Étiquette : Bien-être

  • L’hypersensibilité, qu’est-ce que c’est ?

    L’hypersensibilité, qu’est-ce que c’est ?

    Depuis toujours, Éliane se sent en décalage avec le reste du monde. « C’est comme si j’avais passé toute ma vie à fleur de peau, confie la sexagénaire, originaire du sud de la France. Parfois, il suffit de quelques notes de musique pour que je me mette à sangloter, alors que tout semble aller très bien. » Une difficulté à gérer ses émotions qu’elle a retrouvée chez l’un de ses petits-enfants, Lucas, 9 ans. « Pas mal de choses m’ont mis la puce à l’oreille : il est très émotif, il peut être fortement affecté par un évènement douloureux qui concerne sa maîtresse ou un camarade de classe, développe Eliane. Et il est aussi très sensible aux sons, aux odeurs et au toucher. Il ne supporte pas les vêtements qui ne sont pas en coton, par exemple. Et il porte un casque antibruit le soir, à la maison, pour se reposer. » Autant d’éléments qui laissent penser à cette sympathique grand-mère que son petit-fils est hypersensible, comme elle. Pourtant, s’il est régulièrement question d’hypersensibilité dans les médias ces dernières années, le terme est loin de faire l’unanimité parmi les professionnels. En effet, si beaucoup de coachs et de thérapeutes proposent des parcours pour « apprendre à apprivoiser son hypersensibilité », une grande partie des professionnels de santé alerte sur le fait qu’elle est, bien souvent, le signe d’une pathologie.

    Des best-sellers et une association

    Christophe, un jeune ingénieur qui se dit hypersensible, a décidé de suivre une thérapie comportementale pour tenter d’améliorer une situation qui le fait souffrir depuis l’enfance. « Mes ressentis sont décuplés, bien plus intenses que la moyenne », décrit-il. De là, un sentiment d’inadéquation avec la société qui entrave ses relations, sa vie de couple et sa récente carrière professionnelle. « J’étais arrivé à un tel point d’épuisement émotionnel et de solitude qu’il fallait que je trouve un moyen de m’en sortir », concède-t-il, tout en précisant qu’au bout d’un trimestre de thérapie, il ne constate pas encore de réelle amélioration. Il s’est donc tourné, en parallèle, vers les rayons « développement personnel » des librairies, pour essayer de trouver des pistes pour aller mieux. Beaucoup d’ouvrages consacrés à l’hypersensibilité ont été publiés ces dernières années, essentiellement aux États-Unis et en Europe. En France, l’acteur Maurice Barthélemy, ancien de la troupe Les Robins des Bois, est l’auteur d’un best-seller en la matière : Fort comme un sensible (éd. Michel Lafon, 2021).

    Le phénomène a pris une telle ampleur que près d’un Français sur cinq se sentirait concerné. Une association a même vu le jour en 2016 : l’Association des hypersensibles. Et si la plupart des personnes qui pensent être hypersensibles décrivent un mal-être, certains coachs leur répondent qu’ils ont la chance d’être dotés d’une grande intelligence émotionnelle qui serait un facteur de créativité. Pour Florence Bernard, psychothérapeute, cette hypersensibilité, qui peut être ressentie comme une vulnérabilité, est, en fait, une force. Mais elle reconnaît que « souvent, cela cache quelque chose de plus profond ». Elle recommande de suivre une thérapie pour « aller à la racine » et trouver les causes de cette hypersensibilité.

    Et si l’hypersensibilité était l’arbre qui cache la forêt ?

    De plus en plus de professionnels de santé mettent en garde sur le fait que l’hypersensibilité, qui n’est pas reconnue comme un trouble mental psychiatrique, pourrait bien être le symptôme de l’un d’entre eux. En effet, présentée comme un simple trait de caractère à dompter, l’hypersensibilité pourrait indiquer un état dépressif ou des troubles attentionnels, entre autres. Le compte Instagram La Minute Psy dénonce même une forme de désinformation de la part de certains coachs et thérapeutes, qui assurent que l’hypersensibilité peut être appréhendée en quelques séances. Dans son cabinet, Aude Dupuy, orthophoniste en Charente, reçoit de plus en plus de parents convaincus que leur bambin est hypersensible. « Très souvent, il y a un trouble plus grave, déplore-t-elle. Mais les gens préfèrent entendre que leur enfant est hypersensible plutôt que dépressif ou atteint d’un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, ndr) ou d’un TSA (trouble du spectre de l’autisme, ndr) ou de troubles anxieux. »

    Elle recommande aussi de se méfier de l’effet Barnum, ce biais cognitif utilisé à des fins de manipulation qui consiste à nous laisser penser qu’une description générale des traits de personnalité s’applique précisément à notre propre personne. Il en va ainsi des listes et des tests qui prétendent regrouper les « symptômes » de l’hypersensibilité pour vendre des programmes de coaching. Dans les faits, tout le monde est susceptible de se retrouver, au moins en partie, dans ces énumérations qui incluent des lieux communs tels que le besoin d’amour, une forme d’altruisme ou la difficulté à faire certains choix. Autant d’aspects présentés comme des « signes » d’hypersensibilité qui sont, finalement, largement répandus. Résultat ? « Tout cela risque d’entraîner des retards de diagnostic », regrette Aude Dupuy. Ce qui est dommageable, puisque lorsqu’une pathologie est identifiée, il est possible d’orienter les gens vers le traitement ad hoc, qui peut relever de la psychologie ou de la psychiatrie. « Et, ainsi, améliorer leur quotidien », assure l’orthophoniste. Autant de raisons de ne pas minimiser une trop grande émotivité.

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  • La fiction pour éclairer sur des réalités de société

    Pourquoi utiliser de la fiction, plutôt que du documentaire par exemple, sur des sujets de la « vie quotidienne » ? Comment faire pour que cette fiction ait une portée pédagogique et que le sujet ne soit pas perçu que comme de la fiction ? Quels sont les écueils à éviter (devenir caricatural, augmenter les préjugés) dans cet exercice créatif ? Autant de questions auxquelles répondent les deux interviewés.

