Catégorie : Joue-la collectif

  • Êtes-vous incollable sur les gestes qui sauvent ? – Résultats

    Êtes-vous incollable sur les gestes qui sauvent ? – Résultats

    1 Une personne est victime d’un malaise devant vous, quel numéro composez-vous pour demander de l’aide ?

    En cas d’urgence de santé, composez le 15 pour contacter le SAMU (Service d’Aide Médicale d’Urgence). Les pompiers doivent être appelés au 18 pour les incendies et les accidents de la route. Vous pouvez également appeler le 112, le numéro d’appel d’urgence européen.

    2 Vous êtes le premier à arriver sur les lieux d’un accident sur l’autoroute : que faites-vous ?

    Si vous arrivez sur les lieux d’un accident sur l’autoroute, il faut d’abord allumer ses feux de détresse et ralentir. L’idéal est ensuite de garer son véhicule après le lieu de l’accident sur la bande d’arrêt d’urgence s’il y en a une pour éviter un suraccident.

    3 Une fois arrêté sur les lieux de l’accident, une personne semble blessée, que faites-vous ?

    Avant d’intervenir sur le lieu de l’accident, il faut être visible en enfilant un gilet jaune pour ne pas se mettre en danger et baliser les lieux avec le triangle de présignalisation, 30 mètres avant l’accident, pour avertir les autres automobilistes. Ensuite, prévenez les secours (18), puis venez en aide aux victimes en attendant l’arrivée des pompiers.

    4 Une personne s’étouffe devant vous, elle est consciente mais ne peut pas répondre, que faites-vous ?

    Avant de prévenir les secours, aidez la personne à faire sortir l’objet qui obstrue ses voies aériennes et l’empêche de respirer en lui donnant 5 claques fermes dans le dos entre les omoplates pour déclencher un réflexe de toux. Attention, si la personne tousse, cela signifie que l’air passe. Dans ce cas, il ne faut pas lui taper dans le dos au risque de bloquer l’élément dans ses voies.

    5 J’utilise un défibrillateur quand :

    En cas d’arrêt cardiaque avéré, c’est-à-dire lorsqu’une personne ne parle pas, ne réagit à aucune stimulation physique et ne respire pas, il faut contacter les secours et commencer la réanimation de la victime avec un défibrillateur mis à disposition dans les lieux publics.

    6 Pourquoi mettre une personne en PLS ?

    La Position Latérale de Sécurité (PLS) est utilisée pour libérer les voies respiratoires et permettre l’écoulement de liquides éventuels (par exemple si la personne vomit) sans risque d’étouffement. C’est un geste de premiers secours à pratiquer systématiquement lorsque l’on est en présence d’une personne inconsciente, qui respire normalement et qui est couchée sur le dos, suite à un accident de la route ou un malaise cardiaque notamment.

    La Macif vous invite à vous former en ligne aux gestes qui sauvent avec notre partenaire Salvum.

    Découvrez les autres résultats du test

  • Êtes-vous incollable sur les gestes qui sauvent ? – Résultats

    Êtes-vous incollable sur les gestes qui sauvent ? – Résultats

    1 Une personne est victime d’un malaise devant vous, quel numéro composez-vous pour demander de l’aide ?

    En cas d’urgence de santé, composez le 15 pour contacter le SAMU (Service d’Aide Médicale d’Urgence). Les pompiers doivent être appelés au 18 pour les incendies et les accidents de la route. Vous pouvez également appeler le 112, le numéro d’appel d’urgence européen.

    2 Vous êtes le premier à arriver sur les lieux d’un accident sur l’autoroute : que faites-vous ?

    Si vous arrivez sur les lieux d’un accident sur l’autoroute, il faut d’abord allumer ses feux de détresse et ralentir. L’idéal est ensuite de garer son véhicule après le lieu de l’accident sur la bande d’arrêt d’urgence s’il y en a une pour éviter un suraccident.

    3 Une fois arrêté sur les lieux de l’accident, une personne semble blessée, que faites-vous ?

    Avant d’intervenir sur le lieu de l’accident, il faut être visible en enfilant un gilet jaune pour ne pas se mettre en danger et baliser les lieux avec le triangle de présignalisation, 30 mètres avant l’accident, pour avertir les autres automobilistes. Ensuite, prévenez les secours (18), puis venez en aide aux victimes en attendant l’arrivée des pompiers.

    4 Une personne s’étouffe devant vous, elle est consciente mais ne peut pas répondre, que faites-vous ?

    Avant de prévenir les secours, aidez la personne à faire sortir l’objet qui obstrue ses voies aériennes et l’empêche de respirer en lui donnant 5 claques fermes dans le dos entre les omoplates pour déclencher un réflexe de toux. Attention, si la personne tousse, cela signifie que l’air passe. Dans ce cas, il ne faut pas lui taper dans le dos au risque de bloquer l’élément dans ses voies.

    5 J’utilise un défibrillateur quand :

    En cas d’arrêt cardiaque avéré, c’est-à-dire lorsqu’une personne ne parle pas, ne réagit à aucune stimulation physique et ne respire pas, il faut contacter les secours et commencer la réanimation de la victime avec un défibrillateur mis à disposition dans les lieux publics.

    6 Pourquoi mettre une personne en PLS ?

    La Position Latérale de Sécurité (PLS) est utilisée pour libérer les voies respiratoires et permettre l’écoulement de liquides éventuels (par exemple si la personne vomit) sans risque d’étouffement. C’est un geste de premiers secours à pratiquer systématiquement lorsque l’on est en présence d’une personne inconsciente, qui respire normalement et qui est couchée sur le dos, suite à un accident de la route ou un malaise cardiaque notamment.

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    En cas d’urgence de santé, composez le 15 pour contacter le SAMU (Service d’Aide Médicale d’Urgence). Les pompiers doivent être appelés au 18 pour les incendies et les accidents de la route. Vous pouvez également appeler le 112, le numéro d’appel d’urgence européen.

    2 Vous êtes le premier à arriver sur les lieux d’un accident sur l’autoroute : que faites-vous ?

    Si vous arrivez sur les lieux d’un accident sur l’autoroute, il faut d’abord allumer ses feux de détresse et ralentir. L’idéal est ensuite de garer son véhicule après le lieu de l’accident sur la bande d’arrêt d’urgence s’il y en a une pour éviter un suraccident.

    3 Une fois arrêté sur les lieux de l’accident, une personne semble blessée, que faites-vous ?

    Avant d’intervenir sur le lieu de l’accident, il faut être visible en enfilant un gilet jaune pour ne pas se mettre en danger et baliser les lieux avec le triangle de présignalisation, 30 mètres avant l’accident, pour avertir les autres automobilistes. Ensuite, prévenez les secours (18), puis venez en aide aux victimes en attendant l’arrivée des pompiers.

