Catégorie : Le handicap, et alors ?

  • “L’autisme de mon fils, une difficulté, pas un frein”

    “L’autisme de mon fils, une difficulté, pas un frein”

    « Matthieu est né le 2 janvier 2002. C’était notre premier enfant. Nous n’avions pas de repères mais je sentais que quelque chose ne tournait pas rond. Tout petit, il ne répondait pas à nos marques d’affection. Nous voyait sans nous voir. C’était une grande souffrance parce que je n’arrivais pas à établir un lien avec mon bébé. À partir de ses 2 ans, je me suis vraiment posé des questions : est-il sourd, aveugle ? »

    1 Autisme de l’enfant : quand le diagnostic tarde, l’inquiétude des parents grandit

    « À 4 ans, il ne parlait toujours pas. Les médecins nous disaient de ne pas nous inquiéter, qu’il se mettrait à parler d’un coup. Ce n’est pas arrivé. Nous avons donc consulté des psychologues. Sans plus d’éclairage. Pour certains médecins, il est encore difficile de détecter les signes de l’autisme et d’établir un diagnostic sur cette pathologie complexe et méconnue. J’ai finalement compris toute seule que Matthieu était autiste, grâce à mes lectures et à ma psychologue. Quelques mois plus tard, juste avant ses 5 ans, un médecin spécialiste de l’autisme a confirmé le diagnostic. »

    Le saviez-vous ?

    La Macif s’engage et soutient les aidants au quotidien.

    Le saviez vous ?

    L’autisme touche 4 fois plus les garçons que les filles. (2)

    2 Matthieu, un enfant avant d’être un autiste

    « Son orthophoniste nous avait dit que Matthieu ne pourrait pas être scolarisé. Son psychologue, lui, nous encourageait à le mettre dans un établissement scolaire ordinaire. Avec l’appui d’une AVS (auxiliaire de vie scolaire) et grâce à des enseignants ouverts, nous n’avons jamais eu à nous battre pour qu’il soit maintenu à l’école. Même quand il était petit, qu’il ne parlait pas, et qu’il criait au moindre bruit…

    Toutes les familles d’un enfant autiste n’ont pas cette chance, même si le sujet est moins tabou aujourd’hui. Il y a des témoignages, des films, des documentaires sur l’autisme qui sont diffusés. C’est important de faire la pédagogie de cette maladie car lorsqu’on la comprend, c’est moins effrayant. J’ai d’ailleurs constaté que chaque fois que l’on a expliqué que Matthieu était autiste aux enseignants ou autres élèves, ça se passait très bien. Chaque année scolaire, Matthieu la commençait donc en faisant un exposé sur son cerveau autiste à ses camarades de classe. La seule année où il ne l’a pas fait, il a été harcelé par des camarades. »

    « C’est important de faire la pédagogie de l’autisme car lorsqu’on comprend, c’est moins effrayant. »

    Anne Idoux-Thivet

    3 Enfant autiste : entre préjugés et vérités

    « Il y a beaucoup d’images véhiculées sur les autistes comme celle, très répandue, qu’ils sont des génies. En réalité, il ne s’agit que d’une petite frange très rare. On pense aussi que les autistes passent leur temps à se rouler par terre en hurlant. C’est faux. Ils ont généralement ces réactions seulement lorsqu’ils éprouvent une intolérance très forte à des stimuli sensoriels. C’est un aspect méconnu du grand public et pourtant fondamental.

    Les autistes souffrent, en effet, d’un problème sensoriel : ils ressentent les stimuli trop forts ou pas assez. Par exemple, Matthieu, étant enfant, se tapait la tête contre les murs quand il percevait certaines fréquences très graves. J’ai mis du temps à le comprendre car ce son était banal pour tout le monde. Pour lui, c’était insupportable au point de ne plus pouvoir verbaliser son mal et parfois faire ce que l’on appelle vulgairement des crises. Chez les autistes, tous les sens peuvent être déréglés, ce qui entraîne une forme d’intolérance à l’environnement finalement. »

    4 Le défi avec l’autisme, c’est d’entrer en communication avec son enfant

    « Il fallait réussir à communiquer avec Matthieu. Car l’enjeu est là avec un enfant autiste, puisque le repli sur soi, l’absence de contact social et la non-communication caractérisent ce trouble. Avec mon mari, nous sommes partis du principe qu’il n’y avait aucune raison que l’on communique différemment avec lui qu’avec nos autres enfants, car sa pathologie ne signifie pas forcément qu’il ait une déficience intellectuelle associée. Quand il a commencé à parler, il faisait de l’écholalie, c’est-à-dire qu’il répétait en écho et en différé ce qu’il entendait. Quand il est rentré au CP, nous avons adopté un langage fonctionnel, soit un langage simple et utile de la vie quotidienne, nous permettant ainsi d’échanger avec lui. On s’est alors aperçu qu’il savait aussi lire, sans savoir comment il avait appris. »

    5 L’importance de stimuler les enfants autistes pour les faire progresser

    « Souvent, les personnes autistes répètent les mêmes gestes et ont des centres d’intérêts très forts, mais elles ont du mal à acquérir une certaine souplesse. L’aider à être flexible, c’est un point que l’on a beaucoup travaillé avec Matthieu. C’est un équilibre à trouver parce qu’il faut aussi accepter qu’il garde certaines manies qui le rassurent. Par exemple, à 18 ans, il lui arrive encore de jouer avec des peluches dans sa chambre. Ce n’est plus de son âge, mais ça lui fait du bien. Depuis qu’il est tout petit, quand il est très content, il saute en envoyant ses épaules en arrière. Ça non plus, je n’y changerai rien. Il y a quand même une marge de progression. C’est pour ça que nous stimulons beaucoup Matthieu en faisant des jeux de société en famille, entre autres. On en a plus de 200 à la maison ! »

