Étiquette : Bien-être

  • Dry January : Le défi du Janvier Sobre

    Dry January : Le défi du Janvier Sobre

    Début 2011, la Britannique Emily Robinson s’inscrit à son premier semi-marathon. Pour relever le défi et être en forme pour l’échéance en février, elle décide d’arrêter de boire de l’alcool durant le mois précédent. C’est un succès. Emily perd du poids, dort mieux et est plus en forme pour courir. Elle renouvelle l’opération l’année suivante. Entre-temps, elle a rejoint l’organisation Alcohol Change UK. Son histoire fait des émules. À tel point que l’organisation caritative décide d’en faire la promotion. C’est ainsi que la première édition de « Dry January » ou « janvier sec/sobre » voit le jour en janvier 2013.

     

    49% des 16-30 ans

    en France boivent de l’alcool au moins une fois par mois(1).

    41% d’entre eux le font “juste pour s’amuser”, 29% pour “destresser” et 22% car cela leur permet “plus facilement d’oser dire et faire des choses”

    Motivation et bienfaits

    Dix ans plus tard, l’initiative a essaimé. Aux quatre coins de l’Europe, des personnes profitent du mois suivant les agapes des fêtes de fin d’année pour relever le défi de janvier et faire une pause dans leur consommation d’alcool. Guillaume fait partie des pionniers. Ce quadragénaire qui travaille dans le contrôle de gestion entend parler de Dry January dès 2014, par le biais d’un ami irlandais. Il y voit à l’époque un bon moyen de réduire sa consommation après des fêtes bien arrosées : « Généralement, je faisais une pause de quelques jours et puis je recommençais dès la galette des Rois. Et puis le challenge m’a plu. Je suis allé au bout. Et j’ai compris qu’en fait, c’était assez cool de ne pas boire. Je dormais mieux, j’ai perdu du poids. » Après avoir longtemps pratiqué janvier sec, Guillaume s’attaque en 2022 au « dry september ». Là encore, c’est un succès. Depuis, Guillaume a tout simplement arrêté de boire de l’alcool.

    Le Dry January en chiffres(2)

    • 4.5 millions de participant·e·s en France
    • 62% des participant·e·s consomment toujours moins d’alcool trois mois après le Dry January
    • 54 % des participant·e·s déclarent une amélioration du bien-être physique

    Défi à relever

    Même si tous ceux qui s’y essayent n’optent pas pour une solution aussi radicale que Guillaume, chaque année, environ 19 % des Français ont déjà participé au Dry January(3). L’année dernière, les organisateurs de la campagne ont même relevé une hausse de 15 % des téléchargements de l’application Try Dry, qui accompagne celles et ceux souhaitant réfléchir à leur consommation d’alcool. Pourtant s’essayer à Dry January est parfois un parcours semé d’embûches. Entre les tentations sociales, les sollicitations d’amis toujours prompts à vouloir boire un verre, relever le défi n’est pas chose aisée.

    Marc, 50 ans l’a constaté. En janvier 2023, cet agent immobilier originaire de Blois, soucieux de faire attention à son hygiène de vie, tente l’aventure avec sa femme : « Après une semaine d’abstinence, somme toute assez facile, l’envie de boire un verre de vin est revenue en force avec l’arrivée du week-end. Dès le samedi soir, nous nous sommes regardés en riant et nous avons ouvert une bouteille de blanc. Nous ne faisons pas partie de la génération des défis qu’on s’impose. L’idée de cesser de boire en janvier, car tout le monde le fait, nous a vite paru ridicule. »

    Malgré cet échec, Marc et sa femme ont adopté leur propre ligne de conduite, qui consiste à ne pas boire en semaine et à se faire plaisir le week-end. Ils tirent de cette expérience la leçon suivante : « Si faire le Dry January peut aider d’autres gens à boire moins d’alcool, tant mieux. En ce qui nous concerne en tout cas, nous préférerons vivre la modération à notre manière, plutôt que de suivre un protocole qui nous semble absurde. »

    Quid de la pression sociale ?

    Julia, journaliste de 32 ans, s’essaye, elle, au Dry January en 2015, alors qu’elle est étudiante à Bruxelles. Après avoir entendu parler du défi sur les réseaux sociaux, elle se jette à l’eau avec quelques amis. Eux cèdent rapidement. Elle tient bon tout au long du mois et constate les effets bénéfiques : « J’ai perdu quatre kilos, j’ai vu des résultats concrets. » Pourtant c’est la première et dernière fois que Julia fait Dry January, elle ne renouvelle pas l’opération les années suivantes : « Quand tu es seule à le faire, c’est pénible. Si tu t’obliges à boire une eau pétillante quand tout le monde opte pour une bière, ce n’est pas très drôle. Mais ça m’a appris à boire avec modération. Par exemple à ne boire qu’une bière quand je sors. » Ses amis belges, eux, ont plébiscité une nouvelle forme de sobriété. À la place de Dry January, il existe depuis 2021 la Tournée minérale, qui encourage les Belges à relever le défi d’un mois de février sans alcool. Principal avantage selon les adeptes ? Il y a moins de jours en février qu’en janvier.

    Le Dry 31 : la plus grosse fête sans alcool !

    Imaginez une fête géante, unique, conviviale mais surtout… sans gueule de bois le lendemain ! C’est le concept du Dry 31 ! Un projet un peu fou : transgresser le dernier tabou de la sobriété. 50 lieux dans 25 villes en France ont décidé de jouer le jeu. Le 31 janvier 2026, cette grande fête accessible à tous vous invite à réinventer la convivialité. Au programme : de nombreuses animations, une expérience unique à vivre… et le plaisir de profiter de la journée du lendemain !

    Je participe au Dry 31 ! 

    (1) Baromètre Macif 2024

    (2) Chiffres 2024, https://dryjanuary.fr/

    (3) CSA 2024

  • Quelles sont les meilleures vacances pour la santé ?

    Quelles sont les meilleures vacances pour la santé ?

    Enfants plein d’énergie, planning trop ambitieux, séjour peu reposant… Les vacances ont parfois des allures de marathon. Pourtant, les congés sont des moments essentiels pour recharger les batteries. Comment profiter de ses vacances sans rentrer épuisé ? Réponses avec Lisa Letessier, Psychologue clinicienne, Directrice du cabinet de Psychologie ENNEAD et autrice de l’ouvrage Comment garder le bénéfice de ses vacances (éditions Odile Jacob).

