Catégorie : Veiller sur ma santé

  • Prééclampsie : ce qu’il faut savoir

    Prééclampsie : ce qu’il faut savoir

    Le grand bonheur qui accompagne l’annonce d’une grossesse désirée est, en général, accompagné d’une batterie de recommandations faites aux femmes enceintes. On les invite à procéder au dépistage prénatal (qui vise, notamment, à dépister la trisomie 21 chez les fœtus), à surveiller leur prise de poids et un possible diabète gestationnel. Mais on ne les informe pas toujours sur les risques de prééclampsie, probablement pour ne pas générer d’anxiété. Mais savoir reconnaître les signes qui doivent alerter permet pourtant de sauver des vies. 
     

    Qu’est-ce que la prééclampsie ?

    Cette maladie est due à un dysfonctionnement du placenta, cet organe temporaire qui relie l’embryon à la paroi utérine de la femme enceinte pendant la grossesse. « Le rôle du placenta, explique le professeur Olivier Morel, du Collège national d’obstétrique, est d’apporter tout ce dont le bébé a besoin en termes de nutriments et d’oxygène. Il est indispensable pour le développement du bébé et pour la tolérance de la grossesse par le corps de la mère. On parle de prééclampsie, quand le placenta ne fonctionne plus correctement pour assurer l’interface entre la mère et le bébé. » Hélas, comme le précise le spécialiste, « c’est une maladie qu’on ne comprend pas encore complètement. Il y a beaucoup de recherches sur ce sujet. Sans qu’on sache pourquoi, à un moment donné, pour certaines femmes, pour certaines grossesses, le placenta dysfonctionne et ne joue plus ce rôle de tolérance ». Le diagnostic est généralement établi lorsqu’on constate une hypertension et des protéines dans les urines de futures mamans. « C’est pourquoi ces deux tests sont proposés à toutes les femmes enceintes, en suivi courant, pendant la grossesse », justifie le professeur Morel. Il indique qu’en cas d’hypertension, des maux de tête inhabituels qui ne passent pas malgré une prise de paracétamol, ou un œdème (gonflement) anormal, doivent alerter. « Au moindre doute, il ne faut pas hésiter à consulter », insiste-t-il. 
     

    Comment l’arrêter ?

    « Si on laisse évoluer la prééclampsie, ajoute le gynécologue, tous les organes de la mère vont dysfonctionner les uns après les autres. » La tension va continuer à monter, le dysfonctionnement des reins peut conduire à une insuffisance rénale, celui du foie à une insuffisance hépatique, etc. « Or, aujourd’hui, il n’y a strictement aucun traitement qui permet d’améliorer le fonctionnement du placenta, déplore-t-il. On peut recourir à un traitement antihypertenseur pour limiter les conséquences de l’hypertension, mais la seule façon d’arrêter la prééclampsie, c’est de retirer le placenta, donc de mettre fin à la grossesse. Et cela pose beaucoup de questions, notamment car la prééclampsie peut intervenir tôt dans la grossesse, dès 22 semaines. »

    Stopper la prééclampsie peut donc avoir pour conséquence des naissances prématurées. C’est pourquoi les professionnels de santé ont pour mission de trouver un équilibre entre poursuivre la grossesse pour limiter la prématurité, et provoquer l’accouchement pour limiter les complications qui pourraient survenir pour la maman. 
     

    Quelles conséquences pour la mère et le futur bébé ?

    Malgré le retrait du placenta, la guérison des femmes n’est pas toujours immédiate. Selon Olivier Morel, dans les formes les plus sévères de prééclampsie, cela peut même prendre plusieurs semaines. Les mères et les enfants sont alors hospitalisés sur de longues périodes. « Dans les cas les plus compliqués, déplore le médecin, des femmes conservent une insuffisance rénale. Il peut aussi y avoir des séquelles cérébrales et au niveau du fonctionnement du foie. » Les femmes qui ont connu une crise de prééclampsie vivent, en plus, avec un risque élevé de développer une hypertension ou des pathologies cardiovasculaires. Et, malheureusement, les cas les plus sévères peuvent causer des décès. Bien que peu connue, la prééclampsie concerne 3 % des grossesses, et 1 % dans ses formes les plus sévères. Il est donc urgent de faire de la prévention. Olivier Morel recommande aux femmes concernées de contacter l’association Grossesse Santé contre la prééclampsie, dont il est un des conseillers scientifiques, pour s’informer. 
     

  • Préparer ses produits laitiers soi-même : conseils et précautions

    Préparer ses produits laitiers soi-même : conseils et précautions

    Cela a débuté par une discussion avec une amie. Il y a une dizaine d’années Marie-Claude, 62 ans, découvre au détour d’une conversation qu’il est possible de faire ses propres yaourts. Intriguée, elle s’essaye à l’exercice avec succès. Depuis, le rituel se répète plusieurs fois par semaine. Dans sa cuisine de Charenton-le-Pont, en banlieue parisienne, cette ancienne infirmière fait bouillir un litre de lait entier pendant 40 minutes. Elle laisse ensuite le liquide refroidir, puis y ajoute un yaourt nature acheté dans le commerce. Elle brasse le tout et verse le mélange dans des pots en verre qu’elle place dans une yaourtière tupperware qu’elle remplit à hauteur d’eau bouillante. Puis elle referme le couvercle, couvre l’appareil d’un plaid et laisse le tout redescendre en température tranquillement dans sa salle de bain. Douze heures plus tard, ses yaourts sont prêts à être dégustés. Avec son litre de lait et un simple yaourt, Marie-Claude a obtenu huit yaourts qu’elle peut désormais conserver pendant sept jours au réfrigérateur. Généralement, ses produits laitiers ne durent pas aussi longtemps. Son mari et ses deux fils en sont fans. C’est la rançon du succès.

    Simple, économique et écologique

    À l’image de Marie-Claude, de nombreux amateurs de Do It Yourself ont investi le terrain de jeu des produits laitiers. Pour Fanny, l’aventure a démarré il y a neuf ans. À l’époque, la jeune femme qui travaille dans la finance est en pleine reconversion vers le métier de naturopathe. Lors d’une formation avec un micronutritionniste, elle apprend qu’il est possible et même facile de confectionner ses propres produits laitiers. C’est pour elle une révélation. Depuis, elle conseille à ses clients de suivre le même exemple : « C’est simple à mettre en place, économique, écologique. On peut choisir un bon lait bio qui n’est pas issu d’une ferme aux mille vaches », affirme Fanny qui a également dans le viseur les spécialités laitières « bourrées de sucres et d’adjuvants » que l’on retrouve dans les rayons des supermarchés. La naturopathe, basée à Montpellier, ne manque pas d’arguments en faveur des yaourts faits maison. « On peut les préparer aussi bien avec du lait de brebis, de chèvre, de vache. C’est un produit sain et digeste qui contient beaucoup moins de lactose que dans d’autres produits laitiers Et puis on peut lui apporter de bonnes bactéries en utilisant des probiotiques comme ferment », constate Fanny qui a également pour coutume de confectionner ses propres glaces.

