Étiquette : Enfants

  • Manger des fruits et des légumes : un jeu d’enfant !

    Manger des fruits et des légumes : un jeu d’enfant !

    Pomme, orange, banane, citron ou kiwi, nombreux été les fruits présents sur les mini-stands de ce marché pas comme les autres qui s’est tenu en mars 2024. « C’est un marché dédié à 100 % aux enfants, c’est-à-dire que les enfants sont soit des clients soit des vendeurs, explique Monique Rubin, présidente de la Fédération nationale des Marchés de France venue superviser l’événement. Ce concept est né à Valence il y a sept ans. Avec le maire de la ville, nous avions besoin d’une nouvelle activité pour le Valence en gastronomie festival, quelque chose de tourné vers les enfants. C’était bien tombé, car j’avais vu chez mon partenaire Vitabri un petit stand tout beau, tout mignon, comme ceux que vous voyez ici. C’était comme un flash. J’ai donc demandé à acheter dix de ces stands à mettre dans un seul camion pour sillonner les villes de France et proposer nos animations. »

    Faire la différence entre le bon et le fade

    Au total, 160 enfants, âgés entre 6 et 12 ans et venus de trois établissements scolaires différents, garnissent la place. Entre eux, les écoliers font leurs courses avec une monnaie fictive mise gratuitement à disposition à l’entrée du marché : le Fruitatou. « Est-ce qu’on peut faire des promotions avec une carotte achetée pour une deuxième offerte ? », demande le jeune Hugo, visiblement à l’aise dans son rôle de commerçant. Pour les parents comme Leïla et Amine, proches des rambardes délimitant l’accès au marché, c’est aussi l’occasion de voir leurs enfants au contact de la vie marchande. « Grâce à ces ateliers, nos enfants apprennent à choisir de bons produits, mais aussi le quotidien de la vente ou l’achat, il y a un aspect commercial intéressant, explique la mère. Nous habitons La Voulte depuis quelques années maintenant, et nous pensons aux agriculteurs à côté de chez nous qui souffrent de la concurrence des pays étrangers, de la production de masse. Pourtant, leurs produits sont d’excellente qualité. »

    Fournisseur des fruits et légumes pour cette deuxième édition du Marché des Enfants à La Voulte-sur-Rhône, David Bucher est ravi d’avoir été choisi pour cette initiative destinée à sensibiliser les enfants au « bien manger » et faire découvrir l’univers du marché avec une participation concrète. « J’ai également des enfants à la maison donc je leur ai appris à connaître les différents fruits et légumes, explique le maraîcher de 45 ans. Cela démontre que pour s’alimenter, il n’y a pas que les supermarchés et qu’il existe d’autres moyens d’accéder à des produits frais. Personnellement, je ne fais que dans les produits bios. Et il faut le dire, c’est un autre goût quand on le déguste ! Par exemple, mes enfants mangent parfois à la cantine et ce n’est pas forcément qualitatif. Quand je vois les pommes que ma fille me ramène de l’école, c’est même dégoûtant… Mais au moins, cela permet de bien faire la différence entre le bon et le fade. »

    Manger des fruits et des légumes : un jeu d'enfant !

    « En 2024, nous prévoyons une douzaine de Marché des Enfants »

    Au total, près de 150 kilos de fruits et légumes frais ont été répartis dans les différents sacs des enfants. Seules quelques mandarines sont restées dans les caisses en bois… Venu observer sa fille et son fils, Amine abonde dans le sens des circuits courts. « Des tomates bien rouges, rondes et grosses, mais qui viennent d’Espagne, nous évitons de les consommer, explique le père de famille. Le fruit est beau d’apparence, mais les produits utilisés modifient la qualité et le goût. Quand j’étais petit au Maroc, ma grand-mère avait son potager. Elle faisait pousser des tomates et des poivrons. Souvent, ils n’étaient pas parfaits visuellement, mais on pouvait les sentir de loin. J’étais sur le palier de la porte d’entrée et je sentais les tomates. Maintenant, tu peux aller en grande surface et prendre une tomate, puis l’ouvrir pour la mettre devant ton nez, tu ne vas rien sentir. Même au moment de cuisiner, l’odeur ressort à peine. C’est presque devenu du plastique ! Alors honnêtement, je préfère payer 2 ou 3 euros de plus en sachant que je mange quelque chose de bon. »

    Manger des fruits et des légumes : un jeu d'enfant !

     

    Grâce à cet élan pédagogique, le Marché des Enfants s’intègre progressivement aux différents marchés de France. « En 2024, nous allons faire au moins une douzaine de marchés soit un par mois, évoque Monique Rubin, également présidente des syndicats des marchés de Drôme-Ardèche. Aujourd’hui, c’est un petit format. Dans le festival de Valence en gastronomie, ce sont 1100 enfants sur deux jours qui viennent pour le marché, mais aussi des ateliers pour le dessin, des quizz… En fonction du temps que nous avons, nous nous adaptons. Nous avons déjà œuvré pour les marchés de Martigues, Marignane, Sceaux, Amiens, Caen… Il y en a pour tout le monde et dans différents cadres. »

    À la fin de la matinée, le Marché des Enfants de La Voulte referme ses portes et les écoliers retournent à leur pain quotidien. Depuis son stand pour adultes, David porte un regard plein d’espoir sur ce passage de témoin entre les retraités qu’il considère comme ses principaux clients et la nouvelle vague. « Là, nous parlons de l’alimentation, de la santé, de l’avenir des gamins, conclut le marchand. C’est manger avec de bonnes vitamines, sans pesticides ! Mes grands-parents étaient agriculteurs donc j’ai été sensibilisé à cela et j’ai poussé dans ce sens. L’idée, c’était de diversifier les fruits et légumes, sélectionner des produits de saison. Ne pas manger des fraises en décembre, cela s’apprend ! C’est une éducation pour les années futures. » Au-delà des slogans, bien manger s’associe sans doute au début du bonheur.

    Aux quatre coins de la France

    Action menée par la Macif avec la Fédération Nationale des Marchés de France, le Marché des enfants valorise notamment les commerces de proximité en plein air, les circuits-courts et l’alimentation équilibrée après des 6-12 ans.

  • L’audition de mon enfant baisse : que faire ?

    L’audition de mon enfant baisse : que faire ?

    Environ 1,3 million d’enfants de moins de 10 ans ont déjà consulté un médecin ORL pour des acouphènes, et pour près de 660 000 enfants, une perte auditive moyenne à sévère a été diagnostiquée. Les résultats de l’enquête Ifop-JNA 2023 sur la santé auditive des enfants sont pour le moins inquiétants, voire alarmants. Avec des conséquences à long terme, comme le précise Sébastien Leroy, porte-parole de la JNA (Journée nationale de l’audition), l’une des principales associations françaises dédiées à la santé auditive. « Le risque, c’est d’hypothéquer son capital auditif, de créer une fragilité qui déclenche des prédispositions à la perte auditive. Autrefois, on pensait que la presbyacousie (surdité liée à l’âge, ndr) était uniquement un phénomène de vieillissement. Or désormais, la moyenne d’âge de survenue des acouphènes est de 41 ans. » Selon l’Organisation mondiale de la santé, qui estime qu’une personne sur quatre devrait avoir des problèmes d’audition d’ici 2050, « plus d’un milliard de jeunes adultes risquent une déficience auditive permanente évitable à cause de leurs pratiques d’écoute non sûres ».

    Limiter les écouteurs

    Parmi les pratiques d’écoute non sûres, le casque ou les écouteurs, de plus en plus présents dans le quotidien des enfants et des adolescents, sont sans surprise pointés du doigt. Ainsi, selon l’enquête Ifop-JNA, 40 % des parents affirment que leur enfant écoute chaque jour de la musique via des écouteurs ou un casque d’une à quatre heures par jour. « On voit clairement un accroissement de la pratique », regrette Sébastien Leroy qui conseille d’éviter les écouteurs chez les enfants de moins de 10 ans, et qui rappelle qu’un enfant ne sait pas maîtriser le volume et ne va pas forcément dire s’il entend des sifflements ou des bourdonnements. Et tant bien même le casque disposerait d’un limiteur de volume, cela ne résout pas le problème de la durée de l’exposition au son.

