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  • HPI, HPE, TDAH, TSA : ces acronymes liés aux comportements des enfants

    HPI, HPE, TDAH, TSA : ces acronymes liés aux comportements des enfants

    À la maison, votre enfant est un peu turbulent, à l’école, il s’ennuie. Il a peut-être du mal à gérer ses émotions. En cherchant des explications à son comportement, vous avez probablement conclu que votre enfant était atteint par un des troubles de plus en plus démocratisés dans les bouches des nombreux parents. Qu’il s’agisse du trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), du trouble du spectre autistique (TSA), du haut potentiel intellectuel (HPI) ou émotionnel (HPE) : tous ces acronymes peuvent être regroupés au sein des troubles du comportement et plus largement du spectre de la « neuroatypie », c’est-à-dire ceux dont le fonctionnement cognitif diffère.

    Ne pas tout mélanger

    Pourtant, tous ne se valent pas. Selon Nadège Rocher-Labarbe docteure en neurosciences, biologiste du comportement, psychologue de l’enfant et maîtresse de conférence en psychologie à l’Université de Caen-Normandie, il faut veiller à ne pas tous les mettre au même niveau, car « la réalité clinique n’est pas la même ». D’un côté, le TDAH ou le TSA sont scientifiquement valides, évalués avec des traits cliniques. De l’autre, le HPE correspondrait davantage, avertit Nadège Roche-Labarbe « à un besoin de qualifier des problèmes, rassurant puisque cela porte un nom, mais n’est pas lié un trouble du développement. Aucun clinicien ne sera en mesure de poser un diagnostic ». Cependant, l’hypersensibilité émotionnelle sous-entendue chez les HPE figure « généralement dans le TSA ou le TDAH, même s’il ne fait pas encore partie des critères de diagnostic », ajoute Maeva Rolin, psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie et autrice de Diagnostic des troubles du neurodéveloppement chez l’adulte (2021, éditions Mardaga).

    L’HPI, lui, se repère via des tests de quotient intellectuel comme le WISC-5 et n’est pas à mettre au même rang non plus. « Être HPI, c’est un point fort. Ces personnes vont avoir une meilleure réflexion que les autres et n’iront en règle générale pas consulter, observe Nadège Roche-Labarbe. Cela devient embêtant si c’est associé à d’autres troubles, comme les troubles anxieux. » En termes de statistique, seulement 2,3 % des enfants seraient intellectuellement précoces.

    Un diagnostic pas forcément obligatoire

    Dès lors, faut-il forcément passer par la case du diagnostic ? Surtout pour les enfants HPI, le diagnostic est à « double tranchant », observe Nadège Roche-Labarbe. Car le quotient intellectuel « évolue avec l’âge. Une fois adultes, ces enfants pourront ne plus être HPI ». Un constat partagé par Maryse Corbet, psychologue clinicienne à la Maison des adolescents de la Manche qui ajoute qu’il n’est « pas forcément nécessaire de mener des tests de QI très cher, notamment si l’enfant ne rencontre pas de mal-être particulier, car cela peut être enfermant ».

    Vigilance sur l’autodiagnostic

    Chercher à tout prix à poser une étiquette, parfois sans consulter, peut s’avérer néfaste pour le développement de son enfant et « fermer la discussion sur ce qu’il y a derrière un enfant agité ou perturbé », considère Maryse Corbet. Et ce, même si cela peut rassurer les parents. « Ça ne nous viendrait pas à l’idée de faire un autodiagnostic de cancer, compare Maeva Rolin. Le TDAH n’est pas juste un enfant qui passe son temps à grimper aux arbres, ce n’est ni une mode ni un trouble facilement identifiable. »

    Il est également nécessaire de faire la part des choses, surtout dans les cas où l’enfant se pose des questions. « Je vois beaucoup d’adolescents venir consulter, car ils pensent être de troubles autistiques, partage Maryse Corbet. Il y a souvent derrière une recherche d’identité et une souffrance pour d’autres raisons qu’il faut creuser au cours d’une thérapie. »

    TDAH et TSA : diagnostic nécessaire

    Le diagnostic s’avère indispensable dans certains cas, particulièrement pour le TDAH ou le TSA. Il peut apaiser l’enfant et enlever chez lui « un sentiment de culpabilité, de honte, car il a remarqué qu’il n’était pas comme les autres », constate Maryse Corbet. Les parents pourront s’en saisir, être accompagnés, mettre en place un accompagnement médicamenteux, anticiper les défis auxquels ils seront confrontés, améliorer l’environnement de l’enfant, adapter son éducation… Chez l’enfant HPI, le passage des tests de QI est nécessaire dans les cas où « l’enfant est en souffrance », soutient Maryse Corbet.

    Dans tous les cas, Nadège Roche-Labarbe insiste sur le fait de ne pas « se contenter du diagnostic sans avoir fait un état des lieux complet et creuser les raisons du mal-être ». Comprendre : poursuivre l’accompagnement avec un psychothérapeute.

    L’Essentiel de l’article

    • Tous les acronymes et troubles ne se valent pas en termes de réalité clinique, ne sont pas tous soumis à des diagnostics cliniques, mais davantage à des traits du comportement.
    • Il faut rester vigilant sur l’intérêt d’un diagnostic pour son enfant : dans le cas du TDAH ou du TSA, le diagnostic est indispensable au bon développement de l’enfant.
    • Être HPI n’est pas forcément synonyme de souffrance chez un enfant, un approfondissement de son mal-être avec un professionnel de santé doit être fait en amont de potentiels tests.
  • Les enfants font-ils vraiment des caprices ?

    Les enfants font-ils vraiment des caprices ?

    En cette fin de journée qui s’est révélée longue entre le travail ou les transports, Laura n’a pas de temps à perdre et pas franchement envie de s’attarder dans le magasin où elle fait les courses. Mais voilà qu’au beau milieu des rayons, son fils de 5 ans refuse soudainement d’avancer et pique une crise en s’allongeant par terre. « Entre la pression d’avoir un autre impératif à gérer dans dix minutes, celle des gens autour qui te jugent en se disant que je ne sais pas gérer mon enfant ou que je ne l’élève pas bien… Forcément, ce n’est pas facile, admet cette mère de 38 ans, qui a deux garçons. Je sais bien que c’est un tourbillon d’émotions plus qu’un caprice, mais j’ai du mal à mettre des mots sur ce genre de comportement, d’autant qu’ils ne sont pas si rares. Lorsque cela arrive, on s’énerve et on culpabilise en même temps, d’autant plus quand on ressent une petite envie de les “massacrer” ! »

    Une réflexion que tout parent, ou presque, s’est déjà faite : face aux attitudes excessives de son enfant, comment réagir ? Faut-il lâcher ou au contraire se fâcher ? Est-ce que les enfants manipulent leurs parents ?

