Étiquette : Environnement

  • Manger des fruits et des légumes : un jeu d’enfant !

    Manger des fruits et des légumes : un jeu d’enfant !

    Pomme, orange, banane, citron ou kiwi, nombreux été les fruits présents sur les mini-stands de ce marché pas comme les autres qui s’est tenu en mars 2024. « C’est un marché dédié à 100 % aux enfants, c’est-à-dire que les enfants sont soit des clients soit des vendeurs, explique Monique Rubin, présidente de la Fédération nationale des Marchés de France venue superviser l’événement. Ce concept est né à Valence il y a sept ans. Avec le maire de la ville, nous avions besoin d’une nouvelle activité pour le Valence en gastronomie festival, quelque chose de tourné vers les enfants. C’était bien tombé, car j’avais vu chez mon partenaire Vitabri un petit stand tout beau, tout mignon, comme ceux que vous voyez ici. C’était comme un flash. J’ai donc demandé à acheter dix de ces stands à mettre dans un seul camion pour sillonner les villes de France et proposer nos animations. »

    Faire la différence entre le bon et le fade

    Au total, 160 enfants, âgés entre 6 et 12 ans et venus de trois établissements scolaires différents, garnissent la place. Entre eux, les écoliers font leurs courses avec une monnaie fictive mise gratuitement à disposition à l’entrée du marché : le Fruitatou. « Est-ce qu’on peut faire des promotions avec une carotte achetée pour une deuxième offerte ? », demande le jeune Hugo, visiblement à l’aise dans son rôle de commerçant. Pour les parents comme Leïla et Amine, proches des rambardes délimitant l’accès au marché, c’est aussi l’occasion de voir leurs enfants au contact de la vie marchande. « Grâce à ces ateliers, nos enfants apprennent à choisir de bons produits, mais aussi le quotidien de la vente ou l’achat, il y a un aspect commercial intéressant, explique la mère. Nous habitons La Voulte depuis quelques années maintenant, et nous pensons aux agriculteurs à côté de chez nous qui souffrent de la concurrence des pays étrangers, de la production de masse. Pourtant, leurs produits sont d’excellente qualité. »

    Fournisseur des fruits et légumes pour cette deuxième édition du Marché des Enfants à La Voulte-sur-Rhône, David Bucher est ravi d’avoir été choisi pour cette initiative destinée à sensibiliser les enfants au « bien manger » et faire découvrir l’univers du marché avec une participation concrète. « J’ai également des enfants à la maison donc je leur ai appris à connaître les différents fruits et légumes, explique le maraîcher de 45 ans. Cela démontre que pour s’alimenter, il n’y a pas que les supermarchés et qu’il existe d’autres moyens d’accéder à des produits frais. Personnellement, je ne fais que dans les produits bios. Et il faut le dire, c’est un autre goût quand on le déguste ! Par exemple, mes enfants mangent parfois à la cantine et ce n’est pas forcément qualitatif. Quand je vois les pommes que ma fille me ramène de l’école, c’est même dégoûtant… Mais au moins, cela permet de bien faire la différence entre le bon et le fade. »

    Manger des fruits et des légumes : un jeu d'enfant !

    « En 2024, nous prévoyons une douzaine de Marché des Enfants »

    Au total, près de 150 kilos de fruits et légumes frais ont été répartis dans les différents sacs des enfants. Seules quelques mandarines sont restées dans les caisses en bois… Venu observer sa fille et son fils, Amine abonde dans le sens des circuits courts. « Des tomates bien rouges, rondes et grosses, mais qui viennent d’Espagne, nous évitons de les consommer, explique le père de famille. Le fruit est beau d’apparence, mais les produits utilisés modifient la qualité et le goût. Quand j’étais petit au Maroc, ma grand-mère avait son potager. Elle faisait pousser des tomates et des poivrons. Souvent, ils n’étaient pas parfaits visuellement, mais on pouvait les sentir de loin. J’étais sur le palier de la porte d’entrée et je sentais les tomates. Maintenant, tu peux aller en grande surface et prendre une tomate, puis l’ouvrir pour la mettre devant ton nez, tu ne vas rien sentir. Même au moment de cuisiner, l’odeur ressort à peine. C’est presque devenu du plastique ! Alors honnêtement, je préfère payer 2 ou 3 euros de plus en sachant que je mange quelque chose de bon. »

    Manger des fruits et des légumes : un jeu d'enfant !

     

    Grâce à cet élan pédagogique, le Marché des Enfants s’intègre progressivement aux différents marchés de France. « En 2024, nous allons faire au moins une douzaine de marchés soit un par mois, évoque Monique Rubin, également présidente des syndicats des marchés de Drôme-Ardèche. Aujourd’hui, c’est un petit format. Dans le festival de Valence en gastronomie, ce sont 1100 enfants sur deux jours qui viennent pour le marché, mais aussi des ateliers pour le dessin, des quizz… En fonction du temps que nous avons, nous nous adaptons. Nous avons déjà œuvré pour les marchés de Martigues, Marignane, Sceaux, Amiens, Caen… Il y en a pour tout le monde et dans différents cadres. »

    À la fin de la matinée, le Marché des Enfants de La Voulte referme ses portes et les écoliers retournent à leur pain quotidien. Depuis son stand pour adultes, David porte un regard plein d’espoir sur ce passage de témoin entre les retraités qu’il considère comme ses principaux clients et la nouvelle vague. « Là, nous parlons de l’alimentation, de la santé, de l’avenir des gamins, conclut le marchand. C’est manger avec de bonnes vitamines, sans pesticides ! Mes grands-parents étaient agriculteurs donc j’ai été sensibilisé à cela et j’ai poussé dans ce sens. L’idée, c’était de diversifier les fruits et légumes, sélectionner des produits de saison. Ne pas manger des fraises en décembre, cela s’apprend ! C’est une éducation pour les années futures. » Au-delà des slogans, bien manger s’associe sans doute au début du bonheur.

    Aux quatre coins de la France

    Action menée par la Macif avec la Fédération Nationale des Marchés de France, le Marché des enfants valorise notamment les commerces de proximité en plein air, les circuits-courts et l’alimentation équilibrée après des 6-12 ans.

