Catégorie : Ma famille, ma tribu

  • Accouchement à domicile : une pratique encore rare en France

    Accouchement à domicile : une pratique encore rare en France

    Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), entre 1980 et 2016, les naissances dites extra-hospitalières ont représenté en France entre 0,5 % et 1,9 % du total des naissances. Malgré plusieurs études qui ont témoigné du besoin des mamans d’avoir un accouchement plus naturel et moins protocolaire, pour une partie du corps médical, ce choix fait régulièrement l’objet de vives critiques : « Dans la situation française actuelle, il est beaucoup plus dangereux d’accoucher à domicile que dans un milieu médicalisé, juge ainsi Joëlle Belaisch Allard, présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Nous ne pouvons pas cautionner cette pratique où le risque de mortalité maternelle et du bébé est nettement plus élevé. »

    Une controverse qui dure

    Mais quand on regarde à l’étranger ou que l’on s’intéresse à d’autres professions, les avis sont moins unanimes. Ainsi, les sages-femmes ne se prononcent pas en bloc contre l’accouchement à domicile. Et dans d’autres pays comme les Pays-Bas et le Royaume-Uni, les sociétés médicales sont bien plus ouvertes à cette pratique. Ces divergences témoignent en réalité d’une vision très différente de la sphère périnatale, entre des médecins qui ne comprennent pas que la grande sécurité apportée par les ressources d’un hôpital soit boudée, et d’autres soignants pour qui il est important de permettre aux patientes de choisir un environnement connu et moins anxiogène – à partir du moment où les patientes présentent peu de facteurs de risques – pour donner la vie. L’association L’Apaad (Association professionnelle de l’accouchement accompagné à domicile) créée en 2019 regroupe ainsi « une communauté de sages-femmes qui veulent faire changer le regard porté sur la naissance accompagnée à domicile ».

    Choisir le mode de mise au monde

    Pour celles qui continuent d’envisager un accouchement à domicile, cela reste donc possible, même si certaines conditions doivent être strictement respectées : il est ainsi impératif que la grossesse soit considérée comme à bas risque par un professionnel de santé qualifié, et que la future mère ne présente aucune complication médicale ou obstétricale qui pourrait mettre sa santé ou celle de son bébé en danger pendant l’accouchement. Il faut aussi prévoir que si les frais de l’accouchement sont remboursés comme à l’hôpital, il existe des frais d’astreinte pour la sage femme, qui lorsqu’elle accepte une famille, se rend disponible 24 heures sur 24 pendant 5 semaines. (Les prix varient d’une région à l’autre : en région parisienne , il faut compter environ 1600, 2000 euros. La moyenne dans les autres régions est de 700 euros). Cela implique aussi un suivi régulier de la grossesse par une sage-femme formée à cette pratique, ainsi qu’un plan détaillé pour le déroulement de l’accouchement, avec des mesures spécifiques pour assurer le confort de la mère, la disponibilité de matériel médical nécessaire, et la présence d’au moins une sage-femme lors de l’accouchement.

    Enfin, il est crucial que le transfert vers une maternité soit simple et rapide en cas de besoin, puisque même si tout est bien anticipé, des complications peuvent survenir, nécessitant une intervention médicale d’urgence. « J’avais déjà eu deux enfants, nés à l’hôpital, et même si tout s’était très bien passé, je m’étais sentie dépossédée de mon corps, comme spectatrice de leur mise au monde. J’ai voulu choisir, décider, sentir que j’en étais capable, et aussi vivre cette expérience avec mon mari, qu’il soit partie prenante. La sage-femme que j’ai consultée m’a bien tout expliqué, et s’est avant tout assurée que je ne présentais aucun risque particulier. Le jour J, tout s’est déroulé comme prévu : ma sage-femme, qui m’avait suivie pendant ces 9 mois, me connaissait bien, j’étais chez moi, dans un environnement que j’aimais et qui me rassurait. Et j’ai senti la force incommensurable que chaque femme possède en elle-même si on lui en laisse l’opportunité. Ça a été un moment fondateur de ma vie », raconte, encore émue, Julie. Que ce soit à l’hôpital ou à la maison, pouvoir choisir la manière dont on accouche devrait rester possible pour les parents. À condition bien sûr de s’assurer que toutes les conditions sont mises en œuvre.

    Maison de naissance

    La maison de naissance est une structure placée sous la direction de sages-femmes qui permet une nouvelle forme de prise en charge de la grossesse et de l’accouchement proposant une moindre technicisation, une médicalisation raisonnée de la grossesse et une approche plus physiologique de l’accouchement. L’accompagnement de la maman y est global et est réalisé par une seule et même sage-femme.

    Liste des maisons de naissance en France :

    • CALM – Maison de naissance à Paris (75)
    • Maison de naissance Doumaïa à Castres (81)
    • La Maison à Grenoble (38)
    • Le Temps de naître à Baie-Mahault (97 – Guadeloupe)
    • Joie de naître à Saint Paul (97 – La Réunion)
    • Premières heures au monde à Bourgoin-Jallieu (38)
    • MANALA, Maison de naissance Alsace à Sélestat (67)
    • Un nid pour naître à Nancy (54)

    Prendre soin de soi enceinte et après

    La Macif vous accompagne dans ce nouveau moment de vie.

  • Mon enfant a peur du noir : comment le rassurer ?

    Mon enfant a peur du noir : comment le rassurer ?

    L’inconscient et l’imagination des enfants

    « Au coucher, Violette se crée des peurs associées au méchant dans un dessin animé ou au loup dans un livre. Je la laisse se confier et je la rassure pour qu’elle se sente en sécurité », confie Aurore, sa maman. Comme la petite fille, nombreux sont les enfants qui craignent la nuit que des monstres surgissent de leur placard, que des loups viennent les dévorer ou encore que des sorcières viennent leur jeter des sorts. « L’inconscient et l’imagination vive des enfants leur jouent des tours. Derrière la peur de l’obscurité se cache la plupart du temps, la peur de la séparation avec les parents. En général, dormir avec ses parents dans le noir ne pose pas problème », explique Victoria Séroussi, psychologue clinicienne au Cabinet Carnot à Levallois-Perret.

    Très courante chez l’enfant, la peur du noir, appelée nyctophobie, apparaît en moyenne entre trois et quatre ans et peut durer plusieurs années. En général, elle se manifeste par le refus de dormir seul, l’anxiété, les crises, des prétextes pour retarder le moment du coucher ou des symptômes physiques comme le mal de ventre ou les tremblements.

    Alors, comment gérer et guérir cette peur ? Victoria Séroussi conseille de commencer à installer une ambiance de calme et de repos dans la maison vingt minutes avant le coucher, comme parler à voix basse, baisser les lumières ou stopper tous les stimuli (jeux de logique, musique, écrans, etc.) qui pourraient exciter l’enfant. « On peut aussi instaurer un rituel de coucher rassurant commençant par se brosser les dents, choisir les habits pour le lendemain, lire une histoire, faire un câlin, etc. Tout ça en s’adaptant à la personnalité et à l’âge de l’enfant », ajoute-t-elle. Selon la psychologue clinicienne, il est tout aussi important de rassurer son enfant sur la présence des parents dans la maison comme d’être à l’écoute de ses craintes. « Je ne préconiserais pas de faire le tour de la chambre pour vérifier qu’il n’y a pas de monstre, car ça rend réel leur existence. Et si un jour le parent ne le fait plus, l’enfant risque d’être inquiété », précise-t-elle. Par ailleurs, si la nyctaphobie apparaît chez la plupart des enfants, il est possible de la prévenir en habituant l’enfant à jouer seul dans sa chambre de temps en temps la journée. « L’idée est de favoriser cette solitude pour qu’elle soit appréciée et non associée à une punition ou à une séparation » étaye Victoria Séroussi.

    Des livres pour apaiser la peur du noir

    C’est bien le problème de la petite Violette, 5 ans, qui « depuis quelque temps redoute de plus en plus le coucher, car elle comprend que c’est le moment où elle se retrouve toute seule dans sa chambre », avoue Aurore, sa maman. Tous les soirs, la petite fille se relève plusieurs fois et trouve n’importe quel subterfuge pour repousser l’heure du sommeil. « Elle se plaint d’avoir mal partout alors qu’elle allait très bien la journée ou elle réclame d’aller aux toilettes toutes les dix minutes », énumère Aurore. Pendant que la lumière du couloir reste allumée, les parents ont trouvé des routines de coucher apaisantes pour leur petite. Avec eux, Violette fait tourner sa « roue des rêves » ou joue avec sa cocotte en papier, tombant sur un câlin, un bisou ou un moment de la journée à raconter. Après quoi, ses parents lui proposent d’essayer de s’endormir tranquillement en lui promettant de revenir 15 minutes plus tard. La plupart du temps, ça fonctionne, la petite tombe dans les bras de Morphée. Mais parfois, le coucher s’avère être un vrai combat pour lequel les parents redoublent d’imagination : ils lui proposent des exercices de respiration ou lui lisent un livre racontant l’histoire d’un petit garçon, effrayé par le noir, qui apprend à comprendre sa peur et à la contenir.

