Catégorie : Joue-la collectif

  • S’engager dans une association : quelles différences entre le bénévolat et le volontariat ?

    S’engager dans une association : quelles différences entre le bénévolat et le volontariat ?

    Si le bénévolat et le volontariat ont comme point commun de vouloir se mettre au service des autres, ils n’en restent pas moins différents. Quelles sont les différences de statuts ? Pourquoi choisir de devenir bénévole ou volontaire ? Le point pour tout comprendre.

    1 Qu’est-ce qu’un bénévole ? Qu’est-ce qu’un volontaire ?

    Le bénévolat et le volontariat représentent deux formes d’engagement associatif et citoyen. S’il n’existe pas de définition juridique du bénévolat, celle du Conseil économique et social du 24 février 1993 (1) est communément retenue : « Est bénévole toute personne qui s’engage librement pour mener une action non salariée en direction d’autrui, en dehors de son temps professionnel et familial ».

    Un volontaire quant à lui « s’engage d’une manière formelle (par contrat), pour une durée limitée, pour une mission d’intérêt général. »

     

    Bénévolat et volontariat : les différences de statuts

     

    Bénévole ou volontaire, vous hésitez encore ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur les différences de statuts avant de faire votre choix. En devenant bénévole, vous vous engagez moralement à donner de votre temps et de vos compétences gratuitement pour aider les autres. Contrairement au travail et au salariat, le bénévolat se fait :

    • sans rémunération. Vous pourrez néanmoins demander à être dédommagé par l’association (si elle le peut et l’accepte) pour les frais tels que les déplacements, l’hébergement ou encore l’achat de matériel si nécessaire.
    • sans aucune condition d’âge ni de diplôme. Peu importe votre niveau d’étude, votre statut professionnel ou votre âge, vous pouvez comme n’importe quel autre citoyen devenir bénévole.
    • sans engagement. Il n’existe aucun lien de subordination juridique. Vous pourrez mettre fin à votre participation bénévole à tout moment. Néanmoins, vous avez un engagement moral. Vous êtes dans l’obligation de respecter le règlement de l’association dans laquelle vous avez choisi d’être bénévole, ainsi que ses règles de sécurité.

     

    Se différenciant du bénévolat et du salariat, le volontariat quant à lui repose sur différents éléments :

    • votre engagement volontaire est soumis à un contrat (d’un maximum de deux ans).
    • le volontaire est indemnisé, mais ce n’est pas considéré comme un salaire.
    • vous devez avoir plus de 16 ans pour être volontaire en France et avoir plus de 18 ans pour le faire à l’étranger.
    • Aucun diplôme n’est nécessaire pour devenir volontaire.

     

     

    Bon à savoir

    • Il est possible de cumuler le statut de volontaire et de dirigeant au sein d’une même association. Ainsi, vous pouvez diriger la vie associative des sapeurs-pompiers, et participer vous-même aux opérations de secours.

     

    • Il est possible d’être bénévole dans plusieurs associations en même temps. Vous pouvez par exemple participer aux collectes des Restos du Cœur et aux maraudes du Secours Populaire.

     

    • Vous pouvez être bénévole dans une association sans en être adhérent, c’est-à-dire qu’une association ne peut pas vous refuser en tant que bénévole parce que vous ne faites pas de dons financiers.

    Bénévolat et volontariat : quel temps y consacrer ?

     

    À vous de choisir ! Vous pouvez être bénévole de manière ponctuelle ou régulière. À vous de voir le temps que vous voulez/pouvez consacrer à votre engagement. À noter que selon le Code du travail (3), les salariés ont le droit de s’absenter de leur entreprise pendant 6 jours dans l’année, pour exercer leurs activités bénévoles. Si vous êtes salarié, n’hésitez pas à en parler à vos supérieurs hiérarchiques. Vous êtes peu disponible ? Vous pouvez simplement soutenir une association grâce au don par exemple.

    Concernant le volontariat, l’engagement dans votre mission se fait à temps plein pour une durée déterminée. Vous ne pouvez pas exercer une autre activité professionnelle en même temps. Ils existent différentes formes de volontariat où les missions peuvent aller de quelques jours, pour accompagner des handicapés lors d’un séjour sportif par exemple, à un an d’engagement reconductible.

     

    S’engager dans une association : quelles différences entre le bénévolat et le volontariat ?

     

     

    2 Les différentes formes d’associations dans lesquelles devenir bénévole ou volontaire

    L’engagement a la cote en France ! En effet, si on estime aujourd’hui le nombre d’associations en France entre 1,35 et 1,45 million en activité actuellement, 90 % d’entre elles ne fonctionnent qu’avec des bénévoles (5). Mais quelles formes prennent-elles ?

    • Association loi 1901 : sans doute la forme la plus courante et classique d’association. Ses fondateurs ont accompli toutes les démarches nécessaires à sa déclaration à la préfecture et sa création a été publiée au Journal officiel. Une association loi 1901 peut être reconnue d’intérêt général ou d’utilité publique.
      • Association reconnue d’utilité publique : par décret en Conseil d’État après avoir existé pendant au minimum trois ans. Ce statut lui permet d’accéder à certains avantages, comme recevoir des legs ou des donations, mais il peut lui être retiré à tout moment.
      • Association d’intérêt général : ce statut permet à l’association de délivrer des reçus fiscaux à ceux qui font des dons, permettant de bénéficier de réduction d’impôt.

     

    • ONG : association à but non lucratif et financée par des dons privés, d’intérêt public, qui ne relève ni de l’État, ni d’institutions internationales. C’est le cas notamment du Secours Populaire, d’Emmaüs ou encore de la Croix Rouge. L’activité des ONG se déploie à l’échelle nationale et/ou internationale.

     

    • Syndicat : association de personnes dont le but est de défendre les droits et les intérêts sociaux, économiques et professionnels de ses adhérents. – Parti politique : sous la forme d’une association loi 1901, il rassemble un groupe de personnes qui partagent des idées politiques communes.

     

     

    3 Comment devenir bénévole ou volontaire dans une association ?

    De nombreuses organisations cherchent des bénévoles tout au long de l’année, comme les Restos du Cœur par exemple, le Téléthon ou encore la SPA.

    L’une des premières choses à faire est de vous renseigner sur les différentes associations, leur statut et les missions qu’elles proposent. Vous pourrez trouver toutes ces informations sur le leur site internet et y remplir un formulaire d’inscription. Vous pouvez également vous rapprocher des petites associations locales, en vous adressant directement à votre mairie par exemple. Une fois contactées, les associations pourront vous proposer un entretien pour échanger sur vos motivations, déterminer le rôle et les missions que vous pourriez avoir, parler de votre intégration dans l’équipe, etc. Si elles ne recherchent pas de bénévoles ou volontaires pour le moment, elles pourront vous rediriger vers d’autres associations qui défendent la même cause.

    Pour les associations à l’étranger ou les actions humanitaires, vous trouverez leur contact sur leur site internet, ou partez à la rencontre des petites structures locales qui travaillent sur le terrain à l’étranger. Vous pouvez également vous tourner vers le réseau France Bénévolat, qui propose des milliers de missions solidaires.

    Autre solution : vous tourner vers des plateformes comme Diffuz, qui vous aideront à trouver une association en demande de soutien, selon la cause pour laquelle vous souhaitez vous engager (sportive, culturelle, aide humanitaire, scientifique…), de façon ponctuelle ou plus durablement.

     

     

    Le saviez-vous ?

    S’engager permet de bénéficier de formations grâce au compte d’engagement citoyen (CEC) mis en place par l’État. Chacune de vos actions de bénévolat, volontariat ou en tant que maître d’apprentissage, vous permet d’acquérir des droits cumulés sur votre compte personnel de formation (CPF) afin de financer une formation. Le CEC est ouvert à tous à partir de l’âge de 16 ans (15 ans pour les contrats d’apprentissage) et reste valable tout au long de la vie.

    Le saviez-vous ?

    La Fondation Macif soutien de nombreuses initiatives solidaires !

    Renseignez-vous si vous souhaitez vous engager !

