Catégorie : (S’)Investir autrement

  • Secret Santa : le nouveau rituel incontournable

    Secret Santa : le nouveau rituel incontournable

    Qu’il se déroule dans un contexte amical, familial ou professionnel, le principe du Secret Santa reste le même : sans révéler son identité, chacun offre un cadeau à une personne tirée au sort. Il existe des variantes, mais le principe reste le même : on s’offre des cadeaux à petit prix et au hasard. Le succès est tel que des sites comme DrawNames ou MySanta sont dédiés à leur organisation et à la simplification du tirage au sort, avec parfois même des listes d’envies pour guider les plus hésitants.
    En France, cette tradition connaît un succès croissant parce qu’elle répond à un besoin très actuel : préserver la magie de Noël tout en maîtrisant les dépenses et en apportant une dimension ludique. « Depuis qu’on le pratique en famille, j’ai l’impression d’alléger ma charge mentale, raconte Marion, 34 ans. Au lieu d’acheter douze cadeaux différents et pas forcément très personnalisés, je me concentre sur une seule personne, je prends le temps de chercher l’idée juste. C’est beaucoup moins stressant et plus pertinent. » Dans le contexte économique actuel, un seul cadeau suffit, mais il devient plus soigné, mieux pensé.
    Dans le milieu de l’entreprise, le Secret Santa apporte aussi du lien social. « Ça permet de mieux se connaître, explique Karim, 28 ans. Pour faire un cadeau à un collègue que tu ne connais pas trop, tu dois forcément essayer de mieux le cerner. » Grâce aux plateformes de tirage, même les équipes dispersées ou en télétravail peuvent prendre part à ce petit rituel fédérateur.

    Chacun son rôle

    Mais si le Secret Santa intéresse aujourd’hui les sociologues, c’est parce qu’il agit comme un révélateur de nos comportements : Il y a celui – ou celle – qui dépasse systématiquement le budget, cherchant à prouver sa générosité ou sa créativité. Celui qui dépense moins, sans culpabiliser, revendiquant une forme de simplicité. Celui qui se met une pression folle, persuadé que le cadeau doit forcément être parfait. Ou encore celui qui n’a pas le temps et improvise avec un objet venant de chez lui, une manière de dire qu’un cadeau peut être aussi un morceau de soi, plutôt qu’une dépense.
    Dans certains groupes, ces rôles sont presque institutionnalisés. Estelle, par exemple, est devenue la star du Secret Santa au sein de son réseau amical parce qu’elle fabrique tous ses cadeaux elle-même. « Quand tu tombes sur Estelle, tu sais que tu vas recevoir quelque chose d’unique », raconte une membre de la bande. Broderie, petit carnet relié à la main, cosmétique maison : ses présents sont tellement appréciés que tout le monde espère secrètement être celui ou celle « pêché » cette année. Sa générosité dit quelque chose d’un rapport au don fondé sur le temps passé, l’attention et la singularité.
     

    Un rituel social

    À l’inverse, il y a Thibault, totalement décomplexé, ambassadeur autoproclamé des cadeaux « petit budget » qu’il trouve dans les magasins discount. « Je trouve des trucs improbables pour seulement deux euros, rit-il. Une fois, j’ai offert une lampe dinosaure. C’était cheap, mais ça a fait rire tout le monde. » Son Secret Santa à lui, c’est celui qui désamorce la pression et rappelle que le but n’est pas d’impressionner, mais de partager un moment.
    Ailleurs dans le monde, la coutume prend des formes parfois étonnantes. En Allemagne, le Wichteln encourage les cadeaux absurdes, volontairement moches. Au Canada, le Yankee Swap (Secret Santa voleur) autorise à « subtiliser » le cadeau d’un autre, transformant l’échange en jeu stratégique. Aux Philippines, le Monito Monita dure plusieurs semaines, avec de petits présents anonymes avant une révélation finale. En Islande, certains groupes se sont approprié la tradition en ne s’offrant que des livres, écho au célèbre Jólabókaflóð, le « déluge de livres » de décembre.
    Ces variations démontrent que, partout, le Secret Santa est bien plus qu’un simple échange de cadeaux : c’est un rituel social. Et s’il s’installe durablement dans nos vies, c’est peut-être aussi parce qu’il incarne une idée essentielle : offrir n’est pas qu’une question de prix, mais de lien. Et pour quelques jours, il nous rappelle que la convivialité, l’humour, l’attention ou la créativité comptent souvent davantage que ce qu’il y a dans le paquet.
     

  • Le volontariat rural pour les jeunes

    Le volontariat rural pour les jeunes

    En quinze ans d’existence, le service civique a connu une popularité croissante. Rien qu’en 2024, 150 000 jeunes ont rejoint à ce titre de nombreuses structures – associations, collectivités ou entreprises – durant 6 à 12 mois. Si certaines de ces « missions » s’effectuent en ville, il est également possible de sillonner la France rurale en travaillant pour des organismes locaux à faire vivre des initiatives dans les villages. C’est d’ailleurs la mission que s’est donnée InSite, une association ayant noué des partenariats avec des collectivités pour proposer à des jeunes entre 18 et 30 ans un « volontariat rural » sous la forme d’un service civique.