    Écouter ses besoins

    Pour se ménager, pas de secret : il faut s’écouter. Et se poser les bonnes questions, selon Lisa Letessier. Car aucune formule magique ne permet par exemple de résoudre le casse-tête « quand partir et à quelle fréquence ». Si l’on note de manière générale un pic de fatigue en hiver, le rapport aux vacances reste avant tout personnel, influencé par une multitude de facteurs, tels que notre environnement de vie ou l’emploi qu’on occupe. Alors, il faut mieux se poser cette question : « À mon retour de vacances, au bout de combien de temps est-ce que je ressens le besoin de souffler à nouveau ? » Certains paramètres, en revanche, sont universels. Comme la durée du séjour : « À mon sens, il faut prévoir au moins dix jours. Mieux vaut mieux partir moins souvent, mais plus longtemps, insiste l’experte. On a besoin d’un sas de décompression de quelques jours, le temps que le cerveau s’acclimate. Puis, il faut quelques jours supplémentaires pour récupérer d’un point de vue physique. D’ailleurs, on a généralement un gros coup de fatigue au bout du troisième, quatrième jour de vacances. Ensuite, trois ou quatre jours de plus sont nécessaires pour réellement recharger ses batteries. » Les meilleures vacances pour la santé sont donc celles où l’on se laisse le temps de récupérer.

    Chercher le dépaysement

    Mais la durée ne fait pas tout. Une des clés de réussite pour des vacances bénéfiques est de casser la routine. Que les plus casaniers se rassurent, nul besoin pour cela de partir à l’autre bout du monde. « On peut parfaitement faire des vacances chez soi et récupérer, affirme Lisa Letessier. Mais pour pouvoir déconnecter, on a besoin de changement. C’est quand même beaucoup plus facile pour le cerveau de se sentir en vacances quand on sort de son quotidien. Ça demande un peu plus de travail quand on reste à la maison parce qu’il faut réussir à se dépayser à domicile, mais ce n’est pas impossible ! » Le choix de la destination doit avant tout rester une question d’envie et non devenir une source de stress. « Certaines personnes sont très excitées à l’idée de découvrir de nouveaux pays, tandis que, pour d’autres, ce type de vacances peut puiser dans leurs ressources. Une fois de plus, il faut s’écouter ! » Quelle que soit sa destination, la psychologue incite néanmoins à prévoir quelques moments de nature. « Même si l’on est citadin et que l’on adore le bitume, notre cerveau a besoin de nature pour s’apaiser, se relaxer, se ressourcer. C’est important de s’aménager des espaces de nature qui peuvent être la mer, la montagne, la forêt, ou juste un jardin en ville… »

    Varier les plaisirs

    Plutôt farniente ou activités sportives ? Selon Lisa Letessier, une bonne journée de vacances, c’est avant tout une journée variée, « qui comprend un temps de repos, de bronzage, de lecture… Un temps éventuellement plus dynamique, voire sportif. Un temps un peu seul, un temps un plus social ou familial. On ressent une vraie satisfaction à la fin d’une journée équilibrée ». Et si l’on se sent fatigué et qu’on veut végéter sur un transat, ce n’est pas grave non plus. « L’idée, c’est vraiment de se déculpabiliser en se disant que si, on a réussi à faire quelque chose aujourd’hui : on a été complètement en adéquation avec son corps et, encore une fois, à l’écoute de ces fameux besoins fondamentaux qui sont en évolution tout le temps. » Passer des vacances équilibrées, quand on part en famille, c’est aussi savoir s’aménager des moments seuls avec son ou sa partenaire, insiste la psychologue. Lisa Letessier met en garde contre cette tendance qu’ont les parents à se dire qu’il faut absolument profiter des enfants pendant les vacances, quitte à passer tout son temps collés les uns aux autres. « Au contraire, il peut parfaitement y avoir quelques heures par jour où l’on confie sa progéniture aux grands-parents ou aux copains… C’est hyper important de s’autoriser à avoir des moments à deux pour se reconnecter durant les vacances. »

  • Le trail : pourquoi un tel engouement ?

    Le trail : pourquoi un tel engouement ?

    Pour Rémy, la petite trentaine, tout a commencé par une vidéo d’un exploit du traileur (pratiquant de trail) français Mathieu Blanchard, envoyé par un de ses amis avec le message : « Quand est-ce qu’on s’y met ? » « Ça m’a donné envie de regarder d’autres vidéos, explique le coureur, et j’ai fini par m’inscrire dans un groupe de trail dans ma région, les Alpes. » Si l’ami qui lui avait envoyé la vidéo à l’origine de sa nouvelle passion a finalement renoncé à se lancer dans la course en plein air, Rémy, lui, est devenu complètement accro. « J’aime la combinaison de l’effort, de la performance, de l’entraide et du contact avec la nature », résume-t-il.

    Des kilomètres, et parfois des chutes

    Le trail, abréviation de l’expression anglo-saxonne « trail running », est une course à pied en milieu naturel, qui peut se dérouler sur des sentiers de randonnée, en forêt ou en montagne, selon le niveau des pratiquants. Apparue en France il y a une dizaine d’années, cette pratique sportive a explosé après les confinements imposés au cours de la crise sanitaire. Il y aurait plus de 1 million de pratiquants en France, et plus de 4 000 courses de ce type sont organisées chaque année. Les amateurs vantent ses qualités sur la santé, le bien-être et l’évacuation du stress. La grande tendance du moment, ce sont les trails de courte distance, appelés « sub-ultra ». Ils se déroulent sur des distances de 20 km à 50 km, pour une moyenne de 80 km pour les trails traditionnels. Dyana a tout juste 23 ans, et elle affiche déjà plusieurs compétitions de trail au compteur. « Je cours en club depuis que j’ai une quinzaine d’années, précise-t-elle. Et j’ai commencé le trail avec mes parents il y a trois ans. Au départ, on partait sur des petites distances, en général moins de 10 km. Et puis on a augmenté progressivement et on s’aventure aujourd’hui sur tous les terrains, même s’ils sont glissants, boueux ou accidentés. » Elle a d’ailleurs connu quelques chutes. « Je me suis fait une entorse il y a deux ans, en trébuchant sur une racine, décrit-elle. La rééducation a été un peu longue et je garde une petite appréhension, car si ça se reproduisait, je serais de nouveau privée de trail pendant quelques mois. Mais, en même temps, ça aurait très bien pu m’arriver sur un trottoir ou en sortant du bus pour aller travailler », relativise-t-elle.

