Étiquette : Habitat

  • Fatou Kaba « J’emménage avec mon mari, ce sera mon premier “chez-moi” »

    Fatou Kaba « J’emménage avec mon mari, ce sera mon premier “chez-moi” »

    As-tu beaucoup déménagé depuis ton enfance ?

    Fatou Kaba : Jamais ! Je vis au même endroit depuis toujours, dans la maison familiale, 
    avec ma mère. Et justement je vais bientôt déménager pour la première fois pour
    emménager avec mon mari. Ce sera mon premier vrai “chez moi”.
     

    Et donc, tu as la même chambre depuis que tu es petite ?

    F.K. : Oui c’est la même pièce mais j’ai changé la déco au moins 3-4 fois en grandissant, à 
    chaque nouvelle phase de ma vie. Et quand je change, je change ! Je ne garde rien de la
    déco précédente. À part une photo de mon père et de ma mère. C’est d’ailleurs la seule
    chose qui me suivra dans mon déménagement.
     

    Justement, quel style de déco tu prévois pour ton premier appartement ?

    F.K. : J’ai grandi dans une famille où se séparer des objets semblait contre la loi ! [rires]
    Donc maintenant, je ne veux que le nécessaire, je ne vais pas m’encombrer. Ce sera des
    couleurs nudes, un peu de personnalisation, genre quelques photos, mais surtout pas
    surchargé !
     

    De quoi as-tu besoin pour te sentir bien chez toi ?

    F.K. : J’ai besoin de me sentir en sécurité, que tout soit bien aux normes, et la priorité
    c’est que ce soit propre et bien rangé.
     

    En parlant de propreté, chez toi, il faut retirer les chaussures ou pas ?

    F.K. : Mais bien sûr sans chaussure ! C’est la base ! Il y a les chaussures de la maison,
    genre pantoufles ou claquettes, qui ne sortent jamais, même pas pour descendre les
    poubelles, et il y a les chaussures de dehors. Si tu entres chez moi et que tu comptes
    garder tes chaussures, viens même pas ! [rires] Tu viens de dehors avec toute la saleté
    que tu vas mettre dans mon appart ? Je te sors direct !
     

    Et ce premier déménagement alors, tu vas faire appel à des ami.e.s pour t’aider ?

    F.K. : Non, impossible, j’ai trop d’affaires, je vais prendre des déménageurs. Et je sais de
    quoi je parle parce que j’ai aidé des potes à déménager plein de fois. Ça se passe jamais
    comme prévu parce que le truc doit prendre 1 ou 2 heures et le soir tu y es encore ! Après
    c’est toujours des bons moments parce qu’on est une équipe de drôles donc on s’amuse.
    Mais c’est fatigant.
     

    Un peu stressée ?

    F.K. : Pas du tout ! Je suis sereine et très positive, je vois ça comme un nouveau chapitre
    de ma vie et j’ai hâte.
     

    Si tu pouvais imaginer le logement de tes rêves, il ressemblerait à quoi ?

    F.K. : Oh la ! [rires] Une énorme baraque sur 3 étages, avec un jardin immense et une
    piscine intérieure. Grand dressing et grande salle de bain. En gros, beaucoup d’espace et
    de luminosité. Et surtout, pas loin de ma famille.
     

    Aujourd’hui tu participes à Mytho à domicile avec @just1bisou. Tu en attends quoi ?

    F.K. : J’adore les jeux de stratégie et les défis, où on joue avec mon intelligence, on me
    teste. Je veux réussir à démasquer les mythos du jour !
     

    Mytho à domicile, c’est le défi que la Macif a lancé à just1bisou et Fatou Guinea Kaba !
    En trois manches, ils devront interroger 15 participants qui prétendent tous habiter dans un appartement. Le problème ? Seulement 3 d’entre eux disent la vérité, tous les autres sont des mythos !
    Avec eux, participez à cette enquête folle, collectez des indices et démasquez les faux habitants. Saurez-vous trouver qui a vraiment les clés ? 

  • Devenir propriétaire : quelles nouvelles stratégies de financement ?

    Devenir propriétaire : quelles nouvelles stratégies de financement ?

    L’éclairage avec trois experts du logement :

    • Clara Wolf Cheffe des études économiques au sein du ministère du Logement
    • Pierre Madec économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), spécialiste du logement
    • Cécile Delache Cofondatrice de l’association Habitat participatif en Nord, qui réside dans un habitat participatif à Villeneuve-d’Ascq depuis 33 ans

    Accède-t-on aussi facilement à la propriété aujourd’hui qu’au début des années 2000 ?

    Clara Wolf : En apparence, le taux de propriété en France est stable depuis plus de 20 ans. En 2023, 57,2 % des ménages étaient propriétaires de leur résidence principale en France hors Mayotte, ce qui représente environ 6 ménages sur 101. Au début des années 2000, nous étions à 56 % de ménages propriétaires. Mais ce que ces chiffres ne traduisent pas, c’est l’inégalité croissante dans l’accès à la propriété pour les jeunes ménages modestes (22-44 ans). 32 % de ces jeunes ménages étaient propriétaires en 1973. En 2013, ils ne sont plus que 16 %.

    Comment expliquer le recul de l’accès à la propriété pour ces jeunes ménages modestes ?

    Pierre Madec : La crise du logement est multifactorielle. Il y a le vieillissement de la population d’abord, qui pèse sur la quantité de logements disponibles sur le marché. Il faut ajouter à cela d’autres facteurs conjoncturels, comme la hausse des prix de l’immobilier, et plus récemment la hausse du taux moyen des crédits ou encore la durée des prêts accordés. Mais l’une des explications principales est l’évolution des structures familiales, notamment l’explosion des familles monoparentales. Sur les 8 millions de familles avec enfants de moins de 18 ans, 1,9 million sont des familles monoparentales, soit 23 % en 2020. Cette part a fortement augmenté depuis 1990 où elle s’élevait à 12 %2. Et quand un couple avec un enfant divorce, il leur faut trouver deux fois le même logement dans la même ville. Une mission quasi impossible, notamment dans les grandes métropoles qui concentrent l’emploi, les services publics et les écoles.

    Les dons familiaux ont-ils un rôle important dans le creusement des inégalités. Pouvez-vous développer ?

    Dans un rapport rédigé par l’Institut national des études démographiques (Ined), sur les inégalités d’accès à la propriété au sein des jeunes en France3.

    Pierre Madec : Les couples et familles modestes sont le plus souvent eux-mêmes issus de classes sociales modestes, et sont donc moins aidés par leurs parents pour accéder à la propriété. Ces 20 dernières années, face à l’augmentation des prix de l’immobilier, l’héritage a eu de plus en plus de poids dans l’accession à la propriété. En 2017, un quart des nouveaux propriétaires bénéficient d’une aide financière de leur famille, à hauteur d’un sixième du total de l’apport4. Mais, logiquement, moins on possède, moins on peut donner à ses enfants.

    La difficulté à investir dans la pierre s’illustre-t-elle de la même manière partout dans l’Hexagone ?

    Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, seuls 50 % des ménages locataires pourraient acheter un logement5.

    Pierre Madec : Une forte tension s’observe dans les zones touristiques, notamment du fait de l’augmentation des résidences secondaires qui réduit l’offre de résidences principales, et la concurrence des plateformes de tourisme qui font flamber les prix. Il est également très difficile d’accéder à la propriété dans les grandes métropoles, notamment à Paris intra muros et sa petite couronne, pour une raison évidente du prix de l’immobilier. Dans la capitale, pour acheter un 40 m2, il faut pouvoir déclarer 90 000 euros de revenus annuels (soit 7 500 euros par mois)6. C’est une somme importante, le problème est là.

    83 % des achats de biens en 1984 et 89 % en 20136 se font par le biais de prêt immobilier.

    Si l’accès à la propriété continue majoritairement à se faire par le biais du prêt immobilier, il existe désormais d’autres stratégies de financement. Quelles sont-elles ?