    « Un engagement mutuel qui permet de créer du lien »

    L’objectif ? Faire vivre des « initiatives culturelles, sociales et environnementales » pour « créer du lien social avec l’ensemble des habitants et mettre en pratique un art de vivre ensemble, respectueux du vivant ». Les missions proposées par InSite sont construites avec les acteurs locaux pour identifier les besoins du territoire. Après avoir lancé son action en Occitanie en 2019, InSite a étendu son offre dans plusieurs régions et entend apporter aux communes l’aide dont elles ont besoin, tout en faisant découvrir des « initiatives rurales porteuses de sens » aux jeunes. Ceux-ci peuvent ainsi participer au lancement et à l’animation d’un tiers-lieu à Argiusta-Moriccio (Corse), animer des activités participatives sur la biodiversité à Aube (Moselle), ou encore participer à la valorisation du patrimoine dans la vallée des peintres à Cuzion et Saint-Plantaire (Indre), tout en étant logés sur place.

    Plusieurs organismes pour faire du volontariat

    InSite n’est pas la seule association à mettre l’accent sur la vitalité des territoires ruraux. C’est également le cas de Familles rurales, qui, entre autres activités, envoie chaque année 150 jeunes en service civique rural sur le territoire français. « Nous proposons des missions allant de l’accueil périscolaire à la lutte contre l’isolement des personnes âgées, en passant par la création et l’animation d’espaces de vie sociale pour les familles », détaille Vincent Clivio, directeur du développement de la vie associative chez Familles rurales. Le responsable souligne que, dans la globalité, « les structures locales ont une évaluation positive » de ces expériences. Faire participer des jeunes à ces initiatives permet de « bousculer les choses établies, d’apporter une perspective nouvelle ». Pour ces derniers, « c’est un engagement mutuel qui permet de créer du lien et de désinhiber des jeunes qui n’ont pas confiance en eux en leur proposant une mission qui a une utilité sociale forte ».

    Une expérience bénéfique

    De fait, les retours des jeunes sont souvent très satisfaisants, « même pour ceux qui sont en échec, car on n’attend pas d’eux une réussite de type scolaire, mais une capacité à créer du lien ». Emma a ainsi effectué une mission à la Fédération de l’Aveyron de Familles rurales il y a quelques années, durant laquelle elle a aidé les associations locales à créer et à utiliser des sites Internet et à se développer sur les réseaux sociaux. Une expérience bénéfique, qui a permis à la jeune femme de « faire une pause » avant d’avoir à se décider sur la direction qu’allaient prendre ses études et de « se recentrer sur (elle)-même » pour « découvrir une autre voie » possible.

    De son côté, Julien a réalisé un service civique à Jarville-la-Malgrange (Meurthe-et-Moselle) en 2021. Son objectif : « Réaliser des vidéos de promotion du bénévolat et les offrir à des associations pour les aider à donner envie ». Âgé de 19 ans à l’époque, le jeune homme a également contribué à la « mise à disposition de tablettes numériques pour les personnes âgées isolées ». Une initiative essentielle au moment où le Covid-19 limitait les possibilités d’interaction sociale et où il était « très important de garder le contact ».

    « Se rendre utile et développer le sens du contact »

    En 2021 encore, Roxane a passé plusieurs mois dans le Maine-et-Loire pour aider à construire des projets d’activités pour séniors. Un moyen, selon elle, de se « recentrer sur des valeurs qui sont miennes : la bienveillance, l’entraide, le respect » et qu’elle a trouvées dans ces missions, mais aussi « de se rendre utile et développer le sens du contact », tout en ayant l’opportunité de « redéfinir » son projet professionnel.

    Des expériences enrichissantes, pour les territoires comme pour les jeunes qui s’y engagent. Pourtant, à l’été 2025, le service civique est victime, comme nombre d’autres secteurs, des coupes budgétaires destinées à redresser les finances publiques. « On nous demande de diminuer de 18 % le nombre de nos missions », révèle Vincent Clivio, qui s’inquiète de « la perte du lien social » qui pourrait ainsi être engendrée. 

  • Test : quel job étudiant est fait pour vous ? | Profil c

    Test : quel job étudiant est fait pour vous ? | Profil c

    Vous n’imaginez pas une seconde un job qui vous rive à une chaise de bureau ou un ordinateur. Vous avez besoin d’action, de rythme, et vous aimez vous endormir le soir avec la satisfaction du travail bien fait. Si vous ne redoutez pas le claquage, de nombreux jobs ont besoin de vos bras et mollets musclés : livreur à pied ou à vélo, dog-walker, déménageur, saisonnier-ère en exploitation agricole, palefrenier…

    Assurance habitation étudiant, la solution “Prem’s”

    Assurance pensée pour les étudiants, les apprentis mais aussi les saisonniers et jeunes en service civique, le contrat Prem’s permet d’assurer un logement d’1 ou 2 pièces pour moins de 5,20 €/mois, tout en incluant responsabilité civile et garantie en cas d’accident.