    Du beurre, du fromage…

    D’autres se lancent même dans des préparations plus complexes. Ainsi, avec un peu de volonté, un tour de main et un brin d’expérience, il est possible de faire son propre beurre. La confection est un poil plus exigeante que celle du yaourt. Il faut d’abord se munir d’un litre de crème liquide entière, assez riche en matière grasse, la fouetter pendant une quinzaine de minutes, jusqu’à ce qu’elle jaunisse et que les particules de beurre se séparent du petit lait. Ensuite il s’agit de filtrer l’ensemble à l’aide d’une passoire, de rincer à l’eau froide et de la malaxer pour former la motte et de conserver au frais. Rien de bien sorcier ! Faire son fromage frais est aussi possible, mais c’est tout aussi exigeant. Le mari de Marie-Claude s’y est essayé sans succès : « Il avait tenté de faire de la mozzarella maison, mais c’était compliqué, il n’a essayé qu’une seule fois ! »

    et quelques règles d’hygiène

    Quoi qu’il en soit, confectionner ses propres produits laitiers présente de nombreux avantages. Il faut uniquement respecter certains points de vigilance avant de se lancer dans l’aventure. Le premier consiste à bien faire bouillir le lait afin d’éliminer les bactéries potentiellement nuisibles présentes dans le lait cru (ou d’utiliser du lait pasteurisé). Ensuite il s’agit de respecter les règles d’hygiène et de s’assurer que le matériel utilisé est propre pour éviter la contamination croisée. Il faut enfin respecter la chaîne du froid et conserver les yaourts au réfrigérateur après leur fermentation. À vous de jouer !

    Pas d’improvisation

    Veillez à bien respecter les règles de fabrication e de conservation de chaque produit indiquées sur les manuels des appareils utilisés.

  • Quelles sont les meilleures vacances pour la santé ?

    Quelles sont les meilleures vacances pour la santé ?

    Enfants plein d’énergie, planning trop ambitieux, séjour peu reposant… Les vacances ont parfois des allures de marathon. Pourtant, les congés sont des moments essentiels pour recharger les batteries. Comment profiter de ses vacances sans rentrer épuisé ? Réponses avec Lisa Letessier, Psychologue clinicienne, Directrice du cabinet de Psychologie ENNEAD et autrice de l’ouvrage Comment garder le bénéfice de ses vacances (éditions Odile Jacob).

    Écouter ses besoins

    Pour se ménager, pas de secret : il faut s’écouter. Et se poser les bonnes questions, selon Lisa Letessier. Car aucune formule magique ne permet par exemple de résoudre le casse-tête « quand partir et à quelle fréquence ». Si l’on note de manière générale un pic de fatigue en hiver, le rapport aux vacances reste avant tout personnel, influencé par une multitude de facteurs, tels que notre environnement de vie ou l’emploi qu’on occupe. Alors, il faut mieux se poser cette question : « À mon retour de vacances, au bout de combien de temps est-ce que je ressens le besoin de souffler à nouveau ? » Certains paramètres, en revanche, sont universels. Comme la durée du séjour : « À mon sens, il faut prévoir au moins dix jours. Mieux vaut mieux partir moins souvent, mais plus longtemps, insiste l’experte. On a besoin d’un sas de décompression de quelques jours, le temps que le cerveau s’acclimate. Puis, il faut quelques jours supplémentaires pour récupérer d’un point de vue physique. D’ailleurs, on a généralement un gros coup de fatigue au bout du troisième, quatrième jour de vacances. Ensuite, trois ou quatre jours de plus sont nécessaires pour réellement recharger ses batteries. » Les meilleures vacances pour la santé sont donc celles où l’on se laisse le temps de récupérer.

    Chercher le dépaysement

    Mais la durée ne fait pas tout. Une des clés de réussite pour des vacances bénéfiques est de casser la routine. Que les plus casaniers se rassurent, nul besoin pour cela de partir à l’autre bout du monde. « On peut parfaitement faire des vacances chez soi et récupérer, affirme Lisa Letessier. Mais pour pouvoir déconnecter, on a besoin de changement. C’est quand même beaucoup plus facile pour le cerveau de se sentir en vacances quand on sort de son quotidien. Ça demande un peu plus de travail quand on reste à la maison parce qu’il faut réussir à se dépayser à domicile, mais ce n’est pas impossible ! » Le choix de la destination doit avant tout rester une question d’envie et non devenir une source de stress. « Certaines personnes sont très excitées à l’idée de découvrir de nouveaux pays, tandis que, pour d’autres, ce type de vacances peut puiser dans leurs ressources. Une fois de plus, il faut s’écouter ! » Quelle que soit sa destination, la psychologue incite néanmoins à prévoir quelques moments de nature. « Même si l’on est citadin et que l’on adore le bitume, notre cerveau a besoin de nature pour s’apaiser, se relaxer, se ressourcer. C’est important de s’aménager des espaces de nature qui peuvent être la mer, la montagne, la forêt, ou juste un jardin en ville… »

    Varier les plaisirs

    Plutôt farniente ou activités sportives ? Selon Lisa Letessier, une bonne journée de vacances, c’est avant tout une journée variée, « qui comprend un temps de repos, de bronzage, de lecture… Un temps éventuellement plus dynamique, voire sportif. Un temps un peu seul, un temps un plus social ou familial. On ressent une vraie satisfaction à la fin d’une journée équilibrée ». Et si l’on se sent fatigué et qu’on veut végéter sur un transat, ce n’est pas grave non plus. « L’idée, c’est vraiment de se déculpabiliser en se disant que si, on a réussi à faire quelque chose aujourd’hui : on a été complètement en adéquation avec son corps et, encore une fois, à l’écoute de ces fameux besoins fondamentaux qui sont en évolution tout le temps. » Passer des vacances équilibrées, quand on part en famille, c’est aussi savoir s’aménager des moments seuls avec son ou sa partenaire, insiste la psychologue. Lisa Letessier met en garde contre cette tendance qu’ont les parents à se dire qu’il faut absolument profiter des enfants pendant les vacances, quitte à passer tout son temps collés les uns aux autres. « Au contraire, il peut parfaitement y avoir quelques heures par jour où l’on confie sa progéniture aux grands-parents ou aux copains… C’est hyper important de s’autoriser à avoir des moments à deux pour se reconnecter durant les vacances. »

  • Allergies de printemps : comment en venir à bout ?