    Sources :
    (1) Le guide du bénévolat 2018-2019
    (2) Association.gouv, Le volontaire
    (3) Association.gouv, Les congés ou autorisations d’absence au bénéfice du bénévole
    (4) Sapeurs Pompiers de France, Chiffres-clés, 2019
    (5) Recherches & Solidarités, La France associative en mouvement, 2019
    (6) Recherches & Solidarités, La France bénévole : évolutions et perspectives, 2019

    L’Essentiel de l’article

    • Le bénévolat est sans engagement et sans rémunération.
    • Le volontariat est un engagement sur une durée déterminée contre une indemnisation.
    • 1 Français sur 4 donne de son temps gratuitement à une association. (1)

    (1) Le guide du bénévolat 2018-2019

    (2) Association.gouv, Le volontaire

    (3) Association.gouv, Les congés ou autorisations d’absence au bénéfice du bénévole

    (4) Sapeurs Pompiers de France, Chiffres-clés, 2019

    (5) Recherches & Solidarités, La France associative en mouvement, 2019

    (6) Recherches & Solidarités, La France bénévole : évolutions et perspectives, 2019

  • Les différentes formes d’engagement associatif et citoyen

    Les différentes formes d’engagement associatif et citoyen

    Les moyens de s’engager pour la société et faire preuve de solidarité sont nombreux. Quelles sont les différentes formes d’engagement ? Quelles causes pouvez-vous soutenir ? Comment vous lancer ? Le point pour tout comprendre.

    1 Qu’est-ce que l’engagement associatif et citoyen ? Définition

    La citoyenneté se définit par la participation à la vie collective. Une notion de collectivité qui va souvent de pair avec l’idée de solidarité, d’entraide et d’écoute. Ainsi, si l’engagement citoyen et associatif est une initiative individuelle au départ, il permet de mener des actions pour le bien dans la société. Penser collectif pour améliorer la situation de chacun.

    Face à la crise sanitaire actuelle, l’engagement citoyen et associatif est plus que jamais nécessaire, et les divers élans de solidarité qui ont été déployés pendant le confinement montrent à quel point les Français sont enclins à aider leur prochain. Dès le début de l’épidémie, vous avez été nombreux à vous mobiliser pour apporter – à votre échelle – de l’aide aux personnes les plus fragiles. Les gestes de solidarité ont été nombreux, comme rendre visite à son voisin qui vit seul, soutenir financièrement les commerçants en détresse, donner des cours en ligne aux enfants ou encore faire des courses pour les plus isolés.

     

    2 Quelles sont les différentes formes d’engagement associatif et citoyen ?

    L’envie d’agir et de s’engager est un fait, le fait de passer à l’action en est un autre. Alors, avant de vous lancer, découvrez les différentes options et statuts qui s’offrent à vous pour choisir celui qui s’adapte le mieux à vos attentes, à votre mode de vie et aux causes que vous souhaitez défendre.

    • Le bénévolat : comme 23 % des Français (1), vous vous engagez auprès d’une association pour donner gracieusement de votre temps et de vos compétences afin d’aider les autres. Vous êtes libre de choisir comment vous souhaitez vous engager. Ponctuellement ou régulièrement, à votre rythme, selon vos envies et disponibilités.
    • Le volontariat : vous vous portez volontaire pour exécuter sur une durée déterminée une mission d’intérêt général. Il peut s’agir d’un volontariat dans le cadre du service civique, d’un volontariat dans une association (en France ou à l’étranger) ou encore dans le cadre de la sécurité civile (sapeur-pompier volontaire, réserve sanitaire, etc.). Vous êtes alors soumis à un contrat et percevez une indemnisation.
    • Le service civique : réservé aux jeunes de 16 à 25 ans, et jusqu’à 30 ans pour les jeunes en situation de handicap, il vous permet de vous engager – sans condition de diplôme – dans une mission d’intérêt général au sein d’une association, d’un établissement public, d’une collectivité… en France ou à l’étranger. Sachez que le service civique ouvre droit à une indemnisation jusqu’à 473,04 € par mois. (2)
    • Le salariat : vous pouvez être salarié au sein d’une association. De quoi faire rimer votre carrière avec vos convictions personnelles.
    • Le stage : souvent obligatoire pour valider une année d’étude, il peut être réalisé au sein d’une association afin de concilier études/travail et engagement.
    • Dans un parti politique ou un syndicat : vous aiderez les autres en défendant des intérêts collectifs.
    • Par des gestes du quotidien : en vous impliquant dans la vie de quartier, en donnant de votre temps pour aider les autres, en donnant votre sang, en acceptant les microdons à la caisse des magasins, par exemple.

     

    3 Un premier pas « virtuel » pour s’engager autrement

    Les différentes formes d’engagement associatif et citoyen

    Grâce à l’essor du digital et notamment des plateformes de mobilisation et des réseaux sociaux, les modalités d’engagement ont été redéfinies et en particulier chez les jeunes.

    On observe une reprise du bénévolat associatif chez les plus jeunes en 2023 : 25% des16-34 ans ont été bénévoles contre 19% en 2022.

    L’intérêt de l’engagement occasionnel est aussi de découvrir différentes types d’associations avant de vous investir à long terme. Cette évolution de l’engagement pousse les associations à diversifier les missions qu’elles proposent pour répondre aux attentes et aux disponibilités des bénévoles. Le bénévolat occasionnel leur permet aussi de renforcer leurs équipes pour des évènements en particulier, comme les collectes alimentaires, les maraudes, l’organisation de festivals ou de séjours sportifs destinés aux personnes en situation de handicap par exemple.

    En pleine culture de l’immédiateté, pour beaucoup l’engagement est non seulement ponctuel mais surtout digital. Vous êtes nombreux à participer régulièrement à des campagnes de crowdfunding* ou encore à la signature de pétitions en ligne par exemple. Une digitalisation qui permet de donner la capacité à ceux qui en ont envie de s’engager à l’échelle nationale mais aussi à l’international.

    Grâce aux sites de crowdtiming** par exemple, vous pouvez donner de votre temps selon vos disponibilités. En consultant ces plateformes d’engagement comme Diffuz ou encore le site de la réserve civique, vous trouvez en quelques clics une mission à réaliser ou un défi citoyen auquel prendre part… Organiser des initiations aux gestes de premier secours, collecter des protections hygiéniques dans les grandes surfaces pour des femmes en situation de précarité ou encore participer à une journée de nettoyage de la nature par exemple, le choix est varié.

     

    Les différentes formes d’engagement associatif et citoyen

     

    De même, les réseaux sociaux permettent de créer très rapidement des événements pour rassembler les gens (dans le respect de la distanciation sociale et des gestes barrières) autour de causes communes. Se mobiliser collectivement devient un vrai jeu d’enfant !

    *financement participatif
    **don de temps

    70% des bénévoles

    exercent une telle activité associative au moins une fois par semaine. (3)

    4 Pourquoi s’engager ?

    Le caritatif et l’environnement au cœur des préoccupations

    Aujourd’hui, des millions de Français s’engagent dans des associations et les causes sont variées. Le secteur social caritatif est majoritaire et concerne 30 % des bénévoles (3), les loisirs (couture, jardinage, bricolage, etc.) représente 23 % et le sport 21 % (clubs, organisation de compétition d’amateur, etc). La culture (danse, musique, théâtre, cinéma, lecture, etc.) ainsi que la jeunesse et l’éducation (soutien scolaire, préparation aux entretiens d’embauche, etc.) suivent de près et représentent 19 % et 17 % des bénévoles. Enfin, 12 % des bénévoles s’engagent pour la santé, et 11 % pour l’environnement.

    L’environnement est d’ailleurs devenu un enjeu majeur surtout pour les jeunes qui, en 2019, se classe chez les 18-30 ans en tête des préoccupations (32 % des réponses) notamment devant le chômage (17 %).

    Par quoi les bénévoles sont-ils motivés ?

     Les raisons sont nombreuses. Selon une étude de Recherches & Solidarités, voici les différentes motivations des Français qui sont devenus bénévoles ou volontaires, et celles qui pourraient vous encourager à vous engager vous aussi :

    • Être utile à la société et agir pour les autres
    • La cause défendue – L’épanouissement personnel
    • Le souhait de faire partir d’une équipe
    • Acquérir une compétence
    • L’envie d’exercer une responsabilité
    • Obtenir de la reconnaissance sociale
    • Mesurer l’impact de ses efforts

    Les engagements possibles sont donc nombreux et les moyens d’agir accessibles à tous. Alors, choisissez la cause qui vous tient à cœur et lancez-vous !

    Vous souhaitez agir ?

    Rendez-vous sur Diffuz, la plateforme solidaire de la Macif ! Vous pourrez y découvrir les défis solidaires près de chez vous.

