Catégorie : Ma famille, ma tribu

  • Apprendre à nager à son enfant : à quel âge commencer et comment s’y prendre ?

    Apprendre à nager à son enfant : à quel âge commencer et comment s’y prendre ?

    Maîtriser la natation pour un enfant, c’est non seulement s’amuser, mais aussi acquérir des réflexes de sécurité pour réduire le risque de noyade, qui a causé 361 décès à l’été 2023. Voici comment accompagner votre enfant dans cette aventure aquatique, avec les témoignages de parents et les conseils de professionnels.

    À quel âge un enfant peut-il apprendre à nager ?

    Les experts recommandent de mettre les enfants à l’eau dès le plus jeune âge. Les bébés peuvent d’ailleurs débuter des cours d’éveil aquatique ou bébé gym dès 4 mois, ce qui les aide à se familiariser avec l’eau dans un environnement sécurisé et ludique. Cependant, pour des cours de natation plus structurés, l’âge de 6 ans est idéal : c’est là que les enfants développent une meilleure coordination motrice et une maturité émotionnelle qui leur permettent d’apprendre les techniques de base.

    Peut-on enseigner soi-même à son enfant ?

    De nombreux parents choisissent d’enseigner eux-mêmes la natation à leurs enfants. Cette approche présente plusieurs avantages, comme la possibilité de renforcer la relation de confiance et aussi de bénéficier d’une grande flexibilité dans les horaires. Mais pour un apprentissage optimal, le mieux est de combiner enseignement parental et cours de natation avec des professionnels. Les conseils de maîtres-nageurs restent très importants, les parents pouvant parfois manquer de bagage technique pour apprendre les bons gestes et de connaissances en matière de sécurité. Ainsi, Claire, maman de Léa : « J’ai commencé à familiariser ma fille avec l’eau dès l’âge de 6 mois en jouant avec elle à la piscine municipale. Aujourd’hui, à 4 ans, elle adore nager et se sent très à l’aise dans l’eau. Mais elle ne maîtrise pas parfaitement les gestes de la brasse, et je pense quand même lui prendre quelques cours cet été. » Pour Sophie, maître-nageur, chaque enfant est différent : « Certains peuvent être prêts à apprendre les techniques de base dès 3 ans, tandis que d’autres peuvent prendre un peu plus de temps. Si vous voulez familiariser votre enfant à la nage, vous pouvez faire des exercices avec lui dans l’eau, à condition de ne pas le mettre tout le temps dans la même situation. Il faut multiplier les situations pédagogiques pour enrichir son expérience dans l’eau. L’important est de ne pas les forcer et de rendre l’apprentissage amusant. » Marc, papa de Tom, 5 ans, témoigne : « Nous avons pris des cours de natation ensemble avec mon fils, ce qui nous a permis de passer du temps de qualité tout en apprenant. Le maître-nageur a vraiment su le rassurer et lui donner confiance. Et de mon côté, j’ai aussi appris 2/3 trucs utiles ! »

    Dans certains établissements scolaires, notamment en Seine-Saint-Denis, département dans lequel un enfant sur deux ne sait pas nager à son entrée au collège, il existe aussi une réelle politique d’apprentissage de la nage : à Romainville par exemple, des séances de natation – environ une dizaine – sont organisées à la piscine municipale dès la grande section de maternelle. L’apprentissage de la natation est enrichissant pour les enfants comme pour les parents. C’est une véritable étape dans leur développement. Commencez dès que possible, respectez leur rythme et combinez l’enseignement parental avec des cours professionnels pour garantir une expérience autant sécurisée qu’agréable. Et rappelez-vous, la patience et la persévérance sont les clés du succès.

    Quelques conseils pratiques pour les parents

    • Mettez des brassards adaptés à la taille de l’enfant et conformes à la norme NF
    • Baignez-vous dans des zones surveillées
    • Tout d’abord, familiarisez votre enfant avec l’eau à travers des jeux simples et amusants.
    • Progressez en douceur, sans jamais le forcer.
    • Enseignez-lui les techniques de base, comme flotter sur le dos, une compétence essentielle pour la sécurité, mais aussi les coups de pied simples et les mouvements de bras basiques.
    • Surveillez constamment votre enfant lorsqu’il est dans l’eau, même s’il porte des brassards.
    • Apprenez-lui les règles de sécurité aquatique, comme ne jamais nager seul.

    Quelques exercices à faire avec son enfant pour lui apprendre à nager

    • Mettre la tête sous l’eau
    • Passer sous l’eau entre vos jambes
    • Faire la planche
    • Se propulser dans l’eau sur le bord de la piscine, en prenant appui sur ses pieds
    • Utiliser une planche pour qu’il s’exerce à battre des pieds
    • Utiliser des palmes
  • Mon ado boit de l’alcool : comment réagir en tant que parent ?

    Mon ado boit de l’alcool : comment réagir en tant que parent ?

    Ados et alcool

    Nombre de parents ont connu ça. Après quelques mois dans une nouvelle classe ou un séjour lors des grandes vacances, leurs enfants sages qui longtemps leur avaient demandé en grimaçant comment ils pouvaient apprécier le goût des boissons alcoolisées, se sont soudain mis à boire des bières en terrasse, à imaginer des cocktails improbables, voire, à expérimenter le binge drinking (la recherche de l’ivresse par une importante consommation d’alcool ponctuelle). Selon la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), 85,7 % des jeunes de 17 ans ont déjà expérimenté l’alcool. Or, bien que ces conduites festives soient parfaitement acceptées par la société, elles comportent des risques.