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  • Test : quel job étudiant est fait pour vous ? | Profil a

    Test : quel job étudiant est fait pour vous ? | Profil a

    Vous aimez le contact, la découverte de nouveaux horizons, les paysages inconnus. Vous avez une carte de fidélité dans toutes les compagnies aériennes low cost et vos nombreux séjours à l’étranger vous ont permis de maîtriser les basiques de plusieurs langues, en plus de l’anglais que vous parlez couramment. Mettez vos talents à profit ! Vos jobs de prédilection : groom ou liftier dans un grand hôtel, serveur-se dans un pub irlandais, vendeur-se dans une boutique de luxe, caissier-ère à la tour Eiffel…

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  • Test : quel job étudiant est fait pour vous ? | Profil b

    Test : quel job étudiant est fait pour vous ? | Profil b

    Vous avez visité tous les musées de votre ville ou êtes incollable sur le cinéma slave des années cinquante ? Vous êtes un geek de littérature policière ou de BD ? Plutôt que de végéter dans un job alimentaire, mettez à profit votre amour de la culture ! Vos jobs préférés : guide dans un musée, ouvreur-se au théâtre ou au cinéma, animateur-trice de visites guidées en ville, intérimaire à la médiathèque municipale ou dans une librairie spécialisée, modèle à l’école des Beaux-Arts…

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  • Test : quel job étudiant est fait pour vous ? | Profil d

    Test : quel job étudiant est fait pour vous ? | Profil d

    Que ce soit votre passion de la guitare ou votre amour des logarithmes, votre truc, c’est le partage. Montrer, transmettre, enseigner… Fin pédagogue, vous aimez vous mettre dans la peau du professeur expert et responsable. À moins que vous n’ayez tout simplement gardé une âme d’enfant qui aime construire des cabanes ? Choisissez un job en rapport avec l’enfance : garde d’enfant, prof de violon, pion-ne, aide aux devoirs, animateur-trice de centre de loisirs ou de camps de vacances, etc.

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  • Thierry Marx : « La cuisine est un moteur d’intégration puissant »

    Thierry Marx : « La cuisine est un moteur d’intégration puissant »

    Quand vous étiez jeune à Champigny, la cuisine était quelque chose qui vous attirait ?

    La cuisine n’était pas un référent dans ma famille. On mangeait utile, il fallait faire un peu attention à l’économie de l’assiette donc était très pratico-pratiques en termes de cuisine. Malgré tout, vous faites un CAP de pâtisserie. Oui, ça commence un peu par hasard. Au départ, je voulais être boulanger mais on m’a conseillé de plutôt faire de la pâtisserie. J’ai suivi un cursus de pâtissier chez les Compagnons du Devoir. Après mes études, j’ai compris que la France n’avait alors pas grand-chose à m’offrir professionnellement et je suis parti vivre en Australie avec mon CAP de pâtisserie sous le bras. Rapidement, je me suis retrouvé à faire plusieurs jobs : un en pâtisserie boulangerie et l’autre en cuisine du Regency, un hôtel de Sydney. Tout le monde me prêtait des compétences parce que j’étais français alors que je n’en avais aucune ! C’est pour ça que j’ai coutume de dire que je suis entré en cuisine par effraction. Et j’ai fini par prendre conscience que la cuisine m’intéressait un petit peu. En rentrant en France, j’ai décidé de passer mon CAPES à l’école Belliard à Paris, et j’ai toqué à la porte des grands chefs.

    C’est à ce moment que naît vraiment votre vocation de chef ?

    Oui, notamment grâce à ma rencontre avec Bernard Loiseau. Un monsieur qui était vraiment inspirant, lumineux. Il n’avait pas de travail pour moi mais m’avait quand même invité à déjeuner dans son restaurant et nous avions pu échanger. Finalement, j’ai intégré les cuisines du restaurant gastronomique Taillevent. Et très vite, j’ai compris que la cuisine c’était passionnant ! Qu’en étant curieux, discipliné et en ayant la volonté d’apprendre, vous avez la possibilité de sortir un peu des codes, de faire une cuisine différente de celle de votre voisin.

    À vous entendre, on a la sensation que la cuisine a des pouvoirs spéciaux ?

    Mais oui, bien sûr, parce que la cuisine est un moteur d’intégration et d’acceptation de la diversité extrêmement fort. C’est ça aussi la magie de la cuisine. Si l’on prend l’histoire de la cuisine française, elle a accepté beaucoup de diversité, plus que le monde politique finalement. Beaucoup de communautés se sont imposées par la table. Il suffit de voir que le couscous est l’un des plats préférés des Français pour l’entendre. À Belleville où j’ai grandi, ce sont tour à tour les communautés juives, maghrébines et du sud-est asiatique qui ont ouvert des échoppes et se sont intégrées. Le moteur d’intégration par l’alimentation est fort. Vous avez été parachutiste pendant la guerre du Liban.

    Là-bas aussi, vous avez pu voir ce que la nourriture était capable de faire ?

    À Beyrouth, toutes les communautés en guerre observaient une trêve tacite pour manger. J’ai un souvenir d’arômes de rue, de tahini. Il y avait plein de choses qui cramaient à droite, à gauche, mais les gens arrivaient quand même à faire de modestes barbecues. La pouvoir de la cuisine, c’est de faire du lien social, c’est la commensalité : avec qui j’accepte de manger ? De partager un moment autour d’un repas ? C’est dans cet esprit que nous sommes en train de créer une école à Medellín, en Colombie, pour réintégrer les anciens FARC (mouvement armé d’opposition au gouvernement colombien né dans les années 1960, ndr).