  • Habitat léger : pourquoi l’ont-ils choisi ?

    Habitat léger : pourquoi l’ont-ils choisi ?

    Sarah, nordiste de 33 ans, mère de trois enfants, tenait à transmettre les valeurs du vivre-ensemble à ses enfants, avec cet adage en tête : « Il faut tout un village pour élever un enfant. » Elle a été séduite par le concept des coopératives d’habitats légers qui combinent lien social et habitat léger. Un quartier résidentiel composé de yourtes, tipi ou mobil-home, souvent enserrés d’espaces communs, d’un grand potager commun et d’un verger. Depuis l’installation dans un de ces hameaux d’un nouveau style, elle vit sa parentalité autrement. Les allers-retours à l’école : ce n’est plus systématiquement elle qui s’en charge, mais un voisin disponible inscrit sur un planning au préalable. Dans ce hameau, certains achats sont mutualisés, comme les robots pâtissiers ou les livres pour enfants. « Je leur montre concrètement que réduire ses possessions allège l’esprit, que nos objets peuvent être partagés, qu’on peut être heureux sans posséder une grande maison individuelle. » Souvent à l’extérieur, ses enfants apprennent à lire les particularités des saisons. « Je veux qu’ils sentent l’humidité de l’automne, les fleurs au printemps, la sécheresse de l’air en été. »

    Habiter autrement

    Pour Philippine et Alexis, couple de trentenaires normands, le déclic est venu en plein mois d’août, au retour d’un tour du monde de quatorze mois. C’est à ce moment qu’ils réalisent que leurs besoins essentiels tiennent dans leur sac à dos de douze litres. De retour en France après avoir arpenté les six continents, l’idée de s’installer à nouveau dans leur appartement à Granville leur semble à l’opposé de l’aventure minimaliste qu’ils viennent de vivre. « Continuer à sillonner les routes d’Europe nous tentait bien. Mais je suis assistante sociale et mon conjoint chargé d’études. Ce ne sont clairement pas des jobs de digital nomades ! », plaisante Philippine. Pas question cependant d’abandonner le projet d’habiter différemment. En quelques mois, ils dénichent un terrain constructible dans la campagne de Granville, au cœur de leur Normandie natale et le tour est joué : ils construisent la « tiny house », ou plutôt la micromaison comme on dit en français, de leurs rêves : « Moins de 20m2 au sol avec deux mezzanines, le strict nécessaire », résume Alexis, tout sourire.

    L’habitat est la principale cause de consommation d’espace.*

    Se débarrasser du futile

    Depuis leur emménagement dans ce logement d’une plus petite surface, les économies réalisées les confortent dans leur choix. Désormais, il leur suffit d’allumer un lampadaire halogène pour éclairer l’ensemble de leur intérieur. Résultat, les charges d’électricité ont été divisées par trois et leur épargne est uniquement consacrée aux imprévus, « et aux voyages ! », tient à préciser Philippine. Avant de s’installer dans leur nouveau chez eux, ils ont dû se débarrasser de la moitié de leurs possessions, un bon moyen de s’alléger l’esprit selon eux. « Plus la maison est grande, plus on entasse. Ce qu’on garde ici, c’est l’essentiel », assure Philippine, qui se souvient encore de la phase de tri fastidieuse. C’était pour la bonne cause assure-t-elle : adieu le stockage compulsif !

    L’habitat léger est aussi une manière de se délester d’une charge mentale importante. « On ne se sent plus esclaves de l’entretien de la maison. On travaille toute la semaine, donc le ménage ne doit pas nous occuper plus d’une heure le week-end », expliquent-ils. Le couple note également un changement significatif dans leur relation. La proximité imposée par une petite surface renforce leur communication. « Dans une maison où chacun peut avoir sa pièce, on se réfugie vite dans notre petit confort individuel, parfois au détriment du couple », reconnaît Philippine.

    Convictions écologiques

    Principalement construit en matériaux naturels ou très peu polluants, l’habitat léger répond également à la volonté des familles d’être en accord avec ses convictions écologiques. En dehors de la sobriété, la valeur cardinale de l’habitat léger est la réduction de son empreinte environnementale. « Hors de question de bétonner, le terrassement de notre logement est en pierres », assure Alexis. Bémol de ce type de logement : l’isolation. Elle doit être une priorité lors de l’installation pour éviter toute gêne occasionnée par l’humidité, mais la capacité d’accueil en est significativement réduite. « Mais ce n’est pas moins convivial pour autant », rassure Sarah.

    * https://www.insee.fr/fr/statistiques/7721436

  • L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    Gérer les différentes tâches de la maison depuis son smartphone, depuis quelques années, c’est possible. Notre habitat est devenu intelligent et connecté. Du chauffage à la lumière en passant par les systèmes de sécurité, l’électroménager ou les volets roulants, la domotique permet à tous de centraliser et automatiser la gestion de sa maison. « Il y a quatre piliers en domotique : le confort, la sécurité, le multimédia, mais aussi la maîtrise de la consommation énergétique », estime François-Xavier Jeuland, fondateur de l’Observatoire de l’immobilier connecté et responsable et vice-président de la Smart Buildings Alliance (SBA), une association réunissant 500 entreprises avec comme vocation d’être l’organisation de référence du smart building.

    Maîtriser sa consommation d’énergie

    Vivre dans une maison connectée ne se résume donc pas simplement à déclencher une lessive depuis son smartphone ou lancer une playlist en s’adressant à son assistant vocal. Nicolas, 50 ans, a par exemple opté pour un thermostat connecté pour sa maison en banlieue parisienne. Relié à sa chaudière à gaz, il lui permet de choisir quand et quelle pièce chauffer selon des plannings qu’il peur affiner à volonté. « La nuit je règle la température à 16 degrés, ensuite ça chauffe un peu le matin quand on se lève, puis le chauffage s’éteint la journée pour s’enclencher de nouveau en fin de journée quand on rentre du travail », explique-t-il. Un peu geek, il s’intéresse à la domotique depuis déjà plusieurs années, séduit par toutes les possibilités qu’elle peut offrir. Sa maison est aujourd’hui presque entièrement connectée. « J’ai installé entre autres des capteurs de mouvements. Quand je monte me coucher, une lampe s’allume pendant une minute et puis elle s’éteint. Mais aussi un détecteur de fuite d’eau. Si l’eau coule, ça sonne directement sur mon portable, il existe même des électrovannes qui peuvent couper l’arrivée d’eau en cas de fuite. Tout ça c’est du confort, mais ça permet également de ne pas gaspiller le gaz, l’électricité ou l’eau ! », ajoute-t-il.

