Étiquette : Enfants

  • Le mois d’or après l’accouchement : ralentir et prendre soin de soi

    Le mois d’or après l’accouchement : ralentir et prendre soin de soi

    « Un tsunami. » C’est ainsi que Salomé, 34 ans, décrit l’arrivée de sa fille dans sa vie. C’était l’année dernière, une nuit d’avril. L’accouchement a duré huit heures et s’est « bien passé ». Après la joie de la rencontre, la Bordelaise a néanmoins ressenti d’autres émotions : l’inquiétude, l’angoisse, puis la culpabilité.

    Retrouver ses repères après l’accouchement

    « J’avais du mal à me déplacer, mon corps était comme endolori. J’ai eu l’impression que je ne pouvais pas m’occuper de mon bébé comme il le fallait, se souvient la jeune maman. Mon époux a pris le relais, mais je me sentais à l’écart de cette famille que nous venions de créer. En rentrant chez nous, ça allait déjà mieux, et c’est à ce moment-là que j’ai pu commencer à créer une connexion avec ma fille. » Dans l’appartement familial, Salomé retrouve ses repères, ce qui la rassure. La première semaine, sa mère, qui a pris quelques jours de congé, vient un jour sur deux pour donner un coup de main – lancer une lessive, passer un coup de balai – et en profite pour faire connaissance avec sa petite-fille. Elle apporte toujours de quoi préparer le repas de midi, de préférence un plat réconfortant comme des lasagnes ou de la soupe. Exactement ce dont Salomé a envie et besoin pour se concentrer sur son nouveau rôle de mère et, surtout, pour récupérer de ce marathon de neuf mois, clôturé par un effort physique extrêmement intense. « Mon corps était en ruine, dit-elle. Des sensations bizarres en marchant ou en m’asseyant, des saignements, un ventre tout flasque, la vulve en feu. Je ne me suis jamais sentie aussi fatiguée de ma vie. »

    Quarante jours pour récupérer

    D’après l’enquête nationale périnatale menée en 2021, 17 % des femmes ont trouvé la période suivant l’accouchement « difficile » ou « très difficile ». Pire encore : près d’une mère sur cinq souffrirait de dépression post-partum dans le mois qui suit la naissance, selon le site de la commission Les 1000 premiers jours. « L’isolement est la principale cause de ces difficultés », peut-on lire dans l’ouvrage Le Mois d’or — Bien vivre le premier mois après l’accouchement, dont la première édition s’est vendue à plus de 25 000 exemplaires. Popularisé en France par ses autrices, Céline Chadelat et Marie Mahé-Poulin, le concept du « mois d’or » peut se résumer ainsi : « Sortir de la focalisation sur le bébé et proposer des soins au corps de la mère, la soutenir émotionnellement, l’aider dans les tâches quotidiennes pour lui éviter les efforts et lui permettre de se rétablir. Une maman qui va bien, c’est un bébé qui peut aller bien », explique Marie Mahé-Poulin, également psychologue clinicienne. Cette pratique se retrouve dans plusieurs traditions culturelles, comme en Chine, où le « Zuo Yue Zi » se traduit par « rester assise un mois », ou en Amérique du Sud, où les femmes bénéficient d’une « cuarentena » (quarantaine). Si cette période est censée durer quarante jours – « le nombre quarante représente la transition, l’ouverture sur un nouveau chapitre […] dans le cadre postnatal, c’est le temps nécessaire pour retrouver des fonctions physiologiques en bonne santé », explique Le Mois d’or –, le temps de récupération peut s’étendre sur plusieurs mois. On parle alors de « quatrième trimestre ».

    Anticiper et bien s’entourer

    Salomé était enceinte de huit mois lorsqu’elle a lu Le Mois d’or. Elle en a surtout retenu une idée : « S’entourer de ses proches et déléguer un maximum de tâches ménagères. » Voilà l’ingrédient secret pour un post-partum apaisé. Les autrices du livre préconisent même de se préparer, en cuisinant des repas chauds, nutritifs et réconfortants à congeler — soupes, bouillons ou « lait d’or », une boisson à base de curcuma et de gingembre. En un mot : anticiper. Lorsque la jeune Bordelaise a parlé du mois d’or à son entourage, ses proches l’ont d’abord regardée d’un drôle d’air. « Cela faisait sens pour ma mère, mais elle ne comprenait pas l’intérêt de théoriser la chose. Du côté de ma belle-mère, en revanche, c’était l’incompréhension totale. Pour elle, je devais bouger le plus possible pour récupérer », confie-t-elle. Si, d’après Marie Mahé-Poulin, « il n’y a pas de façon parfaite de vivre un mois d’or », celle-ci insiste sur l’importance du « cercle de soutien ». « Nous avons tous un rôle à jouer, que l’on soit voisins, amis ou professionnels. C’est un vrai projet de société : il faut tout un village pour soutenir une famille », avance la psychologue, qui observe « une réelle prise de conscience depuis cinq ans, même s’il reste encore beaucoup à faire ».

    De son côté, Salomé pense à une possible seconde grossesse : « J’aimerais mieux me préparer la prochaine fois, assure la jeune maman. Maintenant je le sais, c’est trop important pour mon bien-être, celui du papa et celui du bébé. »

    Conseil lecture

    Le Mois d’or — Bien vivre le premier mois après l’accouchement, Marie Mahé-Poulin et Céline Chadelat – éd. Presses du Châtelet

  • Consentement : comment en parler aux enfants ?

    Consentement : comment en parler aux enfants ?