    « Le problème du son, c’est à la fois son volume et son omniprésence, explique-t-il. La musique, même à faible volume, toute la journée, c’est une sollicitation permanente des cellules de l’oreille. On comprend mieux la parole en se levant qu’en se couchant, parce que l’oreille récupère durant la nuit, si on ne s’endort pas avec des écouteurs, bien sûr. Ce qui est gênant pour l’enfant, c’est qu’il y ait une réduction de son temps de récupération. Et ça va jouer sur le développement de l’apprentissage. L’oreille fait partie du cerveau, qui est mis en difficulté lorsqu’il y a une gêne auditive, un acouphène. »

    Éviter les concerts avant 6 ans

    Si la problématique des concerts concerne plus les adolescents et les jeunes adultes, elle n’est pas non plus à éluder pour les enfants, rappelle Angélique Duchemin, directrice d’Agi-Son, une association de prévention sonore regroupant des professionnels de la musique. « On peut faire découvrir l’univers des concerts à des enfants, mais il faut prendre des dispositions bien particulières, avec des casques antibruit. Cela dit, quand on voit des bébés dans des salles de concert ou festivals, je ne vois pas bien l’intérêt culturel. Et il faut quand même que l’enfant ait la possibilité de s’exprimer, qu’il puisse exprimer la gêne ou le mal-être potentiel qu’il ressent. Notre comité scientifique déconseille les concerts avant 6 ans, à moins qu’ils ne soient adaptés à leur âge. »

    La directrice d’Agi-Son se réjouit en revanche qu’il y ait aujourd’hui « une vraie demande du public pour les protections auditives comme les bouchons en mousse », notamment sur les évènements à longue durée d’écoute comme les festivals. « Dans les discothèques, c’est malheureusement moins le cas, alors que c’est pourtant indispensable, parce qu’on y reste longtemps et que le volume ne baisse jamais. On insiste sur le fait que c’est la durée d’écoute qui va impacter fortement l’oreille, qu’il faut être à l’écoute de son corps. Si on a la sensation d’être agressé, c’est qu’il y a un problème. Il faut s’éloigner du son et ne pas écouter ses copains qui disent que ce n’est pas trop fort. Nous ne sommes pas égaux par rapport à l’audition. »

    Dépister

    Aux adolescents qui iraient en discothèques ou en concerts, Sébastien Leroy suggère d’offrir des bouchons réutilisables avec filtres acoustiques, « qui permettent de garder de bonnes sensations d’écoute, à la différence des bouchons en mousse ». Et d’intégrer dans leur suivi de santé un dépistage auditif. « L’ado va voir que ce sont ses oreilles, ses courbes. Parfois, on constate qu’il y a des petites encoches sur certaines fréquences qui indiquent qu’il y a déjà eu des petits traumatismes. On est sur de la prévention personnalisée, qui fonctionne vraiment bien chez les jeunes. On peut faire ces dépistages chez les audioprothésistes, c’est gratuit sur rendez-vous. » De manière plus large, il encourage les parents à intégrer dans le suivi de l’enfant « un check-up régulier de l’audition, comme pour les dents et les yeux. » En espérant être entendu.

    Cinq signes qui doivent alerter 

    • Votre enfant vous dit qu’il a les oreilles bouchées, qu’il entend un bruit dans ses oreilles.
    • Son comportement se modifie : il devient agressif, s’isole.
    • Il a des difficultés d’apprentissage à l’école.
    • Il se met à avoir du mal à suivre une conversation.
    • Il régresse vocalement.

    En cas de doute, ne pas hésiter à se rendre dans un service d’urgences ORL.

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  • Ex Utero : le podcast pour briser les tabous de la parentalité

    Ex Utero : le podcast pour briser les tabous de la parentalité

    Nouveaux ou futurs parents, l’objectif est généralement le même : vivre la parentalité le plus sereinement possible. Avec Ex Utero, un podcast en trois saisons, les tabous autour de la grossesse, de la naissance et la période post-partum sont brisés. Bonne écoute !

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 1 : La sage-femme comme guide

    Lors d’une grossesse, le suivi par une sage femme se poursuit après l’accouchement, et cela jusqu’au 12eme jour de vie du bébé. Ces consultations post-natales permettent d’aborder diverses questions sur l’alimentation de maman et de bébé, la contraception possible, un éventuel baby blues et constituent des moments d’échanges privilégiés…. Depuis 13 ans Myriam Reiss sage femme accompagne les mamans : avant et après l’accouchement. Chaque jour, elle se déplace au domicile des différentes familles qui rentrent à peine de la maternité, pour faciliter ce retour à la maison.

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 2 : Visite guidée d’une maison des 1000 jours

    Connaissez-vous le concept des 1000 premiers jours qui courent du début de la grossesse jusqu’aux deux ans révolus de l’enfant ? Ces 1000 premiers jours, c’est au départ un rapport d’une commission d’experts présidée par Boris Cyrulnik, médecin psychanalyste et auteur. De ce rapport est né un projet national piloté par le ministère des solidarités et de la santé et la création de 45 maisons des 1000 premiers jours partout en France. C’est à Arras qu’est né en 2021 la première maison des 1000 premiers jours. Ce lieu chaleureux qui accueille parents et bébé tous les 15 jours pendant la première année de vie pour partager, discuter, s’entraider a une particularité : il fait partie d’un pôle éducatif qui regroupe également une maternelle, une PMI et un espace famille notamment. Une sorte de petit village qui permet entre autres de rompre l’isolement.

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 3 : Interrogations de parents – Éclairages d’experts

    L’arrivée de bébé chamboule. Malgré l’immense bonheur d’accueillir ce petit être, on ne se sent pas toujours prêt, on veut être parfait, on dort peu, l’organisation est bancale. On aimerait tellement avoir le mode d’emploi et bénéficier du soutien de professionnels. Dans ce micro-trottoir, ces futurs et jeunes parents font part de leurs interrogations, et 4 experts leur répondent.

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 4 : Dépression post-partum – Conversation maman – psy

    Quelques jours après l’accouchement, la majorité des mamans traverse une période de déprime qu’on appelle le  » baby blues « , réaction naturelle causée par tous ces changements. Mais pour 1 femme sur 6 (selon une étude de Santé publique France réalisée en 2023) la dépression peut prendre le relais et s’installer plus durablement. En 2022, à la naissance de sa fille, Anna plonge rapidement dans une dépression post-partum. Aujourd’hui elle veut comprendre ce qui lui est arrivé. Elle en discute avec Brigitte Borsoni, psychologue clinicienne spécialisée dans la relation parent/bébé et adulte/enfant.

    Ex Utero – Saison 3 – Episode 5 : Dépression post-partum, quel rôle pour l’entourage ?

    Aujourd’hui en France, tous les mois, une femme se suicide au cours de la première année de vie de son bébé. La dépression post-partum est une condition sérieuse qui peut affecter la santé mentale et émotionnelle d’une maman après l’accouchement. L’entourage, qu’il s’agisse du partenaire, de la famille, des amis ou même des professionnels de santé, peut jouer un rôle crucial dans le rétablissement de la maman. Jocelyne, Ysée et Geoffroy ont vécu cette période difficile auprès de leur fille, leur amie, leur conjointe. Ils ont accepté de se rencontrer / pour discuter autour de leur rôle d’aidant.

    Avertissement : les propos que vous allez entendre abordent le suicide et peuvent heurter.

    Ex Utero – Saison 3 – Bande-annonce

    La période du post partum, dit-on aux mamans qui viennent d’accoucher, dure à peu près 6 semaines. En réalité, ce sont près de 1000 jours qui sont nécessaires pour s’adapter à cette nouvelle vie qui impose de réorganiser ses journées… et ses nuits, à jongler avec la fatigue, à adapter ses habitudes, ses relations avec les autres… et avec soi-même. Ce qu’on occulte souvent c’est l’éventualité aussi de passer par la case dépression. Pourtant 1 mère sur 6 souffrirait de dépression post partum. Dans cette 3ème saison d’Ex Utero signée Vous! par Macif, écoutez ces moments de découverte de l’inconnu avec celles et ceux qui la vivent au quotidien. Des parents bien sûr, mais aussi leur entourage, des sages-femmes et autres professionnels de santé ainsi que des organismes de la petite enfance, en laissant, au cœur, la parole des mamans.

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 1 : L‘impact du handicap d’un bébé

    Chaque année en France, près de 20 000 enfants naissent avec une maladie congénitale(1). Pour Amanda et Vincent tout avait bien commencé, jusqu’à ce qu’ils apprennent que leur fille est née avec une malformation. Entre incompréhension et inquiétude, le papa veut régler le problème avec une chirurgie, mais sa compagne, familière du milieu médical, temporise et préfère attendre. Comment surmonter cette épreuve sans perdre son optimisme ? Comment se projeter dans un avenir incertain ?

    Lire aussi : Troubles du neurodéveloppement : comment détecter et quand consulter ?