    Hiérarchiser les besoins, impossible pour un enfant

    « Ils te poussent, ils te poussent, ils te poussent… et j’ai l’impression que c’est une manière de tester notre patience de parents, reprend Laura, qui travaille dans la communication. Personnellement, lorsque mes fistons se mettent en rogne, il m’arrive souvent de les ignorer et de faire comme s’ils n’existaient pas. Quand ils sont calmés, on en discute à tête reposée. Le vrai risque, je pense, c’est de s’énerver et de répliquer d’une manière disproportionnée que nous n’oserions jamais afficher avec un adulte. »

    Sa sœur Maryon, psychiatre qui vient d’accoucher d’un petit Anatole après avoir eu une fille il y a quatre ans, a une perception différente de l’éducation : « Je crois que nos enfants essayent de nous manipuler et font tout pour arriver à leurs fins. Ce qui semble d’ailleurs naturel, puisqu’entre adultes nous le faisons aussi parfois. Par exemple, ma fille me fait des scènes pour regarder un dessin animé. Elle dit que ça lui fera du bien, elle pleure, elle se victimise… Ou bien elle devient sage et parfaite, pour ensuite nous dire qu’elle a mérité de se poser devant La Reine des Neiges. Mais en ce qui concerne le terme “caprice”, j’estime qu’il y a un malentendu entre les adultes et les enfants : regarder Pat’Patrouille constitue un besoin imminent pour l’enfant, car c’est une source de plaisir alors que ce n’est pas nécessaire aux yeux de l’adulte, qui n’arrive pas forcément à comprendre que son enfant ne peut pas hiérarchiser ses besoins. » Quand elle ne cède pas à sa demande, elle voit souvent sa fille fondre en larmes… mais ne change pas d’avis, ou pas souvent. C’est ensuite, lorsque le calme est revenu, qu’elle s’explique elle aussi avec ses enfants.

    L’enfant n’a pas conscience que son besoin n’est pas forcément vital.

    Morgane Cadu, pédopsychiatre

    Peut-on réellement parler de caprice ?

    La pédopsychiatre Morgane Cadu, installée à Toulouse, donne sa position sur le sujet : « Pour un nourrisson, et jusqu’à l’âge de 4 ou 5 ans environ, le moyen d’expression réside globalement dans les pleurs. Dès lors, un bébé va pleurer pour tout et n’importe quoi : quand il a faim, quand il a soif, quand il a un peu chaud… Avant son sixième anniversaire, on considère que l’enfant n’est pas capable de faire la part des choses entre ses besoins et il va les exprimer d’une façon parfois si intense qu’elle peut paraître excessive pour un adulte. Il a très mal, il va hurler. Il veut un bonbon, il va hurler autant. Autrement dit, le cerveau d’un enfant ne peut pas différencier les degrés d’émotion comme sait le faire un adulte. Ainsi, le terme caprice – qui a une connotation péjorative, généralement – n’est pas forcément adapté, puisque l’enfant n’a pas conscience que son besoin n’est pas forcément vital. Au fur et à mesure de l’apprentissage, ses demandes vont s’adapter de plus en plus. »

    Mais est-ce à dire qu’un enfant n’est en réalité pas capable d’élaborer des stratégies qui lui permettent de faire craquer ses parents dans sa quête d’un chocolat ou d’un jeu vidéo ? « Quand l’enfant grandit, et atteint notamment l’âge charnière où il teste inévitablement les limites qu’il ne connaît pas encore, il peut effectivement tendre à devenir “capricieux” lorsqu’il comprend, par exemple, que des hurlements suffisent pour atteindre un objectif », répond la spécialiste.

    Le cadre, secret anti-caprice

    « C’est là que rentre en compte le cadre posé par les parents et les proches qui s’occupent quotidiennement des enfants, poursuit Morgane Cadu. Le cadre sert à transmettre ou acquérir les codes sociaux. » Ce cadre parental ou éducationnel, justement, rassure l’enfant qui a besoin de connaître les limites auxquels il sera confronté toute sa vie. Il en aura besoin pour réussir à s’intégrer dans la société, mais aussi pour fonctionner avec les autres et comprendre la hiérarchie dans le monde professionnel. « Face au caprice, tout repose sur ce cadre, ajoute la pédopsychiatre. C’est lui qui déterminera, en partie bien sûr, comment le futur adulte saura gérer ses émotions… » Et s’il est plus doué qu’un enfant à ce niveau-là !

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    Voir conditions

    L’Essentiel de l’article

    • Avant 4-5 ans, un enfant exprime ses émotions par les pleurs
    • L’enfant ne peut pas comprendre que son besoin n’est pas vital
    • Mettre un cadre apprend à l’enfant à gérer ses émotions
  • Première rentrée en maternelle : pas de panique, tout va bien se passer

    Première rentrée en maternelle : pas de panique, tout va bien se passer

    Cela fait des mois que l’évènement est dans toutes les discussions, avec les copains de la crèche, chez la nounou et en famille. Et le grand jour est enfin arrivé. Pour beaucoup, c’est une grande source d’émotions, voire d’angoisse. D’ailleurs, qui, des parents ou des enfants, sont les plus anxieux à la rentrée ? Pour Juliette Le Moing, professeure des écoles dans une maternelle bordelaise, cela ne fait aucun doute : « Les enfants qui arrivent stressés sont accompagnés par des adultes qui le sont eux-mêmes. »

    Leurs inquiétudes sont, en général, dues aux inconnues qui entourent cette nouvelle vie. « Dans certaines écoles, il y a jusqu’à trente enfants par classe, et des parents craignent qu’on ne s’occupe pas suffisamment des leurs », ajoute l’enseignante. D’autres sont déboussolés par la variété des équipes responsables de leur progéniture qui, en plus de l’enseignant, sera encadrée par des ATSEM (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles), des animateurs, le personnel de la cantine et de la garderie.