    La rançon du succès

    Eliott, lui, a découvert le trail avant la pandémie. « Heureusement, j’habite près d’un petit bois, dans les Yvelines, confie le quadragénaire. Cela m’a permis d’aller courir une petite heure tous les jours pendant le confinement, en respectant la réglementation. Donc, je n’ai finalement pas trop perdu. » Il a constaté l’engouement croissant pour sa pratique depuis la sortie de la crise du Covid. Mais il ne s’en réjouit pas forcément. « Le succès est tel que c’est devenu un enfer pour s’inscrire aux compétitions, regrette-t-il. Parfois, dès les premières heures, toutes les places sont écoulées. Même en m’y prenant dès l’ouverture des ventes, il m’arrive de me retrouver sur liste d’attente. » Il assure aussi que « le trail est devenu un énorme business » et que l’augmentation du nombre de pratiquants a eu un impact sur le prix des équipements. « J’ai payé ma dernière paire de chaussures de trail près de 150 euros, c’est de la folie », s’emporte-t-il. Il aimerait participer à l’Ultra-Trail Mont-Blanc (170 kilomètres de course autour du Mont-Blanc, dont 10 000 mètres de dénivelé positif) organisé tous les ans au mois d’août à Chamonix, mais il estime devoir s’entraîner encore un peu. Une autre conséquence de l’explosion du trail inquiète Dyana. « Nous sommes si nombreux à courir que nous avons nécessairement un impact négatif sur l’environnement, lance-t-elle. Nous abîmons les sentiers. Et il y a parfois du matériel qui se perd en chemin, comme des gourdes, des casquettes ou des serviettes en microfibres. Je serais frustrée si je devais me restreindre, mais je pense quand même que le trail devrait être beaucoup plus réglementé pour limiter les dégâts sur la faune et la flore. » Chaque médaille a son revers, malheureusement.

  • Chômage qui dure : comment gérer sa santé mentale ?

    Chômage qui dure : comment gérer sa santé mentale ?

    Plus de 10 mois. C’est la durée moyenne que les demandeurs d’emploi passent au chômage avant de retrouver un travail, selon France Travail. Une suspension entre deux emplois qui, au fur et à mesure que les mois passent, peut s’avérer de plus en plus dur à supporter psychologiquement. Car durant les périodes de chômage, la plus grande difficulté est souvent de préserver sa santé mentale.

    Perte de confiance en soi

    « Envoyer des candidatures qui restent sans réponses, c’est dur, surtout au bout de plusieurs mois », confirme Juliette, 24 ans. Employée à la fin de son alternance par la radio où elle travaillait, la jeune femme s’est retrouvée au chômage un an plus tard, avec le sentiment de « ne plus valoir grand-chose » et de « perdre en compétences ». Guillaume, lui, a connu le même sort en 2021, après déjà dix mois à l’arrêt à cause du Covid. Le diplômé en communication travaillait dans l’industrie du voyage, un secteur fortement impacté par la pandémie. « Le plus dur, c’était de résister à la tentation de se comparer aux autres et de voir qu’ils avancent et pas toi », relate le jeune homme de 31 ans aujourd’hui, qui est resté un an et demi au chômage.

    « Un sentiment de honte »

    De son côté, Eléonore a passé un an au chômage en 2022, après avoir décidé de quitter son emploi dans la restauration pour se consacrer à sa passion, la photographie. Avec seulement 600 euros par mois, l’artiste de 28 ans a subi une « forte pression financière ». Dans un secteur très concurrentiel, elle a dû batailler pour « rester motivée » malgré la difficulté à vendre ses photos qui « faisait mal à l’ego ». Une somme de souffrances psychologiques que Marie d’Hautefeuille, psychologue du travail depuis 20 ans et installée à Toulouse, a également observé chez ses patients : « Souvent, il y a un sentiment de honte, d’échec, qui apparaît. » Laquelle peut découler sur de la culpabilité de ne pas réussir à retrouver un emploi. Et ce, « d’autant plus quand la question “Tu fais quoi dans la vie ?” vous est posée sans arrêt », poursuit la spécialiste.

    Garder un rythme

    Comment, alors, préserver sa santé mentale pour rester motivé et éviter de passer par la case dépression ? « Continuer ses activités, répond du tac au tac Marie d’Hautefeuille. Tant que ça fonctionne financièrement, bien entendu, nuance la psychologue. Cela permet de se sentir bien, d’avoir envie de se lever le matin, et surtout de ne pas perdre tous les repères » alors qu’on a déjà perdu celui du travail. « Je me suis beaucoup appuyée sur le sport et la musique » pour continuer à rester actif et occuper les journées, confirme Guillaume. Même son de cloche pour Juliette, qui avoue en avoir profité pour « plonger dans des projets et des loisirs laissés de côté, le sport et la lecture, par exemple ». La jeune femme a également mis un point d’honneur à « garder un rythme de journée classique » : « Essayer de me lever avant 9 heures, ne pas me coucher trop tard, rester connectée à l’actualité et au monde. » Une démarche qui l’a « beaucoup » aidée, selon ses dires. Sur ce point, Marie d’Hautefeuille précise que s’il est « toujours important » de se donner un cadre, il faut avant tout se poser une question : « Pourquoi veut-on se lever ? » En d’autres termes, « l’essentiel est surtout d’essayer de caler des choses dans son agenda : une conférence, un groupe de rencontres de gens qui travaillent dans le même secteur, une sortie, contacter des personnes sur LinkedIn, etc. »

    Compter sur ses proches… s’ils sont positifs

    Autre point important : éviter de se dévaloriser. « Il faut comprendre que la recherche d’emploi, c’est la statistique improbable, relève la psychologue. On ne cherche qu’un seul job, mais pour ça, on va envoyer une centaine de CV et recevoir 98 non, mais ce n’est pas parce qu’on est incompétent. Il faut continuer de croire que ça peut le faire la fois d’après. » Pour Guillaume, être régulier dans sa recherche d’emploi a permis de « créer un effet d’entraînement » et d’éviter l’ennui, « qui est probablement la pire chose à vivre ». Le soutien des proches est également essentiel. Eléonore a continué à « aller boire des cafés » avec ses amis et à « organiser des dîners ». De même pour Juliette : « Entendre mes proches me rassurer et toujours croire en moi-même quand le moral flanchait a été primordial. » Un aspect que Marie d’Hautefeuille approuve amplement. Mais comment faire quand nos proches nous transmettent leurs angoisses ? « Si les gens ne sont pas capables de vous soutenir et d’être bienveillants, ne leur en parlez pas », conseille la psychologue. Un dernier conseil pour la route : « Ne jamais oublier que vous êtes apporteur de compétences et que le chômage n’est qu’un état de droit, une sorte d’assurance. »

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  • Déprime passagère ou vraie dépression ?

