Catégorie : Prendre soin de mon enfant

  • Perte des dents de lait, comment préparer son enfant ?

    Perte des dents de lait, comment préparer son enfant ?

    Certains parents l’ont sans doute remarqué : les petites filles perdent leurs premières dents plus tôt que les petits garçons. « J’ai été surprise avec ma deuxième, se souvient Maud. Comparé à ce qui s’était passé avec son grand frère, elle a perdu sa première dent de lait huit mois plus tôt. Rien de grave, mais je ne m’y attendais pas. » Cela rien d’étonnant, rassure le Dr Camille Ravinet. « Les filles et les garçons n’ont pas le même rythme de croissance, explique cette dentiste pédiatrique et chirurgienne-dentiste à Paris. En général, pour les petites filles, ça arrive vers 5 ans et demi et pour les petits garçons vers 6 ans, voire 6 ans et demi. »

    Gérer l’angoisse de la perte

    « En dehors des cheveux et des ongles, les dents sont les premiers éléments du corps a priori stable qui disparaissent et cela peut générer une inquiétude. C’est un morceau de soi qui tombe, note le Dr Stéphane Clerget, pédopsychiatre. Mais les jeunes parents peuvent se rassurer : il est rare qu’un enfant vive difficilement la perte de ses premières dents de lait. « Généralement, ils sont en grande section de maternelle, et, en réalité, ils ont plutôt hâte que ça leur arrive pour faire comme les grands qui sont déjà au CP », explique la dentiste pédiatrique. Mais dans le cas où une angoisse se manifeste, il est primordial de ne pas ignorer leurs craintes ou de les minimiser : « Je leur explique que leurs nouvelles dents viennent parce qu’elles sont prêtes et que les anciennes ont fini leur travail. Je leur dis que c’est comme ça qu’ils auront des dents de princesse ou de superhéros », raconte de Dr Ravinet. N’oublions pas la grande alliée des parents dans cette période : la petite souris ! Et pas question pour les parents de culpabiliser ou d’hésiter à glisser une pièce sous l’oreiller « Il faut compenser la perte, c’est indispensable », souligne le pédopsychiatre.

    Affronter la peur du sang et/ou de la douleur

    Estelle, maman de deux garçons d’aujourd’hui 7 et 9 ans, a trouvé une méthode des plus originales pour y faire face : « Mon petit dernier a été un peu traumatisé quand son grand frère a perdu une de ses dents. Je ne sais pas pourquoi, mais il avait pas mal saigné cette fois-là. Mon aîné s’en fichait, mais le petit a eu très peur et pensait que c’était extrêmement douloureux. Pour dédramatiser tout ça, on a instauré nos ”soirées Dracula” : les jours où il perdait une dent, on se déguisait, on mettait nos dentiers, et on regardait un film avec glace à volonté. Un peu un mini Halloween. Ça a tellement fonctionné qu’au bout de deux soirées le plus petit n’avait qu’une hâte : perdre les siennes ! Et au final, ces soirées nous font de super souvenirs. » Et pour ceux qui ont vraiment très peur, la dentiste préconise l’extraction en cabinet : « On applique une crème anesthésiante, ça endort la région. On les aide à passer cette étape. » Mais, même dans le cas où l’enfant n’a pas peur, l’extraction de la dent de lait par un dentiste peut s’avérer nécessaire. « C’est même un motif de consultation assez fréquent, reconnaît le Dr Ravinet, parce qu’il arrive souvent que les nouvelles dents du bas poussent derrière les autres, un peu à la manière des dents de requin. Si la dent de lait ne bouge pas, il faut l’enlever pour que la nouvelle dent puisse prendre sa place. Si elle bouge, je leur dis de la faire tomber. Sauf évidemment si l’enfant nous demande de l’enlever nous parce que ça le gêne ou parce qu’il a mal. »

    Leur faire solliciter une dent qui bouge

    Si on accompagne les enfants pour leur bien-être psychologique, il en va aussi de leur santé dentaire. Ainsi, un enfant qui craint de perdre sa dent ne va pas la solliciter, ce qu’il faut éviter. « Souvent les enfants qui ont peur hésitent à toucher les dents qui bougent, ils ne les brossent pas, ils les gardent trop longtemps et du coup c’est plus sensible, explique la dentiste. Ce que je dis aux parents, c’est que plus leur enfant va les solliciter, plus il va les perdre rapidement, moins la gencive va s’irriter et fera donc moins mal. » D’ailleurs la dentiste insiste : qu’ils aient peur ou non, il est primordial de continuer à brosser la dent qui bouge. « S’ils utilisent une brosse à dents électrique, on leur fait reprendre un brossage manuel tout doux avec une brosse à dents très souple. Plus c’est propre, moins la gencive est sensible. » Il ne faut pas craindre de les encourager à solliciter la dent qui bouge pour la faire tomber le plus rapidement possible et que la nouvelle puisse prendre sa place. « On peut leur conseiller de croquer des pommes, des carottes, du pain… Et quand ils sont à la maison et qu’ils ont les mains propres, de ”jouer” avec. » Mais, quid de la technique à l’ancienne où on attachait un fil à la dent et à l’autre extrémité à une poignée de porte ? « Chacun sa technique, rigole le Dr Ravinet. J’ai même des enfants qui attachent la dent à des munitions de leur pistolet à fléchettes. Et quand ils tirent, la dent part. » Mais avec ces techniques, c’est parfois plutôt les parents qui angoissent !

     

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  • Développer le langage de son bébé

    Développer le langage de son bébé

    Même si un nouveau-né ne parle pas, le Dr Pfersdorff, pédiatre et auteur de nombreux ouvrages* insiste : le dialogue entre bébé et ses parents s’installe dès la naissance. « Un nouveau-né dit plein de choses avec le mouvement de ses yeux, de ses doigts, de ses jambes… Il est très important que les parents y soient attentifs. » Il est également essentiel de comprendre qu’à la naissance et durant ses tout premiers mois, un bébé ne voit pas vraiment, sa vision n’étant pas encore installée. Au contraire de ses autres sens (le toucher, l’odorat, le goût et l’ouïe) qui sont eux très développés.

    Favoriser l’échange et l’écoute

    Mais quel est le lien entre l’apprentissage du langage et ses sens ? « L’audition du bébé est très sensible, elle est bien plus développée que chez un adulte », explique le docteur Arnault Pfersdorff. C’est pour ça, par exemple, qu’un objet qui tombe au bout de la pièce va le faire sursauter. « Dès la maternité quittée et le retour à la maison, il faut prendre l’habitude que l’enfant soit dans un environnement calme pour favoriser le langage et l’écoute. C’est très important, car il a une telle hyperacousie que s’il y a trop de bruit, il ne va pas faire la différence entre les sons, ça va le stresser et ça peut le fatiguer. Il faut lui parler quand il est calme, après un repas, par exemple, on rapproche son visage du sien et on ne parle pas trop vite ni trop fort, on chuchote même. » D’ailleurs, une fois la vue de bébé vraiment opérationnelle vers 5-6 mois, le pédiatre recommande de conserver cette habitude de lui parler sans être trop loin, en veillant à lui faire face et en articulant bien les mots.

