Étiquette : Bien-être

  • Pensées intrusives : c’est quoi et comment s’en débarrasser ?

    Pensées intrusives : c’est quoi et comment s’en débarrasser ?

    « Pendant toute mon adolescence et jusqu’à près de 30 ans, ma vie a été hantée par des pensées intrusives », se souvient Clara. Aujourd’hui quadragénaire et libérée de ce supplice, elle raconte les soirées passées à se retourner dans son lit sans pouvoir trouver le sommeil et les arrêts de métro ratés lorsqu’elle était perdue dans ses pensées négatives. « J’étais en boucle sur des épisodes de ma vie passée dont je tirais des conclusions sur le présent », précise-t-elle. Parmi les évènements qu’elle ressassait à l’infini, il y avait, notamment, une dispute avec sa grand-mère survenue dans l’enfance. Elle déroule les faits : « J’avais une dizaine d’années et nous étions en vacances chez Mamie avec mon frère. J’avais cassé une latte du lit en sautant dessus comme si c’était un trampoline et ma grand-mère m’avait fait copier des lignes en guise de punition. » Excédée, Clara lui avait alors lancé, selon son souvenir : « De toute façon tu es vieille et je ne t’aime pas ! »

    Bien des années plus tard, cette phrase est revenue régulièrement pourrir les nuits de la petite fille devenue adulte. « Je culpabilisais énormément, avoue-t-elle. J’avais beau me dire que je n’étais qu’une enfant et me rappeler que je lui avais, par la suite, témoigné mille fois mon amour avant sa mort, cette phrase revenait sans cesse. » Conséquences ? Pendant des années, Clara s’est trouvée minable à tous les niveaux de sa vie. « Et puis, au cours de ma psychanalyse, dit-elle, j’ai réalisé que si cette phrase planait dans ma vie comme un fantôme, c’était en raison d’une autre parole, prononcée par mon grand frère en réaction à ce que je venais de dire à notre grand-mère : “T’es méchante, t’es plus ma sœur.” »

    Des pensées automatiques non sollicitées

    Marine Colombel est psychiatre à l’EPS Barthélémy Durand, dans l’Essonne, enseignante en méditation à la faculté de Toulouse 3 et autrice de Sortir des ruminations mentales (éd. Marabout, mars 2024). Lors de ses consultations, elle reçoit de nombreux patients angoissés et victimes de ces pensées parasites. « Une pensée intrusive, décrit la médecin, est une pensée automatique qui s’impose à nous sans que nous la sollicitions. C’est assez proche des phénomènes de rumination. » En général, elles suscitent un sentiment de dénigrement chez les sujets chez lesquels elles s’invitent, et les font souffrir. « Elles peuvent arriver à n’importe quel moment, mais certains sont plus propices, notamment le soir, quand on va se coucher, car on n’est plus en action », poursuit la professionnelle.

    Chez Fatoumata, trentenaire parisienne, les pensées qui se glissent dans sa tête quand elle ferme les yeux, court-circuitant ses aspirations à faire de beaux rêves, sont presque toujours liées à l’argent. « C’est un truc de fou, s’emporte-t-elle. Je gagne bien ma vie et j’ai suffisamment d’épargne pour voir venir pendant des mois si jamais il se passe quoi que ce soit. Mais c’est plus fort que moi, il y a des phases où je suis persuadée que je dépense trop, que je gère mal mon budget, que je jette l’argent par les fenêtres. Et dans ces moments-là, je vérifie mes comptes sur l’appli de ma banque, je réfléchis à ce que je pourrais vendre dans mon armoire. Et, surtout, je suis très en colère contre moi, je me trouve irresponsable. » Elle explique ces angoisses par son enfance au sein d’une famille très précaire, obnubilée par la peur du lendemain.

    Méditer, se dépenser, consulter

    « Ces ruminations nous coupent du moment présent, analyse Marine Colombel. Elles nous enferment dans des pensées négatives et stressantes, et activent tous les symptômes du stress chronique. Et cela est délétère à différents niveaux. » Parmi les maux que ces pensées peuvent entraîner, on peut citer, pêle-mêle : des douleurs chroniques, par exemple articulaires, ou des céphalées, mais aussi, des difficultés au niveau cardio-vasculaire et un risque de dépression. Mais alors, à partir de quand faut-il s’inquiéter ? « S’il y a vraiment un sentiment de mal être, de souffrance, il faut consulter », assure la psychiatre. Et si on constate des problèmes dysfonctionnels liés à ces idées qui reviennent sans cesse, il est aussi nécessaire de se faire accompagner. Selon la professionnelle, on peut, d’abord, en parler à son médecin généraliste, qui pourra estimer qu’une orientation vers un psychologue ou un psychiatre est opportune. Elle conseille aussi de pratiquer la méditation, « un exercice de l’esprit à travers lequel on apprend à diriger notre attention vers le moment présent et ce qui se passe dans notre corps à l’instant T ». Cette technique aide à réguler ses pensées et à écarter les pensées intrusives.

    De façon plus générale, elle recommande les activités physiques en plein air, afin de libérer des endorphines tout en prenant de la vitamine D. Et d’adopter un régime alimentaire équilibré, car « avoir un microbiote anti-inflammatoire permet de diminuer la rumination ». Et ce n’est pas Clara qui dira le contraire : « Depuis que j’ai entamé une thérapie, je me suis aussi mise au running, confie-t-elle, et j’ai fait évoluer mon alimentation. Je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ma tête et dans mon corps ! »

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  • Art sur ordonnance, en quoi ça consiste ?

    Art sur ordonnance, en quoi ça consiste ?

    « C’est ma bulle d’oxygène ! » Depuis le printemps 2023, Valérie Devesse participe au programme « L’Art sur ordonnance » lancé à Montpellier par le MO.CO, centre d’art contemporain, et le Centre hospitalier universitaire. « Je n’étais pas du tout intéressée par l’art et je n’allais jamais dans les musées. » Hospitalisée pour dépression, la patiente est invitée à participer à cette action artistique. « Je suis allée voir, pour découvrir », confie-t-elle. Elle est ressortie de cette expérience pleine d’enthousiasme : « Ce projet, c’est un moteur pour sortir de chez soi, être dans la découverte de l’art et dans l’apprentissage. Cela permet d’aller vers les autres, d’échanger. »

    Partenariat Hôpital – Musée

    À l’image de la liaison entre le centre d’art contemporain MO.CO et le CHU de Montpellier, d’autres partenariats existent en France, entre le palais des Beaux-Arts et l’hôpital universitaire de Lille, entre le service cardiologie de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière et le Musée Marmottan Monet à Paris ou avec le Château de Compiègne, et aussi en Belgique entre l’hôpital Brugmann et cinq institutions (musée de la Ville de Bruxelles, musée Mode & Dentelle, etc.). « Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé de 2019, l’art peut être bénéfique pour la santé, tant physique que mentale », explique le professeur Philippe Courtet, chef du service psychiatrie du CHU de Montpellier. « D’ailleurs, l’artiste Louise Bourgeois disait : “L’art est une garantie de santé mentale.” Il y a des initiatives de prescriptions artistiques en Grande-Bretagne depuis une trentaine d’années et cela fonctionne. » C’est ce qui a guidé le professeur Courtet pour initier un rapprochement avec le MO.CO en 2022.