    Le consentement des enfants a longtemps été un impensé de notre société. Mais la levée progressive des tabous sur les violences sexuelles, ainsi que le mouvement #metoo, a permis d’inviter la sensibilisation au consentement dans les conversations dès le plus jeune âge. « Dans ma famille, se souvient Géraldine, maman d’un petit Gaston, certains adultes avaient une telle autorité que nous devions nous soumettre à chacun de leurs désirs. C’était le cas de mon grand-père, un homme taiseux et tyrannique. Quand nous lui rendions visite pour lui souhaiter la bonne année, il exigeait que chacun de ses petits-enfants l’embrasse dans le cou tandis qu’il nous caressait les fesses, avant de nous donner nos étrennes. C’était un rituel qui nous répugnait tous, mais contre lequel personne, pas même les adultes présents, ne trouvait rien à redire. Alors, depuis que mon fils est tout petit, je lui apprends qu’il a le droit de dire NON. »

    Le consentement dès le plus jeune âge

    Léa de Macédo, pédopsychiatre au CHU de Nantes, rappelle la nécessité de parler du consentement dès le plus jeune âge, « notamment en ce qui concerne les questions de franchissement sexuel ». Elle recommande d’aborder le sujet spontanément et naturellement. « Car si on est gêné, précise-t-elle, l’enfant risque de penser que c’est un sujet tabou, dont on ne peut pas parler. » Les conversations sur le consentement lié au corps doivent permettre aux enfants d’assimiler le fait qu’un acte interdit doit être dénoncé auprès d’un adulte référent, y compris si l’auteur des agissements est un proche ou un membre de la famille.

    L’importance de créer un cadre sécurisant

    Pour aider les parents, Léa de Macédo propose d’utiliser des supports graphiques à partir de 2 ou 3 ans, comme les vignettes sur le consentement de l’autrice et illustratrice québécoise Elise Gravel. Certains livres jeunesse à vocation pédagogique sont également de bons outils pour parler du consentement et des violences. On peut citer Petit doux n’a pas peur de Marie Wabbes (La Martinière Jeunesse), destiné aux petits de 0 à 6 ans. « Se baser sur l’utilisation d’un média permet à l’adulte de trianguler, ajoute la pédopsychiatre, ce qui peut être plus confortable pour les parents. » Elle souligne aussi l’importance de sensibiliser les enfants au consentement de l’autre. « On peut, par exemple, les prendre eux-mêmes comme exemple, leur dire : “Tu n’aimerais pas qu’on te fasse telle chose, donc ne la fais pas à tes camarades.” », propose-t-elle. Elle pointe, par ailleurs, une autre difficulté pour les familles : si le consentement de l’enfant est essentiel pour l’aider à se protéger contre un certain nombre d’atteintes, il est cependant indispensable de ne pas le lui demander dans bien des cas de figure. Or, il y a parfois une confusion chez certains parents perdus au milieu des injonctions contradictoires. « Demander son consentement à un enfant petit pour qu’il aille au lit ou qu’il mette son manteau risque de le démunir, explique le médecin. Son cerveau n’est pas encore capable de prendre une décision éclairée. » C’est pourquoi la pédopsychiatre du CHU de Nantes insiste sur l’importance de poser un cadre : « C’est rassurant pour l’enfant et ça lui permet de comprendre qu’il y a aussi des limites à poser à l’autre, ce qui est une base pour aborder la question du consentement. »

    Parler du consentement avec les ados

    Comme pour la plupart des sujets fondamentaux, il ne suffit pas d’aborder le consentement une seule fois. Le sujet doit revenir ponctuellement dans les discussions, y compris avec les adolescents et les jeunes adultes. Pour échanger avec ces derniers, rarement à l’aise avec ces thématiques, le docteur de Macédo suggère de s’appuyer sur une vidéo populaire sur YouTube, intitulée Tea consent, qui décortique les mécanismes du consentement via une métaphore autour d’une tasse de thé. « Ça donne plein de situations ridicules et ça permet de parler du consentement avec un support hors cadre », explique la professionnelle. Si elle met en garde contre la désinformation qui circule sur les réseaux sociaux, elle conseille, cependant, certains comptes Instagram, notamment Le droit de comprendre le droit, qui accorde plusieurs posts au consentement, et les podcasts féministes qui informent sur le rapport au corps. Elle propose également de recourir à des outils tels que le violentomètre et le « respectomètre », facilement accessibles en ligne, et qui aident à trouver des repères en matière de consentement lorsque le contexte n’est pas évident.

  • Bébés prématurés : quelles conséquences au quotidien ?

    Bébés prématurés : quelles conséquences au quotidien ?

    Qu’est-ce que la prématurité ?

    L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit comme prématurée toute naissance survenant avant 37 semaines d’aménorrhée (absence de règles). Aujourd’hui, la limite de viabilité d’un prématuré (limite en dessous de laquelle le bébé ne sera pas réanimé) est fixée à 22/23 semaines d’aménorrhée (SA) et à un poids d’au moins 500 grammes. La prématurité suscite donc souvent de l’inquiétude, d’autant qu’avec un million de décès par an, elle reste la première cause de mortalité infantile chez les enfants de moins de 5 ans. Pourtant, avec un suivi médical adapté et des soins intensifs, ces bébés peuvent se développer parfaitement normalement. Les défis restent cependant multiples selon le degré de prématurité et la santé générale du bébé à la naissance, ainsi que la qualité des soins reçus en néonatologie.

    Selon Amélie, pédiatre dans le XXe arrondissement de Paris, « la prise en charge d’un bébé prématuré est un travail d’équipe. Nous avons fait d’énormes progrès ces dernières années grâce aux technologies de pointe. Cependant, chaque cas reste unique, et la famille doit être soutenue tout au long du processus. Les parents jouent un rôle essentiel, même durant les premières semaines où le bébé est encore en soins intensifs. Un accompagnement psychologique et un suivi médical sont cruciaux pour le développement du bébé à long terme ».

    La prématurité se mesure en quatre stades 

    La petite prématurité concerne les naissances entre la 33e et la 36e semaine d’aménorrhée. La grande prématurité, entre la 28e et la 32e semaine. La très grande prématurité, entre la 26e et la 27e semaine. Enfin, l’extrême prématurité concerne les naissances survenant avant la 26e semaine. La prématurité survient spontanément dans 70% des cas, et résulte souvent d’une rupture des membranes ou d’un travail prématuré naturel. Mais la prématurité peut être aussi induite, quand l’équipe obstétricale décide de provoquer l’accouchement en raison de risques pour la mère et/ou pour l’enfant. Ces naissances ont le plus souvent lieu par césarienne.

