entre en éruption. L’onde qu’il engendre met une dizaine de minutes à atteindre les côtes méridionales de la Guadeloupe. Aucune victime humaine ne sera à déplorer « mais les dégâts matériels sont importants », souligne l’universitaire.

    Etat de préparation

    L’opiniâtreté du professeur de géographie finit par payer. A partir de 2008, les services de l’Etat commencent à anticiper et à préparer la population à la survenue d’une telle catastrophe. L’enjeu est majeur. Mandaté en 2011 par l’Unesco pour évaluer l’état de préparation des territoires français des Caraïbes, le météorologue Gaël Musquet prend la mesure du danger. « Si aucune prévention n’était installée, j’ai évalué le risque à 500 000 morts », raconte-t-il aujourd’hui. La même année, en 2011, la Martinique comme la Guadeloupe participent au premier exercice d’alerte au tsunami organisé par l’Onu dans la région, « Caribe Wave ».

    L’idée : imaginer que se reproduisent les conditions d’une catastrophe passée. Dans un exercice de simulation, après les messages d’alerte reçus, les agents publics testent alors les procédures d’intervention et d’évacuation, quand les élèves des établissements participants vident leurs classes pour rejoindre les lieux de rassemblement. Pour l’édition 2025, à nouveau, les Antilles françaises ont été au rendez-vous, à l’unisson de 48 pays et territoires. « Nos agents se retrouvent confrontés aux situations. Ils prévoient quels seront les gestes nécessaires pour ajuster ensuite nos politiques de prévention des risques et organiser des formations en interne. Il faut se confronter au réel », explique Judith Laborieux, adjointe à la sécurité du maire du Lamentin, en Martinique.

    Culture du risque plus marquée

    Caribe Wave donne l’occasion de campagnes d’information mais la simulation, elle-même, ne concerne pas la population dans son ensemble, seulement les fonctionnaires de certaines institutions et les élèves des écoles. « C’est le reproche qu’on peut faire à ce genre d’exercices. Ils devraient concerner tout le monde », estime Pascal Saffache. Si la population antillaise fait preuve d’une culture du risque plus marquée que dans l’Hexagone, « les exercices servent à la prise de conscience générale mais ce n’est pas pour autant que chacun a préparé son kit de survie », reconnaît Judith Laborieux. Difficile toutefois d’incriminer la population, quand tous les acteurs publics ne jouent pas la partie totalement. « La France reste attentiste face à ce risque », considère Gaël Musquet. « Des chercheurs, Matthieu Péroche et Frédéric Leone, ont entrepris un formidable travail de terrain de cartographie des sites refuges, pour lequel il faut leur rendre hommage. Ils ont sué sang et eau pour comprendre les difficultés des populations pour évacuer et désigner les chemins les plus sûrs, poursuit le météorologue. Or, les collectivités ne s’en emparent pas assez. »

    « Sur les 27 communes littorales de Martinique [qui en comptent 34, NDLR], une bonne dizaine se sont dotées de la signalétique idoine et ont identifié des lieux de refuge », complète Pascal Saffache. La communauté d’agglomération Centre Martinique (Cacem) fait partie de ces collectivités qui ont travaillé le sujet : signalétique, cheminements sûrs et équipement des zones d’accueil. « Mais l’enjeu financier est énorme », souligne Laurence Louison, chargée de mission « risques majeurs » à la Cacem. Surtout, insiste-t-elle, dans le contexte de dérèglement climatique « qui oblige notre territoire à être résilient ».

    Toucher les familles

    « L’Etat devrait pourtant comprendre que les sommes investies dans la prévention sont bien moindre que quand il faut réparer les catastrophes et les crises sociales qui en découlent. On n’a pas besoin de sous après mais avant », pointe Judith Laborieux. Elle-même tente de convaincre des partenaires de financer l’équipement des kits de survie pour les 38 000 enfants scolarisés sur la commune, en maternelle et en primaire. « Une façon de toucher toute leur famille, leurs grands frères et sœurs, leurs mères, leurs tantes pour qu’elles se mettent à leur tour à préparer un kit », explique l’élue. La cellule familiale, c’est aussi le niveau de sensibilisation que préconise Gaël Musquet. « Au Chili, on évacue plus d’un million de personnes en moins de 45 minutes. C’est le résultat du plan mis en place par la présidente Michelle Bachelet [de 2006 à 2010 et de 2014 à 2018], un plan national nommé Familia Preparada. Beaucoup se joue dans la cellule familiale. » Un modèle pour la France ?

