Étiquette : Habitat

  • La vanlife me fait envie, mais est-elle vraiment pour moi ?

    La vanlife me fait envie, mais est-elle vraiment pour moi ?

    Voilà déjà quatre ans que Fabien, un social media manager de 37 ans, est propriétaire d’un van qu’il a lui-même aménagé. « Je crois que j’ai connu à peu près toutes les configurations possibles dans la vanlife ! », s’amuse ce père de famille.

    La vanlife, un rêve réalisable ?

    S’il collectionnait les Combi Volkswagen miniatures lorsqu’il était petit, son envie de s’offrir un van est née au printemps 2020, pendant le premier confinement, comme pour beaucoup de vanlifers. « Je passais des heures à regarder des photos et des vidéos de trentenaires vivants sur la route, s’étirant au petit matin face à l’océan, avec le chant des oiseaux », se souvient-il. Il acquiert un véhicule dès la levée du confinement et passe une partie de l’été à l’aménager en regardant des tutoriels en ligne et en échangeant avec d’autres passionnés sur des forums spécialisés. « En septembre, j’ai pris la route pour un road trip de huit mois en solitaire à travers l’Europe, se remémore-t-il. J’ai rencontré ma copine en Suède et lorsque nous sommes rentrés en France, nous avons d’abord vécu en couple dans mon van pendant que nous retapions une maison dans le Sud-Ouest. » L’année suivante, un enfant naît de leur union. « Aujourd’hui, nous avons une vie sédentaire, mais nous prenons le van en famille au moins un week-end par mois et une bonne partie des vacances, précise Fabien. Et nous avons pour projet de partir tous les trois en voyage en van en Nouvelle-Zélande l’année prochaine. Mais cette fois, nous en louerons peut-être un sur place. » Comme lui, de plus en plus de Français ont envie de goûter à la vie nomade tout en se reconnectant à la nature. Ainsi, selon UniVDL, le syndicat des véhicules de loisirs, les ventes de vans et de fourgons neufs ont explosé entre 2017 et 2022, faisant un bond de + 156,8 %.

    Aimer la promiscuité

    Néanmoins, avant de sauter le pas, il est important de se poser quelques questions pour éviter les déconvenues. Mylène et Peter, la petite quarantaine, n’ont pas vécu une expérience aussi réjouissante que celle de Fabien. « Nous étions déjà des digital nomades, raconte la première. On changeait de pays plusieurs fois par an, dès que nos visas avaient expiré, mais on vivait confortablement dans des appartements en location. La vie en van, c’est vraiment autre chose ! » Peter résume leurs quelques mois passés à bord d’un véhicule, pourtant plutôt haut de gamme, de cette façon : « La promiscuité, surtout les jours de pluie, a fait que très rapidement, on ne se supportait plus. Et puis nous avons dépensé des fortunes en carburant, en réparations du van lorsqu’il était en panne et en emplacements pour avoir accès à des sanitaires. Et puis on a souvent eu froid la nuit, on s’est fait piquer nos ordinateurs en plein jour et presque à chaque fois qu’on trouvait un spot magnifique au calme pour passer la nuit, on se retrouvait finalement très vite encerclés par des flopées d’autres vans ! » Une vie loin du rêve de liberté et de retour à la nature déroulée à longueur de stories sur Instagram !

    Et bien préparer son voyage

    Le voyage en van convient donc avant tout aux personnes à l’aise dans un espace réduit et avec peu de confort. Et pour celles et ceux qui voudraient se lancer dans l’aventure, il est important de prévoir son budget et de bien préparer son départ en consultant quelques-uns de nombreux guides dédiés ou des vidéos de youtubeurs spécialisés. Les salons tels que le Vanlifest (à Capbreton) ou le Festival vanlife à Bordeaux, sont aussi de bons moyens pour s’informer. Philippe Colas organise les salons Vanlife Expo à Rennes et à Grenoble, ainsi que le Breizh Vanlife Festival à Saint-Malo. « Je conseille de commencer par louer un véhicule aménagé, pour bien se rendre compte, avant d’en acheter un, explique-t-il. Car la vanlife ce n’est pas seulement ce qu’on voit sur les réseaux sociaux, c’est aussi vivre en famille dans 6m2 ! » Sur ses salons, les modèles neufs sont vendus à partir de 35 000 euros. « Et il y a la nouvelle tendance des kits amovibles ou des malles de voyage, ajoute-t-il. Il s’agit de meubles adaptables que l’on installe sans outil sur les sièges arrière rabaissés d’une voiture et qui permettent d’accueillir un sommier, un matelas, des tiroirs, voire, une cuisinette, détaille le professionnel. Les premiers coûtent environ 2000 euros. »

    Un bon compromis pour les aventuriers à petit budget. Philippe Colas évoque aussi les « tear drop », ces petites caravanes équipées d’une chambre à coucher que l’on attache à sa voiture grâce à une boule d’attelage. Pour celles et ceux qui souhaitent aménager un utilitaire, un fourgon ou un van, il recommande de se fournir auprès d’entreprises spécialisées et de prévoir un budget minimum de 10 000 euros. « Mais, si vous ne partez qu’une fois par an, vous avez tout intérêt à privilégier la location », conclut-il.

     

    Un van aménagé à assurer ?

    Optez pour l’assurance Van de la Macif !

  • Retaper une maison soi-même : les choses à savoir avant de se lancer

    Retaper une maison soi-même : les choses à savoir avant de se lancer

    « Beaucoup de gens autour de nous se sont lancés dans des projets de rénovation ; ça nous a donné envie. » Après trois ans en location dans la région, Ophélie et Thibault, 28 ans, ont acheté en mars dernier une grange vers Figeac (Lot). Lui est menuisier de formation, elle détentrice d’un CAP en taille de pierre. S’ils ont mis entre parenthèses leurs activités professionnelles respectives pour se consacrer pleinement à ce projet, ils se donnent 6 mois pour transformer leur bien en cocon habitable : « On espère avoir l’isolation, la salle d’eau et le poêle qui fonctionnent d’ici là. » Le jeune couple guettait les annonces depuis plus d’un an lorsqu’il est tombé sur cette aubaine de 240 mètres carrés, répartis sur deux étages. « La charpente, la toiture et les murs étaient en bon état, ce qui nous a évité de nombreux frais. Les propriétaires avaient aussi fait l’assainissement, installé le raccordement à l’eau, à l’électricité, et retapé la cuisine dans laquelle on campe pendant le chantier. » Des économies de plusieurs dizaines de milliers d’euros qui ont achevé de les convaincre.

    Se renseigner sur les aides

    Ophélie et Thibault ne sont pas les seuls à s’être lancés dans l’aventure de la rénovation. En 2023, ce sont 624 000 logements qui ont été rénovés, selon le dernier bilan publié par l’Agence nationale de l’habitat (Anah). 570 000 chantiers ont, à ce titre, bénéficié de MaPrimeRénov’, une aide de l’État dédiée aux travaux de rénovation énergétique. Cela n’a malheureusement pas été le cas pour Ophélie et Thibault : « Notre logement est une ancienne grange, pas une maison, donc il n’est pas éligible aux aides de l’état. C’est à prendre en compte avant d’acheter. Mieux vaut se renseigner en amont sur les aides que l’on pourra réellement obtenir pour éviter les mauvaises surprises. » Le couple a dû réajuster ses plans en conséquence : en plus des 100 000 euros déboursés pour l’achat, ils se sont fixé un budget de 30 000 pour les travaux. Cela ne leur permettra pas les finitions, qu’ils réaliseront dans un second temps.