    Jouer sur la répétition des mots

    Si l’environnement et les moments de communication sont très importants, ce qu’on dit l’est tout autant pour développer le langage de son bébé. D’une part, il faut utiliser des « mots simples, des mots qu’il faut reprendre souvent, comme “papa”, “maman”, ça va de soi, mais aussi “je suis là” ». Car ce qu’on dit doit avoir du sens pour bébé : ainsi, avec un nouveau-né, il faut veiller à expliquer le contexte et l’action qui va venir. Enfin « on ne fait pas de phrases longues », préconise le Dr Pfersdorff. « L’enfant va comprendre que ces phrases courtes correspondent à un événement qui va se passer peu après. Par exemple “Je vais te donner ton bain” ou “Je vais te donner à manger”. Il va retenir le mot “bain”, le mot “manger”… Plus on prend le temps de lui parler, plus il va comprendre. Mais ça ne veut pas dire qu’il va reproduire. » En effet, si bébé babille, le médecin rappelle qu’un nourrisson n’aura qu’entre 50 et 100 mots à son vocabulaire à 2 ans et ne parlera véritablement qu’à 3 ans. Au fur et à mesure que bébé grandit, on fait évoluer les mots, on les diversifie. Mais attention, en utilisant ce que le médecin appelle « les mots justes », particulièrement, explique-t-il en ce qui concerne son anatomie. C’est d’ailleurs dans cette même idée de « mots justes » qu’il déconseille d’utiliser avec son enfant un langage trop bébé (par exemple, dire le « lolo » pour l’eau, etc.).

    Ce qu’on dit, mais aussi la manière dont on le dit

    S’appuyer sur des chansons pour transmettre le langage aux plus petits est utilisé depuis très longtemps. À juste titre. Avec leur vocabulaire simple et leurs refrains, les comptines sont particulièrement intéressantes. « Il faut que le texte soit répétitif, note Arnault Pfersdorff. Mais il faut aussi que la mélodie soit apaisante. » D’ailleurs le professionnel de la petite enfance « incite les parents à dire les choses par le chant ». Car, la forme a aussi son importance dans l’apprentissage du langage. C’est pourquoi on évite de parler à son bébé quand on est sous le coup du stress ou accaparé par autre chose. Ce qui peut, il est vrai, ressembler à la description de tout jeune parent, privé de sommeil et débordé. C’est pourtant un idéal vers lequel il faut tendre. « À la manière dont on lui parle, un nourrisson voit très vite si ses parents sont énervés ou calmes. Si on n’est pas disponible, si on est pressé, il y a des courses à ranger, s’il y a ceci ou cela, on n’a pas du tout la même tonalité, le même débit et le nourrisson va s’en rendre compte. Et ça peut le stresser. Alors qu’il faut justement prendre le temps de lui parler, en lui faisant face et en interrompant son activité », explique le pédiatre avant de déculpabiliser les parents : « Évidemment, on ne peut pas le faire tout le temps… » Et dans le cas où on est énervé, que faire ? « Si on peut, il vaut mieux que ce soit l’autre parent qui s’en occupe. Sinon, attendre que ça passe pour lui parler, lui faire un sourire ou des gestes avec la main pour être dans l’échange. »

     

    * Bébé, premier mode d’emploi (Hachette)

    Votre enfant de 0 à 16 ans (Hatier)

    Les points à retenir

    • On choisit un moment calme, lorsque bébé est réceptif
    • On se rapproche de lui et on se met bien face à lui
    • On ne parle pas fort et on articule
    • On fait des phrases courtes
    • On répète les mots
    • On n’utilise pas un langage trop bébé et au fur et à mesure qu’il grandit, on diversifie le vocabulaire
    • On prend son temps (on ne fait pas autre chose en même temps)
    • On s’aide avec les comptines
    • On évite de s’adresser à lui dans nos moments d’énervements

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  • Pleurs d’enfants : comment garder son calme ?

    Pleurs d’enfants : comment garder son calme ?

    Des pleurs parfois difficiles à supporter

    Qui n’a pas eu d’enfants ne peut pas imaginer la force vocale d’un tout petit qui pleure et crie, ni la détresse ou même parfois l’irritation des jeunes parents lorsqu’ils sont confrontés à ce genre de crise. Comme l’explique Julie, jeune maman de 41 ans de deux garçons de 5 et 3 ans, Léo et Noah. « C’est simple, avec la maternité j’ai découvert que je ne supportais pas les pleurs de mon bébé. Physiquement. Ça me brisait littéralement le cœur. Et je devenais une boule d’angoisse qui se demandait ce qui pouvait bien lui arriver et évidemment si c’était grave si je n’arrivais pas immédiatement à le calmer. » Un aveu qui fait sourire Karine, car, comme le elle dit : « Moi non plus, je ne supporte pas les pleurs de ma fille, Jade. Pas parce que ça me brise le cœur, soyons honnête, mais parce que ça me casse les oreilles et me tape sur les nerfs. »

    Première étape, on déculpabilise

    Pourtant, toutes les deux font cette même confession : lorsque leur bébé pleurait, que ça les irrite ou les attriste, elles avaient surtout le sentiment d’être une mauvaise mère. « Je n’ai pas allaité mes enfants, raconte Julie, alors j’avais déjà l’impression d’être égoïste et en plus incompétente. » Alors que, selon le pédopsychiatre Stéphane Clerget*, il faut au contraire arrêter de culpabiliser. Car si les pleurs de notre bébé nous atteignent autant, « c’est qu’on est génétiquement programmés pour. Le pleur est un mécanisme de survie indispensable aux êtres humains, puisqu’ils ne naissent pas autonomes. Génétiquement, il y a une sélection naturelle qui fait que ce sont ceux qui ont des pleurs qui agacent, qui inquiètent, qui énervent, qui font réagir, bref qui touchent les parents, qui ont survécu. Il est indispensable que les pleurs nous fassent réagir : car si on n’intervient pas, il risque d’être en danger. La nature est bien faite. »

    Trouver la cause des pleurs

    On peut donc se féliciter que notre bébé pleure. Dans ces conditions, le meilleur moyen de garder son calme (et de faire cesser ses cris et ses larmes) c’est d’en trouver la cause. « C’est une règle, on ne le laisse pas pleurer un nouveau-né. Un pleur de bébé n’est jamais simulé, rappelle le Dr Clerget, mais toujours lié à un inconfort. Cependant certains enfants vont pleurer avec plus ou moins d’intensité selon leur personnalité, leur nature, leur anatomie. Mais en général, les pleurs sont proportionnels au degré d’inconfort. La première étape est de se demander pourquoi il pleure, même si on n’a pas forcément la réponse tout de suite. »

    C’est justement de ne pas toujours réussir à comprendre ce qui provoquait les crises de son fils, qui stressait profondément Julie, jusqu’à ce qu’elle « fasse ce truc tout bête qui a réussi à canaliser mon angoisse et à l’apaiser : j’ai fait une liste de ce qui peut faire pleurer un bébé, du genre il veut un câlin, il faut changer sa couche, il a faim, il a froid-chaud, il a de la température, il fait ses dents… Et quand il pleurait, je passais la liste en revue. En fait, je n’en ai rapidement plus eu besoin, c’est devenu automatique, mais ça m’a bien aidée. Et pour son petit frère, j’ai même pu m’en passer ».