    Les gens du public viennent nous voir et nous disent, ça me fait du bien parce que j’ai l’impression que ça parle de moi.

    Sarah Marx, réalisatrice

    En 2023, Sarah Marx a réalisé deux courts-métrages en collaboration avec la Macif pour faire la lumière sur les troubles de la santé mentale. Le premier, La vie de Mia, porte sur la dépression avec l’actrice Virginie Ledoyen, le second, La vie de Samy, sur les crises d’angoisse avec l‘acteur Rayane Bensetti. Dans le cadre de ces films, elle a travaillé avec le Dr Mouchabak pour s’assurer de la véracité des éléments abordés.

    Il y a pas mal de personnes issus de minorités, dont les personne sen situation de handicap, qui disent aux cinéastes […] “Moquez-vous de nous! A partir du moment où vous vous moquez de nous, vous nous incluez”.

    Lucas Bacle, réalisateur

    Lucas Bacle a lui aussi collaboré avec la Macif sur un projet autour de l’invisibilisation des jeunes aidants : L’invulnérable, film dont le scénario est inspiré d’une histoire travaillée en collaboration avec de jeunes aidants et l’association Jade pour retranscrire au mieux leur réalité.

    La Macif soutient l’association Jade pour lutter contre l’invisibilisation des aidants.

  • Séparation : les dix phrases à ne pas dire à quelqu’un qui vient de rompre

    Séparation : les dix phrases à ne pas dire à quelqu’un qui vient de rompre

    Attention : les 10 phrases à ne pas dire

    « Un de perdu, dix de retrouvés »

    La formule vient de l’évangile selon Saint-Luc et de la parabole de la pièce perdue. Impossible de l’appliquer aux affres de l’amour donc.

    « Ça va aller, tu vas t’éclater sur les applis ! »

    Se distraire sur une application de rencontre n’est pas forcément la solution idoine pour surmonter la douleur d’une rupture. Il y a souvent un temps de deuil nécessaire à la fin d’une relation.

    « Tu es sûr que c’est vraiment fini ? Il n’y a aucune chance que vous vous remettiez ensemble ? »

    Le cadeau empoisonné qui entretient un espoir souvent illusoire et ne constitue pas un véritable soutien.

    « Je te l’avais dit que ça ne marcherait pas. »

    Une rupture amoureuse n’est pas le moment pour asséner ses vérités à une personne en souffrance.

    « Je ne l’ai jamais vraiment aimé de toute façon. »

    Dans un moment de tristesse, inutile d’avoir un avis ou une phrase de dénigrement inutile qui peut conduire à un sentiment de honte

    « Pour une fois que tu avais trouvé quelqu’un de bien. »

    Une phrase qui peut faire mal à un ego déjà endolori.

    « T’es encore jeune, tu as le temps. »

    Une phrase que vous avez suffisamment entendue quand vous étiez adolescent.

    « Arrête de pleurer, il y a pire dans la vie. »

    Il est vrai que la perspective d’une troisième guerre mondiale, c’est pire, mais bon.

    « Il n’était pas fait pour toi. Tu méritais mieux de toute façon. »

    Vous n’avez pas besoin d’un jugement même bienveillant à votre égard, juste d’un peu de soutien.

    « Si tu veux, je peux te présenter un copain (une copine) célibataire. »

    Est-ce vraiment bien le moment pour ce genre de suggestion ?

    L’avis de Julien Faugeras, psychologue clinicien et psychothérapeute

    Une rupture est toujours douloureuse. Dès lors, le rôle des amis est d’être présents sans juger. Un ami n’est pas là pour réparer la blessure causée par la rupture. Il ne doit pas non être dans l’excès et adopter une position paternelle ou maternelle. Il doit mettre des limites. Il doit aussi être capable de dire : « Tu me parles trop de ton ex. Je ne suis pas compétent pour écouter cela. » Si la douleur est trop intense et que les relations amoureuses malheureuses se répètent sans cesse, les phrases de consolation seront une pommade inutile. Dans ce cas-là, le meilleur conseil que vous pouvez donner à quelqu’un qui vient de rompre est de consulter un psychanalyste. Parfois, la douleur d’une rupture peut réveiller la plaie causée par une fracture ouverte depuis l’enfance comme la séparation à la mère. Dès lors, une cure psychanalytique peut permettre de soigner les blessures du passé en travaillant selon la méthode de libre association.

     

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    Séparation : les dix phrases à ne pas dire à quelqu’un qui vient de rompre

     

  • Comment lutter contre la dépression post-rupture ?

    Comment lutter contre la dépression post-rupture ?

    Une histoire de deuil et de sevrage

    « Je te quitte. » Trois mots qui suffisent à plonger leur auteur ou leur destinataire dans un long tunnel. D’après une étude de l’Insee datant de 2015, le nombre de séparations chez les couples âgés de 25 à 45 ans a augmenté entre 1993-1996 et 2009-2012, passant de 155 000 à 253 000 par an en France. En 2013, une personne sur trois avait déjà subi une rupture, et peut-être, l’ouragan émotionnel qui s’ensuit : « C’est un effondrement du système, tous les repères s’effondrent d’un coup », résume Véronique Kohn, psychologue « spécialiste de la relation amoureuse ». D’un point de vue psychique, la rupture s’apparente à un processus de deuil, avec des étapes similaires – déni, tristesse, colère, puis acceptation.

    Mais le chagrin d’amour est aussi une histoire de chimie. L’organisme est forcé d’opérer un véritable sevrage en se passant subitement de l’ocytocine, l’hormone de l’amour et de l’attachement, et de la dopamine, la molécule du plaisir ou « du bonheur ». Le corps est parfois mis à rude épreuve pendant ce que Véronique Kohn compare à une désintoxication : sueurs froides, crises d’angoisse, insomnies, manque d’appétit, voire insuffisance cardiaque aiguë si l’on souffre du syndrome de Takotsubo, également surnommé « syndrome des cœurs brisés ».

