Catégorie : Le handicap, et alors ?

  • Nélia Barbosa : « Ma prothèse fait partie de moi »

    Nélia Barbosa : « Ma prothèse fait partie de moi »

    Nélia Barbosa a 19 ans lorsqu’elle décide de la date de son amputation de sa cheville droite. Ce sera le 6 novembre 2017. L’hiver se prête à une rééducation longue et son membre atteint de neurofibromatose, une maladie génétique, la fait souffrir depuis toujours. « Avant même de savoir si je pourrai marcher ou courir à nouveau, se souvient-elle en buvant un diabolo fraise, j’ai demandé au chirurgien si je pourrai continuer le canoë-kayak. »

    Quelques semaines après l’opération, son coach fait livrer au centre de rééducation le vieux canoë rose tout rafistolé de Nélia. Des images d’archives la montrent pagayant tout son soûl dans une piscine de dix mètres de longueur. « Pendant cette période, explique-t-elle, assise à la terrasse d’une brasserie à Nanterre, j’ai tenu un carnet de bord sur lequel je dessinais l’aventure que je traversais. Dernièrement, je l’ai parcouru, j’ai retrouvé des souvenirs oubliés. »

    Depuis, Nélia Barbosa, 24 ans, est devenue vice-championne paralympique et vice-championne du monde de course en ligne en canoë-kayak. Toute son énergie et sa volonté sont désormais tournées vers les Jeux olympiques de Paris en 2024, puis ceux de Los Angeles en 2028, et enfin ceux de Brisbane, en Australie, en 2032. Nélia concourt en catégorie handisport dans le circuit international, tout en se prêtant aux compétitions valides dans le circuit régional et national.

    « J’ai longtemps été intimidée par la compétition, aujourd’hui, je la kiffe ! » dit-elle en mordant dans sa bavette de bœuf, son péché mignon. Métisse, féministe, artiste, Nélia Barbosa apparaît comme une jeune femme de son époque, engagée en faveur de la protection de la nature qu’elle admire depuis son canoë, et pour un changement de regard sur les personnes handicapées. Avec son large sourire, son regard direct et ses colliers de perles, rien ne révèle son handicap si ce n’est une légère claudication.

    Nélia Barbosa : « Ma prothèse fait partie de moi »

    J’avais 18 mois lorsque la neurofibromatose a été diagnostiquée, je suis fière de cette enfant qui s’est construite avec cette malformation au pied droit.

    À écouter la jeune femme, l’amputation a été une étape douloureuse comme chacun en traverse. Nélia naît à Lisbonne (Portugal), en 1998, d’un père guinéen et d’une mère française. Elle garde de son enfance un souvenir merveilleux. « Mon père possédait une ferme où nous pouvions vivre dans la nature avec ma sœur Maëva. À l’école, il y avait une grande ouverture culturelle, mes amis étaient japonais, allemands, marocains. » L’enfant timide découvre le violon, le dessin au stylo et la peinture à la gouache lorsque la crise économique au Portugal rattrape sa famille. « J’avais 8 ans lorsque mon père a perdu son emploi, nous sommes venus vivre en France, à Champigny-sur-Marne. »

    Nélia s’acclimate peu à peu à son nouveau cadre de vie. « À l’école, je ne connaissais aucun chanteur, ni aucune publicité, raconte-t-elle. Et je ne comprenais pas comment on pouvait passer un week-end devant la télévision ou des jeux vidéo. » Le sport et la découverte du canoë-kayak lors d’un camp d’été en Corse aide la collégienne à canaliser son énergie débordante et à construire son cercle d’amis. À cette même époque, les médecins diagnostiquent au père de Nélia un cancer du foie. Il décède six mois plus tard. « Ma résilience, dit-elle, débute avec cette épreuve-là. »

    Rester assise de 8h à 17h, cela ne me convenait pas.

    Nélia garde un souvenir mitigé des années de lycée. Selon elle, le système scolaire français ne convient qu’à une minorité. « Au moment du bac, c’était compliqué pour moi ; rester assise de 8h à 17h, cela ne me convenait pas. » Son besoin de se dépenser l’a fait abandonner le violon. « Cet instrument était trop sage pour moi. » L’adolescente découvre qu’elle aime apprendre seule. « Je déteste la contrainte. Pourtant mon entraîneur aujourd’hui dirait de moi que je suis scolaire. »

    Surtout, les douleurs enflent sévèrement dans sa cheville droite, jusqu’à l’automne 2017 où l’évidence éclate. « Je me suis battue jusqu’au bout », dit-elle, lucide. Quand elle choisit la date du 6 novembre, une nouvelle étape de sa jeune vie s’ouvre. Aujourd’hui, sur son compte Instagram, en jupe ou en short, avec à la main sa pagaie, une haltère ou la médaille de chevalier de l’ordre national du Mérite, Nélia s’expose sans complexe avec ses différents modèles de prothèse. L’une est composée d’une lame recourbée pour la course, l’autre reconstitue son pied et sa cheville pour les déplacements quotidiens.

    « Je veux rendre mon handicap visible, explique-t-elle. Lorsque je suis photographiée, il ne me viendrait pas à l’idée d’ôter mes lunettes. Pourquoi devrais-je cacher ma prothèse ? Elle fait partie de moi. Mon handicap a toujours existé mais, auparavant, il ne se voyait pas. »

    Si les prothèses permettent à Nélia d’être autonome dans tous les domaines de sa vie, leur coût reste élevé et conditionne sa participation aux compétitions. En 2021, alors que les Jeux olympiques de Tokyo se profilent, Nélia a besoin d’une troisième prothèse adaptée à la course en ligne dont le prix s’élève à 7 000 euros. « J’avais peu de sponsors, se souvient-elle. J’ai lancé ma propre levée de fonds sur Internet. » Elle y décrit son amour de la glisse et de la vitesse, ses études en graphisme, son goût pour la persévérance et le dépassement de soi. Cent cinquante-sept contributeurs sont au rendez-vous qui offrent à l’athlète 13 455 euros.

    Depuis, les victoires s’enchaînent et plusieurs sponsors soutiennent la championne désormais debout sur les podiums internationaux. « Tous les jours, je peux tout faire seule ; je n’ai besoin de personne et cela me va bien », conclut-elle alors qu’elle se lève pour rejoindre son lieu de stage de l’autre côté de l’avenue. Nélia a souhaité poursuivre en alternance sa licence en graphisme, pour garder une vie sociale et par amour pour le dessin et le design contemporain. « Aujourd’hui, je vis seule, fonder une famille ne fait pas partie de mes projets. » Elle exprime sa reconnaissance envers ceux qui l’entourent et la préparent physiquement. « Ils me disent “tu es la meilleure”, ils me répètent “tu vas gagner, tu vas en baver mais tu vas gagner”. »

    Optimiste et lucide, la jeune femme s’interdit de se réjouir trop vite, elle connaît les revers de la vie. Elle poursuit son chemin, fidèle à ses choix. Lors de son dernier anniversaire, Nélia s’est offert un violon.