    L’Essentiel de l’article

    • L’engagement citoyen et associatif, c’est participer à la vie de la société en aidant les autres.
    • L’essor du digital a modifié la manière de s’engager.
    • Les jeunes de moins de 35 ans s’engagent davantage dans un bénévolat occasionnel.

    (1) associations.gouv, Le guide du bénévolat 2018-2019

    (2) service-civique.gouv, La foire aux questions des volontaires

    (3) Injep 2024

     

  • Mal-logement et solidarité : bricoler grâce à Bricobus

    Mal-logement et solidarité : bricoler grâce à Bricobus

    Avec quelques lacunes en bricolage mais surtout des difficultés financières, Hawa, 33 ans, et Marie-Lou, 53 ans, ont toutes les deux dû mettre un terme aux travaux qu’elles avaient entrepris pour rénover leur logement. L’association Bricobus, lancée par les Compagnons Bâtisseurs, leur est alors venue en aide pour les accompagner, les former et leur donner un petit coup de main pour sortir de la précarité.

    1 Solidarité et entraide, maîtres mots de l’association

    Les Compagnons Bâtisseurs, c’est un réseau national né en France en 1957, sur le principe de la construction de logements en chantier participatif. « L’idée était de faire de l’auto-construction, c’est-à-dire de reconstruire des logements, mais avec l’aide de bénévoles et d’étudiants. Aujourd’hui, il existe plusieurs associations régionales en France, même en Outre-Mer », précise Eve Louvet, coordinatrice au sein de l’association régionale Les Compagnons Bâtisseurs Nouvelle-Aquitaine, dont le siège est à Bordeaux. L’objectif de l’association est de favoriser l’insertion sociale et professionnelle par le logement et par les métiers du bâtiment. « Nos valeurs sont la transmission de savoirs et l’entraide, c’est vraiment le système du compagnonnage. Le but étant que les bénévoles comme les bénéficiaires, deviennent plus autonomes, apprennent à faire eux-mêmes et soient capables d’entreprendre seuls de futurs travaux », souligne-t-elle.

    Vous emménagez ?

    La Macif assure votre habitation ! Renseignez vous !

    Chiffre-clé

    Selon l’Anah, l’Agence Nationale de l’Habitat, on compterait en France, en 2019, entre 400 000 et 600 000 logements insalubres répartis un peu partout sur le territoire. (1)

    3 Bricobus : un soutien financier pour aller de l’avant

    Le dispositif Bricobus vient principalement en aide aux personnes en situation de précarité ou de mal-logement. « Nous travaillons en collaboration avec les travailleurs sociaux des départements. Ce sont souvent eux qui nous orientent vers les familles en difficulté financière. Mais, les gens peuvent aussi nous appeler directement s’ils souhaitent bénéficier de nos actions. » L’association étudie alors leur situation financière, sociale et technique pour trier les candidatures. « Nous regardons si les personnes peuvent être en capacité physique d’aider ou pas sur le chantier, la nature et l’ampleur des travaux envisagés, etc. Les dossiers passent ensuite en commission, avec nos partenaires. »

    L’association régionale Nouvelle-Aquitaine a soutenu Hawa, 33 ans, mère de deux enfants âgés de 5 et 3 ans. « J’ai vu un reportage à la télévision sur les Compagnons Bâtisseurs à Bordeaux. Je me suis renseignée, et j’ai vu qu’ils étaient aussi présents à Pau, près de chez moi, alors je les ai contactés », explique l’habitante de Ger (64). « Nos revenus fiscaux n’étant pas élevés, ils ont pu nous aider. » poursuit-elle.

    Avec son mari, Hawa rénove une vieille maison. L’an dernier, le couple avait besoin d’aide pour réhabiliter les 70 m2 de plancher, à l’étage. « Mon mari est un ancien ouvrier, mais il n’avait pas le matériel nécessaire pour faire ces travaux. Faire appel à une entreprise nous aurait coûté trop cher », explique-t-elle. Hawa et son mari ont alors déposé un dossier auprès du Bricobus de Pau. « Les Compagnons sont intervenus en juin 2019 pour nous aider à réaliser le plancher. Ils nous ont aussi aidés à financer une partie des fournitures, à hauteur de 90 %. Ils sont bien équipés, professionnels et bienveillants. Nous sommes très contents. En contrepartie, je les accompagnerai sur des chantiers près de chez nous. Si nous n’avions pas eu leur soutien, cela aurait été difficile pour nous de terminer les travaux. »

    Depuis deux mois, Hawa et sa famille ont quitté le mobile home dans lequel ils vivaient pour emménager dans leur maison. « Nous arrivons à la fin des travaux. Il nous reste le parquet dans une chambre et les peintures. On voit le bout », sourit la mère de famille.

    Chiffre-clé

    Pour chaque chantier, le Bricobus propose jusqu’à 10 jours d’intervention et 1 000 € maximum de matériaux pour les travaux. (2)

    4 Un dispositif sur mesure, souple et réactif

    La philosophie des Compagnons : « Faire du sur-mesure, être réactifs, être souple, répondre aux besoins des habitants, et ne pas s’enfermer dans un système trop administratif. » Des valeurs qui ont séduit Marie- Lou, 53 ans. « J’ai quitté la Réunion il y a un an car j’avais perdu mon emploi. Je suis rentrée à Pau, où ma famille est installée. Ici, j’ai fait l’acquisition d’un appartement très ancien où il y avait tout à refaire », raconte cette photographe de métier sans emploi. L’ampleur des travaux était considérable pour cette quinqua qui vit seule. Et des devis d’entreprises inaccessibles. C’est à la Maison de l’habitat de Pau qu’on lui a parlé de l’association des Compagnons Bâtisseurs. « J’ai réalisé plusieurs entretiens avec eux. Une petite équipe hypercompétente et très à l’écoute est venue visiter mon logement et repérer ce qu’il y avait de plus urgent à faire comme l’électricité qui n’était pas aux normes. »

    « J’ai beaucoup appris à leurs côtés : je sais monter une prise électrique et bricoler en toute sécurité. C’est inespéré de pouvoir être aidée comme ça, surtout quand on est seule. Cela m’a vraiment boostée. »

    Marie-Lou, 53 ans

    5 La force de l’entraide, un regain d’énergie

    Quand les Compagnons Bâtisseurs sont intervenus chez elle, cela faisait déjà trois mois que Marie-Lou habitait son logement. « Je ne savais pas par où commencer, tellement il y avait de choses à faire. Je commençais à désespérer. En plus, chaque fois que je commençais quelque chose, j’étais arrêtée car il y avait un obstacle. Tout prenait du temps, rien ne se terminait. Je pensais ne jamais pouvoir m’en sortir. Les Compagnons sont vraiment arrivés au bon moment. Ils m’ont demandé 10% du montant du matériel. On est allé faire l’achat de fournitures ensemble. Ils sont de très bons conseils. »

    Ces professionnels solidaires ont remis le tableau électrique aux normes. Dans la cuisine, ils ont montré à Marie-Lou les techniques pour poser de la fibre de verre. « Toute seule, j’aurais mis un temps fou et j’aurais fait des erreurs. Maintenant, je vais pouvoir le faire seule sur les murs du couloir et des deux chambres. »

    À son tour, Marie-Lou a donné un coup de main aux Compagnons Bâtisseurs. « J’ai participé à un de leurs chantiers de réhabilitation de mobiliers dans un parc, pendant deux jours. C’était très intéressant, j’ai appris à me servir d’une scie à bois et d’une ponceuse. Cela m’est utile pour poursuivre les travaux chez moi. »

    Exemple de travaux avant/après l’intervention du Bricobus

    Mal-logement et solidarité : bricoler grâce à Bricobus

    Mal-logement et solidarité : bricoler grâce à Bricobus

     

    Le saviez-vous ?

    En plus de l’association Bricobus, la Fondation Macif soutient de nombreuses initiatives solidaires. 

    Renseignez-vous !

    L’Essentiel de l’article

    • Les bénéficiaires participent au chantier et apprennent auprès de professionnels.
    • Les travaux durent jusqu’à 10 jours, pour 1 000 € maximum de matériaux.
    • Les familles intéressées peuvent déposer un dossier auprès de l’association des Compagnons Bâtisseurs de leur région.