     

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 2 : L’arrivée d’un bébé dans une famille recomposée

    Aujourd’hui en France, un foyer sur dix est recomposé(2). Lorsqu’une famille se reforme, ce sont de nouveaux liens qu’il faut tisser. Entre les beaux-parents et les enfants. Entre les enfants, aussi. Alors, quand un nouveau bébé arrive dans la fratrie, il n’est pas toujours évident pour chacun de retrouver sa place. Christian est le père de Louanne 20 ans et de Lenny 17 ans. Coralie est la mère de Lyam, 8 ans. Ils sont ensemble depuis plus de quatre ans et ont eu ensemble Leyann, 18 mois. À l’arrivée de son petit-frère, ce n’était pas évident pour Lyam, jusque-là le benjamin de la famille. Pas simple non plus pour les deux « grands », qui ne sont pas tout le temps à la maison, et regardent, parfois avec amertume, le privilège de leur petit frère Leyann, qui est le seul à avoir ses deux parents sous le même toit. Alors, comment retrouver un équilibre familial ? Comment être un parent qui parvient à être suffisamment là pour chacun ?

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 3 : Le lien fusionnel parent/enfant

    L’arrivée d’un enfant bouleverse les relations d’un couple et redéfinit les liens entre ceux qui sont ainsi devenus des parents. Charlène est une mère fusionnelle. Elle n’a pourtant pas été enceinte de Callie, c’est sa femme, Maryse, qui lui a donné naissance. Peut-être est-ce parce que Charlène avait peur que le lien soit moins fort dès la naissance qu’elle a compensé, jusqu’à devenir plus que maman poule… Comment trouver le juste équilibre quand on est celui ou celle qui n’a pas porté l’enfant et que l’on veut être aussi essentiel que la mère qui a donné naissance ?

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 4 : La dépression post-partum

    En France, une femme sur cinq subit un épisode de dépression après la naissance de son bébé(3). Ce syndrome post-partum peut être particulièrement isolant pour la mère et perturbant pour le.la partenaire. Florence a été secouée par une dépression post-partum après l’accouchement de sa fille. Elle se sent incapable de faire quoique ce soit, elle se dit bloquée, tétanisée, tout le temps triste. Son mari, Guillaume, s’occupe du nourrisson sans comprendre ce qui arrive à son épouse. Il lui avoue sa difficulté à “gérer deux enfants ». Des mots maladroits qui la bouleversent. Comment demander de l’aide lorsqu’on comprend pas soi-même ce que l’on ressent ? Comment surmonter une dépression post-partum, parfois banalisée ?

    Lire aussi : La dépression prénatale, une réalité encore trop méconnue

    Ex Utero – Saison 2 – Épisode 5 : La difficulté de retrouver ses marques dans le couple

    Après la naissance d’un bébé, les parents sont souvent sur un petit nuage. Mais rapidement, le quotidien change : les nuits sans sommeil, le manque de temps pour soi, les doutes et presque inévitablement, les tensions entre parents. Après 6 jours à la maternité, Cécile n’avait qu’une hâte : rentrer à la maison. Son époux Edjems est lui aussi impatient de retrouver sa femme et leur fille. Mais passer de 2 à 3 n’est pas si évident. Comment, alors, faire en sorte que tout le monde trouve sa place ? Comment s’appuyer sur l’autre et lui faire comprendre ses besoins ?

    Lire aussi : Naissance et tabous : des témoignages ouverts et déculpabilisants

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 1 : “Je ne voulais pas d’enfant”

    En France, 4,5 % des femmes ne souhaitent pas avoir d’enfant.1 Être sans enfant par choix, dit aussi “childfree”, reste cependant encore peu accepté par la société. Alors comment gérer quand, de surcroît, on finit par être enceinte ? Fanny n’avait pas le désir d’enfant. Son mari Simon, comprenait, mais espérait malgré tout. Et puis la grossesse est arrivée, imposant à Fanny une aventure qu’elle n’avait ni prévue ni voulue. Avec toujours à ses côtés, son partenaire, navigant à vue dans une situation parfois périlleuse.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 2 : “J’ai subi une fausse couche”

    Pas assez d’éducation sur le sujet, beaucoup de culpabilisation, un accompagnement restreint, font de la fausse couche un de ces tabous qui perdurent. Pourtant, une femme sur quatre enceinte y est confrontée. 15 % des fausses couches2 surviennent jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée (dans les 3 premiers mois) et 1 % entre la 14ème et la 22ème SA (plus de 4 mois de grossesse). Cela peut alors être un vrai traumatisme physique et psychologique pour la femme, et son/sa partenaire, subissant cette perte. Pour Élodie, la fausse couche a été un moment particulièrement douloureux, qui a notamment éloigné son conjoint Rémy. Le couple a surmonté l’épreuve grâce à une certaine prise de conscience.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 3 : Grossesse et regards sur le corps

    Pendant une grossesse, le corps de la future mère change inévitablement : prise plus ou moins importante de poids, le ventre qui s’arrondit, les seins qui gonflent, des marques qui apparaissent sur la peau. Cette évolution peut être mal vécue, parfois à cause de son propre regard critique sur soi-même, mais aussi accentué par celui de la société et de ses proches. Cécilia a vécu 2 grossesses consécutives pendant lesquelles son corps a été un centre d’attention bien malgré elle. À ses côtés, Thimothée essayait tant bien que mal de l’aider face aux commentaires parfois déplacés.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 4 : “Je n’aime pas être enceinte”

    À en croire les réseaux sociaux ou les histoires racontées par les unes et les autres depuis des générations, être enceinte rime avec épanouissement. Certes un peu de fatigue et de prise de poids, mais rien qui ne vienne entacher ce bonheur de porter un enfant. Et pourtant ! Pour de nombreuses femmes, 9 mois de grossesse est une vraie épreuve, physique et/ou morale. Mais comment dire au reste du monde que l’on n’aime pas être enceinte ? Surmontant le jugement des autres, Carole le dit haut et fort : elle n’a pas aimé être enceinte. Pendant ses grossesses, son partenaire Anthony a fait son possible pour contrer le regard pesant de ceux qui refusaient de concevoir cette réalité.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 5 : Vivre sa grossesse en solo

    Près de 1,5 million de Françaises sont des mères célibataires qui élèvent donc leur(s) enfant(s) seules. Dès mères qui ont parfois été en solo dès la grossesse, pendant laquelle elles ont dû tout gérer et surmonter seule. Solitude et stress, fatigue physique et mentale, gestion des démarches administratives et des achats pour préparer l’arrivée de bébé, autant d’étapes vécues sans partenaire du quotidien. C’est dans ces moments que les proches, amis et famille, peuvent devenir de vrais soutiens. Margot savait qu’en ayant un bébé toute seule, elle traverserait des périodes difficiles, mais par chance, elle a pu compter sur son amie Laurette.

    Ex Utero – Saison 1 – Épisode 6 : “J’ai vécu une dépression prénatale”

    Il est estimé à environ 10 % des femmes enceintes touchées par la dépression. Ce chiffre est cependant difficile à vérifier car nombres de femmes concernées ne le savent pas et n’en parlent pas, mettant leur mal-être et leur tristesse sur le compte des hormones et de la fatigue. Pourtant, la dépression prénatale est aussi réelle que celle post-partum. Une prise en charge adaptée peut aider ces femmes enceintes à traverser leur grossesse plus sereinement. Marie a pleuré à chaudes larmes les 6 premiers mois de sa grossesse, sans comprendre pourquoi. Avec Vincent à ses côtés, elle est parvenue à surmonter cette épreuve, non sans difficulté.

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    (1) Institut National de Veille Sanitaire

    (2) INSEE 2020

    (3) Collège National des Sages-femmes

  • Être parent en 2024 : est-ce compliqué ?

    Être parent en 2024 : est-ce compliqué ?

    Pour Virginie Avezou, docteure en psychologie de l’enfant, de profonds changements dans l’éducation découlent de l’adoption de la Convention internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), le 20 novembre 1989 par dix-huit pays des Nations unies. « À partir de cette date, les enfants ont été considérés comme des individus à part entière et des acteurs du monde dans lequel ils vivent », explique-t-elle. L’enfant devient une personne avec des droits, qui doit être accompagnée pour les exercer et accéder progressivement à son autonomie.

