Depuis la sortie de sa vidéo « Réveillons-nous » aux millions de vues en mai 2020, Camille Etienne est devenue porte-parole d’une nouvelle génération engagée face à l’urgence climatique. Elle a créé le mouvement Avant l’orage qui travaille sur l’imaginaire, mêlant art et écologie. Dans son mini-film « Génération », la militante appelle à la cohésion de ces courants de pensées et des modes de vie parfois divergents, dans un contexte d’urgence climatique. Pour Camille Etienne, le fait de faire de l’écologie et du climat une question de rupture entre les générations est une impasse, une perte de temps. Plutôt que de perdre du temps en incompréhensions et tensions, il faut essayer de trouver des points de convergence.
Épisode 2 – Jean-Louis Étienne
Médecin et explorateur, Jean-Louis Étienne est le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire, tirant lui-même son traîneau pendant 63 jours. Infatigable défenseur de la planète, il a mené plusieurs expéditions à vocation pédagogique et scientifique pour faire connaître les régions polaires et comprendre le rôle qu’elles jouent sur la vie et le climat de la terre.
Épisode 3 – Matthieu Tordeur
Sportif, auteur, conférencier membre de la Société des Explorateurs Français : Matthieu Tordeur est un véritable aventurier. En 2019, il est devenu le premier Français et le plus jeune au monde à rallier le pôle Sud en solitaire, à ski et sans ravitaillement. La beauté du monde, il la contemple et fait son possible pour la faire connaitre aux autres, pour la protéger tous ensemble.
Épisode 4 – Flore Vasseur
Écrivain, journaliste et réalisatrice, Flore Vasseur s’est donné un objectif : comprendre pour trouver des solutions. Lorsque son fils de 7 ans l’interroge : « Maman ça veut dire quoi : ‘la planète va mourir ?’ ». Elle se retrouve démunie. Elle décide alors de faire un film pour lui et sa génération qui leur explique ce qu’il se passe et ce qu’il est possible de faire. Son documentaire “Bigger Than Us” présenté au festival de Cannes en 2021 montre les actions extraordinaires menées par sept jeunes, chacun dans leur pays, pour changer le monde.
Épisode 5 – Christian Vanizette
C’est un des entrepreneurs sociaux pionniers en France. Diplômé de la Barack Obama Foundation, Christian Vanizette a fondé Make Sense, une des première start-up à impact social, en 2010. Plus de 200 000 citoyens se sont mobilisés autour de projets sociétaux et environnementaux. Originaire de Tahiti, il a à cœur de préserver la planète pour son fils et les générations futures.
Épisode 6 – Sophie Rabhi
La « pédagogie de la bienveillance » : tel est le credo de Sophie Rabhi, éducatrice et fondatrice de “la Ferme des Enfants” en Ardèche et de l’écovillage intergénérationnel « Le Hameau des Buis ». Comment vivre en harmonie entre humains et avec la Nature ? Comment rendre soin de soi, des autres et du monde qui nous entoure ? Des questions auxquelles elle tente de répondre.
Virginie Hilssone-Lévy : C’est un phénomène d’origine naturelle qui se développe dans un milieu tel que l’eau, le sol ou l’air. Il est plus ou moins prévisible et peut être brutal, potentiellement dangereux pour les humains et avec des impacts environnementaux parfois importants.
Quels sont les principaux risques naturels qui touchent la France ? Y en a-t-il des plus dangereux que les autres ?
V. H-L. : On compte 8 principaux types d’aléas naturels : les inondations, les séismes, les mouvements de terrain, les avalanches, les feux de forêt, les tempêtes, les cyclones et les éruptions volcaniques. Le risque d’inondation est le plus important en termes de personnes concernées et d’ampleur des dommages matériels causés. Mais les 8 aléas sont tous potentiellement dangereux, selon la force qu’ils vont avoir, selon leur étendue, on ne peut pas réellement les classer. Les orages par exemple sont un phénomène météo compliqué à prévoir car leur formation dépend de nombreux paramètres, les avalanches sont elles aussi difficiles à prédire et certains aléas en entraînent d’autres qu’on ne peut pas toujours pronostiquer.
Près de 17 millions de personnes
soit ¼ de la population française, sont exposées au risque d’inondation.1
Quelles sont les régions les plus concernées ?
V. H-L. : Les régions du Sud-Est près de la Méditerranée sont davantage exposées aux inondations en automne, les tempêtes concernent plutôt les régions du Nord-Ouest comme la Bretagne ou la Normandie. Les incendies touchaient jusqu’alors principalement la région PACA et la Corse mais on a pu voir cette année que désormais, avec le réchauffement climatique et les sécheresses qui en découlent, les feux touchent également la moitié nord. Pour certains aléas naturels, on observe que l’urbanisation joue sur les conséquences de ceux-ci. Par exemple, en automne, un épisode de pluie continue peut faire déborder un cours d’eau qui pourrait être partiellement réabsorbé par les sols avoisinants, mais en ville, si les sols sont bétonnés, il n’y a pas d’évacuation possible de ces eaux, et les niveaux augmentent considérablement plus vite dans les rues, les sous-sols des habitations, etc.
Le réchauffement climatique est-il le seul responsable de l’augmentation de ces événements naturels ?
V. H-L. : Il y a plutôt un consensus scientifique sur le fait que les activités humaines entraînent le réchauffement climatique qui conduit à une augmentation du nombre et de l’intensité des aléas naturels. Ils ne seront pas tous plus nombreux mais ils seront plus graves. Par exemple, les scientifiques démontrent que pour chaque degré en plus dans l’atmosphère, cela provoquera 7% de pluie en plus. Donc tous les phénomènes associés, comme les ouragans ou les tempêtes, seront plus intenses. Il est important que tout le monde connaisse son niveau d’exposition à ces risques et les bons gestes pour en atténuer les conséquences.
Comment expliquer de manière simple et non anxiogène le réchauffement climatique et ses conséquences à ses enfants ?