    S’informer et se donner du temps

    Pour ne pas angoisser tout l’été, Farid, le papa d’une petite Nour, qui n’a pas d’autres enfants, ni de nièces ou de neveux, s’est renseigné auprès de son entourage. « J’ai interrogé mes voisins et des collègues qui ont des enfants scolarisés pour comprendre un peu comment ça marche », confie-t-il. Oriane, maman de Liam, qui soufflera sa troisième bougie en décembre, a, quant à elle, posé beaucoup de questions à la directrice de l’école le jour de l’inscription.

    Au-delà des appréhensions liées à la nouveauté, Juliette Le Moing pointe la difficulté, pour certaines familles, de faire confiance aux équipes pédagogiques. « Mais il s’agit de professionnels de la petite enfance qui savent trouver les mots pour les rassurer », rappelle-t-elle. Elle suggère de se donner un peu de temps et d’accepter que la séparation puisse être un peu compliquée les premiers matins. C’est d’ailleurs pour cela qu’Oriane a négocié avec son employeur de décaler ses horaires la semaine de la rentrée. « J’arriverai une heure plus tard au boulot et je serai moins pressée et stressée en déposant Liam le matin », se réjouit-elle.

    Bien s’organiser pour faire face à la charge mentale

    Dossiers à remplir, nouveaux horaires, calendriers des sorties, préparation du sac à goûter, inscriptions tous les jours à la cantine et à la garderie : pour certains parents, la gestion du planning et des tâches administratives est une source d’angoisse supplémentaire. « Respecter des horaires précis d’entrée et de sortie peut être compliqué, assure Juliette Le Moing. Or, quand les portes ouvrent à 8 h 20, nous organisons un temps d’accueil pour que l’enfant entre progressivement dans sa matinée de classe. »

    Les équipes mettent en place des stratégies et des outils pour sécuriser les jeunes élèves en les aidant à se repérer dans la journée. « Par exemple, poursuit l’enseignante, nous prenons des photos avec des éléments significatifs pour qu’ils identifient les différents moments de la journée comme les ateliers, la motricité, les récréations, la lecture d’histoires, l’heure du déjeuner, la sieste, la fin de journée et l’heure des parents ou de la garderie. Ensuite, nous déplaçons une flèche ou un petit personnage sur les photos pour qu’ils commencent à construire des repères dans le temps. Ça les rassure d’avoir une maîtrise de ce qu’ils sont en train de vivre et de savoir qu’ils vont retrouver leurs parents. Car parfois l’angoisse vient de là. »

    Les parents doivent aider leurs petits bouts à se projeter dans le temps en leur rappelant, le matin, s’ils iront, ou non, à la cantine et à la garderie, par exemple. Oriane a accroché une liste sur le frigo. Tous les jours, avant de partir, elle passe les différents points en revue avec Liam : « Goûter et gourde ? OK. Cantine ? Non, pas aujourd’hui ».

    « Tous les enfants, qu’ils soient propres ou pas, sont acceptés à l’école »

    Propreté, tétine, doudou, épinards : tous les enfants finissent par y arriver

    L’acquisition de la propreté donne aussi des sueurs froides à certains parents qui se demandent si leur enfant sera scolarisé alors qu’il y a encore des petits accidents. « Tous les enfants, qu’ils soient propres ou pas, sont acceptés à l’école », affirme Mme Le Moing. Mais elle insiste sur l’importance de travailler sur le passage des couches aux culottes en amont de la rentrée. Avec Nour, Farid a procédé par étapes : « On a enlevé les couches dans la journée dès le mois de mars, mais elle en remettait une pour la sieste. Depuis le mois de juin, elle n’en porte que la nuit », se félicite le papa. La maîtresse rappelle aussi que les journées en petites sections sont rythmées par des passages aux toilettes, et que les petits y ont accès sans restriction.

    Par ailleurs, Oriane redoutait que Liam, encore accro à son lapin, en soit brutalement privé dès la rentrée. Ça ne sera pas le cas, les objets transitionnels étant admis. « En général, les doudous et les tétines sont autorisés en petite section, rassure la professeure des écoles. Nous demandons simplement de les poser pour la motricité ou dans la salle d’hygiène. » Enfin, si la cantine n’a pas toujours bonne réputation, Oriane n’a aucune crainte : « Les menus se sont beaucoup améliorés par rapport à mon époque. Et il paraît qu’on ne force plus les enfants. D’ailleurs, ceux de mes amis répètent en boucle qu’ils y mangent mieux qu’à la maison. »

    Vivement la rentrée !

    Pour aller plus loin

    dans le podcast L’école maternelle, une journée dans la peau des enfants, une enseignante en école maternelle nous éclaire sur le déroulement de la journée scolaire que les petits ne sont pas encore en mesure de raconter.

    L’Essentiel de l’article

    • Des parents sereins = des enfants sereins !
    • Les doudous et les tétines sont autorisées en petite section
    • Tous les enfants, qu’ils soient propres ou pas, sont acceptés à l’école
  • Partir avec des ados : 3 conseils pour des vacances réussies

    Partir avec des ados : 3 conseils pour des vacances réussies

    Une mèche, des bagues et un panneau « interdit d’entrer » collé sur la porte de la chambre. Si à première vue le spécimen semble facile à cerner, la réalité est toute autre : loin des clichés, l’adolescent est une créature complexe, qui fait le bonheur tout autant que le désarroi de ses chers parents. Alors, quand sonne l’heure des vacances, le casse-tête est souvent de taille : « Si le quotidien se passe bien, que le lien est de qualité avec les parents, il y a de fortes chances pour que l’ado soit content de partir en famille, analyse Aline Nativel Id Hammou, psychologue clinicienne spécialiste de l’adolescence. D’autres fois, son entrain dépend de la destination, des personnes présentes (y a-t-il des membres de la famille hors du noyau nucléaire, comme les cousins par exemple ?), de la possibilité d’aller en camp de vacances avec ses copains la semaine d’après… Dans d’autres configurations, le contexte familial et la question matérielle ou financière peuvent créer de la frustration, voire de la déception ». Que son ado soit grincheux ou friand d’aventures, comment faire en sorte que les vacances en famille soient un moment apaisé pour tout le monde ? Quelques astuces simples permettent de mettre toutes les chances de son côté.

