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  • Habitat durable : 5 conseils pour construire une maison autonome

    Habitat durable : 5 conseils pour construire une maison autonome

    1 Recourez à des isolants naturels

    L’isolation d’une maison, qu’elle soit autonome ou pas, est fondamentale. Lors de la construction, cette étape est cruciale. L’isolation vous permet d’éviter l’humidité, le froid, le chaud et les factures d’énergie qui peuvent grimper à grande vitesse !

    Pour une maison plus respectueuse de l’environnement et bien isolée afin d’être autonome en énergie, votre maison peut être imaginée avec des matériaux isolants biosourcés.

    On distingue parmi les isolants naturels :

    • les fibres végétales, animales et minérales : laine de roche, de verre, de bois, lin, chanvre, et mouton ;
    • les matériaux renouvelables : liège, papier recyclé ;
    • les isolants minéraux : perlite et verre cellulaire.

    Ces isolants naturels permettent une isolation thermique et phonique optimale.
     
    S’ils sont plus difficiles à trouver et plus coûteux que des isolants « classiques », ils restent particulièrement efficaces et performants, ce qui est LA condition pour rendre sa maison autonome.  

    Alexandre Vasquez, ingénieur thermicien au sein du bureau d’études thermiques Synergisud, insiste sur l’avenir :

    « Les pouvoirs publics ont pris en considération l’importance du niveau d’émissions de gaz à effet de serre d’un bâtiment sur l’ensemble de son cycle de vie (production des matériaux, leur acheminement, leur mise en œuvre, leur vie en œuvre et leur traitement en fin de vie). À ce titre, pour toute construction neuve dès 2021, une évaluation environnementale de ces émissions sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment sera à faire réaliser par un bureau d’études compétent en la matière, en prenant en compte l’empreinte carbone de chacun de ses composants constructifs et équipements techniques envisagés. »

    À savoir

    La maison autonome est un habitat dit alternatif qui dépend d’une législation particulière que vous pouvez découvrir sur le site du ministère de la cohésion des territoires.

    2 Installez de panneaux photovoltaïques

    L’installation de photopiles ou de panneaux photovoltaïques est une étape fondamentale dans la construction d’une maison autonome. Installées à l’extérieur de votre habitat, les photopiles permettent de transformer l’énergie lumineuse en électricité, et rendent ainsi votre maison autonome en électricité.

    Une photopile est composée de plusieurs petits panneaux photovoltaïques qui recueillent les radiations solaires et les stockent grâce à une batterie qui les convertit en volts.

    Ce système permet donc de produire de l’énergie électrique à partir des radiations solaires. Elles deviennent du courant continu de basse tension, d’environ 12 à 24 volts, puis peuvent être transformées par un convertisseur en courant domestique de 220 ou 230 volts.

    Ces panneaux photovoltaïques peuvent être complétés par une éolienne qui apporte une énergie complémentaire surtout l’hiver lorsque le soleil est moins présent.

    On estime la durée de vie des photopiles à 20 ans environ, pour un prix allant de 2 000 à 3 000 euros par mètre carré posé. Un investissement raisonnable pour une liberté non négligeable.

    3 Récupérez de l’eau de pluie

    Utiliser l’eau de pluie fait partie de la croisade pour vivre dans une maison autonome. À la fois économique et écologique, la récupération de l’eau de pluie vous permet de ne pas dépendre totalement du réseau public et ainsi gagner en indépendance.

    Mais que dit la loi à ce sujet ? L’arrêté du 21 août 2008, publié au Journal Officiel n° 0201 du 29 août 2008, légifère la récupération et l’utilisation de l’eau de pluie car « elles peuvent contenir des micro-organismes pathogènes ». (1)

    Pour pouvoir récolter la pluie et vous en servir :

    • Vous avez l’obligation d’utiliser des filtres, même si vous ne l’utilisez que pour nettoyer vos extérieurs.
    • Vous pouvez d’abord disposer d’un filtre au niveau de la gouttière de votre maison. Sous forme de grille, vous évitez le maximum de débris extérieurs. À ce stade, l’eau peut être utilisée pour vos extérieurs.
    • Une filtration primaire peut ensuite être installée juste après la pompe, afin d’utiliser l’eau pour les toilettes ou le nettoyage des sols à l’intérieur de la maison. Il suffit de raccorder votre réserve d’eau à la tuyauterie de la maison.
    • Une filtration secondaire en rajoutant un filtre à charbon actif après le chauffe-eau sera nécessaire pour utiliser l’eau pour le lavage corporel par exemple. Pour la potabilisation de l’eau de pluie, il faudra rajouter une dernière étape avec un stérilisateur U.V. ou une cartouche en céramique, par exemple. Pour ces deux étapes, faites appel à un professionnel (un plombier par exemple).
       
    • Lire aussi : Économiser l’eau : 5 conseils pour préserver la planète et le budget

    4 Installez des toilettes sèches

    Utiliser de l’eau potable pour ses toilettes ? Une aberration pour les adeptes des toilettes « sèches », qui n’utilisent donc pas d’eau.

    20%

    de l’eau utilisée par un foyer est dédiée aux sanitaires.*

    « De plus en plus de particuliers installent des toilettes sèches chez eux ! Une solution moins polluante du fait de la réduction du volume des eaux usées », confie Alexandre Vasquez.

    Aussi économiques qu’écologiques, les toilettes sèches fonctionnent selon le principe du compostage. Installées à l’extérieur ou à l’intérieur de la maison, elles souffrent encore de nombreux préjugés. Pourtant, les toilettes sèches « nouvelle génération » gagnent en fiabilité et séduisent de nombreux écolos !

    Concrètement, c’est un siège en dessous duquel un seau est installé. Le confort est tout à fait compatible avec ce système : tout dépend des matériaux que vous souhaitez utiliser. Le seau est rempli de sciure ou encore de copeaux de bois. Ce qui est recueilli est absorbé par ces matériaux qui annulent odeur et fermentation.

    Veillez à vider le tout au moins toutes les semaines, soit à un endroit dédié dans votre jardin ou dans un compost que vous aurez fabriqué, à base de terre, qui vous servira également de poubelle de cuisine. C’est ce que l’on appelle le système de compostage des matières.

    Bon à savoir

    Ce n’est que depuis 2009 que les toilettes sèches sont autorisées en France. L’arrêté signale « qu’elles ne doivent générer aucune nuisance pour le voisinage, ni rejet liquide en dehors de la parcelle, ni pollution des eaux superficielles ou souterraines ».

    5 Utilisez un chauffe-eau solaire

    Il s’agit de panneaux solaires qui permettent de chauffer votre eau ! Installés en extérieur, leur surface lisse reçoit les rayons du soleil qui réchauffent un fluide présent sous les panneaux. Le fluide chaud est stocké dans un ballon qui est relié aux sanitaires, robinets, lavabos et douches de votre habitat. Le tour est joué !

    Avant toute installation, veillez à vérifier l’angle de votre panneau par rapport au soleil, quelle que soit son installation : dans votre jardin ou sur votre toit. Vous pouvez faire appel à un professionnel pour bénéficier d’une pose impeccable.

    Pour aller encore plus loin dans la volonté d’autonomie énergétique, l’ingénieur thermicien Alexandre Vasquez ajoute même :

    « Pourquoi ne pas aussi récupérer la chaleur de l’eau chaude de votre douche avant qu’elle ne parte aux égouts ? Depuis quelques années, des technologies permettent de capter la chaleur des eaux usées, et cette chaleur est transformée naturellement en énergie pour chauffer votre prochaine douche. »

    Vous envisagez des travaux d’économie d’énergie ?

    Pour financer votre projet, pensez au crédit Développement Durable de la Macif !**

    L’Essentiel de l’article

    • Isolez toutes les parois froides de votre maison (murs, plafonds, planchers…) avec des matériaux naturels.
    • Récoltez l’eau de pluie pour la filtrer et vous en servir.
    • Équipez-vous de toilettes sèches.
    • Utilisez les rayons du soleil pour vous chauffer ou pour créer de l’électricité.