    La Mildeca met ainsi en garde sur les dangers de l’abus d’alcool à court terme : « Coma éthylique, implication dans des violences comme victime et / ou auteur, rapports sexuels non consentis ou accidents de la route. » Ainsi que sur les conséquences possibles à long terme, notamment la dépendance. Rappelons qu’en France, la consommation d’alcool cause 49 000 décès chaque année. Le docteur Hervé Martini, addictologue et secrétaire national de l’association Addictions France, insiste, avant tout, sur le rôle de la prévention à l’échelle du pays et dans l’entourage proche des jeunes, surtout au sein de la famille.

    Pas une goutte d’alcool avant 18 ans

    Selon la Mildeca, 30 % des consommations d’alcool chez les jeunes ont lieu… en présence de leurs parents. Hervé Martini note que si l’âge moyen des premiers verres est officiellement 14 ans, dans les faits « beaucoup de jeunes ont expérimenté l’alcool à partir de 10 ou 11 ans », sur proposition de leurs parents de goûter un peu de champagne à l’occasion d’une fête, par exemple. Mais pour lui, ces petits rituels ancrés dans nos traditions ne sont pas anodins. « Plus tard on consomme de l’alcool, mieux ce sera, explique-t-il. Car le cerveau de l’enfant est en plein développement et l’alcool peut en modifier le fonctionnement. » Il rappelle qu’entre 12 à 18 ans, les adolescents sont très vulnérables face à ces substances. Pour lui, il ne doit y avoir strictement aucune consommation avant 18 ans. En France, la vente d’alcool est d’ailleurs interdite aux mineurs.

    « C’est juste pour s’amuser. » invoquent 40% des consommateurs réguliers d’alcool.

    Il est préférable d’attendre un peu avant de partager ses connaissances en matière d’œnologie ou de biérologie avec les jeunes de son entourage. L’addictologue explique aussi qu’il est nécessaire d’armer les enfants en « renforçant leurs compétences psychosociales, pour qu’ils soient capables de dire “non” face à un groupe ». Car la pression sociale des copains et le matraquage publicitaire sont une véritable épreuve pour les jeunes que l’on n’a pas éduqués à dire « non ». C’est pourquoi l’association Addictions France développe des actions dans ce sens au sein des établissements scolaires.

    46 % des 16-30 ans

    consomment régulièrement de l’alcool, et 5% quotidiennement. 

    Source : Baromètre Addictions Ipsos – Macif 2025

    Des solutions pour se faire accompagner

    Hervé Martini insiste aussi sur le fait qu’il n’est jamais trop tard. Et qu’un adolescent, consommateur occasionnel ou dépendant, doit être accompagné. « Il faut dire aux jeunes qu’on est à l’écoute, martèle-t-il. S’ils ont un problème ou perdent le contrôle, on est là pour les aider. » Il recommande aussi de les pousser à se poser les bonnes questions : avec qui je consomme ? Comment je consomme ? Comment me mettre en sécurité ? Où trouver des repères ? Et pour les familles, les enseignants et les proches en général, certains signes peuvent permettre de détecter une addiction. Le spécialiste liste ainsi quelques changements de comportement qui doivent alerter : le décrochage scolaire, la déprime, le renoncement à des activités, l’arrêt du sport ou le fait de ne plus voir les copains. Ces évolutions peuvent être les marqueurs d’une consommation d’alcool, mais pas seulement, ils peuvent aussi être les conséquences de violences telles que le harcèlement.

    « L’addiction ne se développe pas en un verre, prévient Hervé Martini. C’est un comportement qui va se répéter, s’insinuer dans des fragilités. C’est la rencontre entre un environnement, un produit et un individu. » Il déconseille vivement de culpabiliser les parents, qui peuvent ne pas s’être rendu compte de la descente aux enfers de leur enfant, malgré leur attention. Et il préconise un accompagnement dans des structures de soins. « Il y a des consultations pour jeunes consommateurs dans les Maisons des adolescents ou dans certains établissements scolaires, développe-t-il. Il faut en parler, ça ne doit pas être un tabou. On peut aussi prendre rendez-vous avec son médecin traitant, un psychologue ou un infirmier, mais surtout, il ne faut pas rester seul. »

    « LES ADDICTIONS ET LEURS CONSÉQUENCES CHEZ LES JEUNES »

    La Macif a lancé avec Ipsos le 1er baromètre sur les consommations de substances addictives chez les 16-30 ans afin de proposer des solutions de prévention adaptées.

  • Mon enfant n’est pas encore propre pour la maternelle, pourra-t-il faire sa rentrée ?

    Mon enfant n’est pas encore propre pour la maternelle, pourra-t-il faire sa rentrée ?

    Grégory et Kenza, les parents de Barnabé, qui s’apprête à entrer en petite section de maternelle, se sont posé beaucoup de questions sur l’acquisition de la propreté de leur petit garçon. « Notre fils est plutôt mature sur beaucoup de plans, assure la maman. Il a commencé à parler et à marcher tôt, par exemple. Et il se comporte très bien lorsqu’on l’emmène au restaurant, ce qui est difficile pour les enfants de son âge. Alors, on pensait qu’il demanderait à ne plus porter de couches assez tôt, comme le reste. Mais ce n’est pas du tout ce qui s’est passé, poursuit Grégory. Depuis ses dix-huit mois, on lui propose d’aller sur le pot ou sur les toilettes avec un réhausseur, mais il refuse catégoriquement. Et quand on insiste un peu, il dit qu’il est trop petit. On en a parlé à notre pédiatre qui nous a dit de laisser les choses se faire, donc on lui fiche la paix avec ça ! »

    Apprendre sans stress

    Dans la famille de Teresa, les enfants reçoivent un pot avec leurs cadeaux pour leur deuxième anniversaire, c’est une tradition depuis trois générations. « Quand j’étais enfant, je pensais que c’était comme ça dans toutes les familles, raconte-t-elle en riant. Mais, derrière ce rituel en apparence rigolo, il y a quelque chose de l’ordre de l’injonction, on dit à l’enfant : “Allez hop ! Tu as deux ans, tu te débrouilles comme tu veux, mais les couches, c’est terminé !” Quel stress, quand même ! » Le sujet est, effectivement, trop souvent une source d’angoisse pour toute la famille. À commencer par les enfants. Or, la rentrée à la maternelle est déjà, en elle-même, une étape qui peut les inquiéter. Raison de plus pour ne pas ajouter du stress à ce grand changement.