    4 Une personne s’étouffe devant vous, elle est consciente mais ne peut pas répondre, que faites-vous ?

    Avant de prévenir les secours, aidez la personne à faire sortir l’objet qui obstrue ses voies aériennes et l’empêche de respirer en lui donnant 5 claques fermes dans le dos entre les omoplates pour déclencher un réflexe de toux. Attention, si la personne tousse, cela signifie que l’air passe. Dans ce cas, il ne faut pas lui taper dans le dos au risque de bloquer l’élément dans ses voies.

    5 J’utilise un défibrillateur quand :

    En cas d’arrêt cardiaque avéré, c’est-à-dire lorsqu’une personne ne parle pas, ne réagit à aucune stimulation physique et ne respire pas, il faut contacter les secours et commencer la réanimation de la victime avec un défibrillateur mis à disposition dans les lieux publics.

    6 Pourquoi mettre une personne en PLS ?

    La Position Latérale de Sécurité (PLS) est utilisée pour libérer les voies respiratoires et permettre l’écoulement de liquides éventuels (par exemple si la personne vomit) sans risque d’étouffement. C’est un geste de premiers secours à pratiquer systématiquement lorsque l’on est en présence d’une personne inconsciente, qui respire normalement et qui est couchée sur le dos, suite à un accident de la route ou un malaise cardiaque notamment.

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    Êtes-vous incollable sur les gestes qui sauvent ? – Résultats

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    En cas d’urgence de santé, composez le 15 pour contacter le SAMU (Service d’Aide Médicale d’Urgence). Les pompiers doivent être appelés au 18 pour les incendies et les accidents de la route. Vous pouvez également appeler le 112, le numéro d’appel d’urgence européen.

    2 Vous êtes le premier à arriver sur les lieux d’un accident sur l’autoroute : que faites-vous ?

    Si vous arrivez sur les lieux d’un accident sur l’autoroute, il faut d’abord allumer ses feux de détresse et ralentir. L’idéal est ensuite de garer son véhicule après le lieu de l’accident sur la bande d’arrêt d’urgence s’il y en a une pour éviter un suraccident.

    3 Une fois arrêté sur les lieux de l’accident, une personne semble blessée, que faites-vous ?

    Avant d’intervenir sur le lieu de l’accident, il faut être visible en enfilant un gilet jaune pour ne pas se mettre en danger et baliser les lieux avec le triangle de présignalisation, 30 mètres avant l’accident, pour avertir les autres automobilistes. Ensuite, prévenez les secours (18), puis venez en aide aux victimes en attendant l’arrivée des pompiers.

    4 Une personne s’étouffe devant vous, elle est consciente mais ne peut pas répondre, que faites-vous ?

    Avant de prévenir les secours, aidez la personne à faire sortir l’objet qui obstrue ses voies aériennes et l’empêche de respirer en lui donnant 5 claques fermes dans le dos entre les omoplates pour déclencher un réflexe de toux. Attention, si la personne tousse, cela signifie que l’air passe. Dans ce cas, il ne faut pas lui taper dans le dos au risque de bloquer l’élément dans ses voies.

    5 J’utilise un défibrillateur quand :

    En cas d’arrêt cardiaque avéré, c’est-à-dire lorsqu’une personne ne parle pas, ne réagit à aucune stimulation physique et ne respire pas, il faut contacter les secours et commencer la réanimation de la victime avec un défibrillateur mis à disposition dans les lieux publics.

    6 Pourquoi mettre une personne en PLS ?

    La Position Latérale de Sécurité (PLS) est utilisée pour libérer les voies respiratoires et permettre l’écoulement de liquides éventuels (par exemple si la personne vomit) sans risque d’étouffement. C’est un geste de premiers secours à pratiquer systématiquement lorsque l’on est en présence d’une personne inconsciente, qui respire normalement et qui est couchée sur le dos, suite à un accident de la route ou un malaise cardiaque notamment.

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  • Comment s’engage la Gen Z ?

    Comment s’engage la Gen Z ?

    « 3,5 millions d’euros récoltés. Respect à vous. Quand on se retrouve unis comme ça pour la bonne cause, c’est juste magnifique. Vous êtes des monstres. » C’est sur ces paroles enjouées postées sur Instagram que le streamer (celui qui diffuse et propose son contenu en ligne, en direct ou en différé léger, ndr) français Amine MaTue a réagi, le 20 janvier 2025, à la clôture de l’événement Stream for Humanity. Un marathon caritatif de trois jours, diffusé sur Twitch (service de diffusion en direct de vidéos, populaire dans le domaine des jeux vidéo, de la retransmission de compétitions esport ou d’événements divers), ayant pour objectif de récolter des dons pour les victimes de conflits armés au bénéfice de l’association Médecins sans frontières. Pour la première édition de cette collecte de fonds, c’est plus de 26 streamers qui se sont réunis sur la plateforme, dont quelques grands noms du web comme Squeezie, deuxième youtubeur de France, et Inoxtag, dont le documentaire sur l’Everest a été la vidéo la plus vue de 2024 sur YouTube en France. Aussi spectaculaire qu’elle puisse paraître, cette collecte est loin d’être un cas isolé. Ces dernières années, ce genre de mobilisations en ligne — touchant des participants ayant une moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans — se multiplient. L’un des plus importants étant le ZEvent, rassemblement de stars du web français créé en 2016, qui, lors de sa dernière édition, a récolté plus de 10 millions d’euros au profit de cinq associations luttant contre la précarité.

    Preuve d’une bascule dans l’univers du don où les seniors ont longtemps été les plus généreux ? Pas complètement : les plus de 70 ans sont encore et toujours les plus gros donateurs (33 % contre 4 % pour les moins de 30 ans). Mais si les gens âgés restent les premiers à dégainer le chéquier, ils ne sont plus les seuls. Selon le dernier bilan dressé en 2023 par l’association Recherches et Solidarités sur la générosité des Français, les 18-27 ans sont ceux qui consentent « l’effort de don » le plus important. En effet, les dons aux associations de cette tranche d’âge représentent 2,5 % de leur revenu annuel moyen. Et pour ce qui est des bénéficiaires, toujours selon Recherches et Solidarités, trois causes semblent les mobiliser par ordre de priorité – la pauvreté et l’alimentation, l’écologie et les animaux, et l’enfance.