    Trouver une méthode adaptée à son ressenti de parents

    Karine qui s’irrite vite et qui a le sentiment de ne pas avoir suffisamment de patience pour trouver la solution aux pleurs, en a parlé avec son conjoint pour trouver une méthode à deux. « Rien que de formuler le problème, ça m’a beaucoup déculpabilisée. Et, en parlant entre nous, on a découvert que lui “résistait” mieux que moi face aux pleurs. Du coup, lorsque je n’en peux plus, il prend immédiatement le relais avec notre fille, tandis que je m’isole dix-quinze, voire parfois même trente minutes, dans une autre pièce avec des écouteurs dans les oreilles et de la musique hyper forte. Ça me permet de décharger la tension. » Mais tout le monde n’a pas la chance de pouvoir compter sur l’aide d’une autre personne. Et certaines, comme Julie, n’envisagent absolument pas de déléguer. « Ce qui a vraiment tout changé pour moi, et je n’exagère pas, c’est d’acheter une écharpe de portage pour la maison. J’ai quasiment tout fait avec Léo dedans quand il était tout petit : cuisine, ménage, même me maquiller. Ça l’apaisait beaucoup d’être contre moi quand il pleurait et moi, ça me donnait le sentiment de le consoler, tout en pouvant continuer à faire ce que je devais faire. J’ai fait la même chose avec son petit frère. » Quant au Dr Stéphane Clerget, s’il rappelle que « s’énerver est totalement inutile », car ça ne fera pas cesser les pleurs, mais concède que « le seul intérêt de s’énerver c’est que ça nous soulage parce qu’on est contrarié », il donne cette règle d’or : « Il ne faut jamais le faire devant l’enfant. »

     

    * Auteur, entre autres, de L’Intelligence spirituelle de votre enfant (le livre de poche)

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  • Le diagnostic TSA chez les enfants, un parcours du combattant ?

    Le diagnostic TSA chez les enfants, un parcours du combattant ?

    Autisme chez l’enfant : de l’observation et de la patience

    Six ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Marion Viol pour obtenir un diagnostic : « Trois ans pour que l’on me déculpabilise et trois ans pour me confirmer que mon fils présentait bien des signes d’un Haut Potentiel Intellectuel (HPI) et des troubles du spectre autistique (TSA) », précise-t-elle. Pourtant, dès les premiers mois qui suivent l’accouchement, cette jeune maman sent bien que quelque chose ne va pas : « Il n’aimait pas les chatouilles, il n’aimait pas que je lui chante des chansons… Toutes ces petites choses que les mamans font naturellement, chez moi, rien ne fonctionnait. »

    Comment l’expliquer ? À cette question, Marion Viol répond avec culpabilité : son fils étant le premier enfant, son inexpérience en est forcément la cause. Mais très vite, elle remarque chez ce petit garçon des capacités mémorielles exceptionnelles. « Il n’avait que deux ans et avait déjà mémorisé toutes les marques et modèles de voiture, se souvient-elle. Dès qu’il voyait les phares d’une auto, il me donnait dans l’instant la marque et le modèle. » Un signe bien loin des classiques « il ne regarde pas dans les yeux » ou « il ne pointe pas du doigt », mais un signe malgré tout. « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, comme parfois même certains pédiatres, l’autisme ne repose pas uniquement sur le fait qu’un enfant va regarder ou non dans les yeux », déplore la jeune maman.

    Premiers signes autour de 18 mois

    C’est ce que confirme Frédérique Bonnet-Brilhault, pédopsychiatre et responsable du département universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent du CHRU de Tours (et coresponsable d’une équipe de recherche INSERM, l’équipe Autisme et neurodéveloppement de l’Unité IBrain, ndr) : avoir des intérêts particuliers, aimer des jeux atypiques, présenter des particularités sensorielles, réagir de manière très forte à des petits bruits ou à certains touchers, être trop mou ou hypertonique « Les signes sont nombreux, appuie-t-elle. Mais, si les parents ne reconnaissent pas l’autisme en soi, vous pouvez être sûrs qu’ils voient que sur certains aspects, la communication, la relation ou l’imagination de leur enfant ne se développent pas correctement. » De manière générale, c’est autour de 18 mois que l’autisme se manifeste. Mais il arrive que des formes plus légères ne se remarquent que vers l’âge de 2 ans et demi, lorsque l’enfant débute sa scolarisation. « Il est plus “facile” d’observer les premières difficultés de socialisation d’un enfant lorsqu’il est en groupe », explique la médecin.

    Troubles de développement : des parents démunis

    Au total, ce sont huit psychologues qu’ont consultés Marion et son compagnon. Sans succès. Entre ceux qui n’excluent pas la responsabilité de la mère et ceux qui sont totalement désarmés face aux troubles neurodéveloppementaux, le tunnel semble dénué de lumière. « Et ce n’est pas qu’une question de génération, estime Marion. J’ai pu rencontrer de jeunes professionnels de santé qui avaient les mêmes réflexions, les mêmes idées reçues, ce qui est bien plus inquiétant. S’ils ne sont pas à la page, soit. Mais qu’ils nous orientent vers quelqu’un d’autre. Lorsque vous souffrez en tant que parent, que vous êtes à court de solutions mais qu’on vous dit que c’est tout de même à vous de trouver des solutions, c’est très dur. C’est quelque chose qu’on ne peut pas entendre, c’est trop violent, trop injuste. »

    Si Frédérique Bonnet-Brilhault reconnaît que le nombre de médecins maîtrisant les troubles du neurodéveloppement est encore insuffisant, elle tient tout de même à souligner un effort de formation ces dernières années. « On sent que les choses changent, estime-t-elle. Vous avez notamment l’implantation dans chaque département de ce qu’on appelle les “plateformes de coordination et d’orientation”. » Lorsque le médecin traitant repère aux côtés des parents une trajectoire de développement différente, il peut solliciter cette plateforme qui va alors déclencher toutes sortes de bilans (orthophonique, psychomoteur, psychologique…). « Malheureusement, elles sont assez récentes (2019, ndr), tempère la pédopsychiatre. Il faut encore attendre pour que ces nouvelles plateformes soient parfaitement opérationnelles. Mais il est vrai que dans le domaine de la santé développementale, le temps est long. Si vous avez une enfant pour qui l’on suspecte une leucémie, les choses vont aller très vite. Lorsque c’est un problème de santé développementale, on réagit bien plus lentement alors que le temps compte aussi. »