    Visite d’une exposition et ateliers avec un artiste

    « Nous avons déjà organisé cinq sessions, pour une quinzaine de patients à chaque fois », raconte Stéphanie Delpeuch, responsable des publics et de la médiation au MO.CO. Le programme se déroule en trois étapes : la visite d’une exposition commentée par un artiste, la présentation de son travail par ce même artiste suivi de six ateliers de pratique artistique avec lui. « En 2022, nous avons réalisé trois sessions, avec les plasticiennes Bianca Bondi et Suzie Lelièvre et avec la chorégraphe Anne Lopez. L’année dernière, les plasticiennes Alba Sagols et Valérie du Chéné étaient les invitées du programme L’Art sur ordonnance. » La patiente Valérie Devesse a participé aux sessions avec Alba Sagols et avec Valérie du Chéné. « Avec Alba Sagols, nous avons travaillé sur du plexiglas. En le faisant chauffer, nous lui donnions des formes. C’était une complète découverte pour moi. Valérie du Chéné travaille elle sur l’art éphémère. Elle avait ramassé des cailloux que nous avons peints. C’était sympa à faire et déroutant. Puis, nous avons raconté l’histoire de chaque pierre. Valérie du Chéné a enregistré nos voix et elle en a fait un petit film. »

    Lire aussi : À la découverte de la musicothérapie

    Devant le succès de ces sessions, qui durent un mois et demi à raison d’un atelier par semaine, le MO.CO a lancé également des sessions « capsule ». « Ce sont des sessions sur une journée, ouvertes à tout le monde, précise Stéphanie Delpeuch. Comme ça, les patients qui viennent de l’hôpital se mélangent au public habituel du MO.CO pour une meilleure inclusivité. »

    Retrouver du sens à l’existence

    « Les personnes qui sont en dépression sont en phase de repli sur elles-mêmes, explique le professeur Courtet. Ces sessions aux MO.CO stimulent l’expression émotionnelle et l’imagination de chaque participant. Elles facilitent également le lien social et permettent de rompre l’isolement. Grâce à ces ateliers, les patients retrouvent de l’estime de soi et de la confiance en soi. Nous constatons qu’ils vont mieux. Ils retrouvent du sens à l’existence. » Ce que Valérie Devesse confirme : « Le programme au MO.CO, les visites d’expositions et les ateliers me redonnent le goût de découvrir et d’apprendre. Et je vais vers les autres. Nous échangeons sur beaucoup de choses de la vie, pas que sur l’art et jamais sur la maladie. Pendant deux heures, la maladie n’est plus au centre de ma vie et cela me fait du bien. Ce projet, c’est un moteur pour moi : il faut s’engager, se motiver à aller à toutes les séances et tenir. Cela peut être fatigant, mais ça nous aide dans notre pathologie. »

    Le journal américain The Christian Science Monitor a consacré fin mars 2024 un long article titré La muséothérapie, nouveau remède aux troubles de la santé mentale en France. Il décrypte plusieurs « prescriptions culturelles » nouées entre des hôpitaux et des musées et insiste sur la pertinence de telles initiatives. L’article précise d’ailleurs que « les diagnostics de dépression chez les Français de 18 ans à 24 ans ont quasiment doublé depuis 2017 (selon une étude d’octobre 2023 réalisée par Santé publique France), et que les consultations de psychiatrie chez les étudiants ont augmenté de 30 % en deux ans ». Partant de ce constat et des résultats encourageants déjà constatés, l’art sur ordonnance devrait probablement se développer plus encore dans les prochaines années en France.

  • Les bienfaits du rire

    Les bienfaits du rire

    Qu’est-ce que le rire ?

    Sylvie Chokron : Le cerveau est un organe qui fait tout le temps des prédictions, il possède un réseau d’aires cérébrales, situées en partie dans le lobe frontal, qui analysent ce qui se passe et peuvent détecter une incongruité par rapport à ce qui était anticipé. Et quand le cerveau reçoit une réponse qu’il n’avait pas prédite, il y a alors quatre possibilités : soit ça n’a absolument aucun intérêt et vous n’y donnerez sans doute pas suite, soit vous êtes surpris et vous cherchez à en savoir plus, soit c’est dangereux et il va falloir s’adapter, soit ce n’est pas dangereux et c’est même drôle. Le rire vient donc d’une réaction de surprise, c’est un point de départ très cognitif, c’est-à-dire mettant en jeu les connaissances et une analyse de la situation, lorsqu’il n’y a pas de danger de situation de danger vient l’activation des régions qui déclenchent les contractions musculaires, et donc, le rire. D’ailleurs, c’est pour cela que les bébés, dès leurs premiers mois d’existence, rient généralement beaucoup, lorsque, par exemple, leurs parents se cachent derrière un objet et réapparaissent.

    Est-ce que le rire a un impact sur nos rapports sociaux ?

    S. C. : Lorsque vous voyez quelqu’un rire, vous allez rire par un processus de contagion émotionnelle. Pour une même scène, on rit beaucoup moins seul qu’au milieu d’autres personnes. Le rire est une composante d’interaction sociale, c’est la communication de votre état, de votre surprise, l’expression de votre réaction que vous communiquez aux autres. Quand vous êtes seul, si vous prenez du plaisir et que quelque chose vous amuse, vous n’exprimez généralement pas le rire de manière sonore et physique. En revanche, quand vous riez en compagnie d’autres gens, cela libère de l’ocytocine, l’hormone des relations et de l’attachement. A chaque fois que nous nous permettons de rire, plus cela resserre nos liens sociaux.

    Le rire a-t-il une influence sur notre santé ?

    S. C. : Le rire procure du bien-être, parce qu’il fait suite à une émotion positive et non négative. Il libère des endorphines qui sont des anti-douleurs naturels, si vous avez mal quelque part, rire va détourner votre attention de la douleur et vous apporter un bien-être à la fois physique et moral. Comme il met en jeu la respiration, il est par ailleurs très bon pour le système cardiovasculaire. Il faut savoir que rire active plus de quatre cents muscles depuis les abdominaux jusqu’à ceux du visage, un bon fou rire, c’est comme une séance de sport. Rire va aussi libérer des hormones du plaisir et du bonheur : de la sérotonine et de la dopamine. Il permet d’évacuer les tensions. D’ailleurs, les enseignants le savent bien, en cours, si vous faîtes rire les élèves, cela va détendre l’atmosphère générale et leur permettre de mieux concentrer leur attention sur ce que vous êtes en train de dire. Lorsqu’un professeur réussit à placer une petite blague dans son cours, les étudiants se souviennent mieux de la leçon.

    Que peut-on faire pour exercer notre rire ?

    S. C. : Il faut se donner les moyens de rire, comme regarder des films drôles, aller à des spectacles d’humoristes, se faire des blagues entre amis. Pour l’écriture de mon livre, j’ai par exemple rencontré Julie Mamou Mani, “Mamouz” sur Instagram, que plus de 230 000 personnes suivent pour avoir leur dose de rire. Au départ, elle était journaliste, elle travaillait dans des rédactions très sérieuses et c’est pendant le confinement qu’elle a commencé à envoyer des mèmes [élément humoristique et viral sur internet. NDLR .] et des blagues, elle s’est rendu compte que les gens lui en demandaient de plus en plus. Il y a une multitude de manières pour déclencher le rire, mais l’autodérision est une des plus grandes sources de blagues, il faut en être conscient et se l’autoriser. Le rire, c’est vraiment précieux, il nous permet d’être de bonne humeur, d’apprendre, de mémoriser plus facilement. Dès le plus jeune âge, un enfant qui rit pendant qu’il apprend une nouvelle information aura plus de chances de la retenir, les émotions positives comme le rire vont mobiliser l’attention et ainsi, permettre une meilleure consolidation des souvenirs. Nous devons arrêter d’opposer le rire aux choses sérieuses et cesser d’imaginer que nous sommes plus efficaces dans notre capacité d’apprentissage lorsque l’on ne rit pas, parce que c’est complètement faux.

    Il existe aussi le yoga du rire, des ateliers de groupe où on simule un rire, à quoi sert ce genre d’activité ?

    S. C. : À la différence du rire sincère, c’est-à-dire le rire qui vient spontanément quand vous trouvez quelque chose de drôle et qui vous procure une sensation de plaisir intellectuel en plus des réactions physiques, le yoga du rire va surtout vous apporter un bienfait physique, mais sans forcément l’aspect spirituel.

    Rire du quotidien !