    « À la 26e semaine de ma grossesse, j’ai dû être hospitalisée, car ma poche des eaux était rompue. Mes jumeaux sont nés peu après, sans être considérés, à quelques jours près, comme très grands prématurés. Ils ont tout de même été directement placés en soin intensif et en couveuse. Ça a été un choc : retourner seule à la maison a été très difficile, même si j’allais les voir tous les jours. Les médecins nous ont rassurés et ont été incroyablement présents pour nous. Aujourd’hui, ils vont très bien, mais ces premières semaines m’ont durablement marquée », raconte Sophie, maman de Romane et Louis, qui ont aujourd’hui 5 ans et se portent parfaitement bien.

    Quelles sont les grossesses les plus à risque de prématurité ?

    Les principales pathologies qui causent la prématurité peuvent être l’hypertension artérielle sévère, le retard de croissance grave (RCIU) ou l’hémorragie maternelle. Les grossesses multiples, les infections et les maladies chroniques, comme le diabète, sont aussi des facteurs. Enfin, il y aurait aussi une influence génétique. Ainsi, Jeanne, qui ne présente pourtant aucun facteur de risque, a eu trois enfants nés chacun vers 34 semaines : « Dans ma famille, les enfants sont tous nés en avance, ceux de ma mère, de ma grand-mère, mais aussi de mon arrière-grand-mère ! Chez nous, on doit avoir hâte de vivre ! », raconte en riant la quadragénaire. Le plus fréquemment pourtant, la cause de la prématurité n’est pas identifiée et des recherches complémentaires sont nécessaires. « Tout ce qui concerne la périnatalité – la fertilité, la grossesse, l’accouchement ainsi que les premiers mois de vie de l’enfant – reste encore très mystérieux pour la médecine, explique Amélie, la pédiatre. Et encore plus particulièrement les causes exactes du déclenchement des contractions entraînant l’accouchement : à ce jour, nous ne sommes pas encore à 100% certains des raisons précises, et c’est donc difficile de prédire la date de l’accouchement ainsi qu’une éventuelle prématurité. »

    rapport OMS mai 2023, Rapport Euro-Peristat 2015-2019

  • Apprendre à son enfant à faire du vélo

    Apprendre à son enfant à faire du vélo

    Le vélo, dès 2 ans

    Dès l’âge de 2 ans environ, votre enfant peut commencer à apprendre à maîtriser son équilibre sur roues, grâce à une draisienne. Avec ce drôle de vélo sans pédales, le petit acquiert le sens de l’équilibre, développe sa coordination et son autonomie, et s’initie naturellement au maintien du guidon pour rouler droit. Comme le raconte Lisa, « mon fils Hugo a commencé son initiation à 2 ans avec une draisienne. En quelques mois, il avait déjà un très bon équilibre et était prêt à passer à un véritable vélo avec pédales ». Pour apprendre à faire du vélo, un enfant doit cependant posséder certaines capacités motrices de base, comme se tenir droit sans aide, ou encore coordonner ses mouvements, ceux des jambes et des bras, pour pouvoir diriger le guidon. Enfin, un minimum de force dans les jambes et une certaine endurance sont nécessaires pour pédaler et maintenir l’effort sur une certaine distance.

    Les petites roues pour apprendre

    Deuxième étape, passer au vélo avec des petites roues une fois que l’enfant est à l’aise sur la draisienne, et apprendre à pédaler. Lorsque l’enfant montre des signes de confiance et de stabilité, il est temps de retirer les petites roues. Commencez sur une surface plane et sécurisée, comme une allée ou un parc. C’est ce qui s’est passé pour Léa, 4 ans : « Les petites roues l’ont aidée à se sentir en sécurité pendant qu’elle apprenait à pédaler. Nous les avons enlevées, une fois qu’elle se sentait prête », raconte son père, Paul. Cependant, cette étape n’est pas obligatoire pour tous les enfants. Certains passent directement de la draisienne au vélo, sans en passer par l’étape quatre roues, comme en témoignent les nombreux enfants de petite section de maternelle que l’on voit pédaler comme des fous dès l’âge de 3 ans ! Un autre conseil important de Julie, qui travaille au rayon vélo d’un grand magasin de sport : « Il est important de laisser l’enfant avancer à son propre rythme. Ne le forcez pas à retirer les petites roues avant qu’il ne se sente prêt. »

    Encouragement et patience

    Le rôle des parents dans l’apprentissage du vélo est en effet crucial : ils doivent encourager constamment leur enfant et faire preuve de patience pour rendre l’expérience positive et amusante, conseille Julie. Le vélo n’est pas seulement une activité physique qui contribue au développement psychomoteur de l’enfant, il a également un impact positif durable sur son autonomie et sur sa confiance. Pour Claire, « si Mathieu a appris à faire du vélo à 5 ans, c’est grâce à la draisienne et au vélo avec petites roues, mais aussi parce que nous sommes restés patients et que nous l’avons laissé progresser à son propre rythme. » Une erreur fréquente est de vouloir aller trop vite, trop tôt. Évitez de lui mettre trop de pression, ce qui peut entraîner l’arrêt de sa volonté d’apprendre à faire du vélo. Il faut choisir le bon moment, quand l’enfant se sent prêt et en manifeste l’envie. L’apprentissage doit se faire dans un moment de calme et de détente, sans pression ni contrainte de temps.

    Apprendre en jouant

    Le plus difficile à vélo, c’est de démarrer. L’enfant doit d’abord apprendre à placer correctement ses pieds sur les pédales sans regarder et comprendre que c’est l’élan qui donne la vitesse. Partir en plaçant le pied avant au-dessus de l’axe du pédalier donne plus de force pour effectuer un premier tour de pédale et gagner assez de vitesse pour garder son équilibre. Une fois que l’enfant maîtrise le démarrage et la vitesse, il faut aussi savoir s’arrêter ! Pour apprendre à freiner en s’amusant, voici quelques petits jeux à mettre en pratique : Tracez un repère au sol au niveau duquel votre enfant doit stopper. Cela lui permettra d’apprendre à s’arrêter au niveau d’un carrefour ou d’un feu. Faites circuler votre enfant librement sur une zone sans danger. À votre « top », votre enfant doit freiner et poser le pied à terre. Au « top » suivant, il repart. Ainsi, il saura par la suite faire face aux dangers de la circulation sur la voie publique.

    Bon à savoir

    Jusqu’à l’âge de 8 ans, un enfant est autorisé à rouler au pas sur les trottoirs, pendant que vous circulez sur la chaussée. Par ailleurs, il est recommandé de ne pas le laisser circuler seul en ville avant l’âge de 12 ans.