    Après le diagnostic, le quotidien avec l’autisme

    Aujourd’hui, le fils de Marion a 9 ans et est suivi par une pédiatre, basée à Quimper – « soit à 15 km de mon domicile » –, spécialisée dans les troubles du neurodéveloppement : le Dr Sarah Doukhan-Becourt. Entre-temps, l’autisme s’est une nouvelle fois invité dans la famille, chez sa fille cadette. C’est pourquoi, à 39 ans elle a décidé de publier un livre intitulé La Théorie de la chaussette (paru en mars dernier, ndr), dans lequel elle raconte son quotidien : celui d’une mère dont les deux enfants souffrent de troubles du spectre autistique. « Le plus dur est passé, car une fois le diagnostic posé, vous pouvez trouver des prises en charge adaptées. Sans oublier le fait que le diagnostic donne une légitimité vis-à-vis de l’école et d’autrui. On cesse de vous faire douter, de vous culpabiliser. Ce qui ne change pas, c’est les journées rythmées par les crises, l’inquiétude et les angoisses lorsque vous pensez à l’avenir de votre enfant… »

    Comment faire face ? Pour Marion, l’essentiel est de se faire confiance en tant que parent. Et surtout, ne pas hésiter à continuer de poser des questions, et à changer de professionnel si ce dernier ne convient pas. Une remise en question permanente et indispensable, selon cette maman qui tient également à rassurer les futurs parents d’enfants autistes : « Qu’ils se sentent libres de craquer, c’est tout à fait normal. On a le droit de pleurer, on a le droit de crier. Et ce, tous les jours. »

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  • Consentement : comment en parler aux enfants ?

    Consentement : comment en parler aux enfants ?

    Le consentement des enfants a longtemps été un impensé de notre société. Mais la levée progressive des tabous sur les violences sexuelles, ainsi que le mouvement #metoo, a permis d’inviter la sensibilisation au consentement dans les conversations dès le plus jeune âge. « Dans ma famille, se souvient Géraldine, maman d’un petit Gaston, certains adultes avaient une telle autorité que nous devions nous soumettre à chacun de leurs désirs. C’était le cas de mon grand-père, un homme taiseux et tyrannique. Quand nous lui rendions visite pour lui souhaiter la bonne année, il exigeait que chacun de ses petits-enfants l’embrasse dans le cou tandis qu’il nous caressait les fesses, avant de nous donner nos étrennes. C’était un rituel qui nous répugnait tous, mais contre lequel personne, pas même les adultes présents, ne trouvait rien à redire. Alors, depuis que mon fils est tout petit, je lui apprends qu’il a le droit de dire NON. »

    Le consentement dès le plus jeune âge

    Léa de Macédo, pédopsychiatre au CHU de Nantes, rappelle la nécessité de parler du consentement dès le plus jeune âge, « notamment en ce qui concerne les questions de franchissement sexuel ». Elle recommande d’aborder le sujet spontanément et naturellement. « Car si on est gêné, précise-t-elle, l’enfant risque de penser que c’est un sujet tabou, dont on ne peut pas parler. » Les conversations sur le consentement lié au corps doivent permettre aux enfants d’assimiler le fait qu’un acte interdit doit être dénoncé auprès d’un adulte référent, y compris si l’auteur des agissements est un proche ou un membre de la famille.

    L’importance de créer un cadre sécurisant

    Pour aider les parents, Léa de Macédo propose d’utiliser des supports graphiques à partir de 2 ou 3 ans, comme les vignettes sur le consentement de l’autrice et illustratrice québécoise Elise Gravel. Certains livres jeunesse à vocation pédagogique sont également de bons outils pour parler du consentement et des violences. On peut citer Petit doux n’a pas peur de Marie Wabbes (La Martinière Jeunesse), destiné aux petits de 0 à 6 ans. « Se baser sur l’utilisation d’un média permet à l’adulte de trianguler, ajoute la pédopsychiatre, ce qui peut être plus confortable pour les parents. » Elle souligne aussi l’importance de sensibiliser les enfants au consentement de l’autre. « On peut, par exemple, les prendre eux-mêmes comme exemple, leur dire : “Tu n’aimerais pas qu’on te fasse telle chose, donc ne la fais pas à tes camarades.” », propose-t-elle. Elle pointe, par ailleurs, une autre difficulté pour les familles : si le consentement de l’enfant est essentiel pour l’aider à se protéger contre un certain nombre d’atteintes, il est cependant indispensable de ne pas le lui demander dans bien des cas de figure. Or, il y a parfois une confusion chez certains parents perdus au milieu des injonctions contradictoires. « Demander son consentement à un enfant petit pour qu’il aille au lit ou qu’il mette son manteau risque de le démunir, explique le médecin. Son cerveau n’est pas encore capable de prendre une décision éclairée. » C’est pourquoi la pédopsychiatre du CHU de Nantes insiste sur l’importance de poser un cadre : « C’est rassurant pour l’enfant et ça lui permet de comprendre qu’il y a aussi des limites à poser à l’autre, ce qui est une base pour aborder la question du consentement. »

    Parler du consentement avec les ados

    Comme pour la plupart des sujets fondamentaux, il ne suffit pas d’aborder le consentement une seule fois. Le sujet doit revenir ponctuellement dans les discussions, y compris avec les adolescents et les jeunes adultes. Pour échanger avec ces derniers, rarement à l’aise avec ces thématiques, le docteur de Macédo suggère de s’appuyer sur une vidéo populaire sur YouTube, intitulée Tea consent, qui décortique les mécanismes du consentement via une métaphore autour d’une tasse de thé. « Ça donne plein de situations ridicules et ça permet de parler du consentement avec un support hors cadre », explique la professionnelle. Si elle met en garde contre la désinformation qui circule sur les réseaux sociaux, elle conseille, cependant, certains comptes Instagram, notamment Le droit de comprendre le droit, qui accorde plusieurs posts au consentement, et les podcasts féministes qui informent sur le rapport au corps. Elle propose également de recourir à des outils tels que le violentomètre et le « respectomètre », facilement accessibles en ligne, et qui aident à trouver des repères en matière de consentement lorsque le contexte n’est pas évident.

  • Mon enfant dit des gros mots : que faire ?

    Mon enfant dit des gros mots : que faire ?