    « J’essaie de faire en sorte qu’elle se sente bien dans sa chambre et dans son lit, d’en faire un cocon rassurant, avec tous ses doudous réconfortants », ajoute Aurore. Aller voir un psy ou un pédiatre pour régler cette nyctaphobie ne lui a même pas traversé l’esprit. « Je pense que c’est un cap à passer. La peur du noir chez mon aîné a disparu avec le temps. Alors, je me dis que ce sera pareil pour Violette », espère la maman.

    Rituels de relaxation et de respiration

    Chez Gabin, les premiers symptômes de la peur du noir sont apparus dès ses 16 mois. « C’était impossible de le laisser seul dans sa chambre le soir, il pleurait en permanence. Il n’arrivait à s’endormir que quand on restait à côté de lui », remet Anne, sa maman. Au coucher, c’est le « loup » caché dans la pénombre qui l’effrayait, en plus de la peur d’être séparé de ses parents. Anne est une oreille attentive, écoutant son enfant se confier : « Je n’ai jamais nié ses peurs, je les entends à chaque fois. Les exprimer, sentir qu’on ne les juge pas et qu’on cherche des solutions pour l’aider ne peut que lui faire du bien. » Le petit garçon réclamant de la lumière, ses parents ont exécuté : ils ont installé une veilleuse, fixé des étoiles phosphorescentes au plafond et adopté la stratégie de la porte ouverte éclairée par la lumière du couloir pour tenter de le rassurer. Preuve que cela ne suffisait pas au début, Gabin ne fermait toujours pas l’œil sans ses parents à son chevet.

    Conseillés par une psychologue et une spécialiste en médecine traditionnelle chinoise, ils ont alors mis en place au coucher des rituels de relaxation et de respiration puis des techniques de massage au niveau du bas du dos et des bras. « Plus tard, Gabin a été traumatisé par la piqûre d’un poisson dans l’océan. La nuit, il avait peur qu’un poisson vienne l’attaquer sous sa couette. Pour apaiser sa peur, il a fait trois séances avec une hypnothérapeute. Ça a bien fonctionné », raconte Anne. La spécialiste a demandé au petit garçon de cinq ans d’inventer lui-même au coucher son propre monde imaginaire où il pourrait s’évader. Depuis, ses parents n’ont plus besoin de veiller à côté de lui le temps qu’il s’endorme. Reste que sa porte demeure ouverte, histoire d’être « rassuré qu’aucun voleur ne passe par là ».

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  • Noémie Merlant, une actrice engagée

    Noémie Merlant, une actrice engagée

    Le premier coup de projecteur c’est dans le monde du mannequinat qu’elle le reçoit, à 17 ans. Quelques années plus tard, lassée d’être une image figée tourmentée par les injonctions physiques, elle se révèle une comédienne ultra talentueuse dans les films de réalisatrices qu’elle admire, comme Céline Sciamma, qui lui offre dans Portrait de la jeune fille en feu en 2019 le rôle qui va lancer sa carrière, ou Audrey Diwan, pour qui elle va bientôt être une Emmanuelle d’un tout nouveau style. En 2021, elle devient réalisatrice elle-même avec le film remarqué Mi iubita mon amour. Pourtant, en dehors des plateaux de cinéma, Noémie Merlant mène une vie parfaitement normale, oublie souvent qu’elle est célèbre et garde ses convictions chevillées au corps. Nous la retrouvons dans le froid du mois de janvier au Quartier rouge, un petit bar de quartier dans le XXe arrondissement, simple et chaleureux. À son image.

    Le public vous connaît surtout depuis votre révélation au Festival de Cannes en 2019. Ce qu’on ignore davantage, c’est votre engagement sur la question des aidants, depuis l’AVC de votre père.

    L’AVC de mon père remonte à 2009. Depuis ce jour, ma mère s’est occupée de lui 24 heures sur 24, sans accompagnement financier ni psychologique. Ils étaient tous les deux agents immobiliers et ont dû soudainement arrêter de travailler. On était déjà une famille modeste, mais là, du jour au lendemain, il n’y a plus du tout de revenus. Ils perdent leur logement et s’installent chez moi, dans mon petit studio parisien. C’est tumultueux, mais tu n’en veux à personne, même pas à celui qui gueule. Mon père dépend des autres, ma mère est épuisée, elle perd parfois patience. Elle n’a jamais vacillé, mais c’est important de rappeler que le surmenage des aidants peut amener à des cas de maltraitance. Peu de gens savent aussi, mais les aidants meurent souvent plus tôt que les aidés.

    En 2015, vous décidez alors d’introduire une caméra lors du repas de Noël pour documenter le quotidien de votre famille. Que cherchiez-vous ?

    En 2015, je suis en plein tournage du film Le Ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar, je ne gagne pas encore ma vie en tant qu’actrice. Les choses sérieuses vont commencer pour moi. Cette année-là, je décide de prendre ma caméra et de filmer ce repas de Noël si particulier, où ma mère, entre deux repas donnés à mon père, répond aux questions existentielles de ma sœur, atteinte de troubles psychiques. Dans ce chaos, je trouvais qu’il y avait malgré tout beaucoup de joie, d’amour et d’humour bien que sur le papier, quand on parle de handicap et de maladie mentale, ça peut faire peur à tout le monde.

    Dans le documentaire, on entend votre mère dire qu’aider est sa mission. Comment expliquez-vous son dévouement ?

    Ma mère se donne du sens dans ce qu’elle fait, mais je ne blâme pas les aidants qui abandonnent. Il faut aussi entendre le discours de ceux qui partent. D’ailleurs, ce sont plus souvent les hommes qui partent après un accident de la vie dans le couple. C’est un sacrifice énorme. Et puis heureusement, ma mère est plutôt bonne en gestion administrative, parce que si on ne part pas à la pêche aux informations, et qu’on ne sait pas à quelles aides on a droit, on est seuls. Grâce à mon aide financière, aujourd’hui, elle souffle un peu plus. Mais la plupart des gens n’ont pas de quoi financer la prise en charge du handicap ou de la perte d’autonomie. C’est très injuste.

    Vous avez vous-même été aidante à certaines périodes de votre vie ?

    Je me souviens d’être encore très jeune dans ma tête et de me retrouver face à des responsabilités qui me dépassent. La veille, tu vois ton père dans le coma, le jour d’après tu dois lui faire prendre sa douche, l’emmener aux toilettes, dormir auprès de lui. C’était lunaire, mais je n’avais pas le choix. Tout le monde fait ce qu’il peut. Pour l’instant, à quoi ressemble ce documentaire ? C’est très artisanal, je filmais un peu à l’arrache à cette époque, mais je trouve que la forme est au profit du fond : c’est brut, sans artifices, on est plongés au cœur de ma famille, la vraie. Je continue à filmer depuis 2015, c’est intéressant de raconter l’évolution de l’AVC de mon père, la fatigue qui s’accumule pour ma mère, la manière dont la routine familiale s’est réorganisée. La suite est encore à construire, je dois trouver des fonds pour finir le montage et la postproduction. Plus tard, j’adorerais le présenter dans des festivals de documentaire.

    En interview ou dans vos rôles au cinéma, vous n’avez pas peur de mettre le sujet de la santé mentale sur la table. C’est un sujet qui compte pour vous ?

    dédramatise rapidement le truc, je dis ouvertement que je prends des antidépresseurs par exemple, que j’ai essayé toutes les thérapies possibles et imaginables, et que ça a changé ma vie, en mieux ! Souvent, les gens réagissent très bien, me parlent de leurs antidépresseurs préférés. (rires) Mais c’est vrai que ça peut encore provoquer de la gêne. Ça dépend, c’est hyper générationnel, je pense.

    Vous avez été mannequin avant d’être comédienne. Qu’est-ce que vous en gardez ?

    Ça m’a bien détraquée. Je suis entrée dans le monde du travail par le mannequinat quand j’avais 17 ans. Commencer par de la maltraitance, en étant un objet ou de la viande pour des produits et des marques, ça provoque tout un tas de choses comme des troubles du comportement alimentaire, d’où ma boulimie pendant des années. Malheureusement, ce sont des secteurs qui sont dominés par des schémas de pensée dont personne ne se défait depuis des décennies. Sans parler des risques constants d’agressions sexuelles sur les shootings et la pression pour nous encourager à maigrir. On peut résumer ça à une espèce de passage à tabac qui dure tant que tu t’accroches au métier. Tout ça pour parfois être payé en vêtements !

    Du Festival de Cannes aux retrouvailles en famille, comment se déroulent les allers‑retours entre vos deux vies ?

