Dans de nombreuses villes, la question du stationnement devient épineuse : saturées, les places prévues dans l’espace public ne suffisent plus à satisfaire les besoins. Ce manque de places génère un trafic « parasite » de 5 à 10 % (1) qui participe à la congestion du trafic. Cette congestion représente 20 à 35 % du temps supplémentaire passé en voiture (1). Ce qui est mauvais pour l’environnement puisque plus on passe de temps en voiture, plus on pollue !
En parallèle, les parkings privés (résidentiels, d’entreprise ou en concession) ont tous des places vides à certaines heures de la journée et de la nuit. L’idée du parking mutualisé ? Rendre ces places privées accessibles au public, à des conditions tarifaires préférentielles.
Dans les nouveaux quartiers en développement, le parking mutualisé est anticipé dès la construction. Le nombre de places est inférieur au nombre de résidents, visiteurs ou travailleurs attendus sur les lieux, mais est calculé au plus juste pour être suffisant : le jour, les parkings sont occupés par les salariés des entreprises et les utilisateurs des services et commerces locaux. Le soir, leurs voitures sont remplacées par celles des résidents, tout simplement. À la clé, un gain de place, des économies de construction et d’exploitation, et une réduction du trafic lié à la recherche d’une place de stationnement.
de l’espace public urbain parisien est dédié à l’automobile (trafic + places de stationnement). (2)
2 Comment utiliser les parkings mutualisés
Si vous n’habitez ou ne travaillez pas dans un quartier mettant en œuvre le stationnement mutualisé de façon systématique, vous pouvez tout de même en bénéficier via des applications mobiles. Celles-ci gèrent la mutualisation de ces places de stationnement proposées par les gestionnaires de parkings, et permettent un accès simple et sécurisé.
Après inscription sur l’application de votre choix, vous pouvez réserver une place de parking sur le lieu et à l’heure qui vous intéresse. Vous accédez au parking de façon simple grâce à votre smartphone : le parcours réservé aux espaces mutualisé est fléché et clairement identifié. À noter que le stationnement mutualisé peut s’utiliser à l’heure, à la journée mais aussi au mois, avec des tarifs souvent – mais pas toujours – inférieurs au prix d’une location standard.
Le saviez-vous ?
Le groupe Macif fait partie du Movin on Lab, laboratoire sur la mobilité du futur.
142 900
places de stationnement publiques (sur la voirie) sont disponibles à Paris, pour 650 000 places (en sous-sol et chez les particuliers). (2)
L’Essentiel de l’article
Le parking mutualisé est un système de partage ou de mise à disposition du public de places de stationnement privées.
L’utilisateur y accède via des applis mobiles qui permettent de réserver une place à l’heure, à la journée ou au mois.
Les tarifs pratiqués sont souvent inférieurs au prix d’un stationnement privé.
Comme pour les fruits et les légumes, il existe des saisons pour le poisson. Par exemple, l’anchois est à privilégier entre août et novembre, le hareng d’octobre à décembre, le bar d’avril à août. Consommer des poissons adultes, qui ont eu le temps de se reproduire, c’est gage de qualité et c’est participer au repeuplement des océans. Demandez conseil à votre poissonnier. Des associations de protection de la nature publient aussi des tableaux de saisonnalité. En plus de diversifier son assiette et de faire de belles découvertes gustatives, le fait de varier sa consommation des produits de la mer permet d’atténuer la pression exercée sur certaines espèces. WWF (World Wide Fund) a mis en ligne un conso-guide pour aider les consommateurs de poisson à diversifier leurs assiettes.
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2 Préservez les espèces menacées
Il est par ailleurs important de ne pas acheter de poissons en voie de disparition. Le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature a publié une liste rouge des espèces menacées dans l’Hexagone (2). Ainsi, les requins et les raies de France métropolitaine le sont par une pêche non durable. Le bar sauvage, la lotte ou encore le cabillaud, toujours très présents dans les rayons surgelés des supermarchés, sur les étals de poissonniers et largement servis dans les restaurants, sont pourtant des espèces en voie d’extinction. Quant à la situation des poissons d’eau douce : plus d’une espèce sur cinq est menacée. Parmi les poissons d’eau douce à éviter se trouvent par exemple le saumon de l’Atlantique, l’anguille, l’esturgeon ou le brochet.
À l’échelle européenne, en moyenne, 20 kg de poisson sont consommés par personne chaque année, soit près du double d’il y a cinquante ans (3). Selon WWF, la surpêche videra les océans d’ici 2050. Dans son rapport de 2017 (4), l’ONG décrypte les conditions à réunir pour mettre en place une offre durable de poisson, comme limiter sa consommation en revenant à environ 12 kg par an et par tête. Ce chiffre correspond approximativement à la quantité moyenne actuellement recommandée par l’OMS et par un grand nombre de pays.
3 Privilégiez des produits labellisés
Artysanal®, l’écolabel français Pêche Durable, MSC (Marine Stewardship Council), etc. Différents écolabels garantissent un impact faible de la production ou de la composition d’un produit de la mer sur l’environnement. Dans le domaine des produits de la mer, on distingue les écolabels destinés aux poissons sauvages et ceux destinés aux poissons d’élevage. Ainsi, vous pourrez reconnaître ces labels grâce à leur logos.
Les écolabels pour les produits de la mer issus de la pêche
Les écolabels pour les produits de la mer issus de l’aquaculture
8 consommateurs sur 10
« reconnaissent que la sauvegarde des océans passe par une consommation de produits de la mer durables ».*
4 Poisson d’élevage ou poisson sauvage ?
S’il convient d’alterner les deux, il est préférable d’opter pour des poissons qui proviennent d’une source responsable, à savoir de la pêche ou de l’aquaculture durable labellisée. Dans la mesure du possible, privilégiez les espèces issues d’élevages respectueux de l’environnement qui sont certifiés bios : au moins, les farines sont certifiées et les végétaux garantis sans OGM et sans produits chimiques. Un poisson sauvage ne peut être certifié bio car il n’est pas possible de contrôler ce qu’il a mangé ni la qualité de l’eau dans laquelle il a vécu. Vérifiez donc qu’il porte bien la mention d’un écolabel responsable (MSC, Artysanal®, Pêche Durable).
5 Consommez local
Privilégiez le poisson local, débarqué de ports français ou bien issu de l’aquaculture française, dont le transport et la conservation ont nécessité moins de dépenses d’énergie et un impact environnemental faible. Arrivé plus rapidement, il sera aussi plus frais. Cela permet également de soutenir la filière de la pêche artisanale, d’identifier l’origine et la traçabilité du poisson. Il convient de consulter sur l’étiquette la région de provenance, ou de demander à son poissonnier. Le label « Pavillon France » assure que le poisson a été pêché dans l’Hexagone.
La Macif s’engage en faveur de la protection des océans !
Rendez-vous au Muséum national d’histoire naturelle du 3 avril 2019 au 5 janvier 2020 pour découvrir l’exposition « Océan, une plongée insolite », dont la Macif est le mécène exclusif.
L’Essentiel de l’article
Privilégiez des produits de la mer labellisés.
Consommez de saison pour préserver les ressources et la reproduction.
Protégez les espèces marines en voie de disparition.
Commencez par bannir les objets en plastique à usage unique ! Gobelets, assiettes, couverts… Il est recommandé d’acheter des produits réutilisables et robustes. En métal, en bois, en bambou… C’est plus écolo, mais également tellement plus chic que ceux en plastique ! En terrasse, dans votre jardin, à l’apéro : sirotez sans paille ! L’Union européenne a d’ailleurs voté l’interdiction de dix produits en plastique à usage unique, dont les pailles et les gobelets en polystyrène d’ici à 2021 (2).
Le saviez-vous ?
Une étude a révélé qu’en 1998 un sac plastique a été retrouvé à 11 kilomètres sous la surface de la mer dans la fosse des Mariannes, connue pour être la plus profonde du monde (3).