    Conseils de sécurité pour apprendre le vélo à votre enfant

    Il faut aussi adopter un équipement adapté : le port du casque est obligatoire jusqu’à 12 ans et reste très fortement recommandé après cet âge. Des genouillères et coudières sont également conseillées pour se protéger en cas de chute. Pour les premières sorties, il est recommandé de choisir des zones sûres et peu fréquentées. Restez toujours à proximité de votre enfant, car la supervision est essentielle pour assurer sa sécurité. Assurez-vous également que le vélo est adapté à la taille de l’enfant : un vélo trop grand ou trop petit peut rendre l’apprentissage difficile et dangereux. L’enfant doit pouvoir toucher le sol avec ses pieds lorsqu’il est assis sur la selle.

    Sensibiliser sans culpabiliser est essentiel pour développer des comportements responsables chez les jeunes. En encourageant un meilleur partage de la route, chacun peut contribuer à la sécurité de tous, en particulier celle des plus jeunes. Les parents jouent un rôle clé en inculquant les bonnes pratiques dès le plus jeune âge, comme le respect du code de la route et l’attention aux autres usagers. Pensez également à l’importance de la visibilité : l’utilisation d’accessoires réfléchissants ou de vêtements colorés est un moyen simple et efficace pour améliorer la visibilité de votre enfant.

    Et n’oubliez pas : en adaptant l’apprentissage à son rythme, vous lui offrirez une expérience positive et enrichissante !

  • Claqué au sol : le podcast pour lutter contre le harcèlement scolaire

    Claqué au sol : le podcast pour lutter contre le harcèlement scolaire

    L’histoire est constituée de deux parties bien distinctes : la première se déroule en classe de 5e, la deuxième, dix-huit mois plus tard, au début de la 3e. Entre les deux parties, les personnages ont changé, ils sont entrés dans le monde des « grands », leurs usages et leurs centres d’intérêt ne sont plus les mêmes, le harcèlement prend d’autres contours, plus cyberconnectés.

    Claqué au sol : Saison 1 et 2

    Harceleur, suiveur, harcelé

    Les adolescents, au fil de leur scolarité, ont plus de chance de participer à un fait de harcèlement (au titre de suiveurs pour le moins) que d’en être victimes. C’est un simple fait statistique, trop souvent mis de côté. Il est indispensable d’apprendre à reconnaître les deux côtés de la situation. En effet, le rôle de suiveur est une clé dans les situations de harcèlement car ce sont eux qui donnent le pouvoir au harceleur. Ce sont donc eux qui ont le pouvoir de débloquer la situation. D’autant que parfois, le harcèlement peut avoir lieu au sein d’un groupe d’amis.

    Les parents, alliés nécessaires

    Et parce que le harcèlement dépasse largement le cadre scolaire, notamment via les réseaux sociaux, il est essentiel que les proches, en particulier les parents, prennent la mesure de l’ampleur des conséquences et deviennent acteurs de la lutte contre ce fléau. Il s’agit donc de donner des clés de compréhension et des pistes d’actions pour désamorcer des situations problématiques voire potentiellement dangereuses pour leurs ados.

    « Claqué au sol » produit par Studio Bloom en partenariat avec MACIF. Ecrit par Thomas Cheysson. Réalisé par Carole Cheysson et Perrine Dard. Avec Camille Aguilar, Lana Ropion, Anton Salachas, Luna Lou, Naomi Homs, Alysson Paradis, Chloé Stefani, Mélodie Orru, Thomas Sagols, Olivier Bénard, Nathalie Homs, Valentin Vitti, Caroline Ambrosini et Kim Lewyn.

    Dirigé par Nathalie Homs. Mis en son par Alexandre Lormeau au studio Hari.

    Illustration Chloé Le Floch.

    Merci pour leur relecture attentive au Docteur Caroline de Guillenchmidt, pédopsychiatre, à Laetitia Dupaquier, psychologue clinicienne au C M P d’ Eaubonne, ainsi qu’à Nathalie Pauwels, consultante communication en prévention du suicide programme Papageno. Remerciements à Big Flo et Oli. Mais aussi à Maia Hoibian, Gianluca Lamari et les enfants du collège départementale la plaine des Glacis à la Ferté sous Jouarre ainsi que Blossom, Sacha, Léon, Romy, Billie, Ernest, Thadée, Elie, Nine et Lucio et tous nos jeunes auditeurs testeurs.

  • Enfant : quel goûter pour quel âge ?

    Enfant : quel goûter pour quel âge ?

    Un goûter équilibré

    Emma essaie de limiter les produits transformés lorsqu’elle prépare le goûter de sa petite fille de cinq ans, Pacifique. Elle surveille notamment l’apport en sucre, mais « ce n’est pas toujours évident. Quand elle va chez des copains, elle découvre souvent des gâteaux industriels qu’elle réclame ensuite à la maison,» reconnaît Emma. Pour son goûter « Elle a toujours un fruit ou une compote, et je lui donne parfois un petit gâteau, puis, si elle a encore faim, une tartine de sarrasin ou de farine de châtaigne ».

    Même son de cloche chez Amélie, maman de Pauline 5 ans également : « Son goûter ce sont parfois des choses que j’ai faites maison comme des madeleines, du quatre quart et une compote, un fruit et des oléagineux ». Mais parfois, Pauline comme Pacifique demandent des produits industriels pour faire comme leurs copains. « On essaie alors de garder un équilibre entre les produits transformés et les goûters maisons », explique Amélie.

    « Un paquet entier de gâteaux industriels »

    Nicolas, qui cuisine beaucoup pour ses enfants, est en revanche un peu moins regardant sur la question du goûter. Quand ils rentrent des cours, Michka, 10 ans et Esther 14 ans prennent ce qui leur fait envie et surtout ce qui est disponible dans les placards de la cuisine. « Ça peut être de la brioche avec du beurre et de la confiture mais aussi des céréales avec du lait ou des viennoiseries achetées en boulangerie en allant à l’école », explique Nicolas.