  • “Mon chien, mon héros” : histoires de propriétaires de chiens d’assistance

    “Mon chien, mon héros” : histoires de propriétaires de chiens d’assistance

    Comment se passe le quotidien avec un chien d’assistance ? Ces chiens, formés à accompagner des personnes atteintes de cécité, de handicap moteur ou encore à détecter l’épilepsie et le diabète, permettent à celles ou ceux qu’ils assistent de retrouver une plus grande autonomie. Dans « Mon chien, mon héros », un podcast signé Macif, découvrez des récits inspirés de témoignages de propriétaires de chien d’assistance et de leurs proches.

    Épisode 1 – Océane et Pumba

    Océane, 28 ans, a une maladie qui touche ses fonctions cardiaques, respiratoires et motrices. Elle est également diabétique. Pumba lui a complétement changé la vie. Avant, des auxiliaires venaient aider Océane tous les jours. Désormais, elle peut vivre en toute autonomie. Dans cet épisode, découvrez comment elle gère son quotidien avec sa chienne à ses côtés.

    Épisode 2 – Lily et Rouky

    Étudiante en neurosciences, Lily est diagnostiquée épileptique depuis son adolescence. Roucky, sa chienne d’assistance, l’accompagne partout, jusque dans sa salle de classe. Une réassurance pour sa mère Marylène qui a vu sa fille reprendre confiance en elle. Dans cet épisode, découvrez comment Marylène perçoit cette relation entre sa fille et sa chienne.

    Épisode 3 – Lou et Prosper

    Atteinte de diabète de Type 1 comme son père, Lou a connu de nombreuses situations d’angoisse à l’approche de crise d’hypoglycémie. Mais depuis l’arrivée de Prosper, son chien d’assistance, la jeune femme est beaucoup plus sereine. Dans cet épisode, découvrez comment le regard d’Alain, d’abord sceptique sur l’odorat expert de Prosper, a changé sur le chien d’assistance de sa fille.

    Épisode 4 – Jean-Pierre et Népal

    À 40 ans, Jean Pierre reçoit un diagnostic tardif : il est atteint du syndrome d’Usher, une maladie génétique menant à une perte progressive de l’audition et de la vue. Pendant 15 ans, il cache sa maladie jusqu’à un accident de voiture qui le fait tomber en dépression. Dans cet épisode, découvrez le bonheur de Chloé qui a vu son père retrouver sa joie de vivre grâce à son chien d’assistance Népal.

    Épisode 5 – Bonus – Pierre-Marie et Lyrics

    Pierre-Marie a perdu la vue brutalement à 25 ans lors d’un accident de travail. Avec Lyrics à ses côtés, il a pu reprendre le cours de sa vie et se lancer dans de nouvelles activités comme la course à pied. C’est même grâce à son chien d’assistance a rencontré Lise, sa compagne. Et si Lyrics pouvait raconter ce qu’il ressent ? Ça donnerait le récit à découvrir dans cet épisode bonus de “Mon chien, mon héros”.

    Merci à Marylène et Lily, à Alain et Lou, à Jean-Pierre et Chloé, à Pierre-Marie ainsi qu’à Océane d’avoir choisi la Macif pour raconter leurs histoires.

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  • Chiens d’assistance : des aides essentielles souvent difficiles d’accès

    Chiens d’assistance : des aides essentielles souvent difficiles d’accès

    Ils peuvent leur servir d’yeux, d’oreilles, de guides ou de soutien moral, mais sont aussi capables de donner l’alerte avant certaines crises ou de réaliser de la détection médicale. Ces chiens d’assistance sont plus que nécessaires pour de nombreuses personnes en situation de handicap. Comme les personnes malvoyantes, malentendantes mais aussi pour les diabétiques ou encore les épileptiques. Offerts aux bénéficiaires, ils sont pourtant une denrée rare. Mais alors pourquoi ? Et surtout comment aider les associations de chiens d’assistance à en attribuer davantage ?

    Un investissement humain et financier

    Tous les ans, en septembre, les écoles des chiens guides d’aveugle ouvrent leurs portes au public. Ces week-ends-là, dans la quinzaine de centres de formation de France, les familles sont accueillies par des hordes de chiots sélectionnés au préalable, encore patauds mais généreux en câlins. Face à ces petites boules de poils, difficile, pour les enfants comme leurs parents, de ne pas succomber. Le but de cette opération séduction : trouver des familles d’accueil à ces chiots pour qu’elles les éduquent jusqu’à dix-huit mois et les emmènent en formation, tous les quinze jours. C’est le premier défi auquel se confrontent les associations de chiens guides d’aveugle, mais également des autres chiens d’assistance.

    « Il y a des règles à respecter pour faire grandir le chiot de manière sereine, ne pas le laisser le chien seul plus de quatre heures par jour et surtout accepter de s’en séparer le moment venu », admet Florian Auffret, chargé de mission recherche et développement, coordinateur national de la formation et éducateur de chiens d’assistance chez Handi Chiens. Une fois la famille d’accueil trouvée, tout reste à faire et lorsque les associations récupèrent la garde du chien, tous ne peuvent pas intégrer le centre de formation. « À cause de problèmes d’éducation, de santé ou de profil inadéquat, 40 % des chiens ne pourront pas remplir leur rôle », regrette l’éducateur.

    À ces difficultés viennent s’ajouter les problèmes de financement des chiens d’assistance basé essentiellement sur les dons et mécénats. Il faut en effet compter entre 15 000 et 25 000 euros en fonction des compétences dispensées aux compagnons à quatre pattes. Ces sommes comprennent la formation, les vaccins, les équipements et les soins du chien jusqu’à ses deux ans voire davantage, en fonction de l’association qui l’emploie. Dans la majeure partie des cas, le chien employé sera un labrador retriever ou un Golden retriever. Il faut ensuite trouver des chiens qui correspondent au profil des bénéficiaires et la tâche est parfois ardue.

    « Dans mon cas, ça a pris près d’un an avant que la directrice technique trouve le chien qui me corresponde », se souvient Mickael Ros, chargé de communication de l’association les Chiens du Silence et également bénéficiaire. Aujourd’hui, les associations accusent du retard vis-à-vis des demandes des bénéficiaires. « Notamment à cause de la crise du Covid-19 », précise Mickael Ros.

    2 ans et demi d’attente

    Aujourd’hui, des milliers de dossiers sont en attente et environ 150 chiens sont attribués chaque année. Pour se voir accorder un compagnon à quatre pattes, il faut compter environ deux, trois ans d’attente.