    Vous êtes devenu flexitarien, pourquoi ?

    Je ne cherche pas à imposer ma façon de manger aux autres. Moi je suis très content quand les gens mangent de tout. Ça me va très bien. Mais je pense que si on parle d’impact environnemental, alors effectivement, il va falloir diminuer notre consommation de protéines animales. Parce que le circuit de production est très polluant. Donc je préfère que l’on consomme un peu moins de viande mais de meilleure qualité.

    Comment ça se traduit dans vos restaurants ?

    Schématiquement, je fais en sorte que l’on soit à 20 % de protéine animale dans nos menus. En fait, si on voulait simplifier, on dirait qu’au lieu de faire du bœuf-carottes, on va faire du carottes bœuf. C’est une formule, ça vaut ce que ça vaut. Mais ça parle à tout le monde. Vous aimez le goût du bœuf-carottes ? Très bien alors on va vous proposer un carottes-bœuf, vous allez voir que c’est pas mal non plus. Vous venez d’ouvrir ONOR, le premier restaurant gastronomique à portée « économie sociale et solidaire ».

    Concrètement cela veut dire quoi ?

    Je crois que l’économie sociale est une économie du futur : c’est une économie qui fait de la croissance en conscience, en ayant impact social et un impact environnemental. ONOR est plus qu’un restaurant, c’est un engagement. Nous avons dix écoles d’inclusion professionnelle et nous proposons aux personnes qui ont suivi nos parcours chez Cuisine Mode d’Emploi(s) ou Boulangerie Mode d’Emploi(s) d’intégrer le restaurant ONOR en tant que salariés. ONOR était un peu le chaînon manquant dans le sens où pour certaines personnes que nous formons, c’était parfois un peu plus dur d’obtenir un poste à responsabilité dans un restaurant gastronomique en raison de leur parcours atypique. ONOR leur permet de rencontrer l’exigence du haut niveau et d’acquérir cette expérience pour la mettre sur leur CV. Nous avons d’ailleurs 10 % de personnes en inclusion sociale dans cette entreprise. Concernant l’impact environnemental, 80 % des produits servis viennent de filières d’agriculture régénérative, c’est-à-dire qu’on sélectionne des fournisseurs au travers du label bleu blanc cœur. Donc l’entreprise ONOR a un impact social et un impact environnemental. Ce qui ne l’empêche pas d’ambitionner de faire de la croissance dans l’économie du luxe, parce que notre but est d’aller chercher la reconnaissance des guides récompensant une cuisine de haut niveau.

    Comment est née l’idée du restaurant ?

    Elle est l’aboutissement de vingt ans de travail et d’engagement sur l’inclusion. En 2004, j’ai été suis désigné chef de l’année et on a beaucoup parlé de ce que je faisais. Là, je me demande comment aider les gens qui viennent des mêmes quartiers populaires que moi, qui ai grandi entre Belleville et la Cité du Bois-l’Abbé à Champigny-sur-Marne. À l’époque, je rencontre Véronique Colucci. Elle m’invite aux Restos du cœur où je donne des cours de cuisine. Je rencontre une dame qui, elle, donne des cours de français et d’arithmétique. Je me dis alors : « Est-ce qu’on ne peut pas mettre quelque chose en place pour proposer à ces personnes en situation de précarité un projet métier ? » C’est ainsi qu’a démarré la première école Cuisine Mode d’Emploi(s), rue Ménilmontant. Cela a répondu à une demande de gens qui ne pouvaient pas se payer une formation ou de personnes qui souhaitaient retourner à l’emploi au travers d’un projet. En onze semaines, on formait les personnes à retourner dans un projet de cuisinier ou de boulanger et à intégrer une entreprise afin de monter en compétence. Et le mécanisme est parti comme ça. Aujourd’hui, Cuisine Mode d’Emplois, ce sont 10 écoles en France, près de 8 500 personnes formées et 92 % de retour à l’emploi.

    À qui s’adressent vos formations ?

    Essentiellement à des gens qui ont été à un moment donné à l’écart d’une intégration économique dans ce pays. Cela peut-être des gens en reconversion et qui n’ont pas les moyens de se payer une formation opérante. Des gens éloignés de l’emploi voir très éloignés de l’emploi, en situation de précarité ; par exemple des personnes qui ont connu des accidents de parcours, des vies un peu dures et qui cherchent un moyen de revenir dans une vie active.

    Qu’avez-vous appris en vingt de travail sur l’inclusion ?

    Je me suis aperçu qu’il y a trois grands modèles qui fonctionnent bien dans l’inclusion : l’art, l’artisanat et le sport. Pourquoi ? Parce que ce sont des cadres éducationnels où vous vous retrouvez face à vous-même Et donc ça vous impose de mettre une énergie et une rigueur particulière au service de votre projet personnel. C’est un engagement qui nécessite par moments un petit accompagnement pour lâcher la main du passé et vous donner la régularité de vous présenter tous les jours pour vous former. Quand vous avez compris cette nécessité, vous avez aussi compris que vous allez pouvoir réussir comme au même titre que tout le monde. Cela va vous permettre de retrouver une verticalité pour vous engager dans la vie. L’ambition au-delà du fait de trouver un emploi, c’est de retrouver un projet. Je crois qu’on n’est plus dans le siècle où l’on va prendre pour argent comptant un emploi par défaut. On veut un projet qui nous ramène à l’emploi.