V. H-L. : On peut faire un dessin avec une planète et plusieurs autres éléments comme des voitures, des usines, le soleil. On explique alors que les principaux éléments pollueurs rejettent du CO2, un gaz qui retient l’énergie du soleil et qui le transforme en chaleur. Que plus il y a de ce gaz dans l’atmosphère, plus ça réchauffe les sols et les océans et que cela a des conséquences directes sur l’environnement, par exemple des plantes qui ne peuvent plus pousser aux mêmes endroits, des animaux qui doivent se déplacer pour retrouver leur nourriture habituelle etc. Le traitement anxiogène type fin du monde n’est pas nécessaire, il vaut mieux dire qu’il y a effectivement un problème mais que nous faisons partie de la solution. Il est essentiel de leur expliquer qu’il faut revoir notre manière de vivre pour éviter ces conséquences.
Justement, comment chacun peut lutter le réchauffement climatique ? Quel type d’écogestes bas carbone peut-on faire ?
V. H-L. : C’est en comptant à l’échelle collective qu’il y a un impact global. On est de plus en plus nombreux à prendre conscience des enjeux, et cette conscience écologique peut créer un effet de pression aux changements, notamment envers les politiques. À titre individuel, il ne faut surtout pas se dire “Si les autres n’agissent pas, ça sert à rien que moi je le fasse” car sinon c’est un cercle contreproductif qui se met en place plutôt qu’un principe d’influence positive. C’est essentiel de se dire que des petits gestes peuvent avoir un grand impact, ça ne stoppera pas le réchauffement mais ça peut aider à ce que les conséquences soient moins catastrophiques. Il y a 5 actions clés à mettre en place : le choix de son mode de transport (opter pour les moins polluants lorsque c’est possible), manger moins de viande (pour limiter les activités à émissions de gaz à effet de serre), réduire ses déchets alimentaires (le traitement des ordures polluent énormément), limiter sa pollution numérique (regarder ses séries en wifi plutôt qu’en 4G) et réduire sa consommation d’électricité (éteindre plutôt que de mettre en veille). L’idée principale, c’est de ne pas toujours être dans la contrainte et que ces gestes deviennent des réflexes.
Dis-moi quel âge tu as, je te dirai comment tu consommes
On les imagine smartphones de seconde main en poche, sapes solidaires sur le dos, sneakers à impact positif aux pieds, encas vegan dans le ventre : à en croire les imaginaires, les jeunes formeraient un groupe homogène de consommateurs éveillés et responsables. C’est du moins ce que l’on pourrait déduire de la médiatisation de cette “génération Greta Thunberg”, marcheuse pour le climat, politiquement verte, adepte de Vinted et Biocoop, vent debout contre l’ancien monde des entreprises et celui des “boomers”.
De fait, la prise de conscience existe bien chez certains : Romain, 24 ans, responsable de communication interne dans un fond d’investissement parisien, explique ainsi que ses habitudes de consommation ont évolué ces dernières années : « J’ai réellement plus conscience de mon impact écologique. J’achète beaucoup moins de produits transformés pour l’alimentation. Je n’achète plus ou alors très peu de vêtements issues du fast fashion par rapport à avant ». Maxime Delavallée, se félicite lui de rassembler 50 000 visiteurs actifs chaque mois sur le site de sa boutique en ligne de vêtements vintage de seconde main CrushOn. « Dans les nombreux retours de nos clients, la satisfaction provient à la fois de l’acte militant d’acheter de la mode de seconde-main sourcée par des commerçants indépendants à taille humaine, et de l’unicité stylistique et au glamour de porter du vintage » témoigne-t-il.
Pourtant, il suffit de se pencher plus sérieusement sur les chiffres pour constater que ce seul constat est loin d’être pleinement représentatif des comportements d’achat des représentants de la jeunesse. Fin 2019, le Crédoc concluait son étude « Consommation et modes de vie » pour l’ADEME en notant que « les jeunes ont de fortes inquiétudes mais leurs comportements restent consuméristes ». Bien que l’environnement soit en tête de leurs préoccupations, ils sont toujours plus enclins à prendre l’avion et à faire les soldes que le reste de la population, et moins prêts qu’eux à calmer leur cadence d’achats. Laurène, 21 ans, étudiante à l’Ecole de Sage-Femme de Dijon, concède par exemple qu’elle « achète beaucoup plus de choses dites non essentielles (vêtements, produits multimédias…) » que ses parents, « alors qu’eux, qui avaient souvent moins de moyens, se concentraient sur des choses indispensables (voiture, loyer…) ».
Les jeunes sont-ils touchés par une forme d’hypocrisie ? Non : c’est plutôt que les termes du débat sont mal posés.
À la recherche du consommateur parfait
« Jeune ou pas, personne ou presque ne fréquente exclusivement McDonald’s, ou exclusivement des Salad Bars vegan et il nous arrive tous de nous retrouver dans la situation de récupérer un panier d’Amap sur le chemin d’Ikea ou une commande Amazon en même temps qu’un colis Vinted » rappelle l’essayiste Jean-Laurent Cassely, spécialiste des tendances urbaines et nouveaux modes de consommation. « Dans une étude que j’ai pu mener avec l’ObSoCo (ndlr : Les jeunes urbains créatifs, contre-culture ou futur de la consommation, ObSoCo, 2018), on s’est demandé si les jeunes diplômés qui incarnent souvent l’avant-garde dans les médias étaient plutôt alter-consommateurs ou hyper-consommateurs : en fait la plupart des gens sont tiraillés entre ces deux modèles, et rares sont ceux qui ont un profil “pur ». »
« Ce qui est clair c’est que l’alter-consommateur modèle ne correspond pas forcément aux comportements des “vrais gens”, y compris parmi les fameux Millennials »
Jean-Laurent Cassely, spécialiste des nouveaux modes de consommation
Quand on pose la question aux principaux intéressés, il est effectivement difficile d’obtenir des réponses tranchées : à choisir s’ils sont plus portés sur la fête commerciale du Black Friday ou son boycott, le Green Friday, Romain répond « ni l’un ni l’autre », Laurène « entre les deux extrêmes » et Léa, 27 ans, consultante en communication dans une agence parisienne, « les deux ».
Pour beaucoup, cette ambivalence traduit en fait la mise en place d’un mécanisme de balancier, qui consiste à contrebalancer sa consommation non-raisonnable par des achats vertueux. « C’est un jeu des compensations qui s’observe beaucoup dans le discours de l’alter-consommation, précise Jean-Laurent Cassely. Plus on prend l’avion, plus on va chez McDo, et plus il faudra acheter des produits verts ou en vrac pour compenser ». Un constat qui abonde dans le sens du raisonnement de Romain, qui avoue « compenser avec des actions quotidiennes comme le tri des déchets ou le recours à l’économie circulaire » son « addiction à tout ce que peut apporter l’uberisation (commandes de nourriture, VTC) ».
