Catégorie : Épauler mes proches

  • Jeunes aidants : vers qui se tourner pour du soutien ?

    Jeunes aidants : vers qui se tourner pour du soutien ?

    À partir de quand peut-on se considérer comme étant un jeune aidant ?

    Est considéré comme jeune aidant toute personne de moins de 25 ans apportant une aide significative et régulière à un proche souffrant d’une maladie, d’un handicap ou d’une addiction. « C’est la définition officielle, celle qui revient dans les études, résume Rébecca Billy, coordinatrice de La Pause Brindille, l’une des principales associations dédiées à la cause des jeunes aidants en France. Pour préciser, ce sont des jeunes qui, de façon quotidienne, vont soutenir leurs proches en faisant le ménage, les courses, le repas, en apportant une aide dans les soins, un soutien moral, matériel, logistique ou financier. » Elle ajoute, toutefois, qu’au sein de cette structure basée à Lyon, on ne s’en tient pas à cette définition. « On accompagne tous les jeunes confrontés à la maladie, au handicap ou à l’addiction d’un proche, quel que soit le niveau d’aide qu’ils apportent. » Et de citer en exemple des enfants dont le frère ou la sœur aurait un handicap, et qui seraient confrontés à cette situation sans avoir les moyens d’aider. « Il est difficile pour eux d’avoir conscience des impacts que ça a sur eux et de se sentir légitime pour aller chercher de l’aide. Une définition trop restrictive, c’est les empêcher de le faire. »

    Afin de répondre à cette question, JADE (Jeunes AiDants Ensemble), l’autre grande association consacrée aux jeunes aidants en France, propose de son côté un quiz. « Chaque aidant a un rôle différent et ne ressent pas forcément les choses de la même manière, explique Camille Vassort, responsable du développement et de la coordination de l’association. On a mis en place ce quiz au regard des difficultés que rencontrent les jeunes à s’identifier comme aidant. Cet outil est également utile aux professionnels confrontés à des situations de jeune aidance. »

    Jeunes aidants : vers qui se tourner ?

    En premier lieu vers ses proches, membres de sa famille ou amis, mais également des professionnels de santé et du social qui interviennent auprès de la personne aidée. Cela peut constituer une première étape, estime Camille Vassort de l’association JADE. « Les jeunes aidants parlent peu de leur situation familiale à leurs amis, à leurs professeurs et autour d’eux. Ils sont souvent en proie à des sentiments de honte, de culpabilité et d’ambivalence. Ils ont parfois du mal à se reconnaître comme tels et ont besoin d’être accompagnés dans cette prise de conscience. »

    Les jeunes ou leurs parents peuvent également entrer en contact avec les associations JADE et La Pause Brindille. La première propose des ateliers et des séjours de répit un peu partout en France, afin de permettre aux jeunes de souffler et de couper avec leur quotidien, tandis que la seconde dispose d’un service d’écoute et organise un festival à Lyon, le Tribu Brindille. Les deux associations peuvent aussi rediriger les jeunes vers d’autres structures qui travaillent sur cette thématique de façon plus sectorisée, sur une pathologie, une tranche d’âge ou une situation particulière. Ainsi, le comité du Nord de la Ligue contre le cancer met en place un accompagnement psychologique à destination des jeunes confrontés au cancer d’un proche, tandis qu’à Reims, le Club Famille de l’association l’amitié offre des activités aux jeunes confrontés aux troubles psychiques d’un parent, d’un frère ou d’une sœur.

    Quelles aides existent ?

    D’un point de vue financier, pas grand-chose pour le moment. « Aujourd’hui, il n’existe pas d’aides ou de droits pour les aidants mineurs en France, rappelle Camille Vassort. S’agissant des jeunes adultes aidants, la législation est différente puisqu’étant majeurs, ils peuvent bénéficier des mêmes aides et droits que les aidants adultes. » D’autre part, les étudiants ayant un parent reconnu porteur de handicap à plus de 80 %, ont la possibilité de bénéficier de quatre points de bourse supplémentaires.

    Au niveau scolaire, s’il n’existe pour l’heure officiellement aucun dispositif, « certains établissements peuvent parfois aménager les horaires d’un élève, précise Rébecca Billy. Ça peut se faire si le proviseur ou le CPE est sensible à sa situation ». Si cela reste encore maigre, les choses vont en s’améliorant, constate la coordinatrice de La Pause Brindille. « Depuis un an, on sent que le sujet des jeunes aidants émerge en France, il y a de plus en plus de financements, de plus en plus d’acteurs qui s’en emparent, qu’ils soient institutionnels ou privés. Le sujet est porteur. »

    Aidant : Besoin de reconnaissance

    Pour les concernés, se sentir reconnu constitue déjà un soutien non négligeable. « La première fois que j’ai entendu le mot “aidant”, que j’ai compris ce qu’il représentait, c’était en cours et j’avais 23 ans, raconte Romane, qui s’est ensuite rapprochée de JADE. C’est marrant comme un mot peut tout changer. Savoir que je ne suis pas seule, que de nombreuses personnes vivent la même chose que moi et sont donc probablement confrontées aux mêmes obstacles, problèmes ou doutes, ça fait du bien ! C’est libérateur, c’est rassurant et ça m’a motivée. Motivée à en parler plus et à mettre en valeur ce rôle, car il est magnifique. Je pense qu’il y a autant d’aidants qu’il y a de personnes malades. Nous sommes tous différents et pourtant si similaires. »

    Besoin de soutien ?

    Depuis plus de 15 ans, la Macif s’engage en faveur des aidants qui accompagnent un proche fragilisé par le handicap, la maladie ou la dépendance.

  • Aidant et salarié : comment concilier vie pro et vie d’aidant ?

    Aidant et salarié : comment concilier vie pro et vie d’aidant ?

    Endosser le rôle d’aidant, c’est à la fois assumer les tâches du quotidien, mais aussi être le principal soutien moral et affectif du proche aidé. Une mission aussi importante que difficile, comme en témoigne Julie, qui a mené de front sa vie familiale et professionnelle avec son rôle d’aidant auprès de Laurent, son mari décédé en décembre dernier des suites d’une maladie. Elle partage son expérience.

    1 Quand survient l’impensable

    La maladie de Laurent se manifeste d’abord par des pertes cognitives et une intense fatigue, mises sur le compte d’un burn-out professionnel. Puis le diagnostic tombe : c’est un cancer. Pour Julie et sa famille, le monde s’écroule. Julie occupe un poste à responsabilité au sein d’une agence de publicité parisienne. Alors en période d’essai, elle n’ose dire à son employeur qu’elle a décidé de s’occuper seule de son mari devenu invalide : « Quand survient ce rôle d’aidant, on fait face sans se poser de questions : on soutient et on donne sans compter », raconte Julie.

    Vous aidez un proche au quotidien ?

    La Macif s’engage auprès des aidants.

    Renseignez-vous sur macif.fr !

    Il faut éviter de se mettre en danger parce que si on craque, on entraîne tout le reste avec soi.