    De son côté, Javier, papa du petit Ander, âgé de 8 ans et demi, est totalement détendu avec le goûter. Pour lui, l’essentiel est que son fils prenne du plaisir. « Malgré son petit gabarit, c’est un gros mangeur. S’il a envie d’avaler un paquet entier de gâteaux industriels au goûter il n’y a pas de problème, on le laisse faire. Cela signifie simplement qu’il n’a pas suffisamment mangé à midi et ça ne l’empêche jamais de finir ce qu’on lui sert à dîner », indique Javier.

    « Toujours proposer un produit laitier »

    Pour Marie Bougenault-Bayonne, diététicienne nutritionniste spécialisée en nutrition pédiatrique, exerçant à Paris, il n’y a pas lieu de culpabiliser sur l’utilisation de produits industriels à l’heure du goûter. « Ce n’est pas grave si un enfant mange un gâteau industriel quelques fois par semaine tant qu’il a une alimentation variée et équilibrée, explique-t-elle. Il ne faut pas perdre la notion de plaisir dans le goûter ». Cette spécialiste est en revanche formelle, « un goûter quel que soit l’âge doit toujours contenir au moins un produit laitier et en fonction de la faim de l’enfant, un produit céréalier et un fruit. Il faut deux ou trois composants ». Concernant les oléagineux (amandes, noisettes, noix de cajou, noix de pécan, graine de courge, de tournesol…), Marie Bougenault-Bayonne est plus précautionneuse : « Il faut faire attention avec ces produits parce qu’ils ont un haut potentiel allergisant. Si on les a introduits depuis le plus jeune âge, progressivement, on peut en donner mais sinon il vaut mieux éviter d’en donner du jour au lendemain ».

    Pas de secret, selon cette professionnelle, au goûter il faut varier les plaisirs et être le plus généreux possible. « Ça dépend aussi de la faim de l’enfant, s’il n’a aucun trouble alimentaire, il va normalement se réguler tout seul », précise -t-elle. En fonction de son âge, l’enfant à des besoins différents. Un adolescent consomme par exemple généralement plus qu’un adulte parce que son corps, en pleine croissance, a des besoins énergétiques supérieurs aux adultes. En conclusion, au goûter quel que soit l’âge, on se fait plaisir avec quelques sucreries et gourmandises tant qu’il y a aussi un laitage au menu et que le reste de l’alimentation de l’enfant est variée et équilibrée.

  • Mon enfant dit des gros mots : que faire ?

    Mon enfant dit des gros mots : que faire ?

    Gros mots chez les tout-petits

    L’emploi de mots grossiers est inévitable et fait partie du développement normal psychique des enfants, véritables petites éponges qui s’approprient les gros mots lâchés autour d’eux, tout comme les vocables plus savants. Du coup, les petits incidents langagiers surgissent naturellement. Hugo et Marilou, 35 ans tous les deux et parents d’un petit Paul de 5 ans, se souviennent de leur choc lorsque leur fiston a soudainement lâché le mot « merde » dans la rue. « Il avait 2 ou 3 ans et c’est sorti tout naturellement, raconte Hugo. Ça m’a surpris. J’ai réagi aussitôt, en théâtralisant un peu : ‘Il ne faut pas dire ce mot’. Il était impressionné. On en a parlé calmement ensuite avec la nounou et il a compris le sens de l’interdit. » Plus récemment, Paul s’est laissé aller à des « j’vais pisser » et « dégueulasse »

    Un développement du langage chez l’enfant

    Dans son ouvrage L’éducation positive, c’est malin (2014), le pédopsychiatre renommé Rafi Kojayan évoque les trois phases de l’usage des grossièretés : « Les premiers gros mots, dès 2 ans, sont très centrés sur le pipi-caca. On est dans le registre scatologique. Entre 3 et 4 ans, ils ne parlent plus que de zizis, de nénés, de fesses, etc. C’est le registre sexuel. Enfin, vers 5 ans, ils se délectent de toutes les grossièretés possibles : dégueulasse, chiant, crétin, con, etc. On est dans le registre blasphématoire. » Ces trois répertoires se superposent au fur et à mesure que l’enfant grandit, précise toutefois Rafi Kojayan.

    Les saillies scatologiques peuvent ainsi persister vers cinq ans. La petite Olympe qui va sur ses six ans balance encore des « Toi, t’es un gros caca ! », après avoir éructé, plus petite, des mots plus choquants entendus au hasard. « Vers quatre ans, en nous baladant dans la rue avec sa mère Sylvie, Olympe s’est exclamée : ‘C’est une grosse pute !’, en parlant d’une personne », s’étonne encore son papa, Jean-Baptiste (45 ans). Sidération totale ! Sylvie est intervenue avec fermeté : ‘Non, Olympe ! Un : on n’emploie pas ces mots-là ! Deux : on va t’expliquer. Et trois : plus jamais ça ! » Vers six ans, en passant le cap de l’entrée en CP, l’enfant a normalement appris à policer son langage. À condition, bien sûr, d’avoir mis en place un projet éducatif familial qui va lui permettre d’intégrer un ordre social apaisé où priment politesse, respect d’autrui.

    Face aux gros mots : ne pas s’énerver

    Si le laxisme parental n’est évidemment pas recommandé, l’interdit absolu n’est pas la meilleure solution. D’abord parce que l’usage des gros mots est souvent « innocent », c’est à dire dénué de compréhension précise des termes. Il est aussi souvent accidentel, conséquence de l’appropriation mimétique du langage des adultes qui se doivent, eux, de donner le bon exemple en ne jurant pas. Comme l’explique Jean-Yves Hayez, psychiatre infanto-juvénile et professeur émérite à l’Université Catholique de Louvain, « l’enfant peut laisser échapper un ‘chiant’ quand il joue avec des copains, pour s’affirmer, mais jamais devant la maîtresse ou devant Tante Edna. » Les réactions parentales appropriées consistent généralement à rester serein (même si ce n’est pas toujours facile), à s’excuser auprès de l’enfant quand ils profèrent eux-mêmes des vulgarités et à lui expliquer le sens de l’interdit.