    Parentalité, éducation positive et pression

    La prise en compte des droits et besoins de l’enfant, Audrey la trentaine, mère de deux petites filles de 3 et 5 ans, l’a bien compris. Au moment de la naissance de sa première fille, elle a fait son maximum pour la combler et lui apporter le meilleur, quitte à parfois se négliger, voire s’oublier. « La maternité a été une vraie claque, ça ne s’est pas exactement passé comme je le pensais et je me suis mis beaucoup de pression, notamment au sujet de l’allaitement, qui a été plus compliqué que prévu », admet-elle. Avant de poursuivre : « J’étais tout le temps disponible pour mon enfant j’étais à fond dans l’éducation positive et en parallèle, j’essayais le zéro déchet. Je lavais même les couches de ma fille, ce que j’ai finalement vite abandonné. » Pour l’arrivée de sa deuxième fille, Audrey s’est autorisée à être une mère moins parfaite. « J’ai pris du recul sur tout ce que j’avais lu sur la parentalité positive. En fait, j’ai simplement suivi mon instinct et c’était beaucoup mieux. »

    Les injonctions à l’éducation positive peuvent en effet faire des dégâts. « On est passé de l’exercice d’une autorité à l’exercice d’une démocratie de l’éducation parentale avec plus de tendresse et de chaleur, mais il faut instaurer une relation symétrique équilibrée qui ne mette pas l’enfant en danger, commente Virginie Avezou. Si l’enfant n’est jamais frustré et décide tout, il y a le risque qu’il dépasse ses parents. Il y a une forte pression sur leurs épaules et ça nécessite un véritable accompagnement, mais beaucoup ne le sont pas assez aujourd’hui. »

    Enjeux du numérique et écologiques

    Un avis que partage Anne, la soixantaine. Mère de trois filles nées dans les années 1990, elle constate qu’aujourd’hui que certains parents sont envahis par leur progéniture. « Pour moi, ce n’est pas aux enfants de décider de l’endroit où ils vont en vacances, ou de celui où il faut acheter une maison. Ça, pour moi, c’est aberrant », lâche-t-elle. Anne a grandi dans les années 1970, avec des parents défaillants et quand ses filles sont arrivées, elle a choisi de ne pas trop les couver. « Je me suis investie quand même pour les accompagner, les guider, pour qu’elles aient ce qu’il fallait, mais j’avais besoin qu’elles aient une vie à elles et moi la mienne, se souvient-elle. J’adore mes enfants, mais j’ai détesté le rôle de mère dans tout ce que ça représentait de logistique. C’était trop ingrat et inintéressant. »

    D’autant que les parents d’aujourd’hui sont confrontés à d’autres problèmes très contemporains. « Il y a les enjeux liés au numérique, notamment autour de la protection du harcèlement, sans exclure son enfant de la culture jeune, mais aussi l’initiation aux enjeux de la transition écologique ou encore les soucis de l’avenir professionnel, voire immobilier, des enfants. Autant de questions que se posent désormais cruellement les parents », regrette Virginie Avezou.

    Clément, papa de 36 ans, fait partie de ceux-là. Même si lui et sa compagne font leur maximum pour rester positifs et inculquer le respect de l’autre, de la nature et quelques notions d’écologie à leurs deux filles de 4 et 6 ans, Clément est inquiet. « Ce qui m’angoisse vraiment, c’est de les voir grandir dans cette société de surconsommation et où les réseaux sociaux et les sollicitations de toutes sortes prennent trop de place, déplore-t-il. Ce sont des inquiétudes qui viennent, selon moi, s’ajouter à celles qu’avaient nos parents avant l’apparition d’Internet. À l’époque, ils se souciaient surtout de l’avenir professionnel de leurs enfants. »

     

    Interdiction des sévices physiques

    Enfin, autre décalage majeur entre l’éducation donnée à nos enfants en 2024, et celle reçue dans les années 1990 : la violence physique. Pour Clément comme pour Audrey, hors de question de lever la main sur leurs filles. Jamais. Ils y mettent un point d’honneur. Mais cette limite n’est pas toujours aussi évidente pour les grands-parents. « Un jour, j’ai entendu ma mère mettre une petite fessée ou une petite tape à ma fille pendant qu’elle la changeait et elle a d’abord nié puis avoué, mais on a dû en parler pour qu’elle comprenne que non, ce n’était pas “pas si grave”. »

    En effet, depuis le 11 juillet 2019, dans le cadre de la loi relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires, la fessée est officiellement interdite en France. « L’adoption de cette loi renforce l’idée que l’éducation à l’intérieur de la famille est basée sur le lien avec l’enfant et ce que ça implique sur son développement », conclut Virginie Avezou.

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  • Ado et stage de troisième : quel objectif ?

    Ado et stage de troisième : quel objectif ?

    Sur TikTok, le stage de troisième inspire aux élèves concernés des contenus en pagaille. Tips pour dénicher une entreprise en or, anecdotes sur l’absurdité des missions demandées, refus en cascade ou encore, mini-vlog contant des stages de rêve ; chacun y va de son récit. Sarah, 15 ans, raconte face caméra sur un fond musical rythmé : « Faire son stage en crèche, c’est : se prendre de la purée dessus, avoir toutes les comptines de bébé en tête, s’attacher et être triste quand on doit les quitter. » D’autres camarades semblent moins ravis. « En pharmacie, mon maître de stage m’a demandé de classer tous les médicaments par nom pendant des jours », se désole Anna, 14 ans.

    Stage de 3ème, en quoi ça consiste ?

    D’une durée de 5 jours consécutifs ou non, ce stage est obligatoire pour tous les élèves de troisième. L’idée : faire connaissance avec le monde du travail. Qu’il suscite des vocations ou non, il marque souvent l’esprit des collégiens. « Je comptais les jours. J’étais chez un réparateur informatique, je passais mes journées sur YouTube vu qu’on était en période creuse », confie Théo, collégien de 15 ans passionné de jeux vidéo. Comme pour beaucoup d’autres élèves, il peut rapidement être synonyme d’ennui, voire d’un manque de sens. « Une semaine, c’est trop court pour comprendre quoi que ce soit », ajoute-t-il. D’autres découvrent la dure loi du travail. « Mise en rayon en grande distribution, je travaillais vraiment comme un employé même à 15 ans, c’est fatigant en fait », lâche Lucas sur Twitter.

    Le plaisir de partager son métier-passion

    Si l’accueil des stagiaires peut parfois consister pour les employeurs à combler le manque de missions par la fameuse commande excessive de cafés, certains voient dans l’accueil d’un collégien un atout considérable. Bérangère, agricultrice et éleveuse dans les Ardennes raconte avoir pris « un grand plaisir à partager sa passion avec une jeune fille intéressée ». À ses yeux, la visibilité des métiers agricoles passe aussi par la transmission aux plus jeunes. « Si personne ne leur montre ce qu’il peut y avoir de beau dans le quotidien des éleveurs en France, comme la proximité avec la nature et les bêtes, personne n’aura envie de rejoindre le travail de la terre », plaide-t-elle. Pour la sociologue Aude Kerivel, le stage de troisième représente aussi la première expérience inégalitaire du monde du travail. Car si certains arpentent avec joie les milliers de mètres carrés d’un aéroport international, ses duty free et ses atmosphères de grands départs, d’autres se rabattent sur ce qu’il reste. Parents sans relations, élèves issus de quartiers prioritaires de la ville ou de milieux ruraux… Faute d’avoir un réseau familial, trouver un stage de troisième peut se transformer en un véritable parcours du combattant. Alors certains glissent de la salade et des oignons dans les wraps des fast-foods tenus par des amis de la famille. Censée faire découvrir le monde du travail, cette première expérience peut aussi contrarier l’orientation professionnelle de certains élèves. « Essuyer une dizaine de refus pour un premier stage d’observation, qui plus est non payé, impacte forcément la future vie professionnelle de ces élèves », écrit Aude Kerivel.

    Une première expérience inégalitaire

    Si le sujet commence à émerger dans les médias nationaux (Le Monde a récemment consacré un article aux « stages kebab » des élèves des banlieues défavorisées), le sujet est relaté depuis dix ans dans la presse quotidienne régionale. En 2010 déjà, elle se faisait l’écho d’une étude nommée L’égalité des chances s’arrête à la supérette, publiée par l’Observatoire des inégalités. L’organisme avait pris l’exemple de trois collèges dans trois territoires aux particularités sociales et culturelles différentes. Dans un collège du Ve arrondissement de Paris, les élèves intègrent des sociétés de production, des banques ou encore des cabinets d’architecte. En milieu rural, dans les Côtes-d’Armor, les élèves de troisième découvrent des exploitations agricoles ou les boulangeries pâtisseries du coin. À Aubervilliers, dans le 93, c’est Anais Boutique et des plombiers indépendants qui avaient accueilli des élèves de troisième. Depuis 2018, la plateforme gouvernementale Mon stage de troisième permet désormais aux élèves de troisième des collèges du réseau éducation prioritaire (REP et REP+) d’avoir accès à une offre de stages parallèle, dans l’espoir de réduire l’écart entre les jeunes.