    Allergies de printemps : comment en venir à bout ?

    Le retour des beaux jours ne présente pas que des avantages. Ainsi pour les personnes allergiques, elles sont synonymes de floraison et de dispersion dans l’air des premiers pollens. Une mauvaise nouvelle pour les 25 % des Français qui sont allergiques. D’autant que la saison des pollens est longue : « Pour les pollens d’arbres, c’est plutôt effectivement du 15 mars au 15 mai. Pour ce qui est bouleau, chêne ou frêne, c’est vraiment le pic. Après ça se calme et les graminées prennent la suite à partir de fin avril et jusqu’à mi-juillet. C’est ce que l’on appelle le rhume des foins », détaille le médecin allergologue Édouard Sève.

    Un long tunnel allergique

    La mauvaise nouvelle, c’est que les pollens ne sont pas les seules allergies à surveiller au printemps. La période est également propice aux acariens, ces êtres vivants microscopiques qui se développent dans la poussière de maison en se nourrissant des squames de peau humaine. Ces petites bêtes qui aiment bien la chaleur et l’humidité ont tendance à proliférer vers mars ou avril au moment du changement de saison.

    Plus tard viendront les allergies aux moisissures. Bref pour les personnes allergiques, la période qui court de la fin de l’hiver au début de l’été peut parfois ressembler à un long tunnel de tracas : « Les symptômes vont se ressembler pour les différentes allergies : ça peut être donc les yeux rouges, qui grattent, qui gonflent et qui pleurent, le nez qui est bouché ou qui coule, les éternuements, la gorge qui gratte. Et ça peut aller jusqu’à l’asthme », détaille le docteur Sève. Pourtant, malgré leur pénibilité, ces allergies ne sont pas souvent réellement considérées comme une maladie : « C’est pourtant une vraie gêne qu’il ne faut pas minimiser. Les allergies n’engendrent pas forcément un risque vital comme les problèmes neurologiques ou cardiologiques. Mais elles altèrent la qualité de vie. Il y a pas mal d’études qui ont prouvé qu’elles perturbaient la productivité au travail ou les résultats scolaires », poursuit l’allergologue.

    La solution ? La désensibilisation

    Aussi pénibles soient-elles, ces allergies ne sont pas une fatalité. Ainsi, il existe plusieurs gestes qui permettent de les rendre moins désagréables. Dans le cas des acariens, il faudra par exemple diminuer l’humidité, aérer tous les jours, même en hiver, changer les draps régulièrement, éviter les tapis, les moquettes et tout ce qui peut garder la poussière. Pour les différents types de pollen, les solutions préconisées consistent à fermer les fenêtres de la voiture, mettre un masque surtout si on jardine, prendre sa douche le soir et se rincer les cheveux pour éviter de garder du pollen sur soi. Bref, les mesures préventives existent.

    « Pourtant, on sait que souvent, on sera dehors parce qu’il fait beau au printemps, on a envie de sortir », reconnaît le docteur Sève qui préconise un traitement antihistaminique dans les cas les plus aigus tout en précisant : « C’est symptomatique, ça va soulager, mais ça ne va pas guérir. Donc chaque printemps, il faudra en reprendre. L’étape d’après c’est la désensibilisation. » S’il choisit cette solution, quand le patient met les pieds chez un médecin allergologue, il est d’abord soumis à une batterie de questions, un véritable interrogatoire : « On va essayer de cerner quelles sont les allergies ? reviennent-elles tous les ans, à quelle période ? Y a-t-il des signes de gravité, des passages aux urgences ? »

    Le patient est ensuite soumis à des tests cutanés afin de déterminer à quels potentiels allergènes, sa peau réagit. Une fois le diagnostic établi. Le médecin peut mettre en place un traitement et une désensibilisation : « On préconise un traitement sublingual, soit des gouttes, soit des comprimés à prendre quotidiennement pendant six mois, trois années de suite. On met un petit peu d’allergènes sous la langue pour habituer petit à petit l’organisme à ce à quoi il est allergique. Les résultats sont très bons. » Polyallergiques, rassurez-vous, des solutions existent !

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  • Schizophrénie : le vrai-faux des idées reçues

    Schizophrénie : le vrai-faux des idées reçues

    Les schizophrènes ont une double personnalité

    FAUX Contrairement à ce que certains films laissent croire et malgré l’idée reçue largement répandue dans la population générale, « la double personnalité n’intervient absolument pas dans la définition de la schizophrénie », indique Estelle Willemet. Même s’il en existe de multiples formes, cette maladie peut en effet associer « des symptômes positifs (idées délirantes, en dehors de la réalité), des symptômes négatifs (un certain repli social, une baisse de la motivation) et des symptômes de désorganisation (discours décousu, dissociation entre affects et contenu du discours ».

    Les schizophrènes entendent des voix

    VRAI Certains seulement. Il s’agit notamment de ces symptômes positifs et idées délirantes mentionnés précédemment, qui s’illustrent par plusieurs mécanismes. « La présence d’hallucinations acoustico-verbales, par exemple, ou voix dans le langage courant : le patient peut entendre une voix qui commente ses actions, qui lui dit que le monde va s’écrouler ou bien d’autres choses, complète la psychiatre. Un autre mécanisme aux idées délirantes est l’interprétation : un patient schizophrène se promène dans la rue, un passant le regarde et le patient interprète ce regard comme un regard mauvais qui prouve que le passant va le tuer. »

    Les schizophrènes ont des hallucinations

    VRAI Hallucinations auditives, donc, mais pas uniquement. « Si les voix sont une forme d’hallucinations, il en existe d’autres : les hallucinations cénesthésiques (des sensations physiques, comme le sentiment d’être touché), olfactives ou gustatives… Et les hallucinations visuelles, en effet », répond le médecin. Reste que ces dernières sont très peu fréquentes chez les patients atteints de schizophrénie.