D’ailleurs, un même comportement d’achat peut dissimuler des aspirations bien distinctes. Le fait de moins consommer, par exemple, peut cacher à la fois un sens des responsabilités aigu comme un simple manque de moyens. « On observe notamment du côté de la jeunesse ce qu’on appelle des comportements de transition, analyse Jean-Laurent Cassely. Si les jeunes n’ont pas de voiture ou qu’ils ne sont pas propriétaires de leur logement, c’est parfois tout simplement parce qu’ils ne sont pas stabilisés dans vie d’adulte, et qu’ils n’en ont pas encore besoin ». Un constat confirmé par une étude menée par le chercheur Richard Grimal sur une cohorte de jeunes français, dans laquelle il atteste que « les opinions et les attitudes de la génération Y ne jouent aucun rôle » dans le fait que les jeunes utilisent moins la voiture que leurs aînés, et que l’explication est plutôt à chercher du côté de leur non-entrée dans la vie d’adulte et dans l’obtention des moyens financiers qui l’accompagne. « Pour résumer, on peut dire que les jeunes prennent dès qu’ils le peuvent le même pli que les fameux boomers que l’on accuse aujourd’hui de tous les maux sur la consommation » ironise Jean-Laurent Cassely.
« Un jeune, c’est un être humain pas très différent des autres »
Jean-Laurent Cassely
De la conso au discours : où est le fake ?
C’est donc surtout dans les discours que la confusion règne. D’abord parce que saisir “les jeunes” comme un groupe uniforme est vain. Dans son livre Millennial Burn-Out (Arkhé, 2019), Vincent Cocquebert confirme que « derrière cet énième mythe générationnel » se cache « une armée de marketeurs et autres consultants avides d’alimenter la machine à poncifs pour faire tourner un juteux business ».
Et pose, in fine, la question : « Et si les millennials n’existaient pas ? ».
Mais la confusion vient aussi et surtout du fait que les projecteurs n’ont tendance à ne se braquer que sur une seule facette des modes de consommation. « Dans les faits, c’est souvent la recherche du meilleur prix qui l’emporte, mais dans le discours, c’est l’écologie, l’éthique ou la consommation responsable qui prend le pas, observe Jean-Laurent Cassely. La raison à cela, c’est que les catégories culturelles monopolisent le discours sur la consommation, alors que celles et ceux cherchent simplement le meilleur objet au meilleur prix ne prennent pas la parole ; non pas parce que ce modèle est honteux mais il ne fait pas l’objet d’un discours et d’une philosophie ».
Dans son livre co-écrit avec la sociologue et directrice de recherche au CNRS Monique Dagnaud, Génération surdiplômée, les 20 qui transforme la France (Odile Jacob, 2021), Jean-Laurent Cassely rappelle ainsi que seul un Français sur cinq a un master ou le diplôme d’une grande école en poche, mais que ce petit groupe des 20% se retrouve aux manettes des prescription de tendances. Les modes de consommation semblent donc moins une question d’âge qu’une question de catégorie socio-professionnelle.
Et si hypocrisie il y a, elle ne vient pas des jeunes, mais de son élite culturelle. « Depuis que la société de consommation existe, les intellectuels français s’y opposent, confirme Jean-Laurent Cassely. Il y a un décalage immense entre le discours critique sur la consommation et la place qu’elle occupe dans la société : la France est le second marché de McDonald après les US, la grande distribution traditionnelle, le discount et Amazon s’y sont très bien implantés, mais la condamnation de la “société de consommation” continue d’être la position dominante dans les médias et parmi les intellectuels, ce qui a tendance à creuser l’écart avec les consommateurs lambda qui sont pourtant conscients pour beaucoup des limites du consumérisme, mais en tirent également des satisfactions réelles ».
Jeter de la soupe sur un chef d’œuvre de Van Gogh, bloquer des axes routiers ou faire un die-in (s’allonger par terre et feindre la mort) pour dénoncer l’inaction climatique… Ces actions non violentes sont souvent utilisées par la jeunesse militante du monde entier, de plus concernée par les enjeux climatiques.
79% des jeunes
se disent intéressés par la thématique du réchauffement climatique.(1)
Pour autant, peut-on considérer que les jeunes méritent leur surnom de « génération climat » ? Peuvent-ils supporter seuls l’action écologique, si les autres générations ne l’ont pas fait avant eux ? La génération climat est-elle une véritable révolution ou un concept « bullshit » ? C’est la question qui a été débattue lors du TGF. Un débat animé qui a vu défiler à la barre de la Bellevilloise Agnès Sinaï, directrice de l’Institut Momentum et enseignante à SciencesPo, Bertrand Caltagirone, porte-parole du mouvement écologiste Dernière rénovation et Anne-Fleur Goll, consultante climat, qui s’est fait connaître lors d’un discours à l’occasion de sa diplomation à HEC.
La première génération touchée par l’urgence climatique ?
Le concept de génération climat s’est popularisé ces dernières avec la montée en popularité des marches pour le climat et de leur figure de proue Greta Thunberg. Pourtant, le phénomène n’est pas nouveau. Qu’il s’agisse des avancées sociales de mai 1968, les manifestations de 2005 dans les banlieues françaises ou les grèves de 1995 contre le plan Juppé sur les retraites, les jeunes ont toujours été sur le devant de la scène militante. La jeunesse est intrinsèquement plus révoltée.
Pour autant, Bertrand Caltagirone considère qu’il existe bien une génération climat. « À d’autres époques, les militants pouvaient potentiellement se tourner vers un avenir assez sombre mais lointain alors qu’aujourd’hui, nous vivons déjà les conséquences de la catastrophe climatique. Face à l’urgence, on n’a pas le temps de faire des réunionites, ça nous engage à davantage de sacrifices », lance-t-il. Pour ce représentant du mouvement Dernière rénovation, le militantisme écologiste a aussi changé de dimension. « Les précédentes générations de militants avaient une vision plus philosophique, avec une critique de la société de la consommation que nous pouvons certes reprendre, mais ce qui nous anime, c’est la peur de mourir », ajoute-t-il.