    Trouver des ressources

    Simon, 30 ans, a subi certains de ces symptômes il y a dix ans, pendant un échange universitaire en Argentine. Un week-end de retrouvailles, sa copine fait tomber le couperet, s’étant entichée d’un autre garçon. L’étudiant est en état de choc, il ne s’y attendait pas. Puis il se retrouve seul dans un pays dont il maîtrise encore à peine la langue. « Je me sentais vraiment au bout du monde, rejoue Simon, qui a passé plusieurs mois enfermé dans sa chambre, à ruminer. Je pleurais tous les soirs, je n’avais d’intérêt pour rien… j’avais l’impression que ma vie était foutue. »

    Un discours que Valérie Kohn entend régulièrement lors des consultations individuelles ou des groupes de parole qu’elle organise. « Il faut veiller à ne pas s’isoler, car on reste avec des pensées envahissantes et on les alimente. Ce qui aggrave notre cas et nous enfonce », prévient la psychologue. Au bout de trois mois, aidé par un ami, Simon se met finalement « un coup de pied au cul », déterminé à ne pas gâcher son séjour universitaire tant attendu. « Une sorte de révolte contre moi-même alors que je n’avais aucune énergie », confie-t-il. Le jeune garçon se plonge dans diverses occupations – sorties, cours, club de foot, excursions à travers le pays. « J’ai commencé à mieux m’intégrer, à découvrir la ville et à rencontrer d’autres gens. Finalement, la rupture a été décisive pour que je me débrouille seul. Je me sentais plus libre. Et j’ai fini par rencontrer quelqu’un d’autre », raconte Simon.

    Les moyens trouvés pour aller de l’avant sont nombreux. Julien, quitté quelques mois avant son mariage, s’est débarrassé de toutes les affaires de son ex, puis a déménagé dans une autre ville. Emilie a taillé la route et a ouvert un blog de voyage. Vincent s’est lancé dans la fabrication de meubles. Lucie a démarré la salsa. Amélie, l’écriture. Certains se réconfortent avec les podcasts S’aimer comme on se quitte de Lorraine de Foucher ou Chagrins d’amour de Marie Gouillier.

    Renverser la vapeur

    « Si on fait un vrai travail d’introspection et qu’on questionne sa part de responsabilité, la rupture est une expérience intéressante à traverser. On peut en tirer profit », assure Véronique Kohn, qui voit la rupture comme une « crise évolutive ». En 2014, l’artiste Allison L. Wade a transformé en œuvres d’art des textos de rupture dans son exposition It’s not you (Ce n’est pas toi) présentée à New York. Des chanteuses comme Shakira ou Miley Cyrus ont également tiré parti de leurs déceptions amoureuses. Le titre « Music sessions, Vol. 53 » de la Colombienne, destiné à son ex-mari, est devenu la chanson la plus écoutée de Spotify au moment de sa sortie en janvier 2023. Le morceau « Flowers », lui, a rapporté un Grammy à son interprète américaine. Si Simon n’a pas remporté de prix, il est tout de même sorti gagnant de sa rupture. « Ça a ouvert la porte vers un nouveau chapitre très différent de ma vie. Je ne regrette rien », conclut celui qui est désormais père de famille et heureux en couple. Preuve que la fin d’une ère marque toujours le début d’une autre.

     

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    Comment lutter contre la dépression post-rupture ?

     

  • Être parent en 2024 : est-ce compliqué ?

    Être parent en 2024 : est-ce compliqué ?

    Pour Virginie Avezou, docteure en psychologie de l’enfant, de profonds changements dans l’éducation découlent de l’adoption de la Convention internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), le 20 novembre 1989 par dix-huit pays des Nations unies. « À partir de cette date, les enfants ont été considérés comme des individus à part entière et des acteurs du monde dans lequel ils vivent », explique-t-elle. L’enfant devient une personne avec des droits, qui doit être accompagnée pour les exercer et accéder progressivement à son autonomie.

    Parentalité, éducation positive et pression

    La prise en compte des droits et besoins de l’enfant, Audrey la trentaine, mère de deux petites filles de 3 et 5 ans, l’a bien compris. Au moment de la naissance de sa première fille, elle a fait son maximum pour la combler et lui apporter le meilleur, quitte à parfois se négliger, voire s’oublier. « La maternité a été une vraie claque, ça ne s’est pas exactement passé comme je le pensais et je me suis mis beaucoup de pression, notamment au sujet de l’allaitement, qui a été plus compliqué que prévu », admet-elle. Avant de poursuivre : « J’étais tout le temps disponible pour mon enfant j’étais à fond dans l’éducation positive et en parallèle, j’essayais le zéro déchet. Je lavais même les couches de ma fille, ce que j’ai finalement vite abandonné. » Pour l’arrivée de sa deuxième fille, Audrey s’est autorisée à être une mère moins parfaite. « J’ai pris du recul sur tout ce que j’avais lu sur la parentalité positive. En fait, j’ai simplement suivi mon instinct et c’était beaucoup mieux. »

    Les injonctions à l’éducation positive peuvent en effet faire des dégâts. « On est passé de l’exercice d’une autorité à l’exercice d’une démocratie de l’éducation parentale avec plus de tendresse et de chaleur, mais il faut instaurer une relation symétrique équilibrée qui ne mette pas l’enfant en danger, commente Virginie Avezou. Si l’enfant n’est jamais frustré et décide tout, il y a le risque qu’il dépasse ses parents. Il y a une forte pression sur leurs épaules et ça nécessite un véritable accompagnement, mais beaucoup ne le sont pas assez aujourd’hui. »

    Enjeux du numérique et écologiques

    Un avis que partage Anne, la soixantaine. Mère de trois filles nées dans les années 1990, elle constate qu’aujourd’hui que certains parents sont envahis par leur progéniture. « Pour moi, ce n’est pas aux enfants de décider de l’endroit où ils vont en vacances, ou de celui où il faut acheter une maison. Ça, pour moi, c’est aberrant », lâche-t-elle. Anne a grandi dans les années 1970, avec des parents défaillants et quand ses filles sont arrivées, elle a choisi de ne pas trop les couver. « Je me suis investie quand même pour les accompagner, les guider, pour qu’elles aient ce qu’il fallait, mais j’avais besoin qu’elles aient une vie à elles et moi la mienne, se souvient-elle. J’adore mes enfants, mais j’ai détesté le rôle de mère dans tout ce que ça représentait de logistique. C’était trop ingrat et inintéressant. »

    D’autant que les parents d’aujourd’hui sont confrontés à d’autres problèmes très contemporains. « Il y a les enjeux liés au numérique, notamment autour de la protection du harcèlement, sans exclure son enfant de la culture jeune, mais aussi l’initiation aux enjeux de la transition écologique ou encore les soucis de l’avenir professionnel, voire immobilier, des enfants. Autant de questions que se posent désormais cruellement les parents », regrette Virginie Avezou.

