Catégorie : Prendre soin de mon enfant

  • La diversification alimentaire menée par l’enfant : quand et par où commencer ?

    La diversification alimentaire menée par l’enfant : quand et par où commencer ?

    À noter

    Si vous avez des antécédents allergiques dans votre famille, susceptibles de toucher bébé, demandez l’avis de votre médecin ou pédiatre avant de vous lancer dans une diversification alimentaire menée par l’enfant. Le professionnel de santé saura vous guider dans le choix des aliments à privilégier ou à éviter.

    Qu’est-ce que l’alimentation DME ?

    La diversification alimentaire menée par l’enfant est l’introduction d’aliments solides dans l’alimentation de l’enfant, en plus du lait maternel ou du lait maternisé. La DME se fait à partir de 5-6 mois, lorsque l’enfant est prêt à se nourrir de façon plus variée et à mâcher des aliments solides. Ainsi, contrairement à la diversification classique – où purées et compotes sont de rigueur –, bébé mange seul et avec des morceaux. 

    Quel est l’intérêt de la DME ?

    La diversification alimentaire menée par l’enfant permet de compléter l’alimentation de l’enfant en lui apportant d’autres nutriments essentiels, tels que les vitamines, les minéraux et les fibres. Les avantages autres de la DME sont nombreux. Elle permet – entre autres – de : 

    • l’aider à développer sa motricité fine ;
    • l’habituer à de nouveaux goûts et textures, réduisant ainsi le risque de néophobie alimentaire et de refus alimentaire autour des 2-3 ans ;
    • développer la musculature du palais et aider l’enfant à mieux mâcher les aliments ;
    • développer son autonomie.

    Cependant, il faut savoir que la diversification alimentaire menée par l’enfant peut être un peu plus difficile à gérer que la diversification classique où le parent nourrit lui-même le bébé de compote et purée, car elle nécessite une plus grande organisation et une plus grande vigilance de la part des parents. Parmi les principaux inconvénients de la DME, on retrouve : 

    • le temps : l’enfant va hésiter, tâtonner, goûter, recracher… puis remettre à la bouche. Le repas deviendra donc un vrai jeu de patience ;
    • le manque de propreté : l’alimentation autonome expose au fait d’en retrouver partout, et souvent plus à côté de la bouche que dans la bouche ;
    • le fait d’être constamment en alerte : avec des risques de fausse route, et un réflexe de nausée accrue, l’enfant ne doit jamais être laissé seul lors du repas (ceci est d’ailleurs valable quel que soit le type d’alimentation de l’enfant). Il faut donc lui apporter une attention permanente et ne jamais le lâcher du regard.
    La diversification alimentaire menée par l’enfant : quand et par où commencer ?

    Comment savoir si mon enfant est prêt pour la diversification ?

    Il n’y a pas de règles strictes quant à l’âge pour commencer la diversification alimentaire menée par l’enfant, mais il est généralement recommandé d’attendre que l’enfant ait au moins 5 mois. Il est essentiel que l’enfant ait un bon port de tête, qu’il sache se tenir assis par lui-même avec appui, et qu’il ne bascule pas en avant lorsqu’il est assis sur la chaise haute. Seul votre pédiatre pourra vous dire si vous pouvez démarrer cette méthode avec votre enfant. Cependant, certains signes peuvent indiquer que l’enfant est prêt à se nourrir de façon plus variée, comme s’il essayait d’attraper et de mâcher les aliments que vous mangez, ou s’il semblait intéressé par ce que vous mangez. 
    Toutefois, il est important de prendre en considération des éléments propres à votre enfant (sortie des dents, fragilité ou non de son transit par exemple). Si vous avez des doutes, n’hésitez pas à en parler à votre pédiatre.

    Comment s’y prendre ?

    Il est important de ne pas trop en faire au début et de ne surtout pas forcer l’enfant à manger plus qu’il ne le souhaite. Comme pour la diversification classique, commencez par lui proposer de nouveaux aliments un par un, en petites quantités, et augmentez progressivement les portions. Laissez-le lui-même décider de la quantité qu’il veut manger, et ne le forcez pas à finir son assiette. Le lait infantile ou maternel reste l’aliment principal jusqu’au moins son premier anniversaire. 

    Aussi, veillez à respecter quelques règles de base : 

    1. Bien installer bébé
      Il est important de bien installer l’enfant pour qu’il soit à l’aise et en sécurité pendant qu’il mange. Vous pouvez le mettre dans une chaise haute ou dans un siège adapté à son âge, il doit être attaché pour éviter toute chute, mais sans être entravé dans ses mouvements.
       
    2. Être au calme
      Veiller à ce que l’enfant ne soit pas distrait et puisse porter toute son attention sur son repas. On éloigne les écrans (TV, téléphone, etc.). 
       
    3. Veiller à couper des morceaux adaptés à son âge
      Les morceaux doivent être suffisamment petits pour que l’enfant puisse les mâcher facilement et sans danger. Vous pouvez vous baser sur sa motricité pour déterminer la bonne taille :
    • il saisit à pleine main ? Les morceaux doivent être un peu moins grands que la taille de sa paume, mais mous (des légumes très fondants par exemple) afin qu’ils se désagrègent tout seuls dans sa bouche ;
    • s’il les attrape avec deux ou trois doigts, alors ils peuvent être plus petits, jusqu’à pouvoir lui proposer des aliments comme du riz ;
    • en cas de doute, on conseille des morceaux d’un centimètre maximum pour qu’ils passent dans l’œsophage sans encombre.
    La diversification alimentaire menée par l’enfant : quand et par où commencer ?

    Quels aliments pour commencer la DME ?

    Privilégiez les aliments les plus riches en nutriments essentiels pour l’enfant :

    • les légumes et les fruits ;
    • les céréales complètes ;
    • les viandes et les poissons.

    À l’inverse, il est important de limiter et d’intégrer avec une vigilance particulière les aliments susceptibles de provoquer des allergies, tels que les arachides, les noix, le soja, les produits laitiers, le blé, ou encore les œufs

    Certains aliments sont d’ailleurs à proscrire avant 12 mois. C’est le cas notamment pour :

    • le miel ;
    • le lait cru (jusqu’à 3 ans) ;
    • le sel ;
    • les œufs (sauf œufs durs bien cuits)… En effet, les œufs peuvent être une source potentielle de salmonellose, une infection bactérienne potentiellement grave. Les enfants sont plus susceptibles de contracter cette infection que les adultes, car ils ont un système immunitaire immature. 

    Aussi, favorisez les aliments non transformés tels que les fruits et les légumes frais, les produits laitiers entiers, les viandes et les poissons frais ou congelés, et les céréales complètes. Ils sont généralement plus riches en nutriments essentiels que les aliments transformés et n’ont pas été soumis à des procédés de fabrication qui peuvent détériorer certains nutriments. 

    ●    Quels fruits et légumes pour la DME ?

    Il n’y a pas de règles strictes quant aux légumes et aux fruits à donner en DME. Il est recommandé de privilégier ceux qui sont riches en vitamines, minéraux et fibres.

    Les légumes tels que les épinards, les carottes, les courgettes, les brocolis et les choux de Bruxelles sont particulièrement riches en nutriments.

    Côté fruits, misez sur les oranges, les pommes, les bananes, les fraises et les myrtilles. 

    La diversification alimentaire de bébé mois par mois

    ●    Quelle alimentation DME à 5-6 mois ?

    À 5 mois, l’enfant peut commencer à manger des aliments solides, en plus du lait maternel ou du lait maternisé qui reste l’aliment principal jusqu’à au moins ses 12 mois. Il est recommandé de commencer par des aliments très souples et très faciles à défaire avec les gencives, tout en restant assez fermes pour ne pas s’écraser totalement dans la main.