    La consommation de drogue rend schizophrène

    VRAI, mais… Difficile d’être catégorique à ce sujet, les facteurs de risque de développement d’une schizophrénie étant encore peu connus et devant faire l’objet d’études scientifiques approfondies. Mais « la consommation de cannabis favoriserait l’entrée dans la schizophrénie chez des patients qui y seraient déjà prédisposés », avance le Docteur. Qui cite également l’urbanisation, la génétique et les traumatismes de l’enfance parmi les autres facteurs de risque (outre la prise de drogue).

    La schizophrénie ne se soigne pas

    FAUX, mais…« Les traitements neuroleptiques peuvent permettre de stabiliser la schizophrénie chez de nombreux patients, c’est-à-dire que la maladie ne s’exprime pas lorsque les patients prennent leur traitement, explique la spécialiste, qui pointe la différence entre guérir et stabiliser. Dans la plupart des cas, les patients atteints de schizophrénie devront malheureusement prendre ce traitement psychiatrique toute leur vie (au risque de rechuter, ou décompenser à l’arrêt des traitements). Mais, dans certains cas et sous couvert de l’avis du psychiatre traitant, les traitements neuroleptiques peuvent être arrêtés sans que le patient redécompense par la suite. »

    Les schizophrènes vivent majoritairement en marge de la société

    FAUX Travail, logement, entourage, liens sociaux… Grâce à leur traitement neuroleptique, bon nombre de patients atteints de schizophrénie vivent une existence normale. Même si, il est vrai, certains patients qui ne prennent pas normalement leur traitement ou résistent aux traitements « auront parfois plus de difficultés à être insérés dans la société. C’est tout le travail de réhabilitation qu’entreprennent les soignants, en collaboration avec le patient, pour permettre une meilleure insertion socioprofessionnelle », précise l’experte.

    Les schizophrènes sont dangereux pour autrui

    FAUX, mais… Souvent, la peur s’invite dans les esprits dès lors qu’un individu est qualifié de schizophrène. Pourtant, « 6 % seulement des meurtriers seraient atteints de schizophrénie, et environ 5 % des crimes violents seraient commis par des patients, chiffre Estelle Willemet, pour un taux de 1 % de schizophrène dans la population générale. En revanche, ils sont globalement plus violents envers eux-mêmes, puisque 10 à 15 % décéderaient par suicide ».

    La schizophrénie est une maladie génétique

    VRAI, mais… « Oui, il existe une vulnérabilité génétique dans la schizophrénie, note la psychiatre. Mais il est très difficile de mettre clairement en évidence les gènes impliqués, certains chercheurs retrouvant néanmoins des variations appelées épigénétiques sur plusieurs gènes (notamment le gène COMT, qui aurait un rôle sur le cortex préfrontal lui-même impliqué dans la maladie). » Plus globalement, c’est l’association d’une vulnérabilité génétique aux facteurs environnementaux qui augmente le risque de déclenchement de la schizophrénie.

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  • Mars Bleu : cancer colorectal, dépister pour mieux soigner

    Mars Bleu : cancer colorectal, dépister pour mieux soigner

    « Le cancer du côlon est un fléau », s’attriste le Dr Jean-Christophe Letard, hépato-gastro-entérologue basé à Poitiers. « Il provoque 18 000 décès par an, autant d’hommes que de femmes. Cela fait un mort toutes les 30 secondes. Alors que plus le dépistage de ce cancer est fait précocement, meilleur sera le pronostic pour le patient. » Depuis 2009, un test de dépistage du cancer colorectal est proposé gratuitement tous les deux ans, aux plus de 50 ans : le test Hemoccult II. Il permet de dépister la présence de sang dans les selles et donc la présence éventuelle d’une tumeur cancéreuse. Pourtant, selon une enquête de Santé publique France réalisée en 2019, le test n’est réalisé que par 35 % des personnes concernées.

    Ne pas attendre pour se faire dépister

    Comme les autres Français de plus de 50 ans, Carlos Cardoso, habitant à Marseille, a reçu un courrier pour faire le test. « Comme beaucoup de personnes, je n’ai rien fait. Le protocole était trop compliqué, car il fallait voir son médecin généraliste pour disposer d’un test. » Il a laissé passer un deuxième courrier, puis un troisième. « En 2023, le protocole est devenu plus pratique, car on pouvait récupérer directement le test en pharmacie. » À son quatrième courrier, M. Cardoso, aujourd’hui âgé de 54 ans, se décide enfin, récupère le test et le fait. Celui-ci se révèle positif et le patient prend rendez-vous avec un gastro-entérologue pour faire une coloscopie. « J’avais plusieurs polypes, des tumeurs précancéreuses, qui ont été enlevés. Je n’avais pas pris conscience auparavant que le cancer colorectal était un cancer aussi développé. Heureusement, maintenant, c’est derrière moi et j’ai pris conscience du danger. Aujourd’hui, j’essaie de sensibiliser tout le monde : le test est très simple à faire et il faut le faire ! »

    Un test très facile à faire

    Robert Perrin, 73 ans, vivant à Toulouse, a été plus sérieux avec le test Hemoccult II : « J’ai une vie saine. Je ne bois pas d’alcool et je ne fume pas. Je n’avais aucune douleur au ventre. Je pensais avoir zéro risque de développer ce type de cancer. » Sur l’incitation de son médecin généraliste, M. Perrin fait quand même le test tous les deux ans, à partir de 50 ans. « Le test Hemoccult II est très facile à faire. On le fait chez soi, en toute intimité. Tout est bien expliqué dans la brochure qui accompagne le test. Il suffit de prélever un peu de ses selles, de les mettre dans un tube avec un liquide, de rajouter son nom, son prénom sur une étiquette et de l’envoyer gratuitement à un laboratoire d’analyse. En résumé, c’est simple, bien expliqué, à faire chez soi et gratuit ! »

    Ce dépistage régulier va sauver M. Perrin. Les tests qu’il fait, entre ses 50 ans et ses 70 ans, se révèlent négatifs. Mais à 71 ans, il découvre qu’il est atteint d’un cancer colorectal : le test positif a été confirmé par une coloscopie et une biopsie. Il doit subir une colectomie (ablation d’une partie du côlon) et suivre un protocole de chimiothérapie. Son cancer est aujourd’hui en phase de rémission. « J’ai eu de la chance, car il a été pris à temps. Je n’attendais pas à développer ce cancer. » Cette « rencontre inopinée », Robert Perrin a décidé d’en faire un livre, « pour décrire mes émotions, faire partager mon expérience et inciter à la prévention et au dépistage »1.