    S’entourer d’experts

    Comment se préparer au mieux et limiter les imprévus ? Pour Marie, couturière de 31 ans, la clé est d’être bien conseillée avant l’achat. « Nous sommes allés sur place avec un ingénieur expert, pour qu’il nous dise si notre projet était réalisable, qu’il regarde en détail l’état des fondations et des murs restants, qu’il nous aiguille… » Cette trentenaire vient d’acheter avec son conjoint une ruine à rénover, pour la modique somme de 21 000 euros. Les travaux devaient commencer au printemps, mais ont été reportés le temps d’obtenir les permis nécessaires. « Il ne faut pas sous-estimer le temps de l’administration, et prendre son mal en patience ! »

    Ophélie et Thibault ont aussi sollicité l’aide de connaisseurs. « On a fait venir des amis qui avaient déjà mené à bien ce type de projet pour qu’ils nous donnent leur avis et nous conseille. On a aussi fait venir un chauffagiste et notre voisin nous a aidés à casser la dalle avec sa mini-pelle qu’il manie bien mieux que nous. C’est important de s’entourer de gens qui s’y connaissent », explique le couple, qui a lui-même passé pas mal de temps à s’informer sur le sujet. « Entre le moment où on a vu la maison pour la première fois, et le jour où on a commencé les travaux, plusieurs mois se sont écoulés. Ça nous a donné le temps d’acheter plein de bouquins sur le sujet, de regarder des tutoriels sur YouTube, de nous mettre dans des groupes Facebook dédiés pour obtenir des conseils de professionnels. On y pose encore nos questions dès qu’on a un doute, les gens répondent rapidement ! »

    Se projeter avec réalisme

    Avant de débuter son chantier, le couple est revenu plusieurs fois prendre des mesures et des photos, afin d’élaborer un plan d’action précis et budgétisé. « On s’est posé sur les isolants, on a estimé le coût des matériaux qu’on souhaitait utiliser. » Un excellent réflexe, selon Florence, communicante, qui vient de terminer trois ans de travaux dans sa maison du Pays basque. « Il faut compter entre 1500 et 3000 euros par mètre carré, estime cette quinquagénaire, qui conseille de prévoir environ 30% de dépassement dans son budget. Et mieux vaut garder un matelas financier confortable pour l’aménagement ensuite, car les meubles ont un coût ! Quand on conçoit son projet, je conseille d’ailleurs d’imaginer où on mettra son mobilier, pour installer les prises, fenêtre et interrupteurs en fonction. Et ne pas négliger le jardin qui peut être un gros poste de dépense. » Comme Ophélie, Thibault et Marie, Florence préconise aussi de louer dans la région avant de se lancer, et d’être parfaitement honnête avec soi-même : « Est-ce qu’on est vraiment à l’aise au bout de ce sentier isolé où il faut faire vingt minutes de voiture pour acheter une baguette ? » Si oui, banco !

    VOUS ENVISAGEZ DE DEVENIR PROPRIÉTAIRE ?

    La Macif vous accompagne dans votre achat immobilier

  • Premier achat immobilier : entre rêve et réalité

    Premier achat immobilier : entre rêve et réalité

    « Je me suis toujours rêvée propriétaire, mon conjoint non. » Sonya et Maxime ont acheté leur premier bien alors qu’ils avaient 33 et 35 ans. C’est une maison de ville d’une centaine de mètres carrés, située dans la petite couronne. Ils y vivent depuis quatre ans avec leurs deux enfants. « On a cherché dans la précipitation car je suis tombée enceinte de notre cadette, et on vivait à l’époque dans un 55m2 avec deux minuscules chambres », se remémore Sonya. Les critères du couple étaient alors bien définis : trois chambres, proche des grands-parents et de l’école où était déjà scolarisé leur aîné. « On ne s’attendait pas à trouver une maison dans notre budget, avoue Maxime. Elle est loin d’être parfaite : je n’aime pas son salon sombre, vieillot, qui donne sur cour. Mais on a eu un coup de cœur pour l’étage et les grandes chambres. »

    Faire des compromis

    Quelles concessions est-on prêt à faire quand on achète pour la première fois ? Si dans le cas de Maxime, c’est un salon dans son jus qu’il a fallu accepter, Claire, responsable de chaîne d’approvisionnement de 31 ans, a transigé sur l’esthétisme. « Je me rêvais dans de l’ancien, j’ai fini par acheter du neuf. » La trentenaire vit dans un appartement en rez-de-chaussée d’environ 50 m2 en Isère. « C’était un achat de raison, pas un achat coup de cœur. J’avais visité beaucoup de biens avant, et il y avait toujours quelque chose qui clochait. » Selon la salariée, la clé d’un achat réussi est de prendre son temps pour la recherche. Et, si possible, de se faire accompagner de personnes qui s’y connaissent afin d’éviter les déconvenues.

    Claire a par exemple eu la mauvaise surprise de découvrir, a posteriori, que les canalisations de son nouveau logement étaient vétustes. Après deux ans passés dans l’appartement, elle cherche aujourd’hui à déménager. « Le premier bien que tu achètes, c’est ta version test : il faut y vivre, y évoluer, pour te rendre compte réellement de tes besoins et de ce qu’il te manque. Tu cherches un salon ouvert sur la cuisine parce que tu trouves ça joli dans l’idée, puis tu te rends compte que tu ne peux pas bouquiner sans baigner dans les odeurs de cuisson. Donc tu penses à nouveau tes critères. Tu apprends à te découvrir toi-même, tu affines tes envies. »

    Décrocher le bien de ses rêves

    En France, 61 % des Français souhaitent un jour devenir propriétaires(2). Dans trois cas sur quatre, ils se rêvent dans une maison individuelle plutôt qu’en appartement, et cherchent de l’ancien (46 %). Mais pour concrétiser son projet, il faut d’abord pouvoir le financer, rappelle Cécile, praticienne en médecine chinoise de 41 ans. « Cela fait trois ans qu’on cherche. On a fait plusieurs tentatives d’achat en habitat partagé, qui n’ont jamais abouti. Vu la conjoncture et l’augmentation délirante des taux, plus personne n’a accès au crédit. » La quadragénaire et son conjoint ont pourtant fini par trouver, abandonnant l’idée du logement collectif. « On achète une ancienne ferme traditionnelle avec une grange et un terrain à 20 minutes de Grenoble. La maison était en vente à 280 000 euros, il y avait des travaux à faire et on n’avait pas le budget. On a fait une offre à 251 000 euros, qui a été acceptée. On n’a pas encore bouclé le financement, mais on passe par un courtier qui nous a trouvé un emprunt de 186 000 euros avec un taux à 4,25 %. » Si c’était à refaire, Cécile aurait plutôt commencé par là. « C’est mieux d’aller à la banque en amont, de savoir précisément ce qu’on peut emprunter et ce à quoi on a droit. Les recherches prennent du temps, mais quand on trouve, il vaut mieux être opérationnel pour éviter que le bien ne nous passe sous le nez. »

    D’autant plus qu’obtenir un prêt peut se révéler un véritable parcours du combattant. Sonya et Maxime en ont fait l’expérience : « Notre souci, c’est que malgré nos salaires corrects, on était tous les deux travailleurs indépendants. Heureusement, la banque a fini par nous accorder un emprunt sur 25 ans. » Puis, une fois le financement sécurisé, reste l’étape cruciale de voir son offre acceptée. Tous les moyens sont alors bons pour se démarquer. « On a écrit une lettre de trois pages aux propriétaires pour leur dire où on en était dans nos vies, les projets qu’on avait pour cette maison, raconte Cécile. Ça les a touchés, ce qui a fait pencher la balance en notre faveur. » Contrairement aux statistiques nationales, la jeune quadragénaire n’avait pourtant jamais aspiré à devenir propriétaire. « Depuis toute petite je trouvais ça absurde, c’était pour moi un non-sens total de s’endetter sur autant d’années, je voyais ça comme un engagement horrible. Mais ce sont les projets de bricolage qu’on a imaginés pour cette maison et ma liberté de pouvoir façonner quelque chose à notre image qui m’ont séduite. »

    Vous envisagez de devenir propriétaire ?