    Sincèrement, j’oublie souvent que je suis célèbre. Quand je prends le métro, ça me fait bizarre, des gens m’arrêtent et je reviens sur terre. Je réalise seulement quand je suis nommée dans les grands festivals de cinéma, ou en soirée. Mais c’est important d’oublier qu’on est connu. Si j’étais focalisée sur ma célébrité, je n’arriverais pas à écrire sur les choses qui m’entourent et me touchent. Ma famille me permet aussi de garder les pieds sur terre. On est très proches, très soudés. Mon métier d’actrice, c’est grâce à eux que je le fais, et je pense que ça leur apporte du bonheur. Ça les occupe, ils ont des choses à raconter à leurs amis, ça les sort de leur quotidien. D’ailleurs, ils collectionnent toujours les magazines dans lesquels ma tête apparaît. Je puise aussi mon inspiration auprès d’eux, notamment ma sœur et ma mère, qui ont une énergie particulière.

     

    Noémie Merlant, une actrice engagée

     

    On entend souvent dire que vous êtes une actrice engagée. Ça signifie quoi à vos yeux ?

    C’est un terme très large. Pour moi, être engagée, c’est être présent aux choses, aux autres, à soi, donner du sens à ce qu’on fait, essayer de se connecter les uns avec les autres. Le cinéma peut aider et être le début de prises de conscience importante. Depuis des générations, on passe notre temps à imiter les images vues dans la publicité, à la télévision, dans les salles de cinéma. Si ces représentations changent, je me dis qu’on peut tous mimer des choses meilleures.

    Vos engagements dans la vie et le fait d’être égérie pour Vuitton sont-ils compatibles ?

    L’être humain est plein de contradictions et c’est bien de le rappeler. Je suis très heureuse de travailler avec Nicolas Ghesquière – directeur artistique des collections Femme chez Louis Vuitton –, car on voit dans ses créations à quel point il est important pour lui de mélanger les genres par exemple. Et moi, grâce à cet argent, aujourd’hui, je peux aider ma famille. Je peux aussi réaliser mes propres films, parce que je deviens indépendante financièrement. Ça me permet de me concentrer sur les films qui abordent des sujets que je veux vraiment défendre.

    Vous dites que le cinéma vous aide à affronter vos angoisses. Racontez-nous.

    Dans la vie, je ne parle pas énormément, je ne pleure pas vraiment non plus. Ce sont mes personnages qui m’aident à sortir plein de choses. Dans le quotidien, j’ai parfois l’impression d’étouffer, de ne jamais savoir comment gérer les rapports humains. Dans un film, je sais ce que j’ai à dire, ce qu’il faut que je fasse. Je suis comme dans un cocon. Il y a un cadre, mais un cadre que j’ai choisi. Je ne suis pas en train d’errer à faire n’importe quoi. (rires) Et du coup, je suis dans l’instant présent, je suis dans le travail, je ne suis plus polluée par mes peurs.

    Le fait d’être dirigée par des femmes vous a-t-il aidée à devenir l’actrice que vous êtes ?

    S’entourer de femmes sur les plateaux de tournage m’offre le plaisir de pouvoir être moi-même beaucoup plus souvent. En tournant avec des hommes, on se retrouve parfois à jouer un rôle pour les hommes, pas pour soi. On est concentrées sur leur regard, et donc on évolue vraiment jamais, car on ne sert qu’à l’autre. Avec les femmes, il y a souvent plus de partage, c’est plus enveloppant. Mais attention : il y a aussi des hommes réalisateurs avec lesquels je n’ai pas du tout ressenti ça.

    Lorsque vous passez derrière la caméra, ce sont des choses que vous essayez d’appliquer quand vous dirigez les équipes d’un film ?

    Je dialogue beaucoup en amont avec les comédiens. Je leur dis que s’il y a une scène qu’ils ne veulent pas faire, ils me le disent, et on trouvera d’autres solutions. Par exemple, une comédienne peut choisir le partenaire avec lequel elle va jouer une scène intime, parce que cela peut être délicat. Et souvent, c’est très vertueux, car ils vont plus loin dans leur jeu, ils peuvent donner beaucoup plus grâce à la confiance sur le plateau, et tout le monde est content.

    Parlez-nous de votre dernier projet en date.

    Je suis en plein montage de mon film Les Femmes au balcon, coécrit avec Céline Sciamma, qui sera en salles en 2024. Il raconte l’histoire de trois femmes, dans un appartement à Marseille en pleine canicule. C’est un film d’horreur sanglant et comique avec une patte délurée et féministe !

    Cette interview est issue du numéro 2 du magazine Vous! par Macif. Pour découvrir le sommaire : c’est ICI.

  • Noémie Merlant, une actrice engagée

    Noémie Merlant, une actrice engagée

    Le premier coup de projecteur c’est dans le monde du mannequinat qu’elle le reçoit, à 17 ans. Quelques années plus tard, lassée d’être une image figée tourmentée par les injonctions physiques, elle se révèle une comédienne ultra talentueuse dans les films de réalisatrices qu’elle admire, comme Céline Sciamma, qui lui offre dans Portrait de la jeune fille en feu en 2019 le rôle qui va lancer sa carrière, ou Audrey Diwan, pour qui elle va bientôt être une Emmanuelle d’un tout nouveau style. En 2021, elle devient réalisatrice elle-même avec le film remarqué Mi iubita mon amour. Pourtant, en dehors des plateaux de cinéma, Noémie Merlant mène une vie parfaitement normale, oublie souvent qu’elle est célèbre et garde ses convictions chevillées au corps. Nous la retrouvons dans le froid du mois de janvier au Quartier rouge, un petit bar de quartier dans le XXe arrondissement, simple et chaleureux. À son image.

    Le public vous connaît surtout depuis votre révélation au Festival de Cannes en 2019. Ce qu’on ignore davantage, c’est votre engagement sur la question des aidants, depuis l’AVC de votre père.

    L’AVC de mon père remonte à 2009. Depuis ce jour, ma mère s’est occupée de lui 24 heures sur 24, sans accompagnement financier ni psychologique. Ils étaient tous les deux agents immobiliers et ont dû soudainement arrêter de travailler. On était déjà une famille modeste, mais là, du jour au lendemain, il n’y a plus du tout de revenus. Ils perdent leur logement et s’installent chez moi, dans mon petit studio parisien. C’est tumultueux, mais tu n’en veux à personne, même pas à celui qui gueule. Mon père dépend des autres, ma mère est épuisée, elle perd parfois patience. Elle n’a jamais vacillé, mais c’est important de rappeler que le surmenage des aidants peut amener à des cas de maltraitance. Peu de gens savent aussi, mais les aidants meurent souvent plus tôt que les aidés.

    En 2015, vous décidez alors d’introduire une caméra lors du repas de Noël pour documenter le quotidien de votre famille. Que cherchiez-vous ?

    En 2015, je suis en plein tournage du film Le Ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar, je ne gagne pas encore ma vie en tant qu’actrice. Les choses sérieuses vont commencer pour moi. Cette année-là, je décide de prendre ma caméra et de filmer ce repas de Noël si particulier, où ma mère, entre deux repas donnés à mon père, répond aux questions existentielles de ma sœur, atteinte de troubles psychiques. Dans ce chaos, je trouvais qu’il y avait malgré tout beaucoup de joie, d’amour et d’humour bien que sur le papier, quand on parle de handicap et de maladie mentale, ça peut faire peur à tout le monde.

    Dans le documentaire, on entend votre mère dire qu’aider est sa mission. Comment expliquez-vous son dévouement ?

    Ma mère se donne du sens dans ce qu’elle fait, mais je ne blâme pas les aidants qui abandonnent. Il faut aussi entendre le discours de ceux qui partent. D’ailleurs, ce sont plus souvent les hommes qui partent après un accident de la vie dans le couple. C’est un sacrifice énorme. Et puis heureusement, ma mère est plutôt bonne en gestion administrative, parce que si on ne part pas à la pêche aux informations, et qu’on ne sait pas à quelles aides on a droit, on est seuls. Grâce à mon aide financière, aujourd’hui, elle souffle un peu plus. Mais la plupart des gens n’ont pas de quoi financer la prise en charge du handicap ou de la perte d’autonomie. C’est très injuste.

    Vous avez vous-même été aidante à certaines périodes de votre vie ?

    Je me souviens d’être encore très jeune dans ma tête et de me retrouver face à des responsabilités qui me dépassent. La veille, tu vois ton père dans le coma, le jour d’après tu dois lui faire prendre sa douche, l’emmener aux toilettes, dormir auprès de lui. C’était lunaire, mais je n’avais pas le choix. Tout le monde fait ce qu’il peut. Pour l’instant, à quoi ressemble ce documentaire ? C’est très artisanal, je filmais un peu à l’arrache à cette époque, mais je trouve que la forme est au profit du fond : c’est brut, sans artifices, on est plongés au cœur de ma famille, la vraie. Je continue à filmer depuis 2015, c’est intéressant de raconter l’évolution de l’AVC de mon père, la fatigue qui s’accumule pour ma mère, la manière dont la routine familiale s’est réorganisée. La suite est encore à construire, je dois trouver des fonds pour finir le montage et la postproduction. Plus tard, j’adorerais le présenter dans des festivals de documentaire.