Sur ce point, le premier orateur de la soirée est vite rejoint par Agnès Sinaï. « Ces jeunes sont touchés charnellement par la crise écologique contrairement aux lanceurs d’alerte des années 1970. Les enjeux se répètent mais la situation actuelle est sans comparaison », acquiesce-t-elle. Toutefois, elle préfère relativiser le concept de « génération climat ». « Il y a quelque chose de novateur dans cette idée de génération climat, on a envie de croire qu’elle est massivement mobilisée mais je suis nuancée sur ce terme. Toutes les générations sont des générations climat car nous sommes tous embarqués dans la machine infernale du dérèglement, peu importe notre âge », continue-t-elle.
En effet, parler de génération climat fait reposer une responsabilité assez forte sur la jeunesse. Comment changer les législations nationales et internationales sans embarquer la génération X, qui occupe une bonne partie des postes à responsabilité ? La militante Anne-Fleur Goll a fait le choix de travailler avec des grandes entreprises pour les aider à passer le cap de la transition écologique.
« Je pense que mon rôle est de monter le niveau de radicalité dans des pièces où auparavant, il n’y avait personne pour parler de ces sujets. En revanche, j’entends souvent dire qu’il faut que les jeunes apportent leurs compétences aux entreprises et je ne suis pas d’accord. Les jeunes peuvent impulser, mais il faut que les personnes au pouvoir se forment à leur tour et agissent », argumente-elle devant l’auditoire de la Bellevilloise.
D’ailleurs, les jeunes ne sont pas les seuls à crier leur mécontentement dans la rue, rappelle Agnès Sinaï. « Je ne vois pas de cloisonnement générationnel. Dans les actions ou les manifestations, il y aussi des retraités ou des boomers qui ont l’habitude des manifestations par exemple ».
Une génération de bourgeois ?
Pour autant, les jeunes écologistes représentent-ils vraiment leur génération ? Pas vraiment, si l’on en croit l’Observatoire international climat et opinions publiques(2), qui a interrogé des citoyens de 30 pays différents. « 62 % des jeunes jugent très importante la question de l’écologie mais ce n’est pas leur première préoccupation. Il y a aussi les violences faites aux femmes (pour 77 % des jeunes), le racisme (67 %), le terrorisme (66 %) ou encore la faim dans le monde (66 %) », rappelle le sociologue Olivier Galland, interviewé par le procureur de ce TGF dans le cadre d’une « pièce à conviction ».
Autre conclusion de cette étude : « partout dans le monde, l’environnement est davantage une préoccupation des catégories favorisées ». Chez les foyers possédant de faibles revenus, l’environnement n’est qu’à la sixième place, derrière le coût de la vie, la pauvreté, le chômage, le système de santé et la corruption. Une réalité qui renforce l’idée selon laquelle les causes environnementales ne sont portées que par un certain profil sociologique. « En outre, on peine à distinguer une génération climat au niveau mondial. En dehors de l’occident, il n’y a pas de différences générationnelles », conclut Olivier Galland.
Anne-Fleur Goll a été interpellée à ce sujet lors du TGF par le procureur. « A-t-on raison de voir en vous une révolution en marche alors que vous étiez prédestinée statistiquement à vouloir la faire ? », a-t-il lancé. Après quelques instants de réflexion, la militante a finalement répondu simplement. « Je n’ai jamais réfléchi à ma vie comme ayant un destin. Si je ne suis pas une anomalie statistique, alors c’est tant mieux, cela veut dire que les personnes qui doivent agir le font ».
Un retour à la radicalité
Plutôt que de parler de « génération climat », Agnès Sinaï préfère parler de « retour à la radicalité ». Pour elle, il y a eu 4 phases dans l’évolution des militantismes, à commencer par les lanceurs d’alerte dans les années 1960 et 1970. « Ces années ont été portées par le rapport Meadows et une écologie politique assez radicale. Ensuite, on a connu une phase d’institutionnalisation à partir des années 1990 avec de nouveaux traités (Sommet de Rio, COP) pour concilier environnement et économie sous le sigle du développement durable. Au début des années 2000, les mouvements décroissants et altermondialistes se sont emparés de la question de la mondialisation, qui s’est un peu éclipsée aujourd’hui. Et enfin, plus récemment, on a une écologie des villes en transition, de la permaculture, avec un retour à une écologie plus radicale et territorialisée (Les ZAD et Soulèvement de la Terre) », détaille-t-elle durant la conférence.
Cette radicalité, constitutive de l’écologie moderne, est aussi une réponse à l’urgence de la situation climatique. « Il y a un risque d’extinction de notre espèce donc il faut être radical car aujourd’hui, le consensus autour du climat est plutôt mou. Tout le monde est plus ou moins d’accord avec le constat mais peu assument cette radicalité dans l’action », constate Bertrand Caltagirone, le porte-parole de Dernière Rénovation.
Verdict Final
Alors la Génération Climat : Bullshit ou Révolution ? Cet argument de la radicalité a peut-être été décisif dans le verdict de ce Tribunal des Générations Futures. Sur les 5 voix du jury, 3 ont estimé que la génération climat était une révolution.
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Quand on pense pollution de l’eau, ce sont souvent immédiatement les océans qui viennent à l’esprit. Pourtant, les rivières, les lacs et les nappes phréatiques sont aussi impactés par la pollution. Celle-ci provient notamment des déchets jetés dans la nature, des rejets industriels ou agricoles, et de l’eau sale des caniveaux. Une eau polluée est une eau qui a été « salie », et cela signifie que l’on y trouve des matières qui ne devraient pas être présentes, qui ne sont pas adaptées à ce milieu, et qui peuvent se révéler dangereuses pour les humains, la faune et la flore.
Cette pollution peut prendre des formes différentes, mais les éléments permettant de la reconnaître sont :
la présence de produits chimiques ;
une teneur en oxygène plus faible (qui entraîne une mortalité élevée des espèces) ;
des algues qui prolifèrent ;
des bactéries ou virus présents ;
une eau qui devient plus opaque.
Toutes ces modifications du milieu aquatique ont des conséquences directes et souvent irréversibles sur tout l’écosystème.
72%de la surface de la Terre est recouverte d’eau (2).
Quelles sont les causes de la pollution de l’eau ?
La vie quotidienne, l’agriculture ou le travail des industries : autant de vecteurs de pollution des eaux. Voici les quatre principales sources de pollution des eaux :
La pollution domestique
La vie quotidienne a un impact direct sur l’état de l’eau : les eaux usées (l’eau de vaisselle ou de la douche par exemple), les produits d’entretien (détergents, lessives, etc.) ou d’hygiène (savons, gels douche), les peintures, les solvants, ou encore les huiles de vidange, se retrouvent rejetés dans l’eau, la rendant impure.