    Clara Wolf : L’achat immobilier sous le régime du bail réel solidaire (BRS) permet aux ménages modestes d’accéder à la propriété à des prix réduits. C’est un dispositif lancé par le gouvernement en 2016, qui permet l’acquisition des murs, mais pas du terrain. Autrement dit, vous achetez uniquement le logement, et vous louez à un faible coût le terrain à un organisme agréé par l’État. Encore modestes, les logements achetés via ce dispositif s’établissent à 600 en 2022, 850 depuis le lancement du dispositif. En complément, des prêts aidés comme le prêt à taux zéro (PTZ) viennent souvent alléger la charge financière des ménages, permettant de limiter l’apport initial et d’étaler les remboursements.

    Que pensez-vous des start-up qui proposent la coacquisition, dont le principe consiste à partager la propriété d’un logement avec un investisseur ou une société spécialisée ?

    Pierre Madec : Le problème de ces services, disponibles uniquement dans les grandes villes, est qu’ils augmentent la capacité d’achat dans des zones où les biens immobiliers prennent rapidement de la valeur et se revendent facilement. Cela contribue à faire grimper les prix encore davantage. Ces solutions privées, sur le long terme, n’aident pas vraiment les ménages modestes à accéder à la propriété. Ce qui pourrait davantage solvabiliser les ménages, c’est la régulation sur le prix des logements neufs ou sur les meublés touristiques !

    En 2019, environ 5 000 logements étaient proposés en leasing immobilier. En quoi cela consiste-t-il ? Est-ce intéressant ?

    Pierre Madec : Appelé location-vente ou location‑accession, ce système de location avec option d’achat permet à des ménages, souvent sans apport initial, de tester leur capacité à devenir propriétaires. Le locataire doit choisir entre deux modalités de paiement : soit payer un loyer plus élevé comprenant le prix d’achat du bien, soit payer un loyer normal pour ensuite payer le prix d’achat du bien dans son intégralité à la fin du contrat. Mais attention : les frais supplémentaires, comme ceux liés à la gestion du contrat de location-accession, peuvent alourdir la facture et prendre l’allure d’une course en avant pour les ménages modestes.

    Bien qu’encore marginal, le choix de l’habitat participatif connaît une évolution constante en France. D’où vient ce modèle ?

    En 2024, on recense plus de 1 172 projets d’habitats participatifs, une évolution de 15 % par an entre 2021 et 20248.

    Cécile Delache : Inspiré des modèles développés aux États-Unis à la fin des années 1960 puis importé en Europe, l’habitat participatif repose sur la propriété collective du foncier et permet à des groupes de personnes de partager le poids de la propriété dans un mode de vie écologique et communautaire. Ce modèle attire particulièrement les jeunes ménages et les jeunes retraités plutôt soucieux de leur impact écologique, car il s’inscrit dans une vision plus large de la société : limiter l’artificialisation des sols, mutualiser les espaces et les équipements et réduire sa consommation globale. Gare aux fantasmes cependant : l’apport pour un habitat participatif n’est pas nécessairement plus accessible que pour une propriété classique. Ce qui réduit les coûts, c’est son fonctionnement, notamment l’absence de syndic. Mais quelques freins moraux subsistent encore dans la société française, tant du côté des particuliers que des banques, encore frileuses pour accorder des prêts pour ce type de projet immobilier. Par ailleurs, l’habitat participatif demande surtout de trouver des partenaires de vie au-delà de son couple, ce qui n’est pas toujours chose aisée.

    • 1 Le parc de logements au 1er janvier 2024 | Insee, septembre 2024
    • 2 Ménage – Famille − Tableaux de l’économie française | Insee
    • 3 Inégalités d’accès à la propriété et de richesse immobilière au sein des jeunes en France, 1973-2013 | Carole Bonnet, Bertrand Garbinti, Sébastien Grobon | Ined
    • 4 L’accès à la propriété en recul depuis la crise de 2008 − Les conditions de logement en France | Insee
    • 5 Seule la moitié des ménages locataires pourraient acheter un logement adapté à leur composition familiale | Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d’Azur
    • 6 Un bon salaire ne suffit plus pour devenir propriétaire à Paris : il faut gagner presque 100 000 € brut annuel pour s’acheter un 40 m2. www.wearevirgil.com/presse-communiques/salaire-suffit-plus
    • 7 L’accès à la propriété en recul depuis la crise de 2008 − Les conditions de logement en France | Insee
    • 8 Bilan & Chiffres 2024 : une synthèse chiffrée sur les tendances et évolutions de l’habitat participatif entre 2021 et 2024 | Habitat Participatif France
  • Comment adapter sa maison aux changements climatiques ?

    Comment adapter sa maison aux changements climatiques ?

    Installer des panneaux photovoltaïques

    Faire des économies tout en étant éco-responsable, c’est la promesse des panneaux photovoltaïques, qui permettent de capter l’énergie du soleil pour produire sa propre électricité, et la stocker si l’on possède une batterie. En plus de réduire la facture énergétique, ces installations bénéficient d’incitations fiscales et d’aides qui les rendent particulièrement attractives. Avec un bon ensoleillement, une maison équipée de panneaux photovoltaïques peut couvrir l’intégralité de ses besoins énergétiques.

    Bien isoler sa maison

    Garder la chaleur en hiver et la fraicheur en été, cela passe avant tout par une bonne isolation. Si poser des panneaux à l’extérieur ou à l’intérieur de ses murs peut présenter des contraintes esthétiques ou de perte de place, il est revanche plus simple et judicieux d’isoler les combles de sa maison avec des matériaux biosourcés type laine de bois ou ouate de cellulose — 25 à 30 % des pertes thermiques se produisent par le toit. Des fenêtres avec un double ou triple vitrage sont également indispensables, derrière lesquelles on pourra installer des rideaux thermiques, à la fois efficaces contre le chaud et le froid.

    Améliorer son système de chauffage

    D’après l’Agence de la transition écologique, le chauffage représenterait environ 66 % de nos dépenses en énergie. Plusieurs solutions écologiques existent afin d’optimiser ce poste. Utiliser une pompe à chaleur, qui exploite les ressources naturelles disponibles comme l’air, l’eau ou le sol, des panneaux solaires thermiques, qui convertissent l’énergie solaire en chaleur utilisable, ou encore des radiateurs à basse température, qui contribuent à diffuser la chaleur de manière plus homogène et efficace dans les pièces de la maison. Il est également conseillé de bien aérer sa maison. Les activités quotidiennes créent de l’humidité, et l’air humide est plus difficile à chauffer que l’air sec.

    Miser sur la domotique

    Ensemble de technologies permettant de rendre sa maison « intelligente » et de la contrôler à distance, la domotique est souvent vue sous l’angle de la sécurité et du confort. Elle peut être aussi une alliée pour adapter sa maison aux défis climatiques. Par exemple avec une station météo connectée, intégrée au système domotique de votre logement, qui pourra, en fonction des conditions climatiques, ajuster la température, l’éclairage, la ventilation, l’ouverture des volets ou l’arrosage automatique de votre jardin.

    Récupérer l’eau de pluie

    Alors que les épisodes de sécheresse deviennent plus répandus, installer un système de récupération d’eau de pluie constitue une option pratique et écologique. Une eau qui pourra être utilisée pour l’irrigation du jardin, le lavage des sols, ou même pour alimenter les toilettes, réduisant ainsi le gaspillage d’eau potable. Les kits de récupération sont désormais accessibles et faciles à installer, et permettent de réduire la facture d’eau tout en contribuant à la gestion des ressources naturelles.

    Le prêt développement durable

    Macif Prêt Rénovation Énergétique vous permet de financer des travaux d’isolation ou encore la mise en place d’un système de chauffage à énergie renouvelable ou plus responsable.

  • Pour toi(t) – Cohabiter en 2050 – Guillaume Allilaire

    Pour toi(t) – Cohabiter en 2050 – Guillaume Allilaire

    C’est le rire de Denise qui m’a réveillée. Un autre, que je ne connaissais que trop bien, lui a répondu en écho. Dans ma chambre flottait cette odeur de cacahuète reconnaissable entre mille.