    Apporter son soutien aux associations

    Alors, comment leur venir en aide ? « En fonction de leurs moyens et disponibilités, les gens peuvent faire des dons financiers mais aussi du bénévolat, nous aider à pousser la recherche plus loin, voire faire du mécénat de compétence. Ça peut nous être très utile que certaines entreprises mettent certains de leurs salariés à disposition. C’est notamment grâce à ça qu’on a pu développer une application permettant de faire le suivi santé et comportementale de l’ensemble des chiens », conclut Florian Auffret.

    La petite Spicy, un berger australien, partage la vie de Mickael Ros, sourd profond depuis quatre ans. Tous les jours, cette chienne à l’ouïe aiguisée lui vient en aide lorsqu’il n’entend pas le réveil ou lorsqu’un klaxon ou une sirène retentissent. « Si, par exemple, elle entend une alarme incendie dans un bâtiment, elle va me conduire vers la sortie, voire y retourner pour évacuer toutes les personnes qui y seraient encore, s’amuse Mickaël. Ils sont très attachés aux humains et ce sont des chiens de travail. Ils ont de bons réflexes. »

    L’info en +

    Les chiens travaillent en moyenne entre 7 et 10 ans, selon l’association qui les emploie. Quand le chien part à la retraite, il y a une évaluation de la situation des bénéficiaires et si elle n’a pas changé, le dossier est traité en urgence pour éviter qu’ils aient un délai d’attente trop long. Les associations encouragent les bénéficiaires à déposer leur dossier à l’approche de la retraite afin d’anticiper ce laps de temps d’attente.

    L’Essentiel de l’article

    • La formation d’un chien guide d’assistance coûte environ 25 000 euros
    • Les bénéficiaires attendent en moyenne 2 ans et demi avant d’avoir un chien d’assistance
    • Vous pouvez faire des dons financiers ou du bénévolat pour aider les associations

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  • Vacances et handicap moteur : « Il y a encore des progrès à faire pour l’accessibilité. »

    Vacances et handicap moteur : « Il y a encore des progrès à faire pour l’accessibilité. »

    Janvier 2023. Alex Ribeiro décide, accompagné de son fils de 6 ans, de se rendre à Bordeaux, en provenance de Montpon-Ménestérol, en Dordogne. Jusque-là, pas de quoi en faire une histoire. Seulement voilà, ce jeune père handicapé physique depuis la naissance se déplace en fauteuil roulant. Il raconte son périple, un voyage semé d’embûches.

    Premier obstacle : le décalage entre le quai et la voiture du TER. Alex n’étant pas du genre à se laisser intimider par la première difficulté, il parvient à monter à bord, armé d’une petite rampe et aidé de la mère de son fils. Trente minutes passent et la rame s’arrête à Libourne. « Et là, on nous annonce le terminus du train ! Mais aucun voyageur ne s’est levé parce que ce n’était pas prévu », détaille-t-il dans un long message Facebook.

    3,5 millions

    de personnes à mobilité réduite dont 650 000 personnes en fauteuil roulant en France.(1)

    La SNCF propose alors aux voyageurs des cars de substitution, pour rejoindre la gare de Saint-Jean de Bordeaux. « Je découvre un vieux car, poursuit-il, à bord duquel je ne peux pas accéder en fauteuil. » Incapables de lui trouver un taxi, les agents ferroviaires font une proposition, que le trentenaire n’est pas prêt d’oublier : reprendre le train en sens inverse et attendre cinquante minutes sur le quai, avec son fils, dans le froid.

    Sans surprise, Alex a préféré rentrer et mettre son fils au chaud. « J’ai eu l’impression d’être un colis égaré et non conforme », déplore-t-il auprès de France 3, insistant sur cette évidence : « Il y a encore des progrès à faire pour l’accessibilité. »

    La SNCF n’est pas la seule concernée, mais bien l’ensemble des moyens de transport. À Paris par exemple, une seule ligne de métro peut être empruntée par les personnes en fauteuil roulant : la ligne 14, la plus récente.

    Une situation en voie d’amélioration puisque la RATP a promis 21 nouvelles stations totalement accessibles aux PMR, d’ici 2024.

    La roue tourne

    Triste constat : en 2023, se déplacer sur de longues distances en fauteuil roulant reste encore et toujours un parcours du combattant. Résultat, trop souvent, les vacances des personnes à mobilité réduite (PMR) relèvent du casse-tête et virent même au cauchemar.

    Andrea Mocellin en sait quelque chose. Ce designer italien est le créateur du Revolve Air : une sorte de fauteuil roulant du futur aux roues pliables. Permettant d’économiser jusqu’à 60 % d’espace, le fauteuil fait à peine la taille d’un bagage cabine et peut donc se glisser dans les compartiments de rangements des avions ou sous le siège du passager.

    « Le fauteuil roulant n’a jamais changé, que ce soit dans sa forme ou sa fonction. Alors que les systèmes de transport n’ont cessé d’évoluer au fil du temps, regrette l’inventeur. L’idée était de repartir de zéro et de réinventer le fauteuil roulant, en commençant par les roues. » Voyageur expérimenté, l’Italien liste rapidement de nombreuses problématiques pour les PMR adeptes de l’avion : « Les compagnies aériennes endommagent trop souvent les fauteuils roulants, alors qu’ils représentent un investissement très important, ajoute Andrea Mocellin. Logiquement, lorsque vous voyagez de Paris à Munich avec un vol d’une heure, mais que vous retrouvez votre fauteuil endommagé ou les roues cassées, ça rend fou. »

    Pour une personne à mobilité réduite, le fauteuil roulant est comme une extension de son corps pour laquelle elle aura dépensé entre 10 000 et 20 000 euros.

    Andrea Mocellin, créateur du Revolve Air

    Le Revolve Air d’Andrea a un gros avantage. Avec lui, terminé les enregistrements de fauteuil. Plus besoin d’une aide pour embarquer ou descendre de l’avion. Fini les longues attentes à la livraison des bagages ou la peur du fauteuil égaré.

    « Notre objectif est de donner une toute nouvelle indépendance aux PMR, qu’elles soient des passagers comme les autres. » Si le fauteuil n’est pas encore disponible et si aucune date de mise en vente n’a été communiquée pour le moment, on sait qu’il faudra compter 1900 euros pour la paire de roues, 5000 pour l’ensemble, l’inventeur italien pense néanmoins déjà à la suite.

    Objectifs : fabriquer assez de fauteuils pour pouvoir proposer des espaces de location dans les aéroports du monde entier. Et pourquoi pas une application permettant aux voyageurs de réserver un fauteuil roulant depuis leur smartphone ? « Nous sommes actuellement en discussion avec le comité olympique et paralympique de Paris 2024, pour proposer cette nouvelle technologie en la plaçant à côté des stades par exemple, confie Andrea Mocellin. On sait que lors de ces événements, il faut marcher – dans le cas présent “rouler” – des kilomètres pour se rendre d’un point à un autre. » Affaire à suivre, donc.