  • Mon enfant ne lit pas : est-ce vraiment grave ?

    Mon enfant ne lit pas : est-ce vraiment grave ?

    Pauline a parfois l’impression d’avoir raté quelque chose dans l’éducation de Gaspard et Lucien, ses deux fils âgés de 11 et 14 ans. Elle-même grande lectrice, elle les a élevés dans « un appartement peuplé de romans et de BD », les a emmenés régulièrement dans les librairies et les bibliothèques et s’est astreinte à leur lire des histoires avant le coucher jusqu’à ce que l’un et l’autre passent en CM1. « Je me souviens du plaisir que j’ai eu à les voir se plonger dans la lecture de grands classiques comme la saga Harry Potter ou les romans de Roald Dahl, confie-t-elle. Au petit-déjeuner, ils me racontaient le chapitre qu’ils avaient lu la veille. C’était de très beaux moments d’échange. »

    Mais, peu de temps après la rentrée au collège, chacun à leur tour, ses garçons ont progressivement refermé leurs livres. « À part Naruto, ils n’ouvrent plus du tout de bouquins », regrette Pauline, qui met cela à la fois « sur le compte de la crise d’adolescence, des hormones, des écrans et d’une possible réaction à l’éducation que je leur ai donnée ». Si cela l’attriste de ne plus pouvoir partager sa passion avec ses enfants, elle s’inquiète surtout des conséquences de ce désintérêt pour la lecture d’un point de vue scolaire et en termes de culture générale.

    Les écrans, fautifs mais…

    L’évolution de la relation aux livres de Gaspard et Lucien illustre bien le phénomène qui touche les jeunes collégiens. Selon une étude réalisée par IPSOS et le Centre National du Livre en 2022, si 81 % des jeunes de 7 à 25 ans aiment lire en dehors de l’école, pour les loisirs et par goût personnel, les collégiens, surtout les garçons, lisent moins que les plus jeunes. Entre 13 et 15 ans, les jeunes hommes ne sont plus que 68 % à déclarer bouquiner pour le plaisir. Et les premiers coupables de cette tendance à la baisse seraient les écrans.

    En effet, selon la même étude, les jeunes passent en moyenne 3h50 par jour devant un écran. Tandis que celles et ceux d’entre eux qui lisent en dehors du temps scolaire ne consacrent que 3h14 par semaine à la lecture. « Honnêtement, les miens n’y accordent même pas une heure hebdomadaire, alors qu’ils lisaient tous les jours il y a encore quelques années », se désole Pauline. Cependant, certains genres littéraires ont encore la cote chez les ados, à commencer par les romans de fantasy, les dystopies, les ouvrages de science-fiction (les succès de Twilight et Hunger Games l’ont montré), ainsi que les romances et les histoires autour de maladies graves (Nos étoiles contraires, de John Green, par exemple). Autant de catégories auxquelles il faut ajouter les indétrônables mangas, comics et BD, qui continuent à faire fureur chez les jeunes et que l’on aperçoit régulièrement entre leurs mains dans les transports en commun. Les réseaux sociaux jouent parfois un rôle de prescription, à l’image de la communauté Booktok, sur Tik Tok et des chaînes YouTube spécialisées en la matière. D’ailleurs, une partie des jeunes lisent en ligne, via des plateformes. La preuve que les écrans, qui sont en partie responsables de la baisse du temps accordé à la lecture, peuvent aussi inciter à s’y adonner.

    Lire pour ne pas perdre le fil

    Estelle Brune, professeure de Lettres et Histoire en lycée, explique que les enfants lisent lorsqu’ils sont dans la phase d’apprentissage, celle qui consiste dans « lire pour décoder, pour construire sa grammaire, pour comprendre », et que les enseignants les encouragent à s’entraîner tous les soirs pour consolider ces acquisitions. À partir du CM1-CM2, celles et ceux qui prennent du plaisir à lire ont des chances de rester des lecteurs réguliers, quand les autres risquent de se détacher des livres.

    Or, pour la professeure, les élèves qui abandonnent la lecture peuvent être pénalisés dans leur scolarité au collège et au lycée. Elle met en garde : « Quand ils seront confrontés à un texte long en littérature ou en philosophie, s’ils ont perdu l’habitude de se concentrer pour lire, ça leur demandera beaucoup plus d’efforts. Certains de mes élèves n’arrivent tout simplement plus à se poser et à se concentrer sur des mots alignés les uns à côté des autres, à prendre le temps de décortiquer une phrase et son contexte pour comprendre un mot dont ils ne connaissent pas le sens. » Il est donc indispensable de s’exercer à lire des textes comprenant des phrases complexes, que ce soit dans des livres ou des magazines. « En revanche, il ne faut pas lire uniquement des mangas et des BD », prévient Estelle Brune. En effet, s’ils contribuent à un enrichissement de la culture générale et de l’imaginaire, « ils ne permettent pas de développer la maîtrise de la lecture des phrases complexes », précise l’enseignante, qui recommande la lecture de romans et de magazines.

    Enrichir son vocabulaire

    Une autre inquiétude existe chez les parents d’ados qui ne lisent plus. « J’ai peur que leur niveau en orthographe baisse », s’alarme Pauline. Pourtant, le lien entre une pratique assidue de la lecture et une bonne maîtrise orthographique n’est pas systématique. Certains grands lecteurs butent sur des règles d’orthographe quand des lecteurs occasionnels sont incollables sur celles-ci. Mais, comme le souligne la professeure de lycée, « lire permet d’étoffer son vocabulaire ». Et cela ne passe pas nécessairement par la littérature. « Lire un magazine est parfois aussi enrichissant sur le vocabulaire didactique, explique-t-elle. Par exemple, dans un article sur les otaries, on va trouver un vocabulaire sur lequel on aura moins de chance de tomber dans un roman. »

    Alors, qu’il s’agisse de magazines sur les tatouages ou les sports extrêmes, de romans d’heroic fantasy, de mangas ou de classiques de la littérature étudiés en cours, le bon équilibre entre les devoirs et les plaisirs est peut-être de lire un peu de tout, et le plus souvent possible.

  • Les parents solos, des cas pas si isolés

    Les parents solos, des cas pas si isolés

    Mères ou pères (même si ces derniers représentent moins de 20 %), ils sont de plus en plus nombreux à se retrouver seuls pour s’occuper d’un ou plusieurs enfants en France. Selon l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), la part de familles monoparentales est passée de 9,4 à 24,9 % de l’ensemble des familles en moins de 45 ans et 3,13 millions d’enfants étaient concernés en 2020 contre 1,49 million en 1990. Alors, comment ces parents solos gèrent-ils au quotidien, aussi bien les difficultés organisationnelles qu’émotionnelles ?

    S’adapter à la vie en solo

    Pour Alice, âgée de 33 ans lors du décès accidentel de son conjoint : « Ça a été difficile. J’ai eu la chance d’être entourée et soutenue par ma famille ainsi que par un cercle d’amis formidables. Ils m’ont été d’une grande aide pour continuer à m’occuper de mon fils de 8 mois. Mon employeur a également été compréhensif et j’ai pu bénéficier des services d’une assistante sociale qui m’a orientée sur certaines démarches administratives. Globalement, c’est très difficile de se dire qu’il va falloir tout assumer seule du jour au lendemain. Renoncer à cette vie à trois dont on avait rêvé, faire le deuil de la petite sœur que mon fils n’aura jamais… » Des propos qui font écho à ceux d’Aurélie, que deux séparations (l’une à 21 ans, l’autre à 28) ont laissée avec deux enfants en garde exclusive : « J’ai toujours eu ma mère à mes côtés. Si ma fille qui a 6 ans aujourd’hui était un “bébé magique”, ne pleurant jamais et dormant beaucoup, ça a été complètement différent avec mon fils de 13 mois. C’est un bébé qui pleure énormément, et c’est assez compliqué d’avoir un relais, car il ne veut que moi. »