    À chaque enfant son rythme

    « Autrefois, relate le docteur Sellam, pédiatre à Limoges et vice-président du syndicat des pédiatres français, il pouvait arriver qu’on exige que l’enfant soit propre dès l’âge de 9 mois. Or, on sait aujourd’hui qu’il faut, au contraire, ne pas lui mettre de pression et attendre qu’il soit prêt. Il ne faut pas le forcer, au risque de le bloquer. » Il recommande d’attendre 18 ou 24 mois pour commencer à proposer le pot aux petits, car il est important que les enfants aient une motricité adéquate. Et de respecter le fait que chaque enfant avance à son rythme, sans le brusquer. « S’il refuse d’y aller, c’est que ce n’est pas le bon moment », souligne le pédiatre. Il indique que l’acte d’uriner ou de déféquer n’est pas anodin et que cela peut être très impressionnant pour les jeunes enfants : « Les petits peuvent être angoissés par le fait qu’une matière quitte leur corps. Il faut dédramatiser, bien leur expliquer qu’ils ne perdent pas une partie d’eux, mais qu’il s’agit de déchets. »

    Féliciter et encourager les petits

    Le professionnel conseille aussi de faire preuve de nuance, de féliciter et d’encourager les enfants lorsqu’ils parviennent à aller à la selle, sans être excessif. « Quand j’étais petite, on me donnait un chocolat pour me féliciter après la grosse commission aux toilettes, raconte Teresa. Mais quand j’ai voulu faire ça pour ma fille, le médecin de famille me l’a déconseillé en me rappelant qu’il s’agit bien d’un acte naturel et banal. » Et si votre enfant a besoin d’encore un peu de temps pour bien gérer sa propreté, profitez de l’été et des promenades dans la nature pour le laisser sans couches : ce sera beaucoup moins stressant que dans un appartement !

    Des personnels scolaires et périscolaires pour accompagner

    Le docteur Eric Sellam,, tient à rassurer les parents : « L’école étant devenue obligatoire à partir de l’âge de 3 ans, elle ne peut plus refuser un enfant qui n’est pas propre. Cela permet de diminuer la pression chez les parents qui avaient peur que leur enfant soit récusé s’il ne l’était pas. » Les personnels scolaires et périscolaires sont, en effet, formés à soutenir et accompagner les enfants dans l’acquisition de la propreté, sans les gronder, en les changeant si cela est nécessaire, et en les rassurant. Chaque enfant de maternelle dispose de quelques tenues de change dans un casier ou dans un sac, justement prévus pour les petits accidents.

    VOUS ÊTES PARENT ?

    La Macif vous accompagne au quotidien pour faire face aux défis de la parentalité.

  • Barbecue végétarien : recettes d’adeptes

    Barbecue végétarien : recettes d’adeptes

    Les végétariens, gourmands délaissés

    Laurent, 32 ans, installé près de Toulouse ne mange plus de produit animal depuis maintenant quatre ans. « Au début c’était un peu compliqué. Parfois on se moquait même de moi pendant le barbecue entre amis. C’est le moment où tout le monde mange de la viande, alors j’étais un peu l’intrus », s’amuse aujourd’hui ce trentenaire. Pas encore très au fait des solutions qui existaient pour se faire plaisir, Laurent se contente d’abord de quelques légumes grillés : « Je n’avais pas encore de recettes dignes de ce nom. Ce n’était pas très fun. Mais j’ai vite fini par trouver des idées pour apprécier de nouveau ces repas. » Aujourd’hui, ses barbecues ne se résument plus à un morceau de poivron ou d’aubergine cuit sur un coin de la grille. « Ce que j’aime préparer, ce sont des brochettes avec des légumes de toutes sortes et de la feta ou du halloumi, le tout, badigeonné avec un peu d’huile d’olive. C’est un délice », détaille le Toulousain. Selon lui, la clé d’un barbecue végétarien réussi réside dans la sélection des épices pour assaisonner les légumes : « Ma préférence va au mélange tandoori qui est d’ordinaire utilisé pour le poulet. Quand on en recouvre une courgette coupée en deux, ça lui donne un goût délicieux. »

    Place aux fruits marinés

    De son côté, Louise, 26 ans, de Valence, s’est lancé le défi d’apporter encore plus d’originalité à ses barbecues. « Je commençais à avoir fait le tour des légumes. Alors depuis trois ans, je teste tous les étés des recettes que je pioche sur Internet. À base de fruits, plutôt que de légumes », raconte-t-elle. Abricots, pêches, figues et autre pamplemousse s’imposent dorénavant lors de ses repars estivaux entre amis. « La pastèque grillée est ma recette préférée. Je la coupe en tranche et la recouvre d’un mélange d’ail, de citron et d’épices. Puis, je laisse cuire sur chaque face quelques minutes », explique Louise, qui accompagne généralement cette préparation d’une sauce au yaourt à la grecque et au citron vert. Pour la jeune femme, c’est la marinade dans laquelle elle fait baigner ses légumes ou ses fruits qui fait changer de dimension son barbecue végétarien. « Sinon on retrouve dans tous les cas un goût un peu similaire, un goût fumé. Pour une vraie plus-value, il faut préparer des marinades originales », raconte cette passionnée de cuisine. Et pour ça, Louise mise le plus souvent sur les saveurs asiatiques : « J’utilise tout le temps de la sauce tamarin et de l’huile de sésame. »