    Après une première saison couronnée de succès, découvrez De Ouf ! Par Macif Saison 2 pour rire des tracas du quotidien avec des humoristes de talent !

  • La socio-esthétique pour reprendre confiance en soi

    La socio-esthétique pour reprendre confiance en soi

    Des esthéticiennes, un peu magiciennes. Depuis presque dix ans, Amandine Hiron sillonne les routes de Mayenne, en tant que socio-esthéticienne, intervenant auprès de structures médicales, sociales et médico-sociales. « J’ai été la première dans le département, se souvient-elle. J’ai été formée à Tours au Codes (Cours d’esthétique à option humanitaire et sociale, ndr), la seule école qui, actuellement, est reconnue en France et qui a été créée en 1978 – période durant laquelle la socio-esthétique est née. » Socio-esthétique ? Un métier à la charnière entre deux mondes : celui de la mise en beauté et celui de l’action sociale.

    Soin du visage, gommage du corps, pose de vernis, session maquillage, choix d’une tenue vestimentaire : la socio-esthétique, initialement créée pour apporter confort (et réconfort) aux personnes malades, connaît un essor ces dernières années, se tournant notamment vers l’insertion professionnelle et sociale des plus précaires. Si le résultat est tout aussi fructueux qu’une séance chez l’esthéticienne dans un institut de beauté, la socio-esthétique a une particularité : la gratuité. « Ce ne sont pas les bénéficiaires qui nous rémunèrent, mais les structures qui nous font intervenir, précise Amandine. Ce qui, parfois, peut être problématique, car nous dépendons d’un budget spécifique. Si la structure n’est pas en mesure de l’assumer, il faut aller chercher l’argent ailleurs. »

    De la maternité aux personnes âgées, en passant par la détention

    Depuis son apparition, la socio-esthétique est un outil particulièrement prisé des services oncologiques. La plupart des socio-esthéticiennes interviennent auprès de personnes atteintes d’un cancer. « L’idée est de pallier les effets secondaires externes des traitements », explique Amandine. Notamment l’un des plus importants : la sécheresse de la peau. « C’est quelque chose de tout bête, mais lorsqu’on a la peau sèche, ça démange, ça crée un inconfort, ça peut même entraîner des lésions, donc des risques infectieux », ajoute-t-elle. En apaisant cet effet, le patient observe une meilleure qualité de vie, améliorant ainsi l’efficacité de son traitement. Pour ce qui est des soins palliatifs, la socio-esthéticienne va davantage travailler sur la partie dite « confort » du patient. Mais aujourd’hui, la socio-esthétique ne s’arrête plus à la maladie et tend la main à l’ensemble des personnes précaires : des jeunes, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap ou éloignées de l’emploi… Tout est possible.

    « On peut même intervenir dès la naissance, informe Amandine. Je suis par exemple intervenue sur des nouveau-nés dans le cadre du Sida. Il s’agissait de mères, souvent d’origine étrangère, qui méconnaissaient la maladie et qui n’osaient pas faire les soins de nursing à leur enfant, de peur de les contaminer. Par le biais de la socio-esthétique, elles ont pu retrouver le toucher bienveillant et rassurant de la maternité. »

    Non loin de la Mayenne, ce sont dans les prisons nantaises que Léa Pitaud – socio-esthéticienne depuis sept ans – intervient, en animant des ateliers collectifs. D’un côté, le centre de détention pour les personnes en longues peines : « Souvent, ces personnes ne prennent plus soin d’elles, n’en voyant pas l’intérêt après quinze ans d’emprisonnement, raconte-t-elle. On va leur réapprendre l’hygiène de base : comment se laver les pieds, comment faire un gommage pour les mains pour nettoyer ses ongles. » De l’autre, le centre pour les plus petites peines : « Dans ce cas, on sera sur de la réinsertion sociale, ajoute Léa. On va travailler l’estime de soi, la confiance en soi, la capacité à se présenter auprès d’un employeur, à s’habiller, etc. » Les premiers à témoigner des bienfaits de la socio-esthétique en milieu carcéral : les gardiens. « Après une séance d’une heure, les prisonniers sont plus calmes. La soirée des gardiens est beaucoup plus tranquille et ils sont plus en confiance. »

    Dans les Pays de la Loire, une cinquantaine de socio-esthéticiennes

    Si l’on en croit les résultats d’une étude pour la Fédération des entreprises de beauté (Febea) et l’Agence du Don en Nature (ADN), publiée en mai 2023, la socio-esthétique semble faire l’unanimité. Des moments de détente et de relaxation pour 79 % des répondantes, et de convivialité, pour 64 % d’entre elles. « Ces parenthèses donnent le sentiment d’être en dehors de la précarité et permettent d’enclencher un parcours de conquête de l’estime de soi et de reconstruction nécessaire pour renouer avec l’insertion sociale et professionnelle », relève l’enquête. Les dons du secteur de l’hygiène-beauté aux associations organisant des ateliers collectifs ou séances individuelles représentent d’ailleurs 40 % des dons non alimentaires en France, « ce qui en fait le premier secteur donateur », souligne la Febea dans un communiqué. « Grâce à la socio-esthétique, ils prennent soin d’eux, ils se reconnectent à leur corps, confirme Amandine. Et surtout, quand ils rentrent chez eux, ils savent reproduire les gestes à l’aide des produits qu’ils ont fabriqués eux-mêmes. C’est hyper valorisant de rentrer chez soi avec ce qu’on a fait soi-même, on en ressort fier. » Léa, quant à elle, ne cache pas son propre plaisir : « Quel bonheur lorsqu’un de vos patients se regarde dans le miroir et se dit que c’est agréable. »

    S’il est difficile de savoir exactement combien de socio-esthéticiennes exercent dans l’Hexagone, Léa en compte une cinquantaine dans les Pays de la Loire. Un chiffre qui devrait continuer d’augmenter selon elle : « Il y a de plus en plus d’écoles de qualité et une vraie envie d’accompagnement des personnes fragiles. » Prochaine étape : que la socio-esthétique soit reconnue comme profession indépendante et qu’il y ait un vrai remboursement – celui d’un « soin de support », au même titre que l’art-thérapie ou la sophrologie. « Cela permettrait de toucher encore plus de personnes et d’obtenir la subvention des agences régionales de santé et de l’État, souhaite la jeune femme. On va vers cela, lentement. » Mais sûrement ?

    Pour toutes infos supplémentaires, consultez le site de la Fédération Nationale de Socio-esthétique : https://fnsefrance.fr/

  • Ces aliments qui réduisent le stress

    Ces aliments qui réduisent le stress

    Supportable quand il reste occasionnel et passager, le stress peut devenir un véritable handicap chronique. On peut alors être accompagné par un suivi psychologique. Mais de plus en plus d’experts s’accordent à dire que l’alimentation joue également un rôle dans la régulation du stress. Le point avec la diététicienne-nutritionniste Amandine Perrot, spécialisée en psychonutrition. « Notre environnement induit sans cesse le besoin de se réadapter et génère beaucoup de stress, qui est une réaction d’alerte à un événement perturbateur. Les glandes surrénales sécrètent alors du cortisol, aussi connu sous le nom d’hormone du stress », note-t-elle. Mais le cerveau et l’intestin sont à l’origine de la sécrétion des hormones du bien-être que sont la sérotonine et la dopamine. Et certains aliments et nutriments favorisent leur production.

    Magnésium, oméga 3 et vitamines sont les meilleurs alliés

    Parmi ces alliés, le magnésium est probablement le plus connu. Permettant d’éviter l’excès de cortisol, il est présent dans la plupart des végétaux, « notamment les fruits à coque et légumineuses comme les lentilles et les pois chiches, qu’on a tendance à délaisser », note Amandine Perrot. Il peut également être trouvé dans les céréales complètes, les herbes aromatiques, l’avocat, la banane… Mais aussi dans le chocolat ! À noter qu’il vaut mieux préférer du chocolat noir, riche en anti-oxydants. Il ne faut pas non plus lésiner sur les oméga 3, qui stimulent la production de dopamine et de sérotonine, antidépresseurs réputés. « On les retrouve dans l’huile de noix et de colza, mais aussi dans les poissons gras : sardine, maquereau, harengs, thon et saumon », détaille Amandine Perrot. Il s’agit de graisses polyinsaturées essentielles, mais dont on peut facilement manquer. « Il faut aussi consommer de l’huile d’olive, riche en antioxydants, bons pour notre santé cardiovasculaire », ajoute la diététicienne.