    (1) Légifrance

    * Le Centre d’Information sur l’eau, « Quelle est la consommation d’eau moyenne par ménage ? »

    ** Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

    Organisme prêteur : Socram Banque.
    La Macif agit en qualité d’Intermédiaire en opérations de banque et services de paiement pour le compte exclusif de Socram Banque. N° Orias 13005670 (www.orias.fr)
  • AMAP en Alsace, un lieu dédié à l’alimentation bio et locale

    AMAP en Alsace, un lieu dédié à l’alimentation bio et locale

    1 En 2008, vous avez mis en place l’un des premiers réseaux d’AMAP en alsace : pourquoi souhaitez-vous vous diversifier ?

    Lionel L’Haridon : L’idée de ce projet a germé petit à petit, lorsque nous avons commencé à être confrontés aux limites du réseau d’AMAP instauré par Rhenamap en 2008. Nous avons aujourd’hui atteint un seuil de développement où nous nous retrouvons limités par plusieurs facteurs comme le manque de souplesse du système « amapien » classique. Par exemple, la taille des paniers n’est pas adaptée à tout le monde (trop petits ou trop grands), et les besoins de nombreuses familles évoluent d’une semaine à l’autre, notamment pour ceux qui ont des enfants en garde alternée ou encore les retraités qui sont absents une partie de l’année. Il y a aussi la concurrence des formules de paniers pas forcément bios ni locaux, mais qui captent quand même une partie de la clientèle. Nous avons donc réfléchi à élargir notre offre pour mieux nous adapter à la « vraie vie » des gens, ainsi qu’augmenter la base de consommateurs pour soutenir plus efficacement les acteurs de l’agriculture paysanne locale.

    85%

    des Français sont intéressés par les produits bios et locaux.*

    2 Comment vous est venue l’idée d’un tiers-lieu multifonction ?

    Lionel L’Haridon : On a donc d’abord réfléchi à la mise en place d’une plateforme logistique pour gagner en souplesse dans la constitution des paniers et la distribution, ce qui impliquait de louer ou d’acquérir un bâtiment. Or payer un local n’est pas anodin, nous avons donc très vite pensé à faire entrer de nouveaux partenaires pour créer de nouveaux débouchés. Des particuliers bien sûr, mais aussi une nouvelle clientèle d’entreprise via les CE. À partir de là, les idées se sont enchaînées au fil des rencontres. Nous avons alors décidé de créer une entreprise dans le secteur de l’ESS (économie sociale et solidaire) qui proposerait un service de paniers, mais aussi une boutique, une cuisine pédagogique, un atelier de transformation, des espaces de restauration, une cuisine pédagogique… Tout cela, approvisionné en bio et en local, qui reste le cœur du concept.

    3 Les circuits courts et le bio restent donc au cœur du projet ?

    Lionel L’Haridon : Tout à fait ! Ce lieu permet de démontrer qu’il est possible d’accompagner le changement d’échelle des circuits courts : toucher plus de monde, une clientèle autre que les particuliers comme les professionnels de la restauration, les entreprises, etc. C’est en effet une façon de valoriser l’agriculture locale, ce qui est un sujet de société crucial : il faut savoir que dans cinq à dix ans, la moitié des exploitants agricoles seront à la retraite. Or le développement d’une agriculture vivrière variée comme le maraîchage est beaucoup plus intéressant sur le plan environnemental et social que la monoculture céréalière par exemple, car elle pollue moins et génère plus d’emplois. Son avenir dépend donc de sa capacité à attirer une nouvelle génération d’exploitants et encourager la transition chez les paysans déjà installés. Pour cela, quoi de mieux que de faire la démonstration de la viabilité des circuits courts et du bio ? En 2018, grâce à l’aide de nos partenaires dont la Fondation d’entreprise du groupe Macif, nous avons ainsi réussi à faire labelliser le sud Alsace « Projet alimentaire territorial », un label du ministère de l’Agriculture. Il atteste que le territoire s’organise sur la problématique de l’alimentation durable et travaille à coordonner toutes les parties prenantes (citoyens, recherche, entreprises, pouvoirs publics, agriculteurs, distributeurs, etc.) pour œuvrer dans ce sens. C’est une étape très importante car cela nous place sur la carte des projets à soutenir par les collectivités locales.

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du groupe Macif soutient des AMAP. Renseignez-vous !

    4 Tous les partenaires présents dans le tiers-lieu seront donc des ambassadeurs de cette philosophie ?

    Lionel L’Haridon : Complètement ! En plus des paniers en livraison et en drive, tout sera pensé pour promouvoir cette filière bio locale, mais aussi, chaque fois que possible, pour soutenir l’emploi et l’insertion des jeunes et encourager une alimentation de qualité et équilibrée. Nous avons ainsi parmi nos partenaires la légumerie Terra Alter Est, qui sera en charge de la partie transformation de légumes (nettoyage, épluchage, découpe, mise sous vide) acheté via notre future centrale logistique. Les salariés sont des personnes en insertion, ce qui est pleinement avec la dimension solidaire du projet. Idem pour le restaurant : l’idée est de faire travailler un chef qui pourra exprimer sa créativité à travers les produits de la plateforme et faire la démonstration que le bio, de saison et local est viable en restauration. Il y aura aussi une cuisine centrale, de type cuisine de collectivités, pour la vente à emporter, qui nous permettra de pousser toujours plus loin cette logique de promotion des circuits courts. Et pour éviter tout gaspillage, l’atelier de transformation de soupes et de conserves vendues sous la marque du magasin utilisera les invendus de la centrale.

    Nous avons aussi prévu un « fablab culinaire », soit un incubateur de projets liés à l’alimentation. Il sera ouvert aux professionnels souhaitant tester de nouveaux produits, comme aux particuliers qui veulent tester une idée avant de lancer leur propre activité. Le fablab aura donc pour vocation lui aussi de montrer la viabilité des circuits courts en milieu pro. Toutes ces structures proposeront d’ailleurs des programmes de formation pour les représentants des restaurants d’entreprises, des écoles et des restaurateurs traditionnels.

    90 %

    des maraîchers bios commercialisent tout ou partie de leur production en circuit court (contre moins de la moitié en maraîchage conventionnel).**

    5 Ce sera donc aussi un lieu de rencontre où se croiseront particuliers et professionnels de toutes générations ?

    Lionel L’Haridon : Oui, c’est notre souhait : en plus des paniers, de la restauration et de la boutique, la cuisine pédagogique sera, par exemple, ouverte aux particuliers qui souhaitent apprendre à cuisiner les produits frais. Il y a un vrai besoin ! Beaucoup de gens ne cuisinent pas parce qu’ils ne savent pas, mais aussi parce qu’ils pensent que ça prend beaucoup de temps alors que ça peut être très simple et rapide. C’est donc important de pouvoir le démontrer en mettant en application des recettes basiques. Nous envisageons aussi que la cuisine soit utilisée en partenariat avec le réseau Nutrition Santé de la ville auprès des jeunes en situation d’obésité ou de diabète. Pour les plus petits, nous avons créé un partenariat avec un réseau de crèches parentales, qui va ouvrir une structure dans notre bâtiment où 10 % des places seront réservées aux familles précaires. Et, bien sûr, les repas pour les enfants seront préparés sur place, avec nos produits frais !

    6 Pourquoi avoir choisi une ancienne usine pour implanter un projet axé autour du bio ?

    Lionel L’Haridon : Nous savions que nous ne voulions pas d’un bâtiment commercial comme ceux qu’on trouve dans les ZAC (zones d’aménagement concerté), ces grands entrepôts en tôle peu adaptés à notre projet. Nous sommes donc partis en quête d’un local auprès de la municipalité de Mulhouse, à qui nous avons présenté nos idées. Et la réponse a été très rapide : le choix s’est tout de suite arrêté sur ces superbes locaux des anciennes filatures DMC, emblématiques de la ville. Le site fait une dizaine d’hectares, à deux pas du centre-ville, c’est un emplacement incroyable. Le bâtiment que nous occuperons fait à lui seul 2 400 m2 ! Après de longues années de désaffection, c’est une friche industrielle exceptionnelle qui s’ouvre à nouveau au public et commence à revivre : le collectif d’artistes Motoco s’y est installé, un mur d’escalade va bientôt ouvrir (le plus haut de France !), un food court est prévu dans l’ancien bâtiment du réfectoire… Et le périmètre accueillera aussi des entreprises et des logements. Tout ça va ramener de la vie vers cette zone – donc une clientèle potentielle – ce qui représente une magnifique opportunité pour nous et pour la ville tout entière.