    « Éviter le gaspillage, ça offre de belles économies sur sa facture d’électricité », sourit Malek, 35 ans, qui a lui décidé d’équiper son pavillon près de Grenoble il y a quelques mois, en pleine flambée du prix de l’énergie. Initialement novice en matière de domotique, c’est un ami qui lui a conseillé de sauter le pas : « J’ai donc installé un thermostat connecté. Ça permet vraiment d’optimiser ma consommation. Pour l’instant, je suis à peu près à 20 % de moins que l’hiver dernier. En gros, je ne chauffe plus pour rien ! »

    Économie d’eau et chauffage naturel

    La diminution de la consommation est telle après l’installation d’un thermostat connecté que le gouvernement a même récemment lancé un dispositif d’aide à ceux qui voudraient s’en équiper. Entrée en vigueur le 1er décembre dernier, il permet de faire poser chez soi par un professionnel des thermostats et des têtes thermostatiques connectés et de bénéficier de 260 € à 624 € d’aide à l’installation. La domotique contribue aussi à éviter le gaspillage d’une autre manière : en faisant prendre conscience de sa consommation, notamment celle de l’eau.

    Malek a donc opté pour un pommeau de douche connecté. « C’est assez simple. Quand on prend une douche, il s’allume. D’abord en vert entre 0 et 10 litres consommés, puis en bleu entre 10 et 20, etc. Jusqu’à 40 litres où, là, il se met carrément à clignoter », s’amuse le trentenaire. Connecté à une application, le pommeau peut mémoriser jusqu’à 200 douches et les transmettre pour permettre à l’utilisateur de suivre ses économies dans le temps. « Pour mon fils de 8 ans, c’est presque devenu un jeu. Il essaie d’utiliser le moins d’eau possible », raconte Malek. Bientôt, il voudrait encore aller un peu plus loin pour faire diminuer sa consommation d’énergie. « J’aimerais changer la motorisation des volets roulants de ma baie vitrée, de mes fenêtres et portes-fenêtres » prévoit l’Isérois. En hiver, grâce à un micromodule connecté à des capteurs météo et à son thermostat, il pourrait se servir de la lumière du soleil pour chauffer naturellement la maison. « Et l’été, les volets se baisseront tout seuls quand il fera trop chaud ou que le soleil tapera trop dans la maison, pour garder la fraîcheur », s’imagine déjà Malek.

    Vers une domotique moins énergivore

    La copie de la domotique n’est cependant pas encore parfaite. L’accumulation d’objets connectés se révèle forcément énergivore. « Notamment si on réfléchit en termes de bande passante ou au niveau des data centers », précise François-Xavier Jeuland. Mais les fabricants et les Gafam se sont accordés pour mettre en place le protocole Matter, un standard unifiant tous les objets connectés d’un logement pour leur fonctionnement. Une uniformisation qui devrait se généraliser et permettre d’alléger le coût en énergie de la domotique.  Selon lui, la domotique peut devenir aussi incontournable demain que l’isolation thermique aujourd’hui pour rendre la maison plus verte : « Il me semble que les objets connectés font partie de la solution. Ils sont très faciles à mettre en œuvre et ont un vrai impact. 20 à 30 % de consommation en moins grâce aux thermostats connectés, ce n’est pas négligeable. »

  • L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    Gérer les différentes tâches de la maison depuis son smartphone, depuis quelques années, c’est possible. Notre habitat est devenu intelligent et connecté. Du chauffage à la lumière en passant par les systèmes de sécurité, l’électroménager ou les volets roulants, la domotique permet à tous de centraliser et automatiser la gestion de sa maison. « Il y a quatre piliers en domotique : le confort, la sécurité, le multimédia, mais aussi la maîtrise de la consommation énergétique », estime François-Xavier Jeuland, fondateur de l’Observatoire de l’immobilier connecté et responsable et vice-président de la Smart Buildings Alliance (SBA), une association réunissant 500 entreprises avec comme vocation d’être l’organisation de référence du smart building.

    Maîtriser sa consommation d’énergie

    Vivre dans une maison connectée ne se résume donc pas simplement à déclencher une lessive depuis son smartphone ou lancer une playlist en s’adressant à son assistant vocal. Nicolas, 50 ans, a par exemple opté pour un thermostat connecté pour sa maison en banlieue parisienne. Relié à sa chaudière à gaz, il lui permet de choisir quand et quelle pièce chauffer selon des plannings qu’il peur affiner à volonté. « La nuit je règle la température à 16 degrés, ensuite ça chauffe un peu le matin quand on se lève, puis le chauffage s’éteint la journée pour s’enclencher de nouveau en fin de journée quand on rentre du travail », explique-t-il. Un peu geek, il s’intéresse à la domotique depuis déjà plusieurs années, séduit par toutes les possibilités qu’elle peut offrir. Sa maison est aujourd’hui presque entièrement connectée. « J’ai installé entre autres des capteurs de mouvements. Quand je monte me coucher, une lampe s’allume pendant une minute et puis elle s’éteint. Mais aussi un détecteur de fuite d’eau. Si l’eau coule, ça sonne directement sur mon portable, il existe même des électrovannes qui peuvent couper l’arrivée d’eau en cas de fuite. Tout ça c’est du confort, mais ça permet également de ne pas gaspiller le gaz, l’électricité ou l’eau ! », ajoute-t-il.