    Locations saisonnières pour les PMR

    Quand ce ne sont pas les transports, c’est le logement. Tout le monde le sait, les locations saisonnières ont également leur lot de mauvaises surprises : un wifi défectueux, une vue sur mer inexistante, une climatisation datant des années 1980… Des désagréments qui finalement paraissent bien légers lorsqu’une personne à mobilité réduite raconte qu’il n’est pas toujours facile de s’assurer si le logement loué pour les vacances est tout simplement accessible en fauteuil roulant…

    Karima Kerkoub en a fait l’expérience. Il y a deux ans, cette mère de famille de cinq enfants du quartier Boutonnet à Montpellier souhaite inviter sa famille de Grenoble. Dont un de ses cousins qui est en fauteuil roulant. « Malheureusement, mon logement était inadapté, car à l’étage et sans ascenseur, écrit-elle. J’ai donc commencé à chercher un logement adapté sur les plateformes bien connues –, en vain. Les logements étaient trop chers et souvent non adaptés. Les photos et les informations des annonces étaient trompeuses, ni les salles de bains, ni les toilettes ou même les entrées n’étaient aux normes PMR. » Karima finit par renoncer, sa famille ne viendra pas.

    Néanmoins, après cette mésaventure, Karima fait la rencontre des Déterminés, une association d’accompagnement à l’entrepreneuriat sur la ville de Montpellier. La jeune femme suit alors une formation de six mois, doublée d’une formation Handibat sur les normes des logements PMR. Et c’est ainsi qu’en mars 2022 naît Lilee, une plateforme dont la principale mission est de recenser les logements à louer, accessibles aux personnes handicapées.

    « Sur le site, les personnes vont pouvoir choisir le nombre de pièces, le nombre de personnes avec qui elles veulent partir, mais aussi sélectionner des filtres selon leur handicap et ce qu’elles recherchent : une poignée ou un lit médical. » Une fois les critères entrés, l’algorithme de Lilee s’active pour proposer un large panel de logements, vérifiés et validés par la dirigeante, assistée d’ergothérapeutes. Dès sa création, la startup montpelliéraine reçoit une bourse de 42 000 euros décernée par la French Tech. Karima a quant à elle été récompensée par le concours Talents des cités, soutenu par Pôle emploi.

    Si pour l’instant, la plateforme ne recense que des logements saisonniers situés en Occitanie, Karima envisage une levée de fonds pour élargir son offre en France, puis à l’étranger. Avec l’ambition qu’in fine, les PMR puissent – comme l’indique l’acronyme de la plateforme « Live Like Everyone Else » – vivre comme tout le monde.

    L’info en +

    Pour retrouver ces deux initiatives :

    Revolve Air, le fauteuil roulant du futur

    Lilee.fr

    (1) Insee

    L’Essentiel de l’article

    • 3,5 millions de personnes en France ont une mobilité réduite
    • De nombreuses initiatives vient le jour chaque année
    • Vous pouvez faire des dons financiers ou aider bénévolement les associations

     

  • Rentrée scolaire et handicap : quel dispositif pour la scolarisation d’un enfant ?

    Rentrée scolaire et handicap : quel dispositif pour la scolarisation d’un enfant ?

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    1 Un projet d’accueil individualisé (PAI) pour les maladies chroniques

    Si votre enfant souffre d’une maladie chronique (asthme, épilepsie, diabète…), d’une intolérance alimentaire ou d’allergie, il vous faut instaurer dans sa structure d’accueil (crèche, école, collège…) un projet d’accueil individualisé (3). Dès que le diagnostic est posé, le formulaire est à demander au chef d’établissement où sera scolarisé votre enfant. Le mieux est de lancer ces démarches dès l’inscription de votre enfant à l’école primaire, pour sa rentrée en classe de CP. Établi en concertation avec le médecin scolaire ou le médecin traitant, ce document indique selon les pathologies, les traitements médicamenteux, les régimes alimentaires à appliquer, les aménagements d’horaires, les dispenses d’activités, etc. Il définit aussi de quelle manière, en cas de période d’hospitalisation ou de maintien à domicile, les enseignants veilleront à assurer le suivi de sa scolarité. Enfin, il peut comporter un protocole en cas d’urgence. Il doit être signé par l’ensemble des partenaires concernés par la scolarité : le chef d’établissement scolaire ou le directeur de l’école, le médecin scolaire et traitant, l’infirmier scolaire, le professeur principal et si besoin par un représentant de la collectivité territoriale (mairie en élémentaire, département au collège) pour la cantine.

    63 %

    des PAI demandés sont liés à l’asthme et à l’allergie (4).

    2 Un plan d’accompagnement personnalisé (PAP) pour les troubles de l’apprentissage

    Le PAP vous concerne dans le cas où votre enfant est atteint de troubles des apprentissages (5) (dyslexie, dysphasie, dyspraxie…) et où son handicap n’est pas reconnu par la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Effectuez la demande de PAP au chef d’établissement dès que le diagnostic est établi. Si possible, réalisez ces démarches au moment où votre enfant rentre au primaire. Un modèle de formulaire est également téléchargeable en ligne. Sur proposition du conseil des maîtres ou à la demande des parents, ce dispositif décrit les difficultés de votre enfant et les aménagements pédagogiques à mettre en place pour l’accompagner au mieux comme des aides à l’écriture, les photocopies des cours, une place au premier rang, l’allégement du travail scolaire, la prise en charge extérieure durant les heures scolaires, etc. Il est élaboré par le directeur de l’établissement et l’équipe pédagogique, en concertation avec vous et les professionnels qui suivent votre enfant : orthophoniste, psychomotricien, psychologue…

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    3 Un projet personnalisé de scolarisation (PPS) pour le handicap

    Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) concerne les enfants ayant un handicap reconnu par la CDAPH (Commission des droits de l’autonomie). En tant que parent, vous devez solliciter la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) de votre lieu de résidence ou prendre contact avec l’enseignant référent afin de remplir un dossier de demande. Attention, les délais de traitements peuvent être longs : cela dépendra du nombre de demandes que la MDPH doit traiter… Il est préférable de lancer ces démarches administratives lors de l’inscription de votre enfant en CP, c’est-à-dire au début du cursus élémentaire.

    Ce dispositif précise l’orientation scolaire à envisager CLIS (Classe pour l’inclusion scolaire en écoles élémentaires), ou ULIS (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) dans le secondaire, cours à domicile, enseignement à distance, UE (Unité d’enseignement) ou UEE (Unité d’enseignement externalisée) d’un établissement sanitaire ou médico-social), les aménagements pédagogiques à prévoir au cours de sa scolarité ainsi que les aides humaines qui lui sont nécessaires en classe. L’AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) peut être mutualisé entre plusieurs élèves mais peut très bien être individuelle si votre enfant a besoin d’un accompagnement soutenu et continu.