    Les ados sont très réceptifs au principe du donnant-donnant : je te fais plaisir et, en retour, tu me fais plaisir.

    Aline Nativel Id Hammou, psychologue clinicienne spécialiste de l’adolescence

    Inclure son ado dans les préparatifs

    Sophie et Marc sont les heureux parents de Zach, 15 ans et Roxane, 13 ans. Depuis quelques années, quand vient le printemps, ils ont pris l’habitude d’organiser des réunions de famille pour planifier les vacances : « On s’assoit autour d’une table et on expose nos préférences. Plutôt campagne, mer ou montagne ? Chacun vient avec ses arguments et parfois même ses photos à l’appui. Ensuite on débat, puis on vote pour la meilleure proposition ! En excluant ce qui ne colle pas en termes de budget. » Ces moments de décision collective leur permettent d’inclure les ados à la réflexion. « Ils se sentent écoutés et n’ont pas l’impression de subir les vacances. Le but c’est que tout le monde y trouve son compte ! », résume Sophie. Un très bon réflexe, selon Aline Nativel Id Hammou : « C’est un projet de famille, alors il est bon de faire un point ensemble pour réunir les envies, les centres d’intérêt, les besoins, les désirs de chacun, et trouver des compromis quand c’est nécessaire, sur le choix de la destination, des activités, de la durée du séjour… » Le tout crée un cercle vertueux, appuie l’experte : « Plus on les implique, plus les ados ont envie de participer ! »

    Plus on anticipe l’organisation, plus on évite le conflit.

    Aline Nativel Id Hammou, psychologue clinicienne spécialiste de l’adolescence

    Poser un cadre

    Pour éviter les frustrations sur place, la psychologue recommande également de bien définir le cadre en amont. Cela passe, notamment, par se mettre d’accord sur ce que l’on attend des vacances pour éviter les mauvaises surprises. Car ce qui fait le bonheur des uns ne fait pas forcément celui des autres : « Pour moi, le plus important, c’est de pouvoir me reposer. Mon idéal de vacances, c’est de bouquiner sur la plage, ce que je n’ai jamais le temps de faire le reste de l’année », confie Emmanuelle. Son fils Diego, 13 ans, n’a pas exactement les mêmes envies : « Il aime se dépenser, jouer au badminton, faire de la voile… Parfois tout cela est difficile à concilier, et ça crée des frustrations des deux côtés. » C’est donc là que la cadre intervient : « Plus on anticipe l’organisation, plus on évite le conflit. Si chacun exprime ses attentes en amont et qu’on définit un cadre auquel tout le monde adhère, il n’y a pas de mauvaises surprises », abonde Aline Nativel Id Hammou. Pareil pour les sujets fâcheux, comme l’heure du coucher : « Se mettre d’accord sur les horaires auxquels l’ado peut rentrer le soir, ça permet, une fois sur place, de justifier un refus quand il demande à changer les règles. On peut aussi mettre en place certaines choses comme de l’argent de poche, quand on en a les moyens. Ça permet de l’autonomiser et de le responsabiliser », conseille la psychologue.

    Lâcher prise et créer du lien

    Donner un cadre ne veut cependant pas dire être rigide : « Parfois, le conflit est inévitable. C’est aux adultes de lâcher prise, de se mettre “en mode vacances”. Outre les frictions sur la sécurité ou la mise en danger, on peut se montrer souple sur le reste. Au quotidien, il y a déjà beaucoup de choses que l’on impose aux enfants, en raison du cadre éducatif, des obligations scolaires, de nos exigences professionnelles… Les vacances sont censées relever d’une dynamique de plaisir et de détente », nuance l’experte.

    Sophie et Marc l’ont bien compris : s’ils ne le font pas forcément durant l’année, ils veillent par exemple à laisser leurs ados faire la grasse matinée pendant les congés. Et cela vaut aussi pour les moments de partage. Les vacances permettent de tisser d’autres liens avec son ado, à condition de choisir des activités qui font plaisir à tout le monde. Si son enfant a une peur bleue des sports aquatiques, pourquoi vouloir à tout prix l’initier au rafting ? « Les vacances en famille permettent de se redécouvrir en dehors des exigences du quotidien, de se rapprocher, de parler d’autres sujets… » conclut Aline Nativel Id Hammou. À condition d’y mettre chacun du sien !

    L’Essentiel de l’article

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    Parents, essayez de lâcher prise ! Les vacances ne doivent pas être source de conflit

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  • Pourquoi les moins de 14 ans se sentent-ils seuls ?

    Pourquoi les moins de 14 ans se sentent-ils seuls ?

    Quatorze ans n’est-il pas l’âge de l’insouciance ? Ce n’est plus une évidence pour la génération Alpha (enfants nés entre 2010 et 2025), jeunesse sacrifiée par la crise sanitaire et les confinements successifs qui ont démarré en 2020.

    « Avant l’arrivée du Covid-19, les moins de 14 ans représentaient une petite dizaine d’appels par an. En 2022, on a répondu aux appels de 2 000 préadolescents. Une augmentation de 40 % », alerte Ghislaine Desseigne, présidente de l’association SOS Amitié. Au bout du fil, des jeunes isolés dépassés par l’actualité, de la guerre en Ukraine aux sécheresses, qui confient avoir une peur grandissante de l’avenir. « Ils nous disent qu’ils sont paumés, qu’ils reçoivent trop d’informations. La question du climat revient aussi beaucoup », poursuit Ghislaine Desseigne, qui ne masque pas son inquiétude.

    Sans oublier le fléau du harcèlement scolaire, qui porte son lot de drames de plus en plus médiatisés. Quand ils n’osent pas décrocher le téléphone, les adolescents se reportent sur le chatbot de l’association. Des questions types reviennent assez souvent : « Est-ce que vous êtes un robot ? Est-ce que vous êtes un adulte ? Qu’est-ce qu’on va devenir s’il n’y a plus de saisons ? »

    Construction identitaire et esprit clanique

    En 2020, au plus fort de l’épidémie, les préados d’aujourd’hui avaient 12 ans. Un âge phare dans la construction identitaire, habituellement marqué par un esprit clanique important : « C’est à cet âge-là qu’on se construit par rapport au groupe, où l’on se détache des liens familiaux pour peu à peu investir la sphère amicale », souligne Laurence Corroy, professeure des universités à l’Université de Lorraine, spécialiste de la relation entre les jeunes et les médias. Elle dénonce une période empreinte de discours culpabilisants pour les adolescents, qui a foncièrement isolé les plus jeunes d’entre eux. « Non seulement l’école était fermée, mais ils devaient se tenir à distance de leurs proches les plus fragiles : on a coupé toute une génération de leurs repères sociaux et affectifs », dénonce-t-elle.