2 Privilégiez les sacs réutilisables
Pour vos courses ou pour transporter vos affaires, privilégiez des emballages recyclables ou réutilisables. Des solutions alternatives au sac plastique existent ! On pense au filet ou au tote bag, ce sac en toile souple très tendance, porté à l’épaule. Mais il faut s’assurer qu’il serve réellement plusieurs fois pour avoir un impact positif. Évitez donc d’en avoir toute une collection à l’effigie de tous les événements auxquels vous avez participé. Et pourquoi ne pas investir dans un chariot de courses ? Il en existe maintenant de très originaux. Pratique et costaud, il permet aux citadins de faire leurs courses sans voiture et d’éviter de s’embarrasser de plusieurs sacs à provisions.
3 Préférez acheter en vrac
Haricots, féculents, légumineuses, fruits secs, farine… Acheter vos produits en vrac ! Ce mode de distribution consiste à proposer en libre-service des produits qui ne sont pas préemballés. Cela permet d’acheter la juste quantité en fonction de ses besoins et sans emballages jetables. Pensez à venir avec vos anciens bocaux de conserve ou de confiture pour les remplir. Bonne nouvelle, la liste des produits que l’on peut acheter en vrac ne se limite plus aux aliments secs. Elle s’est étendue aux produits d’entretien, condiments, biscuits, céréales… Vous trouverez bon nombre de ces produits dans des magasins bios ou spécialisés, mais aussi (avec un choix plus limité) en grandes surfaces.
Pour enrayer le fléau du plastique, le tri ne suffit pas. Il faut réduire les déchets d’emballage à la source. Privilégiez un savon avec un emballage papier plutôt qu’un gel douche dans un contenant plastique, ou encore des recharges de produit (savon, lessive, détergents, etc.) à verser dans un flacon distributeur. Crème hydratante, shampoing, liquide vaisselle, produit pour le linge… Biodégradables rapidement, nombreux sont disponibles en grands conditionnements ou en vrac.
de tonnes de plastiques sont produits chaque année dans le monde. Entre 8 et 12 millions finissent dans les océans (4).
5 Zappez l’eau en bouteille
En 2016, 480 milliards de bouteilles en plastique ont été vendues dans le monde entier, selon l’ONU (5). Cela représente une part considérable des déchets ménagers. Vous voulez bannir les bouteilles d’eau en plastique, mais avez peur de vous servir une eau non pure, non minérale au robinet ? Pas de panique, il existe des solutions : l’installation d’un filtre sur la robinetterie, l’achat d’une carafe filtrante, de bouteilles en verre ou encore l’utilisation d’un charbon actif végétal purifiant et minéralisant à glisser dans sa carafe en verre. Et n’oubliez pas, la qualité de l’eau du robinet est très contrôlée en France.
L’Essentiel de l’article
Les plastiques polluent la nature, mettent en danger la vie sauvage(1) et les systèmes naturels, entrent dans la nourriture consommée et l’air respiré.
Il existe des alternatives simples pour éviter de consommer du plastique au quotidien.
Près de 34,2 kg de produits de pêche et d’aquaculture : c’est ce que consomme chaque Français par an, alors que la moyenne mondiale est de 20,2 kg (1). La France est l’un des deux plus grands marchés européens de produits aquatiques, avec l’Espagne. Une consommation en hausse depuis le début des années 1960, rythmée notamment par le calendrier des fêtes. Le thon ou le saumon sont largement plébiscités pour leur apport en oméga-3 protégeant des maladies cardio-vasculaires.
Ainsi, de nombreux poissons séduisent, mais sont surconsommés. Malgré l’évolution de la réglementation qui a permis d’améliorer la situation de certaines espèces, il reste que pour d’autres, elle devient critique. En cause : la surpêche menée par des chalutiers industriels. Un dispositif dangereux pour la pérennité de la ressource, car il capture massivement de jeunes poissons, qui ne se sont pas encore reproduits. « Dans le monde, près d’un tiers des stocks de poissons commerciaux est à présent pêché à des niveaux biologiquement non viables », rapporte la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) dans son dernier rapport (1).
Des espèces marines en voie de disparition
Avec l’amélioration des techniques et la pêche excessive, l’homme a bouleversé la biodiversité marine et la structure des habitats. Et malgré des alertes répétées, la pêche industrielle continue d’assécher les océans. Faute de changement, les pires scénarii prévoient une disparition de certaines espèces à l’horizon 2035. Or une pêche ne peut être durable que si des mesures sérieuses, comme les quotas, sont appliquées pour préserver les ressources de poisson et donc la biodiversité marine. D’après la FAO (l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), la plupart des stocks de poissons continueront de faire l’objet d’une pêche maximale dans les limites de la durabilité, voire d’une surpêche, pendant au moins les dix prochaines années. L’aquaculture pourrait alors combler l’écart grandissant entre l’offre et la demande croissante.
90,9 millions
de tonnes de poissons ont été pêchées en 2016. (2)
2 « La mer n’est pas un marché en libre-service »
Pour Gaël Orieux, chef étoilé français, les restaurateurs et les poissonniers ont un rôle à jouer auprès du consommateur. Le chef du restaurant Auguste à Paris assume le sien au quotidien en sensibilisant sa clientèle à une consommation écoresponsable.
« Ni la mer ni la terre ne sont un marché en libre-service », rappelle-t-il.
L’ardent défenseur des milieux sous-marins a adopté une démarche écologique pour faire évoluer les habitudes de consommation.
« Il s’agit de ne pas mettre de pression toujours sur la même espèce : par exemple, je ne cuisine pas de bar tous les jours, indique-t-il. J’essaie de me diversifier. Il y a encore dix ans, sur les cartes des restaurants, il y avait toujours la sole, le saumon, le cabillaud, le turbot, le bar. Dans une certaine mesure, c’est nous, restaurateurs, qui sommes en faute parce que l’on a trop mis la pression sur certaines espèces en achetant toujours les mêmes. On a un rôle d’éducateur : souvent les gens achètent les poissons qu’ils ont consommés au restaurant. Comme on servait du cabillaud et du saumon, les clients allaient ensuite acheter ces produits chez leur poissonnier. Maintenant que l’on propose diverses espèces, cela leur permet de découvrir d’autres poissons. »
Le consommateur doit être curieux, poser des questions à son poissonnier, diversifier ses achats pour ne pas mettre de pression sur certaines espèces.
3 Deux ou trois poissons à la carte
Cela implique pour les restaurateurs d’être beaucoup plus flexibles.
« Sur ma carte, je n’ai que deux ou trois poissons. Et en fonction des saisons, je rajoute des poissons en suggestion. Cela suffit pour les clients. Aujourd’hui, ils préfèrent quand on est sur une pêche du jour. Sur ma carte, il peut y avoir à la fois du merlan, du chinchard, de la cardine, des poissons méconnus, mais aussi du saumon, du turbot, etc. », poursuit Gaël Orieux.
Autre geste pour la mer : le chef ne cuisine qu’en fonction de la saison et de l’abondance.
« Je ne boycotte rien. Le principal pour moi, c’est de savoir d’où provient le poisson, qu’il a été pêché à la bonne taille et dans une zone abondante.»
4 Une des solutions face à la surpêche : consommer de saison !
Les ONG de protection de la nature publient des listes des espèces menacées ou celles à consommer avec modération. À chaque saison, le programme européen M. Goodfish(3) publie sur son site une liste de poissons et de fruits de mer à privilégier en s’appuyant sur l’état de la ressource, la taille, le statut de l’espèce, les saisons de recommandation situées en dehors du ou des pics de reproduction.
« Quand j’ai ouvert mon restaurant en 2005, on commençait à entendre dire qu’il y avait moins d’anchois, moins de thon. On nous disait toujours ce qu’il manquait, ce qu’il ne fallait pas cuisiner, mais jamais ce qu’il y avait d’abondant. Aussi, je me suis intéressé à la démarche inverse en considérant la pêche comme de la cueillette », explique Gaël Orieux.
Depuis, le chef est l’un des parrains du projet M. Goodfish.