    La Macif vous accompagne dans votre achat immobilier.

    (1) https://www.pretto.fr/acheteur-immobilier/profil/age-median-devenir-proprietaire-2023/

    (2) https://harris-interactive.fr/opinion_polls/barometre-habitat-edition-2023/

     

  • Habitat léger : pourquoi l’ont-ils choisi ?

    Habitat léger : pourquoi l’ont-ils choisi ?

    Sarah, nordiste de 33 ans, mère de trois enfants, tenait à transmettre les valeurs du vivre-ensemble à ses enfants, avec cet adage en tête : « Il faut tout un village pour élever un enfant. » Elle a été séduite par le concept des coopératives d’habitats légers qui combinent lien social et habitat léger. Un quartier résidentiel composé de yourtes, tipi ou mobil-home, souvent enserrés d’espaces communs, d’un grand potager commun et d’un verger. Depuis l’installation dans un de ces hameaux d’un nouveau style, elle vit sa parentalité autrement. Les allers-retours à l’école : ce n’est plus systématiquement elle qui s’en charge, mais un voisin disponible inscrit sur un planning au préalable. Dans ce hameau, certains achats sont mutualisés, comme les robots pâtissiers ou les livres pour enfants. « Je leur montre concrètement que réduire ses possessions allège l’esprit, que nos objets peuvent être partagés, qu’on peut être heureux sans posséder une grande maison individuelle. » Souvent à l’extérieur, ses enfants apprennent à lire les particularités des saisons. « Je veux qu’ils sentent l’humidité de l’automne, les fleurs au printemps, la sécheresse de l’air en été. »

    Habiter autrement

    Pour Philippine et Alexis, couple de trentenaires normands, le déclic est venu en plein mois d’août, au retour d’un tour du monde de quatorze mois. C’est à ce moment qu’ils réalisent que leurs besoins essentiels tiennent dans leur sac à dos de douze litres. De retour en France après avoir arpenté les six continents, l’idée de s’installer à nouveau dans leur appartement à Granville leur semble à l’opposé de l’aventure minimaliste qu’ils viennent de vivre. « Continuer à sillonner les routes d’Europe nous tentait bien. Mais je suis assistante sociale et mon conjoint chargé d’études. Ce ne sont clairement pas des jobs de digital nomades ! », plaisante Philippine. Pas question cependant d’abandonner le projet d’habiter différemment. En quelques mois, ils dénichent un terrain constructible dans la campagne de Granville, au cœur de leur Normandie natale et le tour est joué : ils construisent la « tiny house », ou plutôt la micromaison comme on dit en français, de leurs rêves : « Moins de 20m2 au sol avec deux mezzanines, le strict nécessaire », résume Alexis, tout sourire.

    L’habitat est la principale cause de consommation d’espace.*

    Se débarrasser du futile

    Depuis leur emménagement dans ce logement d’une plus petite surface, les économies réalisées les confortent dans leur choix. Désormais, il leur suffit d’allumer un lampadaire halogène pour éclairer l’ensemble de leur intérieur. Résultat, les charges d’électricité ont été divisées par trois et leur épargne est uniquement consacrée aux imprévus, « et aux voyages ! », tient à préciser Philippine. Avant de s’installer dans leur nouveau chez eux, ils ont dû se débarrasser de la moitié de leurs possessions, un bon moyen de s’alléger l’esprit selon eux. « Plus la maison est grande, plus on entasse. Ce qu’on garde ici, c’est l’essentiel », assure Philippine, qui se souvient encore de la phase de tri fastidieuse. C’était pour la bonne cause assure-t-elle : adieu le stockage compulsif !

    L’habitat léger est aussi une manière de se délester d’une charge mentale importante. « On ne se sent plus esclaves de l’entretien de la maison. On travaille toute la semaine, donc le ménage ne doit pas nous occuper plus d’une heure le week-end », expliquent-ils. Le couple note également un changement significatif dans leur relation. La proximité imposée par une petite surface renforce leur communication. « Dans une maison où chacun peut avoir sa pièce, on se réfugie vite dans notre petit confort individuel, parfois au détriment du couple », reconnaît Philippine.

    Convictions écologiques

    Principalement construit en matériaux naturels ou très peu polluants, l’habitat léger répond également à la volonté des familles d’être en accord avec ses convictions écologiques. En dehors de la sobriété, la valeur cardinale de l’habitat léger est la réduction de son empreinte environnementale. « Hors de question de bétonner, le terrassement de notre logement est en pierres », assure Alexis. Bémol de ce type de logement : l’isolation. Elle doit être une priorité lors de l’installation pour éviter toute gêne occasionnée par l’humidité, mais la capacité d’accueil en est significativement réduite. « Mais ce n’est pas moins convivial pour autant », rassure Sarah.

    * https://www.insee.fr/fr/statistiques/7721436

  • L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    Gérer les différentes tâches de la maison depuis son smartphone, depuis quelques années, c’est possible. Notre habitat est devenu intelligent et connecté. Du chauffage à la lumière en passant par les systèmes de sécurité, l’électroménager ou les volets roulants, la domotique permet à tous de centraliser et automatiser la gestion de sa maison. « Il y a quatre piliers en domotique : le confort, la sécurité, le multimédia, mais aussi la maîtrise de la consommation énergétique », estime François-Xavier Jeuland, fondateur de l’Observatoire de l’immobilier connecté et responsable et vice-président de la Smart Buildings Alliance (SBA), une association réunissant 500 entreprises avec comme vocation d’être l’organisation de référence du smart building.

    Maîtriser sa consommation d’énergie

    Vivre dans une maison connectée ne se résume donc pas simplement à déclencher une lessive depuis son smartphone ou lancer une playlist en s’adressant à son assistant vocal. Nicolas, 50 ans, a par exemple opté pour un thermostat connecté pour sa maison en banlieue parisienne. Relié à sa chaudière à gaz, il lui permet de choisir quand et quelle pièce chauffer selon des plannings qu’il peur affiner à volonté. « La nuit je règle la température à 16 degrés, ensuite ça chauffe un peu le matin quand on se lève, puis le chauffage s’éteint la journée pour s’enclencher de nouveau en fin de journée quand on rentre du travail », explique-t-il. Un peu geek, il s’intéresse à la domotique depuis déjà plusieurs années, séduit par toutes les possibilités qu’elle peut offrir. Sa maison est aujourd’hui presque entièrement connectée. « J’ai installé entre autres des capteurs de mouvements. Quand je monte me coucher, une lampe s’allume pendant une minute et puis elle s’éteint. Mais aussi un détecteur de fuite d’eau. Si l’eau coule, ça sonne directement sur mon portable, il existe même des électrovannes qui peuvent couper l’arrivée d’eau en cas de fuite. Tout ça c’est du confort, mais ça permet également de ne pas gaspiller le gaz, l’électricité ou l’eau ! », ajoute-t-il.