    Gros mots chez les tout-petits

    L’emploi de mots grossiers est inévitable et fait partie du développement normal psychique des enfants, véritables petites éponges qui s’approprient les gros mots lâchés autour d’eux, tout comme les vocables plus savants. Du coup, les petits incidents langagiers surgissent naturellement. Hugo et Marilou, 35 ans tous les deux et parents d’un petit Paul de 5 ans, se souviennent de leur choc lorsque leur fiston a soudainement lâché le mot « merde » dans la rue. « Il avait 2 ou 3 ans et c’est sorti tout naturellement, raconte Hugo. Ça m’a surpris. J’ai réagi aussitôt, en théâtralisant un peu : ‘Il ne faut pas dire ce mot’. Il était impressionné. On en a parlé calmement ensuite avec la nounou et il a compris le sens de l’interdit. » Plus récemment, Paul s’est laissé aller à des « j’vais pisser » et « dégueulasse »

    Un développement du langage chez l’enfant

    Dans son ouvrage L’éducation positive, c’est malin (2014), le pédopsychiatre renommé Rafi Kojayan évoque les trois phases de l’usage des grossièretés : « Les premiers gros mots, dès 2 ans, sont très centrés sur le pipi-caca. On est dans le registre scatologique. Entre 3 et 4 ans, ils ne parlent plus que de zizis, de nénés, de fesses, etc. C’est le registre sexuel. Enfin, vers 5 ans, ils se délectent de toutes les grossièretés possibles : dégueulasse, chiant, crétin, con, etc. On est dans le registre blasphématoire. » Ces trois répertoires se superposent au fur et à mesure que l’enfant grandit, précise toutefois Rafi Kojayan.

    Les saillies scatologiques peuvent ainsi persister vers cinq ans. La petite Olympe qui va sur ses six ans balance encore des « Toi, t’es un gros caca ! », après avoir éructé, plus petite, des mots plus choquants entendus au hasard. « Vers quatre ans, en nous baladant dans la rue avec sa mère Sylvie, Olympe s’est exclamée : ‘C’est une grosse pute !’, en parlant d’une personne », s’étonne encore son papa, Jean-Baptiste (45 ans). Sidération totale ! Sylvie est intervenue avec fermeté : ‘Non, Olympe ! Un : on n’emploie pas ces mots-là ! Deux : on va t’expliquer. Et trois : plus jamais ça ! » Vers six ans, en passant le cap de l’entrée en CP, l’enfant a normalement appris à policer son langage. À condition, bien sûr, d’avoir mis en place un projet éducatif familial qui va lui permettre d’intégrer un ordre social apaisé où priment politesse, respect d’autrui.

    Face aux gros mots : ne pas s’énerver

    Si le laxisme parental n’est évidemment pas recommandé, l’interdit absolu n’est pas la meilleure solution. D’abord parce que l’usage des gros mots est souvent « innocent », c’est à dire dénué de compréhension précise des termes. Il est aussi souvent accidentel, conséquence de l’appropriation mimétique du langage des adultes qui se doivent, eux, de donner le bon exemple en ne jurant pas. Comme l’explique Jean-Yves Hayez, psychiatre infanto-juvénile et professeur émérite à l’Université Catholique de Louvain, « l’enfant peut laisser échapper un ‘chiant’ quand il joue avec des copains, pour s’affirmer, mais jamais devant la maîtresse ou devant Tante Edna. » Les réactions parentales appropriées consistent généralement à rester serein (même si ce n’est pas toujours facile), à s’excuser auprès de l’enfant quand ils profèrent eux-mêmes des vulgarités et à lui expliquer le sens de l’interdit.

    Sanctions et explications : astuces de parents

    On peut aussi avoir recours à d’autres petites astuces. Celle du remplacement classique des gros mots en recourant à « zut », « flûte » ou « saperlipopette ». Comme Jim Carrey dans The Mask qui s’exclamait « Mer… credi ! », au lieu de « Merde ! », le bon vieux « Punaise ! » fait très bien l’affaire en évitant le très grossier « Putain ! ». Dans certaines familles, la boîte à gros mots recueille les pièces de monnaie de tous, coupables de jurons, etc. La sanction peut intervenir, mais elle doit être proportionnée et accompagnée d’une explication. Avec la petite Olympe, Jean-Baptiste et Sylvie procèdent parfois à un court time-out, ou isolement temporaire : « Je lui dis ‘Va réfléchir dans ta chambre’, expose le papa. Cinq minutes pas plus. Ensuite je vais la voir dans sa chambre et je lui parle sur un ton plus posé. Par un processus d’explication-réparation, Olympe doit formuler des excuses par un dessin. J’essaie d’objectiver la situation avec elle en visant l’insulte prononcée et non pas sa personne, afin de ne pas la fragiliser. » Les cas de récidives virant à l’insolence ou à l’affrontement avec les parents couvent sans doute un mal-être qui doit les inciter à consulter un pédopsychologue.

    Les gros mots : un chemin vers l’autonomie pour l’enfant

    L’usage des gros mots constitue la découverte d’un nouveau pouvoir du langage. C’est une façon pour l’enfant, en parlant comme les grands, de poursuivre l’affirmation de son autonomie, de se faire respecter, et de provoquer les adultes en testant les limites qu’ils ont fixées. « L’enfant a des mots qui lui sont propres, rassure le psychiatre infanto-juvénile Jean-Yves Hayez. Des mots puissants qui produisent un certain effet sur les autres : les rires des copains ou l’agacement des parents. Ces gros mots le mettent en valeur, de manière un peu négative, aux yeux des adultes, certes. Et si les parents sont un peu agacés, ça veut dire qu’il a osé braver leur autorité. Tout ça me semble assez positif pour la confiance de l’enfant, la construction de son identité, de sa cognition et de son droit à acquérir du vocabulaire. Il y a un développement de son imaginaire par ce vocabulaire et ça commence en parti avec les gros-mots. »

  • Mon ado boit de l’alcool : comment réagir en tant que parent ?

    Mon ado boit de l’alcool : comment réagir en tant que parent ?

    Ados et alcool

    Nombre de parents ont connu ça. Après quelques mois dans une nouvelle classe ou un séjour lors des grandes vacances, leurs enfants sages qui longtemps leur avaient demandé en grimaçant comment ils pouvaient apprécier le goût des boissons alcoolisées, se sont soudain mis à boire des bières en terrasse, à imaginer des cocktails improbables, voire, à expérimenter le binge drinking (la recherche de l’ivresse par une importante consommation d’alcool ponctuelle). Selon la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), 85,7 % des jeunes de 17 ans ont déjà expérimenté l’alcool. Or, bien que ces conduites festives soient parfaitement acceptées par la société, elles comportent des risques.

    La Mildeca met ainsi en garde sur les dangers de l’abus d’alcool à court terme : « Coma éthylique, implication dans des violences comme victime et / ou auteur, rapports sexuels non consentis ou accidents de la route. » Ainsi que sur les conséquences possibles à long terme, notamment la dépendance. Rappelons qu’en France, la consommation d’alcool cause 49 000 décès chaque année. Le docteur Hervé Martini, addictologue et secrétaire national de l’association Addictions France, insiste, avant tout, sur le rôle de la prévention à l’échelle du pays et dans l’entourage proche des jeunes, surtout au sein de la famille.

