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  • Comment éduquer ses enfants à l’argent ?

    Comment éduquer ses enfants à l’argent ?

    « L’argent est tellement tabou en France que, souvent, les parents n’en parlent pas », déplore Véronique Forzini, experte finance-épargne de la Macif. Selon elle, il faut au contraire aborder le sujet avec les enfants tôt pour que ceux-ci apprennent progressivement « comment le dépenser et l’économiser pour remplir leurs projets futurs ». Le début de l’apprentissage du calcul, à 5 ans, est un bon point de départ pour l’éducation financière.

    De 5 à 11 ans : comprendre l’utilité de l’argent

    « En primaire, on comprend que l’argent peut être utile pour s’acheter des choses qui nous font plaisir », observe Véronique Forzini. C’est le début de l’argent de poche, qui avoisine quelques euros hebdomadaires en liquide. « À cet âge-là, l’argent est souvent considéré comme un cadeau, reçu grâce à une bonne note par exemple, puisque les parents subviennent à tous les besoins. » Donner à son enfant ces petites sommes permet alors de lui faire comprendre qu’il peut choisir comment le dépenser. On peut aussi commencer à aborder l’idée d’« économies », « mais surtout sur du court-terme » car les enfants ne se projettent pas encore et que « les sommes sont tellement petites que l’utilisation est quasi-immédiate ».

    De 12 à 15 ans : apprendre à économiser

    L’entrée au collège sonne le début du chemin vers l’indépendance et, avec elle, « un besoin d’argent plus important qui est naturel », relève Véronique Forzini : « Dans les villes, les enfants vont au collège eux-mêmes et ont plus de frais. » Cette étape est un bon moment pour basculer de l’argent de poche hebdomadaire à une somme mensuelle. « Cela permet à l’enfant d’apprendre à maîtriser ses dépenses et recettes sur le mois, même si les parents subviennent toujours aux besoins. » C’est également la première étape vers la notion de salaire et cela permet à l’enfant d’économiser sur un temps plus long. « Il faut d’ailleurs commencer à passer du terme ‘économiser’ à celui d’ ‘épargner’ », poursuit Véronique Forzini. Dès 12 ans, les parents peuvent lui ouvrir un livret d’épargne jeune.

    De 16 à 18 ans : la transition vers l’autonomie

    Le lycée est souvent la dernière – ou l’avant-dernière – étape avant que les enfants ne quittent le cocon familial. Il s’agit donc d’un moment primordial dans leur éducation à l’argent. Ils sont aussi nombreux à posséder une carte bleue sans autorisation de découvert, qui leur permet de s’initier à la gestion de l’argent lorsqu’il est dématérialisé et au suivi de leurs dépenses via des applications bancaires. « À ce moment-là, il est primordial d’insister sur le budget mensuel et de faire comprendre à son enfant l’importance d’épargner pour des projets de long terme plus ambitieux, comme le passage du permis ou des vacances entre amis », souligne Véronique Forzini. Ce moment de transition est celui où les jeunes apprennent à être véritablement autonome et à gérer leur épargne.

    De 19 à 24 ans : gérer son budget et consolider son épargne

    Une fois que les enfants ont quitté le cadre familial pour partir étudier, la notion d’argent de poche disparaît et devient « une allocation mensuelle qui doit permettre de subvenir seul à ses besoins », c’est-à-dire payer son loyer, se nourrir, gérer ses loisirs, etc. L’étudiant doit « identifier ses frais fixes et variables tout en épargnant régulièrement », préconise Véronique Forzini. Un modèle peut être intéressant à transmettre : la règle des 20-30-50. « 50 % du revenu mensuel doit être dédié aux charges fixes, 30 % au budget complémentaire et 20 % épargnés sur un livret en début de mois. » L’idéal est d’avoir « au moins trois fois de côté son budget principal, pour les coups durs ». Il en va de même pour les alternants et les jeunes actifs, qui partiront plus confiants dans la vie avec un matelas de sécurité.

    Les bases de l’autonomie

    « Mais pour pouvoir gérer son argent, il faut en avoir », observe Véronique Forzini. D’où l’intérêt, pour les parents, d’apprendre à leurs enfants la valeur de l’épargne le plus tôt possible. Et de leur ouvrir un livret jeune, voire une assurance-vie. « Il ne faut pas hésiter à parler argent dès l’enfance, pour que l’évolution soit la plus fluide possible », insiste la spécialiste. Les parents peuvent être accompagnés, notamment grâce au programme Educfi (Éducation économique, budgétaire et financière), accessible en 4ème sur la base du volontariat des professeurs. Discussion, pédagogie et continuité sont donc les maîtres mots pour faire de son enfant un épargnant et consommateur autonome.

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  • Conflits dans la fratrie, comment gérer les disputes ?

    Conflits dans la fratrie, comment gérer les disputes ?

    Comme chien et chat

    Entre eux, c’est tous les jours c’est la même histoire, quand Kimiko, 16 ans, retrouve son petit frère Zéphyr, 11 ans, en rentrant des cours, elle le couvre d’abord de câlins et de bisous, puis, en un instant, ils peuvent passer de l’amour à la haine. « Souvent la crise arrive lorsqu’elle commence à vouloir contrôler son frère et qu’il refuse ses accès d’autorité ou qu’elle le congédie sans ménagement parce qu’elle l’a assez vu », raconte Julien, leur père. Les protestations, les cris et parfois même les coups peuvent alors pleuvoir au grand dam des parents qui doivent les séparer, les gronder parfois et consoler l’un, voire les deux. « C’est toujours compliqué de savoir comment réagir, on leur demande simplement d’arrêter sans prendre parti pour éviter que l’un des deux se sente défavorisé », confient-ils. Dans la fratrie d’Emma, la trentaine, où elle a grandi entourée de ses quatre frères, c’était aussi assez sportif. Les garçons aimaient bien se bagarrer. « Il arrivait même que mon frère qui faisait de l’Aïkido me mette des coups de kendo quand je l’embêtais trop ou quand je me cachais sous son lit pour l’espionner, se souvient-elle. Un jour, mes frères se sont courus après autour de la table pendant qu’on mangeait une fondue. Mes parents criaient parce qu’ils craignaient que le caquelon se renverse. » Les parents d’Emma avaient une position claire, refusant d’intervenir dans leur brouille : « Il fallait qu’on se débrouille entre nous, sauf si c’était vraiment grave », se souvient la jeune femme.