    Clément, papa de 36 ans, fait partie de ceux-là. Même si lui et sa compagne font leur maximum pour rester positifs et inculquer le respect de l’autre, de la nature et quelques notions d’écologie à leurs deux filles de 4 et 6 ans, Clément est inquiet. « Ce qui m’angoisse vraiment, c’est de les voir grandir dans cette société de surconsommation et où les réseaux sociaux et les sollicitations de toutes sortes prennent trop de place, déplore-t-il. Ce sont des inquiétudes qui viennent, selon moi, s’ajouter à celles qu’avaient nos parents avant l’apparition d’Internet. À l’époque, ils se souciaient surtout de l’avenir professionnel de leurs enfants. »

     

    Interdiction des sévices physiques

    Enfin, autre décalage majeur entre l’éducation donnée à nos enfants en 2024, et celle reçue dans les années 1990 : la violence physique. Pour Clément comme pour Audrey, hors de question de lever la main sur leurs filles. Jamais. Ils y mettent un point d’honneur. Mais cette limite n’est pas toujours aussi évidente pour les grands-parents. « Un jour, j’ai entendu ma mère mettre une petite fessée ou une petite tape à ma fille pendant qu’elle la changeait et elle a d’abord nié puis avoué, mais on a dû en parler pour qu’elle comprenne que non, ce n’était pas “pas si grave”. »

    En effet, depuis le 11 juillet 2019, dans le cadre de la loi relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires, la fessée est officiellement interdite en France. « L’adoption de cette loi renforce l’idée que l’éducation à l’intérieur de la famille est basée sur le lien avec l’enfant et ce que ça implique sur son développement », conclut Virginie Avezou.

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  • Dépression post-partum : comment se faire aider et pourquoi ?


    Dépression post-partum : comment se faire aider et pourquoi ?


    « J’avais accouché quelques semaines auparavant, mais entre la découverte de la maternité, le tourbillon des visites et le manque de sommeil, je n’avais pas eu le temps de me poser. Quand je me suis retrouvée seule et un peu plus au calme, j’ai réalisé que ce que je pensais être un simple baby blues passager dû à une chute d’hormones était plus profond : la tristesse me collait littéralement à la peau et je n’arrivais pas à en sortir. » Rosie, 33 ans, a accouché de son premier bébé, une petite fille. Après avoir essayé de faire face seule à ce qu’elle n’arrivait pas encore à nommer, elle s’est décidée à parler à une doula qu’une amie lui avait conseillée. Après plusieurs semaines de suivi avec Christelle Saguon, elle commence à s’en sortir et arrive enfin à mettre des mots sur ce qui lui est arrivé.

    Savoir repérer et anticiper les symptômes

    Manque d’énergie, difficultés à s’occuper de son bébé, perte de plaisir, profonde tristesse sans raison apparente, pensées négatives et difficultés à dormir sont autant de signes avant-coureurs du post-partum. Si cette dépression peut s’expliquer en partie par des causes physiologiques, elle peut aussi être déclenchée par les énormes changements de vie provoqués par l’arrivée du bébé. Il faut absolument la traiter sous peine de voir les symptômes s’aggraver, puisque le suicide serait la deuxième cause de mortalité post-partum : tous les mois, une femme se suicide au cours de la première année de vie de son bébé. D’où la nécessité que l’entourage soit vigilant et attentif : il ne faut jamais minimiser la souffrance d’une jeune mère.
Une fois le diagnostic posé, il faut ensuite trouver un espace de parole bienveillant pour pouvoir verbaliser et apaiser les angoisses. La prise en charge est nécessaire, car si les symptômes peuvent s’apaiser, ils ne disparaissent pas.

    Vers qui se tourner et quand ?

    Généralement, il faut une petite année pour que tout aille bien. « Les femmes qui souffrent de dépression post-partum peuvent se tourner vers plusieurs professionnels de santé, comme les doulas, les sages-femmes, leur médecin traitant, le centre de PMI le plus proche ou encore un ou une psychologue. Mais on peut aussi avoir envie d’en parler avec d’autres jeunes parents, par exemple dans un lieux d’accueil parent-enfant», témoigne Christelle Saguon, doula qui a suivi Rosie et qui accompagne des femmes du projet de naissance au post-partum. « Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que beaucoup de choses se jouent bien avant l’accouchement. S’informer en amont pour mieux se préparer à la parentalité aide à vivre ce moment de bouleversements profonds et intimes qu’est l’arrivée d’un enfant, et cela suffit parfois pour éviter une dépression post-partum », continue-t-elle. Accepter que l’accouchement ne se passe pas toujours comme prévu dans le projet de naissance, que les suites de couche nécessitent un temps d’adaptation, que le lien avec le bébé ne se fait pas forcément immédiatement, qu’il faut réorganiser sa vie entièrement, sont autant de choses auxquelles il faut réfléchir.