    Pas une goutte d’alcool avant 18 ans

    Selon la Mildeca, 30 % des consommations d’alcool chez les jeunes ont lieu… en présence de leurs parents. Hervé Martini note que si l’âge moyen des premiers verres est officiellement 14 ans, dans les faits « beaucoup de jeunes ont expérimenté l’alcool à partir de 10 ou 11 ans », sur proposition de leurs parents de goûter un peu de champagne à l’occasion d’une fête, par exemple. Mais pour lui, ces petits rituels ancrés dans nos traditions ne sont pas anodins. « Plus tard on consomme de l’alcool, mieux ce sera, explique-t-il. Car le cerveau de l’enfant est en plein développement et l’alcool peut en modifier le fonctionnement. » Il rappelle qu’entre 12 à 18 ans, les adolescents sont très vulnérables face à ces substances. Pour lui, il ne doit y avoir strictement aucune consommation avant 18 ans. En France, la vente d’alcool est d’ailleurs interdite aux mineurs.

    « C’est juste pour s’amuser. » invoquent 40% des consommateurs réguliers d’alcool.

    Il est préférable d’attendre un peu avant de partager ses connaissances en matière d’œnologie ou de biérologie avec les jeunes de son entourage. L’addictologue explique aussi qu’il est nécessaire d’armer les enfants en « renforçant leurs compétences psychosociales, pour qu’ils soient capables de dire “non” face à un groupe ». Car la pression sociale des copains et le matraquage publicitaire sont une véritable épreuve pour les jeunes que l’on n’a pas éduqués à dire « non ». C’est pourquoi l’association Addictions France développe des actions dans ce sens au sein des établissements scolaires.

    46 % des 16-30 ans

    consomment régulièrement de l’alcool, et 5% quotidiennement. 

    Source : Baromètre Addictions Ipsos – Macif 2025

    Des solutions pour se faire accompagner

    Hervé Martini insiste aussi sur le fait qu’il n’est jamais trop tard. Et qu’un adolescent, consommateur occasionnel ou dépendant, doit être accompagné. « Il faut dire aux jeunes qu’on est à l’écoute, martèle-t-il. S’ils ont un problème ou perdent le contrôle, on est là pour les aider. » Il recommande aussi de les pousser à se poser les bonnes questions : avec qui je consomme ? Comment je consomme ? Comment me mettre en sécurité ? Où trouver des repères ? Et pour les familles, les enseignants et les proches en général, certains signes peuvent permettre de détecter une addiction. Le spécialiste liste ainsi quelques changements de comportement qui doivent alerter : le décrochage scolaire, la déprime, le renoncement à des activités, l’arrêt du sport ou le fait de ne plus voir les copains. Ces évolutions peuvent être les marqueurs d’une consommation d’alcool, mais pas seulement, ils peuvent aussi être les conséquences de violences telles que le harcèlement.

    « L’addiction ne se développe pas en un verre, prévient Hervé Martini. C’est un comportement qui va se répéter, s’insinuer dans des fragilités. C’est la rencontre entre un environnement, un produit et un individu. » Il déconseille vivement de culpabiliser les parents, qui peuvent ne pas s’être rendu compte de la descente aux enfers de leur enfant, malgré leur attention. Et il préconise un accompagnement dans des structures de soins. « Il y a des consultations pour jeunes consommateurs dans les Maisons des adolescents ou dans certains établissements scolaires, développe-t-il. Il faut en parler, ça ne doit pas être un tabou. On peut aussi prendre rendez-vous avec son médecin traitant, un psychologue ou un infirmier, mais surtout, il ne faut pas rester seul. »

    « LES ADDICTIONS ET LEURS CONSÉQUENCES CHEZ LES JEUNES »

    La Macif a lancé avec Ipsos le 1er baromètre sur les consommations de substances addictives chez les 16-30 ans afin de proposer des solutions de prévention adaptées.

  • Accès à la pornographie en ligne : comment gérer en tant que parent ?

    Accès à la pornographie en ligne : comment gérer en tant que parent ?

    Julien* n’est pas près d’oublier cette soirée de juillet dernier. « On avait loué une grande maison avec plusieurs familles d’amis pour les vacances, relate-t-il. Les enfants disposaient de tout le dernier étage. Un soir, alors que nous prolongions la soirée dans le jardin avec les autres adultes, je suis monté pour voir si les plus petits dormaient. En sortant de leur chambre, j’ai entendu mon fils aîné de 12 ans, qui était dans la chambre d’à côté avec deux copains de 13 et 15 ans, et que je croyais en train de jouer à la console, prononcer cette phrase qui n’a pas cessé de me hanter depuis : “Vas-y, remets l’éjac’ faciale.” » Le père de famille feint alors de tousser très fort et entend les adolescents ricaner. « Je suis redescendu avec les jambes en mousse et j’ai mis deux jours avant de réussir à parler de cet épisode à ma femme », se souvient-il. Sonia a également vécu un choc du même genre. Mère d’une jeune fille de 14 ans, elle confie avoir « eu le vertige » en découvrant, via le contrôle parental installé sur l’iPhone de l’ado, des expressions obscènes entrées dans le moteur de recherche. « J’ai halluciné, rejoue-t-elle. J’étais à des années-lumière d’imaginer qu’elle connaissait l’existence de certaines terminologies abominables. Et, pire, qu’elle avait pu visionner de telles images ! »

    Plus d’un ado sur deux accède à du contenu porno avant 15 ans

    Les cas de Julien* et de Sonia sont, hélas, d’une banalité déconcertante. En effet, selon une enquête Ifop publiée en 2023 sur Les effets du porn sur la sexualité et les rapports de genre à l’heure du vote de la loi numérique, 57 % des jeunes de 18 à 24 ans avaient moins de 15 ans lors de leur première visite d’un site pornographique. Une proportion en nette progression, puisqu’ils n’étaient que 30 % en 2013. Il faut dire que les sollicitations sont nombreuses. Il arrive qu’en effectuant de simples recherches pour télécharger illégalement des séries ou de la musique, les jeunes voient des pop-ups avec des images pornographiques envahir leur écran, et cela malgré l’installation du contrôle parental. Le clic est parfois accidentel, parfois guidé par une curiosité parfaitement naturelle à leur âge. Dans l’enceinte même des collèges et des lycées – et, plus rarement, des écoles primaires –, des images pornographiques circulent sur des smartphones et des tablettes avec autant de facilité que les cartes Pokémon.

    Résultat ? Les enfants se retrouvent nez à nez avec des contenus sexuels inadaptés à leur niveau de maturité, souvent violents, marqués par l’absence d’affects et véhiculant majoritairement des images dégradantes pour les femmes et des scénarios dans lesquels le consentement fait défaut. En somme, des représentations qui, en plus de ne pas représenter la réalité, peuvent s’avérer dramatiques sur la construction mentale et sexuelle des jeunes.