    Quels sont les freins qui bloquent certaines personnes ?

    « Il y a encore beaucoup de tabous concernant cette partie du corps, le rectum et l’anus. Cela peut être un frein pour le dépistage », explique Carlos Cardoso. Ce que confirme Robert Perrin : « Le fait de manipuler ses selles peut poser problème à certains. Pourtant le prélèvement prend juste quelques dizaines de secondes. » D’autres freins peuvent apparaître selon M. Perrin : « Certains ont peur de savoir, sont dans le déni, alors ils ne font pas le test. Comme si ne rien savoir, cela les protégerait… D’autres personnes n’ont pas de symptômes, de douleurs, alors ils pensent qu’ils n’ont rien. Enfin, bien sûr, il y a l’indifférence, la négligence. »

    Le Dr Letard indique qu’il est possible de faire un test Hemoccult II avant 50 ans : « Pour ceux qui ont des antécédents familiaux avec le cancer du côlon ou ceux qui ont des signes, douleurs abdominales ou troubles du transit. Le plus important est de parler librement du sujet du cancer du côlon avec son médecin généraliste. La campagne de Mars Bleu2 est une très bonne opération pour cela, ouvrir le dialogue, la discussion autour de ce cancer. »

    S’il reconnaît que le test Hemoccult II, mis en place depuis quinze ans, a été une étape importante, le Dr Letard va plus loin en matière de prévention : « Il faudrait proposer une coloscopie à toute la population. Ce serait plus efficace. Évidemment, cela aurait un coût important au départ, mais ce serait économiquement rentable à terme, car il y aurait moins de cas de cancers à traiter. Aujourd’hui, il y a environ 40 000 nouveaux cas de cancer du côlon par an en France. Une coloscopie préventive permettrait de faire baisser ce chiffre. Selon des chiffres de la Société française d’endoscopie digestive (SFED), si l’on augmente les coloscopies de 30 %, on fait baisser la mortalité par cancer du côlon de 50 %. »

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    Robert Perrin, Rencontre inopinée avec un cancer colorectal (Éditions Complicités, 15 €, 2024 – les droits d’auteur du livre sont reversés à une association d’aide aux patients atteints d’un cancer)

    2 www.ligue-cancer.net/mars-bleu

  • Syndrome Gilles de La Tourette : le vrai-faux des idées reçues

    Syndrome Gilles de La Tourette : le vrai-faux des idées reçues

    Le syndrome Gilles de La Tourette est une maladie neurologique

    VRAI « Le SGT est en effet lié à la maturation cérébrale et à certaines connexions du cerveau, explique le neurologue Andreas Hartmann. Je trouve que le mot de syndrome est plus adapté que celui de maladie, car il y a une grande diversité de cas et certains patients sont atteints de troubles légers qui ne sont pas forcément très visibles et gênants. »

    Le SGT se caractérise principalement par des tics vocaux, notamment des insultes

    FAUX « La production d’insultes est rare. Elle ne touche que 5 % à 10 % des patients. Malheureusement, c’est l’image que beaucoup de personnes ont du syndrome Gilles de La Tourette. Le SGT se caractérise principalement par des tics moteurs comme des clignements d’yeux, des mouvements faciaux, des mouvements de la tête, du cou ou des épaules ; et aussi par des tics sonores, toussotements, raclements de gorge, reniflements. »

    Le SGT apparaît dès l’enfance 

    VRAI « Les tics apparaissent généralement entre 5 ans et 7 ans, et rarement après 10 ans. Ils apparaissent de manière insidieuse. Très discrets au début, ils s’accentuent par la suite. Pour détecter le SGT, il faut que le patient soit atteint de tics multiples, de deux ou trois tics moteurs et d’un tic sonore, et que ces tics soient chroniques sur une période de plus de douze mois. »

    Il touche autant les garçons que les filles

    FAUX « Beaucoup plus de garçons sont touchés par le syndrome Gilles de La Tourette. Le ratio est de trois à quatre garçons pour une fille. »

    La sévérité des tics diminue avec l’augmentation de l’âge

    VRAI « Globalement chez les patients, il y a une amplification des tics jusqu’à 15/16 ans. Puis la courbe commence lentement à s’inverser et les tics commencent à diminuer petit à petit à partir de 18/20 ans. Après cette phase, les tics se stabilisent. Cela concerne deux tiers des patients. Pour le dernier tiers des patients, les tics se stabilisent au début de l’âge adulte, mais il n’y a pas eu vraiment de diminution. »

    Le syndrome est héréditaire

    FAUX et VRAI « Il y a une composante génétique importante dans le SGT, mais on ne peut pas dire que ce soit un syndrome héréditaire. Dans le SGT, les troubles du neurodéveloppement sont la conséquence de la mutation d’un gène. Pour beaucoup de patients, le paramètre héréditaire du SGT est donc faux. Pour certains patients, oui, c’est vrai, il y a ce caractère héréditaire, car, dans deux cas sur trois, un parent proche est porteur au moins d’un tic simple. »

    Le syndrome a aussi des causes environnementales

    VRAI « Il peut y avoir des facteurs environnementaux dans le SGT, mais nous n’arrivons pas encore à bien les définir. Des équipes médicales s’intéressent à ces causes environnementales. Certaines pistes sont étudiées, comme le stress intra-utérin, l’accouchement prolongé ou la précocité, par exemple. »

    Il existe des traitements permettant la guérison définitive

    FAUX « Certains traitements symptomatiques permettent de diminuer les tics, mais ces traitements, qui peuvent durer plusieurs mois ou plusieurs années, ne vont pas faire disparaître complètement les tics. »

    Le SGT affecte l’espérance de vie

    FAUX « Le SGT n’influe pas sur l’espérance de vie, mais il peut avoir un impact sur la qualité de vie de certains patients, souvent plus en lien avec des troubles associés, comme le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), qu’avec les tics à proprement parler. »

    Le syndrome empêche d’avoir une vie normale

    FAUX « Un patient peut avoir une vie normale avec le syndrome Gilles de La Tourette. Les difficultés sont davantage marquées durant l’enfance ou l’adolescence, car il est compliqué pour les jeunes d’accepter leurs tics, et d’avoir une scolarité ordinaire et une vie sociale apaisée. À l’âge adulte, les patients ont beaucoup plus accepté leurs tics et le regard des autres, d’autant que ces tics ont diminué pour beaucoup d’entre eux. Le syndrome Gilles de La Tourette touche aussi certaines célébrités, comme la chanteuse Billie Eilish, l’acteur Vincent Lindon ou le footballeur Tim Howard. »

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  • Dry January : Le défi du Janvier Sobre

    Dry January : Le défi du Janvier Sobre

    Début 2011, la Britannique Emily Robinson s’inscrit à son premier semi-marathon. Pour relever le défi et être en forme pour l’échéance en février, elle décide d’arrêter de boire de l’alcool durant le mois précédent. C’est un succès. Emily perd du poids, dort mieux et est plus en forme pour courir. Elle renouvelle l’opération l’année suivante. Entre-temps, elle a rejoint l’organisation Alcohol Change UK. Son histoire fait des émules. À tel point que l’organisation caritative décide d’en faire la promotion. C’est ainsi que la première édition de « Dry January » ou « janvier sec/sobre » voit le jour en janvier 2013.