    Des dispositifs d’accompagnement divers

    Plusieurs dispositifs d’accompagnement existent : les femmes désireuses d’en parler peuvent faire le point sur ce qu’elles ressentent pendant les deux entretiens prévus par l’Assurance Maladie (entretien prénatal précoce du quatrième mois et entretien post-natal précoce entre la quatrième et la huitième semaine après l’accouchement). 
Il est fortement recommandé de participer aux séances de préparation à la naissance et à la parentalité, même si on a déjà eu un enfant. La communication au sein du couple aussi est primordiale, notamment sur la nouvelle organisation du quotidien. Se dire ce qu’on peut accepter et ce qu’on ne peut pas, quand sa propre limite est atteinte, ne pas hésiter à demander de l’aide sont des clés pour éviter l’installation de la dépression. Enfin, s’informer sur les besoins d’un nouveau-né, son sommeil et ses pleurs, afin de mieux savoir comment y répondre. « Je n’arrivais pas à accepter que ma fille pleure et que je ne puisse pas immédiatement trouver ce qui la dérangeait. J’ai appris grâce à ma doula que les pleurs étaient aussi le seul moyen de communication des nouveau-nés, et que tout ne pouvait pas entièrement dépendre de moi, que mon conjoint aussi pouvait prendre le relais et s’en occuper, parfois même aussi bien ! », ajoute Rosie.
L’arrivée d’un bébé, ce sont des moments magiques, mais pas uniquement, et pour mieux les vivre, y penser avant et en parler à son conjoint sont importants. « Il faut savoir que la dépression post-partum a un impact sur la qualité de vie de la personne qui en souffre, et souvent aussi sur sa relation de couple. Il ne faut pas laisser traîner, d’autant plus que soignés, les symptômes peuvent s’éloigner très vite : en quelques jours à quelques semaines ! », conclut Christelle.

    Vous avez besoin d’aide ?

    Allo parents bébé au 0 800 00 34 56 – Du lundi au vendredi de 10h à 13H et de 14h à 18h. Des professionnels de la petite enfance sont à votre écoute. Numéro vert national anonyme et gratuit créé par l’association Enfance et Partage.

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  • Quelle plante dans quelle pièce chez soi ?

    Quelle plante dans quelle pièce chez soi ?

    Les plantes dont nous nous entourons peuvent faire plus que simplement embellir nos pièces. Selon une étude réalisée par l’université de Shanghai en 2013, vivre dans une pièce où des plantes sont présentes nous rend plus heureux qu’être dans une pièce dénuée de verdure. Une étude américaine de 2015 a aussi confirmé qu’être à proximité de plantes réduit le stress psychologique et physiologique. Antoniy Ivanov, 31 ans, barista à mi-temps et étudiant en master, l’a bien compris. C’est pour cela qu’il a acheté ses premières plantes : « Lorsque j’ai emménagé dans mon studio étudiant, j’étais juste entouré de tristes murs blancs, d’un lit, d’une table et d’une chaise. Les plantes m’ont permis de me sentir mieux chez moi. Elles sont belles à regarder et égayent l’espace. »

    En tant qu’organisme vivant, les plantes ont néanmoins des besoins bien particuliers. Il faut donc faire attention à leurs caractéristiques, mais aussi à celles de la pièce dans lesquelles vous voulez les placer. « Le plus important, explique Rémi Couturas, vendeur de plantes depuis cinq ans dans un magasin de jardinage, c’est de savoir s’adapter à l’environnement dans lequel vous allez placer votre plante et de bien faire attention à son évolution. Il n’existe pas de règles bien définies, mais il y a des lieux où certaines plantes auront plus de mal à pousser et à survivre qu’ailleurs ». De plus, certaines plantes ont des particularités qui peuvent avoir un impact positif sur votre environnement, qui va au-delà de la simple décoration. Mais alors quelles plantes sont-elles adaptées à chaque pièce de la maison ?

    Pour la cuisine

    Pour la cuisine, Rémi Couturas recommande « des plantes de la famille des aglaonemas, des dracénas (dragonniers), des chamaedoreas (chamaedorées), ou des chlorophytums (plantes-araignées). Elles sont connues pour nettoyer l’air des polluants ». Selon une étude de la NASA de 1989, ces plantes sont en effet efficaces pour filtrer des composés organiques volatils présents dans l’air qui peuvent être nocifs pour notre santé, tels que le benzène, le formaldéhyde ou l’ammoniaque. Il faut néanmoins nuancer les bienfaits de ces plantes. Si elles ont été identifiées par la NASA comme pouvant éliminer les polluants de l’air, l’étude a été faite dans un laboratoire étanche, dans des conditions qui ressemblent peu à celles d’une maison ou d’un appartement.

    Une étude de 2020 a ainsi prouvé que les plantes ont en fait peu d’impact sur la présence de polluants dans l’air d’un bureau ou d’une maison, celui-ci se renouvelant plus vite que les plantes ne peuvent le filtrer. De plus, Rémi Couturas rappelle que « la cuisine subit des changements de température et de taux d’humidité assez importants, et donc il faut bien surveiller comment nos plantes réagissent à cet environnement ».

    Pour le salon

    Selon Rémi Couturas, « la luminosité de l’emplacement va beaucoup jouer sur le bien-être d’une plante et c’est donc surtout cela qu’il faut prendre en compte ». Le salon est souvent une pièce assez lumineuse, qui bénéficie d’une exposition au soleil directe ou indirecte et beaucoup de plantes s’y plairont. Vous pouvez ainsi aussi bien y placer des fougères ou des palmiers areca que des dracénas (dragonniers) et des dieffenbachias. En les plaçant à proximité des fenêtres, un géranium citronné ou un citronnier nain peuvent être utilisés pour repousser les moustiques l’été.

    Pour la salle de bains

    Le meilleur choix pour la salle de bains est une plante qui puisse vivre dans un environnement humide et chaud. De plus, selon Rémi Couturas, il faudra garder l’humidité ambiante en tête et « espacer les fréquences d’arrosages, votre plante devrait quand même s’en sortir grâce à l’eau présente dans l’air ambiant ». Les fougères, les adiantum (capillaires) et les chlorophytums (plantes-araignées) ont besoin de beaucoup d’eau et absorbent efficacement l’humidité de leur environnement. Elles peuvent ainsi être utilisées comme un déshumidificateur naturel.