    Commencez avec des légumes de saison, tendres ou bien cuits, en lanières, en bâtonnets ou en bouquets (carotte, brocoli, poivron, asperge, etc.) ou des fruits mous ou très mûrs (banane, avocat, pomme cuite, etc.).

    Côté quantité, le rythme d’alimentation est de quatre repas par jour, à heures régulières, en gardant au moins deux repas lactés au biberon, par exemple le matin et au dîner. La DME peut venir en complément du repas de midi et du goûter, pour commencer en douceur.

    ●    Quelle alimentation DME à 7 mois ?

    À partir de 7 mois, vous pouvez intégrer :
    –    de la viande tendre ou effilochée ;
    –    du poisson ;
    –    des féculents ;
    –    des céréales, complètes ou non, comme des croûtons de pain (dont les bébés raffolent !) ;
    –    des légumes secs (lentilles, pois chiches, haricots secs, etc.). Riches en fibres et en protéines, ils peuvent même remplacer la viande de temps en temps ;
    –    des produits laitiers : petits suisses, yaourts, fromage blanc, nature ou aromatisés. En revanche, on évite les versions allégées et on proscrit les fromages au lait cru.

    Côté quantité, le rythme d’alimentation reste le même qu’à 6 mois, avec quatre repas par jour, à heures régulières, et toujours en petites portions. 

    ●    Quelle alimentation DME à 8 mois ?

    Légumes, fruits, céréales, protéines… la diversification alimentaire devient de plus en plus riche au 8e mois de bébé. Vous pouvez lui proposer des menus variés et équilibrés respectant ses besoins nutritionnels. Les portions augmentent peu à peu, tout en restant petites. Le lait au biberon demeure l’aliment principal de bébé durant sa première année.

    ●    Quelle alimentation DME à 9 mois ?

    Vers 9 mois, bébé fait la pince entre le pouce et l’index. Résultat ? Il est possible d’intégrer des morceaux beaucoup plus petits en coupant la viande finement, en lui proposant des tomates cerises coupées, des coquillettes, etc. Variez de plus en plus les plaisirs pour faire découvrir toujours plus de textures et de goûts à votre enfant. 

    ●    Quelle alimentation DME à 12 mois ?

    À 1 an, le système digestif de bébé n’est plus immature, et ses dents (incisives et molaires) – si elles sont sorties – lui permettent désormais de croquer et mastiquer. Vous pouvez lui proposer des fruits et légumes crus ou cuits (en veillant toutefois à leur découpe adaptée à bébé), mais aussi de la viande, du poisson, des féculents, etc. Son alimentation devient quasiment aussi variée que celle d’un adulte, mais en quantité toujours plus réduite. 

    Lire aussi : Comment éduquer les enfants aux goûts ?

    À savoir

    Le réflexe nauséeux (appelé aussi réflexe vomitif, réflexe pharyngé ou « gag reflex » en anglais) sert à prévenir le risque d’étouffement. Si l’enfant tente d’ingurgiter un morceau trop gros, ce réflexe permettra de repousser le morceau à l’avant de la bouche pour le mastiquer à nouveau avant de l’avaler. Même si cela peut être impressionnant, il ne faut pas s’en inquiéter et le confondre avec un début d’étouffement. Adaptez alors la taille des morceaux.
     

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    L’Essentiel de l’article

    • La DME commence entre les 5 et 6 mois de l’enfant.
    • La diversification est progressive, selon l’âge et les capacités motrices de bébé.
    • Certains aliments sont à éviter avant les 12 mois.
    • Avant de commencer la DME, il est conseillé d’en parler à un pédiatre.
  • Menstruations : comment en parler à son enfant ?

    Menstruations : comment en parler à son enfant ?

    À partir de quel âge peut-on parler des menstruations à son enfant ?

    Johanna Rozenblum. Plus vous parlerez facilement des règles à votre enfant et plus le sujet sera banalisé. Dans ce cas, il n’y a pas d’âge privilégié sinon celui auquel votre enfant s’intéresse au sujet. En général, avant le début de puberté, les questions liées au corps ne s’imposent pas dans les discours des enfants. C’est quand les filles commencent à en parler entre elles et que les garçons comprennent ce que c’est que les interrogations arrivent : « Les menstruations ça veut dire les règles ? », « À quoi ça sert ? », « Est-ce que ça dure toute la vie ? »… Dès que l’enfant s’interroge sur les règles, c’est l’occasion d’aborder le sujet avec vos mots, en fonction de son âge, de ses préoccupations, et de ce qu’il a déjà pu apprendre à l’école sur le corps humain et la reproduction.

     

    « S’il n’y a pas de tabou chez les parents, il n’y en aura pas chez les enfants. »

    Johanna Rozenblum, psychologue

    Pourquoi est-ce important de ne pas en faire un sujet tabou ?

    J. R. En faire un tabou, c’est d’une part risquer de mal vivre les règles, et d’autre part d’en faire une affaire de « fille ». Or comprendre le corps féminin c’est aussi comprendre par exemple le syndrome prémenstruel, l’ovulation et donc la fertilité. Aujourd’hui, le sujet est entré dans les discussions des jeunes des deux sexes et c’est une bonne chose. Les menstruations ne sont pas un secret, il ne faut ni les cacher ni s’en excuser. En parler à son enfant dans l’intimité familiale permet plus facilement de libérer la parole et de poser des questions sans craindre d’être jugé ou de subir des moqueries. En tant que parent, c’est aussi une façon de faire de la pédagogie et de s’assurer que les choses soient bien comprises par votre enfant.

    Faut-il expliquer différemment à sa fille ou à son fils à quoi servent les règles ?

    J. R. Tout peut être expliqué de la même façon aux filles comme aux garçons.  Ils doivent savoir à quoi ressemblent les règles, à quoi elles servent et quelles précautions prendre au moment où elles arrivent. C’est l’occasion également de les familiariser avec l’anatomie féminine. Pour cela, si nécessaire, privilégiez des discussions séparées pour ne pas créer de gêne et respectez la pudeur de chaque enfant. Vous pouvez aussi acheter et montrer les différents moyens de protection et parler aussi des petits accidents. Les jeunes filles ne doivent pas avoir à cacher leurs serviettes par exemple et les garçons doivent pouvoir comprendre à quoi ça sert.

    Bon à savoir

    Vous pouvez orienter votre enfant vers des livres adaptés à son âge, qui explique ce que sont les règles, s’il est peu à l’aise pour en parler. Par exemple :
    – Anna Roy, Tous sur les règles, Flammarion Jeunesse, 2021
    – Elise Thiébaut, Les règles, quelle aventure !, La ville brûle, 2017

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    L’Essentiel de l’article

    • Le bon âge pour en parler, c’est quand l’enfant commence à poser des questions.
    • Achetez et montrez comment se servir des protections hygiéniques.
    • Préférez les discussions séparées avec son fils et sa fille pour respecter leur pudeur.
  • Jeux d’argent : comment prévenir l’addiction chez votre ado ?

    Jeux d’argent : comment prévenir l’addiction chez votre ado ?

    Poker en ligne, paris sportifs ou hippiques, jeux de grattage… Les jeux d’argent et de hasard sont interdits aux mineurs(2), même émancipés ou accompagnés d’un parent. Ils ne peuvent pas non plus entrer dans un casino avant l’âge de 18 ans.