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  • La forêt sous surveillance de l’intelligence artificielle

    La forêt sous surveillance de l’intelligence artificielle

    Avec le vent qui alimente les flammes, les pompiers ont un autre ennemi : le temps. Quand un feu prend, les secondes qui s’écoulent sont autant de mètres carrés de forêt qui s’envolent en fumée. La détection la plus rapide et la plus précise constitue dès lors un enjeu majeur de la lutte contre les feux de forêt. Du côté des services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), comme des services de l’Etat, on n’ignore pas l’impact du dérèglement climatique sur la multiplication du risque « incendies ». En atteste la publication d’un rapport, en janvier 2024, consacré à la « politique de prévention et de lutte contre l’incendie de forêt dans un contexte d’extension et d’intensification du risque dû au changement climatique ».

    Le risque de feu, doublé, voire quadruplé

    Parce que le fait est établi : le dérèglement du climat accentue le risque « incendies », principalement en raison de l’assèchement des végétaux, accru par la hausse des températures. « La sensibilité météorologique élevée aux feux de forêt n’a cessé de croître en France depuis les années 1960, avec une augmentation plus nette depuis l’an 2000. Elle concernait en moyenne entre 2 et 3 % de la surface du territoire national entre 1960 et 1970, pour atteindre environ 6 % à la suite des changements de ces vingt dernières années », indiquent les auteurs du rapport. La tendance doit se poursuivre. La moyenne des jours « sécheresse feu météo élevée », un indicateur fondé sur les températures et l’état de la végétation, pourrait doubler, voire quadrupler, selon les scénarios d’évolution du climat tracés par le Giec. « Dans [ce] contexte que nous connaissons, il est indispensable d’adapter notre système de lutte contre les feux de forêts. Face à l’évolution de l’intensité et de la croissance de ces derniers, nous devons collectivement intensifier nos efforts […], en anticipant les risques et en développant de nouveaux moyens d’action, car ce sont les décisions que nous prenons maintenant qui vont permettre, dans dix ou vingt ans, de continuer à être efficace dans la lutte contre ces incendies majeurs », pose Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, à la réception du rapport.

    Reconnaissance d’images

    Parmi ces « nouveaux moyens d’action », l’intelligence artificielle fait figure d’atout-maître dans la surveillance des forêts. De nombreuses entreprises, jusqu’au leader mondial des cartes graphiques, Nvidia, développent des solutions, fondées sur la reconnaissance d’images.

    En France, l’association Pyronear joue la carte de l’open source et de la « tech for good », ce mouvement qui veut mettre les technologies au service du bien commun. Elle est née d’une saison de « Data for good » : au cours d’un webinaire, dix projets potentiels sont « pitchés » à la communauté de cette association, qui rassemble plus de 4 000 bénévoles disposant de compétences techniques.

    En 2019, cinq jeunes ingénieurs proposent de tester leur idée d’intelligence artificielle de détection de feux de forêt. « Une solution simple : on installe des stations de détection sur un point haut en forêt. Dans ces stations, plusieurs caméras et un micro-ordinateur pour les contrôler, prendre des photos toutes les trente secondes et les analyser », détaille l’un de ses co-fondateurs, Mateo Lostanlen.

    C’est une IA de reconnaissance d’images, « locale et très spécialisée donc frugale [en énergie] », précise celui qui se charge de l’analyse. La détection d’un potentiel feu naissant peut ensuite être envoyé au Sdis « et les pompiers confirment ou infirment l’information », poursuit-il. Un premier partenariat avec le Sdis d’Ardèche a affiné la solution, pour répondre aux réalités des pompiers.

    Cinq ans plus tard, l’association Pyronear a une existence légale, salarie deux personnes et peut compter sur un réseau de 140 membres actifs, des codeurs ou codeuses et autres techniciens, disposés à offrir deux heures de leur temps, par ci par là, pour améliorer les solutions trouvées. « On a par ailleurs besoin d’expertise en droit ou en comptabilité », complète Mateo Lostanlen. Sur le terrain, 25 stations sont déjà installées en France. Avec un premier contrat signé avec le Sdis 77, pour l’installation de quatre stations en forêt de Fontainebleau.

    Solution moins onéreuse

    « On travaille à proposer une solution crédible et performante sur un modèle open source et à but non lucratif », explique-t-il. Il précise : ce double choix poursuit un objectif : proposer aux services publics de lutte contre les incendies une solution moins onéreuse que les acteurs privés de ce marché en plein développement, où la commande publique s’intensifie. Le choix de la licence libre offre un autre atout : la rapidité de développement. « C’est d’abord un choix de conviction, sourit l’une des bénévoles de l’association, Camille Modeste. Par ailleurs, l’open source accélère les processus, puisque chacune et chacun peut améliorer le code. » Néanmoins, en raison de la forte concurrence qui se dessine dans le secteur, l’association envisage de faire évoluer son modèle, en changeant la licence. Si le code continuait à rester ouvert, les paramètres d’entraînement pourraient être pour leur part protégés.