    En interview ou dans vos rôles au cinéma, vous n’avez pas peur de mettre le sujet de la santé mentale sur la table. C’est un sujet qui compte pour vous ?

    dédramatise rapidement le truc, je dis ouvertement que je prends des antidépresseurs par exemple, que j’ai essayé toutes les thérapies possibles et imaginables, et que ça a changé ma vie, en mieux ! Souvent, les gens réagissent très bien, me parlent de leurs antidépresseurs préférés. (rires) Mais c’est vrai que ça peut encore provoquer de la gêne. Ça dépend, c’est hyper générationnel, je pense.

    Vous avez été mannequin avant d’être comédienne. Qu’est-ce que vous en gardez ?

    Ça m’a bien détraquée. Je suis entrée dans le monde du travail par le mannequinat quand j’avais 17 ans. Commencer par de la maltraitance, en étant un objet ou de la viande pour des produits et des marques, ça provoque tout un tas de choses comme des troubles du comportement alimentaire, d’où ma boulimie pendant des années. Malheureusement, ce sont des secteurs qui sont dominés par des schémas de pensée dont personne ne se défait depuis des décennies. Sans parler des risques constants d’agressions sexuelles sur les shootings et la pression pour nous encourager à maigrir. On peut résumer ça à une espèce de passage à tabac qui dure tant que tu t’accroches au métier. Tout ça pour parfois être payé en vêtements !

    Du Festival de Cannes aux retrouvailles en famille, comment se déroulent les allers‑retours entre vos deux vies ?

    Sincèrement, j’oublie souvent que je suis célèbre. Quand je prends le métro, ça me fait bizarre, des gens m’arrêtent et je reviens sur terre. Je réalise seulement quand je suis nommée dans les grands festivals de cinéma, ou en soirée. Mais c’est important d’oublier qu’on est connu. Si j’étais focalisée sur ma célébrité, je n’arriverais pas à écrire sur les choses qui m’entourent et me touchent. Ma famille me permet aussi de garder les pieds sur terre. On est très proches, très soudés. Mon métier d’actrice, c’est grâce à eux que je le fais, et je pense que ça leur apporte du bonheur. Ça les occupe, ils ont des choses à raconter à leurs amis, ça les sort de leur quotidien. D’ailleurs, ils collectionnent toujours les magazines dans lesquels ma tête apparaît. Je puise aussi mon inspiration auprès d’eux, notamment ma sœur et ma mère, qui ont une énergie particulière.

     

    Noémie Merlant, une actrice engagée

     

    On entend souvent dire que vous êtes une actrice engagée. Ça signifie quoi à vos yeux ?

    C’est un terme très large. Pour moi, être engagée, c’est être présent aux choses, aux autres, à soi, donner du sens à ce qu’on fait, essayer de se connecter les uns avec les autres. Le cinéma peut aider et être le début de prises de conscience importante. Depuis des générations, on passe notre temps à imiter les images vues dans la publicité, à la télévision, dans les salles de cinéma. Si ces représentations changent, je me dis qu’on peut tous mimer des choses meilleures.

    Vos engagements dans la vie et le fait d’être égérie pour Vuitton sont-ils compatibles ?

    L’être humain est plein de contradictions et c’est bien de le rappeler. Je suis très heureuse de travailler avec Nicolas Ghesquière – directeur artistique des collections Femme chez Louis Vuitton –, car on voit dans ses créations à quel point il est important pour lui de mélanger les genres par exemple. Et moi, grâce à cet argent, aujourd’hui, je peux aider ma famille. Je peux aussi réaliser mes propres films, parce que je deviens indépendante financièrement. Ça me permet de me concentrer sur les films qui abordent des sujets que je veux vraiment défendre.

    Vous dites que le cinéma vous aide à affronter vos angoisses. Racontez-nous.

    Dans la vie, je ne parle pas énormément, je ne pleure pas vraiment non plus. Ce sont mes personnages qui m’aident à sortir plein de choses. Dans le quotidien, j’ai parfois l’impression d’étouffer, de ne jamais savoir comment gérer les rapports humains. Dans un film, je sais ce que j’ai à dire, ce qu’il faut que je fasse. Je suis comme dans un cocon. Il y a un cadre, mais un cadre que j’ai choisi. Je ne suis pas en train d’errer à faire n’importe quoi. (rires) Et du coup, je suis dans l’instant présent, je suis dans le travail, je ne suis plus polluée par mes peurs.

    Le fait d’être dirigée par des femmes vous a-t-il aidée à devenir l’actrice que vous êtes ?

    S’entourer de femmes sur les plateaux de tournage m’offre le plaisir de pouvoir être moi-même beaucoup plus souvent. En tournant avec des hommes, on se retrouve parfois à jouer un rôle pour les hommes, pas pour soi. On est concentrées sur leur regard, et donc on évolue vraiment jamais, car on ne sert qu’à l’autre. Avec les femmes, il y a souvent plus de partage, c’est plus enveloppant. Mais attention : il y a aussi des hommes réalisateurs avec lesquels je n’ai pas du tout ressenti ça.

    Lorsque vous passez derrière la caméra, ce sont des choses que vous essayez d’appliquer quand vous dirigez les équipes d’un film ?

    Je dialogue beaucoup en amont avec les comédiens. Je leur dis que s’il y a une scène qu’ils ne veulent pas faire, ils me le disent, et on trouvera d’autres solutions. Par exemple, une comédienne peut choisir le partenaire avec lequel elle va jouer une scène intime, parce que cela peut être délicat. Et souvent, c’est très vertueux, car ils vont plus loin dans leur jeu, ils peuvent donner beaucoup plus grâce à la confiance sur le plateau, et tout le monde est content.

    Parlez-nous de votre dernier projet en date.

    Je suis en plein montage de mon film Les Femmes au balcon, coécrit avec Céline Sciamma, qui sera en salles en 2024. Il raconte l’histoire de trois femmes, dans un appartement à Marseille en pleine canicule. C’est un film d’horreur sanglant et comique avec une patte délurée et féministe !

    Cette interview est issue du numéro 2 du magazine Vous! par Macif. Pour découvrir le sommaire : c’est ICI.

  • La doula : quel rôle auprès des parents, à quel moment ?

    La doula : quel rôle auprès des parents, à quel moment ?

    Le mot doula, issu du grec ancien, signifie « celle qui sert la mère ». Pour l’association Doulas de France, référence dans le domaine, une doula apporte un accompagnement moral, psychique et pratique, du projet de grossesse à la période postnatale. Endossant le rôle à la fois de mère, de sœur ou d’ami.e, elle est là pour écouter les craintes des femmes enceintes et des conjoint.e.s. Elle soutient, entoure, conseille, et peut ainsi éviter aux futurs parents de perdre pied en leur permettant d’envisager la naissance plus sereinement.

    Un accompagnement péri et postnatal

    Même si le fil rouge de l’accompagnement reste le même – écoute et soutien émotionnel – les besoins avant et après la naissance diffèrent. Avant l’accouchement, les futurs parents ont besoin d’exprimer les émotions et les questionnements que cette période vient soulever. La doula peut aussi bien écouter les doutes et peurs des futurs parents qu’aider à écrire un projet de naissance ou encore répondre aux messages inquiets du couple arrivé à l’hôpital – puisque la majorité des maternités n’autorisent pas leur présence en salle de naissance. En postnatal, le soutien apporté prend également une dimension pratique : tâches ménagères, cuisine, coup de main concret comme changer les draps du lit, porter le bébé en écharpe, aiguiller vers des spécialistes en cas de difficulté pour l’allaitement ou encore proposer des cours de yoga. Tout ce qui permet de créer du lien sereinement avec leur bébé. La doula peut enfin apporter son soutien moral en cas de parcours PMA, de fausse couche, mais aussi de mort subite du nourrisson ou de conflits au sein du couple.

    Un métier non reconnu officiellement

    Précision importante : cet accompagnement est réalisé dans le cadre du service à la personne et uniquement en complément du suivi médical choisi par les parents et n’a donc pas pour vocation à remplacer les personnels soignants. Une doula n’est pas une professionnelle de santé et n’a par conséquent aucun statut juridique. Ses prestations ne donnent pas lieu à des remboursements de la Sécurité sociale, et il faut compter entre 50 et 100 euros par séance. Il n’existe pas encore de cursus obligatoire et encadré par l’Etat, mais trois formations sont déjà reconnues par l’association Doulas de France : en présentiel et d’une durée de neuf mois, elles ont déjà permis à plus de 1 300 doulas d’être formées en dix ans. Si ce métier, arrivé en France après les pays anglo-saxons et nordiques dans les années 2000, connaît un certain engouement, il reste victime de méfiance de la part des organismes officiels des gynécologues obstétriciens et des sages-femmes, qui ne veulent souvent pas travailler en complémentarité avec elles, alors que la doula ne cherche en aucun cas à interférer avec le corps médical.