    Un engagement protéiforme

    Si les « digital natives » s’engagent davantage que les « boomers » (nés entre 1946 et 1964, ndr), la génération X (nés entre 1965 et 1979, ndr) ou les « millenials » (nés entre 1980 et 1994, ndr), c’est justement parce qu’ils maîtrisent – comme leur nom l’indique – le numérique sur le bout des doigts. « Le vecteur digital est énorme pour la solidarité, confirme Élisabeth Soulié, anthropologue et auteure de La Génération Z aux rayons X (2020). Grâce au numérique, cette jeune génération a massivement recours aux “microdons”. Chacun peut mettre un peu, et au bout du compte, ça a un impact extrêmement important. » La mutation ne s’arrête pas là : ces quinze dernières d’années, le nombre de portails de collecte en ligne a explosé, les réseaux sociaux Facebook, Instagram ou encore TikTok ont lancé les « donation stickers » (« autocollants de don », en français) permettant aux utilisateurs d’effectuer des collectes de fonds personnelles, et même les ONG ont adapté leurs quêtes de terrain pour que le don par carte bancaire soit possible… Zoom, la plateforme de visioconférence, a elle aussi rejoint l’aventure caritative en proposant d’ajouter un bouton de don dans ses réunions virtuelles. Bref, aujourd’hui, grâce aux outils numériques, s’engager ou faire un don n’a jamais été aussi facile. « En 2023, la part du don en ligne représente 30 % dans la collecte de dons ponctuels (contre 20 % en 2019), indique Pauline Héry, chargée de plaidoyer chez France Générosités. Et selon notre baromètre “image et notoriété”, 52 % des 25-34 ans déclarent avoir participé à des cagnottes en ligne pour des associations ou fondations. »

    Bien qu’ils soient souvent considérés comme immatures et naïfs, comme le souligne la journaliste Salomé Saqué dans son livre Sois jeune et tais-toi !, force est de constater que les 12-27 ans ne sont pas sans courage lorsqu’il s’agit de se retrousser les manches pour agir. Partout dans le monde, jeunes hommes et jeunes femmes se bougent pour que ce dernier tourne plus rond : Greta Thunberg, Camille Étienne et tant d’autres. La liste est longue. L’engagement prend aussi bien des formes. À défaut de pouvoir donner son argent, Tim Deguette préfère donner son temps aux associations, comme bénévole lors de maraudes. Originaire de Lille, cet étudiant en alternance à l’agence de marketing Isoskèle a récemment fait parler de lui, après avoir lancé « Solly », la première carte de paiement pour les sans-abri qui permet de dématérialiser les dons directement depuis son smartphone. « L’idée, c’est d’empêcher l’habituelle phrase “désolé, je n’ai pas de monnaie”, tout en redonnant confiance aux donateurs, raconte‑t-il. Car après sondage, on s’est rendu compte que 70 % des Français avaient une crainte sur la destination de leur don, considérant qu’il pouvait payer l’une des quatre addictions : alcool, tabac, drogue et jeu d’argent. » À seulement 22 ans, ce jeune entrepreneur a ouvert en avril 2024 une campagne de financement participatif pour « Solly ». Ses trois objectifs : récolter 15 000 euros, trouver 500 donateurs et obtenir trois parutions médiatiques. Après seulement 39 jours de campagne, le projet récolte près de 80 000 euros, rassemble 1 400 donateurs et apparaît déjà dans une trentaine de médias.

    Génération altruiste

    « On a souvent considéré la Gen Z comme égoïste, alors qu’en réalité, elle est très altruiste, constate l’anthropologue Elisabeth Soulié. Elle est sortie de l’individualisme pour aller vers le collectif. » Ainsi, la participation bénévole des jeunes est aujourd’hui à son plus haut niveau depuis 2016. Pauline Héry, de France Générosités, confirme que 29 % des 16-24 ans déclarent avoir une activité bénévole. « C’est une génération qui ne se projette quasiment plus, explique Élisabeth Soulié. Pour elle, l’expérience l’emporte sur la possession. Elle va donc privilégier le temps présent, elle va s’engager et rester fidèle à son engagement tant que ça la nourrit émotionnellement. » L’anthropologue parle d’une nouvelle solidarité « hyper‑personnalisée » : je m’engage parce que cette cause me concerne, parce que le fait de pouvoir agir participe à l’intelligence du monde. « Cette génération fait aussi le pari du relationnel, poursuit-elle. Face au grand défi qui l’attend, elle se dit : “Seule, je ne peux rien faire, c’est ensemble qu’on y arrivera.” » C’est aussi ce qui pousse les influenceurs à s’engager. À l’instar d’Arkunir qui, fort de son million d’abonnés sur le réseau X (ex-Twitter), a lancé le 18 novembre dernier un appel à réaliser le record d’Europe de don du sang. Promesse tenue, puisqu’en seulement quatre jours, Florian Gripon de son vrai nom est parvenu à réunir plus de 4 000 donateurs. Et ce n’était pas la première fois que l’influenceur de 22 ans usait de sa popularité pour servir une bonne cause. En 2021, il avait déjà récolté 47 500 euros pour la Fondation 30 millions d’amis, en faisant le tour du monde sur Google Maps dans un live Twitch de 48 heures. De quoi donner des idées aux ONG traditionnelles qui, pour toucher une cible plus jeune, n’hésitent plus à faire appel aux créateurs de contenu. Le 20 janvier dernier, par exemple, l’Unicef a annoncé la nomination de l’influenceuse Paola Locatelli (2 millions d’abonnés sur Instagram) en tant qu’ambassadrice. « Ce sont de vrais porte-parole, estime Tim Deguette. Aujourd’hui, si Squeezie ou Léna Situations décident de donner, leur communauté va donner. »

    1 500 podcasts pour appeler au don

    Inspiré du Téléthon et du ZEvent, le Podcasthon a fait son retour pour une troisième édition du 15 au 21 mars 2025. Durant cette période, des milliers d’animateurs de podcasts francophones (et anglophones) ont diffusé un épisode inédit dédié à une association. « Les podcasteurs ont raconté les actions menées par l’organisme caritatif de leur choix, quels sont ses enjeux, et ont invité leurs auditeurs à s’engager à leur tour, que ce soit en relayant l’info, en donnant de leur temps ou de l’argent », explique Jérémie Mani, cofondateur de l’association Altruwe, à l’origine de l’événement. « Ça permet de toucher un nouveau bassin de population, notamment les jeunes, dont les écoutes sont en hausse de 10 % pour les 12‑24 ans. »