    6 Être entouré et garder l’espoir d’une vie normale

    « Aujourd’hui, Matthieu a 18 ans et est en Terminale S. C’est un élève moyen, mais il n’a pas de difficulté à suivre une scolarité traditionnelle. Il est à une étape importante de sa vie : l’après-bac. Il arrive aussi à un âge où l’on se dit qu’il doit côtoyer d’autres autistes. Un ami autiste Asperger, membre d’une association fréquentée par des adultes autistes sans déficiences intellectuelles, a proposé à Matthieu de participer à des ateliers, un samedi par mois. Sentir qu’il n’est pas seul dans les difficultés qu’il rencontre, être avec des personnes plus âgées que lui et susceptibles de lui donner des conseils, ça lui fait beaucoup de bien. De savoir qu’ils ont tous un métier aussi, c’est un espoir pour lui. »

    Chiffre-clé

    Environ 700 000 personnes souffrent d’autisme en France, dont 100 000 ont moins de 20 ans. (1)

    L’Essentiel de l’article

    • Environ 700 000 personnes souffrent d’autisme en France. (1)
    • Les premiers signes apparaissent le plus souvent entre 18 et 36 mois. (1)
    • L’enjeu avec l’autisme est de réussir à entrer en communication avec son enfant.
    • Les autistes présentent une intolérance très forte à certains stimuli sensoriels.

    (1) INSERM, Autisme : un trouble du neurodéveloppement affectant les relations interpersonnelles, 2018
    (2) Pasteur, Autisme (troubles du spectre de l’autisme), 2019
  • Comment vivre avec un handicap ?

    Comment vivre avec un handicap ? Réponse avec Axel Alletru.

    Malgré mon jeune âge, j’ai eu plusieurs vies. Après un début sportif en BMX où j’ai été champion d’Europe à 6 ans, je me suis lancé dans le motocross où j’ai franchi les échelons pour devenir champion du monde junior avant 20 ans. Jusqu’à ce fameux jour, lors des championnats du monde en 2010 en Lettonie où je suis devenu paraplégique suite à une mauvaise chute. Aujourd’hui, contre toute attente et grâce à une rééducation physique et mentale acharnée, je remarche. Je me suis reconverti dans la natation handisport et suis même 12 fois champion de France, champion d’Europe et recordman sur plusieurs distances.

    Comment se détacher du passé et du traumatisme ?

    Le passé peut rassurer. On se raccroche à une situation agréable, on peut être nostalgique. On peut se dire « c’était mieux avant l’accident ». Seulement avant… C’était avant ! La machine à remonter le temps n’a toujours pas été inventée, donc se cacher dans des souvenirs ou rester bloqué dans le passé n’aide pas, bien au contraire. Notre subconscient et notre cerveau ont alors tendance à faire resurgir des émotions de tristesse, parfois d’échec ou de manque, ce qui influence de façon négative notre capacité à rebondir, à réfléchir positivement et à voir plus loin.

    Afin de pouvoir avancer, voici 2 étapes majeures selon moi :

    Accepter sa situation : c’est comprendre les choses comme elles sont réellement et accepter de devoir avancer avec ces nouvelles données

    Pardonner et se pardonner : ici on parle à la fois du pardon vis-à-vis de soi-même mais aussi vis-à-vis des autres. Juste après mon accident, je ne me suis pas dit « j’aurais dû lâcher l’accélérateur… » ou « c’est à cause du mécano ou les services d’urgence en Lettonie » ; j’étais déjà dans l’optique que ce qui est fait est fait. Je me suis donc concentré sur les choses que je pouvais encore changer, à savoir ma rééducation.

    Comment gérer son état mental face au handicap ?

    Apprendre à gérer ses émotions

    Si votre mental est enseveli sous une montagne de stress et de pensées négatives, il va vous être beaucoup plus difficile d’avancer. Maîtriser ses émotions signifie ne pas s’emporter pour des choses futiles. Il est préférable de canaliser les émotions négatives et éviter de s’énerver en abordant un discours positif et constructif.

    Je me souviens qu’après mon accident, mes parents m’avaient caché la radio de ma colonne vertébrale, car mon père, me connaissant, savait que voir cette radio risquerait de me mettre dans un état émotionnel mitigé et négatif. Il ne me l’a montré qu’à ma sortie du centre de rééducation. En y repensant, s’il me l’avait montré juste avant ma rééducation, j’aurais surement eu beaucoup plus de mal à me concentrer sur mon nouvel objectif.

    Se projeter grâce à la visualisation

    Une bonne partie de ma rééducation a été mentale et passait par la visualisation. Cette technique consiste à se représenter une situation ou un concept.

    Chaque jour, plusieurs fois par jour, je m’imaginais en train de remarcher et j’essayais de ressentir toutes les sensations liées à cette image mentale.

    Axel Alletru

    C’est un exercice qui demande beaucoup de patience, de concentration et une régularité exemplaire. Il ne faut pas s’attendre à voir des résultats dès la première visualisation. Mais à force de répéter cet exercice plusieurs fois par jour même durant les moments de somnolence, durant des mois, j’ai pu habituer mon subconscient à ce souhait fort de remarcher. Et lorsque j’ai entamé la rééducation physique, mon mental était déjà prêt, j’ai eu plus de facilité à récupérer et par conséquent à remarcher.

    Soigner ses phases de sommeil et de repos

    À force de trop en demander, notre corps et notre mental risquent d’être surmenés et donc épuisés ! C’est durant notre sommeil que notre organisme se renouvelle, il est capable de produire de nouvelles cellules venant remplacer les cellules mortes. En plus de cela, c’est à ce moment-là que le cerveau trie, intègre et assimile les différentes informations emmagasinées tout au long de la journée. En manque de sommeil, vous vous apercevez souvent que vous avez du mal à exécuter les tâches qui sont habituellement faciles. C’est pourquoi il faut le laisser se reposer assez régulièrement entre deux activités pour qu’il puisse recharger ses batteries.

    Comment se réapproprier son corps après un accident ?