    Environnement calme, moins de dispute

    Pour la psychologue clinicienne, Agnès Verroust, entre enfants, il peut y avoir une rivalité pour des choses aussi bénignes que les heures de coucher, mais aussi parfois au sujet des parents. « Il y a une concurrence naturelle entre les enfants, même quand les parents sont aimants de la même façon pour les uns comme les autres », précise-t-elle. Pas de culpabilité à avoir donc, mais il semble néanmoins important de rester vigilant. « On peut avoir plus de facilité avec l’un des enfants, mais ça ne veut pas dire qu’on aime moins les autres », ajoute-t-elle. Concernant la gestion du conflit entre enfants, la psychologue admet volontiers que plus les parents sont calmes et l’environnement sécurisant, moins la dispute sera le mode de fonctionnement. En revanche, « les enfants font tout en miroir, c’est le principe de l’éducation. Alors, si les parents sont stressés et en conflit, les enfants vont exprimer leurs émotions par la colère, la bouderie ou la violence », indique la psychologue.

    Par ailleurs, si la crise entre frères et sœurs découle d’un problème d’autorité avec l’un des enfants, Agnès Verroust est claire, « il faut faire une séance de thérapie familiale pour que tout le monde reprenne sa place et que ça puisse être verbalisé et soutenu par un tiers ». Selon la psychologue, cette perte de repère peut parfois résulter de l’éducation positive et du fait que la parole de l’enfant a désormais plus de poids à la maison qu’à l’époque des familles traditionnelles. « La famille moderne n’a pas encore trouvé sa forme finale et il arrive que les places d’adultes et d’enfants se mélangent, ce qui est inconfortable pour tout le monde et peut faire naître des conflits », conclut-elle.

    Désamorcer les situations explosives

    La psychologue insiste également sur l’importance d’accompagner l’enfant dans l’apprentissage de son autonomie, qu’il ait plusieurs personnes sur lesquelles s’appuyer en cas de besoin. « Il est essentiel aussi de leur donner des clés et stratégies de résolutions de conflits en leur apprenant à prendre du recul et à désamorcer des situations explosives. » Enfin, il faut poser des règles assez claires. « Si c’est non, il faut éviter, dans la mesure du possible, que ça se transforme en oui », conclut-elle. Quelques petits conseils qui devraient vous permettre d’éviter ou en tout cas de limiter les disputes de votre progéniture.

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  • Développer le langage de son bébé

    Développer le langage de son bébé

    Même si un nouveau-né ne parle pas, le Dr Pfersdorff, pédiatre et auteur de nombreux ouvrages* insiste : le dialogue entre bébé et ses parents s’installe dès la naissance. « Un nouveau-né dit plein de choses avec le mouvement de ses yeux, de ses doigts, de ses jambes… Il est très important que les parents y soient attentifs. » Il est également essentiel de comprendre qu’à la naissance et durant ses tout premiers mois, un bébé ne voit pas vraiment, sa vision n’étant pas encore installée. Au contraire de ses autres sens (le toucher, l’odorat, le goût et l’ouïe) qui sont eux très développés.

    Favoriser l’échange et l’écoute

    Mais quel est le lien entre l’apprentissage du langage et ses sens ? « L’audition du bébé est très sensible, elle est bien plus développée que chez un adulte », explique le docteur Arnault Pfersdorff. C’est pour ça, par exemple, qu’un objet qui tombe au bout de la pièce va le faire sursauter. « Dès la maternité quittée et le retour à la maison, il faut prendre l’habitude que l’enfant soit dans un environnement calme pour favoriser le langage et l’écoute. C’est très important, car il a une telle hyperacousie que s’il y a trop de bruit, il ne va pas faire la différence entre les sons, ça va le stresser et ça peut le fatiguer. Il faut lui parler quand il est calme, après un repas, par exemple, on rapproche son visage du sien et on ne parle pas trop vite ni trop fort, on chuchote même. » D’ailleurs, une fois la vue de bébé vraiment opérationnelle vers 5-6 mois, le pédiatre recommande de conserver cette habitude de lui parler sans être trop loin, en veillant à lui faire face et en articulant bien les mots.

    Jouer sur la répétition des mots

    Si l’environnement et les moments de communication sont très importants, ce qu’on dit l’est tout autant pour développer le langage de son bébé. D’une part, il faut utiliser des « mots simples, des mots qu’il faut reprendre souvent, comme “papa”, “maman”, ça va de soi, mais aussi “je suis là” ». Car ce qu’on dit doit avoir du sens pour bébé : ainsi, avec un nouveau-né, il faut veiller à expliquer le contexte et l’action qui va venir. Enfin « on ne fait pas de phrases longues », préconise le Dr Pfersdorff. « L’enfant va comprendre que ces phrases courtes correspondent à un événement qui va se passer peu après. Par exemple “Je vais te donner ton bain” ou “Je vais te donner à manger”. Il va retenir le mot “bain”, le mot “manger”… Plus on prend le temps de lui parler, plus il va comprendre. Mais ça ne veut pas dire qu’il va reproduire. » En effet, si bébé babille, le médecin rappelle qu’un nourrisson n’aura qu’entre 50 et 100 mots à son vocabulaire à 2 ans et ne parlera véritablement qu’à 3 ans. Au fur et à mesure que bébé grandit, on fait évoluer les mots, on les diversifie. Mais attention, en utilisant ce que le médecin appelle « les mots justes », particulièrement, explique-t-il en ce qui concerne son anatomie. C’est d’ailleurs dans cette même idée de « mots justes » qu’il déconseille d’utiliser avec son enfant un langage trop bébé (par exemple, dire le « lolo » pour l’eau, etc.).