    Dans le cadre d’un PPS, sachez que l’enseignant référent est généralement la personne-ressource, c’est-à-dire qu’il est l’expert chargé d’assurer le lien avec la MDPH et de mettre en place une équipe de suivi de la scolarisation. Composée de l’ensemble des partenaires de la scolarisation des élèves en situation de handicap (enseignant, psychologue, médecin scolaire…), l’équipe de suivi assure sa mise en œuvre et se réunit au moins une fois par an.

    À savoir

    « Le 0 805 805 110 vous permet de joindre gratuitement, grâce à un serveur interactif et selon votre besoin : soit la cellule nationale Aide handicap École ; soit la cellule départementale »

    Plus de 519 000

    élèves en situation de handicap sont scolarisés dans des établissements scolaires relavant du ministère de l’Éducation nationale en France pour la rentrée 2024 (6).

    L’Essentiel de l’article

    • Le PAI concerne les enfants atteints d’une pathologie chronique, d’allergies ou d’intolérance alimentaire.
    • En cas de troubles de l’apprentissage, la mise en place d’un PAP est nécessaire.
    • Le droit à l’éducation pour tous les enfants, quel que soit le handicap est un droit fondamental (2).

    (1) Service Public, « École et handicap »
    (2) Légifrance, Code de l’éducation
    (3) Ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse, « PAI : Projet d’Accueil Individualisé », 2019
    (4) Ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse, « L’accueil des élèves à besoins spécifiques : la mise en place d’un projet d’accueil individualisé », 2017
    (5) Fédération Anapedys
    (6)
     https://www.education.gouv.fr/la-scolarisation-des-eleves-en-situation-de-handicap

  • Sensibilisation au handicap : comment agir ?

    Sensibilisation au handicap : comment agir ?

    Alors que 4 personnes sur 10(1), connaissent et fréquentent régulièrement une ou plusieurs personnes en situation de handicap, il reste difficile d’estimer le degré de familiarité, de connaissance ou encore de sensibilité de la population face au handicap.

    1 Comment sensibiliser au handicap : quels outils et méthodes utiliser ?

    Je souhaite sensibiliser mes enfants :

    La sensibilisation au handicap peut être abordée de différentes manières. Il est important d’adapter les outils pédagogiques et les méthodes selon l’âge des proches auxquels vous vous adressez.

    Sensibiliser des enfants de 3 à 12 ans

    Les enfants peuvent être sensibilisés aux différents handicaps (physique, psychique, sensoriel, etc.) de plusieurs manières, en fonction de leur âge et de leur compréhension. En plus d’échanger avec vos enfants, il existe de nombreuses activités de sensibilisation :

    • Leur faire écouter un audio livre pour leur montrer une autre façon de lire, comme le font les malvoyants et les aveugles ;
    • Organiser un goûter dans le noir pour les sensibiliser au handicap sensoriel ;
    • Jouer, les yeux bandés, à des jeux de société ou d’éveil odorants ou tactiles pour les familiariser à la perception des personnes ayant une déficience visuelle ;
    • Acheter de petites figurines ou des poupées de personnes en situation de handicap et/ou fabriquer avec eux des accessoires (fauteuil roulant, déambulateur, canne d’aveugle, prothèse auditive, etc.) pour qu’ils se familiarisent au handicap ;
    • Organiser des parcours avec différents obstacles, leur demander de fermer les yeux et les guider par la voix ;
    • Leur faire visionner des documentaires et des dessins animés sur la thématique du handicap ;
    • Les inscrire à des ateliers créatifs ou des jeux de sensibilisation au handicap organisés par des associations œuvrant à la sensibilisation au handicap.

    Certains organismes et associations proposent du matériel et des outils pour vous aider à sensibiliser les plus jeunes. C’est notamment le cas de LADAPT (L’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) qui propose un ensemble de matériel pédagogique sur le thème du handicap (jeux, albums, livres, DVD et CD), et organise des rencontres avec des personnes en situation de handicap.
     

    Sensibiliser des adolescents de 12 à 17 ans

    Les possibilités pour sensibiliser les adolescents au handicap dépendent de plusieurs facteurs, notamment de l’âge de l’adolescent, de son degré de compréhension du handicap, de son niveau d’intérêt pour le sujet, et de son expérience personnelle avec le handicap.

    Pour sensibiliser les adolescents au handicap, il est possible de :

    • Les encourager à lire des livres et des articles, à regarder des films (“Intouchables”, “Se souvenir des belles choses”, “Le discours d’un roi”, “La ligne droite”, “Le 8ème jour”, etc.) et à écouter des podcasts (“Pépin PODCAST”, “Hangagement” imaginé par Orange, etc.) sur le sujet du handicap ;
    • Le faire découvrir des activités handisports (Cécifoot, badminton sourds, Rugby Fauteuil, handbike…) ;
    • Prévoir une rencontre entre vos enfants et un proche ou une connaissance atteint par un handicap pour échanger sur son expérience ;
    • Les faire participer à des activités de sensibilisation au handicap, proposée par exemple par Diffuz, dans le cadre de la semaine de la solidarité et du handicap ou d’une journée de sensibilisation au handicap ;
    • Leur faire découvrir les objets connectés qui limitent les risques liés à la perte d’autonomie et les nouvelles technologies qui favorisent l’autonomie aux personnes en situation de handicap ;
    • Les emmener faire un serious game ludique et immersif de sensibilisation au handicap.

     

    Je souhaite m’engager dans un projet de sensibilisation au handicap

    Avant de s’engager dans un projet de sensibilisation au handicap, il est primordial de s’être informé sur le sujet pour savoir comment favoriser les échanges sur le sujet et faire évoluer les mentalités. Vous pourrez ensuite :

    • Devenir bénévole dans des associations d’aide et de soutien aux personnes handicapées (APF, l’UNAPEI, l’APAJH, etc.) ;
    • Participer à des événements de sensibilisation du public ;
    • Sensibiliser les autres en parlant ouvertement de ses propres expériences face au handicap.
       
    • Lire aussi : Congé de présence parentale : faire face au handicap de son enfant

    Bon à savoir

    En France, 9,6 millions(2) de personnes sont atteintes d’un handicap.