    J’ai la chance d’avoir un ami d’enfance devenu orthoprothésiste. Ensemble, nous avons créé une attelle qui me permet aujourd’hui de tenir debout, de marcher, de faire du vélo… Maxime était venu avec son père au centre de rééducation pour prendre les mesures et la forme de mes pieds. Après plusieurs essais, nous avons réussi à développer une attelle qui me permet de tenir mes chevilles à 90°, et donc de pallier au manque de fonctionnement de mes muscles. Des années après ses premières attelles expérimentales, nous avons pu développer différente exemplaires qui s’adaptent à la nature du terrain, à la température ambiante, au style vestimentaire, etc.

    Lire aussi : Nouvelles technologies et handicap, de nouveaux espoirs

    Intégrer le sport dans sa routine quotidienne L’un des moyens qui m’a aidé à me reconstruire après mon accident était le sport. Toute ma vie, j’ai été un sportif de haut niveau. Mais après mon accident, je ne savais pas si je devais reprendre les études, trouver un travail ou replonger dans un univers que je connaissais déjà : le sport.

    Heureusement, le programme de rééducation incluait des séances de natation. Je me sentais alors très bien dans l’eau, je retrouvais quelques sensations du passé et surtout je me sentais à nouveau valide à nouveau.

    Après ma rééducation, j’ai décidé de me lancer un défi fou : aller aux jeux paralympiques de RIO 2016.

    Il fallait redonner un sens à ma vie, pour me motiver à me lever tous les matins et à être enthousiaste.

    Le sport m’a alors permis de me reconstruire socialement, de rencontrer de nouvelles personnes et de créer de nouvelles opportunités. Qu’on soit sportif de haut niveau ou sportif du dimanche, c’est très important d’intégrer le sport dans sa routine quotidienne, cela permet de fortifier son physique et son mental.

    Aujourd’hui, j’essaie également de me réinventer à travers les réseaux sociaux en partageant mon histoire et en essayant d’inspirer le maximum de personnes.

  • Le handicap invisible : si on parlait de ce handicap pourtant bien présent ?

    Le handicap invisible : si on parlait de ce handicap pourtant bien présent ?

    1 Qu’est-ce qu’un handicap invisible ?

    À l’instar du handicap visible, le handicap invisible est une maladie ou un dysfonctionnement privant la personne qui en souffre de certaines capacités, ou qui les diminue sensiblement. Il peut s’agir de maladies invalidantes, chroniques ou non, comme le diabète, le cancer, certaines maladies auto-immunes (Crohn, RCH), la sclérose en plaques, etc. Ce sont aussi certains troubles « dys » comme la dyslexie ou la dyspraxie, ainsi que le syndrome d’Asperger, le trouble du déficit de l’attention et l’hyperactivité, les suites cérébrales d’un AVC, la bipolarité, etc. Le handicap invisible recouvre donc des réalités très diverses, ayant pour seul point commun de ne pas être détectables « à l’œil nu », notamment par l’entourage professionnel.

    Bon à savoir

    Le handicap invisible n’est pas une catégorie de handicap en soi, mais plutôt une appellation qui regroupe à la fois des handicaps au sens classique du terme (moteurs, psychiques, sensoriels ou cognitifs), mais aussi des maladies ou des séquelles dues à une maladie ou un accident.

    2 Combien de personnes sont concernées ?

    Selon plusieurs études, 80 % des personnes porteuses d’un handicap ont un handicap invisible. (1) En France, cela représenterait près de 10 % de la population ! (2) Une excellente raison d’en parler, car une partie des difficultés des personnes concernées est due au manque de visibilité qui entoure leur maladie ou à la difficulté qu’ont les autres à percevoir leur handicap.

    3 Quel impact le handicap invisible a-t-il sur la vie professionnelle ?

    Le handicap invisible peut évidemment impacter la vie professionnelle : difficultés physiques ou psychologiques, indisponibilités ponctuelles… Bonne nouvelle, les lois de 1975 et 2005 relatives à l’accès à l’emploi des personnes handicapées peuvent faciliter l’insertion professionnelle des personnes touchées.

    4 Le handicap invisible peut-il faire l’objet d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) ?

    De nombreux handicaps invisibles peuvent faire l’objet d’une RQTH. Si vous êtes concerné(e), n’hésitez pas à vous tourner vers la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de votre département ou vers votre médecin traitant qui vous indiquera la marche à suivre. Ce sésame administratif peut, en effet, s’avérer précieux si votre situation nécessite un aménagement de poste ou des absences répétées, par exemple.

    2,5 millions de personnes en France

    bénéficient de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). (1)

    L’Essentiel de l’article

    • Le « handicap invisible » désigne un handicap non décelable à la vue.
    • De nombreuses maladies ou troubles physiques et psychiques peuvent constituer un handicap invisible.
    • Il peut faire l’objet d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.

    (1) Handirect, Chiffres-clés 2015 du handicap, 2015.

    (2) La Revue Internationale, « Le handicap invisible : un risque d’exclusion », 2013.

  • Nouvelles technologies et handicap : de nouveaux espoirs

    Nouvelles technologies et handicap : de nouveaux espoirs

    1 La domotique pour être autonome chez soi

    La domotique est un formidable outil d’autonomie : pouvoir commander l’ouverture/fermeture des stores et des portes, réguler le chauffage ou activer une alarme d’un simple clic ou par commande vocale est une aide précieuse au quotidien. Les bracelets ou médaillons de téléassistance, grâce auxquels une personne dépendante peut appeler ses proches ou les secours en appuyant sur un bouton, sont aussi très utiles pour garantir la sécurité au quotidien.

    Bon à savoir

    Certains équipements domotiques, s’ils répondent à un besoin précis, peuvent être financés par la PCH (prestation de compensation handicap). Renseignez-vous auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de votre département.