    Ce qu’on dit, mais aussi la manière dont on le dit

    S’appuyer sur des chansons pour transmettre le langage aux plus petits est utilisé depuis très longtemps. À juste titre. Avec leur vocabulaire simple et leurs refrains, les comptines sont particulièrement intéressantes. « Il faut que le texte soit répétitif, note Arnault Pfersdorff. Mais il faut aussi que la mélodie soit apaisante. » D’ailleurs le professionnel de la petite enfance « incite les parents à dire les choses par le chant ». Car, la forme a aussi son importance dans l’apprentissage du langage. C’est pourquoi on évite de parler à son bébé quand on est sous le coup du stress ou accaparé par autre chose. Ce qui peut, il est vrai, ressembler à la description de tout jeune parent, privé de sommeil et débordé. C’est pourtant un idéal vers lequel il faut tendre. « À la manière dont on lui parle, un nourrisson voit très vite si ses parents sont énervés ou calmes. Si on n’est pas disponible, si on est pressé, il y a des courses à ranger, s’il y a ceci ou cela, on n’a pas du tout la même tonalité, le même débit et le nourrisson va s’en rendre compte. Et ça peut le stresser. Alors qu’il faut justement prendre le temps de lui parler, en lui faisant face et en interrompant son activité », explique le pédiatre avant de déculpabiliser les parents : « Évidemment, on ne peut pas le faire tout le temps… » Et dans le cas où on est énervé, que faire ? « Si on peut, il vaut mieux que ce soit l’autre parent qui s’en occupe. Sinon, attendre que ça passe pour lui parler, lui faire un sourire ou des gestes avec la main pour être dans l’échange. »

     

    * Bébé, premier mode d’emploi (Hachette)

    Votre enfant de 0 à 16 ans (Hatier)

    Les points à retenir

    • On choisit un moment calme, lorsque bébé est réceptif
    • On se rapproche de lui et on se met bien face à lui
    • On ne parle pas fort et on articule
    • On fait des phrases courtes
    • On répète les mots
    • On n’utilise pas un langage trop bébé et au fur et à mesure qu’il grandit, on diversifie le vocabulaire
    • On prend son temps (on ne fait pas autre chose en même temps)
    • On s’aide avec les comptines
    • On évite de s’adresser à lui dans nos moments d’énervements

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  • Pleurs d’enfants : comment garder son calme ?

    Pleurs d’enfants : comment garder son calme ?

    Des pleurs parfois difficiles à supporter

    Qui n’a pas eu d’enfants ne peut pas imaginer la force vocale d’un tout petit qui pleure et crie, ni la détresse ou même parfois l’irritation des jeunes parents lorsqu’ils sont confrontés à ce genre de crise. Comme l’explique Julie, jeune maman de 41 ans de deux garçons de 5 et 3 ans, Léo et Noah. « C’est simple, avec la maternité j’ai découvert que je ne supportais pas les pleurs de mon bébé. Physiquement. Ça me brisait littéralement le cœur. Et je devenais une boule d’angoisse qui se demandait ce qui pouvait bien lui arriver et évidemment si c’était grave si je n’arrivais pas immédiatement à le calmer. » Un aveu qui fait sourire Karine, car, comme le elle dit : « Moi non plus, je ne supporte pas les pleurs de ma fille, Jade. Pas parce que ça me brise le cœur, soyons honnête, mais parce que ça me casse les oreilles et me tape sur les nerfs. »

    Première étape, on déculpabilise

    Pourtant, toutes les deux font cette même confession : lorsque leur bébé pleurait, que ça les irrite ou les attriste, elles avaient surtout le sentiment d’être une mauvaise mère. « Je n’ai pas allaité mes enfants, raconte Julie, alors j’avais déjà l’impression d’être égoïste et en plus incompétente. » Alors que, selon le pédopsychiatre Stéphane Clerget*, il faut au contraire arrêter de culpabiliser. Car si les pleurs de notre bébé nous atteignent autant, « c’est qu’on est génétiquement programmés pour. Le pleur est un mécanisme de survie indispensable aux êtres humains, puisqu’ils ne naissent pas autonomes. Génétiquement, il y a une sélection naturelle qui fait que ce sont ceux qui ont des pleurs qui agacent, qui inquiètent, qui énervent, qui font réagir, bref qui touchent les parents, qui ont survécu. Il est indispensable que les pleurs nous fassent réagir : car si on n’intervient pas, il risque d’être en danger. La nature est bien faite. »

    Trouver la cause des pleurs

    On peut donc se féliciter que notre bébé pleure. Dans ces conditions, le meilleur moyen de garder son calme (et de faire cesser ses cris et ses larmes) c’est d’en trouver la cause. « C’est une règle, on ne le laisse pas pleurer un nouveau-né. Un pleur de bébé n’est jamais simulé, rappelle le Dr Clerget, mais toujours lié à un inconfort. Cependant certains enfants vont pleurer avec plus ou moins d’intensité selon leur personnalité, leur nature, leur anatomie. Mais en général, les pleurs sont proportionnels au degré d’inconfort. La première étape est de se demander pourquoi il pleure, même si on n’a pas forcément la réponse tout de suite. »

    C’est justement de ne pas toujours réussir à comprendre ce qui provoquait les crises de son fils, qui stressait profondément Julie, jusqu’à ce qu’elle « fasse ce truc tout bête qui a réussi à canaliser mon angoisse et à l’apaiser : j’ai fait une liste de ce qui peut faire pleurer un bébé, du genre il veut un câlin, il faut changer sa couche, il a faim, il a froid-chaud, il a de la température, il fait ses dents… Et quand il pleurait, je passais la liste en revue. En fait, je n’en ai rapidement plus eu besoin, c’est devenu automatique, mais ça m’a bien aidée. Et pour son petit frère, j’ai même pu m’en passer ».