    2 Sensibiliser au handicap : quels sont les événements auxquels participer ?

    Pour sensibiliser à la question du handicap, il existe plusieurs évènements en France. C’est le cas notamment de :

    • La journée internationale des personnes handicapées, organisée par les Nations Unies tous les 3 décembre depuis 1992, promeut les droits et le bien-être des personnes handicapées ;
    • La semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées : une initiative de l’ADAPT lancée il y a plus de 20 ans pour sensibiliser les recruteurs et faciliter l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap ;
    • Dans le cadre de la Semaine européenne pour l’emploi, le DuoDay est un événement national qui vise à favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap (à partir de 14 ans) au sein des entreprises. Tout collaborateur du secteur privé ou public peut se porter volontaire. Pendant une journée, vous êtes invités à faire découvrir à une personne handicapée votre environnement de travail et à le faire participer à certaines de vos tâches quotidiennes.
    • La journée Nationale du Sport et du Handicap, organisée depuis 10 ans par l’Association Nationale des Étudiants en STAPS, a pour but de développer le sport adapté mais aussi de mettre en lumière le handisport.
    • Les grands évènements sportifs à venir en France comme la Coupe du monde de rugby fauteuil en 2023 ou encore les JO Paralympique en 2024 sont aussi l’occasion de se sensibiliser au handicap.

    En octobre 2021, une campagne nationale de sensibilisation « Voyons les personnes avant le handicap » a été lancée. Diffusée à la télévision, dans la presse, par affichage, au cinéma, sur internet, cette campagne a pour objectif de faire changer le regard de la société sur les personnes handicapées. Elle s’adresse à toutes les générations, et notamment aux jeunes qui ont un rôle important à jouer.

    Bon à savoir

    Avec 43 000 enfants scolarisés en situation de handicap en France, la sensibilisation des enseignants à l’école inclusive et leur formation à l’utilisation d’outils numériques en classe sont primordiales.

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    L’Essentiel de l’article

    • 9,6 millions(2) de personnes sont handicapées en France.
    • Plusieurs événements ont lieu chaque année en France pour sensibiliser au handicap.
    • Une campagne nationale de sensibilisation au handicap a été lancée en Octobre 2021, « Voyons les personnes avant le handicap ».

    (1) CNCDH, Rapport d’activité sur le handicap de la CNCDH, mars 2019.

    (2) OCIRP, Les chiffres-clés du handicap en France, 2018

  • 430 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés aujourd’hui en France

    430 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés aujourd’hui en France

    Selon l’Éducation nationale, le nombre d’enfants et de jeunes handicapés, présentant des troubles moteurs ou cognitifs, faisant leur rentrée à l’école, au collège et au lycée est en constante progression chaque année.

    Ils étaient 211 000 en 2004. Une quinzaine d’années plus tard : ils sont près de 430 000 (1), soit plus du double ! Preuve que l’inclusion est en marche, près de trois quarts de ces élèves suivent un cursus classique en élémentaire et dans le second degré, et un peu moins de 20 % reçoivent un enseignement spécialisé en établissements hospitaliers ou médico-sociaux. La scolarisation pour tous avance grâce à certaines mesures prises par l’État, telles que l’augmentation du nombre de structures d’accueil, le renforcement de la formation des enseignants spécialisés et le développement de l’utilisation des outils numériques, entre autres.

    (1) education.gouv, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, 2020

  • Aveugles et malvoyants : les assistants vocaux menacent-ils l’apprentissage du braille ?

    Aveugles et malvoyants : les assistants vocaux menacent-ils l’apprentissage du braille ?

    1 Le braille, un apprentissage important

    À la différence de la langue des signes, le braille créé entre 1825 et 1829 par Louis Braille n’est pas un langage. C’est un alphabet qui permet aux personnes nées aveugles ou malvoyantes d’apprendre à lire et écrire et pouvoir aborder la lecture et l’écriture classique. L’apprentissage du braille est néanmoins en baisse selon l’Union Mondiale des Aveugles (1).

    « Les jeunes aveugles étudient le braille. Mais avec l’inclusion scolaire, les enseignants ne sont pas toujours formés et vont donc avoir plus facilement recours aux techniques vocales. À la maison, ces assistants vocaux peuvent également détourner des efforts nécessaires à l’apprentissage, affirme Vincent Michel, président de la Fédération des aveugles de France. Le braille reste le fondement de l’éducation et d’une approche approfondie du savoir. C’est la seule façon d’accéder au monde de l’écrit, à la connaissance de l’orthographe, à la connaissance de langues étrangères, etc. Le braille permet aussi de compter et même de composer de la musique. De grands artistes comme Stevie Wonder ont pu exprimer leur talent grâce au braille ! »

    Ainsi, apprendre le braille à un jeune, c’est lui éviter une forme d’illettrisme et donc l’aider dans sa vie future. « Ne pas connaître le braille, c’est être confronté à un handicap supplémentaire. Celui de ne savoir ni lire, ni écrire, ni compter, ce qui est essentiel pour décrocher un diplôme et un emploi une fois adulte. »

    2 Braille + vocal = le combo gagnant

    Aujourd’hui, 15 % des déficients visuels maîtrisent le braille (2). Un chiffre qui peut paraître faible, mais qui s’explique en grande partie par l’âge d’entrée dans la cécité. En effet, le vieillissement des yeux à partir de 40-50 ans entraîne une baisse de la vue naturelle, parfois accompagnée de maladies oculaires telles que la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) ou le glaucome (dégénérescence du nerf optique), par exemple.

    « Chez les plus de 45 ans, l’apprentissage est plus ardu que chez les jeunes et les enfants. Plus on est âgé, plus ça prend du temps pour arriver à le lire dans de bonnes conditions », explique Vincent Michel. Heureusement, ceux qui sont devenus aveugles ou malvoyants visuels sur le tard maîtrisent généralement les fondamentaux de la lecture, du calcul et de l’écriture. Le braille reste important, mais n’est pas essentiel.

    La diminution du nombre de personnes aveugles ou malvoyantes apprenant le braille s’explique également par l’arrivée sur le marché de nouvelles solutions technologiques, à l’instar des aides vocales qui offrent une aide précieuse pour les handicapés visuels au quotidien. Ne serait-ce que pour savoir quel temps il fait le matin et donc quelle tenue choisir ou encore, pour commander leur maison par la voix (allumer les lumières, par exemple).

    Aucune raison donc d’opposer braille et technologie. Au contraire, il est intéressant de les combiner. D’autant que, comme le souligne Vincent Michel, lire est un plaisir irremplaçable : « Écouter, ce n’est pas lire ! Les livres audio sont des suppléants. » Pour le président de la Fédération des aveugles de France, l’idée n’est donc pas d’exclure le vocal, mais de faire attention à ce qu’il ne compromette pas l’apprentissage du braille chez les plus jeunes aveugles ou malvoyants de nature. Pour aller plus loin : Vincent Michel, Croire sans voir, éditions du Cerf

    • Pour aller plus loin : Vincent Michel, Croire sans voir, éditions du Cerf

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du Groupe Macif s’engage en faveur des aveugles et malvoyants.