    Julie, aidante

    2 Une spirale sacrificielle

    Pour prendre soin de son mari, subvenir aux besoins financiers de la famille et gérer le quotidien, Julie adopte une organisation quasi-militaire. « Il n’y avait plus de place pour l’improvisation. Je devais mettre en place la coordination du parcours de soins (kinésithérapeute, infirmière, chimiothérapie, IRM, etc.) et le suivi médical très lourd, tout en continuant à travailler et m’occuper de la maison et des enfants », explique-t-elle.

    Jusqu’à s’en s’oublier… « Le piège, c’est de considérer que le rôle d’aidant est naturel. Alors qu’il faut être conscient de la responsabilité, de la charge mentale et de l’incidence physique que cela implique. On repousse nos limites tout en ayant conscience que l’on se met en danger et que si on craque, on entraîne tout le monde avec soi : son aidé, ses enfants, son entourage… »

    Un décalage s’est vite installé entre mes priorités du quotidien et mon travail, et j’ai su que je n’allais pas être en capacité de fournir ce qu’on me demandait.

    Julie, aidante

    3 Une carrière qui en pâtit

    Une situation difficilement tenable qui a inévitablement des répercussions sur l’activité professionnelle de Julie. « J’étais dans un environnement qui exigeait une grande productivité. Faute de soutien, un décalage s’est installé entre mes priorités du quotidien et mon travail. Et plus la dépendance de mon mari augmentait, plus je comprenais que je ne pouvais plus fournir ce qu’on attendait de moi au travail », avoue-t-elle.

    Julie quitte alors son entreprise pour se mettre à son compte, espérant gagner en souplesse. Mais très vite, la réalité la rattrape. « Laurent était à plus de 90 % d’invalidité. La charge mentale devenait trop lourde à porter et je n’arrivais plus du tout à travailler seule ».

    4 Le travail, véritable colonne vertébrale

    « Le travail est indispensable à l’équilibre personnel. J’avais besoin, mentalement et économiquement, de stabilité », souligne-t-elle. Julie accepte un nouveau CDD mais, cette fois, aborde la situation avec son employeur et demande un contrat aux 4/5e qui lui est refusé. « Néanmoins conciliante, l’entreprise a accepté que je télétravaille, m’absente pour aller à l’hôpital, et me donnant des congés malgré mon récent CDD… ». Se sentant soutenue par son employeur et voyant son mari au plus mal, Julie prend un second congé de répit. Laurent décède quelques semaines plus tard à l’hôpital.

    Besoin d’aide ?

    Le site aveclesaidants.fr de la Macif vous éclaire pour vos démarches au quotidien.

    5 Des salariés aidants et des employeurs co-responsables

    L’entreprise a sa part de responsabilité dans l’équilibre professionnel et personnel de l’aidant salarié. « Nous pouvons tous devenir un aidant ou un aidé jour et que nous sommes, assure Julie. Charge à l’entreprise d’instaurer un climat de confiance pour libérer la parole des aidants, adopter une politique RH pour les identifier au plus tôt ou créer un parcours professionnel spécifique… pour que ni la vie d’aidant ni l’activité salariale ne soient plus sacrifiées ».

    L’Essentiel de l’article

    • Les salariés aidants n’ont pas toujours conscience de se mettre en danger.
    • Le travail est essentiel à l’équilibre personnel des aidants.
    • Accepter de souffler est vital, pour soi et pour les proches.
    • Réinventer le parcours du salarié-aidant au sein des entreprises peut être une solution.

    (1) Ipsos-Macif, 2020

    (2) Association Française des aidants, Fiche pratique « Concilier vie d’aidant et vie professionnelle »

  • Noémie Merlant, une actrice engagée

    Noémie Merlant, une actrice engagée

    Le premier coup de projecteur c’est dans le monde du mannequinat qu’elle le reçoit, à 17 ans. Quelques années plus tard, lassée d’être une image figée tourmentée par les injonctions physiques, elle se révèle une comédienne ultra talentueuse dans les films de réalisatrices qu’elle admire, comme Céline Sciamma, qui lui offre dans Portrait de la jeune fille en feu en 2019 le rôle qui va lancer sa carrière, ou Audrey Diwan, pour qui elle va bientôt être une Emmanuelle d’un tout nouveau style. En 2021, elle devient réalisatrice elle-même avec le film remarqué Mi iubita mon amour. Pourtant, en dehors des plateaux de cinéma, Noémie Merlant mène une vie parfaitement normale, oublie souvent qu’elle est célèbre et garde ses convictions chevillées au corps. Nous la retrouvons dans le froid du mois de janvier au Quartier rouge, un petit bar de quartier dans le XXe arrondissement, simple et chaleureux. À son image.

    Le public vous connaît surtout depuis votre révélation au Festival de Cannes en 2019. Ce qu’on ignore davantage, c’est votre engagement sur la question des aidants, depuis l’AVC de votre père.

    L’AVC de mon père remonte à 2009. Depuis ce jour, ma mère s’est occupée de lui 24 heures sur 24, sans accompagnement financier ni psychologique. Ils étaient tous les deux agents immobiliers et ont dû soudainement arrêter de travailler. On était déjà une famille modeste, mais là, du jour au lendemain, il n’y a plus du tout de revenus. Ils perdent leur logement et s’installent chez moi, dans mon petit studio parisien. C’est tumultueux, mais tu n’en veux à personne, même pas à celui qui gueule. Mon père dépend des autres, ma mère est épuisée, elle perd parfois patience. Elle n’a jamais vacillé, mais c’est important de rappeler que le surmenage des aidants peut amener à des cas de maltraitance. Peu de gens savent aussi, mais les aidants meurent souvent plus tôt que les aidés.

    En 2015, vous décidez alors d’introduire une caméra lors du repas de Noël pour documenter le quotidien de votre famille. Que cherchiez-vous ?

    En 2015, je suis en plein tournage du film Le Ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar, je ne gagne pas encore ma vie en tant qu’actrice. Les choses sérieuses vont commencer pour moi. Cette année-là, je décide de prendre ma caméra et de filmer ce repas de Noël si particulier, où ma mère, entre deux repas donnés à mon père, répond aux questions existentielles de ma sœur, atteinte de troubles psychiques. Dans ce chaos, je trouvais qu’il y avait malgré tout beaucoup de joie, d’amour et d’humour bien que sur le papier, quand on parle de handicap et de maladie mentale, ça peut faire peur à tout le monde.

    Dans le documentaire, on entend votre mère dire qu’aider est sa mission. Comment expliquez-vous son dévouement ?

    Ma mère se donne du sens dans ce qu’elle fait, mais je ne blâme pas les aidants qui abandonnent. Il faut aussi entendre le discours de ceux qui partent. D’ailleurs, ce sont plus souvent les hommes qui partent après un accident de la vie dans le couple. C’est un sacrifice énorme. Et puis heureusement, ma mère est plutôt bonne en gestion administrative, parce que si on ne part pas à la pêche aux informations, et qu’on ne sait pas à quelles aides on a droit, on est seuls. Grâce à mon aide financière, aujourd’hui, elle souffle un peu plus. Mais la plupart des gens n’ont pas de quoi financer la prise en charge du handicap ou de la perte d’autonomie. C’est très injuste.