    2 Restez connecté avec les commandes vocales ou oculaires

    Clé d’autonomie : le progrès des interfaces entre le patient et son ordinateur. Grâce aux technologies de commande vocale et oculaire, il est aujourd’hui possible pour une personne tétraplégique d’utiliser un ordinateur avec la voix ou simplement avec le mouvement des yeux. Des équipements encore coûteux (autour de 1 500 euros pour une commande oculaire chez CIMIS par exemple), mais dont l’utilisation devient de plus en plus courante.

    85 à 95 %

    des personnes dans le monde ayant besoin d’une aide technique n’y ont pas accès pour des raisons économiques ou faute de disponibilité dans leur pays. (1)

    3 Des prothèses et orthèses personnalisées et plus performantes

    Prothèses et orthèses sur mesure en un clin d’œil

    Apparue il y a quelques années, la technologie du scan 3D consiste à scanner le corps des patients pour obtenir une prothèse parfaitement adaptée. « À partir de l’image du scan 3D, un stylet relié à des capteurs permet de faire des ajustements de mesures sur l’ordinateur, explique Matthieu Robinet, directeur de Prorobs, une entreprise spécialisée. Selon la force exercée sur le stylet par l’utilisateur, cette technologie de “retour d’effort” applique les corrections à la forme de la prothèse. C’est comme modeler du plâtre, sauf que ça se passe à l’écran ! »

    Quelle différence entre une prothèse et une orthèse ?

    Une prothèse vient remplacer un membre absent : il peut s’agir d’un dispositif externe comme une jambe ou une main artificielle, mais aussi interne comme le remplacement d’un col du fémur. L’orthèse, elle, est un dispositif externe, qui corrige ou soutient un membre déficient ou une mauvaise posture : corset de maintien, genouillère, etc.

    Minimoteurs pour prothèses à haute performance

    La miniaturisation de l’électronique a également ouvert de nouvelles perspectives.

    « On peut fabriquer des mains articulées très performantes et des prothèses de genou capables d’amortir automatiquement le poids du corps. On a donc des patients qui peuvent faire plus de choses de façon autonome », affirme Matthieu Robinet.

    Des équipements haut de gamme qui ne sont cependant pas adaptés à tous les cas car ils nécessitent un long apprentissage, qui peut s’avérer épuisant, voire insurmontable pour certains patients. De plus, comme elles sont très coûteuses (2), le bénéfice pour le patient doit être confirmé par s pour qu’il y ait une prise en charge.

    Vaincre la surdité profonde avec les implants cochléaires

    Les implants cochléaires corrigent certaines formes de surdité totale ou profonde qui ne peut être corrigée par les appareillages classiques. Ils se composent :

    • d’une partie externe placée sur le côté du crâne et derrière l’oreille, qui contient un microphone pour capter les sons et un processeur vocal qui les « encode » ;
    • d’une partie interne (l’implant lui-même) : il est composé d’un récepteur et d’électrodes placées sur la cochlée qui transmettent les sons au nerf auditif, puis au cerveau.
       
    • Lire aussi : Perte d’audition, mode d’emploi

    Bon à savoir

    La pose d’un implant cochléaire doit faire l’objet d’un agrément préalable de l’Assurance Maladie. Elle est alors prise en charge à 100 % (soit environ 22 000 euros). (3)

    30 000

    implants cochléaires sont posés chaque année dans le monde, dont 1 500 en France. (4)

    4 IOT (Internet des objets), impression 3D, exosquelettes : des pistes pour demain ?

    Des orthèses connectées pour un meilleur suivi médical

    Parmi les technologies émergentes dans le champ du handicap, l’Internet des objets (IOT) appliqué aux orthèses connectées devrait faire son arrivée prochainement. Elles permettront un suivi poussé du patient (fréquence de port d’un corset par exemple) et aideront ainsi à adapter le traitement aux contraintes quotidiennes du patient, y compris chez les plus jeunes, pour en augmenter l’efficacité.

    Les exosquelettes, une piste contre les paralysies

    Les exosquelettes sont des appareillages motorisés qui soutiennent le corps et aident à recréer du mouvement, particulièrement étudiés pour les cas de paraplégie (paralysie d’une ou plusieurs zones sur un côté du corps) et d’hémiplégie (paralysie des jambes). Encore expérimentaux, certains modèles sont cependant à l’essai dans des centres de rééducation comme à Kerpape (56) et Cosne-sur-Loire (58).

    L’impression 3D

    Enfin, l’impression 3D, dont on parle beaucoup, est encore au stade expérimental en France pour des raisons à la fois techniques et réglementaires.

    « Pour l’heure, les matériaux ne sont pas conformes à la réglementation française sur les prothèses pour des raisons de solidité et donc de sécurité pour les patients », conclut Mathieu Robinet.

    Envie d’en savoir plus sur les technologies qui redonnent de l’autonomie face au handicap ?

    Rendez-vous aux différents salons Autonomic organisés dans plusieurs villes de France en partenariat avec la Macif !

    L’Essentiel de l’article

    • De nouvelles technologies améliorent l’autonomie des personnes handicapées.
    • L’accessibilité, la domotique, le scan 3D et les technologies de retour d’effort sont aujourd’hui très utilisés.
    • L’impression 3D, les appareils connectés et les exosquelettes sont en cours d’expérimentation.

    (1) OMS, 2018.
    (2) Le prix moyen d’une prothèse en France varie de 500 à 40 000 euros pour une prothèse, mais peut monter jusqu’à 100 000 euros pour les plus sophistiquées. Pour les orthèses, il faut compter de 400 à 4 000 euros environ. Les appareils agréés par l’Assurance Maladie sont remboursés à 100 %.
    (3) Réseau CHU, « L’implant cochléaire : une révolution pour les personnes atteintes de surdité profonde », 2013
    (4) Sciences et Avenir, 2016.

  • Comment obtenir une carte de stationnement handicapé pour votre enfant ?

    Comment obtenir une carte de stationnement handicapé pour votre enfant ?