La pollution industrielle
Les rejets industriels contiennent de nombreuses substances toxiques : les hydrocarbures, le PCB (polychlorobiphényle), des métaux lourds parmi lesquels le mercure, le plomb. Tout cela, ainsi que les eaux usées des usines, vient se mélanger aux cours d’eau, perturbant grandement la faune et la flore aquatiques.
La pollution agricole
L’agriculture est la cause première de la pollution de l’eau(1). Dans le monde, elle est à l’origine du contaminant chimique le plus retrouvé dans les nappes souterraines : le nitrate, issu des engrais. L’agriculture moderne décharge dans la nature des quantités importantes de matières organiques mais aussi de produits agrochimiques, de pesticides, de solutions salines… Parmi les produits phytosanitaires (fongicides, herbicides, etc.) couramment utilisés se trouvent des molécules soupçonnées d’entraîner des perturbations endocriniennes. Elles s’éliminent très difficilement, et même les stations d’épuration ont des difficultés à les traiter. On retrouve aussi des agents pathogènes (bactéries, virus) venant du bétail, et tout cela finit par polluer les eaux.
La pollution accidentelle
La pollution accidentelle peut venir du déversement de produits toxiques au sein du milieu naturel, ou de catastrophes et d’événements naturels, notamment les crues, les pluies diluviennes ou les tremblements de terre. Avec le réchauffement climatique qui tend à augmenter autant la puissance que la fréquence de ces phénomènes, les pollutions accidentelles qui en résultent devraient malheureusement elles aussi augmenter.
En connaissant tous les problèmes liés à la pollution de l’eau, on pourrait avoir peur de consommer celle du robinet ! Mais les traitements de potabilisation sont là pour supprimer les substances toxiques présentes dans l’eau. Et s’il est impossible de les éliminer, l’eau n’est pas distribuée. De plus, les stations de traitement des eaux sont soumises à des directives strictes, européennes. Ainsi, aucun lien ne peut être fait entre la qualité des ressources en eau et celle de l’eau du robinet.
Quelle solution pour lutter contre la pollution ?
Lutter contre la pollution organique de l’eau
L’eau peut contenir des bactéries et des virus, entraînant une pollution microbiologique et un vrai risque pour la santé. Ces derniers proviennent de la décomposition naturelle d’excréments d’animaux (sauvages ou d’élevage), de végétaux pourris, d’animaux morts, du rejet des ordures ménagères végétales, etc. Certaines pollutions organiques peuvent aussi être dues à des phénomènes naturels ou à la dissolution de matières organiques présentes dans le sol. Les principaux moyens de lutte contre la pollution organique se jouent principalement au niveau des pouvoirs publics et des collectivités locales : mise en place de stations d’épuration, réglementation sur le traitement des effluents agricoles, collecte des déchets, entretien des caniveaux, etc.
Lutter contre la pollution chimique de l’eau
Là encore, les moyens de lutte sont surtout collectifs : réglementations sur les rejets industriels, mise en place du principe « pollueur-payeur » (les industries sont taxées pour prendre en charge une partie des coûts générés par la pollution), par exemple. Mais on peut aussi agir au niveau individuel avec quelques gestes antipollution simples (voir plus bas).
9cours d’eau sur 10 sont pollués par des pesticides (3).
Quelles sont les conséquences de la pollution de l’eau ?
Un manque d’oxygène dans l’eau
On appelle hypoxie le fait que l’oxygène soit trop rare dans l’eau. La vie des espèces animales et végétales est alors menacée. L’anoxie est le stade fatal, où il n’y a plus d’oxygène, ou plus suffisamment, pour maintenir la vie. Ces deux phénomènes agissent directement sur la biodiversité ; plantes, poissons et autres espèces en subissent les conséquences, avec une mortalité accrue et la disparition des plus fragiles.
La prolifération de végétaux « toxiques »
Certains végétaux impactent négativement le milieu aquatique. En consommant l’oxygène utile aux autres espèces aquatiques, ils perturbent l’écosystème. C’est le cas notamment des algues vertes, qui représentent un danger pour l’écosystème marin lorsqu’elles prolifèrent. Or, comme elles se nourrissent de nitrates, comme ceux présents en grande quantité dans les engrais et eaux usées rejetées dans l’eau, leur croissance est hors de contrôle dans certaines zones côtières des régions agricoles.
LA MACIF S’ENGAGE À AGIR POUR LA PRÉSERVATION DU CLIMAT
Retrouvez ici tous ses engagements pour la protection du climat et de la biodiversité.
Comment lutter contre la pollution ? 11 gestes à adopter
Si cette pollution extrêmement préoccupante est un enjeu de taille pour l’avenir, la bonne nouvelle est que chacun peut agir à son échelle. Et chaque petit geste compte ! On se dit parfois que ce n’est pas ce petit détail qui changera la donne, et pourtant, mis bout à bout, nos actions quotidiennes ont un impact. Voici une liste de bonnes habitudes à prendre, à la maison et lors des sorties.
À la maison
Réduire sa consommation d’eau : une utilisation excessive participe grandement à la pollution de celle-ci. Plus on en utilise, plus on crée de rejets, qui eux-mêmes mettent à mal l’écosystème. Minimiser sa consommation d’eau est donc le premier réflexe à avoir : ne lancer le lave-vaisselle que quand il est plein, privilégier des douches courtes, couper le robinet quand on se brosse les dents, installer des pommeaux de douche ou des toilettes économes en eau par exemple.
Privilégier des produits d’entretien (lessives, liquide vaisselle, etc.) naturels ou certifiés biologiques. Et utiliser la juste dose, pas besoin d’en rajouter !
Jeter ses lingettes, cotons-tiges et tampons et serviettes hygiéniques dans la poubelle, et surtout pas dans les toilettes. Retenir que dans les toilettes, tout ce qui est jeté – autre que du papier toilette – entraîne des dysfonctionnements dans les stations d’épuration de l’eau.
Être attentif à la composition de ses savons, gels douche, shampoings… Comme ils terminent dans les eaux usées, autant qu’ils soient sans ingrédients nocifs ou toxiques pour la nature.