    Une hyperconnexion nocive

    Réinvestir des sphères sociales en présentiel, après des mois derrière son écran, est alors particulièrement éprouvant pour les adolescents, qui traînent l’impression de n’être plus adapté aux dynamiques collectives. « Le contexte les a enfermés sur eux-mêmes, ils ont du mal à investir leur sociabilité aujourd’hui », analyse Laurence Corroy.

    L’accession au smartphone avant quatorze ans, provoquant une hyperconnexion nocive qui enferme les jeunes ados dans des bulles d’information, n’aide en rien selon elle. « Les journaux télévisés sont déjà anxiogènes pour les jeunes ados, ça reste une succession de mauvaises nouvelles. Mais au moins, ils sont modérés par les journalistes. Alors, imaginez la réception d’informations sur un smartphone ? » interroge Laurence Corroy. Hyper connectés, les jeunes adolescents parlent souvent du phénomène du « fear of missing out », soit la crainte de rater quelque chose de nouveau.

    Des ados marqués par les réalités sociales du foyer

    Les réalités sociales des adolescents et les difficultés économiques rencontrées par leurs parents sont, elles aussi, des sources d’angoisses. Depuis toujours, Samir Abdelli, éducateur et responsable du service de prévention spécialisée à Dévoluy dans les Hautes Alpes, part à la rencontre de la jeunesse dans les quartiers populaires. Si grandir dans un quartier n’est jamais chose facile, il constate des signaux particulièrement alarmants depuis quelques années. « Beaucoup plus de préadolescents décompensent : ils développent une sorte de phobie scolaire, sans passif particulier. Dans les cas les plus graves, ils fuguent, se scarifient. Ils nous envoient des appels à l’aide », témoigne-t-il.

    Du terrain de sport au snack du quartier, Samir et son équipe essayent alors d’attirer leur attention, dans l’espoir de les sortir de leurs chambres et surtout de leur rumination mentale. « Les défis sont plus importants que jamais », termine Samir.

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    L’Essentiel de l’article

    • Les moins de 14 ans sont de plus en plus nombreux à exprimer des sentiments de mal-être et de solitude
    • Des signaux doivent alerter : perte d’appétit, repli sur soi, tristesse, phobie scolaire entre autres
    • N’hésitez pas à faire appel à un.e psychologue pour aider votre enfant
  • Déménagement : que faire pour que son enfant le vive sereinement ?

    Déménagement : que faire pour que son enfant le vive sereinement ?

    Même si la tendance baisse, plus d’un Français sur cinq a toujours l’intention de déménager prochainement(1). Changer de logement peut toutefois se révéler difficile à appréhender, notamment pour les enfants. « J’ai changé de travail et on a dû déménager, explique Éric, père de trois filles. Elles ont été choquées, elles pensaient qu’elles vivraient toute leur jeunesse ici, qu’elles ne connaîtraient que cette maison. » Le dialogue est essentiel pour faire accepter ce changement.

    Les intégrer au projet

    « En discutant, on voit si des choses ne vont pas et, le cas échéant, on tente de contourner les problèmes, de trouver les arguments pour faire que tout se passe bien », explique Michel, qui a déménagé plusieurs fois avec ses deux filles. Un changement d’école et l’éloignement du cercle amical qu’il implique peuvent par exemple être une source d’inquiétude. « Pour adoucir les craintes, on a toujours veillé à montrer le côté positif du déménagement : une chambre plus grande, plus de choses à proximité, etc. »

    Impliquer ses enfants au maximum dans le déménagement permet de faciliter la transition. « Lorsqu’on faisait des visites, je m’organisais pour qu’ils soient là, qu’ils puissent eux aussi se faire une idée de l’appartement, confie Christine, mère de trois garçons. Sinon, je prenais des photos pour leur dire : “Tu vois, là, ça peut être sympa, on peut faire ceci ou cela.” Ça leur donnait une perspective, ils pouvaient se projeter. » Une manière de les associer au processus et d’en faire des acteurs, plus que des spectateurs.

    Patienter et rassurer

    Une fois la phase d’emménagement amorcée, il faut garder à l’esprit que chacun a besoin d’un temps d’adaptation plus ou moins long. « Les filles étaient un peu perdues parce qu’avant, les chambres étaient côte à côte, témoigne Éric. Là, elles étaient loin de la nôtre. Ça a été un peu compliqué, on a dû acheter une veilleuse à Eva pour la rassurer. » Christine a justement accordé une attention particulière à l’aménagement des chambres de ses fils : « Les chambres ont toujours été une priorité pour qu’ils s’y sentent bien et prennent leurs marques. Le but du jeu, c’est qu’ils soient sereins tout de suite, que le bouleversement soit moins abrupt et qu’ils s’approprient le nouveau lieu. »

    « Ce n’est pas aux parents de tout décider »

    Pour ce faire, Éric et Fanny ont laissé carte blanche à leurs trois filles. « Comme elles grandissaient, pour les faire participer, on allait faire les magasins ensemble, détaille Fanny. Selon nous, les parents ne doivent pas décider de tout. Nos filles ont choisi leur nouveau lit, leur nouveau bureau, la couleur de leur chambre, etc. Même si ça ne nous plaisait pas, c’est leur lieu de vie, il est important de respecter leur choix. On a peint les chambres en vert pomme, en marron et en rose. Je les guidais, mais elles choisissaient au bout du compte. »

    Une façon de faciliter la projection dans le nouveau logement, et d’ouvrir ce nouveau chapitre un peu plus sereinement.