    Déprime passagère ou vraie dépression ?

    La frontière de la maladie

    Une rupture amoureuse, le décès d’un proche, un échec professionnel, une mauvaise note… Innombrables sont les raisons, qu’importe leur niveau de gravité, pour se sentir déprimé. Et c’est justement pour ça que chacun a déjà pu ressentir un sentiment de profonde tristesse, plus ou moins tenace. De là à parler de dépression, il y a un pas qu’il ne faut pas toujours franchir. Car si elles partagent plusieurs points communs, déprime et dépression sont loin d’avoir une définition commune. « La déprime n’est pas un diagnostic psychiatrique ni une pathologie, à la différence de la dépression (le terme exact utilisé étant l’“épisode dépressif caractérisé”). Ce qui les sépare, ce sont la durée et l’intensité de la symptomatologie, explique la docteur Estelle Willemet, psychiatre à Toulouse. Dans le cas de la dépression, les symptômes durent plus de deux semaines et se manifestent quotidiennement. Elle induit une souffrance importante et elle entraîne une altération dans le fonctionnement habituel de la personne. La déprime est quant à elle plus passagère, souvent en lien avec un facteur de stress et on note également une amélioration de la symptomatologie avec le temps. »

    L’engrenage de la tristesse

    Félicie, qui se présente pourtant comme « quelqu’un d’assez joviale et positive », en a fait la désagréable expérience. Sans trop savoir pourquoi, malgré quelques pistes (rythme effréné entre vie de famille, proches et travail ; mésaventures passées…), cette quadragénaire qui a déjà fait face à de gros obstacles durant sa jeunesse entre assez inexplicablement dans un tunnel de fatigue et d’idées noires, alors qu’elle est pourtant bien entourée. « J’ai senti une descente progressive et assez lente, avec d’abord des épisodes d’humeur changeante : un jour ça va, le lendemain ça va moins bien. Puis, les jours où je ne me sentais pas bien sont devenus de plus en plus nombreux, pour finir sur un état général de tristesse et de baisse de motivation pour tout », témoigne-t-elle.

    Avec le recul, Félicie parle d’« engrenage » : « Je me sentais triste tout le temps et je culpabilisais de me sentir triste parce qu’en apparence, j’avais tout pour être heureuse, ce qui me rendait encore plus triste. Plus envie de me lever, plus envie de voir du monde, plus envie de faire des projets, plus envie de partager des moments agréables, plus envie de sourire… Je savais que j’allais finir par craquer, j’attendais juste de voir quand et comment. J’étais devenue spectatrice de moi-même et je patientais. » Un jour, la bascule intervient : la jeune femme chute de son vélo, verse soudainement des torrents de larmes et son médecin diagnostique immédiatement sa dépression. Arrêt de travail, traitement médicamenteux et soutien de son entourage la font finalement sortir de cette mauvaise passe.

    Des symptômes communs, une régularité différente

    « La déprime peut se chroniciser et évoluer vers la dépression, oui. S’il n’y a aucune amélioration au bout de deux semaines ou d’un mois, et que le patient reste dans son lit en pleurant toute la journée sans manger… À ce moment-là, il faut s’inquiéter », rappelle la spécialiste. Laquelle dresse ensuite la liste des symptômes concernant les deux états émotionnels, et présents au quotidien dans le cas d’une dépression : humeur triste, sentiment de vide, ralentissement psychomoteur, fatigue, perte de motivation et d’appétit, diminution du plaisir et du désir sexuel, troubles du sommeil, sentiment de dévalorisation ou de culpabilité, difficultés de concentration et enfin idées suicidaires. Mais, même profonde, la dépression n’est pas une fatalité. Des solutions existent en effet pour la contrer ou éviter d’y entrer, comme le détaille l’experte : « Maintenir une hygiène de vie correcte et une activité physique, même minime, ainsi qu’un contact social, initier une psychothérapie de soutien, limiter les consommations d’alcool (au-delà de l’effet apaisant sur le moment, l’alcool est dépressogène)… Surtout, il faut comprendre qu’il est complètement normal d’avoir des moments de tristesse ou d’angoisse où on peut avoir l’impression de perdre pied. Quand il s’agit de déprime, il ne faut pas s’alarmer et “psychiatriser” toute tristesse : dans de nombreux cas, le cerveau fait bien les choses et le temps permet de retrouver un état d’équilibre ! »

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  • Yoga, comment s’y mettre ?

    Yoga, comment s’y mettre ?

    D’où vient le yoga ?

    Combinant exercices physiques et mentaux, le yoga est destiné à atteindre un bien-être. Comme son nom l’indique en sanskrit – yoga signifie unir –, cette pratique connecte le corps, l’esprit et la respiration. Il faut remonter à plus de 5 000 ans, bien avant la lutte et la course à pied, pour trouver les racines du yoga en Inde. Après les védas – textes sacrés qui ont explicité la symbolique du yoga –, l’auteur Patanjali codifia plus tard les principes fondateurs dans ses Yoga Sutra. Débarqué en Occident au XXe siècle, le yoga a connu un succès fulgurant dès les années 1960.

    Des postures diverses et variées

    Qui dit yoga dit entre autres bien-être physique. Pyramide, guerrier, sage, cobra, pince, chameau… Tous ces noms curieux sont bel et bien ceux de postures de yoga qui viennent renforcer et tonifier les muscles et soulager les douleurs tout en travaillant la souplesse et l’équilibre. Une séance débutera souvent par une « salutation au soleil », enchaînement de postures fondamentales de la pratique. Pour se challenger, on peut se lancer dans des postures comme celles du pont ou de la chandelle (tête en bas), du corbeau ou du scorpion (flexion du bas du dos en équilibre sur les avant-bras). Pas toujours évident un samedi à 8 heures du matin… Après ces acrobaties, rien de mieux que les positions de l’enfant, du pigeon ou du crocodile allongé ventre contre le sol pour étirer les muscles et se détendre.

    Ne pas oublier de respirer

    Prendre conscience et contrôler sa respiration est primordial pour accompagner la réalisation des postures. Selon les yogistes, la respiration, lien entre le corps et le plexus solaire, aiderait à diffuser l’énergie dans le corps, libérerait les tensions, équilibrerait le système nerveux, améliorerait le bien-être physique et mental et purifierait le corps. Parmi les techniques les plus étonnantes : la méthode bhastrikâ, qui consiste en une respiration abdominale rigoureuse et rythmée. Un peu comme un soufflet de cheminée. Mais sans la fumée !