    « Éviter le gaspillage, ça offre de belles économies sur sa facture d’électricité », sourit Malek, 35 ans, qui a lui décidé d’équiper son pavillon près de Grenoble il y a quelques mois, en pleine flambée du prix de l’énergie. Initialement novice en matière de domotique, c’est un ami qui lui a conseillé de sauter le pas : « J’ai donc installé un thermostat connecté. Ça permet vraiment d’optimiser ma consommation. Pour l’instant, je suis à peu près à 20 % de moins que l’hiver dernier. En gros, je ne chauffe plus pour rien ! »

    Économie d’eau et chauffage naturel

    La diminution de la consommation est telle après l’installation d’un thermostat connecté que le gouvernement a même récemment lancé un dispositif d’aide à ceux qui voudraient s’en équiper. Entrée en vigueur le 1er décembre dernier, il permet de faire poser chez soi par un professionnel des thermostats et des têtes thermostatiques connectés et de bénéficier de 260 € à 624 € d’aide à l’installation. La domotique contribue aussi à éviter le gaspillage d’une autre manière : en faisant prendre conscience de sa consommation, notamment celle de l’eau.

    Malek a donc opté pour un pommeau de douche connecté. « C’est assez simple. Quand on prend une douche, il s’allume. D’abord en vert entre 0 et 10 litres consommés, puis en bleu entre 10 et 20, etc. Jusqu’à 40 litres où, là, il se met carrément à clignoter », s’amuse le trentenaire. Connecté à une application, le pommeau peut mémoriser jusqu’à 200 douches et les transmettre pour permettre à l’utilisateur de suivre ses économies dans le temps. « Pour mon fils de 8 ans, c’est presque devenu un jeu. Il essaie d’utiliser le moins d’eau possible », raconte Malek. Bientôt, il voudrait encore aller un peu plus loin pour faire diminuer sa consommation d’énergie. « J’aimerais changer la motorisation des volets roulants de ma baie vitrée, de mes fenêtres et portes-fenêtres » prévoit l’Isérois. En hiver, grâce à un micromodule connecté à des capteurs météo et à son thermostat, il pourrait se servir de la lumière du soleil pour chauffer naturellement la maison. « Et l’été, les volets se baisseront tout seuls quand il fera trop chaud ou que le soleil tapera trop dans la maison, pour garder la fraîcheur », s’imagine déjà Malek.

    Vers une domotique moins énergivore

    La copie de la domotique n’est cependant pas encore parfaite. L’accumulation d’objets connectés se révèle forcément énergivore. « Notamment si on réfléchit en termes de bande passante ou au niveau des data centers », précise François-Xavier Jeuland. Mais les fabricants et les Gafam se sont accordés pour mettre en place le protocole Matter, un standard unifiant tous les objets connectés d’un logement pour leur fonctionnement. Une uniformisation qui devrait se généraliser et permettre d’alléger le coût en énergie de la domotique.  Selon lui, la domotique peut devenir aussi incontournable demain que l’isolation thermique aujourd’hui pour rendre la maison plus verte : « Il me semble que les objets connectés font partie de la solution. Ils sont très faciles à mettre en œuvre et ont un vrai impact. 20 à 30 % de consommation en moins grâce aux thermostats connectés, ce n’est pas négligeable. »

  • Comment les jeunes vivent la crise climatique ?

    Comment les jeunes vivent la crise climatique ?

    « Je suis inquiet pour la planète, parce que personne ne fait attention et tout le monde jette ses déchets par terre, dans la mer ou dans la rue. » Oscar, 7 ans, habite dans le Val-d’Oise. Depuis son entrée en CP, il s’intéresse de plus en plus à l’environnement. « On en parle un petit peu avec la maîtresse. Elle nous explique qu’il faut faire attention à la planète, qu’on en a qu’une et qu’il ne faut pas polluer. » L’autre jour, avec son amie Anna, il a même entrepris de ramasser les mouchoirs et les papiers qui traînaient dans la cour de récréation.

    Jeune génération préoccupée

    « L’école a un rôle fondamental à jouer pour sensibiliser les enfants aux sujets environnementaux », décrypte Anaïs Rocci, sociologue au sein de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Chaque année, l’Ademe publie un baromètre sur les représentations sociales du changement climatique. La dernière édition est sortie en décembre 2023. « La question environnementale fait partie des préoccupations principales des jeunes, poursuit l’experte. Elle est dans le top 2 des 15-17 ans, juste après l’inflation. C’est la seule tranche d’âge pour qui l’environnement arrive aussi haut. Et parmi tous les sujets liés, c’est le réchauffement climatique qui inquiète le plus (64%), loin devant la dégradation de la faune et de la flore (31%) ou la pollution de l’eau (35%). »

    Ne pas céder à la panique

    Un constat que partage Sixtine, 16 ans. L’adolescente vit en Indre-et-Loire. Elle a été frappée par les températures « quasi-estivales » ressenties à Noël. « C’est tangible. Quand on sort avec un petit pull en décembre, forcément on se dit qu’il y a un problème. » Pour autant, la jeune femme refuse de céder à la panique. « Pendant le confinement, je me renseignais beaucoup sur ces sujets et ça me créait de l’anxiété. Je voyais bien qu’à mon échelle, je ne pourrais pas régler tous les problèmes décrits sur les réseaux sociaux et dans les médias. C’est effrayant, on parle de la fin de l’Humanité. Donc j’essaie de prendre du recul. J’opère quelques petits changements, mais je ne veux plus nourrir un stress par rapport à l’écologie. Ça ne changera pas grand-chose, si ce n’est me pourrir la vie. » Ainsi, si dans son quotidien l’adolescente privilégie les trajets à vélo, elle le fait davantage « parce que c’est pratique que pour sauver la planète ».