    Vous avez vous-même été aidante à certaines périodes de votre vie ?

    Je me souviens d’être encore très jeune dans ma tête et de me retrouver face à des responsabilités qui me dépassent. La veille, tu vois ton père dans le coma, le jour d’après tu dois lui faire prendre sa douche, l’emmener aux toilettes, dormir auprès de lui. C’était lunaire, mais je n’avais pas le choix. Tout le monde fait ce qu’il peut. Pour l’instant, à quoi ressemble ce documentaire ? C’est très artisanal, je filmais un peu à l’arrache à cette époque, mais je trouve que la forme est au profit du fond : c’est brut, sans artifices, on est plongés au cœur de ma famille, la vraie. Je continue à filmer depuis 2015, c’est intéressant de raconter l’évolution de l’AVC de mon père, la fatigue qui s’accumule pour ma mère, la manière dont la routine familiale s’est réorganisée. La suite est encore à construire, je dois trouver des fonds pour finir le montage et la postproduction. Plus tard, j’adorerais le présenter dans des festivals de documentaire.

    En interview ou dans vos rôles au cinéma, vous n’avez pas peur de mettre le sujet de la santé mentale sur la table. C’est un sujet qui compte pour vous ?

    dédramatise rapidement le truc, je dis ouvertement que je prends des antidépresseurs par exemple, que j’ai essayé toutes les thérapies possibles et imaginables, et que ça a changé ma vie, en mieux ! Souvent, les gens réagissent très bien, me parlent de leurs antidépresseurs préférés. (rires) Mais c’est vrai que ça peut encore provoquer de la gêne. Ça dépend, c’est hyper générationnel, je pense.

    Vous avez été mannequin avant d’être comédienne. Qu’est-ce que vous en gardez ?

    Ça m’a bien détraquée. Je suis entrée dans le monde du travail par le mannequinat quand j’avais 17 ans. Commencer par de la maltraitance, en étant un objet ou de la viande pour des produits et des marques, ça provoque tout un tas de choses comme des troubles du comportement alimentaire, d’où ma boulimie pendant des années. Malheureusement, ce sont des secteurs qui sont dominés par des schémas de pensée dont personne ne se défait depuis des décennies. Sans parler des risques constants d’agressions sexuelles sur les shootings et la pression pour nous encourager à maigrir. On peut résumer ça à une espèce de passage à tabac qui dure tant que tu t’accroches au métier. Tout ça pour parfois être payé en vêtements !

    Du Festival de Cannes aux retrouvailles en famille, comment se déroulent les allers‑retours entre vos deux vies ?

    Sincèrement, j’oublie souvent que je suis célèbre. Quand je prends le métro, ça me fait bizarre, des gens m’arrêtent et je reviens sur terre. Je réalise seulement quand je suis nommée dans les grands festivals de cinéma, ou en soirée. Mais c’est important d’oublier qu’on est connu. Si j’étais focalisée sur ma célébrité, je n’arriverais pas à écrire sur les choses qui m’entourent et me touchent. Ma famille me permet aussi de garder les pieds sur terre. On est très proches, très soudés. Mon métier d’actrice, c’est grâce à eux que je le fais, et je pense que ça leur apporte du bonheur. Ça les occupe, ils ont des choses à raconter à leurs amis, ça les sort de leur quotidien. D’ailleurs, ils collectionnent toujours les magazines dans lesquels ma tête apparaît. Je puise aussi mon inspiration auprès d’eux, notamment ma sœur et ma mère, qui ont une énergie particulière.

     

    Noémie Merlant, une actrice engagée

     

    On entend souvent dire que vous êtes une actrice engagée. Ça signifie quoi à vos yeux ?

    C’est un terme très large. Pour moi, être engagée, c’est être présent aux choses, aux autres, à soi, donner du sens à ce qu’on fait, essayer de se connecter les uns avec les autres. Le cinéma peut aider et être le début de prises de conscience importante. Depuis des générations, on passe notre temps à imiter les images vues dans la publicité, à la télévision, dans les salles de cinéma. Si ces représentations changent, je me dis qu’on peut tous mimer des choses meilleures.

    Vos engagements dans la vie et le fait d’être égérie pour Vuitton sont-ils compatibles ?

    L’être humain est plein de contradictions et c’est bien de le rappeler. Je suis très heureuse de travailler avec Nicolas Ghesquière – directeur artistique des collections Femme chez Louis Vuitton –, car on voit dans ses créations à quel point il est important pour lui de mélanger les genres par exemple. Et moi, grâce à cet argent, aujourd’hui, je peux aider ma famille. Je peux aussi réaliser mes propres films, parce que je deviens indépendante financièrement. Ça me permet de me concentrer sur les films qui abordent des sujets que je veux vraiment défendre.

    Vous dites que le cinéma vous aide à affronter vos angoisses. Racontez-nous.

    Dans la vie, je ne parle pas énormément, je ne pleure pas vraiment non plus. Ce sont mes personnages qui m’aident à sortir plein de choses. Dans le quotidien, j’ai parfois l’impression d’étouffer, de ne jamais savoir comment gérer les rapports humains. Dans un film, je sais ce que j’ai à dire, ce qu’il faut que je fasse. Je suis comme dans un cocon. Il y a un cadre, mais un cadre que j’ai choisi. Je ne suis pas en train d’errer à faire n’importe quoi. (rires) Et du coup, je suis dans l’instant présent, je suis dans le travail, je ne suis plus polluée par mes peurs.

    Le fait d’être dirigée par des femmes vous a-t-il aidée à devenir l’actrice que vous êtes ?

    S’entourer de femmes sur les plateaux de tournage m’offre le plaisir de pouvoir être moi-même beaucoup plus souvent. En tournant avec des hommes, on se retrouve parfois à jouer un rôle pour les hommes, pas pour soi. On est concentrées sur leur regard, et donc on évolue vraiment jamais, car on ne sert qu’à l’autre. Avec les femmes, il y a souvent plus de partage, c’est plus enveloppant. Mais attention : il y a aussi des hommes réalisateurs avec lesquels je n’ai pas du tout ressenti ça.

    Lorsque vous passez derrière la caméra, ce sont des choses que vous essayez d’appliquer quand vous dirigez les équipes d’un film ?

    Je dialogue beaucoup en amont avec les comédiens. Je leur dis que s’il y a une scène qu’ils ne veulent pas faire, ils me le disent, et on trouvera d’autres solutions. Par exemple, une comédienne peut choisir le partenaire avec lequel elle va jouer une scène intime, parce que cela peut être délicat. Et souvent, c’est très vertueux, car ils vont plus loin dans leur jeu, ils peuvent donner beaucoup plus grâce à la confiance sur le plateau, et tout le monde est content.

    Parlez-nous de votre dernier projet en date.

    Je suis en plein montage de mon film Les Femmes au balcon, coécrit avec Céline Sciamma, qui sera en salles en 2024. Il raconte l’histoire de trois femmes, dans un appartement à Marseille en pleine canicule. C’est un film d’horreur sanglant et comique avec une patte délurée et féministe !

    Cette interview est issue du numéro 2 du magazine Vous! par Macif. Pour découvrir le sommaire : c’est ICI.