    « Éviter le gaspillage, ça offre de belles économies sur sa facture d’électricité », sourit Malek, 35 ans, qui a lui décidé d’équiper son pavillon près de Grenoble il y a quelques mois, en pleine flambée du prix de l’énergie. Initialement novice en matière de domotique, c’est un ami qui lui a conseillé de sauter le pas : « J’ai donc installé un thermostat connecté. Ça permet vraiment d’optimiser ma consommation. Pour l’instant, je suis à peu près à 20 % de moins que l’hiver dernier. En gros, je ne chauffe plus pour rien ! »

    Économie d’eau et chauffage naturel

    La diminution de la consommation est telle après l’installation d’un thermostat connecté que le gouvernement a même récemment lancé un dispositif d’aide à ceux qui voudraient s’en équiper. Entrée en vigueur le 1er décembre dernier, il permet de faire poser chez soi par un professionnel des thermostats et des têtes thermostatiques connectés et de bénéficier de 260 € à 624 € d’aide à l’installation. La domotique contribue aussi à éviter le gaspillage d’une autre manière : en faisant prendre conscience de sa consommation, notamment celle de l’eau.

    Malek a donc opté pour un pommeau de douche connecté. « C’est assez simple. Quand on prend une douche, il s’allume. D’abord en vert entre 0 et 10 litres consommés, puis en bleu entre 10 et 20, etc. Jusqu’à 40 litres où, là, il se met carrément à clignoter », s’amuse le trentenaire. Connecté à une application, le pommeau peut mémoriser jusqu’à 200 douches et les transmettre pour permettre à l’utilisateur de suivre ses économies dans le temps. « Pour mon fils de 8 ans, c’est presque devenu un jeu. Il essaie d’utiliser le moins d’eau possible », raconte Malek. Bientôt, il voudrait encore aller un peu plus loin pour faire diminuer sa consommation d’énergie. « J’aimerais changer la motorisation des volets roulants de ma baie vitrée, de mes fenêtres et portes-fenêtres » prévoit l’Isérois. En hiver, grâce à un micromodule connecté à des capteurs météo et à son thermostat, il pourrait se servir de la lumière du soleil pour chauffer naturellement la maison. « Et l’été, les volets se baisseront tout seuls quand il fera trop chaud ou que le soleil tapera trop dans la maison, pour garder la fraîcheur », s’imagine déjà Malek.

    Vers une domotique moins énergivore

    La copie de la domotique n’est cependant pas encore parfaite. L’accumulation d’objets connectés se révèle forcément énergivore. « Notamment si on réfléchit en termes de bande passante ou au niveau des data centers », précise François-Xavier Jeuland. Mais les fabricants et les Gafam se sont accordés pour mettre en place le protocole Matter, un standard unifiant tous les objets connectés d’un logement pour leur fonctionnement. Une uniformisation qui devrait se généraliser et permettre d’alléger le coût en énergie de la domotique.  Selon lui, la domotique peut devenir aussi incontournable demain que l’isolation thermique aujourd’hui pour rendre la maison plus verte : « Il me semble que les objets connectés font partie de la solution. Ils sont très faciles à mettre en œuvre et ont un vrai impact. 20 à 30 % de consommation en moins grâce aux thermostats connectés, ce n’est pas négligeable. »

  • L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    Gérer les différentes tâches de la maison depuis son smartphone, depuis quelques années, c’est possible. Notre habitat est devenu intelligent et connecté. Du chauffage à la lumière en passant par les systèmes de sécurité, l’électroménager ou les volets roulants, la domotique permet à tous de centraliser et automatiser la gestion de sa maison. « Il y a quatre piliers en domotique : le confort, la sécurité, le multimédia, mais aussi la maîtrise de la consommation énergétique », estime François-Xavier Jeuland, fondateur de l’Observatoire de l’immobilier connecté et responsable et vice-président de la Smart Buildings Alliance (SBA), une association réunissant 500 entreprises avec comme vocation d’être l’organisation de référence du smart building.

    Maîtriser sa consommation d’énergie

    Vivre dans une maison connectée ne se résume donc pas simplement à déclencher une lessive depuis son smartphone ou lancer une playlist en s’adressant à son assistant vocal. Nicolas, 50 ans, a par exemple opté pour un thermostat connecté pour sa maison en banlieue parisienne. Relié à sa chaudière à gaz, il lui permet de choisir quand et quelle pièce chauffer selon des plannings qu’il peur affiner à volonté. « La nuit je règle la température à 16 degrés, ensuite ça chauffe un peu le matin quand on se lève, puis le chauffage s’éteint la journée pour s’enclencher de nouveau en fin de journée quand on rentre du travail », explique-t-il. Un peu geek, il s’intéresse à la domotique depuis déjà plusieurs années, séduit par toutes les possibilités qu’elle peut offrir. Sa maison est aujourd’hui presque entièrement connectée. « J’ai installé entre autres des capteurs de mouvements. Quand je monte me coucher, une lampe s’allume pendant une minute et puis elle s’éteint. Mais aussi un détecteur de fuite d’eau. Si l’eau coule, ça sonne directement sur mon portable, il existe même des électrovannes qui peuvent couper l’arrivée d’eau en cas de fuite. Tout ça c’est du confort, mais ça permet également de ne pas gaspiller le gaz, l’électricité ou l’eau ! », ajoute-t-il.

    « Éviter le gaspillage, ça offre de belles économies sur sa facture d’électricité », sourit Malek, 35 ans, qui a lui décidé d’équiper son pavillon près de Grenoble il y a quelques mois, en pleine flambée du prix de l’énergie. Initialement novice en matière de domotique, c’est un ami qui lui a conseillé de sauter le pas : « J’ai donc installé un thermostat connecté. Ça permet vraiment d’optimiser ma consommation. Pour l’instant, je suis à peu près à 20 % de moins que l’hiver dernier. En gros, je ne chauffe plus pour rien ! »

    Économie d’eau et chauffage naturel

    La diminution de la consommation est telle après l’installation d’un thermostat connecté que le gouvernement a même récemment lancé un dispositif d’aide à ceux qui voudraient s’en équiper. Entrée en vigueur le 1er décembre dernier, il permet de faire poser chez soi par un professionnel des thermostats et des têtes thermostatiques connectés et de bénéficier de 260 € à 624 € d’aide à l’installation. La domotique contribue aussi à éviter le gaspillage d’une autre manière : en faisant prendre conscience de sa consommation, notamment celle de l’eau.

    Malek a donc opté pour un pommeau de douche connecté. « C’est assez simple. Quand on prend une douche, il s’allume. D’abord en vert entre 0 et 10 litres consommés, puis en bleu entre 10 et 20, etc. Jusqu’à 40 litres où, là, il se met carrément à clignoter », s’amuse le trentenaire. Connecté à une application, le pommeau peut mémoriser jusqu’à 200 douches et les transmettre pour permettre à l’utilisateur de suivre ses économies dans le temps. « Pour mon fils de 8 ans, c’est presque devenu un jeu. Il essaie d’utiliser le moins d’eau possible », raconte Malek. Bientôt, il voudrait encore aller un peu plus loin pour faire diminuer sa consommation d’énergie. « J’aimerais changer la motorisation des volets roulants de ma baie vitrée, de mes fenêtres et portes-fenêtres » prévoit l’Isérois. En hiver, grâce à un micromodule connecté à des capteurs météo et à son thermostat, il pourrait se servir de la lumière du soleil pour chauffer naturellement la maison. « Et l’été, les volets se baisseront tout seuls quand il fera trop chaud ou que le soleil tapera trop dans la maison, pour garder la fraîcheur », s’imagine déjà Malek.