    Sanctions et explications : astuces de parents

    On peut aussi avoir recours à d’autres petites astuces. Celle du remplacement classique des gros mots en recourant à « zut », « flûte » ou « saperlipopette ». Comme Jim Carrey dans The Mask qui s’exclamait « Mer… credi ! », au lieu de « Merde ! », le bon vieux « Punaise ! » fait très bien l’affaire en évitant le très grossier « Putain ! ». Dans certaines familles, la boîte à gros mots recueille les pièces de monnaie de tous, coupables de jurons, etc. La sanction peut intervenir, mais elle doit être proportionnée et accompagnée d’une explication. Avec la petite Olympe, Jean-Baptiste et Sylvie procèdent parfois à un court time-out, ou isolement temporaire : « Je lui dis ‘Va réfléchir dans ta chambre’, expose le papa. Cinq minutes pas plus. Ensuite je vais la voir dans sa chambre et je lui parle sur un ton plus posé. Par un processus d’explication-réparation, Olympe doit formuler des excuses par un dessin. J’essaie d’objectiver la situation avec elle en visant l’insulte prononcée et non pas sa personne, afin de ne pas la fragiliser. » Les cas de récidives virant à l’insolence ou à l’affrontement avec les parents couvent sans doute un mal-être qui doit les inciter à consulter un pédopsychologue.

    Les gros mots : un chemin vers l’autonomie pour l’enfant

    L’usage des gros mots constitue la découverte d’un nouveau pouvoir du langage. C’est une façon pour l’enfant, en parlant comme les grands, de poursuivre l’affirmation de son autonomie, de se faire respecter, et de provoquer les adultes en testant les limites qu’ils ont fixées. « L’enfant a des mots qui lui sont propres, rassure le psychiatre infanto-juvénile Jean-Yves Hayez. Des mots puissants qui produisent un certain effet sur les autres : les rires des copains ou l’agacement des parents. Ces gros mots le mettent en valeur, de manière un peu négative, aux yeux des adultes, certes. Et si les parents sont un peu agacés, ça veut dire qu’il a osé braver leur autorité. Tout ça me semble assez positif pour la confiance de l’enfant, la construction de son identité, de sa cognition et de son droit à acquérir du vocabulaire. Il y a un développement de son imaginaire par ce vocabulaire et ça commence en parti avec les gros-mots. »

  • Premières sorties nocturnes des ados : comment gérer ?

    Premières sorties nocturnes des ados : comment gérer ?

    Sorties des ados : à quel âge, jusqu’à quelle heure ?

    Chez Sandra et Régis, les premières demandes d’autorisation de soirée de leurs garçons ont commencé en seconde. Au début, seules les soirées d’anniversaires chez les amis étaient autorisées, à condition que les parents hôtes soient présents. « Je téléphonais toujours aux parents pour connaître l’organisation de la soirée. Lorsqu’il y avait de l’alcool sur place, je venais systématiquement les chercher pour qu’ils rentrent dormir à la maison. J’estime qu’à 15 ans mes enfants étaient trop jeunes pour consommer de l’alcool, qui plus est dans une maison sans surveillance », insiste leur mère. Pour les sorties dans les fêtes de village, les horaires sont non-négociables. Sandra vient récupérer Kim, 16 ans, à 1 heure du matin. Hors de question de laisser son ado errer dehors tard dans la nuit. Si le cadre s’assouplit progressivement avec l’âge de leurs garçons, reste que ce sont des parents s’estimant chanceux d’avoir des ados sportifs, attentifs à conserver une bonne hygiène de vie et qui ne voient pas les sorties en soirée comme une priorité. « On a toujours fonctionné dans la confiance et le dialogue. Ils sont assez à l’écoute de nos inquiétudes et des dangers. Ils ont toujours été raisonnables. À ma connaissance, ils n’ont jamais trahi ma confiance. D’ailleurs, ils savent que si je les avais récupérés ivres à 14 ans, ils auraient été privés de sorties », ajoute Sandra. Il faut dire que les deux ados ont rapidement été sensibilisés par leurs parents aux dangers de la consommation d’alcool et de drogues. En famille, il leur est arrivé de visionner des documentaires sur les effets néfastes sur la santé des jeunes. Résultat : le cannabis ne les intéresse absolument pas.

    L’abus d’alcool nuit à la santé.

    Le saviez-vous ?

    Il est interdit de recevoir dans les débits de boissons alcooliques des mineurs de moins de seize ans qui ne sont pas accompagnés de l’un de leurs parents ou d’un majeur responsable.

    Crises et disputes

    Dans la famille de Stéphanie, les règles sont plus souples. Avec son aîné, Raphaël, 19 ans aujourd’hui, demandes de sortie ont longtemps rimé avec conflits. L’autorité de sa mère a rapidement été sapée et aucun cadre n’a pu être mis en place. « Quand j’ai réalisé que dès 15 ans il était incapable d’accepter les restrictions et que ça donnait lieu à beaucoup de crises et de disputes, je lui ai laissé beaucoup de libertés. Lui imposer des règles était contre-nature et contre-productif. Je sentais même que ça pouvait rompre notre lien », souffle Stéphanie, qui ne fermait pas l’œil de la nuit jusqu’au retour à la maison de son ado. Heureusement, il revenait toujours à pied ou à vélo et accompagné de ses copains résidant dans le quartier, ce qui la rassurait un peu.

    Avec sa fille Hivana, 15 ans et demi, le terrain d’entente fut bien plus simple à trouver. Pour les soirées chez des amis, Stéphanie laisse son ado dormir sur place, sans jamais appeler les parents, « une honte pour [ses] enfants ». En ce qui concerne les soirées en ville, le risque d’éventuelles agressions est pris au sérieux. Résultat : couvre-feu à minuit-1 heure maximum. « Pour la fête de la musique, j’avais même demandé à Hivana de m’envoyer un message toutes les heures pour me rassurer. Elle l’a fait sans discuter », raconte Stéphanie. Pour cette maman, il est aussi important de remettre en question ses propres règles. « Je réalise parfois que le cadre que je veux leur imposer est en décalage avec leur désir d’autonomie. C’est difficile de savoir où placer le curseur entre un cadre strict et la nécessité de leur laisser la liberté de se responsabiliser. » Plutôt que les brider, elle préfère leur faire confiance et les accompagner progressivement « quand ils ne sont pas en phase avec l’autorité pour qu’ils puissent s’approprier les règles ». Ses ados savent qu’ils peuvent à tout moment lui demander de venir les récupérer, qu’ils soient alcoolisés ou pas. Et qu’elle ne se fâchera pas. « C’est aussi pour leur montrer que je suis à leur disposition et que je ne les abandonne pas s’il y a un problème quelconque», confie Stéphanie.