« Il permet notamment de connaître sur une période de trois mois, la cartographie des espèces les plus abondantes sur les côtes italiennes, françaises et espagnoles. Cela nous permet de mieux cibler nos achats, selon les espèces et la taille, sur une zone donnée. Les informations sont régulièrement mises à jour, notamment avec les changements climatiques et les saisons qui arrivent un peu en avance ou en retard. »
Par ailleurs, l’étiquetage des poissons permet de guider l’achat éclairé.
Il y a des saisons de pêche : par exemple, le homard, considéré comme un produit festif, ne doit pas être consommé sur les périodes de novembre, décembre, mais quand la météo se réchauffe.
L’Essentiel de l’article
Les Français sont de gros consommateurs de poissons.
Pour éviter l’extinction de certaines espèces : diversifiez vos achats et mangez de saison.
Des écolabels vous permettent de consommer responsable.
(1) FAO, « La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture », 2016. (2) FAO, « La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture », 2018. (3) Mr. Goodfish a été initié par trois aquariums parmi les plus importants d’Europe : Acquario di Genova en Italie, Aquarium Finisterrae en Espagne et Nausicaá Centre national de la mer en France. Ces trois établissements font partie d’une association internationale – le Réseau Océan Mondial – constitué de 250 organisations de types associations éducatives, aquariums, centres de science, musées d’Histoire naturelle, zoos, ONG, etc., et ce dans plus de 60 pays.
1 La biodiversité marine, un enjeu vital pour l’homme
La biodiversité marine n’est pas qu’un joyau qu’il faut préserver pour le plaisir des yeux et des touristes. D’abord, l’alimentation d’une partie importante de l’humanité dépend de la pêche, rendant vitale la préservation des stocks de poissons. Mais c’est aussi tout un secteur économique qui repose sur la préservation des espèces marines.
Pourtant, la faune et la flore marines connaissent un déclin largement constaté partout dans le monde. En cause ? L’activité humaine, que ce soit la surpêche, les émissions de gaz à effet de serre qui entraînent le réchauffement climatique, la pollution des océans, la destruction des habitats côtiers, l’introduction d’espèces invasives, etc. Il est donc urgent d’agir !
« La pression ne diminuant pas, la fin des pêches telles que pratiquées aujourd’hui pourrait avoir lieu d’ici 2048 si l’on ne change pas nos habitudes(1), déplore Jérémie Cogrel, assistant de recherche à Surfrider Foundation Europe. Les récifs coralliens, qui abritent 25 % de la biodiversité marine (2), sont également menacés de disparition, ce qui met en danger tout l’écosystème qui en dépend. » L’ONU estime qu’au niveau actuel de pollution plastique des océans, il y aura plus de plastiques que de poissons dans les mers du globe à l’horizon 2050, et que la quasi-totalité des oiseaux marins auront ingéré des déchets plastiques (3).
Si aujourd’hui toute la population mondiale vivait comme un Français moyen, nous aurions besoin de trois planètes pour servir tout le monde !
Autre enjeu clé que l’on ignore souvent, la biodiversité marine est un agent actif fondamental de la lutte contre le changement climatique. « Certains habitats côtiers comme les mangroves sont de réels pièges à gaz à effet de serre comme le CO2 », explique Jérémie Cogrel. Enfin, la biodiversité marine est aussi utile pour le maintien de la bonne qualité de l’eau et la régénération des écosystèmes après des catastrophes naturelles ou industrielles. L’intérêt de protéger les espèces marines et côtières est donc un enjeu environnemental global qui dépasse la seule sphère maritime.
8 millions
de tonnes de plastiques sont rejetées dans les océans du monde entier chaque année.*
À savoir**
À l’échelle globale, le réchauffement des océans conduira à des modifications profondes de la distribution des espèces marines :
dans les zones tropicales, une perte de diversité due aux eaux devenues trop chaudes ;
dans les régions tempérées, une augmentation de la biodiversité liée à la migration de certaines espèces tropicales ;
pour les zones polaires, une disparition des espèces et écosystèmes dépendants de la glace, et arrivée des espèces des zones subpolaires.
2 Agir à son échelle pour protéger les écosystèmes marins et côtiers
À l’échelle individuelle, quels gestes peut-on mettre en place pour protéger la biodiversité marine ? Pour Jérémie Cogrel, la mobilisation de tous est primordiale, et les gestes à adopter sont légion ! À commencer par ne pas jeter ses déchets sur la plage. Un simple mégot suffit à polluer 500 litres d’eau de mer et met jusqu’à 5 ans à se dégrader dans l’environnement (4) ! Chez soi, tous les écogestes bénéficient aussi aux océans : trier ses déchets, utiliser des produits d’entretien sans danger pour l’environnement, et bien sûr, limiter l’utilisation du plastique. Car une écrasante majorité des déchets plastiques trouvés en mer proviennent des terres : 10 % sont des détritus abandonnés sur les littoraux et 80 % viennent de l’intérieur des terres (déchets jetés le long des routes et des rivières, en décharge sauvage, etc.).(5) Poussés par les vents et la pluie, tous finissent en mer.
Il existe aujourd’hui de nombreuses alternatives aux plastiques jetables, responsable d’une part importante de la pollution des océans : carafes et gourdes pour remplacer les bouteilles plastiques, pailles en bambou ou en inox, brosse à dents en bambou compostable, sacs en coton (bio de préférence), cosmétiques et produits d’entretien à faire soi-même, aliments en vrac qui évitent les emballages…
« On peut aussi penser, en vacances, à utiliser des crèmes solaires non impactantes pour l’environnement marin, notamment pour les coraux, ajoute Jérémie Cogrel. Ou tout simplement consommer moins de produits de la mer et de viande, car les élevages sont souvent nourris avec des farines de poissons. Et quand on en consomme, prendre des produits issus de la pêche durable. Nous conseillons aussi de choisir des produits bios aussi souvent que possible, car les pesticides de l’agriculture classique finissent en partie dans les océans et nuisent à la biodiversité. »
Pour ceux qui pratiquent un sport nautique, le respect scrupuleux des réglementations des espaces protégés et des écogestes de base est évidemment nécessaire. Si vous utilisez en plus un matériel écoresponsable, la nature vous dira merci… Pour Jérémie Cogrel, l’action directe reste bien sûr un levier de choix pour faire bouger les choses : « Devenir bénévole dans une association de protection de l’environnement est une excellente option pour sensibiliser un maximum de personnes aux problématiques actuelles. Il faut agir pour faire changer les mentalités ! »
L’association Surfrider au cœur de la protection des biodiversités marines
Créée en 1990 par un groupe de surfeurs et soutenue par la fondation d’entreprise du groupe Macif, Surfrider Foundation Europe a pour mission la protection et la mise en valeur des milieux aquatiques. Elle regroupe 13 000 adhérents dans neuf pays et travaille sur trois grandes thématiques : les déchets aquatiques, la qualité des eaux, la santé des usagers et l’aménagement du littoral en lien avec le changement climatique.
L’Essentiel de l’article
L’état des stocks de poissons montre que la biodiversité marine décline.
La surpêche, la pollution et le réchauffement climatique sont principalement en cause.
Éliminer les plastiques et limiter sa consommation de produits de la mer aide à préserver la biodiversité marine.
Insecticides, fongicides, herbicides, parasiticides… Les résidus de pesticides de synthèse présents dans les aliments constituent une véritable préoccupation pour 93 % des Français (1) qui s’inquiètent de leurs effets sur la santé. Et pour cause, aussi infimes soient-elles, ces traces ne seraient pas inoffensives. Alors que de nombreux pesticides sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens (2), l’Inra a récemment rappelé leur responsabilité, à fortes doses, dans la survenue d’irritation cutanée, de dérèglement du système nerveux central mais aussi de la maladie de Parkinson ou de cancers (3).