    AMAP en Alsace, un lieu dédié à l’alimentation bio et locale

     

    7 L’ouverture du tiers-lieu est prévue au printemps 2020. Comment vont se dérouler les choses d’ici là ?

    Lionel L’Haridon : La prochaine étape va être la levée de fonds. Elle aura lieu auprès de partenaires, mais aussi sous forme d’actionnariat solidaire auprès de particuliers : des parts de la future société ou des titres participatifs vont être proposés aux investisseurs qui en retireront, on l’espère, des dividendes, mais aussi la satisfaction d’avoir investi dans une entreprise de l’ESS qui œuvre pour le bien commun ! Et bien sûr, pour la mise en place des infrastructures et les premiers investissements, il y aura une part de financements publics au démarrage. En parallèle, les travaux vont démarrer pour remettre en état et aménager le bâtiment qui date de la fin du XIXe siècle. Il est typique de l’architecture industrielle de l’époque, avec beaucoup de cachet, de la brique, des verrières, de beaux poteaux en fonte… Comme il est plus ou moins à l’abandon depuis une dizaine d’années, il y a du boulot, mais c’est aussi une vraie démarche de réhabilitation d’un patrimoine historique. Toutes les activités seront organisées autour d’un espace central où elles seront visibles, un peu comme une place de village. C’est vraiment l’esprit que nous souhaitons donner à l’ensemble, toujours pour favoriser le lien et pour donner à voir une partie des nombreux métiers qu’il est possible d’exercer dans le domaine des circuits courts. À terme, l’idée est de mailler le territoire avec d’autres structures de ce type.

    L’Essentiel de l’article

    • À Mulhouse, un projet de tiers-lieu dédié à l’alimentation bio et locale verra le jour en 2020 dans une ancienne usine.
    • Il accueillera un service de livraison de paniers bios, une boutique, un atelier de transformation, des restaurants, un fablab, une crèche et une cuisine pédagogique.

    * Baromètre consommation Agence bio/CSA, 2018.
    ** Insee, 2017.

  • Saint-Michel-sur-Orge se mobilise contre le gaspillage alimentaire

    Saint-Michel-sur-Orge se mobilise contre le gaspillage alimentaire

    À moins de 30 kilomètres au sud de Paris, Saint-Michel-sur-Orge s’est engagée depuis 2014 dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Encouragées par l’équipe municipale et soutenues par des partenaires locaux et nationaux très impliqués, les actions s’enchaînent et se répondent les unes aux autres dans un cercle vertueux qui croît de jour en jour. À l’arrivée, moins de gaspillage bien sûr, mais aussi des espaces publics plus propres, un lien social renforcé et une ville tout entière mobilisée autour de la solidarité et de l’environnement.

    1 Des ateliers antigaspi au centre de la démarche

    « Nous avons débuté les actions contre le gaspillage alimentaire en 2014 », se souvient Muriel Mosnat, première adjointe aux Affaires sociales, Cohésion sociale, Seniors et Habitat de la commune de Saint-Michel-sur-Orge. « Tout a commencé par un partenariat avec l’épicerie sociale associative La Clairière que nous accompagnons depuis plusieurs années via des dons en nature, un support logistique, des moyens humains et des subventions. Il faut savoir que 5 % des habitants de Saint-Michel sont utilisateurs de cette épicerie, il y a donc un vrai besoin local. Or les bénévoles de l’épicerie nous ont assez rapidement fait remonter que les publics, par manque d’information et par habitude, jetaient beaucoup d’aliments encore consommables. »

    Parmi les causes identifiées, la méconnaissance du fonctionnement des dates de péremption (qu’est-ce qui peut ou ne peut pas être consommé après expiration de la date), et une mauvaise utilisation du réfrigérateur. Autre enjeu de taille, une consommation de fruits et légumes insuffisante à cause des prix souvent élevés, mais pas seulement…

    « Beaucoup ne savent pas cuisiner ou pensent que ça prend beaucoup de temps, alors que pas du tout ! », répond Muriel Mosnat. « On a donc décidé mettre en place des ateliers pratiques contre le gaspillage alimentaire, d’abord au CCAS * puis à l’épicerie solidaire. On y apprend à moins jeter en sachant comment consommer de façon sécurisée certains aliments passés de date (yaourts, lait, etc.), comment régler et ranger son réfrigérateur pour conserver plus longtemps les aliments, mais aussi comment cuisiner les fruits et légumes de façon ludique avec des recettes de soupes, de smoothies, de confitures, de conserves… »

    Ici, les maîtres-mots sont plaisir et convivialité ! Au sein d’une cuisine équipée, les participants trient, épluchent, découpent et cuisinent des denrées invendues fournies par la grande surface voisine, très impliquée dans les actions antigaspillage de la commune. Elles sont également récupérées à prix cassés en fin de marché, une autre façon de limiter le gâchis.

    « Ce sont ces fameux légumes ”moches” que la plupart des gens ne veulent pas, mais qui sont délicieux une fois cuisinés ! Les confitures concoctées pendant les ateliers sont ensuite revendues sur des stands dans la galerie marchande du supermarché ou sur certains événements municipaux comme la Fête de la Ville. Ça donne de la visibilité au CCAS et c’est très motivant pour tout le monde ! »

    10

    millions de tonnes de produits alimentaires sont jetées ou gaspillées chaque année en France. (2)

    2 L’écoresponsabilité, c’est l’affaire de tous !

    Et pour pousser la démarche à fond, on ne jette rien ! Les épluchures et restes des ateliers sont donnés au jardin partagé de la commune pour faire du compost.

    « En retour, nous participons à la transformation des fruits et légumes du jardin au moment des récoltes. Nous allons d’ailleurs mettre en place prochainement d’autres potagers dans les quartiers, que les habitants pourront utiliser. Cultiver son propre jardin, c’est redonner du sens et de la valeur à des choses simples. »

    C’est donc un véritable cercle vertueux qui est en train de se mettre en place : aujourd’hui à Saint-Michel, on jette moins, on récupère plus d’invendus et de surplus, on mange mieux et on participe au fonctionnement de l’agriculture urbaine locale.

    « Pour les publics précaires en particulier, c’est très valorisant : les participants sont ravis d’être acteurs de cette démarche éco-solidaire bénéfique à toute la communauté, c’est un excellent moyen de lutter contre le sentiment d’exclusion », analyse Muriel Mosnat. « Et comme ces ateliers sont ouverts à tous **, ils participent à créer du lien social entre les habitants des différents quartiers et de différentes origines socioculturelles qui ne se seraient peut-être jamais croisés autrement. Nous avons réussi ce pari d’ouvrir à tous les initiatives sociales. Il y a une énergie formidable ! »

    Autre cheval de bataille dans la lutte contre le gaspillage alimentaire : les cantines scolaires, dans lesquelles sont jetés 44 kg de nourriture en moyenne par service (1). La municipalité a ainsi décidé de réduire le nombre d’options au menu, et a mis en place des self-services : comme cela, les élèves choisissent ce qu’ils veulent manger, et il y a moins de pertes, tout simplement !

    « Pour « prêcher la bonne parole” auprès des élèves, nous avons aussi décidé d’impliquer le Conseil municipal des enfants, car les messages passent mieux s’ils sont délivrés par des jeunes. »

    Mais pour Muriel Mosnat, la plus grande victoire est la prise en main de la lutte antigaspi par les habitants de la ville. Suite aux ateliers, un collectif de citoyens s’est en effet formé pour mettre en place des actions de façon autonome. Grâce au soutien de la Fondation d’entreprise du groupe Macif, qui a offert une subvention de 4 200 €, les habitants ont pu acheter du matériel (mixeur, blender, saladier, planche à découper…) pour équiper une cuisine commune qui sert désormais à initier tous les volontaires aux secrets d’une bonne soupe, au zéro déchet, à la fabrication de produits d’entretien et de cosmétiques écoresponsables, etc.

    « La municipalité a aussi initié des opérations « coup de propre” de ramassage des déchets dans les quartiers. On dépasse donc largement la thématique initiale du gaspillage pour encourager tous les gestes quotidiens qui permettent de prendre soin de l’environnement au sens large : pas seulement la nature mais aussi son quartier, sa rue, son immeuble. »

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du groupe Macif soutient des initiatives qui œuvrent contre le gaspillage alimentaire !