    Il fallait que je sache. D’un bond je sors de mon lit et me rue dans la cuisine.

    Denise était sur son 31, permanentée, maquillée et bijoutée, le tout sous un grand tablier de cuisine. Posée sur le plan de travail devant elle, la tablette que je lui ai offerte pour Noël. Sur l’écran, en visio et en gros plan, le visage de ma mère. Sur le feu, le poulet mafé de mon enfance.

    « Ah voilà la lève-tard, dit Denise. Alors, prête pour le grand entretien ? »

    « Lève-tard, lève-tard, il n’est même pas encore dix heures. Pour l’entretien, je le prends à la cool, j’ai fait tout ce qu’il fallait pour. Et toi maman, tu divulgues nos secrets culinaires de famille à ce que je vois ? »

    « Bonjour ma chérie, me répondit ma mère. Denise voulait te préparer une surprise pour fêter ta note sociale. Je me suis dit que ça te ferait plaisir. »

    « Bien sûr que ça me fait plaisir, répondis-je. Mais, et c’est le cas de le dire, pas la peine d’en faire tout un plat de cet entretien. Ce n’est pas la première fois que je le passe je vous le rappelle. Allez, je vous laisse, il faut que je m’habille quand même. Bisous maman. »

    Derrière moi, les éclats de joie ont repris de plus belle. Je n’aurais jamais dû les mettre en relation ces deux-là.

    Sous la douche, je fais le point et essaie de rester calme. Je me répète en boucle que le rendez-vous, programmé ce matin à onze heures trente, ne devrait être qu’une formalité. Les discussions incessantes sur le sujet depuis plusieurs semaines, le fait que j’ai dû poser un jour de congé et le léger poids sur ma poitrine essaient pourtant de me convaincre du contraire. Tenue décontractée enfilée, besoin de me sentir à l’aise, je fais un tour dans le salon pour vérifier que tout soit en ordre. Denise, assise sur son fauteuil, fait ses mots croisés, ayant laissé le plat mijoter à feu doux. A quatre-vingt-deux ans, elle a encore l’esprit alerte et garde rigoureusement ses habitudes de cruciverbiste, « pour exercer son cerveau » comme elle dit. Coup d’œil circulaire : un peu de rangement et de ménage ne ferait pas de mal pour donner la meilleure image possible.

    J’avais à peine eu le temps d’arranger les coussins et les bibelots, j’allais sortir l’aspirateur de son placard quand on a sonné.

    Je regarde mon téléphone, il n’est même pas onze heures. Denise m’interroge du regard, je lève les sourcils en signe d’ignorance.

    « Ne bouge pas, j’y vais, je lui dis »

    J’attrape l’interphone. « Allo ? ».

    « Oui bonjour, c’est pour l’enquête sociale. » Une voix d’homme, assez grave. La quarantaine je dirais.

    « Le rendez-vous n’était pas pour onze heures trente ? »

    « Si mais j’étais dans le quartier, je me suis dit que cela vous arrangerait sans doute que je passe en avance… »

    Bien sûr, prends-moi pour une idiote. Tu veux surtout me prendre au dépourvu.

    « Je vous ouvre, troisième étage gauche ».

    Je me retourne vers Denise. Debout, droite comme un « i », les yeux écarquillés. Déjà qu’elle est de nature très blanche de peau, mais là on dirait un fantôme. Translucide.

    « Assieds-toi, je gère. Et respire, ne va pas nous faire un malaise, je suis en congés moi aujourd’hui ».

    Elle retombe d’un coup sur son fauteuil.

    J’ouvre la porte.

    Devant moi s’avance un homme blanc assez grand, chauve, avec dans les yeux un air un peu perdu. Une inoffensivité de façade. Il est en pantalon de toile gris et chemisette rayée, vêtement dont je n’ai jamais compris ni la raison d’être, ni l’esthétique. Au bout de son bras gauche, un attaché case fatigué. Il me tend sa main droite.

    « Bonjour, vous devez être Fatou Abisanya ? Monsieur Petel du Ministère des droits sociaux et du logement. Je peux entrer ? »

    Je m’efface…

    Nous nous installons sur la table de la salle à manger. Après avoir posé devant lui un gros dossier avec mon nom écrit au feutre, il installe une petite caméra numérique. Pas un mot depuis qu’il s’est assis.

    En face de lui, je n’arrête pas de croiser et décroiser mes jambes. Dans mon champ de vision, Denise dans son fauteuil. Elle a l’air de lire un magazine, mais les coups d’œil incessants dans notre direction la trahissent.

    « Bien. Je suis prêt madame Obisanya. Vous saviez que l’entretien serait filmé ? Vous aurez bien sûr un droit d’accès complet à cette vidéo si vous le souhaitez. Comme vous le voyez, nous sommes tous les deux dans le cadre et le micro capte l’ensemble de nos conversations. Pas d’objections ? »

    « Je peux m’y opposer ? » Il sourit.

    « Vous pouvez tout à fait refuser. Mais cela mettrait fin à notre entretien et vous obligerait à renoncer à toute évaluation sociale, avec les conséquences que vous connaissez… On commence ? »

    Sans attendre ma réponse, il appuie sur le bouton « record » et ouvre son dossier. « Je commence par un bref rappel du contexte. Je suis sûr que vous le connaissez mais c’est la procédure. Donc, après les événements tragiques qui ont conduit à l’effondrement de 2031 puis à la « grande crise » 2032-2038, il a été décidé par référendum de refondre l’intégralité de notre système social. Nous avons opté pour un fonctionnement un peu plus euh… « directif »

    Pour toi(t) - Cohabiter en 2050 - Guillaume Allilaire

     

    Le fauteuil du salon se met à ricaner pile à ce moment-là. Monsieur Petel tourne la tête un instant avant de reprendre.

    « Il a donc été décidé de conditionner l’accès aux aides d’état, mais aussi aux logements, au montant des points retraite bonus, à l’étendue de la couverture médicale gratuite…à la valeur ajoutée que chacun apporte à la société. Une valeur non économique mais sociale. En gros, plus vous contribuez à rendre la société meilleure, plus votre score est élevé…et plus vous bénéficiez d’avantages. Dans votre cas, c’est votre entrée dans une école d’infirmière qui vous a permis, il y a cinq ans, de pouvoir prétendre à une « colocation intergénérationnelle de niveau un », à une « colocation conventionnelle de niveau trois » ou à une « location autonome de niveau quatre ». Vous avez opté pour la colocation intergénérationnelle. Colocation que vous menez depuis avec Madame Denise Bodert dans son appartement du 15 rue de l’église à Neuilly-sur-Seine. Alors, comment se sont passées ces cinq dernières années ? »

    J’étais sur le point de parler quand j’ai senti le poids d’un regard, une tension venant du salon. « Je ne vais pas me lancer des fleurs. Puisqu’on a ma logeuse sous la main, autant en profiter non ? Denise, au lieu de nous écouter en douce, tu veux bien venir nous dire un mot ? C’est plutôt toi que ça concerne cette question. »

    « Mais je ne vous écoute pas,» me répond une petite voix. Si ça, ça ne s’appelle pas un aveu… « Peut-être que mes oreilles trainaient un peu voilà tout, ajoute-t-elle dans un souffle. »

    Elle s’extirpe de son fauteuil, vient se placer à côté de moi.