    En effet, pour Amélie Dupont, doula installée en Seine-Saint-Denis, « aujourd’hui, la période périnatale est bien accompagnée médicalement ; mais en dehors de ça, les parents se retrouvent souvent isolés. Pour moi, c’est essentiel d’apporter ce soutien complémentaire dans leur parcours. Je ne suis pas là pour donner des injonctions ! Je crée juste un espace où les futurs parents peuvent tout déposer. Je les aide à identifier leurs besoins, à suivre leur chemin en les soutenant dans leurs choix et en leur donnant confiance. »

    Quels bénéfices pour les jeunes parents ?

    C’est le cas d’Inès, maman de 38 ans, qui s’est retrouvée en plein désarroi à la naissance de son deuxième enfant. « Je pensais pourtant être bien préparée – ce n’était pas mon premier – et assez entourée, puisque j’ai des amis, ma famille est présente, et mon conjoint aussi. Mais je n’avais pas réalisé la déflagration que constituaient la naissance et l’arrivée d’un deuxième enfant dans nos vies ! » Après avoir fait appel à une doula, Inès a pu accepter d’avoir besoin d’aide et mieux communiquer avec son conjoint, mais aussi avec son aîné, qui avait assez mal réagi à la naissance de sa petite sœur. « À ce moment-là, la doula a vraiment été ma confidente, mon soutien, celle qui m’a sorti la tête de l’eau. Je ne sais pas si j’y serai arrivée sans elle », conclut Inès.

    Jeunes ou futurs parents ?

    La Macif vous accompagne lors d’une naissance.

  • Quels soins quotidiens nécessaires pour un nourrisson ?

    Quels soins quotidiens nécessaires pour un nourrisson ?

    Tout au long de la journée, des impuretés, souvent invisibles, s’accumulent sur le corps du nourrisson. Pour éviter que sa peau, dont la barrière protectrice est immature, ne soit agressée ou irritée, il est primordial d’effectuer des soins quotidiens : une toilette douce et méticuleuse avec des produits adaptés à sa peau fragile. En faire un rituel au même moment de la journée rassure le bébé.

    Toilette de la peau

    De plus en plus, les jeunes mamans reviennent vers des méthodes simples et naturelles : laver la peau de son bébé simplement avec de l’eau claire et éventuellement un peu de savon. « Un bain tous les deux-trois jours suffit largement. Il faut privilégier un savon naturel, surgras, sans produits chimiques et le plus doux possible pour ne pas abîmer la peau très vulnérable du bébé », souligne Julie Nauges, auxiliaire de puériculture. Le savon d’Alep, composé de minimum 14 % d’huile de laurier, fait très bien l’affaire. Revenir au naturel veut aussi dire limiter le nombre de produits et crèmes cosmétiques appliqués sur la peau du bébé, dont certains composés sont suspectés d’être toxiques ou irritants, comme le sodium laureth, le lauryl sulfate ou le phénoxyéthanol. À éviter également : les produits sans rinçage et en spray ainsi que les produits parfumés – l’odeur du bébé et celle des parents lui suffisent amplement pour stimuler son éveil olfactif. « Après une toilette, il faut toujours penser à bien sécher délicatement entre les plis du bébé à l’aide d’un coton pour qu’aucune impureté ne vienne s’y incruster et macérer », ajoute Julie Nauges. Si la peau du bébé a besoin d’être hydratée ou que bébé aime un petit massage, les huiles végétales – comme l’huile de jojoba, d’olive ou de bourrache – sont idéales : elles neutralisent la dureté de l’eau et nourrissent la peau.

    Toilette du siège

    La toilette du siège est primordiale dans les soins quotidiens du bébé. « La meilleure solution pour cette toilette reste l’eau tiède seule ou avec du savon, notamment en cas de selles. On peut éventuellement utiliser du liniment oléo-calcaire, composé d’huile d’olive et d’eau de chaux. Dans le cas où les fesses du bébé sont irritées, le médecin peut prescrire des crèmes spécifiques », recommande Julie Nauges. Pour éviter les risques d’irritations, la couche du nourrisson doit être changée très régulièrement. Par ailleurs, de plus en plus de puéricultrices et sages-femmes déconseillent les lingettes jetables. La raison ? Bien que pratiques, elles sont très polluantes et peuvent contenir des substances allergisantes et irritantes pour le bébé. Mieux vaut privilégier des lingettes en coton bio lavables en machine. Si vous utilisez des jetables, optez pour des lingettes à l’eau. Le talc et la crème de change sont eux aussi de plus en plus délaissés.

    Toilette du visage

    L’auxiliaire de puériculture préconise de nettoyer délicatement les yeux et le nez du bébé à l’aide d’une compresse stérile imbibée de sérum physiologique, sans oublier de changer de coton pour laver l’autre œil. L’astuce pour le lavage de nez ? Imbiber un coton-tige de sérum physiologique, le passer à l’intérieur pour humidifier les sécrétions puis les décoller avec le côté sec. La toilette du visage est à faire autant de fois qu’il est nécessaire dans la journée, sans oublier de passer derrière les oreilles où des impuretés ont tendance à s’accumuler. Pour les cheveux de bébé, il est recommandé de les laver que si nécessaire et une fois par semaine pour éliminer les petites desquamations et salissures dues à la transpiration du cuir chevelu. « Il faut bien veiller à utiliser un shampooing très doux et qui ne contient pas de phénoxyéthanol, l’un des derniers éthers de glycol autorisés dans les cosmétiques », précise Julie Nauges.

    Toilette du cordon et des ongles

    Après la naissance, il est important de désinfecter le cordon ombilical à l’aide d’une compresse stérile imbibée d’un antiseptique. Et ce, tous les jours jusqu’à ce qu’il tombe de lui-même, au bout d’une semaine à dix jours. Du côté des ongles, l’auxiliaire de puériculture conseille d’attendre au moins un mois avant de les couper.« Le premier mois, ils sont très mous et fragiles et se cassent tout seuls naturellement. Dès qu’ils commencent à être longs et durs et que le bébé risque de se griffer avec, mieux vaut les couper régulièrement avec une paire de ciseaux à bouts ronds. Le coupe-ongle peut traumatiser l’ongle du nourrisson », souligne-t-elle. Une astuce pour effectuer la mission ? Choisir un moment où le bébé est calme et lui parler doucement durant l’opération.

    Jeune parent ?

    Alors que votre famille s’agrandit, la Macif vous accompagne au quotidien dans cet incroyable moment de vie.

  • L’audition de mon enfant baisse : que faire ?

    L’audition de mon enfant baisse : que faire ?

    Environ 1,3 million d’enfants de moins de 10 ans ont déjà consulté un médecin ORL pour des acouphènes, et pour près de 660 000 enfants, une perte auditive moyenne à sévère a été diagnostiquée. Les résultats de l’enquête Ifop-JNA 2023 sur la santé auditive des enfants sont pour le moins inquiétants, voire alarmants. Avec des conséquences à long terme, comme le précise Sébastien Leroy, porte-parole de la JNA (Journée nationale de l’audition), l’une des principales associations françaises dédiées à la santé auditive. « Le risque, c’est d’hypothéquer son capital auditif, de créer une fragilité qui déclenche des prédispositions à la perte auditive. Autrefois, on pensait que la presbyacousie (surdité liée à l’âge, ndr) était uniquement un phénomène de vieillissement. Or désormais, la moyenne d’âge de survenue des acouphènes est de 41 ans. » Selon l’Organisation mondiale de la santé, qui estime qu’une personne sur quatre devrait avoir des problèmes d’audition d’ici 2050, « plus d’un milliard de jeunes adultes risquent une déficience auditive permanente évitable à cause de leurs pratiques d’écoute non sûres ».

    Limiter les écouteurs

    Parmi les pratiques d’écoute non sûres, le casque ou les écouteurs, de plus en plus présents dans le quotidien des enfants et des adolescents, sont sans surprise pointés du doigt. Ainsi, selon l’enquête Ifop-JNA, 40 % des parents affirment que leur enfant écoute chaque jour de la musique via des écouteurs ou un casque d’une à quatre heures par jour. « On voit clairement un accroissement de la pratique », regrette Sébastien Leroy qui conseille d’éviter les écouteurs chez les enfants de moins de 10 ans, et qui rappelle qu’un enfant ne sait pas maîtriser le volume et ne va pas forcément dire s’il entend des sifflements ou des bourdonnements. Et tant bien même le casque disposerait d’un limiteur de volume, cela ne résout pas le problème de la durée de l’exposition au son.