    Si toutes les vitamines sont bénéfiques, certaines ont un effet antistress spécifique. « Les vitamines B sont particulièrement importantes, elles participent à l’élaboration des neurotransmetteurs comme la sérotonine et la dopamine », explique Amandine Perrot. On les retrouve dans les viandes, mais aussi dans les œufs et légumineuses. Les vitamines C, excellents antioxydants, contribuent à nous protéger face aux dégâts du stress. Selon Amandine Perrot, le secret est de consommer des fruits et légumes de saison en priorité : « C’est là qu’ils contiennent le plus d’éléments protecteurs, par exemple, en hiver, le chou et les pommes de terre. » La vitamine D n’est pas en reste. Il ne suffit pas de s’exposer au soleil, ce qui n’est en plus pas recommandé : « Beaucoup de Français présentent des déficits, il faut aller la chercher dans les oeufs et les poissons gras. » Elle est aussi disponible en complément alimentaire si besoin et sur avis médical.

    Prendre soin de son microbiote intestinal

    Enfin, quotidien sans stress rime avec microbiote en bonne santé. « Beaucoup d’études ont démontré le lien entre microbiote intestinal et santé mentale, pointe Amandine Perrot. Il peut être parasité par des bactéries “stressantes” et le protéger permet de limiter leur effet. » La diététicienne recommande les fibres contenues dans les légumes, céréales complètes et légumineuses. Et pour apporter à notre flore intestinale ce dont elle a besoin pour prospérer, les aliments fermentés, qui contiennent des probiotiques, sont essentiels : « On les retrouve dans les yaourts, les olives, les cornichons, ou encore la choucroute. »

    En résumé, pour diminuer le stress, il faut privilégier une alimentation variée et la moins transformée possible. « Plus l’on s’oriente vers une alimentation brute et naturelle, plus on retrouve les composantes qui nous protègent du stress. Inversement, une alimentation déstructurée et industrielle prédispose au stress », conclut Amandine Perrot. Aider les patients atteints d’anxiété, voire de dépression, via une alimentation saine est l’objet d’étude de la psychonutrition. « L’idée n’est pas de supprimer des médicaments, mais de renforcer leur effet », appuie la diététicienne. Ainsi, en cas de stress intense, une partie de la solution pourrait bien se trouver dans votre assiette.

  • L’animal, bon pour le moral

    L’animal, bon pour le moral

    « Lama thérapie » : tendance ou vrais bienfaits ?

    « Un lama en maison de retraite ? » Voilà ce qu’a pu entendre Benjamin Leroy-Blanc après avoir émis l’idée d’un élevage de camélidés, éduqués pour travailler en zoothérapie. C’était en 2014. Trader à la City de Londres puis à Paris, Benjamin se lasse. Son travail manque de sens. Cet amoureux des animaux décide alors de quitter la capitale britannique et de se former spécifiquement à l’élevage de lamas et – surtout – à la médiation animale. Seul hic : à Six-Fours-Les-Plages, commune située dans le département du Var, les lamas ne courent pas les rues. « Ceux que j’ai pu trouver appartenaient à des activités agricoles qui les utilisaient pour débroussailler, raconte Benjamin. J’en ai trouvé un dans un cirque, aussi. » Aujourd’hui, la ferme pédagogique compte cinquante lamas, dont Jules. La star. C’est avec lui que l’institut de zoothérapie baptisé Le Corral des lamas a démarré. « J’ai très vite constaté les qualités des lamas pour la zoothérapie, poursuit l’éleveur. Ils sont très calmes, domestiques, patients, intelligents et d’une gentillesse inouïe. Leur côté laineux est rassurant, aussi. Ils savent s’adapter aux besoins de la personne et adorent les câlins. » On est très loin du lama crachant sur les gens par agacement, que Hergé dessine dans Tintin au Tibet. Au minimum cinq fois par mois, Benjamin embarque ses compagnons laineux et part à la rencontre de résidents d’Ehpad. Certaines visites le marquent particulièrement : « Il y avait un monsieur complètement éteint, qui ne parlait à personne. Son insertion au sein de l’Ehpad était visiblement très compliquée, se souvient-il. Dès qu’il m’a vu arriver avec le lama, il a commencé à sourire, à me parler et à me poser des questions. En psychiatrie, j’ai pu grâce à l’animal être témoin de réconciliations familiales. Des moments très forts. »

    L’animal, bon pour le moral

     

    Le succès est tel qu’on parle même de « lama thérapie ». Une tendance qui se développe un peu partout dans le monde : des États-Unis, où l’alpaga Napoléon – comptant quatre mille trois cents abonnés sur Facebook – est devenu une coqueluche pour différentes maisons de retraite de l’Oregon, jusqu’au centre de l’Équateur, où la création d’un centre de lama thérapie est en projet. La médiation animale « encourage la prise d’initiative, favorise l’expression, les interactions, crée du lien, fait travailler l’autonomie, apaise les angoisses, améliore la mémoire », et plus encore, peut-on lire sur le site de l’association Le Lama et ses ressources, qui propose des séances de lama thérapie en Essonne.

    La zoothérapie, remède au stress post-traumatique

    Si les pouvoirs thérapeutiques du lama sont indéniables, il semblerait qu’ils s’appliquent à l’ensemble des animaux, formés à la médiation animale. Le nombre de fermes pédagogiques ne fait que confirmer la tendance : en 2003, on comptait en France près de mille quatre cents fermes spécialisées. Un chiffre qui, vingt ans plus tard, a augmenté. Surtout si l’on ajoute certains refuges, également mobilisés pour accueillir des séances de zoothérapie. C’est le cas d’Ava (Agir pour la Vie Animale), situé en région Normandie – à Cuy-Saint-Fiacre plus exactement. Tous les quinze jours, l’association reçoit des victimes d’attentat ou de viol, tous patients de l’Institut de victimologie, spécialisé dans le traitement du stress post-traumatique. À l’origine de ce programme : Delphine Morali-Courivaud, psychiatre et directrice médicale de l’institut. « La particularité de ce programme est que ces animaux ne sont pas formés à la zoothérapie. Les patients passent la journée avec des chiens, chats et chevaux abandonnés ou maltraités dont le refuge a la charge, explique-t-elle. Il y a comme un effet miroir. Les patients deviennent à leur tour soignants. »

    Après de longues balades parmi le troupeau de daims, après avoir nourri les chevaux ou câliné la centaine de chats, la psychiatre s’émerveille face aux progrès de ses patients. « Le stress post-traumatique développe une hypervigilance qui progressivement les isole aussi bien socialement qu’affectivement, détaille-t-elle. Grâce à l’animal, ils recréent du lien, sortent de leur bulle de solitude et retrouvent de l’estime de soi. » L’animal apaise, réconforte et, dans certains cas, sauve : « Des patients m’ont confié que la seule chose qui parfois les empêchait de se suicider, c’était leur lien avec leur chat ou leur chien. »

    Éclair, premier labrador d’assistance

    À ce jour, très peu d’études françaises existent sur l’impact de la pet-therapy (ou thérapie par les animaux) auprès de patients qui souffrent d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Elles représentent moins de 2 % des études publiées sur le sujet. Mais Benjamin Borg n’a pas besoin de preuves scientifiques pour être sûr des bienfaits de l’animal dans le traitement du TSPT. Il y a presque trois ans, cet ancien militaire et sapeur-pompier professionnel a créé la CAPE, une association de chiens d’assistance aux personnes en état de stress post-traumatique. La toute première en France. « En voyageant en Europe, j’ai pu constater qu’il existait des chiens pour des personnes en état de stress post-traumatique. Un peu partout, sauf en France, déplore-t-il. Lorsqu’il y a eu la 131e victime des attentats de Paris – personne qui s’est suicidée deux ans après – sans oublier les militaires qui rentraient d’opérations extérieures et qui, quelques mois après, mettaient fin à leurs jours, j’ai décidé d’agir. » C’est ainsi que le 14 juillet 2022, Frédéric, un militaire des forces spéciales et blessé de guerre, accueillait Éclair, première chienne d’assistance.