    Vers une domotique moins énergivore

    La copie de la domotique n’est cependant pas encore parfaite. L’accumulation d’objets connectés se révèle forcément énergivore. « Notamment si on réfléchit en termes de bande passante ou au niveau des data centers », précise François-Xavier Jeuland. Mais les fabricants et les Gafam se sont accordés pour mettre en place le protocole Matter, un standard unifiant tous les objets connectés d’un logement pour leur fonctionnement. Une uniformisation qui devrait se généraliser et permettre d’alléger le coût en énergie de la domotique.  Selon lui, la domotique peut devenir aussi incontournable demain que l’isolation thermique aujourd’hui pour rendre la maison plus verte : « Il me semble que les objets connectés font partie de la solution. Ils sont très faciles à mettre en œuvre et ont un vrai impact. 20 à 30 % de consommation en moins grâce aux thermostats connectés, ce n’est pas négligeable. »

  • Quelle plante dans quelle pièce chez soi ?

    Quelle plante dans quelle pièce chez soi ?

    Les plantes dont nous nous entourons peuvent faire plus que simplement embellir nos pièces. Selon une étude réalisée par l’université de Shanghai en 2013, vivre dans une pièce où des plantes sont présentes nous rend plus heureux qu’être dans une pièce dénuée de verdure. Une étude américaine de 2015 a aussi confirmé qu’être à proximité de plantes réduit le stress psychologique et physiologique. Antoniy Ivanov, 31 ans, barista à mi-temps et étudiant en master, l’a bien compris. C’est pour cela qu’il a acheté ses premières plantes : « Lorsque j’ai emménagé dans mon studio étudiant, j’étais juste entouré de tristes murs blancs, d’un lit, d’une table et d’une chaise. Les plantes m’ont permis de me sentir mieux chez moi. Elles sont belles à regarder et égayent l’espace. »

    En tant qu’organisme vivant, les plantes ont néanmoins des besoins bien particuliers. Il faut donc faire attention à leurs caractéristiques, mais aussi à celles de la pièce dans lesquelles vous voulez les placer. « Le plus important, explique Rémi Couturas, vendeur de plantes depuis cinq ans dans un magasin de jardinage, c’est de savoir s’adapter à l’environnement dans lequel vous allez placer votre plante et de bien faire attention à son évolution. Il n’existe pas de règles bien définies, mais il y a des lieux où certaines plantes auront plus de mal à pousser et à survivre qu’ailleurs ». De plus, certaines plantes ont des particularités qui peuvent avoir un impact positif sur votre environnement, qui va au-delà de la simple décoration. Mais alors quelles plantes sont-elles adaptées à chaque pièce de la maison ?

    Pour la cuisine

    Pour la cuisine, Rémi Couturas recommande « des plantes de la famille des aglaonemas, des dracénas (dragonniers), des chamaedoreas (chamaedorées), ou des chlorophytums (plantes-araignées). Elles sont connues pour nettoyer l’air des polluants ». Selon une étude de la NASA de 1989, ces plantes sont en effet efficaces pour filtrer des composés organiques volatils présents dans l’air qui peuvent être nocifs pour notre santé, tels que le benzène, le formaldéhyde ou l’ammoniaque. Il faut néanmoins nuancer les bienfaits de ces plantes. Si elles ont été identifiées par la NASA comme pouvant éliminer les polluants de l’air, l’étude a été faite dans un laboratoire étanche, dans des conditions qui ressemblent peu à celles d’une maison ou d’un appartement.

    Une étude de 2020 a ainsi prouvé que les plantes ont en fait peu d’impact sur la présence de polluants dans l’air d’un bureau ou d’une maison, celui-ci se renouvelant plus vite que les plantes ne peuvent le filtrer. De plus, Rémi Couturas rappelle que « la cuisine subit des changements de température et de taux d’humidité assez importants, et donc il faut bien surveiller comment nos plantes réagissent à cet environnement ».

    Pour le salon

    Selon Rémi Couturas, « la luminosité de l’emplacement va beaucoup jouer sur le bien-être d’une plante et c’est donc surtout cela qu’il faut prendre en compte ». Le salon est souvent une pièce assez lumineuse, qui bénéficie d’une exposition au soleil directe ou indirecte et beaucoup de plantes s’y plairont. Vous pouvez ainsi aussi bien y placer des fougères ou des palmiers areca que des dracénas (dragonniers) et des dieffenbachias. En les plaçant à proximité des fenêtres, un géranium citronné ou un citronnier nain peuvent être utilisés pour repousser les moustiques l’été.

    Pour la salle de bains

    Le meilleur choix pour la salle de bains est une plante qui puisse vivre dans un environnement humide et chaud. De plus, selon Rémi Couturas, il faudra garder l’humidité ambiante en tête et « espacer les fréquences d’arrosages, votre plante devrait quand même s’en sortir grâce à l’eau présente dans l’air ambiant ». Les fougères, les adiantum (capillaires) et les chlorophytums (plantes-araignées) ont besoin de beaucoup d’eau et absorbent efficacement l’humidité de leur environnement. Elles peuvent ainsi être utilisées comme un déshumidificateur naturel.

    Pour la chambre

    Contrairement à ce qu’on peut entendre ici ou là, les plantes d’intérieur ont tout à fait leur place dans une chambre, même si Rémi Couturas conseille d’éviter « les plantes odorantes parce que cela pourrait vous empêcher de dormir si vous y êtes sensible ». Les dracénas, l’aglaonema et les fleurs de lune pourront apporter de la couleur et une atmosphère paisible à cette pièce.

    Les préjugés sur les plantes à la maison

    Certaines plantes peuvent absorber les ondes de nos téléphones ou ordinateurs : Faux !

    Rémi Couturas se souvient d’une période où « beaucoup de gens venaient me réclamer un cactus anti-ondes, ce qui n’existe pas du tout. Aucune espèce de plantes, cactus ou autres, n’est connue comme pouvant absorber les ondes ! ». En effet, aucune étude scientifique n’a pour le moment établi que certaines plantes pourraient absorber des ondes électromagnétiques nocives pour les humains. Une étude de chercheurs d’une université turque datant de 2018 a même démontré que la présence de cactus aux alentours d’un écran d’ordinateur n’avait aucun impact sur le champ électromagnétique émis par la machine.

    Il ne faut pas mettre de plantes dans la chambre à coucher : Faux !

    La nuit, les plantes ne pratiquent plus la photosynthèse, le phénomène par lequel elles absorbent du CO2 et rejettent de l’oxygène. À la place, elles respirent de la même manière que les humains et prennent l’oxygène d’une pièce et rejettent du CO2. Cette respiration nocturne a entraîné l’idée selon laquelle dormir avec des plantes dans une pièce pourrait être dangereux et augmenter le risque d’intoxication au CO2. Une peur infondée pour Rémi Couturas, selon qui « il faudrait dormir avec une concentration de plantes similaire à celle de l’Amazonie dans sa chambre avant que cela devienne dangereux ! ».

    Locataire ou propriétaire, l’important est de se sentir bien chez soi

    Découvrez les bons plans et solutions Macif pour réaliser les travaux et les aménagements qui vous correspondent.

  • Le numérique pour les enfants : conseils aux parents

    Le numérique pour les enfants : conseils aux parents

    Marie Danet est psychologue clinicienne, docteure en psychologie et maîtresse de conférences à l’université de Lille.

    Quelles sont les inquiétudes qu’expriment les parents ?

    Marie Danet : Les parents dont les enfants sont préadolescents craignent avant tout que leur progéniture passe trop de temps devant les écrans. À l’adolescence, cette problématique se double de celle de la gestion du temps de sommeil. Les parents expriment également une inquiétude liée à de possibles mauvaises rencontres en ligne : images à caractère pornographique, cyberharceleurs, etc. Les préoccupations concernant l’impact du temps passé devant les écrans sur la scolarité sont présentes mais moins fréquentes. Toutes ces craintes ont émergé à mesure que les écrans se sont multipliés dans la maison et que leurs usages, notamment avec les jeux vidéo, sont devenus plus solitaires.