Aller à la déchetterie pour jeter les produits chimiques (peintures, solvants, ammoniac, etc.). Il ne faut surtout pas les jeter dans l’évier ou dans les toilettes : ils causeraient – même en petite quantité – des dommages irréparables pour la nature (et vos installations).
Réduire l’utilisation des plastiques. Déversés dans les rivières et les océans, ils se retrouvent en quantité colossale dans l’eau, la rendant impropre à la consommation et invivable pour les plantes aquatiques et les animaux. Gardez à l’esprit que les sacs, bouteilles et autres objets du quotidien en plastique peuvent bloquer les égouts, et ils ont aussi des effets irréversibles sur l’écosystème marin, tuant de nombreuses espèces (certaines tortues de mer et des baleines se retrouvent avec des pailles dans le nez, des sacs dans l’estomac…).
Dans le jardin
Désherbants, pesticides, insecticides… ces produits phytosanitaires sont les pires ennemis de nos eaux. Désherber manuellement (sans produit) et/ou choisir des produits naturels est la bonne solution. Vous pouvez fabriquer votre désherbant naturel vous-même en mélangeant du vinaigre, du bicarbonate de soude et de l’eau.
Abandonner le nettoyage de la voiture du dimanche dans le jardin et se rendre dans une station de lavage. Non seulement le traitement des eaux usées y suit les normes, mais cela permet aussi de consommer près de moitié moins d’eau (les stations sont équipées de matériels qui régulent le débit pour éviter le gaspillage).
Dans la nature
Ramasser les excréments de vos animaux et s’en débarrasser à la poubelle, car ils polluent le milieu naturel
Garder ses détritus (masques et mouchoirs jetables, canettes, bouteilles, mégots de cigarettes, chewing-gums, emballages, tubes de crème, etc.) avec soi et les jeter à la maison, dans une vraie poubelle.
En camping-car ou en bateau, vidanger les eaux usées dans les aires de stationnement (spécialement conçues pour les bateaux ou les camping-cars) à disposition à cet effet dans les communes et les ports.
En rendant nos petits gestes du quotidien plus responsables, la question de la pollution de l’eau… coulera de source dans la conscience collective !
Tout déménagement a un prix, évidemment celui-ci dépend à la fois du volume à déménager, de la distance qui vous sépare de votre nouvelle adresse, du service proposé mais aussi de la date prévue (certaines périodes de l’année, comme juin ou septembre, sont très demandées).
Si vous faites appel à une entreprise de déménageurs, vous aurez à choisir parmi plusieurs formules, allant du simple transport de vos cartons (version économique) à une plus coûteuse qui prendra en charge l’emballage, le transport et le déballage sur place.
Pour choisir le service adapté à votre budget, n’hésitez pas à demander des devis et à comparer les prix.
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2 Les cartons : mission récupération !
Pour limiter les frais : récupérez. Faites d’abord le tour de vos amis et voisins qui ont récemment déménagé, et pourraient vous donner les cartons qu’ils ont peut-être remisés. Ensuite, n’hésitez pas à vous adresser aux commerçants ou entreprises de votre quartier qui reçoivent régulièrement des marchandises conditionnées. À privilégier : les enseignes alimentaires, les magasins de déco (pour les gros cartons), les librairies et les pharmacies (pour les petits formats). Pour ce qui est de l’emballage, optez pour de vieux journaux froissés, qui amortiront les chocs presque aussi bien que du papier bulle. Et n’oubliez pas le gros scotch et des marqueurs !
3 Des bras en veux-tu en voilà !
C’est le moment de faire appel à vos amis, musclés de préférence. Pour les motiver, rien de tel que la promesse d’un en-cas inaugural, pris sur le pouce dans votre futur logement. Regardez également sur les sites de voisinage, tel que AlloVoisins, pour trouver de l’aide à coût réduit ou contre échange de service en fonction de vos compétences (un voisin vous aide à déménager, vous pourriez l’aider plus tard avec du jardinage ou du bricolage).
70%des Français préfèrent déménager seuls.*
4 Le camion : ça roule !
Commencez par évaluer le volume dont vous aurez besoin afin de rechercher le véhicule le plus adapté. Première option : vous décidez de passer par un site de location professionnel.
Vous pouvez également louer directement votre utilitaire via certaines plateformes de location entre particuliers. En fonction du lieu, des dizaines de véhicules sont souvent disponibles pour environ 40 euros par jour.
Dernière option, pour disposer d’un camion encore moins cher, pensez aussi à consulter des sites de rapatriement de véhicules qui proposent la location parfois à 1 euro d’un véhicule, qui doit être conduit d’un point A à un point B. Pourquoi si peu cher ? Parce que les sociétés de location ont souvent besoin de déplacer leurs véhicules pour les mettre à disposition dans toutes leurs agences. Pour éviter les frais dus aux camions transporteurs, ils proposent à des particuliers de faire ces trajets à leur place avec la possibilité de charger les véhicules à moindre coût. Gagnant-gagnant !
Une fois au volant, n’oubliez pas d’adapter votre conduite à la taille du véhicule. Respectez les hauteurs de ponts ainsi que les panneaux d’interdiction. Enfin, attention aux accrocs ! Vous êtes responsable du véhicule pendant toute la période de la location. Pensez à vérifier ce qui est prévu dans le contrat de location (franchises à payer en cas de dommage, bris de glace, crevaison…).
La Macif vous accompagne pendant votre déménagement
Au quotidien, que ce soit lors de vos déplacements, au travail ou encore à la maison, vous faites des gestes simples qui ont pourtant un impact important sur le climat. Que ce soit individuellement ou par le biais des entreprises qui fabriquent vos biens (vêtements, voiture, électroménager, alimentation…), vous émettez des gaz à effet de serre, qui contribuent au réchauffement climatique. Heureusement, l’empreinte carbone est un outil qui permet de mesurer votre impact environnemental et ainsi de revoir vos habitudes.
1 Comment calculer son empreinte carbone ?
En analysant vos gestes du quotidien, vous pourrez connaître approximativement votre empreinte carbone, exprimée en équivalent CO₂ (CO₂e). Le calcul repose notamment sur 4 grands axes :
L’alimentation : mangez-vous des aliments de saison et plutôt locaux ? Des produits d’origine animale ou végétale ? Limitez-vous au maximum le gaspillage ? Voici quelques questions à vous poser pour découvrir si vous pouvez réduire votre empreinte carbone à table.