  • Noémie Merlant, une actrice engagée

    Noémie Merlant, une actrice engagée

    Le premier coup de projecteur c’est dans le monde du mannequinat qu’elle le reçoit, à 17 ans. Quelques années plus tard, lassée d’être une image figée tourmentée par les injonctions physiques, elle se révèle une comédienne ultra talentueuse dans les films de réalisatrices qu’elle admire, comme Céline Sciamma, qui lui offre dans Portrait de la jeune fille en feu en 2019 le rôle qui va lancer sa carrière, ou Audrey Diwan, pour qui elle va bientôt être une Emmanuelle d’un tout nouveau style. En 2021, elle devient réalisatrice elle-même avec le film remarqué Mi iubita mon amour. Pourtant, en dehors des plateaux de cinéma, Noémie Merlant mène une vie parfaitement normale, oublie souvent qu’elle est célèbre et garde ses convictions chevillées au corps. Nous la retrouvons dans le froid du mois de janvier au Quartier rouge, un petit bar de quartier dans le XXe arrondissement, simple et chaleureux. À son image.

    Le public vous connaît surtout depuis votre révélation au Festival de Cannes en 2019. Ce qu’on ignore davantage, c’est votre engagement sur la question des aidants, depuis l’AVC de votre père.

    L’AVC de mon père remonte à 2009. Depuis ce jour, ma mère s’est occupée de lui 24 heures sur 24, sans accompagnement financier ni psychologique. Ils étaient tous les deux agents immobiliers et ont dû soudainement arrêter de travailler. On était déjà une famille modeste, mais là, du jour au lendemain, il n’y a plus du tout de revenus. Ils perdent leur logement et s’installent chez moi, dans mon petit studio parisien. C’est tumultueux, mais tu n’en veux à personne, même pas à celui qui gueule. Mon père dépend des autres, ma mère est épuisée, elle perd parfois patience. Elle n’a jamais vacillé, mais c’est important de rappeler que le surmenage des aidants peut amener à des cas de maltraitance. Peu de gens savent aussi, mais les aidants meurent souvent plus tôt que les aidés.

    En 2015, vous décidez alors d’introduire une caméra lors du repas de Noël pour documenter le quotidien de votre famille. Que cherchiez-vous ?

    En 2015, je suis en plein tournage du film Le Ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar, je ne gagne pas encore ma vie en tant qu’actrice. Les choses sérieuses vont commencer pour moi. Cette année-là, je décide de prendre ma caméra et de filmer ce repas de Noël si particulier, où ma mère, entre deux repas donnés à mon père, répond aux questions existentielles de ma sœur, atteinte de troubles psychiques. Dans ce chaos, je trouvais qu’il y avait malgré tout beaucoup de joie, d’amour et d’humour bien que sur le papier, quand on parle de handicap et de maladie mentale, ça peut faire peur à tout le monde.

    Dans le documentaire, on entend votre mère dire qu’aider est sa mission. Comment expliquez-vous son dévouement ?

    Ma mère se donne du sens dans ce qu’elle fait, mais je ne blâme pas les aidants qui abandonnent. Il faut aussi entendre le discours de ceux qui partent. D’ailleurs, ce sont plus souvent les hommes qui partent après un accident de la vie dans le couple. C’est un sacrifice énorme. Et puis heureusement, ma mère est plutôt bonne en gestion administrative, parce que si on ne part pas à la pêche aux informations, et qu’on ne sait pas à quelles aides on a droit, on est seuls. Grâce à mon aide financière, aujourd’hui, elle souffle un peu plus. Mais la plupart des gens n’ont pas de quoi financer la prise en charge du handicap ou de la perte d’autonomie. C’est très injuste.

    Vous avez vous-même été aidante à certaines périodes de votre vie ?

    Je me souviens d’être encore très jeune dans ma tête et de me retrouver face à des responsabilités qui me dépassent. La veille, tu vois ton père dans le coma, le jour d’après tu dois lui faire prendre sa douche, l’emmener aux toilettes, dormir auprès de lui. C’était lunaire, mais je n’avais pas le choix. Tout le monde fait ce qu’il peut. Pour l’instant, à quoi ressemble ce documentaire ? C’est très artisanal, je filmais un peu à l’arrache à cette époque, mais je trouve que la forme est au profit du fond : c’est brut, sans artifices, on est plongés au cœur de ma famille, la vraie. Je continue à filmer depuis 2015, c’est intéressant de raconter l’évolution de l’AVC de mon père, la fatigue qui s’accumule pour ma mère, la manière dont la routine familiale s’est réorganisée. La suite est encore à construire, je dois trouver des fonds pour finir le montage et la postproduction. Plus tard, j’adorerais le présenter dans des festivals de documentaire.

    En interview ou dans vos rôles au cinéma, vous n’avez pas peur de mettre le sujet de la santé mentale sur la table. C’est un sujet qui compte pour vous ?

    dédramatise rapidement le truc, je dis ouvertement que je prends des antidépresseurs par exemple, que j’ai essayé toutes les thérapies possibles et imaginables, et que ça a changé ma vie, en mieux ! Souvent, les gens réagissent très bien, me parlent de leurs antidépresseurs préférés. (rires) Mais c’est vrai que ça peut encore provoquer de la gêne. Ça dépend, c’est hyper générationnel, je pense.

    Vous avez été mannequin avant d’être comédienne. Qu’est-ce que vous en gardez ?

    Ça m’a bien détraquée. Je suis entrée dans le monde du travail par le mannequinat quand j’avais 17 ans. Commencer par de la maltraitance, en étant un objet ou de la viande pour des produits et des marques, ça provoque tout un tas de choses comme des troubles du comportement alimentaire, d’où ma boulimie pendant des années. Malheureusement, ce sont des secteurs qui sont dominés par des schémas de pensée dont personne ne se défait depuis des décennies. Sans parler des risques constants d’agressions sexuelles sur les shootings et la pression pour nous encourager à maigrir. On peut résumer ça à une espèce de passage à tabac qui dure tant que tu t’accroches au métier. Tout ça pour parfois être payé en vêtements !

    Du Festival de Cannes aux retrouvailles en famille, comment se déroulent les allers‑retours entre vos deux vies ?

    Sincèrement, j’oublie souvent que je suis célèbre. Quand je prends le métro, ça me fait bizarre, des gens m’arrêtent et je reviens sur terre. Je réalise seulement quand je suis nommée dans les grands festivals de cinéma, ou en soirée. Mais c’est important d’oublier qu’on est connu. Si j’étais focalisée sur ma célébrité, je n’arriverais pas à écrire sur les choses qui m’entourent et me touchent. Ma famille me permet aussi de garder les pieds sur terre. On est très proches, très soudés. Mon métier d’actrice, c’est grâce à eux que je le fais, et je pense que ça leur apporte du bonheur. Ça les occupe, ils ont des choses à raconter à leurs amis, ça les sort de leur quotidien. D’ailleurs, ils collectionnent toujours les magazines dans lesquels ma tête apparaît. Je puise aussi mon inspiration auprès d’eux, notamment ma sœur et ma mère, qui ont une énergie particulière.