    Pour vous aussi, le sport et la cuisine ont été des écoles de vie ?

    Le sport, c’est le premier cadre éducationnel que j’ai rencontré après l’école. Je n’étais pas très bon au collège, donc le judo est devenu un cadre éducationnel. Pourquoi ? Parce qu’on est dans le faire pour apprendre. Si on traduit en français le concept de uchi komi, on pourrait traduire par « observe et tais-toi, apprends et comprends ». Ensuite tu pourras innover. L’école du judo, c’est ça. Observer le geste de l’enseignant, essayer de le reproduire au travers d’un apprentissage régulier. Et ensuite, créer son propre judo. C’est sans nul doute un cadre de vie. Je pense d’ailleurs qu’on n’apprend pas suffisamment aux enfants à observer, à écouter.

    La cuisine fonctionne de la même manière ?

    Totalement. Mais au-delà de cela, le point commun entre la cuisine et le sport, c’est qu’à un moment donné, vous êtes face à vous-même. La clé pour réussir dans ces deux domaines c’est : rigueur, engagement, régularité. La rigueur est un mot un peu galvaudé, la langue française en a fait quelque chose de très dur. Mais quand vous avez un projet et que vous y mettez la discipline et la détermination nécessaire pour vous y tenir, ça fonctionne. Que ce soit dans le sport ou la cuisine. En revanche, c’est vous qui devez vous l’imposer, pas une autorité quelconque, c’est cela qui fait toute la différence.

    C’est aussi ça que vous transmettez ?

    J’ai une conviction : l’apprentissage d’un métier est non seulement une arme contre le chômage, mais également le moyen de faire des hommes libres. La première des choses que je dis à mes jeunes collaborateurs est : « Ce n’est pas votre employeur qui protège votre travail, c’est votre curiosité. » Plus vous allez être curieux, plus vous allez apprendre, plus vous allez vous émanciper et moins vous serez dépendant d’une autorité. C’est cette force-là que je souhaite transmettre. Et plus vous êtes instruit dans un métier ou dans une compétence, plus vous avez confiance en vous et en votre valeur. Si vous faites ce métier avec passion, c’est encore plus vrai.

    Qu’est-ce que ça veut dire « bien manger » aujourd’hui ?

    Je crois qu’il faut être humble. Il y a une forme d’élite qui donne des leçons en permanence sur ce qu’on doit manger, pas manger. Moi, j’essaie déjà de convaincre les gens de refaire la cuisine : même si c’est un œuf dur, une boîte de thon, une salade, ça fait déjà un plat sympa. Il ne faut pas oublier qu’on a un pays qui a construit une fracture sociale dont la conséquence est une alimentation à deux vitesses. Il y a une partie de la population qui a un reste à vivre suffisant pour manger correctement et qui comprend un peu mieux ce qu’elle mange. Et puis une population qui a un reste à vivre qui n’est pas suffisant et qui ne peut se caler que sur les produits ultra-transformés et très peu chers.

    C’est impossible de bien manger quand on gagne le SMIC ? Le bien manger n’est pas accessible à tous ?

    C’est possible de bien manger si on ne se laisse pas piéger par la consommation. Ma génération est une génération de surconsommateurs. Nous avons vu arriver la grande distribution qui était une sorte de caverne d’Ali Baba où l’on nous promettait de l’opulence et du pouvoir d’achat en échange d’un certain renoncement à la qualité des produits. Nos parents qui travaillaient beaucoup, ont trouvé ça très pratique. Maintenant, on est dans une queue de comète et on voit que ça n’était pas la solution et qu’il faut passer à autre chose. Mais il va falloir éduquer. Pour cela, il n’y a pas mieux que l’école et je pense qu’il faut mettre en place des cours de cuisine à l’école pour former les mangeurs de demain.

    Quelles sont les solutions alors ?

    Le flexitarisme, reprendre la cuisine, manger moins d’aliments transformés. Là où on se trompe, c’est quand on croit qu’on va gagner de l’argent parce qu’on ne fait pas la cuisine, et qu’on fait ses courses dans un supermarché. L’alimentation est quand même une question de santé publique, la médecine a prouvé que quelqu’un qui mangeait bien présentait moins de risques de pathologie qu’une personne sédentaire qui ne mange que des produits ultra-transformés.

    Quel rôle peut jouer le restaurant dans tout ça ?

    Un restaurant doit faire une bonne cuisine avec des produits de proximité. Le rôle d’un restaurateur c’est de faire plaisir à ses convives. Aujourd’hui il doit le faire en offrant un peu moins de choix et plus de qualité dans les produits. Je pense qu’on doit retrouver ce qui était l’essence même de nos cuisines : c’est-à-dire un menu avec deux ou trois entrées, un ou deux plats du jour et deux ou trois desserts. Le tout avec des circuits d’achats extrêmement courts et pas de stock.

    Vous avez la sensation que les choses vont dans le bon sens ?