    (1) Anah, Mémento de l’habitat privé 2019, p. 2
    (2) Compagnons Bâtisseurs, Les Compagnons Bâtisseurs aident les plus démunis à réaliser leurs travaux gratuitement, 2019
  • Super Cafoutch, la petite coopérative marseillaise peu chère

    Super Cafoutch, la petite coopérative marseillaise peu chère

    1 De l’ambiance au rayon bio

    Inspiré du supermarché coopératif parisien La Louve, soutenue par la Fondation d’entreprise du groupe Macif, le Super Cafoutch marseillais revendique haut et fort son ambition : permettre à ses adhérents de manger mieux pour moins cher. Une ambition qui mobilise chacun des coopérateurs, qui s’engagent à donner trois heures de leur temps chaque mois.

    Pour Charlotte Juin, coopératrice, le Cafoutch n’a rien à voir avec un supermarché classique : « C’est beaucoup plus convivial et les gens adorent ! Ici, toutes les personnes qui travaillent à la caisse, à la mise en rayon ou à l’accueil sont des coopérateurs, donc bénévoles. Chacun donne trois heures de service par mois à la coopérative pour assurer les tâches de son choix nécessaires au fonctionnement du magasin, et ça, ça change tout ! »

    Mais les adhérents ne recherchent pas seulement une atmosphère chaleureuse. Ils sont aussi les premiers acteurs et bénéficiaires d’une offre principalement bio, abordable et locale puisque les produits sont sourcés auprès de producteurs et entreprises de la région PACA ou d’Occitanie.

    « Quand le bio ou le local sont chers, on propose toujours une alternative conventionnelle (donc non bio, ndlr) pour que tout le monde puisse s’y retrouver. Le critère prix entre vraiment en ligne de compte chez nous, insiste Charlotte. On essaye aussi de s’adapter aux habitudes alimentaires des habitants du quartier. L’idée, c’est avant tout de rester un commerce de proximité. »

    Le saviez-vous ?

    « Cafoutch » est un mot marseillais qui désigne une sorte de débarras.

    J’adore aller au Cafoutch : les produits sont de bonne qualité et les gens sympathiques : il y a toujours une bonne ambiance ! Vivement l’étape suivante !

    Laure, coopératrice et cliente

    2 Mini Cafoutch deviendra grand

    Encore au stade de l’épicerie pilote (« Mini Cafoutch » pour les intimes), les coopérateurs souhaitent passer à la vitesse supérieure, sans dénaturer l’ADN du projet.

    « Chez nous, la gouvernance est partagée et toutes les idées et initiatives émanent du terrain. Les décisions sont votées en assemblée générale », poursuit Charlotte Juin.

    Outre le travail à l’épicerie, chacun peut amener ses compétences pour que le Super Cafoutch voie le jour au plus vite.

    « Nous sommes aujourd’hui en recherche active d’un local pour ouvrir le supermarché. Bien sûr, il y aura des travaux à faire pour l’aménager. On va s’appuyer sur l’expertise et les conseils de deux de nos coopérateurs bénévoles qui sont architectes. Pour eux, ça fait partie de leur engagement ! De mon côté, je m’occupe de la communication : on fonctionne au bouche-à-oreille, mais on communique aussi beaucoup au niveau local via des réunions d’information, la presse locale et les réseaux sociaux. »

    Comme partout ailleurs en France, Marseille se met à l’heure de la consommation coopérative, pour le plus grand bonheur des participants !

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du Groupe Macif soutient Super Cafoutch, et plein d’autres initiatives d’économie collaborative !

    Les supermarchés coopératifs en France

    La Louve (Paris)
    Les Nouveaux Robinson (Paris et proche banlieue)
    Prairial (Lyon)
    Supercoop (Bordeaux)
    Scopéli (Nantes)
    Superquinquin (Lille)
    Hop’la (Strasbourg)
    La Fourmilière (Saint-Étienne)
    … et bien d’autres !

    L’Essentiel de l’article

    • Super Cafoutch est un projet de supermarché coopératif principalement bio et local qui ouvrira en 2020 à Marseille.
    • Les coopérateurs peuvent déjà faire leurs courses à l’épicerie pilote du projet.
    • Chaque coopérateur s’engage à hauteur de trois heures de service par mois.
  • Et si on partait en voyage solidaire en famille ?

    Et si on partait en voyage solidaire en famille ?

    À l’approche de l’été, Cécile, la quarantaine, a souhaité partager une expérience de voyage différente avec ses trois enfants, Thibault, 14 ans, Amaury, 12 ans et Maxime, 11 ans. Toute la famille est partie au Sri Lanka pendant deux semaines pour restaurer le mobilier d’une école et arpenter le pays avec un guide. Elle explique son choix et raconte ce séjour peu ordinaire.

    1 Que recherchiez-vous avec ce voyage solidaire ?

    « L’an dernier, j’ai eu envie de proposer un autre style de vacances à mes enfants. Je voulais les emmener en voyage, mais étant seule avec eux, je ne voulais pas partir, sac à dos, à l’aventure. Je tenais à ce que l’on soit encadrés, mais je souhaitais qu’ils puissent être en contact avec les habitants du pays en question. Quand on part en voyage touristique, on passe d’hôtel en hôtel et on est finalement peu confrontés à la réalité quotidienne des gens. Ce voyage, c’était une façon de leur ouvrir les yeux sur le monde et de leur montrer à quel point ils vivaient dans un milieu privilégié. »

    2 Comment avez-vous choisi votre organisme ?

    « Quand je me suis mise en quête d’une destination et d’un voyage solidaire, je n’ai pas trouvé grand-chose sur Internet. Le déroulé du voyage et les missions proposées aux familles n’étaient pas toujours très clairs. Car il faut savoir que dans le cadre de ces séjours, un pourcentage du prix du voyage, variable selon chaque association, sert à soutenir des projets de développement prioritaires dans le pays visité. Nous sommes partis avec une agence en ligne qui m’a séduite par la clarté de son discours. On sait précisément comment notre argent est utilisé et à quoi il contribue. J’aimais aussi l’idée que nos kilomètres en avion soient compensés en empreinte carbone (l’agence retient 25 euros sur chaque voyage pour financer des cuiseurs à bois économes en contrepartie des émissions de gaz à effet de serre produites). »

    Bon à savoir

    Alerte arnaque : comment s’assurer que l’on passe par une ONG bien répertoriée ?

    L’ATR, l’association Agir pour un tourisme responsable recense et contrôle les organisateurs de voyages reconnus chaque année. Ces agences ont pris des engagements en faveur du tourisme solidaire et ont été sélectionnées pour leurs implications auprès des régions d’accueil. N’hésitez pas à poser des questions à l’agence en question si vous avez besoin d’explications supplémentaires ou à questionner d’anciens voyageurs sur les forums consacrés aux séjours alternatifs.

    3 Aviez-vous des craintes avant de partir en vacances solidaires ?

    « Pas moi, mais certains de mes enfants, oui ! Il a fallu que je leur explique le projet. Je leur ai montré la vidéo d’un voyage solidaire au Cambodge. Mon fils de 11 ans était emballé à l’idée de partir aider une population locale, celui de 12 ans semblait un peu plus sur la réserve et mon aîné n’avait pas du tout envie de partir. Il craignait l’absence d’électricité et… de téléphone ! Se couper du monde et de ses copains, via les réseaux sociaux, ce n’était pas évident pour lui. »

    3 conseils aux familles voyageuses

    • 1

      Avant de sauter dans l’avion, même si vous passez par une agence, procurez-vous un ou des guides de voyage. Cela vous donnera des informations supplémentaires sur le pays, ses habitants, les coutumes locales.

    • 2

      On a toujours tendance à partir avec des valises trop chargées. Renseignez-vous avant le départ sur le nécessaire à emporter et forcez-vous à vous limiter. En voyageant léger, on gagne en confort et les déplacements entre chaque étape sont plus faciles.

    • 3

      Rendez-vous sur le portail France Diplomatie, mis en place par le gouvernement pour connaître la situation diplomatique du pays avant de vous engager sur une destination.