    À en croire les données de l’Ademe, de nombreux jeunes de l’âge de Sixtine partagent le même fatalisme. « Cela peut s’expliquer par le sentiment que les acteurs qui seraient les plus à même d’agir ne jouent pas leur rôle. Il y a une véritable lassitude vis-à-vis de ces injonctions aux petits gestes », explique la sociologue Anaïs Rocci. « Je trouve qu’il y a beaucoup de pression sur notre génération pour porter les changements nécessaires, renchérit de son côté Sixtine. C’est rude de devoir faire face, seuls, à ce problème existentiel pour l’être humain. Ce devrait être aux organisations internationales de faire bouger les lignes, ce sont elles qui ont le pouvoir. »

    De la prise de conscience à l’action

    Même s’ils sont globalement plus inquiets et avertis que les générations antérieures, les jeunes n’ont pas des pratiques plus vertueuses que le reste de la population, nuance Anaïs Rocci. Par exemple, seuls 72 % des 15-17 ans déclarent trier leurs déchets, contre 83 % des Français en moyenne. Pareil pour la consommation : 43 % des 15-17 ans et 40 % des 18-24 déclarent consommer moins, contre 56 % des Français en moyenne. Ce qui n’empêche pas certains de se mobiliser, comme Victor, 19 ans. Il fait partie des 19 % de 18-24 ans qui participent à des manifestations pour le climat. « Ça aide à se sentir moins seul, moins impuissant », ajoute-t-il. Sa génération est aussi celle qui s’engage le plus dans des associations de protection de l’environnement (15 % des 18-24 ans, contre 8 % des Français en moyenne). Mais elle compte simultanément le plus de climatosceptiques : 6 % des 18-24 ans restent persuadés que le changement climatique est un leurre, soit deux fois plus que la moyenne nationale.

    Pour lutter contre ce phénomène, les médias ont un rôle essentiel à jouer. Mais cela ne peut se faire sans une remise en question profonde sur la manière dont y sont traitées ces thématiques. « Aujourd’hui, 57 % des jeunes ont le sentiment de ne pas connaître les sources fiables sur les sujets environnementaux », poursuit Anaïs Rocci. Pourtant, ils préfèrent consulter les réseaux sociaux aux dépens des médias traditionnels. C’est le cas de Sixtine, qui, comme de nombreux jeunes de son âge, ne rate jamais une vidéo du Youtubeur Hugo Décrypte, dont les vidéos concises vulgarisent l’actualité quotidienne. « Ils estiment que la manière dont les médias traditionnels traitent les sujets environnementaux est trop négative et angoissante, martèle Anaïs Rocci. Les réseaux leur proposent des contenus plus clairs, plus concis, plus positifs, avec des solutions et des perspectives concrètes qui répondent mieux à leur besoin. Cela leur apporte plus de sérénité par rapport aux angoisses qu’ils peuvent ressentir. »

  • Les bonnes nouvelles pour l’environnement de 2023

    Les bonnes nouvelles pour l’environnement de 2023

    C’est un come-back qui est passé sous les radars. Au printemps dernier, les bousiers faisaient leur grand retour dans le sud-ouest de la France. Ces scarabées ont été réintroduits en avril dans les Landes où ils avaient disparu dans les années 1960. Si le retour d’insectes peut sembler anecdotique, c’est une vraie bonne nouvelle car ces scarabées jouent un rôle clé dans la dispersion de la matière. Ils devraient permettre de restaurer une fonction vitale de l’écosystème et de participer au foisonnement de la vie sauvage dans la réserve de l’étang de Cousseau. L’initiative participe d’une politique de réensauvagement qui a fait ses preuves pour le maintien et la restauration des écosystèmes, mais aussi pour la sauvegarde des espèces.

    Le retour de la vie sauvage

    Le réensauvagement ainsi que des politiques publiques de conservation et de sauvegarde efficaces ont permis un vrai retour de la vie sauvage en Europe. Le lynx ibérique pourrait bien être le symbole ultime de cette tendance. Il y a une vingtaine d’années, cet animal était le félin le plus menacé du monde. Il n’en subsistait d’ailleurs qu’une centaine dans le sud de l’Espagne. Aujourd’hui, grâce à un programme d’élevage en captivité, il y en aurait près de 1700 ! De quoi espérer que bientôt l’espèce ne soit plus menacée. En France aussi, les espèces sauvages sont de retour dans nos territoires. À titre d’exemple, la population de vautour fauve a augmenté de 51 % depuis 2012, les effectifs des populations de bouquetins des Alpes multipliés par 60 en plus de quarante ans.

    Autre continent, autre bonne nouvelle, en Afrique, l’emblématique rhinocéros reprend du poil de la bête. Le nombre de pachydermes comptabilisés sur le continent africain en 2022 est en hausse de 5,2% par rapport à 2021 selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Si l’on élargit le spectre plus loin dans le monde, les raisons d’espérer sont là encore nombreuses. Quelques années après les mégafeux de 2019, la biodiversité se refait la cerise en Australie. Cette année, 26 espèces animales ont ainsi été rayées de la liste des espèces en voie d’extinction. C’est notamment le cas de la baleine à bosse.

    Océans toujours, en octobre dernier, une coalition de 45 pays (dont la France) s’est engagée à donner 12 milliards de dollars pour protéger les coraux. Objectif du projet Coral Reef Breakthrough : protéger les coraux du changement climatique, de la pollution de l’eau et de la surpêche et doubler les zones de récifs coralliens placées sous protection d’ici 2030.

    Vers la fin de la déforestation de l’Amazonie ?

    Quelques autres décisions et événements marquants devraient avoir à court terme un impact sur la biodiversité. Une des bonnes nouvelles de l’année nous vient du Brésil et de l’Amazonie. Après des années de déforestation sauvage, le poumon vert de la planète reprend des forces. D’après des données officielles publiées par le gouvernement brésilien, la déforestation avait chuté en août de 66 % par rapport à juillet 2022. Le président du pays assurait d’ailleurs vouloir tout mettre en œuvre pour éradiquer totalement la déforestation illégale d’ici 2030.

    Moins de pollution

    Enfin plus proche de chez nous au Pays-Bas. L’aéroport de Schiphol-Amsterdam, va interdire à l’horizon 2025-2026 les vols de nuit et les jets privés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et les nuisances sonores. L’aéroport qui figure parmi les plus fréquentés d’Europe vise même une réduction de 10 % de ces vols à l’horizon novembre 2024. De quoi donner des idées à d’autres aéroports ? Et encourager les gens à privilégier le train ? Peut-être. L’équipe de France de football a décidé de tenter l’expérience. Killian Mbappé et ses partenaires devraient faire leur premier trajet en train sous le maillot bleu en mars 2024, à l’occasion d’un match amical prévu à Lyon.

  • Nouvelles Conversations : le podcast d’un monde en pleine mutation

    Nouvelles Conversations : le podcast d’un monde en pleine mutation

    Épisode 1 – Quel est le rôle d’une entreprise ?