Problème, ces substances sont omniprésentes dans l’alimentation. Plus de 3 fruits sur 4 (72,6 %) et 4 légumes sur 10 (41,1 %) issus de l’agriculture non-biologique présentent ainsi des doses de pesticides supérieures à 0,01 milligramme par kilogramme (4). Les chasser de son assiette nécessite donc d’adapter ses habitudes de consommation.
des Français consomment des aliments bio. C’est deux fois plus qu’il y a 20 ans. (1)
1 L’agriculture biologique, est-elle le meilleur rempart contre les pesticides ?
Se tourner vers le bio* apparaît comme le moyen le plus simple et le plus efficace d’éliminer les pesticides de son alimentation. D’autant que, contrairement aux idées reçues, ces produits ne sont pas exclusivement réservés à une clientèle aisée, comme le confirme Angélique Piteau, chargée de communication et de plaidoyer du réseau Cocagne.
« Nos 105 jardins produisent des légumes biologiques qui sont ensuite distribués sous forme de paniers hebdomadaires à nos adhérents-consommateurs. Notre objectif est de rendre l’alimentation durable accessible à tous et de prouver que, même avec un petit budget, il est possible de consommer des fruits et légumes bio », indique-t-elle. Et de préciser que les Jardins de Cocagne sont tous certifiés « Agriculture Biologique », un label qui atteste du non-recours à des pesticides de synthèse au cours de la production.
Le Réseau Cocagne est une structure d’insertion sociale et professionnelle composée de 105 jardins disséminés dans toute la France. Chaque semaine, des assortiments de fruits et légumes bio, frais et de saison sont vendus à des adhérents-consommateurs et/ou à des commerçants en circuit court.
2 « Les pesticides se concentrent dans la peau des fruits et légumes »
Dans le cas d’aliments non bio, l’élimination totale des pesticides s’avère plus compliquée, si ce n’est impossible. Un simple rinçage à l’eau ne suffit pas puisque ces substances pénètrent plus ou moins profondément dans les fruits et légumes. Mieux vaut donc les faire tremper plusieurs minutes dans une eau additionnée de bicarbonate de soude.
Une autre solution consiste à les éplucher avant de les consommer, « car les pesticides se concentrent surtout dans la peau des fruits et légumes. En ne l’ingérant pas, les risques sont certes réduits mais on perd en apport nutritionnel, une grande partie des fibres et vitamines de ces aliments se trouvant dans leur peau », prévient Angélique Piteau. « De même, s’agissant des céréales, les pesticides se retrouvent surtout dans les graines et enveloppes. Il est donc préférable de les consommer raffinées. »
Le saviez-vous ?
Près de 9 Français sur 10 (89 %) souhaitent être informés de la présence ou non de pesticides dans les produits alimentaires. (1)
3 Une sensibilité aux pesticides très disparate
Acheter des produits de saison et/ou privilégier les circuits courts permet également de limiter la charge toxique de son assiette. En effet, la réglementation française sur l’utilisation des pesticides étant plus stricte que de nombreux pays exportateurs, les produits de saison cultivés en France devraient en présenter une quantité moindre.
Enfin, sachez que les fruits et légumes ne sont pas tous égaux face à cette exposition.
« Les raisins par exemple, sont très sensibles aux parasites et donc très traités. Les résidus y sont donc nombreux. L’arboriculture est également connue pour avoir énormément recours aux pesticides car les parasites y sont très résistants. Mais paradoxalement, ces parasites ont développé leur résistance à la suite de l’utilisation massive de ces substances. Aujourd’hui, nous voyons donc les limites des solutions chimiques. La meilleure alternative désormais semble être de revenir au bio », estime Angélique Piteau.
En attendant le tout bio, il est recommandé d’opter pour les fruits et légumes les moins exposés (maïs, asperges, betteraves, patates douces, oignons, potirons, avocat, kiwi, banane ou ananas) et d’éviter les raisins, cerises, framboises et groseilles non issus de l’agriculture biologique (4).
Viandes, poissons, laitages
La consommation de produits d’origine animale peut exposer aux pesticides de synthèse si les espèces concernées (bétail, volaille, poissons, etc.) consomment elles-mêmes des plantes ou céréales saturées en pesticides. En effet, des traces résiduelles de ces substances seront alors présentes dans les graisses animales, le foie, les reins ou le lait. Toutefois, selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments, la majorité des aliments d’origine animale (84,4 %) (5) sont exempts de résidus de pesticides de synthèse quantifiables.
Quoi qu’il en soit, pour limiter les risques, mieux vaut opter pour de la viande, du poisson et des laitages certifiés AB ou Bio. Ces labels de la Communauté européenne certifient que les animaux ont reçu une alimentation issue de l’agriculture biologique, saine et variée. En cas de maladie, ils doivent être soignés au moyen de thérapies naturelles et, par ailleurs, pouvoir bénéficier d’espace suffisamment vaste pour évoluer en liberté.
L’Essentiel de l’article
72,6 % des fruits et 41,1 % des légumes non-bio présentent des doses de pesticides quantifiables (4).
Les raisins, cerises, framboises et groseilles font partie des fruits les plus sensibles aux pesticides.
Privilégier des aliments biologiques est le meilleur moyen de chasser les pesticides de son alimentation.
* Le ministère de l’Agriculture définit l’agriculture biologique (ou le bio) comme un mode de production trouvant son originalité dans le recours à des pratiques culturales et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels ; et excluant l’usage des produits chimiques de synthèse et des OGM, entre autres.
Un pesticide est un produit issu de l’industrie chimique, utilisé en agriculture pour éliminer les organismes considérés comme nuisibles et ainsi améliorer le rendement des cultures. Cela comprend les herbicides contre les « mauvaises herbes », les insecticides, les fongicides (contre les champignons), les parasiticides, mais aussi des substances contre les limaces et escargots (molluscicides), les rongeurs (rodenticides), les taupes (taupicides), etc. Les pesticides regroupent également les produits phytosanitaires comme les défoliants, les répulsifs, les fumigants et les agents antifouling (utilisés pour éviter la prolifération végétale sur les surfaces immergées comme les coques de bateaux). Ils se présentent généralement en poudre ou en granulés à disperser, ou sous forme liquide à pulvériser à la main, par tracteur et même par avion.
En France, les pesticides les plus utilisés sont les herbicides (41 % des ventes, dont le fameux et très controversé glyphosate), les fongicides (36 % des ventes) et les insecticides (11 %)(1).
2 A-t-on vraiment besoin des pesticides ?
Les pesticides ont un rôle certain à jouer dans le rendement des cultures. Par exemple, sans glyphosate, qui est un herbicide parmi les plus efficaces existants, les récoltes de blé et d’orge seraient trop chargées en mauvaises herbes pour être réduites directement en farine. D’une manière générale, les monocultures, qui constituent une part importante du paysage agricole français (7 cultures occupent 90 % des terres : blé tendre et dur, orge, maïs, colza, tournesol et prairies temporaires(2)), fragilisent les plantes(3). Celles-ci ne bénéficient pas des effets naturellement protecteurs d’un écosystème riche et varié. Dans ces conditions, difficile de se passer des pesticides si l’on veut viabiliser les exploitations.
L’enjeu n’est donc pas forcément d’interdire purement et simplement les pesticides, mais plutôt de trouver comment les utiliser de façon raisonnée, ou mieux encore, de trouver des alternatives écologiques. Le développement de l’agroforesterie/écologie et de la permaculture est ainsi une piste de plus en plus mise en avant, tout comme l’utilisation de produits d’origine naturelle en lieu et place des produits issus de l’industrie chimique.
Des ventes de pesticides en constante augmentation
En 2016, le volume de produits phytopharmaceutiques vendus en France s’élevait à 73 000 tonnes(4). Le rapport de 2018 de la mission d’information commune sur les produits phytosanitaires montre en effet une hausse de la vente des pesticides de 12 % entre 2014 et 2016. Entre 2015 et 2016, si les ventes d’herbicides ont baissé de 10 %, celles de fongicides ont augmenté de 17 %(1) ! Parmi les causes avancées, la résistance aux végétaux et de certains animaux dits « nuisibles » aux pesticides, qui oblige à recourir à des doses de plus en plus fortes, mais aussi le réchauffement climatique qui augmente le risque de maladies(8). Dans son plan Écophyto 2+ pour la sortie des pesticides, le gouvernement fixe pourtant une baisse de l’utilisation des pesticides de 25 % à horizon 2020.