    4 Quelle mission solidaire avez-vous réalisée ?

    « Notre mission a duré cinq jours. Nous sommes partis au nord du Sri Lanka. Notre objectif était de restaurer le mobilier très vétuste d’une école dans un village. Avec une autre famille, nous y avons séjourné et nous passions entre quatre et cinq heures par jour dans l’établissement pour effectuer les travaux. Des menuisiers locaux coupaient des planches de bois et s’occupaient de redresser la structure en métal des chaises et tables à rénover, de remplacer les planches en bois si nécessaire. Nous étions ensuite chargés de les peindre. Pendant notre temps libre, le guide nous emmenait visiter les environs et vivre des expériences avec les locaux. »

    5 Quelle expérience vous a le plus marquée ?

    « Nous avons été accueillis comme des rois dans cette école. Je garde un souvenir ému de l’accueil que nous ont réservé le directeur et les enfants. À notre arrivée, ils avaient organisé une cérémonie. Les élèves étaient tous habillés en blanc. Ils avaient préparé des colliers de fleurs fraîches et ont constitué une haie d’honneur pour nous souhaiter la bienvenue. C’était magnifique. Le directeur était très heureux que nous venions les aider, plutôt que d’aller séjourner sur une plage de rêve. Il l’avait expliqué aux enfants qui semblaient aussi reconnaissants que lui… »

    6 Comment vos enfants ont-ils vécu la mission ?

    « Au départ, mon aîné s’est montré assez fermé. Il refusait de jouer ou de parler aux enfants du village qui avaient le même âge que lui. Mais au fil du temps, il s’est détendu. On garde tous un très bon souvenir de ce voyage. Cette expérience les a beaucoup touchés et on évoque souvent des souvenirs de ce voyage. »

    7 Quelle a été la suite de ce voyage solidaire ?

    « Nous avons parcouru le nord du pays avec notre guide. Une autre famille faisait partie du voyage. Leurs enfants, en revanche, avaient plutôt une vingtaine d’années. Le programme était varié et riche : visite de mangroves, de temples, safari d’une journée, plage… C’était magique. »

    8 Quels ont été les bénéfices de ce voyage solidaire ?

    « Ce voyage a profondément marqué les enfants. Ils ont pu se rendre compte de leur confort. Je me souviens notamment d’un de mes fils qui avait relevé que le salaire mensuel d’un habitant de la capitale représentait le prix des baskets qu’il avait aux pieds… Mes enfants sont ressortis de cette expérience grandis, plus débrouillards et plus humbles. »

    9 Êtes-vous prêts à repartir ?

    « Pas cet été ! Mais l’année prochaine très certainement ! Je ne veux pas imposer à mes enfants un voyage utile chaque année. Ça reste des vacances enrichissantes mais assez fatigantes. Dès notre arrivée, malgré le décalage horaire, la mission démarrait… Et c’est aussi un séjour qui remue émotionnellement. On va attendre d’intégrer tout ça avant de repartir… »

    L’Essentiel de l’article

    • Un pourcentage du prix du voyage sert à soutenir des projets de développement prioritaires dans le pays visité.
    • L’association Agir pour un tourisme responsable recense et contrôle les organisateurs de voyages reconnus.
    • Avant de partir, il est important de s’assurer de la situation diplomatique du pays en se rendant sur le site de France Diplomatie.
  • Parc solaire : des Survoltés inventent le watt citoyen

    Parc solaire : des Survoltés inventent le watt citoyen

    La mobilisation citoyenne est l’une des clés du progrès écologique. À Aubais (30), le collectif des Survoltés a pris en main la question de la transition énergétique parce qu’ici, c’est une tradition : « Il y a eu d’abord une grosse mobilisation contre l’exploitation du gaz de schiste. Un combat gagné qui a donné envie aux citoyens d’aller plus loin. De là est venue l’idée d’un parc photovoltaïque collaboratif, entièrement financé par les citoyens, les collectivités et des partenaires locaux », explique Antoine Rousseau, coordinateur du projet.

    8 à 22 %

    de l’énergie solaire peut être transformée en électricité selon les méthodes utilisées. (1)

    1 Citoyen à l’euro près

    Et pour mettre en place une telle installation, il faut des soutiens. « Nous voulions un projet financé à l’échelle locale. Au final, on a réussi à lever 170 000 euros par financement participatif via une collecte directe ! Nous avons aussi bénéficié des financements du fonds d’épargne citoyenne Énergie Partagée, qui apporte des fonds à des projets de production d’énergie propre comme le nôtre. Le tout complété par des subventions de la région Occitanie et des entreprises locales » Résultat : zéro euro emprunté en banque et des investisseurs heureux d’un projet qui roule et rapporte 3 % de dividendes.

    50

    projets de production d’énergie renouvelable ont été financés par Énergie Partagée en 2018. (2)

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du Groupe Macif soutient l’association Énergie Partagée.

    2 Parc solaire et travail collaboratif

    Dans ce projet, tout est aligné sur les convictions citoyennes des fondateurs. D’abord, le choix du terrain, une ancienne décharge non constructible et non cultivable, qui ne demandait qu’à être valorisée. Mais l’essentiel de la démarche est ailleurs. « Avec l’appui d’Énergie Partagée et d’Enercoop, qui nous accompagnent depuis le début sur les volets financier, technique et juridique, nous avons réussi à convaincre les élus locaux de la pertinence du projet, et nous avons pu avoir les autorisations nécessaires. Aujourd’hui, le parc photovoltaïque “Le Watt Citoyen” est une fierté pour tout le monde ! Avec cette production d’électricité en circuit court, nous proposons des solutions environnementales réelles. Nous créons aussi du lien entre les contributeurs du projet. La coordination des différents acteurs était primordiale pour que ça marche ! »

    3 Une place au soleil

    L’électricité produite est vendue à Enercoop, un fournisseur d’électricité coopérative et 100 % renouvelable. Rentable donc pérenne, le parc solaire se prépare un bel avenir sous le soleil du Midi. « Le parc compte 700 panneaux solaires qui produisent 380 MWh d’électricité propre chaque année, soit la consommation de 280 personnes sans chauffage. Notre prochain objectif est d’embaucher un chargé de mission pour communiquer autour de nos actions et accompagner les particuliers et les collectivités qui envisagent de s’équiper en panneaux solaires. » Jamais à court d’énergie, le collectif des Survoltés aimerait, à plus long terme, mettre en place d’autres projets pour équiper en panneaux des bâtiments publics ou des entreprises du territoire.

    L’Essentiel de l’article

    • Le parc solaire produit de l’énergie de façon collaborative.
    • Les financements sont 100 % citoyens, publics et/ou écoresponsables.
    • Les investisseurs touchent 3 % de dividendes.
    • Le parc produit l’équivalent de la consommation de 280 personnes, hors chauffage.

    (1) Ademe, Le solaire photovoltaïque, 2018.
    (2) Énergie Partagée, 2019.
  • Et si notre temps devenait une monnaie d’échange ?

    Et si notre temps devenait une monnaie d’échange ?

    Place de la Manu dans le centre de Nantes, nichée dans des locaux colorés, voilà une banque un peu particulière. Ici, on ne vient pas pour échanger de l’argent mais du temps et des services. Le tout sous l’œil avisé de Cécile Sauzeat, banquière en chef et coordinatrice de cette Accorderie. « Ici, on est à la fois donneur et receveur, explique-t-elle. Quand vous venez pour la première fois, on établit une liste d’offres de services que vous savez et aimez faire. Une fois adhérent, vous avez alors accès au catalogue de services proposés par les autres accordeurs. »

    Un principe de base règne : quelle que soit la nature du service ou sa complexité, une heure égale une heure. Les accordeurs possèdent tous un compte « temps », avec une dizaine d’heures initiales à donner ou à recevoir en fonction de leurs besoins et de ceux des autres volontaires. Parmi les services échangés, « les plus demandés sont surtout du petit bricolage, de l’informatique, de la couture ou des sorties culturelles », informe Cécile Sauzeat. Les échanges peuvent se faire au niveau individuel entre deux accordeurs, mais aussi au niveau collectif via par exemple l’organisation d’ateliers de partage de savoir-faire où le temps passé est divisé par le nombre de participants.

    Les Accorderies en chiffres

    • 16 600 accordeurs inscrits depuis 2011
    • 71,6 % de femmes
    • 44 % de personnes vivant seule
    • 9 % de familles monoparentales
    • 30 % de salariés
    • 26 % de retraités
    • 24 % de sans emploi
    • 54 % déclarant vivre avec moins de 20 000 euros par an (29 % moins de 10 000 €)
    • Âge moyen : 52 ans

    Réseau social

    Les services proposés relèvent souvent des besoins du quotidien que les personnes ne pourraient pas s’offrir autrement. Avec une règle : ils doivent se situer hors du cœur de métier des personnes, car « l’idée n’est pas de créer de la concurrence déloyale », souligne la coordinatrice.