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  • Sécheresse en Ariège : tout le monde sur le pont

    Sécheresse en Ariège : tout le monde sur le pont

    Seize jours de neige par an. Dans les Pyrénées, le changement climatique entraînera, à l’horizon du dernier quart de ce siècle, une période d’enneigement divisée par sept, selon les projections de Météo France. Passant ainsi de 110 à 16 jours. « Même au cœur de l’hiver, la moitié des précipitations prendra la forme de pluies, en 2050, en raison de l’augmentation des températures », explique Lucile Chamayou, qui a travaillé sur le sujet pour le parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises. Elle résume : « Sur le massif, le changement est déjà en cours et mesurable. » Conséquence de cet enneigement qui se réduit à peau de chagrin : l’évapotranspiration, soit la part d’eau tombée du ciel qui s’évanouit à son arrivée sur terre, additionnée à la part puisée par les végétaux pour leurs besoins vitaux, va s’accroître de 10 à 30 %. Et aggraver, de ce fait, les situations de sécheresse.

    Sols extrêmement secs

    L’ensemble du territoire ariégeois connaîtra, au milieu du siècle, des sols extrêmement secs, dès le printemps. Par ailleurs, « l’Ariège sera fortement impactée par rapport au reste du grand Sud-Ouest par l’augmentation des sécheresses décennales, celles qui arrivent une année sur dix. En 2050, elles arriveraient huit à neuf années sur dix… », complète Lucile Chamayou. « La situation est très grave, tant sur la quantité d’eau que sur sa qualité », abonde en ce sens Claude Miqueu, ancien député des Hautes-Pyrénées et membre du Comité national de l’eau et qui a longtemps assumé des responsabilités à l’agence de l’eau Adour-Garonne. Le dossier, sans mauvais jeu de mots, est brûlant. « Sur le plan quantitatif, les périodes de sécheresse se multiplient. Quant au plan qualitatif, nous sommes débordés par les nouvelles pollutions, liées aux activités humaines », précise Claude Miqueu. Pour le spécialiste, trois impératifs sont à poursuivre : « La priorité doit être donnée à l’eau potable, après un engagement ferme sur des pratiques de sobriété. Ensuite, nous devons parvenir à une gestion collective, équilibrée, transparente et évaluée de l’ensemble des autres usages. »

    Plan de sobriété

    Sur la sobriété, le comité de bassin Adour Garonne a adopté un objectif de réduction des prélèvements en eau sur son territoire d’intervention de 10 %, en 2030. Une mesure qui fait suite à l’invitation faite à tous les comités de bassin de réfléchir à un plan de sobriété, contenue dans le « plan Eau » présenté par le gouvernement en avril 2023. Quant à la gestion « collective, équilibrée, transparente et évaluée » des usages autres que l’eau potable, elle se met doucement en place. Depuis la fin de l’année 2024, des consultations publiques sont organisées par le département de l’Ariège et par la « commission locale de l’eau » (CLE), une sorte de parlement de la gestion des eaux au niveau départemental, où siègent des élus locaux mais aussi des responsables de syndicats agricoles ou patronaux, des représentants des usagers et usagères du service public de distribution d’eau et des associations de défense de l’environnement. Objectif : élaborer en commun le prochain « Sage », le schéma d’aménagement de l’eau, qui met sur le papier le partage des usages de l’eau. « Nous espérons sa mise en application en 2027, après les consultations de 2025 et leurs traductions opérationnelles en 2026 », explique le président de la CLE, par ailleurs vice-président du conseil départemental de l’Ariège, Jean-Paul Ferré.