Les régions les plus concernées
Seulement 11 départements totalisent un tiers des ventes de pesticides, la Gironde arrivant en tête avec 3 000 tonnes, suivie de la Marne et la Somme(4). Les exploitations viticoles étant grandes consommatrices de pesticides, c’est sans surprise que les grandes régions productrices comme la Champagne, le Val de Loire ou le Bordelais comptent parmi les plus touchées. Les zones de maraîchage intensif comme la Loire-Atlantique ou les plaines céréalières et betteravières des Hauts-de-France sont également très concernées.
Vignes et vins, champions des pesticides ?
Une étude menée en 2008 par Actions Network Europe et la MDRGF (Mouvement pour le droit et le respect des générations futures) avait pointé le recours massif aux pesticides dans la viticulture qui concentrait à elle seule 20 % de l’utilisation de pesticides en France, alors qu’elle ne représentait que 3 % de la surface agricole. Avec, pour conséquence, 100 % des vins issus de la viticulture conventionnelle (non bio) contaminés par des résidus jusqu’à 5 800 fois plus élevés que dans l’eau potable. Dix ans plus tard, rien ou presque n’a changé. Si la surface viticole a légèrement augmenté (3,7 % des terres agricoles françaises), elle draine toujours un cinquième des pesticides. Une bonne nouvelle, pourtant : la viticulture bio est en forte progression, passant de 22 000 hectares certifiés en 2007 à plus de 70 000 en 2016.
9%
du vignoble européen est cultivé en bio.*
4 Produits phytosanitaires et santé, quels risques ?
L’utilisation massive de pesticides, longtemps passée sous silence, est aujourd’hui au cœur de problématiques de santé publiques bien réelles. Largement présents dans l’air au moment de leur pulvérisation, ils sont respirés directement par les riverains des sites d’épandages, mais pas seulement. Une étude Airparif de 2016 a ainsi montré que pas moins de 36 pesticides étaient détectables dans l’air de la zone urbaine parisienne, contre 38 dans les zones agricoles d’Île-de-France(5). Les produits phytosanitaires infiltrent ensuite les eaux de surface et souterraines par ruissellement, contaminant l’eau potable où ils sont présents à l’état de traces. Entre 2007 et 2015, 573 captages d’eau potable ont été interdits à cause de taux de nitrates et/ou de pesticides présentant un risque pour la santé, dont près d’un tiers (31 %) lié au seul dépassement des seuils de pesticides(4).
Autre sujet d’inquiétude, les pesticides se retrouvent jusque dans l’alimentation, notamment les fruits et légumes et les vins, et dans une moindre mesure les produits animaux. En France, 6,4 % des aliments testés en 2016 dépassaient les seuils autorisés(6). Plus grave, « l’effet cocktail » obtenu en consommant des aliments affichant chacun un taux de résidus conforme peut suffire à atteindre des seuils présentant un danger pour la santé. De plus en plus d’études sont menées pour étudier l’impact de ces substances omniprésentes sur l’apparition de maladies graves, notamment les cancers et les troubles neurodégénératifs comme la maladie de Parkinson. Avec des résultats très largement convergents pointant une corrélation positive entre la présence de pesticides dans l’air, l’eau ou les aliments consommés, et la fréquence de ces maladies dans les populations.
Le rapport parlementaire de 2018 met ainsi en avant les risques les plus fréquemment identifiés :
Un facteur de risque accru pour le cancer de la prostate (notamment liés au chlordécone aux Antilles) et des cancers du sang et du système lymphatique (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples) en cas d’exposition professionnelle à des pesticides. Une étude menée de 2005 à 2007 a également montré une occurrence augmentée du mélanome (cancer de la peau) chez les agriculteurs(7).
Un facteur de risque pour le développement des enfants exposés en période prénatale, périnatale ou au cours de la petite enfance.
Une étude de Santé publique France pointe une augmentation sensible de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs, en particuliers les viticulteurs (+10 % par rapport à la population générale)(8). Elle a également révélé qu’environ 1 800 nouveaux cas par an se sont déclarés chez les exploitants agricoles âgés de 55 ans et plus, ce qui correspond à une incidence de 13 % plus élevée que chez les personnes affiliées aux autres régimes d’assurance maladie.
Le professeur Robert Barouki, médecin, biochimiste et toxicologue de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) confirme dans ce même rapport qu’il y a « 80 % de certitude qu’il existe un lien de causalité entre certains cancers et l’exposition aux produits phytopharmaceutiques pour les professionnels ».
5 L’impact des pesticides sur l’environnement
Mais les effets néfastes des pesticides ne se limitent malheureusement pas à la santé. Ils impactent l’ensemble des écosystèmes dans lesquels ils sont dispersés : animaux, végétation, vie souterraine, qualité des sols… Une étude allemande publiée en 2017 montre un déclin de 76 à 82 % des insectes volants en Europe(9) sur les 27 dernières années, une catastrophe pour la survie de toutes les espèces reliées dans la chaîne alimentaire, en particulier les oiseaux, batraciens, poissons et petits mammifères (chauves-souris, mulots…). Le rapport parlementaire de 2018 sur l’utilisation des pesticides pointe ainsi que « 37 % des populations d’abeilles, sauvages et domestiques et 31 % des papillons sont déjà en déclin, et 9 % menacées de disparaître ». Un impact qui se fait bien sûr aussi sentir sur la pollinisation des végétaux dont 80 % des cultures en dépendent(10), mettant en danger l’alimentation humaine.
Les oiseaux, eux, sont triplement impactés : par la disparition des stocks d’insectes et la contamination des espèces survivantes, mais aussi par la raréfaction des graines issues des plantes sauvages systématiquement éliminées par les modes de production de l’agriculture intensive. Un étau qui a conduit à une réduction de 30 % des populations d’oiseaux des champs en 15 ans, l’hécatombe s’élevant à 75 % chez quinze oiseaux nicheurs métropolitains inscrits sur la liste rouge des espèces menacées(11). Un désherbage massif qui accélère également l’érosion des sols(12).
Enfin, parmi les impacts certes moins spectaculaires mais dont les effets pourraient se révéler tout aussi problématiques, le rapport parlementaire met en avant que « l’impact sur la faune du sol, comme les vers de terre et les collemboles […] peut à son tour avoir des conséquences pour la santé des sols et des systèmes aquatiques, la structure des sols, leur perméabilité et le cycle des éléments nutritifs plus généralement (10) ».
6 Les pistes de sortie des pesticides
Les interdictions et régulations
Des pesticides très connus comme le DDT (antimoustiques) et le Gaucho (insecticide) ont été interdits en France respectivement en 1973 ou 2009 du fait de leur toxicité dans le cas d’une exposition trop importante de la population à ces pesticides. Une bonne chose qui n’efface malheureusement pas des années d’utilisation intensive, le DDT pouvant rester dans les sols pendant plus de 20 ans(12). Les néonicotinoïdes, dont les effets néfastes sur les populations d’abeilles ont été démontrés(13), sont eux interdits depuis le 1er septembre 2018, tout comme le métam-sodium, également interdit après avoir intoxiqué 70 personnes dans l’ouest de la France à l’automne 2018. En revanche, le glyphosate, largement décrié, a vu son autorisation d’utilisation au sein de l’Union européenne prolongée jusqu’au 15 décembre 2022.
Utilisation raisonnée des pesticides
Les projections des Nations unies estiment que la population mondiale devrait croître jusqu’à 9,7 milliards d’ici 2050, soit une hausse de 30 % par rapport à 2017, principalement dans les pays en développement. Pour assurer les ressources alimentaires nécessaires, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) prévoit que les rendements agricoles devront s’accroître de 80 % et la surface cultivée de 20 %. Dans cette logique, les pesticides peuvent continuer à jouer un rôle, à condition d’en encadrer l’utilisation pour limiter leurs effets délétères. La FAO a publié à ce titre un guide de bonnes pratiques pour la gestion et l’utilisation des pesticides à l’usage de toutes les parties prenantes de la filière. Et rappelle à bon escient qu’il est également possible, quand les conditions le permettent, de produire sans y avoir recours.