    Trouver une méthode adaptée à son ressenti de parents

    Karine qui s’irrite vite et qui a le sentiment de ne pas avoir suffisamment de patience pour trouver la solution aux pleurs, en a parlé avec son conjoint pour trouver une méthode à deux. « Rien que de formuler le problème, ça m’a beaucoup déculpabilisée. Et, en parlant entre nous, on a découvert que lui “résistait” mieux que moi face aux pleurs. Du coup, lorsque je n’en peux plus, il prend immédiatement le relais avec notre fille, tandis que je m’isole dix-quinze, voire parfois même trente minutes, dans une autre pièce avec des écouteurs dans les oreilles et de la musique hyper forte. Ça me permet de décharger la tension. » Mais tout le monde n’a pas la chance de pouvoir compter sur l’aide d’une autre personne. Et certaines, comme Julie, n’envisagent absolument pas de déléguer. « Ce qui a vraiment tout changé pour moi, et je n’exagère pas, c’est d’acheter une écharpe de portage pour la maison. J’ai quasiment tout fait avec Léo dedans quand il était tout petit : cuisine, ménage, même me maquiller. Ça l’apaisait beaucoup d’être contre moi quand il pleurait et moi, ça me donnait le sentiment de le consoler, tout en pouvant continuer à faire ce que je devais faire. J’ai fait la même chose avec son petit frère. » Quant au Dr Stéphane Clerget, s’il rappelle que « s’énerver est totalement inutile », car ça ne fera pas cesser les pleurs, mais concède que « le seul intérêt de s’énerver c’est que ça nous soulage parce qu’on est contrarié », il donne cette règle d’or : « Il ne faut jamais le faire devant l’enfant. »

     

    * Auteur, entre autres, de L’Intelligence spirituelle de votre enfant (le livre de poche)

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  • Bébé arrive : comment préparer l’aîné  ?

    Bébé arrive : comment préparer l’aîné  ?

    Fin de l’enfant unique

    L’arrivée d’un nouveau-né dans une famille perturbe inévitablement la relation entretenue par les parents avec leur premier enfant, perdant son statut d’enfant unique pour celui de grand frère ou grande sœur. Alors, comment faire pour accompagner avec douceur ce changement ? Tout commence avec l’annonce de la grossesse. Pour Héloïse Junier, psychologue petite enfance et autrice de Frères et sœurs – une histoire de complicité et de rivalité – (février 2025, éditions Les Arènes), les parents devraient se poser la question de l’inclusion de l’aîné dès le début même de la grossesse. « Déjà, lorsque la mère tombe enceinte, la communication avec l’aîné change. La mère peut être plus fatigable et moins disponible, spontanée et enjouée. L’enfant capte tous ces signaux non verbaux très facilement, quelle que soit sa tranche d’âge, parfois avant même que la mère sache qu’elle est enceinte », explique-t-elle.

    S’adapter à l’âge de l’aîné

    La capacité d’un enfant à comprendre une grossesse est très variable suivant son âge. Pour un enfant de moins de 5 ans, une grossesse est très abstraite. Nombre de parents s’appuient sur des lectures. Dans le rituel du coucher de leur petit de 2 ans, Sarah et Baptiste ont introduit des livres qui parlent de naissance de petit frère et sœur et du processus de la grossesse jusqu’à la maternité. « On lui a aussi montré des photos de sa naissance. Ça l’a rassuré. Mais on a veillé à ne pas lui en parler tout le temps pour ne pas le perturber », précise Sarah. En revanche, un enfant de plus de 10 ans, lui, prend conscience de la grossesse et peut se projeter. « Les parents vont pouvoir le missionner et le responsabiliser. Il aura un rôle très important à jouer. Il est essentiel de l’intégrer », rappelle Héloïse Junier. Stéphane et Marie, père et belle-mère de Raphaël, ont impliqué l’ado de 12 ans pendant toute la durée de la grossesse. « On lui montrait les échographies, il connaissait les dates clés. Il posait beaucoup de questions », racontent-ils. Les parents lui ont proposé de participer aux préparatifs pour accueillir Billie. Avec enthousiasme, l’ado a aidé à préparer la chambre, donné son avis sur le choix des vêtements et du mobilier et participé à la rédaction de la liste de naissance. « On lui a aussi expliqué qu’il serait souvent réveillé par les pleurs et qu’on aurait parfois un peu moins de temps pour lui. On lui a demandé s’il pouvait parfois jouer un rôle de soutien pour nous soulager », se souvient Marie. À la naissance de Billie, Raphaël a naturellement proposé son aide pour lui donner les biberons, il préparait ses purées et venait observer le rituel du bain. « Il était très affectueux et la prenait souvent dans ses bras », ajoute Marie.

    Système d’attachement réactivé

    Dans la famille de Sarah, le premier mois après la naissance a été très difficile. Le petit Hugo a adopté une attitude de rejet envers son petit frère. « Il disait qu’il ne l’aimait pas, avait des gestes brusques et faisait parfois des crises. Mais, après un mois, il a commencé à accepter et prendre plus soin de son frère », confie Sarah. La psychologue petite enfance explique que « pour un enfant en bas âge, la naissance d’un petit frère ou petite sœur peut être très insécurisant. Son système d’attachement peut être réactivé. Il ne s’agit pas de jalousie, mais d’un besoin pour se rassurer de retrouver une proximité avec sa mère désormais moins disponible ». Ainsi, les parents d’Hugo n’ont pas hésité à lui dire qu’ils restaient ses parents et que sa place dans la famille ne serait pas menacée par le bébé. Pour qu’Hugo ne se sente pas délaissé, chacun a veillé à avoir des temps et activités individuels avec leur aîné, comme aller au parc à jeux ou faire de la lecture sans le bébé. De leur côté, Marie et Stéphane ont fait attention à ne pas mettre la pression à Raphaël sur son rôle de grand frère. « Au contraire, on insistait plus sur le fait qu’on serait toujours présent pour lui. Son père lui rappelait son amour. De temps en temps, il l’emmène voir un match ou déjeuner au restaurant entre père et fils », souligne Marie. Soirée film, sushis ou burgers… ils ont toutes leurs soirées privilégiées avec Raphaël après le coucher du bébé.

    Bébé et famille recomposée

    Une famille recomposée comme celle de Marie doit être encore plus attentive au bien-être de l’aîné. « Le lien entre demi-frères et demi-sœurs peut-être moins fort. Avoir des relations stables peut être compliqué. Ainsi, les parents peuvent redoubler d’effort pour consolider ces liens, comme faire preuve d’une grande équité entre les enfants et pourquoi pas encourager à ce qu’ils s’appellent “frère” et “sœur” », recommande Héloïse Junier. Naturellement, Raphaël a nommé sa demi-sœur comme « sœur », les parents ayant bien veillé à lui laisser le choix. « On ne voulait rien lui imposer », insiste Marie.

  • Vacances de février : quelles activités à la maison et en plein air avec les enfants ?

    Vacances de février : quelles activités à la maison et en plein air avec les enfants ?