    Comment interpréter la diminution de l’âge moyen pour le premier smartphone (9 ans et 9 mois) ?

    M. D. : Cela permet aux parents de rester en contact avec leur enfant lorsqu’il commence à faire des trajets seul. Les nouvelles technologies permettent ces contacts instantanés et les parents utilisent ce potentiel d’immédiateté. Peut-être que leurs inquiétudes sont un peu plus grandes qu’il y a quelques décennies mais ce n’est pas lié aux smartphones. J’y vois plutôt une continuité avec le phénomène des parents hélicoptères, qui veulent contrôler tout ce que fait leur enfant lorsqu’il est petit, et du fait que nous avons accès en permanence à une information saturée de faits divers.

    Y a-t-il une forme de pression sociale qui s’exerce sur les parents ?

    M. D. : M. D. : D’un côté la tolérance aux enfants dans l’espace public diminue : il faut qu’ils soient sages et qu’ils n’utilisent pas d’écrans. Dans le train, par exemple, si je joue avec mon enfant et que nous faisons du bruit, les gens me regardent, agacés, mais si je lui donne un écran on me regarde aussi. D’un autre côté, la pression sociale est présente sur les réseaux sociaux où les parents se mettent en scène en faisant des choses supposément incroyables avec leurs enfants. Pour certains, l’enjeu devient alors d’apparaître comme un super parent, capable de donner le meilleur pour son enfant. Enfin, le discours de l’institution scolaire est paradoxal car l’école passe son temps à alerter sur les outils numériques et demande en même temps aux élèves de les utiliser pour leurs devoirs. En fait, ce sont les aspects récréatifs des écrans qui sont incriminés, les aspects jugés sérieux, eux, sont tolérés.

    Le numérique pour les enfants : conseils aux parents

     

    Quelle posture devraient adopter les parents face aux pratiques numériques de leur enfant ?

    M. D. : Le plus important est de communiquer avec lui. Comme on lui apprend à traverser la route, il faut lui apprendre à utiliser les outils numériques. Lorsque les parents mettent en place un cadre trop restrictif, l’enfant risque de ne pas leur parler s’il se trouve exposé à des contenus inappropriés ou violents. Même si un enfant n’a pas de smartphone, ce n’est pas forcément le cas de ses copains…Et puis l’âge des premières expériences en ligne est aussi celui où l’on ne se rend pas compte des conséquences de ce que l’on poste, diffuse ou commente. Charge aux parents d’avoir un regard sur ces contenus, en accord avec l’enfant, pour le responsabiliser, lui expliquer que certains comportements relèvent du harcèlement ou qu’une fois publiée, il est très difficile d’effacer toutes traces d’une photo.

    Quels conseils leur donneriez-vous ?

    M. D. : Une bonne stratégie peut être d’équiper l’enfant d’un téléphone non connecté autour de 12-13 ans, en laissant passer la première année du collège, même si une forme de pression entre collégiens peut s’exercer. L’idée n’est pas de les mettre en situation d’exclusion par rapport à leur groupe d’amis. Ensuite, lorsqu’ils acquièrent un smartphone, le mieux est de discuter avec eux sur les usages qu’ils comptent en faire pour définir un cadre de confiance, instaurer des moments avec téléphone et des moments sans. Pourquoi pas utiliser des outils de contrôles parentaux mais ils sont limités et il existe de nombreux moyens de les contourner. Il est surtout essentiel que les parents soient exemplaires et ne restent pas eux-mêmes collés à leurs écrans.

    Témoignages de parents

    François – 45 ans – professeur d’arts plastiques et d’audiovisuel – Douarnenez (29)

    2 enfants : Louis, 15 ans, et Gabin, 11 ans

    « Jusqu’à son entrée en seconde, Louis n’était pas très demandeur d’un smartphone. Il communiquait avec ses copains via l’application Discord installée sur le PC familial. Il en a fait la demande à la rentrée car tous ses copains en ont un. Comme il est vite tombé dans une boulimie de réseaux sociaux, on lui a dit de faire attention à ses données mais lui nous répondait : « Tant mieux si je suis traqué, les algorithmes vont me proposer du contenu adapté à mes goûts ». Je pense quand même qu’il a déjà un peu de recul sur son smartphone car il ne voit pas l’intérêt de l’emmener au lycée puisqu’il y retrouve ses copains. Pour définir des règles d’utilisation, nous avons décidé avec lui d’observer ses activités via une application de contrôle parental. Avec ma femme, nous avons culpabilisé d’utiliser cet outil… Je ne trouve pas très glorieux d’avoir accès à ces informations. Mais, en même temps, quand on a vu qu’un jour il avait passé six heures sur YouTube on s’est dit qu’il fallait agir. Depuis, nous avons défini un temps limite et supprimé Instagram de son smartphone car il passait beaucoup de temps à papillonner. »

    Nathalie – 40 ans – architecte d’intérieur – Tel Aviv

    3 enfants : Raph, 12 ans, Noam, 8 ans et Ellie, 7 ans

    « En Israël, les enfants ont des téléphones plus tôt qu’en France car ils sont souvent autonomes dans leurs trajets dès le début de l’école primaire. Mes deux aînés ont eu leur premier smartphone en CE2, pour assurer leur indépendance et ma tranquillité d’esprit. J’essaie de leur montrer que je leur fais confiance, que ce n’est pas parce que le monde est horrible que je vais faire comme mes copines qui fliquent leurs enfants en les géolocalisant sans qu’ils le sachent. En accord avec eux, nous avons donc installé un outil de contrôle parental. Mais mon rôle c’est aussi de rester méfiante. Ils sont encore innocents et n’ont pas la faculté de repérer le danger comme moi. Deux à trois fois par semaine, je m’assure donc qu’ils n’échangent pas de messages avec des numéros que je ne connais pas parce que ça me fait peur. Il y a un mois, mon cadet a envoyé un message WhatsApp à un youtubeur qu’il adore en l’invitant à se rendre dans notre ville. Comme cette personne fait partie de son quotidien, mon fils ne s’est pas dit que le numéro de téléphone pouvait être celui d’un inconnu… Il aurait été capable de lui donner notre adresse ! J’ai effacé le message et le numéro mais, comme je ne peux pas lui expliquer que j’ai fouillé dans son portable, je lui en ai parlé de façon détournée, en disant qu’on ne sait jamais qui se cache derrière une photo de profil ou un numéro trouvé en ligne. »

    Julie – 43 ans – restauratrice de mobilier d’art – Orgeval (78)

    2 enfants : Maud, 15 ans, et Élodie, 11 ans

    « La façon dont moi et mon mari utilisons nos écrans déteint sur nos enfants. Comme nous n’allons pas sur les réseaux sociaux, nos filles n’y vont pas non plus. Notre crédo ce n’est pas d’interdire mais de mettre des règles. Je me souviens d’amis à moi à qui on avait interdit des choses, la télévision par exemple, et qui sont entrés dans une logique de surcompensation par la suite. On a acheté un smartphone à nos enfants quand elles ont commencé à faire des trajets seules entre l’école et la maison : en sixième pour Maud et en CE2 pour Élodie. La plus grande a aussi un ordinateur et la plus petite une tablette. Elles s’en servent pour communiquer avec leurs amis, faire des recherches ou jouer à des jeux en ligne avec des gens qu’elles connaissent. Chez nous, le repas du soir est sacré : on discute et on ne touche pas à nos portables. À certaines occasions on a pu aborder la question du cyberharcèlement ou des bons comportements à adopter dans la société numérique. En revanche, c’est plus difficile de parler de pornographie, elles n’aiment pas aborder ce sujet avec nous. On sait pourtant qu’au collège tous les smartphones ne sont pas équipés d’un contrôle parental et donc que nos filles peuvent être confrontées à ce genre d’images. »