    Et substituts de viande

    Catalina teint le compte Instagram et le site Internet VeggiesFrance. Cette trentenaire originaire du Chili organise régulièrement des sorties à la découverte des restaurants véganes du sud de la France. Depuis 2016, elle a choisi de ne plus consommer de viande et a même supprimé les produits d’origine animale il y a quatre ans, mais elle a appris à s’adapter pour que ses barbecues restent gourmands. Sa solution : les substituts de viandes. Des aliments à base de protéines végétales qui ont l’aspect et la texture de la viande, et parfois un goût qui s’en rapproche : « Grâce à eux, on peut trouver de tout, merguez, steaks, brochettes… »

    Installée en France depuis plusieurs années, elle a fait découvrir à ses amis une des spécialités chiliennes, le completo, une déclinaison du hot-dog américain auquel on ajoute une purée d’avocat, de la mayonnaise et des tomates. Mais elle s’est permis de revisiter la recette. « Au lieu de la saucisse, je fais cuire au barbecue une saucisse seitan à base de gluten de blé que je prépare moi-même. Ça a bon goût, c’est bon pour la planète et très économique », assure Catalina. Pour préparer des saucisses seitan, il faut mélanger dans un saladier 350g de gluten de blé, une cuillère à café de piment rouge, de l’ail, un peu d’oignon et une pincée de levure, arrosés d’un peu de sauce soja. Puis, laisser reposer le tout 20 minutes avant de donner à sa préparation des formes de saucisses à l’aide d’un film alimentaire et faire mijoter le tout dans une casserole frémissante pendant une cinquantaine de minutes. Une fois précuites, les saucisses iront doucement griller sur le barbecue avant de rejoindre leur pain. Une recette qui fait un tabac chez les amis français de Catalina. « Et même chez ceux qui ne sont pas végétariens ou véganes ! »

  • Les cahiers de vacances sont-ils vraiment utiles pour les enfants ?

    Les cahiers de vacances sont-ils vraiment utiles pour les enfants ?

    Pour les enfants, les grandes vacances tant attendues sont synonymes de bouffée d’oxygène. Un moment loin de l’école pour s’aérer l’esprit avant de reprendre le chemin des classes en septembre. Oui mais voilà, dans le programme de l’été vient parfois s’ajouter un cahier de vacances, après les balades ou la piscine. Pas toujours du goût des enfants – ni, d’ailleurs, des parents –, ce programme d’exercices plus ou moins ludiques est censé aider les écoliers à ne pas oublier ce qu’ils ont appris au cours de l’année. Pourtant, le sujet divise jusque dans le corps enseignant.

    Objectif : se rafraîchir la mémoire

    Sylvie, professeure de français dans un collège de l’académie Aix-Marseille n’est pas franchement convaincue de leur intérêt. « Les vacances sont un moment formateur et important pour le développement des enfants. Mais elles doivent rester un moment de pause. Plutôt que ces cahiers, je préconise des livres ou des sorties au musée en famille. C’est une très bonne façon d’ouvrir l’esprit sans ressasser des choses vues et revues toute l’année. » Mais l’enseignante concède néanmoins qu’il peut y avoir des bénéfices à ces exercices. « En général, ces cahiers sont écrits par des enseignants et suivent les programmes, ils sont assez bien faits. Ils peuvent être utiles à des élèves qui ont des lacunes ou voudraient se rafraîchir la mémoire à quelques jours de la rentrée. Même si pour cela, il suffit que les enfants relisent leurs cours de l’année », estime Sylvie.

    Réassurance et remise à niveau

    Lucas, 12 ans et collégien à Poitiers, a lui-même demandé à ses parents un cahier de vacances au moment de son passage du primaire au secondaire l’été dernier. « Il appréhendait de se retrouver au collège. Alors, il a voulu travailler deux heures par jour pendant une semaine au mois d’août », raconte son père, Lionel. Pourtant, le quadragénaire n’a jamais poussé son fils à se lancer dans des révisions durant ses vacances, au contraire : « Il est bon élève donc il n’en avait pas vraiment besoin. D’ailleurs, je pense que ça ne lui a pas trop plu, son cahier de l’été dernier est resté à moitié vide. Il a fait l’impasse sur plusieurs matières, dont l’histoire-géo, où il a de bons résultats. Mais ça a quand même eu le mérite de le rassurer et de lui faire revoir les matières avec lesquelles il est moins à l’aise. » Cet été, Lucas n’aura pas de cahier de vacances, son père lui prévoit un autre programme : quelques heures de cours particuliers de mathématiques avec un étudiant à la fin de l’été. « Il n’aime vraiment pas cette matière et il est en train de se bloquer. Je me dis que ça peut être bien qu’il revoie le programme à tête reposée. Je l’aurai bien aidé, mais j’ai toujours été un peu nul en maths », sourit Lionel.