    Pour la chambre

    Contrairement à ce qu’on peut entendre ici ou là, les plantes d’intérieur ont tout à fait leur place dans une chambre, même si Rémi Couturas conseille d’éviter « les plantes odorantes parce que cela pourrait vous empêcher de dormir si vous y êtes sensible ». Les dracénas, l’aglaonema et les fleurs de lune pourront apporter de la couleur et une atmosphère paisible à cette pièce.

    Les préjugés sur les plantes à la maison

    Certaines plantes peuvent absorber les ondes de nos téléphones ou ordinateurs : Faux !

    Rémi Couturas se souvient d’une période où « beaucoup de gens venaient me réclamer un cactus anti-ondes, ce qui n’existe pas du tout. Aucune espèce de plantes, cactus ou autres, n’est connue comme pouvant absorber les ondes ! ». En effet, aucune étude scientifique n’a pour le moment établi que certaines plantes pourraient absorber des ondes électromagnétiques nocives pour les humains. Une étude de chercheurs d’une université turque datant de 2018 a même démontré que la présence de cactus aux alentours d’un écran d’ordinateur n’avait aucun impact sur le champ électromagnétique émis par la machine.

    Il ne faut pas mettre de plantes dans la chambre à coucher : Faux !

    La nuit, les plantes ne pratiquent plus la photosynthèse, le phénomène par lequel elles absorbent du CO2 et rejettent de l’oxygène. À la place, elles respirent de la même manière que les humains et prennent l’oxygène d’une pièce et rejettent du CO2. Cette respiration nocturne a entraîné l’idée selon laquelle dormir avec des plantes dans une pièce pourrait être dangereux et augmenter le risque d’intoxication au CO2. Une peur infondée pour Rémi Couturas, selon qui « il faudrait dormir avec une concentration de plantes similaire à celle de l’Amazonie dans sa chambre avant que cela devienne dangereux ! ».

    Locataire ou propriétaire, l’important est de se sentir bien chez soi

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  • Notre capacité d’attention est-elle en déclin ?

    Notre capacité d’attention est-elle en déclin ?

    Dès 2015, une étude de Microsoft s’inquiétait de la chute de notre capacité d’attention, passée de 12 à 8 secondes depuis l’an 2000. Dit comme ça, rien de bien concret. Ce qu’il faut plutôt retenir c’est que ce temps de concentration serait inférieur d’une seconde à celle du poisson rouge, comme le souligne en 2019, Bruno Patino dans La Civilisation du poisson rouge. Notre ami à branchies a beau être l’un des animaux préférés des Français, la comparaison est peu flatteuse.

    « Ce qui compte, ce n’est plus de ne manquer de rien, mais de ne rien manquer »

    À quoi est due cette dégringolade ? L’abus général de technologie, le flux constant de suggestions, de notifications, de messages et autres images est souvent mis en cause. Si l’augmentation du nombre de chaînes de télévision a commencé le travail, la multiplication des usages numériques dans nos vies – à savoir Internet, smartphones et réseaux sociaux dont nous sommes tous consommateurs – s’est chargée du reste. Plus simplement : l’attention s’est dégradée à mesure que l’offre digitale et culturelle a augmenté. Dans son livre La Magie de la concentration, publié en 2020, le chercheur au Centre de recherche en neurosciences de Lyon, Jean-Philippe Lachaux aboutit à la même conclusion : « Face à une diversité hallucinante de sources d’information et de distraction, et de choses “à faire”, notre cerveau s’organise pour couvrir le maximum de terrain possible et maximiser “le gain”, comme un glouton découvrant les vingt buffets gratuits d’un navire de croisière, écrit-il. Il s’en met plein la bouche pour ne rien rater, et tant pis si les sushis viennent se mélanger au bœuf bourguignon. Ce qui compte, ce n’est plus de ne manquer de rien, mais de ne rien manquer. » Le chercheur compare alors l’attention à une fourchette, servant à avaler tout ce contenu. Mais, sursollicité, le couvert pourrait finir par se casser.

    Dans une interview pour 20 minutes, en 2021, le même chercheur indiquait que pour traiter des contenus numériques, le système cérébral réquisitionné fonctionne comme celui des drogues dures : le circuit de la récompense. « Quand les choses se prolongent et sont monotones, elles ne le stimulent pas assez », précise-t-il au média. Dans son ouvrage, le chercheur est formel : « Oui, nous vivons bien une crise de l’attention. » Pour ce qui est des symptômes, on observe souvent les mêmes : le zapping, la surcharge mentale, la sensation de pression permanente ou encore l’impression de rester à la surface des choses, de ne pas être là. Les adolescents possèdent même un acronyme utilisé principalement sur les réseaux sociaux ou sur les forums et illustrant un faible niveau d’attention : TLTP, répondent-ils lorsqu’un message dépasse trois lignes. Ce qui signifie : « Trop long, pas lu ».

    L’attention comme une disponibilité, une écoute

    Pour Jean-Philippe Lachaux, le risque d’un tel déclin est de voir apparaître dans cinquante ans, une société « complètement dépressive », car « coupée de satisfactions profondes ». Une projection que la journaliste italienne Lisa Iotti, auteure du livre 8 secondes. Voyage dans l’ère de la distraction, partage : « On se retrouverait à accumuler des millions de données sans savoir les trier correctement et les assimiler. La connaissance, ce n’est pas accumuler des données, mais être capable de les filtrer. Savoir distinguer ce qui est juste, ce qui est important, de ce qui ne l’est pas. » Comme la philosophe française Simone Weil, Lisa Iotti considère l’attention comme une disponibilité, une écoute. Sans elle, comprendre foncièrement l’autre – sa souffrance, son bonheur – relèvera du défi. « On ne pourra plus vibrer les uns avec les autres », déplore-t-elle.