    Si l’on en croit Benjamin Borg, elle sait tout faire : « En cas de cauchemar, elle va réveiller son maître, allumer la lumière. En journée, même chose. Elle peut constater une anomalie dans le comportement de son maître – des tocs par exemple – et l’interrompre. S’il est pris d’une agoraphobie, il peut s’accrocher à elle. Elle peut alerter les voisins en aboyant ou même appeler les secours en appuyant sur téléassistance… » Si Super-Éclair est la première, elle ne sera pas la dernière. D’ici 2025, Benjamin espère remettre une vingtaine de chiens d’assistance.

    L’empathie, le propre de l’animal

    Ces dernières années, la zoothérapie fait beaucoup parler d’elle. En réalité, cette pratique est loin d’être nouvelle puisqu’elle remonte, précisément, à 1792, lorsque des protestants Quakers anglais ont décidé de placer des patients en compagnie de lapins ou de poules. L’objectif : aider ces personnes à mieux contrôler leurs émotions. Après cette première expérimentation, les animaux font progressivement leur entrée dans les hôpitaux psychiatriques britanniques. Mais c’est de l’autre côté de l’Atlantique que les premières études scientifiques sont conduites. Dans les années 1960, le pédopsychiatre américain Boris M. Levinson obtient des résultats bénéfiques en utilisant le chien comme « cothérapeute » de l’enfant présentant des troubles psychiatriques. Il fait aujourd’hui figure de pionnier.

    Pour autant, comment explique-t-on les pouvoirs thérapeutiques que possèdent nos amis les bêtes ? « L’éthologie (l’étude du comportement des animaux en milieu naturel, ndr) a bien fait ressortir le fait que les animaux, et spécifiquement les chiens, ressentent des émotions, dont certaines peuvent être associées à une forme de compassion. La relation avec l’animal crée les conditions d’un soin sans les mots, écrit Elisa Chelle, professeure des universités en science politique à Paris Nanterre, dans un article publié sur The Conversation. L’animal permet à l’être humain de développer une communication non verbale. [Il est] une présence, un être vivant auquel on peut parler, même confusément, ou ne pas parler du tout. » La chercheuse pointe d’ailleurs la place singulière qu’occupe l’animal dans notre imaginaire collectif, en citant quelques exemples : le jeune Mowgli élevé par des loups dans Le Livre de la jungle, Tarzan grandissant parmi une tribu de gorilles, ou encore le Petit prince apprivoisant le renard qui deviendra pour lui « unique au monde ». « L’animal apparaît comme un semblable avec qui nous partageons des réactions et des émotions », conclut la chercheuse.

    Plusieurs études montrent l’impact positif de la présence animale. Selon celle publiée en 2019 dans le journal de l’American heart association, les propriétaires de chiens voient leur risque de mortalité baisser de 24 % et celui de subir une attaque cardiaque de 31 %. Une autre étude réalisée par des chercheurs du Centre Médical de l’Université du Michigan en février 2022, confirme la tendance. Communiqués par le site EurekAlert!, les résultats sont sans appel : vivre avec un animal de compagnie pendant cinq ans ou plus permettrait de réduire le stress et de ralentir le déclin cognitif. Est-ce pour cette raison que la France figure parmi les pays d’Europe où l’on compte le plus de chiens et de chats (le haut du podium revenant aux poissons) ? Sans doute.

    Au total, on recense en France – selon les statistiques de Facco-Kantar –, 80 millions d’animaux de compagnie. Et comme à peu près tout, le Covid n’a fait que renforcer l’expérience. Selon un sondage Ifop réalisé en 2020, plus de la moitié des Français déclare posséder un animal de compagnie et un quart de ceux qui n’en ont pas encore, pensent en acquérir un. Pourquoi pas un lama ?

    Le mook Vous! par Macif #1 est à retrouver ici dans son intégralité.

  • Les bienfaits de l’optimisme sur la santé

    Les bienfaits de l’optimisme sur la santé

    Attaques terroristes, réchauffement climatique, inflation, guerre en Ukraine… Cinq minutes de scrolling sur les réseaux sociaux suffisent à se poser la question : est-il encore possible – et surtout bien sage – d’être optimiste en 2024 ? Ou à l’inverse, est-il la preuve d’inconscience ou de déni ? Encore aujourd’hui, l’optimisme est moqué ou du moins débattu. Sujet de plus en plus récurrent dans les médias ou dans la littérature, l’optimisme suscite aussi depuis peu l’intérêt de la communauté scientifique. En 2022, une étude de la Société américaine de gériatrie, menée pendant 25 ans sur 160 000 femmes âgées de 50 à 80 ans, a mis en évidence que les personnes les plus optimistes vivaient en moyenne quatre ans de plus que les autres. La synthèse de quinze études médicales portant sur 230 000 personnes a d’ailleurs montré que l’optimisme est associé à une diminution significative du risque cardiovasculaire.

    Ses bienfaits semblent donc indiscutables. Seul hic : les Français ont la réputation d’être des « râleurs » invétérés ou les champions de l’insatisfaction. Pourquoi ? Selon Philippe Gabilliet, professeur à l’ESCP Europe et auteur d’Éloge de l’optimisme, la critique facile – très ancrée à la culture française – serait transmise dès l’école. « Que vous ayez été dans le privé ou dans le public, depuis un siècle et demi, le scepticisme et l’esprit critique restent des marqueurs d’intelligence. Le rapport des Français à l’admiration, à l’enthousiasme, est donc compliqué. À l’opposé des Américains dont on se moque, disant qu’ils trouvent tout “amazing” (formidable, ndr), les Français se contenteront d’un “c’est pas mal”. » Au même moment, le professeur se remémore une citation de l’écrivain voyageur Sylvain Tesson : « Quand on regarde bien, la France est un paradis mais dont tous les Français pensent qu’ils vivent en enfer. Et heureusement, parce que sans cela, ils seraient insupportables. »

    Qu’est-ce qu’un optimiste ?

    Si l’on en croit Winston Churchill, « un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté ». Ce que confirme Philippe Gabilliet : « C’est une attitude d’optimisation de la réalité. Autrement dit, c’est se poser la question : “Comment faire mieux avec ce que j’ai ?” Ce n’est pas dire que tout va bien, mais être conscient que dans n’importe quelle épreuve – même la plus difficile ou douloureuse –, des solutions existent et qu’il suffit de les trouver. C’est capitaliser sur ses forces, ses atouts, plutôt que sur ses faiblesses. Et enfin, l’optimiste est bien plus dans l’action, même si ses solutions ne sont pas toujours définitives ou parfaites. »  

    Peut-on aller jusqu’à dire qu’une personne optimiste est mieux protégée, moins vulnérable face aux aléas de la vie ? Une question à laquelle il est difficile de répondre, selon le professeur. Ce qui est certain, c’est que ce trait de personnalité est un outil de résilience efficace. « Si vous ne pensez pas que le choix de l’optimisme va vous servir, essayez le pessimisme et on en reparle, sourit-il. Encore que, le pessimisme est une bonne ressource, notamment de protection, de précaution et d’alerte. J’ai récemment entendu un patron dire : “Je suis en train de préparer mon entreprise au pire dans le futur.” C’est un pessimisme extrêmement constructif. Selon moi, on devrait dire du pessimisme ce que certains disent de l’argent : c’est un excellent serviteur mais un très mauvais maître. »

    Quels bienfaits sur notre santé ?