    Chiffre-clé

    Seuls 6 % des livres sont adaptés à l’usage des aveugles et malvoyants (livres en braille et livres audio). (2)

    Vous êtes en situation de handicap ?

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    L’Essentiel de l’article

    • Plus on est âgé(e), plus l’apprentissage du braille est difficile.
    • Les assistants vocaux sont un bon complément au braille mais ne peuvent pas le remplacer.
    • Le braille est un outil incontournable pour l’éducation et l’accès à l’emploi.

    (1) Handicap.fr, Seuls 15 % des aveugles lisent le braille : urgence !, 2018
    (2) Fédération des aveugles de France, Quelques chiffres sur la déficience visuelle
  • Sourds et malentendants : comment perçoivent-ils la musique ?

    Sourds et malentendants : comment perçoivent-ils la musique ?

    « Je suis sourd de naissance. Appareillé depuis l’âge de 2 ans. J’ai une surdité sévère à profonde », indique Vivien Laplane, 38 ans, habitant à Chaponost, dans le Sud-Ouest lyonnais.

    Comme Vivien, un bébé sur 1 000 naît sourd, selon la Fédération nationale des sourds de France. Un handicap invisible encore méconnu du grand public, et pour lequel l’accès à la culture musicale est parfois difficile. Pourtant, « les sourds peuvent percevoir des émotions en écoutant de la musique car ils ressentent les vibrations des sons graves », explique Marie-Charlotte Carboni, coordinatrice de projets au sein de l’association Quest’Handi. Celle-ci œuvre pour l’accessibilité des événements culturels aux personnes en situation de handicap, partout en France.

    Couplés au visuel, qui aide aussi à ressentir ce qui se joue sur scène, plusieurs dispositifs existent aujourd’hui afin de permettre aux personnes avec un handicap auditif d’accéder aux événements culturels et de loisirs. Petit tour d’horizon.

    Chiffre-clé

    Dans la population française, on estime à 7 millions le nombre de malentendants. (1)

    1 Le plancher vibrant

    « J’ai pu expérimenter divers dispositifs pour ressentir la musique, notamment le plancher vibrant qui permet d’établir un lien entre son et vibration au niveau des pieds », indique Vivien Laplane. « L’expérience était troublante car je ressentais les ondes sonores de la musique en même temps que j’entendais avec mon appareil. L’idéal est de retirer son appareil auditif pour vivre pleinement les émotions par les vibrations », poursuit-il.

    Sur le même principe que les planchers vibrants, les colonnes dites RSC (récepteurs somesthésiques collectifs) retransmettent les ondes vibrantes de la musique au public composé de personnes sourdes et/ou malentendantes. « Un haut-parleur est situé à l’intérieur d’une colonne en PVC de 3 mètres de haut, et retransmet la musique en la faisant vibrer. Par apposition des mains ou d’une autre partie du corps sur la colonne, les sourds ou malentendants peuvent ressentir la musique lors d’un concert par exemple », explique la coordinatrice de projets de Quest’Handi.

    2 Des récepteurs en forme de vêtement ou de sac à dos

    Si les objets connectés offrent de l’autonomie aux personnes âgées ou en situation de handicap, ils permettent aussi d’accéder à la musique, à l’instar de la veste ou du sac à dos vibrant. Ces équipements sont ainsi dotés de transmetteurs de vibrations modulées selon l’intensité de la musique. Ces dernières sont notamment plus intenses pour les basses. « Les sacs à dos vibrants peuvent se porter sur le dos ou le ventre pour stimuler et ressentir la musique via différentes zones du corps », explique Marie-Charlotte Carboni.

    « Légers et mobiles, ils sont également plus pratiques et moins stigmatisants que les colonnes vibrantes », glisse Vivien Laplane. En effet, ils permettent de se balader librement pour vivre pleinement l’ambiance d’un festival, par exemple. « Ils sont principalement destinés aux personnes sourdes ou malentendantes, mais peuvent aussi être une façon de découvrir la musique autrement pour des personnes dites entendantes », ajoute Marie-Charlotte Carboni.

    4 Le chansigne, ou la chanson en langue des signes

    Le chansigne consiste à interpréter les paroles d’une chanson avec son corps. « Il ne s’agit pas d’une traduction littérale, précise Marie-Charlotte Carboni. Il s’agit d’un travail d’expression artistique et d’adaptation de la musique en gestes pour lui donner une dimension visuelle. L’idée est d’interpréter la chanson en langage des signes, en y intégrant du rythme, des jeux de mots ainsi que de la poésie. » De plus en plus d’artistes adoptent le chansigne lors de leurs concerts. Une traduction chorégraphique très utile pour les sourds et malentendants, qui leur permet d’apprécier la beauté du spectacle comme tout le monde.

    3 Les boucles à induction magnétique

    La boucle à induction magnétique est un dispositif à destination d’un public malentendant appareillé. Elle crée un champ magnétique à l’intérieur duquel la personne reçoit le son de la musique ou d’un discours directement sur son appareil. « Selon un périmètre défini, ce dispositif permet ainsi à la personne de ne pas entendre les bruits dits parasites. C’est intéressant car elle entend que ce qui sort de scène, mais pas le brouhaha avoisinant », souligne Marie-Charlotte Carboni. Sur le même principe, il existe des boucles magnétiques individuelles. « Les personnes mettent autour de leur cou un boîtier relié à un ampli. La personne peut donc se placer où elle veut et profiter d’un événement avec un proche entendant, par exemple. »

    Le saviez-vous ?

    La langue des signes n’est pas universelle

    Comme pour le langage parlé, la langue des signes diffère d’un pays à un autre selon la culture. En effet, les gestes varient en fonction des régions et évoluent dans le temps. On recense ainsi environ 200 langues des signes à travers le monde.

    Vous avez des problèmes d’audition ?

    La Macif vous accompagne grâce à son dispositif Macif Egalis. Renseignez-vous !

    L’Essentiel de l’article

    • Les sons environnants ne stimulent pas seulement les tympans des oreilles, mais le corps entier.
    • Il existe des objets connectés qui permettent de se déplacer tout en percevant les vibrations de la musique.
    • Certaines interprétations artistiques permettent de traduire la musique en images.

    (1) Santé Publique France

  • Comme Les Autres : une aventure sportive pour dépasser le handicap

    Comme Les Autres : une aventure sportive pour dépasser le handicap

    Ils n’ont aucun souvenir du moment où leur vie a basculé. Seulement celui de s’être réveillé seul dans un lit d’hôpital, paraplégique. Céline, 46 ans, et Vincent, 43 ans, ont tous les deux été victimes d’un accident qui leur a fait perdre l’usage de leurs jambes. Elle était alors étudiante en troisième année de psychologie dans le sud de la France : « J’ai perdu connaissance au volant il y a quatorze ans. J’avais alors 33 ans ». Vincent travaillait au centre spatial guyanais. Féru de sport, il était en train de s’adonner à sa dernière passion, le kitesurf, sur une plage de Kourou : « Il y a deux ans, une rafale de vent m’a fait perdre le contrôle de mon aile et j’ai été projeté à plus de 15 mètres ». S’en sont suivis pour chacun de longs et éprouvants séjours à l’hôpital et en centre de rééducation.