Les transports : quels moyens utilisez-vous pour vous déplacer et à quelle fréquence ? Privilégiez-vous plutôt le train à l’avion ? Le vélo à la voiture ?
La maison et l’énergie : votre logement est-il construit avec des matériaux écologiques ? Quelle est sa performance énergétique ? Quel type de chauffage utilisez-vous ?
La consommation et le style de vie : avez-vous des appareils électroniques à la maison ? À quelle fréquence les utilisez-vous ? Sont-ils gourmands en énergie ? Achetez-vous vos vêtements plutôt de seconde main ou préférez-vous des produits neufs ? Êtes-vous un adepte du zéro déchet ?
Le saviez-vous ?
Un Français émet en moyenne entre 8,2 tonnes de CO₂e par an(2) ! Nous sommes donc encore très loin de l’objectif de neutralité carbone pour 2050, fixé par l’Accord de Paris lors de la COP21(3) en 2015. Raison de plus pour agir vite !
2 Quel calculateur utiliser pour mesurer son empreinte carbone ?
Le calcul des émissions de CO2 correspond à la quantité que vous consommez multipliée par le facteur d’émission (transport, logement, consommation, alimentation). Rassurez-vous, il existe différents outils en ligne qui permettent de calculer automatiquement votre empreinte carbone :
Nos gestes climat de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) : un simulateur simple d’utilisation et public qui permet d’évaluer votre empreinte carbone individuelle sur une année, le tout par grandes catégories (alimentation, transport, logement, services publics, numérique…).
Le calculateur d’empreinte écologique WWF : grâce à un questionnaire à choix multiples, vous pouvez définir votre empreinte carbone, le tout ponctué de quelques conseils et astuces pour réduire votre empreinte écologique personnelle.
Le calculateur CO2 Reforest’Action : il s’appuie sur les données fournies par l’ADEME et se divise autour de trois grands axes (transports, habitation, consommation). Le plus ? Vous pouvez contribuer financièrement pour le climat en convertissant votre empreinte carbone en crédits carbone, qui serviront à financer un projet de solidarité internationale.
L’empreinte écologique de Footprintcalculator : grâce à un questionnaire simple, découvrez quel est votre “jour personnel du dépassement”. Le jour du dépassement est le jour de l’année où l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la planète peut régénérer en un an. En 2021, par exemple, ce “dépassement” a eu lieu le 29 juillet.
Le diagnostic voyage ou annuel de Good Planet : en quelques clics vous pouvez évaluer les émissions de gaz à effet de serre liées à un voyage ou à vos consommations et déplacements annuels.
D’autres outils existent pour connaître votre empreinte écologique, comme CoolClimate, Selectra…
LE SAVIEZ-VOUS ?
La Fondation Macif soutient de nombreuses initiatives dans l’économie circulaire !
L’Essentiel de l’article
Le calcul de l’empreinte carbone repose sur 4 grands axes : l’alimentation, les transports, la maison et l’énergie, la consommation et le style de vie.
Différents calculateurs existent pour calculer son empreinte carbone individuelle.
Parce que tout le monde n’est pas mécanicien ou électronicien, les ateliers de réparation solidaires se multiplient pour vous aider à donner une seconde vie à vos objets. Une cafetière qui fait pschitt, un smartphone plus très smart, un aspirateur qui tousse ? Passez, faites-vous aider, c’est réparé ! Il vous suffit d’apporter votre matériel usagé dans ces ateliers et, encadré par des bénévoles, vous apprendrez à le réparer. Certains ateliers ont leur propre spécialité, comme l’organisation d’ateliers de réparation de vélos : plus d’excuse pour laisser la bicyclette de Mamie rouiller dans le garage ! Ces ateliers existent partout en France, renseignez-vous sur Internet ou auprès des associations.
Le saviez-vous ?
La Fondation Macif soutient de nombreuses initiatives dans l’économie circulaire !
2 Électroménager, électronique, informatique, vélos… : si ça fonctionne, je donne
Les réseaux solidaires
Pas envie ou pas le temps de poster une annonce pour vendre votre grille-pain ? Offrez-lui quand même un avenir grâce aux réseaux solidaires partenaires d’Eco-systèmes. Ceux-ci assurent la collecte des appareils en état de fonctionnement, garantissant un réemploi dans le respect des principes du développement durable. Emmaüs, Fédération Envie et des dizaines de structures locales constituent un réseau de 193 points de collecte. Il y en a forcément un près de chez vous !
342 MILLIONS
de tonnes de déchets sont produites chaque année en France. (1)
3 Faire débarrasser la cave ou son grenier gratuitement, c’est possible !
Emmaüs
L’association Emmaüs se déplace pour les dons volumineux (parce qu’il y a beaucoup de choses ou parce qu’il s’agit de gros objets). Contactez la structure la plus proche de chez vous par téléphone pour discuter avec eux des modalités de collecte.
Les ressourceries
Ces structures (associations, coopératives, etc.) récupèrent vos objets inutilisés quels qu’ils soient (électroménager, vêtements, jouets, bibelots, écrans, etc.). Ils sont alors remis en état et généralement revendus à bas prix. Lorsqu’ils ne sont plus utilisables, ils sont envoyés vers un partenaire recycleur. Si vous avez une grande quantité d’objets à donner, les ressourceries peuvent organiser un rendez-vous à domicile pour les collecter. Il y des ressourceries dans toute la France, trouvez la vôtre sur Ressourceries.fr.
4 Objets KO ? Jeter, c’est OK !
En déchetterie
En rapportant vos appareils, meubles, déchets verts, gravats et autres déchets à la déchetterie, vous vous assurez qu’ils seront traités dans les meilleures conditions environnementales possible, et qu’ils seront recyclés lorsque c’est possible. La plupart des communes sont aujourd’hui équipées d’une déchetterie. Pour y accéder, vous devrez généralement vous inscrire sur présentation d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile.
Aux encombrants
Votre commune organise probablement des tournées régulières de ramassage des déchets encombrants. La régularité dépend des communes, voire des quartiers. Renseignez-vous auprès de la mairie.