    « Alors Madame Bodert, que pouvez-vous nous dire de tout ça ? »

    « Au début cher monsieur, j’étais furieuse. » Ça commence bien. Je ne sais pas si j’ai eu une bonne idée de l’intégrer dans la conversation. « À aucun moment je ne voulais quelqu’un chez moi. Dans cet appartement où j’avais élevé mon fils et perdu mon mari. Mais l’état a décidé, pour résoudre la crise du logement, de taxer tellement fortement les logements vides, les résidences secondaires, les bureaux inoccupés et même les chambres vacantes qu’il ne me laissait pas le choix : j’allais devoir héberger un inconnu chez moi. Oui, un inconnu puisque je ne peux pas louer à une connaissance ou une connaissance de connaissance si elle n’a pas son accréditation de l’Etat. Je comprends la finalité : ouvrir l’accès aux logements. Je suis bien consciente que c’est de « l’entre-soi », mais vous me poussiez très loin de ma zone de confort. À mon âge… À contrecœur, j’ai rencontré les candidats que vous m’avez envoyé. Au début, Fatou le sait, elle n’était pas mon premier choix. Une jeune fille noire, enfant de réfugiés, je pensais qu’elle et moi nous n’aurions rien en commun, que le quartier ne lui conviendrait pas. J’avais peur des commérages. Bref, je l’ai reçu froidement. Et là, le choc ! Sa bonne humeur, sa candeur, et surtout la façon qu’elle avait de me parler. Tous les autres me traitaient avec une sorte de déférence mortifère, comme s’ils avaient peur de me casser. Je ne suis pas en sucre et encore moins prête à être mise en terre. Elle, elle me parlait comme à une personne normale, pas comme à une pièce de musée. Je lui ai dit oui tout de suite. Je ne l’ai jamais regretté. Plus je la découvre, plus je l’aime. Elle sait être présente sans être oppressante, indépendante sans être laxiste. Elle m’a présenté ses amis. Ils m’ont même sorti plusieurs fois. J’ai tellement ri. Je croyais ma vie derrière moi et je me surprends à attendre demain avec impatience. Elle me transmet son virus de la jeunesse chaque jour. C’est une bénédiction. Et je crois que je peux dire qu’on est devenu amies. Elle et moi, c’est « la mif », « le sang » comme elle dit. »

    Un gloussement m’échappe. Elle est incroyable cette nana.

    « Ravi d’entendre ça, répond le fonctionnaire en chemisette. Madame Abisanya, quelque chose à rajouter ? »

    « Non, tout est dit ». Je ne peux m’empêcher de la regarder et de sourire.

    « Bien. Pour en venir à notre situation d’aujourd’hui, vous avez validé vos études, commencé à travailler à l’hôpital public, et vous êtes investis dans l’association « la maraude 92 » avec une fréquence d’une intervention par semaine en moyenne. Est-ce que j’oublie quelque chose ? »

    « Non, avec ça mes semaines sont bien remplies. »

    La petite voix à ma droite intervient : « elle a aussi mené un atelier de sensibilisation aux gestes de premiers secours dans mon club de lecture »

    « Ça ne compte pas ça Denise »

    « Si, si, dit la chemisette. La responsable du club a bien envoyé une déclaration, je l’avais noté là. »

    Il s’arrête de parler, baisse la tête, relit ses notes, passe d’une feuille à l’autre en les parcourant du doigt. L’attente semble interminable.

    Puis, il pose tous ses papiers, met ses coudes sur la table, croise les mains. C’est le moment…

    « J’ai le…plaisir de vous annoncer que vous avez accès à toutes les possibilités de logement de niveau 1, que ce soit en colocation traditionnelle, intergénérationnelle mais aussi en logement autonome. Vous pouvez donc dès à présent postuler pour un appartement pour vous dans n’importe quel quartier. »

    Denise pose sa main sur mon bras. Son regard est plein d’une fierté qui me rend les yeux humides.

    Il reprend « Vous avez du temps pour faire votre choix. Mais si vous savez déjà sur quel type de logement vous aimeriez vous positionner, je peux l’enregistrer tout de suite. »

    Denise s’agite sur son siège. « À son âge c’est bien de pouvoir avoir son indépendance. C’est mieux que de devoir se coltiner la petite vieille et l’aider à monter ses courses, supporter sa musique, l’entendre raconter pour la centième fois la même histoire… »

    Je la coupe : « Monsieur Petel, ce choix, il est définitif ? »

    « Vous vous engagez pour une durée de deux ans minimum. Si vous voulez changer, il y a une nouvelle évaluation pour vérifier votre statut et vous pouvez ensuite déménager ».

    « Parce que voyez-vous, je ne me vois pas comme la petite jeune au chevet d’une vieille personne. Denise m’a apporté tellement et continue de le faire. Sans s’en rendre compte. Elle me fait relativiser. Elle m’apaise. Elle a raison, elle est de la famille. Vous pouvez noter que je reste ici pendant au moins deux ans. Le temps qu’elle devienne grabataire et que je lui vole son héritage »

    Denise part dans un rire sonore qui n’en finit plus mais je sais que si on se regarde, on pleure. Elle le sent elle aussi.

    Sans tourner son visage vers moi, elle se lève précipitamment en s’écriant « mon poulet ! ».

    « C’est vrai que ça sent rudement bon. » dit le fonctionnaire en chemisette.

    « Vous allez bien rester à déjeuner ? » lui répond la voix dans la cuisine.

    Il semble que Denise ait envie d’adopter quelqu’un d’autre.

    J’en suis presque jalouse.

  • Décoration d’intérieur : comment être bien chez soi ?

    Décoration d’intérieur : comment être bien chez soi ?

    Intérieur décoré = bien-être

    Plusieurs études scientifiques associent la décoration d’intérieur à des sensations positives : 82 % des sondés déclarent qu’« une maison bien décorée est synonyme de bien-être », d’après le magazine Marie Claire (47 % estiment que décorer leur maison correspond même à un « paradis », pendant que seuls 2 % considèrent qu’il s’agit d’une corvée). Selon une enquête de CSA pour Cofidis, en 2021, 54 % des Français ont réalisé des aménagements intérieurs, contre 48 % en 2020. Ces dernières années des expressions telles que « déco-thérapie » (prévention de la dépression), « feng Shui » (méthode chinoise enseignant comment aménager chaque pièce) ou « home staging » (changement de décoration pour valorisation d’un bien immobilier) se sont répandus dans le vocabulaire du quotidien.

    La déco chez les autres

    « Un espace bien pensé peut apaiser, stimuler la créativité ou même renforcer un sentiment de confort et d’appartenance, explique Claire Clerc. La décoration d’intérieur est un moyen d’exprimer sa personnalité tout en rendant l’environnement plus fonctionnel et agréable. Une bonne déco transforme un lieu en un havre de paix à la fois beau et harmonieux qui répond aux besoins pratiques ou émotionnels des occupants. » Léonard, la trentaine, fait partie de ceux pour qui la décoration de leur intérieur est une priorité. « J’aime la déco parce que j’aime les beaux lieux, chez moi, mais aussi quand je vais à l’hôtel. Dans un décor qui me plaît, je ressens un sentiment de satisfaction. D’ailleurs, j’adore me rendre dans les magasins de décoration simplement pour regarder ce qu’ils proposent, sans forcément acheter. Dans un intérieur, j’apprécie quand il y a de la cohérence, mais la décoration peut être très différente d’une pièce à l’autre et je n’aime pas trop mélanger les styles, témoigne ce salarié haut placé d’une entreprise de meubles, qui consomme beaucoup de magazines de déco. Pour moi, la déco a une influence sur le plan psychologique. Ainsi, en fonction de son aménagement, une salle d’attente de médecin peut être aussi austère que bienveillante. Quand je rentre dans un hôtel ou un restaurant dont l’ambiance a été pensée avec soins et un stylisme élaboré, je vais passer un meilleur moment. »