    Pierre, s’est retrouvé seul suite à une séparation deux mois après la naissance de son fils. Il a fini par trouver une solution de garde alternée avec son ex-compagne, chacun s’occupant de l’enfant une semaine sur deux : « Entre les heures de boulot et les allers-retours, c’était fatigant. Je n’avais pas d’autre personne sur qui compter ni le budget pour solliciter une aide extérieure, comme une nounou. Et puis, on veut prouver aux autres et à soi-même qu’on est capable de gérer seul. » Et Pierre d’ajouter : « Le regard des autres est difficile à supporter, car beaucoup pensent que c’est la faute du père si les parents sont séparés. On me faisait plein de remarques désagréables du genre : “Pourquoi tu t’investis autant ?” ou “Laisse-le à sa mère, ça sera plus simple”. C’est douloureux à entendre, parce que les parents solos ont le même amour et le même attachement à leurs enfants que les parents en couple. »

    La charge mentale

    Aurore a de son côté eu le malheur de perdre à 33 ans son compagnon (victime d’une maladie rare). En plus de son garçon de 8 mois, elle avait déjà une fille de 6 ans d’une précédente union. « Au départ, j’étais assez organisée, mais je n’avais pas encore repris le travail. Pour m’aider et me soulager, j’ai ma famille : parents, beaux-parents, amis. Mais allier vie de travail et vie de maman, cela va à mille à l’heure, raconte-t-elle. Il faut s’occuper des enfants le matin, travailler la journée puis de nouveau s’occuper des enfants le soir. Faire les devoirs, donner la douche, préparer à manger en même temps, anticiper les affaires du lendemain, prévoir le linge, ne pas oublier le ménage… On doit assurer sur tous les fronts, et la charge mentale atteint un seuil maximum épuisant. De plus, j’ai moins de temps à leur consacrer pour jouer et profiter de leur enfance. » En outre, ces parents solos connaissent souvent des problématiques économiques.

    Comme le raconte Alice qui pourtant « bénéficie d’aides en qualité de mère isolée ». Aurélie, elle, parle de « complications au niveau de l’argent, malgré les aides de la Caf » (Caisse d’allocations familiales). Sous conditions, l’ASF (Allocation de Soutien Familial) versée par la Caf ou la MSA (Mutualité Sociale Agricole) peut en effet être perçue par toute personne qui élève seule son enfant et qui est privée de l’aide de l’autre parent.

    Relation fusionnelle et écoute de soi-même

    Dans ce contexte délicat, trouver des points positifs à ces vies en solo peut sembler difficile. « Comme je voyais mon fils tous les jours, raconte Pierre, j’ai pu le regarder grandir à des moments où ça va vite : l’apprentissage de la marche, la parole, les premières dents… J’ai pu créer un lien fort avec lui et profiter d’instants en tête-à-tête, ça a contribué à la construction d’une complicité. » En effet, tous évoquent la « relation fusionnelle » construite avec chacun de leurs enfants. « Mon fils ne connaîtra jamais son papa, déplore, quant à elle, Alice. Il est ma raison de vivre et ma force, c’est vrai. Et je suis convaincue qu’il y a des leçons à tirer de chaque épreuve de la vie, mais celle-ci est encore trop récente pour que je puisse en retirer quelque chose de bon. »

    Avant de délivrer quelques conseils : « À mon sens, il faut à tout prix éviter de se projeter dans l’avenir. Vivre jour après jour, c’est la clé afin de pouvoir avancer à son rythme. Pour le reste, il faut laisser le temps faire son œuvre et ne pas hésiter à se faire accompagner par un psychologue ou un professionnel de santé si on en ressent le besoin. Il faut aussi apprendre à reconnaître ses limites et savoir demander de l’aide, ne pas hésiter à déléguer la garde de son enfant à ses proches par exemple pour pouvoir souffler ou se recentrer. Les enfants sont des éponges, ils ont besoin d’un parent épanoui pour se sentir heureux donc essayer de prendre soin de soi est essentiel. » Et Aurélie de conclure : « Il faut s’écouter, se faire confiance. Ne pas avoir honte de demander de l’aide, de se sentir fatiguée ou dépassée… Nous sommes des humains avant tout. »

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    Les parents solos, des cas pas si isolés

     

  • Devoirs à la maison : Comment éviter les crises ?

    Devoirs à la maison : Comment éviter les crises ?

    Calme et sang-froid

    « Une fois sur deux, il s’énerve. » Enzo est en classe de CE1. Et s’il y a bien une chose qu’il déteste, ce sont les devoirs à la maison. Alors, quand vient l’heure de réviser ses leçons, il y va à reculons. « Il dit que ça le saoule, qu’il ne veut pas les faire, il gomme n’importe comment quand il rate… À chaque fois, on y passe des heures, il crie, et je fais tout pour rester calme », déplore Charlène, sa maman, qui rêverait d’une fin de journée plus apaisée, « surtout quand on a huit heures de boulot dans les jambes ». Si en théorie son fils ne devrait pas avoir de devoirs écrits puisqu’il est en primaire, il rentre quotidiennement de l’école avec une liste bien fournie d’exercices. « Rien que le week-end dernier, il avait cinq mots à apprendre, de la lecture, un exercice de grammaire, un autre d’orthographe, une dictée à préparer et un texte à trou à compléter… »

    Alors, pour rendre ce moment aussi fluide que possible, Charlène et son compagnon Sylvain ont mis en place quelques stratégies. À commencer par fragmenter le temps d’apprentissage : « On essaie dans la mesure du possible de fractionner les devoirs, pour que ça ne prenne pas plus de 10 ou 15 minutes d’un coup. Par exemple, on fait toujours la poésie à part. C’est plus facile pour la concentration. » Ils ont aussi pris l’habitude de dédramatiser l’échec, pour qu’Enzo ne se braque pas quand il se trompe. « On lui montre que ça arrive de rater un exercice, que ce n’est pas plus grave que ça, que le principal c’est de réussir à identifier ses erreurs pour mieux les corriger. On l’amène à réfléchir pour qu’il trouve les réponses par lui-même », abondent les parents du petit garçon, qui n’hésitent pas à se passer le relais pour éviter de perdre patience lorsque les échanges avec Enzo se crispent.

    Les parents face aux devoirs

    Quel est le rôle des parents dans ce moment tant redouté mais incontournable du parcours scolaire ? Cette question, Laura Morandeau, professeure des écoles, lui a consacré un chapitre de son mémoire de recherche. Elle soutient que l’attitude des parents face aux devoirs à la maison de leurs enfants contribue « au développement et à l’investissement de ces derniers dans leur “métier” d’élève. De plus, cela permet de valoriser l’école et de montrer aux enfants que ce qu’ils y font a de l’importance ». Une vision qui n’est pas si éloignée de celle des parents d’Enzo. « On s’assure que les devoirs sont faits en temps et en heure, poursuit Charlène. C’est une manière de l’accompagner dans ses apprentissages sans le forcer non plus, pour éviter de créer un blocage. On lui fait comprendre qu’apprendre et bien travailler c’est important, que les devoirs servent à consolider ce qu’il a vu avec la maîtresse. Et ça nous permet simultanément d’être au courant de ce qu’il fait en classe, car il ne nous dit rien sinon. »

    Lors de la réunion de prérentrée à l’école d’Enzo, les institutrices et la directrice ont demandé aux parents qui le peuvent d’être présents pour leurs enfants, assurant que les devoirs sont un moment de partage et de transmission. Accompagner veut-il pour autant dire corriger ? « On a du mal à laisser des erreurs intentionnellement, avoue Charlène. On ne veut pas que la maîtresse ait l’impression qu’on laisse des fautes parce que l’on s’en fiche. Je me dis qu’à cet âge-là, les devoirs reflètent l’investissement des parents. Quand Enzo sera un peu plus grand, et aura acquis une certaine maturité, on pourra superviser de loin ». Un réflexe qui n’est pas forcément le bon, selon la psychologue Audrey Akoun, qui, dans une interview accordée au Parisien, rappelle que le parent ne peut se substituer à l’enseignant. « Si le parent est bienvenu pour aider l’élève dans ses recherches, il ne doit pas passer derrière lui et corriger à la place du prof » qui a ses propres méthodes pédagogiques, au risque d’embrouiller l’enfant.