    Accompagner sans culpabiliser

    Après une longue discussion avec sa compagne, quelques nuits d’insomnie et un coup de fil à un ami psychologue, Julien* a finalement proposé à son fils d’aller surfer un week-end tous les deux sur la côte basque. Assis sur la plage après avoir bien profité des vagues, il a lancé la discussion sur le porno. Mal à l’aise, l’ado a d’abord tenté de changer de sujet, d’esquiver, avant qu’un dialogue ne s’amorce. « On a parlé du plaisir sexuel, de ce qui est naturel et de ce qui est fictionnel, et, surtout, de l’importance du respect et du consentement », résume le père de famille. En tout cas, il n’a ni culpabilisé, ni puni, ni humilié son fils. Bien au contraire, il a pris le temps de le mettre en confiance pour aborder ces sujets délicats mais incontournables. Et c’est justement ce que préconisent les professionnels. Sonia, elle, a réalisé qu’elle avait trop attendu pour aborder des questions aussi essentielles que le consentement. « J’aurais dû commencer à lui dire quand elle avait 2 ans qu’elle avait le droit de refuser d’embrasser ses grands-parents pour les remercier d’un cadeau, qu’on n’est jamais obligé d’accepter un contact physique, regrette-t-elle. J’ai souvent abordé des sujets comme les MST ou la contraception, mais j’avoue que le porno est quand même un truc hyper gênant ! »

    Pour aider ados et adultes à s’informer sur ce thème épineux, l’association Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique propose des fiches en accès libre dans un dossier consacré à la Protection des enfants face au porno en ligne. Dont une intitulée : Parlons porno. L’État a également mis en place plusieurs sites utiles, regorgeant de références en la matière. Ainsi, sur Onsexprime, lancé par Santé publique France, on trouve des infos sur les premières fois, le plaisir sexuel, le consentement, le genre, etc. La plateforme Jeprotegemonenfant est, quant à elle, dédiée à l’information et à l’accompagnement à la parentalité numérique. Depuis 1995, le Fil Santé Jeune permet aux enfants et aux adolescents de se confier anonymement à des personnes de confiance. Laisser les coordonnées en évidence, par exemple sur le frigo ou à côté du placard à pharmacie, peut donc s’avérer utile. Enfin, les parents qui découvrent que leurs enfants ont consulté des contenus illicites peuvent signaler les sites en question via l’association Point de contact.

     

    * le prénom a été changé

  • Mon enfant a peur du noir : comment le rassurer ?

    Mon enfant a peur du noir : comment le rassurer ?

    L’inconscient et l’imagination des enfants

    « Au coucher, Violette se crée des peurs associées au méchant dans un dessin animé ou au loup dans un livre. Je la laisse se confier et je la rassure pour qu’elle se sente en sécurité », confie Aurore, sa maman. Comme la petite fille, nombreux sont les enfants qui craignent la nuit que des monstres surgissent de leur placard, que des loups viennent les dévorer ou encore que des sorcières viennent leur jeter des sorts. « L’inconscient et l’imagination vive des enfants leur jouent des tours. Derrière la peur de l’obscurité se cache la plupart du temps, la peur de la séparation avec les parents. En général, dormir avec ses parents dans le noir ne pose pas problème », explique Victoria Séroussi, psychologue clinicienne au Cabinet Carnot à Levallois-Perret.

    Très courante chez l’enfant, la peur du noir, appelée nyctophobie, apparaît en moyenne entre trois et quatre ans et peut durer plusieurs années. En général, elle se manifeste par le refus de dormir seul, l’anxiété, les crises, des prétextes pour retarder le moment du coucher ou des symptômes physiques comme le mal de ventre ou les tremblements.

    Alors, comment gérer et guérir cette peur ? Victoria Séroussi conseille de commencer à installer une ambiance de calme et de repos dans la maison vingt minutes avant le coucher, comme parler à voix basse, baisser les lumières ou stopper tous les stimuli (jeux de logique, musique, écrans, etc.) qui pourraient exciter l’enfant. « On peut aussi instaurer un rituel de coucher rassurant commençant par se brosser les dents, choisir les habits pour le lendemain, lire une histoire, faire un câlin, etc. Tout ça en s’adaptant à la personnalité et à l’âge de l’enfant », ajoute-t-elle. Selon la psychologue clinicienne, il est tout aussi important de rassurer son enfant sur la présence des parents dans la maison comme d’être à l’écoute de ses craintes. « Je ne préconiserais pas de faire le tour de la chambre pour vérifier qu’il n’y a pas de monstre, car ça rend réel leur existence. Et si un jour le parent ne le fait plus, l’enfant risque d’être inquiété », précise-t-elle. Par ailleurs, si la nyctaphobie apparaît chez la plupart des enfants, il est possible de la prévenir en habituant l’enfant à jouer seul dans sa chambre de temps en temps la journée. « L’idée est de favoriser cette solitude pour qu’elle soit appréciée et non associée à une punition ou à une séparation » étaye Victoria Séroussi.

    Des livres pour apaiser la peur du noir

    C’est bien le problème de la petite Violette, 5 ans, qui « depuis quelque temps redoute de plus en plus le coucher, car elle comprend que c’est le moment où elle se retrouve toute seule dans sa chambre », avoue Aurore, sa maman. Tous les soirs, la petite fille se relève plusieurs fois et trouve n’importe quel subterfuge pour repousser l’heure du sommeil. « Elle se plaint d’avoir mal partout alors qu’elle allait très bien la journée ou elle réclame d’aller aux toilettes toutes les dix minutes », énumère Aurore. Pendant que la lumière du couloir reste allumée, les parents ont trouvé des routines de coucher apaisantes pour leur petite. Avec eux, Violette fait tourner sa « roue des rêves » ou joue avec sa cocotte en papier, tombant sur un câlin, un bisou ou un moment de la journée à raconter. Après quoi, ses parents lui proposent d’essayer de s’endormir tranquillement en lui promettant de revenir 15 minutes plus tard. La plupart du temps, ça fonctionne, la petite tombe dans les bras de Morphée. Mais parfois, le coucher s’avère être un vrai combat pour lequel les parents redoublent d’imagination : ils lui proposent des exercices de respiration ou lui lisent un livre racontant l’histoire d’un petit garçon, effrayé par le noir, qui apprend à comprendre sa peur et à la contenir.

    « J’essaie de faire en sorte qu’elle se sente bien dans sa chambre et dans son lit, d’en faire un cocon rassurant, avec tous ses doudous réconfortants », ajoute Aurore. Aller voir un psy ou un pédiatre pour régler cette nyctaphobie ne lui a même pas traversé l’esprit. « Je pense que c’est un cap à passer. La peur du noir chez mon aîné a disparu avec le temps. Alors, je me dis que ce sera pareil pour Violette », espère la maman.