    Au-delà de permettre à des gens d’échanger un savoir-faire, une Accorderie est aussi et surtout un lieu pour lutter contre la précarité et la pauvreté de liens sociaux. « On est tous égaux dans une Accorderie. On échange des savoirs, indépendamment de notre statut social, de notre condition professionnelle », martèle Pascale Caron, présidente du réseau des Accorderies en France.

    À Nantes, 80 % des volontaires déclarent gagner moins de 20 000 euros par an. « Parfois, je me rends compte que les gens qui ont des revenus supérieurs sont bien plus isolés que d’autres qui gagnent très peu mais qui sont très débrouillards, avec un réseau social solide », constate Cécile Sauzeat.

    Parmi les accordeurs nantais, beaucoup sont en recherche d’emploi. De fait, proposer de rendre service à quelqu’un d’autre permet de se remettre en action et de valoriser ses compétences. « C’est la première marche pour retrouver l’estime de soi », observe Pascale Caron. Le concept donne parfois lieu à des rencontres improbables. Comme cette vice-consule qui adorait repasser et qui a proposé ses services… à un bénéficiaire du RSA.

    Mouvement de fond

    Un an et demi après l’ouverture du local nantais, 73 personnes, de 23 à 76 ans, font désormais partie du réseau. Sur le territoire, 36 autres Accorderies ont été créées depuis 2011 – la dernière en date a ouvert à Cachan –, fédérant ainsi près de 16 000 volontaires. Trois autres lieux devraient voir le jour d’ici la fin de l’année, dans les villes de Caen, Mâcon et Orléans. Un engouement qui dépasse celui du Québec où est née l’initiative en 2002.

    Si ce succès montre la volonté croissante de nombreux Français de participer à la vie locale via l’entraide, cela exprime aussi les besoins croissants de certains citoyens vulnérables. Parmi les volontaires, près de la moitié (44 %) vivent seuls et près d’un quart (24 %) sont sans emploi. Près de deux tiers vivent dans une certaine précarité, plus de la moitié déclarant vivre avec moins de 20 000 euros par an. Devenir membre d’une Accorderie permettrait alors de se relier aux autres et de reprendre confiance en soi à un moment où l’on se sent vulnérable.

    Comme toute structure d’action sociale sans but lucratif, les Accorderies doivent aussi faire face aux nombreux défis liés au financement de leur déploiement. Bien qu’il s’agisse de lieux sans échanges monétaires, des fonds sont néanmoins nécessaires à la création de ces banques. Pour chaque antenne, au moins une personne est embauchée pour lancer la dynamique, animer le réseau, orienter les personnes. En parallèle, des accordeurs sont invités à donner un coup de main au fonctionnement de l’association, en assurant l’accueil ou l’entretien des locaux, en contrepartie de chèques temps. Chaque Accorderie est subventionnée par plusieurs partenaires : des fondations, comme la Fondation Macif qui a importé le concept en France, la CAF (Caisse d’allocations familiales), le Secours catholique, les départements ou encore les municipalités.

    Les Accorderies ne sont pas seules !

    Dans les villes de l’Hexagone, d’autres banques de temps ont émergé ces dernières années, comme le Rézo à Mulhouse ou le réseau Ecotemps. Partis du monde rural, les Systèmes d’échanges locaux (SEL), où l’on échange des services mais aussi des biens, sont quant à eux nés dès le milieu des années 1990. Plus ou moins au même moment que les Time Banks aux États-Unis. En Espagne, les Bancos de Tiempo ont connu un réel essor au début de la crise économique.

    Territoires en confiance

    Comment décrypter cet engouement pour les monnaies-temps ? Au fond, les Accorderies réaffirment deux principes universels : l’entraide et le fait que nous disposons tous de 24 heures par jour. « Une heure vaut une heure pour chaque échange, sans tenir compte de l’intensité. Être présent pour garder un animal pendant deux heures, c’est moins intense que de s’occuper d’enfants sur la même durée. Mais dans une banque de temps, on dit que c’est la même chose. Cela a un rôle démocratique extrêmement fort, car on met tout le monde sur un pied d’égalité. Que je sois chômeur, au RSA ou trader, ces fonctions sont complètement annulées », observe Jérôme Blanc, économiste et professeur à Sciences Po Lyon.

    Selon lui, le grand intérêt des banques de temps réside dans « l’entretien de manière active d’un lien social dans un quartier ou une ville, sans objet économique. On construit des relations de confiance sur un territoire donné. » En luttant contre la précarité et l’isolement social, ces lieux sont un investissement pour l’avenir. Un réel atout pour les pouvoirs publics. La mairie de Nantes l’a d’ailleurs bien compris, en étant à l’initiative du projet d’Accorderie, dès 2015.

    De son côté, Pascale Caron va même plus loin en imaginant comment les banques de temps pourraient inspirer les pouvoirs publics : « Imaginez, sur la question des aidants : si l’État reconnaissait le temps qu’ils consacrent à leurs proches en leur donnant accès à des services ? » imagine-t-elle.  À méditer…

  • Logement : la France peut-elle venir à bout de ses passoires thermiques ?

    Logement : la France peut-elle venir à bout de ses passoires thermiques ?

    Près d’un logement sur cinq en France est considéré comme « passoire thermique » : mal isolés, ces habitats pèsent lourds sur la facture énergétique du pays mais aussi sur le budget des ménages, notamment les plus modestes. Alors que le dérèglement climatique s’intensifie, sur fond de baisse du pouvoir d’achat, la lutte contre ces « passoires » est devenue urgente.

    Un combat écologique d’abord, car le secteur du bâtiment résidentiel représentait selon l’Ademe (1) près de 26 % des consommations d’énergies finales du pays en 2015. Un enjeu de justice sociale ensuite car sur les 2,6 millions de ménages modestes occupant des « passoires thermiques », près de la moitié est en situation de « précarité énergétique ». Ces derniers dépensant plus de 10 % de leurs ressources économiques pour se chauffer. « En moyenne, un ménage consomme 1 500 euros de facture d’énergie annuelle. Au-delà de 2 000 euros, c’est qu’il vit probablement dans une passoire thermique », constate Franck Billeau, président du réseau Eco-Habitat qui accompagne les ménages dans l’amélioration thermique de leur logement.

    « On peut diminuer jusqu’à 75 % sa facture d’énergie »

    Pour les personnes résidant dans l’un de ces logements mal isolés, bien souvent construits avant 1975 (date des réglementations thermiques dans la construction), la rénovation énergétique peut être un moyen de gagner en pouvoir d’achat, tout en préservant l’environnement. Selon le collectif Renovons (2), la rénovation d’une passoire thermique permettrait à un ménage d’économiser plus de 500 euros par an sur sa facture énergétique. « On peut diminuer jusqu’à 75 % sa consommation d’énergie. Dans le cas des passoires les plus importantes, avec des chauffages coûteux tournant au fioul, on peut atteindre 1 000 euros d’économie par an », explique Marie Moisan, animatrice du Cler.

    « Mais tendre vers une sobriété énergétique, c’est aussi lutter contre le réchauffement climatique, car ces logements utilisent de l’énergie issue de ressources fossiles (fioul, gaz) et produisent des gaz à effets de serre », ajoute-t-elle. Toujours selon l’Ademe, les émissions de CO2 liées aux bâtiments résidentiels représentaient 20 % des émissions totales françaises en 2015.

    Les chiffres de la précarité énergétique

    • 3,8 millions de ménages (14 %) consacrent plus de 10 % de leurs revenus aux dépenses d’énergie dans le logement
    • 5,1 millions de ménages (12 millions d’individus) en situation de précarité énergétique, dont 62 % sont propriétaires-occupants
    • Sur un parc de 30 millions d’habitations, on compte aujourd’hui 7,4 millions de « passoires thermiques »
    • Ces logements très énergivores sont occupés par 2,6 millions de ménages modestes, dont la moitié en situation de « précarité énergétique ». Selon l’Inspection générale des finances et du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), ce chiffre inclurait 218 000 propriétaires considérés comme « très modestes » et 200 000 propriétaires « modestes »

    Source : Observatoire national de la précarité énergétique, Ademe, CGEDD.

    Un millefeuille d’aides

    Attention : l’idée n’est pas juste de changer de chaudière, mais d’isoler totalement son logement, en agissant sur les toitures, les combles et les parois. Certes cela coûter cher, de l’ordre de 40 000 euros pour une maison de 100 m² (3). Mais « plus on fait des travaux conséquents, plus les économies vont être conséquentes », note Marie Moisan.