     

    49% des 16-30 ans

    en France boivent de l’alcool au moins une fois par mois(1).

    41% d’entre eux le font “juste pour s’amuser”, 29% pour “destresser” et 22% car cela leur permet “plus facilement d’oser dire et faire des choses”

    Motivation et bienfaits

    Dix ans plus tard, l’initiative a essaimé. Aux quatre coins de l’Europe, des personnes profitent du mois suivant les agapes des fêtes de fin d’année pour relever le défi de janvier et faire une pause dans leur consommation d’alcool. Guillaume fait partie des pionniers. Ce quadragénaire qui travaille dans le contrôle de gestion entend parler de Dry January dès 2014, par le biais d’un ami irlandais. Il y voit à l’époque un bon moyen de réduire sa consommation après des fêtes bien arrosées : « Généralement, je faisais une pause de quelques jours et puis je recommençais dès la galette des Rois. Et puis le challenge m’a plu. Je suis allé au bout. Et j’ai compris qu’en fait, c’était assez cool de ne pas boire. Je dormais mieux, j’ai perdu du poids. » Après avoir longtemps pratiqué janvier sec, Guillaume s’attaque en 2022 au « dry september ». Là encore, c’est un succès. Depuis, Guillaume a tout simplement arrêté de boire de l’alcool.

    Le Dry January en chiffres(2)

    • 4.5 millions de participant·e·s en France
    • 62% des participant·e·s consomment toujours moins d’alcool trois mois après le Dry January
    • 54 % des participant·e·s déclarent une amélioration du bien-être physique

    Défi à relever

    Même si tous ceux qui s’y essayent n’optent pas pour une solution aussi radicale que Guillaume, chaque année, environ 19 % des Français ont déjà participé au Dry January(3). L’année dernière, les organisateurs de la campagne ont même relevé une hausse de 15 % des téléchargements de l’application Try Dry, qui accompagne celles et ceux souhaitant réfléchir à leur consommation d’alcool. Pourtant s’essayer à Dry January est parfois un parcours semé d’embûches. Entre les tentations sociales, les sollicitations d’amis toujours prompts à vouloir boire un verre, relever le défi n’est pas chose aisée.

    Marc, 50 ans l’a constaté. En janvier 2023, cet agent immobilier originaire de Blois, soucieux de faire attention à son hygiène de vie, tente l’aventure avec sa femme : « Après une semaine d’abstinence, somme toute assez facile, l’envie de boire un verre de vin est revenue en force avec l’arrivée du week-end. Dès le samedi soir, nous nous sommes regardés en riant et nous avons ouvert une bouteille de blanc. Nous ne faisons pas partie de la génération des défis qu’on s’impose. L’idée de cesser de boire en janvier, car tout le monde le fait, nous a vite paru ridicule. »

    Malgré cet échec, Marc et sa femme ont adopté leur propre ligne de conduite, qui consiste à ne pas boire en semaine et à se faire plaisir le week-end. Ils tirent de cette expérience la leçon suivante : « Si faire le Dry January peut aider d’autres gens à boire moins d’alcool, tant mieux. En ce qui nous concerne en tout cas, nous préférerons vivre la modération à notre manière, plutôt que de suivre un protocole qui nous semble absurde. »

    Quid de la pression sociale ?

    Julia, journaliste de 32 ans, s’essaye, elle, au Dry January en 2015, alors qu’elle est étudiante à Bruxelles. Après avoir entendu parler du défi sur les réseaux sociaux, elle se jette à l’eau avec quelques amis. Eux cèdent rapidement. Elle tient bon tout au long du mois et constate les effets bénéfiques : « J’ai perdu quatre kilos, j’ai vu des résultats concrets. » Pourtant c’est la première et dernière fois que Julia fait Dry January, elle ne renouvelle pas l’opération les années suivantes : « Quand tu es seule à le faire, c’est pénible. Si tu t’obliges à boire une eau pétillante quand tout le monde opte pour une bière, ce n’est pas très drôle. Mais ça m’a appris à boire avec modération. Par exemple à ne boire qu’une bière quand je sors. » Ses amis belges, eux, ont plébiscité une nouvelle forme de sobriété. À la place de Dry January, il existe depuis 2021 la Tournée minérale, qui encourage les Belges à relever le défi d’un mois de février sans alcool. Principal avantage selon les adeptes ? Il y a moins de jours en février qu’en janvier.

    Le Dry 31 : la plus grosse fête sans alcool !

    Imaginez une fête géante, unique, conviviale mais surtout… sans gueule de bois le lendemain ! C’est le concept du Dry 31 ! Un projet un peu fou : transgresser le dernier tabou de la sobriété. 50 lieux dans 25 villes en France ont décidé de jouer le jeu. Le 31 janvier 2026, cette grande fête accessible à tous vous invite à réinventer la convivialité. Au programme : de nombreuses animations, une expérience unique à vivre… et le plaisir de profiter de la journée du lendemain !

    Je participe au Dry 31 ! 

    (1) Baromètre Macif 2024

    (2) Chiffres 2024, https://dryjanuary.fr/

    (3) CSA 2024

  • Cancer du testicule : quels symptômes et comment dépister ?

    Cancer du testicule : quels symptômes et comment dépister ?