    Au-delà de l’esthétique

    Si elle porte un autre regard, Carole, autre passionnée de déco, rejoint Léonard sur bien des points. « Quand on n’en a rien à faire de la déco, on peut se sentir bien n’importe où. En revanche, lorsqu’on y est sensible, on peut entrer chez des gens et sentir tout de suite, mal à l’aise. En ce qui me concerne, un intérieur tout blanc ou neutre n’est pas à mon goût : je trouve ça impersonnel, froid et peu chaleureux. Pas de prise de risque, pas de personnalité… Quand je rentre chez moi, je retrouve au contraire mon cocon et je me sens bien instantanément. Je suis convaincu que la décoration d’un lieu change notre état émotionnel, assure notre bien-être et peu même apaiser des douleurs », explique cette maman de trois enfants. « J’aime ressentir la personnalité des gens dans leur déco, ça permet de savoir tout de suite si on va bien s’entendre. » Un discours que l’on retrouve chez d’autres professionnels, comme la décoratrice d’intérieur Clémence Jeanjan : « La décoration va bien au-delà de l’esthétique : elle influence notre bien-être, notre confort et notre manière de vivre l’espace. Un intérieur mal adapté peut créer une sensation d’inconfort, voire de stress, car notre environnement joue un rôle clé dans notre état d’esprit. »

    Autre exemple, « une décoration trop chargée peut nous submerger, et créer un sentiment d’inconfort. Un excès d’objets ou de couleurs peut générer une sensation d’encombrement, qui peut influencer négativement notre état émotionnel et rendre l’espace étouffant plutôt qu’apaisant ». Claire Clerc, en ce qui la concerne, préfère insister sur « les couleurs, les matériaux, la lumière ou l’agencement d’un espace qui peuvent apaiser, dynamiser ou même inspirer. Un intérieur bien pensé peut influencer notre humeur, favoriser la détente ou stimuler la créativité. En jouant sur l’atmosphère, la déco devient un outil pour améliorer notre bien-être au quotidien ».

    Une seule règle en déco : s’écouter

    Mais alors, y a-t-il de grands principes à garder en tête afin que notre décoration d’intérieur participe à notre bonheur ? Faut-il privilégier le multicolore ou le monochrome, opter pour des choses chargées ou épurées, favoriser un décor hétérogène ou uniforme ? Est-il nécessaire de tout changer après une certaine période, et, si oui, dans quelle mesure ?

    Face à ces questions interrogations, les réactions des professionnels sont unanimes : aucune règle n’existe véritablement, si ce n’est de s’écouter. « Je dis toujours à mes clients de ne jamais opter pour une décoration façon “page de magazine” dénuée d’identité, et de privilégier un intérieur qui reflète leur personnalité. La décoration intérieure peut évoluer selon nos émotions, nos besoins et ressentis, et changer avec le temps. Il est naturel que notre environnement s’adapte pour mieux correspondre à ce que l’on ressent. On peut parfois ressentir le besoin d’un espace minimaliste pour apaiser l’esprit. Tandis qu’à d’autres moments, des couleurs vives ou des objets chargés de souvenirs peuvent nous réconforter, reprend Clémence Jeanjan. Le principe fondamental pour une décoration qui favorise notre bien-être est qu’elle nous ressemble. Car lorsque l’espace nous reflète, il devient un lieu où l’on se sent en paix et en accord avec soi-même. »

    Sa consœur Claire Clerc confirme : « Le plus important, c’est de suivre son intuition, ses besoins en choisissant des éléments de décoration qui résonnent en nous. La déco doit refléter nos personnalités et créer un cadre où on se sent bien, cela favorise l’harmonie. Une remise en question est souvent bénéfique : si on ne se sent pas bien, un réaménagement décoratif peut redonner du souffle et recréer un environnement plus apaisant ou stimulant. L’essentiel est d’adapter ses choix à son propre goût et à l’énergie qu’on veut insuffler à l’espace. Le bon équilibre est celui qui nous parle ! »

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  • Comment savoir si mon chien a mal ?

    Comment savoir si mon chien a mal ?

    « Il y a un réel intérêt à éduquer les propriétaires de chien sur la détection de la douleur. Cela permet une meilleure prise en charge. » Maud Lafon, vétérinaire et autrice du livre Ma Bible des chiens (Ed. Leduc) est catégorique : reconnaître la douleur de son animal demande avant tout une bonne connaissance de son compagnon à quatre pattes. « Les signaux d’alerte sont multiples et variables d’un chien à l’autre. Certains animaux, avec une douleur modérée, montreront des signes très marqués, tandis que d’autres, avec une douleur très importante, seront plus discrets », explique la spécialiste. Mais que les propriétaires se rassurent : s’il est impossible de faire des généralités, quelques indices peuvent les mettre sur la piste d’une visite nécessaire chez le vétérinaire. Explications.

    Connaître la différence entre douleur chronique et douleur aiguë

    Quand on pense douleur, on a tendance à oublier que le chien, comme l’homme, peut être sujet aux douleurs chroniques qui évoluent en continu et impactent la qualité de vie de l’animal ainsi que sa relation avec son propriétaire. Il ne faut pas les sous-estimer. « Environ 70 % des chiens de plus de 9 ans sont sujets à l’arthrose, insiste Maud Lafon, avec comme facteurs de risque l’âge, le surpoids et la taille –les grands chiens y sont plus sujets que les petits chiens ». L’experte rappelle que l’arthrose est une maladie, pas un syndrome. « Ce n’est pas normal. Ça se traite. Donc il faut consulter. D’autant plus que le panel de traitement de la douleur en médecine vétérinaire est presque plus étendu qu’en médecine humaine. »

    Observer l’activité de son chien

    Pour détecter les signes les plus insidieux, il faut être attentif aux changements d’habitudes de son animal. Maud Lafon invite d’ailleurs à s’intéresser à toute baisse d’activité. « Un chien moins mobile, qui montre plus d’intolérance à l’effort, qui veut moins se promener, qui a plus de mal à se lever le matin, qui reste plus longtemps couché, qui peine à monter les escaliers, à sauter… Voilà autant de signes qui peuvent indiquer une douleur sous-jacente ». Cela dépend aussi du caractère de son compagnon. Est-il d’un naturel pantouflard ou plutôt dynamique ? Si c’est l’option deux, mieux vaut consulter.

    Repérer des changements dans le comportement

    Comme chez l’humain, il y a une vraie dimension sociale à la douleur. « Si votre chien interagit moins avec vous, montre des signes d’isolement, reste couché à l’écart, est plus irritable ou agressif, cela doit vous alarmer. La douleur s’associe souvent d’un déficit social », appuie l’experte.

    Examiner les mimiques faciales

    « Un chien douloureux va potentiellement montrer des signes à travers ses expressions faciales. » Pour savoir les interpréter, la professionnelle conseille de se reporter aux grilles d’évaluation de la douleur clinique CSOM, disponibles gratuitement en ligne. « Ce sont des outils destinés aux propriétaires pour suivre l’évolution de la douleur de son animal, et l’efficacité du traitement prescrit par le vétérinaire. »

    Noter les variations physiologiques

    Un temps de sommeil augmenté ou diminué, un chien qui se lève davantage pendant son repos ou qui mange moins… Tous ces signes peuvent présager une douleur. Pour ne pas passer à côté de ces changements, les outils connectés, comme les colliers dotés de trackers d’activité, peuvent s’avérer bien utiles.

    « Certaines races de chien, comme les molosses et autres chiens de combat, sont plus résistantes à la douleur que d’autres », souligne Maud Lafon. Ce facteur influence donc la manière dont le chien exprime sa douleur et peut la rendre plus ou moins difficile à détecter par l’humain. À cela s’ajoutent les expériences personnelles de l’animal : a-t-il déjà un vécu douloureux ? Un passé compliqué ? Dans quel environnement évolue-t-il ? « Si douleur il y a, il faut traiter la cause, conclut l’experte. Et la seule personne en mesure d’en identifier l’origine, c’est le vétérinaire. On n’automédique pas, on les emmène consulter. »

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  • La fast-déco et l’envers du décor

    La fast-déco et l’envers du décor

    La fast-déco c’est quoi ?