    Comportements à risques

    Un tiers des 16-30 ans est déjà rentré en voiture en tant que conducteur alors qu’il avait consommé une substance (alcool, cannabis, cocaïne, MDMA ou LSD).

    Source : Baromètre Addictions Ipsos – Macif 2024

    Pas de retour en voiture

    De son côté, Théo avait 15 ans quand il a commencé à éprouver le besoin de sortir le soir avec ses amis. « C’est un enfant qui a été adopté tardivement, il a très vite été indépendant et autonome. J’essaie d’être assez compréhensif et de lui laisser assez de libertés », précise Bruno, son père. Raison pour laquelle Théo a rapidement eu le droit d’aller en soirée chez des amis en dormant sur place, sans aucune restriction. Il en va de même avec les fêtes de village où il peut rester jusqu’à 2 heures du matin, heure à laquelle son père vient le récupérer. Une relation de grande confiance règne entre Théo et Bruno et il n’y a jamais eu ni sanctions ni conflits liés aux sorties. « C’est quelqu’un de responsable qui a tendance à s’occuper des autres depuis son enfance. La dernière fois que je suis allé le chercher à une fête, il secourait une amie alcoolisée. Cela m’a rassuré de le voir jouer ce rôle », explique ce père. Seule règle sur laquelle Bruno ne transige pas : interdiction de monter dans la voiture ou sur le scooter d’un copain en état d’ébriété. « Jeune, je vivais aussi à la campagne et avec mes copains on prenait la voiture alcoolisés. Je refuse que Théo se mette en danger en faisant la même chose. Il sait qu’il peut m’appeler à n’importe quelle heure, je viendrai le chercher », explique-t-il. Côté prévention sur la consommation d’alcool et de drogue, Bruno préfère faire passer les messages à son ado de manière implicite, « parce que frontalement ça ne fonctionne pas », précise-t-il. « Je ne suis pas très inquiet, mais je reste vigilant sur les drogues qui circulent en soirée. »

    « LES ADDICTIONS ET LEURS CONSÉQUENCES CHEZ LES JEUNES »

    La Macif a lancé avec Ipsos le 1er baromètre sur les consommations de substances addictives chez les 16-30 ans afin de proposer des solutions de prévention adaptées.

  • Apprendre à nager à son enfant : à quel âge commencer et comment s’y prendre ?

    Apprendre à nager à son enfant : à quel âge commencer et comment s’y prendre ?

    Maîtriser la natation pour un enfant, c’est non seulement s’amuser, mais aussi acquérir des réflexes de sécurité pour réduire le risque de noyade, qui a causé 361 décès à l’été 2023. Voici comment accompagner votre enfant dans cette aventure aquatique, avec les témoignages de parents et les conseils de professionnels.

    À quel âge un enfant peut-il apprendre à nager ?

    Les experts recommandent de mettre les enfants à l’eau dès le plus jeune âge. Les bébés peuvent d’ailleurs débuter des cours d’éveil aquatique ou bébé gym dès 4 mois, ce qui les aide à se familiariser avec l’eau dans un environnement sécurisé et ludique. Cependant, pour des cours de natation plus structurés, l’âge de 6 ans est idéal : c’est là que les enfants développent une meilleure coordination motrice et une maturité émotionnelle qui leur permettent d’apprendre les techniques de base.

    Peut-on enseigner soi-même à son enfant ?

    De nombreux parents choisissent d’enseigner eux-mêmes la natation à leurs enfants. Cette approche présente plusieurs avantages, comme la possibilité de renforcer la relation de confiance et aussi de bénéficier d’une grande flexibilité dans les horaires. Mais pour un apprentissage optimal, le mieux est de combiner enseignement parental et cours de natation avec des professionnels. Les conseils de maîtres-nageurs restent très importants, les parents pouvant parfois manquer de bagage technique pour apprendre les bons gestes et de connaissances en matière de sécurité. Ainsi, Claire, maman de Léa : « J’ai commencé à familiariser ma fille avec l’eau dès l’âge de 6 mois en jouant avec elle à la piscine municipale. Aujourd’hui, à 4 ans, elle adore nager et se sent très à l’aise dans l’eau. Mais elle ne maîtrise pas parfaitement les gestes de la brasse, et je pense quand même lui prendre quelques cours cet été. » Pour Sophie, maître-nageur, chaque enfant est différent : « Certains peuvent être prêts à apprendre les techniques de base dès 3 ans, tandis que d’autres peuvent prendre un peu plus de temps. Si vous voulez familiariser votre enfant à la nage, vous pouvez faire des exercices avec lui dans l’eau, à condition de ne pas le mettre tout le temps dans la même situation. Il faut multiplier les situations pédagogiques pour enrichir son expérience dans l’eau. L’important est de ne pas les forcer et de rendre l’apprentissage amusant. » Marc, papa de Tom, 5 ans, témoigne : « Nous avons pris des cours de natation ensemble avec mon fils, ce qui nous a permis de passer du temps de qualité tout en apprenant. Le maître-nageur a vraiment su le rassurer et lui donner confiance. Et de mon côté, j’ai aussi appris 2/3 trucs utiles ! »

    Dans certains établissements scolaires, notamment en Seine-Saint-Denis, département dans lequel un enfant sur deux ne sait pas nager à son entrée au collège, il existe aussi une réelle politique d’apprentissage de la nage : à Romainville par exemple, des séances de natation – environ une dizaine – sont organisées à la piscine municipale dès la grande section de maternelle. L’apprentissage de la natation est enrichissant pour les enfants comme pour les parents. C’est une véritable étape dans leur développement. Commencez dès que possible, respectez leur rythme et combinez l’enseignement parental avec des cours professionnels pour garantir une expérience autant sécurisée qu’agréable. Et rappelez-vous, la patience et la persévérance sont les clés du succès.