  • L’échange culturel et le lien social par la cuisine

    L’échange culturel et le lien social par la cuisine

    Mélange culturel

    « Tous les pays ont une culture gastronomique. » C’est de ce constat d’apparence évidente qu’est parti Franck Steinmetz, élu de la ville de Sainte-Luce-sur-Loire en banlieue de Nantes, pour imaginer « Lucéens venus d’ailleurs ». L’idée est simple : tout résidant d’origine étrangère peut venir proposer un plat pour six à huit personnes lors d’un buffet, en amenant également une fiche recette. Après 2023 et 2024, l’élu est en train de préparer la prochaine édition prévue pour le 4 avril 2025. « La fréquentation reste modeste, une centaine de personnes environ, précise-t-il. Mais pour ce qui est de l’échange, c’est chaque fois un succès. Il y a une douzaine de nationalités représentées, avec également de la musique et une exposition. Et on voit ainsi un Espagnol échanger avec un Chinois, un Ukrainien avec un Guinéen, ou même des résidents de longue date entre eux. Le but premier est vraiment de proposer un moment convivial. »

    La cuisine, un partage universel

    L’idée de se servir de la cuisine comme outil de convivialité et d’interculturalité existe dans d’autres lieux de France, et notamment à Grenoble avec Cuisine sans Frontières. Depuis 2014, cette association cherche à « valoriser les savoir-faire des personnes migrantes et les sortir de l’isolement » en proposant chaque mardi et jeudi des plats à emporter ou sur place, proposés chaque fois par des bénévoles du monde entier. « Il y a un planning mensuel, où sont proposés un plat avec viande, un plat végétarien, une entrée et un dessert, détaille Lucia Diaz, salariée chargée de projet depuis septembre 2024. D’autres bénévoles peuvent également se proposer comme aide cuisine ou pour la vaisselle. » Un membre du personnel s’occupe également de l’approvisionnement et, parfois, de l’adaptation des plats. « En effet, nos clients, que ce soit la ville ou des entreprises, ne sont pas toujours habitués à manger des plats très épicés ». Encore faut-il trouver les moyens de faire venir les principaux intéressés. « Cet événement demande une double communication, explique Franck Steinmetz. Auprès de la population en général, avec les canaux classiques d’affichage et sur nos réseaux. Mais aussi auprès des concernés, ces fameux Lucéens venus d’ailleurs. Et cela passe par d’autres canaux plus éloignés de nous, surtout pour le plus efficace d’entre eux : le bouche-à-oreille. »

    Cuisines sans Frontières : le rôle des bénévoles

    C’est également un enjeu pour Cuisines sans Frontières. « Beaucoup de bénévoles le sont également dans d’autres associations, explique Lucia Diaz, et nous découvrent par rebond, ou alors par le bouche-à-oreille d’autres cuisiniers. » C’est comme ça qu’est arrivée Madeleine, une bénévole très active venue du Congo en 2020. « J’ai rejoint l’association en septembre 2021, après avoir rencontré Fadilah, une Algérienne, dans un lieu d’accueil de Grenoble. L’idée m’intéressait, et après deux mois d’observation, j’ai osé proposer mon propre plat : un madesu ya supu, des haricots au bœuf cuits dans une sauce tomate. » Elle en a également profité pour apprendre d’autres recettes, particulièrement végétariennes. « J’ai vraiment appris à aimer ça ici, et maintenant j’adore ! »

    Les nouveaux bénévoles ne manquent pas, même s’ils ne restent pas toujours, comme le détaille Lucia Diaz : « La plupart sont en attente de régularisation, et dès qu’ils obtiennent un titre du séjour, ils cherchent du travail et ont donc moins de temps pour l’association. Mais ils continuent de venir de temps en temps, pour prendre des nouvelles, nous amener d’autres personnes ou simplement partager un repas, et même proposer un nouveau plat. » En attendant sa régularisation, Madeleine offre son temps à ces associations, et s’affaire notamment pour célébrer les dix ans de Cuisine sans Frontières en préparant une pièce de théâtre pour l’occasion.

    Tisser du lien social et apporter du soutien

    Car à Sainte-Luce comme à Grenoble, la cuisine est avant tout un prétexte. « Le but est de susciter des échanges des découvertes, souligne Frank Steinmetz. Nous en profitons également pour faire venir des associations d’aide à la scolarisation ou l’apprentissage du français pour qu’elles puissent se présenter. Il s’agit de tisser du lien. » La même démarche guide Cuisines sans Frontières. « Chaque midi, tout le monde mange ensemble, salariés et bénévoles », poursuit Lucia Diaz. Madeleine affirme y avoir trouvé « une vraie famille. L’association organise également des sorties qui permettent de tisser des liens profonds. C’est aussi l’occasion de pratiquer le français. En cuisine, même ceux qui n’en parlent pas un mot peuvent apprendre vite ». Cet aspect est essentiel pour Lucia Diaz, elle-même venue de Colombie où elle exerçait comme avocate : « Nous souhaitons vraiment avoir un échange sans aucune domination. » Cet état d’esprit suscite des vocations, puisque l’association forme également chaque année entre sept et neuf personnes pour l’obtention d’un CAP de cuisine. Du côté de Sainte-Luce, l’association « La Fabrique à échanges », qui veut développer le vivre-ensemble dans la commune, est née d’une rencontre à l’occasion de la première édition de « Lucéens venus d’ailleurs ». Avec toujours le plaisir de bien manger.

  • (P)réparer le futur

    (P)réparer le futur

    Un grand dossier : (P)réparer Le futur

    La frontière verte

    Si les précaires paraissent parfois moins engagés sur les questions environnementales et rechignent à se revendiquer écolos, ce sont pourtant les plus impactés par le dérèglement climatique. Que s’est-il passé pour que classes populaires et écologie militante se boudent ? Surtout, comment réparer ce que certains nomment la « fracture environnementale » ?

    La lente réduction de la fracture numérique

    À en croire l’Insee, plus de 15 % de la population française serait aujourd’hui « éloignée » du numérique. C’est mieux qu’en 2019, où l’illettrisme électronique touchait presque 19 % des Français, mais la fracture numérique reste réelle. Alors que 8 millions de personnes sont directement concernées, de nombreuses initiatives existent pour corriger la situation.

    Vers un futur intergénérationnel

    Les jeunes contre les vieux… L’époque serait-elle à la fracture générationnelle ? Pas forcément. Logements, crèches, ateliers, par pragmatisme ou solidarité, ces dernières années, dans les villes comme à la campagne, les initiatives visant à tisser des liens entre les générations se multiplient. Alors que le nombre de personnes âgées ne cesse de croître en France, la multiplication de ces solutions intergénérationnelles pourrait devenir incontournable.