    Quel que soit le magasin où elle se trouve, elle ne peut pas s’en empêcher. Une tasse, un rideau, un plaid… et même si les prix sont petits, sa carte bancaire trinque à la sortie. « Je me suis calmée, mais je me sens toujours accro, surtout quand j’entre dans des commerces à petits prix, avoue Laura, la quarantaine et deux enfants. Évidemment, la dimension “low-cost” m’incite à craquer, même si je me pose toujours la question : “En ai-je vraiment besoin ?” » On parle depuis longtemps déjà de « fast-food » ou de « fast-fashion », mais le phénomène et son vocabulaire entrent dorénavant dans le monde de la décoration. Les objets de « fast-déco » d’intérieur ou d’extérieur (le petit mobilier, la vaisselle ou encore le linge de maison) sont aujourd’hui partout. Et comme Laura, nombreux sont ceux et celles qui succombent à leurs charmes. Ainsi, le nombre d’éléments d’ameublement mis sur le marché en France a augmenté de 88 % en cinq ans pour passer de 269 à 505 millions d’unités selon un rapport de l’Ademe datant de 2022, alors que la commercialisation des meubles d’appoint (tables basses, porte-manteaux et tables d’appoint ou plateaux de tables) s’est élevée de 57 % de 2019 à 2021. Par ailleurs, le renouvellement des nouvelles collections se multiplie dans les enseignes qui peuvent proposer jusqu’à 3 000 nouvelles références chaque année.

    Une tendance pour tous les budgets

    « La fast-déco, explique Coraline Damme, fondatrice de MaDamme Déco, désigne cette tendance à consommer des objets et des meubles bon marché, destinés à être rapidement remplacés et souvent produits en masse à faible coût. Les collections de décoration se succèdent dorénavant à un rythme effréné et incitent les consommateurs à renouveler constamment leur intérieur. Cette tendance s’accompagne de l’émergence de marques qui proposent des produits à faible coût, mais standardisés et de piètre qualité. L’avènement des réseaux sociaux a également joué un rôle dans cette frénésie, en mettant en avant des intérieurs “parfaits” et toujours à la mode. On assiste à une course à la nouveauté, avec des pratiques marketing qui créent de faux besoins et altèrent la réflexion. » Pour Patricia François, décoratrice d’intérieur et spécialiste de la décoration écologique : « La fast-déco est une manière de consommer en se laissant libre cours a ses impulsions. Pour, finalement, se lasser très rapidement de son achat et avoir envie de le remplacer par un autre. Ce phénomène est apparu durant les années 1990-2000, époque où certaines marques ont commencé à proposer des objets intéressants en matière de design, mais fabriqués à moindre coût. »

    La fast-déco et ses conséquences négatives

    « Je suis bien consciente des méfaits de ce mode de consommation. C’est pour ça que je tente de refréner mes impulsions, sans toujours y arriver », avoue Laura. Surexploitation du bois et de l’eau, usage de pesticides, hausse des déchets, pollution océanique… pour une empreinte carbone de plus en plus désastreuse. Les impacts de la déco low cost sont en premier lieu au niveau écologique. Mais, la santé des consommateurs n’est pas non plus protégée : ces objets et ce mobilier émettant des composés volatils, qui s’avèrent souvent néfastes pour notre corps. Sans oublier que, dans certains pays, la production de ces objets laisser à désirer en matière de droits sociaux ou humains. Paradoxalement, « cette surconsommation de mobilier ne garantit en rien une amélioration des habitats, ajoute Coraline Damme, la fondatrice du site MaDamme Déco. Les intérieurs se standardisent et perdent leur authenticité, ce qui peut générer une forme d’insatisfaction chronique ou une quête incessante de nouveautés sans réelle connexion émotionnelle avec son chez-soi ».

    Comment consommer des meubles de manière plus vertueuse ?

    « Il ne faut pas se précipiter au moment de réaliser des achats déco, mais prendre le temps de récolter un maximum d’informations sur le meuble ou l’objet que l’on souhaite acheter (sa provenance, la manière dont il a été fabriqué, sa composition…). Cela suggère de choisir des produits “Made in France” (ou “Made in UE”), fabriqués par des marques transparentes sur leur mode de production ainsi que sur leurs valeurs environnementales et sociétales, avec des matériaux naturels ou peu émissifs de polluants, conseille la décoratrice Patricia François. Je préconise de bien mûrir son projet, de garder en tête un fil rouge sur le plan du style sans se laisser influencer par le matraquage marketing. On peut privilégier des meubles fabriqués à partir de matières recyclées, ou se tourner vers l’artisanat et la seconde main qui ont souvent beaucoup de charme sans émettre de CO2. On peut aussi se fier à l’affichage, mis en place à l’initiative du ministère de la Transition écologique et de l’Ademe, qui permet de classer les meubles en fonction de critères écologiques (traçabilité géographique, quantité de matière recyclée dans le produit, émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’eau…). C’est une sorte de Nutriscore de la déco. » Même son de cloche chez Coraline Damme, qui recommande de « prendre le temps de réfléchir à ses besoins réels et à la manière dont on vit dans son espace. Il ne s’agit pas de suivre aveuglément les tendances, mais de créer un environnement qui nous ressemble avec des objets qui ont une valeur émotionnelle. Une décoration éthique et durable est tout aussi belle, si ce n’est plus, car elle raconte une histoire et a du sens ». Plus de qualité pour moins de quantité, en somme.

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  • Vivre à la campagne : les idées reçues

    Vivre à la campagne : les idées reçues

    Des motivations diverses

    Une maison, un jardin, la tranquillité. Qui n’en rêverait pas ? Si la ville reste le lieu des opportunités professionnelles, la campagne attire. Selon une étude de Plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines (POPSU), 18 % des déménagements réalisés chaque année se font vers des communes rurales (moins de 2 000 habitants), auxquels s’ajoutent 19 % pour les villes en dessous de 20 000 habitants, des chiffres en légère hausse chaque année. Mais cette enquête souligne aussi que tout le monde ne se met pas au vert pour les mêmes raisons. En recherche d’un mode de vie alternatif, ou simplement moins cher, d’un lien à la terre ou de plus de tranquillité grâce au télétravail, les profils néoruraux sont multiples. Selon la géographe ruraliste Claire Delfosse, il faut également noter que « les trajectoires de vie ne sont pas fixes : on peut partir vivre en ville et en revenir, ou inversement ».

    Une meilleure qualité de vie ?

    Un critère domine les autres lorsqu’il s’agit de s’installer en milieu rural : la qualité de vie. Encore faut-il savoir ce que l’on entend par là. Ainsi, Léonor, professeure de chant au Conservatoire de Nantes, a choisi de s’installer quelque vingt kilomètres plus loin au Loroux-Bottereau et ses 8000 habitants avant tout pour y trouver la maison de ses rêves. « Je suis toujours une amoureuse de Nantes, explique-t-elle. Mais après avoir pris goût au jardinage pendant le confinement, et pour avoir de la place pour moi, mes deux enfants, mon nouveau conjoint, et sans trop gêner le voisinage puisque nous sommes tous deux musiciens, et surtout à un prix abordable, nous avons vite réalisé que la maison parfaite ne pouvait se trouver qu’à la campagne. »

    À l’inverse, pour Marjolaine, boulangère installée depuis 2010 dans le petit village de Cieutat (environ 600 habitants) dans les Hautes-Pyrénées, c’est le lien à la nature qui était central. « J’ai grandi dans des petites villes de Picardie et d’Aveyron, avant d’aller étudier à Montpellier. Mais je ne me sentais pas à ma place en ville. Il me manquait de l’extérieur. » Après plusieurs voyages, elle a fini par trouver son bonheur dans ces coteaux verdoyants. « En voyant la carte, j’ai vu qu’il n’y avait quasiment rien, donc c’était parfait ! », s’amuse-t-elle. Là encore, la présence d’un jardin était fondamentale. « C’est un facteur qui revient très souvent, souligne Claire Delfosse. Les annonces immobilières ne manquent jamais de le préciser. »