    Julien – 43 ans – patron d’un studio de jeu vidéo – Lyon (69)

    Un enfant : Jules, 18 ans

    « Le sujet avec Jules a vraiment été les jeux vidéo. Dès ses trois ans, je lui ai proposé des applications éducatives car je considère que cela peut être un super vecteur d’apprentissage : il a appris le solfège en trois jours grâce à une app ! Vers ses huit ans, il a eu une tablette et s’est mis à jouer à des jeux vidéo comme Minecraft. J’avais fixé une limite de temps à 25 minutes par jour mais ça a donné lieu à beaucoup de discussions et de filouteries de sa part. Ce n’était vraiment pas évident de poser un cadre qui tienne la route. D’autant plus que certains jeux sont programmés pour créer des mécanismes d’addiction qui génèrent de la FOMO (fear of missing out, qui désigne la peur de rater un événement) chez les joueurs. Mais le vrai problème est apparu quand Jules est entré en 5e et qu’il a eu son premier ordinateur personnel. Ce n’était pas indispensable mais c’était plus simple pour faire ses devoirs. Pour garder le contrôle, j’ai passé un deal avec lui et installé un tracker sur son PC pour connaître le temps qu’il y passait. Quand j’ai commencé à trouver louche l’écart entre ce que le tracker mesurait et ce que je percevais, j’ai installé un deuxième tracker en secret. Je me suis rendu compte qu’il se levait à 6 heures du matin pour jouer à Fortnite puis effaçait ses plages de données. Il s’est retrouvé sans PC pendant plusieurs mois ! Mais, malgré cet épisode, nous partageons toujours un lien fort autour du jeu vidéo. Il y a quelque temps, il m’a invité à regarder le stream Twitch de la partie de Counter Strike qu’il disputait avec son équipe. Ça m’a rappelé les terrains de foot de son enfance, quand j’allais voir ses matchs le week-end. Comme lui, j’ai passé pas mal de temps à pratiquer le E-sport (qui consiste à s’entraîner aux jeux vidéo en vue de participer à des compétitions) dans ma jeunesse, donc je sais que cela ne l’isole pas du reste du monde. »

    Laure – 46 ans – historienne de l’art – Liège (Belgique)

    2 enfants : Elise, 11 ans et demi, Lucie, 8 ans

    « Elle nous a fait du chantage en nous disant qu’elle était la seule de sa classe à ne pas avoir de smartphone, que cela l’empêchait d’être au courant des conversations qui se poursuivaient après l’école sur les différents groupes Whatsapp. On a tenu face à cette pression jusqu’à ses 11 ans, juste avant qu’elle entre au collège. Au début, on a limité son temps d’utilisation à une heure par jour mais elle réclamait plus. Comme elle a bien réussi son certificat d’études de base (examen permettant d’accéder au secondaire en Belgique), on a augmenté ce temps à 3 heures et on l’a autorisée à installer TikTok. Deux ou trois fois par mois, je m’assois avec elle et je m’intéresse à son fil TikTok. Elle regarde surtout des vidéos de cuisine ou de maquillage. J’essaie de ne pas dire que ces contenus me semblent débiles pour qu’elle se sente en confiance et me parle si un jour elle rencontre un problème ou se sent en danger. Le fait de parler avec elle des vidéos de beauté m’autorise à lui faire remarquer que certaines influenceuses utilisent des filtres qui déforment la réalité. Elle est réceptive à ces échanges, ça lui permet de prendre du recul sur ce qu’elle voit. »

  • Les couleurs de son logement ont-elles un impact sur le bien-être ?

    Les couleurs de son logement ont-elles un impact sur le bien-être ?

    Couleurs et résonnance

    En 1810, Goethe découvrait que la couleur provoquait chez le spectateur une résonance émotionnelle. Son Traité des couleurs servit d’inspiration à nombre de théoriciens de l’art, scientifiques et artistes. Preuve en est qu’un siècle plus tard, en 1911, Kandinsky publie sa propre théorie des couleurs, selon laquelle la couleur peut être choisie soit pour sa résonance psychologique, soit pour l’effet qu’elle produit sur l’œil. La psychologie des couleurs a toujours fasciné. Dans un monde où l’on est en recherche de bien-être, elle est un élément clé de la décoration de son logement. « Les couleurs ont un impact émotionnel, psychologique et sensitif considérable sur le bien-être de chacun. Selon l’état émotionnel et psychique du moment et de chaque individu, on ne reçoit pas la couleur de la même façon. On parle d’effet thérapeutique des couleurs », explique Mariane Sauzet. Après vingt-deux ans de recherches, cette architecte d’intérieur a créé la méthode « Color Deco Therapy », ou l’art du bien-être décoratif thérapeutique.

    L’objectif ? Proposer un test de 20 questions permettant de trouver sa « couleur totem » pour « réactiver ses énergies ». « Choisir les couleurs de son espace de vie ne s’improvise pas. On a souvent tendance à suivre les couleurs habituelles par confort ou à la mode parce qu’il “faut que socialement ce soit beau”. Mais si l’on utilise une couleur dont on n’a pas du tout besoin à ce moment-là, elle peut avoir l’effet inverse sur nous », nuance la spécialiste.

    Identifier ses besoins émotionnels

    Si l’on décide de changer la couleur de nos murs, il faut avant tout identifier ses propres besoins émotionnels du moment et ce qu’on souhaite apporter à la pièce. De la bonne humeur ? Du réconfort ? De l’apaisement ? De l’espace ? Du sommeil ? De la concentration ? De la communication ? Les palettes de couleurs sont immenses et chacune correspond à des besoins et des émotions particulières. Pour réactiver son corps et son énergie, stimuler les relations sociales, mieux vaut opter pour des couleurs chaudes. Le jaune, par exemple, couleur du soleil et de l’énergie, favorise la joie, l’optimisme et la confiance en soi et facilite les échanges.

    « Il est idéal quand on traverse une période de grand questionnement ou de transition professionnelle ou personnelle », souligne Mariane Sauzet. Quand la couleur orange dynamise et vitamine, le rouge évoque la chaleur, la puissance, la passion, mais aussi l’enracinement. Mais, en abuser peut créer un environnement trop agressif, épuisant ou oppressant. Romane, 25 ans, regrette d’avoir dormi, enfant, dans une chambre rouge vif. « Pendant la nuit, je faisais beaucoup de cauchemars, de terreurs nocturnes et j’étais somnambule. Cette couleur a certainement joué sur mon état émotionnel. »

    Le bleu pour la sérénité et la tranquillité

    Lorsqu’ils ont rénové leur logement, Romane et son conjoint se sont creusés les méninges sur les besoins correspondants à chaque pièce. « Dans le salon, une pièce dynamique et chaleureuse, on a peint les murs en terracotta pour favoriser le lien social. En revanche, pour la chambre, un lieu de tranquillité et de repos, c’était évident de mettre du bleu », précise la jeune femme. Même son de cloche pour Tom, 28 ans, qui a opté pour les couleurs lin et bleu nuit dans les chambres. « Je vois ces pièces comme des cocons, propices à des couleurs douces et pas trop agressives. Je m’imagine mal dormir dans une chambre jaune fluo », confie-t-il.