    Se remettre dans le bain en famille

    Si certains épargnent à leurs enfants de noircir les pages d’un cahier de vacances sous le parasol, pour d’autres, l’objet est devenu un incontournable des congés. « J’en achète toujours un à chacune de mes petites. Au début, elles n’étaient pas trop partantes, mais maintenant elles s’y collent sans rechigner parce qu’elles ont compris que ça leur permet de rester à jour tout en s’amusant. Les exercices sont souvent sur le thème des vacances, il y a des illustrations marrantes, c’est plutôt sympa », assure Mylène, parisienne de 43 ans, qui a remarqué que grâce à ce travail estival, ses deux collégiennes avaient beaucoup moins de mal à se remettre dans le bain en septembre. Néanmoins, elle fait très attention au choix du cahier : « Je n’aime pas quand ils sont trop marketés avec des personnages de dessins animés ou de mangas. Je me dis que s’ils ont besoin d’attirer les clients avec ce genre d’arguments, c’est que le contenu ne doit pas être au niveau. » Mylène choisit donc toujours les versions les plus classiques, proposées « par des maisons d’édition sérieuses » et s’assure que des professeurs sont à l’origine des exercices proposés.

    En plus des bénéfices purement scolaires de ces devoirs de vacances, la mère de famille y voit le moyen de créer des petits moments privilégiés en famille. Prise par son travail, l’été, elle laisse souvent ses filles chez ses parents. « C’est surtout eux qui font les profs et chapeautent les devoirs. C’est presque devenu une tradition », explique-t-elle. En complément, cette mère de famille a même fait découvrir à ses filles des épisodes dénichés sur YouTube de l’émission C’est pas sorcier, qu’elle regardait elle-même enfant : « Et maintenant pendant les vacances, quand elles veulent s’intéresser à quelque chose qu’elles revoient dans leur cahier de vacances, souvent en SVT, elles cherchent toutes les deux s’il existe un épisode qui traite du sujet. Je les regarde avec elles. Ça me rappelle des souvenirs ! »

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  • Quelles solutions de garde pour ses animaux de compagnie ?

    Quelles solutions de garde pour ses animaux de compagnie ?

    Daniel, 71 ans, vit avec sa compagne Françoise dans le Calvados. Le couple profite de sa retraite pour partir régulièrement en vadrouille. Et à chaque voyage, se pose la même question. Qui va s’occuper de Gershwin, leur adorable border collier, et de Nougat, son acolyte félin, en leur absence ? Avec les années, les septuagénaires ont pris le réflexe de laisser le premier dans un chenil de confiance, situé à quelques kilomètres de chez eux. Mais avant de dégoter cette adresse, à 20 euros la journée, il leur a fallu passer par toutes les solutions de garde possibles et imaginables : pet-sitting à domicile, pension animalière chez un éleveur, site internet entre particuliers passionnés d’animaux…

    Regarder du côté des plateformes dédiées

    Comment faire le tri entre tout ce qui existe et trouver l’option la plus adaptée, aussi bien pour son animal que pour son porte-monnaie ? En France, selon un sondage Ifop de juillet 2020, plus d’une personne sur deux affirme avoir au moins un animal de compagnie dans son foyer. Une boule de poils qu’il n’est pas toujours possible d’emmener partout avec soi. C’est pour cette raison qu’Ariane, 25 ans, s’est inscrite sur le site Animaute. La jeune active, qui travaille en parallèle dans une agence de communications, y propose occasionnellement ses services de dog-sitting. « C’est pratique, car les chiens sont autorisés dans les locaux de mon agence, donc je les emmène partout avec moi. » Comme elle, 250 000 pet-sitters certifiés sont enregistrés sur la plateforme. « Au moment de l’inscription, tu dois répondre à un ensemble de questions : quel type de logement tu occupes, le nombre d’espaces verts près de chez toi… Ce sont les propriétaires qui fixent le tarif journalier, ils te font une offre que tu choisis d’accepter ou non via la plateforme. Généralement, je suis payée autour de 5 euros par jour. À la fin, les maîtres ont aussi l’option de laisser un commentaire sur ton profil, pour aiguiller les prochains. »

    Avant tout pet-sitting, la jeune femme conseille aux maîtres de faire un premier rendez-vous pour voir si le courant passe avec l’animal. Et de communiquer le maximum d’informations possibles sur son alimentation, ses habitudes de promenade, sa peur potentielle des transports en commun… « J’adore les chiens, mais je n’en veux pas ; c’est trop de contraintes. Les garder est le compromis parfait : ça m’oblige à sortir et à prendre soin de quelqu’un d’autre que moi. En revanche, je ne m’en occupe rarement plus d’une semaine. Cela reste assez stressant puisque vous ne vous connaissez pas très bien et que le chien n’est pas dans son cadre habituel. »

    Se sentir en confiance

    Justement, Daniel et Françoise ont trouvé une parade à ce changement d’environnement qui peut parfois être déroutant pour l’animal : la garde à domicile. L’année dernière, le couple a fait appel à une jeune femme qu’ils avaient déjà hébergée lors d’un séjour de couchsurfing (un hébergement temporaire), pour veiller sur leurs animaux pendant trois semaines. « Elle est venue s’installer à la maison, c’était idéal pour Gershwin et Nougat qui restaient dans leur élément… Mais, pour ça, il faut avoir confiance en la personne. Un inconnu, on n’aurait pas tenté ! » De manière générale, les retraités normands conseillent de toujours rencontrer les personnes en amont, qu’il s’agisse d’un pet-sitter ou des propriétaires d’un chenil, pour voir si la confiance s’instaure et si l’animal est à l’aise. « Et si l’on envisage de laisser son animal quelque part, il vaut mieux visiter les lieux avant. » Et lui donner certains points de repère : « Sa couverture, le panier où il dort, un jouet dont il a l’habitude et un vêtement qui sent l’un de ses maîtres pour qu’il ne soit pas déboussolé, surtout la première fois. »