    1 Rebondir après un accident grâce au sport

    Céline trouve d’abord un exutoire dans le sport. « J’ai commencé à me reconstruire à travers la pratique de la plongée et de la randonnée adaptée. » Vincent retrouve un ancien collègue, lui aussi paraplégique, qui l’encourage à pratiquer le fauteuil d’athlétisme.

    Jusqu’au jour où Comme Les Autres vient leur apporter une nouvelle bouffée d’oxygène. Soutenue par la Fondation d’entreprise du Groupe Macif, l’association accompagne des personnes en situation de handicap à la suite d’un accident de la vie dans leur parcours de reconstruction. Tous deux acceptent de participer au séjour à sensations fortes qui leur est proposé. « Des membres de l’association sont venus à ma rencontre au centre de rééducation pour me proposer de participer à un séjour-aventure à sensations fortes », se souvient Vincent. Céline regrette, elle, de ne pas avoir connu l’association plus tôt. « C’est un autre « handi » qui m’en a parlé. Elle n’existait malheureusement pas lorsque j’ai eu mon accident et j’ai perdu beaucoup de temps dans l’acceptation de mon handicap. »

    Grâce au sport, j’oublie mon handicap : j’ai retrouvé des sensations que jamais je ne pensais pouvoir ressentir.

    Vincent, 43 ans

    2 Un séjour-aventure pour apprendre à s’adapter

    La surprise est totale. Loin de tout repère, Céline et Vincent doivent, au début, prendre sur eux. « Avec mon groupe, composé de 5 « handis » et 7 valides, nous sommes partis de Bordeaux en minibus jusqu’à Argelès-sur-Mer. C’était la première fois que je faisais un trajet aussi long depuis mon accident », raconte Vincent. À leur arrivée, un camping les attendait : « Nous étions hébergés dans des bungalows, mais c’était déjà l’aventure pour nous de sortir de notre quotidien ! »

    À Tignes, Céline et son groupe sont logés dans des appartements-hôtel. « La salle de bains n’était pas forcément adaptée et je me suis débrouillée à la force de mes bras. Mais c’est aussi le but : c’est à nous de nous adapter pour gagner en autonomie et nous réapproprier ce corps abîmé », reconnaît-elle.

    3 De l’adrénaline qui fait du bien

    Céline et Vincent pratiquent également de multiples activités à sensations : parapente, rafting, quad, jet ski, hélicoptère… « Nous sommes obligés de nous dépasser, de repousser nos limites. On ne peut compter que sur soi-même, cela redonne confiance car notre corps est capable de ressentir de fortes sensations malgré l’accident », explique Vincent. « On a besoin de se prouver des choses. C’est d’autant plus jouissif lorsqu’on atteint nos objectifs. Le sport procure une sensation de liberté incroyable, le sentiment que rien n’est impossible ! », se réjouit Céline.

    Chiffre-clé

    25, c’est le nombre de disciplines sportives proposées par la Fédération Française Handisport (1) aux personnes en situation de handicap, de quoi bien se dépenser !

    4 La force du collectif, un regain d’énergie

    Les deux quadragénaires n’oublient pas non plus la force du groupe qui les a portés : ils ont retrouvé la joie de vivre au contact d’autres « handis », mais également auprès de personnes valides. « Il n’y a plus de barrières, nous sommes tous pareils. Il y avait une vraie symbiose dans notre groupe, nourrie de partage et de découvertes incroyables », souligne Vincent. « Être en immersion tous ensemble pendant cinq jours nous ouvre un peu plus aux autres, Cela fait un bien fou, quel bonheur de se sentir intégrés et de revivre ! » confirme Céline.

    5 Un nouvel élan pour aller de l’avant

    Même s’il ne se sent pas encore prêt à accepter son handicap et à reprendre le travail, Vincent mesure tout le chemin parcouru depuis son accident. « J’ai rencontré des personnes que je n’aurais jamais croisées sans cet accident, et qui donnent une nouvelle orientation à ma vie : elles me tirent vers le haut. » Galvanisé par son expérience, il se donne aujourd’hui à corps perdu dans le sport : karting, fauteuil d’athlétisme et ski fauteuil en compétition… Jusqu’à se fixer de nouveaux objectifs : « J’ai été sélectionné pour représenter la France aux Jeux paralympiques 2024 dans l’équipe de canoë-kayak, alors que je n’en avais jamais fait ! ». Parallèlement, il se prépare à devenir le premier handisportif à participer au 30e marathon de l’Espace en Guyane, en 2021.

    De son côté, Céline confie, non sans une certaine émotion : « Ce séjour m’a donné envie de sortir de ma zone de confort pour redonner du sens à ma vie. Ce qui me motive aujourd’hui, c’est de me rendre utile et de donner une vision positive du handicap. » Très investie dans le monde associatif, elle anime régulièrement des actions de sensibilisation avec Comme Les Autres, en milieu scolaire ou carcéral. Elle vient également d’engager sa reconversion professionnelle pour apprendre le métier d’assistant-comptable. « Être rémunérée pour ce je fais serait une vraie reconnaissance et m’aiderait à m’intégrer davantage dans la société », insiste-t-elle.

    Il ne faut pas voir ce que l’on a en moins, mais ce que l’on a en plus : notre persévérance, et notre ténacité apportent une dynamique supplémentaire.

    Céline, 46 ans

    Le saviez-vous ?

    En plus de l’association Comme les Autres, la Fondation Macif soutient de nombreuses initiatives solidaires. Renseignez-vous !

    Du 8 juin au 29 août 2020, la Macif propose de verser à l’association Comme les Autres :

    5 € pour toute souscription d’un contrat santé (Garantie Santé, Garantie santé territoriaux et Garantie Hospitalisation)

    10 € pour toute souscription d’un contrat santé et d’un contrat de prévoyance (Garantie Emprunteur Macif, Garantie Autonomie et Dépendance, Garantie Obsèques, Garantie Décès ou Prévoyance des Indépendants).

    L’Essentiel de l’article

    • Le sport : un exutoire essentiel.
    • L’aventure pour gagner en autonomie.
    • Des sensations fortes qui donnent des ailes.
    • De nouvelles rencontres pour se reconstruire.

    (1) Fédération Française Handisport, Le guide handisport 2019, p. 92