    Le professeur Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie à l’hôpital de Créteil et auteur de Vous êtes votre meilleur psy!, en répertorie trois : l’optimisme est catalyseur d’émotions agréables comme la confiance, l’admiration ou encore la reconnaissance. Des émotions qui font sécréter des substances et neurotransmetteurs renforçant l’immunité de l’organisme. « Certains posent l’hypothèse d’un lien direct entre le bien-être que l’optimisme procure et la baisse de stress, ajoute-t-il. Si vous diminuez les risques d’anxiété et de dépression, vous gommez également tout ce que le stress peut impliquer comme impact physique ou mental. » Deuxième bénéfice, la proactivité : « L’optimisme s’accompagne de comportements adaptés, favorables à la santé, estime le médecin. Cela va passer notamment par l’activité physique et une alimentation saine. »

    Or, ce n’est une surprise pour personne : adopter un mode de vie sain réduit le risque de maladies cardiovasculaires, ou d’autres pathologies potentiellement mortelles, comme le diabète et le cancer. Et enfin : le lien social. Moins de retenue, plus d’ouverture aux autres, l’optimiste est poussé vers une vie sociale épanouissante. « Ce qui produit d’autres effets bénéfiques sur le plan psychologique », appuie le psychiatre.

    Des prédispositions ?

    La grande question étant : naît-on ou peut-on devenir optimiste ? « Sûrement un peu des deux, pense le médecin. Dans l’enfance et en début de vie adulte, on sent des tendances comme si elles étaient constitutionnelles. Si l’on en croit les études, il y aurait en effet une part – autour de 25-30 % – de ces traits qui ont une composante génétique. » Pour autant, rien n’est figé. Rappelons que le caractère se « forge », sans oublier les événements de vie qui auront obligatoirement une influence. Il est donc possible d’apprendre, de travailler ou de peaufiner son optimisme. Et ce, grâce à la « psychologie positive » : « Une thérapie que les psychologues utilisent souvent pour lutter contre le stress, l’anxiété, la dépression et un peu le pessimisme », précise Antoine Pelissolo. Ce qui, grosso modo, consiste à faire attention aux choses du quotidien qui fonctionnent bien ou qui vous renforcent, oser faire des choses pour apprendre à mieux se connaître, tester de nouvelles choses, ouvrir son horizon. « Et puis, tout bêtement, être content de sa journée. » Parfois plus facile à dire qu’à faire…

    (1) Société américaine de gériatrie

  • Comment choisir son coach sportif ?

    Comment choisir son coach sportif ?

    1 Pourquoi choisir un coach sportif ?

    Parce qu’il vous motive

    5,7 millions. C’est le nombre, en 2017, de Français inscrits dans les quelque 4 200 clubs ouverts dans l’Hexagone (1). Ces chiffres élevés n’indiquent en rien que les inscrits sont des sportifs assidus. Paresse, ennui, méconnaissance des appareils ou malaise peuvent causer l’abandon de la pratique du sport en salle. C’est alors que les coachs à domicile et en salles de sport apparaissent : ils ne vous jugent pas, agissent avec bienveillance et ne songent qu’à vous faire progresser.

    Parce qu’il s’adapte à vous

    Le recours à un coach à domicile est certes plus onéreux et chronophage, mais le bénéfice est double. Tout d’abord, il se cale sur votre emploi du temps. Si vous travaillez beaucoup, aucun souci : il suffit de convenir d’un créneau avec lui. Ensuite, les conseils sur-mesure qu’il prodigue s’adaptent à vos besoins, à votre morphologie et à vos objectifs.

    Entre 20 000 et 25 000

    coachs sportifs sont recensés en France.(2)

    2 Quels sont les critères de sélection d’un coach sportif ?

    Tout d’abord, il doit être certifié

    Afin d’exercer, un coach doit a minima posséder une carte professionnelle. Celle-ci indique qu’il est référencé au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) et donc reconnu par le ministère du Travail. Il existe également la formation délivrée par l’International Coach Federation (ICF), qui n’est autre que la première association de coachs dans le monde. Bien entendu, avant d’engager un coach à domicile, il faut également vérifier qu’il possède bien un numéro de Siret, afin d’éviter tout litige.

    Coach en club ou à domicile : qui choisir ?

    Tout dépend de vos besoins. Le coach à domicile, dit « personal sport trainer », se consacre pleinement à la personne qu’il entraîne, de la motivation à la bonne exécution des mouvements. D’un tarif allant de 40 à 200 € par séance (3), la souplesse de planning qu’il propose correspond particulièrement aux sportifs travaillant beaucoup et n’ayant pas le temps de se rendre à la salle de sport. Toutefois, à moins que vous ne possédiez tout un attirail de machines de musculation, l’entraînement sera effectué avec peu (ou pas) de matériel.

    C’est ici que le coach en salle de gym tire son épingle du jeu. Il en existe deux types. Le premier propose un suivi et dessine des entraînements sur mesure, à l’aide d’un large éventail d’exercices différents, effectués grâce à des appareils de musculation comme de cardio. Le second type de coach en salle de gym est en charge d’animer des cours collectifs, généralement limités à 10 ou 15 participants. Le suivi qu’il propose est moins poussé car il doit s’occuper simultanément de plusieurs personnes. Quant au prix, il est généralement compris dans celui de l’abonnement à la salle en question.

    Enfin, tout est une question de feeling

    Un bon coach est avant tout un coach qui vous donnera envie de progresser. Pour cela, il doit être incollable sur les questions de nutrition, santé et motivation, mais pas que. Il possède un rôle de psychologue à ne pas sous-estimer. Certains préconisent une approche plutôt dure, faisant pression sur les personnes qu’ils entraînent pour obtenir des résultats, quand d’autres seront plus doux et pédagogues. Ce critère est important, car vous et votre entraîneur êtes avant tout une équipe (qui gagne !).

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    * Sous conditions.
     

    L’Essentiel de l’article

    • Votre coach doit être certifié.
    • Un coach à domicile assurera un suivi sur mesure avec peu de matériel.
    • Un coach en salle de gym aura plus de matériel mais entraînera plusieurs personnes à la fois.
    • Un bon coach est avant tout un coach qui comprend vos besoins et avec qui vous vous entendez bien.

    (1) Étude du cabinet Europe Active présentée lors du forum européen sur la santé et la forme physique (EHFF) de Cologne en 2018.
    (2) Franck Hedin, conseiller du président du syndicat patronal France Active
    (3) Romain Moreau, coach certifié

  • Sport en extérieur : les raisons de s’y mettre !

    Sport en extérieur : les raisons de s’y mettre !

    1 La pollution intérieure

    L’air intérieur que vous respirez est 5 à 7 fois plus pollué que l’air extérieur, principalement en raison d’un taux élevé en composés organiques volatils (COV). Une bonne raison pour vous bouger dehors plutôt que dedans !

    Les bénéfices de l’activité physique dépassent très largement les effets secondaires des effets polluants.

    Pr. Xavier Bigard, vice-président de la Société française de médecine du sport, pour encourager les sportifs urbains craignant l’exposition aux particules fines.

    2 Le moral

    Une étude britannique* a mis en évidence les bienfaits d’une promenade à la campagne de trente minutes chez des personnes sujettes à la dépression. Résultats : ces dernières se sentaient moins déprimées, moins tendues et plus confiantes en elles. En ces temps difficiles, les restrictions de déplacements peuvent aussi jouer sur le moral, profite donc au maximum, dans le respect des gestes barrière, des espaces extérieurs à proximité de chez vous.

    3 Le prix

    Longévité, réduction des troubles respiratoires et de l’obésité… Les bienfaits de l’activité physique ne sont plus à prouver. Et que vous vous aidiez du mobilier urbain (marches, rampes, bancs) ou des obstacles naturels (montées, descentes), vous aurez tout sous la main gratuitement pour improviser des exercices de remise en forme.