    3 Une ressourcerie pour aller plus loin

    En 2017, c’est au tour d’une ressourcerie de voir le jour pour étendre l’action antigaspillage à d’autres thématiques que l’alimentation. Les Saint-Michellois peuvent venir y déposer les appareils, vêtements, jouets et accessoires dont ils ne veulent plus, qui seront revendus à petits prix. D’abord éphémère, elle a été pérennisée en décembre 2018 dans des locaux où sont organisés des ateliers de couture, de fabrication de produits écolos, de réduction des déchets, de réparation…

    « Nous avons déjà sept ateliers prévus en 2019, organisés en autonomie par les bénévoles du collectif d’habitants. C’est toute une pédagogie qui est en train d’être mise en place autour de l’achat d’occasion, du fait de ne pas jeter les objets, etc. Réutiliser et recycler sont devenus des gestes incontournables dans une démarche globale de déconsommation. »

    Enfin, un comité de pilotage sera institué en 2019 pour valoriser, soutenir et développer toutes ces actions écoresponsables sur la commune de Saint-Michel. Il intégrera les habitants, les services municipaux, les représentants associatifs et les partenaires.

    L’idée est de toucher de nouveaux publics pour aller encore plus loin.

    + 22 %

    de dons alimentaires aux associations grâce à la loi contre le gaspillage alimentaire promulguée en France en février 2016. (3)

    * Centre communal d’action social, qui a initié les ateliers antigaspillage.
    ** Les ateliers sont ouverts à tous les habitants de Saint-Michel-sur-Orge et de la communauté de commune Cœur d’Essonne.

    Sources :

    (1) Ademe, « La restauration collective mobilisée contre le gaspillage alimentaire », 2018
    (2) Ministère de la Transition écologique et solidaire, « Gaspillage alimentaire », 2018
    (3) Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, « La France pionnière de la lutte contre le gaspillage alimentaire », 2018.

    L’Essentiel de l’article

    • Des ateliers et de nombreuses initiatives sont mis en place pour lutter contre le gaspillage alimentaire.
    • Les ateliers écoresponsables sont ouverts à tous.
    • Des actions sont organisées dans les écoles pour réduire les pertes dans les cantines.
    • Une ressourcerie a été ouverte en 2018.
  • 4 choses à savoir sur les nanoparticules

    4 choses à savoir sur les nanoparticules

    1 Des nanoparticules, qu’est-ce que c’est ?

    Invisibles à l’œil nu, les nanoparticules sont pourtant très présentes dans notre environnement. Ces particules de matière infiniment petites sont 50 000 fois plus petites qu’un cheveu (1), et tirent d’ailleurs leur nom de cette taille microscopique. En effet, elles ne mesurent qu’entre 1 et 100 nanomètres, sachant qu’un nanomètre équivaut à un millionième de millimètre.

    Selon l’Association de veille et d’information civique sur les enjeux des nanotechnologies et des sciences (Avicenn) (2), il existerait trois types de nanoparticules, dont les nanoparticules incidentelles. Ces dernières sont produites « involontairement » et seraient notamment présentes « dans les fumées industrielles ou celles émanant des moteurs diesel et autres particules dites ultrafines, des grille-pain ou des fours ». Les nanoparticules naturelles, quant à elles, se « trouvent dans les poussières d’érosion ou d’éruption volcanique, ou encore dans les embruns marins ». Enfin, les nanoparticules manufacturées désignent « les matériaux composés ou constitués d’objets intentionnellement fabriqués par l’homme à l’échelle nanométrique » pour offrir de nouvelles propriétés à certains matériaux, aliments ou produits cosmétiques, entre autres.

    Le saviez-vous ?

    Une nanoparticule est 50 000 fois plus petite qu’un cheveu.*

    2 Où trouve-ton-on les nanoparticules ?

    Plébiscités par le secteur industriel depuis la fin des années 1990 (3), les nanomatériaux (comme les additifs alimentaires) sont aujourd’hui présents dans de très nombreux produits de la vie courante. Et pour cause, ils permettent de fabriquer des produits dotés de propriétés nouvelles ou d’en améliorer les caractéristiques.
     
    Le dioxyde de silicium (ou E551), par exemple, est un antiagglomérant qui permet d’éviter qu’une poudre forme des paquets. Il est utilisé dans le chocolat en poudre, les soupes instantanées, les assaisonnements prêts à l’emploi, etc. Le dioxyde de titane (E171) et l’oxyde de zinc permettent, eux, de rendre une crème solaire transparente plutôt que blanche. On retrouve donc couramment ces nanomatériaux dans les produits cosmétiques et/ou pharmaceutiques. S’agissant du nano argent, ce sont ses propriétés antibactériennes et antiodeur qui sont exploitées dans les textiles, les pansements ou encore les sprays désinfectants.

    Malgré les multiples bénéfices que voit en eux le secteur industriel, les nanomatériaux font l’objet de méfiance en raison de leurs effets délétères soupçonnés sur la santé.

    3 Quels sont les risques liés aux nanoparticules ?

    Si leur taille infime est une aubaine pour l’industrie, elle l’est moins pour le corps humain. En effet, cette spécificité permet aux nanoparticules de pénétrer plus facilement dans l’organisme par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée. Elles franchissent ainsi plus aisément les barrières physiologiques.

    Ainsi, en 2017, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) (4) relevait une relation de cause à effet entre l’exposition au dioxyde de titane et l’affaiblissement du système immunitaire. D’ailleurs, le Centre international de recherche sur le cancer considère cette nanoparticule comme étant cancérogène quand elle est inhalée.

    Problème, faute de traçabilité et d’étiquetage, il est actuellement très difficile de connaître notre niveau d’exposition à ces nanoparticules. Ainsi, en août 2017, le magazine 60 Millions de consommateurs (5) révélait la présence de dioxyde de titane dans divers desserts glacés, confiseries et autres gâteaux destinés aux enfants. Mais aucun de ces produits ne mentionnait la présence de nanoparticules dans sa composition, alors que la mention « nano » aurait dû figurer sur les étiquettes.

    4 Peut-on éviter les nanoparticules ?

    Depuis 2013, les étiquettes des produits cosmétiques et alimentaires contenant des nanoparticules doivent faire apparaître la mention « nano » entre crochets et avant la dénomination de l’ingrédient. Une obligation qui n’est pourtant que très rarement respectée. L’une des alternatives consiste donc à consulter les inventaires de produits disponibles sur Internet. À noter qu’ils sont plus ou moins fiables puisque réalisés selon les déclarations des fabricants. Autre solution, retenir les dénominations des nanoparticules les plus couramment utilisées (dioxyde de titane ou E171 et dioxyde de silicium ou E551) et s’assurer de leur absence avant de mettre un produit dans son panier.

    L’Essentiel de l’article

    • Il existe trois types de nanoparticules : les incidentelles (c’est-à-dire qu’elles sont créées de manière fortuite), les naturelles et les manufacturées.
    • Elles sont présentes dans de très nombreux produits de consommation courante, des cosmétiques aux confiseries.
    • Faute de traçabilité et d’étiquetage, il est pour l’heure très difficile de les éviter.

    (1) France Info, « L’article à lire sur les nanoparticules, ces additifs cachés dans les produits du quotidien », 2017.
    (2) Avicenn, le site de l’association citoyenne sur les nanos.
    (3) Santé Magazine, « Nanoparticules : quels risques pour notre santé ? »
    (4) Inra, « E171 : un danger identifié chez le rat, un risque à évaluer chez l’homme », 2017.
    (5) 60 Millions de consommateurs, « Des nanoparticules cachées dans nos assiettes », 2018.
    * France Info, « L’article à lire sur les nanoparticules, ces additifs cachés dans les produits du quotidien », 2017.
  • 5 choses à savoir sur les perturbateurs endocriniens

    5 choses à savoir sur les perturbateurs endocriniens

    Perturbateur endocrinien : ce terme dissimule l’un des principaux enjeux sanitaires de ces prochaines années. Et pour cause, omniprésentes dans les produits de consommation courante et dans notre environnement d’une manière générale, ces substances sont pointées du doigt en raison de leur nocivité soupçonnée.