    1 En quoi les jeux d’argent et de hasard peuvent-ils être dangereux pour un jeune ?

    Ambre Pelletier : Les ados sont en quête de sensations fortes et prennent des risques plus importants pour répondre à ce besoin. Le fait de perdre ou de gagner produit ces émotions recherchées. Quand un joueur gagne, il sécrète notamment de la dopamine, une hormone qui procure une sensation de bien-être et incite à jouer de nouveau. Ça peut entraîner une addiction si l’adolescent est en proie à un mal être.

    2 À partir de quand parle-t-on d’addiction ?

    A. P. : L’addiction vient de la récurrence de cette pratique, du montant de l’argent dépensé, si l’adolescent n’arrive pas à se passer de jouer, si ça prend beaucoup de place dans sa vie, qu’il ne sort plus, si son comportement change… Cette dépendance au jeu peut entraîner des malversations, l’ado peut voler pour avoir de l’argent à jouer, par exemple. Souvent, cette addiction est un moyen de substitution pour fuir une anxiété, un état dépressif…

    Bon à savoir

    Si votre ado présente un risque de dérive, consultez le site www.joueurs-info-service.fr ou le numéro dédié 09 74 75 13 13 (appel anonyme et non surtaxé, disponible 7 j/ 7 de 8h à 2h).

    3 Comment éviter que son ado n’accède à ces jeux d’argent et de hasard ?

    A. P. : Ces jeux leur sont interdits aussi bien chez le buraliste que sur Internet mais ce n’est pas simple pour autant. On peut installer le contrôle parental pour s’assurer que son ado ne consulte pas de sites interdits aux mineurs. Mais plutôt que d’interdire, il faut privilégier la prévention en discutant avec son enfant des dangers pour qu’il y réfléchisse.
     

    Plutôt que d’interdire, il faut être dans la prévention.

    Ambre Pelletier, psychologue

    4 Justement, comment le sensibiliser ?

    A. P. : On lui rappelle que jouer à des jeux d’argent et de hasard est illégal pour les mineurs. Ce n’est pas le parent qui l’interdit, c’est la loi. On lui explique que l’on risque de perdre de l’argent, que ça peut donner envie de rejouer et créer une dépendance. A cet âge, on a besoin d’appartenir à un groupe. S’il joue par imitation d’un ami, on l’incite à prendre ses propres décisions, à ne pas faire comme les autres. Et si on perçoit une dépendance, on demande l’aide d’un psychologue par exemple.

    5 On peut aussi lui apprendre à gérer son argent…

    A. P. : Pour l’aider à prendre conscience de l’argent et à le gérer de manière responsable, il est recommandé de lui donner de l’argent de poche sous forme numéraire avant même l’adolescence. On le laisse faire ses achats. Il dépensera peut-être beaucoup au début mais on résiste à l’envie de contrôler son argent pour qu’il fasse son propre apprentissage. L’idée n’est pas de contrôler son rapport à l’argent mais de le rendre autonome et responsable.

    Jeux d’argent : comment prévenir l’addiction chez votre ado ?

    Votre ado a besoin d’aide pour gérer ses dépenses ?

    La Fondation Macif soutient de nombreuses initiatives d’aide et d’éducation budgétaire pour les jeunes de 16 à 25 ans, notamment avec la Mission Locale, pour faire un point sur leurs dépenses.

    L’Essentiel de l’article

    • Rappeler que les jeux d’argent sont interdits aux mineurs par la loi.
    • Parler des risques d’addiction.
    • Faire réfléchir les jeunes aux jeux d’argent et à leurs risques.
    • Demander l’aide d’un professionnel si besoin.

    (1) Enquête menée du 25 mai au 25 juin 2021 par la Société d’Entraide et d’Action Psychologique (SEDAP) avec l’appui de l’Autorité nationale des jeux (ANJ) auprès de 5000 jeunes de 15 à 17 ans.

    (2) service-public, Quels sont les jeux d’argent autorisés aux mineurs ?, 2021

  • Mon enfant a un ami imaginaire : que dois-je faire ?

    Mon enfant a un ami imaginaire : que dois-je faire ?

    1 Les enfants ont-ils tous, un jour, un ami imaginaire ?

    Léa Ifergan-Rey : C’est une étape du développement de l’enfant mais elle n’est pas obligatoire comme peut l’être la période d’opposition par exemple. D’après certains auteurs, deux enfants sur trois auraient un ami imaginaire, ce serait donc assez courant. Ce phénomène peut durer quelques jours ou quelques mois, cela dépend de chacun.

    Bon à savoir

    S’inventer un ami devient moins fréquent après 7 ans mais peut arriver ponctuellement.

    2 Qu’est-ce que le fait d’avoir un ami imaginaire nous dit de l’enfant ?

    L. I-R : « Ami » et « imaginaire » sont deux mots très encourageants et positifs. L’enfant apprécie d’avoir un complice avec qui partager des aventures, son monde intérieur est très riche et il dispose d’une belle créativité. Il a recours à l’ami imaginaire entre 3 et 5 ans quand il s’exprime mieux et expérimente les liens entre réel et fictif. Cet ami imaginaire lui sert à faire dialoguer les différentes facettes de sa personnalité sans qu’il n’en soit conscient (ses désirs versus les interdits parentaux ; son envie et simultanément sa crainte ; ce qu’il redoute et le fascine pourtant, etc.).

    3 Comment accompagner son enfant ? Faut-il jouer le jeu ?

    L. I-R : Il faut trouver le juste milieu, c’est-à-dire écouter votre enfant lorsqu’il veut vous parler de cet ami, car c’est une façon de vous raconter ce qui se passe en lui, nous faire part de ses émotions, ses désirs et ses peurs. Il est déconseillé de l’ignorer ou de l’interdire à son enfant, mais veillez à poser les limites qui vous conviennent. Vous pouvez lui faire une place à table ou dans la voiture, mais rien ne vous y oblige ! Essayez d’appréhender tout cela le plus naturellement possible car cela contribue au bon développement de votre enfant.

     

    Essayez d’appréhender tout cela le plus naturellement possible car cela contribue au bon développement de votre enfant.

    Léa Ifergan-Rey, psychologue clinicienne

    4 Que faut-il éviter de faire alors ?

    L. I-R : On est souvent maladroit quand on se sent démuni, mais on ne se moquera jamais de l’enfant, on évitera de se contenter de lui ordonner « d’aller jouer avec les autres ». Cela ne permet pas de comprendre pourquoi cet ami imaginaire perdure et l’enfant risque de continuer en cachette. Il est préférable de se faire aider par un psychologue de confiance qui offrira des pistes pour aller mieux.

    5 Est-ce que ça peut aussi signifier qu’il se sent seul au quotidien ?

    L. I-R : Tout à fait. Certains enfants peuvent pallier de cette manière un manque de relations amicales, fraternelles – si la fratrie a une grande différence d’âge par exemple – ou de solitude ressentie au sein de la famille (peu de temps de qualité avec ses parents).

    6 À quel moment ou à quel âge faut-il s’inquiéter ?

    L. I-R : Ce n’est pas vraiment une question d’âge car un enfant de 9 ans peut aussi avoir un ami imaginaire de façon très ponctuelle, sans que cela ne pose problème. En revanche, si on le sent triste et angoissé, qu’il ne prend pas de plaisir au quotidien, est replié sur lui-même, en manque de relations amicales, qu’il dort ou mange mal, présente des difficultés à s’affirmer et à gérer les conflits, cela mérite d’en parler à son pédiatre et à un psychologue. L’enfant a sûrement besoin que l’on passe plus de moments de qualité avec lui, qu’on le rassure, qu’on le câline.