    Un instant pour méditer

    Épuisé par le surmenage et le stress du quotidien ? La méditation, composante clé du yoga, aiderait à apaiser votre esprit et à le libérer des pensées parasites et négatives. On profite de ce moment pour s’ancrer dans l’instant présent, se concentrer sur l’essentiel et se recentrer sur soi. Résultats attendus : une créativité et une concentration qui seraient reboostées et un regain de confiance en soi. N’imaginez pas méditer assis en tailleur pendant d’interminables heures. Il suffit de s’allonger dans la posture du cadavre (drôle de nom !), de se détendre, de respirer profondément et de lâcher prise. Seuls les maîtres yogis sauront a priori atteindre un état de conscience suprême et une « libération ». Mais réussir à méditer 5 minutes est déjà un exploit !

    Des chants pour harmoniser les chakras

    Ne soyez pas surpris si un cours de yoga démarre avec le doux chant commun Om. Ce célèbre mantra – vibration sonore qui aide à concentrer l’esprit – élèverait spirituellement et unifierait les chakras. Les chakras ? Des centres énergétiques qui connectent le corps avec la conscience et l’esprit et qui feraient circuler l’énergie vitale. Les sept principaux chakras sont reliés à une partie du corps spécifique longeant la colonne vertébrale (tête, gorge, cœur, etc.).

    Différents yoga possibles

    Il existe plusieurs grands types de yoga pratiqués en Occident, parmi une centaine d’autres. Le hatha, forme de yoga la plus classique, se concentre sur le maintien de postures et la respiration, tandis que l’ashtanga est une pratique dynamique synchronisant la respiration avec le mouvement. Le vinyasa se focalise lui sur un enchaînement rythmé et libre de postures. Pour un yoga doux axé sur la relaxation et la méditation, mieux vaut opter pour le yin. À l’inverse, le bikram – yoga actif pratiqué dans une salle chauffée à 40 °C – éliminerait les toxines, encore faut-il apprécier de se faire rôtir les muscles. Les plus curieux s’essaieront au yoga aérien, suspendu dans un hamac, ou au sup yoga sur un stand up paddle sur l’eau.

    Vivre yoga

    Pour un grand nombre de ses pratiquants, le yoga est bien plus qu’une simple pratique : c’est une philosophie de vie et un art de vivre. Emprunter la voie du yogi est une démarche spirituelle qui apporterait selon eux une paix intérieure et une sérénité dans le quotidien. Un yogi aspire à un mode de vie simple, sain et axé sur la bonne santé mentale et physique. Ainsi, une alimentation saine et naturelle – ou même végétarienne – ne pourrait qu’améliorer votre bien-être.

  • Batch cooking : les avantages et les inconvénients

    Batch cooking : les avantages et les inconvénients

    Batch cooking : de la motivation

    C’est à une période difficile de sa vie que Sarah Gernet, 29 ans, a commencé à « batch cooker ». Alors qu’elle combinait sa dernière année de Master avec une alternance au rythme intensif, l’annonce du divorce de ses parents a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. « À cette période, je devais assurer la vie domestique, dont la préparation des trois repas par jour pour ma petite sœur et moi. J’ai commencé par perdre beaucoup de temps en cuisine pour finir par me dire : “Tant qu’à avoir quelque chose sur le feu, qu’est-ce qui m’empêche de lancer un autre repas qu’on mangera plus tard ?” », se souvient-elle, ravie de constater après quelques semaines qu’elle avait considérablement réduit son temps passé aux fourneaux.

    C’est quelques années après, pendant le confinement, qu’elle découvre que la méthode qu’elle emploie au quotidien a non seulement un nom, le batch cooking, pratique anglo-saxonne de planification des menus de la semaine, dont le terme signifie cuisson par lots ou par fournées, mais a aussi un succès fou sur Instagram, particulièrement outre-Atlantique. « J’ai passé une nuit blanche à me dire qu’il n’y avait pas encore de contenu sur le sujet en français. Le lendemain matin, j’ai lancé mon compte (@batchcooking_officiel). En moins d’un an, je cumulais 10 000 abonnés », se réjouit-elle.

    Gain de temps et d’argent

    Souvent considéré comme une technique de grand-mère pour optimiser le temps de cuisine, le batch cooking a pour principal avantage le gain financier pour les ménages, dans un contexte où le pouvoir d’achat des Français est mis à mal. C’est en partie ce qui a motivé Clémence, 27 ans. « Je me suis retrouvée à avoir une vie très décousue, avec de gros horaires, mais surtout des imprévus. Résultat : je mangeais beaucoup à l’extérieur et je dépensais bien trop d’argent par rapport à mon petit budget », confie-t-elle. Depuis un an, chaque dimanche, elle prépare avec son compagnon pendant plusieurs heures, l’équivalent d’une semaine de repas. « D’un côté, on cuit nos légumes, de l’autre, un féculent en quantité, et enfin, les protéines. L’idée c’est d’avoir un peu de chaque élément pour un repas complet et sain. C’est très efficace, mais parfois, il faut résister à la flemme », détaille Clémence Facchinetti, qui observe un net changement sur la qualité de son alimentation.

    En effet, comme l’ont démontré les scientifiques de l’Université de Cambridge dans une recherche publiée dans le Public Health Nutrition, « l’organisation et la planification des repas sont associées à un apport plus sain en fruits et légumes ». Des chercheurs de l’université de Lincoln ont également mis en évidence une baisse de près de 7 000 calories par personne et par semaine pour les foyers utilisant une liste de courses et planifiant tous leurs repas. Par ailleurs, le batch cooking est également une promesse à cesser de s’éparpiller au supermarché : avec une liste préétablie, les probabilités de respecter son budget sont plus grandes.

    Batch cooking : injonction supplémentaire en cuisine ?

    Cumulant des milliers de contenus sur les réseaux sociaux, incarné le plus souvent par des femmes au foyer qui affichent une cuisine irréprochable, le batch cooking est-il une injonction supplémentaire qui s’invite dans nos cuisines ? « Je reçois énormément de messages chaque semaine, surtout de la part de mères seules et d’étudiants, qui voient dans le batch cooking la promesse de gagner du temps et de l’argent. Mais ils ne savent pas comment se lancer : ils se posent beaucoup de questions sur la conservation, sur la méthode, il y a beaucoup de stress de bien faire au début », rapporte Sarah Gernet, qui consacre plusieurs heures par semaine à répondre à leurs sollicitations. Beaucoup de personnes se découragent, car planifier ce qu’on mange en détail reste un apprentissage. « Bien faire les choses, c’est parfois s’attarder sur ce qu’on va faire d’un paquet de gruyère entier : comment bien l’intégrer à plusieurs recettes pour ne plus gaspiller ? », exemplifie-t-elle. Faut-il être psychorigide pour apprécier le batch cooking ? « En tout cas, il ne faut pas être effrayé par l’organisation », avertit Sarah Gernet.