Croissance du bio et de l’agroécologie
Si la réglementation reste un outil de choix pour sortir du « tout-pesticide », un changement radical des pratiques agricoles et des modes de consommation semblent également indispensables. Le succès grandissant du bio est à ce titre une réelle avancée en France et un peu partout en Europe, où 12 millions d’hectares étaient cultivés en bio ou en conversion en 2016, soit 6,7 % des surfaces agricoles (+20 % en quatre ans)(14).
D’autres pratiques, comme l’agroécologie ou l’agroforesterie sont aussi en pleine croissance. Ces systèmes de culture s’appuient sur les interactions bénéfiques entre les espèces animale et végétale, et sur le maintien d’un équilibre optimal des écosystèmes pour obtenir des cultures plus résistantes aux maladies et aux parasites. Par exemple, replanter les haies pour protéger les cultures des intempéries mais aussi attirer les insectes pollinisateurs, planter des arbres pour stabiliser les sols, entretenir les pâtures en y remettant des ruminants, etc. À la clé, une agriculture plus variée, dont les différentes composantes s’autorégulent pour limiter, voire éliminer totalement la nécessité des traitements chimiques.
Recommandations et actions publiques
Après l’échec du plan Écophyto lancé en 2009, les pouvoirs publics ont lancé en 2018 un second plan, Écophyto 2+, visant à réduire drastiquement l’utilisation des pesticides en France tout en maintenant une agriculture performante. Écophyto 2+ repose sur 5 leviers d’action :
allouer une majorité des 71 millions d’euros de crédits annuels au soutien de projets de recherche appliquée, de transfert de l’innovation et au déploiement de collectifs d’agriculteurs ;
1 Privilégiez les produits cosmétiques éco-responsables
« Si la réglementation cosmétique est exigeante sur le plan sanitaire, elle autorise toutefois des substances transformées ou d’origine pétrochimique sur lesquels on n’a pas de recul, met en garde Anne Lafourcade. Avec l’objectif de favoriser une chimie verte, les labels bio et éco-responsables sont venus compléter cette réglementation qui avait ses failles. »
Ecocert, Cosmebio, Nature et Progrès, Natrue… Il existe une myriade de labels éco-responsables. Chacun possédant ses propres critères. Heureusement les cinq principaux labels européens (BDIH-Allemagne, Cosmebio-France, ECOCERT Greenlife SAS-France, ICEA Italie et Soil Association-Grande Bretagne) se sont regroupés sous une même appellation baptisée Cosmos (Cosmetic Organic Standard). Tous ont en commun de privilégier des ingrédients naturels ou végétaux issus de l’agriculture biologique.
« Toutefois, la présence d’un label ne garantit pas un produit 100 % bio ou 100 % naturel, mentionne Anne Lafourcade. De nombreux produits cosmétiques sont composés en majorité d’eau. Or ce n’est pas un produit issu de l’agriculture. L’intérêt d’acheter un produit labellisé bio est de limiter toutes les substances allergènes, irritantes ou controversées comme les conservateurs ou les parabènes. En cosmétique conventionnelle, c’est à peu près 80 molécules conservatrices autorisées, alors qu’en bio, elles sont seulement quatre ou cinq. »
Comme pour l’alimentation, la certification Nature et Progrès est la plus exigeante puisqu’elle interdit tout ingrédient de synthèse et n’autorise que des ingrédients 100 % issus de l’agriculture biologique.
Un produit cosmétique bio contient parfois une forte proportion d’huiles essentielles. Si elles sont naturelles et pleines de vertus, elles peuvent être aussi allergènes pour certaines personnes.
2 Optez pour des produits cosmétiques éco-solidaires
De plus en plus de marques de cosmétiques ne se contentent plus seulement d’être bio : elles sont aussi éco-solidaires. La certification Nature et Progrès dispose d’un volet social et solidaire inscrit à son cahier des charges : échanges équitables, financement social et éthique, activités à taille humaine, circuits courts ou encore maîtrise de la mécanisation. Précurseur dans le secteur des cosmétiques écologiques et biologiques, le groupe Ecocert s’intéresse lui depuis 2005 au commerce équitable avec la création d’un programme de certification Fair For Life. Autre acteur dans le paysage du commerce équitable : Biopartenaire qui labellise des marques en cosmétiques.
3 Regardez la composition sur l’étiquette
Scrutez la liste des composants sur l’étiquette. Plus celle-ci est courte, mieux c’est !
Seul problème, les ingrédients de synthèse souvent issus de la pétrochimie, portent parfois des noms un peu obscurs. Des applications peuvent vous aider à trouver des produits cosmétiques plus sains. Avec Yuka par exemple, il suffit de scanner le code-barres pour savoir si le produit que vous comptez acheter est recommandable ou pas.
Les ingrédients sur l’étiquette sont listés suivant leur importance dans la composition du produit cosmétique. Le premier cité est celui qui est présent en plus grande quantité, et le dernier en moindre quantité.
4 Adoptez la slow cosmétique
Pour en finir avec les substances pétrochimiques, les conservateurs ou les perturbateurs endocriniens, il existe la slow cosmétique. Initié par Julien Kaibeck, ce mouvement invite à ne consommer que des produits dont la formule est propre et le marketing raisonnable, catégorie dans laquelle rentre le maquillage bio. À la manière du Guide Michelin qui attribue des étoiles aux restaurants qu’il juge les meilleurs, l’association Slow Cosmétique remet chaque année une mention aux marques de cosmétiques qui privilégient les ingrédients naturels et biologiques et des procédés écologiques. Chaque marque est récompensée d’une, deux ou trois étoiles en fonction de son adéquation avec la charte. Ce mouvement milite aussi pour une cosmétique plus sensée.
« La solution est peut-être de revenir à des basiques utilisés depuis des générations comme l’huile d’amande douce ou le savon de Marseille. Les huiles comestibles comme l’huile d’olive ou de coco s’avèrent être aussi des démaquillants ou des émollients très efficaces », constate Anne Lafourcade.
Pour celles et ceux qui seraient tentés par réaliser leur cosmétique maison, « privilégiez les recettes les plus simples avec pas ou peu d’huiles essentielles qui peuvent provoquer des allergies et si possible sans eau pour éviter les problèmes de conservation », recommande toutefois Anne Lafourcade.
Bon à savoir
Depuis 2013, une réglementation européenne interdit les tests sur les animaux pour les produits cosmétiques. Cependant, la plupart des composants comme les parfums, conservateurs, solvants, filtres solaires également utilisés en pharmacie ou dans l’agro-alimentaire, peuvent avoir été testés sur des animaux dans un cadre juridique différent de celui des cosmétiques.*
L’Essentiel de l’article
Déchiffrez les étiquettes des produits cosmétiques grâce aux applications.
Des produits cosmétiques sont aujourd’hui labellisés éco-solidaires. Les labels bio visent à garantir la qualité naturelle et/ou végétale d’un ou plusieurs ingrédients d’un produit cosmétique.
L’isolation d’une maison, qu’elle soit autonome ou pas, est fondamentale. Lors de la construction, cette étape est cruciale. L’isolation vous permet d’éviter l’humidité, le froid, le chaud et les factures d’énergie qui peuvent grimper à grande vitesse !
Pour une maison plus respectueuse de l’environnement et bien isolée afin d’être autonome en énergie, votre maison peut être imaginée avec des matériaux isolants biosourcés.
On distingue parmi les isolants naturels :
les fibres végétales, animales et minérales : laine de roche, de verre, de bois, lin, chanvre, et mouton ;
les matériaux renouvelables : liège, papier recyclé ;
les isolants minéraux : perlite et verre cellulaire.
Ces isolants naturels permettent une isolation thermique et phonique optimale.
S’ils sont plus difficiles à trouver et plus coûteux que des isolants « classiques », ils restent particulièrement efficaces et performants, ce qui est LA condition pour rendre sa maison autonome.