    Avec le concours de la commission nationale du débat public, une dizaine de réunions publiques sont organisées sur le territoire ariégeois. A la Confédération paysanne, on salue l’outil qui se met en place, « porté par les pouvoirs publics donc plus républicain que les délibérations prises dans les seules chambres d’agriculture », souligne son porte-parole de l’antenne ariégeoise, Angel Alegre. Si les secteurs économiques concernés, au premier rang desquels le secteur agricole, s’investissent dans ces consultations publiques, l’enjeu réside dans la mobilisation des citoyennes et citoyens. « C’est indispensable. Mon inquiétude, c’est que ces consultations sont pléthore et qu’on décourage les participations en multipliant les interpellations », pointe Claude Miqueu. Au-delà des réunions prévues autour du Sage, les habitantes et habitants de l’Ariège sont également invités à donner leur avis sur l’élaboration du « Sdage », le schéma départemental d’aménagement et de gestion de l’eau, l’échelon supérieur de planification, construit, lui, par l’agence de l’eau Adour-Garonne. À ces deux consultations, s’ajoutent les « conférences territoriales de l’eau », organisées pour leur part par l’État, à la suite du lancement du « plan Eau » d’avril 2023.

    Des « mesures éponges »

    Et la concertation ne s’arrête pas là. Sur des projets encore plus locaux, la discussion entre les parties prenantes s’engage. Ainsi du projet européen « Sponge Works ». La vallée de la Lèze, en Ariège, est l’un des trois spots choisis pour étudier les « mesures éponges », des solutions naturelles pour stocker davantage et plus longtemps les eaux de pluie dans le sol. Un sol très sec ne parvient pas à absorber l’eau et constitue, en plus de l’aggravation de l’état de sécheresse, un facteur d’inondations. « On appelle ça des laboratoires vivants : on intègre les acteurs du territoire pour démontrer à partir d’une hypothèse. On évalue en direct. On fait donc de la recherche appliquée et on évalue en même temps sur des grandes surfaces. L’objectif c’est de voir quelles sont les mesures qui marchent, pourquoi, et ensuite changer d’échelle », explique Sabine Sauvage, l’une des ingénieures de recherche au CNRS en charge de ce projet. Grâce à des fonds européens, les agriculteurs et agricultrices sont aidés à installer des dispositifs de retenue d’eau naturels. Premier objectif : replanter des haies en masse. Autre mesure à venir : ne plus laisser les sols nus en hiver. « Il y a deux cents exploitants dans la Vallée de la Lèze, la moitié est prête à appliquer les mesures », indique Sabine Sauvage. Un indicateur encourageant pour la concertation plus large sur le territoire ariégeois.

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  • « Les sécheresses agricoles vont se multiplier » Juliette Blanchet

    « Les sécheresses agricoles vont se multiplier » Juliette Blanchet

    Quel est le consensus scientifique sur l’influence du dérèglement climatique sur la survenue des événements météorologiques extrêmes ?

    J. B. : Il n’est pas facile d’imputer directement un événement extrême au dérèglement climatique. Cela dépend pour commencer de ce dont on parle. Ce qui est indéniable, c’est l’augmentation de la température dans l’atmosphère, que le consensus scientifique attribue aux activités humaines. Quelles que soient les actions entreprises pour réduire l’émission de gaz à effets de serre, en cause dans ce réchauffement, ce dernier va d’ailleurs se poursuivre, en raison de l’inertie du climat. Les canicules, en raison de ce réchauffement, sont plus fréquentes qu’il y a quelques décennies et le seront encore plus dans le futur. En revanche, si on se focalise sur les événements extrêmes en matière de précipitations, que ce soit des pluies très abondantes ou un manque extrême de précipitations, donc la sécheresse, il est plus incertain d’affirmer qu’ils seront plus nombreux dans le futur. Pour évaluer l’impact du dérèglement sur leur survenue, il faut de longues séries de données. Grâce à elles, on peut commencer à constater une augmentation des événements extrêmes dans le sud de la France. Les « événements méditerranéens » arrivent plus souvent qu’auparavant. Cela s’explique par l’augmentation de la température de la Méditerranée, qui gonfle les précipitations venues des côtes africaines. Mais pour l’ensemble du territoire français, il est difficile de dire si ces événements seront, ou non, plus fréquents à l’avenir.

    Pourquoi est-ce difficile à dire ?

    J. B. : Si on trace sur la courbe des températures, dont on dispose depuis 1950, on voit clairement une augmentation en tout endroit de la France. Pour les précipitations, on observe une forte variabilité d’une année sur l’autre. En revanche, on peut dire que la part de précipitations utiles est déjà moindre, par rapport au passé. Les précipitations utiles, c’est cette part de l’eau issue des précipitations qui rejoint les nappes phréatiques ou les rivières, dont on retranche l’évaporation et les besoins des végétaux, qu’on appelle l’« évapo-transpiration ». On peut déjà dire que la part utile est moindre, même à niveau de précipitations constant, parce que l’augmentation de la température accentue les besoins des végétaux et l’évaporation et que la part d’évapo-transpiration augmente dès lors mécaniquement. La sécheresse de 2022 a marqué les esprits. Pourtant, on constate des déficits pluviométriques qui ne sont pas extraordinaires cette année-là, notamment par rapport aux sécheresses de 1974 ou 1990 par exemple. Mais l’été a durablement été plus chaud de quelques degrés que les moyennes de saison. Les impacts sur la part utile des précipitations ont donc été importants. On le voit, la sécheresse, en elle-même, est une notion vague. De quoi parle-t-on ? De sécheresse pluviométrique ou de sécheresse agricole, qui désigne la sécheresse des sols ? Cette dernière est amenée à être plus fréquente.