    Se délester du poids des devoirs

    Certains parents, quand ils en ont les moyens financiers, préfèrent alors laisser cette tâche à des tuteurs ou à des professeurs particuliers. Émilie, 22 ans, intervient par exemple auprès de jeunes collégiens pour du soutien scolaire en Anglais. Elle est étudiante en parallèle : « J’aide mes élèves à réviser et à préparer leurs contrôles quand ils en ont besoin, en leur faisant faire des exercices en condition d’examen. Le reste du temps, je les entraîne à la compréhension orale et écrite. » La jeune femme rappelle cependant qu’elle n’a pas vocation non plus à remplacer le corps enseignant. « Je ne suis là qu’en soutien, pour appuyer le cours de la prof. J’approfondis et complète un travail qui est normalement déjà fait en classe. Les parents vont me dire chaque semaine ce que l’élève a vu à l’école, et j’imagine des cours en fonction, dans des formats différents de ce qu’ils ont l’habitude de faire. Par exemple, un de mes élèves adore la mode. Donc je lui fais regarder des vidéos de relooking et je lui demande de les commenter en anglais, en mobilisant le vocabulaire qu’il a appris en classe. »

    Une manière ludique, qui permet, selon la jeune fille, de désamorcer les blocages potentiels et de réconcilier certains élèves avec l’apprentissage. Certaines écoles proposent aussi des dispositifs d’aide aux devoirs payants. Margaux 11 ans, en a bénéficié. Son père Stéphane l’a inscrite à l’étude quand elle était en primaire. « Initialement, c’était surtout parce que je rentrais tard du travail. Mais elle y a appris à faire ses devoirs seule. Aujourd’hui, elle est assez grande pour rentrer à la maison directement après les cours. Quand je la retrouve le soir, je lui demande simplement si les devoirs sont faits. Je ne passe jamais derrière elle pour vérifier ou corriger. » Une autonomie qui convient aux deux et permet de parler d’autre chose quand ils se retrouvent le soir.

  • Les coachs en parentalités, les nouveaux conseillers de la vie de famille ?

    Les coachs en parentalités, les nouveaux conseillers de la vie de famille ?

    « Réenchantez votre vie de famille : des solutions pratiques à vos difficultés parentales. » Voilà un message on ne peut plus clair qu’on peut lire sur le site internet d’Elena Goutard. Diplômée de deux Bac+5 en éducation, pédagogie et psychologie de l’enfant, cette mère de quatre enfants a lancé son entreprise de coaching parental il y a une dizaine d’années, quand encore peu de familles connaissaient l’existence de ce concept né dans les années 1980 aux États-Unis. Aujourd’hui, ce nouveau marché est un véritable succès pour nombre de parents perdus, isolés et assommés d’injonctions et de pressions médiatiques sur « comment être un bon parent ». « Cet accompagnement s’adresse aux parents épuisés par leur quotidien, le stress et les relations conflictuelles avec ou entre leurs enfants, aux parents séparés en recherche de clés pour mieux entourer leurs enfants mais aussi aux futurs parents souhaitant adopter de bons réflexes éducatifs dès la naissance », note Elena Goutard. La coach parentale voit d’ailleurs arriver dans son cabinet de plus en plus de parents qui élèvent des enfants aux profils atypiques (TDAH, hypersensibilité, syndrome d’Asperger, etc.).

    Accompagner les parents en détresse

    Basé sur la psychologie de l’enfant et sur les neurosciences, l’accompagnement en parentalité apporte aux parents qui se retrouvent au bout du tunnel des outils simples, concrets et ciblés pour faciliter leur quotidien et rétablir un équilibre familial. « Dans un premier temps, notre rôle est d’écouter sans jugements les parents confier leurs inquiétudes cumulées. À partir de là, on cerne des problématiques. Par exemple, le manque de règle, un traumatisme chez les parents, des colères ingérables et impulsives chez les enfants. Pour ce dernier cas, on apprend aux parents à réguler leurs émotions via des exercices de respiration, à identifier ce qui déclenche les crises de colère de l’enfant et à mettre en place des outils ludiques pour que l’enfant travaille sa colère avec le parent », explique Elena Goutard.

    La coach parentale avoue ne pas donner de « solution miracle ». « Toutes les dynamiques familiales en place depuis des années ne peuvent être changées en une séance. Le retour à un équilibre familial dépend beaucoup du travail des parents sur le long terme », souligne-t-elle. En dix ans, Elena Goutard a déjà aidé des centaines de parents, prêts à débourser 80 euros pour une séance voire des forfaits pour des familles qui cumulent plusieurs problématiques.

    Routine de règles et « coin de retour au calme »

    Louise* et son conjoint ont fait appel à une « guide parentale » quand le comportement de leur fille de 5 ans, Jeanne*, a pris des « proportions ingérables » dans leur foyer en Belgique. « Elle répondait systématiquement “non” à tout ce qu’on lui demandait. Parfois, elle faisait exprès de faire ce qu’on lui interdisait. Elle pouvait aussi être violente. Au début, on essayait de trouver des stratégies sans s’énerver, mais rien ne fonctionnait. On finissait par s’énerver, par crier et par la contraindre. C’est devenu épuisant et invivable au quotidien. On était complètement désemparés. Je n’avais même plus envie de me lever le matin pour m’occuper d’elle », lâche sa mère.

    Une fois, Jeanne lui a mis une claque. Louise est entrée dans une colère noire avant de culpabiliser et de s’effondrer. La goutte de trop. Deux semaines plus tard, le couple a entamé un programme PEHP (Programme d’entraînement aux habiletés parentales) en dix séances, auprès d’une guide parentale « compétente en neurosciences », précise Louise, confiante. Ensemble, ils ont mis les mots sur deux problématiques : « troubles d’opposition et de provocation ». Les parents ont ensuite réadapté leurs comportements aux colères de leur fille et mis en place des outils concrets comme une routine de cinq règles dans la maison que tout le monde doit respecter ou un « coin de retour au calme » équipé d’objets sensoriels, de doudous et de livres sur les émotions où Jeanne est libre d’aller lors d’une crise. « Avoir des consignes communes à suivre nous a soulagés. Avec mon conjoint, on est devenus cohérents sur notre modèle éducatif. On se sent plus en confiance dans nos actes, on ne crie plus et on a beaucoup moins de fatigue émotionnelle », confirme Louise qui ne regrette pas d’avoir payé 700 euros pour suivre le programme.

    Caractère scientifique des conseils

    Reste qu’un coach en parentalité n’est soumis à aucune réglementation, et en tant que tel, il n’est pas remboursé. Cela dépend du statut de la personne. Certaines consultations chez les psychologues qui offrent des services de coaching peuvent être en partie prises en charge. Si certains coaches suivent des études en psychologie de l’enfance, d’autres s’autoproclament « experts » en relations parents-enfants.

    Une possible arnaque ? Héloïse Junier, psychologue de l’enfance, docteure en psychologie et autrice de la BD de parentalité Ma vie d’enfant (Dunod Graphic, 2023), met en garde : « Pour un coach en parentalité, avoir un diplôme universitaire n’est pas toujours gage de légitimité et de sérieux. Cependant, c’est plus une question de sensibilité et de culture personnelle. Comment les parents peuvent-ils faire du tri parmi toutes ces personnes qui proposent une pluralité de conseils pour l’enfant ? Certains sont clairement perdus. Il faut avant tout s’intéresser au caractère scientifique des conseils en matière d’éducation. C’est une garantie de connaissances collégiales issues de l’intelligence collective rigoureuse et donc un garde-fou énorme. Certains spécialistes disent en effet s’appuyer sur des données scientifiques alors que ce n’est pas toujours le cas. Dans un premier temps, il faut voir si le/la spécialiste appuie son argumentaire sur des sources ou si ses propos ne se basent que sur son intuition. S’il se base sur des sources, il faut ensuite s’interroger sur la nature de ces sources (quelle étude ? quel auteur, ancien ou actuel, scientifique ou non ? quelle université ?). » Avant de poursuivre : « Il faut aussi que les parents suivent ce qui est en phase avec leurs valeurs humaines et avec ce qu’ils veulent donner à leurs enfants. »

    *Les prénoms ont été modifiés

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  • Parents et jeux vidéo : un jeu de rôle ?

    Parents et jeux vidéo : un jeu de rôle ?

    En 2023, 70 % des Français de plus de 10 ans jouent au moins occasionnellement – au moins une fois par an – aux jeux vidéo, contre 20 % en 1999. 53 % y jouent au moins une fois par semaine. D’après le guide pour une pratique responsable du jeu vidéo, publié par le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs, les plus jeunes sont les plus joueurs : 95 % des enfants de 10 à 17 ans ont une pratique du jeu vidéo et plus d’un sur deux y joue chaque jour. Et il n’y a pas que le nombre de joueurs qui évolue : l’univers du jeu vidéo s’est considérablement élargi au cours des années 2010 avec l’omniprésence du jeu en ligne. Désormais, le jeu est un alibi pour échanger avec ses amis ou regarder d’autres joueurs sur des plateformes comme Twitch ou Discord, surinvesties par les communautés de gamers.