    Des territoires inégaux

    Pour avoir un jardin et de la place, dans un prix raisonnable, les deux nouvelles propriétaires n’avaient pas le choix, il fallait acheter une maison nécessitant beaucoup de travaux. « On en a pour des années, admet Léonor, il fallait prévoir un gros budget en plus de l’achat. Mais cela reste tout de même bien moins cher qu’en ville. » Mais probablement bien plus cher que l’ancienne ferme de Marjolaine dans les Pyrénées. On voit en effet de grandes différences selon les territoires, avec un littoral atlantique qui attire fortement. « On voit aussi se développer la location ou la colocation, même si c’est encore rare », observe Claire Delfosse. Outre le logement, l’accès aux services est un gros enjeu. Là encore, tous les territoires ne sont pas égaux. « On a été très agréablement surpris de ce que propose la commune de Le Loroux-Bottereau, raconte Léonor. Il y a un cinéma, une piscine, une médiathèque, tous les commerces, deux boulangeries, trois coiffeurs, une école et un collège… Même pour l’accès aux soins, il y a plusieurs cabinets de généralistes et de dentistes. Il n’y a que certains spécialistes qui ne se trouvent qu’à Nantes. »

    Marjolaine, elle, se satisfait d’une vie plus isolée, et la petite ville de Bagnères-de-Bigorre (7000 habitants), située à moins de dix kilomètres de chez elle, fournit tous les services nécessaires. « On y trouve même des urgences, mais elles sont souvent saturées. Pour les spécialistes, c’est plus difficile. Je roule une heure en montage pour trouver une orthoptiste qui n’a pas trop d’attente. Mais les choses changent, j’ai vu arriver plusieurs jeunes médecins, des kinés ou des sages-femmes. »

    Une mobilité difficile

    La principale limite d’une vie à la campagne est évidente : impossible ou presque de se passer de voiture. « La réflexion sur ce sujet reste très récente, regrette Claire Delfosse. On a longtemps supposé que les ruraux étaient mobiles grâce à la voiture, et c’est dans cette population qu’on trouve le plus de voitures par ménage. Mais face au coût grandissant et à la transition écologique, il y a nécessité d’agir. La précarité énergétique, tant question logement que mobilité, en a poussé plus d’un à revenir vivre en ville. » Des solutions existent d’ailleurs pour aider les personnes précaires, comme les plateformes de mobilité ou le transport à la demande. « Le vélo électrique a également débloqué certaines situations. Mais il y a encore beaucoup à faire. »

    Le sujet était important pour Léonor : « On voulait vraiment une maison dans le bourg, pour éviter au maximum la voiture. On ne la prend que pour aller travailler, et on a même réussi à n’avoir qu’une seule voiture pour le foyer, même si cela rend parfois l’organisation complexe. » Et les bouchons peuvent rendre le trajet bien long. De son côté, Marjolaine utilise également fréquemment la voiture, même si elle regarde de près les horaires de bus. « Il y en a peu, mais ils sont précieux. J’ai par exemple souvent pu éviter d’emmener mes enfants en voiture à leur cours de danse à Tarbes, la préfecture à 30 minutes de route. » Le réseau de cars départemental est également bien structuré à Nantes, « mais au Conservatoire, les cours finissent souvent tard, après le dernier départ. À y réfléchir, peut-être qu’on aurait préféré vivre près d’une gare ».

    Une vie culturelle développée – si on sait la chercher

    Un cliché tenace sur les campagnes voudrait qu’il ne s’y passe rien. Pourtant, comme le constate Claire Delfosse, « les espaces ruraux ne sont pas des déserts culturels, loin de là, il y a beaucoup d’initiatives, avec de grandes différences selon les territoires ». Ainsi, Marjolaine trouve son bonheur dans le territoire pourtant peu dense des Pyrénées. « Quand je suis arrivée, il y avait déjà quelques associations qui organisaient régulièrement des spectacles. Et l’offre n’a fait que grandir depuis. Pas besoin d’aller très loin, par exemple le cinéma de Bagnères-de-Bigorre propose quelques séances Art et Essai. Bien sûr, ce n’est pas comme en ville, où tu peux sortir et décider ensuite ce que tu peux faire. Ici, il faut saisir les occasions. Mais ces occasions ne manquent pas. »

    La vie associative est également un facteur de dynamisation important, et permet par ailleurs de s’intégrer en tant que nouvel arrivant. Car l’accueil n’est pas forcément si facile, comme l’a constaté Marjolaine. « Quand je suis arrivée avec l’envie d’avoir un mode de vie écolo, ça n’était pas forcément bien vu, même si les mentalités évoluent. Ce qui a vraiment aidé à faire du lien, c’est lorsque mes enfants sont entrés à l’école, j’ai pu rencontrer d’autres parents d’élèves. » Une chance que n’a pas eue Léonor : « Mes deux fils sont encore scolarisés à Nantes, puisque leur père y vit. Et avec mes horaires décalés, je n’ai pas eu l’occasion de vraiment m’intégrer. » Pour Claire Delfosse, il est évident que « l’intégration va dépendre de nombreux facteurs, des deux côtés de la barrière. En milieu rural, on s’imagine également qu’il y a plus de proximité et de solidarité, ce qui est discutable ». Une manière de rappeler que faire attention aux clichés est l’affaire de tous.

  • Les multiples facettes des campagnes françaises

    Les multiples facettes des campagnes françaises

    Territoires ruraux, entre arrivées et départs

    Ils représentent 88 % des communes et 33 % de la population française. Les territoires ruraux sont importants en France, et si l’on a parfois l’impression que depuis quelques années plus de gens quittent la ville pour s’installer à la campagne, la réalité est plus complexe. D’ailleurs, les statistiques ne relèvent pas d’exode urbain, bien que la pandémie ait pu renforcer une durable tendance à la périurbanisation, mais les chiffres globaux masquent des réalités différentes selon les régions. Si certains départements comme la Haute-Marne ou la Nièvre continuent de se vider, la population de Vendée, comme celle des Landes, augmente, elle, rapidement. Comme l’explique la géographe ruraliste Claire Delfosse, il faut être encore plus précis : « Sur un même territoire, il existe parfois de grosses différences d’une commune à l’autre. »

    Différentes dynamiques, qui impliquent différents défis. Pour une ville moyenne du centre de la France comme Tulle, préfecture de la Corrèze, l’enjeu est de maintenir sa population stable, du moins à l’échelle de l’agglomération. Comme le constate Michel Breuilh, président de Tulle Agglo et ses 45 000 habitants, « la ville centre a tendance à se vider au profit de la périphérie. On déménage de plus en plus loin ». À l’inverse, en Loire-Atlantique, la commune de Vallet, au cœur du vignoble nantais, doit gérer la hausse de sa population, qui va bientôt dépasser les 10 000 habitants. Pour son maire Jérôme Marchais, « il est clair que nous ne sommes pas dans une zone fragilisée. Le fait d’être sur un axe entre Nantes et Cholet, sur le passage d’une quatre voies, est un atout. Mais la problématique est de ne pas devenir une ville dortoir de ces deux grandes villes et qu’on puisse vivre pleinement sur notre commune ».