    Dates des vacances d’hiver 2025

    • Zone A : Du samedi 22 février au lundi 10 mars 2025
    • Zone B : Du samedi 8 février au lundi 24 février 2025
    • Zone C et Corse : Du samedi 15 février au lundi 3 mars 2025

    1 Activités solidaires pour lui apprendre l’entraide

    Des placards pleins à craquer de vêtements déjà trop petits, un coffre à jouets qui déborde ? Ni une ni deux, un tri s’impose dans la chambre de votre enfant ! Ensemble, choisissez et triez les affaires que vous gardez et celles qui ne sont plus utilisées pour en faire don à une association.

    Votre enfant a envie de faire du bénévolat ? Participez à des collectes et/ou des distributions alimentaires, des ramassages de déchets dans votre ville… Vous pouvez même agir depuis chez vous avec des initiatives lancées en ligne par des associations. Vous trouverez différents défis solidaires à relever en famille sur des plateformes solidaires en ligne comme Diffuz. Autre idée : soutenir les exploitants agricoles de votre région en achetant vos produits dans une AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). C’est aussi l’occasion pour votre enfant de découvrir des fruits et des légumes de saison et à la source !

    2 Activités culturelles en famille

    Les musées sont fermés ou trop éloignés ? Optez pour une visite virtuelle du Louvre ou de la Cité des sciences ! Sans oublier les expositions en plein air, notamment de photos ou de sculptures, idéales pendant les journées où la météo se fait clémente. Un moyen ludique d’initier vos enfants à l’art. Votre enfant adore lire ? Pensez aux bibliothèques en ligne qui proposent de nombreux livres, jeux et applications éducatives à télécharger gratuitement.

    Vous êtes sociétaire Macif ?

    Bénéficiez de réductions sur de nombreuses activités en famille grâce à Macif Avantages !

    Bon à savoir : un peu d’écran pour les enfants, mais pas trop !

    Les activités en ligne sont à consommer avec modération pour limiter l’impact des écrans sur vos enfants.

    Chiffre-clé

    Selon l’OMS, les jeunes et les enfants de 5 à 17 ans devraient pratiquer au moins 1 heure par jour d’activité physique modérée à soutenue pour être en pleine forme!*

    Vous restez à la maison ? Faites le plein d’idées d’activités en intérieur pour occuper vos enfants !

    3 Activités manuelles pour les enfants sur le thème de la nature

    Pas de jardin mais la main verte ? Fabriquez un mini-potager intérieur ! Il suffit d’une cagette et de la terre pour y faire pousser herbes aromatiques, radis, tomates cerises, etc. Votre enfant adore les animaux ? Construisez ensemble un abri pour hérisson, un nichoir ou un hôtel à insectes pour que ces petites créatures continuent l’hiver au chaud. Si vous habitez en zone urbaine, profitez de vos balades en ville pour réaliser un herbier citadin (si si c’est possible !) et si vous êtes proche d’une forêt, votre enfant aura une mine de trésors à portée de main. Munissez-vous d’un grand cahier, de quelques feutres et crayons de couleurs et de feuilles de papier journal entre lesquelles votre enfant glissera les feuilles et fleurs ramassées.

    Et pour sensibiliser vos enfants à la préservation de l’environnement, retrouvez des activités manuelles en ligne, notamment sur Diffuz, comme la fabrication de votre propre lessive ou shampoing non polluant.

    4 Activités culinaires pour les petits cuistots

    Cuisiner en famille, en voilà une chouette idée ! Carottes, poireaux, cresson, courges… Enfilez toques et tabliers et lancez-vous dans un atelier soupe ou gratin autour des légumes d’hiver. Vos enfants seront ravis de les découvrir et de déguster ce qu’ils auront préparé !

    Source :
    *OMS, Activité physique pour les jeunes

    L’Essentiel de l’article

    • Initiez votre enfant à la solidarité en l’aidant à faire des dons et du bénévolat.
    • Privilégiez les activités simples en lien avec la nature.
    • Téléchargez des livres et des applications pédagogiques en ligne.
  • Le diagnostic TSA chez les enfants, un parcours du combattant ?

    Le diagnostic TSA chez les enfants, un parcours du combattant ?

    Autisme chez l’enfant : de l’observation et de la patience

    Six ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Marion Viol pour obtenir un diagnostic : « Trois ans pour que l’on me déculpabilise et trois ans pour me confirmer que mon fils présentait bien des signes d’un Haut Potentiel Intellectuel (HPI) et des troubles du spectre autistique (TSA) », précise-t-elle. Pourtant, dès les premiers mois qui suivent l’accouchement, cette jeune maman sent bien que quelque chose ne va pas : « Il n’aimait pas les chatouilles, il n’aimait pas que je lui chante des chansons… Toutes ces petites choses que les mamans font naturellement, chez moi, rien ne fonctionnait. »

    Comment l’expliquer ? À cette question, Marion Viol répond avec culpabilité : son fils étant le premier enfant, son inexpérience en est forcément la cause. Mais très vite, elle remarque chez ce petit garçon des capacités mémorielles exceptionnelles. « Il n’avait que deux ans et avait déjà mémorisé toutes les marques et modèles de voiture, se souvient-elle. Dès qu’il voyait les phares d’une auto, il me donnait dans l’instant la marque et le modèle. » Un signe bien loin des classiques « il ne regarde pas dans les yeux » ou « il ne pointe pas du doigt », mais un signe malgré tout. « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, comme parfois même certains pédiatres, l’autisme ne repose pas uniquement sur le fait qu’un enfant va regarder ou non dans les yeux », déplore la jeune maman.

    Premiers signes autour de 18 mois

    C’est ce que confirme Frédérique Bonnet-Brilhault, pédopsychiatre et responsable du département universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent du CHRU de Tours (et coresponsable d’une équipe de recherche INSERM, l’équipe Autisme et neurodéveloppement de l’Unité IBrain, ndr) : avoir des intérêts particuliers, aimer des jeux atypiques, présenter des particularités sensorielles, réagir de manière très forte à des petits bruits ou à certains touchers, être trop mou ou hypertonique « Les signes sont nombreux, appuie-t-elle. Mais, si les parents ne reconnaissent pas l’autisme en soi, vous pouvez être sûrs qu’ils voient que sur certains aspects, la communication, la relation ou l’imagination de leur enfant ne se développent pas correctement. » De manière générale, c’est autour de 18 mois que l’autisme se manifeste. Mais il arrive que des formes plus légères ne se remarquent que vers l’âge de 2 ans et demi, lorsque l’enfant débute sa scolarisation. « Il est plus “facile” d’observer les premières difficultés de socialisation d’un enfant lorsqu’il est en groupe », explique la médecin.