    Mais cette modification des usages amène également son lot de risques. « Les jeux sont devenus des espaces de communication et de socialisation, notamment pour les ados et les préados », souligne Olivier Gérard, responsable du collectif PédaGoJeux, dont la mission est d’informer les parents sur les pratiques et les usages du jeu vidéo. Selon lui, la massification de ces interactions en ligne a, comme dans l’univers numérique en général, « naturellement produit une augmentation des comportements toxiques ».

    Comportements toxiques

    Une étude reprise dans un rapport de la direction interministérielle de la transformation publique pointe ainsi que 74 % des adultes qui jouent à des jeux en ligne auraient été victimes d’une forme de harcèlement. « Les comportements toxiques sont minoritaires mais ils sont malheureusement très visibles », regrette Vanessa Chicout, vice-présidente d’Afrogameuses, une association œuvrant pour plus de mixité et de diversité dans le jeu vidéo. « Ils peuvent prendre la forme d’insultes, de commentaires racistes, sexistes, sur l’orientation sexuelle. Ça a un vrai impact psychologique sur celles et ceux qui les subissent. »

    Ces comportements, observables notamment dans les chat vocaux, pourrissent l’expérience des autres joueurs mais peuvent aussi avoir des conséquences bien plus graves. Vanessa Chicout cite ainsi une collègue streameuse (personne retransmettant en direct ses parties de jeu vidéo, ndlr) qui s’est retrouvée exposée sur des forums nazis après s’être filmée. Bien loin, donc, du plaisir recherché en allumant sa console ou son PC. Comme ailleurs sur Internet – et en particulier sur les réseaux sociaux – le pseudonymat qui entoure l’identité des joueurs provoque chez certains un sentiment d’impunité. Voire attire des personnes mal intentionnées.

    L’avocate et conseillère de la Fédération française de jeux vidéo Maria Berrada parle même de « fléau » : « Dans le cadre des jeux vidéo, le pseudonymat peut permettre à des prédateurs sexuels ou des escrocs de se protéger derrière un avatar pour demander des informations personnelles à des mineurs qui n’ont pas forcément la notion du danger ». Selon l’association Caméléon, le grooming, un terme qui désigne la prise de contact via les réseaux avec un enfant dans le but de le soumettre à des actes sexuels, sévit sur les chat des plateformes de jeux comme Fortnite.

    Parents et jeux vidéo : un jeu de rôle ?

    Jeux compétitifs

    Gare, toutefois, à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. La toxicité de certains joueurs est le produit d’un cocktail de plusieurs ingrédients qu’on ne retrouve pas dans tous les jeux. Dans sa B.D Les jeux vidéo et nos enfants, Cookie Kalkair détaille par le menu les éléments qui augmentent le degré de frustration : la compétition, le hasard et le fait de devoir gérer une économie (comme dans Fortnite, où les déguisements – « skins » – les plus valorisants ne peuvent être débloqués qu’en payant).

    Lui-même grand amateur de jeux vidéo, il observe que « les jeux compétitifs » – c’est-à-dire dont l’objectif est de gagner contre ses adversaires – sont les plus à même de « décupler le stress et la pression » chez les joueurs. La toxicité est ainsi plus grande dans les jeux multi-joueurs et/ou ceux proposant une expérience en « monde ouvert », où le décor et le temps de jeu sont presque infinis. Les MMO RPG (Jeu de rôle en ligne massivement multijoueur) comme World Warcraft, les MOBA (Arène de bataille en ligne multijoueur) comme Fortnite ou les FPS (Jeu de tir à la première personne) comme Counter Strike, sont des types de jeu plus propices aux comportements toxiques. Ces jeux se jouent essentiellement sur ordinateur ou sur console, les jeux sur téléphone portable intègrent moins facilement le chat et sont donc moins directement sujets à ce genre de problème.

    Accompagner son enfant

    Pour les parents qui ne sont pas eux-mêmes joueurs, il n’est pas évident de savoir comment se positionner pour accompagner au mieux son enfant. C’est pourtant souvent par eux, via le portable ou la tablette, que l’enfant entre pour la première fois en contact avec les jeux vidéo. Comme le rappelle Olivier Gérard, les parents ont tendance à moins investir le lien autour du jeu vidéo à mesure que leur enfant grandit, notamment vers la fin du primaire, lorsqu’il acquiert son premier portable ou ordinateur personnel. « C’est pourtant à cet âge qu’on observe une bascule dans les usages avec la pratique des jeux en ligne, plus chronophages, l’attirance pour les jeux plus violents et les micro-transactions en ligne », analyse-t-il.

    Les outils pour accompagner son enfant sont nombreux. « Il n’y a pas de réponse universelle, mais le premier conseil est de s’efforcer de comprendre ce à quoi joue son enfant et, pourquoi pas, de jouer avec lui pour mieux adapter les règles à instaurer », assure Vanessa Chicout, qui rappelle par ailleurs qu’il est possible de jouer en local – c’est-à-dire sans se confronter à des personnes inconnues – et d’activer le contrôle parental. « Sur Xbox, PlayStation, Nintendo, et certaines plateformes, il est possible de créer un compte pour enfant via lequel on peut paramétrer des restrictions d’âge et contrôler le temps de jeu », abonde Cookie Kalkair qui conseille également de couper les communications avec l’extérieur, via le chat ou le clavier, pour les moins de 13 ans.

    Un autre moyen efficace de limiter les risques est de respecter le système de classification par âge PEGI. Les pictogrammes affichés sur les plateformes ou les jaquettes des jeux – correspondant à 5 tranches d’âge entre 3 et 18 ans – donnent une indication du contenu du jeu en fonction de plusieurs critères : degré de violence, utilisation de langage grossier, activité sexuelle, etc. Pourtant, 35 % des parents déclarent ne pas y être attentifs lors de l’achat d’un jeu.

    Des efforts de modération ?

    Du côté des éditeurs, développeurs et hébergeurs de jeu, des efforts sont également à noter. Même si, comme le relève Cookie Kalkair, cela résulte plus « d’une bonne entente » entre acteurs de l’industrie que d’une réglementation en bonne et due forme. La « Fair play alliance » réunit ainsi une coalition des professionnels de l’industrie des jeux vidéo soucieux de partager des bonnes pratiques afin de « débarrasser les jeux du harcèlement, de la discrimination et des abus ».

    « Les éditeurs et les plateformes ont modifié leurs conditions générales d’utilisation pour étoffer la partie sensibilisation sur l’interdiction des propos haineux, assure Maria Berrada. Il y a aujourd’hui une obligation de signalement : tout utilisateur doit pouvoir signaler aisément un contenu inapproprié. » Charge ensuite à l’éditeur de déterminer la sévérité de la sanction à appliquer au joueur problématique : bannissement temporaire, définitive du chat ou du jeu, etc.

    Un joueur confronté à une situation de cyberharcèlement peut également porter plainte. Entre la loi sur la diffamation et l’injure, la loi sur la cyberhaine, celle sur le harcèlement en ligne, et maintenant le Digital Services Act au niveau européen, « la France dispose d’un arsenal juridique qui fait que les éditeurs sont plutôt bons élèves », analyse Maria Berrada. Mais l’avocate nuance : « Entre le moment de la réclamation et celui de la réponse judiciaire, quelques années peuvent s’écouler alors que le mal est déjà fait. Quand un jeune reçoit des insultes tous les jours, il n’attend pas trois ans avant de craquer. »

    Quant à la modération des contenus du chat, Vanessa Chicout regrette qu’elle soit trop souvent à la charge des joueurs, faisant peser sur eux « une charge mentale énorme ». Les derniers progrès de l’intelligence artificielle pourraient-ils pallier au déficit de modération ? Cookie Kalkair voit en tout cas d’un bon œil l’automatisation de la détection des joueurs identifiés comme des tricheurs ou de certains mots clefs dans le chat.

    En novembre, Fortnite a par exemple introduit un outil de « voice reporting » permettant d’effectuer un enregistrement audio les cinq minutes précédant un signalement pour violation des règles de la communauté, facilitant ainsi l’évidence de la preuve.

    Enfant bleu

    Pendant le confinement du printemps 2020, Fortnite a accueilli un avatar nommé Enfant bleu, créé par une association éponyme de lutte contre les maltraitances faites aux enfants. Derrière ce personnage à l’allure d’ange se relayaient des bénévoles, en lien avec des policiers spécialisés dans la détection des violences, dans le but de recueillir la parole d’enfants qui, privés d’école, risquaient d’être enfermés toute la journée avec leur agresseur. En un mois, 1200 joueurs se sont confiés sur les violences intrafamiliales ou le harcèlement scolaire qu’ils subissaient. Ce système d’alerte interne à un jeu vidéo n’a pour l’heure pas été généralisé.