    Dans ce premier épisode, le philosophe André Comte-Sponville et le directeur général de la Macif Jean-Philippe Dogneton abordent la question de l’urgence climatique. L’occasion d’évoquer le rôle que doivent jouer les entreprises, notamment mutualistes, face à ce défi majeur. Mais au fait, quel est le rôle d’une entreprise ?

    Épisode 2 – L’économie sociale et solidaire

    Dans ce deuxième épisode, le philosophe André Comte-Sponville et le directeur général de la Macif Jean-Philippe Dogneton échangent sur l’économie sociale et solidaire, cette forme alternative au modèle économique dominant. Une forme qui pourrait être la voie à emprunter pour s’attaquer à la crise climatique.

    Épisode 3 – Solidarité : de quoi est-ce le nom ?

    Dans ce troisième épisode, le philosophe André Comte-Sponville et le directeur général de la Macif Jean-Philippe Dogneton s’entretiennent autour d’un mot clé : Solidarité. De quoi est-ce le nom ? Et en quoi ce principe peut-il accélérer les évolutions sociétales nécessaires ?

  • Wabi, le podcast pour prendre soin de soi et de la Nature

    Wabi, le podcast pour prendre soin de soi et de la Nature

    Épisode 1 – Camille Étienne

    Depuis la sortie de sa vidéo « Réveillons-nous » aux millions de vues en mai 2020, Camille Etienne est devenue porte-parole d’une nouvelle génération engagée face à l’urgence climatique. Elle a créé le mouvement Avant l’orage qui travaille sur l’imaginaire, mêlant art et écologie. Dans son mini-film « Génération », la militante appelle à la cohésion de ces courants de pensées et des modes de vie parfois divergents, dans un contexte d’urgence climatique. Pour Camille Etienne, le fait de faire de l’écologie et du climat une question de rupture entre les générations est une impasse, une perte de temps. Plutôt que de perdre du temps en incompréhensions et tensions, il faut essayer de trouver des points de convergence.

    Épisode 2 – Jean-Louis Étienne

    Médecin et explorateur, Jean-Louis Étienne est le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire, tirant lui-même son traîneau pendant 63 jours. Infatigable défenseur de la planète, il a mené plusieurs expéditions à vocation pédagogique et scientifique pour faire connaître les régions polaires et comprendre le rôle qu’elles jouent sur la vie et le climat de la terre. 

    Épisode 3 – Matthieu Tordeur

    Sportif, auteur, conférencier membre de la Société des Explorateurs Français : Matthieu Tordeur est un véritable aventurier. En 2019, il est devenu le premier Français et le plus jeune au monde à rallier le pôle Sud en solitaire, à ski et sans ravitaillement. La beauté du monde, il la contemple et fait son possible pour la faire connaitre aux autres, pour la protéger tous ensemble.

    Épisode 4 – Flore Vasseur

    Écrivain, journaliste et réalisatrice, Flore Vasseur s’est donné un objectif : comprendre pour trouver des solutions. Lorsque son fils de 7 ans l’interroge : « Maman ça veut dire quoi : ‘la planète va mourir ?’ ». Elle se retrouve démunie. Elle décide alors de faire un film pour lui et sa génération qui leur explique ce qu’il se passe et ce qu’il est possible de faire. Son documentaire “Bigger Than Us” présenté au festival de Cannes en 2021 montre les actions extraordinaires menées par sept jeunes, chacun dans leur pays, pour changer le monde.

    Épisode 5 – Christian Vanizette

    C’est un des entrepreneurs sociaux pionniers en France. Diplômé de la Barack Obama Foundation, Christian Vanizette a fondé Make Sense, une des première start-up à impact social, en 2010. Plus de 200 000 citoyens se sont mobilisés autour de projets sociétaux et environnementaux. Originaire de Tahiti, il a à cœur de préserver la planète pour son fils et les générations futures.

    Épisode 6 – Sophie Rabhi

    La « pédagogie de la bienveillance » : tel est le credo de Sophie Rabhi, éducatrice et fondatrice de “la Ferme des Enfants” en Ardèche et de l’écovillage intergénérationnel « Le Hameau des Buis ». Comment vivre en harmonie entre humains et avec la Nature ? Comment rendre soin de soi, des autres et du monde qui nous entoure ? Des questions auxquelles elle tente de répondre.

  • Comment lutter contre les aléas naturels ?

    Comment lutter contre les aléas naturels ?

    Qu’est-ce qu’un aléa naturel ?

    Virginie Hilssone-Lévy : C’est un phénomène d’origine naturelle qui se développe dans un milieu tel que l’eau, le sol ou l’air. Il est plus ou moins prévisible et peut être brutal, potentiellement dangereux pour les humains et avec des impacts environnementaux parfois importants.

    Quels sont les principaux risques naturels qui touchent la France ? Y en a-t-il des plus dangereux que les autres ?

    V. H-L. : On compte 8 principaux types d’aléas naturels : les inondations, les séismes, les mouvements de terrain, les avalanches, les feux de forêt, les tempêtes, les cyclones et les éruptions volcaniques. Le risque d’inondation est le plus important en termes de personnes concernées et d’ampleur des dommages matériels causés. Mais les 8 aléas sont tous potentiellement dangereux, selon la force qu’ils vont avoir, selon leur étendue, on ne peut pas réellement les classer. Les orages par exemple sont un phénomène météo compliqué à prévoir car leur formation dépend de nombreux paramètres, les avalanches sont elles aussi difficiles à prédire et certains aléas en entraînent d’autres qu’on ne peut pas toujours pronostiquer.

    Près de 17 millions de personnes

    soit ¼ de la population française, sont exposées au risque d’inondation.

    Quelles sont les régions les plus concernées ?