    Rituels de relaxation et de respiration

    Chez Gabin, les premiers symptômes de la peur du noir sont apparus dès ses 16 mois. « C’était impossible de le laisser seul dans sa chambre le soir, il pleurait en permanence. Il n’arrivait à s’endormir que quand on restait à côté de lui », remet Anne, sa maman. Au coucher, c’est le « loup » caché dans la pénombre qui l’effrayait, en plus de la peur d’être séparé de ses parents. Anne est une oreille attentive, écoutant son enfant se confier : « Je n’ai jamais nié ses peurs, je les entends à chaque fois. Les exprimer, sentir qu’on ne les juge pas et qu’on cherche des solutions pour l’aider ne peut que lui faire du bien. » Le petit garçon réclamant de la lumière, ses parents ont exécuté : ils ont installé une veilleuse, fixé des étoiles phosphorescentes au plafond et adopté la stratégie de la porte ouverte éclairée par la lumière du couloir pour tenter de le rassurer. Preuve que cela ne suffisait pas au début, Gabin ne fermait toujours pas l’œil sans ses parents à son chevet.

    Conseillés par une psychologue et une spécialiste en médecine traditionnelle chinoise, ils ont alors mis en place au coucher des rituels de relaxation et de respiration puis des techniques de massage au niveau du bas du dos et des bras. « Plus tard, Gabin a été traumatisé par la piqûre d’un poisson dans l’océan. La nuit, il avait peur qu’un poisson vienne l’attaquer sous sa couette. Pour apaiser sa peur, il a fait trois séances avec une hypnothérapeute. Ça a bien fonctionné », raconte Anne. La spécialiste a demandé au petit garçon de cinq ans d’inventer lui-même au coucher son propre monde imaginaire où il pourrait s’évader. Depuis, ses parents n’ont plus besoin de veiller à côté de lui le temps qu’il s’endorme. Reste que sa porte demeure ouverte, histoire d’être « rassuré qu’aucun voleur ne passe par là ».

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  • Quels soins quotidiens nécessaires pour un nourrisson ?

    Quels soins quotidiens nécessaires pour un nourrisson ?

    Tout au long de la journée, des impuretés, souvent invisibles, s’accumulent sur le corps du nourrisson. Pour éviter que sa peau, dont la barrière protectrice est immature, ne soit agressée ou irritée, il est primordial d’effectuer des soins quotidiens : une toilette douce et méticuleuse avec des produits adaptés à sa peau fragile. En faire un rituel au même moment de la journée rassure le bébé.

    Toilette de la peau

    De plus en plus, les jeunes mamans reviennent vers des méthodes simples et naturelles : laver la peau de son bébé simplement avec de l’eau claire et éventuellement un peu de savon. « Un bain tous les deux-trois jours suffit largement. Il faut privilégier un savon naturel, surgras, sans produits chimiques et le plus doux possible pour ne pas abîmer la peau très vulnérable du bébé », souligne Julie Nauges, auxiliaire de puériculture. Le savon d’Alep, composé de minimum 14 % d’huile de laurier, fait très bien l’affaire. Revenir au naturel veut aussi dire limiter le nombre de produits et crèmes cosmétiques appliqués sur la peau du bébé, dont certains composés sont suspectés d’être toxiques ou irritants, comme le sodium laureth, le lauryl sulfate ou le phénoxyéthanol. À éviter également : les produits sans rinçage et en spray ainsi que les produits parfumés – l’odeur du bébé et celle des parents lui suffisent amplement pour stimuler son éveil olfactif. « Après une toilette, il faut toujours penser à bien sécher délicatement entre les plis du bébé à l’aide d’un coton pour qu’aucune impureté ne vienne s’y incruster et macérer », ajoute Julie Nauges. Si la peau du bébé a besoin d’être hydratée ou que bébé aime un petit massage, les huiles végétales – comme l’huile de jojoba, d’olive ou de bourrache – sont idéales : elles neutralisent la dureté de l’eau et nourrissent la peau.

    Toilette du siège

    La toilette du siège est primordiale dans les soins quotidiens du bébé. « La meilleure solution pour cette toilette reste l’eau tiède seule ou avec du savon, notamment en cas de selles. On peut éventuellement utiliser du liniment oléo-calcaire, composé d’huile d’olive et d’eau de chaux. Dans le cas où les fesses du bébé sont irritées, le médecin peut prescrire des crèmes spécifiques », recommande Julie Nauges. Pour éviter les risques d’irritations, la couche du nourrisson doit être changée très régulièrement. Par ailleurs, de plus en plus de puéricultrices et sages-femmes déconseillent les lingettes jetables. La raison ? Bien que pratiques, elles sont très polluantes et peuvent contenir des substances allergisantes et irritantes pour le bébé. Mieux vaut privilégier des lingettes en coton bio lavables en machine. Si vous utilisez des jetables, optez pour des lingettes à l’eau. Le talc et la crème de change sont eux aussi de plus en plus délaissés.

    Toilette du visage

    L’auxiliaire de puériculture préconise de nettoyer délicatement les yeux et le nez du bébé à l’aide d’une compresse stérile imbibée de sérum physiologique, sans oublier de changer de coton pour laver l’autre œil. L’astuce pour le lavage de nez ? Imbiber un coton-tige de sérum physiologique, le passer à l’intérieur pour humidifier les sécrétions puis les décoller avec le côté sec. La toilette du visage est à faire autant de fois qu’il est nécessaire dans la journée, sans oublier de passer derrière les oreilles où des impuretés ont tendance à s’accumuler. Pour les cheveux de bébé, il est recommandé de les laver que si nécessaire et une fois par semaine pour éliminer les petites desquamations et salissures dues à la transpiration du cuir chevelu. « Il faut bien veiller à utiliser un shampooing très doux et qui ne contient pas de phénoxyéthanol, l’un des derniers éthers de glycol autorisés dans les cosmétiques », précise Julie Nauges.

    Toilette du cordon et des ongles

    Après la naissance, il est important de désinfecter le cordon ombilical à l’aide d’une compresse stérile imbibée d’un antiseptique. Et ce, tous les jours jusqu’à ce qu’il tombe de lui-même, au bout d’une semaine à dix jours. Du côté des ongles, l’auxiliaire de puériculture conseille d’attendre au moins un mois avant de les couper.« Le premier mois, ils sont très mous et fragiles et se cassent tout seuls naturellement. Dès qu’ils commencent à être longs et durs et que le bébé risque de se griffer avec, mieux vaut les couper régulièrement avec une paire de ciseaux à bouts ronds. Le coupe-ongle peut traumatiser l’ongle du nourrisson », souligne-t-elle. Une astuce pour effectuer la mission ? Choisir un moment où le bébé est calme et lui parler doucement durant l’opération.

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    Alors que votre famille s’agrandit, la Macif vous accompagne au quotidien dans cet incroyable moment de vie.