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    L’Essentiel de l’article

    • Avoir un ami imaginaire est signe de créativité et de richesse intérieure.
    • Quand l’enfant parle de cet ami imaginaire, il parle d’une partie de lui.
    • Si l’enfant montre des signes de mal-être, de repli sur lui, on en parle au psychologue.
  • Terreurs nocturnes chez l’enfant : à quoi sont-elles dues et comment réagir ?

    Terreurs nocturnes chez l’enfant : à quoi sont-elles dues et comment réagir ?

    1 Quelle est la différence entre un cauchemar et une terreur nocturne ?

    Véronique Desvignes : Les terreurs nocturnes surviennent en début de nuit, une à trois heures après le coucher de l’enfant tandis que les cauchemars se produisent en deuxième partie de nuit ou au petit matin. Lors d’une terreur nocturne, l’enfant est dans une phase de sommeil profond. Le matin, il n’en a aucun souvenir à la différence d’un cauchemar qui a lieu dans une phase de sommeil plus allégé.

    Chiffre-clé

    Environ 40 %(1) des enfants de moins de 6 ans font des terreurs nocturnes.

    2 À quel âge apparaissent les terreurs nocturnes ?

    V. D : Elles peuvent commencer vers 9 mois mais le plus souvent à partir de 2 ans. Elles sont beaucoup moins fréquentes après 5-6 ans. Elles peuvent parfois évoluer en somnambulisme.

    3 Symptômes : comment reconnaître une terreur nocturne ?

    V. D : L’enfant se met brusquement à pleurer, crier ou hurler. Il peut s’asseoir dans son lit, s’agiter, transpirer. Il a parfois les yeux ouverts mais ne reconnaît personne. Il lui arrive de parler mais de façon peu cohérente. Il semble souvent avoir très peur. Les terreurs nocturnes peuvent être très impressionnantes pour les parents ! Elles durent en moyenne entre 1 et 5 minutes mais parfois plus.

    4 Comment réagir si l’enfant a des terreurs nocturnes ?

    V. D : En cas de cauchemar, on aide l’enfant à se réveiller et on l’apaise avec un câlin. Il vous raconte son cauchemar… Mais avec une terreur nocturne, ça ne sert à rien puisque l’enfant ne se souvient pas de ce qui vient de se passer. Et si vous le réveillez (ce qui est très difficile), il aura du mal à croire qu’il était agité. Il est préférable de le laisser dans son lit et de rester à ses côtés pour s’assurer qu’il ne se fasse pas mal en se cognant par exemple et éventuellement lui caresser la tête. Mais il est inutile de le prendre dans vos bras pour le réconforter : il pourrait se débattre davantage !

    5 Quelles sont les causes des terreurs nocturnes ?

    V. D : Les terreurs nocturnes apparaissent souvent quand l’enfant a eu une journée fatigante, qu’il a été très occupé, après une fête, un événement marquant et qu’il s’endort comme une masse. Ça peut aussi faire suite à un stress important (décès, violences, peur d’un animal…). Parfois les terreurs se succèdent plusieurs jours de suite puis plus rien… On explique ce trouble du sommeil par une particularité de l’enfant : être capable d’enchaîner deux cycles de sommeil profond sans passer par une phase de sommeil léger ou paradoxal.

    6 Peut-on prévenir ces terreurs nocturnes ?

    V. D : On ne peut pas vraiment les prévenir. Certains enfants y sont plus sujets que d’autres sans que l’on ne sache pourquoi. On peut quand même limiter certains facteurs de risque en repérant le stress chez l’enfant pour l’aider à le gérer. Évitez aussi de lui lire des histoires effrayantes ou de lui faire visionner des dessins animés qui font peur avant de dormir. Vous pouvez instaurer un rituel d’endormissement dans le calme pour le sécuriser et allumer une veilleuse pour le rassurer.

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    L’Essentiel de l’article

    • Les terreurs nocturnes surviennent souvent avant 4 ans et disparaissent après 6 ans.
    • Une journée bien remplie et fatigante favorise les terreurs nocturnes.
    • Inutile de réveiller l’enfant, il ne se souviendra de rien.

    (1) Ameli.fr le site de l’Assurance maladie, « Les différents types de troubles du sommeil chez l’enfant », avril 2020

  • Comptes « fisha », doxxing, flaming : petit lexique du harcèlement en ligne

    Comptes « fisha », doxxing, flaming : petit lexique du harcèlement en ligne

    Les ados passent en moyenne deux heures par jour sur les réseaux sociaux ou sur Internet, et même trois heures et demie pour les lycéens(1). Ces chiffres disent bien l’importance accordée aux interactions sociales en ligne. Virtuelles, celles-ci ne s’accompagnent hélas pas moins de menaces et de souffrances bien réelles. Car c’est aussi sur ces plateformes tant prisées par les jeunes, de TikTok à Instagram et Fortnite, que s’organisent le harcèlement et les violences, sous des formes multiples. Petit lexique (non-exhaustif) à l’usage des jeunes et des parents, qui sont aussi 89 % à admettre « ne pas savoir exactement » ce que font leurs enfants sur Internet…

    Revenge porn

    L’expression désigne le fait de se venger de son ou sa petit.e ami.e en publiant des photos ou vidéos intimes, souvent après une rupture. « Ces images circulent surtout entre garçons. L’enjeu pour eux est de montrer qu’ils plaisent aux filles, souligne Yasmine Buono, fondatrice de l’association Net Respect qui sensibilise aux dangers de la vie en ligne. Et la preuve d’une relation amoureuse, c’est que la fille vous envoie un nude, qui n’est pas forcément une photo dénudée, ça peut être une photo un peu sexy. L’objectif des garçons est donc d’en récupérer. » Pour les adolescentes concernées, il n’est pas toujours évident de faire face à ce type de cyberviolences à caractère sexiste et sexuel. Si certaines parviennent à signaler tout de suite ces contenus illicites (passible de deux ans de prison), « d’autres préfèrent se taire et disparaître en espérant que la tempête passe, remarque la présidente de l’association Net Respect. J’encourage aussi les jeunes à signaler ces contenus aux plateformes. Si on ne le fait pas, elles n’ont aucune raison d’améliorer la sécurité des mineurs en ligne ! » Il n’est hélas pas rare que les victimes de revenge porn en viennent à mettre fin à leurs jours.

    Lire aussi : Ado victime de body shaming, comment gérer la situation en tant que parent ?

    Comptes « fisha »

    Les comptes divulguant des photos et des vidéos intimes, principalement de jeunes filles et de femmes sans leur consentement se multiplient sur les réseaux sociaux et messageries instantanées, notamment Telegram, Snapchat et Twitter.

    Objectif : « afficher », soit exposer quelqu’un sur les réseaux sociaux en divulguant des informations et des photos sans son consentement afin de l’humilier. Un phénomène relevant du revenge porn vigoureusement dénoncé par le collectif féministe StopFisha – le mot « affiche » en verlan – qui a déjà fait sauter plusieurs milliers de comptes depuis sa création au printemps 2020 tout en offrant aux victimes un accompagnement juridique et psychologique. Il existe des moyens de s’en prémunir, comme le fait d’éviter de montrer son visage ou des signes qui permettraient d’être identifiée lors de l’envoi de photos dénudées.