    C’est pourquoi de nombreuses aides existent pour aider à financer la rénovation énergétique des logements. C’est le cas du « Crédit d’impôt pour la transition énergétique » (CITE), qui s’adresse à tous (locataires ou propriétaires occupants), sans conditions de revenus, avec des plafonds de dépenses à respecter (4). « Il faut juste avoir déclaré ses revenus (pas besoin d’être imposable) et avoir comme projet de réaliser des travaux de performance énergétique, dans un logement achevé depuis plus de deux ans. Cette prime représente sur l’isolation 30 % du montant de la facture », indique Marilyne Vialles, responsable du Service mobilisation citoyenne et média de l’Ademe.

    Dans le cadre du projet de loi énergie-climat débattu et adopté par l’Assemblée nationale le 28 juin dernier, ce crédit d’impôt sera transformé en prime (subvention) versée au moment des travaux dès 2020 pour les ménages modestes, et en 2021 pour tous. Les ménages modestes peuvent déjà bénéficier d’aides aux travaux, proposées par l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Ces subventions, qui vont de 2 000 à 20 000 euros, sont soumises à des conditions de ressources, ainsi que de performances des travaux, une estimation des économies réalisées en fonction de la rénovation envisagée devant être réalisée par un professionnel (5).

    « Tout un dossier doit être monté auprès de l’Anah : c’est plus compliqué que pour obtenir le CITE mais, au bout, il est possible de cumuler les deux afin de réduire la facture des travaux de 80 % », explique Marilyne Vialles. Pour de nombreux propriétaires, cela représente encore un investissement substantiel, d’où la nécessité d’aides complémentaires. Les collectivités territoriales, elles aussi, se mobilisent en proposant des aides complémentaires à celles de l’Anah. C’est par exemple le cas du conseil départemental de l’Hérault avec son Fonds d’aide aux travaux de maîtrise de l’eau et de l’énergie (6) qui, outre une enveloppe financière, accompagne aussi les ménages dans leurs démarches via l’association Gefosat.

    Il est aussi possible de bénéficier d’autres aides, comme l’Éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ). Sans intérêts, il peut aller jusqu’à 30 000 euros et financer la fourniture et la pose de matériaux et d’équipements, mais aussi les frais liés à la maîtrise d’œuvre (7). Enfin, les fournisseurs et distributeurs d’énergie, comme EDF, Engie ou encore Leclerc, qui ont l’obligation de participer à l’effort de réduction des émissions de CO2 et de consommation d’énergie de leurs clients, peuvent leur accorder des « primes énergie », ainsi que des prêts bonifiés dans le cas de ménages modestes, dans le cadre du dispositif des Certificats d’économies d’énergie (CEE) (8).

    Que dit le projet de loi énergie-climat ?

    Destiné à actualiser la loi de transition énergétique de 2015, le projet de loi énergie-climat discuté et adopté cet été par le Parlement prévoit un dispositif progressif afin de lutter contre les « passoires thermiques ». Pour les ménages les plus modestes, des primes (jusqu’à 11 000 euros) seront versées dès 2020 au commencement des travaux.

    À partir de 2021, les propriétaires n’auront plus le droit d’augmenter librement le loyer d’une « passoire » (logement classé F ou G, consommant plus 331 kWh/m2/an) entre deux locataires sans l’avoir rénovée. Dès 2022, un « audit énergétique » – accompagné de propositions de travaux – sera rendu obligatoire pour tout logement mis en vente ou en location.

    À partir de 2028, les propriétaires de logements (hors copropriété) classés F ou G auront l’obligation de les rénover pour atteindre au minimum la classe E.

    Retrouvez une liste des différentes aides financières à la rénovation sur le site de l’Ademe.

    Un accompagnement impératif

    « Les solutions existent et il est possible d’en cumuler entre 10 et 15, jusqu’à mobiliser 40 000 euros d’aides. Mais pour cela, il faut se faire accompagner, sous peine de vite se décourager », remarque Franck Billeau de Eco-Habitat. Car ce millefeuille d’aides, et donc de dossiers à monter, peut en désorienter plus d’un. « La première chose à faire, c’est de prendre contact avec un opérateur agréé par l’Anah, des associations partenaires ou le réseau FAIRE (Faciliter, Accompagner, Informer pour la Rénovation Energétique). service public gratuit composé de 600 conseillers en rénovation énergétique », conseille Marie Moisan.. Ces opérateurs vous aideront ainsi à vous repérer parmi les différentes aides.

    Pour améliorer les dispositifs existants, la plupart des spécialistes du sujet préconisent de réduire leur nombre et de simplifier les parcours de ceux qui veulent rénover leur logement. « Le fait qu’il y ait autant de dispositifs, sans cohérence dans les territoires, dilue souvent le message. Il faudrait peut-être s’interroger sur la possibilité d’une simplification de tous ces programmes, au travers de structures qui fédéreraient davantage les dispositifs privés et publics, afin de délivrer une réponse globale aux familles », estime Franck Billeau.

    Et de citer l’exemple du dispositif Picardie Pass rénovation, un accompagnement de A à Z proposé par la région Hauts-de-France à tous les ménages, des conseils techniques à la recherche de solutions personnalisées de financement (9). De tels dispositifs de « tiers-financement », qui mobilisent tous les acteurs du secteur, ont également été lancés dans les régions Grand-Est et Occitanie.

    (1) Ademe, Les Chiffres clés 2015 : Climat, air, énergie, http://multimedia.ademe.fr/catalogues/chiffres-cles-2015-climat-air-energie/common/data/catalogue.pdf

    (2) « Coûts et bénéfices d’un plan de rénovation des passoires énergétiques à horizon 2025 », février 2017, http://renovons.org/Le-scenario

    (3) https://decrypterlenergie.org/quel-est-le-vrai-prix-de-la-renovation-energetique-performante-et-peut-on-se-le-permettre

    (4) https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/financez-projet/renovation/dossier/credit-dimpot/conditions-2019-beneficier-credit-dimpot-transition-energetique

    (5) http://www.anah.fr/proprietaires/proprietaires-occupants/renover-votre-logement-avec-habiter-sain-ou-habiter-serein/

    (6) https://www.precarite-energie.org/FATMEE-de-l-Herault-Fonds-d-aide.html

    (7) https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/financez-projet/renovation/dossier/eco-pret-a-taux-zero/tout-savoir-leco-pret-a-taux-zero-2019

    (8) https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/financez-projet/renovation/aides-entreprises-fourniture-denergie

    (9) https://www.pass-renovation.picardie.fr/

  • Devenir famille de vacances Secours Populaire

    Devenir famille de vacances Secours Populaire

    1 Qu’est-ce que le programme de vacances du Secours Populaire ?

    Chaque année, le Secours populaire envoie en vacances des dizaines de milliers de personnes. Parmi elles, quelque 1 300 enfants sont accueillis dans des familles bénévoles partout en France, mais aussi en Suisse et aux Pays-Bas. Les familles reçoivent les enfants chez elles ou peuvent choisir de partir avec eux vers la destination de leur choix.

    « Les enfants comme les familles qui les accueillent ont des profils très divers ! Ils viennent de tous les départements, de banlieue, de la campagne. Nous connaissons les familles des enfants accueillis à travers nos permanences locales où elles viennent nous consulter pour une aide alimentaire ou vestimentaire, un départ en vacances ou simplement partager un moment », explique Ingrid Joigneaux, coordinatrice vacances de la fédération du Secours populaire de la Nièvre.

    1 enfant sur 3

    en France ne part pas en vacances (1).

    2 Comment se déroulent les séjours ?

    Les séjours sont organisés tout au long de l’année, en période de vacances scolaires. La durée du séjour est généralement d’une semaine, mais ça peut être deux ou trois. Chaque fédération départementale du Secours populaire a ses pratiques. Tout dépend aussi de l’envie et de la disponibilité de la famille et de l’enfant accueilli.

    Le programme est libre et fixé par la famille : visites culturelles, balades, activités diverses… Aucune obligation, mais l’idée est évidemment de passer de bons moments ensemble, et donc de ne pas rester à s’ennuyer devant la télé !

    Les enfants ont besoin de partir dans des familles qui peuvent leur apporter de l’attention et leur faire découvrir des choses, échanger sur le plan culturel, etc.