    Troubles de développement : des parents démunis

    Au total, ce sont huit psychologues qu’ont consultés Marion et son compagnon. Sans succès. Entre ceux qui n’excluent pas la responsabilité de la mère et ceux qui sont totalement désarmés face aux troubles neurodéveloppementaux, le tunnel semble dénué de lumière. « Et ce n’est pas qu’une question de génération, estime Marion. J’ai pu rencontrer de jeunes professionnels de santé qui avaient les mêmes réflexions, les mêmes idées reçues, ce qui est bien plus inquiétant. S’ils ne sont pas à la page, soit. Mais qu’ils nous orientent vers quelqu’un d’autre. Lorsque vous souffrez en tant que parent, que vous êtes à court de solutions mais qu’on vous dit que c’est tout de même à vous de trouver des solutions, c’est très dur. C’est quelque chose qu’on ne peut pas entendre, c’est trop violent, trop injuste. »

    Si Frédérique Bonnet-Brilhault reconnaît que le nombre de médecins maîtrisant les troubles du neurodéveloppement est encore insuffisant, elle tient tout de même à souligner un effort de formation ces dernières années. « On sent que les choses changent, estime-t-elle. Vous avez notamment l’implantation dans chaque département de ce qu’on appelle les “plateformes de coordination et d’orientation”. » Lorsque le médecin traitant repère aux côtés des parents une trajectoire de développement différente, il peut solliciter cette plateforme qui va alors déclencher toutes sortes de bilans (orthophonique, psychomoteur, psychologique…). « Malheureusement, elles sont assez récentes (2019, ndr), tempère la pédopsychiatre. Il faut encore attendre pour que ces nouvelles plateformes soient parfaitement opérationnelles. Mais il est vrai que dans le domaine de la santé développementale, le temps est long. Si vous avez une enfant pour qui l’on suspecte une leucémie, les choses vont aller très vite. Lorsque c’est un problème de santé développementale, on réagit bien plus lentement alors que le temps compte aussi. »

    Après le diagnostic, le quotidien avec l’autisme

    Aujourd’hui, le fils de Marion a 9 ans et est suivi par une pédiatre, basée à Quimper – « soit à 15 km de mon domicile » –, spécialisée dans les troubles du neurodéveloppement : le Dr Sarah Doukhan-Becourt. Entre-temps, l’autisme s’est une nouvelle fois invité dans la famille, chez sa fille cadette. C’est pourquoi, à 39 ans elle a décidé de publier un livre intitulé La Théorie de la chaussette (paru en mars dernier, ndr), dans lequel elle raconte son quotidien : celui d’une mère dont les deux enfants souffrent de troubles du spectre autistique. « Le plus dur est passé, car une fois le diagnostic posé, vous pouvez trouver des prises en charge adaptées. Sans oublier le fait que le diagnostic donne une légitimité vis-à-vis de l’école et d’autrui. On cesse de vous faire douter, de vous culpabiliser. Ce qui ne change pas, c’est les journées rythmées par les crises, l’inquiétude et les angoisses lorsque vous pensez à l’avenir de votre enfant… »

    Comment faire face ? Pour Marion, l’essentiel est de se faire confiance en tant que parent. Et surtout, ne pas hésiter à continuer de poser des questions, et à changer de professionnel si ce dernier ne convient pas. Une remise en question permanente et indispensable, selon cette maman qui tient également à rassurer les futurs parents d’enfants autistes : « Qu’ils se sentent libres de craquer, c’est tout à fait normal. On a le droit de pleurer, on a le droit de crier. Et ce, tous les jours. »

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  • Quelles activités pour stimuler l’imagination de ses enfants ?

    Quelles activités pour stimuler l’imagination de ses enfants ?

    Lectures et inventions d’histoires pour les petits

    Dès ses premiers mois, un rituel de lecture d’histoire s’est instauré au coucher du petit garçon de Vincent pour nourrir son imaginaire et le stimuler. En grandissant, le petit Marius s’est aussi mis à écouter en boucle des histoires sur CD, durant la journée, mais également pour s’endormir le soir. Éléonore et sa petite fille Michelle avaient, elles, inventé le « jeu des histoires d’oreilles ». « On se chuchotait à tour de rôle des micro-histoires qu’on inventait spontanément », explique-t-elle. Vers 2-3 ans, les parents de Marius lui ont offert des dizaines de mini-figurines d’animaux. « Il en était fan. Il inventait des histoires et jouait avec à longueur de journée », se souvient Vincent, son père. Plus tard, vers ses 6 ans, il créait des saynètes, les filmait et faisait des montages en stop motion tout seul avec sa tablette.

    Dessins, jardins secrets et monstres

    Comme beaucoup d’autres, les enfants d’Éléonore sont fascinés par le dessin qu’ils sont petits. La maman leur avait mis à disposition tout un éventail de matériel créatif (crayons de couleur, pastels, aquarelle, marqueurs, perles, mosaïques…) et l’imagination des enfants se libérait. Parfois, elle donnait des thèmes de dessin à sa fille, comme « un jardin secret » ou « une rue animée » et celle-ci imaginait tout un monde sous ses crayons. Ensemble, la famille s’amusait aussi à faire des « cadavres exquis ». Inventé par les surréalistes, ce jeu collectif consiste à faire composer une phrase ou un dessin par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles ne puisse tenir compte des collaborations précédentes. « C’était très drôle de dessiner ensemble un personnage dont les parties du corps n’avaient rien à voir les unes avec les autres », se souvient-elle. Depuis ses 5 ans, Marius, lui, passe son temps à inventer et dessiner des super-héros et des monstres, etc. Sa mère étant férue de bandes dessinées, le neuvième art a grandement nourri l’imaginaire du petit garçon. « Avant même qu’on l’inscrive à des cours de BD, il s’amusait déjà à dessiner ses planches personnelles. Il inventait son monde imaginaire avec ses propres histoires et personnages », raconte Vincent.