    Doxxing

    Le doxxing, pour document tracing (traçage de documents) consiste à compiler des informations personnelles ou compromettantes – propos racistes ou homophobes, photos gênantes… – d’une personne pour les publier en ligne dans le but de lui nuire. Si cette pratique touche souvent des personnalités médiatiques ou des entreprises, les ados ne sont pas épargnés par cette forme de cyberharcèlement. Dans leur cas, il peut s’agir d’un compte destiné à se moquer d’un élève cible, « par exemple en prenant sa tête pour la mettre sur une image dégradante d’un corps qui n’est pas le sien, souvent celui d’actrices pornographiques (deepfake), révèle Yasmine Buono. Cela peut aussi servir à nuire à la réputation d’une fille en plaçant son visage sur un corps nu. »

    Lire aussi : Cyberharcèlement et santé mentale : « le début de l’adolescence est un moment critique »

    Flaming

    Le flaming, que l’on peut traduire par « propos inflammatoires », consiste à publier des messages violents ciblant une personne ou un groupe. On parle aussi de « trash talking » pour désigner ce genre de propos insultants, menaçants, racistes, sexistes ou encore LGBTQIphobes. Le phénomène est très courant sur les jeux vidéo en ligne comme League of Legends pour faire sortir ses adversaires de leurs gonds. En 2020, un sondage a d’ailleurs confirmé la toxicité de ce jeu (79% des joueurs ayant déclaré que le harcèlement se poursuivait après la fin d’un match(2)) au point que l’éditeur du jeu, Riot Games, a finalement décidé de désactiver le chat général du jeu, considérant que « les interactions négatives l’emportent sur les positives. » Comme l’explique Yasmine Buono en mentionnant Fortnite, autre jeu en ligne très apprécié des ados, il n’est pas rare que le harcèlement survienne parce que « le jeune n’a pas respecté les codes tacites du jeu ou qu’il est considéré comme ayant fait perdre son équipe. »

    Happy slapping

    Aussi appelé vidéolynchage en français, le happy slapping renvoie au fait de filmer une agression physique avec un smartphone avant de la publier sur les réseaux sociaux pour humilier la victime. « De toute façon, dès qu’il y a une bagarre, c’est un réflexe. Ces phénomènes de bande sont de plus en plus fréquents », observe Yasmine Buono en évoquant la possibilité d’un engrenage de violences à la fois dans la vraie vie et en ligne alimenté par des vengeances. Variante du phénomène, le sharking consiste à baisser le pantalon ou la jupe par surprise tout en filmant la scène.

    Lire aussi : Petit parcours pour se défendre face au (cyber)harcèlement

    Outing

    Quand on divulgue des informations intimes sur une personne sans son consentement, comme son homosexualité, sa non-binarité ou encore sa transidentité, on se rend coupable d’outing. Ou dans ce cas précis, de « coming-out forcé » qui peut avoir pour effet de déstabiliser la personne ou de provoquer une vague de harcèlement à son encontre

    Raid numérique

    En 2021, le hashtag #anti2010 – visant les jeunes nés cette année-là – explose sur les réseaux sociaux après la diffusion d’un clip d’une jeune youtubeuse, Pink Lily, née en 2010 : « On est les queens de 2010 », chante-t-elle. « Nés en 2010 et déjà sur les tendances ». La vidéo s’attire les moqueries de certains internautes qui ne tardent pas à se transformer en véritable campagne de dénigrement de toute une génération. « De nombreux élèves ont reçu des messages d’insultes et des moqueries ou encore des mèmes les discréditant. Certains étaient exclus des parties de jeux en ligne », décrit Yasmine Buono. Des « brigades anti 2010 » se montent pour propager ces messages. On parle alors de « raids numériques », une forme de cyberharcèlement de meute qui consiste pour des internautes à agir en groupe.

    Lire aussi : Défis sur les réseaux sociaux : des pratiques dangereuses chez les jeunes

    Sextorsion

    Contraction de « sexe » et d’ « extorsion », la sextorsion consiste à menacer la victime de diffuser ses images ou vidéos intimes si elle ne cède pas aux demandes de l’extorqueur, qu’il s’agisse d’argent ou de contenus supplémentaires. Aussi appelé « chantage à la cam », ce phénomène touche aussi bien les filles que les garçons et ce, dès le CM2, signale Yasmine Buono. « Derrière tout ça, il y a des bots [des programmes informatiques autonomes, ndlr] déployés par des filières de pédocriminels qui cherchent à obtenir du matériel pédopornographique, avec une forte demande de jeunes garçons en train de se masturber », révèle-t-elle en ajoutant que « les élèves se sentent harcelés par ce type de contenus inappropriés. » Par exemple, un faux compte d’une jeune femme au physique attrayant sur Tinder, TikTok, Instagram ou autre réseau social qui les convainc d’envoyer des nudes. Il arrive que derrière cette escroquerie se trouvent des adultes se faisant passer pour des jeunes : on parle alors de grooming.

    Usurpation d’identité

    Pour nuire à sa victime, il arrive que le harceleur, généralement un proche de la victime dans la vraie vie, crée un faux compte sur TikTok par exemple en utilisant son nom et sa photo. « L’idée est de la faire “parler” en insultant ses camarades ou en révélant des secrets, décrit Yasmine Buono. Elle va alors se retrouver exclue de son groupe d’amis qui vont lui reprocher ces propos et ça va être extrêmement difficile pour elle de prouver qu’elle n’en est pas à l’origine. »

    Lire aussi : Comment se protéger d’une usurpation d’identité ?

    (1) e-Enfance 2021

    (2) Reddit 2020

  • Petit parcours pour se défendre face au (cyber)harcèlement

    Petit parcours pour se défendre face au (cyber)harcèlement

    Le fléau du harcèlement scolaire n’est pas nouveau mais il a pris de l’ampleur avec les réseaux sociaux. Les chiffres sont éloquents, particulièrement en ligne : 20% des jeunes entre 8 et 18 ans auraient déjà été victimes de cyberharcèlement selon une étude menée en 2021 pour l’Association e-Enfance. Née en 2005, celle-ci s’est donné pour mission d’ « accompagner le développement du numérique en préservant les droits des mineurs dans cette sphère », afin de leur permettre d’évoluer dans un « environnement protégé et adapté » selon les mots de sa directrice, Justine Atlan. Elle détaille le parcours à suivre pour faire face à ce type de violences émergeant dans le cadre scolaire.

    Lire aussi : Cyberharcèlement et santé mentale : « le début de l’adolescence est un moment critique »

    Petit parcours pour se défendre face au (cyber)harcèlement
    Petit parcours pour se défendre face au (cyber)harcèlement
    Petit parcours pour se défendre face au (cyber)harcèlement
    Petit parcours pour se défendre face au (cyber)harcèlement

    1 – Sortir de l’isolement

    Nouer le dialogue

    Face au (cyber)harcèlement, il n’est pas rare que les jeunes gardent le silence. Charge donc aux parents d’être attentifs à des changements de comportement, qu’il s’agisse de perte d’appétit, de difficultés à se lever le matin, d’une perte d’intérêt pour des choses qu’il ou elle aimait auparavant, baisse des résultats scolaires… « La question frontale n’est pas toujours facile avec un adolescent parce qu’il va avoir tendance à se renfermer encore plus. Il ne va pas forcément répondre la première fois, donc il ne faut pas s’arrêter à la première réponse qui consiste souvent à évacuer le problème », conseille Justine Atlan.

    Si le jeune refuse de parler à ses parents, on peut aussi l’inciter à en parler à une autre personne de confiance, que ce soit dans le cercle familial, amical ou à l’école : le CPE, un professeur, l’infirmerie… De fait, le personnel éducatif lui-même a aussi un rôle à jouer dans le repérage de certains changements de comportement qui peuvent alerter.

    Se tourner vers les plateformes d’aide

    Les jeunes ciblés par le (cyber)harcèlement peuvent se tourner directement vers les plateformes d’aide : le 3020 (en cas de harcèlement) ou le 3018 (en cas de cyberharcèlement et autres violences en ligne). À noter que le 3018 est joignable aussi bien par téléphone que sur le tchat, via les messageries de Facebook (via la page Association e-Enfance), par mail ou encore l’application mobile 3018 (avec un chat intégré). Celle-ci propose également un quiz « Suis-je harcelé ? » pour encourager la victime à demander de l’aide.