    4 Le stress

    Les bénéfices de la pratique d’une activité physique en plein air sont nombreux : réduction du stress et des troubles de l’attention, amélioration de la capacité de concentration, meilleur sommeil, bref, une bien meilleure santé ! C’est facile comme une balade de trente minutes en extérieur !

    5 Les calories

    Faire du sport en plein air par des températures basses ou au contraire élevées augmente de 10 % les dépenses caloriques. Cela permet à l’organisme de rester à bonne température durant l’effort, soit en transpirant soit en se réchauffant.

    6 La luminosité

    Courir, pédaler ou ramer en extérieur durant les beaux jours est la garantie de faire le plein de luminosité (bonne pour le moral) grâce aux rayons du soleil. À condition de protéger sa peau à l’aide de crème solaire et d’éviter les mauvaises heures (entre 11 heures et 15 heures durant l’été) car il n’est pas question de brûler.

    7 La vitamine D

    Les UVB permettent de synthétiser la vitamine D qui garantit la solidité des os. Pratiquer son sport favori en short et T-shirt durant les belles journées (d’avril à octobre) est un excellent moyen d’en faire le plein. À condition, là encore, de ne pas abuser !

    8 La motivation

    Contrairement au sport en intérieur, souvent répétitif et ennuyeux, le sport en plein air offre une étendue de possibilités : forêt, bois, parcs, ville, campagne… En variant les terrains de jeux, vous éviterez de vous lasser et vous serez toujours motivé !

    À savoir

    Alertes Pollens est une appli permettant de connaître en temps réel les alertes polliniques du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), mais aussi la qualité de l’air et la météo selon votre géolocalisation.

    Sortez bien équipé !

    Parce qu’un bon équipement est aussi important que l’échauffement, Macif Avantages vous propose des offres d’équipementiers sélectionnées et négociées rien que pour vous tout au long de l’année !

    L’Essentiel de l’article

    • L’aérothérapie diminue le stress et favorise la concentration.
    • Faire du sport au grand air améliore le sommeil et renforce le système immunitaire.
    • Le froid et la chaleur font brûler 10 % de calories en plus.
    • Pratiquer une activité physique en extérieur est bon pour le moral.

    * Medical Daily, « Benefits of ecotherapy : being in nature fights depression improves mental health and well-being », 2016.
    Laille Pauline, Provendier Damien, Colson François, Salanié Julien, 2013. Les Bienfaits du végétal en ville : étude des travaux scientifiques et méthode d’analyse. Plante & Cité, Angers, 31 p.
    Partager la nature en famille, Association Santé Environnement France (ASEF), 11 octobre 2013.
    Première campagne nationale sur la qualité de l’air dans les logements en France de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), 21 novembre 2006.
  • Ex Utero : le podcast pour briser les tabous de la parentalité

    Ex Utero : le podcast pour briser les tabous de la parentalité

    Nouveaux ou futurs parents, l’objectif est généralement le même : vivre la parentalité le plus sereinement possible. Avec Ex Utero, un podcast en trois saisons, les tabous autour de la grossesse, de la naissance et la période post-partum sont brisés. Bonne écoute !

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 1 : La sage-femme comme guide

    Lors d’une grossesse, le suivi par une sage femme se poursuit après l’accouchement, et cela jusqu’au 12eme jour de vie du bébé. Ces consultations post-natales permettent d’aborder diverses questions sur l’alimentation de maman et de bébé, la contraception possible, un éventuel baby blues et constituent des moments d’échanges privilégiés…. Depuis 13 ans Myriam Reiss sage femme accompagne les mamans : avant et après l’accouchement. Chaque jour, elle se déplace au domicile des différentes familles qui rentrent à peine de la maternité, pour faciliter ce retour à la maison.

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 2 : Visite guidée d’une maison des 1000 jours

    Connaissez-vous le concept des 1000 premiers jours qui courent du début de la grossesse jusqu’aux deux ans révolus de l’enfant ? Ces 1000 premiers jours, c’est au départ un rapport d’une commission d’experts présidée par Boris Cyrulnik, médecin psychanalyste et auteur. De ce rapport est né un projet national piloté par le ministère des solidarités et de la santé et la création de 45 maisons des 1000 premiers jours partout en France. C’est à Arras qu’est né en 2021 la première maison des 1000 premiers jours. Ce lieu chaleureux qui accueille parents et bébé tous les 15 jours pendant la première année de vie pour partager, discuter, s’entraider a une particularité : il fait partie d’un pôle éducatif qui regroupe également une maternelle, une PMI et un espace famille notamment. Une sorte de petit village qui permet entre autres de rompre l’isolement.

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 3 : Interrogations de parents – Éclairages d’experts

    L’arrivée de bébé chamboule. Malgré l’immense bonheur d’accueillir ce petit être, on ne se sent pas toujours prêt, on veut être parfait, on dort peu, l’organisation est bancale. On aimerait tellement avoir le mode d’emploi et bénéficier du soutien de professionnels. Dans ce micro-trottoir, ces futurs et jeunes parents font part de leurs interrogations, et 4 experts leur répondent.

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 4 : Dépression post-partum – Conversation maman – psy

    Quelques jours après l’accouchement, la majorité des mamans traverse une période de déprime qu’on appelle le  » baby blues « , réaction naturelle causée par tous ces changements. Mais pour 1 femme sur 6 (selon une étude de Santé publique France réalisée en 2023) la dépression peut prendre le relais et s’installer plus durablement. En 2022, à la naissance de sa fille, Anna plonge rapidement dans une dépression post-partum. Aujourd’hui elle veut comprendre ce qui lui est arrivé. Elle en discute avec Brigitte Borsoni, psychologue clinicienne spécialisée dans la relation parent/bébé et adulte/enfant.

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 5 : Dépression post-partum, quel rôle pour l’entourage ?

    Aujourd’hui en France, tous les mois, une femme se suicide au cours de la première année de vie de son bébé. La dépression post-partum est une condition sérieuse qui peut affecter la santé mentale et émotionnelle d’une maman après l’accouchement. L’entourage, qu’il s’agisse du partenaire, de la famille, des amis ou même des professionnels de santé, peut jouer un rôle crucial dans le rétablissement de la maman. Jocelyne, Ysée et Geoffroy ont vécu cette période difficile auprès de leur fille, leur amie, leur conjointe. Ils ont accepté de se rencontrer / pour discuter autour de leur rôle d’aidant.

    Avertissement : les propos que vous allez entendre abordent le suicide et peuvent heurter.

    Ex Utero – Saison 3 – Bande-annonce

    La période du post partum, dit-on aux mamans qui viennent d’accoucher, dure à peu près 6 semaines. En réalité, ce sont près de 1000 jours qui sont nécessaires pour s’adapter à cette nouvelle vie qui impose de réorganiser ses journées… et ses nuits, à jongler avec la fatigue, à adapter ses habitudes, ses relations avec les autres… et avec soi-même. Ce qu’on occulte souvent c’est l’éventualité aussi de passer par la case dépression. Pourtant 1 mère sur 6 souffrirait de dépression post partum. Dans cette 3ème saison d’Ex Utero signée Vous! par Macif, écoutez ces moments de découverte de l’inconnu avec celles et ceux qui la vivent au quotidien. Des parents bien sûr, mais aussi leur entourage, des sages-femmes et autres professionnels de santé ainsi que des organismes de la petite enfance, en laissant, au cœur, la parole des mamans.

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 1 : L‘impact du handicap d’un bébé

    Chaque année en France, près de 20 000 enfants naissent avec une maladie congénitale(1). Pour Amanda et Vincent tout avait bien commencé, jusqu’à ce qu’ils apprennent que leur fille est née avec une malformation. Entre incompréhension et inquiétude, le papa veut régler le problème avec une chirurgie, mais sa compagne, familière du milieu médical, temporise et préfère attendre. Comment surmonter cette épreuve sans perdre son optimisme ? Comment se projeter dans un avenir incertain ?