    Heureusement, Bruce Morton, chercheur au Brain & Mind Institute de l’Université de Western Ontario, est plus optimiste. Selon lui, notre cerveau ne serait pas en régression, mais simplement en train de s’adapter au nouveau contexte dans lequel il vit. Qui vivra, verra. D’ici là, « il est devenu urgent d’éduquer l’attention, renchérit Jean-Philippe Lachaux dans son ouvrage. C’est un enjeu majeur de santé publique, tout simplement. » Pour le chercheur, éduquer l’attention signifie « faire comprendre aux plus jeunes, mais aussi à leurs aînés, ce qu’est l’attention, comment elle fonctionne, quels en sont les mécanismes et comment l’apprivoiser, comment jouer avec elle, et surtout, comment la maîtriser ». Pour cela, il a créé le projet ATOLE (Attentif à l’école) afin de former des professeurs qui à leur tour, amélioreront l’attention de leurs élèves.

    Prévenir, c’est bien. Mais peut-on guérir ? Selon la neuroscientifique Amishi Jha, professeure à l’université de Miami qui, depuis une vingtaine d’années, étudie les mécanismes de l’attention, tout est question d’entraînement. Elle suggère d’effectuer quatre exercices – d’au moins 12 minutes – par jour, cinq jours par semaine, pendant quatre semaines. Au menu : la « respiration concentrée », le « scan du corps », l’observation dite « ouverte » et enfin, un exercice d’empathie. « Nous avons découvert qu’en pratiquant ces exercices quotidiennement, même lors d’une période de stress élevée, les capacités attentionnelles ne se dégradaient pas et pouvaient chez certains s’améliorer », a-t-elle déclaré en 2022, à Santé Magazine. Tout n’est donc pas perdu.

  • Ces fruits et légumes qui vous veulent du bien

    Ces fruits et légumes qui vous veulent du bien

    Sans exception, tous les fruits et légumes regorgent d’innombrables bienfaits pour l’organisme comme pour le bien-être (réduction du stress, de la fatigue, aide au sommeil, etc.). Diététicienne nutritionniste, Charline Wirth nous a concocté une petite sélection d’un fruit ou légume local par saison et en explique les vertus.

    Hiver : le chou-fleur, riche en vitamine C et magnésium

    Lorsque la période de grand froid s’installe, le chou-fleur devient l’un des aliments essentiels à consommer. « Il est extrêmement riche en vitamine C et en antioxydant. En hiver, on reçoit moins de luminosité et d’énergie. Il est alors important de compenser en apportant des micronutriments protecteurs comme les vitamines », note Charline Wirth. Le chou-fleur est finalement une bonne alternative aux crudités, qui se consomment plutôt en été. Par ailleurs, son apport en potassium et en magnésium a « un impact sur le système nerveux, mais aussi sur notre état de fatigue et notre sommeil », précise la nutritionniste. Connu pour ses capacités à diminuer le stress et l’anxiété, le magnésium a en effet un rôle clé dans l’équilibre émotionnel et psychique. N’oublions pas de préciser que le chou-fleur est aussi source de choline, un nutriment essentiel pour l’humeur, la mémoire et le développement du cerveau. Riches en soufre, les légumes crucifères favorisent la santé de l’intestin et soutiennent ainsi le système immunitaire. « Par son apport en fibre, il réduit les risques de cancers gastro-intestinaux, de constipation et de maladies cardiovasculaires », ajoute Charline Wirth.

    Comment consommer le chou-fleur ?

    Cru de préférence. Par exemple, en dips à tremper dans une sauce yaourt pour l’apéritif. Ces dernières années, le chou-fleur a par ailleurs acquis une renommée culinaire en étant préparé sous forme de steaks ou utilisé comme alternative au riz ou à la semoule pour en faire un taboulé

    Printemps : l’artichaut, l’ami du foie

    Désormais trop souvent oublié de nos habitudes culinaires, l’artichaut est pourtant un légume idéal pour retrouver sa vitalité et son énergie. « Grâce à ses propriétés cholérétiques et cholagogues, l’artichaut soutient l’activité et favorise le bon fonctionnement du foie. Il est recommandé à cette période de l’année où le foie est affaibli après une consommation plus importante de protéines animales et de fromage en hiver, explique Charline Wirth. Son effet prébiotique permet aussi de booster le système immunitaire. » Riche en antioxydant, ce légume fleur printanier stimule par ailleurs le drainage de l’organisme et favorise l’élimination de l’eau. On le connaît aussi pour sa teneur en calcium, un minéral présent principalement dans les produits laitiers et essentiel à une bonne santé des os et au bon fonctionnement des muscles. Enfin, l’artichaut contient du brome. Derrière ce nom barbare se cache un composant chimique ayant un effet sédatif sur le système nerveux qui faciliterait ainsi le sommeil des personnes anxieuses.

    Comment consommer l’artichaut ?

    Il se mange aussi bien cru que cuit. Une idée ? Des artichauts violets snackés à la poêle avec un peu d’huile d’olive, ou à la vapeur. On peut également boire l’eau de cuisson pour récupérer quelques minéraux. L’artichaut est aussi parfois consommé en tisane.

    Été : les fruits rouges, puissants antioxydants

    Les fruits rouges sont les incontournables de notre alimentation en été et ne manquent pas d’atouts nutritionnels. Excellentes sources de vitamines A, E et C, ils sont connus pour être de puissants antioxydants et font partie des 20 végétaux qui en contiennent le plus. « Leur richesse en antioxydants va compenser les effets délétères du stress », complète la diététicienne. Grâce à leur importante teneur en vitamine C, les fruits rouges soutiennent les défenses immunitaires, aident à lutter contre les coups de fatigue et contre le vieillissement prématuré des cellules. Le grand gagnant des fruits riches en vitamine C ? Le cassis, qui en contient plus de trois fois plus que l’orange. Petite mention pour le bleuet qui contient des flavonoïdes, excellents pour la santé du cerveau et pour diminuer l’anxiété. La cerise, quant à elle, est riche en quercétine antioxydante qui aide à se détendre.

    Les fruits rouges sont également des boosters de mélatonine, celle que l’on appelle « hormone du sommeil », synthétisée par le cerveau. Gorgés en anthocyanes, ces fruits d’été « renforcent la paroi des vaisseaux sanguins et améliorent la fluidité du sang. Ce qui a pour conséquence de diminuer les risques de maladies cardiovasculaires », précise Charline Wirth.

    Comment consommer les fruits rouges ?