    Il y a des signaux faibles qui sont enthousiasmants, avec de jeunes restaurateurs qui essaient de faire bouger les lignes et une agriculture française qui est en train de se réformer pour être plus qualitative. Et en même temps d’autres signaux sont inquiétants à mes yeux. Quand je vois que certaines entreprises lèvent cinquante millions de dollars pour faire de la viande in vitro, je me dis qu’on ne va pas dans la bonne direction.

    Pour vous ça n’est pas le futur ?

    Un futur un peu angoissant alors. Il est essentiel de ne pas couper le mangeur de sa culture, de ses racines, du lien du vivant. Le mangeur ne devient plus qu’un consommateur. Or manger, c’est un acte culturel, quand vous restaurez simplement les gens pour qu’ils tiennent debout, vous faites rapidement des gens qui sont nettement moins intéressants pour partager quelque chose. L’appauvrissement par l’assiette est aussi un appauvrissement culturel, il ne faut pas le négliger.

    Un autre de vos combats, et c’est une chose dont on parle assez peu en cuisine, c’est la lutte contre le gaspillage de l’eau ?

    Oui parce qu’on refuse de comprendre que l’eau est un ingrédient comme un autre, et que la première chose que nous annonce la recherche pour 2050 et que l’on commence déjà à vivre, c’est le stress hydrique. Quand on voit que pour produire un kilo de champignons, il faut cent litres d’eau, il faut s’interroger. Un légume, c’est en gros 80 % d’eau. Pourquoi met-on dix litres d’eau pour cuire un kilo de haricots verts ? Alors qu’il est possible de faire cuire les légumes quasiment à sec. C’est que l’on a découvert en travaillant avec le chercheur en physico-chimie Raphael Haumont, au Centre français d’innovation culinaire à l’Université Paris-Saclay.

    C’est pour mener tous ces combats que vous êtes devenu président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie ?

    Et aussi pour que l’État prenne conscience que les restaurateurs ont besoin d’aide pour impulser une meilleure alimentation. Aujourd’hui, vous avez de grandes plateformes qui font beaucoup d’argent sans toujours être fiscalisées en France, en jouant sur les faibles marges de petits restaurants et en faisant pédaler des gens qui sont très mal payés. À l’inverse, un artisan qui essaie de défendre un certain nombre de valeurs et de produits paye des charges, des impôts locaux, et tout un tas de choses pour faire vivre sa maison. Il faut savoir que pour réaliser 20 000 € de chiffre d’affaires par semaine, un restaurant a besoin de sept ou huit personnes. Les entreprises qui font de la cuisine numérisée au travers de Uber Eats ou de Deliveroo ont besoin de beaucoup moins de personnel pour le même résultat. Les taxations devraient être un peu revues en conséquence. En tant que président, j’essaie de faire qu’il y ait au moins un peu de parité et l’égalité à ce niveau-là.

    Le mook Vous! par Macif #1 est à retrouver ici dans son intégralité.

  • Quels métiers feront sens demain ?

    Quels métiers feront sens demain ?

    Qu’est-ce qu’un métier qui fait sens, selon vous ?

    Anne de Rugy : Le sens du travail est devenu une espèce de leitmotiv depuis une dizaine d’années et c’est parfois une notion un peu passe-partout. Mais derrière l’aspiration à trouver du sens, il y a une interrogation sur l’utilité sociale du travail. Ce que je fais est-il utile à la société ? Est-ce un travail utile aux autres, qui ne nuit pas à l’environnement ni aux humains ? Désormais, chaque individu souhaite que son travail ait une utilité sociale au-delà de l’utilité économique. En d’autres termes, l’intérêt du travail ne se limite pas à la fonction gagne-pain, son sens doit être visible, incarné.

    Julien Vidal : Aujourd’hui tout ne tourne qu’autour de l’économie. Nous gardons l’œil rivé à des indicateurs tel que le PIB (Produit Intérieur Brut) comme s’ils étaient la seule manière de juger de la réussite d’un pays et d’un président. Je pense que pour faire sens, nos métiers doivent retrouver une place appropriée. Idem pour l’économie. Il s’agit d’une fin et non d’un moyen, il serait bien de s’en souvenir. Je pense qu’un métier de sens doit nous permettre de hiérarchiser les choses en fonction de leur importance. Il y a presque une notion philosophique derrière la notion du métier de sens, avec notamment l’idée qu’on ferait bien d’apprendre parfois à moins travailler. Et qu’au lieu de rajouter des couches au mille-feuille, on ferait bien d’en enlever.

    Mais alors concrètement quels vont être les métiers de demain qui auront du sens ?

    AR : C’est compliqué de relier cette notion à des métiers en particulier, mais on réalise que ceux qui bifurquent se tournent vers les professions qui ont une forte lisibilité, dont on comprend immédiatement le sens et l’utilité. Ils sont par exemple en lien avec la nature, autour de la production, de l’agriculture, du travail en plein air, pour les professions néorurales. Ils peuvent réhabiliter des techniques d’élevage traditionnel ou au contraire expérimenter des techniques plus nouvelles comme la permaculture. Mais on pense aussi aux métiers récemment apparus autour du commerce et de l’artisanat, par exemple le commerce en vrac ou les commerces alimentaires autour de productions locales ou encore les brasseurs, torréfacteurs, ébénistes, menuisiers, etc. Ceux-là rejoignent aussi la distinction introduite pendant la crise sanitaire entre les emplois essentiels ou non essentiels.