    LOCATAIRE OU PROPRIÉTAIRE, L’IMPORTANT EST DE SE SENTIR BIEN CHEZ SOI

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    L’Essentiel de l’article

    • Un déménagement est un chamboulement de repères, il faut faire preuve de patience
    • Montrer les points positifs de ce changement peut aider à rassurer
    • En choisissant les couleurs ou la place des meubles dans sa chambre, l’enfant s’approprie l’espace

     

    (1) Baromètre de L’Officiel du déménagement 2022

  • Séparation couple : comment s’entendre dans l’intérêt des enfants ?

    Séparation couple : comment s’entendre dans l’intérêt des enfants ?

    Si l’on en croit les chiffres de l’Insee, le taux de divorce en France se situe depuis l’an 2000 aux alentours de 50%. Autrement dit environ un couple marié sur deux devrait être amené à divorcer. La situation n’a donc rien d’inédite. Il n’empêche que pour un enfant, la séparation de ses parents peut provoquer un véritable séisme.

    À ce titre, selon une publication de la psychologue clinicienne américaine JoAnne Pedro-Caroll, les trois facteurs qui affectent le plus le bien-être des enfants, pendant et après la séparation ou le divorce de leurs parents, sont les suivants : le degré et la durée des hostilités entre les parents, la qualité des pratiques parentales et la qualité de la relation parent-enfant. Trois facteurs qui peuvent être contrôlés par les parents à condition de trouver les ressources nécessaires pour y parvenir.

    Médiation familiale : apaiser les conflits

    Après une première vie de cadre dirigeante et d’entrepreneuse, Isabelle Jordan est devenue médiateur familial diplômé d’état. Elle reçoit quotidiennement dans son cabinet des couples qui se séparent dans des conditions houleuses pour leur proposer sa méthode : « La médiation familiale c’est une méthode pour désactiver les conflits qui travaille sur leurs deux causes principales : les erreurs d’interprétations et la sensation d’impuissance. L’objectif est d’éclairer ce qui a causé les erreurs d’interprétation et de permettre à chacun de se responsabiliser en donnant un champ d’action. Les conflits seront toujours là, mais ils seront moins inflammables ».

    En déminant les principaux motifs de désaccord, la médiation familiale peut ainsi aider à apaiser et équilibrer les situations parentales. Il est même parfois utile d’y avoir recours en amont de la séparation pour la préparer, déblayer le terrain et permettre à chacun de reprendre sa part de responsabilité.

    Séparation : l’enfant n’est pas un intermédiaire

    L’un des dangers principaux en cas de séparation conflictuelle est d’impliquer les enfants dans le conflit. C’est une règle d’or, l’enfant ne doit en aucun cas être partie prenante. Des études le démontrent, les enfants ne vont pas forcément moins bien si leurs parents se séparent : « En revanche ils vont moins bien si leurs parents sont dans des conflits épouvantables et encore moins bien si on leur dit « ton père est un menteur ou ta mère est méchante ». Les qualificatifs et les jugements sur l’autre sont à proscrire » juge Isabelle Jordan.

    Selon la médiatrice familiale, le besoin premier des enfants, qu’ils soient très jeunes ou adolescents est la sécurité. Un besoin qui passe notamment par le soutien et l’attention des deux parents. Attention donc à ne pas se battre pour le temps de garde et à faire de l’enfant, l’enjeu d’un règlement de compte qui ne le concerne pas : « En médiation j’entends souvent des gens qui font de la comptabilité, sur le nombre de jours où ils ont l’enfant. On a une compétition sur les termes de la garde alternée. Or mieux vaut moins de temps, mais du temps de qualité qui permet de consacrer plus d’attention à l’enfant » conclut Isabelle Jordan.

    Thérapie Familiale VS Médiation Familiale

    Lors d’une séparation conflictuelle, thérapie familiale et médiation familiale présentent chacune des intérêts, mais ce sont deux démarches finalement assez différentes. La médiation familiale est une démarche d’origine canadienne qui vise à résoudre les conflits. Elle implique un travail en présence des différentes parties qui se focalisent sur le présent et recherchent des solutions concrètes . En somme, cela n’est pas de la psychanalyse. La thérapie familiale va naviguer entre le passé, le présent et le futur, chercher à comprendre les origines, interroger les causalités du conflit. Le thérapeute aide à décortiquer les systèmes de relation afin de provoquer un changement pour adoucir les difficultés.

    Enfin, pour assurer le bien-être de l’enfant lors d’une séparation conflictuelle, un suivi psychologique peut également lui être proposé afin de lui offrir un espace d’expression neutre qui n’implique aucun de ses deux parents.

     Vous êtes sociétaire Macif ? Bénéficiez d’un accompagnement en cas de séparation.

    Séparation couple : comment s’entendre dans l’intérêt des enfants ?

    L’Essentiel de l’article

    • Ne jamais dénigrer l’autre parent devant l’enfant
    • La médiation familiale peut aider à désactiver les conflits
    • Le bien-être de l’enfant doit toujours primer
  • L’importance de la communication non verbale avec son enfant

    L’importance de la communication non verbale avec son enfant

    Récurrence et essais : l’observation est la clé

    C’est une évidence, mais il faut bien sûr être attentif à tous les signes que peut communiquer le nourrisson, et ce dès les premiers mois. « À une période, on disait qu’il fallait laisser pleurer le bébé , explique Isabelle Iserable, psychomotricienne à Marseille. Mais non : il faut être à l’écoute de cet être qui manifeste des émotions, pour que l’enfant soit rassuré et qu’il ressente la sécurité interne essentielle à son développement. » Au fil du temps, et en fonction des réponses apportées par les parents, le bébé va développer des récurrences spécifiques, qu’il faudra décoder, comme l’ont observé Guillaume et Stéphanie sur leur bébé de 14 mois : « Quand il commence à avoir faim, il a un pleur qui est différent des autres. Même si d’autres fois, on ne sait pas pourquoi il crie, ou pourquoi il fait tel geste, alors on essaye différentes choses. Bref, on apprend sur le tas ! »

    L’importance de l’imitation

    Pour aider le bébé à comprendre et communiquer ses propres émotions, il est essentiel d’établir très tôt une communication. Parents d’un garçon de 4 ans, Pierre et Mylène, musiciens professionnels à Toulouse, se souviennent avoir appliqué très tôt cette méthode. « On lui a toujours parlé comme à un “adulte”, un être conscient, mais en marquant bien plus les émotions dans nos intonations, pour l’encouragement ou pour le reproche. » Le champ visuel du bébé étant encore très limité, il ne faut pas hésiter à se placer très près de lui. Le couple poursuit : « On s’amuse à faire des grimaces et il est toujours amusant de le voir les reproduire. Ça l’aide à prendre conscience de son visage, de son corps, de ses capacités d’expression. » Côté expert, la psychomotricienne précise : « Il faut aussi éviter de charger la pièce de jeu, notamment en enlevant les écrans. » Limiter le nombre de jouets et « mettre en scène » des émotions précises (à travers des histoires, marionnettes, imagiers…) sont aussi de bons moyens de développer sa façon de communiquer.