    Malgré son succès en ligne, il semblerait que la méthode ne soit pas saluée aussi massivement dans la vie quotidienne. Elle en agace même certains. « J’ai testé pour vous le batch cooking. C’est super, il est 20h51 et j’ai déjà mangé la moitié de ce que je m’étais préparé pour la semaine. À demain pour d’autres conseils food ! », ironise Nivin Potros, journaliste chez LCI, sur X, anciennement Twitter. « Manger toute la semaine la même chose ? Mais quelle angoisse ! Nos quotidiens sont déjà réglés comme du papier à musique », peste Sophie, 31 ans. « Je déteste le batch cooking, car, pour moi c’est une erreur de vouloir tout optimiser en créant des processus de productivité : les choses cool sont faites pour être faites au feeling, sur l’instant ! », défend Ania, 35 ans. À chacun sa cuisine…

    (1) https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7232892/ 

    (2) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/3198311/ 

     

  • 1 couple sur 2 se sépare, pourquoi ?

    1 couple sur 2 se sépare, pourquoi ?

    En France, on estime que 46 % des mariages se terminent par un divorce. Peut-on dire qu’on ne s’est jamais autant séparés ?

    François de Singly : Il faut faire attention avec ces chiffres sur le divorce, car, en France, nous ne disposons pas vraiment d’études statistiques fiables sur la question. Notre méthode de calcul est un peu absurde : on fait le ratio entre le nombre de mariages et le nombre de divorces chaque année. Mais certains divorces concernent des unions conclues il y a dix, vingt ou trente ans, tandis que les mariages sont ceux de l’année en cours. Une chose est sûre, le divorce est une pratique qui s’est largement banalisée. Il y a cinquante ans, très peu d’enfants d’une même classe avaient des parents divorcés, ou si c’était le cas, ce n’était pas verbalisé, voire caché. Aujourd’hui, dans une classe de primaire, avoir des parents divorcés ou être issu d’une famille recomposée n’est plus un marqueur social particulier. Dans l’esprit des jeunes adultes, le divorce fait même partie du mariage. Quant à la séparation, elle fait partie de l’horizon, très probable, de la relation amoureuse. Par ailleurs, les jeunes sont confrontés de plus en plus tôt à la séparation, ce qui en fait une expérience banalisée qui ne les effraie plus tant que ça.

    Existe-t-il des explications sociologiques à la banalisation du divorce ?

    François de Singly : D’abord, un certain nombre de mesures juridiques ont facilité et assoupli les conditions de divorce. La dernière en date, qui remonte à 2017, permet à un couple de divorcer par consentement mutuel sans juge. Avant cela, en 2004, le divorce pour « altération définitive du lien conjugal », qui remplace le divorce pour rupture de la vie commune, peut être engagé par la volonté d’un seul conjoint et prononcé après deux ans de séparation constatée (contre six auparavant). Par ailleurs, le divorce n’est plus mal vu socialement. Aujourd’hui, la sphère amicale et familiale élargie n’éclate pas, a priori, quand le couple divorce. Ça n’a pas toujours été le cas.

    Dans vos ouvrages, vous soutenez que la raison majeure des séparations dans les couples hétéros reste l’émancipation progressive des femmes de la sphère domestique. Pouvez-vous développer ?

    François de Singly : Je crois en effet que le moteur absolu de la séparation, c’est le fait que les femmes se mettent à écouter davantage leurs propres attentes, plutôt que celles de la société. Dès le milieu des années 1970, la littérature féministe invite les femmes à penser leur quotidien pour elles-mêmes, à faire de leur construction identitaire une priorité. Or, dans une vie conjugale, les femmes ont nettement plus la sensation d’abandonner une partie d’elles-mêmes. Cela se manifeste concrètement par renoncer à leur nom de jeune fille. Puis à travers l’expérience de la maternité, mettre en pause leur carrière professionnelle. Globalement, dans la conjugalité, les femmes se mettent plus entre parenthèses que les hommes. Cela fait naturellement naître une forte tension entre la volonté d’affirmation de soi et celle de s’engager dans une relation de couple.

    Le dernier rapport du HCE révèle que les femmes sont de plus en plus féministes, les hommes de plus en plus masculinistes. Cette forte polarisation est-elle source de davantage de séparations ?

    François de Singly : Quand vous entrez dans une librairie aujourd’hui, il y a un espace réservé aux essais féministes, qui contiennent notamment des réflexions autour de la réinvention des formes de l’amour et de la conjugalité, et permettent aux femmes d’envisager des schémas de relations moins aliénants, plus équilibrés. Majoritairement lues par des femmes, elles sont ensuite confrontées aux visions plus traditionnelles des hommes, voire à leur résistance. Résultat : les hommes et les femmes continuent à vivre dans des mondes séparés. Quand vous regardez les taux de féminicides en France et dans le monde, et de fait, la proportion d’hommes qui pensent encore qu’on peut surveiller et tuer par amour… Il est assez naturel que les femmes réfléchissent à deux fois avant de s’engager.

    On estime qu’un mariage sur deux ne dure pas plus de 9 ans en France, et que les couples mariés ont tendance à se séparer après 5 ans de mariage. Qu’est-ce qui se passe dans ce moment a priori décisif ?

    François de Singly : Là aussi, il faut se méfier des estimations. On a encore très peu d’études fiables sur la durée de vie conjugale. Le seul grand changement aperçu lors de mes études, c’est que les femmes se sont longtemps empêchées de divorcer tant que leurs enfants étaient en bas âge. Cette règle a progressivement disparu parce qu’on est désormais convaincus qu’il vaut mieux être élevé par deux parents aimants séparés que par un couple qui ne s’aime pas, voire qui se détruit.

    Pensez-vous que le contexte social, politique et économique peut peser sur la longévité des relations amoureuses ?

    François de Singly : Oui, l’anxiété peut avoir des effets sur l’engagement, notamment sur l’incapacité à se projeter en couple dans un monde qui paraît fragilisé et instable. Mais l’histoire nous offre aussi son lot de contre-exemples. En 1943, quand démarre le début du baby-boom – période de remontée exceptionnelle de la fécondité enregistrée dans la plupart des pays développés –, l’époque était peu heureuse et l’horizon très sombre.