    Incontestablement, le bleu symbolise la sérénité, la relaxation ou la méditation. « Il apaise, restimule et peut aussi répondre au besoin de se concentrer. Cette couleur est idéale dans les bureaux de chefs d’entreprise très angoissés, illustre Mariane Sauzet. Tandis que le turquoise répond au besoin de se nettoyer, de se purifier et de se ressourcer. » Pas si loin dans le spectre des couleurs apaisantes, on retrouve le vert, symbole de la nature et du renouveau, qui inspire la croissance, l’équilibre et la vitalité. La couleur par excellence de la santé et du bien-être. Tom l’a choisie pour son salon, Romane pour sa cuisine. « Le vert est pour moi synonyme de bonne santé, d’harmonie et de concentration », confie-t-elle.

    Un style blanc ?

    Les personnes en plein questionnement spirituel peuvent miser sur le violet, connu pour sa capacité à stimuler l’intuition et à créer une atmosphère méditative. Celles qui ont besoin de calmer les émotions et de réchauffer le cœur choisiront plutôt des couleurs proches du magenta. Si les couleurs de son habitat ont un véritable impact sur notre état émotionnel, qu’en est-il du style blanc, épuré ? « Une chambre toute blanche est ce qu’il y a de pire. Si esthétiquement c’est un style, énergétiquement ça n’amène rien », juge l’architecte. Pour Romane, il était évident « de laisser des murs blancs dans chaque pièce, au risque de me sentir enfermée et oppressée. » L’inverse, un excès de couleurs, est aussi une prise de risque. Nul doute pour Mariane Sauzet : « Trop de couleurs est synonyme d’overdose. C’est comme tout, il est essentiel de les utiliser avec modération. »

    Locataire ou propriétaire, l’important est de se sentir bien chez soi

    Découvrez les bons plans et solutions Macif pour réaliser les travaux et les aménagements qui vous correspondent.

  • Arnaque en ligne : « Je me suis fait avoir »

    Arnaque en ligne : « Je me suis fait avoir »

    Les arnaques en ligne, ça n’arrive pas qu’aux autres. 65 % des Français avouent s’y faire prendre, au moins de temps en temps(1). Qu’on parle de phishing, de spear phishing (sa variante avec des mails ciblés), ou plus récemment de smishing, son dérivé par SMS, auxquels s’ajoutent appels téléphoniques ou sites de rencontre via les arnaques aux sentiments appelés romance scams, les tentatives d’escroquerie ont mille visages. « Le phishing, au fond, c’est même plus vieux qu’Internet » expose Rayna Stamboliyska, spécialiste en cybersécurité et autrice en 2017 de « La Face Cachée d’Internet ». Selon elle : « se faire passer pour une personne ou un organisme de confiance pour des raisons crapuleuses, est vieux comme le monde. Les moyens se sont simplement adaptés à notre époque ». Aussi ne faut-il pas avoir honte de se faire avoir : ces arnaques prennent des formes toujours plus évoluées.

    Manipulation en ligne et abus de confiance digital

    Il ne faut pas croire que réaliser ce type d’arnaque nécessite de grandes compétences techniques. C’est ce qu’on réalisé à leurs dépens Nicolas et Marie, couple de trentenaires résidant à Nantes. « Il y a deux ans, on cherchait un appartement, raconte Nicolas. Et j’imagine que la fatigue et la frustration nous on fait baisser la garde. On a vu une annonce qui, avec le recul, était un peu trop belle pour être vraie, mais restait crédible. Je l’ai contacté par mail, puis, ce qui aurait dû nous mettre la puce à l’oreille, il nous a demandé un dossier avant la visite. Ce qui ne se fait pas. Mais sans réfléchir, j’ai tout envoyé : cartes d’identité, RIB, avis d’imposition… ». Dans un premier temps, aucune réponse, et le couple finit par trouver un autre logement. Mais, quelques jours plus tard, Marie reçoit un appel de sa banque : un virement de 950 euros est en attente vers un compte bancaire en ligne à son nom, qu’elle n’avait jamais créé. « On a mis du temps à faire le lien avec la fausse annonce. Heureusement, le virement a été annulé, mais il a fallu déposer plainte. On est même allés voir la Banque de France pour être sûrs de ne pas être inscrits comme interdits bancaires. Surtout, on est restés plusieurs mois dans la peur que cela recommence. » C’est bien la simplicité de l’arnaque qui le frappe : une simple annonce sur Le Bon Coin, avec quelques photos et un tarif attractif, et une fausse adresse mail.

    Pas de solution miracle

    « Tout repose sur la manière de mettre le pied dans la porte, explique Rayna Stamboliyska, et d’amener la personne sur un terrain isolé, c’est à dire un autre site. Faire des clones numériques est bien plus facile à faire qu’on ne croit. Au fond, l’aspect technique est secondaire, il permet d’isoler plus facilement les victimes en jouant sur le fait que certaines personnes ne sont pas à l’aise avec le digital. Mais c’est surtout la capacité à donner confiance à sa victime qui est essentiel. » En réalité, lors de ses arnaques, même si elles se déroulent en ligne, il s’agit plus souvent de manipulation que de piratage pur et dur. Ce qui fait qu’il n’existe pas de solution miracle pour s’en protéger. Aucun logiciel de cybersécurité ne protège d’un excès de confiance. Comme l’explique Rayna Stamboliyska : « ce serait vouloir un vaccin pour toutes les maladies, même celles qu’on ne connaît pas ».

    Et tout peut aller très vite. C’est ce qu’a réalisé Gérard, quinquagénaire résidant à Dijon. Début juin, il recevait un mail soi-disant d’Amazon l’informant avoir souscrit à un abonnement d’un montant de 989 euros. Voulant l’annuler, il se retrouve sur un site, ressemblant trait pour trait à celui du vendeur en ligne, et remplit un formulaire. « J’ai quand même eu un doute et j’ai appelé le standard d’Amazon, et mon interlocuteur n’a rien remarqué non plus, alors qu’un autre employé m’a confirmé après coup que l’arnaque est connue chez eux. raconte-t-il. Donc c’est en toute confiance que je suis allé au bout de la démarche, en donnant le code de validation envoyé par ma banque. » Soucieux, il contacte rapidement cette dernière, qui lui confirme qu’il a en réalité été débité par l’arnaqueur. « C’est vraiment un concours de circonstances, poursuit-il, je reçois chaque jour ce type de mail, et d’habitude, je regarde toujours l’expéditeur. Mais là, j’avais utilisé Amazon quelques jours plus tôt. Je pensais avoir accidentellement activé cet abonnement et je ne me suis pas méfié. »

    Que faire ?

    On le voit bien : si la vigilance reste bien sûr de mise lors de la navigation, il suffit d’une seule erreur. Et comme le souligne Rayna Stamboliyska : « l’hypervigilance permanente n’existe pas. On a toujours d’autres préoccupations dans la journée. » Bref, tout le monde, peu importe son âge ou ses connaissances, peut se faire avoir. Dès lors, la bonne réponse face à une victime n’est pas de lui rappeler qu’elle a manqué de discernement. « Il faut un vrai changement de mentalités, poursuit la spécialiste. La réaction est souvent de culpabiliser. Mais, si les victimes ont honte de s’être fait avoir, elles ne vont pas oser en parler. » Laissant ainsi l’escroc impuni. Plutôt que des solutions individuelle, Rayna Stamboliyska préconise plutôt de renforcer les procédures, « en demandant, par exemple, deux ou trois vérifications indépendantes, impliquant différentes personnes ». C’est également l’intuition de Gérard, pour qui « on pourrait imaginer un système de délai des paiements, pour que l’argent ne parte pas immédiatement chez le voleur et laisser plus de temps au contrôle ». Car à l’évidence, la précipitation est souvent la source des arnaques.

    (1) Kaspersky