    « Le conseil qu’on donne le plus souvent aux parents, c’est de marquer, surjouer les émotions »

    Isabelle Iserable, pédopsychiatre

    Une question de tonus

    Pleurs, sourire, gestes, regards… Les indices sont nombreux. Mais la communication passe aussi par des signes très subtils. Les psychomotriciens parlent ainsi de « dialogue tonique », selon un terme forgé en 1930 par le psychologue Henri Wallon, pour souligner la façon dont les émotions entre parents et enfant sont directement échangées.

    En résumé, le bébé communique un certain tonus (une tension, ou au contraire une satisfaction), mais, comme détaille Isabelle Iserable : « Le bébé va également instinctivement se caler sur notre tonicité. Donc il est important que le parent soit dans une attitude de détente quand il prend l’enfant dans ses bras. » Les coussins dits d’allaitement ou de maternité peuvent ainsi servir à rassurer un jeune parent qui aurait peur de mal tenir son bébé – et donc de calmer ce dernier.

    Les psychomotriciens peuvent également former au portage à l’écharpe, dont la proximité (plus encore que le porte-bébé) « rassure l’enfant et favorise la conscience de son corps ». Même si, bien sûr, un parfait contrôle de ses émotions reste impossible, comme a pu le constater Mylène : « Je me souviens quand je préparais un concours de musique, pendant deux mois mon fils dormait très mal, il sentait que j’étais tendue. Dès le lendemain du concours, il a de nouveau dormi comme un charme. » Guillaume et Stéphanie ont vécu la même expérience lors des préparatifs d’un déménagement compliqué.

    Le recours au langage signé

    Par ailleurs, de plus en plus de parents s’initient, dès les 6 mois, à la technique des signes pour bébé – basée sur une simplification de la langue des signes. Une manière d’exprimer des besoins précis : « besoin d’aide », « encore », « manger », etc. Attention de ne pas y voir une solution miracle, et de l’utiliser en complément de la parole. Mais pour la psychomotricienne Isabelle Iserable, son développement est une bonne chose : « ça permet d’éviter des frustrations, qui peuvent donner des enfants colériques. Et des études tendent à montrer que cela facilite l’acquisition de la parole », en ancrant le langage dans des besoins corporels. Pierre et Mylène s’y sont essayés, tout comme Guillaume et Stéphanie, à l’aide d’un livre et de vidéos YouTube : « Il commence même à nous répondre. » Bref, pas besoin d’attendre pour communiquer avec son bébé : cela se fait dès les premières semaines.

    Qui a dit que le rôle de parent était un jeu d’enfant ?

    Avec des conseils de professionnels, des évènements dédiés, des solutions adaptées, la Macif souhaite apporter aux futurs et jeunes parents un soutien de confiance.

    L’Essentiel de l’article

    • Observez votre bébé, il vous envoie de nombreux signes
    • Le bébé cale son énergies et ses émotions sur celles de ses parents
    • Il existe de nombreux moyens de communiquer avec votre bébé, trouvez le vôtre !
  • Comment favoriser le lien d’attachement avec son enfant ?

    Comment favoriser le lien d’attachement avec son enfant ?

    Les conclusions du rapport des 1 000 premiers jours de l’enfant, présidé par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik et remis au ministère des Solidarités et de la Santé en septembre 2020 sont formelles : pour son bon développement psychique et affectif, un bébé a besoin d’un lien d’attachement sécurisant avec au moins un adulte. Plus tard, cet attachement sera crucial pour le développement de ses capacités à s’exprimer, à voir, sentir, toucher, mais aussi sa confiance en lui et sa capacité à nouer des relations stables et de qualité. Ce n’est pourtant pas chose évidente. D’après un récent rapport de l’association caritative londonienne Sutton Trust, environ 40 % des enfants manqueraient d’un attachement fort avec leurs parents. Mais alors, quelle est la recette magique ?

    Attachement naturel ou à travailler ?

    Oubliez les méthodes élaborées, l’attachement d’un enfant à ses parents se tisse très naturellement dès ses premiers instants de vie. « Le regard fonde rapidement quelque chose de très intense, bien avant la mise au sein », assure Marie-Claude Bossière, pédopsychiatre à la Maison des femmes de Saint-Denis, rappelant bien que l’allaitement n’est pas un indispensable à l’attachement pour autant. Créer un lien d’attachement se fait donc plutôt naturellement, dès lors que le parent répond de façon adaptée, affectueuse et régulière aux signaux que lui envoie son enfant. « Je prends mon bébé dans mes bras quand il pleure, je prête attention à ce qu’il me montre, je lui donne à manger quand il a faim, sans oublier de lui rendre son sourire à chaque fois qu’il nous sourit », raconte Jeanne, 32 ans, auxiliaire de puériculture et mère de trois enfants.

    Jeux, communication, massage

    À mesure que l’enfant grandit, les marques physiques d’affection ne sont plus les seuls moyens de nouer un lien fort avec lui. « Raconter une histoire, faire un puzzle, chanter une comptine ou simplement dessiner avec lui sur la même feuille peut aider à renforcer ce lien », complète Marie-Claude Bossière. Le tout, selon elle, étant de partager une activité, favorisant la communication verbale ou non verbale. « Idéalement, le jeu est choisi par l’enfant et mieux encore, le parent peut inviter son enfant à lui expliquer les règles, c’est une interaction qui lui donnera confiance » poursuit-elle.

    Réciproquement, le lien d’attachement avec son enfant a aussi des bienfaits pour le ou les parents, qui prennent confiance en leur capacité à assumer leur rôle parental. « Lorsque j’ai appris à masser mon bébé lors d’un atelier organisé entre mamans, j’ai senti qu’il comprenait que je lui voulais du bien », explique Jeanne.