Alexandre Vasquez, ingénieur thermicien au sein du bureau d’études thermiques Synergisud, insiste sur l’avenir :
« Les pouvoirs publics ont pris en considération l’importance du niveau d’émissions de gaz à effet de serre d’un bâtiment sur l’ensemble de son cycle de vie (production des matériaux, leur acheminement, leur mise en œuvre, leur vie en œuvre et leur traitement en fin de vie). À ce titre, pour toute construction neuve dès 2021, une évaluation environnementale de ces émissions sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment sera à faire réaliser par un bureau d’études compétent en la matière, en prenant en compte l’empreinte carbone de chacun de ses composants constructifs et équipements techniques envisagés. »
À savoir
La maison autonome est un habitat dit alternatif qui dépend d’une législation particulière que vous pouvez découvrir sur le site du ministère de la cohésion des territoires.
2 Installez de panneaux photovoltaïques
L’installation de photopiles ou de panneaux photovoltaïques est une étape fondamentale dans la construction d’une maison autonome. Installées à l’extérieur de votre habitat, les photopiles permettent de transformer l’énergie lumineuse en électricité, et rendent ainsi votre maison autonome en électricité.
Une photopile est composée de plusieurs petits panneaux photovoltaïques qui recueillent les radiations solaires et les stockent grâce à une batterie qui les convertit en volts.
Ce système permet donc de produire de l’énergie électrique à partir des radiations solaires. Elles deviennent du courant continu de basse tension, d’environ 12 à 24 volts, puis peuvent être transformées par un convertisseur en courant domestique de 220 ou 230 volts.
Ces panneaux photovoltaïques peuvent être complétés par une éolienne qui apporte une énergie complémentaire surtout l’hiver lorsque le soleil est moins présent.
On estime la durée de vie des photopiles à 20 ans environ, pour un prix allant de 2 000 à 3 000 euros par mètre carré posé. Un investissement raisonnable pour une liberté non négligeable.
Utiliser l’eau de pluie fait partie de la croisade pour vivre dans une maison autonome. À la fois économique et écologique, la récupération de l’eau de pluie vous permet de ne pas dépendre totalement du réseau public et ainsi gagner en indépendance.
Mais que dit la loi à ce sujet ? L’arrêté du 21 août 2008, publié au Journal Officiel n° 0201 du 29 août 2008, légifère la récupération et l’utilisation de l’eau de pluie car « elles peuvent contenir des micro-organismes pathogènes ». (1)
Pour pouvoir récolter la pluie et vous en servir :
Vous avez l’obligation d’utiliser des filtres, même si vous ne l’utilisez que pour nettoyer vos extérieurs.
Vous pouvez d’abord disposer d’un filtre au niveau de la gouttière de votre maison. Sous forme de grille, vous évitez le maximum de débris extérieurs. À ce stade, l’eau peut être utilisée pour vos extérieurs.
Une filtration primaire peut ensuite être installée juste après la pompe, afin d’utiliser l’eau pour les toilettes ou le nettoyage des sols à l’intérieur de la maison. Il suffit de raccorder votre réserve d’eau à la tuyauterie de la maison.
Une filtration secondaire en rajoutant un filtre à charbon actif après le chauffe-eau sera nécessaire pour utiliser l’eau pour le lavage corporel par exemple. Pour la potabilisation de l’eau de pluie, il faudra rajouter une dernière étape avec un stérilisateur U.V. ou une cartouche en céramique, par exemple. Pour ces deux étapes, faites appel à un professionnel (un plombier par exemple).
Utiliser de l’eau potable pour ses toilettes ? Une aberration pour les adeptes des toilettes « sèches », qui n’utilisent donc pas d’eau.
20%
de l’eau utilisée par un foyer est dédiée aux sanitaires.*
« De plus en plus de particuliers installent des toilettes sèches chez eux ! Une solution moins polluante du fait de la réduction du volume des eaux usées », confie Alexandre Vasquez.
Aussi économiques qu’écologiques, les toilettes sèches fonctionnent selon le principe du compostage. Installées à l’extérieur ou à l’intérieur de la maison, elles souffrent encore de nombreux préjugés. Pourtant, les toilettes sèches « nouvelle génération » gagnent en fiabilité et séduisent de nombreux écolos !
Concrètement, c’est un siège en dessous duquel un seau est installé. Le confort est tout à fait compatible avec ce système : tout dépend des matériaux que vous souhaitez utiliser. Le seau est rempli de sciure ou encore de copeaux de bois. Ce qui est recueilli est absorbé par ces matériaux qui annulent odeur et fermentation.
Veillez à vider le tout au moins toutes les semaines, soit à un endroit dédié dans votre jardin ou dans un compost que vous aurez fabriqué, à base de terre, qui vous servira également de poubelle de cuisine. C’est ce que l’on appelle le système de compostage des matières.
Bon à savoir
Ce n’est que depuis 2009 que les toilettes sèches sont autorisées en France. L’arrêté signale « qu’elles ne doivent générer aucune nuisance pour le voisinage, ni rejet liquide en dehors de la parcelle, ni pollution des eaux superficielles ou souterraines ».
5 Utilisez un chauffe-eau solaire
Il s’agit de panneaux solaires qui permettent de chauffer votre eau ! Installés en extérieur, leur surface lisse reçoit les rayons du soleil qui réchauffent un fluide présent sous les panneaux. Le fluide chaud est stocké dans un ballon qui est relié aux sanitaires, robinets, lavabos et douches de votre habitat. Le tour est joué !
Avant toute installation, veillez à vérifier l’angle de votre panneau par rapport au soleil, quelle que soit son installation : dans votre jardin ou sur votre toit. Vous pouvez faire appel à un professionnel pour bénéficier d’une pose impeccable.
Pour aller encore plus loin dans la volonté d’autonomie énergétique, l’ingénieur thermicien Alexandre Vasquez ajoute même :
« Pourquoi ne pas aussi récupérer la chaleur de l’eau chaude de votre douche avant qu’elle ne parte aux égouts ? Depuis quelques années, des technologies permettent de capter la chaleur des eaux usées, et cette chaleur est transformée naturellement en énergie pour chauffer votre prochaine douche. »
** Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Organisme prêteur : Socram Banque. La Macif agit en qualité d’Intermédiaire en opérations de banque et services de paiement pour le compte exclusif de Socram Banque. N° Orias 13005670 (www.orias.fr)
1 En 2008, vous avez mis en place l’un des premiers réseaux d’AMAP en alsace : pourquoi souhaitez-vous vous diversifier ?
Lionel L’Haridon : L’idée de ce projet a germé petit à petit, lorsque nous avons commencé à être confrontés aux limites du réseau d’AMAP instauré par Rhenamap en 2008. Nous avons aujourd’hui atteint un seuil de développement où nous nous retrouvons limités par plusieurs facteurs comme le manque de souplesse du système « amapien » classique. Par exemple, la taille des paniers n’est pas adaptée à tout le monde (trop petits ou trop grands), et les besoins de nombreuses familles évoluent d’une semaine à l’autre, notamment pour ceux qui ont des enfants en garde alternée ou encore les retraités qui sont absents une partie de l’année. Il y a aussi la concurrence des formules de paniers pas forcément bios ni locaux, mais qui captent quand même une partie de la clientèle. Nous avons donc réfléchi à élargir notre offre pour mieux nous adapter à la « vraie vie » des gens, ainsi qu’augmenter la base de consommateurs pour soutenir plus efficacement les acteurs de l’agriculture paysanne locale.
des Français sont intéressés par les produits bios et locaux.*
2 Comment vous est venue l’idée d’un tiers-lieu multifonction ?
Lionel L’Haridon : On a donc d’abord réfléchi à la mise en place d’une plateforme logistique pour gagner en souplesse dans la constitution des paniers et la distribution, ce qui impliquait de louer ou d’acquérir un bâtiment. Or payer un local n’est pas anodin, nous avons donc très vite pensé à faire entrer de nouveaux partenaires pour créer de nouveaux débouchés. Des particuliers bien sûr, mais aussi une nouvelle clientèle d’entreprise via les CE. À partir de là, les idées se sont enchaînées au fil des rencontres. Nous avons alors décidé de créer une entreprise dans le secteur de l’ESS (économie sociale et solidaire) qui proposerait un service de paniers, mais aussi une boutique, une cuisine pédagogique, un atelier de transformation, des espaces de restauration, une cuisine pédagogique… Tout cela, approvisionné en bio et en local, qui reste le cœur du concept.