    1 Un perturbateur endocrinien, qu’est-ce que c’est ?

    L’organisation mondiale de la santé (OMS) définit un perturbateur endocrinien comme étant « une substance exogène ou un mélange qui altère la/les fonction(s) du système endocrinien et, par voie de conséquence, cause un effet délétère sur la santé d’un individu, sa descendance ou des sous-populations ». Plus simplement, un perturbateur endocrinien est un agent chimique pouvant altérer le système endocrinien.

    2 Comment agissent les perturbateurs endocriniens ?

    Canal de communication entre différents organes, le système endocrinien regroupe les organes qui sécrètent les hormones visant à réguler la croissance, le développement sexuel et cérébral, la satiété et le fonctionnement du métabolisme d’un individu, notamment. Mais, en se fixant sur le récepteur hormonal d’un organe, le perturbateur endocrinien provoque un stimulus et modifie le mécanisme normal du corps humain.

    Les perturbateurs endocriniens « peuvent également bloquer l’action des hormones en se fixant en grand nombre sur les récepteurs que ces dernières doivent utiliser », alerte d’ailleurs l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Et de préciser : « Ces molécules se caractérisent donc par un effet toxique indirect, via les modifications physiologiques qu’elles engendrent. »

    Le saviez-vous ?

    Le coût sanitaire de l’exposition aux perturbateurs endocriniens serait estimé à 157 milliards d’euros annuels en Europe et 340 milliards de dollars annuels aux États-Unis.*

    3 Quels sont les effets des perturbateurs endocriniens sur la santé ?

    Sans surprise, le dérèglement du fonctionnement des hormones dans l’organisme n’est pas sans conséquence. Diverses pathologies pourraient ainsi être liées à une exposition plus ou moins importante aux perturbateurs endocriniens.

    Baisse de la qualité du sperme et de la testostérone et malformations congénitales de l’appareil urogénital chez l’homme, endométriose et/ou puberté précoce chez la femme, mais aussi cancers du sein, de l’utérus et des ovaires, des testicules et de la prostate : telles sont les principales incidences relevées par l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles).

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    Très peu d’études permettent d’établir un lien causal clair entre l’exposition à des perturbateurs endocriniens et la survenue de pathologie chez l’homme.

    INRS

    À noter que les individus seraient plus vulnérables à l’exposition à ces substances chimiques pendant certaines périodes clés du développement du métabolisme, comme la puberté ou la grossesse, entre autres.

    4 Où trouve-t-on les perturbateurs endocriniens ?

    Il existe presque autant de types de perturbateurs endocriniens que de sources de contamination. « Ces composés peuvent être présents dans les produits manufacturés ou des aliments d’origine végétale ou animale. Ils sont pour la plupart issus de l’industrie agrochimique (pesticides, plastiques, pharmacie…) et de leurs rejets », indique l’Inserm. Ils seraient ainsi présents dans l’air à travers les polluants, dans les fruits et légumes par le biais des résidus de pesticides, mais aussi dans les emballages alimentaires plastifiés ou en conserve (bisphénol A), les traitements contraceptifs, les produits cosmétiques (parabène, phtalates), les textiles antitaches ou imperméabilisés, etc.

    5 Comment s’en préserver ?

    Bien qu’il semble impossible de les éliminer complètement de son environnement, quelques gestes peuvent permettre de se préserver des perturbateurs endocriniens. Il est ainsi recommandé de :

    • vérifier les étiquettes de ses produits d’hygiène et de beauté et de privilégier ceux ne contenant ni parabène, ni phtalate ;
    • privilégier les produits naturels pour faire son ménage et bannir les produits chimiques ;
    • éviter le linge de maison et les vêtements en matière synthétique ;
    • supprimer le plastique de sa cuisine, qu’il s’agisse des ustensiles, d’emballages alimentaires, de boîte de conservation ou de récipient ;
    • éviter les boîtes de conserve.
    * Dans les conditions et limites du contrat souscrit.

    L’Essentiel de l’article

    • Un perturbateur endocrinien est une substance chimique qui dérègle le fonctionnement des hormones dans l’organisme.
    • Les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés de favoriser l’apparition de tumeurs.
    • Ils seraient également responsables de pathologies liées à la stérilité.

    Inserm, « Perturbateurs endocriniens, un enjeu d’envergure de la recherche ».
    INRS, « Perturbateurs endocriniens : décryptage », 2018.
    * Le Monde, « Les perturbateurs endocriniens, qu’est-ce que c’est ? », 2018.
  • Comment choisir un chauffage d’appoint électrique ?

    Comment choisir un chauffage d’appoint électrique ?

    Avant de vous lancer dans les recherches, sachez que le chauffage d’appoint n’est pas une solution pérenne : comme son nom l’indique, il s’agit d’une option occasionnelle. En effet, la première question à vous poser quant à la température dans votre logement est de savoir si le manque de chaleur est avéré et durable. Si tel est le cas, cela peut être le signe d’une mauvaise isolation de votre logement. Le chauffage d’appoint ne réglera pas le problème. Il faudra alors vous tourner vers un expert pour établir un diagnostic et envisager les solutions durables adaptées à la configuration de votre logement.

    Le saviez-vous ? Le port d’un pull permettrait de limiter le chauffage d’un degré.

    67 %

    C’est la part du chauffage dans la consommation énergétique des foyers français. (1)

    En revanche, si la sensation de froid est occasionnelle ou si vous faites face à une situation exceptionnelle, l’utilisation d’un chauffage d’appoint peut être une option. Par exemple : vous vivez dans une grande maison de plusieurs étages et vous ne chauffez que ceux où vous habitez. Vous recevez des invités qui logent dans une chambre au dernier étage : vous optez alors pour une solution de chauffage d’appoint afin de ne pas chauffer inutilement les autres pièces de l’étage concerné.

    Attention, l’utilisation d’un chauffage d’appoint requiert le respect de consignes de sécurité et implique souvent une forte consommation d’énergie. Veillez à bien avoir cela en tête au moment de faire votre choix.

    31 %

    C’est la part du chauffage électrique en France. (1)

    Les radiateurs électriques d’appoint sont les plus faciles à utiliser. Un simple branchement sur une prise de courant, et c’est parti ! Malgré de nets progrès, leur praticité ne doit pas vous faire oublier qu’ils vont peser sur votre consommation d’électricité qui reste une énergie chère pour le chauffage (2) (en moyenne 0,15 euros/kWh). Ils sont donc plutôt à réserver pour des petites surfaces. De plus, pour plus de sécurité, choisissez des modèles possédant la norme NF électricité.

    À savoir

    Il est vivement déconseillé d’utiliser des chauffages d’appoint au gaz, considérés comme dangereux à cause des risques d’incendie et d’émanations toxiques.

    1 Le radiateur soufflant mobile

    De petite taille et léger, il se transporte facilement d’une pièce à une autre. Sur la plupart des modèles, un « limiteur thermique de sécurité » arrête l’appareil en cas de surchauffe. Il existe également des versions céramiques, plus lourdes, qui emmagasinent la chaleur et la restituent une fois le radiateur éteint pour un effet chauffant prolongé.

    Inconvénient ? Il est bruyant, et l’effet soufflant n’est pas forcément agréable. Il est également cher à l’utilisation, car il doit consommer de quoi chauffer sa résistance, mais aussi de quoi activer la soufflerie. Du coup, on le réserve généralement aux petites pièces (moins de 10 m2) où l’on ne reste pas longtemps : c’est donc le radiateur d’appoint de salle de bains par excellence ! Attention à le placer loin de la baignoire ou de la douche pour éviter les risques d’éclaboussure.

    2 Le radiateur bain d’huile

    La plus économique des solutions électriques du fait d’un coût d’achat raisonnable (environ de 40 à 150 euros selon les modèles) et de son fonctionnement par inertie : la montée en température prend du temps, mais il reste chaud un long moment après son extinction grâce à l’huile stockée dans sa structure. Il procure donc une chaleur douce et diffuse agréable. Ses parois étant très chaudes, attention aux risques de brûlure : tenez-le éloignés des enfants, des meubles et tissus (rideaux) et ne le couvrez pas.

    En fonction de la puissance choisie (comptez environ 1 500 W pour 10-15 m2 et 2 000 à 2 500 W pour 25 m2), le radiateur bain d’huile conviendra parfaitement pour le chauffage d’appoint des pièces à vivre et des chambres.