    Pour lutter contre la fraude, depuis le 1er janvier 2017, la carte de stationnement handicap est remplacée par la Carte Mobilité Inclusion (CMI). Elle est sécurisée et infalsifiable et se substitue aux trois anciennes cartes : d’invalidité, de priorité et de stationnement.

    1 À quoi sert la Carte Mobilité Inclusion mention « stationnement pour personnes handicapées » ?

    La Carte Mobilité Inclusion confère le droit de se garer gratuitement en priorité sur les places handicapées, mais aussi sur toutes les autres places de stationnement ouvertes au public en France.

    La carte mobilité inclusion a pour but de faciliter le déplacement et la mobilité des personnes en situation de handicap. Si vous êtes parent d’un enfant en situation de handicap, afin de vous simplifier le stationnement, dès lors que vous disposez d’une CMI, vous bénéficiez de places réservées relativement accessibles car placées près des entrées de bâtiments, ou plus larges pour pouvoir déplier le fauteuil roulant de votre enfant en toute sécurité.

    Votre enfant souffre d’un handicap ?

    Découvrez le contrat Garantie Autonomie et Dépendance de la Macif !

    2 Qui peut bénéficier de la Carte Mobilité Inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » ?

    La mention « Stationnement pour personnes handicapées » est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements.

    Si vous êtes le parent d’un enfant en situation de handicap et dont le taux d’incapacité est d’au moins 80 %, vous pouvez également bénéficier de la carte mobilité inclusion.

    Bon à savoir

    Les cartes actuelles de stationnement handicap en cours de validité restent valables jusqu’au 31 décembre 2026 au plus tard.

    3 Comment faire la demande ?

    Pour obtenir la CMI, il faut s’adresser à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de votre département en leur fournissant les documents suivants :

    • un formulaire accompagné soit d’un certificat médical datant de moins de 6 mois ;
    • la photocopie d’une pièce d’identité de votre enfant (la CMI sera à son nom et portera sa photo).

    La CMI est attribuée pour une durée de 1 à 20 ans selon la situation de votre enfant(1).

    Le saviez-vous ?

    Votre CMI est infalsifiable. Si toutefois, suite à la perte ou au vol de votre carte, celle-ci est utilisée par un usurpateur, celui-ci risque une contravention pouvant aller jusqu’à 1 500 euros (2).

    4 Où placer la carte ?

    La carte est à apposer sur le pare-brise de votre véhicule, mais vous devez penser à la retirer dès lors que l’enfant handicapé n’est pas présent dans le véhicule.

    Attention son nouveau format carte bancaire ne lui permet pas toujours d’être visible : vérifiez bien avant de quitter votre véhicule qu’elle soit bien lisible, surtout dans les villes où les forfaits post-stationnement (3) (ces amendes que vous pouvez désormais contester) sont délivrés par des mandataires privés.

    52 %

    des Français se disent favorables à une sanction plus sévère pour un stationnement illégal sur une place réservée à une personne handicapée (4).

    Bon à savoir

    En cas de séparation des parents, vous pouvez demander un deuxième exemplaire de la carte auprès de l’Imprimerie nationale (5). Il faudra vous acquitter d’un montant de 9 € pour l’attribution d’une nouvelle carte. Par ailleurs, seules les personnes désignées comme responsables de la charge de l’enfant en situation de handicap pourront obtenir cette carte.

    Envie d’en savoir plus sur les solutions qui redonnent de l’autonomie face au handicap ?

    Rendez-vous aux différents salons Autonomic organisés dans plusieurs villes de France en partenariat avec la Macif !

    * Valable jusqu’au 31/12/2026.

    L’Essentiel de l’article

    • La Carte Mobilité Inclusion vient en remplacement de la carte de stationnement handicap.
    • Elle se substitue aux 3 anciennes cartes d’invalidité, de priorité et de stationnement.

    (1) Handirect, « Droits et handicap : Le point sur les aides existantes », 2018
    (2) Secrétariat d’État auprès du Premier ministre chargé des Personnes handicapées, « La carte mobilité inclusion (CMI) », 2017
    (3) Service public, « Stationnement non payé – Amende ou forfait de post-stationnement », 2018
    (4) Étude YouGov pour Seton, « Les Français et les interdits »
    (5) Portail CMI

  • Sécurité routière : sourds et malentendants bienvenus !

    Sécurité routière : sourds et malentendants bienvenus !

    1 Une question, trois solutions !

    « Sourdline travaille avec plusieurs entreprises, dont la Macif, qui souhaitent rendre leur service client accessible aux personnes sourdes et malentendantes », explique Raphaël Mendès, directeur de la stratégie et du développement Sourdline.

    « Concrètement, un client Macif qui a une assurance ou une complémentaire santé, peut joindre la Macif par téléphone via Sourdline de deux façons. Majoritairement, les personnes utilisent notre système de visioconférence par webcam, qui permet d’échanger en langue des signes avec un interprète entendant. Celui-ci peut alors appeler l’entreprise concernée et traduire simultanément par téléphone la demande du client au conseiller de l’entreprise », détaille Raphaël.

    Sourdline dispose également d’un système de tchat, car toutes les personnes sourdes et malentendantes ne maîtrisent pas la langue des signes : le client expose sa demande par écrit à l’interprète, qui appelle le service client de l’entreprise tout en échangeant par écrit avec le consommateur.

    « Nous avons aussi développé un troisième système avec l’un de nos partenaires : des collaborateurs sourds sont formés chez Sourdline pour répondre directement aux questions des clients. Ils ne sont donc pas interprètes, mais véritablement conseillers, spécialistes de la marque concernée. »

    6 MILLIONS

    de français sont sourds ou malentendants, soit 9 % de la population. (1)

    2 La sécurité routière, un sujet pour tous

    Le stage Macif est destiné aux personnes qui ont le permis de conduire et souhaitent acquérir une conduite plus sûre et de bons réflexes de sécurité. En une matinée, la partie théorique propose un rappel du code de la route avec un test ludique pour se remettre à niveau. La partie pratique permet ensuite d’estimer les temps et distances de freinage, de mieux négocier les virages sur chaussée glissante, de comprendre les limites de sa voiture, etc.