    Si Daniel insiste sur l’importance de visiter les lieux avant de confier son animal, c’est parce qu’il existe de tout sur le marché des chenils et autres pensions animalières. « Il faut s’y prendre de bonne heure pour réserver quelque chose de confortable. Les endroits sympas sont pris d’assaut », confirme Annouchka, peintre sur porcelaine. Avec son mari François-Xavier, pharmacien, ils ont régulièrement laissé leur beagle Léo dans un hôtel canin situé en région parisienne, avant que celui-ci ne mette la clé sous la porte à la suite du Covid. Le couple avait été séduit par le haut standing du lieu, qui demandait uniquement que l’animal soit vacciné : « Léo dormait dans une chambre pour deux, où il pouvait avoir son panier ou aller dans les lits proposés. Il y avait aussi une salle de gym et des télés pour chien. On ne voulait surtout pas qu’il soit bloqué dans un dortoir grillagé, mais qu’il puisse au contraire se balader d’une pièce à l’autre. Il était emmené en promenade deux fois par jour. » Le couple était tenu au courant tout au long du séjour, via moult photos et SMS quasi quotidiens. Des prestations rares, qui ont cependant un prix. « Plus de 500 euros pour deux semaines. » Sans regret : « Ça valait le coup, ils lui lavaient les oreilles tous les soirs ! »

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  • Anniversaire extravagant : les enfants sont les rois de la fête

    Anniversaire extravagant : les enfants sont les rois de la fête

    Depuis quelques années, pour les enfants, exit les anniversaires classiques et place à l’extravagance. Sur les réseaux sociaux on voit se multiplier les photos de fêtes toujours plus folles organisées par des parents pour leurs progénitures. Les gâteaux ont triplé de volume, les ballons se comptent par centaines et des comédiens en déguisement s’occupent de l’animation. C’est à peu de choses près cette formule que David, papa originaire de Bordeaux et âgé de 36 ans, a choisi cet automne pour les onze ans de son fils. « On n’a pas pu le faire l’an dernier parce qu’on était en voyage, alors cette année, on a voulu marquer le coup et privilégier un beau moment à un gros cadeau », explique-t-il. En plus d’une décoration XXL faite de ballons multicolores et d’un gâteau d’anniversaire géant, David a loué un château gonflable et deux autres modules pour que les enfants enchaînent les pirouettes tout l’après-midi. « On a eu la chance de pouvoir les installer chez mes parents qui ont un grand jardin », précise le Bordelais. Un anniversaire hors-norme qui a eu l’effet escompté sur son fils et ses copains de classes : « Ils étaient aux anges ! Par contre les parents des autres enfants m’en veulent un peu. Ils m’ont dit que j’avais mis la barre très haut ! »

    Des animations d’exception

    Selon Kevin Rainfray, cofondateur de Kidsplanner, une plateforme en ligne qui propose notamment des prestations complètes pour les anniversaires des plus jeunes, cette tendance trouverait ses racines de l’autre côté de l’Atlantique. « Souvent, ce qui touche à la fête vient des États-Unis. On le voit avec les “baby showers” et ce genre d’événements. Mais en ce qui concerne les anniversaires d’enfants, ça vient peut-être davantage de la culture sud-américaine. Au Mexique par exemple, ils font des fêtes d’anniversaire démentielles. C’est très répandu. D’ailleurs, la piñata, un des éléments de ces fête à la mode en France, vient de là-bas. »

    Avec ce type de prestations, les parents ont l’embarras du choix. Ils peuvent, par exemple, réserver une activité pour leurs enfants allant d’une fête classique autour d’un thème particulier à un après-midi dans un studio d’enregistrement accompagné d’un professionnel, comprenant la création d’une chanson et le tournage d’un clip. « Ce qui marche pas mal, c’est le bus discothèque. Pendant trois heures, votre enfant et une trentaine de copains font le tour de Paris en faisant la fête dans un bus », raconte Kevin Rainfray. Le prix de cette animation d’exception : 1500 euros. Mais certains parents seraient même prêts à dépenser le double : « Pour quelque chose de plus classique, il faut compter entre 200 et 300 euros, parfois un peu moins. Mais certains parents peuvent dépenser dix fois plus. Quand il y a beaucoup de décoration, le budget peut exploser. Ça arrive le plus souvent pour des anniversaires particuliers comme les 10 ans. »

    Magie et princesses

    Dans les Hauts-de-France, Natacha Van Daele a créé l’entreprise Invite ton rêve il y a sept ans. « Pour les 4 ans de ma sœur et à la demande de ma mère, je me suis déguisée en princesse d’un célèbre dessin animé. Je me suis prise au jeu et avec trois amis on a décidé de se lancer de manière professionnelle et d’apporter la magie des parcs à thèmes à domicile pour les anniversaires d’enfant », rapporte-t-elle. Aujourd’hui, elle compte dans son catalogue à peu près tout ce qui existe en princesse, de La Belle aux bois dormant à celles des films les plus récents. Ses prestations varient entre 100 et 400 euros selon les options choisies. Annabelle a fait appel à ses services au printemps 2023 pour les cinq ans de sa fille : « J’ai fait venir deux performeuses déguisées en princesses. J’avais découvert Invite ton rêve à l’anniversaire d’une copine d’une de mes petites et j’avais trouvé ça super. Les personnages étaient vraiment réalistes et l’équipe très professionnelle. »