    3 Le convecteur mobile

    Comme son nom l’indique, son fonctionnement repose sur le principe de la convection : l’air ambiant aspiré monte en température au contact d’une résistance électrique avant de s’échapper par le haut. Il chauffe rapidement, et de manière localisée. C’est le radiateur idéal pour les petites surfaces (une petite chambre ou un bureau, par exemple, de moins de 10-12 m2), même s’il se montre toujours gourmand en électricité.

    4 Le radiateur rayonnant mobile

    La chaleur est produite par rayonnement infrarouge et circule au travers d’une façade ajourée. Le rayonnement est horizontal, ce qui veut dire que pour ressentir la chaleur il faut être placé dans le champ de rayonnement du radiateur. Son principal avantage est son faible coût d’achat (environ 60 euros pour un modèle de 2 000 W, comptez 100 W pour chauffer 1 m2).

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    * Options accessibles en formule Protectrice et accordées dans les conditions et limites fixées au contrat.

    L’Essentiel de l’article

    • Les radiateurs électriques sont faciles d’utilisation, mais énergivores.

    (1) ADEME, Le chauffage électrique, 2019
    (2) ADEME, « Se chauffer mieux et moins cher », 2017.
  • Le bonus écologique : une prime pour les voitures propres

    1 Qu’est-ce que le bonus écologique ?

    Le bonus écologique (autrefois appelé le bonus-malus) encourage les particuliers à l’achat de véhicules à empreinte carbone peu élevée. Le critère retenu pour le niveau de pollution est le taux d’émission de CO2, qui est un puissant gaz à effet de serre.

    L’objectif affiché : favoriser la mobilité propre pour limiter la pollution de l’air ainsi que l’utilisation d’énergies fossiles.

    À noter : depuis 2018, les véhicules hybrides rechargeables n’y sont plus éligibles.

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    93.5 g de CO2 par kilomètre parcouru

    En février 2024, les émissions moyennes de CO2 des voitures neuves étaient en baisse, à 93,5 g/km contre 94,4 g/km en janvier 2024.*

    2 Qui peut bénéficier du bonus écologique ?

    Pour bénéficier de cette aide, votre véhicule et vous devez remplir de nombreuses conditions. Parmi elles :

    – vous devez être majeur et domicilié en France

    – votre véhicule doit :

    • être neuf et immatriculé en France
    • acheté (coût inférieur ou égal à 47 000 € TTC) ou loué (avec un contrat d’une durée de 2 ans ou plus)
    • avoir comme source d’énergie : l’électricitél’hydrogène ou une combinaison des 2

    Depuis le 10 octobre 2023, les voitures particulières doivent répondre à un score environnemental minimal. Pour savoir si votre véhicule est éligible, rendez-vous sur le site de l’Ademe.

     

    3 Bonus écologique : quel montant ?

    Les modalités ont changé en février 2024. Désormais le montant de l’aide à l’acquisition d’un véhicule dit propre est fixé à 27 % du coût d’acquisition TTC. Il existe également des plafonnement à ce bonus en fonction des revenus et du type de véhicule (voiture particulière, camionnette, deux-roues…). 

     
    (1) Le bonus s’applique pour les contrats de location d’une durée supérieure ou égale à deux ans – article D251-1, code de l’Énergie
    * https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/motorisations-des-vehicules-legers-neufs-emissions-de-co2-et-bonus-ecologique-fevrier-2024
  • Transition énergétique et rénovation écologique avec l’association Écorce

    Transition énergétique et rénovation écologique avec l’association Écorce

    1 En quoi consiste l’action d’Écorce ?

    Lael Delort : L’association Écorce a été fondée en 2005 par des particuliers qui cherchaient à mutualiser leurs connaissances et à se former aux méthodes d’autoconstruction écologique pour leur maison. La construction écologique privilégie d’une part des matériaux bio, d’origine locale. Elle fait aussi appel à des techniques de construction qui consomment peu d’énergies fossiles et sont les moins nocives possible pour l’environnement, les personnes qui travaillent sur le chantier et les habitants de la maison par la suite.

    Nous organisons des visites de constructions écologiques, et des soirées mensuelles d’information autour de thèmes comme l’isolation, le photovoltaïque, les matériaux bio (plâtre, terre-paille), l’assainissement écologique, la géobiologie, etc. Nous avons aussi des formations courtes (de 70 à 210 €/jour) de 2 à 5 jours sur des techniques précises : les enduits, la construction paille, les murs en pierres sèches, la charpente, etc. Ces formations se déroulent sur des chantiers pédagogiques en conditions réelles, avec un encadrement poussé pour acquérir le geste. Nous avons également une activité de conseil juridique et technique auprès des propriétaires qui ont un projet de rénovation ou de construction. Nous ne nous substituons pas au métier d’architecte puisque nous ne travaillons pas sur plan et ne faisons pas de maîtrise d’œuvre : nous conseillons les adhérents en début de projet et les orientons ensuite vers les bons professionnels.

    Nous avons trois types de publics : historiquement, des particuliers très investis dans le champ de la rénovation et de l’écologie, et puis petit à petit des professionnels et artisans nous ont rejoints. Nous avons aujourd’hui 120 adhérents particuliers et une trentaine de professionnels (artisans, maîtres d’œuvre, thermiciens ou architectes principalement). Depuis 2014, nous cherchons aussi à impliquer aussi les publics précaires, car c’est une priorité en Ariège.

    5 millions

    de personnes en France sont concernées par la précarité énergétique.*

    2 Pourquoi la rénovation écologique et énergétique est-elle une question prioritaire en Ariège ?

    L. D. : Le département est particulièrement frappé par la pauvreté et le parc de logements est vétuste (1), en ville comme en milieu rural. Il y a énormément de « passoires énergétiques », mais les personnes qui y vivent n’ont bien souvent ni les moyens ni le réflexe d’envisager des travaux d’amélioration thermique. Il y a un vrai besoin d’information et d’accompagnement auquel tente de répondre Écorce.

    3 En quoi des subventions comme celles de la Fondation Macif peuvent-elles aider dans cette mission de solidarité ?

    L. D. : Pour sensibiliser et aider ces publics précaires, nous avons lancé en 2014 un programme baptisé Favoriser l’accès à l’habitat individuel et collectif en écoconstruction destiné aux personnes à faibles revenus. Ce programme a été cofinancé par la Fondation d’entreprise du groupe Macif, la Fondation de France et l’Archipel des utopies, ce qui a permis l’embauche d’un technicien dédié à ce projet. Cette personne a reçu plusieurs propriétaires occupants à faible revenus pour étudier avec eux leurs besoins en termes de rénovation énergétique. Il s’agissait d’un programme d’auto-réhabilitation accompagnée (ARA) : les propriétaires sont conseillés sur les techniques et matériaux existants, sur les rénovations à mener dans leur logement, on leur propose également un soutien technique, documentaire et logistique (outils, répertoire d’artisans partenaires, etc.), accès aux aides et subventions pour travaux énergétiques, etc. Ensuite, ils effectuent eux-mêmes les travaux ou les font faire par un artisan.

    500 000

    C’est le nombre de logements qui sont rénovés dans les ans dans le cadre du Plan de rénovation énergétique des bâtiments.**

    4 Quelles difficultés rencontrez-vous dans votre mission de promotion de la rénovation énergétique écologique ?

    L. D. : Malgré les besoins constatés dans le département, nous avons encore du mal susciter l’adhésion d’organismes comme l’Anah (Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat, qui finance des travaux de réhabilitation énergétique). Nos métiers sont encore émergents, et nous devons donc encore faire la pédagogie de leur utilité tant sociale qu’environnementale. Au niveau national, la FEDAC (FEDération des ACcompagnateurs à l’autoproduction et à l’entraide dans le bâtiment) travaille là-dessus, pour donner un cadre juridique et assurantiel plus formel aux opérateurs d’ARA (autoréhabilitation accompagnée).

    De ce fait, l’antenne locale de l’Anah n’a encore jamais financé de projet d’ARA, contrairement à ce qui se fait dans d’autres régions. Et malheureusement, comme nous nous adressons à des personnes à faibles revenus, la plupart des projets envisagés n’ont pas pu être réalisés pour le moment faute de financements.