    « Le problème du son, c’est à la fois son volume et son omniprésence, explique-t-il. La musique, même à faible volume, toute la journée, c’est une sollicitation permanente des cellules de l’oreille. On comprend mieux la parole en se levant qu’en se couchant, parce que l’oreille récupère durant la nuit, si on ne s’endort pas avec des écouteurs, bien sûr. Ce qui est gênant pour l’enfant, c’est qu’il y ait une réduction de son temps de récupération. Et ça va jouer sur le développement de l’apprentissage. L’oreille fait partie du cerveau, qui est mis en difficulté lorsqu’il y a une gêne auditive, un acouphène. »

    Éviter les concerts avant 6 ans

    Si la problématique des concerts concerne plus les adolescents et les jeunes adultes, elle n’est pas non plus à éluder pour les enfants, rappelle Angélique Duchemin, directrice d’Agi-Son, une association de prévention sonore regroupant des professionnels de la musique. « On peut faire découvrir l’univers des concerts à des enfants, mais il faut prendre des dispositions bien particulières, avec des casques antibruit. Cela dit, quand on voit des bébés dans des salles de concert ou festivals, je ne vois pas bien l’intérêt culturel. Et il faut quand même que l’enfant ait la possibilité de s’exprimer, qu’il puisse exprimer la gêne ou le mal-être potentiel qu’il ressent. Notre comité scientifique déconseille les concerts avant 6 ans, à moins qu’ils ne soient adaptés à leur âge. »

    La directrice d’Agi-Son se réjouit en revanche qu’il y ait aujourd’hui « une vraie demande du public pour les protections auditives comme les bouchons en mousse », notamment sur les évènements à longue durée d’écoute comme les festivals. « Dans les discothèques, c’est malheureusement moins le cas, alors que c’est pourtant indispensable, parce qu’on y reste longtemps et que le volume ne baisse jamais. On insiste sur le fait que c’est la durée d’écoute qui va impacter fortement l’oreille, qu’il faut être à l’écoute de son corps. Si on a la sensation d’être agressé, c’est qu’il y a un problème. Il faut s’éloigner du son et ne pas écouter ses copains qui disent que ce n’est pas trop fort. Nous ne sommes pas égaux par rapport à l’audition. »

    Dépister

    Aux adolescents qui iraient en discothèques ou en concerts, Sébastien Leroy suggère d’offrir des bouchons réutilisables avec filtres acoustiques, « qui permettent de garder de bonnes sensations d’écoute, à la différence des bouchons en mousse ». Et d’intégrer dans leur suivi de santé un dépistage auditif. « L’ado va voir que ce sont ses oreilles, ses courbes. Parfois, on constate qu’il y a des petites encoches sur certaines fréquences qui indiquent qu’il y a déjà eu des petits traumatismes. On est sur de la prévention personnalisée, qui fonctionne vraiment bien chez les jeunes. On peut faire ces dépistages chez les audioprothésistes, c’est gratuit sur rendez-vous. » De manière plus large, il encourage les parents à intégrer dans le suivi de l’enfant « un check-up régulier de l’audition, comme pour les dents et les yeux. » En espérant être entendu.

    Cinq signes qui doivent alerter 

    • Votre enfant vous dit qu’il a les oreilles bouchées, qu’il entend un bruit dans ses oreilles.
    • Son comportement se modifie : il devient agressif, s’isole.
    • Il a des difficultés d’apprentissage à l’école.
    • Il se met à avoir du mal à suivre une conversation.
    • Il régresse vocalement.

    En cas de doute, ne pas hésiter à se rendre dans un service d’urgences ORL.

    Besoin de tester votre audition ou celle de votre enfant ?

    Le contrat Macif Mutuelle Santé vous accompagne en cas de consultation chez un ORL

  • Ex Utero : le podcast pour briser les tabous de la parentalité

    Ex Utero : le podcast pour briser les tabous de la parentalité

    Nouveaux ou futurs parents, l’objectif est généralement le même : vivre la parentalité le plus sereinement possible. Avec Ex Utero, un podcast en trois saisons, les tabous autour de la grossesse, de la naissance et la période post-partum sont brisés. Bonne écoute !

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 1 : La sage-femme comme guide

    Lors d’une grossesse, le suivi par une sage femme se poursuit après l’accouchement, et cela jusqu’au 12eme jour de vie du bébé. Ces consultations post-natales permettent d’aborder diverses questions sur l’alimentation de maman et de bébé, la contraception possible, un éventuel baby blues et constituent des moments d’échanges privilégiés…. Depuis 13 ans Myriam Reiss sage femme accompagne les mamans : avant et après l’accouchement. Chaque jour, elle se déplace au domicile des différentes familles qui rentrent à peine de la maternité, pour faciliter ce retour à la maison.

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 2 : Visite guidée d’une maison des 1000 jours

    Connaissez-vous le concept des 1000 premiers jours qui courent du début de la grossesse jusqu’aux deux ans révolus de l’enfant ? Ces 1000 premiers jours, c’est au départ un rapport d’une commission d’experts présidée par Boris Cyrulnik, médecin psychanalyste et auteur. De ce rapport est né un projet national piloté par le ministère des solidarités et de la santé et la création de 45 maisons des 1000 premiers jours partout en France. C’est à Arras qu’est né en 2021 la première maison des 1000 premiers jours. Ce lieu chaleureux qui accueille parents et bébé tous les 15 jours pendant la première année de vie pour partager, discuter, s’entraider a une particularité : il fait partie d’un pôle éducatif qui regroupe également une maternelle, une PMI et un espace famille notamment. Une sorte de petit village qui permet entre autres de rompre l’isolement.

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 3 : Interrogations de parents – Éclairages d’experts

    L’arrivée de bébé chamboule. Malgré l’immense bonheur d’accueillir ce petit être, on ne se sent pas toujours prêt, on veut être parfait, on dort peu, l’organisation est bancale. On aimerait tellement avoir le mode d’emploi et bénéficier du soutien de professionnels. Dans ce micro-trottoir, ces futurs et jeunes parents font part de leurs interrogations, et 4 experts leur répondent.

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 4 : Dépression post-partum – Conversation maman – psy

    Quelques jours après l’accouchement, la majorité des mamans traverse une période de déprime qu’on appelle le  » baby blues « , réaction naturelle causée par tous ces changements. Mais pour 1 femme sur 6 (selon une étude de Santé publique France réalisée en 2023) la dépression peut prendre le relais et s’installer plus durablement. En 2022, à la naissance de sa fille, Anna plonge rapidement dans une dépression post-partum. Aujourd’hui elle veut comprendre ce qui lui est arrivé. Elle en discute avec Brigitte Borsoni, psychologue clinicienne spécialisée dans la relation parent/bébé et adulte/enfant.

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 5 : Dépression post-partum, quel rôle pour l’entourage ?

    Aujourd’hui en France, tous les mois, une femme se suicide au cours de la première année de vie de son bébé. La dépression post-partum est une condition sérieuse qui peut affecter la santé mentale et émotionnelle d’une maman après l’accouchement. L’entourage, qu’il s’agisse du partenaire, de la famille, des amis ou même des professionnels de santé, peut jouer un rôle crucial dans le rétablissement de la maman. Jocelyne, Ysée et Geoffroy ont vécu cette période difficile auprès de leur fille, leur amie, leur conjointe. Ils ont accepté de se rencontrer / pour discuter autour de leur rôle d’aidant.

    Avertissement : les propos que vous allez entendre abordent le suicide et peuvent heurter.

    Ex Utero – Saison 3 – Bande-annonce

    La période du post partum, dit-on aux mamans qui viennent d’accoucher, dure à peu près 6 semaines. En réalité, ce sont près de 1000 jours qui sont nécessaires pour s’adapter à cette nouvelle vie qui impose de réorganiser ses journées… et ses nuits, à jongler avec la fatigue, à adapter ses habitudes, ses relations avec les autres… et avec soi-même. Ce qu’on occulte souvent c’est l’éventualité aussi de passer par la case dépression. Pourtant 1 mère sur 6 souffrirait de dépression post partum. Dans cette 3ème saison d’Ex Utero signée Vous! par Macif, écoutez ces moments de découverte de l’inconnu avec celles et ceux qui la vivent au quotidien. Des parents bien sûr, mais aussi leur entourage, des sages-femmes et autres professionnels de santé ainsi que des organismes de la petite enfance, en laissant, au cœur, la parole des mamans.

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 1 : L‘impact du handicap d’un bébé

    Chaque année en France, près de 20 000 enfants naissent avec une maladie congénitale(1). Pour Amanda et Vincent tout avait bien commencé, jusqu’à ce qu’ils apprennent que leur fille est née avec une malformation. Entre incompréhension et inquiétude, le papa veut régler le problème avec une chirurgie, mais sa compagne, familière du milieu médical, temporise et préfère attendre. Comment surmonter cette épreuve sans perdre son optimisme ? Comment se projeter dans un avenir incertain ?