    Cette année, pour les 6 ans de sa petite dernière, Annabelle a vu les choses en encore plus grand. « Cette fois, il y avait trois princesses. La fête s’est passée dans une salle louée pour l’occasion que j’ai entièrement décorée. Il y avait de grandes toiles, des guirlandes, des ballons et des arches. Sur le buffet, j’avais aussi mis en décoration plein d’objets de ses films préférés », détaille la maman de 41 ans. Pourquoi tant d’efforts et de dépense pour un simple anniversaire ? Annabelle croit avoir la réponse. « C’est certainement pour leur offrir un peu de magie et des souvenirs plutôt que quelque chose de matériel, explique-t-elle. Mais c’est peut-être aussi que je n’ai jamais vraiment fêté mes anniversaires étant petite, parce qu’on était une famille de sept enfants et que c’était compliqué. Même si je n’ai pas été malheureuse, je veux faire vivre à mes filles ce que je n’ai pas eu. »

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  • Numérique et Esprit critique

    Numérique et Esprit critique

    Chaque jour, les Françaises et Français passent en moyenne cinq heures et demie en ligne, soit presque un tiers de leur temps de veille. Les IA et les réseaux sociaux bouleversent les manières de rencontrer et de créer et, en miroir, d’agresser et de tromper. Et parce que la jugeote ne suffit parfois pas à identifier les chausse- trappes très sophistiqués que l’on trouve en ligne, la culture du doute est toujours bénéfique. C’est par elle que les citoyen·nes se forgeront une culture numérique et ne perdront pas confiance en ces formidables outils que sont le Web et Internet.

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  • Accès à la pornographie en ligne : comment gérer en tant que parent ?

    Accès à la pornographie en ligne : comment gérer en tant que parent ?

    Julien* n’est pas près d’oublier cette soirée de juillet dernier. « On avait loué une grande maison avec plusieurs familles d’amis pour les vacances, relate-t-il. Les enfants disposaient de tout le dernier étage. Un soir, alors que nous prolongions la soirée dans le jardin avec les autres adultes, je suis monté pour voir si les plus petits dormaient. En sortant de leur chambre, j’ai entendu mon fils aîné de 12 ans, qui était dans la chambre d’à côté avec deux copains de 13 et 15 ans, et que je croyais en train de jouer à la console, prononcer cette phrase qui n’a pas cessé de me hanter depuis : “Vas-y, remets l’éjac’ faciale.” » Le père de famille feint alors de tousser très fort et entend les adolescents ricaner. « Je suis redescendu avec les jambes en mousse et j’ai mis deux jours avant de réussir à parler de cet épisode à ma femme », se souvient-il. Sonia a également vécu un choc du même genre. Mère d’une jeune fille de 14 ans, elle confie avoir « eu le vertige » en découvrant, via le contrôle parental installé sur l’iPhone de l’ado, des expressions obscènes entrées dans le moteur de recherche. « J’ai halluciné, rejoue-t-elle. J’étais à des années-lumière d’imaginer qu’elle connaissait l’existence de certaines terminologies abominables. Et, pire, qu’elle avait pu visionner de telles images ! »

    Plus d’un ado sur deux accède à du contenu porno avant 15 ans

    Les cas de Julien* et de Sonia sont, hélas, d’une banalité déconcertante. En effet, selon une enquête Ifop publiée en 2023 sur Les effets du porn sur la sexualité et les rapports de genre à l’heure du vote de la loi numérique, 57 % des jeunes de 18 à 24 ans avaient moins de 15 ans lors de leur première visite d’un site pornographique. Une proportion en nette progression, puisqu’ils n’étaient que 30 % en 2013. Il faut dire que les sollicitations sont nombreuses. Il arrive qu’en effectuant de simples recherches pour télécharger illégalement des séries ou de la musique, les jeunes voient des pop-ups avec des images pornographiques envahir leur écran, et cela malgré l’installation du contrôle parental. Le clic est parfois accidentel, parfois guidé par une curiosité parfaitement naturelle à leur âge. Dans l’enceinte même des collèges et des lycées – et, plus rarement, des écoles primaires –, des images pornographiques circulent sur des smartphones et des tablettes avec autant de facilité que les cartes Pokémon.

    Résultat ? Les enfants se retrouvent nez à nez avec des contenus sexuels inadaptés à leur niveau de maturité, souvent violents, marqués par l’absence d’affects et véhiculant majoritairement des images dégradantes pour les femmes et des scénarios dans lesquels le consentement fait défaut. En somme, des représentations qui, en plus de ne pas représenter la réalité, peuvent s’avérer dramatiques sur la construction mentale et sexuelle des jeunes.

    Accompagner sans culpabiliser

    Après une longue discussion avec sa compagne, quelques nuits d’insomnie et un coup de fil à un ami psychologue, Julien* a finalement proposé à son fils d’aller surfer un week-end tous les deux sur la côte basque. Assis sur la plage après avoir bien profité des vagues, il a lancé la discussion sur le porno. Mal à l’aise, l’ado a d’abord tenté de changer de sujet, d’esquiver, avant qu’un dialogue ne s’amorce. « On a parlé du plaisir sexuel, de ce qui est naturel et de ce qui est fictionnel, et, surtout, de l’importance du respect et du consentement », résume le père de famille. En tout cas, il n’a ni culpabilisé, ni puni, ni humilié son fils. Bien au contraire, il a pris le temps de le mettre en confiance pour aborder ces sujets délicats mais incontournables. Et c’est justement ce que préconisent les professionnels. Sonia, elle, a réalisé qu’elle avait trop attendu pour aborder des questions aussi essentielles que le consentement. « J’aurais dû commencer à lui dire quand elle avait 2 ans qu’elle avait le droit de refuser d’embrasser ses grands-parents pour les remercier d’un cadeau, qu’on n’est jamais obligé d’accepter un contact physique, regrette-t-elle. J’ai souvent abordé des sujets comme les MST ou la contraception, mais j’avoue que le porno est quand même un truc hyper gênant ! »