    Parmi les raisons évoquées pour divorcer, l’infidélité figure en première place et représente 27 % des séparations. Comment interprétez-vous ce chiffre ?

    François de Singly : Si la jeunesse est séduite par les nouvelles manières de relationner, la définition de l’amour et les attentes mutuelles dans une relation n’ont paradoxalement pas beaucoup changé. Le vrai changement dans la conception de l’amour hétérosexuel, c’est de comprendre qu’on peut vivre au long de sa vie plusieurs amours, ce qui signe la fin du modèle de l’amour unique. En revanche, il y a encore une reconnaissance assez haute de l’amour, associé à un grand niveau d’exigence, pouvant de fait entraîner des trahisons. Ce qui nous met face à un double constat : on se sépare de plus en plus, certes, mais l’amour se porte bien en tant qu’idéal.

    *Insee 2014

    (1) Rapport 2025 sur l’état du sexisme en France – A l’heure de la polarisation – Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes

  • Décoration d’intérieur : comment être bien chez soi ?

    Décoration d’intérieur : comment être bien chez soi ?

    Intérieur décoré = bien-être

    Plusieurs études scientifiques associent la décoration d’intérieur à des sensations positives : 82 % des sondés déclarent qu’« une maison bien décorée est synonyme de bien-être », d’après le magazine Marie Claire (47 % estiment que décorer leur maison correspond même à un « paradis », pendant que seuls 2 % considèrent qu’il s’agit d’une corvée). Selon une enquête de CSA pour Cofidis, en 2021, 54 % des Français ont réalisé des aménagements intérieurs, contre 48 % en 2020. Ces dernières années des expressions telles que « déco-thérapie » (prévention de la dépression), « feng Shui » (méthode chinoise enseignant comment aménager chaque pièce) ou « home staging » (changement de décoration pour valorisation d’un bien immobilier) se sont répandus dans le vocabulaire du quotidien.

    La déco chez les autres

    « Un espace bien pensé peut apaiser, stimuler la créativité ou même renforcer un sentiment de confort et d’appartenance, explique Claire Clerc. La décoration d’intérieur est un moyen d’exprimer sa personnalité tout en rendant l’environnement plus fonctionnel et agréable. Une bonne déco transforme un lieu en un havre de paix à la fois beau et harmonieux qui répond aux besoins pratiques ou émotionnels des occupants. » Léonard, la trentaine, fait partie de ceux pour qui la décoration de leur intérieur est une priorité. « J’aime la déco parce que j’aime les beaux lieux, chez moi, mais aussi quand je vais à l’hôtel. Dans un décor qui me plaît, je ressens un sentiment de satisfaction. D’ailleurs, j’adore me rendre dans les magasins de décoration simplement pour regarder ce qu’ils proposent, sans forcément acheter. Dans un intérieur, j’apprécie quand il y a de la cohérence, mais la décoration peut être très différente d’une pièce à l’autre et je n’aime pas trop mélanger les styles, témoigne ce salarié haut placé d’une entreprise de meubles, qui consomme beaucoup de magazines de déco. Pour moi, la déco a une influence sur le plan psychologique. Ainsi, en fonction de son aménagement, une salle d’attente de médecin peut être aussi austère que bienveillante. Quand je rentre dans un hôtel ou un restaurant dont l’ambiance a été pensée avec soins et un stylisme élaboré, je vais passer un meilleur moment. »

    Au-delà de l’esthétique

    Si elle porte un autre regard, Carole, autre passionnée de déco, rejoint Léonard sur bien des points. « Quand on n’en a rien à faire de la déco, on peut se sentir bien n’importe où. En revanche, lorsqu’on y est sensible, on peut entrer chez des gens et sentir tout de suite, mal à l’aise. En ce qui me concerne, un intérieur tout blanc ou neutre n’est pas à mon goût : je trouve ça impersonnel, froid et peu chaleureux. Pas de prise de risque, pas de personnalité… Quand je rentre chez moi, je retrouve au contraire mon cocon et je me sens bien instantanément. Je suis convaincu que la décoration d’un lieu change notre état émotionnel, assure notre bien-être et peu même apaiser des douleurs », explique cette maman de trois enfants. « J’aime ressentir la personnalité des gens dans leur déco, ça permet de savoir tout de suite si on va bien s’entendre. » Un discours que l’on retrouve chez d’autres professionnels, comme la décoratrice d’intérieur Clémence Jeanjan : « La décoration va bien au-delà de l’esthétique : elle influence notre bien-être, notre confort et notre manière de vivre l’espace. Un intérieur mal adapté peut créer une sensation d’inconfort, voire de stress, car notre environnement joue un rôle clé dans notre état d’esprit. »

    Autre exemple, « une décoration trop chargée peut nous submerger, et créer un sentiment d’inconfort. Un excès d’objets ou de couleurs peut générer une sensation d’encombrement, qui peut influencer négativement notre état émotionnel et rendre l’espace étouffant plutôt qu’apaisant ». Claire Clerc, en ce qui la concerne, préfère insister sur « les couleurs, les matériaux, la lumière ou l’agencement d’un espace qui peuvent apaiser, dynamiser ou même inspirer. Un intérieur bien pensé peut influencer notre humeur, favoriser la détente ou stimuler la créativité. En jouant sur l’atmosphère, la déco devient un outil pour améliorer notre bien-être au quotidien ».

    Une seule règle en déco : s’écouter

    Mais alors, y a-t-il de grands principes à garder en tête afin que notre décoration d’intérieur participe à notre bonheur ? Faut-il privilégier le multicolore ou le monochrome, opter pour des choses chargées ou épurées, favoriser un décor hétérogène ou uniforme ? Est-il nécessaire de tout changer après une certaine période, et, si oui, dans quelle mesure ?