    Lire aussi : Troubles du neurodéveloppement : comment détecter et quand consulter ?

     

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 2 : L’arrivée d’un bébé dans une famille recomposée

    Aujourd’hui en France, un foyer sur dix est recomposé(2). Lorsqu’une famille se reforme, ce sont de nouveaux liens qu’il faut tisser. Entre les beaux-parents et les enfants. Entre les enfants, aussi. Alors, quand un nouveau bébé arrive dans la fratrie, il n’est pas toujours évident pour chacun de retrouver sa place. Christian est le père de Louanne 20 ans et de Lenny 17 ans. Coralie est la mère de Lyam, 8 ans. Ils sont ensemble depuis plus de quatre ans et ont eu ensemble Leyann, 18 mois. À l’arrivée de son petit-frère, ce n’était pas évident pour Lyam, jusque-là le benjamin de la famille. Pas simple non plus pour les deux « grands », qui ne sont pas tout le temps à la maison, et regardent, parfois avec amertume, le privilège de leur petit frère Leyann, qui est le seul à avoir ses deux parents sous le même toit. Alors, comment retrouver un équilibre familial ? Comment être un parent qui parvient à être suffisamment là pour chacun ?

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 3 : Le lien fusionnel parent/enfant

    L’arrivée d’un enfant bouleverse les relations d’un couple et redéfinit les liens entre ceux qui sont ainsi devenus des parents. Charlène est une mère fusionnelle. Elle n’a pourtant pas été enceinte de Callie, c’est sa femme, Maryse, qui lui a donné naissance. Peut-être est-ce parce que Charlène avait peur que le lien soit moins fort dès la naissance qu’elle a compensé, jusqu’à devenir plus que maman poule… Comment trouver le juste équilibre quand on est celui ou celle qui n’a pas porté l’enfant et que l’on veut être aussi essentiel que la mère qui a donné naissance ?

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 4 : La dépression post-partum

    En France, une femme sur cinq subit un épisode de dépression après la naissance de son bébé(3). Ce syndrome post-partum peut être particulièrement isolant pour la mère et perturbant pour le.la partenaire. Florence a été secouée par une dépression post-partum après l’accouchement de sa fille. Elle se sent incapable de faire quoique ce soit, elle se dit bloquée, tétanisée, tout le temps triste. Son mari, Guillaume, s’occupe du nourrisson sans comprendre ce qui arrive à son épouse. Il lui avoue sa difficulté à “gérer deux enfants ». Des mots maladroits qui la bouleversent. Comment demander de l’aide lorsqu’on comprend pas soi-même ce que l’on ressent ? Comment surmonter une dépression post-partum, parfois banalisée ?

    Lire aussi : La dépression prénatale, une réalité encore trop méconnue

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 5 : La difficulté de retrouver ses marques dans le couple

    Après la naissance d’un bébé, les parents sont souvent sur un petit nuage. Mais rapidement, le quotidien change : les nuits sans sommeil, le manque de temps pour soi, les doutes et presque inévitablement, les tensions entre parents. Après 6 jours à la maternité, Cécile n’avait qu’une hâte : rentrer à la maison. Son époux Edjems est lui aussi impatient de retrouver sa femme et leur fille. Mais passer de 2 à 3 n’est pas si évident. Comment, alors, faire en sorte que tout le monde trouve sa place ? Comment s’appuyer sur l’autre et lui faire comprendre ses besoins ?

    Lire aussi : Naissance et tabous : des témoignages ouverts et déculpabilisants

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 1 : “Je ne voulais pas d’enfant”

    En France, 4,5 % des femmes ne souhaitent pas avoir d’enfant.1 Être sans enfant par choix, dit aussi “childfree”, reste cependant encore peu accepté par la société. Alors comment gérer quand, de surcroît, on finit par être enceinte ? Fanny n’avait pas le désir d’enfant. Son mari Simon, comprenait, mais espérait malgré tout. Et puis la grossesse est arrivée, imposant à Fanny une aventure qu’elle n’avait ni prévue ni voulue. Avec toujours à ses côtés, son partenaire, navigant à vue dans une situation parfois périlleuse.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 2 : “J’ai subi une fausse couche”

    Pas assez d’éducation sur le sujet, beaucoup de culpabilisation, un accompagnement restreint, font de la fausse couche un de ces tabous qui perdurent. Pourtant, une femme sur quatre enceinte y est confrontée. 15 % des fausses couches2 surviennent jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée (dans les 3 premiers mois) et 1 % entre la 14ème et la 22ème SA (plus de 4 mois de grossesse). Cela peut alors être un vrai traumatisme physique et psychologique pour la femme, et son/sa partenaire, subissant cette perte. Pour Élodie, la fausse couche a été un moment particulièrement douloureux, qui a notamment éloigné son conjoint Rémy. Le couple a surmonté l’épreuve grâce à une certaine prise de conscience.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 3 : Grossesse et regards sur le corps

    Pendant une grossesse, le corps de la future mère change inévitablement : prise plus ou moins importante de poids, le ventre qui s’arrondit, les seins qui gonflent, des marques qui apparaissent sur la peau. Cette évolution peut être mal vécue, parfois à cause de son propre regard critique sur soi-même, mais aussi accentué par celui de la société et de ses proches. Cécilia a vécu 2 grossesses consécutives pendant lesquelles son corps a été un centre d’attention bien malgré elle. À ses côtés, Thimothée essayait tant bien que mal de l’aider face aux commentaires parfois déplacés.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 4 : “Je n’aime pas être enceinte”

    À en croire les réseaux sociaux ou les histoires racontées par les unes et les autres depuis des générations, être enceinte rime avec épanouissement. Certes un peu de fatigue et de prise de poids, mais rien qui ne vienne entacher ce bonheur de porter un enfant. Et pourtant ! Pour de nombreuses femmes, 9 mois de grossesse est une vraie épreuve, physique et/ou morale. Mais comment dire au reste du monde que l’on n’aime pas être enceinte ? Surmontant le jugement des autres, Carole le dit haut et fort : elle n’a pas aimé être enceinte. Pendant ses grossesses, son partenaire Anthony a fait son possible pour contrer le regard pesant de ceux qui refusaient de concevoir cette réalité.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 5 : Vivre sa grossesse en solo

    Près de 1,5 million de Françaises sont des mères célibataires qui élèvent donc leur(s) enfant(s) seules. Dès mères qui ont parfois été en solo dès la grossesse, pendant laquelle elles ont dû tout gérer et surmonter seule. Solitude et stress, fatigue physique et mentale, gestion des démarches administratives et des achats pour préparer l’arrivée de bébé, autant d’étapes vécues sans partenaire du quotidien. C’est dans ces moments que les proches, amis et famille, peuvent devenir de vrais soutiens. Margot savait qu’en ayant un bébé toute seule, elle traverserait des périodes difficiles, mais par chance, elle a pu compter sur son amie Laurette.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 6 : “J’ai vécu une dépression prénatale”

    Il est estimé à environ 10 % des femmes enceintes touchées par la dépression. Ce chiffre est cependant difficile à vérifier car nombres de femmes concernées ne le savent pas et n’en parlent pas, mettant leur mal-être et leur tristesse sur le compte des hormones et de la fatigue. Pourtant, la dépression prénatale est aussi réelle que celle post-partum. Une prise en charge adaptée peut aider ces femmes enceintes à traverser leur grossesse plus sereinement. Marie a pleuré à chaudes larmes les 6 premiers mois de sa grossesse, sans comprendre pourquoi. Avec Vincent à ses côtés, elle est parvenue à surmonter cette épreuve, non sans difficulté.

    VOUS ATTENDEZ UN ENFANT ?

    Alors que votre famille s’agrandit, la Macif vous accompagne au quotidien dans cet incroyable moment de vie.

    (1) Institut National de Veille Sanitaire

    (2) INSEE 2020

    (3) Collège National des Sages-femmes

  • Être parent en 2024 : est-ce compliqué ?

    Être parent en 2024 : est-ce compliqué ?

    Pour Virginie Avezou, docteure en psychologie de l’enfant, de profonds changements dans l’éducation découlent de l’adoption de la Convention internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), le 20 novembre 1989 par dix-huit pays des Nations unies. « À partir de cette date, les enfants ont été considérés comme des individus à part entière et des acteurs du monde dans lequel ils vivent », explique-t-elle. L’enfant devient une personne avec des droits, qui doit être accompagnée pour les exercer et accéder progressivement à son autonomie.