    Écouter son enfant

    Vous voulez serrer votre enfant dans vos bras et il s’enfuit ? Éviter vos bras est devenu son petit jeu favori ? Pas de panique. Loin d’être universelle, la nature de l’attachement est singulière à chaque individu. Si le refus d’un bébé envers les marques d’affection physique est relativement rare selon Marie Claude Bossière, il arrive qu’en grandissant, l’enfant exprime un besoin de s’affirmer, rejetant temporairement cet affect. C’est si grave que ça docteur ? Il semblerait que ce soit plutôt sain, au contraire. « Le développement d’un enfant est toujours marqué d’étapes d’opposition qui peuvent commencer dès l’âge d’un an, lorsqu’un enfant apprend à marcher par exemple » rassure Marie-Claude Bossière.

    À ses yeux, il est important que le parent puisse accepter ces manifestations d’opposition et comprendre qu’elles ne sont pas dirigées contre lui, tout en continuant à lui assurer l’attention qu’il lui porte (jouer avec lui, lui sourire, lui demander comment sa journée à l’école s’est passée). « En s’opposant, l’enfant apprend juste à affirmer son tempérament et sa personnalité devant ses parents », complète Jeanne.

    L’Essentiel de l’article

    • L’attachement est essentiel dans le développement de l’enfant
    • Le lien se crée de diverses façons, propres à chaque enfant
    • Faites-vous confiance et restez à l’écoute de votre enfant

     

    Qui a dit que le rôle de parent était un jeu d’enfant ?

    Avec des conseils de professionnels, des évènements dédiés, des solutions adaptées, la Macif souhaite apporter aux futurs et jeunes parents un soutien de confiance.

  • Muguet et plantes toxiques au printemps : attention au risque d’ingestion !

    Muguet et plantes toxiques au printemps : attention au risque d’ingestion !

    1 Prévenir la consommation de plantes toxiques

    Avant de vous lancer dans l’achat d’une plante, prenez conseil auprès d’un professionnel en jardinerie pour connaître les plantes qui sont risquées pour vos enfants ou vos animaux domestiques. Cela vous permettra de faire des choix raisonnés !

    Autre mesure : les jeunes enfants ont tendance à mettre à la bouche tout ce qui leur tombe sous la main ! Alors, à l’intérieur de la maison comme dans votre jardin, veillez à ne pas avoir de plantes toxiques qui seraient dangereuses pour eux. Pensez, de manière générale, à mettre hors de leur portée les plantes d’intérieur en les surélevant sur un meuble, par exemple. En extérieur, gardez un œil sur vos enfants et apprenez-leur, quitte à leur répéter, à ne pas goûter ni même toucher les plantes. La répétition a des vertus pédagogiques !

     

    Muguet et plantes toxiques au printemps : attention au risque d’ingestion !

    Muguet et plantes toxiques au printemps : attention au risque d’ingestion !

    Le saviez-vous ?

    La confusion de plantes provoque des cas d’intoxications graves.

    Chaque année, on recense environ 250 cas d’intoxications aux plantes d’après l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Et en seulement six ans (entre 2012 et 2018), 1 872 cas de confusion entre des plantes toxiques et comestibles ont été recensés(1).

    2 Repérer les signes d’intoxication aux plantes

    Que ce soient ses baies, ses feuilles ou ses tiges, certaines plantes contiennent des substances toxiques dont l’ingestion en grande quantité nécessite une prise en charge en hôpital(2). Une intoxication aux plantes provoque généralement des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements et des diarrhées. Certaines plantes, comme le vératre (confondu avec la gentiane) ou la belladone (confondue avec le raisin), causent des symptômes plus graves : troubles cardiaques ou neurologiques. Si rien n’est fait, l’intoxication peut mener au décès.

     

    Muguet et plantes toxiques au printemps : attention au risque d’ingestion !

     

    Des plantes toxiques pour votre animal

    • Le muguet : il provoque des irritations pour le tube digestif, des troubles nerveux et cardiaques, des vomissements et diarrhées.

      Le lys : il peut provoquer des lésions du rein chez le chat après ingestion de fleurs, de feuilles ou de pollen.

      Le laurier-rose : il provoque des troubles digestifs, nerveux et cardiaques, des vomissements, des convulsions et des douleurs abdominales chez les animaux.

      Le rhododendron : il provoque des salivations, des troubles digestifs, des convulsions, de la toux et des troubles de la démarche*.

    3 Que faire en cas d’intoxication ?

    En cas de contact cutané : retirez les vêtements touchés et lavez la peau avec du savon et de l’eau tiède pendant 15 minutes.

    En cas de contact oculaire : rincez l’œil avec de l’eau tiède pendant 15 minutes.

    En cas d’ingestion : retirez soigneusement le reste de la plante de la bouche de votre enfant ou de votre animal, puis donnez-lui un peu d’eau à boire.

    Quelle que soit l’intoxication par plante, contactez le centre antipoison de votre ville afin de connaître les mesures à prendre. Vous pouvez aussi consulter directement votre médecin traitant ou contacter votre vétérinaire en indiquant le nom de la plante en cause. En cas d’urgence vitale (coma ou détresse respiratoire), appelez immédiatement le 15.

     

    Muguet et plantes toxiques au printemps : attention au risque d’ingestion !

     

    Étiquettes et photos

    Conservez toutes les étiquettes des plantes achetées en jardinerie. Ainsi, en cas d’ingestion, vous saurez communiquer le nom de la plante aux professionnels de santé. Et si vous partez à la cueillette, pensez à prendre en photo les plantes récoltées de sorte à pouvoir les montrer aux professionnels de santé en cas d’intoxication !

    L’Essentiel de l’article

    • Tenez les plantes toxiques hors de portée des enfants et des animaux domestiques.
    • Douleurs abdominales, nausées, vomissements et diarrhées sont les principaux symptômes d’une intoxication aux plantes.
    • En cas d’intoxication, appelez le 15 ou un centre antipoison.

    (1) Agence nationale de sécurité sanitaire (ANES)
    (2) Centre antipoison belge, Muguet (Convallara majalis)
    * Centre Antipoison Animal et Environnemental de l’Ouest, Plantes toxiques