    Création de jeux de société et construction

    Vers ses 8 ans, Marius a commencé à créer de toutes pièces ses propres jeux de société. « Il découpait un carton sur lequel il collait une feuille blanche. Il imaginait et dessinait son jeu et décidait ses propres règles. Ça pouvait ressembler à des jeux de pions, comme le jeu de l’oie ou à des jeux d’échanges et d’achats de marchandises », explique le père. De son côté, à 10 ans, Michelle est quant à elle passionnée par les figurines et les constructions en briques. « Avec tout ça, elle a créé dans sa chambre toute une ville avec des maisons, des magasins, des routes et ponts en briques de bois, etc. Avec elle, on s’amuse ensuite à inventer des histoires avec les personnages », raconte Éléonore. Récemment, elle a d’ailleurs offert à sa fille un kit de construction de maquettes en carton et papier à découper et assembler.

    Jeux de rôles

    Depuis qu’il a 8 ans, Marius invente de plus en plus de jeux de rôle et de mises de scène avec ses cousins. « Ensemble, ils ont créé une chaîne de télévision avec un faux journal de 20 heures et ses journalistes. Et aussi, un village factice dans le jardin de leur grand-mère ou une enquête filmée où ils s’aventuraient dans le grenier », se souvient Vincent. Guillaume se souvient aussi qu’à cet âge-là, ses enfants inventaient et construisaient des histoires et des scénarios autour du Seigneur des anneaux lorsqu’ils étaient à la campagne chez leurs grands-parents. « Parfois, ils créaient des fusils avec des lego, enfilaient des casques et se mettaient dans la peau de militaires, ajoute Guillaume. Notre vocation a toujours été celle de leur donner accès à des outils pour qu’ils puissent constituer leur propre imaginaire. Plutôt que jouer avec eux, on préférait les guider et les accompagner dans leur évolution et dans leur quotidien, et laisser libre cours à leur imagination. » Aussi, les parents veillaient à ne pas surstimuler leurs enfants et à les confronter à l’ennui, propice au développement de l’imagination.

    La musique pour éveiller l’imagination et le sport

    Par ailleurs, Guillaume a insisté sur l’importance des activités extrascolaires. Tandis qu’Alix, 12 ans, s’épanouit dans la danse, le hockey sur gazon, la natation, le piano et le dessin, Louis est passionné de judo et de piano depuis toujours. La musique, source inépuisable de créativité, a grandement éveillé son imagination. « Enfant, Louis se réfugiait dans la musique et créait son propre univers musical. Parfois, il écoutait et déchiffrait à l’oreille des musiques de films puis essayait de les rejouer. Parfois, il composait spontanément », se remémore Guillaume.

  • Cuisiner avec ses enfants  : un moyen ludique de renforcer le lien

    Cuisiner avec ses enfants  : un moyen ludique de renforcer le lien

    Se retrouver en famille

    En semaine, à cause de ses contraintes professionnelles, Charles n’a pas toujours l’opportunité de manger avec ses quatre enfants, âgés respectivement de 13 ans, 11 ans, 5 ans et 18 mois. Le week-end, en revanche, il y tient, le rituel est immuable : non seulement il déjeune et dîne avec eux, mais surtout, il cuisine avec eux. « C’est vraiment un moment où on se retrouve en famille, résume-t-il. On détermine les menus du week-end, qui a envie de manger quoi, et on s’organise autour de ça. On fait souvent des choses simples. Ce qui compte, c’est de partager cette activité ensemble, de les impliquer. » Et tout le monde l’est, à son échelle : des plus grands, qui commencent à devenir autonomes sur certaines recettes, voire à essayer d’en inventer, au cadet qui coupe les légumes, jusqu’au plus petit qui observe tout ce manège les yeux grands ouverts. « C’est une transmission de valeurs sur le goût, mais aussi sur le partage, ajoute leur père. Parce que cuisiner, c’est partager. » À en croire, la multiplication depuis une dizaine d’années des ouvrages de recettes de cuisine à réaliser avec des enfants, Charles est loin d’être un cas à part. Une tendance que Delphine Cudel, ingénieur nutritionniste et diététicienne, voit d’un très bon œil. « Cuisiner avec son enfant, c’est un conseil que je donne aux parents qui ont des difficultés à le faire manger. Déjà, parce que c’est un moment d’interaction et de convivialité, mais aussi parce que l’expérientiel au niveau de l’alimentation, c’est vraiment intéressant. Connaître ce qu’on mange, ça aide à avoir moins de réticences. »

    Des vertus éducatives

    Pour Géraldine, mère de deux enfants âgés de 7 ans et 5 ans, le moment du repas n’est jamais une source de conflit. Certainement, comme elle l’explique, car elle fait participer ses enfants à la préparation. « C’est quelque chose qui me paraît assez logique d’un point de vue éducatif : si on impose quelque chose à un enfant sans explication, il ne va pas comprendre, et potentiellement se braquer. » Dès qu’elle le peut, elle les emmène faire les courses, choisir les aliments à cuisiner, et, une fois à la maison, leur délègue des petites tâches : couper des légumes, mélanger la pâte d’un gâteau, saupoudrer les pâtes d’herbes aromatiques. « Si on lui fait sentir les herbes aromatiques, qu’on lui explique que ça donne du goût, ça change la façon dont il va percevoir le fait qu’il y ait du vert dans ses pâtes. Et si c’est lui qui l’a mis, il va forcément être plus content d’en manger. C’est une façon d’éduquer leur palais, mais ça les amuse beaucoup. On leur a acheté des petits tabliers. Ils sont tout fiers de cuisiner ! » Une façon également de responsabiliser ses enfants et de faire travailler leur motricité fine. Par exemple, lorsqu’ils font un gâteau. « Casser un œuf, couper le beurre, verser le lait, faire attention à ne pas mettre de la farine partout, les éduquer à nettoyer le plan de travail, c’est également un aspect intéressant de la cuisine », note Charles.

    À quel âge commencer ?