    La transition écologique pour vaincre le décrochage scolaire

    Chaque année, 100 000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme. Dans les trente prochaines années, presque un million d’emplois seront créés dans le secteur de la transition écologique. Le réseau éducatif Être y voit une opportunité évidente. À Najac, dans l’Aveyron, des jeunes ruraux en décrochage scolaire remettent un pied à l’étrier, les mains dans la ferraille. Pour lire l’article, c’est ici.

    Réenchanter les campagnes en déclin

    La qualité de vie des habitants de certaines zones rurales se détériore à mesure que les services et les commerces de proximité disparaissent. Pour lutter contre ces inégalités, de nombreuses initiatives ont vu le jour, comme des foncières rurales soutenant la création de lieux de vie dans les centres bourgs ou des dispositifs itinérants offrant des consultations médicales ou du dépannage informatique dans les campagnes.

    Vous! par Macif

    Pour lire l’intégralité du magazine Vous! par Macif #2, c’est ICI.

    Des tranches de vie

    Rencontre avec l’actrice Noémie Merlant

    Actrice engagée révélée dans Portrait de la jeune fille en feu, Noémie Merlant passe aussi derrière la caméra pour défendre les causes qui lui sont chères. Entre ses tournages de fictions, elle prépare un documentaire sur sa famille, sous le signe du courage des aidants. Pour découvrir l’interview, c’est ici.

    Ursula, une femme résiliente

    Une vie en BD par Marie Dubois Amputée des deux jambes après un accident à l’adolescence, Ursula n’a jamais laissé son handicap lui gâcher l’existence, bien au contraire. Sa vie, racontée en bande dessinée, est un modèle d’accomplissement et de dépassement de soi.

    Charlotte Yven & Xavier Beauvois à l’assaut du Vendée Globe !

    Prenez date, et plutôt deux fois qu’une : le prochain Vendée Globe s’élancera le 10 novembre 2024, soit trois jours avant la sortie du nouveau film de Xavier Beauvois, La Vallée des fous, qui est justement consacré à la plus emblématique des courses au large. Deux événements qui promettent ainsi de raviver cette grande question : qu’est-ce qui peut bien pousser des générations d’hommes et de femmes à entreprendre ce défi insensé d’un tour du monde en solitaire, et sans assistance ? Espoir de la voile française, Charlotte Yven a accepté d’en discuter avec le cinéaste.

    Retraités et heureux

    Qu’elle soit contrainte ou espérée de longue date, la retraite est un changement important dans la vie de chacun. Souvent redoutée, parfois mal vécue, elle peut être aussi une période enrichissante et joyeuse. Rencontre avec ces retraités heureux.

    Transmission d’entreprise en France : pourquoi c’est complexe ?

    Avec un nombre croissant d’entrepreneurs qui arrivent à l’âge de la retraite et les attentes parfois complexes des repreneurs, la transmission d’entreprise est devenue un réel enjeu de société. Comment relever ce défi et réussir une cession, notamment en termes de conservation d’emplois et de savoir-faire ?

    Le Magazine est produit avec la rédaction du groupe So Press pour raconter le quotidien sans filtre.

  • Harcèlement : le monde de la musique, des salles de concert et des festivals réagit

    Harcèlement : le monde de la musique, des salles de concert et des festivals réagit

    On les reconnaît à ses dossards blancs. L’équipe du dispositif Safer, qui lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles en milieu festif, se faufile dans la foule compacte. Elle cherche une festivalière qui vient de signaler un comportement déplacé via une application dédiée. « Grâce à la géolocalisation, on peut intervenir rapidement. Notre rôle est de prendre la température, de rassurer, et de faire le lien avec la sécurité si le harceleur est toujours dans les parages, ou la Croix-Rouge si la victime a été droguée par exemple », détaille Lola, qui, comme la dizaine d’autres bénévoles qui travaillent avec elle, a été formée le matin même pour cette mission de la plus haute importance. « C’est plutôt calme », se félicite la jeune femme.

    Peut-être est-ce parce que le festival parisien We Love Green, où elle officie ce week-end, a mis le paquet : capotes à verre distribuées gratuitement, campagne d’affichage rappelant la loi, plateforme de signalement… Tous les moyens sont bons pour instaurer un climat aussi sécurisant que possible, dans ce grand festival comme dans plus en plus de salles de concert et de clubs partout en France.

    Près de 6 jeunes sur 10 ont déjà perdu le contrôle d’eux-mêmes

    au moins une fois au cours des 12 derniers mois du fait de leur consommation de substances, au point de ne plus vraiment savoir ce qu’ils faisaient (54%) (1). Parmi ces pertes de contrôle, le fait d’avoir un comportement inadapté envers les autres.

    Ouvrir des espaces de discussion

    À quelques mètres de là, d’autres associations organisent d’ailleurs des actions de prévention. Parmi elles, le CRIPS Île-de-France anime plusieurs activités pédagogiques pour sensibiliser les moins avertis. « Ces jeux permettent de démarrer une conversation avec – et surtout entre – les jeunes dans une démarche de prévention, sans tomber dans un discours d’interdiction », commente Émilie Monod, Responsable de la Communication au CRIPS Île-de-France.

    Qu’il s’agisse de consommation d’alcool, de substances, ou de consentement, l’association est équipée : « On a des lunettes qui permettent de simuler un état d’ébriété, par exemple. Ça nous permet de donner quelques conseils comme boire un verre d’eau entre chaque verre d’alcool… On a aussi imaginé un pref pong, sur le modèle du beer pong américain. Lorsque l’on parvient à viser un gobelet avec sa balle, on doit lire le papier qui est dedans, et dire selon nous si la situation décrite est charmante, gênante ou harcelante. »

    Le CRIPS n’est pas novice en la matière : « Cela fait plusieurs années que l’on travaille avec des festivals, des soirées, des lieux festifs… Il y a eu une vraie prise de conscience du secteur au sujet des violences sexistes et sexuelles depuis #MeToo. Les professionnels du milieu se forment massivement », poursuit l’experte.