    5 Comment pouvez-vous surmonter ces difficultés ?

    L. D. : Pour nous faire connaître, nous avons décidé fin 2017 de créer une série d’ateliers dans les quartiers prioritaires politiques de la ville (2) à Pamiers, Foix et Lavelanet : peinture naturelle, bricolage et entretien des logements, fabrication de produits d’entretien écologiques, etc. Ça a permis à l’association d’émerger peu à peu auprès des bailleurs sociaux et partenaires publics potentiels comme la Caisse d’allocations familiales (CAF), les maisons des jeunes et de la culture (MJC), les centres sociaux… Nous devrions recevoir prochainement un financement de la Fondation de France pour deux projets d’ARA, un en ville et un en milieu rural. Nous espérons que ces deux chantiers expérimentaux vont enfin permettre de valider notre démarche et qu’ils seront les premiers d’une longue série ! Le but étant de convaincre l’Anah du bien-fondé du projet Écorce afin que l’agence puisse déclencher les aides pour les propriétaires souhaitant réhabiliter leur logement. Rappelons qu’en Ariège, plus de la moitié des habitants sont éligibles aux HLM, et que l’habitat urbain comme rural est en très mauvais état. Il y a donc urgence, et de nouveaux financements seront nécessaires pour concrétiser nos prochains projets.

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    Organisme prêteur : Socram Banque.
    La Macif agit en qualité d’Intermédiaire en opérations de banque et services de paiement pour le compte exclusif de Socram Banque. N° Orias 13005670 (www.orias.fr)

     

    L’Essentiel de l’article

    • Écorce est une association ariégeoise de promotion de la rénovation écologique des logements.
    • Elle accompagne les propriétaires engagés dans une démarche d’autoréhabilitation.
    • Écorce développe son activité vers les publics précaires en milieux urbains et ruraux.

    (1) Avec un taux de pauvreté de 18,5 % en 2015 * (soit 4 points de plus que la moyenne nationale **), un taux de chômage de 16,1 % * (6 points de plus que la moyenne française ***) et un parc immobilier vétuste, l’Ariège est particulièrement touché par la pauvreté et le mal-logement.
    * Insee, « Comparateur de territoire – Département de l’Ariège (09) », 2018
    ** Insee, « Les niveaux de vie en 2015 », 2017
    *** Insee, « Hausse du taux de chômage au troisième trimestre 2015 », 2015
    (2) QPV : quartiers défavorisés faisant l’objet de programmes de réhabilitation urbaine, économique et sociale.
  • L’AREnAM collecte les huiles alimentaires et les recycle en biodiesel

    L’AREnAM collecte les huiles alimentaires et les recycle en biodiesel

    1 Pourquoi collecter les huiles alimentaires usagées ?

    Marie Thomé, fondatrice et présidente de l’association AREnAM. L’association AREnAM (pour le Respect de l’Environnement et l’Aide à la Mobilité) a été créée en 2008 et l’entreprise (1) a démarré son activité de garage solidaire en 2010. C’est une idée qui est venue du constat que j’avais fait, en tant qu’assistante sociale, que l’entretien et la réparation des voitures étaient problématiques pour de nombreux foyers précaires. Cela pose des problèmes de sécurité et de mobilité d’une part, mais aussi des problèmes environnementaux, puisque certains propriétaires de véhicules en sont réduits à faire les réparations, vidanges, etc. dans l’espace public. C’est pourquoi nous nous sommes aussi intéressés dès 2012 à la collecte des huiles alimentaires usagées, car c’est à la fois une façon d’adresser un problème environnemental et de créer du carburant de façon durable. C’était donc tout à fait cohérent avec notre projet !

    1,6 million

    de tonnes de colza ont été produites en France en 2015 à destination de la fabrication de biodiesel. (2)

    2 Où collectez-vous les huiles alimentaires usagées ?

    M. T. : Nous les collectons gratuitement auprès de 150 restaurants des Ardennes et des 14 déchetteries intercommunales du département. Celles-ci sont pour le moment le seul canal par lequel nous touchons les particuliers, à part certains de nos adhérents qui font la démarche volontaire de nous rapporter leurs huiles usagées. Jeter ses huiles directement dans son évier a un coût très important pour la collectivité, en termes de traitement et d’entretien des réseaux d’eaux usées.

    Le saviez-vous ?

    La Fondation Macif soutient AREnAM pour un carburant bio et propre !

    J’encourage les particuliers à apporter leurs huiles en déchetterie, car les jeter dans les canalisations est très dommageable pour l’environnement.

    3 Avez-vous tout de suite trouvé des « clients » intéressés ?

    M. T. : Avant notre arrivée, le marché était principalement occupé par des entreprises belges, luxembourgeoises et allemandes, qui faisaient payer la collecte. Mais comme nous proposons la collecte gratuite, ils se sont rapidement alignés, en proposant même aux restaurateurs de racheter les huiles… La preuve que c’est une marchandise qui a de la valeur ! Nous avons néanmoins trouvé notre clientèle, grâce notamment au Conseil départemental des Ardennes et à l’ex-Conseil régional de Champagne-Ardenne : nous avons en charge la collecte auprès de l’ensemble des cantines des collèges et lycées publics du département.

    Quand nous avons commencé en avril 2012, nous avons collecté 7 000 litres, et aujourd’hui nous sommes à près de 37 000 litres d’huile ! Et tout ça avec une camionnette et une équipe ultra-motivée et impliquée ! Nous avons actuellement cinq salariés, mais depuis la création de l’entreprise, nous avons formé huit personnes qui ont ensuite trouvé un emploi durable. Car c’est le but aussi d’une entreprise solidaire et sociale : servir de tremplin pour les personnes éloignées de l’emploi.

    – 90 %

    de gaz à effet de serres émis par les biodiesels issus d’huiles alimentaires recyclées par rapport aux carburants fossiles. (3)

    4 Comment se passe ensuite le traitement des huiles pour en faire du biodiesel ?

    M. T. : Nous effectuons un premier travail de filtration en interne, dans un local dédié à cet usage. Jusqu’à l’année dernière, nous revendions des huiles à une grande entreprise spécialisée dans le recyclage, et puis nous avons découvert le projet européen BIOHEC-LIFE via l’entreprise sociale et solidaire Gecco.

    BIOHEC-LIFE est à la fois un programme de collecte des huiles usagées sur les territoires et un procédé biologique de transformation des huiles en biocarburant à l’usage des collectivités. Depuis, c’est à Gecco que nous revendons notre matière première. La transformation prend environ deux semaines en fonction des volumes.

    5 Qui utilise votre biodiesel ?

    M. T. : Le biodiesel est utilisé par des flottes de collectivités, notamment la Ville de Charleville-Mézières (Ardennes) qui a accepté de tenter l’expérience. Avec Gecco, nous avons également établi un partenariat avec La Poste et la ville. Celui-ci va d’ailleurs donner naissance à une station-service de biodiesel implantée directement dans le garage municipal de la ville qui ouvrira fin novembre. Un bel exemple d’économie circulaire en circuit court !

    Malheureusement, les particuliers n’ont pas encore droit à ces biocarburants à base d’huiles alimentaires recyclées, car la loi française l’interdit. C’est un combat que nous allons devoir mener, car pour nous, ce serait une alternative intéressante…

    6 Pensez-vous que ce soit une énergie durable pour l’avenir ?

    M. T. : Bien sûr ! On a tout dans nos poubelles : pas la peine de faire pousser du colza ! L’idée est qu’à terme nous puissions transformer nous-mêmes les huiles en biodiesel. Mais pour cela, nous allons avoir besoin de subventions pour investir dans le matériel nécessaire. Nous nous sommes tournés vers Ardenne Métropole et la Fondation d’entreprise du groupe Macif. La Fondation nous a en l’occurrence déjà soutenu deux fois : au lancement de l’association (7 000 euros), et lorsque nous avons installé une chaudière à huile, avec une subvention de 15 000 euros. Car, il faut le savoir, les huiles usagées peuvent aussi servir à se chauffer, et c’est ce que nous faisons dans le local de 200 m2 consacré à la filtration des huiles. La boucle est bouclée !

    Rouler à l’huile végétale, que dit la loi ?