    Bon à savoir

    Les familles prennent en charge l’ensemble des frais liés au séjour de l’enfant (alimentation, loisirs, etc.), sauf les frais de transport liés à son arrivée et à son départ qui sont à la charge de l’association. Elles ne perçoivent aucune indemnité du Secours populaire ; c’est donc un geste généreux et totalement désintéressé.

    158 000

    personnes sont parties en vacances en 2015 grâce au Secours populaire (1).

    Comment devenir « famille de vacances » ?

    « C’est très simple : il suffit d’appeler la fédération ou l’antenne du Secours populaire proche de votre domicile. Un rendez-vous est convenu avec des bénévoles pour étudier le projet de la famille et, bien sûr, vérifier les conditions d’accueil de l’enfant. Mais il n’y a pas de critères à proprement parler, tout le monde peut potentiellement participer, que l’on ait soi-même des enfants ou pas. »

    Autrement dit, pas besoin d’habiter au bord de la mer ou d’avoir une grande maison avec piscine : toutes les propositions sont étudiées ! L’accueil familial est ensuite soumis à un agrément administratif délivré par la Direction départementale de la cohésion sociale (ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse) sur demande du Secours populaire (voir encadré). Une fois l’agrément reçu, le séjour de l’enfant pourra être organisé selon les modalités convenues avec la « famille de vacances ». Sachez que les familles ne rencontrent pas les enfants avant le séjour, mais des « présentations » réciproques sont faites à distance (dossier, courrier, téléphone…). C’est le Secours populaire qui compose en amont les familles de vacances et qui choisit donc quel enfant part dans quelle famille.

    Le saviez-vous ?

    La Macif soutient l’initiative « famille de vacances » du Secours Populaire !

    Comment faire une déclaration d’accueil avec hébergement ?

    Les démarches se font à distance auprès de la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations). Le Secours populaire remplit un formulaire et fournit les pièces justificatives nécessaires, comme une copie de la pièce d’identité de la personne qui sera responsable de l’enfant, un certificat d’assurance de responsabilité civile adaptée aux activités effectuées pendant les vacances, un extrait de casier judiciaire et un certificat de conformité des locaux, notamment au regard des normes anti-incendie. Le formulaire doit être accompagné d’un document détaillant le projet de vacances : lieu, dates, activités proposées, nombre d’enfants présents, etc.

    L’Essentiel de l’article

    • Le Secours populaire organise des vacances pour des enfants de 6 à 12 ans.
    • Les séjours durent généralement une à deux semaines.
    • L’enfant est accueilli au domicile de la famille ou part en vacances avec elle.
    • Les familles intéressées doivent prendre rendez-vous avec le Secours populaire.

    (1) Source : Secours populaire.
  • Don de RTT et congés : quand la solidarité s’invite dans l’entreprise

    Don de RTT et congés : quand la solidarité s’invite dans l’entreprise

    1 Qu’est-ce que la loi Mathys ?

    Zoom sur le don de RTT

    Offrir du temps à un collègue dont l’enfant souffre d’une grave maladie : c’est ce que permet, en France, la loi Mathys du 9 mai 2014, intégrée dans le Code du travail. Cette dernière autorise en effet le don de jours de RTT, de congés payés et/ou d’heures de récupération entre collaborateurs d’une même entreprise. Concrètement, le dispositif donne à tous les salariés la possibilité de renoncer anonymement et sans aucune contrepartie à tout ou partie de leurs jours de repos non pris (à l’exception des quatre premières semaines de congés payés) afin de les offrir à un collaborateur dont l’enfant est gravement malade, par exemple.
     
    Ce dispositif peut bénéficier au salarié assumant la charge d’un enfant de moins de 20 ans atteint d’une maladie, d’un handicap ou victime d’un grave accident rendant indispensables une présence soutenue et des soins contraignants.

    Dons de RTT : un dispositif élargi aux aidants familiaux

    Les conditions de ce dispositif ont été élargies en février 2018. Désormais, les aidants familiaux peuvent eux aussi profiter du dispositif dès lors qu’ils viennent en aide « de manière régulière et fréquente », à titre « non professionnel » à « un proche en situation de handicap ou à un proche âgé et en perte d’autonomie » (1). Dans ce cadre, le degré de parenté de l’aidé peut aller jusqu’au quatrième degré (frère, sœur, tante, oncle, cousin germain, neveu, nièce, etc.). La personne à charge peut en outre n’avoir aucun lien de parenté avec le bénéficiaire, mais une relation étroite et stable doit avoir été tissée entre les intéressés.

    Dans tous les cas, le bénéficiaire doit fournir à son employeur un certificat médical détaillé, celui-ci précisant notamment qu’une présence soutenue et des soins contraignants sont indispensables au rétablissement de la personne malade. En outre, qu’il s’agisse de donner des jours de congé ou d’en recevoir, l’accord de l’employeur est indispensable. La rémunération, elle, reste inchangée d’un côté comme de l’autre.

    À savoir

    Le salarié qui bénéficie du don de jours de repos conserve sa rémunération pendant son absence. Par ailleurs, toutes les périodes d’absence sont assimilées à une période de travail effectif, ce qui permet de les comptabiliser pour déterminer les droits du salarié liés à l’ancienneté. Le salarié conserve également le bénéfice de tous les avantages qu’il avait acquis avant le début de sa période d’absence. (1)

    2 Quand une entreprise soutient l’un de ses salariés

    En 2015, le dirigeant de l’agence lilloise DPS & Co a justement permis à ses collaborateurs de venir en aide à l’une de leurs collègues dont la fille devait être hospitalisée pendant plusieurs mois. Pierre Delobel, concepteur-rédacteur senior, fait partie des nombreux salariés à s’être mobilisé.

    Dans quelles circonstances le don de RTT a-t-il été mis en place au sein de votre entreprise ?

    Pierre Delobel : L’une des collaboratrices de l’agence a dû faire face à la maladie de sa fille âgée d’un an. Un cancer venait de lui être diagnostiqué. Nous avons été extrêmement touchés par cette annonce. Notre collègue nous a ensuite expliqué qu’elle allait devoir s’absenter pendant une longue période pour s’occuper de son enfant, quitte à poser des congés sans solde.

    Cette éventualité nous a interpellés. L’un des salariés, qui avait entendu parler de la loi Mathys dans les médias, a émis l’idée d’offrir du temps. L’initiative était lancée.

    Comment vous êtes-vous organisés en interne ?

    Pierre Delobel : Nous nous sommes rapprochés de notre service Ressources humaines et de notre direction afin de nous assurer que nous pouvions véritablement donner des jours de congé, que nous étions dans le cadre de la loi. Non seulement notre direction a immédiatement donné son feu vert, mais elle a également voulu participer à cet élan de solidarité. Elle s’est ainsi engagée à doubler le nombre de jours qui seraient collectés.

    Le service RH a donc envoyé un e-mail à chaque employé, stipulant qu’y répondre nous engageait à donner un jour de congés payés ou de RTT. Notre agence compte 80 salariés à Lille et une trentaine à Paris et nous avons reçu 89 réponses positives. C’est énorme ! Les Ressources humaines se sont ensuite chargées de la logistique.

    Comment ce geste de solidarité a-t-il été accueilli par la principale intéressée ?

    Pierre Delobel : Elle a été très touchée. Elle a appris qu’elle allait bénéficier de 178 jours de congé (soit près de 7,5 mois) par le biais de sa responsable. Elle nous a tout de suite fait parvenir un message de remerciement. Sa petite fille est malheureusement décédée quelques semaines plus tard. Il restait alors 1,5 mois de congé à notre collaboratrice. Elle a pu utiliser ce temps pour se remettre de cette épreuve. Elle a ensuite repris ses fonctions à l’agence, pleine de reconnaissance, avant de la quitter définitivement peu de temps après. Son départ était indispensable à sa reconstruction, mais je suis persuadé que notre geste restera gravé dans sa mémoire. De même, elle aura toujours une place toute particulière dans l’histoire de l’entreprise.

    Vous aidez un proche au quotidien ?

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    L’Essentiel de l’article

    • Le don de jours de repos entre salariés d’une même entreprise est encadré par le Code du travail.
    • Le dispositif de la loi Mathys du 9 mai 2014 a été élargi par une loi du 13 février 2018.
    • Peuvent bénéficier de ce don les parents d’enfants gravement malades, mais aussi les aidants familiaux.

    (1) Service-Public.fr, « Don de jours de repos à un salarié parent d’enfant gravement malade ou proche aidant », 2018.