    Que peut-on prévoir au sujet des inondations ?

    J. B. : Les fortes pluies ne sont pas vraiment plus fréquentes qu’avant sur la majorité du territoire français. Les inondations se produisent parce que de fortes précipitations ruissellent sur le sol et vont remplir les rivières, qui débordent. Le réchauffement global a un impact sur leur survenue parce que plus le sol est sec, plus l’eau va avoir tendance à ruisseler, sans imprégner le sol. En résumé, on ne constate pas tellement plus de précipitations mais on fait face à un changement des sols. L’augmentation de la température a un autre effet sur les précipitations. Dans les Alpes, auparavant, les précipitations tombaient sous forme de neige. La neige se stockait naturellement et, à sa fonte, venait lentement alimenter les rivières. Aujourd’hui, les pluies ne sont plus stockées et ruissellent plus vite, pour la même quantité d’eau qui tombe du ciel.

    « Les sécheresses agricoles vont se multiplier » Juliette Blanchet
    Juliette Blanchet, directrice de recherche CNRS à l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE)

    Comment prévenir ces événements extrêmes ?

    J. B. : Pour les événements à venir dans un futur proche, la prévision repose sur les modèles météorologiques. On sait bien le faire, même si on ne peut pas dire qu’un orage terrible va s’abattre sur Paris dans six mois. Si on parle plutôt des prévisions sur la fréquence de ces événements, on parle de projections climatiques. C’est ce que nous faisons dans notre laboratoire. Nous participons à l’élaboration de modèles qui combinent les mathématiques et la physique qui vont simuler des centaines de météo possibles jusqu’en 2100. L’intérêt est de pointer les accords entre les différents modèles. Ils sont très raccords sur l’augmentation de la température mais offrent moins d’unanimité sur les vents et les précipitations. Notamment en France, qui est à l’intersection de deux climats, océanique et continental. Cela rajoute de l’incertitude.

    Comment s’y préparer ?

    J. B. : Même si des incertitudes demeurent sur le niveau de précipitations ou la fréquence des déficits pluviométriques, on sait déjà que les sécheresses agricoles vont se multiplier, en raison de l’augmentation de l’évapo-transpiration. Il faut donc d’ores et déjà que nous nous préparions à disposer de moins d’eau utile. Et pas seulement pour notre besoin vital d’eau, également pour les animaux que nous élevons, pour les industries, etc. La recherche a évidemment un rôle à jouer dans cette préparation. La grave sécheresse de 2022 a éveillé les consciences et on commence à voir se multiplier les collaborations entre les équipes de recherche et les collectivités, pour analyser les nappes phréatiques, par exemple. Le projet Explore 2, porté par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), LIFE Eau&Climat, s’attache à faire des projections sur les impacts du dérèglement climatique sur le cycle de l’eau.

    Quel message peuvent porter les chercheuses et chercheurs pour persuader la société de se préparer à une autre gestion de l’eau ?

    J. B. : Le premier message que nous pouvons passer, c’est que l’eau a une capacité immense d’interconnexion. Un petit torrent de montagne va en relier un autre, jusqu’au Rhône, puis se jeter dans la Méditerranée. Certaines rivières en Espagne sont influencées par la quantité de neige qui tombent sur les Alpes. Il faut que toutes et tous comprennent que ce qui retiré en amont disparait aussi de l’aval. Malheureusement, la pluie ne tombe pas sur commande. En revanche, on peut réfléchir ensemble à partager au mieux la ressource en eau et poser ensuite des choix collectifs. Sur le plan individuel, il s’agit de ne pas gâcher l’eau. Mais il faut aussi aller voir du côté des pratiques agricoles et industrielles. L’industrie des puces électroniques utilise l’eau de la nappe qui alimente par ailleurs la métropole de Grenoble en eau potable. Avec l’explosion de la demande en micro-électronique, un conflit d’usage ne risque-t-il pas d’advenir ? Il faut s’y préparer. La question du partage de l’eau est une question de justice sociale et d’équité.

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