    On peut commencer à sensibiliser les enfants à la cuisine dès le plus jeune âge, indique Delphine Cudel. « Il y a d’abord ce qu’on appelle la diversification alimentaire, qui va commencer entre 4 et 6 mois, et jusqu’à 1 an, pendant laquelle l’enfant a une curiosité vraiment importante et où l’on va pouvoir introduire un maximum d’aliments différents. » Si l’enfant est alors trop jeune pour s’initier à la cuisine, on peut en revanche le laisser observer. « Qu’il soit à côté lorsqu’on prépare sa purée, par exemple, voir que la purée ne sort pas que d’un petit pot et qu’il y a différents éléments qui vont la composer, qu’il puisse toucher les aliments, les nommer. Dans la cuisine, on stimule plusieurs sens, le goût, bien évidemment, mais aussi le visuel, l’odorat, le toucher. Cuisiner fait partie intégrante de l’éveil des sens. » Vient ensuite l’étape de la néophobie alimentaire. « À partir de 18 mois ou 2 ans, ça dépend du développement de chacun, l’enfant va avoir un rejet plus ou moins marqué de certains aliments, explique la diététicienne, et de manière générale, sa préférence va aller vers les aliments les plus énergétiques, qui contiennent du gras et du sucre, avec un éloignement des légumes qui peuvent avoir une certaine amertume. C’est une phase normale, pendant laquelle l’enfant prend conscience de ce qu’il mange. C’est donc une période intéressante pour faire l’apprentissage de l’alimentation. » Couper des fruits et des légumes, faire participer l’enfant à la préparation de gâteaux assez simples à réaliser, comme une tarte aux pommes ou un gâteau au yaourt, constitue souvent la meilleure porte d’entrée vers la cuisine, avant de s’atteler à des plats un peu plus élaborés. « Il faut surtout garder en tête qu’un enfant ne mange pas pour sa santé, mais son plaisir », rappelle Delphine Cudel. D’où l’importance que ce soit bon, et ludique.

    Quelques idées de recettes à faire avec ses enfants :

    Croques-chou. Des légumes sous une forme attractive. De nombreuses tâches peuvent être confiées à l’enfant en fonction de son âge : peser, mélanger, former les croques…

    Tartines sucrées-salées. Éveiller au mélange de saveurs et de textures avec toute une palette de crudités, fromages à tartiner, fruits secs…

    Gâteau au yaourt aux fruits. Recette de goûter sain incontournable, qui ne nécessite pas de balance et que l’on peut faire avec des fruits de saison.

    D’autres recettes sont à trouver sur le site Manger Bouger.

  • Zoo et aquarium, les visiter ou pas : un choix difficile pour les parents

    Zoo et aquarium, les visiter ou pas : un choix difficile pour les parents

    Visiter un zoo ou un aquarium en famille

    « Cet été, nous avons visité un aquarium, raconte Judith, mère de deux enfants de 7 et 10 ans. Les enfants ont appris à reconnaître des poissons qu’ils ne connaissaient pas et ont assisté à un atelier sur la pollution des océans. Ils ont adoré, ça les a marqués et ils m’en parlent encore. » À une époque où l’opinion publique est de plus en plus sensible à la question animale, les parcs animaliers européens ont dû amorcer leur métamorphose. Dorénavant c’est la mission de sensibilisation du public à la fragilité des écosystèmes naturels qui est mise en avant par les défenseurs des parcs animaliers pour justifier leur existence. Amélioration de leurs infrastructures pour de meilleures conditions de vie des animaux, développement et investissement dans la recherche et la conservation des espèces sauvages, participation accrue à des programmes de reproduction des espèces menacées. Au point d’être considérés comme des acteurs de premier plan de leur protection par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), à qui l’on doit notamment la liste rouge des espèces menacées.

    88 % des Français

    pensent que les zoos participent à la conservation et préservation des espèces animales (1)

    Les controverses autour de la captivité

    Pourtant, même dans les établissements respectueux des conditions de vie des animaux, la captivité influe sur leurs comportements : un lion n’a pas le même espace dans la savane que dans une cage, quelle que soit la taille de cette dernière. La question est d’autant plus délicate que la sensibilité des enfants à la cause animale est souvent accrue après de telles visites. Ainsi, Vincent, père de Lila, 9 ans, raconte : « Nous sommes allés dans un zoo pourtant réputé pour se préoccuper du bien-être animal, mais Lila a été bouleversée en voyant un tigre tourner en rond dans son enclos. Elle m’a dit que c’était cruel de le garder enfermé. Cela nous a poussés à parler de la disparition de son habitat naturel, mais ce n’était pas facile… » C’est la raison pour laquelle de plus en plus de parents choisissent des établissements reconnus pour leur approche éthique. Ces lieux privilégient les animaux rescapés de trafic ou d’autres maltraitances, et participent activement à des recherches pour la conservation des espèces. Il existe aussi des réserves naturelles et des fermes pédagogiques hébergeant une faune locale et où les interactions sont plus respectueuses lors de la visite. Camille, maman de jumeaux de 6 ans, témoigne : « On préfère aller dans des fermes pédagogiques où les enfants peuvent voir des animaux de la région. On apprend à respecter la nature sans pour autant regarder des animaux sauvages originaires de pays lointains. »

    83 % des Français

    pensent que les animaux sont bien traités dans les parcs zoologiques. (1)

    Sensibiliser sans culpabiliser

    Si de nombreux parents continuent à visiter des zoos ou des aquariums, c’est dorénavant avec un regard critique, préférant des établissements qui mettent en avant leur engagement pour le bien-être animal et saisissant l’occasion pour expliquer aux plus jeunes les enjeux de la biodiversité. Pour faire plaisir aux enfants tout en respectant le plus possible la faune, on peut privilégier par exemple une visite au refuge de l’Arche en Mayenne, un parc animalier qui accueille des animaux abandonnés ou blessés et les soigne en les faisant vivre dans des habitats naturels, ou encore au Bioparc de Doué-la-Fontaine (Pays de la Loire), qui réunit des espèces menacées dans des habitats naturels reconstitués ; enfin, on peut aussi aller au WOW Safari de Thoiry (78), un parc zoologique et botanique qui abrite plus de 1000 animaux sur 50 hectares de verdure, avec une démarche respectueuse de l’environnement et une participation à la conservation des espèces en voie de disparition.

    (1) https://afdpz.org/wp-content/uploads/2020/09/Resultats-Sondage-IFOP-AFdPZ.pdf