    Face à ces questions interrogations, les réactions des professionnels sont unanimes : aucune règle n’existe véritablement, si ce n’est de s’écouter. « Je dis toujours à mes clients de ne jamais opter pour une décoration façon “page de magazine” dénuée d’identité, et de privilégier un intérieur qui reflète leur personnalité. La décoration intérieure peut évoluer selon nos émotions, nos besoins et ressentis, et changer avec le temps. Il est naturel que notre environnement s’adapte pour mieux correspondre à ce que l’on ressent. On peut parfois ressentir le besoin d’un espace minimaliste pour apaiser l’esprit. Tandis qu’à d’autres moments, des couleurs vives ou des objets chargés de souvenirs peuvent nous réconforter, reprend Clémence Jeanjan. Le principe fondamental pour une décoration qui favorise notre bien-être est qu’elle nous ressemble. Car lorsque l’espace nous reflète, il devient un lieu où l’on se sent en paix et en accord avec soi-même. »

    Sa consœur Claire Clerc confirme : « Le plus important, c’est de suivre son intuition, ses besoins en choisissant des éléments de décoration qui résonnent en nous. La déco doit refléter nos personnalités et créer un cadre où on se sent bien, cela favorise l’harmonie. Une remise en question est souvent bénéfique : si on ne se sent pas bien, un réaménagement décoratif peut redonner du souffle et recréer un environnement plus apaisant ou stimulant. L’essentiel est d’adapter ses choix à son propre goût et à l’énergie qu’on veut insuffler à l’espace. Le bon équilibre est celui qui nous parle ! »

    Locataire ou propriétaire, l’important est de se sentir bien chez soi

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  • Dry January : Le défi du Janvier Sobre

    Dry January : Le défi du Janvier Sobre

    Début 2011, la Britannique Emily Robinson s’inscrit à son premier semi-marathon. Pour relever le défi et être en forme pour l’échéance en février, elle décide d’arrêter de boire de l’alcool durant le mois précédent. C’est un succès. Emily perd du poids, dort mieux et est plus en forme pour courir. Elle renouvelle l’opération l’année suivante. Entre-temps, elle a rejoint l’organisation Alcohol Change UK. Son histoire fait des émules. À tel point que l’organisation caritative décide d’en faire la promotion. C’est ainsi que la première édition de « Dry January » ou « janvier sec/sobre » voit le jour en janvier 2013.

     

    49% des 16-30 ans

    en France boivent de l’alcool au moins une fois par mois(1).

    41% d’entre eux le font “juste pour s’amuser”, 29% pour “destresser” et 22% car cela leur permet “plus facilement d’oser dire et faire des choses”

    Motivation et bienfaits

    Dix ans plus tard, l’initiative a essaimé. Aux quatre coins de l’Europe, des personnes profitent du mois suivant les agapes des fêtes de fin d’année pour relever le défi de janvier et faire une pause dans leur consommation d’alcool. Guillaume fait partie des pionniers. Ce quadragénaire qui travaille dans le contrôle de gestion entend parler de Dry January dès 2014, par le biais d’un ami irlandais. Il y voit à l’époque un bon moyen de réduire sa consommation après des fêtes bien arrosées : « Généralement, je faisais une pause de quelques jours et puis je recommençais dès la galette des Rois. Et puis le challenge m’a plu. Je suis allé au bout. Et j’ai compris qu’en fait, c’était assez cool de ne pas boire. Je dormais mieux, j’ai perdu du poids. » Après avoir longtemps pratiqué janvier sec, Guillaume s’attaque en 2022 au « dry september ». Là encore, c’est un succès. Depuis, Guillaume a tout simplement arrêté de boire de l’alcool.

    Le Dry January en chiffres(2)

    • 4.5 millions de participant·e·s en France
    • 62% des participant·e·s consomment toujours moins d’alcool trois mois après le Dry January
    • 54 % des participant·e·s déclarent une amélioration du bien-être physique

    Défi à relever

    Même si tous ceux qui s’y essayent n’optent pas pour une solution aussi radicale que Guillaume, chaque année, environ 19 % des Français ont déjà participé au Dry January(3). L’année dernière, les organisateurs de la campagne ont même relevé une hausse de 15 % des téléchargements de l’application Try Dry, qui accompagne celles et ceux souhaitant réfléchir à leur consommation d’alcool. Pourtant s’essayer à Dry January est parfois un parcours semé d’embûches. Entre les tentations sociales, les sollicitations d’amis toujours prompts à vouloir boire un verre, relever le défi n’est pas chose aisée.

    Marc, 50 ans l’a constaté. En janvier 2023, cet agent immobilier originaire de Blois, soucieux de faire attention à son hygiène de vie, tente l’aventure avec sa femme : « Après une semaine d’abstinence, somme toute assez facile, l’envie de boire un verre de vin est revenue en force avec l’arrivée du week-end. Dès le samedi soir, nous nous sommes regardés en riant et nous avons ouvert une bouteille de blanc. Nous ne faisons pas partie de la génération des défis qu’on s’impose. L’idée de cesser de boire en janvier, car tout le monde le fait, nous a vite paru ridicule. »

    Malgré cet échec, Marc et sa femme ont adopté leur propre ligne de conduite, qui consiste à ne pas boire en semaine et à se faire plaisir le week-end. Ils tirent de cette expérience la leçon suivante : « Si faire le Dry January peut aider d’autres gens à boire moins d’alcool, tant mieux. En ce qui nous concerne en tout cas, nous préférerons vivre la modération à notre manière, plutôt que de suivre un protocole qui nous semble absurde. »

    Quid de la pression sociale ?

    Julia, journaliste de 32 ans, s’essaye, elle, au Dry January en 2015, alors qu’elle est étudiante à Bruxelles. Après avoir entendu parler du défi sur les réseaux sociaux, elle se jette à l’eau avec quelques amis. Eux cèdent rapidement. Elle tient bon tout au long du mois et constate les effets bénéfiques : « J’ai perdu quatre kilos, j’ai vu des résultats concrets. » Pourtant c’est la première et dernière fois que Julia fait Dry January, elle ne renouvelle pas l’opération les années suivantes : « Quand tu es seule à le faire, c’est pénible. Si tu t’obliges à boire une eau pétillante quand tout le monde opte pour une bière, ce n’est pas très drôle. Mais ça m’a appris à boire avec modération. Par exemple à ne boire qu’une bière quand je sors. » Ses amis belges, eux, ont plébiscité une nouvelle forme de sobriété. À la place de Dry January, il existe depuis 2021 la Tournée minérale, qui encourage les Belges à relever le défi d’un mois de février sans alcool. Principal avantage selon les adeptes ? Il y a moins de jours en février qu’en janvier.

    Le Dry 31 : la plus grosse fête sans alcool !

    Imaginez une fête géante, unique, conviviale mais surtout… sans gueule de bois le lendemain ! C’est le concept du Dry 31 ! Un projet un peu fou : transgresser le dernier tabou de la sobriété. 50 lieux dans 25 villes en France ont décidé de jouer le jeu. Le 31 janvier 2026, cette grande fête accessible à tous vous invite à réinventer la convivialité. Au programme : de nombreuses animations, une expérience unique à vivre… et le plaisir de profiter de la journée du lendemain !

    Je participe au Dry 31 ! 

    (1) Baromètre Macif 2024

    (2) Chiffres 2024, https://dryjanuary.fr/

    (3) CSA 2024