    « L’objectif dans un premier temps est de les écouter, décrit Justine Atlan. Souvent, quand ils appellent, c’est le moment où ils n’en peuvent plus (sinon ils n’osent pas trop appeler). » Elle ajoute que la prise en charge via le 3018 peut aussi aider les jeunes à « prendre du recul sur leur situation et les inciter à en parler avec d’autres gens, leurs parents ou l’établissement scolaire », et donc à « sortir de l’isolement. »

    Lire aussi : Comment savoir si mon enfant est un harceleur ?

    2 – Signaler le (cyber)harcèlement

    Prévenir l’établissement scolaire

    Différentes voies sont possibles pour signaler le cas de (cyber)harcèlement à l’école : en prévenant directement le personnel éducatif (idéalement le CPE, ou le professeur principal) ou via les plateformes d’aide. « Le CPE va alors identifier les élèves concernés et les convoquer, seuls ou avec leurs parents, en demandant à ce que cela cesse. Sinon, des sanctions peuvent être données dans le cadre scolaire pour leur faire comprendre la gravité de leurs actes », déroule Justine Atlan en évoquant par exemple des travaux d’intérêt général à l’école. Dans tous les cas, ajoute-t-elle, pousser la victime à changer d’établissement serait une erreur, et surtout un « aveu d’échec » de la part de l’établissement.

    En ce qui concerne les faits de cyberharcèlement scolaire, l’Association e-Enfance bénéficie d’une convention avec l’Éducation nationale qui leur permet de signaler directement les faits au référent harcèlement de l’Académie concernée, évitant au jeune d’avoir toutes les démarches à faire. Il lui suffit pour cela de s’adresser à la plateforme 3018. Le dossier est alors pris en charge par l’établissement scolaire.

    Avertir la plateforme concernée

    Lorsque le harcèlement se déroule en ligne, il ne faut pas hésiter à garder des preuves en faisant des captures d’écran, avant de bloquer les contacts et éventuellement récupérer des comptes en cas d’usurpation de l’identité. « Cela peut prendre beaucoup de formes : piratage de compte, insultes, faux comptes créés… »

    En s’adressant au 3018, les jeunes bénéficient d’une procédure de signalement prioritaire auprès des réseaux sociaux. L’association e-Enfance étant identifiée par les services de modération, « les contenus illicites sont alors retirés dans l’heure, ce qui est particulièrement important dans les cas de revenge porn où le risque de viralité est fort », explique Justine Atlan. Lorsque les contenus ou le cyberharcèlement se déploient dans des sphères publiques, un signalement peut également être effectué par le 3018 auprès de Pharos, une plateforme gouvernementale pour signaler des contenus et comportements en ligne illicites.

    3 – Prise en charge psychologique

    Dans certains cas, un accompagnement psychologique peut être indiqué. Via le 3018 ou de leur propre initiative, les jeunes peuvent alors se tourner vers les Maisons des Adolescents et les Points d’Accueil et d’Ecoute Jeunes présents sur l’ensemble du territoire qui vont les orienter, s’ils le souhaitent, vers un psychologue. Ils peuvent aussi s’adresser directement à un professionnel de santé spécialisé. « Notre objectif est de prendre le jeune en charge sans être dans le jugement, mais dans l’accompagnement », précise Justine Atlan.

    Lire aussi : Comment lutter contre le cyberharcèlement ?

    Si les sanctions disciplinaires mises en place par l’établissement scolaire ne mettent pas fin au (cyber)harcèlement, le jeune, accompagné par ses parents, peut décider de porter plainte. S’il le fait via le 3018, il aura déjà en main tous les éléments juridiques pour préparer son dépôt de plainte au commissariat ou dans une gendarmerie. « Quand on porte plainte, il faut bien avoir conscience de ce à quoi ça va servir et ne pas servir, fait remarquer la directrice de l’Association e-Enfance tout en se réjouissant que les infractions et les délits en ligne soient de mieux en mieux reconnus. Ça peut être à double tranchant : si la justice classe l’affaire sans suite ou déclare qu’il n’y a pas de préjudice, ça peut être très violent. Il faut aussi être prêt à être confronté à l’auteur de ces violences. Surtout, ça peut prendre des mois, voire des années. »

    3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende

    C’est la peine encourue pour un jeune harceleur, dès 13 ans.(1)

    Si le cyberharcèlement dont souffrent certains jeunes est souvent d’origine scolaire, il ne s’y limite pas. Des phénomènes de haine en ligne peuvent également prendre racine dans la sphère des jeux en ligne, sur des forums ou sur les réseaux sociaux. « Parfois, un jeune va publier une vidéo en ligne sur YouTube ou TikTok et sans trop savoir pourquoi, il va se prendre une flambée de harcèlement de personnes qu’il ne connaît pas, qui vont se liguer contre lui pour se moquer », décrit Justine Atlan. Le danger guette aussi du côté des plateformes de rencontre « où les jeunes vont être amenés à se dévoiler, à envoyer des contenus, à envoyer des nudes… Cela peut ensuite donner lieu à du harcèlement en ligne avec de la diffusion de contenus ou des comptes “ficha” [diffusant des photos dénudées de jeunes filles, sans leur consentement, ndlr]. »

    D’où l’importance, parfois sous-estimée, de sensibiliser les jeunes et de faire émerger une « parentalité numérique » consciente de ces dangers.

    L’Essentiel de l’article

    • Être attentif aux changements de comportement de son enfant
    • Rassembler les preuves et constituer un dossier auprès des autorités pour porter plainte
    • Éviter les réseaux sociaux pendant un temps

    (1) Légifrance 2022

  • Comment savoir si mon enfant est un harceleur ?

    Comment savoir si mon enfant est un harceleur ?

    Insultes, moqueries, revenge porn, diffusion de rumeurs, menaces… Comment certains jeunes en viennent-ils à (cyber)harceler leurs pairs ? Premier élément de réponse : il n’y a pas de « profil type » du harceleur. À écouter Bruno Humbeeck, psychopédagogue et directeur de recherche à l’Université de Mons (Belgique), ce type de phénomène relève en réalité d’une forme d’« agressivité hiérarchique » dont « le but du jeu consiste à prendre le pouvoir. » « C’est pour cette raison que les réseaux sociaux sont un vecteur de harcèlement naturel, souligne l’expert. Contrairement à ce que pensent souvent les adultes, un réseau social n’est pas seulement qu’ un outil de communication, mais un outil d’installation de prestige social, que l’on obtient par le biais des likes ou encore en anéantissant les autres. »

    Un phénomène typique des « sociétés hyper individualistes »

    Selon Bruno Humbeeck, également auteur de Pour en finir avec le harcèlement : À l’école, au travail, sur le Net…, « n’importe quel jeune peut se retrouver embarqué dans une situation de (cyber)harcèlement », soit en tant que « dominant actif » qui va être encouragé à se moquer ou à insulter l’autre par ceux qui se mettent à rire, soit en tant que « spectateur » qui va « agir en regardant » sans défendre la personne ciblée par le harcèlement. Il ajoute qu’après 12 ans, c’est désormais systématique : tout cas de harcèlement scolaire s’accompagne de cyberharcèlement, comme une « caisse de résonance qui va augmenter la virulence de l’agression. »

    Ce type de phénomène, poursuit-il, est favorisé par « les sociétés hyper individualistes qui favorisent les mécanismes de compétition plutôt que d’entraide et de coopération ». Selon lui, on ne peut pas supprimer ces « jeux de pouvoir » mais on peut tâcher de les gérer au mieux.