     

    Noémie Merlant, une actrice engagée

     

    On entend souvent dire que vous êtes une actrice engagée. Ça signifie quoi à vos yeux ?

    C’est un terme très large. Pour moi, être engagée, c’est être présent aux choses, aux autres, à soi, donner du sens à ce qu’on fait, essayer de se connecter les uns avec les autres. Le cinéma peut aider et être le début de prises de conscience importante. Depuis des générations, on passe notre temps à imiter les images vues dans la publicité, à la télévision, dans les salles de cinéma. Si ces représentations changent, je me dis qu’on peut tous mimer des choses meilleures.

    Vos engagements dans la vie et le fait d’être égérie pour Vuitton sont-ils compatibles ?

    L’être humain est plein de contradictions et c’est bien de le rappeler. Je suis très heureuse de travailler avec Nicolas Ghesquière – directeur artistique des collections Femme chez Louis Vuitton –, car on voit dans ses créations à quel point il est important pour lui de mélanger les genres par exemple. Et moi, grâce à cet argent, aujourd’hui, je peux aider ma famille. Je peux aussi réaliser mes propres films, parce que je deviens indépendante financièrement. Ça me permet de me concentrer sur les films qui abordent des sujets que je veux vraiment défendre.

    Vous dites que le cinéma vous aide à affronter vos angoisses. Racontez-nous.

    Dans la vie, je ne parle pas énormément, je ne pleure pas vraiment non plus. Ce sont mes personnages qui m’aident à sortir plein de choses. Dans le quotidien, j’ai parfois l’impression d’étouffer, de ne jamais savoir comment gérer les rapports humains. Dans un film, je sais ce que j’ai à dire, ce qu’il faut que je fasse. Je suis comme dans un cocon. Il y a un cadre, mais un cadre que j’ai choisi. Je ne suis pas en train d’errer à faire n’importe quoi. (rires) Et du coup, je suis dans l’instant présent, je suis dans le travail, je ne suis plus polluée par mes peurs.

    Le fait d’être dirigée par des femmes vous a-t-il aidée à devenir l’actrice que vous êtes ?

    S’entourer de femmes sur les plateaux de tournage m’offre le plaisir de pouvoir être moi-même beaucoup plus souvent. En tournant avec des hommes, on se retrouve parfois à jouer un rôle pour les hommes, pas pour soi. On est concentrées sur leur regard, et donc on évolue vraiment jamais, car on ne sert qu’à l’autre. Avec les femmes, il y a souvent plus de partage, c’est plus enveloppant. Mais attention : il y a aussi des hommes réalisateurs avec lesquels je n’ai pas du tout ressenti ça.

    Lorsque vous passez derrière la caméra, ce sont des choses que vous essayez d’appliquer quand vous dirigez les équipes d’un film ?

    Je dialogue beaucoup en amont avec les comédiens. Je leur dis que s’il y a une scène qu’ils ne veulent pas faire, ils me le disent, et on trouvera d’autres solutions. Par exemple, une comédienne peut choisir le partenaire avec lequel elle va jouer une scène intime, parce que cela peut être délicat. Et souvent, c’est très vertueux, car ils vont plus loin dans leur jeu, ils peuvent donner beaucoup plus grâce à la confiance sur le plateau, et tout le monde est content.

    Parlez-nous de votre dernier projet en date.

    Je suis en plein montage de mon film Les Femmes au balcon, coécrit avec Céline Sciamma, qui sera en salles en 2024. Il raconte l’histoire de trois femmes, dans un appartement à Marseille en pleine canicule. C’est un film d’horreur sanglant et comique avec une patte délurée et féministe !

    Cette interview est issue du numéro 2 du magazine Vous! par Macif. Pour découvrir le sommaire : c’est ICI.

  • Sur le Qui-vive, le podcast sur l’invisibilisation des jeunes aidants

    Sur le Qui-vive, le podcast sur l’invisibilisation des jeunes aidants

    Avoir un frère ou une sœur atteint de maladie ou de handicap, c’est être aidant dès l’enfance et ce souvent sans s’en rendre compte. Car même si ce sont les adultes qui assument principalement les missions de soin, la fratrie reste sur le qui-vive, en observateurs toujours attentifs. Enfant, sont-ils perçus comme aidant par leur entourage familial et amical ? Comment les parents essayent-ils de les préserver tout en les préparant au futur, lorsqu’ils ne seront plus là ? Comme Julie, 700 000 jeunes en France apportent une aide quotidienne à un proche dépendant. Découvrez son histoire.

     

    Épisode 1- La fin du conte de fées

    Fille unique jusqu’à ses 6 ans, Julie rêve d’avoir une petite sœur. Et lorsque son souhait est exaucé, toute la famille est sur un petit nuage. Puis, alors que Laura n’a qu’un an, les premiers spasmes apparaissent, l’inquiétude et le désarroi suivent. Julie devient alors un soutien quotidien pour ses parents, que ce soit en aidant dans les tâches ménagères ou en ne faisant aucune vague pour les laisser s’occuper de sa cadette. Grande sœur, elle devient jeune aidante.

    Épisode 2 – Jeune aidante démunie face à la maladie

    Enfant, Julie ne se rend pas compte qu’elle est aidante. Laura, c’est simplement sa petite sœur qu’elle aime et avec qui elle adore passer du temps. Sauf que la voir malade, observer ses parents s’inquiéter et n’être jamais prise en compte personnellement par le corps médical ont une forte incidence sur elle. Et aujourd’hui, bien qu’adulte, elle se sent toujours aussi démunie.

    Enfant aidant, faut surtout pas faire de vagues. À l’adolescence, j’ai eu envie de faire des tsunamis.

    Julie, aidante de sa sœur Laura

    Episode 3 – S’éloigner pour mieux aider

    Son rôle d’aidante prenant le dessus sur sa relation de sœur, Julie a 18 ans lorsqu’elle décide de quitter Nevers et la maison familiale pour construire sa propre vie. Ema, une aidante professionnelle, s’occupe désormais régulièrement de Laura, aux côtés de ses parents. Bien que soulagée, l’aidance continue de faire partie du quotidien car Julie pense à sa soeur à chaque moment de la journée.

    Épisode 4 – Vivre pour soi : les projets qui sauvent

    Aujourd’hui, à distance de sa sœur et de ses parents, Julie tente de s’épanouir dans ses propres projets. Son emploi, son couple et sa santé mentale peuvent alors prendre toute leur place. Sa passion pour la musique lui offre également un échappatoire, et ce depuis l’enfance. Comment se projette-elle dans l’avenir ? Se laisse-t-elle vraiment vivre ?

    Épisode 5 – Le répit pour l’aidant aussi

    Comment les parents de Julie et Laura organisent-ils le futur, lorsqu’ils ne seront plus là ? Désireux que chacune de leurs filles s’épanouissent individuellement, le couple cherche des solutions pour alléger la charge qui incomberait à Julie et pour que Laura soit accompagnée le mieux possible. De son côté, la jeune aidante l’affirme : elle sera toujours aux côtés de sa sœur.

     

    Une série réalisée par Insider Podcast.