    Crus, frais ou surgelés en sorbet pour bénéficier de tous les effets positifs.

    Automne : le panais, source de fibres prébiotiques

    Connu comme l’un des plus anciens légumes, le panais revient de plus en plus sur nos étals. Et pour cause : sa grande richesse en fibres offre un sentiment de satiété et participe au bon fonctionnement du transit. « Excellente source de fibres prébiotiques et solubles, le panais prévient les risques de maladies cardiovasculaires. Il a également un impact positif sur le moral à cette période de l’année où les journées raccourcissent et où les températures et la luminosité diminuent », souligne la nutritionniste. Ce légume racine est connu pour sa forte teneur en vitamine B9, qui aide à lutter contre la fatigue et participe au renforcement du système immunitaire. Il contient également du magnésium, nutriment qui a un rôle clé sur la diminution de l’anxiété et sur le sommeil par ses propriétés relaxantes. « Sa richesse en potassium tamponne l’acidification de l’organisme, une conséquence du stress », complète Charline Wirth.

    Comment consommer le panais ?

    En gratin, purée ou velouté. Le panais est le remplaçant idéal de la pomme de terre. Précision : le consommer cru est indigeste et irritant pour les intestins.

  • La solitude est-elle un danger pour la santé ?

    La solitude est-elle un danger pour la santé ?

    L’isolement social et la solitude, deux notions différentes aux conséquences similaires et “graves pour la santé et le bien-être” selon l’OMS qui a lancé une alerte fin 2023. « L’isolement social, à savoir une insuffisance de relations sociales, et la solitude, c’est-à-dire la douleur sociale liée au fait de ne pas se sentir en lien avec autrui, sont très répandus. » D’après les chiffres, le sentiment de solitude, qui peut survenir même lorsqu’on est entouré, concerne près d’un quart de la population adulte mondiale et 5 à 15 % des adolescents.

    Des conséquences sous-estimées

    Pourtant, ni l’un ni l’autre ne sont considérés comme une maladie, et leurs conséquences communes sur la santé sont souvent sous-estimées. Notamment leur lien avec l’apparition de nombreux troubles, tels que l’anxiété, la dépression et la démence, qui peuvent mener jusqu’au suicide et « augmenter de 30 % le risque de maladie cardiovasculaire ». Selon plusieurs études citées par l’OMS, « le manque de liens sociaux entraîne un risque de décès précoce équivalent, voire supérieur, à d’autres facteurs de risque mieux connus, tels que le tabagisme, l’abus d’alcool, l’inactivité physique, l’obésité et la pollution de l’air ».

    Nicolas Neveux est psychiatre et psychothérapeute, concepteur du site e-psychiatrie.fr et auteur de Pratiquer la thérapie interpersonnelle (Dunod, 2021). Il rappelle que la cause de ces pathologies physiques n’est pas l’isolement en tant que tel, mais la réaction de l’individu : « Généralement, les gens isolés sont moins actifs, ont une moins bonne hygiène de vie, prennent du poids et compensent par exemple en fumant. »

    La solitude en hausse en France

    La France est loin d’être épargnée. Une étude de la Fondation de France parue en 2022 estime que 20 % des adultes, soit 11 millions, souffrent de solitude. Un chiffre en hausse puisqu’ils étaient 18 % en 2020 et 13 % en 2018, selon une étude de l’IFOP pour l’association Astrée, spécialisée dans l’accompagnement des personnes souffrant de solitude. Celle-ci relève que certaines catégories sont plus touchées, dont les adolescents, les célibataires, les actifs en télétravail et les personnes en situation de précarité économique. Dans son Baromètre de la Solitude 2022, l’association SOS Amitié, qui propose un service d’appel et de messagerie d’urgence pour les personnes en souffrance psychologique, souligne que les femmes représentent 60 % des appels reçus.

    Si l’OMS s’attelle aujourd’hui à ce problème, c’est en partie, car la pandémie de Covid-19 et ses longues périodes d’isolement ont été le théâtre de l’explosion du mal-être psychologique. Ghislaine Desseigne, présidente de SOS Amitié, note que « dès le début de la pandémie, les appels à nos services ont connu une hausse de 30 %, qui ne s’est toujours pas résorbée ». Sur 3 300 000 appels en 2022, les 1 800 écoutants ont pu en décrocher 580 000. La solitude est le deuxième motif le plus évoqué, derrière la souffrance psychique. « Avant le Covid, la solitude arrivait en premier. Mais son recul n’est pas une bonne nouvelle, car ce sont désormais ses conséquences, l’anxiété et la dépression, entre autres, qui prédominent », déplore la présidente.

    Recréer du lien social

    Heureusement, ni l’isolement social ni le sentiment de solitude ne sont des fatalités. L’association Astrée accompagne et aide les personnes à faire face, quel que soit leur âge. « Nous les écoutons sans jugement, et essayons de leur redonner confiance en elles pour qu’elles reprennent leurs vies en main en toute autonomie », explique Valérie Darbois, responsable de la coordination. « Souvent, une thérapie est indispensable », commente le Dr Nicolas Neveux, qui utilise les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et la thérapie interpersonnelle (TIP) pour aider ses patients à sortir de l’isolement : « Ces deux techniques sont les plus indiquées, la première aide à supprimer les croyances limitantes, et la seconde permet d’identifier les mécanismes dysfonctionnels dans les relations et d’aider le patient à les corriger. »

    Associations comme médecins le répètent : il faut recréer du lien social. En traitant les conséquences, mais aussi via la prévention. C’est le parti pris d’Astrée, qui propose des campagnes de sensibilisation dans les collèges pour apprendre aux élèves à repérer leurs camarades en difficulté.

    Cette année, 4 420 élèves d’une vingtaine de collèges ont été sensibilisés : « Souvent, ils se portent volontaires pour aider leurs camarades à l’issue de nos séances. C’est par l’éducation que nous allons créer un monde plus bienveillant. » De son côté, l’OMS a annoncé la création d’une commission de trois ans sur le sujet. Sa mission : promouvoir des solutions en faveur du lien social.