    Lire aussi : Comment lutter contre le cyberharcèlement ?

    Gel des neurones miroirs

    Si les conséquences sur les victimes de (cyber)harcèlement sont parfois dramatiques, les auteurs de ces violences portent eux aussi des stigmates importants, souligne Bruno Humbeeck. L’explication se trouve au fond du cerveau : « Le harceleur a été amené – sans le savoir – à geler ses neurones miroirs qui lui permettent de faire preuve d’empathie, sinon il ne pourrait pas continuer à harceler. Il n’y a donc pas de facteur a priori prédisposant au harcèlement si ce n’est la capacité qu’on aura de neutraliser ces neurones miroirs et de valoriser les mécanismes de domination. On peut geler ces neurones miroirs de manière très transitoire en se moquant de quelqu’un de manière agressive. Quand ce processus s’étend dans la durée, c’est plus dangereux : l’intelligence émotionnelle finit par se détériorer, ce qui est très dommageable sur le plan à la fois personnel et professionnel. »

    Rien d’irréversible néanmoins selon le spécialiste qui recommande de stimuler et de réactiver ces neurones. Il recommande le fait d’encourager le jeune à centrer son attention sur l’autre, en précisant que « ce travail peut être fait dans le contexte scolaire ou familial ».

    Il y a chez le harceleur une forme de jubilation qui accompagne l’exercice du pouvoir.

    Bruno Humbeeck, psychopédagogue

    Reste que les parents seraient bien en peine de repérer des « signes » chez leur enfant laissant à penser qu’il est l’auteur de ce type de violences. « Vous n’aurez pas d’indice de souffrance ni de remise en question de son comportement », note Bruno Humbeeck. Même si leur victime met fin à ses jours, « les cyberharceleurs sont généralement étonnés, mais pas catastrophés ». La prise de conscience de la gravité de leurs actes peut être longue en raison de ces mécanismes défensifs, même lorsqu’une procédure judiciaire est en cours. Ceux qui « craquent » en premier, ce sont plutôt les « spectateurs ».

    Lire aussi : Cyberharcèlement et santé mentale : « le début de l’adolescence est un moment critique »

    Jusqu’à 10 ans de prison pour les harceleurs

    Les conséquences juridiques peuvent également être très lourdes. En France, la loi du 2 mars 2022, qui a fait du (cyber)harcèlement scolaire un délit, a durci les sanctions à l’égard des jeunes harceleurs. Dès l’âge de treize ans, la peine minimale est désormais établie à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.(2) Lorsque les faits ont conduit la victime à mettre fin à ses jours (ou à tenter de le faire), les peines sont portées à 10 ans d’emprisonnement et à 150 000 euros d’amende.

    Pour cela, précise Me Le Taillanter, avocat à Angers, « il n’y a pas besoin de montrer une intention de nuire, juste de montrer que ça a eu comme résultat une dégradation des conditions de vie et/ou d’apprentissage pour l’enfant harcelé » Par ailleurs, le harceleur peut plus difficilement se cacher derrière l’anonymat des réseaux sociaux puisque dorénavant, de telles enquêtes vont pouvoir « bénéficier de l’identification des sources de connexion et des équipements terminaux [notamment les smartphones et les ordinateurs, ndlr] afin de retrouver celui qui harcèle derrière son écran, notamment à travers la recherche des adresses IP », complète-t-il.

    Si une plainte a été déposée contre lui et qu’on en est encore aux prémices du harcèlement, le harceleur peut être convoqué avec ses parents devant un délégué du procureur en rappel à la loi. En cas de faits plus graves et répétés, il devra comparaître devant le tribunal pour enfants (s’il est mineur). Outre l’amende, les condamnations peuvent peser très lourd dans le porte-monnaie des parents, sauf s’ils sont assurés en responsabilité civile, pour indemniser une perte d’année scolaire, une hospitalisation…

    Lire aussi : Petit parcours pour se défendre face au (cyber)harcèlement

    3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende

    C’est la peine encourue pour un jeune harceleur, dès 13 ans.(2)

    Ne pas contester l’émotion des autres

    Comme les parents des victimes, ceux des harceleurs découvrent bien souvent les faits à un stade avancé. Une situation qui n’est pas toujours facile à accepter. De fait, Bruno Humbeeck observe une tendance à déresponsabiliser leur enfant. « J’ai entendu des réactions du type : “son père est comme ça aussi, il a tendance à se moquer de tout le monde, ce n’est pas méchant”, ou consistant à dire que c’est la victime qui est trop sensible, qu’elle a été imprudente d’envoyer des nudes », raconte-t-il.

    Or il est important selon lui de ne jamais minimiser les faits. « Quand on produit de la souffrance chez quelqu’un d’autre, on doit en avoir une conscience absolue. Les parents devraient leur dire : “ce que tu as provoqué comme émotion – que ce soit la tristesse, le dégoût ou la peur –, elle appartient à celui qui la vit et tu n’as pas à la contester ni dans son intensité ni dans sa légitimité”. » Question, une fois de plus, d’intelligence émotionnelle.

     

    Pour aller plus loin : Quand la fiction nous parle du harcèlement scolaire

    Le harcèlement scolaire a longtemps été un mal silencieux. Ces dernières années pourtant, des œuvres de fiction se sont emparées de ce phénomène sous différents angles.

    • Un film : Un Monde de Laura Wandel (2021) Confrontée au harcèlement que subit son grand frère Abel, une jeune écolière est tiraillée entre son besoin d’intégration et de reconnaissance d’une part, son désir de réagir d’autre part. Une plongée à hauteur d’enfant pour explorer tout en finesse les dynamiques de groupe à l’école.
    • Un court-métrage : T Gros ! de Gautier Blazewicz (2018) Collégien en surpoids harcelé jusqu’en seconde, Gautier Blazewicz a voulu dénoncer dans son court-métrage les dérives de la grossophobie à l’école. On y suit le quotidien d’un lycéen en situation d’obésité, malmené par ses camarades, qui parvient peu à peu à accepter son corps et sa différence grâce au théâtre.
    • Un livre : Chère Fubuki Katana d’Annelise Heurtier (2019) Dans ce roman centré autour du personnage d’Emi, une lycéenne ciblée par des moqueries, Annelise Heurtier lève le tabou du harcèlement au Japon. Dans une société où l’on n’étale pas ses émotions, la jeune fille craint de passer pour fragile ou trop sensible. Une rencontre va néanmoins l’inciter à se confier, non sans risques. À qui peut-on se fier dans une société où les apparences peuvent l’emporter sur la vérité ?
    • Une BD : Camélia face à la meute de Christophe Cazenove, Nora Fraisse et Bloz (2021) Aussi bouleversante que didactique, cette bande dessinée raconte le parcours d’une lycéenne qui se retrouve entraînée dans la spirale du harcèlement après la diffusion d’une simple photo sur les réseaux sociaux. Camélia ne peut même plus compter sur sa meilleure amie qui a rejoint la « meute » de harceleurs qui la traque au lycée comme en ligne, et finit par s’isoler complètement.

    L’Essentiel de l’article

    • N’importe quel jeune peut se retrouver en position de harceleur
    • Il s’agit d’être attentif car les signes ne sont pas toujours évidents
    • Le(cyber)harcèlement est puni par la loi

    (1) Public Sénat, mars 2022

    (2) Légifrance 2022

  • Rentrée scolaire : comment préparer son enfant à retourner à l’école ?

    Rentrée scolaire : comment préparer son enfant à retourner à l’école ?