    Lire aussi : Troubles du neurodéveloppement : comment détecter et quand consulter ?

     

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 2 : L’arrivée d’un bébé dans une famille recomposée

    Aujourd’hui en France, un foyer sur dix est recomposé(2). Lorsqu’une famille se reforme, ce sont de nouveaux liens qu’il faut tisser. Entre les beaux-parents et les enfants. Entre les enfants, aussi. Alors, quand un nouveau bébé arrive dans la fratrie, il n’est pas toujours évident pour chacun de retrouver sa place. Christian est le père de Louanne 20 ans et de Lenny 17 ans. Coralie est la mère de Lyam, 8 ans. Ils sont ensemble depuis plus de quatre ans et ont eu ensemble Leyann, 18 mois. À l’arrivée de son petit-frère, ce n’était pas évident pour Lyam, jusque-là le benjamin de la famille. Pas simple non plus pour les deux « grands », qui ne sont pas tout le temps à la maison, et regardent, parfois avec amertume, le privilège de leur petit frère Leyann, qui est le seul à avoir ses deux parents sous le même toit. Alors, comment retrouver un équilibre familial ? Comment être un parent qui parvient à être suffisamment là pour chacun ?

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 3 : Le lien fusionnel parent/enfant

    L’arrivée d’un enfant bouleverse les relations d’un couple et redéfinit les liens entre ceux qui sont ainsi devenus des parents. Charlène est une mère fusionnelle. Elle n’a pourtant pas été enceinte de Callie, c’est sa femme, Maryse, qui lui a donné naissance. Peut-être est-ce parce que Charlène avait peur que le lien soit moins fort dès la naissance qu’elle a compensé, jusqu’à devenir plus que maman poule… Comment trouver le juste équilibre quand on est celui ou celle qui n’a pas porté l’enfant et que l’on veut être aussi essentiel que la mère qui a donné naissance ?

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 4 : La dépression post-partum

    En France, une femme sur cinq subit un épisode de dépression après la naissance de son bébé(3). Ce syndrome post-partum peut être particulièrement isolant pour la mère et perturbant pour le.la partenaire. Florence a été secouée par une dépression post-partum après l’accouchement de sa fille. Elle se sent incapable de faire quoique ce soit, elle se dit bloquée, tétanisée, tout le temps triste. Son mari, Guillaume, s’occupe du nourrisson sans comprendre ce qui arrive à son épouse. Il lui avoue sa difficulté à “gérer deux enfants ». Des mots maladroits qui la bouleversent. Comment demander de l’aide lorsqu’on comprend pas soi-même ce que l’on ressent ? Comment surmonter une dépression post-partum, parfois banalisée ?

    Lire aussi : La dépression prénatale, une réalité encore trop méconnue

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 5 : La difficulté de retrouver ses marques dans le couple

    Après la naissance d’un bébé, les parents sont souvent sur un petit nuage. Mais rapidement, le quotidien change : les nuits sans sommeil, le manque de temps pour soi, les doutes et presque inévitablement, les tensions entre parents. Après 6 jours à la maternité, Cécile n’avait qu’une hâte : rentrer à la maison. Son époux Edjems est lui aussi impatient de retrouver sa femme et leur fille. Mais passer de 2 à 3 n’est pas si évident. Comment, alors, faire en sorte que tout le monde trouve sa place ? Comment s’appuyer sur l’autre et lui faire comprendre ses besoins ?

    Lire aussi : Naissance et tabous : des témoignages ouverts et déculpabilisants

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 1 : “Je ne voulais pas d’enfant”

    En France, 4,5 % des femmes ne souhaitent pas avoir d’enfant.1 Être sans enfant par choix, dit aussi “childfree”, reste cependant encore peu accepté par la société. Alors comment gérer quand, de surcroît, on finit par être enceinte ? Fanny n’avait pas le désir d’enfant. Son mari Simon, comprenait, mais espérait malgré tout. Et puis la grossesse est arrivée, imposant à Fanny une aventure qu’elle n’avait ni prévue ni voulue. Avec toujours à ses côtés, son partenaire, navigant à vue dans une situation parfois périlleuse.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 2 : “J’ai subi une fausse couche”

    Pas assez d’éducation sur le sujet, beaucoup de culpabilisation, un accompagnement restreint, font de la fausse couche un de ces tabous qui perdurent. Pourtant, une femme sur quatre enceinte y est confrontée. 15 % des fausses couches2 surviennent jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée (dans les 3 premiers mois) et 1 % entre la 14ème et la 22ème SA (plus de 4 mois de grossesse). Cela peut alors être un vrai traumatisme physique et psychologique pour la femme, et son/sa partenaire, subissant cette perte. Pour Élodie, la fausse couche a été un moment particulièrement douloureux, qui a notamment éloigné son conjoint Rémy. Le couple a surmonté l’épreuve grâce à une certaine prise de conscience.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 3 : Grossesse et regards sur le corps

    Pendant une grossesse, le corps de la future mère change inévitablement : prise plus ou moins importante de poids, le ventre qui s’arrondit, les seins qui gonflent, des marques qui apparaissent sur la peau. Cette évolution peut être mal vécue, parfois à cause de son propre regard critique sur soi-même, mais aussi accentué par celui de la société et de ses proches. Cécilia a vécu 2 grossesses consécutives pendant lesquelles son corps a été un centre d’attention bien malgré elle. À ses côtés, Thimothée essayait tant bien que mal de l’aider face aux commentaires parfois déplacés.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 4 : “Je n’aime pas être enceinte”

    À en croire les réseaux sociaux ou les histoires racontées par les unes et les autres depuis des générations, être enceinte rime avec épanouissement. Certes un peu de fatigue et de prise de poids, mais rien qui ne vienne entacher ce bonheur de porter un enfant. Et pourtant ! Pour de nombreuses femmes, 9 mois de grossesse est une vraie épreuve, physique et/ou morale. Mais comment dire au reste du monde que l’on n’aime pas être enceinte ? Surmontant le jugement des autres, Carole le dit haut et fort : elle n’a pas aimé être enceinte. Pendant ses grossesses, son partenaire Anthony a fait son possible pour contrer le regard pesant de ceux qui refusaient de concevoir cette réalité.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 5 : Vivre sa grossesse en solo

    Près de 1,5 million de Françaises sont des mères célibataires qui élèvent donc leur(s) enfant(s) seules. Dès mères qui ont parfois été en solo dès la grossesse, pendant laquelle elles ont dû tout gérer et surmonter seule. Solitude et stress, fatigue physique et mentale, gestion des démarches administratives et des achats pour préparer l’arrivée de bébé, autant d’étapes vécues sans partenaire du quotidien. C’est dans ces moments que les proches, amis et famille, peuvent devenir de vrais soutiens. Margot savait qu’en ayant un bébé toute seule, elle traverserait des périodes difficiles, mais par chance, elle a pu compter sur son amie Laurette.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 6 : “J’ai vécu une dépression prénatale”

    Il est estimé à environ 10 % des femmes enceintes touchées par la dépression. Ce chiffre est cependant difficile à vérifier car nombres de femmes concernées ne le savent pas et n’en parlent pas, mettant leur mal-être et leur tristesse sur le compte des hormones et de la fatigue. Pourtant, la dépression prénatale est aussi réelle que celle post-partum. Une prise en charge adaptée peut aider ces femmes enceintes à traverser leur grossesse plus sereinement. Marie a pleuré à chaudes larmes les 6 premiers mois de sa grossesse, sans comprendre pourquoi. Avec Vincent à ses côtés, elle est parvenue à surmonter cette épreuve, non sans difficulté.

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    (1) Institut National de Veille Sanitaire

    (2) INSEE 2020

    (3) Collège National des Sages-femmes