    Pour aider ados et adultes à s’informer sur ce thème épineux, l’association Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique propose des fiches en accès libre dans un dossier consacré à la Protection des enfants face au porno en ligne. Dont une intitulée : Parlons porno. L’État a également mis en place plusieurs sites utiles, regorgeant de références en la matière. Ainsi, sur Onsexprime, lancé par Santé publique France, on trouve des infos sur les premières fois, le plaisir sexuel, le consentement, le genre, etc. La plateforme Jeprotegemonenfant est, quant à elle, dédiée à l’information et à l’accompagnement à la parentalité numérique. Depuis 1995, le Fil Santé Jeune permet aux enfants et aux adolescents de se confier anonymement à des personnes de confiance. Laisser les coordonnées en évidence, par exemple sur le frigo ou à côté du placard à pharmacie, peut donc s’avérer utile. Enfin, les parents qui découvrent que leurs enfants ont consulté des contenus illicites peuvent signaler les sites en question via l’association Point de contact.

     

    * le prénom a été changé

  • Études à l’étranger : retours d’expérience

    Études à l’étranger : retours d’expérience

    « J’habitais encore chez mes parents et je sentais que j’avais besoin de me faire mes propres expériences. J’ai voulu partir pour me prouver à moi-même que je pouvais le faire. » C’est cela qui a poussé Romane Fossé, 23 ans, à partir un semestre en Islande en 2020 durant sa licence. Une expérience qu’elle a renouvelée plus tard durant son master, puisqu’elle est aussi partie un semestre aux États-Unis en 2022. Pour se préparer à survivre loin du cocon familial pour la première fois, elle a demandé à son père de la laisser « gérer un peu plus mon argent toute seule, puisque jusque-là, je n’y faisais pas forcément attention. Si lui voyait que le montant sur mon compte descendait, il me faisait un virement, explique-t-elle. Mais il m’a laissé apprendre à gérer de mon côté avant mon départ, puisque je savais que j’allais devoir apprendre à faire des courses toute seule. »

    Thibaut, 27 ans, est parti un semestre en Roumanie quand il avait 20 ans, a lui aussi demandé à ses parents des conseils essentiels pour survivre loin d’eux. « Je leur ai demandé comment faire marcher une machine à laver, ou comment je devais cuisiner tel ou tel aliment. » S’il a réussi à s’en sortir sans ses parents, il admet néanmoins avoir ressenti un manque qu’il n’avait pas forcément anticipé durant les premières semaines de son voyage. Il a rapidement trouvé la meilleure solution : « Les appels en visio. Bien sûr ça ne remplace pas le contact mais je me sentais tout de suite mieux après avoir appelé mes parents. »

    De l’importance du logement

    Parmi les sujets importants, le logement peut impacter grandement l’expérience à l’étranger. Gabriel, 22 ans, étudiant en école de commerce, est parti à Dublin pour un semestre en 2022, et il se souvient que l’endroit où il allait loger était « sûrement la partie pour laquelle j’ai fait le plus de recherches. Dublin est assez cher, les loyers sont généralement élevés. Il était important de voir ce que je pouvais avoir et dans quel quartier avec mon budget ». Il a fini par prendre une chambre en colocation avec d’autres étudiants et jeunes actifs, ce qui lui a permis de « faire des rencontres intéressantes. Par énorme hasard, un de mes colocataires allait commencer à travailler chez Google en Irlande, qui est le QG de Google Europe. Je suis passionné par la technologie et il a pu me faire visiter le siège qui est normalement fermé aux non-employés. C’était sans doute une des meilleures expériences de ma vie ». Gabriel n’est pas le seul à souligner l’importance du logement.

    Romane, qui a elle aussi vécu avec des étudiants durant ses deux expériences à l’étranger se rappelle que « c’était un super moyen de se faire des amis. Je connais des personnes qui ont logé en dehors de résidence étudiante et qui le regrettent parce qu’ils ont eu beaucoup de mal à lier des amitiés ». Elle conseille aussi de se renseigner sur la ville et sur les coins dans lesquels on part, puisque « quand j’étais aux États-Unis j’ai vécu non loin de Minneapolis et Saint-Paul, deux villes réputées dangereuses, ce que je ne savais pas avant d’arriver. Quand j’étais sur le campus ça allait, mais quand je devais sortir en ville, je ne me sentais pas en sécurité. J’aurais aimé savoir cela avant pour l’anticiper ».

    Sortir de sa zone de confort

    Une fois que ces préparatifs sont faits, reste encore à savoir ce que l’on veut voir une fois sur place. Comment prévoir cela ? Cela dépend surtout de votre tempérament. Romane se souvient ainsi que « quand je suis arrivée aux États-Unis, comme je ne restais que quelques mois, je savais que ça allait passer très vite. Donc j’ai tout prévu et réservé les billets les premières semaines ». Certains sont un peu plus détendus dans leur approche. Thibaut par exemple a fait « des recherches avant de partir sur ce qu’il y avait à faire. Mais je n’ai pas non plus fait un planning très précis et j’ai quand même passé un super séjour ».

    Pour ces trois jeunes, l’essentiel reste de profiter de l’occasion d’être dans un nouveau pays pour tenter de nouvelles choses, rencontrer de nouvelles personnes et repousser ses limites. Gabriel, qui avoue être « tombé amoureux de Dublin », pense que le voyage a été « la meilleure expérience de sa vie ». Romane ne peut qu’approuver : « Cette expérience m’a formée. Tu te retrouves face à toi-même et tu dois te débrouiller. Mes plus beaux souvenirs sont ceux que je me suis faits lorsque je suis sortie de ma zone de confort et c’est le meilleur conseil que je peux donner ».

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