    Les signes qui doivent alerter

    La découverte d’une masse dure, semblable à un petit caillou, sur l’un des testicules, l’augmentation ou la régression de volume d’une des bourses, sont les signes les plus souvent constatés, mais globalement, tout changement d’un aspect du testicule doit amener à consulter. « Dès l’instant où il y a une anomalie testiculaire, il faut vraiment consulter sans attendre, insiste l’oncologue Natacha Naoun. Un diagnostic précoce est très important, parce qu’il augmente les chances de guérison et diminue l’intensité des traitements nécessaires. »

    Pour détecter une éventuelle anomalie, la méthode est simple : l’autopalpation. Idéalement, après une douche chaude, tâter ses testicules au moins une fois par mois. « La difficulté avec le cancer du testicule, c’est que souvent la tumeur testiculaire n’est pas forcément douloureuse au premier abord. Donc les jeunes hommes vont palper et se dire qu’ils ne sentent rien, que ça ne les gêne pas, ce qui va provoquer des retards de diagnostic. » En cas de doute, ne pas hésiter à se tourner vers son médecin traitant ou un urologue, qui prescrira une échographie testiculaire et une prise de sang. « Deux examens extrêmement simples et accessibles à faire », souligne l’oncologue.

    Quels sont les facteurs de risque  ?

    L’âge : un cancer qui touche principalement les jeunes

    Loin d’être le cancer le plus fréquent chez l’homme, puisque représentant environ 2700 cas par an en France, soit 1 à 2 % des cas de cancer, le cancer du testicule est en revanche le plus répandu entre 15 et 45 ans. « C’est le premier cancer du jeune homme, de loin, indique Natacha Naoun, oncologue spécialiste de ce cancer. C’est vraiment lié à l’âge, même si on a des cas tardifs jusqu’à 60 ans. »

    La cryptorchidie

    Le fait d’avoir eu un retard ou une anomalie de descente d’un ou des deux testicules à la naissance. C’est l’un des facteurs les plus connus et favorisants.

    Les antécédents familiaux

    Un père, un frère ou un oncle ayant eu ce cancer doit susciter une vigilance particulière. « Ce n’est pas lié à un gène en particulier, mais le contexte familial est très important », signale Natacha Naoun.

    D’autres facteurs de risque sont à l’étude

    Parmi ceux-ci, les perturbateurs endocriniens, qui peuvent être contenus dans les pesticides, les plastiques ou les produits de beauté, une consommation importante et régulière de cannabis, une baisse anormale de la fertilité appelée hypofertilité, ainsi qu’une atrophie testiculaire, c’est-à-dire un testicule qui n’a pas atteint sa taille normale ou a régressé.

    Quel traitement  pour le cancer des testicules ?

    L’orchidectomie

    Terme désignant l’ablation du testicule malade. Difficile d’y couper, même si dans quelques rares cas, il peut y avoir une ablation partielle. « Si la tumeur est de petite taille, précise Pierre-Emmanuel Bryckaert, chirurgien-urologue. Mais dans 95 % des cas, la chirurgie première consiste à effectuer une ablation. » Totale ou partielle, une opération qui peut suffire à traiter le cancer.

    La chimiothérapie

    Si la maladie est avancée et qu’il y a des métastases, une chimiothérapie, à base d’un ou plusieurs médicaments anticancéreux, est nécessaire. La chimiothérapie peut aussi être proposée à titre préventif. « Même sans localisation secondaire, on peut être amené à proposer des chimiothérapies dites adjuvantes, après la chirurgie, qui vont diminuer le risque métastatique », explique Pierre-Emmanuel Bryckaert.

    La radiothérapie

    Un traitement aux rayons X est possible dans certains sous-types de tumeur, les séminomes purs de stade 2. « Ce qui n’est pas forcément un traitement moins lourd », ajoute le chirurgien-urologue.

    Le curage ganglionnaire

    Opération chirurgicale qui intervient éventuellement dans un troisième temps, après la chimiothérapie ou la radiothérapie, permettant de retirer les cellules cancéreuses qui se sont se propagées jusqu’aux ganglions lymphatiques. Un cancer qui se traite bien : le taux de survie à 5 ans est de 98 % pour les patients âgés de 20 ans et 94 % pour ceux de 60 ans.

    Quelles conséquences ?

    Une vie sexuelle normale

    Avant l’ablation, par précaution, une préservation de sperme est réalisée, « mais la plupart des malades n’en auront pas besoin après, assure Pierre-Emmanuel Bryckaert. On peut reprendre une vie normale. L’autre testicule peut tout à fait assurer la fertilité. »

    D’éventuels troubles psychologiques

    Après traitement, c’est un cancer qui ne laisse quasiment pas de séquelles, si ce n’est psychologiques. « Beaucoup de jeunes sont en détresse psychologique lorsqu’ils apprennent qu’ils ont ce cancer, indique Olivier Jérôme, président de CerHom, une association dédiée au sujet qui propose notamment un centre d’écoute. Ils ne comprennent pas pourquoi ça leur tombe dessus. Maintenant, ce qui est bien, c’est que certains n’hésitent pas à en parler autour d’eux, c’était un sujet tabou jusqu’à peu. »

    Un cancer encore trop méconnu

    Si chaque année, en novembre, les campagnes de l’association Movember permettent de parler de ce cancer, sa prise en considération reste insuffisante, constatent les professionnels de santé. « On voit des malades qui ne sont pas du tout au courant de son existence », déplore Natacha Naoun, qui regrette par ailleurs que la fin du service militaire obligatoire ait entraîné la fin des visites médicales avec palpation testiculaire systématique. « C’est avant tout un problème d’information, pointe Olivier Jérôme, qui milite pour des campagnes de santé publique de plus grande envergure sur le sujet. Vous avez quelque chose de bizarre sur votre testicule, consultez votre médecin ! C’est l’un des cancers qui se soigne le mieux, l’autopalpation suffit à le détecter. Cependant, il faut en avoir entendu parler. »

    https://www.santepubliquefrance.fr/docs/survie-des-personnes-atteintes-de-cancer-en-france-metropolitaine-1989-2018-testicule-tous-cancers https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-testicule/Les-points-cles

    Consultations médecin généraliste, gynécologue, urologue

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  • Diagnostic de l’endométriose : témoignages d’Endo Warriors

    Diagnostic de l’endométriose : témoignages d’Endo Warriors

    Des douleurs constantes

    Depuis plus de dix-sept ans, Romane, 30 ans, mène une bataille contre des douleurs atroces qui lui lacèrent le bas ventre et le dos vingt-deux jours par mois. Ça a commencé dès ses premières règles. « J’avais du mal à me lever le matin et je manquais des journées de cours, car j’étais incapable de suivre », remet-elle. Pertes abondantes de sang, chutes de tension, pertes de connaissance, vomissements… Autour de ses 18 ans, sa souffrance devient insupportable, lui laissant très peu de jours de répit. Les visites aux urgences se multiplient. On lui fait simplement une échographie ou un examen vaginal. « Je n’étais jamais vraiment entendu par les médecins. On me reprochait de venir à chaque période de règles et d’être douillette. » Au mépris de ces médecins s’ajoute la colère de son gynécologue, blâmant la jeune femme d’avoir décidé de retirer l’implant qui lui avait été prescrit. Sa raison ? Des règles encore plus douloureuses, doublées de maux de tête, d’une prise de poids et d’états dépressifs.