Auprès d’un revendeur
Si vous achetez un nouveau lave-linge parce que le vôtre a rendu l’âme, sachez que le vendeur (si c’est un professionnel) a pour obligation de reprendre votre ancien appareil au moment de la livraison du nouveau. Et depuis 2015, les revendeurs d’électroménager d’une surface de vente supérieure à 400 m2 sont également tenus de reprendre vos petits appareils électroménagers (moins de 25 cm de côté) sans obligation d’achat. Vous pouvez donc vous rendre en magasin pour les déposer.
88%des Français change de smartphone alors que l’ancien fonctionne encore. (2)
5 Smartphones, ordinateurs et tablettes : recycler pour ne pas polluer
Smartphones, ordinateurs et tablettes contiennent de nombreuses matières très polluantes : plastiques, verre, métaux lourds. Il est donc très important de ne pas s’en débarrasser n’importe comment et de s’assurer qu’ils seront intégrés dans un circuit de traitement ou de recyclage adapté. L’association Emmaüs reprend et répare ces matériels lorsqu’ils sont encore en état de fonctionner. Sinon, déposez-les en points de collecte chez les revendeurs, en déchetterie ou aux encombrants. À noter : il faut au moins « 5 ans d’utilisation pour que l’impact environnemental de l’usage du smartphone soit équivalent à celui de sa fabrication » selon l’ADEME.
Sous l’effet cumulé de l’urbanisation et de l’augmentation de la population, la Banque mondiale prévoit que la quantité de déchets produits chaque année s’élèvera à 3,4 milliards de tonnes d’ici 2050, soit une hausse de 70 % (1) ! Face à cette perspective déprimante, la résistance s’organise.
C’est la part de déchets ménagers recyclés en France en 2022, en hausse sur tous les types de matériaux. (2)
1 Pour le ménage : une bonne dose d’huile de coude
Charlotte, 29 ans.« Je fais mes produits ménagers moi-même. Simplement avec du vinaigre blanc et du bicarbonate de soude, je nettoie toutes les surfaces. En plus, j’ai trouvé une astuce pour aromatiser le vinaigre : faites-y infuser vos pelures d’orange. Comme ça, ma maison a une odeur sympa après le ménage ! »
2 À bat le plastique, vive le vrac !
Loïc, 30 ans.« J’essaie d’avoir un mode de vie zéro plastique. Je fais très peu de tri, puisque j’achète tout sans emballage. On imagine souvent que ce sont seulement les produits solides, comme les pâtes, les céréales ou le riz qui sont vendus en vrac. En réalité, on trouve aussi des produits d’entretien, du savon noir, du vin, des épices ou encore de l’huile. Dans ma salle de bains, je me sers de dentifrice, de shampoing, de savon et de déodorant solides. »
se perdent dans la nature tous les ans en France. (3)
3 Exit les objets à usage unique
Anna, 37 ans.« J’évite tout ce qui est jetable, comme les lingettes démaquillantes ou les serviettes hygiéniques. Je préfère les solutions réutilisables ou lavables. D’ailleurs, j’utilise des couches lavables pour mon bébé. Quant aux éponges pour entretenir la maison, je les ai remplacées par des vieux torchons. »
Emmanuelle, 40 ans. « Avec mon mari, nous ne jetons plus rien d’organique à la poubelle. On en fait du compost ! Et puis nous récupérons également les graines et les noyaux des fruits et légumes. Ces graines nous permettent de faire notre propre potager, au sein de la copropriété. La terre vient du compost, les graines de notre consommation. Résultat, nous n’avons pas mis les pieds dans une enseigne de jardinerie depuis 2 ans ! »
Toute l’eau que vous utilisez n’a pas forcément besoin d’être potable (arrosage, lavage de voiture), et loin du robinet, une ressource tombée du ciel fera tout à fait l’affaire : l’eau de pluie. Pour cela, il vous suffit d’investir dans un récupérateur d’eau hors sol, à installer sous la gouttière et qui offre des capacités de collecte de 200 à 10 000 litres selon les modèles. Renseignez-vous dans les magasins de bricolage ; en plus, c’est plutôt simple à installer.
150 à 200 litres d’eau
consommés en moyenne pour un bain.**
2 Prélèvement à la source
Équiper ses robinets pour réduire sa consommation d’eau ! Installez sur vos robinets et pomme de douche des réducteurs d’eau (également appelés économiseurs ou mousseurs). Leur système, qui mélange air et eau, permet de réduire de près 40 % le débit d’eau, sans perte de confort. Autre astuce : le pommeau de douche intelligent, qui change de couleur quand la douche s’éternise…
70 à 120 litres d’eau
consommés en moyenne pour un lave-linge.**
3 La chasse au gaspi
Sachez que 20 % de notre consommation d’eau provient des toilettes, soit plus de 12 000 litres consommés par personne et par an pour la chasse d’eau… Pour baisser la facture, équipez-vous d’une chasse à double commande (ou éco-chasse) qui stoppe le débit d’eau sitôt le bouton relâché. L’installation d’éco-plaquettes dans la cuve de remplissage (ou tout simplement une brique) qui réduit la quantité d’eau expulsée offre également de bons résultats.
200 litres d’eau
consommés en moyenne pour un lavage de voiture.**
4 Ne rien laisser fuiter
Un petit goutte-à-goutte, ça coûte… Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), un robinet qui fuit pourrait coûter jusqu’à 100 euros par an. Inutile de prendre votre loupe : fermez tous les robinets le soir venu et relevez votre compteur d’eau. Si le lendemain, celui-ci a bougé, cherchez l’erreur et changez les joints !
5 Les gestes qui coulent de source
Ils sont connus, mais sont à mettre en pratique ! Fermez le robinet d’eau pendant le brossage de dents, privilégiez la douche au bain, lancez le lave-vaisselle ou le lave-linge quand ils sont pleins, optez pour des cycles « éco », arrosez le jardin le soir venu (pour éviter que l’eau s’évapore rapidement) ou encore réutilisez l’eau de la maison (celle qui a servi au lavage de légumes, à la cuisson des aliments) pour des usages extérieurs.
L’Essentiel de l’article
Récupérez l’eau de pluie.
Équipez vos robinets de réducteurs d’eau.
Limitez le débit de la chasse d’eau.
Stoppez les fuites !
* Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement 2020
** Source : Actions Planète Propre, La consommation d’eau des ménages
*** Organisme prêteur : Socram Banque. La Macif agit en qualité d’Intermédiaire en opérations de banque et services de paiement pour le compte exclusif de Socram Banque. N° Orias 13005670 (www.orias.fr)