    En résumé, les « métiers qui ont du sens » sont souvent des professions qui touchent aux besoins jugés essentiels comme l’alimentation, le bio, les circuits courts, le commerce, la restauration ou des métiers où l’utilité passe par le lien, le soin ou encore la relation aux autres comme des professions qui touchent la psychologie, le bien-être, le soin du corps, avec l’émergence de coaches en tout genre. Sans oublier la transformation écologique où le sens évoque d’atténuer la crise écologique ou de s’adapter au changement climatique. On pense à ceux qui touchent à la préservation de la nature, la transformation des transports, les nouvelles sources d’énergie. Enfin, la nouveauté peut aussi venir d’une nouvelle manière d’exercer un métier avec plus d’autonomie par exemple en quittant le salariat.

    JV : En préambule de mon livre, j’annonce que 75 % des métiers « dits de demain » n’existent pas. Je n’en pouvais plus de cette fascination technologique et du fantasme que l’avenir se dessinerait dans des casques de réalité virtuelle. Avec mon podcast et nos ateliers 2030 Glorieuses, je rappelle que la société de demain est déjà là et que tous les outils sont autour de nous. Il ne s’agit pas d’inventer ni de partir de zéro, mais de changer d’échelle et de reterritorialiser des choses qui ont été expérimentées et validées en France ou dans le reste du monde. On a parfois l’impression de voir apparaître de nouveaux métiers, mais ce sont en réalité des remises à jour ou des combinaisons de certaines professions existantes. Le boulanger solaire par exemple est un boulanger utilisant des fours solaires. Il est donc énergiquement autonome et avec la crise énergétique que l’on traverse, on peut dire qu’il a une bonne intuition. Il y a aussi le métier de chargé de coopérative qui peut être un second exemple. L’idée est de dédier une personne à l’organisation de la concertation, du travail ensemble.

    Jusqu’ici, ça n’existe pas vraiment alors que c’est, selon moi, très important. Ça n’est pas une nouveauté, mais au lieu de faire porter cette mission par un dirigeant ou un RH, il faudrait que ça soit porté par une seule et même personne. Elle serait évidemment formée sur ce sujet et aurait plus de légitimité pour porter ces questions. Certaines compétences doivent être redirigées pour aboutir à la création de ces postes. Enfin, il me semble essentiel de remettre certaines professions en avant et de valoriser. Toutes les professions liées à l’artisanat notamment parce qu’au-delà de permettre une rentrée d’argent en effectuant un travail manuel, cela offre l’opportunité de mettre en avant sa créativité.

  • L’autoentrepreneuriat, un statut qui séduit

    L’autoentrepreneuriat, un statut qui séduit

    « Après avoir travaillé cinq ans en indépendant pour une école de kitesurf, j’avais envie de changement », confie Raphaël, 27 ans, moniteur de kitesurf. Ce jeune Normand qui a monté en 2021 son école sur la côte bretonne fait partie des jeunes actifs qui ont décidé de créer leur microentreprise pour lancer leur projet personnel. Bénéficiant d’un régime spécifique dépendant des entreprises individuelles, l’autoentrepreneuriat est prisé pour sa simplicité de création et de gestion (peu d’obligations comptables, sociales et fiscales). Pour y prétendre, il suffit d’exercer une activité artisanale, commerciale ou libérale, à titre principal. Reste que le chiffre d’affaires annuel est plafonné à 188 700 € pour les activités commerciales et d’hébergement et à 77 700 € pour les prestations de services et activités libérales. D’après une récente étude publiée par l’Urssaf, le nombre de travailleurs indépendants a continué d’augmenter en France en 2022 avec une part toujours plus importante d’autoentrepreneurs. Cette explosion s’explique en partie par un intérêt croissant de la jeunesse pour ce format de travail.

    Quels risques et inconvénients ?

    Malgré quelques appréhensions au début, Raphaël a vite compris que les risques de l’autoentrepreneuriat étaient mineurs. « J’avais besoin d’un prêt important pour acheter un bateau, mais j’ai vite vu qu’en assurant un certain nombre de cours par mois, je couvrirais largement le remboursement », souligne-t-il. Le jeune homme a vu dans l’autoentrepreneuriat nombre d’avantages. « Je n’étais pas contraint de générer un chiffre d’affaires minimum et je devais simplement le déclarer chaque trimestre sans avoir à tout justifier. De plus, les démarches administratives sont très simplifiées », précise-t-il. Pour Raphaël, l’augmentation de sa charge de travail en tant qu’autoentrepreneur n’a jamais constitué un problème. Bien au contraire. « Comme c’est mon entreprise, c’est bien plus prenant et plaisant. Sur certains aspects, je ne considère pas ça comme du travail. » L’inconvénient ? Son métier est un sport à risque. Dans le cas où il se blesserait, non seulement il n’aurait plus de rentrée d’argent et son statut lui assurerait peu de compensation. Reste qu’après deux années de microentreprise, les perspectives d’évolution professionnelle restaient minces. « Sans salariés, je ne pouvais pas faire grossir la structure. Sans compter que mon chiffre d’affaires était plafonné », pose Raphaël. Raisons pour lesquelles le moniteur de kitesurf est passé sous le statut d’entreprise individuelle il y a un an. Résultats : il emploie deux salariés et son chiffre d’affaires a doublé.