    Lutter contre le vieillissement

    Quel que soit leur dynamisme, les villes rurales luttent pour attirer une population jeune. « À Tulle, nos centres de formation, notamment pour apprentis, permettent d’attirer de jeunes adultes, détaille Michel Breuilh. Mais dès leur formation terminée, la faible perspective d’emploi les pousse à migrer vers les grandes métropoles. » On observe ainsi un creux démographique sur les personnes entre 30 et 60 ans. L’emploi est une priorité, mais l’accès aux services, comme des crèches pour les jeunes parents, est aussi indispensable pour travailler sereinement. « Les services, en particulier de santé, sont un critère majeur pour la population, expose Claire Delfosse. Mais pour attirer les professionnels de santé, il faut non seulement qu’ils trouvent des locaux pour s’installer, mais également de bonnes conditions de vie, comme un emploi pour le conjoint ou la conjointe. »

    Le sujet est important à Tulle : « Sur ce plan, il y a une compétition entre territoires, qui rend difficile d’avoir des médecins. Pour résoudre ce problème, la ville de Tulle a choisi de recruter quatre médecins qu’elle salarie, ce qui permet d’éviter un manque quand un médecin part à la retraite, puisque le poste perdure et peut être offert à d’autres. » Grâce à son attractivité, Vallet propose à ses habitants tous les services nécessaires, mais la commune fait face à un autre problème. « Le prix de l’immobilier grimpe à grande vitesse, regrette Jérôme Marchais, ce qui empêche les jeunes adultes de s’installer et ceux de la région de trouver une maison. On perçoit une nette stagnation dans nos écoles primaires, alors que les élèves en collège augmentent, car les nouveaux venus ont souvent eu une première partie de vie dans un autre territoire. »

    Un coup de frein à la périurbanisation

    L’accès au logement est un enjeu qui devient d’autant plus important depuis la loi ZAN du 20 juillet 2023, pour « zéro artificialisation nette ». L’objectif : réduire l’artificialisation des sols, et donc la construction de nouveaux bâtiments. Une mauvaise nouvelle pour qui veut bâtir sa maison en campagne. Et une inquiétude pour les maires. « Il y a eu des excès, et il fallait mettre un frein à la construction, admet Jérôme Marchais, mais la brutalité avec laquelle cela se fait augmente le prix de l’immobilier. Je me retrouve à la tête d’une commune avec une large superficie et pourtant en raréfaction de terrains à bâtir. » La commune a d’ailleurs fait le choix d’acheter certaines parcelles pour les revendre en dessous du prix du marché aux jeunes Valletais, « à un prix que je trouve encore élevé », soupire le maire.

    Pour Michel Breuilh, la loi sur l’artificialisation s’applique mal aux territoires ruraux : « L’idée de la loi est de privilégier les constructions en hauteur, mais cela ne peut pas se faire ici. Malgré son bien-fondé, j’ai peur qu’elle accentue l’abandon progressif du secteur rural. » Claire Delfosse, quant à elle, voit dans cette loi « un enjeu majeur : celui de la rénovation. Cela implique aussi de revaloriser des savoir-faire artisanaux dans la construction, pour développer une économie circulaire ».

    Elle découvre également se développer d’autres manières d’habiter : « La location, la colocation ou l’habitat partagé. Mais il faut que les communes soient capables de répondre aux demandes, notamment l’accès à un jardin, ou des habitats adaptés aux personnes âgées. » Cela implique également de repenser la mobilité, qui ne peut plus reposer uniquement sur la voiture. La plupart des départements ont ainsi mis en place des plateformes de mobilité, qui visent à accompagner les publics les plus fragiles, en les aidant à trouver un véhicule, une solution de covoiturage ou de transport à la demande.

    Une question d’image

    Au-delà des conditions matérielles, l’image d’un territoire joue énormément sur l’envie de s’y installer. « J’ai récemment participé à un jury de thèse qui était très clair là-dessus, explique Claire Delfosse. Il portait sur l’installation de jeunes vétérinaires en milieu rural, et constatait que des départements comme l’Yonne étaient délaissés, car associés à ce qu’on se représente comme la diagonale du vide. » Une prophétie qui devient ainsi très vite autoréalisatrice. Pour autant, ce n’est pas une fatalité. « Le dynamisme des associations et la multiplication des projets culturels font beaucoup pour l’image d’un territoire, poursuit la géographe. Il suffit parfois d’une MJC active, mais aussi les projets non culturels comme des garderies, pour donner une image dynamique d’un territoire rural. »

    C’est dans cet esprit que la ville de Tulle a misé sur le projet artistique Lost In Traditions, qui mêle création musicale et théâtrale. La commune de Vallet s’est quant à elle lancé dans la création d’une salle de spectacle qui accueille également une école de musique, un tiers-lieu et bientôt une micro-folie, un musée virtuel développé par avec le ministère de la Culture et le Parc de la Villette à Paris. L’objectif : permettre l’accès à une large offre culturelle. Pourtant, renforcer l’attractivité a aussi son revers de médaille : « À force de grandir, on perd son état d’esprit rural, observe Jérôme Marchais. Et il est parfois difficile de faire comprendre aux personnes installées de longue date sur la commune du bienfait de ce changement. »

  • Cheminée, poêle ou insert fermé, entre ambiance cosy et réelle efficacité

    Cheminée, poêle ou insert fermé, entre ambiance cosy et réelle efficacité

    Complément de chaleur

    Hervé, la soixantaine a récemment fait l’acquisition d’un petit poêle en complément du chauffage au gaz de sa maison de banlieue parisienne où il vit avec sa femme. « L’idée était de pouvoir chauffer le salon rapidement quand nous y sommes installés pour lire ou regarder la télé et que nous avons un peu froid, explique-t-il. En plus, quand on l’allume, on bénéficie d’une bonne odeur et d’un foyer agréable à regarder. » Leur petit poêle sept étoiles en fonte leur offre ainsi une diffusion progressive de la chaleur qui, en une trentaine de minutes, compense les 19 degrés régnant dans le reste de la maison. « Grâce au foyer fermé du poêle, la combustion est optimale, ça chauffe bien et il y a peu de pollution aux particules fine », renchérit-il. Même s’il avait eu la possibilité, Hervé n’aurait de toute façon pas choisi d’installer une cheminée ouverte. « ça fait trop de fumée et ça ne chauffe vraiment pas bien », conclut-il.

    Cheminée d’ornement

    De son côté Clément, la trentaine, possède une cheminée à foyer ouvert qui était déjà présente dans la maison qu’il occupe avec sa petite famille dans le Gers. Pendant des années, la chaleur du salon provenait essentiellement de cette majestueuse cheminée ouverte. Clément et sa compagne consommaient beaucoup de bois de chauffe. « On en a énormément à disposition dans notre jardin donc ça n’a jamais posé de problème d’ordre financier », relativise-t-il. Depuis deux ans, ils ont néanmoins effectué des travaux d’isolation de leur maison et ils ont fait poser de meilleurs radiateurs. L’utilisation de la cheminée est devenue très occasionnelle voire exceptionnelle. « On la garde surtout pour son aspect esthétique, qui va de pair avec notre maison ancienne, et pour l’ambiance agréable quand on s’installe au coin du feu, indique Clément. Et même s’il y a quelques désagréments liés parfois à la présence de fumée, de poussière ou de particules fines, je préfère garder la cheminée ouverte tant que la loi m’y autorise… Après, on verra bien ce qu’on fera. »

    Le bois de chauffage première Energie renouvelable de l’hexagone

    L’insert fermé et la cheminée ouverte ne présentent donc pas du tout les mêmes caractéristiques ni usages. Les deux semblent appréciés. En atteste l’agence de transition écologique (Ademe), dont le site internet indique que sept millions de foyers français se chaufferaient actuellement grâce au bois de chauffage. Faisant ainsi de ce combustible, facile d’accès et peu onéreux voire gratuit, la première énergie renouvelable utilisée à travers l’Hexagone. Notamment grâce aux appareils de plus en plus performants. En effet, un bon insert fermé bien utilisé permettrait de réduire jusqu’à dix fois l’émission de particules fines. Exit donc les foyers ouverts très gourmands en bois et trop polluants. « Les cheminées dites ouvertes ont un très faible rendement, cela engendre donc un gaspillage de la ressource en bois. Par ailleurs, dans certaines communes, leur utilisation est même complètement interdite », précisent les spécialistes.

    Cheminée et poêle : précautions à prendre

    Quelques règles simples sont également dispensées sur le site de l’Ademe pour une combustion optimale. Ils suggèrent notamment d’allumer le feu par le haut, une technique qui serait plus efficace et plus économique, contrairement à la méthode traditionnelle, de charger régulièrement en bois et de maîtriser le tirage en ouvrant les entrées d’air à l’allumage puis en les réduisant quand le feu a pris. Enfin, ils enjoignent à bien respecter les notices des appareils, à bien entretenir son installation et de veiller au ramonage annuel de la cheminée. « Un millimètre de suie dans le conduit c’est 10 % de bois consommé en plus », rappellent-ils.

    Installation d’une cheminée ou d’un insert

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