    V. H-L. : Les régions du Sud-Est près de la Méditerranée sont davantage exposées aux inondations en automne, les tempêtes concernent plutôt les régions du Nord-Ouest comme la Bretagne ou la Normandie. Les incendies touchaient jusqu’alors principalement la région PACA et la Corse mais on a pu voir cette année que désormais, avec le réchauffement climatique et les sécheresses qui en découlent, les feux touchent également la moitié nord. Pour certains aléas naturels, on observe que l’urbanisation joue sur les conséquences de ceux-ci. Par exemple, en automne, un épisode de pluie continue peut faire déborder un cours d’eau qui pourrait être partiellement réabsorbé par les sols avoisinants, mais en ville, si les sols sont bétonnés, il n’y a pas d’évacuation possible de ces eaux, et les niveaux augmentent considérablement plus vite dans les rues, les sous-sols des habitations, etc.

    Le réchauffement climatique est-il le seul responsable de l’augmentation de ces événements naturels ?

    V. H-L. : Il y a plutôt un consensus scientifique sur le fait que les activités humaines entraînent le réchauffement climatique qui conduit à une augmentation du nombre et de l’intensité des aléas naturels. Ils ne seront pas tous plus nombreux mais ils seront plus graves. Par exemple, les scientifiques démontrent que pour chaque degré en plus dans l’atmosphère, cela provoquera 7% de pluie en plus. Donc tous les phénomènes associés, comme les ouragans ou les tempêtes, seront plus intenses. Il est important que tout le monde connaisse son niveau d’exposition à ces risques et les bons gestes pour en atténuer les conséquences.

    Comment expliquer de manière simple et non anxiogène le réchauffement climatique et ses conséquences à ses enfants ?

    V. H-L. : On peut faire un dessin avec une planète et plusieurs autres éléments comme des voitures, des usines, le soleil. On explique alors que les principaux éléments pollueurs rejettent du CO2, un gaz qui retient l’énergie du soleil et qui le transforme en chaleur. Que plus il y a de ce gaz dans l’atmosphère, plus ça réchauffe les sols et les océans et que cela a des conséquences directes sur l’environnement, par exemple des plantes qui ne peuvent plus pousser aux mêmes endroits, des animaux qui doivent se déplacer pour retrouver leur nourriture habituelle etc. Le traitement anxiogène type fin du monde n’est pas nécessaire, il vaut mieux dire qu’il y a effectivement un problème mais que nous faisons partie de la solution. Il est essentiel de leur expliquer qu’il faut revoir notre manière de vivre pour éviter ces conséquences.

    Justement, comment chacun peut lutter le réchauffement climatique ? Quel type d’écogestes bas carbone peut-on faire ?

    V. H-L. : C’est en comptant à l’échelle collective qu’il y a un impact global. On est de plus en plus nombreux à prendre conscience des enjeux, et cette conscience écologique peut créer un effet de pression aux changements, notamment envers les politiques. À titre individuel, il ne faut surtout pas se dire “Si les autres n’agissent pas, ça sert à rien que moi je le fasse” car sinon c’est un cercle contreproductif qui se met en place plutôt qu’un principe d’influence positive. C’est essentiel de se dire que des petits gestes peuvent avoir un grand impact, ça ne stoppera pas le réchauffement mais ça peut aider à ce que les conséquences soient moins catastrophiques. Il y a 5 actions clés à mettre en place : le choix de son mode de transport (opter pour les moins polluants lorsque c’est possible), manger moins de viande (pour limiter les activités à émissions de gaz à effet de serre), réduire ses déchets alimentaires (le traitement des ordures polluent énormément), limiter sa pollution numérique (regarder ses séries en wifi plutôt qu’en 4G) et réduire sa consommation d’électricité (éteindre plutôt que de mettre en veille). L’idée principale, c’est de ne pas toujours être dans la contrainte et que ces gestes deviennent des réflexes.

    1 Ecologie.gouv

  • Les jeunes consomment-ils différemment que leurs aînés ?

    Les jeunes consomment-ils différemment que leurs aînés ?

    Dis-moi quel âge tu as, je te dirai comment tu consommes

    On les imagine smartphones de seconde main en poche, sapes solidaires sur le dos, sneakers à impact positif aux pieds, encas vegan dans le ventre : à en croire les imaginaires, les jeunes formeraient un groupe homogène de consommateurs éveillés et responsables. C’est du moins ce que l’on pourrait déduire de la médiatisation de cette “génération Greta Thunberg”, marcheuse pour le climat, politiquement verte, adepte de Vinted et Biocoop, vent debout contre l’ancien monde des entreprises et celui des “boomers”.

    De fait, la prise de conscience existe bien chez certains : Romain, 24 ans, responsable de communication interne dans un fond d’investissement parisien, explique ainsi que ses habitudes de consommation ont évolué ces dernières années : « J’ai réellement plus conscience de mon impact écologique. J’achète beaucoup moins de produits transformés pour l’alimentation. Je n’achète plus ou alors très peu de vêtements issues du fast fashion par rapport à avant ». Maxime Delavallée, se félicite lui de rassembler 50 000 visiteurs actifs chaque mois sur le site de sa boutique en ligne de vêtements vintage de seconde main CrushOn. « Dans les nombreux retours de nos clients, la satisfaction provient à la fois de l’acte militant d’acheter de la mode de seconde-main sourcée par des commerçants indépendants à taille humaine, et de l’unicité stylistique et au glamour de porter du vintage » témoigne-t-il.

    Lire aussi : Comment consommer la mode de façon responsable ?

    Pourtant, il suffit de se pencher plus sérieusement sur les chiffres pour constater que ce seul constat est loin d’être pleinement représentatif des comportements d’achat des représentants de la jeunesse. Fin 2019, le Crédoc concluait son étude « Consommation et modes de vie » pour l’ADEME en notant que « les jeunes ont de fortes inquiétudes mais leurs comportements restent consuméristes ». Bien que l’environnement soit en tête de leurs préoccupations, ils sont toujours plus enclins à prendre l’avion et à faire les soldes que le reste de la population, et moins prêts qu’eux à calmer leur cadence d’achats. Laurène, 21 ans, étudiante à l’Ecole de Sage-Femme de Dijon, concède par exemple qu’elle « achète beaucoup plus de choses dites non essentielles (vêtements, produits multimédias…) » que ses parents, « alors qu’eux, qui avaient souvent moins de moyens, se concentraient sur des choses indispensables (voiture, loyer…) ».