    18% des consommateurs ont déjà agressé quelqu’un physiquement

    après avoir consommé de substances nocives (alcool, cannabis, ecstasy, cocaïne, héroïne). (1)

    Des formations certifiées

    La salle de concert et club le Trabendo, situé dans le Parc de la Villette à Paris, peut en témoigner ; pratiquement toute l’équipe a été formée par Consentis, l’une des associations de référence sur le consentement en milieu festif. « Pendant une demi-journée, on a revu les bases du consentement et appris à qualifier juridiquement différents comportements. Il en a découlé une charte interne et un protocole strict que nous déclenchons en cas de harcèlement ou d’agression. Aujourd’hui, ces formations se font sur la base du volontariat, mais elles sont en passe de devenir obligatoires, notamment pour être affilié au Centre National de la Musique et bénéficier de subventions », explique Pablo El Baz, directeur de la salle, qui fait une veille constante sur ce qui se passe chez ses collègues du secteur.

    « J’échange beaucoup avec d’autres clubs. On s’entraide, on partage les bonnes pratiques… » Il se félicite d’ailleurs que de plus en plus d’initiatives collectives voient le jour pour que le monde de la musique et de la nuit soit plus sûr pour tous : « Il y a notamment le Conseil de la nuit, les rencontres organisées sur le sujet par le CNM, le réseau MAP, le dispositif Demandez Angela… Tout cela traduit une prise de conscience indéniable, conjuguée à une demande accrue du public qui veut se sentir en sécurité. » Sur les murs du Trabendo, plusieurs affiches rappellent la loi et les règles du lieu. Un détail qui fait toute la différence, selon Pablo El Baz : « Ces affiches rassurent car elles rappellent aux clubbeurs que nos équipes sont mobilisées sur ces questions et qu’il y a une tolérance zéro vis-à-vis de ces comportements. L’équipe de sécurité et les barmen sont aussi particulièrement alertes, car ils sont les premiers en contact avec le public », poursuit-il.

    Une méfiance qui demeure ?

    Pourtant, certaines personnes se sentent encore mal à l’aise en club ou dans les salles de concert. À l’image de Pauline et Esther, toutes deux 24 ans : « J’ai souvent peur qu’on mette quelque chose dans mon verre », explique la première, venue se renseigner au stand du CRIPS entre deux concerts. « Personnellement, en boîte, j’ai surtout l’impression d’être un bout de viande dans une fosse aux lions, renchérit son amie. Les fois où j’y vais quand même, je fais en sorte de danser pas trop loin des vigiles, parce que je me dis que comme ça personne ne viendra m’embêter. »

    Si le monde de la nuit a entamé sa mue, le chemin est encore long. « La prise de conscience est certaine, appuie Safiatou Mendy, formatrice pour la très active association Consentis. Mais tout cela est encore bien fragile. Le consentement n’est pas une simple notion, il doit se pratiquer au quotidien. »

    (1) 3ème Édition du baromètre des addictions Ipsos/Macif 2023

    L’Essentiel de l’article

    • Le personnel des boîtes de nuit, festivals, bars et autres lieux de la vie nocturne est de plus en plus formé
    • Les comportements inappropriés sont divers (harcèlement sexuel, violence physique, insultes) et aucun n’est acceptable
    • Si vous êtes victime ou témoin de comportement inapproprié et/ou dangereux, adressez-vous au personnel du lieu
  • La précarité étudiante aggravée par la crise sanitaire

    La précarité étudiante aggravée par la crise sanitaire

    Les vidéos de files d’attente interminables d’étudiants devant les banques alimentaires depuis le début de la crise sanitaire ont marqué les esprits. Difficile, aujourd’hui, d’ignorer l’ampleur de la misère étudiante. « Avant la crise, la précarité était déjà forte. Désormais, elle explose, on le constate au quotidien », dénonce Mélanie Luce, présidente de l’Unef, l’Union nationale des étudiants de France. Et les distributions alimentaires que le syndicat a mises en place ne désemplissent pas. « Au fur et à mesure, de plus en plus d’étudiants y ont recours, et nous n’avons pas assez pour tous ceux qui ont fait la queue », détaille Mélanie Luce.

    43% des étudiants

    sautent des repas pour des raisons financières*.

    L’emploi étudiant, une nécessité financière pour beaucoup de jeunes

    Si la précarité n’a pas attendu les mesures gouvernementales liées à la Covid-19, ces dernières ont accentué la fragilité de nombreux étudiants, et notamment en les privant d’emploi – une béquille financière nécessaire pour près de la moitié d’entre eux, au vu de l’insuffisance des bourses.

    Ainsi, hors période Covid, 46 % des étudiants occupent une activité rémunérée durant l’année universitaire – ce pourcentage grimpe en été1. Une situation peu satisfaisante, quand on sait que travailler en parallèle de ses études est la première cause d’échec à l’université. « Les activités salariées hors cursus ont un impact négatif sur la validation (des diplômes) et favorisent l’abandon des études », confirme l’économiste Kady Marie-Danielle Sorho-Body2.

    « Non seulement les emplois étudiants révèlent les inégalités de parcours existant au sein de l’enseignement supérieur, mais, en outre, ils peuvent les accentuer », analyse également la sociologue Vanessa Pinto dans son ouvrage À l’école du salariat. Les étudiants et leurs « petits boulots »3.

    Mais à défaut d’être la solution idéale, l’emploi étudiant est jugé « nécessaire » par la quasi-totalité de ceux qui l’exercent. Il faut dire qu’aujourd’hui, seul un quart des étudiants bénéficie de bourses sur critères sociaux – à des niveaux souvent trop faibles pour en vivre (de 1 032 euros à 5 679 euros annuels).

    « Ce système d’aide est insuffisant, il oblige les étudiants à s’appuyer sur deux piliers pour financer leurs études : le salariat et la solidarité familiale », dénonce Mélanie Luce. Or, la dégradation du marché du travail touche particulièrement l’emploi informel et les contrats précaires, intérimaires ou autres, auxquels ont recours les étudiants. Ainsi, durant le confinement, plus d’un tiers des étudiants qui exerçaient une activité ont été contraints de l’arrêter, perdant ainsi en moyenne 274 € par mois4. Une baisse considérable pour des budgets ultraserrés.      

    Les étudiants précaires en grand besoin d’aide(s)

    Elise Nuret, vice-présidente en charge de l’Agoraé, une association qui compte une vingtaine d’épiceries solidaires gérées par des étudiants pour des étudiants, avait ainsi vu doubler le nombre de bénéficiaires entre septembre 2019 et septembre 2020. Et avec l’inflation la tendance n’a fait qu’augmenter. La jeune femme, elle-même étudiante, observe un changement de profils parmi les nouveaux venus : désormais, de plus en plus d’étudiants ayant perdu leur emploi n’ont d’autre choix que de se tourner vers la solidarité pour tenter de boucler les fins de mois. « Le problème était déjà présent avant 2020, mais il a été décuplé », souligne Elise Nuret.