3 Les circuits courts et le bio restent donc au cœur du projet ?
Lionel L’Haridon : Tout à fait ! Ce lieu permet de démontrer qu’il est possible d’accompagner le changement d’échelle des circuits courts : toucher plus de monde, une clientèle autre que les particuliers comme les professionnels de la restauration, les entreprises, etc. C’est en effet une façon de valoriser l’agriculture locale, ce qui est un sujet de société crucial : il faut savoir que dans cinq à dix ans, la moitié des exploitants agricoles seront à la retraite. Or le développement d’une agriculture vivrière variée comme le maraîchage est beaucoup plus intéressant sur le plan environnemental et social que la monoculture céréalière par exemple, car elle pollue moins et génère plus d’emplois. Son avenir dépend donc de sa capacité à attirer une nouvelle génération d’exploitants et encourager la transition chez les paysans déjà installés. Pour cela, quoi de mieux que de faire la démonstration de la viabilité des circuits courts et du bio ? En 2018, grâce à l’aide de nos partenaires dont la Fondation d’entreprise du groupe Macif, nous avons ainsi réussi à faire labelliser le sud Alsace « Projet alimentaire territorial », un label du ministère de l’Agriculture. Il atteste que le territoire s’organise sur la problématique de l’alimentation durable et travaille à coordonner toutes les parties prenantes (citoyens, recherche, entreprises, pouvoirs publics, agriculteurs, distributeurs, etc.) pour œuvrer dans ce sens. C’est une étape très importante car cela nous place sur la carte des projets à soutenir par les collectivités locales.
La Fondation d’entreprise du groupe Macif soutient des AMAP. Renseignez-vous !
4 Tous les partenaires présents dans le tiers-lieu seront donc des ambassadeurs de cette philosophie ?
Lionel L’Haridon : Complètement ! En plus des paniers en livraison et en drive, tout sera pensé pour promouvoir cette filière bio locale, mais aussi, chaque fois que possible, pour soutenir l’emploi et l’insertion des jeunes et encourager une alimentation de qualité et équilibrée. Nous avons ainsi parmi nos partenaires la légumerie Terra Alter Est, qui sera en charge de la partie transformation de légumes (nettoyage, épluchage, découpe, mise sous vide) acheté via notre future centrale logistique. Les salariés sont des personnes en insertion, ce qui est pleinement avec la dimension solidaire du projet. Idem pour le restaurant : l’idée est de faire travailler un chef qui pourra exprimer sa créativité à travers les produits de la plateforme et faire la démonstration que le bio, de saison et local est viable en restauration. Il y aura aussi une cuisine centrale, de type cuisine de collectivités, pour la vente à emporter, qui nous permettra de pousser toujours plus loin cette logique de promotion des circuits courts. Et pour éviter tout gaspillage, l’atelier de transformation de soupes et de conserves vendues sous la marque du magasin utilisera les invendus de la centrale.
Nous avons aussi prévu un « fablab culinaire », soit un incubateur de projets liés à l’alimentation. Il sera ouvert aux professionnels souhaitant tester de nouveaux produits, comme aux particuliers qui veulent tester une idée avant de lancer leur propre activité. Le fablab aura donc pour vocation lui aussi de montrer la viabilité des circuits courts en milieu pro. Toutes ces structures proposeront d’ailleurs des programmes de formation pour les représentants des restaurants d’entreprises, des écoles et des restaurateurs traditionnels.
90 %
des maraîchers bios commercialisent tout ou partie de leur production en circuit court (contre moins de la moitié en maraîchage conventionnel).**
5 Ce sera donc aussi un lieu de rencontre où se croiseront particuliers et professionnels de toutes générations ?
Lionel L’Haridon : Oui, c’est notre souhait : en plus des paniers, de la restauration et de la boutique, la cuisine pédagogique sera, par exemple, ouverte aux particuliers qui souhaitent apprendre à cuisiner les produits frais. Il y a un vrai besoin ! Beaucoup de gens ne cuisinent pas parce qu’ils ne savent pas, mais aussi parce qu’ils pensent que ça prend beaucoup de temps alors que ça peut être très simple et rapide. C’est donc important de pouvoir le démontrer en mettant en application des recettes basiques. Nous envisageons aussi que la cuisine soit utilisée en partenariat avec le réseau Nutrition Santé de la ville auprès des jeunes en situation d’obésité ou de diabète. Pour les plus petits, nous avons créé un partenariat avec un réseau de crèches parentales, qui va ouvrir une structure dans notre bâtiment où 10 % des places seront réservées aux familles précaires. Et, bien sûr, les repas pour les enfants seront préparés sur place, avec nos produits frais !
6 Pourquoi avoir choisi une ancienne usine pour implanter un projet axé autour du bio ?
Lionel L’Haridon : Nous savions que nous ne voulions pas d’un bâtiment commercial comme ceux qu’on trouve dans les ZAC (zones d’aménagement concerté), ces grands entrepôts en tôle peu adaptés à notre projet. Nous sommes donc partis en quête d’un local auprès de la municipalité de Mulhouse, à qui nous avons présenté nos idées. Et la réponse a été très rapide : le choix s’est tout de suite arrêté sur ces superbes locaux des anciennes filatures DMC, emblématiques de la ville. Le site fait une dizaine d’hectares, à deux pas du centre-ville, c’est un emplacement incroyable. Le bâtiment que nous occuperons fait à lui seul 2 400 m2 ! Après de longues années de désaffection, c’est une friche industrielle exceptionnelle qui s’ouvre à nouveau au public et commence à revivre : le collectif d’artistes Motoco s’y est installé, un mur d’escalade va bientôt ouvrir (le plus haut de France !), un food court est prévu dans l’ancien bâtiment du réfectoire… Et le périmètre accueillera aussi des entreprises et des logements. Tout ça va ramener de la vie vers cette zone – donc une clientèle potentielle – ce qui représente une magnifique opportunité pour nous et pour la ville tout entière.
7 L’ouverture du tiers-lieu est prévue au printemps 2020. Comment vont se dérouler les choses d’ici là ?
Lionel L’Haridon : La prochaine étape va être la levée de fonds. Elle aura lieu auprès de partenaires, mais aussi sous forme d’actionnariat solidaire auprès de particuliers : des parts de la future société ou des titres participatifs vont être proposés aux investisseurs qui en retireront, on l’espère, des dividendes, mais aussi la satisfaction d’avoir investi dans une entreprise de l’ESS qui œuvre pour le bien commun ! Et bien sûr, pour la mise en place des infrastructures et les premiers investissements, il y aura une part de financements publics au démarrage. En parallèle, les travaux vont démarrer pour remettre en état et aménager le bâtiment qui date de la fin du XIXe siècle. Il est typique de l’architecture industrielle de l’époque, avec beaucoup de cachet, de la brique, des verrières, de beaux poteaux en fonte… Comme il est plus ou moins à l’abandon depuis une dizaine d’années, il y a du boulot, mais c’est aussi une vraie démarche de réhabilitation d’un patrimoine historique. Toutes les activités seront organisées autour d’un espace central où elles seront visibles, un peu comme une place de village. C’est vraiment l’esprit que nous souhaitons donner à l’ensemble, toujours pour favoriser le lien et pour donner à voir une partie des nombreux métiers qu’il est possible d’exercer dans le domaine des circuits courts. À terme, l’idée est de mailler le territoire avec d’autres structures de ce type.
L’Essentiel de l’article
À Mulhouse, un projet de tiers-lieu dédié à l’alimentation bio et locale verra le jour en 2020 dans une ancienne usine.
Il accueillera un service de livraison de paniers bios, une boutique, un atelier de transformation, des restaurants, un fablab, une crèche et une cuisine pédagogique.