    Le Code de l’environnement oblige les restaurateurs à recycler leurs huiles alimentaires. Mais dans le même temps, la loi française interdit purement et simplement l’utilisation de l’huile végétale comme carburant pour les particuliers. Concernant le biodiesel issu du traitement des huiles alimentaires recyclées, seules les flottes d’entreprises publiques et collectivités sont, pour le moment, autorisées à les utiliser. En revanche, il est possible, pour les particuliers, de se chauffer aux huiles recyclées. Il suffit pour cela d’acheter une chaudière adaptée ou de remplacer le brûleur de sa chaudière à fuel par un brûleur à huile.

    L’Essentiel de l’article

    • AREnAM gère un garage solidaire et une activité de collecte des huiles alimentaires usagées.
    • Les huiles sont transformées en biodiesel.
    • Le carburant est utilisé par les voitures de La Poste et de la Ville de Charleville-Mézières.
    • Le local de traitement des huiles est chauffé grâce aux huiles collectées.

    (1) Entreprise sociale et solidaire reconnue d’intérêt général depuis 2013.
    (2) Ministère de la Transition écologique et solidaire, Les biocarburants, 2016.
    (3) Ademe, Produire des biocarburants de première génération, 2018
  • Objectif zéro déchet, zéro plastique

    Objectif zéro déchet, zéro plastique

    1 À la cuisine : passez-vous de plastique et optez pour le vrac et le lombricompostage

    Avec 5 à 13 millions de tonnes de plastique qui finissent chaque année dans les océans (1), l’urgence de réduire nos déchets est plus que jamais d’actualité. Pour Adeline, bénévole à la Maison du Zéro Déchet, la prise de conscience a eu lieu il y a 5 ans :

    « C’est une décision qui est venue par l’alimentation. Je fais régulièrement mes courses au marché et j’étais choquée par le gâchis de nourriture jetée en fin de marché. J’ai donc commencé à composter mes déchets alimentaires et à faire attention à ce que j’achetais, pour avoir toujours les justes quantités. »

    Achetez vos aliments en vrac

    Pour elle, l’achat en vrac est donc la base, ce qui implique de revoir certaines habitudes de shopping :

    « Acheter en vrac, ça veut dire aussi que je ne fréquente plus les mêmes magasins qu’avant. Même si la grande distribution commence à se mettre à la vente en vrac, ça reste limité. Je fais donc principalement mes courses dans les petites épiceries et les magasins bio ou spécialisés, qui, certes sont parfois un peu plus chers, mais proposent plus de choix. »

    Acheter en vrac nécessite donc d’investir dans des récipients qui remplaceront les emballages des produits alimentaires. Optez pour des bocaux en conserve, avec un joint en silicone, pour préserver vos denrées alimentaires à l’abri de l’humidité, de la poussière ou même des petites bêtes. Le verre est le meilleur contenant car il est durable, facile à nettoyer et non toxique. Pensez à stériliser les bocaux entre chaque utilisation : il suffit de les faire bouillir dans de l’eau. En choisissant des bocaux de verre, vous pourrez voir d’un simple coup d’œil vos aliments et ils apporteront une touche déco à votre cuisine ! Sinon, vous pouvez aussi recycler les pots de confiture…

    Pensez également qu’acheter en vrac, demande un peu d’organisation : vous aurez peut-être besoin d’apporter vos récipients vides (bocaux, sachets…) pour les remplir. La plupart des magasins supermarchés et épiceries bio proposent néanmoins des sachets en papier sur place. Le tout est ensuite payé au kilogramme en caisse.

    J’achète en vrac tout ce qui peut l’être, comme le café, les pâtes, le riz, les céréales, les légumes et fruits secs, les épices…

    Faire un compost facilement !

    La deuxième étape menée par Adeline pour réduire ses déchets a été de mettre en place un compost. Vivant en ville, elle s’est tournée vers une solution de lombricompostage. Le principe est simple : des lombrics (vers de terre) enfermés dans une boîte décomposent les déchets alimentaires tels que les épluchures de fruits et légumes, les coquilles d’œuf, le pain ou encore le marc de café. Ils circulent dans plusieurs tamis empilés les uns sur les autres, pour arriver à un compost directement utilisable. Ces lombricomposteurs peuvent s’acheter tout prêts, mais vous pouvez aussi les fabriquer vous-même !

    « Ça n’a rien de compliqué, mais si on ne sait pas par où commencer, on peut se faire aider », explique Adeline. « Je suis bénévole à La Maison du Zéro Déchet, à Paris, et nous conseillons justement les personnes qui souhaitent se lancer. Beaucoup de gens sont intéressés mais ne savent pas comment faire ou sont un peu rebutés à l’idée d’avoir chez eux une boîte pleine de petits vers. Mais dès qu’on leur montre comment ça marche, ils sont rassurés ! Il y a aussi de plus en plus de blogs consacrés au lombricompostage. »

    458 kg/personne/an

    C’est la quantité de déchets ménagers produits par les Français. (2)

    2 À la salle de bains : exit le jetable

    Côté salle de bains, on peut faire beaucoup avec peu. À commencer par remplacer les produits jetables par leur équivalent durable : mouchoirs en tissu, rasoirs non jetables, oriculi (coton-tige en bois réutilisable), disques démaquillants en coton, couches bébé lavables, « coupe » menstruelle en silicone, brosse à dents à manche réutilisable et/ou en bambou… Il y a aussi les cosmétiques solides (shampoing, dentifrice) qui n’ont pas besoin d’emballage. En fonction de ses besoins, on peut presque toujours trouver des alternatives.

    Autre astuce : fabriquer soi-même savon, lessive et produits d’entretien. La plupart des magasins bio ou spécialisés dans la vente en vrac proposent des kits très simples à utiliser. Avec du vinaigre blanc, du bicarbonate de soude, du citron et de l’huile de coude, vous aurez le nécessaire pour tout nettoyer chez vous. À la clé : moins d’emballages évidemment, mais aussi des produits plus sains et souvent moins chers.

    Vous souhaitez agir pour l’environnement ?

    Rendez-vous sur Diffuz.com, la plateforme solidaire de la Macif ! Vous pourrez y découvrir les défis solidaires près de chez vous.

    Les vieux conseils – DIY : Faire ses produits ménagers

    Francine et René vous partagent leurs vieux conseils pour vous apprendre à fabriquer soi-même ses produits ménagers pour garder son appartement propre tout en faisant des économies !

    Réduire ses déchets, c’est une démarche globale qui s’installe petit à petit.

    3 Dans la chambre et le salon : troquer, donner, recycler

    Pour tout le reste, il y a deux moyens efficaces de jeter moins : acheter moins, et donner ou recycler plus.

    « J’achète moins de vêtements qu’avant, et je vais plus souvent dans les friperies : ne pas acheter neuf, c’est éviter déjà des déchets », recommande Adeline. « J’ai aussi créé un système de troc qui marche très bien avec mes collègues car on s’est toutes rendu compte qu’on avait beaucoup de choses qu’on ne portait pas. Et tout ce dont je ne me sers plus, je le donne à Emmaüs : vêtements, livres, téléphones… Il y a beaucoup de points de collecte, qui garantissent la réutilisation des produits ou un recyclage optimal. »

    Pour Adeline, tout le monde peut s’y mettre, de façon progressive.

    « L’idée n’est pas de revenir à l’âge de pierre mais d’entamer une démarche globale et progressive : on fait plus attention à ce qu’on achète, où on l’achète, en quelle quantité, etc. Au final, on fait pas mal d’économies parce qu’on achète moins sans avoir l’impression de se priver. À chacun de trouver ses solutions en fonction de ses besoins et de ses contraintes ! »

    La Maison du Zéro Déchet

    La Maison du Zéro Déchet est une association gérée par des bénévoles. Implantée rue Charles-Nodier à Paris, elle propose une partie boutique (kits de fabrication de lessive, bentos, sacs de vrac réutilisables, couches lavables, etc.) et une partie atelier pour apprendre les bons gestes pour réduire ses déchets.

    L’Essentiel de l’article

    • Achetez au maximum vos denrées en vrac et en petite quantité pour limiter le gaspillage.
    • Remplacez les produits d’hygiène jetables par des équivalents réutilisables.
    • Donnez au lieu de jeter, et achetez plus souvent d’occasion.
    • Fabriquez votre propre lessive et passez au lombricompostage.

    (1) Ministère de la Transition écologique et solidaire, 2018
    (2) Ademe, Les déchets, édition 2016