    Lire aussi : Comment fonctionnent les AGORAé, ces épiceries étudiantes solidaires ?

    Ces modifications du travail étudiant ont des conséquences à long terme, bien au-delà de la seule période de confinement : parmi les étudiants ayant arrêté de travailler, 37 % n’ont pas repris d’activité rémunérée après le déconfinement4. Et nombreux sont ceux qui n’ont pas trouvé le fameux « job d’été » qui permet de tenir sur l’année universitaire. 

    Les études et la construction de l’avenir mises en péril par la précarité

    Une misère étudiante qui met à mal l’idéal de démocratisation des études supérieures et qui participe de la reproduction des inégalités sociales. L’Unef appelle à un plan d’urgence doté d’un milliard et demi d’euros pour permettre augmenter le montant des bourses et des APL (Aides pour le logement), mais aussi pour élargir massivement le nombre de bénéficiaires de ces bourses – entre autres en les ouvrant aux étudiants étrangers, qui en sont aujourd’hui exclus. Et au-delà, le syndicat propose la création d’une allocation d’autonomie, une aide universelle pour créer un filet de sécurité étudiant.

    « Aujourd’hui tout le monde peut perdre son emploi. Mais en tant qu’étudiant, nous n’avons droit ni au chômage ni au RSA »

    Mélanie Luce, présidente de l’Unef, l’Union nationale des étudiants de France

    Le constat est partagé mais les solutions émises peinent à trouver l’unanimité. Alors, faute de projet politique apportant une solution pérenne, le milieu associatif se mobilise. Les épiceries solidaires Agoraé, les associations Linkee ou Cop’21 organisent des distributions de panier repas, de plats préparés ou de produits d’hygiène. Idem pour les acteurs emblématiques de l’aide alimentaire, le Secours Populaire et les Restos du cœur, qui s’adaptent à leurs nouveaux bénéficiaires en ouvrant des centres dédiés aux étudiants. Des colis alimentaires pour des jeunes privés d’université, d’emplois et de perspective : difficile de trouver image plus marquante d’une jeunesse sacrifiée. « Les initiatives sont nombreuses dans le milieu associatif, mais notre action ne suffit pas. Les distributions de panier de sont pas une solution pérenne. Nous avons besoin de relais institutionnels », appelle Elise Nuret.

    La Macif se mobilise contre la précarité étudiante

    La Macif a décidé de mobiliser son dispositif Macif Solidarité Coups Durs pour permettre aux étudiants d’avoir un espace de soutien et d’écoute active, afin d’évaluer leur niveau de détresse et les orienter, en fonction, vers les aides ou structures de proximité existantes.

    *Linkee 2022
    (1) Observatoire national de la vie étudiante, enquête CDV 2016.
    (2) Sorho-Body Kady Marie-Danielle, « Le travail salarié a-t-il un impact sur la réussite en première année de licence ? », Formation emploi, 142 | 2018, 211-230.
    (3) Paris, PUF, 2014.
    (4) Observatoire national de la vie étudiante, enquête CDV 2020.
  • Quand les jeunes réinventent la masculinité

    Quand les jeunes réinventent la masculinité

    Avec ses 3 millions d’entrées en France et ses 710 millions de dollars de recettes mondiales, « Mourir peut attendre », le dernier James Bond sorti en 2021, consolide sa place de référence de la pop culture. Et aussi celle d’une masculinité puissante, portée par un Daniel Craig intouchable, fort et viril. Pourtant, ces imaginaires sont aussi en train d’évoluer car une nouvelle génération d’hommes entend bien proposer un nouveau récit pour les hommes.

    Avec ses 490.000 abonnés sur YouTube, Ben Névert montre que la jeunesse est capable de réinventer la masculinité. Dans ses tables rondes « Entre mecs », le format phare de sa chaîne, il donne la parole à des invités masculins. Ils parlent ouvertement de leurs ruptures amoureuses ou de leur style vestimentaire et remettent en question des stéréotypes comme « les hommes ne pleurent pas » en expliquant leur cheminement. Un discours qui se répercute d’ailleurs sur Instagram et TikTok, où de jeunes créateurs de contenus comme @Tubandes encouragent les hommes à exprimer leurs émotions, libérer leur rapport à leur corps ou encore oser s’habiller comme ils le souhaitent.

    Lire aussi : Le body shaming chez les ados et ses impacts sur leur santé mentale

     

    Vers une néo-masculinité positive, épanouie et enracinée dans Metoo ?

    Cette évolution des mœurs chez les jeunes hommes puise ses racines dans les avancées féministes de ces dernières années, particulièrement représentées pour cette génération par le mouvement #MeToo. Sur Instagram, de nombreux comptes militants ont vulgarisé massivement les discours féministes dès 2018 et ont structuré des communautés sur ces questions, en y incluant les hommes. Biberonnés à #MeToo, les garçons de la GenZ se sont sentis représentés dans les causes féministes. Et ils ont surtout compris que le féminisme n’était en aucun cas une guerre contre la gente masculine.

    C’est ce qu’a montré le journaliste Jérémy Patinier dans son Petit Guide du féminisme pour les hommes. Publié en 2018, l’ouvrage montre comment les hommes peuvent bénéficier du féminisme. « Quand, dans une famille, un père accomplit spontanément 50 % des tâches domestiques et organise les week-ends à la campagne ou les allers-retours au foot, sa femme est plus détendue et le couple va mieux. De plus, ce père impliqué améliore le lien avec ses enfants. Il peut les éduquer sans ces stéréotypes qui dévalorisent le féminin. Cela fait des individus plus structurés et plus forts, contrairement à ce que l’on croit, car on ne leur impose pas des modèles inatteignables », a-t-il commenté pour le journal Le Temps. Jérémy Patinier parle « d’individus plus structurés et plus forts » car ils ont appris, bien plus tôt que leurs pères, ce qu’étaient la charge mentale et les injonctions virilistes. Ils ont eu l’espace pour développer une identité plus apaisée, parfois jusqu’à interroger les modèles prônés par leurs propres parents.

    Lire aussi : Une jeunesse décomplexée sur sa santé mentale

     

    Une rupture héritière d’une histoire

    Ce renouveau des masculinités est d’ailleurs étudié sur les bancs de l’université, relève le maître de conférence en sociologie Arthur Vuattoux : « De nombreuses thèses ont été soutenues ces dernières années comme celle de Josselin Tricou sur l’Église et les masculinités, celle de Florian Vörös sur le rapport des hommes au porno ou celle de Mélanie Gourarier sur la drague et masculinité ».