    Besoin d’informations ou d’accompagnement ?

    Rendez-vous sur le site aveclesaidants.fr

    Depuis près de 20 ans, la Macif s’engage en faveur des aidants qui accompagnent un proche fragilisé par le handicap, la maladie ou la dépendance. L’enjeu: favoriser leur reconnaissance et l’élargissement de leurs droits, leur apporter des informations utiles dans leur rôle d’aidant et leur offrir des solutions adaptées.

  • Être ado et aidant : une double casquette lourde à porter

    Être ado et aidant : une double casquette lourde à porter

    Plus de 14 % des lycéens français seraient de jeunes aidants(1). C’est-à-dire des jeunes ayant un proche malade, en situation de handicap ou d’addiction, auquel ils apportent une aide significative et régulière. « Cela ne veut pas forcément dire qu’ils sont tous en difficulté, précise Aurélie Untas, professeure de psychopathologie, mais cette situation peut avoir un impact sur la santé physique et mentale des jeunes, sur leurs activités sociales et leur scolarité. »

    Une aide peu visible, mais pesante

    Dans la plupart des cas, l’aide consiste moins à prodiguer des soins qu’à soulager son ou ses parents. C’est le cas de Mathilde, 17 ans, dont le petit frère est atteint de deux maladies génétiques rares ayant engendré de multiples complications. « Mes parents ont toujours tenu à ce que ma sœur et moi ne soyons pas impliquées dans les soins médicaux donnés à mon frère, raconte-t-elle. Mon rôle consistait à ne pas faire de vagues. Il fallait que je sois bonne à l’école, que je ne râle jamais, pour que mes parents puissent se concentrer sur les difficultés de mon frère. » Une situation qui a fini par devenir pesante pour la jeune fille, et que la période de confinement a accentuée, jusqu’à provoquer une dépression au moment d’entrer au lycée. « J’ai développé une phobie scolaire, car j’avais peur du regard des autres. Je craignais qu’on juge mon petit frère et j’avais l’impression qu’on me critiquait aussi. » Déscolarisée et placée en centre de soins pendant une partie de son année de seconde, elle a fini par surmonter ses troubles et par retourner en cours. « Je n’arrivais pas à me dire que j’étais malade, parce que mon petit frère était bien plus gravement atteint. Mais j’ai appris à admettre que j’avais le droit d’avoir des problèmes et qu’il ne fallait pas minimiser ceux que j’avais. »

    Mon rôle consistait à ne pas faire de vagues, pour que mes parents puissent se concentrer sur les difficultés de mon frère.

    Mathilde, 17 ans

    Une plus grande maturité

    Désormais en classe de première, Mathilde imagine se diriger vers des études de médecine. Une voie presque logique au regard de son passé. « J’ai besoin d’aider les autres. Et je pense avoir une capacité supérieure à les comprendre. Il n’y a pas beaucoup d’avantages à se retrouver dans la peau d’un jeune aidant, mais on grandit en tout cas plus vite que les autres. » Une orientation professionnelle assez courante dans ce genre de cas, selon Aurélie Untas qui a cosigné l’étude Adocare : « Quand on a été un jeune aidant, il y a plus de chance qu’on aille vers des carrières autour du soin ou du social. L’expérience a souvent une influence dans les choix de carrière. »

    Ce n’est pas Quentin, 16 ans, qui contredira cette observation. Son petit frère est en fauteuil roulant, souffrant d’une maladie musculaire. « Je suis protecteur, parce qu’il lui est forcément difficile de se défendre lui-même, explique Quentin. J’ai envie de faire des études de droit ou même l’armée, de faire en tout cas quelque chose qui soit en rapport avec la défense des autres. » S’il rêve qu’un jour un remède à la maladie de son frère soit découvert, afin de pouvoir « se chamailler avec lui, comme on se chamaille avec un frère », il essaie de voir le côté positif de la situation. « Il faut voir ça comme une épreuve, pas une fatalité. Quelque chose à surmonter. Et on sera tous plus heureux si on s’aide. »

    Quelles aides pour les jeunes aidants ?

    Aujourd’hui, seules deux associations aident les jeunes aidants en France : JADE (Jeunes aidants ensemble) et La Pause Brindille. La première, qui existe depuis 2016, organise notamment des ateliers artistiques et des séjours de répit gratuits, afin de sortir les jeunes de leur quotidien. La seconde, créée en 2019, grâce à laquelle ont été recueillis les témoignages de Mathilde et Quentin, se concentre principalement sur le partage de témoignages et l’échange, proposant un service d’écoute accessible par appel téléphonique, SMS ou chat. Des actions qui comptent, car comme le souligne Mathilde, la première aide dont ont besoin les jeunes aidants est le plus souvent de pouvoir se confier et souffler. « Mon conseil est de trouver quelqu’un à qui parler de votre quotidien, et qui de préférence ne fait pas partie de la famille ou n’est pas proche, parce que chacun a besoin d’un regard extérieur, de quelqu’un à qui l’on peut dire tout ce qu’on veut, pour vider son sac de temps en temps. Ça fait du bien et ça apaise. »

    Besoin de soutien ?

    Depuis plus de 15 ans, la Macif s’engage en faveur des aidants qui accompagnent un proche fragilisé par le handicap, la maladie ou la dépendance.

    (1) Adocare

     

  • Salariés et aidants familiaux : comment accompagner ces invisibles dans les entreprises ?

    Salariés et aidants familiaux : comment accompagner ces invisibles dans les entreprises ?

    Aujourd’hui en France, environ 5 millions (2) de salariés endosseraient le rôle d’aidant familial auprès d’un proche (enfant, conjoint, parent, etc.).

    1 Pourquoi les salariés aidants familiaux sont-ils invisibles en entreprise ?

    Beaucoup de salariés estiment que leur rôle d’aidant relève de la sphère personnelle. « La plupart ne veulent pas qu’on éprouve de la pitié à leur égard ou être stigmatisés », souligne Arnaud Trenta, sociologue du travail.

    Pourtant, les mêmes salariés reconnaissent que leur engagement impacte directement leur vie professionnelle. « Mais ils craignent d’être discriminés en se voyant confier moins de responsabilités, et que cela ait des retombées négatives sur leur carrière », précise le chercheur.

    Chiffre-clé

    39 % (3) des aidants considèrent que l’aide apportée à leur proche a un impact négatif sur leur vie professionnelle.

    2 Les aidants au travail, des droits méconnus

    Une étude Ipsos-Macif de 2020, montre que près de 50 % des salariés aidants (5) ignorent leur droit à des congés et aides spécifiques liés à leur situation.

    « Cette méconnaissance s’explique en partie par le fait que les entreprises n’ont pas encore pris la pleine mesure de la réalité du rôle d’aidant dans notre société, et n’ont donc pas mis en place de dispositif permettant de sensibiliser et d’accompagner les salariés concernés au travail », explique le sociologue.