    Reprise d’un rythme, besoin de concentration et d’énergie… Comment les préparer à retrouver les bancs de l’école en septembre ? Dialogue et anticipation sont les maîtres-mots pour une rentrée sereine pour toute la famille.

    1 Reprendre un bon rythme de sommeil avant la rentrée

    La rentrée scolaire, ça se prépare. « Il faut veiller à reprendre des horaires fixes et à coucher votre enfant plus tôt, au moins une ou deux semaines avant la reprise de l’école, préconise le Dr Sylvie Osika, pédiatre. Il est essentiel de retrouver un rythme jour/nuit que les enfants ont perdu dans de nombreuses familles pendant les vacance », indique-t-elle. Pour cela, commencez par fixer des horaires pour le bain, le dîner puis le coucher, par exemple.

    Le saviez-vous ?

    « L’enfant grandit la nuit et notre système immunitaire est relié aussi à notre sommeil. Avoir un rythme structuré et un bon sommeil est donc important, sans quoi des troubles d’apprentissages, de dépression ou d’anxiété peuvent apparaître chez l’enfant », explique la pédiatre.

    2 Maintenir les bonnes habitudes d’hygiène à l’école

    Crise sanitaire ou non, la rentrée est l’occasion de lui rappeler les notions d’hygiène, et en particulier les gestes barrières. « Avec des mots très simples, on peut expliquer à son enfant qu’en retournant à l’école, il devra continuer à bien se laver les mains, à faire attention à se moucher correctement ou à tousser dans son coude, mais qu’il pourra toujours jouer avec ses amis », explique le Dr Osika. Votre enfant est d’un naturel inquiet ? Rassurez-le en lui expliquant que toutes les précautions seront prises pour assurer sa sécurité à l’école.

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    À savoir

    Des aménagements spécifiques pour les enfants les plus angoissés, avec un recours possible au Cned (1) partagé ou au Sapad (2) sont également envisageables.

    3 L’école, un repère de sociabilisation

    « Le retour à l’école permet à l’enfant de retrouver des repères, ainsi qu’une autre autorité que celles de ses parents, de se confronter aux autres élèves aussi », souligne le Dr Osika. Pour valoriser la reprise du chemin de l’école, vous pouvez indiquer à votre enfant qu’il va aussi retrouver ses copains. D’ailleurs, « les enfants ont besoin d’être entourés d’enfants de leur âge, c’est une étape essentielle à leur socialisation », indique la pédiatre.

    Bon à savoir

    Les élèves, de la maternelle au lycée, reprendront le chemin de l’école le jeudi 1er septembre 2022 (3).

    4 Discuter ensemble de l’organisation familiale

    Il est important une semaine avant la rentrée de discuter en famille (surtout si vous avez plusieurs enfants d’âge différents) des projets de l’année, de la gestion de la maison, des activités périscolaires, ou encore du temps autorisé devant les écrans. « Les enfants ont besoin de repères et d’échanger sur ces sujets-là posément pendant les vacances plutôt qu’une semaine après la rentrée. Cela permet d’aborder la rentrée sereinement et de faire passer des messages qui serviront à tout le monde », explique la pédiatre. Elle préconise également de donner la parole à l’enfant : « Il se construit si on lui donne des responsabilités et si on lui fait confiance. »

    5 Instaurer des rituels rassurants avant la rentrée

    Quelques jours avant la rentrée, pour bien préparer votre enfant à reprendre le chemin de l’école, n’hésitez pas à évoquer avec lui les aspects positifs comme le fait de passer dans une classe supérieure, de rencontrer de nouveaux instituteurs et camarades, etc. Vous pouvez aussi entourer la date de la rentrée sur un calendrier et compter avec lui le nombre de jours restant jusqu’à la reprise, par exemple. Autres astuces pour le conforter : faites avec lui des activités rassurantes avant de le coucher comme lire des histoires sur l’école ou faire des exercices de relaxation ou de respiration. Pourquoi pas retracer ensemble le chemin pour anticiper son premier trajet seul vers l’école, à pied ou en voiture par exemple ? Et préparez ensemble son cartable, ses fournitures et sa tenue de rentrée un ou deux jours avant pour éviter le stress le matin du jour J. 

    L’Essentiel de l’article

    • Instaurez des horaires fixes de dîner et de coucher au moins une semaine avant la reprise.
    • Rappelez à votre enfant l’importance des gestes d’hygiène à l’école.
    • Parlez-lui des aspects positifs de la rentrée. – Instaurer des rituels rassurants quelques jours avant la reprise.

    (1) Cned, Offre scolaire

    (2) Tous à l’école, Service d’Assistance Pédagogique à Domicile (Sapad)

    (3) Education.gouv, Calendrier scolaire de l’année 2022-2023

  • Baignade : quel matériel pour la sécurité de votre enfant ?

    Baignade : quel matériel pour la sécurité de votre enfant ?

    Avec l’été et les vacances, vous n’avez qu’une envie : vous baigner en famille et profiter ! Pour que tout se passe à merveille, gardez en tête quelques conseils de sécurité. Le premier ? Baignez-vous toujours avec votre enfant. Même s’il sait nager, qu’il est correctement équipé, et que l’aire de baignade est surveillée par des sauveteurs, il ne doit jamais être seul dans l’eau ou à proximité.

     

    Baignade : quel matériel pour la sécurité de votre enfant ?

     

    1 La bouée siège

    C’est la première trempette pour votre bébé ? Choisissez une bouée siège avec harnais intégré pour passer ses jambes. Résultat, votre enfant a les bras libres pour jouer et les jambes mobiles dans l’eau, tout en étant bien maintenu par le buste.

    2 Les brassards

    Quand votre enfant est plus à l’aise au niveau moteur, qu’il arrive à s’allonger et garder la tête relevée, vous pouvez opter pour des brassards. Ils permettent de flotter à la surface de l’eau. Privilégiez les brassards avec deux chambres gonflables et gonflez-les selon les instructions pour que la bonne pression permette une bonne flottaison sans comprimer les bras. Et choisissez des brassards adaptés au poids de votre enfant pour une baignade en toute sécurité

    Bon à savoir

    Les équipements de baignade doivent répondre aux critères de sécurité et être homologués. Veillez à ce qu’ils portent la marque CE. Et si vous les conservez d’une année sur l’autre, vérifiez toujours qu’ils soient en parfait état.

    3 Le gilet ou maillot de bain avec bouée intégrée

    Votre enfant est familiarisé avec l’eau ? Pour être plus autonome dans l’eau, vous pouvez choisir un gilet ou maillot de bain avec une bouée intégrée. Pour jouer la carte de la prudence, associez ce dispositif avec des brassards et pensez à mettre un t-shirt de natation sous le gilet bouée, vous éviterez quelques frottements et éventuelles irritations.

    Chiffre-clé :

    Lors de l’été 2021, en France, 1 480 noyades accidentelles (27 % mortelles) ont été recensées, dont 22 %(1) chez les enfants de moins de 6 ans (6 % de décès).

    4 La ceinture bouée

    Dotée de flotteurs en mousse, la ceinture de natation soutient les enfants au niveau de l’abdomen. Évolutive, elle permet de retirer des flotteurs au fur et à mesure des progrès de votre enfant. Privilégiez un modèle avec un système de fermeture sécurisé en trois points et veillez à ce que la ceinture soit adaptée à la taille de votre petit nageur.

    L’Essentiel de l’article

    • Surveillez toujours votre enfant quand il se baigne.
    • Choisissez un équipement de baignade adapté à sa taille et ses capacités.
    • Oubliez les bouées rondes sans siège car elles ne protègent pas de la noyade.

    (1) Santé Publique France, Enquête Noyades 2021