    Mais comment profiter de ce type de stage lorsqu’on est sourd, alors que la majeure partie de l’information est délivrée à l’oral par un formateur ? Sans interprète, c’est quasiment impossible !

     

    La Fondation Macif mène des actions en faveur des personnes en situation de handicap.

    Renseignez-vous !

    Nous avons donc accompagné et conseillé la Macif sur ce projet, et aujourd’hui les stages sont 100 % accessibles grâce à des sous-titrages ou l’incrustation d’interprètes en médaillon pour les vidéos et, bien sûr, à la présence d’interprètes sur place.

    Résultat : un stage qui profite à tous, où tout le monde peut poser des questions.

    « Et aussi, c’est important, on peut interagir et partager avec les personnes entendantes présentes, c’est très enrichissant !, se félicite Raphaël. Les sourds et malentendants sont ravis de voir qu’ils ont accès à ces stages, c’est un vrai plaisir pour eux ! C’est très valorisant de sentir qu’on est considéré au même titre que n’importe quel autre client, avec les mêmes droits et les mêmes avantages. D’ailleurs, dès que nous communiquons sur ces stages, les inscriptions sont très vite closes parce que c’est inédit, que ça intéresse vraiment le public. »

    3 Passer son permis de conduire, un casse-tête pour les sourds et malentendants

    Pour les personnes sourdes et malentendantes, passer son permis de conduire est un véritable challenge car les formations ne sont pas adaptées : non seulement les diaporamas sonores du code de la route ne sont pas sous-titrés ni interprétés en langue des signes, mais la communication avec les instructeurs peut parfois s’avérer compliquée.

    « Ça ne veut pas dire que c’est impossible, mais c’est plus dur parce qu’on passe à côté de beaucoup d’explications. À Paris, à ma connaissance il n’y a qu’une auto-école accessible aux personnes sourdes et malentendantes, dans le XIIe arrondissement, et il y en a très peu ailleurs en France, déplore Raphaël. Nous travaillons donc aussi avec la Macif pour sensibiliser les pouvoirs publics aux questions d’accessibilité des auto-écoles. On les informe, on est écouté, malheureusement les choses ont du mal à se concrétiser. C’est dommage parce que les solutions sont là, il n’y a plus qu’à les déployer ! Nous avons, par exemple, un diaporama du code de la route avec un doublage en langue des signes, il n’y aurait plus qu’à le distribuer dans toutes les auto-écoles de France. Donc notre combat continue, parce que le manque d’accessibilité constitue un véritable plafond de verre. »

    Pourtant, rendre accessible les formations quelles qu’elles soient répond à un réel besoin.

    « Nous avons aussi rendu accessible la formation aux premiers secours de la Macif, c’est génial ! Les personnes sourdes et malentendantes ont donc enfin pu apprendre ces gestes qui sauvent. Et il y a d’autres idées en cours, le partenariat avec la Macif est très dynamique car il y a une vraie volonté d’avancer et d’innover sur ces sujets d’accessibilité », conclut Raphaël.

    Bon à savoir

    Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent tout à fait passer leur permis de conduire, sous réserve de présenter un certificat médical d’aptitude à la conduite. Celui-ci doit être délivré par un médecin agréé autre que le médecin traitant. Consultez les détails et la liste des médecins sur le site Service-public.fr.

    L’Essentiel de l’article

    • Sourdline permet aux personnes sourdes ou malentendantes de joindre les services clients des entreprises partenaires.
    • Sourdline fonctionne grâce à des interprètes et à un système de visioconférence ou de tchat.
    • Avec Sourdline, la Macif a rendu encore plus accessibles ses stages de sécurité routière.

    (1) Fédération nationale des sourds de France
  • La Cantine de Joséphine, la convivialité au service de l’insertion de jeunes handicapés

    La Cantine de Joséphine, la convivialité au service de l’insertion de jeunes handicapés

    1 Assurer l’avenir professionnel des jeunes adultes

    « Notre fille Joséphine a 24 ans. Elle a un léger handicap qui occasionne quelques difficultés au quotidien, mais a toujours fréquenté des écoles ordinaires du circuit normal. C’est à la sortie du système scolaire que s’est posée la question du travail, car son handicap n’est pas assez marqué pour qu’elle entre en ESAT (Établissement et service d’aide par le travail) mais elle ne peut pas non plus travailler en milieu ordinaire sans y être préparée », explique Valérie Sybille, cofondatrice de l’association Handélice et gérante bénévole du restaurant La Cantine de Joséphine.

    En 2013, avec son mari et d’autres personnes concernées par le handicap, Valérie Sybille décide donc de créer Handélice pour aider à l’insertion de ces jeunes adultes. L’association agit d’abord sur le renforcement du lien social en organisant des sorties mélangeant jeunes handicapés et étudiants. Elle travaille également à l’insertion par le logement, avec la mise en place courant 2018 d’une colocation de sept adultes en situation de handicap, dans laquelle ils pourront vivre de façon autonome.

    19 %

    des personnes en situation de handicap sont au chômage en France, contre 10 % pour l’ensemble de la population.*

    2 Au cœur de la ville, un vrai restaurant ouvert à tous

    Dès 2013, Valérie Sybille a également l’idée de fonder La Cantine de Joséphine, un restaurant d’insertion professionnelle ouvert à tous.

    « C’est un restaurant où les jeunes comme Joséphine peuvent travailler dans un cadre adapté, tout en étant un restaurant classique. C’est la raison pour laquelle nous avons tenu à ce qu’il soit implanté en plein centre-ville de Valenciennes, afin que tout le monde puisse venir y déjeuner et que nous soyons vraiment insérés dans la vie de la cité », insiste Valérie Sybille.