    Diversifier ses clients et ses missions

    Pour Lou, 38 ans, ouvrir son entreprise d’enseignement de yoga semblait être « le plus simple à faire » pour développer son activité dans les Landes. « Je n’avais pas tellement d’autres choix. Monter une association aurait été plus complexe », cède-t-elle. Aucun tracas pour rédiger les contrats avec ses clients : « J’ai simplement à les informer sur mes prestations, on négocie les tarifs si besoin et je facture. » Par ailleurs, Lou profite de sa microentreprise pour diversifier ses clients et ses missions. Avec une professeure de Pilates, elle était par exemple intervenue pendant quatre mois dans une entreprise de production agricole pour enseigner et développer le bien-être au travail. Et c’est sans compter qu’elle a pu cumuler les statuts juridiques. À côté de sa microentreprise, la professeure de yoga est en CDI comme responsable d’œnotourisme dans une entreprise viticole et vient aussi de créer avec un associé une société civile d’exploitation agricole. « C’est un avantage énorme de pouvoir être polyvalente dans mes activités. Non seulement pour me stimuler au quotidien et aussi pour éviter de mettre tous mes œufs dans le même panier », souligne-t-elle. Reste qu’elle ne sait pas toujours comment intégrer ses activités complémentaires dans le chiffre d’affaires de sa microentreprise. De plus, Lou l’avoue, les rares fois où elle a été contrainte de faire des changements d’adresse, de statut ou de numéro de SIRET, ça a été « un calvaire administratif ». Autre difficulté : lorsqu’elle a fait une demande de crédit à la banque pour financer sa maison, on lui a expliqué que son activité d’autoentrepreneur seule ne suffisait pas. Par chance, elle a pu jouer la carte de son autre activité en CDI.

    Un format idéal pour travailler à distance

    De son côté, Gauthier, 25 ans, est devenu autoentrepreneur suite à l’obtention de son Bac STMG. Après un stage en community management pour une entreprise qui commercialise des maillots de bain, le jeune homme avait envie de voir du pays. Mais il n’a pas pu refuser l’opportunité proposée par ses employeurs : poursuivre ses missions en créant sa microentreprise, un format inévitable pour travailler à distance. Un pari gagnant pour Gauthier : « Je me suis construit professionnellement en autodidacte grâce à ma microentreprise. J’avais la liberté de créer et développer mes compétences, je m’amusais avec les logiciels. » Par effet domino, le développement de ses compétences en design de produits lui a permis de doubler ses tarifs de prestations en deux ans. Aussi, grâce à ce format, le designer est devenu un véritable digital nomade, un statut idéal pour nourrir son travail de ses rencontres et des lieux qu’il découvre à l’étranger. « Un designer a besoin d’être stimulé en permanence et le voyage est une immense source d’inspiration et de créativité artistiques. » Aujourd’hui, l’évolution du marché du travail et des outils numériques ont bel et bien fait du freelance un véritable mode de vie. Côté sécurité de l’emploi, pas l’ombre d’une inquiétude pour le designer. Au fur et à mesure, il a cumulé plusieurs clients tout en conservant son « noyau dur » – l’entreprise de maillots de bain. « Beaucoup de PME font appel à des designers en microentreprise pour remettre un coup de neuf à leur marque », ajoute-t-il. Seul bémol : la charge importante de travail, rappelle Gauthier. « Au début, j’ai multiplié les clients et les missions. Je sentais que j’avais quelque chose à prouver, alors je travaillais d’arrache-pied sans compter mes heures. Mais avec le temps et l’expérience, j’ai appris à mieux m’organiser. » Preuve que l’activité d’autoentrepreneur est souvent synonyme de dur labeur.

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  • Nouvelles Conversations : le podcast d’un monde en pleine mutation

    Nouvelles Conversations : le podcast d’un monde en pleine mutation

    Épisode 1 – Quel est le rôle d’une entreprise ?

    Dans ce premier épisode, le philosophe André Comte-Sponville et le directeur général de la Macif Jean-Philippe Dogneton abordent la question de l’urgence climatique. L’occasion d’évoquer le rôle que doivent jouer les entreprises, notamment mutualistes, face à ce défi majeur. Mais au fait, quel est le rôle d’une entreprise ?

    Épisode 2 – L’économie sociale et solidaire

    Dans ce deuxième épisode, le philosophe André Comte-Sponville et le directeur général de la Macif Jean-Philippe Dogneton échangent sur l’économie sociale et solidaire, cette forme alternative au modèle économique dominant. Une forme qui pourrait être la voie à emprunter pour s’attaquer à la crise climatique.

    Épisode 3 – Solidarité : de quoi est-ce le nom ?

    Dans ce troisième épisode, le philosophe André Comte-Sponville et le directeur général de la Macif Jean-Philippe Dogneton s’entretiennent autour d’un mot clé : Solidarité. De quoi est-ce le nom ? Et en quoi ce principe peut-il accélérer les évolutions sociétales nécessaires ?