    Les jeunes sont-ils touchés par une forme d’hypocrisie ? Non : c’est plutôt que les termes du débat sont mal posés.

    À la recherche du consommateur parfait

    « Jeune ou pas, personne ou presque ne fréquente exclusivement McDonald’s, ou exclusivement des Salad Bars vegan et il nous arrive tous de nous retrouver dans la situation de récupérer un panier d’Amap sur le chemin d’Ikea ou une commande Amazon en même temps qu’un colis Vinted » rappelle l’essayiste Jean-Laurent Cassely, spécialiste des tendances urbaines et nouveaux modes de consommation. « Dans une étude que j’ai pu mener avec l’ObSoCo (ndlr : Les jeunes urbains créatifs, contre-culture ou futur de la consommation, ObSoCo, 2018), on s’est demandé si les jeunes diplômés qui incarnent souvent l’avant-garde dans les médias étaient plutôt alter-consommateurs ou hyper-consommateurs : en fait la plupart des gens sont tiraillés entre ces deux modèles, et rares sont ceux qui ont un profil “pur ». »

    « Ce qui est clair c’est que l’alter-consommateur modèle ne correspond pas forcément aux comportements des “vrais gens”, y compris parmi les fameux Millennials »

    Jean-Laurent Cassely, spécialiste des nouveaux modes de consommation

    Quand on pose la question aux principaux intéressés, il est effectivement difficile d’obtenir des réponses tranchées : à choisir s’ils sont plus portés sur la fête commerciale du Black Friday ou son boycott, le Green Friday, Romain répond « ni l’un ni l’autre », Laurène « entre les deux extrêmes » et Léa, 27 ans, consultante en communication dans une agence parisienne, « les deux ».

    Pour beaucoup, cette ambivalence traduit en fait la mise en place d’un mécanisme de balancier, qui consiste à contrebalancer sa consommation non-raisonnable par des achats vertueux. « C’est un jeu des compensations qui s’observe beaucoup dans le discours de l’alter-consommation, précise Jean-Laurent Cassely. Plus on prend l’avion, plus on va chez McDo, et plus il faudra acheter des produits verts ou en vrac pour compenser ». Un constat qui abonde dans le sens du raisonnement de Romain, qui avoue « compenser avec des actions quotidiennes comme le tri des déchets ou le recours à l’économie circulaire » son « addiction à tout ce que peut apporter l’uberisation (commandes de nourriture, VTC) ».

    Lire aussi : Économie circulaire et collaborative : quels sont les enjeux ?

    D’ailleurs, un même comportement d’achat peut dissimuler des aspirations bien distinctes. Le fait de moins consommer, par exemple, peut cacher à la fois un sens des responsabilités aigu comme un simple manque de moyens. « On observe notamment du côté de la jeunesse ce qu’on appelle des comportements de transition, analyse Jean-Laurent Cassely. Si les jeunes n’ont pas de voiture ou qu’ils ne sont pas propriétaires de leur logement, c’est parfois tout simplement parce qu’ils ne sont pas stabilisés dans vie d’adulte, et qu’ils n’en ont pas encore besoin ». Un constat confirmé par une étude menée par le chercheur Richard Grimal sur une cohorte de jeunes français, dans laquelle il atteste que « les opinions et les attitudes de la génération Y ne jouent aucun rôle » dans le fait que les jeunes utilisent moins la voiture que leurs aînés, et que l’explication est plutôt à chercher du côté de leur non-entrée dans la vie d’adulte et dans l’obtention des moyens financiers qui l’accompagne. « Pour résumer, on peut dire que les jeunes prennent dès qu’ils le peuvent le même pli que les fameux boomers que l’on accuse aujourd’hui de tous les maux sur la consommation » ironise Jean-Laurent Cassely.

    « Un jeune, c’est un être humain pas très différent des autres »

    Jean-Laurent Cassely

    De la conso au discours : où est le fake ?

    C’est donc surtout dans les discours que la confusion règne. D’abord parce que saisir “les jeunes” comme un groupe uniforme est vain. Dans son livre Millennial Burn-Out (Arkhé, 2019), Vincent Cocquebert confirme que « derrière cet énième mythe générationnel » se cache « une armée de marketeurs et autres consultants avides d’alimenter la machine à poncifs pour faire tourner un juteux business ».

    Et pose, in fine, la question : « Et si les millennials n’existaient pas ? ».

    Mais la confusion vient aussi et surtout du fait que les projecteurs n’ont tendance à ne se braquer que sur une seule facette des modes de consommation. « Dans les faits, c’est souvent la recherche du meilleur prix qui l’emporte, mais dans le discours, c’est l’écologie, l’éthique ou la consommation responsable qui prend le pas, observe Jean-Laurent Cassely. La raison à cela, c’est que les catégories culturelles monopolisent le discours sur la consommation, alors que celles et ceux cherchent simplement le meilleur objet au meilleur prix ne prennent pas la parole ; non pas parce que ce modèle est honteux mais il ne fait pas l’objet d’un discours et d’une philosophie ».

    Dans son livre co-écrit avec la sociologue et directrice de recherche au CNRS Monique Dagnaud, Génération surdiplômée, les 20 qui transforme la France (Odile Jacob, 2021), Jean-Laurent Cassely rappelle ainsi que seul un Français sur cinq a un master ou le diplôme d’une grande école en poche, mais que ce petit groupe des 20% se retrouve aux manettes des prescription de tendances. Les modes de consommation semblent donc moins une question d’âge qu’une question de catégorie socio-professionnelle.

    Et si hypocrisie il y a, elle ne vient pas des jeunes, mais de son élite culturelle. « Depuis que la société de consommation existe, les intellectuels français s’y opposent, confirme Jean-Laurent Cassely. Il y a un décalage immense entre le discours critique sur la consommation et la place qu’elle occupe dans la société : la France est le second marché de McDonald après les US, la grande distribution traditionnelle, le discount et Amazon s’y sont très bien implantés, mais la condamnation de la “société de consommation” continue d’être la position dominante dans les médias et parmi les intellectuels, ce qui a tendance à creuser l’écart avec les consommateurs lambda qui sont pourtant conscients pour beaucoup des limites du consumérisme, mais en tirent également des satisfactions réelles ».