    Six personnes travaillent actuellement dans le restaurant, dont quatre en insertion et deux encadrants techniques : Joséphine et Émilie, au service, encadrées par Ninon, la responsable de salle. En cuisine, Océane et Ludivine, encadrées par Laurent, chef-cuisinier. Toute cette équipe s’active consciencieusement pour donner le meilleur d’elle-même.

    C’est très important que le service et la cuisine soient à la hauteur des attentes des clients : la première fois, ils viennent pour le concept, mais si on veut qu’ils reviennent, il faut assurer !

    3 Changer le regard sur le handicap

    Le restaurant accueille également régulièrement des stagiaires, souvent des jeunes en situation de handicap, mais pas seulement.

    « Nous prenons aussi en stage des jeunes sans handicap, pour leur montrer que c’est tout à fait possible de travailler normalement avec des collègues handicapés. Ce sont pour certains de futurs patrons de restaurant, c’est donc important de changer leur regard car nous espérons que le moment venu, ils seront moins réticents à employer des personnes en situation de handicap », poursuit Valérie Sybille.

    « Et ça marche ! Nous voyons tous les jours l’évolution positive des jeunes qui travaillent chez nous. Ils s’ouvrent, gagnent en confiance et en autonomie. Le contact avec la clientèle et la grande mixité entre les personnes handicapées et les autres est un vrai facteur de progrès. »

    Vous êtes en situation de handicap ?

    Au travers de la démarche Macif Egalis, découvrez les solutions, produits et services d’assurance du groupe Macif.
    Renseignez-vous !

    4 Cap sur la formation professionnelle

    Aux côtés de cette équipe de pros, des bénévoles assurent certaines fonctions administratives ou statutaires, comme Romain, qui s’occupe de la partie formation, car le statut d’entreprise d’insertion implique l’accompagnement des jeunes vers des formations diplômantes.

    Depuis que La Cantine existe, quatre stagiaires ont déjà été formés, et deux, Vincent et William, ont obtenu leur CAP de cuisine : ils ont donc pu partir travailler dans des restaurants « traditionnels ».

    « C’est une grande fierté pour eux et une victoire pour nous, ça prouve que c’est possible », se réjouit Valérie Sybille. « C’est ça notre combat : faire tomber les préjugés. Pour répondre au cahier des charges d’une entreprise d’insertion, on se doit d’organiser une immersion dans une structure différente de la nôtre, et c’est là que, souvent, ça coince, car la plupart des recruteurs et chefs d’entreprise ne sont pas prêts à faire travailler ces profils. Pourtant, ceux qui acceptent le défi sont enchantés ! »

    Ce restaurant, c’est toute ma vie.

    5 La diversification pour croître et s’ouvrir

    La Cantine de Joséphine est une entreprise d’insertion, mais c’est aussi un vrai restaurant à statut commercial, avec des aides de l’État qui ne compensent évidemment pas les charges salariales, notamment des encadrants.

    Pour se développer ou mettre en route de nouveaux projets, l’association Handélice doit donc faire régulièrement appel aux financements de fondations – dont la Fondation d’entreprise du groupe Macif.

    « Nous allons prochainement lancer un restaurant ambulant sous forme d’une caravane récupérée et retapée en food truck pour aller vendre des sandwichs sur les campus et dans les entreprises de la région. C’est une diversification nécessaire pour notre activité, mais c’est aussi un excellent moyen pour les jeunes de voir autre chose et de toucher de nouveaux publics. »

    Et de continuer à faire tomber, les uns après les autres, les préjugés sur le travail des personnes handicapées.

    L’Essentiel de l’article

    • La Cantine de Joséphine est un restaurant d’insertion employant des jeunes en situation de handicap.
    • Il est situé à Valenciennes, en plein centre-ville, et est ouvert à tous.
    • Les jeunes sont accueillis, en stage ou en emploi, et bénéficient de formations diplômantes.

    *DARES, 2017.

  • Livres audio pour malvoyant : lire autrement

    Livres audio pour malvoyant : lire autrement

    1 Livre audio pour malvoyant : écoute en ligne

    Vous êtes en incapacité de lire ? Sachez qu’il existe de nombreuses bibliothèques sonores, regroupant des milliers d’ouvrages classiques ou récents, de tous les genres (littérature, histoire, sociologie, poésie, etc.), accessibles à l’écoute gratuitement.

    Comment profiter de ces lectures choisies ? En vous rendant sur les sites dédiés, vous aurez le choix d’écouter un ouvrage directement en ligne ou de le télécharger sous format MP3 sur votre ordinateur.

    Consultez par exemple les sites :

    • eole.avh.asso.fr, de la médiathèque de l’association Valentin Hauy ;
       
    • litteratureaudio.com, de l’association Des Livres à lire et à entendre ;
       
    • audiocite.net, un catalogue riche, classé par durée, à écouter ou à télécharger légalement et gratuitement ;
       
    • librivox.org, pour des livres souvent en anglais, tombés dans le domaine public ;
       
    • lecturesonore.com, la bibliothèque sonore virtuelle et gratuite de l’Unadev pour personnes malvoyantes ;
       
    • bnfa.fr, de la Bibliothèque numérique francophone accessible.

    1,7 million

    de personnes souffrent de déficience visuelle en France, dont 207 000 personnes aveugles ou malvoyantes*.

    2 Le prêt à domicile

    Autre possibilité : emprunter gratuitement un ouvrage sonore, enregistré sur CD, clé USB ou carte SD. Vous pouvez vous rendre dans votre bibliothèque : les livres audio y sont généralement gérés comme un e-book lorsqu’ils sont dématérialisés et comme un livre lorsqu’ils sont sur support (CD, clé USB, carte SD). Vous pouvez également vous inscrire au réseau des Bibliothèques sonores, qui vous enverra, en franchise postale aller-retour, le livre souhaité au format choisi.

    Plus d’infos sur :

    • advbs.fr, le site des (120 !) Bibliothèques sonores de l’association des Donneurs de voix.

    Vous êtes en situation de handicap ?