    Dans tous les domaines, les hommes sont en train de questionner leur rapport au monde qui les entoure. Mais cette libération de la parole est-elle vraiment nouvelle ?

    Pour mieux comprendre les ressorts de ce phénomène, retournons au milieu des années 1980. C’est à ce moment que les premiers travaux universitaires sur la masculinité voient le jour, grâce à l’anthropologue Raewyn Connell. Dans son ouvrage Masculinities paru en 1995, elle définit la « masculinité hégémonique » comme « la configuration des pratiques de genre visant à assurer la perpétuation du patriarcat et la domination des hommes sur les femmes ». D’autres universitaires comme Robert Brannon préféreront parler des clichés de l’homme « maîtrisant ses émotions, subvenant aux besoins de sa famille et pratiquant des activités violentes et audacieuses ». Des définitions différentes, mais qui amorcent déjà (et pour la première fois) une définition scientifique de la place du genre masculin dans la société. En dehors des laboratoires de recherche, des changements s’opèrent aussi dans la société et les familles.

    Dès les années 1970, le mouvement féministe permet déjà aux hommes de questionner leurs désirs et leur place dans le foyer, à l’image des icônes de l’époque comme David Bowie et Freddy Mercury qui jouent avec les frontières du genre dans leur esthétique. Les hommes cassent de plus en plus les codes de la masculinité en s’appropriant le make up et la mode, jusqu’alors « autorisés » uniquement aux femmes.

     

    Quand les jeunes réinventent la masculinité

     

    Bien que les hommes questionnent leur masculinité depuis des décennies, le phénomène a pris une dimension nouvelle grâce aux réseaux sociaux. En ligne, on s’approprie de nouveaux termes comme celui de « masculinité toxique », d’abord popularisé par la blogueuse américaine Amanda Marcotte, qui la définit comme « un modèle spécifique de la virilité, orienté vers la domination et le contrôle ». Elle poursuit : « c’est une virilité qui perçoit les femmes et personnes LGBT comme inférieures, conçoit le sexe comme un acte non pas d’affection mais de domination, et valorise la violence comme seule façon de s’imposer dans le monde ». Bien que cette expression ne soit pas employée en sciences sociales, Arthur Vuattoux admet que « ce qui se dit sur les réseaux sociaux corrobore une grande partie des recherches ».

    Le rôle des réseaux sociaux

    C’est dans ce contexte de libération de la parole que Dina a créé le compte “Les garçons parlent”. Sur son compte Instagram, il invite les hommes à déconstruire tous les stéréotypes de l’homme viril, et les appelle à se confier sur leurs problèmes. Le créateur de contenus était d’ailleurs le premier concerné : « En master 1, j’ai fait une dépression en Erasmus. J’aurais pu en parler mais c’était délicat car je ne savais pas vraiment ce que je ressentais et je n’arrivais pas à l’exprimer, comme beaucoup d’hommes ». À son retour en France, en 2018, il ouvre petit à petit son compte aux témoignages : « J’ai d’abord publié quelques stories et les hommes sont venus spontanément pour la même chose. » Parmi les sujets les plus abordés, il y a les agressions sexuelles et la santé mentale. On y trouve par exemple celui d’un jeune de 17 ans qui complexe sur la taille de son sexe, ou des récits plus graves comme celui d’Ismaïl, victime d’un viol. Le compte met aussi en avant des problématiques du quotidien comme la galanterie ou le témoignage d’un lycéen pratiquant la Zumba. Ces prises de parole sont ensuite publiées anonymement : « Ils me disent que c’est une libération, c’est un peu comme un carnet intime public », explique Dina.

    Cette libération de la parole est aussi ressentie dans la vraie vie. Depuis la création de son spectacle « Sensiblement viril », l’humoriste Alex Ramirès sensibilise son public aux problématiques liées à la masculinité. Selon lui, son spectacle, dont la dernière aura lieu à l’automne, a beaucoup évolué depuis son lancement en 2017. « Ce que je pouvais considérer comme un thème précurseur en 2017, voire un peu dérangeant, est devenu quelque chose de plus accepté », commente-t-il. Et d’ajouter : « J’ai un regard très admiratif sur les nouvelles générations, je suis hyper fier d’elles alors que je ne les connais pas. Les réseaux sociaux, malgré tous leurs travers, nous permettent de nous sentir moins seuls. Je crois beaucoup en la représentation et quand je vois des jeunes de 15 ans casser les codes du genre ou de la masculinité, je trouve que c’est très important ».

     

    Lire aussi : Quelles sont les références culturelles de la génération Z* ?

     

    Cette rupture générationnelle n’est d’ailleurs pas l’apanage des jeunes hommes bourgeois, rappelle Arthur Vuattoux. « Dans les classes supérieures on a l’impression que les masculinités évoluent beaucoup plus, mais en réalité les changements sont tout aussi profonds dans les milieux ruraux ou les classes populaires. Simplement ces populations prennent moins la parole dans l’espace public. Les classes supérieures n’ont pas le monopole du progressisme », explique-t-il.

    Un travail encore en cours

    En revanche, le sociologue nous invite à nuancer les discours répandus sur Internet : « Quand on parle du web il faut faire attention à regarder dans quels espaces sociaux on voit apparaître ces prises de parole. On a l’impression qu’un compte Instagram, c’est représentatif de ce qui se dit dans la jeunesse alors que les espaces numériques sont très clivés ». En dehors de la (toute petite) bulle d’Internet, les hommes évoluent donc à leur rythme. Derrière la face visible d’une GenZ ultra connectée se cachent de nombreuses nuances, qu’il s’agit d’écouter.

    Alors comment ces nouvelles masculinités vont-elles s’agencer dans les 5 ou 10 prochaines années ? Il est encore difficile de se projeter, mais les masculinités de demain s’inventent sûrement aujourd’hui, à l’ombre des luttes féministes, dans l’angle mort d’un virilisme aux abois, recroquevillé dans sa superbe d’antan. Comment garantir aux jeunes hommes en quête d’identité de ne pas se faire écraser par des mouvements antagonistes comme la communauté MGTOW, abréviation de Men Going Their Own Way, qui se revendique de la lutte contre l’effacement des hommes de la société et plus précisément de leur virilité ?

    La réponse se trouve peut-être dans l’écoute et l’accompagnement de ces néo-masculinités, pour qu’elles aient une chance d’avoir un impact proche de celui de #MeToo. Alors que ce mouvement n’a même pas encore fêté ses dix ans d’existence, il est naturel que les hommes prennent le temps de casser les codes de leurs identités. Et les générations futures iront peut-être plus loin, grâce à la force de frappe d’Internet ?