    Pourtant, plusieurs types de congés existent :

    • le congé du proche aidant (depuis le 1er octobre 2020) qui dure trois mois et permet de s’occuper d’une personne handicapée ou faisant l’objet d’une perte d’autonomie d’une particulière gravité (maladie d’Alzheimer, de Parkinson, paralysie, cancer…). Ce congé indemnisé peut être pris en une seule fois ou fractionné ;
    • le congé de présence parentale qui permet de cesser son activité professionnelle pour donner des soins à son enfant à charge handicapé, accidenté ou malade ;
    • le congé de solidarité familiale qui permet de vous absenter pour assister un proche en fin de vie.

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    Chiffre-clé

    Lorsque la charge devient trop lourde, 67 % (2) des salariés utilisent leurs congés payés ou leur RTT afin d’assumer leurs responsabilités d’aidant.

    3 Quels sont les enjeux pour l’entreprise d’accompagner les salariés aidants ?

    Seuls 31 % (4) des dirigeants d’entreprise se disent en mesure d’estimer le nombre de leurs salariés qui aident un proche, quand 50 % déclarent qu’il n’y en a aucun au sein de leur société. Pourtant, pour le seul secteur privé, les aidants représenteraient 18 % (3) des salariés.

    Le travail contribue à maintenir un équilibre de vie : il leur permet d’échapper à leur rôle d’aidant et de tenir en existant pour eux-mêmes.

    Arnaud Trenta, sociologue du travail.

    Un impact réel sur le quotidien professionnel des aidants

     

    Les nombreuses tâches quotidiennes incombant au rôle d’aidant peuvent impacter le travail du salarié et notamment « de ceux disposant de moins de ressources, qui vont souvent s’investir davantage auprès du proche en effectuant de nombreuses tâches par eux-mêmes », déclare le sociologue.

    Ainsi, les salariés aidants déclarent qu’aider un proche engendre absentéisme au travail (59 %) (2), démotivation (48 %), difficultés à se concentrer (45 %), réduction du nombre d’heures travaillées (29 %), davantage de télétravail (14 %) ou encore des arrivées tardives le matin ou des départs plus tôt l’après-midi (33 %).

    « 10 % (5) des aidants familiaux salariés se mettent même en arrêt maladie pour pouvoir aider leur proche, observe Arnaud Trenta. Les soutenir contribue à lutter contre l’absentéisme et à les motiver davantage dans leurs missions, mais permet aussi de les maintenir dans l’emploi », affirme le sociologue.

     

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    4 Comment les entreprises peuvent-elles agir pour soutenir les salariés aidants ?

    « Les entreprises devraient adopter une politique active en faveur des aidants et se montrer plus solidaires. Elles ont un rôle à jouer autour de la diffusion de l’information et de la mise en place d’aménagements du temps de travail (autorisations d’absence, télétravail, flexibilité des horaires, dons de RTT et congés entre salariés, etc.). Le nouveau congé de proche aidant peut être une porte d’entrée pour libérer la parole et ouvrir le dialogue sur la question », conclut le sociologue. Une question qui devrait prendre de l’ampleur dans les dix prochaines années avec le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques. On estime qu’un actif sur quatre (6) sera un aidant en 2030.

    À savoir

    83 % (6) des Français pensent d’ailleurs que les entreprises devraient davantage soutenir et accompagner les salariés aidants.

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    * Dans les conditions et limites du contrat souscrit.

    L’Essentiel de l’article

    • Les salariés aidants sont peu identifiés en entreprise.
    • Être aidant a un impact sur la vie professionnelle du salarié.
    • Avoir une politique active en faveur des aidants est bénéfique pour les entreprises.
    • Le nouveau congé de proche aidant est une porte d’entrée pour libérer la parole.

    Sources :
    (1) Anesm, Le soutien des aidants non professionnels, 2014
    (2) Handicap.fr, 20 % de salariés aidants : manager l’aidance, urgence !, 2020
    (3) Le comptoir de la nouvelle entreprise, Comment agir pour les salariés aidant un proche dépendant ?, 2017
    (4) La Maison des Aidants, Les salariés aidants : plus de solidarité de la part des entreprises, 2019
    (5) Ipsos-Macif, Enquête nationale aidants – 2020
    (6) Prix entreprise & salariés aidants, Enjeux et chiffres clés, 2017
  • Aidants et répit : 4 étapes pour se préserver

    Aidants et répit : 4 étapes pour se préserver

    Anxiété, perte de sommeil, fatigue morale ou physique, sentiment de culpabilité de ne pas en faire assez… Le rôle des aidants familiaux n’est pas de tout repos. Les répercussions sur la santé ne sont pas non plus anodines. Heureusement, pour votre parent aidant, des solutions existent pour le soulager.

    1 Étape 1 : Planifier son aide, une manière de garder du temps pour soi

    Pour soutenir vos parents dans leur rôle d’aidant, recommandez-leur d’évaluer l’ampleur des missions qu’ils réalisent au quotidien. En tenant, par exemple, chaque semaine ou chaque mois, un tableau recensant toutes les tâches qu’ils accomplissent. Ils peuvent ainsi évaluer la durée et l’intensité des efforts fournis et peut-être mieux s’organiser ou déléguer certaines tâches à des aidants professionnels. Ils peuvent notamment se faire aider pour la préparation des repas de leur proche, la toilette et l’habillage, ou encore l’entretien de la maison. Une façon également qu’ils prennent conscience de tout ce qu’ils font pour la personne aidée. Les aidants ont en effet tendance à minimiser leur efficacité et à développer souvent un sentiment de culpabilité diffus.

    2 Étape 2 : Se confier à un professionnel pour se sentir soutenu

    Le médecin traitant est l’interlocuteur idéal pour parler de sa situation d’aidant. Partager son ressenti sur le manque de soutien ou de repos, les besoins importants de la personne aidée, avec un professionnel de santé, permet de prendre conscience de son niveau de fatigue, voire d’épuisement. Le médecin proposera à votre parent un bilan de santé global, des conseils dans l’accompagnement du proche dépendant et un suivi régulier, lorsque cela s’avère nécessaire.

    Les professionnels intervenant régulièrement auprès de la personne aidée, comme les infirmières ou les kinés par exemple, peuvent aussi être de bon conseil et prêter une oreille attentive à votre parent en difficulté.

    N’hésitez pas vous-même à échanger avec votre parent, lui poser des questions, écouter ses difficultés et son ressenti sans jugement. Vous pouvez également lui proposer de faire une activité à deux ou en famille, ou lui proposer de s’essayer à la relaxation, pour l’aider à gérer son stress et prendre un peu de recul sur sa situation. L’entourage proche est un soutien précieux et de confiance pour les aidants.

    Besoin d’aide ?

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    Bon à savoir :

    Aidant familial : attention au burn-out !

    Si vous constatez chez votre parent aidant des signes de tristesse et d’irritabilité, un manque de patience accrue, des troubles de l’alimentation et/ou du sommeil (2), invitez-le à consulter rapidement son médecin traitant car c’est peut-être le signe d’un burn-out, aussi appelé syndrome de l’aidant. Vous pouvez également lui proposer de suivre une formation pour aidants afin d’avoir les clés pour mieux aider !