    Quelques conseils pratiques pour les parents

    • Mettez des brassards adaptés à la taille de l’enfant et conformes à la norme NF
    • Baignez-vous dans des zones surveillées
    • Tout d’abord, familiarisez votre enfant avec l’eau à travers des jeux simples et amusants.
    • Progressez en douceur, sans jamais le forcer.
    • Enseignez-lui les techniques de base, comme flotter sur le dos, une compétence essentielle pour la sécurité, mais aussi les coups de pied simples et les mouvements de bras basiques.
    • Surveillez constamment votre enfant lorsqu’il est dans l’eau, même s’il porte des brassards.
    • Apprenez-lui les règles de sécurité aquatique, comme ne jamais nager seul.

    Quelques exercices à faire avec son enfant pour lui apprendre à nager

    • Mettre la tête sous l’eau
    • Passer sous l’eau entre vos jambes
    • Faire la planche
    • Se propulser dans l’eau sur le bord de la piscine, en prenant appui sur ses pieds
    • Utiliser une planche pour qu’il s’exerce à battre des pieds
    • Utiliser des palmes
  • Mon ado boit de l’alcool : comment réagir en tant que parent ?

    Mon ado boit de l’alcool : comment réagir en tant que parent ?

    Ados et alcool

    Nombre de parents ont connu ça. Après quelques mois dans une nouvelle classe ou un séjour lors des grandes vacances, leurs enfants sages qui longtemps leur avaient demandé en grimaçant comment ils pouvaient apprécier le goût des boissons alcoolisées, se sont soudain mis à boire des bières en terrasse, à imaginer des cocktails improbables, voire, à expérimenter le binge drinking (la recherche de l’ivresse par une importante consommation d’alcool ponctuelle). Selon la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), 85,7 % des jeunes de 17 ans ont déjà expérimenté l’alcool. Or, bien que ces conduites festives soient parfaitement acceptées par la société, elles comportent des risques.

    La Mildeca met ainsi en garde sur les dangers de l’abus d’alcool à court terme : « Coma éthylique, implication dans des violences comme victime et / ou auteur, rapports sexuels non consentis ou accidents de la route. » Ainsi que sur les conséquences possibles à long terme, notamment la dépendance. Rappelons qu’en France, la consommation d’alcool cause 49 000 décès chaque année. Le docteur Hervé Martini, addictologue et secrétaire national de l’association Addictions France, insiste, avant tout, sur le rôle de la prévention à l’échelle du pays et dans l’entourage proche des jeunes, surtout au sein de la famille.

    Pas une goutte d’alcool avant 18 ans

    Selon la Mildeca, 30 % des consommations d’alcool chez les jeunes ont lieu… en présence de leurs parents. Hervé Martini note que si l’âge moyen des premiers verres est officiellement 14 ans, dans les faits « beaucoup de jeunes ont expérimenté l’alcool à partir de 10 ou 11 ans », sur proposition de leurs parents de goûter un peu de champagne à l’occasion d’une fête, par exemple. Mais pour lui, ces petits rituels ancrés dans nos traditions ne sont pas anodins. « Plus tard on consomme de l’alcool, mieux ce sera, explique-t-il. Car le cerveau de l’enfant est en plein développement et l’alcool peut en modifier le fonctionnement. » Il rappelle qu’entre 12 à 18 ans, les adolescents sont très vulnérables face à ces substances. Pour lui, il ne doit y avoir strictement aucune consommation avant 18 ans. En France, la vente d’alcool est d’ailleurs interdite aux mineurs.

    « C’est juste pour s’amuser. » invoquent 40% des consommateurs réguliers d’alcool.

    Il est préférable d’attendre un peu avant de partager ses connaissances en matière d’œnologie ou de biérologie avec les jeunes de son entourage. L’addictologue explique aussi qu’il est nécessaire d’armer les enfants en « renforçant leurs compétences psychosociales, pour qu’ils soient capables de dire “non” face à un groupe ». Car la pression sociale des copains et le matraquage publicitaire sont une véritable épreuve pour les jeunes que l’on n’a pas éduqués à dire « non ». C’est pourquoi l’association Addictions France développe des actions dans ce sens au sein des établissements scolaires.

    46 % des 16-30 ans

    consomment régulièrement de l’alcool, et 5% quotidiennement. 

    Source : Baromètre Addictions Ipsos – Macif 2025

    Des solutions pour se faire accompagner

    Hervé Martini insiste aussi sur le fait qu’il n’est jamais trop tard. Et qu’un adolescent, consommateur occasionnel ou dépendant, doit être accompagné. « Il faut dire aux jeunes qu’on est à l’écoute, martèle-t-il. S’ils ont un problème ou perdent le contrôle, on est là pour les aider. » Il recommande aussi de les pousser à se poser les bonnes questions : avec qui je consomme ? Comment je consomme ? Comment me mettre en sécurité ? Où trouver des repères ? Et pour les familles, les enseignants et les proches en général, certains signes peuvent permettre de détecter une addiction. Le spécialiste liste ainsi quelques changements de comportement qui doivent alerter : le décrochage scolaire, la déprime, le renoncement à des activités, l’arrêt du sport ou le fait de ne plus voir les copains. Ces évolutions peuvent être les marqueurs d’une consommation d’alcool, mais pas seulement, ils peuvent aussi être les conséquences de violences telles que le harcèlement.

    « L’addiction ne se développe pas en un verre, prévient Hervé Martini. C’est un comportement qui va se répéter, s’insinuer dans des fragilités. C’est la rencontre entre un environnement, un produit et un individu. » Il déconseille vivement de culpabiliser les parents, qui peuvent ne pas s’être rendu compte de la descente aux enfers de leur enfant, malgré leur attention. Et il préconise un accompagnement dans des structures de soins. « Il y a des consultations pour jeunes consommateurs dans les Maisons des adolescents ou dans certains établissements scolaires, développe-t-il. Il faut en parler, ça ne doit pas être un tabou. On peut aussi prendre rendez-vous avec son médecin traitant, un psychologue ou un infirmier, mais surtout, il ne faut pas rester seul. »

    « LES ADDICTIONS ET LEURS CONSÉQUENCES CHEZ LES JEUNES »

    La Macif a lancé avec Ipsos le 1er baromètre sur les consommations de substances addictives chez les 16-30 ans afin de proposer des solutions de prévention adaptées.