    Avec Macif Egalis, bénéficiez d’une assurance adaptée à vos besoins spécifiques.

    Le saviez-vous ?

    Grâce à son partenaire HandiCapZéro, la Macif vous permet d’accéder à vos courriers de gestion, à vos avis d’échéances, etc., adaptés en caractères agrandis, en braille ou sur CD audio !

    L’Essentiel de l’article

    • Oui, sachez que le plaisir de la lecture est accessible à tous !
    • Découvrez les livres audio pour écouter lire.
    • Sur Internet, découvrez les nombreuses offres, souvent gratuites.
    • Vous avez la possibilité d’écouter en ligne ou de télécharger les ouvrages.

    * Source : aveuglesdefrance.org

  • « Malgré mon handicap, je peux enfin m’habiller comme tout le monde. »

    « Malgré mon handicap, je peux enfin m’habiller comme tout le monde. »

    « J’ai toujours été d’une nature coquette ! », avoue d’emblée Nathalie, la petite cinquantaine enjouée.

    Pourtant, si elle parle aujourd’hui avec un certain plaisir retrouvé des trois derniers manteaux achetés cet hiver, tel ne fut pas toujours le cas. Victime d’un accident du travail, cette ancienne aide-soignante a perdu l’usage complet de son bras il y a quelques années. Un bouleversement total qui, en plus de lui avoir fait perdre son travail, a complètement changé sa façon d’être et d’apparaître.

    « Je ne me reconnaissais plus. J’ai passé trois ans en jogging, moi qui aimais tant m’habiller… J’ai très vite renoncé aux vêtements pour personnes en situation de handicap que je ne trouvais vraiment pas très beaux et souvent très chers », se souvient Nathalie, un peu triste.

    1 La mode : un accessoire essentiel !

    C’est une heureuse rencontre avec l’équipe de Cover Dressing, une association qui promeut une mode accessible à tous et qui est soutenue par la Fondation d’entreprise du groupe Macif, qui va tout changer en lui permettant de retrouver goût au shopping et au plaisir de porter ses vêtements préférés.

    Muriel Robine, la fondatrice de Cover Dressing, explique :

    « Retrouver une bonne image de soi à travers la mode que l’on s’est choisie et non celle revêtue faute de mieux est essentiel pour les personnes en situation de handicap. Nous avons donc développé un outil de référence qui permet à chacun de retrouver dans les boutiques de prêt-à-porter les pièces qui sont adaptées à tous les types de handicap. »

    « Malgré mon handicap, je peux enfin m’habiller comme tout le monde. »

     

    80 %

    des handicaps sont invisibles… alors que le fauteuil roulant reste dans l’imaginaire collectif le symbole du handicap.

    2 Du « bien-à-porter » plutôt que du « prêt-à-porter »

    Labellisé « Bien-à-porter », ce vestiaire adapté est disponible dans les rayons des boutiques de prêt-à-porter. Il a l’avantage de présenter des caractéristiques pratiques et ergonomiques (élasticité du tissu, largeur d’emmanchure, facilité de boutonnage, confort des coutures), dont les fabricants eux-mêmes ne soupçonnaient pas l’intérêt.

    Pour répondre au mieux à toutes les situations particulières et aux limitations qu’elles induisent en termes d’habillage, quatre profils ont été examinés sous toutes les coutures. Ainsi, selon que vous vous habillez d’une seule main (comme dans le cas de Nathalie), assis (pour les personnes en fauteuil), à deux (quand l’autonomie est limitée) ou en douceur (pour les personnes fragiles ou sujettes aux douleurs), vous pourrez découvrir en un clic les vêtements labellisés « Bien-à-porter », en vente dans les boutiques de Monsieur et Madame Toutlemonde. L’ensemble des pièces proposées ayant été auparavant testées et approuvées par les équipes de Cover Dressing (ergothérapeutes, stylistes, bénévoles, etc.).

    3 Une petite robe ? Un manteau ? Banco !

    Aujourd’hui, Nathalie a retrouvé goût au shopping et s’habille de nouveau « comme tout le monde ! » Elle poursuit :

    « Grâce aux conseils de Cover Dressing, je sors davantage, je retourne à nouveau dans les boutiques seule, et je sais désormais ce qui peut me convenir comme une petite robe en laine et élasthanne qui s’enfile facilement ou le blouson à bouton unique qui se ferme d’une main. Il m’arrive même de repérer moi-même des pièces adaptées ; j’en fais alors profiter la communauté de Cover Dressing et il rejoint les autres pièces labellisées. »

    Du côté de l’association, Muriel Robine continue de faire valoir ses belles valeurs inclusives, en espérant convaincre les industriels qu’un marquage spécifique sur les étiquettes faciliterait grandement la vie des personnes concernées par le handicap, tout aussi accros à la mode que les autres !

    Vous êtes en situation de handicap ?

    Bénéficiez d’une assurance spécifique et facilement accessible avec Macif Egalis.

    En savoir plus : www.coverdressing.com

    L’Essentiel de l’article

    • La mode : un essentiel pour la vie sociale.
    • Des vêtements spécialisés souvent trop chers.
    • « Bien-à-porter », un label pour une mode accessible.
    • Trouver des vêtements adaptés en fonction de son handicap.
    • Un repérage facilité dans les grandes enseignes.

    Source : OCIRP, 2016.

  • Le PAVE pour une ville plus accessible : c’est obligatoire !

    Le PAVE pour une ville plus accessible : c’est obligatoire !

    Depuis la loi sur le handicap de 2005, toutes les communes de plus de 1 000 habitants sont tenues de faciliter le quotidien et la mobilité des personnes en situation de handicap.

    Elles doivent pour cela mettre en place un Plan de mise en accessibilité des voiries et des espaces publics (PAVE). La réalisation de ce PAVE incombe aux municipalités.

    Vous êtes en situation de handicap ?

    Avec Macif Egalis, bénéficiez d’une assurance adaptée à vos besoins spécifiques !