    Errance médicale et diagnostic tardif

    Face à la négligence du corps médical et à celle de certains de ses collègues la jugeant comme « celle qui se plaint tout le temps », Romane se mure dans le silence. « Mes médecins ne s’affolaient pas plus que ça. Je me suis renfermée sur moi-même en me persuadant que c’était moi la responsable. J’avais l’impression d’être folle. Alors j’ai pris l’habitude de souffrir en silence pour ne plus me sentir jugée », avoue la jeune femme noyée sous la culpabilité. Jusqu’à ce qu’elle consulte une gynécologue spécialiste de l’endométriose, après deux ans de tentative de grossesse. Une batterie d’examens et le verdict tombe : endométriose. « J’ai pleuré de soulagement. On avait enfin posé un nom sur ce dont je souffrais depuis quinze ans. » À cause de son infertilité, Romane est immédiatement opérée pour retirer les nodules répartis dans son utérus. Elle tombe alors enceinte, mais ses douleurs persistent. Dans l’attente d’une seconde opération, l’Endo Warrior repense à « cette angoisse et cette charge mentale permanentes qui rythment [sa] vie ». Encore aujourd’hui, elle n’a d’autres choix que de refuser des sorties entre amis qu’on lui propose quand les douleurs sont trop intenses.

    Des coups de poignard dans le bas ventre

    Chez Lucille, 28 ans, les premières douleurs dans le bas ventre sont apparues à 20 ans pendant ses rapports sexuels. « Au début, je me disais que c’était normal. Jusqu’à ce que ça devienne un cercle vicieux où j’avais peur d’avoir mal pendant mes rapports. » À 22 ans, une première crise de douleur intervient pendant ses règles. « J’étais pliée en deux, j’avais comme des coups de poignard dans le bas du ventre, je ne pouvais plus marcher », se souvient-elle. Aux crises de plus en plus fréquentes viennent s’ajouter des cystites à répétition et des douleurs sévères après avoir consommé de l’alcool. La jeune femme subit le mépris d’une gynécologue « très vieille école ». « Elle me disait qu’avoir mal n’était pas grave, que j’avais sûrement attrapé la maladie de la “chaude pisse” et qu’il fallait que je me protège lors de mes divers rapports sexuels alors que je n’avais qu’un partenaire. Elle a été très désagréable avec moi et ne m’écoutait pas », raconte-t-elle. Ses inquiétudes grandissantes et un aller-retour aux urgences l’amènent à une gynécologue spécialisée qui lui prescrit des antidouleurs forts. Échographies, prises de sang, IRM, rien n’est détecté. « J’en ai pleuré parce que j’étais persuadée d’avoir quelque chose », confie Lucille.

    Après une deuxième IRM qu’elle exige plus tard, on lui annonce « enfin » qu’elle est atteinte d’endométriose ne contraignant pas à une opération. « J’étais à la fois inquiète et soulagée de savoir que j’avais bien quelque chose. J’avais envie qu’on prenne enfin soin de moi », poursuit-elle. S’en sont suivi deux ans de recherches laborieuses d’un moyen de contraception adapté. « J’errais entre plusieurs gynécologues et sages-femmes qui se contredisaient, jusqu’à enfin trouver celui qui me convenait. » En parallèle, pour soulager sa souffrance, Lucille se renseigne sur la maladie en lisant et en écoutant des podcasts. Résultat : elle supprime tous les aliments et produits inflammatoires et commence à faire du yoga et de la méditation pour ménager son bien-être mental. Depuis, l’Endo Warrior ne subit plus de grosses crises et, par précaution, vient de prendre rendez pour faire congeler ses ovocytes.

    Endométriose, santé mentale et dépression

    Dès le collège, Sabrina, 46 ans, a commencé à ressentir des douleurs intenses au ventre pendant ses règles. Son père lui disait que c’était normal, alors elle le croyait. « La consigne c’était de serrer les dents et d’aller travailler », raconte-t-elle. Son seul traitement prescrit pour tenter de la soulager : de l’ibuprofène. À 23 ans, la jeune femme commence à s’inquiéter et passe une échographie. Sur les images, un kyste de 8 cm invasif sur l’ovaire. Incapables de savoir s’il s’agit d’un cancer ou d’une endométriose, les médecins laissent Sabrina dans le flou. « Au réveil de l’opération, on m’a dit qu’on m’avait aussi retiré l’ovaire et la trompe. “Il était pourri”, me disait le médecin. Ça a été radical, je l’ai vécu comme un choc », lâche-t-elle. Plus tard, on lui prescrit un anneau vaginal comme moyen de contraception. Mais les douleurs persistent et pendant des années la jeune femme prend sur elle. À l’approche de ses 40 ans, alors que Sabrina n’arrive pas à tomber enceinte naturellement, on lui détecte un autre kyste, qui la contraint à une seconde opération. Puis, ses multiples tentatives de FIV l’épuisent et ne fonctionnent pas. Une IRM révèle une adénomyose, deux autres kystes, une infection de sa trompe et un déplacement de son ovaire. Le coup de grâce. Parfois, Sabrina n’a « plus envie de vivre ».

    « Même si les antalgiques me soulagent, j’ai mal tout le temps, mes intestins sont endommagés, les hormones me plongent dans des états dépressifs. Mon quotidien est très difficile. Je pleure quand je pars et quand je rentre du travail et j’ai des idées noires », livre-t-elle, la gorge nouée. Depuis, Sabrina consulte un psychologue qui « lui fait du bien ». Les médecins se divisent sur l’analyse de l’aggravation de sa maladie : certains préconisent une ablation de l’utérus et de la trompe, d’autres jugent cette opération trop risquée. En attendant, l’Endo Warrior cherche la force de suivre son cinquième traitement pour soulager ses douleurs insupportables.

    Besoin de consulter un.e pshychologue ou un.e gynécologue ?

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