    Parentalité, éducation positive et pression

    La prise en compte des droits et besoins de l’enfant, Audrey la trentaine, mère de deux petites filles de 3 et 5 ans, l’a bien compris. Au moment de la naissance de sa première fille, elle a fait son maximum pour la combler et lui apporter le meilleur, quitte à parfois se négliger, voire s’oublier. « La maternité a été une vraie claque, ça ne s’est pas exactement passé comme je le pensais et je me suis mis beaucoup de pression, notamment au sujet de l’allaitement, qui a été plus compliqué que prévu », admet-elle. Avant de poursuivre : « J’étais tout le temps disponible pour mon enfant j’étais à fond dans l’éducation positive et en parallèle, j’essayais le zéro déchet. Je lavais même les couches de ma fille, ce que j’ai finalement vite abandonné. » Pour l’arrivée de sa deuxième fille, Audrey s’est autorisée à être une mère moins parfaite. « J’ai pris du recul sur tout ce que j’avais lu sur la parentalité positive. En fait, j’ai simplement suivi mon instinct et c’était beaucoup mieux. »

    Les injonctions à l’éducation positive peuvent en effet faire des dégâts. « On est passé de l’exercice d’une autorité à l’exercice d’une démocratie de l’éducation parentale avec plus de tendresse et de chaleur, mais il faut instaurer une relation symétrique équilibrée qui ne mette pas l’enfant en danger, commente Virginie Avezou. Si l’enfant n’est jamais frustré et décide tout, il y a le risque qu’il dépasse ses parents. Il y a une forte pression sur leurs épaules et ça nécessite un véritable accompagnement, mais beaucoup ne le sont pas assez aujourd’hui. »

    Enjeux du numérique et écologiques

    Un avis que partage Anne, la soixantaine. Mère de trois filles nées dans les années 1990, elle constate qu’aujourd’hui que certains parents sont envahis par leur progéniture. « Pour moi, ce n’est pas aux enfants de décider de l’endroit où ils vont en vacances, ou de celui où il faut acheter une maison. Ça, pour moi, c’est aberrant », lâche-t-elle. Anne a grandi dans les années 1970, avec des parents défaillants et quand ses filles sont arrivées, elle a choisi de ne pas trop les couver. « Je me suis investie quand même pour les accompagner, les guider, pour qu’elles aient ce qu’il fallait, mais j’avais besoin qu’elles aient une vie à elles et moi la mienne, se souvient-elle. J’adore mes enfants, mais j’ai détesté le rôle de mère dans tout ce que ça représentait de logistique. C’était trop ingrat et inintéressant. »

    D’autant que les parents d’aujourd’hui sont confrontés à d’autres problèmes très contemporains. « Il y a les enjeux liés au numérique, notamment autour de la protection du harcèlement, sans exclure son enfant de la culture jeune, mais aussi l’initiation aux enjeux de la transition écologique ou encore les soucis de l’avenir professionnel, voire immobilier, des enfants. Autant de questions que se posent désormais cruellement les parents », regrette Virginie Avezou.

    Clément, papa de 36 ans, fait partie de ceux-là. Même si lui et sa compagne font leur maximum pour rester positifs et inculquer le respect de l’autre, de la nature et quelques notions d’écologie à leurs deux filles de 4 et 6 ans, Clément est inquiet. « Ce qui m’angoisse vraiment, c’est de les voir grandir dans cette société de surconsommation et où les réseaux sociaux et les sollicitations de toutes sortes prennent trop de place, déplore-t-il. Ce sont des inquiétudes qui viennent, selon moi, s’ajouter à celles qu’avaient nos parents avant l’apparition d’Internet. À l’époque, ils se souciaient surtout de l’avenir professionnel de leurs enfants. »

     

    Interdiction des sévices physiques

    Enfin, autre décalage majeur entre l’éducation donnée à nos enfants en 2024, et celle reçue dans les années 1990 : la violence physique. Pour Clément comme pour Audrey, hors de question de lever la main sur leurs filles. Jamais. Ils y mettent un point d’honneur. Mais cette limite n’est pas toujours aussi évidente pour les grands-parents. « Un jour, j’ai entendu ma mère mettre une petite fessée ou une petite tape à ma fille pendant qu’elle la changeait et elle a d’abord nié puis avoué, mais on a dû en parler pour qu’elle comprenne que non, ce n’était pas “pas si grave”. »

    En effet, depuis le 11 juillet 2019, dans le cadre de la loi relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires, la fessée est officiellement interdite en France. « L’adoption de cette loi renforce l’idée que l’éducation à l’intérieur de la famille est basée sur le lien avec l’enfant et ce que ça implique sur son développement », conclut Virginie Avezou.

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  • Ado et stage de troisième : quel objectif ?

    Ado et stage de troisième : quel objectif ?

    Sur TikTok, le stage de troisième inspire aux élèves concernés des contenus en pagaille. Tips pour dénicher une entreprise en or, anecdotes sur l’absurdité des missions demandées, refus en cascade ou encore, mini-vlog contant des stages de rêve ; chacun y va de son récit. Sarah, 15 ans, raconte face caméra sur un fond musical rythmé : « Faire son stage en crèche, c’est : se prendre de la purée dessus, avoir toutes les comptines de bébé en tête, s’attacher et être triste quand on doit les quitter. » D’autres camarades semblent moins ravis. « En pharmacie, mon maître de stage m’a demandé de classer tous les médicaments par nom pendant des jours », se désole Anna, 14 ans.

    Stage de 3ème, en quoi ça consiste ?

    D’une durée de 5 jours consécutifs ou non, ce stage est obligatoire pour tous les élèves de troisième. L’idée : faire connaissance avec le monde du travail. Qu’il suscite des vocations ou non, il marque souvent l’esprit des collégiens. « Je comptais les jours. J’étais chez un réparateur informatique, je passais mes journées sur YouTube vu qu’on était en période creuse », confie Théo, collégien de 15 ans passionné de jeux vidéo. Comme pour beaucoup d’autres élèves, il peut rapidement être synonyme d’ennui, voire d’un manque de sens. « Une semaine, c’est trop court pour comprendre quoi que ce soit », ajoute-t-il. D’autres découvrent la dure loi du travail. « Mise en rayon en grande distribution, je travaillais vraiment comme un employé même à 15 ans, c’est fatigant en fait », lâche Lucas sur Twitter.

    Le plaisir de partager son métier-passion

    Si l’accueil des stagiaires peut parfois consister pour les employeurs à combler le manque de missions par la fameuse commande excessive de cafés, certains voient dans l’accueil d’un collégien un atout considérable. Bérangère, agricultrice et éleveuse dans les Ardennes raconte avoir pris « un grand plaisir à partager sa passion avec une jeune fille intéressée ». À ses yeux, la visibilité des métiers agricoles passe aussi par la transmission aux plus jeunes. « Si personne ne leur montre ce qu’il peut y avoir de beau dans le quotidien des éleveurs en France, comme la proximité avec la nature et les bêtes, personne n’aura envie de rejoindre le travail de la terre », plaide-t-elle. Pour la sociologue Aude Kerivel, le stage de troisième représente aussi la première expérience inégalitaire du monde du travail. Car si certains arpentent avec joie les milliers de mètres carrés d’un aéroport international, ses duty free et ses atmosphères de grands départs, d’autres se rabattent sur ce qu’il reste. Parents sans relations, élèves issus de quartiers prioritaires de la ville ou de milieux ruraux… Faute d’avoir un réseau familial, trouver un stage de troisième peut se transformer en un véritable parcours du combattant. Alors certains glissent de la salade et des oignons dans les wraps des fast-foods tenus par des amis de la famille. Censée faire découvrir le monde du travail, cette première expérience peut aussi contrarier l’orientation professionnelle de certains élèves. « Essuyer une dizaine de refus pour un premier stage d’observation, qui plus est non payé, impacte forcément la future vie professionnelle de ces élèves », écrit Aude Kerivel.

    Une première expérience inégalitaire

    Si le sujet commence à émerger dans les médias nationaux (Le Monde a récemment consacré un article aux « stages kebab » des élèves des banlieues défavorisées), le sujet est relaté depuis dix ans dans la presse quotidienne régionale. En 2010 déjà, elle se faisait l’écho d’une étude nommée L’égalité des chances s’arrête à la supérette, publiée par l’Observatoire des inégalités. L’organisme avait pris l’exemple de trois collèges dans trois territoires aux particularités sociales et culturelles différentes. Dans un collège du Ve arrondissement de Paris, les élèves intègrent des sociétés de production, des banques ou encore des cabinets d’architecte. En milieu rural, dans les Côtes-d’Armor, les élèves de troisième découvrent des exploitations agricoles ou les boulangeries pâtisseries du coin. À Aubervilliers, dans le 93, c’est Anais Boutique et des plombiers indépendants qui avaient accueilli des élèves de troisième. Depuis 2018, la plateforme gouvernementale Mon stage de troisième permet désormais aux élèves de troisième des collèges du réseau éducation prioritaire (REP et REP+) d’avoir accès à une offre de stages parallèle, dans l’espoir de réduire l’écart entre les jeunes.