    3 Étape 3 : Partager son expérience grâce aux réseaux d’entraide

    Échanger avec d’autres aidants constitue un bon moyen de se sentir soutenu. Il existe de nombreux forums, plateformes, outils numériques et permanences téléphoniques pour rompre l’isolement et partager ses ressentis. N’hésitez pas à vous rendre sur le site aveclesaidants.fr pour trouver des solutions pour vous soulager au quotidien. Groupe de parole, soutien psychologique, formations… Vous aurez accès à des conseils et des moments d’échange et de répit essentiels pour préserver votre santé physique et mentale.

    Chiffre-clé

    21 % des aidants déclarent qu’ils aimeraient pouvoir arrêter leur engagement auprès de la personne aidée, et 74 % qu’ils auraient parfois besoin de répit pour souffler. (1)

    4 Étape 4 : Prendre soin de soi, se donner le droit au répit

    Bonne nouvelle, le droit au répit pour les aidants existe depuis l’année 2016 ! Il a été intégré à l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) prévue par la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement. Grâce à cette disposition, votre parent aidant peut confier son proche pour une heure, une journée ou un week-end, à un professionnel à domicile ou une structure adaptée et ainsi bénéficier d’un moment de repos bien mérité.

    Il peut aussi envisager des vacances sereines sans se séparer de son proche grâce au dispositif « Vivre le répit en famille », un village de vacances associé à une structure médico-sociale pour accueillir aidant et personne accompagnée dans un même lieu. Pendant que l’un prend du temps pour lui, le second bénéficie d’un accompagnement ainsi que d’activités adaptées à son niveau d’autonomie. De la même façon, l’association Maison de Répit accueille les aidants et leurs proches dans des chambres ou des studios, et propose des espaces d’activités et de détente en famille.

    Chiffre-clé

    9 aidants sur 10 ne sollicitent pas les aides auxquelles ils ont droit, par manque d’information, de temps ou par impression de ne pas être éligible. (1)

    Vous aidez un proche au quotidien ?

    Désormais la garantie assistance Aidants est incluse dans le contrat Garantie Accident* de la Macif. 

     
    *voir conditions

    L’Essentiel de l’article

    • Être aidant est un rôle très prenant voire épuisant.
    • Se confier à son médecin ou échanger avec d’autres aidants permet de se sentir soutenu.
    • Le dispositif « Vivre le répit en famille » offre la possibilité aux aidants de partir en vacances avec leur proche aidé pour se reposer.

    (1) Ipsos-Macif, Enquête nationale aidants – 2020

    (2) Health Status, Eight Signs Of Caregiver Burnout

  • Aidants familiaux : qui êtes-vous ?

    Aidants familiaux : qui êtes-vous ?

    La Confédération des organisations familiales de l’Union européenne (COFACE) définit l’aidant comme une « personne non professionnelle qui vient en aide à titre principal, pour partie ou totalement, à une personne dépendante de son entourage, pour les activités de la vie quotidienne ». La perte d’autonomie de la personne aidée est due à son âge, à un handicap ou à une maladie chronique ou invalidante. (2)

     

     

    1 Aidants familiaux : qui êtes-vous ?

    Toute personne valide peut un jour être amenée à devenir un aidant, à prêter main-forte, à accompagner un proche en perte d’autonomie dans son quotidien. Que vous soyez le conjoint, le parent, l’enfant, la sœur, le frère voire le voisin ou l’ami de la personne dépendante, vous pourriez un jour endosser ce rôle, quel que soit votre âge. Aucune qualification n’est requise, mais certains organismes proposent des formations gratuites pour les aidants, afin d’être certains de faire les bons gestes.

     

    Aidants familiaux : qui êtes-vous ?

     

    2 Quels actes du quotidien assume un aidant ?

    Être aidant consiste à effectuer certains actes de la vie quotidienne pour maintenir le proche dépendant à son domicile. Vous pouvez vous occuper de l’entretien du logement, l’aide à la toilette, les courses, la préparation des repas, l’accompagnement dans les déplacements ainsi que la réalisation de certains soins médicaux.

    En tant qu’aidant, vous pouvez aussi assumer certaines tâches administratives comme la recherche de services à domicile, d’une maison de retraite, l’obtention d’une prise en charge de frais divers, la gestion du budget ou encore apporter un soutien psychologique, un accompagnement à l’éducation (recherche d’un établissement scolaire adapté, aide aux devoirs par exemple pour les enfants malades ou handicapés scolarisés) et à la vie sociale de votre proche en perte d’autonomie. Vous pouvez ainsi l’accompagner à certaines activités ou tout simplement passer du temps avec lui. Être aidant est un rôle essentiel car il est le principal soutien moral et affectif de la personne dépendante.

     

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    3 Comment les aidants vivent-ils cette mission difficile ?

    La place de l’aidant auprès de la personne dépendante mais aussi sa personnalité, son histoire, sa disponibilité déterminent sa manière d’envisager ce rôle si particulier. Certains aidants réussissent à remplir leur mission avec sérénité, ils entretiennent surtout une relation affective avec la personne aidée mais effectuent peu de tâches. D’autres endossent ce rôle faute d’option disponible (lorsqu’ils sont par exemple le seul enfant de la fratrie en mesure d’aider ou tout simplement enfant unique) et aimeraient se désengager de cette responsabilité qui pèse lourdement sur leur santé morale et physique.

    On distingue aussi les visiteurs distants (3), qui réalisent les tâches du quotidien tout en limitant leur investissement psychologique auprès de la personne accompagnée. À l’opposé, il y a aussi les aidants surengagés qui s’investissent à 200 % tout en souffrant de la situation. Fatigue, manque de temps, impuissance, absence de soutien, manque de compréhension sont certaines des difficultés auxquelles ils font face dans leur mission.

    Heureusement, quelle que soit votre situation, de nombreux organismes et associations peuvent vous aider et vous soutenir dans cette mission parfois difficile, en vous permettant par exemple d’échanger avec d’autres aidants sur votre quotidien, sur les difficultés que vous rencontrez, ou encore le manque de soutien psychologique ou financier. Si vous êtes dans cette situation, n’hésitez pas à vous tourner vers l’une de ces structures qui saura vous épauler dans votre rôle si prenant. Vous pourrez notamment les retrouver sur le site aveclesaidants.fr.

    Bon à savoir

    Une plateforme pour les aidants de personnes âgées

    Le gouvernement a mis en place un site dédié à l’autonomie des personnes âgées et à l’accompagnement de leurs proches. Le Portail national pour les personnes âgées regroupe toutes informations nécessaires ainsi qu’un annuaire complet des organismes, établissements spécialisés et services d’aide ou de soins à domicile. Le site vous permet également d’effectuer de nombreuses démarches administratives en ligne.

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    *voir conditions

    L’Essentiel de l’article

    • Toute personne valide peut devenir un aidant.
    • Ménage, préparation du repas, soins divers, tâches administratives, soutien psychologique, l’aidant réalise de nombreux actes du quotidien.
    • Le gouvernement a mis en place une plateforme en ligne et un numéro de téléphone pour soutenir les aidants.

    (1) gouvernement.fr, Aidants : une nouvelle stratégie de soutien, 2019

    (2) Coface, Charte européenne de l’aidant familial

    (3) Ipsos-Macif, enquête nationale aidants, 2020